POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture

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Eris L. Valverde


MessageSujet: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Dim 10 Aoû - 14:11

PANEM ET CIRCENSES !
Partie I — Ouverture


Spoiler:
 

Les travaux pour les immenses Arènes Magiques de Londres avaient demandé trois mois de travail. De quoi embaucher Sorciers et moldus et donner du travail à ceux qui n'en avaient pas. On avait même autorisé à ce que certains travaillent de nuit, de manière à aller plus vite et à cumuler plusieurs travaux. Fiers de ramener de quoi manger à leurs enfants, les ouvriers avaient également eu de l'argent pour plusieurs mois et s'étaient enhardis d'une force qu'ils pensaient n'avoir jamais eu.
Pour la première fois, on construisait un monument Sorcier aux yeux des moldus. Eux, coutumiers des arènes antiques romaines avaient vu une construction s'en rapprochant mais montrant bien les compétences des Sorciers. Aussi rondes que les Colisée de Rome, ces Arènes revêtaient à l'extérieur d'immenses plaques de marbre noir, rendant l'édifice tout autant charismatique que dangereux. Le rez-de-chaussée n'était qu'une succession de grandes arches bloquées par de magnifiques grilles magiques en argent, où le symbole de l'Intendance prenait toute sa place.
Les deux étages suivant, les arches accueillaient de grandes statues d'argent, représentant au premier d'illustres Sorciers Puristes, et au deuxième, de grands athlètes aux muscles particulièrement développés. On avait choisi d'y faire travailler nombre d'artistes. Peu à peu, un art Puriste Sorcier s'imposait aux moldus, et tandis qu'enfin l'accès à ce nouveau lieu était autorisé, tous les yeux s'ébahissaient devant un tel édifice. Car bien que ressemblant au Colisée de Rome, les Arènes Magiques de Londres en faisaient le triple de taille. Les lieux semblaient déjà résonner des futurs cris de ceux qui verraient des êtres humains s’entre-tuer pour une bouchée de vie. L'édifice était si beau, si grand, si majestueux, qu'on avait fini par oublier que la violence et l'horreur s'y joueraient en grande pompe. Petit à petit, à quelques jours du début des événements, tous n'avaient qu'une envie: s'amuser avec la Mort.

Dans de telles circonstances, les Sorciers avaient enfin pu jouir d'un statut spécial. Si tous avaient été éblouis tout autant que les moldus lorsqu'on le chantier avait pris fin, on avait vu un certain regain de fierté. Désormais, cette immense construction était l'oeuvre de tous les Sorciers, puissants dans leur domination sur les moldus. Eux, ils ne s'étaient même pas rendus compte à quel point ils descendaient encore d'un cran. Trop étonnés, trop admiratifs de l'oeuvre des Sorciers, ils ne passaient plus de temps à se comparer à eux. Les lieux étaient si beaux que c'était tout naturel, qu'eux, vulgaires créatures de Dieu, ils se fissent mettre à bas en quelques secondes. Quel intérêt avait-on à faire fonctionner un lave-vaisselle par l'électricité alors qu'on possédait la Magie?
Cela avait eu un effet boule de neige. Les Armées de Voldemort venaient déjà de gagner une bataille sans même faire couler de sang. Par l'art, la Magie s'était imposée à tous. Les moldus venaient une première fois de laisser tomber les armes. La manipulation commençait donc. La plupart de ceux qui les dominaient actuellement étaient tombés par les armes, puis par la propagande. Les armes n'avaient servi à rien, pour les dominés. On avait à peine eu besoin de les sortir. Un simple assemblage architectural magique avait suffi à mettre à bas une résistance qui, un jour, aurait pu être dangereuse pour le plus grand Sorcier du Monde.

Trois jours après la découverte des lieux, les festivités commençaient enfin.
Etendues sur cinq jours, elles allaient prendre temps, sens et civilité à tous ceux qui étaient obligés de s'y rendre. Seuls les moldus de grandes villes et leur famille avaient pu accéder aux Arènes. Les lieux étaient bien trop petits pour accueillir une masse de population venait des quatre territoires de l'Intendance. Mais les plaines de la campagne Londonienne étaient elles aussi remplies par tous les Moldus n'ayant pu entrer dans les Arènes. On ne s'en sortait guère plus. D'immenses écrans géants avaient été installés. Tous pourraient suivre le grand discours d'ouverture via ces derniers. On avait même aménagé d'immenses caves sous la terre, où avaient été entassés d'autres moldus pour suivre les événements. Leur situation ne détonnait pas trop de celle de leurs congénères ayant pu entrer. Eux, ils étaient également regroupés dans les caves de l'Arène. En vérité, on leur avait laissé un accès que très bref le temps de découvrir les lieux. Bien que nombre de sortilèges avaient rendu ces caves majestueuses et proches de l'intérieur de l'Arène, ils n'avaient pas plus de privilèges que ceux restés dehors. Une telle bestialité dans la gestion n'était que petitesse face à la réaction de ceux qui la vivaient ; tous, fiers de voir de tels lieux et de vivre la Sorcellerie à l'état pur ne se rendaient pas compte de la bassesse de leur condition. Ils étaient heureux de vivre ce qu'on leur faisait vivre, tandis que leurs congénères Sorciers avaient pris place dans l'Arène.
C'était un spectacle déjà horrible à voir.

Aménagée pour le discours d'ouverture, l'immense Arène Magique de Londres ressemblait traits pour traits au Stade de la Coupe du Monde de Quidditch lors du discours avant la guerre en Irlande, en 2003. Les trois quart des lieux des étaient occupés. Le terrain avait été aménagé de façon à accueillir ceux qui s'étaient pressés pour venir. En une heure, le colossal secteur qui accueillerait dès le lendemain les combats de survie était rempli. Peu à peu, les gradins avaient été occupés. Mis-à-part, évidemment, la partie occupée par la scène.
Une installation magique avait mis en place une grande scène de marbre blanc, dont le fond contrastait par un magnifique marbre bleu nuit rappelant les couleurs de l'Intendance. Partout dans les gradins, de grands écrans avaient été installés. Ils donnaient à voir la spacieuse scène où prendrait place Valverde.
Dans les gradins directement opposés à ceux où avait été aménagé ce théâtre de marbre blanc pour le discours, l'argentée loge officielle voyait les premiers dignitaires de l'Intendance s'installer. Dans quelques heures encore, on y verrait l'Intendant et les principaux membres de son gouvernement. Ils seraient tous là, visibles à l'oeil de ceux qui allaient encore les admirer pour un certain temps.

Deux heures plus tard, la nuit était tombée.
L'été avait apporté un vent doux à cet endroit. Quelques sortilèges avaient également été invoqués afin que chacun s'y sente à l'aise. L'ambiance était donc chaleureuse, bien que nombre de services de sécurité arpentaient l'Arène de manière à assurer un maximum de sûreté à l'événement.
La foule, bruyante, grouillait tel une fourmilière attendant sa nourriture quotidienne. C'était chose folle que de se dire que la Reine de tout ce petit monde ne se montrerait pas ce soir. Par l'absence, Voldemort continuait à terrifier.

