POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F.

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Edern O. Jensen


MessageSujet: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Lun 18 Aoû - 23:27

Edimbourg, Ecosse.

Une lettre avait été envoyée, un hibou avait parcouru une très longue distance pour délivrer ce message si précieux. Le destinataire n’était autre que Sheldon Ferguson, cet indépendantiste écossais et sang-de-bourbe caché, moldu à la face du monde. L’expéditeur ? Eh bien vous l’avez sous les yeux. Et il attendait, dans cette même Ecosse si cher au cœur de celui qui lui apporta un jour aide et conseil dans sa pratique des armes. Il y avait eu peu de contacts entre les deux hommes depuis de longues années, y compris postal. Et si on aurait pu croire qu’Edern Jensen était poussé par cette bonne vieille nostalgie dans les bras d’un ancien maître c’était à tort. Ou presque. Si le cracmol avait effectivement apprécié le temps d’apprentissage qu’il avait passé avec le « terroriste », il ne l’avait pas contacté uniquement pour cela.

Il fallait reconnaître une chose au cracmol, il avait réussi à se faire un petit réseau tout au long de ses cheminements, surtout en Angleterre, et plusieurs choses parvenaient à ses oreilles. Mais une fois n’était pas coutume, l’information qui l’amenait au pays des Loch et des châteaux lui était parvenu un peu par accident.
En effet, il s’était simplement trouvé là, au bon endroit, au bon moment pour entendre que son ancien mentor avait rejoint la résistance. D’abord abasourdi, il ne comprit pas tout à fait quelle utilité il aurait pu trouver à la résistance dans son combat pour l’indépendance puis il se mit en colère, contre ces deux hommes discutant ensemble sans vraiment de précautions. S’il avait pu l’entendre n’importe qui aurait pu.
Ne s’attardant pas vers les deux insouciants, trop pressé de vérifier cette information il avait donc envoyé un hibou à Sheldon Ferguson sans trop lui préciser le motif de sa visite. Juste qu’il serait à la périphérie d’Édimbourg, là où il l’avait vu pour la première fois alors qu’il arrivait dans la capitale écossaise, ses bagages avec lui.

And the time has come.

Attendre ici, devant cet entrepôt délabré le remontait plusieurs années en arrière, il s’était enfui de chez lui depuis presque dix ans, son premier maître d’armes était mort et il en avait terminé avec le second. S’il réussit à faire le voyage aux frais de la princesse, il dut se prendre en charge une fois sur place. Mais son ancien mentor était prêt à tout pour l’envoyer loin de lui et être sûr qu’il ne lui demande pas un autre service. Il avait trouvé Sheldon grâce au bouche à oreille. Le cracmol avait commencé à traîner dans les milieux peu recommandables, ceux où il se faisait le plus remarquer en somme surtout lorsqu’on considérait son style peu commun, et en réussissant à se faire accepter il avait entendu parler de cet homme qui orientait les jeunes en leur donnant un but, en les sortant un peu de leur merde et surtout en leur apprenant quelques petite choses. Intéressé il était donc allé le voir, était resté un peu plus d’un an et demi avec lui avant de retourner en Angleterre. Il voulait simplement régler quelques affaires puis retourner voir l’indépendantiste mais les choses ne s’étaient pas goupillées comme il le fallait, manque de chance, comme d’habitude.
Mais maintenant il le revoyait et il en était heureux. Il avait beau ne pas l’avoir vraiment suivi dans ses délires d’indépendance il avait tout de même beaucoup de respect pour cet homme et il l’aurait volontiers défendu de sa vie, lui qui lui est arrivé de considérer comme un père.

Alors il voulait des précisions sur ce qu’il avait entendu, que Sheldon le confirme ou non ce n’était pas si grave, tout le monde ne pouvait pas avoir ses opinions en ce qui concernait les leaders des deux grands mouvements de résistance, il voulait surtout savoir pourquoi, et qu’est-ce que la résistance lui apporterait dans son combat pour la liberté de l’Ecosse. À moins qu’il se batte aussi pour la reconnaissance des moldus et qu’il comptait négocier avec les résistants pour le statut écossais plus tard. Tout était possible mais les spéculations ne suffisaient plus. Il lui fallait de véritables informations de source fiable.

L’homme n’eut pas à attendre trop longtemps avant que le résistant ne se pointe, toujours discret, toujours en forme, il n’avait pas changé d’un poil depuis ces trois dernières années, le contraire l’aurait étonné de toute manière, enfin même s’il semblait un poil plus fatigué.
Offrant un sourire à celui qui fut son mentor il enchaîna directement.


« Bonsoir Sheldon. »

Il considéra un instant son ami puis reprit.

« T’as l’air crevé. »

Un constat. Oui mais encore ? Edern avait souvent cette fâcheuse tendance de ne pas vraiment aller directement à l’essentiel.

« Si je suis là c’est parce que j’ai entendu des bruits sur toi … à Londres. On dit dans les rues, que tu as donné ton allégeance à la résistance. Alors je viens vérifier par moi-même la véracité de leurs propos. »

Il haussa les épaules et remis son nœud papillon en place – un tic comme un autre. Il avait réussi à ne pas trop tourner autour du pot cette fois-ci.

« Comprends-moi, je trouve ça bizarre de ta part. Moi qui croyais que tu ne te préoccupais que de tes combats indépendantistes. Enfin j’imagine que c’est la levée du secret magique qui t’a fait réagir, comme nous tous. »

Oui, Edern était un moldu aux yeux de tous, avouer sa condition de cracmol n’était jamais tout à fait simple. Les seules personnes qui savaient à propos de lui étaient ses parents, son frère, sa sœur et Mary. Il n’avait raconté cette vérité à personne depuis qu’il s’était enfui du manoir.
Il enchaîna sur un autre sujet après l’avoir laissé répondre.


« T’as entendu parler de ces jeux à Londres ? Ces enfoirés du gouvernement y font combattre des moldus, des nés-moldus et des hors-la-loi. Le pire c’est que la population moldue regarde ça comme si elle était au cinéma, ça ne leur viendrait même pas à l’esprit de se rebeller, de se dire que ce n’est pas normal qu’on utilise les gens comme nous comme de la chair juste bonne à être lancée aux lions. »

Il souffla rageusement et donna un coup de pied à un caillou. Les récents évènements de l’Intendance le révoltaient et il ne comprenait pas comment les gens pouvaient se montrer aussi aveugles alors qu’ils y assistaient en direct. Il fallait croire que le gouvernement possédait une emprise sacrément puissante sur eux. Surtout cet Eris Valverde, directeur du département du peuple et de la culture d’après ce qu’il avait entendu. Et dire qu’il était encore directeur du département des lois la dernière fois qu’il avait croisé son chemin, il changeait de poste comme de chemise là-bas. Un petit sourire s’afficha sur le visage du cracmol lorsqu’il pensa au vieil homme. Il lui avait donné ce qu’il méritait la dernière fois dans la bibliothèque, son seul regret était peut-être de ne pas avoir réussi à lui régler son compte définitivement. Mais ce n’était pas comme si il avait eu le temps de s’attarder pour voir s’il était mort ou non.

