POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan

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Jeremias L. B. Serpens


MessageSujet: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Lun 11 Aoû - 20:03

Je me crois en enfer, donc j'y suis.



Mais quel était le connard qui avait foutu cette musique de merde?

Jeremias était étendu de tout son long, sur cette immense canapé noir en soie du salon d'Ashton Court. Les rideaux étaient tirés, quelques brins de lumière laissaient apparaître sa longue silhouette fine affalée sur ce meuble ancien. Entièrement nu, seulement l'intimité recouverte d'une serviette de bain, le grand héritier se sifflait une cigarette en regardant le vide. Deux heures qu'il était arrivé là par hasard, et qu'il avait décidé de s'asseoir, puis de s'allonger. L'eau de la douche avait séché, et il n'avait pas bougé depuis lors. Clope sur clope, il perdait son temps à se dire qu'il perdait son temps, sans vraiment se rendre compte qu'il ne perdait rien du tout.
Le salon avait été plongé dans le calme, jusqu'à ce qu'Alexander vint foutre son bordel en mettant de la musique "jeune" et "trop actu" qu'il détestait tant. Quelle idée lui était donc venue de venir s'installer ici?
Il gueula dans une bouffée de fumée, ce qui, de toute évidence, retint sa voix déjà peu audible. Puis il se rappela que c'était lui, le grand frère, qui avait décidé de rapatrier tout ce petit monde dans l'ancien manoir officiel des Serpens, laissant à la sépulture de Maleficus le plus grand toutes les demeures.
Il gueula de nouveau, faisant entrer un elfe de maison qui laissa la porte ouverte à Crepuscule, le chat de Maleficus, qui avait enfin trouvé l'ultime moyen d'ouvrir cette porte qu'il n'arrivait pas à actionner de ses frêles pattes. Galopant jusqu'à Jeremias, il se blottit contre le mince torse de son nouveau maître, s'occupant peu de la fumée qui lui venait en pleine gueule.

« Monsieur Maître Jeremias a demandé quelqu'un?
C'est Alexander, que je veux, débile !
— Monsieur Alexander est parti, Monsieur Maître.
Quoi?
— Il est sorti il y a dix minutes.
Il est sorti? Ce con est sorti? Et il a laissé la musique?
— Maître, Sinky a pensé qu'il était mieux d'obéir à l'ordre de Monsieur Alexander.
Qui était?
— Qui était de laisser la musique, car elle vous ferait du bien, a-t-il dit.
Jeremias ria. Va me chercher du vin, et arrête cette musique. »

L'elfe disparut, laissant dans ce sombre salon le propriétaire des lieux et le chat de celui qui avait tant fait briller cette famille.
En réalité, depuis que Maleficus était mort, Jeremias était entré en possession de toutes les multiples demeures des Serpens. Durobin, Ashton et Balmoral étaient désormais sa propriété, lui qui avait tant fuit ces lieux luxueux et pompeux. Le moins de tous était Ashton, là où il retrouvait quelques part de son enfance. Il avait ramené tout le monde dans cette demeure, laissant à quelques elfes le soin de s'occuper des deux autres.

On ne pouvait pas dire qu'il était un mauvais gestionnaire. Tous les jours il s'occupait des domaines, des avoirs de la famille. Il restait fier d'être à la tête des Serpens, bien que cela ne durait que quelques heures par jour. Généralement, c'était en pleine nuit qu'il mettait tout en ordre. Et tout était en ordre. Vingt-sept ans d'éducation ne se perdent jamais en quelques mois de solitude, bien qu'il fallait avouer qu'un intendant rattaché aux Serpens n'était jamais de trop en cas de soucis.
Quoiqu'il en soit, même si on entendait guère plus le nom de Serpens, la famille était toujours aussi riche et bien lotie. Protégée des bourbistes, encore plus depuis que le vieux Brom était redevable de trois morts et d'une jambe.
Maleficus mort, c'était sûrement le début de la fin d'un prestigieux nom vis-à-vis de tous les autres. Lui, il continuait à fumer tant que personne ne venait l'emmerder. Il remplissait la part du contrat. Son gosse ou Alexander hériteraient du tout et ils se débrouilleraient ainsi. Qu'importait, au final. On n'emportait ni son honneur ni sa bourse dans la tombe.
La musique s'arrêta enfin. Jeremias souffla. Il regarda Crepuscule, magnifique créature issue du patronage du grand Maleficus. Il releva la tête, se rappelant les paroles, la façon de parler de ce gamin qu'il aimait pourtant tant.

Ce qu'il y a sûrement de plus terrible, dans la mort et l'amour, c'est l'oubli. Non pas la peur de voir quelqu'un mourir, mais bien l'horreur qui découle de l'oublie du défunt.
Jeremias avait peur de les oublier, eux qui ne l'oubliaient pas. Et cette peur devenait de plus en plus grande quand il constatait qu'il avait oublié des choses. Le rire de Maleficus, si rare, mais si précieux. Où était-il donc passé? Où était passé le parfum de sa mère? On était passé ce regard si évocateur de leur père à tous? Alexander ne semblait pas dévoré par autant de questions. Mais lui, cela ne cessait jamais de le ronger. Il continuait à fumer, cigarettes sur cigarettes, sans se souvenir de ce que tant de gens lui avaient apporté.
Crepuscule s'endormait tranquillement tandis qu'il la regardait. Cette bête était le seul souvenir que Jeremias avait de Maleficus. Il avait tout mis dedans, et l'observait avec une tranquillité douce qu'il n'avait jamais eu pour ce chat.
Il continuait à la regarder, sûrement parce qu'il n'arrivait pas encore à exprimer tout ce qu'il ressentait. La cigarette se consumait, quelques cendres tombèrent sur l'une de ses jambes. La seule en vie, pensait-il. Car l'autre était d'un gris argenté étrange.
Il l'observa.
Coupée juste au-dessus du genoux, elle avait l'air paisible et endormie. C'était chose étrange que d'avoir un corps étranger accroché au sien. Il aspira une dernière bouffée et lança ce consommable poison dans un cendrier.

« Maître Jeremias?
Le jeune-homme n'avait pas vu qu'un elfe était entré. Oui?
— Vous avez de la visite.
Dis que je ne suis pas là. Etait-il là, en réalité?
— C'est Mademoiselle Ariana Bedan, Maître.
Euh... Jeremias se mit assis sur le canapé. Crepusucle pesta et se réinstalla à un autre bout du meuble. Dis-lui d'entrer.
— Maintenant?
Bah ouais !
— Maître, vous... vous êtes nu.
Elle en a vu d'autres ! Amène-moi de quoi m'habiller rapidement. Puis fais-la entrer.
— Très bien, Maître. »

Le petit être revint avec un pantalon de costume noir et une chemise.
Le jeune Serpens enfila le tout avec une rapidité de chat, s'observa rapidement dans le miroir au-dessus de la cheminée. Barbe de trois jours, mal-rasé. Merde.
Tant pis.

Le salon était plongé dans une atmosphère étrange. Des heures que cela n'avait pas été aéré. Mais la lividité de la peau du jeune-homme ne laissait pas à penser que cela pouvait être sale. Non, c'était surtout froid et silencieux. Comme s'il venait d'arriver le matin même dans un vieux salon familial qu'il découvrait en même temps que tout le monde.

Il se rallumait une cigarette quand Ariana fut introduite.
Debout, près de la cheminée, Jeremias s'était perdu dans la lecture de la devise des Serpens. In defens Virtute et Sanguis. Les lettres étaient incrustées dans le marbre noir de la cheminée, comme si tout ce manoir respirait le Serpens. Il continuait à toucher l'inscription, comme s'il la découvrait pour la première fois.
Il tourna la tête.

« Salutations ! Il fit une sorte de fausse révérence, laissant cheminée mais pas cigarette et s'avança jusqu'à Bedan. Tu m'as retrouvé. J'étais bien caché. Tu veux boire quelque chose? »

Crepuscule ouvrit un oeil, sûrement dérangée d'être interrompue dans son exclusive relation avec Jeremias.
La soirée ne faisait que commencer.


Dernière édition par Jeremias L. B. Serpens le Mer 20 Aoû - 12:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Jeu 14 Aoû - 12:41

Ariana Bedan quitta son bureau situé dans l'aile des services administratifs et du renseignement civil du Département de la Sécurité Intérieure à Buckingham Palace. Elle s'affaira à rejoindre le bureau de son supérieur direct afin d'obtenir quelques informations concernant un nouveau dossier à traiter. Ariana était chargée de désinformer. Elle politisait donc ce département en traitant son image médiatique et social. Elle veillait à ce que les hors-la-loi n'ait pas accès aux véritables informations liées au département auquel elle était affectée. Elle mentait, oui, mais elle était parfaitement capable de le faire, et force était de constater que cela marchait, car elle recevait bien des compliments de ses supérieurs, et de la jalousie de ses collègues. On l'avait virée à tort de l'école de sorcellerie, elle aurait pu être leur meilleure élève, la meilleure de toutes, mais on avait voulu lui couper l'herbe sous les pieds. Raté. Elle se relevait avec élégance et puissance pour devenir une femme active et nécessaire à ce régime. Pour l'instant c'était à petite échelle, elle en était consciente, mais elle aimait se dire que tous avaient un jour commencé quelque part, et bien souvent, bas. Frappant deux fois puis pénétrant dans le bureau, elle était élégamment vêtue d'une jupe tube noire moulant parfaitement ses formes jeunes et pourtant si bien dessinées. Elle ne touchait pas à la vulgarité, jamais. Ariana était distinguée et cela se voyait dans son style vestimentaire. Mais elle veillait toujours à se mettre en valeur. Elle était belle, elle en jouait, elle en profitait. Était-ce un mal ? Son haut, quant à lui, était un simple chemisier blanc d'une rare finesse. En soie d'Asie, le luxe semblait s'accrocher à elle comme la sangsue au sang. Elle salua son supérieure via le nouveau salut de l'Intendance et lui présenta quelques documents.

-Monsieur, j'ai besoin de votre permission pour passer le décret numéro quarante-cinq concernant l'affaire du trafic de baguettes de Dublin.

Il lu lentement les quelques papelards apportés par l'ancienne Serpentard et les reposa d'un même geste assuré. C'était un type étrange. Il était très puriste, on le sentait rien qu'à sa présence. Ses longues robes de sorcier laissaient apparaître son traditionalisme absolu alors que l'heure était à l'évolution vestimentaire vers quelque chose de plus moldu. Il n'y avait qu'à voir l'Intendant du Royaume-Uni pour s'en rendre compte.

-Je ne comprends pas bien pourquoi vous choisissez ce point de vue dans votre déclaration Miss Bedan.
-L'affaire étant tombée en même temps que la prise des résistants liés à La Vague, je pense qu'il est plus intelligent de faire passer le trafic comme plus important à nos yeux. Comme si nous nous désintéressions de La Vague de Limonkov. Aussi, je mets l'accent sur le trafic pour qu'on pense que nous les laissons de côté. Sachant qu'ils agiront avec moins de subtilité si on ne semble plus s'occuper d'eux. Peut-être penseront-ils que nous les croyons finis, morts ou en pause d'activité.
-Et si ce n'est pas le cas?
-Alors à quoi sert mon travail?