Ce fut l'un de ses sbires, bien connu désormais, qui s'avança sur la scène. Pas un papier en main, pas un pupitre, le Directeur du Département de l'Education du Peuple observait la foule d'un regard qu'on commençait à bien connaître.
Tous les écrans installés affichèrent alors la silhouette d'Eris Valverde, habillé d'une robe grise sombre aux broderies dorées et rouge-sang.
Les cheveux blancs du Mangemort Politicien tombaient sur ses épaules. Eris semblait respirer avec un calme peu commun au vu de l'immensité de la foule Sorcière qui l'observait. Au dehors de l'Arène, tous les moldus retenaient peu à peu leur souffle.

Puis le jeu du marionnettiste commença.
La valse serait macabre, ce soir.

« Chers Sorciers, Chères Sorcières et Chers Amis. Le regard de Valverde perça cette immense foule. Ses deux yeux froids se divisaient sur plusieurs écrans, comme si soudainement, Valverde regardait tout le monde. Il était là, quelque part. Sur cette scène, mais également près d’eux. Il les surveillait, il les guidait. Aujourd’hui, vous êtes tous réunis auprès de vos sœurs et frères pour un événement qui marquera l’histoire de votre liberté acquise. Aujourd’hui, bien que neuf ans après la mort du Ministère bourbiste, qu’est-ce qui autorise l’horreur à nous faire encore tous souffrir ? Pourquoi l’injustice d’êtres égoïstes et dangereux devrait encore prendre nos fils et nos frères dans de nouveaux combats ?  N’avons-nous donc pas le droit au bonheur ? Valverde, bien que prononçant chaque mot avec un calme de maîtrise leva les bras. Cet appel à l’union fit sourire avec chaleur ceux qui avaient face à eux cet homme froid, désormais bien connu de tous. Soudainement, on voyait en leur regard que Valverde faisait partie de leur vie. Il était l’un des leurs. L’un de leur guide. Et ils étaient autant fiers de lui qu’il était fier d’eux. De nos propres cendres nous sommes revenus. Le bourbisme ne nous a pas tués. Ce soir, nos cœurs s’unissent en cette soirée d’ouverture des Cirques Magiques de Londres. Non parce qu’ils sont faibles, non parce qu’ils croient encore que les principes bourbistes peuvent ouvrir un futur facile, mais bien parce que tous nous incarnons l’immense Communauté Sorcière. Vos filles et vos fils sont à vos côtés. Votre famille est à vos côtés. Car au-delà de ceux de notre Sang proche, nous sommes tous reliés par cette force et cette puissance qui a fait de nous, depuis des siècles, une race dominatrice : la Sorcellerie. Elle bat en nos cœurs, comme l’image de vos proches. Sorciers ! Il y eut une clameur de masse. Vous qui avez perdu vos frères, vos sœurs, vos fils et vos filles ; ce soir, nous vous prenons la main ! Car ce soir, en chacun de nous, sonne cette victoire sur une lente guerre qui a trop longtemps détruit nos vies. Le cœur lourd nous avançons sans ceux qui nous ont quittés. Mais leur combat n’a jamais été vain. Morts pour Vous, morts pour la Sorcellerie, ils vous donnent à jamais la force de vous battre pour ce que vous avez acquis de plein droit : votre liberté ! De nouveau, le vieil homme leva les bras. Cette fois-si, la tension des mots avait fait lever les bras de tout ce peuple Sorcier qui écoutait. Il y a deux ans désormais, le glas de l’Irlande sonnait. Ce glas, ce fut celui du sacrifice. Vous avez consenti à partir à la guerre, par les armes ou par le cœur. Vous avez, durant deux ans, souffert la perte pour vivre le bonheur et la Sécurité. Ce sacrifice, vous l’avez fait. Et avec lui, vous avez donné naissance à une nouvelle Humanité. Une nouvelle Sorcellerie ! Nous vous avions demandé notre confiance, nous vous rendons nos comptes. Rencontrez votre sœur, votre frère. A vos côtés. Brisez ces chaînes. Vous n’êtes qu’une immense et belle famille Sorcière, celle que le Seigneur des Ténèbres protège et guide en ce jour de joie et de liberté. Le bourbiste ne pense qu’à lui. Pensez à l’Autre ! Votre vie vous appartient. Le pouvoir, vous l’avez désormais bel et bien conquis et le détenez. Notre reconnaissance est éternelle. Vous êtes les Sorciers Puissants de ce monde ! Les mots, uns à uns, avaient fini par faire exploser cette foule. Ces êtres uniques s’étaient transformés en une masse grouillante et bestiale. Ils hurlèrent ce que les mots de Valverde produisaient en eux. La haine viscérale et la peur de l’autre. Ce soir, une nouvelle fois, le bourbisme était mis à bas par tout un peuple. Et ce peuple hurlait cette Puissance qu’ils pensaient contrôler. Ils hurlaient. Sorciers du Monde, votre société marche. Votre cœur a eu raison des sacrifices. Nos soldats connaissent désormais un entraînement certain. Vous-même vous vous êtes rendus compte des rues sécurisées, de la Justice qui s’établit pour tous. Nos Départements des Mystères ont permis des prouesses scientifiques et magiques jamais égales. Désormais, vos enfants sont soignés à l’Hôpital Sainte-Mangouste avec des remèdes qui jamais ne furent inventés auparavant. Le progrès, ce progrès, il est le vôtre. Votre vie ne pourra qu’être éternelle ! Croyez en la Sorcellerie, car elle croit en Vous. Croyez en le Seigneur des Ténèbres, car il croit en Vous ! Croyez en Vous, car nous croyons en VOUS ! Espérez, la vie n’a jamais été aussi belle pour vous. Les liens se brisaient. Chaque émotion qui passait dans les nerfs de chaque Sorcier présent en sortait aussitôt. Il n’y avait plus de limite. La foule ne faisait plus qu’une. Pour eux, la vie ne sera plus que cauchemar. Réjouissez-vous, car elle ne sera pas votre avis. A eux, nous leur disons : "Vous, destructeurs systématiques, qui faites abstraction de la nature Humaine, fauteurs, meurtriers d’enfants, nourris de chimères et de haines, émancipateurs du terrorisme, destructeurs de la grande et belle famille Sorcière, vous dont le nom a toujours été une injure, sachez que désormais, grâce au Purisme, vous ne serez plus jamais les prophètes et les disciples d’un abominable avenir ! Car aujourd’hui, vous dont la Foi n’est qu’un vieux souvenir, nous vous répondons que nous sommes Puissants pour vous anéantir." Ce soir, et à jamais, nous sommes les fils et filles du Seigneur des Ténèbres, fils de la Sorcellerie. Ce soir, nous sommes Puissants, car LA MAGIE EST PUISSANCE ! »

Et elle éclata. En quelques minutes, cette voix froide et déterminée était devenue celle d’une immense foule en colère. Ces menaces, elles étaient celles de toute une Communauté.
Alors, à nouveau, le Directeur du Département de l’Education du Peuple ouvrit les bras. Une lumières blanches sortit de la scène et des gradins. Une lueur d’espoir s’y lisait. Non éblouissante, tous se sentaient baigner dans une atmosphère rassurante et apaisante. Les yeux du vieil homme disparurent de l’écran, laissant place à une série de portraits qui passaient successivement. Les larmes de quelques mères firent comprendre qu’il s’agissait des visages de ceux qui étaient tombés en Irlande et ailleurs.
Soudainement, toutes les allées communiquant aux fosses se remplirent de rangs stricts et unis. Des militaires étaient entrés. Il y eut un moment de calme soudain. Puis un premier cri, un second, un troisième. Des sœurs, des fiancées, des femmes et des mères reconnaissaient leur être aimé parti à la guerre depuis trop de temps. La foule explosa de nouveau. Elle accueillait ses derniers fils revenus d’Irlande. Même ceux qui n’étaient pères ou mères de personnes se mirent à aimer ces enfants. Une immense embrassade eut lieu, avant de laisser placer à une explosion. Tout s’était déroulé à une vitesse folle. Des pièces d’or volèrent dans le ciel. L’or des Gobelins tombait désormais à leur pied. Ce soir, ils étaient riches, aimants et fiers d’être Sorciers.
Ce soir, ils étaient au Seigneur des Ténèbres.

