POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
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Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson

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Jeremias L. B. Serpens


MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Dim 31 Aoû - 9:51

    « J'étais partie ce matin, au bois,
    Pour toi, mon amour, pour toi.
    Cueillir les premières fraises des bois,
    Pour toi, mon amour, pour toi.

    Je t'avais laissé encore endormi
    Au creux du petit jour.
    Je t'avais laissé encore endormi
    Au lit de notre Amour. » — Barbara

Les Serpens étaient connus pour avoir pratiqué la Magie-Noire depuis des générations. Ils n'étaient ni les Lestrange, ni les Menroth ou les Mulciber, mais n'avaient pas laissé entendre qu'ils aimaient l'utilisation de la magie blanche.
Jeremias, dans cette optique, n'était pas les plus adepte des membres de sa famille. Alexander se trouvait bien plus calé, lui qui dirigeait la boutique de la famille. Non pas que le jeune-homme ne soit pas intéressé par la Magie-Noire, mais simplement qu'il n'en avait reçu que peu de leçons. Seulement des bases, sur lesquelles il n'avait pas forcément continué à travailler. Son travail au Ministère l'obligeait à contrôler toute sorte de branches de Magie, notamment et surtout parce que les Créatures Magiques pouvaient utiliser des formes de magie rares. Une mise à niveau de De Saint-Clair, que le passage au RCCM n'avait pas été de trop en plein temps de guerre. Même si Jeremias n'était pas un fervent adepte de la personnalité de celui qui avait été son Directeur, il admirait ses compétences et ses capacités à réformer de vieilles institutions.
La Magie-Noire avait donc fait partie de ces branches que Jeremias avait été obligé de maîtriser, au même titre que la Blanche, les Runes, la Médicomagie et tant d'autres. Aussi ne s'était-il jamais véritablement spécialisé en fonction de son nom, symptôme d'un rejet qu'il mettait à l'oeuvre consciemment ou non depuis qu'il était enfant. D'autres choses l'intéressaient, par delà la pratique de la Magie.
Sans-doute la découverte des créatures, le fait de toucher à quelque chose d'ailleurs.

Lui, il n'était qu'un être humain. Un entre les Enfers et les cieux, un entre-deux, sans cesse divisé par les bassesses de la terre et les volupté du ciel. Il admirait donc ces créatures qu'il considérait venues d'au-dessus de lui. Il voyait en elle un ailleurs qu'il n'atteignait que par la poésie. Certes était-il contraint parfois d'user de magie contre quelques créatures, mais cela n'était que dans le respect de ces êtres. Il aimait à penser à Diane, la déesse de la Chasse, présente pour canaliser les énergies de l'homme pendant la chasse. A ceux qui avaient ignoré la fonction de la vierge Déesse, Jeremias y avait trouvé nombre d'explications poétiques. Pour la plupart des penseurs grecs, Diane était celle qui empêchait le passage de l'homme à la bête. Le respect de l'animal chassé, dans l'unique but de manger ou de sacrifier aux Dieux. Diane était donc la valeur d'équilibre, celle qui s'assurait de la survie de chacune des espèces. Une fonction magnifique, sans-doutes la plus belle de tous.

Le jeune-homme écouta attentivement que ce que disait Eileen. Pour une "simple élève" de Poudlard, elle en savait bien plus que d'autres. Alexander n'en savait pas autant, et Maleficus n'avait sûrement jamais vu la magie sous cet oeil.
Dans ces moments là, il se taisait et écoutait. Il voulait tout apprendre de la personne, s'instruire sur son monde. L'observer à jamais. Elle parlait avec un visage qu'il aimait déjà. Une multitude d'expressions, c'était encore plus magnifique à voir. A chaque conversation avec lui, depuis désormais une bonne heure, ses expressions changeaient. Contrairement à ses parents et aux inconnus - tout le monde, donc, qui ne voyaient qu'un seul visage et une seule expression, n'entendaient qu'une seule voix, le jeune Serpens était plus que médusé face à cette palette d'expressions de cette femme. Il la contemplait comme un enfant contemple quelque chose de nouveau.
Tant d'années le brouillard lui avait foutu le cafard, et Eileen semblait éblouir un quotidien qui n'avait rien eu de beau. Il voulait lui donner rendez-vous avec la vie, prendre le train pour un avenir magnifique. Comme dans les chansons, il voyait Eileen d'une manière qu'il n'avait jamais cru pouvoir être capable d'avoir. Il voulait parler d'amour, d'une voix tamisée et de velours, il voulait être avec elle pour découvrir cette vie qu'il avait tant fuit. Jeune, il l'était dans ses sentiments, lui qui avait passé le plus clair de son temps seul et coupé de ce monde.
Il se souvint rapidement de tout ce qu'il avait pu faire avant elle, avant de connaître ce que l'Amour procurait. Les femmes, dans son lit, lui donnait soudainement une forme de dégoût.

Pensant à tout cela, avec une rapidité folle, il eut sûrement un visage quelque peu honteux sans qu'Eileen se sache pourquoi. Le temps de quelques secondes seulement. Les pensées allaient bien plus vite que les mots. Aussi s'était-il rattaché très rapidement à la question de la jeune femme.

Intéressant.
Son monde à elle était intéressant. On pouvait le toucher des doigts à travers ses expressions, grâce aussi aux questions qu'elles posaient. Chaque petit détail venait s'ajouter à un autre, et un ensemble se construisait petit à petit.
Sans s'en rendre compte, et sûrement par orgueil pour le moment, il ne voulait pas totalement admettre qu'il l'admirait. Non pas qu'elle ne le méritait pas, mais bien parce que la vie lui avait été tellement dure et lourde qu'il s'était juré de ne plus rien attendre de personne, et ne plus chercher jamais à admirer une quelconque personne.
Mais Eileen n'était pas une quelconque personne.

« Quelle est ton affinité ? Ça peut très bien ne pas nécessairement être un élément.
Elle venait de s'installer. Lui restait accroupi, observant ce petit univers étalé devant lui. Il la regarda.
D'après le professeur que j'ai eu, l'Eau. Un élément, donc. J'ai longtemps cru que c'était la Terre. Mais... Quand j'avais quinze ans, j'ai connu mon tout premier chagrin d'amour. Enfin... ce que je croyais être de l'amour. Mon père m'a empêché de vivre ce que je ressentais, par peur qu'un gamin sorte de cette relation et qu'il faille s'occuper d'un possible môme comme d'un Serpens. C'était la première fois qu'il évoquait cela avec quelqu'un. J'étais assez extrême à l'époque. Et j'ai tenté la mort. Surtout pour lui faire du mal, à lui. Je ne me rendais pas compte que c'était à moi que je me faisais du mal. Mais on s'en fout. Je suis allé près du lac, et j'ai sauté. Je pensais que l'eau rentrerait dans mes poumons, que j'allais étouffer petit à petit. Mais non. J'étais dans l'eau et j'étais heureux. Je vivais. Ce qui était censé m'apporter la mort me redonnait force de vie. Un temps seulement, puisque c'est lui qui m'a sorti de l'eau. J'ai laissé de côté cet événement vu ce qu'il s'est passé ensuite. Mais quand j'ai rencontré ce professeur, il a compris, ne me demande pas comment, que mon élément était l'Eau. Voilà. »

Il se sentit gêné, quelques minutes.
Il ne parlait jamais de sa vie ainsi, de ce qu'il avait vécu, encore moins quand tout ne dépendait que de ses choix. Il aurait pu mourir ce jour-là, et il ne se rendait pas encore totalement compte combien cela avait considérablement importé dans sa vie.

Il se tut donc, et retourna les yeux vers les livres.
Jeremias n'était pas un coutumier des confidences. Cela lui faisait mal, même si la présence et le regard d'Eileen lui permettaient d'être apaisé et de faire ses confidences. Jusqu'à elle, il gardait tout en lui, bousillant ses nerfs à morfondre dans ce qu'il ressentait sans l'exprimer. Là, elle était présente, et le fait même de lui avoir confié cet événement de sa vie lui faisait se rendre compte qu'elle importait plus que tout.

Il sortit de la poche à baguette de son pantalon de combat sa baguette magique. Il la prit délicatement, la regarda quelques secondes, et tapa un léger coup sur son poignet. Un petit filet d'eau sortit, comme si on venait d'ouvrir une fenêtre après une grosse averse. Les quelques gouttes se mirent à léviter, prendre forme, grossir et s'amincir, comme si toute la consistance de l'eau ne tenait qu'entre ses fines mains.
Un nouveau coup et l'eau entra. Il la regarda.

« C'est tout ce que je sais faire. Je n'ai jamais su contrôler le Feu. La Terre quelque peu. L'Air aussi, mais moins. J'aurais aimé avoir un peu plus de temps avec ce professeur, mais les résistants l'ont tué. Il parlait de manière calme et tranquille, sans sembler s'émouvoir de ce qu'il disait. Pourtant, sans qu'il ne s'en rende compte, il expliquait à Eileen qu'une nouvelle chose encore lui avait été enlevée au cours de sa vie. Je sais cependant que l'Eau est mon élément. Notamment quand j'utilise des sorts d'eau, ou que je prends un bain, ou lorsque je me baigne. Je me sens ailleurs. Dans un autre monde ; coupé de celui-ci. Il l'observa. Comme avec toi. Il lui fit un sourire presque fier et réjoui. Serait-ce toi, mon élément? »

Il eut un rire doux et discret.
Elément plus qu'original, plus qu'authentique, plus qu'unique.
Son sourire ne le quittait pas.  

Au final, ce n'était pas si étrange et cocasse que l'Eau soit son élément.
Il était un être aérien, certes, mais par dessus tout, coupé de ce monde. Il avait besoin d'en découvrir un autre, et toutes ses recherches sur les créatures marines lui avaient montré que tout un écosystème se construisait dans les eaux. Une forme d'Atlantide géante. Organisé, sûrement aussi bon sinon plus que le monde terrestre, le monde sous-marin avait de quoi étonner. A chaque fois qu'il avait été confronté à celui-ci, il avait la sensation de découvrir des merveilles. Chose qu'il n'arrivait pas à faire sur terre, jusqu'à sa rencontre soudaine avec Eileen.
Tomber dans l'eau n'était pas un soucis pour lui. Souvent prenait-il des bains de plusieurs heures, cigarette dans un main, livre dans une autre. Il ne quittait pas l'immense baignoire qu'il s'était fait construire à Ashton Court. Souvent ses parents s'étaient inquiétés, les elfes aussi, de ne pas le voir revenir de sa salle de bains. Par peur qu'il s'était noyé, ils débarquaient en trombe, le trouvant là, calme, souvent endormi ou en train de lire, le visage apaisé. Si alors il se rendait compte de leur présence, ses traits se durcissaient et se coupaient d'eux, faisant par là disparaître toute la beauté tranquille de son visage.