Le chef eut un rictus amusé. Elle avait du cran, elle avait du tact mais elle ne manquait jamais de respect. Il aimait bien cette façon d'agir. Celle de ne pas se laisser marcher sur les pieds, d'avoir de l'ambition tout en sachant où était sa place. Ariana était une gamine intelligente, bien plus qu'on aurait pu le croire sous ses airs de jeune fille puriste éduquée drastiquement par une élite sociale du pays. Elle pensait politiquement, agissait avec subtilité et n’omettait jamais de marquer la différence entre sa position et celle des autres, fussent-elles plus basses ou plus importantes. Il lui tendit ses papiers suivit d'une attestation de publication officielle du Département de la Sécurité Intérieure. Elle obtenait ainsi ce qu'elle désirait pour cette journée et terminait son travail et son dossier. Elle rejoignit son office qu'elle partageait avec deux autres filles. Elle en connaissait une de vue puisqu'elle n'avait que deux ans de plus – Poudlard servait aussi à cela. Mais l'autre était une vieille harpie qui la détestait et avec qui elle n'hésitait pas à s'envoyer des pics. Saloperie. Elle passa ainsi son décret de désinformation avant de quitter le travail et de rejoindre son appartement en plein centre de Londres, rue du Prince Consort.

Il était à peine plus de vingt heure du soir. Elle ne prit pas beaucoup de temps chez elle, juste de quoi boire un verre d'eau, observer brièvement les nouveautés de la Gazette rapportée par Wayland – qui était absent d'ailleurs aujourd'hui. Elle repartit immédiatement en transplanage jusqu'à Ashton Court, demeure des Serpens, du moins l'une d'entre elles. Elle traversa les magnifiques jardins du domaine. C'était somptueux, l'endroit lui rappelait, dans un autre style, Krakendor. Ici, l'ambiance était plus fraîche – due à l’Écosse sans aucun doute – mais aussi plus verdoyante, bien que la demeure principale des Bedan n'avait pas à se plaindre. L'Angleterre était servie niveau taux de précipitation et aucun pelouse n'était séchée durant l'année. Ses talons frappaient le sol, sa démarche était d'une rare élégance et son regard perçant analysait chaque recoin du parc. Ses cheveux s'envolaient derrière elle, volant au gré des bourrasque tandis que lorsqu'ils retombaient, elle ne semblait jamais décoiffer. Ariana Bedan travaillait énormément sur son image, et force était de constater que le résultat était celui escompté.

Elle s'approcha de la porte d'entrée quand un elfe se présenta à elle, la laissant pénétrer dans l'immense hall du manoir. Non vêtue de veste, elle ne fut point dénudée d'avantage tandis qu'elle quémanda qu'on l'annonce au nouveau maître des lieux, Jeremias Serpens. Jeremias était le frère aîné de Maleficus, mais non pas le plus influent. Ce dernier avait toujours eu la vedette, masquant ainsi toute sa fratrie. Maleficus fut un grand ami d'Ariana qui, malheureusement pour elle, avait longtemps espéré plus. Puis il était mort. Mort... le mot sonnait encore faux dans son esprit. Jeremias n'avait pas eu cet impact sentimental sur Ariana mais il avait toujours été là pour elle. Elle l'avait d'abord vu comme un type agréable et attentionné, puis comme un ami, un ami proche, et finalement il était devenu comme un frère, le grand frère qu'elle n'aurait jamais eu. Elle le portait dans son cœur de la même force que Laura. Il faisait partie de sa famille, et pourtant, de part leur écart d'âge et les événements passés, ils s'étaient moins vus. Du moins, avant qu'elle ne soit exclue de Poudlard. Il était venu lui rendre visite en premier dans son nouvel appartement, puis s'était alors installé un renouveau de la relation entre les deux puristes. Ils se connaissaient particulièrement bien, malgré que Jeremias semblait plus noir, plus reclus, plus secret. Elle avait peine pour lui, elle sentait sa douleur. Elle avait réussi à faire son deuil, mais jamais elle n'avait osé oublier Maleficus. Était-ce le cas pour le grand-frère de l'ancien Chef des Jeunesses Puristes ?

L'elfe revint quelques minutes plus tard, alors qu'elle s'était laissée attirée par un immense portrait du père de Jeremias. C'était splendide, on l'aurait cru vivant. Elle put alors monter les étages et pénétrer dans le salon du manoir. Il faisait sombre, froid, l'ambiance était aux ténèbres. Le tout semblait s'accorder avec le maître des lieux. Elle pénétra lentement, pas assuré, observant Jeremias, au pied de la cheminée, se tourner vers elle, ses bouclettes dansantes et son regard profondément silencieux. Elle lui adressa un sourire charmant avant d'écarter une mèche de cheveux de son regard. Il tira une fausse révérance et s'avança vers elle. Elle l'embrassa sur les deux joues et se déporta vers un canapé.

-Volontiers ! Tu m'offrirais un Muscat?

Le Muscat faisait partie des boissons préférées d'Ariana. C'était raffinée, frai et terriblement enivrant. Tout particulièrement le Muscat Magique qui avait ce petit attrait gustatif. Le Muscat, chez les sorciers, contrairement au monde moldu, était un alcool riche et terriblement cher. Très peu produit, il restait un produit rare que l'on ne trouvait que chez les grandes familles ou individus riches et indépendant financièrement.

-C'est vrai que ta cachette était bien choisie. Comme si tu en sortais souvent. A vrai dire Jeremias, j'ai peine à me dire que tu quittes parfois Ashton Court. A part pour ton travail et pour venir chez moi.

Crépuscule, le chat de Maleficus récupéré par son frère se leva de son trône et vint se glisser entre les jambes de la jeune femme avant de se dresser sur ses genoux où il reçut caresses douces et délicates.

-Je suis venue voir comment tu allais. Je m'inquiète pour toi, Jeremias, tu sais.

Elle ne pouvait pas cacher ses intentions. Elle avait toujours eu peur qu'il agisse bêtement après la mort de Maleficus. Il fut touché, bien plus que n'importe qui, plus qu'elle, et pourtant son petit frère lui avait toujours fait de l'ombre. Triste vérité. Elle n'imaginait pas comment elle aurait pu vivre le fait qu'Abarta lui vole sa place d'héritière, elle n'imaginait pas non plus comment Jeremias l'avait supporté sans broncher. Mais ce qu'elle comprenait, c'était la tristesse dans laquelle il vivait désormais. Désemparé, violent, excessif. Il avait la haine, et devant cette haine, elle était admirative.

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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Sam 16 Aoû - 16:43

Bedan avait cette beauté qui tuait n'importe quel homme d'âge potentiellement attirable qui passait à côté d'elle. C'était une certaine beauté double, celle d'un être qui s'assume entièrement et sans détours. Une beauté qui vient du regard, d'un regard honnête sur soi-même qui avait de quoi renverser ceux qui ne se connaissaient pas eux-même et qui avaient un grand amour pour l'hypocrisie. Cette beauté là, on ne la croisait pas tous les jours, alors mieux valait bien la regarder pour ne pas en perdre une miette.
Jeremias avait sûrement toujours été particulièrement subjugué par cette beauté. Mais au-delà de la beauté, il y avait le désir de posséder un corps. Et un autre que lui en avait sûrement eu un jour le désir: Maleficus. Oh, il n'était pas allé jusqu'au bout, lui qui si enclin à ne faire que travailler et travailler et faire briller le nom Serpens. Elle, elle avait aussi plus que tout aimé se dire qu'un jour, ce corps frêle et fier qu'était celui du jeune Serdaigle serait sien. Mais la Mort est rivale sans états d'âme, et elle avait ravi à Bedan un désir que jamais elle ne réussirait à assouvir.
Alors il la regardait. De son regard de tueur que n'importe quelle fille sensée du Ministère aurait voulu avoir près d'elle le temps d'une nuit, il lui était tout sien pendant ce moment. Il admirait cette fille comme il avait admiré Maleficus. Elle avait un courage de l'image qui l'étonnait toujours. Toujours, il riait quand il la voyait dans les journaux. Si fière, si belle, si prête à tout pour cette connerie de Sorcellerie. Et lui, il continuait à la regarder dans sa superbe posture de future grande Sorcière du monde. Une chance que d'avoir un instant une telle étoile dans sa grotte de mélancolie et de souvenirs ; ça ne produisait que peu de fois dans la vie.

Un Muscat?
« Un Muscat? »
Ouais, tiens, pourquoi pas. Ils devaient bien avoir ça, les Serpens, dans leurs caves. Et s'ils n'avaient pas ça, ils trouveraient. Bien qu'actuellement il fût le seul Serpens présent dans les lieux. Foutus lieux moches à crever.
Il fit sonner une petite clochette présente sur la cheminée. Ridicule. Il en rigola doucement, tout en bouffant sa cigarette jusqu'à sa substantifique moelle.
Un elfe se ramena, il ordonna qu'on trouve un vieux Muscadet et se fut fait. Ordonner, toujours ordonner, et on se retrouvait le maître d'un monde qu'on n'avait ni construit ni désiré, mais qu'on se retrouvait contraint de diriger corps et âme.
Tout cela l'excitait, elle. Elle n'avait qu'une hâte: que ses parents lui laissent les Bedan à diriger. Grande différence avec ce qu'il pensait du beau cadeau que Jugson et les autres lui avaient laissé. Ca ne l'amusait pas, de diriger trois manoirs et des flux d'argent. C'était pas vraiment son baba, lui qui aimait tant rester en dehors de tout ça. Là, il avait les deux pieds et le corps bien englué dans un truc qui ne voulait pas le lâcher. Et il continuait à fumer, comme si cette pourriture de tabac allait lui apporter une once de vie supplémentaire. Mais tout ce qu'il finissait par cracher, c'était le reste de courage qu'il lui restait pour se battre dans une vie qu'il n'avait jamais voulu mais qu'il était contraint de faire.
Qu'importe.

Ministère, Ashton Court et Bedan's house? Pas faux. Il aimait bien jongler entre les trois. A dire vrai, il aimait bien l'appartement de Bedan. Elle avait réussi à trouver un îlot de tranquilité qui l'amenait, lui également, loin de toute le luxe des Manoirs Serpens. Il n'y avait pas ses immenses portraits pour assassiner du regard quiconque y passait en délicatesse, pas cette foutue sentence familiale qui était comme un couteau qu'on ne finissait jamais de planter dans ses tripes. Non, il n'aimait pas ces lieux, encore moins depuis que tous étaient morts.

« Tu n'imagines pas ce que ça me demande d'efforts d'en sortir. On s'y sent très bien tu vois. Très confortable, très serein. Très calme. Rien à dire. Le paradis. »

Il avait prononcé le dernier mot en soufflant sa fumée en direction d'un tableau de chasse. Où se cachait-il donc, le Serpens oncle du grand Serpens dont il avait oublié le nom depuis le temps, qui aimait bien coucher avec la femme du grand Serpens pendant quelques parties de chasse?
Un tel lieu, c'était fait pour crever. Nulle surprise que Maleficus soit allé à Poudlard juste après en être sorti. On ne pouvait pas y vive, dans tous ces manoirs à l'histoire plus lourde que de raison. C'était pas possible. On y survivait, mais on n'y vivait pas. Et Bedan venait lui cracher en pleine gueule sa condition, histoire peut-être de lui rappeler que s'il n'était pas assez malheureux, il pouvait encore l'être plus si ça le chantait.
Mais Bedan ne vivait pas ce qu'il vivait et elle ne comprenait pas ce qu'elle lui disait. Elle tentait d'être là, c'est tout. Et parfois, Jeremias lui aurait crié à la tronche qu'elle faisait mieux de ne rien dire, d'être là à côté de lui, mais ne rien dire. Lui laisser prendre le temps de ressentir la chose, d'être là avec elle. Il voulait la sentir à ses côté, comme une force qui n'abandonne jamais. Et quand elle lui parlait comme ça, il la sentait partir, s'échapper ou ne pas vouloir venir. Avait-elle peur? Avait-elle peur de tomber avec lui, de se rendre compte que Maleficus parti c'était tout une part d'elle partie avec lui?
Mais il n'arrivait pas à ne pas la garder près de lui. L'amour qu'elle avait eu pour Maleficus, il voulait qu'elle en soit confortée par le sien. Un amour fraternel. Il n'arrivait pas à lui dire qu'il avait peur pour elle, et pour lui-même. Peur de la perdre également. Alors il la voulait seulement à côté de lui. Il voulait l'entendre vivre, qu'elle vive.
Au moins, qu'elle vive.