Enfin tout ceci appartenait maintenant au passé et s’il avait réussi à se venger et à montrer que personne n’était en sécurité ici, il ne tenait pas non plus à se vanter de son acte, ça ne pourrait que le faire arrêter plus facilement encore. C’est pourquoi il ne parla pas de sa petite expédition à Dublin à Sheldon.

Édimbourg lui avait manqué, et même s’il évitait de trop traîner dans les coins sorciers et se contentait plutôt des coins moldus plutôt mal famés il aimerait tout de même revoir l’intérieur de cette ville, sans avoir peur de se faire arrêter.
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Mer 27 Aoû - 15:33

Le temps s'écoulait à une vitesse incroyable lorsqu'il fallait s'occuper.  Lorsqu'on devait s'occuper de choses urgentes, en fait. Et tout était urgent pour la résistance. Ce n'était que des questions de temps, encore et toujours, qui s'alignaient une  par une, réponse après réponse. D'urgence. Faire ci, faire ça, pour que tout soit près. Sheldon Ferguson avait le goût des choses bien faites : il n'aimait pas particulièrement la vitesse, ni la précipitation qu'il jugeait imcompatible avec une réalisation optimale de ses projets. Sans doute parce qu'il avait pris en main des jeunes et que cela prenait du temps pour les sortir du ruisseau, de la misère, de les transformer, il jugeait que tout faire à ce rythme là n'apporterait rien de bon. Il savait que ce n'était pas un choix et que cette guerre était une course contre la montre : mais cette course, la résistance la perdrait si elle ne préparait rien à l'avance. Il fallait l'union. C'était cela dit facile à dire pour lui, qui se fichait éperdument des tendances politiques des sorciers. La vérité, c'est que maintenant, en 2006, il n'y avait plus de tendances. Il y avait des gens qui mourraient et des gens qui décidaient de tuer d'autres gens. Et c'est pour cela qu'il continuait.

C'est pour cela qu'il se battait.  Parce que c'était maintenant que la vraie partie commençait.  Que personne ne l'aie compris surprenait le résistant. Ca lui semblait logique, à lui. Mais il fallait dire que la lutte contre l'injustice faisait partie de lui depuis très longtemps. Les riches contre les pauvres, l'Ecosse contre l'Angleterre, la délinquance contre les flics, les jeunes contre les vieux, les voies inhabituelles contre les voies classiques...il avait toujours pris le parti de se battre. Il avait toujours cru que les gens étaient égaux et que personne, absolument personne, ne pouvait être considéré comme supérieur – supérieur en quoi, d'abord ? Quelle connerie, ces critères fluctuants – et que personne ne pouvait décider pour lui, et pour les gens, de leur destin. Personne. Les gouvernants ? Non, justement. Ils étaient là pour obéir au peuple. Ils étaient élus par lui. Adepte du vote sanction et du mandat impératif, Sheldon Ferguson ne se lassait pas de répéter ça.

Il n'était pas un opprimé : personne n'avait réussi à lui faire fermer sa gueule. Il se battait encore. Et les riches, les forts, les sorciers, les riches, n'avaient qu'à bien se tenir. Il méprisait ce monde et il allait le balayer. Il les haissait. Il n'avait jamais aimé les repas pour parler, les crevettes à vingt sacs, les tomates en sorbet. Dans son univers, ça sentait bon la canaille et les jeux à gratter, les sandwichs à dix balles, le sourire assuré. Pas de ça chez les puristes. Pas vraiment de ça à Edimbourg non plus. Il préférait définitivement Glasgow à la capitale écossaise, déjà plus riche et plus britannique, mais ne détestait pas trop. Il y survivait.

Puis il le fallait de toute façon. Ca faisait un bail qu'il n'avait pas reçu de hibou, bon dieu ! Depuis la lettre de Poudlard, parce que quand il était là bas, des hiboux, aucun, ses parents écrivaient par la poste, quand ils écrivaient, et c'était tellement rare que ça ne valait même pas la peine d'être noté. Enfin peu importait, ce hibou là, il allait y répondre. C'était celui d'un gamin qu'il avait un peu aidé il y avait quelques années de ça. Un drôle de gosse, un peu excentrique, un peu bizarre, mais gentil, et plutôt doué. Il se demandait ce qu'il était devenu, et puis voilà, il avait eu le hibou. Ca avait un peu posé problème à Sheldon, parce que le Pérou eh ! C'était pas la porte à coté de l'Ecosse. Il avait fallu négocier avec Ben un transplanage d'escorte, qu'il avait d'ailleurs détesté, mais voilà c'était fait, il y était. Il passa un peu de temps dans les quartiers les moins chics, les moins surveillés, se faisant discret pour ne pas éveiller les soupçons, revu des gens qu'il connaissait, puis il se pointa au rendez vous.

« Bon Dieu, c'est sinistre, ici, Edern. Font chier à me surveiller, j'aurais préféré boire une bière. »
Il lui flanqua une bourrade amicale. « Ca faisait longtemps, gamin. Excuse le retard, je me demandais  à un moment si y avait pas un type qui me suivait. Je peux même plus prendre le bus, tu te rends compte ? »

Sheldon était un bavard, franc et clair. Il ne prenait jamais de gant, avait le débit et l'accent de Glasgow, se foutait éperdument qu'on le trouve vulgaire. Il était lui. Point barre.  Et s'il ne convenait pas aux gens, ils pouvaient tout à fait aller se faire foutre, il s'en foutait lui même. Il sourit à la remarque d'Edern : oui, il était fatigué, il avait cinquante ans et il se battait, agissait, bougeait, comme s'il en avait vingt. Ca n'était pas recommandé pour lui : mais le repos ne faisait pas partie de sa vie.

