POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James

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John Mulciber


MessageSujet: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Sam 9 Aoû - 17:33

Les avocats fascinaient John : sans doute était-ce le coté bordélique de la chose, à moins qu'il ne s'agisse de la personnalité de maitre Winthrop Yaxley lui même. John ne savait pas bien. L'univers de son oncle se réduisait au droit fiscal magique, domaine large dans lequel le juriste incluait volontiers les droits à la succession, justement le domaine précis qui intéressait Jon aujourd'hui. Il écouta gentiment, sans impatience, Winthrop évoquer l'affaire en cours :

« Il est donc convenu que sont restitués à la branche principale de la famille Mulciber et en son nom plus précisément à John William Randolph Mulciber, chef de ladite famille, la propriété de Morley Old Hall, ainsi que les terres qui y sont rattachées, en l'absence d'héritier direct.  Lui est également transmise la présidence et la direction générale de l'entreprise, en tant qu'actionnaire majoritaire, puisque les actions et possessions de Edward Craig Stanford Mulciber lui reviennent également de droit. Tu souhaites déléguer la direction générale à quelqu'un ?
-Non. Ce sera tout, oncle Winthrop. »

Le ton restait dur. Mais paisible. La mort de la branche Mulciber de Morley Old Hall avait soudainement rappelé que John existait et qu'il savait imposer sa volonté. Et surtout que ceux qui lui désobéissaient payaient. Une fois les fauteurs de troubles écartés et exclus, voire éliminés, la paix revenait, accompagnée de la crainte. La crainte était la meilleure des armes pour être écouté. La seule finalement, qui mettait un point final à tout. La sympathie servait à John Mulciber, mais en temps de paix, pas lorsqu'on menaçait son autorité. Ce qu'on avait fait. Alors il avait agit de manière à restaurer la crainte : maintenant, les autres allaient être réintégrés dans la paix et dans le cercle familial qu'il établissait. Lui seul pouvait en fixer les règles, lui seul pouvait exclure ou inclure quelqu'un du cercle. Et John Mulciber ne se privait jamais de le faire. Il avait convoqué tout le monde aujourd'hui. De Donald, le dernier de ses oncles, à tous les cousins et cousines. Tout le monde était là. John laissa l'avocat s'assoir, en bout de table. Il prit la place exactement à l'opposé. Tout le monde retint son souffle, écoutant l'avoué débiter d'un ton monocorde les mesures. Certains se mirent en tête de protester. John leva une main et imposa le silence :

« Assez de jérémiades. Cela suffit. J'ai trop entendu vos doléances, vos réclamations, tout ce que vous me dites m'agace. Vous jouez chacun pour vous, soit. Attendez vous à en subir les conséquences si c'est le cas. La famille Mulciber ne saurait tolérer ce genre d'écarts. Et même si c'était le cas, je ne le tolérai pas. Vous me devez tout. A moi. Sans moi vous n'existez pas. Sans moi vous n'êtes personne...tous ceux d'entre vous qui se vantent de ce nom qui ouvrent toutes les portes et qui ensuite, au moment de rendre des comptes, se demandent pourquoi ça fonctionne comme ça, feraient bien de s'en souvenir. Je ne marche pas à la clémence. Je marche à l'utilité. Vous êtes là pour servir : servez, soyez utiles et vous obtiendrez rétribution, paix et tranquillité d'esprit. Agissez pour vous même et soyez prêts à en payer le prix si vous vous écartez de la ligne et des objectifs de cette famille : le purisme. Certains s'y sont essayés. Tous sont morts. Ne vous posez même pas la question : cessez de servir le purisme et vous mourrez vous aussi. C'est la loi et nul n'est censé l'ignorer. Maintenant vous voilà prévenus. Espérez que je n'aurais pas de nouveau à tenir ce genre de discours ou il vous en cuira. »

Il se leva et sans dire un mot, partit. Son oncle le suivit. Donald se retrouvait le doyen des Mulciber et finalement, digérait mal de ne pas en être le chef...drôle de comportement, à la mort de son frère. Mais on dit que la mort révèle la vraie nature des gens. John n'en voulait guère à Donny. M'est avis, en ce moment ils me haissent tous...quand comprendront-ils que je fais ça pour eux ? Ils étaient incapables, hors Ruth et lui même, en incluant peut-être Marciana de se débrouiller tous seuls. Lorsque John mourrait, il se doutait que tout ce qu'il avait construit se casserait la gueule. C'était l'oeuvre d'un homme et pas celle d'une famille. Ou alors il représentait à lui seul la famille Mulciber...

« Tu ne crois pas que tu as été trop dur ? Bon sang, John...ton père n'aurait jamais fait ça.
-Non, en effet. Je ne suis pas mon père, oncle Donald. Maintenant, les choses se feront à ma manière. Je réglerais les différends comme je l'entends, je punirais ceux qui doivent être punis comme je l'entends, et je ferais de la personne que je veux mon héritier. Suis-je clair ?
-Je...est-ce que tu as perdu l'esprit ?

-Non, je dirais que je l'ai retrouvé. Maintenant cesse.
-Tu es complètement fou ! On devrait t'enfermer !
-Essaye, pour voir. » John saisit le col de son oncle d'une main et le souleva de terre. « Maintenant, je crois avoir dit cesse. »

Donald devenait de plus en plus violacé. Mulciber le regarda d'un air méprisant et le lâcha à terre avant de tourner les talons. Les tocards et les minables ne l'intéressaient plus. Il transplana directement au département de la Sécurité Intérieure. Salué à l'unanimité par ses commandants de sections, il se fendit à son tour d'un salut puriste et l'on commença à travailler : expédier les preuves  au juge en charge d'un procès pour un attentat au Pays de Galles, bilan sur les mouvements de l'Ordre du Phénix et de la Vague, prévision des opérations pour la semaine sur le territoire de l'Intendance et ailleurs. Après quoi, John, pour une fois en costume et pas en uniforme, quitta Buckingham Palace d'un pas égal et se redit au Ministère de la Magie. Il y avait rendez-vous avec son successeur et apprenti, protégé disaient les mauvaises langues que John ignorait royalement, à savoir James Eccleston. Mulciber ne cessait jamais de travailler : quand ça arrivera c'est que je serais mort disait-il.