Valverde apparut une dernière fois, fondant dans cette foule à travers un cri désormais bien connu : « LA MAGIE EST PUISSANCE ! ».
Toute la foule hurla.

Et au dehors, les moldus imitaient ce sinistre spectacle, ne se rendant alors pas compte que ce n'était pas la première fois qu'ils le faisaient, dans leur triste Histoire.
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Gauthier Paravell


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Lun 11 Aoû - 15:19

Gauthier Paravell était, lorsque l'on parlait de la politique politicienne, le plus étonnant des paradoxes. On pouvait affirmer sans se mouiller qu'il se foutait bien pas mal de ce qui était fait. Il aimait la violence, torturer, violer et s'enrichir. Or parvenir à faire tout ça sans finir en taule requérêt soit de soumettre à la clandestinité soit de servir des dictateurs. Balthier, son véritable prénom, étant un homme particulièrement dénué de sens moral, il avait préféré la dictature.

Il n'aimait pas la grandiloquence qu'exigeait les discours et la prise de parole publique. Ce n'était que fadaises, des carottes lancées pour que des ânes suivent. Mais son travail, long, pour la plupart des gens ennuyeux à bien des égards, exigeait qu'il serve la politique, voire parfois, qu'il en instigue des changements. Bizarre position pour un homme méprisable et gênant, qui ne cachait ni son scepticisme ni ses désaccords malgré une couardise véritable dans la façon de les afficher.

Il était l'homme de tous les secrets. Celui des Jeux en fut un parmi d'autres récemment. Il dut travailler à rendre secret le plan des lieux alors qu'il se construisait quasiment à la vue de tous. Il devait protéger le sit des terroristes, faire casquer des gens malhonnêtes voulant s'y introduire, enquêter sur tout sorcier, moldu ou autre personne ou créature pour y déceler des anomalies. Un travail de l'ombre pour un eclat de lumière dans des jeux du cirque.

Gauthier, membre de Gouvernement, fut ''invité'' à se rendre à la cérémonie d'ouverture. Force était de constater que le fanatisme, ça le soulait et c'était pas pour lui. Le carton lui permettait de venir accompagné. Ça par contre ça lui plaisait. Il était à Alberdeen Castle, son propre château, au milieu de son harem perso de prisonnière. Chaque donzelle en habit d'Eve le regardait avec gourmandise. Celles qui s'acclimataient le mieux à la condition de captivité qu'il leur faisait subir se montraient toutes de prétendante à la libération de leur Serment Inviolable, ce qui leur permettait de s'habiller et de sortir. Il organisa des combats de boue pour déterminer, parmis les désormais 6 affranchies, celle qui aurait ses faveurs pour ce soir. La gagnante fut Cynthia, une rousse extraordinaire aux courbes harmonieuses et à la peau laiteuse.

Il lui offrit une magnifique robe rouge stylisée. Elle laissait entrevoir à nu la moitier inférieure de chacune des délicieuses poires charnues qui formaient sa poitrine. Elle se maquilla léger, un rouge à lèvre assortit, et il la para d'émeraudes gobelines rappelant les somptueux yeux verts de la native irlandaise séquestrée depuis plusieurs mois. Lui était flanqué d'un complet blanc mais cette fois ci, à la coupe sorcière. Lui qui se laissait par souvent tenté par les coupes moldues durant ses déplacement faisait un effort. Il y ajouta son célèbre chapeau pointu à large bord assortit, indécrottablement sorcier.

Il transplana sur place où il parada telle une star avec la bombasse à son bras. Aucun homme ne restait indifférent devant la rouquine de Paravell. Il serra quelques mains en arrivant, répondit avec courtoisie aux questions. Par sécurité, il avait magiquement rendu muette sa compagne du soir. Elle avait l'habitude et répondait en langage des signes, que chacune des Affranchie maîtrisait. Paravell traduisait au besoin, cela lui donnait un prétexte pour ne jamais lâcher sa prisonnière. Il ria à quelques blagues sur le chemin de la loge d'honneur. Il profita d'un couloir désert pour embrasser Cythia langoureusement. Ils échangèrent quelques mots en langage des signes. Des allusions à l'ennui futur. Mais au fond, Paravell se plaignait mais aimait sortir avec ses prisonnières affranchies : une petite adrénaline amusante que d'exposer ses entorses à la loi.

Il arriva à sa place. Cynthia se jeta à son coup : leur vue, il fallait l'admettre, était superbe. La foule festoyait, des sifflets retentirent quand la rousse apparut sur les écrans géants. Elle remplissait son rôle à merveille, attirant bien plus l'attention que le Directeur des Services Secrets. Il s'assit le premier dans la loge, car il fut le premier arrivé. Il passa son bras derrière la nuque de sa captive, lui caressant sa douce peau au niveau de son épaule dénudé. Les autres finirent par arriver. Eccleston ne sourcilla pas devant Cynthia. En plus d'être mêlé ce gars était homo. Y en avait qui cumulaient dans la vie. Gauthier sourit, lui serrant la main. Ruth passa aussi, il lui fit son traditionnel clin d'oeil coquin. Une cochonne une vraie. Et elle faisait bien travail en plus. Une femme à marier presque. Witcher, toujours classique. Les deux hommes se vouaient une cordiale relation de travail, sans plus. Mulciber. Lui il reluqua franchement les nichons de Cynthia d'un air approbateur. Enfin un homme un vrai. Paravell lui offrit un verre en passant, parce que c'était un vrai connard et qu'il voulait voir l'ancien ministre faire des conneries bourré de ses propres yeux. Finallement il y eut Crow qui se révélait être un fort bon Intendant contre toute attente. Il le salua avec respect et détourna le regard quand il s'adressa à Cynthia, ne voulant pas le juger sur son goût des femmes.

Valverde arriva sur scène et parla. Longuement quoi qu'avec des arrêts finement distillés et intelligents. Gauthier savait reconnaître les bons des mauvais discours, celui ci faisait partie plutôt du haut du panier. Il répondit aux clameurs en choeur, non pas convaincu mais plutôt contraint : fessée au sel assurée si il ne faisait pas. Par contre il se promit d'assister aux épreuves : quoi de mieux que la mort pour rassasié le plus vil des hommes.