L'elfe revint avec une assez grosse bouteille de Muscadet et deux verres remplis. La tradition et l'étiquette aristocrate voulait que le maître des lieux goûtât avant, ce qu'il fit avec une nonchalance qui montrait bien qu'il était un héritier tout autant qu'un autre, qu'il le veuille ou non.
Tout était parfait, ils pouvaient boire.
Le delirium commençait tout juste.

Elle inquiète?
Elle?
Non, il ne voulait pas. La peur les détruisait tous uns à uns. Ses parents avaient eu peur. Maleficus avait eu peur. Le faux pas de trop. Il ne fallait pas avoir peur, pas elle. Pas pour lui. Il n'avait pas peur. La vie n'était que Peur. Et la peur les faisait tous tomber petit à petit. Les Sorciers n'étaient-ils pas tombés à cause de cela? Et les bourbistes, qu'est-ce qui leur avait coûté le Ministère et leur cher Royaume-Uni? Et ces connards de Gobelin? La peur. Cette putain de peur qui était entrain de traverser Ariana injustement.
Il la regardait soudainement avec un air coupé, distant. Il n'arrivait pas à exprimer ses peurs à lui, dont la plus grande, celle qu'elle tombe également. Il n'y arrivait pas. Tout était filtré par ce visage douloureux et sombrement beau qu'on lui connaissait. Il arrivait à sourire, mais tout semblait figé dans l'amertume et la distance.

« T'inquiéter? Tu peux me dire à quoi cela te sert de t'inquiéter, Ariana? Putain... Il prit un temps. Ca ne changera rien d'avoir peur. La peur elle les a tous bouffés. Ce qu'il se passe dehors, c'est la peur. Ce que t'as ressenti au fond de ton trou de cellule à Azkaban, c'est la peur. Ce que j'ai ressenti alors que ces merdes de Gobelins embarquaient ma jambe et mon honneur, c'était la peur. Ce que j'ai ressenti dans la boue de l'Irlande, c'est la peur. Quand on m'a dit qu'ils avaient pris Maleficus, ces connards, c'était de la peur et de la belle. Alors tu la laisses dehors, cette putain. Tu la mets loin de nous. Il la regarda. S'il-te-plaît. »

Fin.
Il en avait dit un peu trop. C'était toujours comme ça avec lui. Jamais l'équilibre. Il ne faisait que dire des choses d'un désintérêt total, comme lors de cette soirée morbide au lendemain de la mort des parents avec ses deux autres frères. "Je m'occuperai des dispositions notariales demain" "Tiens, Malfoy va mourir", banalité bonsoir, c'était à en crever. Ou alors il lâchait tout sans s'en rendre compte. Sans se rendre compte qu'il pouvait tout détruire, lui en premier, à la moindre secousse langagière. Il ne contrôlait rien. Et il n'avait strictement jamais rien contrôlé.

Il n'allait pas s'excuser. S'excuser de dire ce qu'il ressentait, et ce que elle, au fond d'elle, finissait par ressentir? Non.
Alors il but trois gorgées de cet alcool doux et sucré, qui donnait une sorte de nausée dans un tel froid de lieu. Ariana n'était qu'à peine arrivée et Jeremias n'arrivait pas encore à réchauffer cette jeune âme en douleur qui était la sienne. Alors, il attendait. Mais ça ne fonctionnait pas. Il fallait juste qu'elle reste.
Cela finirait bien par arriver.

« Ton copain vient de perdre ses parents, pas vrai? Il ne savait pas quoi dire à propos de ce bonhomme qu'il ne connaissait pas. C'était étrange que de s'imaginer qu'elle eût un copain. Comme si Ariana Bedan n'était qu'éternellement destinée à Maleficus Serpens. Qu'est-ce que tu ressens? »

Etait-ce plus fort que lorsque Maleficus lui avait annoncé la mort des siens? Ressentait-elle ce qu'elle avait ressenti pour celui qui avait rejoint trop tôt la tombe de ses aïeux?
Il appuya sur un petit bouton en forme de Lion, sur le haut d'un bocal cylindrique d'argent, posé sur une commode. Ce dernier s'ouvrit en parasol et proposa une centaine de cigarettes prêtes à tuer celui qui allait s'en emparer. La sienne venait de se terminer. Il en prit deux, en mit une dans sa bouche qu'il alluma à l'aide de sa baguette. Il alluma l'autre, marcha jusqu'à Bedan et lui tendit.
Puis il s'installa par terre, assis en tailleur, juste en face d'elle. Crepuscule le vit et quitta Bedan. Quelques frottements, quelques caresses et l'animal s'installa contre son maître.

Et il continuait à la regarder de son oeil si dur mais à la fois si profond.
L'atmosphère s'était réchauffée. Etrange, quand on savait qu'on parlait de la Mort.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Ven 22 Aoû - 17:48

Maleficus Serpens fut le premier amour d'Ariana. Elle ne pouvait pas réellement dire qu'elle s'en était remise, ni même qu'elle l'avait oublié. Elle tentait, simplement de vivre sans s'infliger la peine, jour après jour, qu'elle avait ressenti les premières semaines. Le traumatisme était récent finalement. Il avait eu cette aura protectrice, cette présence inqualifiable qu'elle avait adulé. Maleficus s'était imposé comme un amant. Il n'avait pas donné de bénédiction, ni même de consentement, mais elle n'avait jamais pu le voir autrement qu'ainsi. Jamais elle n'avait franchi le pas, jamais n'avait effleuré ses lèvres, jamais n'avait ressenti ses mains vibrer sur sa peau. Mais elle en avait tant rêvé qu'elle avait cru l'avoir vécu. C'était un garçon brillant, elle l'avait admiré pour bien des facettes. Non pas seulement pour son purisme implacable, non pas seulement pour sa beauté, mais aussi pour sa maturité, son respect, sa puissance, son aura. Il était un tout, complet et surtout, irremplaçable. Qu'est-ce qui assurait à Ariana qu'elle l'était, elle ? Elle voulait être au centre des attentions, un point névralgique du système puriste. Mais comment faire ? Maleficus à ses dix-sept ans avait déjà réussi le pari fou d'être un élément modèle nationalement connu et respecté. Le pays avait pleuré sa mort. Est-ce qu'il pleurerait celle d'Ariana si celle-ci survenait demain ? Elle n'en était pas si sûre, malgré son égocentrisme exacerbé. Elle avait adulé Maleficus tout en le désirant. Elle l'avait envié, elle en était devenue jalouse, elle l'avait aimé, mais détesté. Il lui avait fait ressentir tant d'émotions différentes qu'elle avait du mal à se dire qu'elle était encore capable de ressentir quelque chose.

Elle en venait parfois à se demander si elle méritait de vivre. Vivre était-il une chance ou une punition ? Avait-elle le droit d'en profiter, elle qui avait tout gâché en persécutant Mary Kane. Elle ne regrettait pas de l'avoir mise plus bas que Terre, elle ne s'en voulait pas d'avoir été un monstre, elle se demandait simplement si Maleficus l'aurait fait, lui. Elle espérait que oui. Mais qui sait, il l'aurait probablement reniée après cela. N'avait-elle pas été jugé comme une mauvaise puriste ? Une menace, une traître ? Azkaban, pour Ariana, qui l'aurait cru ? Elle n'était pas peu fière d'en être ressortie, d'avoir vécu l'enfer. Mais elle ne pouvait pas se sentir grande et pure d'y être passée. C'était comme s'être sali l'esprit.

Elle avait eu peur, oui. Azkaban lui avait foutu une peur atroce. Celle dont l'on rêve plusieurs mois après. Celle qui vous suit jour comme nuit. Elle vivait avec elle, s'en était accommodée, mais ne s'en débarrasserait jamais. Peu de gens la connaissaient réellement. Jeremias avait cet avantage certain d'être l'un de ces rares gens là. Il était un grand frère, elle se fichait un peu de la façon dont il la voyait car au fond, elle était persuadée – non pas sans raison – qu'elle resterait à ses yeux la petite Ariana Bedan, sa sœur, sa protégée, qu'importe ce qu'elle ferait de sa vie, elle ne l'imaginait pas l'abandonner comme tous ces salauds. Il était dur. Oui, c'était un type brutal et parfois sans gêne, qui banalisait l'horreur. Mais il avait ce côté rassurant : toutes les choses semblaient au même niveau avec lui. Était-ce plus grave de tuer un homme qu'un peuple entier ? Aux yeux de Jeremias, les deux semblaient futiles. Les réponses évidentes ne l'étaient pas avec lui. Il remettait le système en question, perpétuellement.

-Oui, ils sont morts à Glasgow.

Elle était encore assise sur ce grand canapé de cuir. Elle tenait dans sa main droite son verre de Muscat et l'observait d'un regard vague, perdu. Être ici, non loin de Bristol et de Krakendor Castle l'obligeait à se remémorer bon nombre de souvenirs. Elle était venue ici plus d'une fois, et elle avait connu les habitants bien mieux que la plupart des autres familles puristes. Jeremias fut un invité d'honneur à maintes reprises chez les Bedan, il avait vu bien des domaines différentes de la famille Galloise.

Ce qu'elle avait ressenti ? Beaucoup de choses qu'elle n'expliquait pas. Au fond, est-ce que la question de Jeremias avait un sens ? Que cherchait-il à prouver ? Elle ne le comprenait pas souvent, voire rarement, mais elle sentait toujours qu'une idée tournait constamment derrière chaque mot prononcé. Il était un intelligent, bien plus que son apparence négligée ne voulait le faire croire.

-Je sais pas, j'étais triste pour lui. Et déçue de ne pas les avoir connus. Mais qu'est-ce que ça change ?

Elle le regardait avec cet œil interrogateur. Pourquoi ? Simplement, pourquoi ? Que cherchait-il à savoir avec ça ? Si elle avait oublié Maleficus, si elle aimait Wayland ?
Il lui proposa une cigarette qu'elle accepta. Elle n'était pas une fumeuse régulière, mais ne crachait jamais dessus à l'occasion. Elle tira dessus, relâchant la fumée délicieusement et observait de son œil fin et perçant la pièce.

-Pourquoi on reste là Jeremias ?

Un sourire malicieux sur le visage. Elle n'avait absolument pas envie de parler dans ce salon d'Ashton Court. Elle voulait parler avec lui dans un autre cadre, un cadre plus dynamique. Ici, c'était comme si la mort régnait en maîtresse, fondant sur qui faisait l'erreur de fermer les yeux. Elle ne savait pas si vivre était mérité, mais elle ne comptait pas abandonner.