Il la regardait toujours.
« Je suppose que tu as beaucoup appris avec ces livres. Mais que tu as eu un professeur, sinon des conseils, non? Il connaissait très peu de sorciers capables de percevoir la magie sous forme d'éléments. Qu'est-ce que ces travaux t'ont apporté? Tu as déjà une idée de ton affinité? »

Il avait tout un tas de questions à lui poser. Cela en disait long sur les futures conversations qu'ils auraient, pourvu qu'ils en aient encore. Il voulait savoir tout de sa vie, tout ce qu'elle avait fait et de ce qu'elle avait envie de faire. Depuis combien temps travaillait-elle cette part de magie? Qu'est-ce que cela lui apportait de travailler dessus.

Ses yeux étaient toujours plongés dans ceux l'Eileen.
Il se disait qu'à son âge, il n'avait même pas encore compris tout ce qu'elle avait mis à jour. Il venait de tomber sur une personne rare et unique. Il ne voulait en aucun cas la perdre, et en aucun cas qu'elle ne se perde.
Etait-il la personne qui saurait la protéger? Il n'était peut-être pas la personne qu'il lui fallait. Soudainement, le manque de confiance reprenait quelque peu le dessus. L'Amour ouvre à soi, également aux plus noirs côtés.

« Je ne sais pas si... Il la regarda quelques instants avant de tourner les yeux vers les livres, au sol. Tu sais déjà tellement de choses. Ta maturité est belle, unique. Je suis fier de te connaître. Mais je me demande si me connaître t'apportera quoi que ce soit. Je ne veux pas te décevoir. »

Cette discussion sur les affinités magiques l'avait amené à s'ouvrir, à se questionner.
Et contrairement à d'habitude, Jeremias se rendait compte de ses faiblesses. Il ne voulait pas détruire Eileen avait qui il était, toucher à cet être qui avait mis tant de temps à se construire. De toutes les personnes qu'il avait un jour connues, de toutes celles qui avaient été proches de lui, Eileen était la seule à être aussi belle et unique.

« Et je ne veux pas te faire de mal. »

Pour rien au monde il ne se le serait pardonné.
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Eileen A. Anderson


MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Jeu 4 Sep - 2:14

Dire qu’Eileen stressait serait un euphémisme, elle s’en serait presque rongé les doigts jusqu’au sang. Elle attendait la réponse de Jeremias, qui confirmerait ou infirmerait sa position par rapport à la magie noire et surtout s’il avait choisi exactement le même chemin que ses ancêtres (comme Eileen le faisait) sur ce sujet.
Tout ça se dissipa quand il répondit même si un doute subsistait toujours dans son esprit.


« D'après le professeur que j'ai eu, l'Eau. Un élément, donc. J'ai longtemps cru que c'était la Terre. Mais... Quand j'avais quinze ans, j'ai connu mon tout premier chagrin d'amour. Enfin... ce que je croyais être de l'amour. Mon père m'a empêché de vivre ce que je ressentais, par peur qu'un gamin sorte de cette relation et qu'il faille s'occuper d'un possible môme comme d'un Serpens. J'étais assez extrême à l'époque. Et j'ai tenté la mort. Surtout pour lui faire du mal, à lui. Je ne me rendais pas compte que c'était à moi que je me faisais du mal. Mais on s'en fout. Je suis allé près du lac, et j'ai sauté. Je pensais que l'eau rentrerait dans mes poumons, que j'allais étouffer petit à petit. Mais non. J'étais dans l'eau et j'étais heureux. Je vivais. Ce qui était censé m'apporter la mort me redonnait force de vie. Un temps seulement, puisque c'est lui qui m'a sorti de l'eau. J'ai laissé de côté cet événement vu ce qu'il s'est passé ensuite. Mais quand j'ai rencontré ce professeur, il a compris, ne me demande pas comment, que mon élément était l'Eau. Voilà. »

Avait-elle été amoureuse un jour ? Elle ne le pensait pas, elle avait rencontré des personnes c'est sûr, mais jamais pour les bonnes raisons, c'était toujours le plus souvent pour arriver au bout de ses plans, c'était stupide, dangereux, elle avait perdu pas mal d'amies à cause de ça.
Et si elle était soulagée de ne pas l’entendre parler de magie noire elle restait persuadée, au fond, qu’il en faisait quand même, sa fermeture d’esprit dans ce domaine était très forte même si elle tendait à s’affaiblir au fur et à mesure des années.
Cependant, elle fut heureuse. Heureuse qu’il la considère comme étant assez de confiance pour lui confier un bout de sa vie. Surtout lorsque ça concernait un évènement pareil, elle ne savait même pas si elle se sentait capable de se confier à lui à propos de son père, de lui parler de cette quête de perfection pour attirer son attention, à quoi cela servirait de toute manière ? Il ne pouvait pas l’aider, il ne pouvait pas créer le respect dans l’esprit du père Anderson, alors à quoi bon le tracasser avec ces histoire si de toute manière il n’y pouvait rien changer ?
Sauf que c’était peut-être là qu’Eileen se trompait. Jeremias pouvait faire quelque chose, bien sûr il ne pouvait pas inventer la reconnaissance et le respect mais s’il ne pouvait pas opérer directement sur le père d’Eileen, il pouvait faire en sorte qu’elle le voit tel qu’il est et qu’elle renonce une bonne fois pour toute à cette quête, pour le bien de sa santé mentale.

Puis il sortit sa baguette, heureuse de pouvoir assister à une démonstration de magie (elle aimait tout autant la pratiquer que regarder les autres le faire) elle se concentra pleinement sur ses mouvements. Il lui fit un tour de passe-passe plutôt chouette, elle avait presque l’impression de se retrouver avec Tryan pendant qu’il lui faisait une petite démonstration de sa maîtrise de la cryomancie, le pire était peut-être que les éléments des deux hommes n’étaient pas si différents, l’eau et la glace.


« C’est vraiment beau. »

C’était dit d’une voix douce, presque soufflé. Elle trouvait toujours un côté magnifique au maniement des éléments, même du feu, de grandiose même, elle espérait tant, elle aussi, pouvoir faire des choses comme ça plus tard.

« C'est tout ce que je sais faire. Je n'ai jamais su contrôler le Feu. La Terre quelque peu. L'Air aussi, mais moins. J'aurais aimé avoir un peu plus de temps avec ce professeur, mais les résistants l'ont tué. »

Ce n’était déjà pas si mal et puis ça démontrait sa maîtrise, il lui suffisait simplement de travailler sa magie, même si elle était persuadé qu’il était bien capable de le faire sans qu’elle n’ait besoin de le lui dire.
Il parlait avec détachement, comme si c’était arrivé à un autre, un inconnu et qu’il racontait simplement ce que quelqu’un lui avait dit. C’en était presque effrayant. Elle-même n’était pas capable de mettre autant de distance, comme supprimer l’affectif de ses paroles, elle fonctionnait beaucoup aux sentiments et c’est pour ça qu’elle avait plus de faciliter à cacher ses états d’âme derrière un sourire que derrière une façade froide et dure comme la glace. Elle évitait donc de parler de ce qui pouvait la blesser mais si elle venait à y être obligée elle pouvait se renfermer, construire cette coquille autour d’elle et provoquer la dureté, mais pas la froideur. Sauf si elle en parlait de son plein gré évidemment, mais ça ne lui était pas arrivé très souvent, voire jamais.


« Je sais cependant que l'Eau est mon élément. Notamment quand j'utilise des sorts d'eau, ou que je prends un bain, ou lorsque je me baigne. Je me sens ailleurs. Dans un autre monde ; coupé de celui-ci. Comme avec toi. Serait-ce toi, mon élément ? »

Elle n’avait jamais réussi à être parfaitement en osmose avec son élément, ou alors elle n’avait jamais essayé, jamais provoqué les situations. Elle avait bien des facilités en botanique, certes mais elle n’avait jamais voulu s’y intéresser de plus près, elle ignorait les matières dénigrées comme la botanique ou même la divination, elle ne tenait pas à passer pour la nana bizarre qui s’intéresse au plante. Mais au fond, ce n’était pas ce qu’elle était ? Bizarre peut-être pas, et encore, comment pouvait-elle le savoir ? Mais les plantes, la terre, tout ça était bien son élément, il n’y avait pas de doutes mais elle ne risquait pas de ressentir ce bien-être intérieur en ne sortant pas de chez elle. Elle pensa en rigolant que si elle devait prendre des bains de boue pour se sentir ailleurs ça n’arriverait pas demain.
Quant à sa blague, elle ne put s’empêcher de pouffer, c’était tellement ridicule pour elle d’imaginer ça. Mais c’était une sorte de déclaration, à n’en pas douter.


« Je suppose que tu as beaucoup appris avec ces livres. Mais que tu as eu un professeur, sinon des conseils, non? Qu'est-ce que ces travaux t'ont apporté? Tu as déjà une idée de ton affinité? »

Elle hocha positivement la tête.

« Je me suis en effet bien formée grâce aux livres mais je dois avouer que je dois l’apprentissage de la plupart des bases à mon cousin, il m’a mise sur le bon chemin et avec lui j’ai enfin pu faire le tri et trouver mon élément. Ce serait mentir que de dire que ses cours ne m’ont rien apporté, je ne pourrais pas essayer de pratiquer un peu seule ma magie si je n’avais pas pu bénéficier de son expérience et de ses conseils. »

Une fois de plus elle ne nommait pas Tryan, comme quand elle avait expliqué deux ou trois choses à Mary Kane quand elles s’étaient rencontrées. Elle serait ravie de dire qui était son cousin si Jeremias voulait le savoir. Elle aimait bien Tryan au fond et concrètement, elle se fichait bien de savoir s’il l’aimait bien aussi ou non, rien que le fait qu’il accepte de la faire progresser montrait qu’il ne la détestait pas.

« Quant à mon élément, je peux affirmer sans me tromper que c’est la terre, la pierre. Je ne pourrais pas choisir entre le maniement des plantes ou de la pierre, j’apprécie les deux et on ne peut, selon moi, maîtriser totalement l’élément sans le contrôle de ces deux côtés. »

C’était certain même et elle attendait avec impatience de début d’une nouvelle année scolaire pour vérifier ses trouvailles directement en cours de botanique.

« Je ne sais pas si... Tu sais déjà tellement de choses. Ta maturité est belle, unique. Je suis fier de te connaître. Mais je me demande si me connaître t'apportera quoi que ce soit. Je ne veux pas te décevoir. Et je ne veux pas te faire de mal. »

Eileen ne comprit pas bien ce qu’il se passa, elle n’avait pas vu le coup arriver. Elle se trouva soudainement à court de mots, elle qui était prête à parler pendant des heures et des heures de l’élémentalisme avec lui. Mais après quelques instants elle secoua négativement la tête.