Défenseur de la civilisation, voilà comment il se voyait, car pour lui, le purisme, c'était la civilisation. L'ensemble des sorciers devait préserver son sang pour ne pas disparaître, pour faire valoir sa supériorité...le bourbisme visait à diluer le sang, à faire disparaître les sorciers, et donc à annhiler cette supériorité. Or cette même supériorité doit servir à guider le monde : bref à y apporter la civilisation. Ne pas lutter contre le bourbisme, donc, revenait pour John à revenir à la barbarie. Je hais la barbarie...sans doute était-ce pour cela qu'il ne s'aimait pas beaucoup. Et pourtant, il ne trouvait pas que se battre était inhumain. Dans un combat, il n'y a pas de question de sang, c'est l'humain contre l'humain, et vous le savez. Après on parle d'idées, et on déshumanise. Se battre permettait de garantir le droit de déshumaniser l'existence des ennemis du purisme. Paradoxalement cela garantissait le droit à la fragilité des individus. Le droit, en somme de ne pas renoncer à sa propre humanité. Ce que John avait fait, pourtant. La part d'humanité, d'enfance, du mangemort, était depuis longtemps morte et réduite à néant. Il savait depuis longtemps que rien de bon n'avait sa place en ce monde, et qu'il ne pouvait qu'y perdre. L'enfance de John Mulciber s'était arrêtée le jour où sa mère lui avait dit que dans la vie on était toujours seul. Il avait douze ans, et ça avait continué avec son père. On grandit vite. On pige vite. L’enfance reste mutilée quelque part, inachevée, perdue à jamais. Les salauds, ils vous tuent dans l’œuf. Je parle mal, hein ? Je vous parle mal surtout. C'est pour que vous compreniez. Les gros mots et les insultes vous frappent de plein fouet. Tant mieux, c'est peut-être que vous écoutez enfin le silence des autres. Le silence d'un gamin, du gamin qu'il était et qui jamais n'avait rien dit.

John Mulciber ne regrettait pas ce qu'il était. Il faisait partie de l'internationale de la saloperie du monde, du clans de ces types qui toujours, toujours, étaient monstrueux, cruels, sadiques, pervers, salauds, connards en somme. Il s'en foutait, il assumait. John Mulciber, ou le plus gros enfoiré de la terre, et ça me fait rire. C'est ce qu'il était, et encore, par rapport à certains mecs sur terre, il était sympathique. Personne ne pouvait oublier le rire de ce type déjà cinquantenaire, ce rire qui roulait sous le ciel bleu, comme aujourd'hui, et qui comme l'horizon, ne pouvait pas s'arrêter. Assez bizarrement, lui le salaud concevait sa mission comme celle de l'ultime barrière contre les salauds de l'autre bord. On peut se tutoyer maintenant, hein le peuple ? Voilà pourquoi il causait si facilement avec les gens, si aisément. T'as fait un effort, tu me plais. Tu t'es bougé le cul, enfin, alors je t'aime bien. Parce que t'es quelqu'un de bien, contrairement à moi. Je rêve d'un monde sans sadiques. Aide-moi. Chaque fois que tu verras un enfant, regarde-le bien, aime-le. Aide-le s'il te tend une main peureuse, donne-lui de l'amour comme on donne du pain. Sauve-le de sa misère morale, comme de la famine. Fais-le, tu peux le faire, puisque tu ne ressembles pas à ce salaud. Fais le parce que tu ne me ressembles pas.

Il était le défenseur de tas de gens qui ne savaient aucunement ce qu'il vivait et qui il était. Moi j'ai la force, la rage, la violence, le couteau dans la tête pour faire ça. Le monde vivait pendant ce temps. Le monde dansait, bouffait, faisait la fête. Le monde se regardait faire la guerre, discutait politique, râlait après des conneries. Et pendant ce temps, le salaud qu'il était repartait en guerre pour le sauver.

C'est sans doute parce qu'il était un salaud et un barbare qu'il aimait autant la civilisation.

Le Ministère, comme d'habitude, grouillait de monde et de journaliste : pas un monde ordonné comme à la sécurité intérieure, un monde fouillis qui courait on ne savait où. C'était la principale différence avec l'endroit où il travaillait aujourd'hui : il savait toujours où allait qui et pourquoi. Vers le niveau des Hautes Sphères ça se calmait et on ne le fit patienter que peu avant de le faire entrer dans le bureau de James. Son ancien bureau. John ne le reconnut pas. Il serra la main de James et commenta avec bonhomie :

« Vous avez changé de décoration...et de secrétaire, à ce que je vois. J'aime bien le secrétaire, je suis plus sceptique sur la décoration. M'enfin ce n'est plus chez moi, ici, n'est-ce pas ? » Il s'offrit le luxe de rire et continua : « On m'a dit que vous vous en sortiez bien. C'est vrai ? » Question franche, sans ambages. John ne s’embarrassait pas de formalités et il conclut : « J'ai amené deux ou trois dossiers avec moi, je vais avoir besoin de votre aide. Autre que celle habituelle, j'entends. »

L'habitude de collaborer entre la police et les agents de la Sécurité Intérieure était prise, mais il fallait aujourd'hui aller plus loin.
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James Eccleston


MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Jeu 14 Aoû - 22:48

Les choses, doucement, se mettaient en place au Ministère de la Magie. Le nouveau Ministre n'avait pas eu beaucoup de loisirs depuis sa nomination. Il avait fallu procéder à la réorganisation des services demandée par Crow, recruter de nouveaux directeurs de département pour remplacer ceux qui avaient été nommés ailleurs, prendre connaissance du bilan de chaque service pour confirmer son chef à sa place ou lui trouver un remplaçant. La Recherche Magique n'avait pas posé de problème ; Tryan de SaintClair, ancien directeur du département des Mystères, avait un excellent bilan à son actif et il avait été confirmé dans ses fonctions. À l'Intérieur – car les Libertés, premier terme apparaissant dans le nom du département, étaient rapidement passées à la trappe dans le langage courant – à l'Intérieur, donc, James avait eu davantage de mal à trouver. Il fallait un homme de confiance pour ce poste hautement stratégique, mais beaucoup étaient déjà en fonctions quelque part. Finalement, le jeune Ministre s'était souvenu d'un collègue Mangemort, retiré de la politique pour l'heure, dont il avait entendu Mulciber parler comme d'un type valable : Walter Yaxley, l'avocat. Un ténor dans la profession, que James avait vu plaider lorsque lui-même n'était que l'assistant de son oncle. Robert Eccleston avait, lui aussi, défendu des Mangemorts sous l'ancien régime, et il connaissait Yaxley. Entre avocats des sbires du Lord, il y avait bien un peu de rivalité, mais aussi de l'estime, et Robert avait accepté de parler à son éminent confrère pour lui faire accepter une entrevue avec le Ministre.
James n'en avait rien laissé paraître, mais il avait été impressionné de se trouver face à cet homme dont il avait pu admirer les talents d'orateur, et dont la carrière de Mangemort n'était pas négligeable. Lui, tout Ministre qu'il fût, n'était rien face à ce type qui aurait pu être son père, et qui lui parla d'ailleurs avec une bienveillance toute paternelle. Pour un sang-pur, il était plutôt ouvert, pour se montrer aussi aimable avec un sang-mêlé. Peut-être était-ce Mulciber qui avait parlé de son apprenti, disposant ainsi son cousin à collaborer. Quoi qu'il en fût, Walter Yaxley consentit à reprendre du service au Ministère, en laissant pour le moment son activité d'avocat de côté. Très vite, il se révéla être un choix judicieux ; il avait l'expérience de la Justice Magique, un brillant passé de Mangemort, un talent juridique indéniable, et, surtout, il semblait vouloir seconder loyalement le Ministre. Privilège de l'âge, il s'était tout de suite permis de l'appeler par son prénom (pensez, un garçon qu'il avait vu à dix-neuf ans prendre des notes au tribunal!) et il ne se privait pas de lui donner des conseils, avec toute l'assurance que lui donnait son passé.

Yaxley occupait le département le plus important du Ministère, aussi les rencontres avec Eccleston étaient-elles quotidiennes. Ils passaient bien une heure chaque jour à travailler ensemble, avec interdiction formelle de les déranger, sauf « cas exceptionnel ». Autant dire, un ordre de l'Intendant en personne, ou quelque chose dans ce goût-là. Ce jour-là, Cadwallader se permit de toquer discrètement à la porte du bureau pendant la séance de travail, et déposa devant James un billet indiquant que John Mulciber souhaitait le voir. Par chance, son visiteur arrivait sur la fin de son entretien avec Yaxley, si bien qu'il n'eut pas vraiment à écourter celui-ci ; ils expédièrent le dernier dossier, après quoi le directeur du département de l'Intérieur regagna son bureau, laissant entrer le Directeur de la Sécurité Intérieure. James se leva pour accueillir son mentor, lui témoignant le même respect que lorsqu'il occupait lui-même le bureau de Ministre. Ils étaient devenus des égaux, officiellement, mais le jeune homme se considérait toujours comme redevable à Mulciber. Sans son appui, il n'aurait jamais quitté l'obscur poste dans lequel il semblait voué à végéter. John Mulciber faisait partie des hommes qui l'avaient aidé à devenir ce qu'il était désormais, et qui pouvaient en retour compter sur son entier dévouement. On murmurait d'ailleurs que l'actuel Ministre prenait ses ordres de l'ancien, ce qui les faisait sourire tous deux, et Crow encore plus.

L'ancien locataire du bureau serra la main de son successeur en faisant une remarque sur la décoration et le secrétaire, et James répondit, tandis que Cadwallader refermait la porte :

-La décoration n'a jamais été mon souci premier, monsieur, je dois le dire... Tant que j'ai un bureau pour travailler, je ne suis pas difficile. J'ai laissé faire la maintenance magique et, précisément, mon secrétaire. Une perle, ce type, mais si j'en juge par votre réaction, pas plus doué que moi en matière de décoration.

Il eut un rire et, inutilement, désigna un siège à John Mulciber : l'autre savait bien qu'il lui était permis de s'asseoir sans attendre la permission. Chacun à sa place, l'apprenti n'allait tout de même pas être impoli envers son mentor. Mulciber prit place, donc, et demanda à son successeur, toujours avec cette franchise un peu déstabilisante, si c'était vrai qu'il s'en sortait bien. James esquiva d'abord en répondant par une autre question :

-C'est Walter Yaxley qui vous a dit ça ?

Après un instant de silence, il fit :

-Eh bien, disons que j'essaie d'égaler mon prédécesseur. Autant dire que ce n'est pas facile.

Il ponctua ce compliment d'un sourire, et se releva pour aller tapoter de sa baguette magique une cafetière italienne posée derrière le bureau.

-Puis-je vous proposer un café, monsieur ? J'en use et j'en abuse depuis que je suis Ministre. Bientôt il me faudra un Retourneur de temps pour faire tout ce que j'ai à faire.

Tout en disposant les tasses et le sucrier sur le bureau, il écouta Mulciber exposer l'objet de sa visite. Sans même savoir de quoi il était question, il répondit :

-Vous pouvez compter sur moi, monsieur.

C'était comme ça. Il y avait des gens auxquels il ne refusait pas son aide, quoi qu'on lui demande, et Mulciber en faisait partie – et il devait le savoir, du reste. James versa le café fumant dans les tasses et se rassit en poursuivant :

-Je vous écoute. De quoi s'agit-il ?
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John Mulciber


MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Dim 31 Aoû - 17:30

John Mulciber était-il un manipulateur ? Clairement, non. La plupart de temps, il ne cherchait pas à manipuler. Trop complexe, trop long. Pas assez intéressant. Malhonnête. Et surtout, ce qui lui posait problème, c'est que c'était un peu lâche. John n'avait aucun honneur, le sens de l'honneur, il jugeait que cela ne servait à rien, mis à part à empêcher les gens d'aller au bout de leurs possibilités. Ils se raccrochent à l'honneur, à la famille, à leur nom, au régime, et au final ils tombent, parce qu'ils ne savent que pour la famille, le nom, le régime, il faut être prêt à tout, même ce qu'il y a de plus dangereux. Mais tout ce qui était manipulation et autres choses de ce genre, il le laissait à d'autres. Ca l'agaçait et ça l'ennuyait profondément de devoir utiliser des crétins, de devoir simplement les cotoyer. Et même si les crétins pouvaient parfois se réveler bien utiles lorsqu'on les manipulaient correctement, il n'avait pas la patience pour ça : trop de débilité finissait fatalement par agacer John, qui détestait la stupidité et la lenteur d'esprit. Il n'avait jamais manqué d'intelligence, en fait, malgré les nombreuses accusations qu'il avait pris dans la figure : pas assez d'instruction, trop peu de diplomes, trop de brut de décoffrage. Les critiques glissaient sur John imperturbablement. Il se foutait de ce qu'on pensait de lui d'une part, et savait qu'il n'était pas idiot. Mais réfléchir l'ennuyait. D'abord parce qu'il faut expliquer ton raisonnement aux crétins autour de toi. Donc il faisait, les gens suivaient le mouvement ou ne suivaient pas, qu'importait, ce n'était pas son problème.

En revanche, ça n'empêchait pas John de savoir, de deviner, de parler. Non seulement parce qu'il connaissait un peu tout le monde dans l'administration, mais aussi parce que non, il n'était pas totalement stupide. Réfléchir mène à se poser des questions. Se poser des questions mène à douter et douter mène à trahir. Mais ne pas réfléchir du tout ne menait à rien de constructif ou d'intelligent. Et il refusait de ne pas être constructif. Oui, il s'informait, cela il voulait bien l'avouer. Sans jamais réellement avoir développé de réseau réellement immense, ni avoir chercher à le faire comme Mike – tout savoir ne l'intéressait guère, se renseigner de temps en temps suffisait amplement à John. Savoir était inutile selon lui. Tous ces gens qui savent m'épuisent. Combien comprennent au lieu de savoir ? Connaitre c'était différent de comprendre, très différent. Savoir était un truc de prétentieux selon John. Un truc de personnes se plaçant au dessus de la foule. Mais à quoi cela servait-il de savoir si on ne pouvait rien utiliser ? Faites partie de la foule, liez vous à elle et vous la dirigerez. Ni plus ni moins. La hauteur et un piédestal, ça ne servait à rien. La foule en colère vous renverse qu'importe si vous savez comment elle pense. Vous ne vous sauverez et vous ne réussirez que si vous pouvez la comprendre.

De la politique et des idées, John pensait très peu de choses. Croire lui suffisait et savoir ce en quoi croyait les gens autour de lui, ainsi que ses adversaires, était également tout ce qu'il lui fallait. Il s'intéressait au caractère des gens, à leur manière d'agir. Et quand on lui demandait pourquoi, il répondait « pour comprendre ». Et si on lui disait qu'il s'agissait de trahison, qu'essayer de comprendre un résistant était une ignominie, il haussait les épaules. Pour arrêter les gens, il faut un coup d'avance sur eux. Il faut être au courant de ce qu'ils vont faire, pouvoir dire avec sureté « il va faire ça ». Si vous savez ça vous pouvez arrêter les gens. Pense, réfléchis, calcule. Tu me retrouveras toujours sur ton chemin, car moi aussi je pense, je réfléchis et je calcule. Il y a une détermination et une menace telle dans ces paroles lourdes de sens que personne n'osait réellement contredire John Mulciber. D'autant qu'il arrivait à quelque chose de correct et qu'il était pour l'instant vu comme un bon chef de la Sécurité Intérieure, qui avait sérieusement décidé de réglementer la vie des citoyens de l'Intendance et de donner un cadre concret à la mission sécuritaire de son département dans ce pays.

James était l'homme idéal pour ça. John ne le disait pas par amitié ou par complaisance, il n'avait su complimenter quelqu'un, même s'il l'aimait bien, si ce n'était pas quelque chose de fondé. Il ne savait pas faire, d'ailleurs il ne cherchait même pas à le faire : c'était malhonnête. On pouvait reprocher beaucoup de choses à John Mulciber, mais pas ça. Il sourit amicalement à Eccleston, qui ne semblait pas très à l'aise avec sa question :

« Non, un certain Edwyn Bedan. J'aime bien Ed'. C'est un bon musicien...jeune il était plus drôle qu'aujourd'hui, cela dit. En vieillissant, vous autres juristes avez tendance à aimer de plus en plus la littérature et de moins en moins le billard, alors, je perds des amis de vue. » Il secoua la tête, un brin nostalgique de Poudlard, puis reprit : « Cela dit, je pense que Walt serait d'accord avec lui. »

Le ton était toujours affable avec James. Mais il vira à un rire tranquille, presque amusé de la situation lorsque son successeur lui répondit enfin :

« Vous essuyez moins de critiques que moi, j'en déduis donc que tout le monde vous trouve formidable. Qui ne dit mot consent, après tout, n'est-ce pas ? »


Il savait que peu des dirigeants avaient la langue dans leur proche. Et peu gardaient pour eux leurs critiques. Eternel jeu d'un pouvoir peu intéressant que John ne voulait pas fréquenter. Lui n'avait fait que se défendre. Sinon on n'aurait jamais entendu parler de lui. La preuve, il n'avait rien fait contre Larsen. Rien fait contre Valverde – quoiqu'il en pense. Il suivait sa route, tranquillement. Les autres ne m'intéressent pas. Je ne peux pas agir à leur place. Je mène ma barque. J'essaye de faire au mieux par moi même. C'est mieux si on m'aide. Sinon, je le fais seul. Voilà tout. Ce n'était pas une vie compliquée ni complexe.