« Ouais, possible. Tout le monde l'est je crois bien. Et toi, tu t'en sors ? Qu'est-ce que tu fais, en ce moment ? »


Edern errait un peu au gré du vent. Sheldon ne lui connaissait pas d'attaches et pas spécialement d'affiliation à un groupe : il appréciait cette indépendance et lui parlait donc en toute confiance. Quant à rendre des comptes, parce que c'était ça, dans le fond, oui...il sourit de nouveau :

« Allégeance ? Non. Que dale, même, jamais. Je ne suis pas un putain de sorcier. » Ce n'était pas si faux que ça : il avait choisi de ne pas l'être. « Je ne suis pas dans la Vague, je suis allié avec. C'est pas la même chose. » Il secoua la tête : « Mangemort ou pas mangemort, Londres reste Londres. J'ai pas plié devant Tatcher, j'ai pas plié devant Blair et la vieille Windsor, je plierais pas devant les mangemorts. Rien que des putains d'anglais, tous. Et je suis pas anglais. »

En revanche, il était une sacrée bourrique et ne cesserait jamais d'être indépendantiste. Le reste, il s'en foutait. Il soutenait la résistance parce qu'il fallait bien des alliés, mais s'il avait pu, il aurait mené tout seul son combat. Il ne pouvait pas, et il s'était résolu au pragmatisme.  

« Je me fous de leurs idées, moi. M'en fous de savoir si les sang mêlés valent moins que les nés-moldus, les sangs-purs, ou les cracmols, à vrai dire, je vois même pas la différence, ils sont tous regroupés sous l'étiquette sorciers. Ma classification personnelle se résume à 'mec qui veut ma pea' ou 'mec qui veut me foutre la paix'. »

Ah, les jeux. Oui, il avait vu ça. Une saleté, la propagande, et une saleté que les gens laissent faire...il eut un air triste :

« Ouais, j'ai vu ça. Il y a des types de la Vague, là dedans...je suppose qu'on peut rien pour eux, mais je ne comprends pas. La mort, c'est pas un spectacle, bon Dieu ! »
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Mer 17 Sep - 22:49

La rue, Edern la connaissait, ça faisait déjà 15 ans qu’il y errait, il avait fini par l’apprivoiser et elle était comme une vieille amie, il ne la possédait pas, non, personne ne possédait la rue, on pouvait arriver à s’y installer un peu, temporairement mais elle n’appartenait à personne. Certains nouveaux débarqués se prenant pour des caïds avaient tendance à oublier ça et ils se faisaient vite rembarrer et retournaient pleurer dans les jupes de leur mère. Le truc bien à propos d’Edern c’est qu’il connaissait la rue autant qu’il connaissait l’autre côté, le milieu bourgeois, nanti, le bout de sa vie dont il ne parlait jamais. Pour tout le monde, Edern n’existait que depuis ses 20 ans, rien avant, néant total. Comment pouvait-il avouer qu’il était né de parents sorciers mais sans aucun pouvoirs magiques, qu’il avait subi toutes sortes d’horreurs et d’humiliations, qu’il avait été trop faible pour s’y opposer et qu’il lui avait fallu attendre la mort de sa sœur pour se réveiller et faire quelque chose. C’était impossible, lui seul le savait, pas même son premier mentor, pas même Sheldon que pourtant Edern affectionnait particulièrement. Personne. Il voyait déjà d’ici les rires gras et moqueurs retentir autour de lui s’il avouait, il connaissait les lascars et leur fonctionnement, il connaissait les moldus qui haïssaient les sorciers et il savait que pouvoirs magiques ou pas ils ne feraient pas de différences, un putain de sorcier reste un putain de sorcier. Sauf qu’il n’était pas sorcier. Il n’était pas moldu non plus. Il n’était rien, un entre-deux, un cracmol, la belle affaire. Il avait cependant tendance à oublier ces dernières années qu’il n’était pas tout à fait moldu, l’immersion avait été totale, il avait appris à vivre comme eux, il avait vécu avec eux, mangé avec eux, dormi avec eux. Dans sa tête, il était l’un des leurs et il mettait au défi quiconque serait capable de lui affirmer le contraire. S’il n’avait pas choisi ses parents et le milieu où il était né, il comptait bien être libre de faire ses propres choix pour le reste et il avait décidé d’être moldu.
Alors pourquoi le hibou ? Eh bien parce que c’était plus pratique, il se voyait mal envoyer une lettre à Sheldon sans même vraiment savoir où il se trouvait, la poste moldue n’avait rien d’aussi efficace que la poste sorcière. Et puis il partait du principe que son ami ne serait pas choqué étant donné que la levée du secret magique remontait à plusieurs mois et que s’il avait rejoint la résistance il avait dû avoir l’occasion de voir pas mal de ces rapaces livreurs de lettres.


« Bon Dieu, c'est sinistre, ici, Edern. Font chier à me surveiller, j'aurais préféré boire une bière. Ca faisait longtemps, gamin. Excuse le retard, je me demandais  à un moment si y avait pas un type qui me suivait. Je peux même plus prendre le bus, tu te rends compte ? »

Sourire. Il était heureux d’être avec lui, mine de rien il lui avait manqué. La bourrade ne le surprit pas, il était habitué aux familiarités et saluts divers. Même les plus brutaux.
Il n’aurait pas dit non à une boisson, même s’il ne se serait pas nécessairement porté sur une bière, certaines habitudes ont la dent dure.
Il acquiesça, pour le bus, lui n’avait jamais vraiment prit les transports en communs, sauf pour se déplacer entre les villes, sinon il bougeait à pieds, il fallait dire qu’il restait souvent dans le même secteur.


« Ouais, possible. Tout le monde l'est je crois bien. Et toi, tu t'en sors ? Qu'est-ce que tu fais, en ce moment ? »

Edern haussa les épaules, oui, lui aussi l’était, personne n’avait été épargné par les récents évènements et le repos n’était plus tout à fait au programme.

« Bof, comme d’habitude, j’erre un peu, je voyage parfois, j’apprends beaucoup. En tout cas j’me tiens aussi éloigné que possible des sorciers. Pour ça que je ne fricote pas trop avec les mouvements officiels de résistance. »

Sauf si un jour il le devait vraiment, pour son pays, pour les moldus et contre l’Intendance, il voulait bien s’allier aux Sorciers mais ne voulait pas être sous leur commandement.
Il n’avait pas sorti sa dernière phrase sur un ton de reproche, c’était simplement un constat, une explication peut-être. Mais il laisserait Sheldon faire sa vie comme il l’entendait, il connaissait assez bien l’Ecossais pour savoir que celui qui le ferait changer d’avis n’était pas encore né.


