POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Chanter la guerre sans la faire. [Valverde]

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Rabastan Lestrange


MessageSujet: Chanter la guerre sans la faire. [Valverde] Dim 28 Sep - 21:46

Spoiler:
 


Londres était belle, de nuit.

Dans une froide caresse, le halo malhabile des réverbères qui bordaient London Wall embrassait le vitrage de la demeure des Lestrange. Déformés par les perles de pluie qui ruisselaient sur les fenêtres, les grains de lumière coloraient d’une morne chaleur une salle-de-bain à peine éclairée, défiant avec timidité les ombres éphémères qui léchaient les murs. Posé sur un lavabo, à l’abri de leur valse incessante, reposait un tailleur rouge et noir. Sur le pan gauche, que les ampoules inondaient de clarté, était fièrement brodé l’emblème puriste. Au-dessus de sa majesté, contre le verre brûlant, se balançait dangereusement une goutte effrontée, bercée par le rythme des violons de la Serenade de Franz Schubert. Délivrée de son carcan, elle virevolta un court instant, élégante, avant de s’écraser sur le tissu. Alors elle disparut aussitôt, engloutie entre les fibres pigmentées. Amputée de son illusoire liberté, elle s’était sagement pliée aux incontestables préceptes de la nature. À jamais, elle enlacerait le dessin de la loi à laquelle elle adhérerait désormais ; individu et idéologie n’étaient plus qu’un. Emportés par une bruyante projection, une averse de sympathisants l’escorta. Trempée, la chevelure foncée d’une femme qui ne devait pas avoir plus de trente ans fouetta la peau nue de ses épaules. Recroquevillée dans sa baignoire, elle tenait entre ses petits doigts humides un peigne nacré. Elle laissait glisser par de rudes à-coups les dents entre ses mèches emmêlées, et lorsqu’un nœud rebelle venait freiner son mouvement, elle l’arrachait sans plus d’égard. Ses cheveux choyés, elle s’échappa de ses draps aqueux et se planta sans pudeur devant la fenêtre. Nulle trace de vie outre l’averse, dehors. Londres dormait. Et elle ? Elle songeait éveillée.

- Tu n’as pas changé.

Une voix qui ne lui était pas inconnue venait de claquer dans la quiétude de sa nuit. Étranglé dans un élan de stupeur, son souffle se figea dans le creux de sa gorge, désagrégeant le cri qui avait espéré s’en échapper. Le mouvement qui suivit fut instinctif. Elle se retourna, dévoilant à l’intrus la nudité luxurieuse de son corps, mais plutôt que d’en dissimuler l’intimité, ses mains se plaquèrent contre ses lèvres affolées. Elle recula d’un pas. À l’entrée de la pièce, un homme se tenait debout, immobile dans ses vêtements usés. Encadrée par de longs cheveux gras, la maigreur de son visage ressortait d’autant plus qu’était cireux son teint maladif. Son regard s’arrêta un instant sur la barbe de plusieurs semaines, remonta sur les deux pupilles qui transperçaient sa chair sous ses lourdes paupières. Alourdies par de longs cernes, elles n’avaient de cesse de l’observer, comme ranimées par un trésor trop longtemps oublié. Leurs regards se croisèrent. Elle secoua la tête, imperceptiblement. Maltraité par l’incompréhension, son cœur cognait son thorax avec brutalité, à la recherche d’une échappatoire. Quant à ses yeux, ils s’étaient noyés dans des larmes encore invisibles pour son esprit paralysé. Ses lèvres entrouvertes laissaient quelques sons s’enfuir de son œsophage mais aucun d’eux ne dégageait de sens. Parce qu’il n’y avait pas de sens, les mots restaient coincés dans le fond de sa gorge serrée, et elle se contentait de le dévisager, effarée, comme si se tenait devant elle la silhouette glacée d’un fantôme.
D’un pas, puis de deux, il s’approcha. Elle n’esquissa pas le moindre mouvement. Elle n’en esquissa pas non plus lorsque son bras gauche encercla de chaleur ses épaules solitaires, ni lorsque le droit écrasa doucement son visage pétrifié contre son torse. Mutée en pantin désarticulé, elle se laissait simplement manipuler, presque docile. Mais à peine sentit-elle son menton s’appuyer contre son crâne qu’elle fondit en sanglots. Machinalement, ses doigts se refermèrent autour de son dos ; s’agrippèrent, fiévreux, aux fibres laineuses de son pull. Elle tenta de prendre une profonde inspiration mais son souffle secoué s’évanouissait systématiquement en spasmes brisés, étranger à toute constance. Une main masculine s’emmêla entre ses cheveux humides. Elle ferma les yeux. Et brusquement, elle se dégagea de son étreinte. Les paumes féminines claquèrent nerveusement contre les épaules étrangères, contraignant l’homme à reculer. Elle le repoussa. Une fois, deux fois, trois fois. Rudes, les doigts masculins se refermèrent autour de ses poignets dans le vain espoir de l’immobiliser. Plutôt que de se calmer, elle évita son regard et se démena comme une enfant sauvage pour briser son étau. Il résistait, si bien qu’elle sentait racler et brûler sa peau humide contre la sienne. Démentes, ses jambes se mirent à battre l’air. Son genou s’écrasa dans l’abdomen de son geôlier. Aussitôt, elle percuta lourdement le carrelage. Il l’avait lâchée. Sans attendre, elle tenta de se relever, glissa l’instant d’après sur le sol trempé. Derrière elle, elle sentit l’homme approcher. Dans un dernier réflexe, sa main droite se referma autour de la baguette qu’elle avait abandonnée sur un recoin de la baignoire. Sans regarder en arrière, elle hurla un maléfice d’Entrave avant de s’échapper de la pièce. Ses pieds la portèrent au travers d’un couloir désert. Au fond, elle pouvait apercevoir une porte. Elle l’atteignit à toutes jambes et ses paumes s’écrasèrent sur la clenche. Celle-ci ne céda pas. Derrière elle, la cible qu’elle avait ratée l’avait déjà verrouillée. Elle insista pourtant, secoua la poignée en hurlant avant d’abattre violemment ses poings sur le bois clos. Puis ses genoux cédèrent sous le poids de sa révolte. Elle les ramassa contre elle, recroquevillée sur le sol, et plongea son visage dans l’obscurité sereine de ses mains sous le regard interdit de son époux. Et ni l’un ni l’autre ne dirent un mot. Cinq minutes, peut-être dix, s’écoulèrent. Puis elle n’articula :