« Tu ne peux pas me faire de mal Jeremias, pas toi, tu es probablement la personne m’ayant été le plus bénéfique depuis des lustres. Tu es bien plus important que tu ne sembles le penser et je ne te parle pas de ton poids économique ou politique mais bien humain, tu es une belle personne et je serais bien ingrate de dire que tu ne me suffis pas ou que tu me déçois. »

Elle qui avait enfin trouvé une personne avec laquelle elle pouvait parler librement, elle ne la laisserait pas se dénigrer comme ça. Ceci dit, elle ne se considérait pas tant elle-même comme unique ou absolument spéciale et magnifique. Bien sûr elle avait tendance à être narcissique mais elle n’avait jamais poussé le vice jusqu’à se penser exceptionnelle et au-dessus de tout, même si elle aimait se dire supérieure à pas mal de gens à cause de son sang et de son statut d’héritière de grande famille.
Elle ne comprenait pas pourquoi il doutait, lui qui avait tout pour plaire, elle n’aurait jamais pu vraiment imaginer qu’il avait un tel manque de confiance en lui-même.


« Et oui, tu m’apportes des choses, crois-moi. Tu es la seule personne avec qui j’arrive à être complètement moi-même, tu m’es indispensable. »

Et pas que pour ça, elle était persuadée qu’au fil du tout elle ne cesserait de découvrir des raisons de rester à ses côtés.
Elle voulut se lever mais n’en fit rien, elle avait peur de créer des instants magiques, elle ne voulait pas qu’on les interrompe encore une fois au mauvais moment.
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Jeremias L. B. Serpens


MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Jeu 4 Sep - 16:53

Jeremias Serpens avait toujours hérité d'un modèle familial particulièrement lourd. Héritier, il devait correspondre à nombre de critères qui feraient de lui "l'homme de la famille". On l'avait entraîné au sport, à toute sorte de pratique de la magie, à une connaissance parfaite de l'histoire Magique, un savoir être dans les familles bourgeoises et aristocratiques. A la différence de son frère, qui avait fait de toutes ces règles une matrice de construction personnelle, le plus vieux des trois frères se trouvait en total rejet. Gamin, on lui avait enseigné tout ça. Et il avait tout absorbé. Il ne pouvait plus ne pas courir au moins une heure par jour, ses bonnes manières de fils aristocrate ressortaient toujours. Sa haine du Sang-moldu faisait de lui quelqu'un de très condescendant avec quiconque en possédant une seule goûte. Mais il avait construit une relation antinomique avec ce qu'il avait appris. Lorsqu'il était obligé de faire ce que son nom l'obligeait à faire, il se coupait complètement. Il ne vivait plus, était un être à part, coupé des réalités qui l'entouraient. Puis il se retrouvait soudainement seul avec lui-même. Mis à côté du monde réel, il était dans un état second quand il fallait renouer avec lui. De fait, on commençait de plus en plus à s'inquiéter pour lui. Les cigarettes s'enchaînaient, il ne prenait pas un gramme alors qu'il prenait de l'âge, ne mangeait presque pas et avait le visage dur et distant. Cela n'empêchait quelques folles d'essayer d'avoir un avantage et l’éventualité d'un mariage, même si lui ne voulait pas de tout cela. Alexander lui avait fait comprendre récemment, d'ailleurs, que passer autant de nuits avec autant de filles différentes représentait un grand risque pour la famille. Peut-être avait-il des gamins qui grandissaient dans le ventre de ces conquêtes d'un soir. Jeremias l'avait mal pris, gêné qu'on se mêle de sa vie privée, encore plus de constater que son petit frère avait les mêmes propos que son père.

Dans cette dialectique du rejet, le jeune-homme arpentait le monde comme un équilibriste sur un fil de fer brûlant. Il tentait d'échapper à une condition au lieu de lui faire face, trouvant mille et uns stratagèmes pour ne pas accepter une réalité qu'il aurait pu changer s'il s'en était donné la peine. Ce n'était pas faiblesse. Non. C'était devenu plutôt une addiction aux paradis artificiels à un sens plus large que la drogue. Même si elle entrait petit à petit dans la vie de Serpens, la drogue n'était qu'un détail du monde qu'il s'était construit en parallèle. La poésie, la nage, les créatures, la cigarette, la méditation, tant de moyens d'échapper à la réalité. Et ces utopies étaient devenues si fortes qu'elle contre-balançait totalement l'éducation qu'il avait eue. Si bien qu'au final, il ne s'équilibrait plus. Il n'avait plus de moments d'entre-deux, d'instants entre les obligations du moule et ceux en dehors total des limites du réel. Il vacillait sans cesse entre le non-être et le trop-être, ne trouvant à aucun moment l'être.

La solution se trouvait à-côté de lui.
Et la question qu'il venait de lui poser, cette prise soudaine de conscience qu'il n'était pas un être parfait voire dangereux à certains moments montrait clairement qu'il cherchait une forme d'équilibre. Il ne s'en rendait pas compte, encore, et ne donnait pas de mots à ce qu'il ressentait. Mais Eileen était en train d'opérer ce que jamais personne n'avait fait en lui, de manière à faire de ce jeune-homme un être accompli et équilibré.
Personne n'avait cru en ce qu'il était capable de faire outre ce qu'on lui avait imposé. On croyait à l'héritier Serpens, futur père de famille, grand dirigeant de cette vaste entreprise économique, familiale, culturelle et magique qu'étaient les Serpens. Mais pas un seul n'avait pensé à Jeremias, l'homme en devenir, l'homme qui se construit. Aussi, il n'avait pas véritablement un jour cru en lui. Ce qu'il faisait pour oublier son nom était un médicament qui marchait la plupart du temps, donc il y croyait. Les choses ne venaient en fonction de sa confiance en lui, mais il avait confiance en ces choses avec le temps. Il s'y habituait. Quant à croire en lui... Il n'en était pas capable.
Aussi, d'une part, il sentait qu'elle croyait en lui. Il le voyait, et il était touché qu'une si belle personne s'intéresse à lui. Il voulait la respecter, car lui, croyait en elle. Et il comprenait petit à petit que si Eileen Anderson croyait en lui, il ne pouvait que la respecter en croyant en elle, et in fine, en croyant également en lui.

Il ne trouva cependant pas à ajouter à ce qu'elle lui avait dit. Ses phrases montraient qu'elle avait confiance. Lui n'était pas rassuré, sachant très bien qu'il était une personnes aux côtés très noirs et très dangereux. Mais il faisait également petit à petit confiance en son jugement, et préférait laisser le temps et les choses se faire. Si quelque chose n'allait pas, ils se le diraient.
Il lui fit un sourire suffisamment doux pour lui laisser comprendre le fond de sa pensée. Il ne voulait pas perdre de vue la peur de lui faire du mal. C'était une barrière qu'il se donnerait le temps d'aller mieux, le temps de trouver un équilibre. Mais il ne savait sans-doute pas encore que faire du mal à une personne que l'on aime, et qui aime, ne dépend pas que des actions maîtrisées. Eileen souffrirait pour lui, en découvrant notamment à quel point il avait pu être malheureux. Malgré toute sa volonté de ne pas faire de mal, il ne pourrait l'empêcher. La seule chose à faire serait alors de faire en sorte que le malheur disparaisse petit à petit, que la cohérence arrive. Mais cela demanderait du temps.

Il savait dores et déjà qu'il souffrirait pour elle. Mais il avait besoin de cela pour l'aimer entièrement. Leur vie, à tous les deux, n'avait rien de rose ni de joyeux. Elle avait eu à faire à des souffrances que Jeremias ressentirait également. Cependant, il n'était pas la quête de la douleur. Il n'aimait pas Eileen, ou du moins, ne se sentait pas aussi lié à elle par une envie sadique et masochiste de se faire du mal. Il n'était pas à la quête de l'amour de la violence. Ce lien entre les deux existait. Leurs entièretés ne sauraient alors jouer à cache-cache . Seulement, une chose différait des relations négatives et destructrices. Ils s'aideraient. A leur rythme, à leur niveau, avec le temps, de manière respectueuse et toujours aimante. Dans leur intuition, le temps venant, avec leur connaissance de l'autre, ils grandiraient et s'épauleraient afin de se construire encore plus. C'était sûrement ça, la recette de l'Amour parfait.

« La Terre? Et comment as-tu su? Je veux dire, qu'est-ce que tu ressens, qu'as-tu ressenti? Si tu t'es entraînée seule, grâce aux conseils de ton cousin, qui était-il, d'ailleurs? tu as sûrement du vivre une expérience exceptionnelle en découvrant ton élément. On se sent toujours plus lié à quelque chose. On s'incarne quelque part, en quelque chose. Et ce quelque chose nous accueille toujours quand on a besoin de lui. Forme de havre de paix, ou d'outre-monde personnel qui ne connait que nous, et que nous connaissons mieux que tous. Je n'ai pas pu développer toutes les formes de mon élément, mais je sais que l'Eau m'apportera toujours ce quelque chose qui manque souvent dans le quotidien. »

Il regardait les notes qu'elle avait prises.

Son écriture était belle et avait un petit quelque chose d'unique. C'était sa possession. Non pas que personne n'en avait d'uniques, mais simplement qu'il ne connaissait qu'elle. Il s'imprégnait du monde d'Eileen comme on s’imprègne d'un artiste et de ses oeuvres. Il ne voulait connaître qu'elle dans ses moindres détails, tout en se laissant sans-cesse une marge de curiosité et de surprise. Il aimait à découvrir perpétuellement, s'émouvoir de nouvelles choses. Il ne savait alors pas encore que l'amour a toujours eu ce secret entre deux amants.
Il voulait passer sa vie avec elle pour ne faire que découvrir de nouvelles choses. A chaque fois qu'il le verrait, ou qu'il apercevrait une trace d'elle dans ce large monde, il s'éblouirait en prenant conscience qu'il n'avait jamais vu ça avant, tout en sachant que c'était une part d'Eileen.

"Tant qu'on est seul on ne peut être soi. Les nigauds de moralistes disent qu'aimer c'est s'oublier ; vue trop simple ; plus on sort de soi­-même et plus on est soi-­même ; mieux aussi on se sent vivre. Ne laisse pas pourrir ton bois dans ta cave." Alain

Quand ses côtes lui lancèrent, il se rappela qu'il avait été blessé. Il avait complètement oublié pour quelle raison il s'était trouvé là, comme s'il n'y avait rien de plus naturel que venir voir Eileen un jour d'été. Il quitta sa position accroupie pour se mettre en tailleurs, la pression de ses muscles lui faisant trop mal.

La bibliothèque était plongée dans le plus grand des calmes. Comme si elle se trouvait en dehors du château, en dehors de toutes les menaces extérieures et familiales. Ici, ils étaient bien plus protégés qu'auparavant. Et au vu de la grandeur du lieu, si quelqu'un les cherchait, il aurait forcément l'intuition de crier leur nom avant de les chercher. Entourés de livres, ils avaient construit leurs remparts et leurs protections de la meilleure manière possible. Dans ce petit cocon, entouré de recherches magiques et d'élémentalisme, leur amour pouvait vivre.