« Allégeance ? Non. Que dalle, même, jamais. Je ne suis pas un putain de sorcier. Je ne suis pas dans la Vague, je suis allié avec. C'est pas la même chose. Mangemort ou pas mangemort, Londres reste Londres. J'ai pas plié devant Thatcher, j'ai pas plié devant Blair et la vieille Windsor, je plierais pas devant les mangemorts. Rien que des putains d'anglais, tous. Et je suis pas anglais. Je me fous de leurs idées, moi. M'en fous de savoir si les sang-mêlés valent moins que les nés-moldus, les sangs-purs, ou les cracmols, à vrai dire, je vois même pas la différence, ils sont tous regroupés sous l'étiquette sorciers. Ma classification personnelle se résume à 'mec qui veut ma peau' ou 'mec qui veut me foutre la paix'. »

Le cracmol ne put réprimer un sourire, il retrouvait bien son ami ici, Sheldon Ferguson dans toute sa splendeur. Libre comme l’air et crachant à la gueule des Anglais. À cet instant précis, Edern était heureux d’être de son côté, la vie aurait été bien moins drôle sans lui.

« Ouais, j'ai vu ça. Il y a des types de la Vague, là dedans...je suppose qu'on peut rien pour eux, mais je ne comprends pas. La mort, c'est pas un spectacle, bon Dieu ! »

Il ne pouvait que l'approuver, ces Jeux le révoltaient, plus il y pensait, plus il en parlait, plus il les vomissait. À vomir, voilà ce que c’était ce genre d’initiative. Regrouper le peuple, que du pipeau, du beau baratin. Pour jouer les embobineurs ils étaient forts ces sang-purs ça il n’y avait pas de doute. Tellement fort qu’ils rendaient aveugles à la souffrance de leurs semblables les moldus et tous les sorciers de l’Intendance. C’était vraiment dangereux, trop pour qu’on se contente de l’ignorer.

« Si tu veux mon avis, je comprends pas comment les moldus peuvent aller voir ça sans se révolter, alors que ça pourrait être eux, j’sais pas comme ils se rassurent et comment ils font pour dormir la nuit. Mais les pires, ce sont les gens du gouvernement, ceux qui tirent les ficelles. Une bonne balle dans le crâne chacun, voilà ce qu’ils méritent. »

Lorsqu’il pensait à ceux qui lui avaient fait perdre tout droit de se déplacer librement au milieu de ses pairs il ne connaissait plus de limites, sa haine ressurgissait et il pouvait se montrer violent autant en paroles qu’en actes et si on lui avait donné l’opportunité de tuer un de ces Sorciers il aurait pressé sans hésiter sur la détente, pas de quartiers, eux ne leur feraient pas de cadeaux.
Échauffé, le cracmol voulait trouver un autre sujet pour faire redescendre sa colère, après tout il était aussi ici pour prendre des nouvelles du Résistant et cela ne passait pas que par sa personne.


« Comment elle va ta fille ? »

Sujet plus léger ? Tout dépendait du point de vue. Edern connaissait Banshee Ferguson, il ne pouvait pas faire autrement, pas en ayant croisé la route de son père, cette gamine était toujours collée à ce dernier. Il se permettait de la penser comme gamine puisqu’il ne l’avait pas vue depuis un bon bout de temps maintenant et que cette dernière avait tout de même plus d’une dizaine d’années de moins que lui. Il appréciait Banshee, ou en tout cas à l’époque c’était le cas, elle avait toujours fait partie de ce genre de nana qu’on ne voit pas à tous les coins de rues. Assez autoritaire pour se faire respecter mais assez amicale pour se faire apprécier. Elle était un savant mélange des deux et de bien plus encore et on ne pouvait qu’apprécier.

« Ça fait un bail que j’suis pas revenu à Édimbourg, tu connais pas un endroit où on pourrait se poser tranquillement pour discuter ? »

Un bar clandestin quoi, quelque chose où ils seraient tranquilles et entourés de gens comme eux, même si le cracmol faisait toujours aussi tâche dans le décor avec son étrange dégaine.
Il voulait simplement rattraper un peu le temps perdu avec Sheldon, et il se voyait mal rester debout comme un idiot pendant des heures et des heures alors que des endroits exprès pour échanger avaient été créés.
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Jeu 9 Oct - 14:33

Il avait eu une drôle de vie. Il avait grandi dans une rue qui aujourd'hui n'existait plus, rasée. Ca semblait incroyable à Sheldon Ferguson. Il avait vécu là, sur Florence Street, et puis d'un coup, lorsque les usines avaient fermé, on avait tout balayé. Lui, il s'en souvenait, et pour lui ça existerait toujours, mais les industriels se foutaient aussi bien de ses souvenirs de gosses que de la vie des gens qu'ils avaient licenciés lorsqu'ils avaient fermés leurs usines. Puis après...où est-ce qu'il était allé, après ? Ah, sans doute à l'appart' de Prospect Street. Un jour, une fille était entrée dans cet appartement puant la bière, avait ouvert ses volets, et lui avait fait à manger. Il l'avait épousée.  Et ils avaient vécu là. Cette rue n'était pas différente des autres rues de Glasgow. On aurait dit que le soleil n'y brillait jamais et que tout tombait en pièce. Pourtant les gosses y jouaient, naivement, et Sheldon continuait d'aimer cette rue, parce qu'au fond de son esprit, même très éloignée du paradis qu'elle était, sa ville valait mieux que tout ce monde affreux qui l'entourait – la preuve en était notamment avec les jeux qui se passaient en ce moment.

Bien sur, sa vie n'était pas parfaite et il y avait des choses méprisables à Glasgow. Bien sur, c'était la misère. Mais ça, jamais. Personne ne l'aurait compris. C'était la guerre, dans la vie de Sheldon Ferguson, et il était habitué à la violence de la guerre. Il montrait les dents pour survivre, parce que ne pas le faire lui attirerait fatalement des problèmes, mais ça ne voulait pas dire qu'il détestait le monde entier. La preuve, les gosses l'adoraient, de manière universelle, alors qu'il était capable de terrifier ou de choquer leurs parents assez facilement. Il assumait l'idée d'être quelqu'un de rude parce que là d'où il venait, là où il vivait, son existence était à la mesure de cette rudesse. Pour un regard mal placé, il pouvait crever, et c'était comme ça pour tout le monde. Encore plus maintenant qu'il y avait cette foutue dictature. Pourtant, eux, le peuple, n'avaient rien demandé à personne. Ils avaient un job, vivaient simplement. Les gamins faisaient du sport ou de la boxe. Ils n'avaient pas d'enfance, Sheldon le savait bien : la violence brisait tout.La sienne, celles des autres gosses, celle d'Edern qu'il ne pouvait que deviner – on ne se tire pas voir un mec à Glasgow qui vit dans des endroits hyper underground, glauque et interlope, si on a une vie facile. La guerre dans les quartiers, c'était son quotidien. Il  connaissait les couteaux, l'abandon, l'ennui, la télé, l'envie de tirer un trait d'une balle de revolver.

Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'il valait, le peuple ? A Glasgow, en Ecosse, Sheldon se sentait à peu près soutenu. En Angleterre, c'était autre chose. Problème, il n'y avait sans doute pas que des anglais à soutenir les jeux et a y assister. Il haussa les épaules :

« C'est pas des gens, c'est des bêtes. Ils pigent pas ce qu'on leur dit. Z'utilisent pas leur cerveau, tu vois. Ca les intéresse pas. Ce qu'ils voient, c'est que c'est pas eux qui crèvent, et que c'est vachement bien que ce soit les autres. Jusqu'au moment où ce sera eux, et là, parole, ce sera trop tard. »


Il était fataliste : il ne pouvait pas sauver les gens qui ne voulaient pas être sauvés. Il essayait, pourtant : sa vie se résumait à ça. Lutter contre des gens qui ne pigeaient de toute façon pas ses méthodes. Il reconnaissait qu'il n'était pas un saint, qu'il n'était pas un ange, ça, bon Dieu, oui ! Mais il n'était pas le pire, oh non, loin de là, parole !

Il avait évité jusqu'à le sujet de la Vague, mis à part pour répondre à la question d'Edern, et il se demanda s'il n'était pas venu le temps du lui proposer de venir avec eux, mais le gamin lui coupa l'herbe sous le pied en parlant de Banshee. Cette gamine, sa gamine, c'était la fierté de Sheldon Ferguson et il l'admirait comme pas permis. Elle était chiante, mais il l'adorait. Tout le monde adorait ou détestait Banshee Ferguson, il n'y avait de pas de demi mesure. Lui s'inquiétait un peu pour elle, mais il n'osait pas trop dire quoique ce soit, ayant peur qu'on le rembarre assez facilement.

« Oh, comme toujours : décidée à ne pas se laisser emmerder, tu sais comment elle est ! Faudra que tu viennes nous voir, je suis sur qu'elle sera contente. Enfin, une fois qu'on sera revenu du Pérou, mais ça... »

Ca allait venir vite, très vite. Et il faudrait qu'ils en parlent, ça aussi, il était curieux de connaître le point de vue d'Edern sur la question. En attendant, restait à trouver un bar.

« Bof, je suppose qu'on peut toujours aller chez Collins. J'tai parlé de Collins ? Mais si, t'as du déjà le voir, le chauve avec une barre à mine... »


Oui, parfois, il avait des amis bizarres et pouilleux, mais le bar, tout aussi clandestin que son propriétaire, était à défaut d'être confortable, chaleureux, et servait de la bière pas trop dégueulasse. Sheldon s'assit et recommença à parler :

« On va rentrer à la maison, tu sais. C'est au programme. On va reprendre Glasgow, pis de là, fini pour eux, on recommence. Avec une république indépendante, sans doute. J'sais pas. Viens faire un tour, au pire. On votera. Mulciber est chiant, quand il veut, mais moins que Jugson, et pis c'est pas un mauvais type. L'est franchement supportable, pour un sorcier. Pis drôle, quand il veut. »

Il réalisa soudain quelque chose, et écarquilla les yeux pour avoir l'air menaçant, ce qui lui donna vaguement l'air d'un hibou en colère :

« Mais ça, eh. T'en parles pas. Pas un mot, Edern, hein ? Je joue pas que ma peau ou celle de Limonkov, on joue la ville contre les puristes. »


Dernière édition par Sheldon H. Ferguson le Mar 21 Oct - 12:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Mar 21 Oct - 0:02

Edern aurait pu être malheureux toute sa vie s’il ne s’était pas enfui de chez lui, il aurait pu être encore là-bas, à jouer le larbin pour sa famille. Peut-être même serait-il mort, de fatigue, de honte ou tout simplement parce que l’envie de vivre, de se battre l’avait quitté. Il savait très bien que s’il était resté là-bas il ne serait pas mort de mort naturelle. Il y avait peu de chance qu’il vive vieux ici aussi mais au moins il aura eu l’impression d’avoir fait quelque chose de sa vie, d’avoir été utile à quelqu’un, peut-être même à plusieurs personnes.
Et il pouvait remercier Sheldon pour ça, parce qu’il avait été un de ceux qui l’avait formé mais aussi parce qu’il incarnait un peu le père qu’il avait toujours voulu avoir. Il n’était pas parfait mais il était toujours mieux que l’abruti qui s’était servi de lui comme esclave juste parce qu’il était cracmol. Pour ça qu’il aimait beaucoup Banshee, elle était comme sa sœur, surtout depuis qu’il avait perdu la sienne, il avait comme une nouvelle famille ici et même s’ils ne se voyaient pas souvent il aimait toujours autant leur compagnie et savoir qu’il pouvait venir les voir s’il avait besoin, qu’ils seraient toujours là pour l’accueillir les bras ouverts. Si Ferguson faisait un peu brut aux premiers abords il était cent fois meilleur et gentil que tous ces faux-culs du gouvernement qui sous leurs airs de bisounours vous baisaient dès qu’ils en avaient l’occasion. Au moins ici il n’y avait pas de place pour les faux-semblants et les postures mondaines, on était dans la réalité, dans la vraie vie, pas dans un bal de sang-pur à la con.


« C'est pas des gens, c'est des bêtes. Ils pigent pas ce qu'on leur dit. Z'utilisent pas leur cerveau, tu vois. Ca les intéresse pas. Ce qu'ils voient, c'est que c'est pas eux qui crèvent, et que c'est vachement bien que ce soit les autres. Jusqu'au moment où ce sera eux, et là, parole, ce sera trop tard. »

Des bêtes oui, et rien de plus, du bétail tout juste bon à servir de bouclier le jour où le gouvernement sera dans la merde. Et même s’il n’avait pas très envie de taper sur des moldus ou des gens comme ceux qu’il défendait il le ferait s’ils se mettaient à travers de son chemin et combattaient du côté de l’Intendance. Parce que pour faire ce choix il fallait être vraiment con, ou avoir la chiée.
Edern avait montré du cran une fois, depuis il essayait d’en montrer le plus possible, il savait qu’il en était capable, tout le monde l’était, il suffisait d’un déclencheur, pour lui ce fut sa fuite. Il espérait juste que des gens là-bas, dans les gradins ou le public en général se rendraient compte que tout ça était complètement stupide et barbare et qu’en sortant ils voudraient se battre pour se défendre et faire en sorte que tout ça s’arrête.

Puis il avait mentionné Banshee, il se souciait beaucoup trop de cette gamine.