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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Sam 23 Aoû - 15:23

Bedan était une personne forte, particulièrement médiatique, avec un amour propre particulièrement impressionnant. Elle ne pouvait se permettre de détruire cette image, même en privée. Froide, carrée, déterminée, elle l'était jusqu'au salon privé d'Ashton Court. Elle continuait à croire que Jeremias n'avait pas compris ce jeu. Ou plutôt, elle s'amusait à faire comme s'il savait ne savait pas que cette façade d'illusion était quelque chose que la jeune fille avait travaillé depuis beaucoup de temps. A la comparer avec Maleficus, elle était tout aussi folle et puissante. S'il avait été encore vivant, son jeune frère serait devenu un grand politicien, et nuls doutes qu'Ariana suivait le même chemin. Ils étaient tous les deux sacrément dérangés, et personne d'autre qu'eux n'avaient osé faire ce qu'ils avaient fait. Oh, il y avait bien quelques débiles qui se disaient grands précurseurs des mouvements. Mais ils n'auraient été sans Maleficus, encore moins sans Ariana. Ils étaient tous à leur pied. Il n'avait plus qu'à rencontrer son petit ami. Mais peut-être lui aussi était-il à ses pieds.

Lui, le poète maudit, continuait à observer le tout avec la bienveillance d'un grand-frère, riant des exploits de Bedan, mais ne cachant pas sa fierté. Par différents moyens, le jeune homme avait réussi à recréer ce qu'il avait perdu. Bedan, Bellatrix, Crepuscule, elles étaient peu mais elles étaient bel et bien là. Et il ferait tout son possible pour les protéger, qu'importait finalement ce que cela risquait. Il avait déjà perdu un bout de jambe, qu'était-ce bien le reste? Il s'en foutait. Il fallait juste qu'elles vivent. Trop de gens étaient morts pour protéger des gens comme lui. Lui qui tentait foutrement de se construire un autre monde, et qui n'y arrivait pas.

La question de Bedan le fit rire.
Son rire était doux, voire souvent mélancolique. Adolescent, son père lui avait dit que son sourire n'était pas beau. Longtemps on avait cru le gamin sensiblement dépressif. Mais il n'osait tout simplement pas sourire, de peur de paraître débile devant tous. Depuis qu'il avait compris qu'il n'était pas plus horrible qu'un autre, il se permettait de rire et de sourire. Mais les choses étaient devenues rares. Hasard de l'histoire et de l'enfance. Il avait fini par s'habituer à ne plus trop sourire, pensant intérieurement ce qu'il ressentait.

« Ce que ça change? Ce qu'on ressent? Tout. »

Ca changeait tout. Lui ressentait. Il ressentait des choses qu'il n'arrivait certes pas à dire, mais cela n'empêchait pas de ressentir. Bedan ne ressentait-elle rien? Etait-elle devenue aussi froide que Maleficus?
Quelques fois, Serpens s'étonnait à tant aimer cette fille. Mais finalement, il avait compris qu'elle était aussi froide de ressentis que lui profond, aussi extravertie que lui introverti. Il y avait en eux une sorte de complémentarité qu'il retrouvait avant chez son frère, de manière à ce qu'elle devienne la soeur qu'il n'avait jamais eue.
L'amitié ressemble souvent à l'amour. Le sentiment amoureux est un poil plus fort. On a besoin de posséder le corps comme on possède l'âme. L'amitié ne demande pas cela. Jeremias ne voulait pas du corps de Bedan, pas plus d'ailleurs qu'elle ne voulait du sien. Mais il l'aimait, comme on aime une soeur et une aime. C'était un amour véritable, beau et rare. On aime que peu de personne, dans une vie. Jeremias continuait à croire à l'amour, qu'il soit avec une seule personne ou un ou deux amis. Evidemment, sa vision du monde le laissait à penser qu'il pourrait avoir ses liens forts avec des Sang-Purs, et seulement avec des Sang-Purs, puisque la Magie joue beaucoup dans l'amour. Son éducation avait laissé bien des dommages, mais sa croyance en l'amour n'avait jamais été brisée. Il y croyait comme on croit en un Dieu, et voulait chaque jour de sa vie reconstruire ce qu'on lui avait enlevé avec la mort de son frère et de ses parents grâce à l'amour. Et malgré Ariana, malgré Crepuscule, il n'y était pas arrivé.

De position en tailleur, il s'allongea, étendant ses fines jambes.
Il n'avait pas été foutu de bouger de la journée. Flemmardise. Incapable de quoi que ce soit. Il ne vivait que la nuit, bien qu'il n'arrivait jamais à dormir très tard jusqu'au matin. La fraîcheur et l'envie et de se promener le rattrapaient toujours. Et puisqu'il était en semaine de congés, il n'avait strictement rien à faire de ses journées. Alors il lisait, et il fumait. Enchaînant cigarettes sur cigarettes, un de ses coéquipiers lui avait dit qu'il ne l'avait jamais vu autant fumer depuis qu'il le connaissait. C'en était devenu maladif. Sans cigarette, il sentait ses nerfs se détériorer et s'accrocher à lui comme un virus ne part pas de sa proie. Il ne contrôlait plus rien de son corps, et pourtant.
Sa nervosité était telle parfois qu'il pensait qu'elle allait sentir de lui. Ca le bouffait de l'intérieur, comme si tout l'intérieur de son corps était en train de gigoter dans tous les sens. Les idées venaient et allaient comme une boîte à musique. Ca ne s'arrêtait plus, et son visage n'arrivait presque plus à tenir comprimée toute une série de sensations que son corps avait. Alors il lui fallait une cigarette, juste histoire de le calmer un peu.

Il ne se rendait pas compte à quel point cet atmosphère pouvait être pesant. Ces meubles sombres, ces rideaux tirés, cette fraîcheur froide des lieux mais qui ne respirait jamais et ne laissait pas plus entrer l'air. On se croyait dans une église, entouré de tombeaux. Recueillement, silence, les mots finement choisis. C'était à croire qu'il ne fallait rien toucher, et que Jeremias passait son temps à prier pour l'âme de ceux qu'il avait perdus.
Bien qu'il ne croyait en rien, et qu'il passait le plus clair de son temps à fumer plutôt qu'à prier, Serpens était coupé d'une réalité que Bedan percevait bien mieux que lui. La journée auprès de créatures, le soir face à ses démons ou des comptes bancaires, Jeremias n'avait certes pas une horrible vie mais elle était plus que tournée vers l'irréel. Il ne voulait pas voir au-delà. Bedan lui apportait cette petite dose de réalité nécessaire à ce qu'il ne sombre pas dans la folie, et elle dans le matérialisme pur et dur. Il aimait à discuter avec elle. Son pragmatisme enrichissait la poésie de Jeremias, de même que son idéalisme trouvait des ancrages dans le réel grâce à Bedan.

Elle lui parla de ce qu'ils avaient à faire.

En réalité, il était invité, ce soir. Les Carrow faisaient une soirée assez monumentale dans le Sud de l'Angleterre. Il avait été invité, avait confirmé, mais s'était demandé si finalement, il aurait le courage d'y aller. Les après-midi étaient longs. Serpens ne faisait pas grand chose, surtout quand il ne travaillait pas. Il aurait bien mieux fait de les refuser, ces congés. Mais maintenant que c'était fait. Alors, il lisait. Son esprit s'éveillait le soir. Il se réfugiait ailleurs seulement à la tombée du jour. Ce n'était donc franchement pas le moment d'aller s'enterrer à des soirées où faire des relations sociales l'épuiserait plus qu'autre chose.

« Ca t'emmerde sérieusement pas de venir pour te plaindre? Il lui fit un sourire. Si tu veux, on peut aller visiter le caveau familial. Passionnant. Mieux encore, on pourrait aller parler de la fille - ou du fils, j'sais plus, du vieux Henry. Il nous racontera encore les mêmes choses, dans sa cuisine moins miteuse que lui. D'autres idées, Bedan? »

Ils aimaient à se taquiner.
Elle ne voulait pas parler de Way, très bien. Ils n'en parleraient pas.
Il lui souriait.
En plus, ça leur arrivait parfois d'aller trouver Henry et de lui faire faire baragouiner ses histoires horriblement chiantes. Le vieux était content. Monsieur Serpens, son honorable monsieur Serpens, et mademoiselle Bedan s'intéressaient à lui. Il en banderait presque.

« Je suis invité par les soeurs Carrow. Elles m'adoraient à Poudlard. L'une a sérieusement dégénéré depuis la bataille, mais on s'en fout. C'est drôle à voir. Je comptais pas y aller, mais si t'es chaude pour le faire. Il se leva. T'as de quoi t'habiller, au moins? Parce que là... Ils ne te laisseront pas entrer. Sourire fier de sa propre connerie. Mais c'est dans une heure, tu vas devoir me supporter encore un peu. »

Bedan n'eut sûrement pas le temps de réagir.

Il avait attrapé sa baguette, qu'il avait trouvé traîner sur la table basse. Grand hasard de la bonne Fortune. Qu'importait. Il fit un mouvement fluide mais rapide. Les quatre pieds du canapés disparurent. Bedan se retrouva presque au sol. En un rien de temps, il s'était levé, lui avait sauté dessus, faisant renverser le canapé vers l'arrière. Il se tenait au-dessus d'elle, tenant fermement ses deux bras plaqués au sol pour qu'elle ne tente pas de partir.
Jeremias n'avait pas la carrure d'un boxeur, mais il courrait une heure par jours, sans parler de l'entraînement quotidien, particulièrement de la natation. Il avait donc de la force, suffisamment assez pour immobiliser Bedan et pas trop pour garder une silhouette fine et élancée. Il se tenait au-dessus d'elle et l'observait d'un oeil amusé.

« Dis-moi, Bedan, t'es complètement décoiffée là. T'en es presque moche, sérieux. Il souriait. Si tu viens, ce soir, tu ne feras pas de conneries? Pas de tortures, pas d'interviews, pas de plans culs, rien de tout ça, hein? Au vu du regard qu'il lui lançait, on aurait presque pu croire qu'il l'invitait à le faire. Moi je veux bien t'avoir sous ma responsabilité, mais tu devras te tenir à carreaux. Ok? »

Malgré leur position, il n'y avait pas d'ambiguïté.
Ils s'adoraient, mais cela n'irait jamais plus loin.
Tels deux rejetons de ce monde en délire, ils continuaient à jouer, inconscients de leur âge, de leur fortune, et de leur poids dans cette dictature. Ils étaient des pourris gâtés, et fortement heureux de l'être. Au moins, eux, ils en jouissaient.
Comme tous les gosses.
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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Dim 31 Aoû - 16:47

Mais non. Elle avait envie de lui faire comprendre que non. Il n'était pas toujours dans le vrai ce type-là. Pourquoi le serait-il et elle non ? Était-il supérieur ? L'ego d'Ariana hurlait à l'hérésie tant c'était du foutage de gueule que d'imaginer, ne serait-ce qu'un instant, qu'on pouvait la prendre de haut. Il vivait à sa façon, et c'était une façon discutable. Celle d'Ariana n'était pas nécessairement mieux en réalité. Objectivement elle était différente et c'était pour cela qu'elle ne saisissait pas les propos de celui qu'elle considérait comme son grand frère. Elle l'observait d'un œil fin et précis. Elle avait cette capacité innée à comprendre ce qu'elle voyait. Elle n'était pas devin, elle ne connaissait pas les gens en les regardant, elle ne pénétrait pas leurs esprits. Mais elle observait si finement qu'il ne lui fallait jamais très longtemps pour les analyser. Il s'agissait généralement d'une analyse non pas sans défaut. Elle était pleinement imparfaite. C'était ce qui était le plus agréable d'ailleurs : se tromper. En se trompant dans son analyse des autres, Ariana imaginait, laissait parler l'imagination. Cela ne voulait pas dire qu'elle ne connaissait pas autrui. Elle côtoyait suffisamment de personnes pour être précise dans ses déductions. Mais parfois, volontairement ou non, elle se trompait. C'était plus par envie que par maladresse. Mais sur Jeremias elle ne se trompait rarement. Il lui avait réservé quelques surprises, même un bon nombre. Il avait été tout sauf facile à comprendre, même à aborder. Mais elle avait réussi à percer une carapace faite de douleurs. Aujourd'hui il se confiait à elle plus qu'il ne voulait bien le croire et elle continuait d'apprendre à l'analyser, à le décrire dans ses pensées. Intellectuelle mais loin d'être étourdie, elle réfléchissait sans perdre le fil de la discussion, sans omettre un détail, ne serait-ce qu'un soufflement, un roulement des pupilles ou un geste de la main. Elle haussa un sourcil, sceptique.