- J’ai fini par les croire. Elle leva dans sa direction un regard de supplique, inondé d’un malsain mélange de rancune et de culpabilité. J’ai cru que tu étais mort.

***
6h48.
Les nouvelles bourdonnaient dans le creux des oreilles de Rabastan Lestrange comme une impertinente berceuse. Il pouvait en discerner les rythmes – quelques notes, peut-être, mais la mélodie était incapable d’imprégner son cerveau en partie assoupi. Seuls certains noms résonnaient lourdement dans son esprit, mués en une agaçante ritournelle. Le résistant John Sheppard a […] James Eccleston, le Ministre de la Magie, s’est […] et Ruth Alexïeva […] Eris… Valverde ! Celui-ci eut l’effet d’un électrochoc. Enfin, ses paupières découvrirent paresseusement ses pupilles engourdies. Un bâillement lui décrocha la mâchoire. Il s’étira, jeta un rapide coup d’œil à la place délaissée de sa femme. Et c’est à cet instant précis que la porte de leur chambre claqua contre le mur. Il roula sur le côté, laissant ses iris vagabonder sur la silhouette qui s’était dessinée sur le seuil. Une robe de chambre en soie incarnate nouée autour de la taille, les bras croisés sous sa poitrine, Angelien van Wynendaele lui assénait un regard sévère.

- Tu fous quoi ? Ça fait presque vingt minutes que tu m’as dit que tu te levais ! Elle n’avait presque rien dit, pourtant sa petite voix perçante lui brûlait déjà les tympans. La tête enfuie dans l’oreiller, il maugréa :
- Ouais, c’est bon. J’arrive.

Pour toute réaction, elle glissa sa brosse-à-dents dans sa bouche sans le quitter du regard. Il soupira. Sa main droite tâtonna à l’aveugle la table de chevet qui bordait sa place, se referma autour du manche de sa baguette. Il s’échappa de ses draps et enfila le peignoir qui venait d’arriver jusqu’à lui, réprimant un nouveau bâillement. Satisfaite, sa femme lui céda le passage et l’escorta jusqu’à la salle-de-bain, soigneusement préparée par les bons soins de leurs deux elfes de maison. Son regard s’arrêta un instant sur le bain qu’on leur avait fait couler, glissa sur la tenue qui lui avait été proposée la veille, s’immobilisa enfin sur le miroir qui reflétait son image. Il esquissa un léger sourire. En à peine dix jours, il était déjà méconnaissable. Il tourna la tête sur la droite. A l’extérieur de la pièce, un bruit avait attiré son attention. Dans l’encadrement de la porte se détachait la tête confuse d’une elfe. La Flamande lui fit signe d’entrer. Elle s’exécuta. Entre ses mains, elle tenait fermement un buste sur lequel reposait un collier serti de tant de diamants que chacune des pierres semblait piquer le sang-froid chancelant de son mari. Pourtant, il ne dit rien. Son regard parlait pour lui.