« Oh, comme toujours : décidée à ne pas se laisser emmerder, tu sais comment elle est ! Faudra que tu viennes nous voir, je suis sûr qu'elle sera contente. Enfin, une fois qu'on sera revenu du Pérou, mais ça... »

Ah ça oui il savait comment elle était. Comment l’ignorer ? Dès qu’on avait rencontré Banshee Ferguson une fois il était impossible de l’oublier.
Il sourit à son ami.


« Avec plaisir, j’passe quand tu veux. »

Il suivit ensuite Sheldon jusqu’au bar. Collins. La description de l’homme lui disait vaguement quelque chose. Peut-être le reconnaîtrait-il en le voyant.
En tout cas quand il entra dans le bar il ne manqua pas d’attirer l’attention avec son accoutrement très spécial, mais il avait l’habitude alors il ne s’en fit pas.
Edern pris place en face de l’Ecossais, ils allaient pouvoir discuter tranquillement ici, c’était parfait comme endroit.


« On va rentrer à la maison, tu sais. C'est au programme. On va reprendre Glasgow, pis de là, fini pour eux, on recommence. Avec une république indépendante, sans doute. J'sais pas. Viens faire un tour, au pire. On votera. Mulciber est chiant, quand il veut, mais moins que Jugson, et pis c'est pas un mauvais type. L'est franchement supportable, pour un sorcier. Pis drôle, quand il veut. »

Ils allaient quoi ? Reprendre Glasgow ? Oh. C’était un sacré projet ça

« C’est pas qu’un sorcier, c’est un sang-pur, des saletés ceux-là. »

Siffla-t-il. C’était presque chuchoté étant donné que c’était un commentaire pour lui-même. Il avait de forts à priori sur les sang-purs et les nés-moldus. Il les considérait tous les deux comme de la vermine, rien de bon. Il pouvait se montrer fermé d’esprit quand il le voulait, c’était principalement à cause de son éducation.

Puis Sheldon fit une tête bizarre, tellement que c’en était drôle. Et si Edern empêcha de justesse un rire de s’échapper de ses lèvres c’était surtout parce que ce que l’indépendantiste racontait était parfaitement sérieux.


« Mais ça, eh. T'en parles pas. Pas un mot, Edern, hein ? Je joue pas que ma peau ou celle de Limonkov, on joue la ville contre les puristes. »

Le cracmol haussa les épaules et sourit une nouvelle fois, employant un ton rassurant.

« T’en fais pas va Sheldon, j’suis pas une balance tu m’connais. Et j’ai trop peur de me faire casser la gueule par ta fille si j’fais ça. »

Là il éclata de rire. Vrai qu’elle pouvait avoir des accès de colère et vrai qu’elle pouvait faire peur parfois. Et il était sûr qu’elle n’hésiterait pas une seule seconde s’il faisait une connerie aussi monumentale, surtout si ça faisait foirer un projet qui tenait autant à Sheldon. Glasgow était sa ville en même temps, l’emblème de son Ecosse, son pays qu’il voulait indépendant et Edern respectait ça, pour rien au monde il n’aurait voulu tout briser.
Puis il eu un moment de pause. Une idée lui vint soudainement. Ils récupéraient Glasgow c’était bien mais il se sentait un peu exclu du coup. Il ne faisait partie d’aucun mouvement de résistance, il menait sa propre barque et manquait parfois des trucs alors il ne voulait pas laisser passer une autre fois sa chance, pas s’il y avait moyen qu’il apporte sa pierre à l’édifice. Se sentir utile. C’est tout ce qu’il voulait. D’un ton un peu hésitant il poursuivit.


« Et tu crois que … ‘fin. Tu crois qu’il y a possibilité que je participe aussi ? Tu penses que tu peux t’arranger avec Limonkov pour ça ? J'en ai un peu marre de ne servir à rien dans mon coin. »

Pour sûr qu’il aimerait bien se battre aux côtés des résistants, surtout pour un tel projet, ce n’était pas rien tout de même. Alors il demandait à Sheldon. Que pouvait-il faire d’autre ? Prendre l’avion jusqu’au Pérou et toquer à toutes les portes en demandant un certain Benjamin Mulciber ? Soyons réalistes. Sa meilleure chance d’accéder à l’opération restait l’Ecossais. Le patron arriva pour les saluer et leur apporta une bière chacun.
Edern l’observa et en effet, il reconnut ses traits, il était peut-être déjà venu là auparavant. Tout était possible. Il remercia l’homme et tourna sa tête vers Sheldon quand il fut parti.
Il sentait que cette soirée allait être encore plus intéressante que ce qu’il avait imaginé.
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Mer 22 Oct - 12:56

Dans la vie, il fallait faire des choix. Beaucoup de choix. Aucun n'était facile, mais voilà : il fallait choisir tout de même. Il n'y avait pas forcément de bonne solution, et parfois il ne pouvait sortir des évenements que la tête basse, mais il fallait le faire. Il avait du courage, et la capacité de le faire : il ne pouvait pas se dérober. Il ne possédait pas la capacité à fermer sa gueule, il ne savait faire qu'une chose, se battre. La personnalité de Sheldon était celle d'un homme fier, qui jamais n'accepterait qu'on lui dise ce qu'il devait faire,  mais pas seulement : c'était aussi celle d'un homme qui ne pouvait pas comprendre la stigmatisation, la haine, le fait de se prendre pour quelqu'un. Là où il venait, c'était simple : personne n'était personne. Ils étaient juste des pauvres. Il refusait de parler de misère. La pauvreté se distinguait clairement de la misère: face au malheur, le pauvre conservait une certaine liberté de choix, là où le miséreux était réduit à l'impuissance. Et l'impuissance, Sheldon l'avait trop bien connue, plus jeune, pour abandonner. Il savait ce qu'il se passait. Il connaissait la réalité.

N'importe qui n’étant pas totalement dénué de connaissance devait bien être conscient que la démocratie, la liberté et la justice qui étaient vantées dans les tribunaux n'étaient qu’une façade. Ce poison, cette infection que constituait une justice fonctionnant selon deux façons différentes, cette hypocrisie qui submergeait les tribunaux étaient des faits bien établis et cela même avant que n'existe l'Intendance de Grande-Bretagne. Quand Sheldon était passé devant le juge, la première fois, il était coupable jusqu’à ce qu’il aie prouvé son innocence, et même alors on l'avait trouvé coupable à cause de l'endroit d'où il venait.