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Attention : le vrai nom de Gauthier Paravell, Balthier de Lazom, n'est connu que de lui et Léon Brom, merci d'en tenir compte !
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Mar 12 Aoû - 17:53

Une fois l'expertise terminée, la menace moldue continuait de faire parler, mais jamais on ne s'était attendu à cela. À vrai dire, Tryan lui même n'y avait pas vraiment cru, ils l'avaient fait. Quand bien même Eris se voulait être un manipulateur de génie, il avait poussé le vice très loin, si loin que les moldus avaient, pour la plupart, plié avant même la bataille. Pire que cela, ils avaient accepté les chaînes de la servitude sans broncher, trop contents qu'on s'intéresse à eux.
Trois mois, il n'avait fallu que trois mois pour réaliser le théâtre de ce terrible spectacle. Sorciers et moldus unis pour construire l'édifice qui symboliserait tant l'unité que la domination, une gigantesque opération médiatique qui allait forcément marcher.
Au delà du simple soucis technique et logistique, s'installait une politique pesante de secret quant au pourquoi du comment, et si Tryan avait été mis au courant, lui et son département, c'était parce qu'ils étaient connus pour leur silence relatif, en d'autres termes, qui de mieux placés que les mystères pour chapeauter une partie du projet. Le jeune homme aurait pu trouver la tâche dégradante si elle n'avait pas été quasi-obligatoire et commandé par Eris, autant dire que la question du refus avait été passée à la trappe pour une toute autre : comment s'occuper de ce merdier ?
Les relations moldues avaient joué leur rôle et les mystères avaient du s'activer pour qu'on puisse finir en temps et en heure. Et le jour j, on vit la majestueuse structure prête à vomir son miasme dictatorial, à la fois splendide et humiliant quand on savait de quoi il en retournait.

On avait de ce fait peu vu le directeur des mystères dans son bureau durant le dernier mois, quelques sorties pour faire mine de ne pas être occupé, mais toute la logistique était à surveiller, sans quoi une broutille pouvait stopper toute la machine et réduire à néant les efforts réalisés contre la montre. Et on y était, le jour de l'ouverture.
Oh personne ne le verrait vraiment ce soir, on avait beau lui avoir réservé un siège en tribune officielle, ça ne servait pas à grand chose puisqu'il allait être occupé à s'assurer que tout se passait comme prévu. Les ingénieurs moldus avaient expliqué le fonctionnement de leurs outils, tout serait au point, auquel cas des têtes voleraient ou finiraient dans cette même arène. L'esprit bien qu’affûté, les heures avant l'ouverture de l'endroit ne furent jamais aussi longues et courtes à la fois, longues parce qu'on s'impatientait de voir le bout du tunnel, courtes parce qu'il y avait encore à faire.

Les dernières livraisons avaient déjà été acheminée par les mystères, supervisant le RCCM sur cette opération. Tryan avait déjà commandé ce département et y était respecté pour avoir redorer ce dit blason, de ce fait, il n'était pas rare de voir les agents de ce département le saluer avec un sourire autre que celui qu'on était obligé d'arborer devant les supérieurs hiérarchiques.
Si Paravell s'était occupé de la gestion de la sécurité du site, ce qu'il contenait relevait des mystères, dans tous les sens du terme, une chose était sûre, il y aurait du grand spectacle et les sorciers comme les moldus n'auraient pas assez de deux yeux pour tout voir durant ces jeux. Outre l'aspect purement divertissant de l'arène, il y avait un message à faire passer, message qu'Eris allait sans doute rappeler ce soir. Tryan avait senti des interrogations chez ses subordonnés, principalement sur le coté test de ces jeux qui ne leur avait pas échappé. Car oui, en bon scientifique, la plupart ne voyaient là qu'un énième test pour déterminer qui du sorcier, du moldu et du né-moldu, serait le meilleur. L'idéologie même du purisme dépendait du résultat des jeux … et si un moldu gagnait contre un sorcier, même un terroriste, il restait sorcier, que ferait on ? Comment justifier le purisme quand l'expérience démontre autre chose ? On prétendrait à l'exception, il y aurait d'autres jeux … non, c'était s'embourber dans une démonstration inutile. Chacun soutiendrait son champion, mieux valait que le vainqueur soit un vrai sorcier, si possible sang-pur, mais il n'y en aurait peut être pas.
Qu'importait pour le moment, on n'en était pas là.

En coulisse, les cages venaient d'être livrées au sous-sol. Encadré de deux collaborateurs, Marv Bronson pour sa sécurité, véritable colosse qui impressionnait de par son sang géant, et de la blondinette Valeria MacFusty, responsable des livraisons du RCCM, le directeur des mystères entra dans le centre de contrôle des caméras et des écrans. On le salua lui et ses deux acolytes avant d'annoncer le décompte du début de l'ouverture.
Si Tryan restait en coulisses et n'allait pas dans la loge, cela ne fut pas par dégoût du politique, bien qu'il y ait un peu de ça, il préférait rester dans l'ombre et prêt à intervenir en cas de problème.
Il écouta Eris parler, sans un mot, le regardant à travers les petits postes installés pour la gestion technique. Toujours aussi majestueux, toujours aussi habile, il était le maître de cet exercice, il était le seul à exister pour cela. La foule buvait le moindre de ses mots, comme du jus de citrouille, c'était impressionnant et terrifiant, ce pouvoir de manipulation de masse était probablement la meilleure arme que l'idéologie n'ait jamais connu, et Voldemort pouvait se féliciter de la posséder. Pour combien de temps encore … et la possédait il vraiment ? C'était toute la question que se posait Tryan.
Les effets furent soigneusement préparés, rien ne semblait laisser au hasard et on voyait là toute l'intelligence de la chose. Mêler le militaire à l'émotion, la force à la faiblesse, le patriotisme à la famille, c'était bien pensé et terriblement efficace. Aux visages des tombés en Irlande, le français plissa les yeux. Valeria lui demanda :

« Vous connaissez ces personnes ?»

Le français soupira et se détacha de l'écran pour lui répondre.

« Certains … vaguement … j'ai servi avec eux.»

Ou plutôt ils avaient servi avec lui. Passant rapidement sur certains inconnus, le français s'arrêta net. Il reconnaissait ce visage. Il n'avait beau l'avoir vu qu'une seule fois, il ne pouvait pas l'oublier, celle qu'il avait condamné à mort involontairement. Emelyne Selwyn, comment oublier. Elle avait fidèlement servi le régime, jusque dans la mort, elle avait protégé Eris jusque dans son dernier souffle, conformément aux ordres que Tryan, alors chargé de la mission, avait donné. Elle avait empêché des ravages en contenant l'explosion du terroriste Mustang, dont une grosse partie de la prime liée à sa mort avait servi à payer de dignes funérailles à cette puriste de renom.
Un souvenir fugace, elle ne devait pas en avoir grand chose à foutre là où elle était, mais qu'importe, le moment était choisi pour cela. L'ordre de Salazar à titre posthume, ça ne devait pas lui servir à grand chose.

Alors que la foule reprenait les chœurs puristes, scandant un slogan mérité et qui devait être démontré dans l'arène, le français fit signe à ses acolytes de partir de là avec lui.