- Voici ce que vous avez demandé à Enouk de vous apporter, maîtresse Angelien. La concernée se pencha au-dessus de l’évier, cracha son dentifrice et se rinça brièvement la bouche à l’eau claire. Du menton, elle désigna un coin reculé de la pièce.
- Pose-le là. La créature obéit, s’inclinant au passage devant l’homme qui continuait d’observer la scène avec des yeux ronds.
- Maître Rabastan. Elle se redressa. Que voudriez-vous pour votre petit-déjeuner ?
- Comme d’habitude, ça fera l’affaire. La femme ne lui avait pas laissé le temps de répondre.
- Bien, maîtresse Angelien. Sur ces mots, l’elfe disparut, laissant seule sa propriétaire devant le regard circonspect de son époux. Perplexe, il observait le bijou.
- C’est…
- Ma nouvelle acquisition ! Il est beau, hein ? Lèvres pincées, l’homme acquiesça lentement. Il hésita, marmonna finalement un simple :
- Magnifique.

Un millier de remarques scandalisées lui écorchaient les lèvres mais ce fut tout ce qui parvint à en sortir. Il n’était pas d’humeur à partir en Croisade inutile de grand matin. Bien sûr, cela n’évinçait en rien sa contrariété. Oh, ce n’était pas tant qu’il nourrissait une aversion particulière pour le luxe, ni même qu’il craignait pour les finances de sa maison – bien qu’il estimait préférable d’éviter les excès de ce type, néanmoins, il fallait reconnaître qu’il y avait tout un fragment du terme tempérance qui semblait échapper à la jeune Européenne. Il le lui avait déjà fréquemment fait remarquer. L’impertinente s’était alors contentée d’énumérer les objets de collection qu’il avait récemment achetés, n’omettant pas de mentionner au passage qu’elle, au moins, proposait aux enchères les bijoux dont elle s’était définitivement lassée, plutôt que de se servir de la maison comme d’un hangar géant. Soit. Le fait était qu’il s’était tu sur sa nouvelle lubie, ce qui lui avait permis de se préparer en toute quiétude. Une vingtaine de minutes plus tard, il descendit les escaliers, traversa le rez-de-chaussée et s’arrêta devant la table dressée. Sans prendre la peine de s’asseoir, il attrapa la hanse de sa tasse de thé au jasmin, la porta à ses lèvres. Quand elle fut vide, il engouffra trois quartiers d’une orange déjà épluchée et quelques bouchées d’une omelette au bacon. Lorsqu’Angelien arriva, il avait déjà terminé.

- Vatikan ? Un deuxième elfe, jusque là resté en retrait, s’approcha timidement. Ma cape.
- Bien, maître Lestrange.
- Tu pars déjà ? l’accosta la fille. Il acquiesça. N’oublie pas tout ce que je t’ai expliqué, hein. Tu d… Il plaqua furtivement ses lèvres contre les siennes pour lui couper la parole.
- Je sais. À ce soir.
- Je compte sur toi !

Le sorcier leva les yeux au ciel, réprimant un sourire, et enfila la cape que son domestique lui tendait. Ses mains gantées, il s’engouffra dans l’air humide de la fin du mois de septembre et claqua derrière lui la porte d’entrée de sa demeure. D’un mouvement mécanique, il remonta sa capuche sur son visage, compta trois pas et transplana. Face à lui, les bâtiments si caractéristiques de la London Wall Street avaient laissé place à l’imposant palais de Buckingham. Il leva la tête. À sa gauche, une imposante statue à l’effigie du purisme remplaçait désormais l’œuvre moldue qui avait trop longtemps fait de l’ombre à la place. Et plutôt que de grouiller de parasites et autres touristes superflus, les pavés n’étaient plus martelés que par les semelles de fonctionnaires consciencieux. Enfin, le patrimoine était purgé d’un peu d’honneur. Une fois de plus, Londres avait fait un grand pas en avant, piétinant de sa superbe le reste de l’humanité. La cadence pressée, Rabastan pénétra à l’intérieur du bâtiment, grimpa quatre à quatre les marches vermillonnes qui le séparait de l’accueil. Il analysa un temps la file d’attente, pris le pas de se présenter directement à la réception, retenant au passage d’une main ferme l’homme qui s’était apprêté à se lever prendre son tour. Hâtives, ses paumes martelèrent le bureau en chêne. Derrière ses verres rectangulaires, une vieille harpie qui devait servir de secrétaire lui accorda un regard suffisant.