« Je ne sais pas ce que tu trouveras à Poudlard, mais peut-être que tu pourras apporter. Plusieurs cours pourront te permettre de travailler ton élément. La botanique, les cours de Défense, les cours de Sortilèges. Je connais quelques uns de tes futurs professeurs, et je sais que ce qu'ils attendent n'est pas obligatoirement que vous soyez bons pour vous mettre de bonnes notes. Ils attendent que vous vous accomplissiez. A chacun sa manière. Le bon et le pas bon n'entrent plus en compte. C'est toi, et seulement toi. Cette phrase résonnait dans son esprit et dans son âme comme une maxime qu'il ne pouvait et devait pas oublier. Elle et seulement elle. Et si Toi, c'est ton élément, alors tu trouveras l'occasion de le travailler. Crois en toi. Tu le mérites, et tu as de quoi. »

C'était peu dire qu'elle avait de quoi croire en elle. Elle était une personne rare, et bien plus intelligente que ce que le masque qu'elle s'était modelé voulait bien laissait entendre.

Et il ne cessait d'avoir envie de l'embrasser. Encore et encore. Comme pour mieux arriver à percevoir qui elle était.
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MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Sam 13 Sep - 3:58

Ce que c’était bon d’être là, avec lui. Lui et personne d’autre, Eileen avait la certitude qu’elle n’avait besoin de personne d’autre, pas tant qu’elle était dans sa bulle, dans cette bibliothèque. Sa bulle, elle l’avait agrandie, elle l’avait étirée sans pour autant la forcer et y avait inclut Jeremias, elle l’avait même fait avec plaisir. Et si elle prenait toujours plaisir à discuter élémentalisme ou magie en général avec n’importe qui (même Mary Kane, c’était dire), elle appréciait encore plus le fait qu’elle puisse le faire si naturellement et qu’elle ne soit pas obligée de choisir un sujet plus banal et moins enrichissant pour échanger avec Jeremias.

« La Terre? Et comment as-tu su? Je veux dire, qu'est-ce que tu ressens, qu'as-tu ressenti? Si tu t'es entraînée seule, grâce aux conseils de ton cousin, tu as sûrement du vivre une expérience exceptionnelle en découvrant ton élément. On se sent toujours plus lié à quelque chose. On s'incarne quelque part, en quelque chose. Et ce quelque chose nous accueille toujours quand on a besoin de lui. Forme de havre de paix, ou d'outre-monde personnel qui ne connait que nous, et que nous connaissons mieux que tous. Je n'ai pas pu développer toutes les formes de mon élément, mais je sais que l'Eau m'apportera toujours ce quelque chose qui manque souvent dans le quotidien. »

Hmm. Elle ne pensait jamais vraiment à ce qui faisait qu’elle se sentait bien dans son élément, peut-être était-il temps de le faire.

« J’ai longuement hésité avec la glace en réalité en réalité. Mais, je crois bien que j’ai fini par ressentir un lien avec les plantes avec la Terre elle-même. »

Elle croyait, rien n’était plus sûr lorsqu’elle parlait de ce qu’elle pouvait ressentir, tout devenait bien flou.

« Je sais surtout que je me suis depuis peu remise à la botanique et que j’aimerais bien développer une serre ici. En attendant j’ai toujours bien aimé me retrouver au milieu des plantes, m’occuper d’elles, j’imagine que ça forme mon havre de paix personnel. Même si pendant toutes ces vacances il s’est plutôt situé dans cette bibliothèque. »

Avoir une serre où elle pourrait passer tout son temps libre à s’occuper des plantes magiques serait quelque chose de magistral, il lui restait encore à négocier quelques détails avec sa mère mais logiquement la mise en place devrait se faire bientôt, probablement aux prochaines vacances. En attendant il lui restait les longues balades dans le bois alentour, rien de mieux que la quiétude et le calme de la nature, bien plus relaxant que celui du château qui lui finissait toujours par l’oppresser, comme si ce n’était pas sa fonction d’être aussi vide.

Eileen apprécia, les yeux fermés, le calme régnant dans la pièce, pas oppressant pour une fois, parce qu’elle n’était pas seule, mieux, elle était en très bonne compagnie.


« Je ne sais pas ce que tu trouveras à Poudlard, mais peut-être que tu pourras apporter. Plusieurs cours pourront te permettre de travailler ton élément. La botanique, les cours de Défense, les cours de Sortilèges. Je connais quelques-uns de tes futurs professeurs, et je sais que ce qu'ils attendent n'est pas obligatoirement que vous soyez bons pour vous mettre de bonnes notes. Ils attendent que vous vous accomplissiez. À chacun sa manière. Le bon et le pas bon n'entrent plus en compte. C'est toi, et seulement toi. Et si Toi, c'est ton élément, alors tu trouveras l'occasion de le travailler. Crois en toi. Tu le mérites, et tu as de quoi. »

Bouche bée, complètement bouche bée. Elle ne savait pas quoi trop renchérir, sauf un ‘merci’ qui sonnerait probablement désuet ou stupide. On lui disait plutôt généralement d’arrêter de pousser le narcissisme, mais jamais de croire en elle. Ses problèmes de confiance n’étaient pas les plus graves du siècle mais elle avait ses périodes noires, comme chaque personne, et si au fond elle se savait et se considérait supérieure, elle savait aussi qu’elle était loin d’être la meilleure et parfois ne se considérait même pas assez capable pour accomplir ses objectifs.
Elle se contenta de regarder Jeremias et de lui offrir un sourire d’infinie gratitude, elle ne pourrait jamais assez le remercier d’avoir été là, pile au bon moment. Tout ce qu’elle souhaitait était qu’il reste avec elle le plus longtemps possible, elle le remercierait en restant elle aussi toujours fidèle au poste, là pour lui quoi qu’il puisse arriver, elle s’en faisait la promesse, elle le récupérerait, toujours. Il était trop important pour elle pour qu’elle décide de le lâcher comme ça du jour au lendemain.

Ils restèrent à s’observer comme ça en chien de faïence pendant un moment avant qu’Eileen ne décide de rompre totalement la distance séparant leurs deux corps en allant l’enlacer. C’était juste un câlin comme ça, rien de bien méchant, mais elle aimait bien. Elle ne resta pas très longtemps dans cette position mais se recula, ravie.
Plusieurs minutes passèrent, après lesquelles une voix retentit à l’entrée de la bibliothèque, une voix connue venue pour casser de nouveau leur bulle.
Sortant des rayons, Eileen rejoint l’allée principale pour trouver sa mère debout, droite, patientant pour que quelqu’un se montre. S’en suivit une conversation en français.


« J’ai cru que je ne vous trouverais jamais, allez viens Eileen c’est l’heure de manger, si Monsieur Serpens pouvait aussi se joindre à nous ce serait parfait, l’elfe a prévu à manger pour quatre, tous les autres sont repartis. »

Sourire. Elle avait elle aussi adopté de nouveau son attitude droite et digne.

« Bien. On arrive, Monsieur Serpens dinera bien avec nous ce soir. Il me faut juste le trouver. »

Ce qu’elle aimait parler français avec sa mère. Dès qu’elles le pouvaient et que le père n’était pas dans les parages elles communiquaient avec cette langue mais le reste du temps elles veillaient bien trop à ne pas déclencher la colère du patriarche pour parler français, elles savaient très bien qu’il détestait ça. Eileen tourna les talons et partit retrouver Jeremias.
Elle ne savait pas s’il avait entendu la conversation. Dans le doute elle assura ses arrières et ceux de sa mère.


« Tu pourras éviter de mentionner le fait que ma mère et moi avons échangé en français ? Mon père n’apprécie pas cette langue, encore moins sous son toit. Ceci dit, le dîner est servi et nous ne serons que quatre ce soir, tous les autres sont repartis. »

Ce n’était pas pour lui déplaire d’ailleurs, elle ne les connaissait pas et n’avait pas particulièrement envie de le faire, un dîner avec ses parents se révèlerait déjà assez fatiguant comme ça.
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MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Sam 13 Sep - 10:34

La relation que Jeremias avait eu avec les femmes se résumait à la catastrophe humaine. Sa mère n'avait jamais été proche de lui, jugeant que si une femme le berçait trop il ne serait qu'un faiblard mâle ; sa soeur l'avait trahi, et les autres femmes ne le connaissaient pas. De coutume, elles étaient toujours supérieures, ou inférieures à lui, jamais dans une relation égalitaire. Ces dernières années, si elle l'entourait, cela n'avait qu'une fin économique et familiale. Elles couchaient avec lui, puis espéraient recoucher un nouveau soir, puis un enfant, le mariage et l'affaire était conclue. Jeremias fuyait ce spectre comme d'autres fuient la guerre. Il en avait terriblement peur, si bien que ses récentes relations d'un soir lui avaient donné de plus en plus de dégoût. Nombre de jeunes prépubères rêvaient sûrement d'avoir la même vie sexuelle que lui, mais lui, il en était honteux. Il se rendait de plus en plus compte des fins véritables de celles qui cherchaient à le séduire. Et par dessus tout, il prenait conscience de sa propre quête de destruction. Personne ne le forçait à faire ce qu'il faisait. Il fallait être deux, en somme. C'était comme s'il avait toujours cherché à se détruire, à faire ce qui le révulsait désormais le plus. Sans cesse étriqué par ce que son éducation avait de lui et par ce qu'il était au plus profond, il allait et venait dans les dangers les plus totaux, faisant de lui une personne pas véritablement estimable au vu de ce qu'elle se faisait subir. Il ne s'écoutait pas, ne s'entendait pas, ne faisait pas attention à ce que son être était. Il se laissait aller par facilité, tombant dans son lit avec une femme qu'il ne connaissait pas, et qui ne le connaissait pas non, et dont les chances pour qu'elle veuille de lui un enfant et un mariage étaient sûrement bien plus présentes que l'effet inverse.

Rencontrer Eileen Anderson était un beau coup de poing dans le ventre de ce jeune homme qui s'était un peu trop laissé aller à ses facilités. Elle avait plus de dix ans de moins que lui, était belle, jeune, intelligente. En somme, elle avait tout pour être son égale. Et réciproquement. Pour le première fois, il voyait une femme être son égale, être comme lui. Elle ne le dominait pas, il ne la dominait pas. Il ne cherchait pas à vivre une aventure d'un soir, elle ne voulait pas coucher avec lui pour ensuite lui imposer mariage, enfants et richesse familiale. Cela paraissait évident, au vu des deux personnalités qui venaient de se rencontrer, mais ça l'était bien moins quand on regardait de quoi était composée la société.
Cette société, du moins celle dans laquelle Eileen et Jeremias trempaient depuis leur enfance, avait tout de comportements débiles, sexistes et stéréotypés. Femme au foyer, enfants, lignée, famille, dîners mondains, autant de débilités qui donnaient envie de vomir à Serpens. Tout n'était fait que pour la forme, pour respecter des traditions désuètes. Au final, la nécessité de faire perdurer le Sang-Pur et la Sorcellerie, de manière idéologique et belle, était complètement engloutie par le comportement infâme de quelques débiles qui voulaient à tout prix marier leurs filles à de grands, forts et intelligents jeunes-hommes pour que la Magie perdure, et surtout pour éviter de tomber dans la pauvreté. Les intentions n'étaient finalement plus les mêmes, si bien que Jeremias arrivait parfois à se demander qui des Sang-Purs ou des Sang-Mêlés étaient les plus Puristes. Il respectait beaucoup son nom, beaucoup la Sorcellerie, mais voulait que son Sang de Serpens soit éternel par l'amour, la vérité et l'honnêteté.