« Allez, on a encore du boulot … »

Il y avait plutôt que le lendemain, et les jours suivants, la magie soit puissance ...
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John Mulciber


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Mar 12 Aoû - 18:58

« Les cinq poseurs d'affiches ?
-Azkaban en mesure provisoire, communiquez les dossiers à Witcher.
-Et les affiches, Général ?
-Pff...filez ça à Valverde, j'en sais rien, moi. C'est pas mon problème de répondre à ça... »

Les affiches de la Vague, John Mulciber en avait foutrement par dessus la tête. Ben l'agaçait, ne s'arrêtant finalement strictement jamais d'essayer de foutre la merde, et qui gérait en sous-main pour que tout soit lisse et parfait et qu'on puisse émerveiller le peuple comme une bande de gosses idiots ? Lui bien sur, le général...Mais ça, évidemment, qui allait le vérifier, qui le voyait ? Personne. John, a vrai dire, ne s'en préoccupait guère. On le connaissait plus que Paravell, il était réellement connu, même, mais ceux qui connaissaient l'ampleur de sa tâche et de celle de son département, au final, étaient peu nombreux voire inexistant. Pour le grand public, la Sécurité Intérieure se résume à moi et à Ariana Bedan, éventuellement à Spittalfied, lorsque je les envoies toutes les deux causer à ma place...on ignorait l'existence de ce petit baroudeur de Cyrus Manston, on préfèrait ignorer l'existence du sinistre Athelney Jones...Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et pendant ce temps là, John Mulciber, cinquante-deux ans, souriait en façade pour le public, et se battait contre le reste du monde, celui qui se foutait de son sourire, et qui ne voulait que le briser.

Les réformes tombaient. Il avançait. Rien ne perturbait sa mission. Rien ne changeait dans son combat. John Mulciber n'était pas affecté par l'éducation du peuple, un peu plus par la fusion de l'Ordre Nouveau et celle du département des Lois, qui impactait un peu les conséquences des actions de son département, et encore, pas trop. Mike gérerait ça correctement, il en était sur. Les terroristes se foutaient des réformes. On reste des ennemis à abattre, que change le poste ? Aucun. Rien ne bougeait, sinon Valverde qui allait apparaître en gros plan à la première page de la Gazette...va falloir encore le protéger, ce serait facile pour un sniper de l'avoir, bordel. Sorcier ou moldu, cela faisait partie des menaces potentielles qui pouvaient arriver, malheureusement, aux jeux...

Qui avait eu cette idée, il n'en savait rien, lui qui devait déjà faire du présentiel au Military Tatto d'Edimbourg parce que ça faisait bien au coté du Magistère, mais il supposait que ça faisait bien. En attendant, cette fois ci, il devait aussi gérer les mesures de sécurité, et ce fut avec de l'avance qu'il arriva. L'uniforme noir d'apparat de John ne tranchait guère avec ceux, plus sobres, des agents qu'ils dirigeait. Le ton était sec : celui d'un inspecteur, et c'était bien ce qu'il était.

« Tout le monde est en place ?

-Oui mon général. Cinq hommes à la tribune, le reste se répartira à l'intérieur dès que le coup d'envoi sera donné, les hommes de la police magique assurent les contrôles à l'entrée.
-Les gens entrent, actuellement ?

-Oui, mon général. Les moldus, mon général.
-Pas d'arrestations ?
-Une, pour ivresse. Un type qui a commencé à faire la fête avant la fête.
-Très malin, agent Clark. Disposez. Demandez au commandant Jones de me faire un rapport toutes les demi-heures. Rompez. »

Après quoi il rejoignit lui même la tribune. La foule commençait réellement à affluer, attirée par le monde, le bruit, et la fête...peut-être aussi par la puissance et la gloire qui se dégageaient de l'endroit. De son coté, John Mulciber commençait lui à se demander s'il ne s'agissait pas simplement de la vulgarité. Il hésita un instant à foutre son poing dans la gueule de pseudo-beau-gosse de Gauthier Paravell, qui non content d'avoir ramené la fille la plus vulgaire du coin, semblait décidé à le prendre pour un alcoolique fini. Décidé cependant à ne pas faire de vagues, Mulciber refila le verre à son voisin, le ministre de la Magie du Pays-de Galles, et observa les choses. Grandioses, oui...on avait fait ça pour la gloire. Pour occuper l'esprit des gens. N'empêche que les Ténèbres existaient bien. Et que tôt ou tard, bientôt en ce qui le concernait, ils allaient y replonger.
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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Mer 13 Aoû - 17:33

« Bon, eh bien voilà. » Il y eut quelques rires auxquels Mike se joignit volontiers. C'était un effet de style que de commencer un discours ainsi, mais un effet de style efficace, qui le faisait passer aux yeux des gens pour un type normal, un type comme eux : les gens normaux ne faisaient pas de discours. Et ça les rassurait de voir que leur chef leur ressemblait. « Nouveau département signifie nouvelle tâche. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je ne suis pas un mauvais patron, la preuve c'est que nous commençons tous notre travail par des congés. » Nouveaux rires : ça n'était pas sa faute, il fallait en remercier Valverde, mais ça, aller le faire comprendre aux gens, ça restait plus compliqué. Witcher reprit plus sérieusement. « Nous avons cependant une mission à accomplir ensemble. J'ai toujours fait de mon mieux pour accomplir les missions que me confiait le Seigneur des Ténèbres. J'y ai réussi parce que j'ai cru au purisme, et parce que autour de moi et avec moi, les gens qui travaillaient à mes cotés y ont cru aussi. J'espère aujourd'hui pouvoir continuer ce travail avec vous. Je vous remercie. »

Le ton était calme et clair, la ligne de ton et de direction donnée. Mike Witcher n'était pas quelqu'un de sévère. Austère, discret, mais accessible, normal en somme, voilà ce qu'il était. Au sein de l'ancien département de l'Ordre Nouveau on le connaissait ainsi, c'est à dire en uniforme, avec ses lunettes rondes cerclées de fer, une bière à la main, buvant un verre avec les rafleurs, les commissaires du sang, offrant un café à qui en voulait...image soigneusement entretenue, faite pour convaincre, calculée. Après tout, il était un self-made-men, un héros de guerre – de quelle guerre, lui ne savait pas, mais les journalistes faisaient ce qu'ils voulaient...- père de famille, divorcé, frère d'une ancienne joueuse de Quidditch internationale, beau-frère du Chancelier puriste allemand...le croyable et l'incroyable, l'impossible et le possible, la banalité et l'extraordinaire. Michael Witcher savait y faire dans ce genre de domaine. Se faire aimer comme étant le même genre d'homme que ses gars tout en réussissant à montrer qu'il était le chef, voilà ce qu'il savait faire de mieux.

Réussir était tout ce qui importait. Il était le produit même de « la fin justifie les moyens ». S'il pouvait être courageux, dur, impossible même, on pouvait sacrifier à Mike comme qualité d'être tenace et engagé, quitte à passer pour un connard, même si en général, il s'arrangeait pour dissimuler tout cela derrière un sourire. Ainsi, l'ambiance qu'il instaurait depuis son arrivée à ce nouveau département, qu'il faisait sien parce cette fusion, était très différente pour les nouveaux employés de celle qu'ils avaient pu connaître du temps de James ou d'Eris Valverde, lorsque le département des Lois n'avait pas fusionné avec l'Ordre Nouveau. Moins orthodoxe, moins calme et moins froid. On avait l'impression qu'une chape de plomb se levait sur les couloirs et qu'on pouvait parler à voix haute. Cela ne faisait pas de Witcher un patron laxiste bien au contraire, mais il restait plus proche de ses employés.