- Monsieur ? Arrêtez-moi si je me trompe mais il me sem…
- J’ai rendez-vous avec Monsieur Valverde. Où est son bureau ?
- Monsieur, sauf votre respect, je ne peux pas vous répondre sans votre nom et votre convocation, et pour cela je vous prie de bien voul…  
- Lestrange. Rabastan Lestrange. lâcha-t-il en claquant le papier requis sur la surface de travail. La sorcière se ravisa aussitôt, plissant le nez de cochon duquel glissaient ses horribles lunettes.
- Oh. Bien sûr, Monsieur Lestrange. Elle hurla : Pénélope ?! Presque plus réactive qu’un elfe bien dressé, une jeune femme d’une vingtaine d’années se planta aussitôt à sa gauche. Elle inclina poliment la tête.
- Madame ?
- Il faudrait emmener Monsieur au département de l’Education du Peuple et de la Culture. Il a rendez-vous avec Monsieur le Directeur. Sa seconde acquiesça.
- Bien Madame. Monsieur, suivez-moi.

Il ne se fit pas prier. En fait, il s’appliqua même à mettre beaucoup de cœur à l’ouvrage. Pister la croupe d’une jolie fille finement mise en valeur par une jupe un peu courte, il avait connu plus désagréable, comme requête. Les corridors étaient bondés. Pourtant, en dehors de pas pressés et de papiers maltraités, il n’y avait pas un bruit, si bien que les talons maladroits de la secrétaire paraissaient y détonner avec une bruyante vulgarité. Sans échanger un mot, ils débouchèrent sur une plateforme circulaire tranchée par cinq chemins. Les pupilles du mangemort glissèrent un instant sur le marbre blanc que souillaient leurs pieds. En lettres d’or était gravée la maxime : une seule Magie, un seul Sang, un seul Monde. La pointe d’un sourire éphémère illumina son expression agitée avant qu’ils ne s’engagent dans le couloir central. Ils débouchèrent sur une nouvelle pièce qui n’était habitée que par un homme de toute évidence assez petit, vêtu d’une tenue impeccable, sagement installé devant un bureau. Ses petits yeux perçants s’arrêtèrent sur les intrus avec une curiosité purement professionnelle.

- Mademoiselle Swanson ?
- Bonjour, Monsieur Hill. Monsieur... Le timbre fragile de Pénélope s’éteignit dans une timide hésitation tandis qu’elle lançait un regard confus à l’homme dont – elle venait de s’en rendre compte – elle ne connaissait pas le nom.
- Lestrange.
- Monsieur Lestrange a un rendez-vous. Euh… avec Monsieur le Directeur. L’homme, qui avait définitivement l’air bien plus compétent que son homologue féminine – preuve s’il en était de la supériorité de leur gente, accorda un rapide coup d’œil à Rabastan. Il acquiesça brièvement.
- Patientez ici. Je vais voir s’il est prêt à vous recevoir. Mademoiselle Swanson ? La jeune employée qui n’avait pas esquissé l’ombre d’un mouvement échangea avec lui un regard interrogatif. Il haussa un sourcil. Et bien ? Vous pouvez disposer.

Sans un mot de plus ni de moins, il s’éclipsa et, penaude, la petite Pénélope Sawson l’abandonna tristement à sa solitude. Sans s’y attarder, le mangemort jaugea un temps la salle du regard. Il y avait quelques sièges, sans doute destinés aux visiteurs amenés à patienter, mais plutôt que de s’y asseoir, il s’accola au mur le plus proche. Perdus dans une mimique machinale, ses doigts se mirent à nerveusement pianoter contre son fémur.
Lorsqu’il entendit la voix de Hill résonner à nouveau, il releva la tête. Celui qu’il supposait être l’assistant du bien connu Eris Valverde lui maintenait la porte grande-ouverte. Le sorcier s’empressa de s’y engouffrer. Elle claqua doucement derrière lui, le laissant seul face au politicien que la réputation avait largement précédé.
Il était 7h30 précises.