Il l'écouta parler.
Sa voix l'apaisait toujours un peu plus. La douleur causée par les blessures s'oubliait, et le flux mélodieux des mots d'Eileen apparaissaient comme le meilleur et le plus doux des médicaments.
Elle s'expliquait, parlait de son univers. Son visage prenait des formes, des expressions ; expressions qu'il notait, analysait et retenait. Son regard changeait en fonction de ce qui lui passait par l'esprit, et par le coeur.
Puis elle vint se serrer contre lui. Second contact. C'était différent, mais non moins bien qu'un baiser. Il sentait tout son corps contre lui. Il pouvait mieux la protéger, la respecter, l'entendre, la comprendre. C'était tout un être qui se pressait contre lui, et son coeur battait de plus en plus vite à se dire qu'une telle personne pouvait exister. Ce moment exceptionnel, il aurait voulu qu'il dure à tout jamais. Mais il se rendait également compte que tout ce qu'il faisait avec elle le liait à Eileen. Leurs discussion, ce câlin, le baiser échangé tout à l'heure, leurs regards, tout n'était qu'une forme de lien qui se manifestait à chaque fois sous une forme différente. Il était heureux de l'avoir, de la connaître, de sentir sa chaleur contre lui. Elle vivait, et il était fier qu'elle soit de ce monde. Elle n'avait sans-doute pas conscience d'à quel point elle était une personne hors du commun. Une belle personne, qui même si elle ne faisait pas sa vie avec lui, avait tout pour être heureuse et respectée.

Le moment dura une fois de plus que trop peu de temps. Une voix les dérangea, elle se leva et elle quitta rapidement la rangée. Il l'observer marcher, eut un sourire, non malsain, mais bel et bien amoureux d'un homme qui voit vivre la personne qu'il aime.
Puis elle disparut complètement. Il n'entendit que très lointainement une conversation qu'il ne comprit pas totalement. Puis elle revint. Il était toujours assis en tailleur, au sol, à regarder quelques prises de note de la jeune femme.

« Tu pourras éviter de mentionner le fait que ma mère et moi avons échangé en français ? Mon père n’apprécie pas cette langue, encore moins sous son toit. Ceci dit, le dîner est servi et nous ne serons que quatre ce soir, tous les autres sont repartis.
Ah. Il détestait les dîners, et par dessus tout, haïssait d'avance un moment où il serait obligé de se couper et de prendre ses distances pour éviter de paraître impoli et socialement difforme. Bon, eh bien, allons-y. »

Il se leva, quelque peu difficilement, et la suivit.
Bêtement, il avait pensé qu'il aurait eu toute sa soirée, peut-être même toute sa nuit, à parler avec elle, à la regarder vivre, à la voir être belle et elle-même. Cela ne faisait qu'annoncer de beaux et intéressants moments qui les attendaient. Mais non. Il fallait encore une fois répondre aux attentes sociales. Si Eilenn n'avait pas été là, chose qui désormais devenait impossible pour lui, il ne serait jamais resté. Il le faisait sûrement par un profond respect pour elle, et sans le savoir totalement, pour la protéger. Il voulait être avec elle, tout simplement.

Ce qu'elle laissa entendre sur son père n'arrangeait rien au portrait que Jeremias avait déjà des Anderson. Il ne jugeait les gens qu'après les avoir connus, mais au vu du peu d'intention que les parents d'Eileen portaient à leur fille, il y avait de quoi mépriser sinon prendre ses distance avec eux. N'importe quel idiot aurait vu le regard qu'avait Eileen lorsque ses yeux étaient plongés dans ceux de Serpens. Amfred lui-même semblait avoir repéré quelque chose, et il n'était pas un grand connaisseur de relations humaines.
De sa marche nonchalante et droite, il marchait aux côtés d'Eileen fermant un peu plus son visage. Le jeune-homme sombre et distant reprenait de plus en plus de place. Il ne voulait pas qu'ils l'attaquent, et ne désirait encore moins que quiconque fasse du mal à Eileen. Pour ça, il s'était ainsi décidé à construire une armure encore plus épaisse et forte. Il devait également la protéger.
Du haut des escaliers, il vit quelques personne s'agiter en direction de la salle à manger. Profitant d'un moment calme, mais rapide, il embrassa le plus intensément possible celle qu'il commençait à considérer comme sa petite amie. Un dernier signe de vie avant de se fondre dans le décor et d'observer le tout avec une distance froide et noire. « Je t'aime » lâcha-t-il avant de descendre les escaliers.

Il était un homme, chef de la famille Serpens, famille qui dirigeait toutes les autres familles d'Ecosse, et il était l'invité. Il devait donc se trouver devant, à entrer en premier dans la salle à manger. Il détestait ce rituel maintenant qu'Eileen était avec lui. Il la voulait à côté de lui. Mais elle n'avait pas le droit. Il se retourna une dernière fois avant de pénétrer dans cet enfer social, l'observa quelques secondes et ressentit un profond soulagement en se disant qu'au moins, elle serait avec lui.

« Monsieur Serpens ! La mère parlait. Excusez-nous pour le peu de cérémonie, mais nous nous sommes dits que votre fatigue et vos blessures ne vous permettrez pas de partager avec un nous un apéritif. Nous passons directement à table, si cela ne vous dérange pas.
Je vous remercie.
Eileen ! Ne reste pas plantée là. Accompagne Monsieur Serpens à sa chaise, là, à droite.
Jeremias lança le genre de regard qu'il réservait habituellement aux imbéciles bourbistes au père d'Eileen. Je saurai y aller tout seul, Monsieur Anderson. »

Le père ne comprit pas l'attaque de Jeremias, trop occupé sans-doute à avoir honte d'une fille qu'il ne méritait pourtant pas, tant Eileen contrastait de beauté et d'intelligence humaine.

Quand ils furent tous les quatre installés, Jeremias eut la chance de se retrouver face à Eileen, tandis que les deux parents étaient en bout de table. Il l'observa alors que le père goûtait le vin, comme il était de coutume et d'honneur, et que la mère donnait quelques instructions à un elfe particulièrement drôle. Il avait plongé son regard dans celui de la jeune femme, sans-doute par envie de s'unir à elle pendant ce moment, mais également pour y voir de plus en plus de beauté.

« Monsieur Serpens, Jeremias tourna la tête vers le père, vous désirez du vin? Le jeune-homme fit un signe de tête. L'elfe servit, et le père continua. J'ai appris pour votre jeune frère. C'est terrible ce qui lui est arrivé. Ont-ils trouvé l'assassin? En matière d'ouverture, il était plus que fortiche.
Tom Jugson est mort de la main du Seigneur des Ténèbres. Justice est faite. Du moins, en partie.
Oui.
C'est terrible, car il était destiné à votre cousine, avais-je lu dans la Gazette du Sorcier? renchérit Madame Anderson.
C'est ce dont je me souviens, oui. La voix tranquille du jeune-homme était de plus en plus distante.
Qu'a fait la pauvre femme, alors? demanda-t-elle.
Elle doit vous être destinée, désormais, Jeremias, non? Le père, à nouveau.
Non. Je ne suis destiné à personne. Du moins, à personne mis-à-part Eileen Anderson. »

Il but une gorgée de vin et en profita pour regarder à nouveau Eileen.

Ils avaient mis peu de temps pour parler de mariage. Au moins, il n'y avait pas eu d'hypocrisie. Ils n'avaient pas laissé le temps couler alors qu'ils crevaient d'envie tous deux d'entretenir Serpens sur un sujet bateau, dans des conditions sociales pré-établies, dont les conversations ressemblaient à des dialogues théâtraux écrits par avance.
Comédie ou tragédie?
Jeremias eut un sourire discret en se posant la question.

Il n'avait pas faim. Aucune envie de manger. Juste prendre l'air, ou aller s'isoler avec elle. Il avait terriblement envie de fumer, sûrement parce qu'il se sentait attaqué de toute part et qu'il lui fallait au plus vite un échappatoire.
C'était si terrible pour lui se dire qu'il était contraint de passer du temps avec des gens qui ne connaissaient pas Eileen en prétendant le contraire. Et cette incompréhension n'avait apporté que de la douleur à cette jeune femme qu'il aimait. Il voulait qu'elle vive, et qu'elle parte d'ici au plus vite.
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MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Mar 16 Sep - 2:34

Est-ce qu’Eileen avait envie d’aller là-bas ? Non, définitivement pas. Avait-elle le choix ? Non plus. Elle aurait bien sauté ce repas pour profiter un peu plus du temps qui lui était imparti avec Jeremias mais elle ne le pouvait pas, elle devait se plier aux règles de la maison et jusqu’aux dernière nouvelles ce n’était pas elle qui les fixait, ça changerait lorsqu’elle habiterait mais pour le moment elle devrait s’en contenter, enfin c’était ce que son père ne cessait de lui répéter sans arrêt, devançant toutes les envies de plaintes de la jeune-fille. Même si elle ne cèderait jamais à ces dernières, toujours trop digne pour ça.

Enfin elle se leva, juste après Jeremias, il avança dans la maison comme s’il la connaissait. En tout cas il connaissait ce chemin, puisqu’il l’avait pris à l’aller avec Eileen lorsqu’ils s’étaient enfuis du salon. Son père aurait pu dire qu’elle se montrait impolie à s’enfuir de cette sorte en plein milieu d’une réunion mais pour une fois elle avait une bonne raison, même si, ceci dit, elle n’aurait pas cherché à fuir s’il n’avait pas été là, elle s’accommodait plutôt bien de ce genre de rencontres habituellement. Mais aujourd’hui elle ne voulait pas, elle ne voulait plus, elle savait encore comment se tenir en société bien sûr et n’était pas prête à tomber le masque pour tout le monde mais avec Jeremias elle ne voulait pas de faux-semblants, ils ne lui serviraient à rien, rien n’était plus beau que la vérité de leur relation, cette vérité qu’ils se confessaient l’un à l’autre à chaque parole. Elle devait abandonner cette vérité pour un repas et ça la tuait, simplement.
Elle s’arrêta quand il s’arrêta, elle ne pouvait pas entrer en première, c’était ainsi.

Encore une fois, elle n’était pas préparée mentalement à ce qu’elle recevait, et encore une fois elle n’était pas en position pour en profiter, elle reçut simplement le baiser, son cerveau tournant un peu inutilement à se demander ce qu’il se passait. Trop de questions. Le temps qu’elle réalise il était déjà parti. Et ses paroles d’amour envolées. Bien sûr elle les avait entendues, elles étaient précieuses.