-Tout ? Parle pour toi.

Ressentir. C'était s'infliger de la peine. Ressentir, c'était s'affaiblir. Elle était précise dans son raisonnement, mais jamais l'on aurait pu la comprendre. Elle savait pertinemment pourquoi elle ne voulait pas ressentir. Elle savait pourquoi les sentiments lui faisaient peur. Mais est-ce qu'un type comme Serpens aurait pu comprendre ? Maleficus aurait compris, oui. Mais il aurait bien été le seul. Peut-être Valverde aurait été de l'avis d'Ariana. Peut-être pas. Elle n'avait jamais su dire grand chose du vieil homme sinon qu'il était d'un calme implacable. Il faisait preuve d'une discrétion déroutante, et semblait préserver un nombre incalculable de secrets.
Elle n'aimait pas ses sentiments. Qu'ils soient pour sa famille, Wayland ou Jeremias. Elle détestait aimer, apprécier. Elle n'aimait pas particulièrement haïr mais elle ne ressentait pas la même vulnérabilité. Elle savait se contenir. C'était un fait, Ariana était éduquée d'une manière drastique qui ne laissait pas place à l'expressivité. Elle était pourtant connue dans la famille pour être impulsive et bien plus expéditive que sa sœur jumelle mais elle restait, encore aujourd'hui, relativement calme dans son attitude et patiente dans ses actions.

Au delà de cette attitude qu'il pouvait avoir parfois et qui agaçait la jeune recrue du Département de la Sécurité Intérieure tenu par John Mulciber en personne, il était d'un naturel assez taquin et amusant. Il la cherchait. C'était parfois piquant et vif mais c'était toujours rempli d'un profond sens de la dérision. Il riait de tout. Du moins, ce fut un jour le cas. Elle ne parvenait pas bien à savoir si aujourd'hui encore il avait cette passion pour observer et dénigrer avec humour. Elle avait toujours apprécié ce trait de caractère là. Il continuait parfois. Comme à présent. Se moquant sensiblement de l'impatience reconnue de la gamine et sa capacité innée à se plaindre en toute circonstance.

-Non, ça me gêne absolument pas de venir t'emmerder. Simplement parce que si je le fais pas, tu serais en manque. Crache pas sur moi, tu sais que c'est vrai.

Elle fit mine de rire. Faussement. Un rire forcé caricatural.

-Très drôle ! Vraiment hilarant Jéjé!
Il était donc invité. Jeremias faisait partie des grandes familles. Il avait donc une certaine notoriété et certaines personnalités s'arrachaient la présence de ces types venant des familles les plus riches du Royaume-Uni. Ariana connaissait bien la situation, elle était dans le même cas de figure. La principale différence se faisait dans les fréquentations familiales. Les Witcher et les Mulciber ainsi que les Yaxley traînaient souvent ensemble. Les Bedan et les Serpens étaient plus proches d'autres familles. Et encore que, entre Ariana et Jeremias il y avait un fossé entre les fréquentations de renom. Elle n'était jamais allé chez les Carrow, tandis que Serpens les connaissait bien. De même, pour les Lestrange. Les Bedan ne fréquentaient pas les Lestrange, encore moins depuis l'avènement de Bellatrix à la tête de la grande et glorieuse famille grâce à son mari.

-COMMENT OSES-TU!

Elle arquait un grand sourire amusé, trahissant son faux jeu de fille outrée. Elle était habillée avec élégance, comme toujours. Ariana ne savait pas « ne pas s'habiller ». Elle était incapable de ne pas être aux petits oignons avec ses tenues. Il fallait soigner son apparence lui avait-on enseigner. Elle s'y tenait avec ferveur et entrain. Elle parfaisait son image. Elle n'était pas une femme coquette, elle était maladivement atteinte de la splendeur de sa propre beauté. Splendeur imaginée. Elle se trouvait belle. Elle l'était. C'était un fait. Ariana était une jeune femme magnifique. Mais l'ego ne faisait qu'accentuer ce sentiment de supériorité physique.

-Les Carrow me laisseront rentrer. T'en fais pas pour moi. Et puis, si elles refusent, je les torturerai. Après tout, je suis douée pour ça paraît-il!

Les choses arrivèrent rapidement. Il fit disparaître les pieds du canapé, elle lâcha un cri de sursaut lorsque le matelas tomba au sol, puis tout se renversa. Elle se retrouva avec Jeremias au-dessus d'elle. Imposant dans sa fébrilité musculaire. Il était puissant malgré l'épaisseur de ses bras. Il la tenait, l'immobilisant par les bras. Elle le regardait, sourire aux lèvres. Ils étaient jeunes, mais qu'est-ce qu'ils étaient cons. Riches à en crever, des gamins incapables de désigner la réalité, coupés du monde réel. Pourtant tous deux connaissaient les pires malheurs. La mort, la douleur, la peine, l'enfermement. Ils restaient ivres. Ne changeant rien à leur nature.

-Si moi j'suis moche, on devrait t'enfermer à Azkaban pour agression visuelle!

Elle riait, oui. Ariana parvenait parfois à rire.

-Je peux rien te garantir Jeremias, je suis incontrôlable tu sais. Je suis une criminelle. Elle haussait les épaules, un sourire faussement désolé et moqueur contre un système qui l'avait trahi et qu'elle continuait de servir. Elle avait cette réputation désormais dans les grandes familles d'être une puriste extrême. Bien plus qu’auparavant. On la reconnaissait comme une acharnée, comme une véritable défenseure des droits sorciers et du sang-pur. Elle avait été condamné et les familles s'étaient indignées. Il faudra bien me surveiller, je ne garantie pas la sécurité des invités.

Elle fit une moue.

-Et puis, se tenir à carreau, chez les Carrow, ça coule de source.

Pas fière de sa bêtise, elle ferma les yeux, agitant sa tête de droite à gauche, amusée et hilare.

-Putain c'était nul! Allez, viens, ON SORT ! C'est dans une heure... ça nous laisse de quoi nous préparer pour la soirée entière.

La malice, elle, n'avait jamais eu de limite.

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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Lun 1 Sep - 9:15

Il la dominait. Il dominait Ariana Bedan. Quel homme n'avait jamais rêvé de cela? Il aurait pu faire ce qu'il voulait, il pouvait le faire. Mais il n'en ferait rien. Déjà parce que leur lien était trop fort et trop fraternel pour que quoi que ce soit ne se passe.

Il n'aimait pas dominer. Il ne se dominait même pas lui-même, comment aurait-il pu songer à le faire sur d'autres? Ce n'était qu'un jeu, gamin certes, mais un jeu. Il aimait donc jouer, jouer à ce que Bedan soit sous lui et sous ses ordres. La grande Ariana Bedan dominée en quelques secondes. Pragmatisme absolu. Elle pouvait être n'importe qui dans cette haute société, dans cet immense Purisme, dans ce gouvernement qui se construisait toujours, il la dominait et elle ne pouvait plus bouger. S'il mettait ses deux mains autour de son cou, il pouvait également la tuer. Plus rien d'Ariana Bedan. Les choses sont si éphémères. Il la regardait, et songeait à la futilité de sa place et à la force de leur fraternité. Il n'y avait que cela qui comptait, au final. Les liens humains. Quant au reste, il s'en fichait.
Il dominait Ariana Bedan sans avoir pu dominer la mort. Il n'avait pas pu protéger Maleficus, pas pu défendre ses parents. Ils étaient morts. Il ne lui restait plus qu'Alexander, et elle. Elle qu'il tenait sous ses minces mais puissants bras d'ancien guerrier. Dans cette position, il sentait qu'il dominait la mort. Elle était là, sous lui, il ne lui arriverait donc rien. Personne ne pourrait lui prendre cette soeur. Il n'avait que trop souffert de cette putain de vie qui les prend tous. Là, elle était en sécurité. Il la protégeait, du mieux qu'il pouvait.
Chose qu'il n'avait pas pu faire avec d'autres êtres chers.

Quant à elle, elle riait.
C'était rare de la voir se marrer ainsi. Et il aimait bien qu'elle rigole. Ca le faisait sourire, doucement, tranquillement. Discrètement, il aimait à se dire qu'elle était heureuse. Au moins, elle. C'était déjà ça de gagné. Il avait passé la majorité de son temps à chercher à rendre heureux le peu de personnes qu'il aimait. Et elle était heureuse. Il aimait à la voir rire car il se disait qu'elle oubliait tout. Toute la pression du régime, toute la pression de sa famille et de ses obligations. Et si elle le regardait ainsi, si elle se mettait à rire et à se mettre dans une position drôle, c'était bien qu'elle avait confiance en lui. Et ça, ça n'avait pas de prix.
Ils n'avaient pas le même âge, et parfois, l'humour de Bedan le dépassait un peu. Il riait souvent, avec elle, mais était plus sarcastique que léger. Il n'arrivait pas à rire comme à ses dix-sept ans, comme aux dix-huit de Bedan. Mais il aimait à se dire qu'elle y arrivait encore. Aussi aimait-il provoquer ces rires. Il pouvait la faire respirer, alors il le faisait. Il ne se forçait pas. Il n'était pas tout à fait du même monde, mais quand les deux s'entrechoquaient, c'était souvent drôle à voir.

La voir ainsi vivre lui rappelait peut-être qu'il y avait une vie. Et puisqu'il n'arrivait plus à vivre pour lui-même, il se plaisait à observer ceux qui le faisaient à sa place. Et il y contribuait. Il leur donnait quelques pépites de bonheur, le temps de quelques minutes. A quoi cela lui aurait-il servi, à lui? Il n'en avait plus besoin. Tout son bonheur s'était évaporé en quelques années, après bien des moments de solitude et d'incompréhension.
Au moins, il comprenait Bedan. Il la comprenait et ça lui suffisait. Il n'avait pas besoin de tout lui dire sans qu'elle comprenne certaines choses. Et c'était entièrement réciproque. A la voir ainsi, rire, raconter des conneries plus grosses qu'elle - ce qu'il n'était pas bien compliqué, il se disait qu'elle se détendait et qu'elle oubliait certaines choses, dans ce Manoir. Elle oubliait Maleficus, la mort des parents de Wayland, les conneries de Valverde, les ordres du Mulciber, les attentes de la famille. Elle était sous son regard et elle vivait. Le reste...

« Tes blagues sont pourries, Ariana. Il lui fit un sourire. C'est comme ça que tu rameutes tes chiens dans ton lit? Il lui fit un baiser sur la bouche, très furtif, très rapide. Ca m'étonne pas qu'ils soient tous complètement fêlés. Allez, bougeons ! »

Puis il se releva, contemplant son oeuvre. Et Bedan.