- Monsieur le Directeur. articula le Britannique, le timbre teinté d’un accent australien particulier à trop l’avoir entendu.

Il inclina légèrement la tête avec respect et s’approcha de son hôte à distance respectable. Les doigts de sa main gauche étaient toujours serrés autour d’une petite mallette en cuir qu’il n’avait pas lâchée depuis son arrivée. Les quelques marques de politesse et autres préceptes de bonne éducation mis à exécution, il poursuivit. Il n’avait jamais été bon pour tergiverser et ils se savaient tous deux suffisamment occupés pour ne pas perdre leur temps avec de vains cailletages à la française.

- Vous m’avez convoqué la semaine dernière, pour un compte-rendu sur l’état d’esprit du… des peuples australiens. Alors pour ce que j’en pense… Il porta sa main sur la ceinture à laquelle était accrochée sa baguette, accorda un regard interrogatif à l’homme d’Etat. Vous permettez ?

La permission donnée, il referma ses doigts autour du manche et ouvrit la mallette qu’il avait abandonnée à ses pieds. Il en sortit une carte d’Australie qui se déroula lentement avant de s’immobiliser dans l’air, à quelques mètres des mangemorts.

- Pour ce que j’en pense, c’est que le taux de désinformation de cette… terre de… désolation est affolant. Le ton sec criblé d’une énergie refoulée, il entrait sans ambages dans le vif du sujet. Certains villages sont tellement paumés que c’est à se demander s’ils reçoivent les mêmes nouvelles que nous. A Alice Spring, une femme m’a affirmé que le purisme était le nom d’une marque britannique de vêtements chics. A Ward, on m’a juré que le roi actuel d’Angleterre était Tony Blair. Pleine d’étonnantes ressources, cette charmante et cultivée personne m’a ensuite demandé des nouvelles de notre premier ministre. L’homme haussa les sourcils avec mépris, achevant son explication par un accent noyé dans le dédain : Vous savez ? Georges Bush. Il marqua une pause, leva les yeux au ciel. Les joues écrasées sous le poids de ses dents, il prit une profonde inspiration désabusée, reprit : Bref. Heureusement, on ne s’en plaindra pas, le pays est majoritairement puriste – enfin, heureusement, pour peu que ces gens aient d’autres compétences que dans la réinvention de l’actualité. Le truc, c’est que j’ai tout de même noté d’un peu trop nombreuses… particularités régionales. Un peu trop nombreuses, je veux dire, surtout d’un peu trop prégnantes, dans la mesure où personne là-bas ne s’est montré capable de les contenir. L’est, à savoir les Etats de Victoria, de Nouvelle-Galle du Sud et de Queensland, ainsi que le Territoire du Nord… Chacune de ses énonciations était ponctuée d’un léger mouvement rotatif du poignet qui colorait de vert ses mentions géographiques. Sont nos bastions les plus fidèles. En toute franchise, la situation y est relativement paisible. Les impurs et autres traitres à leur sang préfèrent quitter la région que de se battre en vain. Quant à ceux qui restent, ils sont traités à leur juste sort. Toutefois… Les lèvres pincées, il haussa une épaule perplexe. Force est de constater qu’il n’y a pas de réelle organisation, ni de véritable réglementation d’Etat. Il y a beaucoup de travail à faire sur le fond. Les écoles, par exemple, sont encore ouvertes aux sang-de-bourbes, et j’ai été assez choqué de remarquer que certains d’entre eux se permettent même le luxe d’occuper des postes prestigieux. Enfin. Le nœud du problème n’est pas ici, mais là.

La partie du territoire qui n’avait pas encore été teintée se colora de pigments rouges. Le sorcier s’accorda une courte pause, le temps de rassembler ses idées, puis enchaîna :