« Je t’aime. »

Non vraiment c’était beau rien à dire, très romantique le baiser « volé » avant de rejoindre le monde réel, vraiment. Tout semblait si parfait depuis qu’elle était avec lui qu’elle se demandait même si elle n’était pas en train de rêver, ça aurait expliqué beaucoup de choses, mais elle ne se réveillait pas, elle continuait à avancer dans ce monde qui paraissait très réel alors dans le doute … autant la jouer comme s’il l’était vraiment, histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises.

Coupée.


« Monsieur Serpens ! Excusez-nous pour le peu de cérémonie, mais nous nous sommes dits que votre fatigue et vos blessures ne vous permettrez pas de partager avec un nous un apéritif. Nous passons directement à table, si cela ne vous dérange pas.
Je vous remercie. »

Eileen était entrée et observait silencieusement la pièce de théâtre en train de se jouer devant elle. Elle aussi portait son masque, et pour cause elle devait les rejoindre sur scène mais trac ou appelez ça comme vous voulez, elle fut clouée sur place, sans aucune envie de bouger. Enfin jusqu’à ce qu’on la pousse, qu’on la tire même pour qu’elle prenne sa place, qu’elle tienne ce rôle si longtemps travaillé.

« Eileen ! Ne reste pas plantée là. Accompagne Monsieur Serpens à sa chaise, là, à droite. »

Elle se réveilla donc, se mis en marche et commença à s’avancer vers Jeremias, elle s’affolait tellement intérieurement qu’elle ne vit pas le regard qu’il lança au père Anderson.

« Je saurai y aller tout seul, Monsieur Anderson. »

Oh. Bien. Eileen s’arrêta donc. Mais elle avait une jambe sur scène maintenant, elle ne pouvait plus reculer, le public l’avait vu. Alors elle entra, et pris son rôle, le même que d’habitude, elle commençait vraiment à le maîtriser, rien de plus simple ceci dit, elle se demandait si un jour elle pourrait passer au premier rôle et arrêter la figuration. Peut-être. En attendant elle devait se contenter de ce qu’elle avait. Elle n’était que figurante dans sa propre vie.
Mais elle s’installa à sa place, la même que d’habitude sauf qu’aujourd’hui, en face d’elle il y avait Jeremias. Le rôle était un peu modifié, changement de dernière minute sur le script et on n’avait pas eu le temps de la prévenir. Pas très grave puisqu’elle n’était que figurante, elle n’aurait qu’à improviser. Tout ce qu’elle ne savait pas faire.
À défaut d’improviser elle pouvait toujours écouter.


« Monsieur Serpens, vous désirez du vin? J'ai appris pour votre jeune frère. C'est terrible ce qui lui est arrivé. Ont-ils trouvé l'assassin ?
Tom Jugson est mort de la main du Seigneur des Ténèbres. Justice est faite.
Oui.
C'est terrible, car il était destiné à votre cousine, avais-je lu dans la Gazette du Sorcier?
C'est ce dont je me souviens, oui.
Qu'a fait la pauvre femme, alors ?
Elle doit vous être destinée, désormais, Jeremias, non?
Non. Je ne suis destiné à personne. »

Bla, bla, bla, mort, bla, bla, bla, ragots, bla, bla bla, mariage. Oui. Parfaitement madame. Elle ne minimisait pas la mort de Maleficus, loin d’elle cette idée mais ça devait être pénible pour Jeremias d’en entendre tout le temps parler, où qu’il aille, d’être obligé de recevoir tous ces bons sentiments et condoléances. En avait-il seulement envie ? Lui avait-on demandé son avis ? Non, bien sûr que non. Son avis importait peu. C’est la coutume, la société, les règles alors tu fais comme ça et tu te la fermes. Voilà ce que c’était. Voilà ce qui était terrible. Elle voulut hurler quand son père demanda à Jeremias s’il était destiné à quelqu’un. Elle ne voulait pas qu’on le marie virtuellement devant elle, c’était glauque. Elle voulut dire qu’elle resterait là, à ses côtés bien assez longtemps pour que personne ne puisse lui mettre le grappin dessus. Elle ne voulait même pas d’un mariage, enfin pas dans l’immédiat. Bien sûr qu’elle rêvait de se marier, toute de blanc vêtue, comme une princesse, qui n’avait pas fait ce rêve à son âge. Mais elle en rêvait pour plus tard, dans le futur, loin dans le futur de préférence. Et même si elle concevait parfaitement bien le rôle qu’elle avait à jouer dans la préservation du sang pur elle osait espérer qu’il y aurait plus que ça, qu’on ne l’épouserait pas que pour son sang et sa faculté à fournir un hériter en bonne santé. Un peu romantique peut-être. Ça lui passerait probablement, un mal de l’âge, comme bien d’autres. Mais elle avait l’impression avec Jeremias que si un jour ils en venaient là ils ne le feraient pas pour une hypothétique descendance mais bien pour eux et là était toute la différence.

La petite blonde se laissa servir un verre d’eau par l’elfe et en bu une gorgée. Elle ne savait pas exactement si elle pouvait ou non parler alors elle préférait se taire et regarder. Elle ne se sentait toujours pas d’attaquer pour l’improvisation. Il fallait croire que ça n’était pas pour elle.
Puis l’entrée arriva. Eileen n’en prenait pas d’habitude mais elle savait que si elle se risquait à le faire aujourd’hui elle aurait le droit au regard noir et aux représailles. Non merci.
On ne lui parlait pas non plus, elle n’était pas l’invitée, elle n’était pas importante, encore moins que d’habitude. Elle n’était même plus momentanément absente, elle n’avait jamais existé.
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MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Mar 16 Sep - 9:42

Que pouvait-il faire?
Jeremias voyait petit à petit Eileen se fermer complètement, sans que personne ne lui demande ce qu'elle avait fait de sa journée. Il se rappelait des dîners familiaux, où chaque soir, chaque personne parlait de sa journée. On parlait de ce qu'on en pensait, il arrivait qu'on débatte ou que l'on dérive, auquel cas tout n'était peut-être pas dit. Mais les parents connaissaient un minimum leurs trois fils. Ils en étaient assez fiers, même. Quand Jeremias mangeait avec Alexander, désormais, il se sentait obligé de lui parler de ce qu'il avait fait et d'écouter ce que lui-même faisait. Cela faisait partie des clichés familiaux lourds à porter, mais qui au final, assurait au moins une bonne communication.
Les Anderson s'en contre-fichaient. Et Jeremias n'avait rien de quelqu'un de bavard auprès de famille qu'il ne connaissait pas ou peu, et aimait à observer leurs habitudes. Etait-ce alors le silence et l'indifférence? Tandis que le père et la mère mangeaient, Jeremias regardait Eileen. Si elle le voyait, elle saurait qu'il était là, qu'il la voyait et qu'il l'aimait. Si elle ne le voyait pas... il gardait tout de même un oeil sur elle et ce qu'elle pouvait laisser voir. Il n'aimait pas ce visage fermé, pas plus que les raisons pour lesquelles il était coupé du monde.

A ce moment précis, il comprit qu'elle n'existait pas pour le père sur-puissant, et que la mère n'avait pas le courage de faire exister sa fille face à l'hégémonie du père. Elle se taisait, faisant ainsi plus de dégâts que de bienfaits. Il se rendit également compte que seize années d'indifférence et de silence ne pourraient pas être réparées, et qu'un soir ne suffirait pas à ce que le père change. Et d'ailleurs, cela ne servirait strictement à rien de tenter de le faire. Non. Ce que Jeremias voulait désormais faire, c'était donner la possibilité à Eileen d'exister avant tout pour elle-même et pour personne d'autre. Ce père ne ferait jamais rien pour elle. Il ne comprenait pas que face à l'absence d'un potentiel fils et héritier, il avait devant lui une fille qui en valait bien plus. Il ne la comprenait pas, ne connaissait ni son intelligence, ni sa valeur, et Serpens ne s'imaginait pas probable qu'il puisse un jour les comprendre. La cause, celle-ci était perdue.
Celle pour laquelle il voulait se battre, c'était la cause principale. Eileen. Il voulait qu'elle se construise, qu'elle vive des moments qui la formeraient à jamais. Des moments qui pourraient s'annoncer parfois difficiles, où lui-même aurait peut-être à pâtir de moments négatifs. Mais qu'importait. Tout ne se fait jamais en un jour. Elle avait toute la vie devant elle, elle qui en connaissait bien plus sur la vie qu'un tas de personnes plus âgées que Jeremias. Il n'avait qu'une envie: la faire sortir de table, la faire sortir de ce lieu et lui en trouver un autre. Chez lui, ou n'importe où ailleurs où elle pourrait être elle-même. Mais il ne voulait rien faire sans qu'elle le voulût, sans qu'elle en eût véritablement envie. Mais il savait dores et déjà une chose ; il ne voulait plus voir ses parents, ou alors que très peu, ne supportant pas le mal qu'ils lui faisaient à elle.

Jeremias restait Jeremias.
Il y avait des situations qui le révoltaient, et cet homme restait un être qui avait fait deux campagnes militaires, dont l'une où il avait perdu une jambe. Il ne pouvait s'empêcher de faire quelque chose. Non pour paraître courageux et fort devant Eileen, non pour s'arroger d'un droit qu'il n'avait peut-être pas, mais simplement parce que l'aimer entraînait une incapacité à accepter qu'on lui fasse du mal. S'il avait pu, il aurait tué ce père, il l'aurait étranglé, battu. Violent, il l'était particulièrement dès qu'on touchait à quelque chose de trop sensible et de trop intime.
Il tourna sa brune tête vers la mère.

« Votre bibliothèque est magnifique et très intéressante. Votre fille la connait par coeur.
Elle y passe tellement de temps ! Elle eut ce rire de ménagère aristocrate, placé entre la moquerie gentille et la peur de ce qu'elle venait de dire, sans parler évidemment de la gêne qu'elle avait de se dire qu'Eileen passait plus de temps seule qu'avec eux.
Et vous ne vous êtes jamais intéressés à ce qu'elle y a trouvé? Jeremias ne voulait pas mettre Eileen dans une position difficile. Le jeu ressemblait à celui d'un équilibriste. Il souhaitait que les parents se rendent compte de ce qu'ils avaient perdu après tant d'ignorance au niveau de leur fille.
Comment ça? Le père, lui, ne parlait pas. Il observait comme un vieux fauve sa femme se dépatouiller avec tout ça.
Je dis juste que cette bibliothèque a fait d'elle une jeune Sorcière brillante. Je pense que mon petit frère, Alexander, n'a pas autant de connaissances qu'elle.
Ah? Elle semblait à la fois fière et sceptique. Comment pouvez-vous le savoir?
Il y a des choses qui se voient au premier coup d'oeil. Un aveugle le verrait, je crois. »

Et là, il considéra qu'il avait réussi son coup.
Le père avait changé de visage. Il observait Eileen, comme si Jeremias avait donné la recette magique qu'il tentait de s'appliquer pour changer la vision qu'il avait de sa fille. Et au vu de la tronche qu'il tirait, ça ne semblait pas fonctionner. Mais Serpens s'en moquait. Le fait même qu'il se pose la question quelques minutes prouvait bien la futilité de sa pensée originelle. Sa fille n'était pas idiote. Loin d'être idiote, sûrement plus intelligente que le père.
La mère se taisait. Son visage était plus doux, comme si Jeremias devenait un élément de plus qui pouvait comprendre la détresse de la pauvre dame. Tu vois, mon garçon, comment il est dur pour moi de vivre ici, devait-elle penser en le regardant. Mais non. Elle se trompait. Il la méprisait, méprisait le fait qu'elle se faisait passer pour une victime alors qu'elle n'avait qu'une chose à faire: chérir son enfant coûte que coûte.