« Ah, nous en sommes tous là. A se demander tous les jours ce qui va arriver de pire qu'aujourd'hui. Je prendrais bien un café, je vous remercie James. »


Il en but une gorgée avant de passer aux dossiers en eux mêmes. En soit rien de complexe, il fallait juste qu'ils collaborent :

« J'ai plusieurs points à vous soumettre en ce qui concerne l'étranger. Nous avons identifié plusieurs menaces potentielles à l'extérieur de l'Intendance. Il y en a trois qui sont prioritaires : le Chili, puisque l'Ordre du Phénix y a son quartier général. Le Pérou où se cache la Vague, et finalement la Russie, qui pourrait être considérée comme la puissance bourbiste de référence. De manière globale, mes services jugent qu'une grande méfiance doit être observée à l'égard des pays d'Amérique du Sud. Ils sont quasiment tous bourbistes. Ceci étant. Je voudrais une fermeture des frontières de l'Intendance. »
Il tourna une page du dossier : « Je verrais avec les autres ministres, mais c'est l'Angleterre qui m'intéresse principalement puisque la capitale s'y trouve. » Il continua : « D'autre part, je voudrais qu'on puisse réglementer l'espace national de transplanage, les cheminées, aussi. C'est votre département des transports magiques qui devrait se charger de ça, je crois, n'est-ce pas ? » La réforme du ministère avait perturbé beaucoup de choses et John préférait redemander. « Pour les étrangers déjà présents, nous sommes en train de les arrêter. Cependant, il faudra également un contrôle des entrées sur le territoire, vous voyez ? »
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MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Sam 13 Sep - 19:20

La première fois que James avait rencontré John Mulciber, c'était dans ce même bureau, à la différence près que c'était lui qui était le visiteur. Sale moment, d'ailleurs. Le jeune juge à peine recruté s'était retrouvé dans une vilaine histoire – Sheppard rencontré en plein Londres, duel, viol du secret magique, et pour finir Sheppard en fuite. Rien d'excellent pour une carrière tout juste entamée. James ne risquait pas d'oublier cette convocation chez le Ministre – le Ministre ! – et sa trouille de se retrouver mis à pied, ou pire, suite à cette bévue. Oh, il s'était fait copieusement engueuler, bien entendu. Par Avery, par Mulciber lui-même, il avait senti passer le vent du boulet. Des savons qui lui rappelaient ceux de son cher père, les beignes en moins – Thomas Eccleston avait toujours été un adepte de l'éducation par torgnoles, plus percutante à tous points de vue que les sorts punitifs si prisés dans bien des familles sorcières. Devant Avery et Mulciber furieux de ses exploits londoniens, James était redevenu un gamin. Il avait baissé les yeux, accepté tous les reproches sans broncher. Mais il avait également remarqué que ces deux hommes, si terrifiants qu'ils fussent en ces circonstances, avaient aussi un charisme qui, paradoxalement, rassurait. D'emblée, il avait su comment se comporter avec Mulciber. Les choses étaient simples et franches, avec lui. Tu as fait le con, tu t'en prends plein la gueule, mais après, si tu reconnais tes torts, l'affaire est classée. Après le soufflon mémorable dans ce bureau, Mulciber n'avait plus jamais reparlé de l'épisode Sheppard. James lui en avait été reconnaissant, tout comme il lui avait été reconnaissant de s'intéresser à un obscur employé de sang-mêlé comme lui. Tout le monde ne l'aurait pas fait.

Il était amusant de se remémorer cette première entrevue avec Mulciber, tout en servant une tasse de café fort à celui qui était désormais son visiteur. Ils étaient devenus des proches, depuis ; bien plus proches qu'un ministre et son employé, puisque John était devenu le mentor de James. Il le recevait parfois pour des leçons particulières destinées à renforcer les compétences du jeune Mangemort en matière de magie noire. Plus que jamais, il correspondait à l'image du père qu'Eccleston aurait voulu avoir : exigeant, sans doute, strict, mais bienveillant. Il en imposait non par la crainte qu'il inspirait, mais seulement parce qu'il aurait été inconcevable de le décevoir. En somme, il savait parfaitement comment s'y prendre avec James, et il faisait partie de ces types qui pouvaient exiger n'importe quoi du nouveau Ministre.

James eut un sourire en entendant parler d'Edwyn Bedan, juge fraîchement recruté par ses soins, qui avait été son professeur à Cambridge. Il n'avait pas eu l'air très chaud, dans un premier temps, pour occuper le poste que son ancien élève lui avait offert, mais il avait accepté, par devoir. Il ne semblait à présent pas trop mécontent de son nouveau travail, qui lui permettait de renouer avec sa spécialité, le droit pénal. Le Ministre lui avait peu parlé, aussi fut-il surpris que Bedan ait pu dire à John qu'il s'en sortait bien. Il ne releva pas, cependant, jusqu'à ce que son mentor affirme qu'on devait le trouver formidable. Là, il ne put retenir un commentaire amer :

-Formidable, je ne pense pas. Je ne suis pas précisément le genre de type qui fait l'unanimité, vous savez. Je vous parie qu'on ne va pas tarder à entendre des plaintes.

Les critiques pleuvaient sur lui comme sur tout homme public, avec, en plus, dans son cas, un côté scabreux. Il était un sang-mêlé, trop jeune pour être vraiment compétent – on oubliait que Crow n'était guère plus âgé – et, pour couronner le tout, il couchait avec des hommes. Sa vie privée semblait fasciner ses adversaires, puisqu'une bonne partie des critiques concernaient cette attirance pour la gent masculine... et encore, ses relations les plus scandaleuses étaient soigneusement tenues secrètes. Seules quelques personnes de confiance, par exemple, savaient qu'il voyait régulièrement Mike Witcher pour des dossiers qui n'avaient rien à voir avec les affaires de l'Etat. John Mulciber en faisait partie. Il ne comprenait pas le plaisir que pouvaient avoir deux hommes à coucher ensemble, mais il n'avait jamais manifesté de dégoût à cette idée. Encore quelque chose dont James lui était reconnaissant. Il n'ignorait pas qu'on l'appelait de toutes sortes de noms d'oiseaux rappelant son homosexualité, mais Mulciber n'avait jamais cessé de le tenir en estime. Précieux homme.

Laissant là les considérations personnalles, le nouveau Directeur de la Sécurité Intérieure évoqua les sujets qu'il entendait traiter avec son successeur au Ministère. Relations avec l'étranger, ressortissants étrangers, réseaux de transport. James prit une feuille de parchemin vierge et une plume – écrire l'aidait à réfléchir – et nota rapidement les divers points à l'ordre du jour. Puis, lentement, il répondit :

-Pour ce qui est des pays considérés comme des menaces, nous devrions procéder à des contrôles très stricts, y compris sous Veritaserum, sur les demandeurs de visas pour ces destinations, et n'accorder que le strict nécessaire. Le Ministère ne peut cependant en décider seul, c'est à Ruth Alexïeva de mettre en place ces contrôles pour les Moldus, et à vous pour les sorciers. Sachez cependant que nous pouvons les exécuter.