Crepuscule avait grimpé sur la cheminée et observait la scène avec une déférence qui leur laissait comprendre qu'ils étaient encore plus cons que des chats. Il fit un clin d’œil à la chatte, sans vraiment savoir pourquoi, et sans que celle-ci ne sache ce que son maître lui voulait. Elle le regardait avec une neutralité déconcertante. Pauvre bestiole.

Il se recoiffa, chose entièrement inutile, et observa l'heure.
Plus qu'une demie-heure. Il avait le temps de se fumer de nouveau une cigarette. Chose qu'il fit, donc, en s'en allumant une. Deux en même pas une heure, ça avait de quoi faire peur.
Il s'était complètement coupé d'Ariana, sans s'en rendre compte. Une fois de plus coupé dans son monde, il ne savait pas si elle fumait une cigarette, si elle se sifflait son verre ou si elle se recoiffait en crachant dans tous les sens, dégoûtée du baiser de grand-frère parfois plus con qu'elle. Il s'en foutait. Il avait été trop proche de quelqu'un pendant quelques secondes pour être encore totalement là. Il devait se recentrer sur lui-même et c'était bon.

Trente sonna.
Il observa Bedan. Large sourire. Ce qu'ils pouvaient être enfants parfois. La soirée ne commençait que maintenant. Ils seraient les gamins turbulents de ce beau petit monde, et il semblait qu'ils en étaient d'avance particulièrement fiers.
Il retira sa chemise et son pantalon en quelques secondes et balança le tout sur un fauteuil. Quasiment nu devant elle. Aucune importance. Peut-être même l'avait-elle déjà vu entièrement nu, il ne s'en souvenait absolument pas.
On ne différenciait pas sa prothèse magique de sa jambe. On ne voyait qu'un simple trait, juste au-dessus du genoux. Sainte-Mangouste avait travaillé d'une merveilleuse manière. Brom avait donné les moyens. La prothèse prenait la couleur de la chair, celle même du jeune-homme. Les poils de jambe avaient même repoussé. Il s'amusait parfois à les tirer, ne ressentant strictement rien. A ceux qui n'avaient jamais su qu'il avait perdu une jambe à Mlijëv, cela ne se serait même pas vu.

Il traversa le salon, clope en bouche, et s'engouffra dans sa chambre à coucher. Quelques pas. Au même moment, Henry entrait dans les appartements privés de Serpens, l'air attentif et serviable. Il fit un signe de tête à Bedan, respectueux des traditions.
Jeremias sortit de sa chambre, seulement un pantalon blanc cassé d'enfilé. Il observa le vieux majordome avec une étrange distance surprise. Il aspira une large bouffée de cigarette avant de laisser s'en aller la fumée dans la pièce.

« Vous tombez bien, Henry.
Monsieur m'avait demandé de venir ici à dix-neuf heures trente.
Ah? J'ai dit ça, moi? Ok. Bon. Pouvez-vous descendre à la cave et prendre trois bouteilles de Champagne?
Bien-sûr, Monsieur. Dois-je les rafraîchir?
Oui, mais pas trop. Il ne faut pas que ça explose pendant le transplanage. Mademoiselle Bedan m'en voudrait à mort. Il la regarda. Pour sa tenue, et pour autant d'alcool non consommable.
Très bien, Monsieur. »

Puis il disparut, en même temps que Jeremias qui s'était de nouveau faufilé dans sa chambre, tel un félin.

Il ressortit quelques minutes plus tard. Chemise blanc-cassé également, veste marron, mocassins de cuir marrons, il était fin prêt pour passer une soirée plus que remuante.
Dans ces moments, et depuis peu, il ne se contrôlait pas. Il partait soudainement pour quelque part, sans se rendre compte de rien. Il se coupait donc, mais d'une autre manière que ce dont il avait l'habitude. Il ne se fermait pas. Il entrait dans une sorte de tourbillon d'actions qui l'empêchaient de s'asseoir cinq minutes et de lui faire prendre conscience des bonnes et mauvaises choses qu'il était en train de faire. Ce tourbillon durerait sûrement toute la soirée, et peut-être même toute la nuit. Il n'était donc plus lui-même. Il était dans un rôle social. Son visage avait changé. Séduisant, non plus fermé sur lui-même. Il avait son côté mélancolique dont il savait se servir à merveille pour séduire n'importe qui, dans les conversations. Sa nonchalance devenait une arme fidèle. Il devenait une bête indomptable et c'était bien dommage.

Henry revint, Crespuscule sortit en trombe. L'heure de la chasse, sûrement.
Trois bouteilles de champagne, il les déposa sur un guéridon. Il fit un sourire aux deux personnages, une révérence et disparut de nouveau. Ils n'étaient plus qu'eux deux.

« Qu'il est con ! Henry ! Le valet revint.
Monsieur?
Prenez les bouteilles et amenez-les au service du manoir des Carrow. On ne va pas se pointer devant les photographes avec trois bouteilles de champagne dans les mains.
Oui, parfaitement Monsieur. J'y vais. »

Puis il reprit les bouteilles, sous l'oeil quasi médisant et condescendant de Serpens.
Le jeune-homme fuma la fin de sa cigarette dont il jeta les restes dans la cheminée pour qu'ils se consument. « On y va? » lança-t-il d'une voix tamisée et filtrée.

Quelques minutes plus tard, ils traversaient le premier jardin, sous l'oeil de quelques photographes pour la Gazette du Sorcier.
Les Carrow avaient toujours le chic pour faire venir la presse à de tels moments. Les fêtes des Sang-Purs aristocrates étaient comme les romans d'antan. Tous fantasmaient dessus, dans l'optique un jour de leur ressembler ou même d'y participer. Ils aimaient à s'imaginer à la place de toutes ces personnes qui s'y rassemblaient. Mais Bedan et Serpens feraient des choses que les idéalistes n'osaient à peine imaginer. Et on n'en parlerait pas dans la presse, de toute évidence. Enfin. Espérons-le.

« Ah ! Jeremias ! Et Ariana. C'était la première soeur Carrow, la moins folle. On vous voit toujours ensemble, vous deux. A quand le mariage?
C'était hier. On a laissé les enfants à la maison. La soeur, la folle cette fois-ci, se marra comme une gamine qu'on vient de chatouiller. Jeremias l'observa et lui fit un sourire qui avait tout de méprisant.
Faites comme vous le désirez. Il y a à manger un peu partout. Je crois que j'ai deux fils Platt, là-bas. Des cousins, sûrement? »

Jeremias ne répondit pas et s'en alla.

C'était la partie de la soirée qu'il aimait le moins, quand les gens étaient encore tous complètement coincés et sur le qui-vive. Ils parlaient de choses à mourir d'ennui, tandis que lui ne lâchait pas un mot et attendait que tout aille mieux. Il regarda Bedan d'un air désespéré. Qu'allaient-ils pouvoir faire jusqu'à ce que les gens se corsent et deviennent enfin intéressantes?
Elle avait bien quelques relations chiantes et lèche-culs pour venir les emmerder un peu et leur faire passer le temps?

« On parie? Moi je parie une bouteille que la première personne qui va se ramener sera un mec qui songe à t'épouser, d'ici un ou deux ans. Et il va croire qu'on est en couple, sinon qu'on couche ensemble et va grassement tenter de te séduire devant moi pour faire le malin. »

Le jeu commençait.
Et il n'était pas prêt de s'arrêter.
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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Jeu 11 Sep - 16:51

Aussi loin qu'elle était capable de s'en souvenir, elle n'avait jamais aimé les Carrow. Pas par mépris personnel, ni même par haine pure. Elle n'avait, simplement, jamais eu à les apprécier pour une quelconque raison. C'était ainsi que les histoires des grandes familles se résumaient. Il suffisait d'une seule fois, un seul instant où les deux noms avaient pu collaborer, et on parlerait encore pendant des siècles de leur légendaire amitié sincère et fraternel. C'était risible, sans aucun doute, même superficiel, mais ils fonctionnaient ainsi. Ils étaient à la tête des plus grandes fortunes de ce pays, parfois même du monde pour certains, alors, à quoi bon obtenir l'amitié des autres si ce n'est par intérêt. Ariana n'était pas amie avec d'autres grands noms à Poudlard pour se faire câliner dans le sens du poil, mais parce qu'elle savait qu'un jour, ces personnes là seraient à la tête des grandes familles, et qu'elle aurait besoin d'eux, autant qu'eux auraient besoin d'elle. Elle était d'un machiavélisme sans nom, ne possédait aucun amour sinon celui pour le pouvoir, la séduction, l'argent, la domination. Elle était vile et pervertie, mais c'était un mal enfoui. Profond et sensuel que peu parvenaient à effleurer. Jeremias ne la connaissait pas aussi bien qu'il pouvait le croire. Ou plutôt la connaissait-il trop bien sur un aspect que peu imaginaient. Elle parvenait à rire et à être détendue avec lui. Un peu folle, désinhibée et clairement naturelle. Rares étaient ceux pouvant prétendre la voir ainsi presque à chaque rencontre. Pourtant, lui, le pouvait. Et par ce simple fait, il pouvait croire la connaître par cœur. Mais personne d'autre qu'elle-même ne savait qui elle était vraiment. Emma connaissait bien des facettes, mais point toutes, et si même sa jumelle avec qui elle entretenait un lien extrêmement fort et passionné n'était pas la plus renseignée sur elle... qui le pouvait ?

Ils venaient de débarquer chez les Carrow. Le manoir n'avait rien à envier à tous les autres des grandes familles. C'était luxueux, grand, fameux. Les journalistes étaient au rendez-vous, comme prévu. Elle faisait un tabac, avec son grand et beau brun ténébreux à ses côtés. Elle qui sortait de prison, qui avait été l'une des plus grandes figures du pays pour la jeunesse. Elle continuait son bout de chemin et on continuait de la voir apparaître avec les plus grands de ce pays. Plus grand financièrement, bien entendu, quoiqu'elle aurait pu aussi bien être du côté de la politique si elle avait voulu.
La presse était un élément noir et obscur. Elle pouvait voir rendre célèbre comme vous briser en deux. C'était un instrument que l'on savait désormais aux mains de Valverde. Chose promise, chose due, elle savait que le vieux avait toujours voulu n'avoir que cet aspect culturel entre les mains. C'était chose faite. A croire que l'Intendance Crow était comme un tapis rouge pour l'ancien Inquisiteur de Poudlard. A bien y réfléchir, n'avait-il pas briller ? Il était passé par tous les plus grands postes de ce régime. Il était une espèce d'étoile du tableau qu'il ne fallait surtout pas retirer d'un coup de pinceau. Elle rêvait au moins d'atteindre un jour son niveau de connaissance et sa place médiatique. Il était au sommet de bien des chaînes sur lesquelles s’accrochaient fermement la gamine.

Arrivés devant le palier d'une immense et belle manufacture, les Carrow les attendaient. Les deux sœurs. Sacrées buses que voilà, Ariana riait presque à les voir. Elles faisaient pitié, elles qui croyaient encore être au centre du monde. Tout le monde savait ce qu'il était advenu des Carrow mangemorts. Prisonniers de l'Ordre du Phénix, ils avaient été exécuté. Drôle de chemin pour ceux qui avaient un jour terrorisé Poudlard. Ariana fit une moue discrète quant au mariage. Tout le monde n'avait que ce mot à la bouche visiblement. Elle sourit cependant, faisant mine de rester polie. Elle eut un rire bref, mesquin et méprisant à l'encontre de la plus abrutie des deux sœurs riant aux éclats devant le sarcasme de Jeremias.
Les Platt, eux, étaient des cousins à Serpens, pas à Ariana. Elle ne répondit donc pas, relevant toutefois que Jeremias se permit la même chose. Elle le suivait donc, d'un pas élégant, dominateur. Elle menait l'assemblée par sa simple apparence magnifique et sensuelle. Son regard perçant brisait les regards de ceux osant la reluquer trop longtemps.