Rien n'y ferait jamais rien. Sheldon ne pouvait oublier cette enfance difficile – la même que tous les gens qu'il considérait comme ses amis. Il avait idéalisé cette enfance, en fait : dure, elle l'était. Il se souvenait de son appartement merdique, des HLM et des bagarres, mais elle valait mieux que Poudlard. A Glasgow, on pouvait se faire casser la gueule pour tout et n'importe quoi, mais il y avait  des raisons à ça. Il ignorait encore pourquoi, il n'avait pas les outils pour comprendre les sang purs et pourquoi ils le haissaient. La vie à Glasgow n'était pas facile, en ce temps là : mais c'était sa ville, et il la comprenait. Il existait sans aucun doute, à cette époque déjà, bien des abus dans cette ville. Mais Sheldon Ferguson ignorait encore à la vérité tout du mot "abus" et de sa signification, enfant. Il ne l'avait compris que plus tard, quand il s'était trouvé délinquant juvénile, en taule ou à l'armée. La vérité c'était qu'ils mentaient, tous. Les parents, l'Etat, tout le monde. Quand il était gosse, on lui parlait des pays tropicaux, équatoriaux, et ça faisait rêver. Aujourd'hui, il savait combien on y souffrait. Tout était un sale mensonge, depuis le début.

Parce que l'Etat, le pouvoir, les mangemorts, eux, tout ce qu'il voulait, c'était continuer à vivre leur vie, et s'en foutre. Ils restaient seuls. Comme Sheldon l'avait été – et il avait choisi de créer une communauté. Indépendantiste ? Bien sur qu'elle l'était, qu'il l'était. Des problèmes ? Ca allait créer des problèmes de devenir indépendant ? Bon sang, et la vie qu'il avait, ce n'était pas un problème ?  Ils allaient détruire le Royaume-Uni ? Mais bordel, le Royaume-Uni se foutait d'eux. Le Royaume-Uni était déjà fini – non seulement à cause de la pauvreté, de ces inégalités, de ce putain de système, mais maintenant aussi à cause des mangemorts. Une nation se mourrait lorsqu'elle délaissait ceux, travailleurs honnêtes et sérieux, dont la vie devenait chaque jour une existence de bagne ou de bête à l'écurie.

Que pouvaient-ils faire alors ? Espérer, accepter, fuir. L'acceptation et la fuite étaient des pis-aller pour être en paix avec son existence. L'espoir existait en quantité éternellement inconnue. Son but était soit réaliste, soit irréaliste, et il pouvait amener à l'acceptation ou à la fuite. Mais Sheldon Ferguson n'acceptait pas et il ne fuyait plus. Il avait fui : il avait fait le choix de retourner à cette vie là. C'était son monde, et il comptait le défendre. Il n'acceptait pas cet isolement. Edern en était un bon exemple. Il l'avait aidé, bien sur, et il l'aiderait toujours, mais bordel, qu'est-ce qu'un gamin se retrouvait là dedans ? Société de merde, où un gosse, pour survivre, se retrouvait à cotoyer de mecs comme lui. Société de merde, où il commençait à entendre ce qu'il entendait.

Il n'aurait jamais dit à Edern qu'il était né-moldu. Il le réalisait à l'instant, mais au final, c'était vrai. Il n'était pas sur de lui, sur la question : les moldus manifestaient de toute façon, même en résistant, une assez grande méfiance envers les sorciers. Il sourit par dessus sa bière :

« Pas de ça, tu veux. Y a que les puristes qui utilisent ce genre de classification. 'tain, sérieusement Edern, je comprends même pas à quoi ça correspond, leur machin du sang, alors t'y mets pas non plus. Ils racontent suffisamment de conneries comme ça pour qu'on se mette à faire comme eux. »  


Il n'avait pas le temps pour ça, de toute façon. Les distinctions comme ça, Ferguson s'en foutait. Ben n'était pas un mauvais type. Il était même moins chiant que certains moldus, c'était dire (non, il ne pensait pas à Alice McLear, du tout) : mais en l’occurrence, ce qui l'intéressait surtout, c'était le fait qu'il était contre les mangemorts. Pas disposé à défendre l'injustice. Pas parfait. Mais il n'était pas parfait non plus. Pis s'il avait quelque chose à dire, il le disait : c'était moins chiant que la politique.

« M'étonnerait, ça lui a pas trop fait plaisir, mais je l'ai casé comme infirmière, elle risque pas de se battre. Sa mère me ferait la peau si sa fille chérie mourrait à cause, qu'est-ce qu'elle a dit « tes conneries d'indépendantiste »... enfin pas comme ça, mais tu connais Caitlin. »


Sheldon n'en faisait pas mystère, il ne s'entendait pas spécialement bien avec sa femme. Parce qu'il s'était comporté comme un connard, et puis parce que rien dans leur vie n'avait été facile. Le temps où tout allait bien pour eux  - et encore – était loin. Mais pour les gosses, il était toujours là : et il refusait que Banshee paye le prix de ses actes. Elle était sa fierté, sa gosse. Jamais il ne laisserait faire ça. Quitte à ce qu'elle le haïsse après, en bonne tête de mule, il s'en foutait.

« J'sais pas, honnêtement. Pas moi qui décide de l'organisation, mais tu peux toujours voir avec lui. Y mord pas. De toute façon, c'est surtout une action d'éclat. Ca m'emmerde vraiment de dire ça, mais on tiendra pas la ville. Va falloir qu'on se déporte ailleurs, on a plusieurs lieux – mais lequel on choisira, pour ça, parole, va falloir voter aussi. Si c'est pas cette fois pour toi, ce sera la prochaine : et ce sera pas long. On tiendra pas un mois. J'pense pas. C'est surtout histoire de leur montrer qu'on existe. »

Montrer les dents, en somme. Parce qu'ils en avaient toujours.

Des crocs.