Une gorgée de café, puis :

-Pour la fermeture des frontières, en revanche, je peux d'ores et déjà prendre les décrets nécessaires, et entamer la mise en place d'une barrière magique pour protéger notre pays. Ce sera assez facile pour les côtes, mais il faudra que l'Ecosse et le Pays de Galles suivent très vite si nous ne voulons pas être débordés. Reste à décider ce que nous faisons du Tunnel sous la Manche que les Moldus ont creusé. Le détruire serait la solution de facilité, mais peut-être pourrait-il nous être utile...

Il interrogea Mulciber du regard, et se promit de consulter des spécialistes avant toute décision.

-Vous parliez des cheminées et du transplanage. Mes services peuvent en effet s'en occuper. Que voulez-vous faire exactement ? Je peux vous fournir une cartographie récente des zones de transplanage du pays, et également des réseaux de cheminette. Toute ouverture d'une nouvelle cheminée est soumise à autorisation, et nous inspectons régulièrement les cheminées existantes pour nous assurer qu'elles ne sont pas modifiées. Pour le transplanage, le contrôle est plus difficile à mener, mais nous pouvons tout de même procéder à des restrictions. Par exemple, n'autoriser le transplanage international que dans certaines zones bien définies. Nos cartes sont constamment réactualisées et constituent une base de travail très utile.

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MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Lun 15 Sep - 15:59

Le monde est sur le point de basculer. On le sait tous, depuis des années. On s'entrechoque, on gagne, et on perd. On conquiert ou on meurt. Ou bien on conquiert et on meure. Vision terrible mais réaliste. John Mulciber était terrible et réaliste. Dans ce monde ci, chaque coup bas, chaque manipulation, chaque victoire, chaque défaite, n'est là que pour assurer d'une chose : se rassurer. Savoir qu'on survivra si le monde bascule, demain, ou aujourd'hui. Basculer dans quoi ? L'horreur, non. L'horreur était déjà en marche et l'horreur ne pouvait pas terrifier John Mulciber. Parce qu'il était l'horreur. Non, il savait ce qui l'attendait, et il savait ce qu'il y avait de terrifiant. Tôt ou tard, les responsables de ce régime allaient tomber. Il en faisait partie. Nous mourrons un jour. Nous le savons, et ceux qui ne le comprennent pas sont des lâches. Ou des aveugles. La mort rôde. La mort rôde toujours, ce n'est pas une question de savoir si elle va nous saisir, mais quand. Il n'avait pas peur d'elle, pas peur de mourir. Il cherchait la mort. Qui cherche à mourir doit après tout cherche ce qui tue, n'est-ce pas ? Parce que la mort lui fournirait le repos et l'état de grâce. Vivant il devrait toujours courir et toujours lutter. Pourquoi ? Parce qu'il ne savait faire que ça. C'était sa manière d'exister et la seule que John connaissait bien. Il n'était le meilleur en rien sinon en ça, et il irait donc jusqu'au bout. Je ne fuis pas ; pourquoi fuir ? Cela arrivera fatalement...et ce qui suvrait se produirait fatalement, après, aussi.

Lorsqu'ils seraient morts, tous, qui prendrait le relais ? Ariana Bedan ? Jeune, trop jeune. Elle avait beau se dire qu'elle avait de la poigne, elle s'écroulerait s'il fallait combattre sur le terrain. Ils s'écrouleraient tous. Les jeunesses puristes n'étaient que des gosses qu'on traitait dans la richesse et qui ne connaitraient jamais la guerre. Ils ne savaient plus d'où ils venaient : ou plutot si, et ça ne les intéressaient plus. Ils voulaient le pouvoir sans les inconvénients du pouvoir. Mais ça ne marchait pas comme ça. Ils sont heureux, ils rêvent, ils font ce qu'ils veulent. Et un jour ils comprennent que c'était un rêve. Et ils entrent dans la vraie vie. La vraie vie, ou, parfois, on meure. Et c'est alors l'agonie de la lumière. Edwyn lui avait dit un jour que personne n'avait du lire l'article qu'il avait nommé ainsi. Mulciber l'avait lu et il l'avait très bien compris, lui. Il ne l'avait jamais réellement dit à Edwyn, mais ce concept s'appliquait à beaucoup de choses. Et à ça en particulier. Il n'avait jamais cru en la jeunesse. Il ne croyait pas en lui lorsqu'il était jeune. Ne croyait donc pas plus aux jeunes d'aujourd'hui. Fête et jeux et richesses, et conneries...ceux qui avaient un peu vécu voulaient oublier que la vie faisait mal et les autres ne voulaient pas le savoir.

Lorsque nous ne serons plus là, ils prendront le monde pour un jeu, un jouet géant dont ils pourront faire ce qu'ils veut. Ils n'auront plus la menace constante de la guerre, ce sera fini. Et alors, de mal en pis, viendraient impassiblement et fortuitement la modération, la tolérance. Dans vingt ans, nous seront finis. Sauf s'ils faisaient quelque chose. Des jeunes conscients de cela, il y en avait, mais trop peu, bien trop peu. A compter sur les doigts d'une main. Même la génération de Crow et de Eccleston est foutue. Ils essayent, mais ils sont rares. Le reste bosse, il s'en sort, mais rien ne l'intéresse sinon sa petite personne. Connerie. John rêvait parfois d'être éternel : sans lui, par exemple, il le savait, sa famille s'écroulerait. Il faisait de son mieux pour empêcher le phénomène, au moins le ralentir. C'était pareil pour l'état. Il fallait ralentir le tout.