Il visita tout, puis se retira dans le bureau, aménagé à sa convenance, dans un style assez proche de ce qu'il avait lorsqu'il était mercenaire. Marqueterie, sobres bibliothèques, stores, bureau carré et confortables, le tout parsemé de bibelots et de souvenirs, aussi bien universitaires que de l'Afrique du Sud. Ainsi, il en était finalement venu au droit. Haut Juge. Witcher sourit et alluma un cigare pour fêter ça. Après quoi il reçut en entretien les neuf juges de la cour, puis le successeur de Frank Althea à la tête des rafleurs, Alfred Asbach : jeune et motivé, il avait fait ses preuves en Irlande. Il n'y aurait pas d'autres chefs de services : la décision de réunir les bureaux de mise en examen et de vérification des peines traduisait le pragmatisme d'un Mike Witcher décider à gérer cela lui même. Quant au directeur d'Azkaban, il le verrait plus tard, réservant son jugement pour attendre de voir à quelle sauce celui ci serait mangé. Après quoi, finalement, il reçut Douglas Mac Namara, son secrétaire, qui l'avait suivi depuis l'Ordre Nouveau, pour définir son emploi du temps.

Le lundi, il recevrait les juges pour faire les bilans des procès, Asbach, les présidents des cours de justice, ferait le bilan des commissions du sang des semaines passées, et verrait pour tout autre rendez-vous urgent. Le mardi et le mercredi, il s'occuperait des commissions de sécurité. Le jeudi et le vendredi seraient consacrés aux procès. Le samedi, enfin, serait consacré aux visites en Irlande. Détestant être dérangé quand il écrivait un règlement ou une loi, Mike réservait cela aux dimanches et à ses soirées. A Londres presque tous les jours désormais, il pouvait fuir l'Irlande, qu'il ne supportait plus. Des règlements...d'ailleurs il en donna à faire publier à Mac Namara. Pendant les jeux, pendant qu'on amadouerait le peuple, lui publiait des lois pour le contrôler. Ainsi pensait-il que sa journée se passerait paisiblement lorsqu'il partit en voiture pour les arènes.

Ce fut là qu'on lui communiqua par cette technologie moldue qu'on nommait le téléphone ce que faisait ce petit connard de Wayland.

« Répétez, Ray, je vous entends très mal.

-Il a racheté les parts de de Hyeronimus partout. Celles de ses frères et soeurs aussi... Et celles de vos associés de Stelwagen & Cie.
-Quoi ? Mais je croyais qu'il était ébranlé par la mort de ses parents ! Que je devais lui racheter ses parts, pas le contraire. Pourquoi vous ne l'avez pas empêché ?!

-Il est majeur...
-Oh, ça va les prétextes ! Donnez moi les chiffres !
-Mais...
-Les chiffres ! Je dois vous rappeler que vous êtes un Witcher, mon avocat, et que votre arrière-petit-fils essaye de me doubler, ou vous êtes sourd ?
-J'ai peur qu'il ne soit trop tard, Mike. Il a soixante pour cent d'Imbrasing, quarante de WTB, vingt de WCR et cinquante pour cent de Stelwagen.
-Les contrats sont signés ?
-Eh bien oui...
-Bon, il va falloir compter avec Wayland dans la balance. Au revoir, Ray.
-Mike, vous devez... »

Clac. Il termina de noter sur un morceau de parchemin les données du problème. Toujours actionnaire minoritaire de Imbrasing Corp, ça ne l'étonnait pas. Mike ne s'était jamais intéressé à la distillerie familiale...mais désormais, même Ruth y possédait plus de parts que lui. Avec WTB, Wayland s'était arrangé pour détenir quarante pour cent des actions, comme lui, se plaçant à égalité avec lui, et laissant les dix pour cent de Ruth faire office d'arbitrage. Et s'il concédait qu'il dominait encore WCR, Stelwagen, le plus gros de ses revenus, lui filait pour moitié entre les mains. C'était une politique d'achat agressive, non prévue. Si Mike tenait le choc, parce que le fait qu'il aie réparti et aie été prévoyant verrouillait tout et empêchait Wayland de devenir actionnaire majoritaire, il n'avait pas prévu ce qu'il voyait comme une trahison interne. Il savait le gamin ambitieux, mais pas à ce point là, et surtout pas maintenant...il fallait croire que la mort de ses parents ne l'avait pas ébranlé tant que ça. Qu'est-ce qu'il voulait faire ? Witcher sourit d'un air mauvais.

« Tu veux jouer ? Très bien, on va jouer, gamin. »


Il sortit de la voiture sous le parapluie tenu par son chauffeur, avec un sourire implacable aux lèvres, souriant et saluant le public avant de rejoindre la tribune. Il glissa le papier qui résumait la situation dans la main de Ruth et lui lança :

« Tu savais que le fils de Malone était plus intelligent que son père ? Je ne sais pas qu'il essaye de faire, mais m'est avis que ça lui déplairait pas de diriger la famille Witcher... »


Il ne put ajouter plus. Le discours commençait. Witcher, qui se faisait une choix de voir des moldus et des terroristes s'entretuer, lui qui adorait le sang, ou se faire massacrer, avait la mine sombre et semblait réfléchir à autre chose que Valverde et qu'à la propagande.
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Jeu 14 Aoû - 12:59

Il y avait plusieurs choses avec lesquelles on ne blaguait pas chez Ruth. A commencer par le Seigneur des Ténèbres, le Purisme, son travail et ensuite ses tenues. Ironique de savoir qu’une jeune femme comme elle pouvait être si sérieuse et frivole à la fois. Ca faisait une partie de son charme, elle était un soldat du purisme, mais un soldat qui aimait l’élégance et l’assumait. Elle n’en avait pas honte. Beaucoup de femmes, de peur d’être mal vue par leur collègue masculin, et de ne pas être prise au sérieux, se masculinisait au travail. Ruth n’avait pas ce besoin impérieux de se faire respecter par les autres. Le respect, elle l’avait rien qu’à son nom de famille et la marque qui ornait son bras. Du reste, le seul respect dont elle avait besoin – si besoin était le mot – était celui de ses collègues de travail, le autres Directeurs de Département. Elle s’habillait donc comme elle le souhaitait, profitant de son argent pour s’offrir les services de deux couturiers sorciers de luxe qui ne travaillaient que pour elle. Vaniteuse, elle n’aimait pas l’idée du prêt à porter, ni celle qu’une autre femme puisse porter la même tenue qu’elle. Murad et Saab, elle les payait assez cher pour qu’ils ne s’occupent que d’elle. La tâche ne semblait pas leur déplaire puisqu’ils étaient payés un prix exorbitant pour ne s’occuper que d’une seule personne tout en laissant libre cours à leur imagination. Tant que les créations lui plaisaient, tout se passait bien.

Aujourd’hui, il lui fallait une tenue spectaculaire puisque la journée l’était. L’évènement était en cours depuis des mois, les grandes Arènes Magiques de Londres étaient enfin finies, et le lancement des jeux débuteraient aujourd’hui. L’organisation avait mis à contribution presque tous les départements du Ministère et de l’Intendance, leur permettant de travailler ensemble ce qu’ils ne faisaient que rarement. Quant à l’Arène elle-même, elle était superbe, faites pour impressionner, un monument à la gloire sorcière. Et glorieux, ils l’étaient. Elle n’avait pas besoin de grand-chose pour le savoir. Comme beaucoup, elle était arrivée en grande pompe.
Le transplanage était son moyen de locomotion préféré. Il correspondait à son caractère, rapide et indépendant, elle n’avait besoin de personne pour le faire, et aucune contrainte ne la retenait. Elle avait donc transplané directement devant le bâtiment, à l’entrée. C’était la fumée noire caractéristique du transplanage des mangemorts qui l’avaient annoncée. Indiquant à la personne en charge des entrées qu’une personne importante arrivait. A ses côtés, pour le show plus qu’autre chose, deux anciens tireurs de baguette d’élite qui l’accompagnait dans ses déplacements officiels dans le monde moldu. Sans attendre, on s’occupa d’elle et lui indiqua le chemin. Autour d’elle, les photographes et journalistes des deux mondes immortalisaient les arrivées des différents dignitaires, et nul doute qu’ils écriraient moult articles sur le sujet, laissant un souvenir de ces jeux pour la postérité.