Finalement s'engouffrant au cœur de la soirée, ils observèrent tandis qu'Ariana prenait une coupe de champagne pour elle et Jeremias. L'autre se plaignit intérieurement. Elle ne savait pas de quoi, elle voyait juste à sa moue et à son regard d'un mépris sans nom qu'il avait envie d'hurler son ennui. Ariana était une très grande habituée des mondanités, aussi cela ne la choquait pas de voir si peu d'entrain en début de soirée. Mais aller jusqu'à savoir que c'était cela que reprochait Jeremias à cette cérémonie, elle ne l'auait pas fait. Pensant, naïvement, qu'il était, tout comme elle, un habitué indifférent à l'ennui procurer par ce genre de réception.

-Parier sur?

Il lui expliqua le jeu. C'était amusant, certes, mais elle n'en voyait pas la finalité. Elle se prit cependant au jeu, et ria de bon cœur quant à la formulation qu'il employa. Alors, comme ça, elle était si intéressante qu'elle attirait la gente masculine à l'épouser sur un coup de tête ? Drôle de charme.

-Et si on pariait que c'était plutôt un bel homme, grand, beau et fort qui ne souhaite qu'une seule chose, te baiser jusqu'à l'aube ? Tu sais, c'est une tendance les bruns ténébreux, ça fait un tabac chez les homosexuels. Tu pourrais devenir leur Apollon.

Elle but lentement son verre.

-Tiens, regarde, c'est Sylvie Yaxley. Elle aurait coupé la queue de son petit-ami à Poudlard parce qu'il avait regardé de trop près une née-moldu. J'ai toujours trouvé ça touchant comme histoire.

Et c'était dit avec tant d'indifférence que s'en était presque drôle. Ariana était sensiblement au courant des histoires d'énormément de membres des grandes familles. Elle s'entretenait grâce à Laura, Emma ou ses « amies » de sang-pur telle que Jill ou Morganne. Quoiqu'il en soit, c'était l'une de ses activités favorites personnelles en soirée mondaine : retrouver les petites histoire sordides et inclassables des invités.
Mais jusque là, on restait dans un univers connu et d'ores et déjà appréhendé. Elle s'attendait encore à de l'inédit venant de Jeremias. La soirée ne pouvait pas être aussi simple.

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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Jeu 11 Sep - 20:23

La seule raison pour laquelle on pourrait trouver plaisir chez Jeremias Serpens lors de soirées mondaines, c'était dans ses observations. Il regardait et d'un oeil amusé se décrivait ce monde qu'il méprisait au plus haut point. Contrairement à Maleficus qui s'y jetait tel un lion au milieu de ses lionnes à engrosser, l'aîné Serpens était la panthère noire qui restait à l'écart, allongé de tout son long du haut de sa branche d'arbre. Il croyait voir se dessiner sous ses yeux de vrais tableaux de cérémonies, où les rois de quelques heures étaient entourés de leurs coqs de courtisan et de ceux qui désiraient une once de pouvoir. Et lui, il était celui qui regardait le tout et s'imaginait toutes ses personnes en de fantasques bestioles drôles à voir et sujettes à moqueries.
Son enfance et son adolescence n'avaient été que conditionnement à ce qu'il vivait désormais. Il n'avait rien d'un gamin désinvolte. Sa carrure d'héritier aristocrate lui donnait de la prestance, surtout à côté d'une personne telle qu'Ariana Bedan. Les deux avaient de quoi faire rager ceux qui passaient des heures devant des miroirs à chercher la tenue parfaite, et s'affublaient de frusques moches comme pas deux. Eux, pouvaient choisir n'importe quelle tenue, foutre un coup de main dans leurs cheveux, et ils étaient à la limite de la perfection. Ils ne se posaient pas de question, jouissaient de ce qu'ils avaient sous la main tant qu'ils pouvaient l'avoir. Bien qu'Ariana soit quelque peu plus prévoyante que Jeremias, à côté des prises de conscience potentielles sur la vanité des choses.

Son père n'avait jamais eu à se plaindre de ce qu'il faisait et dégageait lors de soirées mondaines. Mis à part passé l'âge fatidique où il ne revenait plus seul dans sa chambre, ou disparaissait durant quelques nuits, Jeremias n'avait suscité le doute de personne, encore moins de ses parents. Certes Maleficus brillait, mais Jeremias n'était pas si mauvais. Il faisait bonne impression. Distance respectable, calme, politesse, sujets de conversation, il était une jeune sympathique qui pouvait contraster avec son petit frère quelques fois légèrement trop grandiloquent.
Mais en réalité, il haïssait tout ce monde. Et celle qui le voyait le mieux était Bedan, lui lançant des regards taquins mais compréhensifs. Les deux n'étaient jamais dans la complaintes, dans l'exagération de malheurs et autres. Ils en avaient bien trop connus, et souffraient déjà de bien trop de tensions nerveuses et autres pour s'en affliger encore plus lorsqu'ils se voyaient. Non. Ils s'aimaient comme deux frères et soeurs gamins, cherchant toujours à faire rire l'autre mais à lui prouver également une présence infaillible.

Jeremias buvait sa coupe de champagne d'une manière fine et calme, comme si chaque petite bulle entrait en contact avec une part de sa personne.
Ses yeux distants allaient de gauche à droite, ne cherchant pas à trouver quelqu'un mais à repérer cette foutue porte par laquelle il était passé la dernière fois. Et voilà que Bedan parlait de baiser, ça n'avait pas tardé, et en plus, en l'évoquant lui. Il fit un grand sourire quand elle exposa ce qu'elle disait. Elle n'avait pas tort. Il aurait fait des ravages dans la gente homosexuelle, mais ça n'avait rien d'attirant pour lui.

« Me faire baiser par Eccleston ou un autre homo ne me conviendrait pas. Il est pas là, d'ailleurs. C'est à se demander comment il a fait pour devenir Ministre si ce n'est autrement qu'en suçant des queues. »

Puis il but délicatement une gorgée de champagne.
Il avait terriblement envie de fumer.

C'était toujours cela, avec lui, et souvent Bedan. Classe, charisme, richesse, et mots plus que vulgaires. Et ils ne ressentaient aucune gène à parler comme de grossiers gamins venus des bas quartiers tout en sifflant des tonnes et des tonnes de bouteille de champagne dont le prix à l'unité servait à nourrir une famille modeste.
C'était sûrement ce qu'il y avait de plus terrifiant. Ils bouffaient la vie à pleine dent, et ne le faisaient pas à moitié. Les richesses coulaient dans leur main, et leur quotidien n'avait rien d'un quotidien lambda. Personne ne pouvait s'imaginer cette vie tant qu'on n'était pas né dans l’opulence et qu'on n'y était pas resté toute sa vie. C'était un mode d'existence totalement à part, coupé des réalités sociales de beaucoup de monde. Ils en étaient tant coupés qu'ils ne pouvaient plus se l'imaginer, se le comprendre. Ils ne voyaient plus l'argent dans lequel ils se baignaient tels des porcs dans la boue. Ils n'hésitaient pas à foutre en l'air des habits qui valaient des fortunes, à ne toucher qu'à quelques grammes de gigantesque plats qui avaient coûté en argent et en préparation. Ils sautaient sur les canapés plus que centenaires, fumaient à côté de tableaux dont il suffisait parfois de bien moins pour que les couleurs disparaissent. Ils n'avaient plus aucune conscience de la valeur des choses, encore moins de leur propre vie. Mourir? Qu'est-ce que c'était? Ils s'en foutaient. A quoi cela servait de s'inquiéter de cela? Avec ce qu'ils avaient vécu, ils pensaient avoir touché à l'immortalité, comme si désormais rien de mieux de pouvait leur arriver.
C'en était à dégueuler d'or.

Cette jeunesse était véritablement dangereuse.
Pour les autres, et pour elle-même. Elle ne se rendait plus compte de rien, agrandissant de jours en jours la fêlure entre le possible et l'impossible que les limites de l'imaginable leur avaient imposés. Elle était même coupée de la réalité de beaucoup de jeunes Sorciers. Elle se battait à n'importe quel prix, ne connaissait rien des peines terre-à-terre, buvait, baisait, se droguait. C'était une vie qui n'en finissait pas. Une limite qui se détruisait de jours en jours s'en que personne ne s'en rende compte. Ils étaient les demi-dieux que Voldemort avait pondu et laissé là le temps que les bêtes soient assez bien dressées pour mener l'immense et ultime bataille. Ils étaient terriblement enviés, et pourtant. Leur folle et dégénérée vie n'avait rien d'affriolant. Plus à plaindre qu'autre chose, ces chairs à canon de Voldemort n'étaient destinés à rien d'autre que la mort. Et ils s'y dirigeaient à un pas plus envieux, enjoué et insouciant. Ils n'avaient rien de naïfs bambins à qui on faisait bouffer des légumes dégueulasses sous prétexte qu'ils faisaient grandir. Non. Entre Bedan et sa prison, Jeremias et ses batailles, l'un comme l'autre avaient vu du pays des morts. Mais ce qu'il y avait de plus inquiétant, c'était bien qu'ils ne se rendaient plus compte de rien. Ils ne ressentaient plus. Vivant des choses hors du commun, ils s'étaient habitués à l'hors-limite, à l'extra-humain, de manière à ce que jamais ils ne se sentent coupable de quoi que ce soit.

La musique continuait. Jeremias s'emmerdait. Et Bedan qui revenait à parler de queue. La porte ! Ca y est. Putain, elle s'était bien cachée celle-là.
Elle l'interpellait.
Il se tourna vers elle. « La por... » commença-t-il avant de tourner la tête vers la dite personne qui coupait les entrejambes aux mecs un peu trop débiles et bourbistes. Une méthode. Ca le fit sourire. De son rire distant et sombre, celui de ce jeune-homme à l'allure de poète maudit qui s'émerveillait devant les pires horreurs de la vie.
La dite Yaxley vit que Serpens, le chef de tous ces gens-là, la regardait. Quand bien même pourrait-elle le trouver moche, il était riche et promettait prospérité et autres soirées aussi chiantes à crever que celles-ci, où elle pourrait empiffrer de petits fours pendant qu'il sautait des serveuses aux robes un peu trop courtes. Elle lui fit un sourire. Il ne lui en fit aucun en retour, continuant à se dire que cette fille-là coupait les queues de ses mecs. Mante religieuse.
Il s'approcha. Bedan suivit.
La porte était juste derrière cette horrible bête.

« Mademoiselle Bedan complimentait votre robe, Mademoiselle Yaxley. Il n'y a pas à dire, vous êtes magnifique, ce soir. La voix tranquille et posée du jeune-homme ne respirait aucune hypocrisie. Et pourtant. Merlin savait combien il la trouvait hideuse, et qu'il n'avait que l'envie de la pousser pour atteindre cette foutue porte. Excusez-moi. »

Il passa à côté d'elle.
Il y avait des règles, en mondanité. Des choses qu'il ne fallait pas dire, des gestes à interpréter. Des paroles qui révélaient tout, et cachaient le reste. Des clins d'oeil, des courbettes, des degrés de courbette. Tout un code qu'ignorait totalement Jeremias, et dont il se foutait comme de la dernière fille avec qui il avait pu coucher.
Non, il y avait bien plus important pour le jeune-homme, ce soir, et à jamais, c'était de quitter ce putain de monde. Et cette porte lui en donnait l'occasion. Il lança un silencieux « Viens ! » à Bedan, qui, si elle n'était pas habituée à sortir avec lui, n'aurait pas entendu ses mots tant il parlait parfois doucement.
Il prit la porte et s'engouffra dans l'escalier en colimaçon.
Au loin, une des soeurs Carrow observait le fraternel couple quitter le monde des vivants.