Il proposait des mesures sévères mais savait que James comprendrait pourquoi. Il connaissait les critiques, les balaya d'un geste ample de la main, manière de dire, broutilles, il fallait parler plus tôt, ce qu'ils disent n'a aucun sens. Les prélats de la politique ne savent rien. Ils savent critiquer et ne savent plus faire par eux mêmes. Ils se disent supérieurs mais ne comprennent même pas le sens du mot politique. Politique, entreprise visant à obtenir et conserver le pouvoir. Alors que ce soit lui, James, n'importe qui, tout le monde faisait de la politique, même les militaires. Et ceux qui disaient que parce qu'il se servait d'un nom ou qu'il employait l'amitié pour diriger, il était, ou James, un arriviste, se plantaient. Seule la fin importe. Seul le purisme compte.

« Les résultats comptent, eux non. Les critiques ne sont rien sinon les paroles de gens qui ne savent détruire le travail des autres alors qu'eux même ne font rien. »


Silence tranquille et carré. John ne doutait pas de ce qu'il disait et en tout cas certainement pas de James. Qu'importait donc le reste, il fallait travailler. Il écouta patiemment ce que disait le nouveau ministre de la magie et commenta de-ci de-là ce qu'il voulait voir modifier ou ce qui lui semblait important :

« La procédure existe déjà au niveau moldu, en réalité. Elle ne pose pas spécialement problème puisqu'au final les autorisations sont délivrées par mon département. C'est essentiellement le coté sorcier qui doit être géré. Le bon compromis me semble être que le ministère étudie les cas d'entrée et de sortie du territoire, et qu'il transmette à la Sécurité Intérieure les cas concernant les pays les plus dangereux. Après quoi nous vous redonnerons la réponse qui sera transmise au demandeur. Cela vous irait-il ? »

C'étaient les entrées les plus dangereuses, voilà pourquoi il fallait fermer les frontières, ce qui serait le gros de l'oeuvre de John. Voilà pourquoi il n'arrêtait pas là sa journée et qu'il continuait son parcours :

« Ce sont mes rendez vous suivant. Quant au tunnel, ma foi, cette fois, il faudra voir directement avec les Affaires Moldues, l'intérêt économique reste non négligeable et il ne dépend pas de moi. »


Enfin, le transplanage. Pas facile à gérer cette histoire.

« En ce qui concerne les cheminées, j'aimerais qu'on fasse détruire tout réseau menant aux pays que j'ai cités. Et que l'ouverture d'une cheminée vers l'un de ces endroits ne soit pas seulement un crime comme une cheminée non autorisée mais un acte de terrorisme. Et pour le transplanage, circonscrire , en effet, le transplanage international dans quelques zones géographiques. C'est tout en ce qui me concerne. »
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MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Dim 28 Sep - 13:55

Les choses prenaient forme et ordre, petit à petit. Sur le parchemin devant le Ministre, les notes s'allongeaient dans un grattement de plume incessant, se liaient entre elles par des flèches de diverses sortes, se hiérarchisaient d'elles-mêmes. La réflexion avait lieu sous les yeux mêmes de John Mulciber, au fur et à mesure de la conversation qu'il avait avec son successeur. S'il n'avait pas déjà eu l'occasion de voir son jeune collègue en plein brainstorming, le Directeur de la Sécurité Intérieure aurait pu s'imaginer qu'il ne l'écoutait pas, tant il semblait plongé dans ses notes. Il était attentif cependant, même s'il revenait en arrière pour ajouter une flèche, une précision, une idée. Il acheva son travail en inscrivant en haut du parchemin, en capitales, le nom d' « ALEXIEVA », qu'il encadra de trois traits nerveux. Il devrait prendre contact au plus vite avec la Directrice des Affaires Moldues pour mettre au point certains détails.

-Très bien, conclut-il en ramenant enfin son regard sur John Mulciber. Les choses sont claires pour moi. Nous allons instaurer l'obligation d'un passeport pour les sorciers – ce devrait être fait au niveau de l'Intendance, pour plus de cohérence. Mes services instruiront les demandes et transmettront celles qui seront jugées suspectes. Vous nous tiendrez bien entendu informés des évolutions en ce domaine, s'il faut ajouter des pays à la liste des destinations suspectes par exemple. Je vais demander rendez-vous à Ruth au plus vite pour peaufiner les détails concernant les Moldus, et le tunnel. Pour les cheminées et le transplanage, les ordres seront donnés dès votre départ. Ce sera l'occasion de mener une campagne d'inspection des demeures sorcières, ça ne peut pas faire de mal.

Dernière petite flèche sur le parchemin, et le feuillet se retrouva déposé sur une pile, sur la droite du bureau. La pile des choses à faire, plutôt épaisse. Rien n'en dépassait, tout était parfaitement aligné, signe de la tendance légèrement maniaque du ministre. Il s'arrangea pour que le parchemin qu'il venait de poser soit rigoureusement parallèle aux autres, sans se rendre compte de l'attention qu'il accordait à ce détail. Ceci fait, il termina d'un trait sa tasse d'expresso et adressa un sourire à Mulciber :

-L'affaire est réglée, donc, mais puisque vous êtes là, j'ai une requête à vous présenter. Je comptais justement venir vous en parler. Il se trouve que... comment dire...

Le ministe hésita quelques instants avant de se lancer :

-Je voudrais que vous acceptiez d'être nommé au poste de Conseiller du Ministre, monsieur. Eris Valverde m'est d'une aide précieuse dans bien des domaines, je ne compte pas me priver de ses services, mais je voudrais... officialiser, en quelque sorte, le rôle de mentor que vous avez auprès de moi. Vos conseils m'ont toujours beaucoup aidé, et maintenant que je suis ministre... eh bien... Vous êtes l'ancien titulaire du poste et votre expérience me serait très utile.

Étrangement, James se sentait presque aussi honteux en offrant ce poste à John Mulciber que s'il sollicitait une faveur indue. Il s'obligeait à argumenter, comme un gosse soucieux de ne pas être pris en flagrant délit de caprice, tâchait de présenter tous les avantages de la situation.