Foutue vie de chiens et de loups.
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MessageSujet: Re: Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F. Dim 2 Nov - 13:53

Peut-être bien qu’Edern était injuste, oui, qu’il jugeait sans savoir, mauvaise habitude, on n’efface pas les vingt premières années de sa vie en un clin d’œil. Alors oui, il se conduisait parfois comme une petit con ingrat parce qu’il apprenait, tout juste que finalement il pouvait peut-être jeter ses généralités à la poubelle, mais c’était un changement progressif, il lui faudrait rencontrer encore plusieurs personnes appartenant aux rangs et classes qu’il détestait pour décider de changer d’avis ou au moins de le modérer. Ca ou sa sœur. Anthéa, il en rêvait encore la nuit, il ne s’ était toujours pas remis de sa disparition et s’il avait perdu tout espoir de la revoir un jour il n’oubliait pas, il n’oublierait jamais, c’était grâce à elle qu’il était là à discuter avec un ami au lieu de faire la boniche dans un grand manoir, celui qui aurait pu être le sien plus tard s’il était né avec des pouvoirs magiques. Le destin en avait décidé autrement et maintenant il faisait avec. Oh il vivait très bien sans pouvoirs magiques, il ne souhaitait même plus en avoir au fond, il ne voulait même plus que ses parents reconnaissent enfin qu’il était malgré tout leur fils et qu’ils l’aimaient, il savait que s’il les revoyait il voudrait les tuer, les faire souffrir comme il avait souffert, qu’ils comprennent la douleur qu’ils lui avaient infligé. Mais il ne se sentait pas prêt pour se pointer devant la propriété, il n’était pas assez puissant pour affronter trois sorciers en même temps, deux si son frère avait déserté l’endroit pour habiter dans la capitale comme il avait toujours dis qu’il le ferait. C’était étrange tout de même, se dire qu’il vivait probablement dans la même ville que son frère mais qu’il ne l’avait jamais croisé, ils n’avaient pas le même standard de vie, Edern lui vivait dans un quartier glauque, moldu, Gabriel lui devait plutôt profiter de sa vie et de son argent dans les quartiers riches des sorciers. Deux mondes qui s’opposent totalement. Le cracmol n’avait d’amour ni pour les riches ni pour les sorciers et pourtant quand on le regardait bien, il avait des tics, des manières qui rappelaient d’où il venait même s’il ne le disait pas, on n’oublie pas une éducation, pas totalement du moins même si durant son immersion totale il avait tout fait pour s’adapter et adopter les façons de se conduire des gens d’ici, ça marchait plutôt bien d’ailleurs la plupart du temps. Et il arrivait même à se sentir chez lui dans des endroits comme ce bar pourtant parfaitement mal famé et glauque.

« Pas de ça, tu veux. Y’a que les puristes qui utilisent ce genre de classification. 'tain, sérieusement Edern, je comprends même pas à quoi ça correspond, leur machin du sang, alors t'y mets pas non plus. Ils racontent suffisamment de conneries comme ça pour qu'on se mette à faire comme eux. »

Il haussa les épaules, c’était une vraie tête de mule et il n’était pas encore prêt à reconnaître qu’il prenait le mauvais chemin en gardant ce genre de convictions et de distinctions. Il les détestait et n’avait pas tout à fait terminé sa crise. Il ne rajouta cependant rien, il n’avait pas envie de se fâcher avec Sheldon et de toute manière il savait qu’une discussion comme celle-ci ne mènerait absolument à rien.

« M'étonnerait, ça lui a pas trop fait plaisir, mais je l'ai casé comme infirmière, elle risque pas de se battre. Sa mère me ferait la peau si sa fille chérie mourrait à cause, qu'est-ce qu'elle a dit « tes conneries d'indépendantiste »... enfin pas comme ça, mais tu connais Caitlin. »

Banshee infirmière, il pouvait parfaitement la situer dans ce rôle mais il la voyait mal accepter de se faire priver de combat comme ça, mais il ne s’y opposerait pas, il l’appréciait trop pour supporter de la voir mourir sur un champ de bataille. Caitlin, la fameuse ex-femme de Sheldon, il l’avait connue oui, un sacré caractère elle aussi. Edern hocha la tête pour montrer qu’il comprenait la décision, il l’aurait même presque applaudie mais ça faisait un peu trop.
Puis vint le sujet Glasgow, plus le cracmol y pensait plus il trouvait que c’était une intéressante opportunité pour lui, il allait pouvoir lutter, se montrer à lui-même qu’il existait, il ne ferait pas ça pour la gloire, il se foutait d’avoir son visage placardé dans les rues de Londres, au contraire, il aimait bien son anonymat, même si après l’incident Valverde ce dernier ne devait tenir qu’à un fil, mais encore une fois, c’était pour quelque chose qu’il qualifiait de bonne cause.


« J'sais pas, honnêtement. Pas moi qui décide de l'organisation, mais tu peux toujours voir avec lui. Y mord pas. De toute façon, c'est surtout une action d'éclat. Ça m'emmerde vraiment de dire ça, mais on tiendra pas la ville. Va falloir qu'on se déporte ailleurs, on a plusieurs lieux – mais lequel on choisira, pour ça, parole, va falloir voter aussi. Si c'est pas cette fois pour toi, ce sera la prochaine : et ce sera pas long. On tiendra pas un mois. J'pense pas. C'est surtout histoire de leur montrer qu'on existe. »

Voir avec Limonkov. Hmm. On ne prenait pas rendez-vous si facilement avec lui, enfin c’est ce qu’Edern imaginait. Un vote. Ça avait l’air intéressant, c’était un grand pas en avant pour la résistance, le cracmol en était conscient et voulait en être, il voulait faire partie de cette République et se battre pour cette République avec les autres, il en avait le droit, tout le monde en avait le droit. Et ce serait le moment de voir si la résistance pensait plus aux gens comme lui que ne le faisait l’Intendance. Quoi qu’il arrive, il savait au moins qu’avec eux il ne serait pas sacrifié pour être né différent.

« J’veux juste pouvoir circuler de nouveau tranquillement en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, au Pays de Galle, partout, j’veux que tout le monde puisse se déplacer tranquillement où ils veulent sans se demander si des gars vont leur tomber dessus au coin de la rue pour les déporter à Azkaban et les laisser pourrir au fond d’une cage ou au mieux les tuer directement. J’veux me battre pour ça, j’parle pas de rejoindre un mouvement officiel de résistance, tous les rigolos de la Vague ou de l’Ordre très peu pour moi, j’ai mes raisons mais je préfère pas. »

Il fit une petite pause, vrai qu’il voulait tout ça et vrai aussi qu’il appréhendait le fait de devoir rejoindre un mouvement officiel de résistance.

« Tu sais, toutes ces années que j’ai passé dans la rue ça a peut-être été dur mais ça a certainement été les meilleures années de ma vie et t’en as fait partie. Je ne serais jamais ce que je suis maintenant sans toi. Alors je voulais juste te dire merci, je crois. »

Puis il haussa les épaules, ça lui arrivait de se rendre compte de trucs comme ça et de les partager à haute voix, il pouvait être vachement sentimental quand il le voulait le gamin. Il but quelques gorgées de sa bière. D’un coup d’un seul il appréhendait presque la réaction de l’Ecossais, il se doutait bien qu’il ne se jetterait pas dans ses bras pour lui faire un câlin, d’ailleurs il n’en demandait pas tant, mais il était curieux de voir sa réaction.
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Vous qui m'avez tant appris. ~ Sheldon F.

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