Elle se dirigea vers la loge officielle ou certains de ses collègues étaient déjà rassemblés, attendant que la cérémonie commence. Elle avait croisé De SaintClair en arrivant et l’avait salué, il avait l’air particulièrement occupé, et elle n’était pas sûre qu’on le verrait dans la loge officielle. Paravell la salua, lui octroyant un clin d’œil qui était devenu une marque de fabrique chez lui lorsqu’il la voyait. Elle le salua d’un sourire chaleureux en retour, n’ayant pas pour autant oubliés les recommandations de l’Intendant à son sujet. Le vieil homme lui avait probablement fournis plus d’informations au sujet du Directeur des Services Secrets que celui-ci ne désirait qu’elle en ait. Ca n’équilibrait pas la balance, il en savait probablement plus à son propos qu’elle n’en savait sur lui, mais c’était toujours intéressant. Sagement, elle s’était toujours arrangée pour ne pas s’intéresser de trop près à lui pour qu’il n’ait pas de raison de s’intéresser à elle. S’il pouvait avoir l’esprit occupé par ses seins, ses fesses et les frasques qu’ils avaient fait ensemble, à la bonne heure. Elle ne demandait pas mieux. Ruth jeta un œil distrait à la femme qui accompagnait Paravell, une jolie rousse mais dont la vulgarité faisait le bonheur des messieurs. Ca la fit sourire discrètement, ne se sentait en aucun cas menacé par le joli minois. Elles ne jouaient pas dans la même catégorie, à chacune son domaine. La différence entre la tenue des deux femmes était notable et traduisait bien la différence de statut. Ruth avait choisis une tenue qui avait mis plusieurs mois à être réalisé et dont la finesse et l’élégance contrastait avec le décolleter outrancier de la compagne de Gauthier.

John était déjà présent, et elle le salua avec un sourire comme à son habitude, il s’était vu pour l’enterrement de son ancienne belle-famille. Susan, Teddy, Hugh, et le cercueil vide de Llewelyn. Tous morts. Une vague de peine l’avait submergée en voyant les cercueils puisqu’une semaine plus tard, c’était Malone et sa femme qui succombaient à Glasgow. Il fallait croire que la mort frappait les différentes branches de la famille avec vigueur ces derniers temps, sans même prendre le temps de frapper à la porte. La mort d’Hugh et celle de Llewelyn avaient été inattendue. Hugh n’aurait pas du mourir, quand à Llewelyn, c’était un coup du destin, il était mort dans une attaque bourbiste quand c’est John qui aurait du administrer le coup final. Comme quoi, on ne peut pas échapper à la faucheuse, elle finit toujours par nous rattraper. Tandis qu’elle se plaçait momentanément à ses côtés, elle sourit à la foule et sur le ton de la conversation lui dit :

« La mort de Malone et sa femme s’avère on ne peut plus commode. C’est un scandale d’évité. Cela dit, j’aurais préféré qu’ils décèdent un peu plus tard, ça aurait pu nous servir. »

Le tout sans cesser de sourire. Les morts ne les ébranlaient plus puisque souvent, ils étaient l’instrument de la faucheuse. Tout au plus, c’était un mal nécessaire, au mieux, ça servait leur propre intérêt.

L’arrivée de Mike interrompit la conversation. Elle s’éloigna de quelques pas avec son fiancé qui lui glissa discrètement un bout de parchemin dans la main. Elle le déplia, le papier et lu avec étonnement son contenu. Plus prompte que Mike à s’énerver, elle sentait déjà les prémices de la colère prendre le pas sur son humeur. Elle se força à garder un sourire impeccable pour les caméras mais n’en pensait pas moins. Du peu que lui avait dis Ariana, elle n’avait pas une grande estime du fils de Malone, mais il fallait reconnaître qu’il avait su doubler Mike avec une efficacité redoutable. Ruth estimait la chose comme une trahison pure et simple. Un mouvement à peine dissimulé pour prendre le pas sur le chef de famille. John ne l’aurait pas toléré, et Ruth lié par une profonde affection pour John qu’elle considérait comme un oncle bienveillant – en ce qui la concernait en tout cas – n’aurait pas non plus toléré qu’on le double.

Elle voulu répondre, mais le discours de Valverde commença. Se taisant pour le moment, elle l’écouta, applaudissant au bon moment, mais plus que tout, regardant la réaction de la foule. C’était le plus intéressant. Le spectacle ne les concernait pas, il n’était pas pour eux. Non. Le spectacle était pour la foule amassée en dessous d’eux, hurlant, et buvant les paroles de son collègue sans se rendre compte qu’ils participaient activement à leur propre chute. Les pains et les jeux, depuis l’Antiquité romaine, c’est tout ce qu’il suffisait pour asservir la foule. Et celle-ci, heureuse d’avoir ce qu’elle désirait, n’en était que plus docile.

Quand le discours fut fini et que les applaudissements se turent. Elle se tourna vers Mike, dont la mine sombre montrait qu’il ne pensait pas qu’aux jeux :

« Plus intelligent, ce n’est pas un exploit. Tu ne vas pas le laisser faire j’espère ? Que peut-on faire pour le contrer ? »

Changement intéressant dans la phrase de Ruth. Elle employait le « nous », démontrant par là que son problème devenait également le sien. Les fiançailles étaient désormais officielle depuis plusieurs mois, et ils étaient un couple qui s’ils n’étaient pas lié par amour, l’était au moins par amitié, et par obligations familiales et financières. L’argent des Witcher intéressait John bien plus qu’elle. Ses avoirs chez les Mulciber étant minimes, elle était indépendante financièrement grâce à sa famille maternelle dont elle portait le nom. Ce n’était pas la perte d’argent qui l’indignait, mais bien que Wayland, à dix-huit ans, soit assez présomptueux que pour vouloir doubler son chef de famille, et par conséquent son futur mari.

Spoiler:
 

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James Eccleston


MessageSujet: Re: Panem et circences ! || PARTIE I — Ouverture Ven 15 Aoû - 13:18

C'était le grand jour. Pour l'occasion, tous les employés du Ministère de la Magie avaient terminé leur journée plus tôt, et tous les agents « non indispensables » avaient reçu congé pour les cinq jours suivants. Chacun devait pouvoir assister aux Jeux, et aux festivités qui les accompagnaient. Le Ministre lui-même avait quitté son bureau inhabituellement tôt, pour pouvoir aller se préparer et être en avance à l'Arène Magique de Londres. Toute la journée, au Ministère, une étrange effervescence avait animé l'ensemble du personnel, même ceux qui ne pourraient pas bénéficier des jours de congé généreusement octroyés – mais ceux-là seraient payés double pour leur peine, histoire de les motiver. On se hélait joyeusement, on se donnait rendez-vous pour le soir, on commentait le programme des réjouissances. Même les employés moldus du Ministère, d'ordinaire discrets, rasaient un peu moins les murs et s'autorisaient quelques manifestations de satisfactions. Eux aussi auraient congé, le Ministre ayant affirmé avec force que ces Jeux devaient être un grand moment d'union. Pendant quelques jours, le Ministère fonctionnerait avec des effectifs réduits : uniquement des policiers, les Mystères, la gestion des Hybrides et des Créatures magiques. Les autres devaient cependant se tenir prêts à rejoindre leur poste s'ils en recevaient l'ordre, car il n'était pas question de laisser toute l'Angleterre démunie. L'occasion aurait été trop belle pour les terroristes en tout genre, et on n'allait pas les laisser gâcher la fête.