-Bien entendu, vous ne seriez pas astreint à une présence fixe au Ministère, s'empressa-t-il de préciser. Vous avez du travail et mon but n'est pas de vous monopoliser. Vous vous engageriez seulement à me fournir les conseils et l'assistance que je vous demanderais, de la manière qui vous semblera la plus pertinente. Vous disposerez – sans s'en rendre compte, il passait au futur – d'un bureau et d'un secrétariat ici, au niveau 1, lors de vos passages. Est-ce que cela vous conviendrait ? conclut-il avec un brin de timidité pour le moins étrange chez un homme dans sa position.
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MessageSujet: Re: Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James Lun 29 Sep - 11:47

John Mulciber aimait les affaires rondement menées. Les choses simples et carrées. Les circonvolutions, ce n'était pas son domaine. Oui, il était brutal, pas forcément fin, et il manquait parfois, souvent, de politesse, de ce verni qui faisait les politiques et les intellectuels. Et les hypocrites, aussi. J'ai beaucoup de défauts, mais je n'ai pas celui là. On sait qui je suis. Je ne me cache pas. L'apparence d'un homme dur, le caractère d'un homme dur. De l'humour et pas forcément de complaisance envers un monde qui n'en avait aucune par rapport à lui, de toute manière. Le monde est mauvais. Je me suis adapté au monde. Je suis comme lui. Il traçait sa route, et si bien sur il aurait voulu être autre chose – tout le monde voulait être quelqu'un d'autre – il avait depuis si longtemps oublié quoi que ça n'avait plus d'importance. Il n'était pas du genre à avoir des regrets ou des remords. Ce qui était, était. Il ne pouvait pas revenir en arrière, juste aller de l'avant. Se tromper ? Bien sur qu'il était possible qu'il se trompe, John l'admettait. Mais c'était sa vie, son existence, et la seule manière qu'il connaissait de continuer. Car c'était continuer, l'important. Il avait choisi de vivre ainsi, jusqu'au bout, jusqu'à oublier le reste : désormais, quel autre choix avait-il ? Aucun. Alors qu'importait, il répondait de manière invariable, et avec une assurance terrible, la même chose à ceux qui décidaient de le critiquer. Non, je ne vais pas changer. Et on pouvait le trouver emmerdant, chiant, stupide, John Mulciber restait une véritable tête de mule : il était là aujourd'hui parce qu'il n'avait pas dévié d'un pouce de sa ligne de conduite. Et il n'avait aucune raison d'en dévier aujourd'hui. Aucune.

La politique, ce n'était pas pour lui, et il ne cherchait pas à en faire. Quoiqu'on aie pu dire sur lui. Si John Mulciber avait voulu faire de la politique, il aurait essayé de précipiter la chute de Menroth, il aurait essayé d'attaquer Valverde. Il n'avait rien fait. Et au final, il était toujours là. Oui, sans aucun doute, il attaquait et se défendait : il n'avait jamais prétendu le contraire. Mais il n'était pas dans une manipulation active et mauvaise, un peu lâche, un peu stupide, à la De SaintClair. Pourquoi lâche et stupide ? Parce qu'inutile. Témoin d'un combat perdu d'avance – ou d'un combat venu trop tôt, mais de toute façon venu au mauvais moment. Pour l'instant, personne n'avancera sans nous, voire même, le purisme s'écroulera. Personne n'est prêt à prendre la relève. En fait, personne ne le veut. Oui, un jour, les mangemorts disparaitraient sans aucun doute. John le savait, le sentait au plus profond de lui : et leur œuvre puriste s'écroulerait avec eux, comme s'écroulerait sa famille le jour où il mourrait. Il ne te restera rien, gamin, rien à ramasser, sinon des cendres.

Il s'agissait pour l'instant de faire durer l'oeuvre. Ils étaient en pleine gloire. Et c'était maintenant, John y croyait fermement, qu'il fallait donner les bases les plus solides à cette gloire. Pour retarder la chute le plus possible. Le plus longtemps possible. Alors peut-être que ce qu'il faisait aurait servi à quelque chose. Il y croyait : il savait que James y croyait aussi. C'est lui le dernier rempart. Pas moi. Eccleston était encore jeune. Peut-être avait-il besoin de modèle, de structure. Il nous en faut toujours, avant de partir en roue libre. John ne rangeait que rarement son bureau, ne notait que partiellement les informations, mais il agissait, toujours, donnait des ordres, réglementait. Une structure. Il leur faudra une structure. Un type comme Crow, ou comme lui, à la Sécurité Intérieure, n'en avait pas besoin : c'était inné, chez eux, ça faisait partie de leur esprit, ils savaient quoi faire. Pour Eccleston, c'était autre chose. Il apprendra. Pour les gens qui viendraient à leur suite, c'était également autre chose. Qu'importait. Il faisait son boulot.

« Bien, dans ce cas, je ne vois rien à ajouter, je rédigerais simplement quelques mesures instituant des actes de terrorismes, cela suffira. La mise en œuvre sera commune, je vous renvoie au commandant Manston de la section d'intervention extérieure en ce qui concerne toute question, c'est lui qui gérera l'étranger. »

Il s'apprêtait déjà à plier bagage quand James lui posa une nouvelle question. Il écouta patiemment, rangeant ses dossiers. En apparence, il semblait ne pas réellement écouter, en réalité, il notait tout ce qui se disait, avec la plus grande circonspection. Conseiller les gens n'était pas son fort – se faire conseiller non plus d'ailleurs. Je me conseille très bien tout seul. A un autre que James, il eut probablement dit non. Mais c'était Eccleston, et il le connaissait bien.

« Je vois. Je veux bien vous aider James, mais croyez moi : vous conseiller tout seul est la meilleure chose que vous ferez de votre vie. Il n'y a qu'ainsi que vous vous en sortirez. Mais vous savez déjà, que de toute façon, si vous avez besoin d'aide, je serais là. Par contre, pour l'expliquer à Valverde sans l'offusquer, sans moi. Je n'ai pas le temps pour ça. Nous sommes d'accord ? Très bien, alors au revoir, et bon courage. »


Il serra la main de son successeur et retraversa le Ministère. Manston, l'attendait, lui aussi en uniforme, et il demanda à son chef :

« Tout s'est bien passé, mon général ? »

John eut un sourire mi-figue-mi-raisin. Pour la question d'origine oui, pour le reste, il se le demandait encore :

« Ma foi, Manston, je me demande si un jour je trouverais une explication au fait que les difficultés me poursuivent. »
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Le chaos n'est pas un gouffre mais une échelle || James

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