Après maintes marches au plafond si bas que la tête de Serpens risqua de nombreuses fois de s'y cogner, couloirs sombres, autres plus officiels, tableaux tournant et quelques autres marches, ils arrivèrent dans ce qui ressemblait à des caves entièrement aménagées. Tout était d'un confort muet mais assourdissant. L'atmosphère, pesante, restait cependant plus qu'accueillante. D'immenses tentures aux couleurs sombres ne semblaient pas s'arrêter et rejoindre de spacieux et moelleux tapis qui ne donnaient qu'envie de s'y rouler et de dormir. Ca et là, des coussins, canapés, fauteuils, lits, tables basses, morceaux de tissus, pots, cendriers, tout un univers à la quasi oriental qu'on pouvait atteindre si on s'y connaissait un minimum.

Jeremias y était déjà allé. Ce genre d'endroit, en réalité, était sûrement l'antre des dangers les plus terribles pour cette jeunesse perdue. On ne savait pas comment en ressortir, de quelle manière on y était entré. Les choses étaient si confortables qu'on croyait voyager ailleurs. Il n'y avait plus de bruit, si ce n'étaient quelques musiques venues d'on ne savait où. Les gens passaient, arrivaient, partaient, dormaient, s'embrassaient, riaient, discutaient ou faisaient l'amour, le tout dans une atmosphère qui ne donnait qu'une seule envie: y rester à jamais.
Jeremias prit délicatement la main de Bedan et l'emmena dans un dédale de pièces tout aussi différentes les unes que les autres. L'ambiance tamisée des lieux rendait leur marche presque cérémonielle et divine. Qui savait vers où ils allaient?

Il la mena jusqu'à une pièce ovale, où trois miroirs ornaient des murs occupés par d'immenses tentures tombantes et soyeuses. Trois personnes étaient déjà là. Une fille, particulièrement séduisante, avec laquelle Jeremias chercherait à coucher, et deux hommes dont l'un dont on pouvait reconnaître le charme total.

« Voici mon cousin, Platt, assez lointain mais tout sauf con, et tout sauf moche, à l'évidence, et deux personnes dont j'ignore l'identité mais qui se présenterons à nous avec joie. La jeune fille eut un sourire malicieux en regardant Serpens. Ariana Bedan. Mais vous devez déjà la connaître.
Jeff. Je viens de New-York. Je suis un pote à Platt.
Et Vivien. Je suis sa soeur.
Petite soeur? demanda Jeremias de sa voix à tendance efféminée et nonchalante.
Non, grande.
Oh. Il lui fit un sourire tout en s'installant. »

Pendant qu'ils s'asseyaient, Jeff avait versé dans un large verre un liquide de couleur verte. Il plaça ensuite une sorte de cuillère d'argent qui ressemblait plus à une pelle et y plaça un sucre. Jeremias sortait une cigarette et se l'allumait. Il semblait coupé de toute réalité. Le gamin commença à renverser de l'eau glacée sur le sucre, goûte à goûte. Elle se diluait alors dans le liquide vert, tandis que la chaleur forçait le jeune Serpens à retirer sa veste de costume et à la jeter dans un coin. Petit à petit, le vert devenait blanc tandis que la cigarette de Jeremias embaumait les lieux. Il caressa le bras de Bedan, sans véritablement savoir pourquoi. Vivien lui parlait, mais il n'écoutait qu'à moitié. Et pendant ce temps, Jeff avait terminé.
Il prit la coupe de cristal remplie désormais d'un liquide blanc-jaune et le proposa à Bedan. Il était galant. Et sacrément vicieux.

« Absinthe? » lança l'américain d'une voix détachée mais concentrée.

Jeremias fit un sourire doux et malin à Bedan.
La cérémonie de bris de vie commençait tout juste. Et il en était plus qu'heureux et excité. Ca, au moins, ça avait le mérite de le faire vivre.
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MessageSujet: Re: Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan Jeu 11 Sep - 22:54

Ce qu'il y avait d'amusant avec le monde d'aujourd'hui, c'était d'observer d'où l'on venait et d'où provenait ceux avec qui l'on avait à interagir. En soi, qu'est-ce que les riches sorciers faisaient sinon observer. Observer les origines. Quelles soient sociales, financières, sanguines ou ethniques. On ne faisait que prévoir, appréhender, sur des préavis. Ils ne cherchaient pas à comprendre la personne, savoir si elle était compétente ou absolument merdique. Une personne bien rencardée avait plus de chance de réussir qu'un génie sans influence. Drôle de monde auquel se mêlait Ariana. Elle se fondait dans le décor avec une dextérité sans faille. Elle adorait ce monde. Le chérissait. Elle n'était pas différente des autres, elle pensait à l'argent, à la situation. Elle voulait devenir influente et respectée – si elle ne l'était pas déjà. Comment pouvait-elle s'assurer une telle carrière sinon en appréhendant ses rencontres et relations ? Au fond, c'était affreux. Elle triait. Elle renvoyait l'image d'une jeunesse exigeante, froide et pragmatique. Triste vie. C'est ainsi que cela devait se passer se disait-elle. Ni place à l'improvisation, ni à la surprise. Chez Bedan, tout était affaire de prévoyance. Elle ne traînait pas avec Wayland pour du vent. Elle ne plaçait aucune confiance ni légitimité en l'amour. Elle l'aimait, oui, c'était indéniable. Mais elle l'aurait volontiers rejeter si il n'avait pas pu lui apporter ce dont elle avait besoin : de l'importance, de la notoriété. Au fond, on pouvait aussi affirmer qu'elle était tombée amoureuse à cause de cette capacité du Witcher, à lui apporter ces superficialités. Etait-elle superficielle pour autant ? C'était à croire que oui.

Pourtant, face à cette assemblée, elle était d'une bien belle superficialité. Eux étaient gras et grossiers. Caricaturaux. C'était tout le souci, aujourd'hui. Celui de devenir classique, appréhendée, simple. Elle refusait catégoriquement d'être comme les autres. On la connaissait parce qu'elle était une personne unique. On l’appelait Ariana Bedan. On la nommait. Elle était une véritable entité. Fière et probablement un brin trop égocentrique, elle se laissait aller à se plaire elle-même tandis qu'elle dénigrait les autres.
Devait-elle pour autant dénigrer les manières de progresser ? Elle détestait les gens, la foule. Elle était d'une si haute société, que la banalité du peuple l'agaçait. Mais pouvait-elle dénigrer le parcours de certains d'entre eux ayant été capable de démontrer leur authenticité ? Tel qu'Eccleston, finalement. Elle appréciait le nouveau Ministre de la Magie. Mais à quel point ?

-On peut s'interroger sur les orientations sexuelles de pas mal de dirigeants alors. Concrètement, par combien de bureaux est-il passé ? Une bonne dizaine. Si on considère que chacun de ces bureaux comporte une verge lustrée par Eccleston, alors Buckingham Palace est l'antre de la virilité masculine.

Leur discussion tenait même de l'irréel.
Ils parlaient comme si ils étaient en dehors du temps. Ils ne se mêlaient pas à la foule, pourtant si proche d'eux. Ils étaient, somme toute, tous pareils dans cette assemblée. Riches, connus, dignitaires de noms à haute responsabilité. Pourtant Ariana se sentait différente, supérieure sans aucun doute, mais au moins unique vis à vis d'eux. Et ils les traitaient, les regardaient, les analysaient.

Ils s'approchèrent de la fameuse Yaxley, mante-religieuse humaine s'il en était, elle faisait froid dans le dos tant elle était laide face au couple fraternel. Jeremias la complimenta faussement en utilisant Ariana. Fichtre qu'il était mauvais comme garçon. Elle le trouvait drôle. Elle trouvait ses manières amusantes, détachées, inédites. C'était particulier. C'était un Serpens.
Ils se dissimulèrent par une petite porte menant, au moyen d'un escalier en colimaçon assez serré et bas de plafond, à un sous-sol – du moins cela semblait-il l'être selon la Serpentard – où les attendait quelques personnes de leurs âges, ou non loin.
On les présenta. Un Platt, un Américain et sa propre sœur. Elle était ravissante. Cette sorte de femme que l'on qualifiait de fatale. Elle était nettement plus écrasante que la Yaxley croisée quelques minutes plus tôt.

Tous s'installèrent. Ils connaissaient Ariana car tout le monde puriste la connaissait. Elle avait fait des Unes de journaux, et était encore un visage médiatique important pour certains magasines. Elle prit place dans un large fauteuil moelleux, croisant les jambes lentement avec une délicatesse et un charme particulier. Finalement, elle replaça sa mèche et observa les invités. C'était drôle de ce retrouver dans un cercle si privé, si fermé, alors qu'ils assistaient tous à une soirée de très grande envergure. Comme un grand doigt d'honneur à une aristocratie qu'il voulait réformer. Comme si même cette grande société devait être divisé entre les plus prisés, et ceux qui n'avaient aucune importance.
Ariana semblait toujours être du bon côté de la balance.

-Hum.

Elle n'avait jamais goûté d'Absinthe, mais la vision du verre ne lui en disait guère plus. Elle ne semblait pas attirée par la substance. Pourtant elle s'y risqua, goûtant avec modération, mais osant tout de même une bonne gorgée. Le goût était étrange, légèrement inédit et un brin cocasse. Se faire un avis semblait difficile tant un million de saveurs se mêlaient à ses papilles. Elle risqua une deuxième fois avant d'apprécier le tout.
Faire bonne figure ? A quoi bon ? Elle était déjà celle qu'il fallait impressionner ici.
Elle se tourna vers l'Américain, posé à côté de lui, roulant lentement une cigarette, ou tout du moins cela semblait en être une, d'un geste nonchalant.

- T'es venu juste pour ça?
-Pour quoi?
-La soirée. Juste pour elle?
-A la base, non. J'avais d'autres choses de prévues, puis elles ont été annulé, alors on s'est retrouvés ici, ma sœur et moi, grâce à Vivien.
-D'ailleurs, où est-ce qu'on dort ce soir?
-Parce que certains comptaient dormir?
-Elle est petite nature tu sais. Lâcha-t-il, suivit d'un rire moqueur tout en finissant son œuvre. Qui c'est qui en veut? Jeremias?

Ce qui n'était, finalement, pas une cigarette, se retrouva à tourner entre les membres de l'assemblée. Il tourna, tourna, tourna, puis tomba entre les doigts exquis de l'ancienne Serpentard. Elle déposa le tout entre ses lèvres, et lentement tira une latte, puis deux, et finalement trois. Continuant ainsi pendant deux à trois bonnes minutes, puis le repassant à ceux qui suivaient. Le tout montait franchement à la tête pour elle qui n'avait jamais consommé.

-Au pire, vous viendrez chez moi. Jéjé crèche déjà à la maison de toute façon.

Et puis, tant qu'il ne s'agissait que du gratin, n'allons pas nous plaindre.

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Je me crois en enfer, donc j'y suis. || PV A. Bedan

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