Le soleil était encore haut lorsque James Eccleston quitta le Ministère de la Magie, flanqué de son secrétaire. Ils étaient presque les derniers à partir, et ne croisèrent que quelques agents de la maintenance qui vaquaient à des tâches urgentes. Abraham Cadwallader, le dévoué secrétaire du Ministre, rayonnait. Son patron lui avait offert des billets dans la meilleure tribune publique, pour lui et sa famille, pour toute la durée des Jeux. Un petit geste, bien dérisoire, pour le récompenser de son zèle. Depuis le matin, on sentait le brave homme impatient de partir pour aller annoncer la bonne nouvelle à sa femme. Il se hâta de prendre congé de James, dans la pièce des cheminées, et s'engouffra dans l'un des conduits. Avec un sourire amusé, le Ministre le suivit, en annonçant le nom de sa demeure : « Challenger House ! »

Son costume, commandé spécialement pour l'occasion, l'attendait, soigneusement étalé sur son lit. L'elfe avait tout préparé, et James n'eut qu'à se vêtir. Peu d'hommes avaient autant que lui le goût de la toilette ; il s'était fait confectionner une tenue du dernier chic, un costume trois pièces noir, mais réalisé par un couturier sorcier selon les canons en vigueur dans le monde magique ; une superbe cape de soie noire agrémentait l'ensemble, soulignant le statut de son porteur. La cravate bleue était exactement de la même teinte que les yeux du Ministre, ultime raffinement pour ce coquet invétéré. Il s'observa avec complaisance dans le miroir, se jugea tout à fait comestible, et descendit dans le parc du manoir où une voiture du Ministère l'attendait. Il avait eu du mal à se résoudre à emprunter ce moyen de locomotion, mais il était évident que son arrivée devait être vue de tous. L'Arène Magique avait été construite sur le territoire dont il avait la charge ; il était Ministre, chargé de la gestion quotidienne des relations avec les Moldus, et une arrivée en voiture serait bien vue.

Comme il s'y attendait, la presse se massait devant l'entrée des officiels, sorciers et moldus mêlés. Il sortit de sa voiture, tout sourire, et se retrouva aussitôt environné de micros. Le Ministre de la Magie était populaire, sa bobine passait bien à la télévision, et il avait toujours quelque chose à répondre aux questions, à la différence d'autres Mangemorts qui gardaient un silence farouche. Lui, dont le métier était de parler, savait distiller des réponses tantôt graves, tantôt plaisantes, sans jamais refuser de répondre à une question. Il maniait la langue de bois avec brio, revenait l'air de rien aux sujets qu'il voulait évoquer, semblait bavarder avec les journalistes plutôt que répondre à une interview... De son mentor, John Mulciber, il avait appris la bonhomie, la proximité avec le peuple. On l'appréciait, on le trouvait simple, franc, « comme tout le monde ». Un comble pour lui qui avait toujours voulu se démarquer du commun. La presse insistait à plaisir sur ses origines : il était le premier Ministre de la Magie de sang-mêlé, la preuve vivante que le régime puriste n'était pas un ramassis de brutes extrémistes. Ce qui avait longtemps été un handicap pour Eccleston devenait un avantage ; son ascension montrait bien qu'il y avait place pour tout le monde dans le nouveau monde magique, pourvu que la fidélité y soit ! On oubliait, ce faisant, qu'il descendait – même si ce n'était que par l'escalier de service – de quelques grandes familles sorcières, et qu'il appartenait bel et bien à la coterie au pouvoir. Il n'était peut-être qu'un obscur cousin, un peu bâtard, un peu marginal, mais les faits étaient là : il avait du sang pur dans les veines, et plus encore dans l'esprit. La tache dans son lignage était un sujet de colère pour lui, qui était devenu plus puriste que les sang-pur eux-mêmes et s'estimait plus digne que certains dont l'arbre généalogique était sans souillure. C'était injuste, voilà tout. Ne valait-il pas mieux que ces fils à papa incapables de rien faire, mais à qui leur seul nom ouvrait toutes les portes ? En public, il n'évoquait jamais le sujet. Il feignait, pour la presse, d'être fier de ses origines, et de vouloir être un modèle pour tous les sang-mêlé, tout en vouant son arrière-grand-père moldu aux gémonies.

Après un bon moment passé à répondre à leurs questions, il parvint à échapper aux journalistes, et on l'escorta jusqu'à la tribune officielle. Il arrivait dans les derniers. À tout seigneur tout honneur, il se dirigea d'abord vers Crow, et le salua à la manière puriste. Jamais ils n'utilisaient ce salut entre eux, mais devant les caméras, il fallait montrer non pas deux amis se serrant la main, mais un chef et son employé. On remarqua cependant que l'Intendant lui donnait une tape dans le dos, signe qu'ils étaient plus proches que leur salut officiel ne le laissait paraître. James réitéra son salut devant Eris Valverde, son conseiller, puis devant John Mulciber, son mentor. Il salua également Paravell et l'espèce de poupée gonflable rousse qui l'accompagnait – encore plus vulgaire que la majorité des femmes, c'était dire – et ses homologues ministres des autres territoires de l'Intendance. Mike et Ruth, qui parlaient à l'écart, n'eurent droit qu'à un signe discret, et le Ministre s'assit, entre Mulciber et le Ministre de la Magie écossais. Il se mit alors à observer, d'un air intéressé, les caméras moldues braquées sur la tribune officielle. L'événement était retransmis sur des écrans géants, et à la télévision moldue dans tout le pays.

-C'est curieux de se voir comme ça, murmura-t-il à l'adresse de Mulciber tandis que leurs visages sérieux défilaient sur les écrans géants.

L'image avait au moins eu le mérite de lui prouver que sa tenue était parfaite, qu'il était le mieux sapé de tous les ministres, et il sourit d'un air satisfait. Ils n'eurent pas le temps de parler beaucoup, car Eris Valverde, le maître de cérémonie, ne tarda pas à s'avancer pour prononcer son discours. Comme des milliers d'autres sorciers, James retint son souffle en l'écoutant. Lui seul savait imposer un tel silence à une foule, ou la faire hurler dans une seule direction comme ce fut le cas à plusieurs reprises. Il avait tout organisé de main de maître, et toute la réussite résidait justement dans le fait que rien ne semblait préparé, ni les silences, ni le défilement des portraits, ni l'entrée du dernier régiment d'Irlande. Tout avait l'air de se faire comme ça, sans plan préconçu, au gré des circonstances. Lorsque la caméra revint sur les personnages présents dans la tribune officielle, on put voir James Eccleston hocher la tête, l'air grave, semblant approuver les propos de son conseiller, alors qu'il approuvait surtout la parfaite organisation de cette grand-messe populaire.
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