Le repas se déroula dans une autre ambiance. L'ambiance un peu plus vraie des vraies relations de cette maison. Jeremias, et sûrement Eileen également, se sentait mieux. Même s'ils étaient moins hypocrites avec lui, et plus taciturnes, ils ne mentaient plus.
Il y eut quelques dialogues. Jeremias raconta au père la campagne d'Irlande avec un peu plus de détails, avec une nonchalance qui aurait pu paraître comme de la hauteur et de la condescendance pour ceux qui ne le connaissaient pas. Ils parlèrent de l'armée, de l'utilité des créatures magiques dans celle-ci. Puis le père aborda la question d'un certain Tryan de Saint-Clair, cousin de la famille. C'était donc lui, le cousin en question qui en avait appris à Eileen. Il savait que ce dernier contrôlait et apprenait la magie Elémentaliste, puisqu'en ayant été son Directeur de Département, il avait été amené à échanger avec lui sur différents points.
Le père semblait fier de ce jeune-homme, qui ouvrirait des voies à Eileen, qui lui ferait rencontrer des gens. Il semblait avoir tout prévu pour elle, dans une méconnaissance totale de sa personne. Il ne voulait pas qu'elle se retrouve fiancée à un autre. Quitte à ce qu'elle soit libre le plus de temps possible, il était prêt à faire croire à des fiançailles entre eux deux ne serait-ce pour que le père laisse tranquille sa fille.

Mais il ne fit rien.

Il continuait à observer Eileen, entre quelques plateaux qui passaient et repartaient. Le père commençait à parler de sujets qui n'intéressaient pas Serpens. Mais il ne s'en occupait pas, il parlait. La mère buvait ça comme du petit lait, et Eileen se coupait. Les deux amoureux entraient dans leur propre monde, retirés de celui-ci. Il trouvait un refuge dans le regard de la jeune-fille, et espérait en être un pour elle. Ils avaient à affronter une épreuve, ils étaient ensemble.
Pour certains, ce qu'ils vivaient là devait être superficiel. Pauvres gamins pourris gâtés. Mais aucune échelle de douleur existe. Certains souffrent pour des raisons qui semblent entièrement futiles aux yeux d'autres. Les souffrances ne sont jamais les mêmes. Autant Jeremias ne se souvenait pas d'avoir tant souffert lorsqu'un gobelin était reparti avec sa jambe, et lui sans, autant ce qu'il vivait ce soir semblait impossible à vivre tant c'était douloureux. Il n'était plus le seul à devoir supporter quelque chose qu'il haïssait. Autant, seul et dans le passé, il avait pu gérer et se couper. Désormais, Eileen était là et souffrir pour deux n'était pas le plus agréable.
Il voulait tout bêtement se casser, avec elle dans la main, et quitter ces gens. Retourner dans la bibliothèque, qu'elle lui montre des choses, ce qu'elle savait faire, ce qu'elle avait appris. Il voulait encore en découvrir tant, dans l'honnêteté et la confiance, et non rester dans ce jeu social qui l'épuisait à vue d'oeil.

Quand le repas toucha à sa fin, Jeremias n'était plus qu'une simple ombre derrière une table. Sans-doute serait-il déjà allé se coucher s'il n'avait pas regardé Eileen tout le long du dîner. Tout cela l'avait fatigué si bien que la douleur de la blessure revenait au double.
Il demanda discrètement un verre d'eau à l'elfe, la douleur lui faisant un peu perdre ses esprits. L'elfe lui donna, il but, tandis que la mère disait quel honneur était le sien qu'un membre de la grande famille Serpens, la belle famille Serpens qui dirigeait l'Ecosse Magique, eût été à table avec eux. Jeremias ne fit qu'un sourire discret et poli, n'attendant plus que quitter cette pièce qui l'étouffait de plus en plus.

« Vous prendrez le petit-déjeuner avec nous, demain, Monsieur Serpens?
Probablement pas. Je dois retourner très vite chez moi.
Oh... eh bien...
Votre hospitalité m'a été vraiment salvatrice. Je vous remercie. »

Le père fit un signe de tête.
Ils ne comprenaient pas qu'il remerciait avant tout et uniquement Eileen. Elle était la seule à l'avoir véritable sauvé, dans cette histoire. La seule à le sauver encore, en l'aidant du mieux qu'elle pouvait en le regardant. Et en existant.

Ils se levèrent de table. Jeremias eut un petit vertige. Il termina assez doucement son verre d'eau. La mère et le père parlaient à un elfe, de dos aux jeunes Sorciers.
Jeremias s'approcha d'Eileen et lui chuchota un enfantin « Je ne sais pas où est ma chambre, Mademoiselle Anderson ! » avant de lui faire un sourire doux. Au moins, elle était toujours là. Et lui, toujours là pour elle.
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Eileen A. Anderson


MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Ven 10 Oct - 18:19

Eileen savait que si jamais on lui avait laissé le choix plus tôt elle ne serait pas descendu manger avec ses parents, elle serait restée dans son havre de paix, avec Jeremias, là-bas au moins elle se sentait bien, comme si personne ne pouvait l’atteindre alors qu’ici elle était si vulnérable, si fragile, elle avait l’impression qu’il suffirait de l’effleurer pour la briser. Mais elle avait tort. Elle était soutenu, quelqu'un était là pour veiller sur elle cette fois et elle ne se briserait pas, pas ce soir.

On aurait presque pu dire que le repas se poursuivait tranquillement, les conversations, banales au possibles se suivaient, pas trop cependant, on n’avait jamais été bien friands de parlotte dans cette famille même si elle voyait bien que ses parents faisaient clairement des efforts pour que Jeremias se sente bien. Enfin, ils imaginaient que c’était comme cela qu’il fallait procéder pour être dans ses bonne grâces, l’assommer de paroles inutiles et fades, mais ils se trompaient, ils étaient totalement dans le faux sans même s’en rendre compte. Mais Eileen, elle, s’en rendait compte, elle leva son regard vers lui et le regarda un instant, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, enfin elle le voyait clairement, pas de méprise possible. Peu de gens auraient aimé se faire assaillir de questions comme ça, même eux n’auraient pas aimé, mais ils continuaient sur cette voie parce que c’était comme ça qu’on faisait. C’était stupide. Mais Eileen se désintéressait tellement de ces conversations que toute son attention revint très vite sur le contenu de son assiette.

Enfin. Pour un temps.


« Et vous ne vous êtes jamais intéressés à ce qu'elle y a trouvé ? »

La petite blonde eut du mal à avaler et crut un temps qu’elle allait s’étouffer. Elle releva la tête immédiatement, ne pouvant cacher sa surprise et sa peur aussi un peu. Que faisait-il ? Elle ne voulait pas être le sujet de conversation, pas tant qu’elle était à côté en tout cas. Elle avait peur qu’il n’aggrave les choses ou qu’il se mette en colère et envoie tout valser.
Pendant un instant elle voulut se lever, jeter sa serviette sur la table et aller se cacher sous sa couette. Elle serait ensuite morte de honte, pour pas grand-chose.


« Je dis juste que cette bibliothèque a fait d'elle une jeune Sorcière brillante. Je pense que mon petit frère, Alexander, n'a pas autant de connaissances qu'elle.
Ah? Comment pouvez-vous le savoir?
Il y a des choses qui se voient au premier coup d'œil. Un aveugle le verrait, je crois. »

Était-ce une insulte ? Du genre un peu déguisée. Elle hésitait, mais stoppa toute sa réflexion quand son père tourna la tête vers elle. Elle existait au moins pour une fois, même si elle se doutait bien que ce n’était pas tout à fait ce qu’elle espérait depuis toujours.
Et elle voulait que cette attention cesse, sur-le-champ. Si son père devait s’intéresser à elle, elle ne voulait pas que ce soit grâce à quelqu’un d’autre, elle ne voulait devoir cette réaction qu’à elle-même, et à personne d’autre, pas même Jeremias. Ce n’était pas à lui de régler ça, il ne savait pas, il ne savait rien. Intérieurement elle était un peu irritée, parce qu’il avait réussi en quelques minutes ce qu’elle essayait de faire depuis des années. Elle était jalouse. Parce qu’il avait l’attention du père de famille qui devait regretter d’autant plus son absence d’héritier mâle à chaque fois qu’il posait les yeux sur celui des Serpens et en plus il avait fait en sorte que pendant un moment, même très court il s’intéresse à Eileen, vraiment, pas juste pour lui dire d’aller dans sa chambre ou lui faire comprendre qu’elle était une ratée. C’était une attention silencieuse mais c’était déjà beaucoup.

La Serpentard se sentait coupable aussi, parce qu’elle savait qu’elle aurait dû être reconnaissante, pas jalouse ou haineuse mais elle n’y arrivait pas.
Heureusement la fin du repas arriva bien vite, la libérant du fardeau des faux-semblants. Enfin partiellement.

Par politesse, probablement, Jeremias se vit proposer de rester encore un peu le lendemain matin, mais il refusa, Eileen ne pouvait pas l’en blâmer, elle donnerait beaucoup pour pouvoir éviter un autre repas avec ses parents.

Elle se leva en même temps que les autres et pendant qu’elle le faisait elle ne put s’empêcher de constater que Jeremias avait un problème, elle ne savait pas trop quoi, ni même si c’était grave mais elle aurait le temps de voir plus tard, en attendant, elle ferait surtout attention de ne pas le brusquer. Elle était toujours jalouse mais esquissa un petit sourire quand il chuchota.

Elle partit, en première, sans un mot, marchant, toujours droite, imperturbable jusqu’à la chambre d’ami, celle de Jeremias pour cette nuit.


« C’est ici. »

Elle faillit ajouter un « Monsieur Serpens » mais même pour se venger elle ne le voulait pas, pas si elle pouvait faire autrement, s’il n’y avait que lui et elle.
Elle était cependant devenue hostile, sur ses gardes, son ressentiment la faisait réfléchir, peut-être un peu trop, peut-être pas de la bonne manière mais elle se sentait inférieure, presque incapable, comme si elle n’avait jamais eu en elle de quoi rendre les gens fiers d’elle.

D’une voix douce elle ajouta quelques mots, comme pour s’éloigner un peu plus vite de celui qui lui inspirait sur le moment ce mauvais sentiments, comme si ce moment de jalousie effaçait toute les belles choses qu’elle avait vues et ressenties plus tôt aujourd’hui.


« Bonne nuit Jeremias. »

Elle l’avait fixé en sortant ces paroles, elle ne l’avait pas quitté des yeux une seule seconde depuis qu’elle s’était arrêtée devant la chambre. Il avait dû sentir qu’il se passait quelque chose, depuis un petit moment même puisqu’elle ne l’avait même pas attendue lorsqu’elle fut arrivée en haut des escaliers, qu’elle avait marché sans se retourner une seule fois tant qu’elle n’était pas arrivée à la chambre d’ami.

Puis elle tourna les talons. Il ne lui avait pas fallu grand-chose pour douter, pour s’énerver, comment pouvait-elle considérer que quelque chose était possible quand elle prenait la mouche pour une action sans mauvaises intentions ?
Elle était agacée, de lui oui, mais aussi d’elle, de son comportement. Elle fuyait, elle l’avait toujours fait, toujours eu du mal à faire face, le contraire avait toujours trop bien marché pour elle. Elle l’avait vu quand elle s’était rendue chez Tryan. Quand il avait été trop dur et trop incisif elle s’était énervée et avait fui, elle faisait pareil aujourd’hui avec Jeremias, sauf que ce dernier n’avait pas eu un comportement abject et hautain, bien loin de là et elle le plantait là, comme ça, sans explications.
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MessageSujet: Re: Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson Ven 10 Oct - 19:37

Un orgueil tel que celui de Jeremias Serpens était toujours mieux portant quand il était cajolé. Certes malmené dans ses désirs et ses sentiments, l'héritier Ecossais n'avait jamais été attaqué dans son orgueil. Les Serpens avaient un grand respect pour les membres de leur famille, et une assez haute idée d'eux-même. Ce qui avait fait du jeune homme une personne peu tolérante vis-à-vis de ceux qui lui manquaient de respect, même lorsqu'il délirait complètement.
S'attaquer à cet orgueil, c'était dangereux sinon suicidaire, surtout quand il s'ouvrait aux autres et qu'il n'en avait aucunement l'habitude. Battre en brèche les différentes murailles qu'il avait mis tant de temps à ériger et tout lui remettre en pleine gueule le blessait plus que tout. Souvent à tort, ne se rendant pas compte que quiconque se comportant ainsi avec lui se trouvait être autant sinon plus blessé que lui. Cela ne l'empêchait pas d'être terriblement vexé et capable de se fermer par envie de vengeance, au moins de manière rancunière.
Il comprit en peu de secondes que ce qu'il venait de faire n'était pas au goût d'Eileen. Eileen qu'il ne connaissait pas dans toutes ses nuances, jointe à une fatigue et un mal-être plus que présents, ne le faisaient pas faire des choses toujours très délicates. Mais il crut, sûrement à tort et une fois de plus rattrapé par une haute idée de lui-même que la jeune fille lui pardonnerait et ne lui en tiendrait guère rigueur.

Mais quand il vit que cette dernière avait plus que du mal à accepter ce qu'il avait fait, il se vexa. Notamment et surtout parce qu'il se sentait tout bêtement coupable et qu'il ne voulait pas l'accepter. Ce qu'il refusait de faire depuis le début venait d'arriver. Lui faire du mal. Et il tentait de rejeter la faute sur elle, se coupant soudainement et prenant tout de la posture qui faisaient fondre quelques dames Puristes mais qui n'auraient, il le savait déjà, aucun effets sur Eileen.
Il voulut frapper le père. Le prendre, le pousser contre le mur et l'asséner de coups. Il voulait que sa haine contre ce putain de monde s'assouvisse sur quelqu'un qui le méritait. Ce connard de père qui l'avait amené à un tel état. Incapable de se contrôler, capable de se rendre compte qu'il était incapable de se contrôler, ça le rendait encore plus fou. Il observa la mère, comme pour tenter de voir la potentialité d'une victime. La pousser à lui dire quelque chose. La forcer à engager quelque chose contre lequel il se retournerait comme une araignée sur sa proie. Il voulait frapper fort, et vite. Il n'arrivait pas à garder une seule seconde son regard sur Eileen, se sentant trop irrespecté et terriblement con avec elle.
Ils ne trouvèrent qu'à lui dire bonne nuit, à quoi il répondit par un simple sourire qui n'avait rien d'aimable. Eileen lui faisait perdre ses bonnes manières, ses moyens, étant incapable de sembler un tant soit peu reconnaissant pour l'hospitalité. Nuls doutes que les parents Anderson penseraient la fatigue de Serpens trop grande pour qu'il puisse se montrer aimable, et ne lui en tiendraient pas rigueur - on ne s'en prenait jamais après un jeune homme potentiellement mariable d'une des plus grandes familles de Sang-Pur du Royaume-Uni. Mais cette situation le mit encore plus en colère.
On l'empêchait d'aimer. On l'empêchait de frapper.
Demain il fumerait et coucherait avec toutes les filles qui lui tomberaient sous la main.
Qu'Eileen aille se faire foutre.

Ils montèrent les marches.
Un elfe descendit. Il tenta de lui faire un croche-pied. L'affreuse bestiole ayant remarqué l'attaque se poussa à temps. Serpens lui lança un regard qui voulait tout dire. Même cette petite connerie de chose lui avait refusé quelque chose.
Toute la fierté des Serpens se voyait dans ses yeux. Il ressemblait terriblement à Maleficus. Ceux qui avaient connu le jeune prodige auraient pu reconnaître ce regard entre tous. Le regard fier des Serpens. C'était terrible de se retrouver devant son regard. On perdait souvent tous ces moyens, à quelques exceptions près telles que certaines créatures un peu folles telles qu'Ariana Bedan qui trouvait le tout terriblement séduisant. Ce qui avait de quoi vexer les deux frères de manière encore plus forte. Souvent, les deux se taquinaient au point de se vexer. Jeremias se vexant moins facilement que son jeune-frère profitait de ces situations où il avait le dessus. Ce qui n'arrangeait jamais rien à la situation, Maleficus se coupant de plus belle.

Mais évidemment, pour Jeremais, la situation n'avait rien d'amusante. Ce qui lui arrivait, ce que faisait Eileen était l'une des choses les plus graves au monde. Plus aucune rationalité. Détruit par un orgueil et une culpabilité qui le coupait de tout sen réel des choses.
Il ne la regardait qu'à peine, se sentant encore plus con et se vexant encore plus lorsqu'il posait son regard sur elle.
Il n'avait pas envie de la frapper.
Sa colère était passée, s'étant sournoisement transformée en une froideur presque immature mais bel et bien là et pas décidée à se faire la malle.

« Merci. Toi aussi. »

Et il entra dans la chambre, sans même l'observer.
Ce qu'il pouvait être con des fois.

Il chercha pendant quelques secondes, et trouva quelque chose contre quoi s'énerver. Il est des personnes qui retrouvent la colère en très peu de temps, se trouvent capables d'agir de manière très réfléchie et très rapidement sans trop se poser de question. Ce fut un pose-pieds de fauteuil qu'il trouva et qu'il lança dans un immense miroir. Le psyché se brisa sur le coup, ne donnant que d'émiétées silhouettes d'un Serpens plus qu'énervé et déçu.

La cigarette qu'il s'alluma fut salvatrice au possible. Il l'avala en un rien de temps, laissant son esprit s'énerver contre le comportement d'Eileen sans véritablement se rendre totalement compte que c'était contre le sien propre qu'il en avait.
Une. Puis deux, puis trois.
Personne n'avait jamais été foutu de l'aimer. Et son père n'avait eu que toujours raison. Il n'était pas fait pour aimer. Trop con, pas foutu d'être un bon mari. Un père, peut-être. Tant qu'un Serpens sortait de tout ça. Il se marierait et basta. Qu'on lui foute la paix. Ou filerait tout à Alexander et il irait une bonne fois pour toute se jeter dans ce lac, sans personne pour venir l'en tirer et l'emmerder. Il soufflait de la fumée plus que de raison, persuadé alors que le monde n'avait qu'un objectif: le détruire.
Tout n'était qu'une histoire de destin pas foutu d'être clément avec lui. Par quel putain d'hasard n'avait-il pas laissé ce gobelin lui ouvrir le ventre alors qu'il lui avait déjà pris un bout de jambe? Il ne savait pas pourquoi ce foutu instinct de survie avait pris le dessus. Il n'aurait pas connu la mort de ses parents, pas celle de Maleficus, pas Eileen Anderson qui lui signifiait sa bassesse de comportement. Merdique.

Il se leva.
Regarda le miroir brisé et se dirigea vers les fenêtres de la chambre qu'il ouvrit. Il souffla le reste de sa fumée, jeta sa cigarette dans le parc et s'en alluma une autre.
L'air frais de l'été entra en même temps que le tabac, lui laissant un goût détestable d'une vie qu'il haïssait. Il n'arrivait pas à se calmer, à se résonner.
Tant bien que mal, il se hissa sur la fenêtre, observa le vide et s'assit sur le rebord. Il y passerait la nuit. Plusieurs paquets de clopes y passeraient s'il le fallait. Mais il n'arriverait sûrement pas à dormir. Pas après une telle honte ; pas après un tel rejet.

La nuit ne lui permit pas de sa calmer.
Et le matin fut encore plus catastrophique.

« Ca va?
Ferme ta gueule.
Merci Jeremias. Tu es très sexy ce matin. Quelle poule en a profité, grand-frère?
Mais tu vas la fermer, connard ! »

Jeremias était parti comme un chat errant qu'on a accueilli une nuit et qui disparaît sans laisser une seule trace. Le miroir avait été réparé, la chambre inchangée, et l'odeur de cigarette dissipée. Comme beaucoup de choses.

Alexander ne s'était pas attendu à un tel accueil. Voir Jeremias si tôt tenait du prodige, avec une telle tête un peu moins. Mais cette fois, le grand frère ne répondit pas avec froideur. Alexander avait parlé avec un mécanisme matinal qu'il regretta bien vite quand son frère l'attrapa par la gorge et le colla au mur de l'escalier. Plus gringalet et petit, Alexander Serpens était un coutumier des excès de nerf de son frère. Ces derniers jours avaient cependant commencé à inquiéter celui qui n'avait jamais vraiment compris son petit frère, Maleficus, pas plus que son grand-frère.

« Apparemment aucune..., lança-t-il sans se rendre compte de ce qu'il disait. »

Le poing de l'héritier Serpens partit à toute volée, et ce fut Alexander qui du subir une colère trop longtemps enfouie.
Il fut lâché par son grand-frère et ne put s'empêcher de tomber à genoux, au sol.
Quand il releva la tête, il n'eut qu'à peine le temps d'apercevoir une larme couler sur la joue d'un homme qu'il admirait beaucoup, mais qu'il craignait davantage.

Les orgueils tels que ceux de Jeremias Serpens sont bien trop puissants pour qu'on ose un jour s'en prendre à eux.
Briser la muraille et toucher à ce qu'il y avait de plus profond en lui s'avérait compliqué, et parfois destructeur.
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Le Monde a soif d'amour || PV E. Anderson

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