- Certaines grandes villes, voire certains Etats, se plaisent à vanter leurs affinités avec le bourbisme. Je pense notamment à Cairns. Le dessin d’un drapeau noir se planta à l’endroit cité, ainsi qu’aux suivant. A Nimbin, et surtout aux Etats d’Australie-Méridionale et de Tasmanie. Les revendications indépendantistes de l’île n’ont pas cessé de se renforcer ces trois dernières années et l’opposition instrumentalise l’idéologie prétendument merliniste pour renforcer un nouveau sentiment national. Les étudiants, en particulier, sont séduits, ainsi que de nombreux intellectuels. Ils prônent la culture de la tolérance et du pacifisme qui aurait, à les croire, toujours été le propre des lieux. acheva-t-il en caricaturant l’expression éblouie d’un adolescent trop utopiste. Il reprit normalement : Ils ont fondé un nouveau parti, le Parti Universaliste, qui remporte un franc succès là-bas. Moldus et sorciers y travaillent en commun. Leurs idées contaminent de nombreuses universités sur le continent, surtout à Nimbin. Les manifestations sont fréquentes, dans tout le pays. Je pense qu’on peut aller jusqu’à parler d’un vrai effet de mode. Mais ceux dont je me méfierais le plus, ce sont eux.

Le coloris presque léger qui couvrait l’Australie-Occidentale fonça encore un peu, lui permettant de ressortir davantage.

- En Australie-Occidentale, l’ambiance est très différente. Vous savez certainement qu’ils n’ont jamais accepté le Commonwealth. Autant vous dire que la levée du Secret magique a eu l’effet d’une bombe, là-bas. Je ne sais pas si les nouvelles sont arrivées jusqu’ici car le Gouverneur essaye d’étouffer le dérapage, de peur sans doute de connaître les représailles de Londres, mais le fait est indéniable : les moldus y tiennent le pouvoir d’une main de fer. L’Etat s’est récemment autoproclamé indépendant, gouverné par un parti unique : le Parti du Peuple Moldu.

Le mangemort pointa son sac du bout de sa baguette. S’en échappa un paquet de documents qui s’arrêta devant Valverde. Une centaine de pages virevoltèrent, se plaquant à l’arrière du tas, jusqu’à ce que s’affichent trois visages décidés sur des photographies mobiles.  

- Là-dedans vous trouverez l’ensemble des notes que j’ai rédigées ces trois années. Il y a plusieurs clichés, notamment des groupuscules terroristes. Ici, ce sont les trois piliers du PPM : Laura Nguyen, Julian Lee et Stephen Anderson. À la différence du reste du pays, ils sont très bien organisés. Quelques-uns des plus lâches des traitres à leur sang se sont même mis à leur service. Quant aux autres, ils n’ont ni suffisamment de hargne, ni suffisamment de discipline et de coordination pour faire front d’opposition. Chacun essaye d’y remporter sa gloire. En fin de compte, aucune alliance ne tient. L’école y a fermé et les moldus y organisent régulièrement des traques contre ce qu’ils appellent les… Il haussa un sourcil sarcastique. Ironie du sort. « Erreurs de la nature ». Il n’est plus sûr d’y être sorcier. Le port d’arme est légal et au moindre doute sur le sang d’un citoyen, la population n’hésite pas à tirer. Bien sûr, ils sont grassement récompensés à la clef. Ils espèrent – l’espoir fait vivre, même les plus miséreux – faire de leur Etat, puis de l’Australie, une terre refuge pour les moldus, et le bastion de l’opposition à ce qu’ils appellent « le Royaume Gangrené ». Ils combattent avec virulence les sorciers, mais aussi les suspectés adhérents au PU. Et autant vous dire que la population est à fond dedans. Enfin, pour ce qui est du centre du pays il est, jusqu’à présent, beaucoup plus mesuré. Les gens n’osent pas, pour la majeure partie, se prononcer. Ils préfèrent se revendiquer apolitiques. Mais ils ne sont pas hostiles aux impurs et sont a priori très peu sensibles à la question de la préservation de la race. Non par conviction, je pense, mais par désinformation. J’ai constaté qu’une majeure partie ne savait pas qu’il existait une différence biologique entre un sorcier et un moldu. Avec un travail de fond efficace, les choses y seront réglées facilement, d’autant plus que la radicalisation de l’Etat voisin les a rendus méfiants à l’égard des moldus. Il haussa brièvement les épaules, acheva d’une même traite : Questions ?


Dernière édition par Rabastan Lestrange le Mar 1 Mar - 13:54, édité 4 fois
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Eris L. Valverde


MessageSujet: Re: Chanter la guerre sans la faire. [Valverde] Mer 1 Oct - 20:47

Lisbeth Ampleforth, que ses amis aimaient appeler "Bette", se trouvait être l'exemple parfait de la bonne Sorcière Puriste. Fidèle, serviable, aimante, du haut de ses trente-six ans, elle était l'adorable mère de deux enfants, dont l'une venait de faire ses premiers pas à Poudlard. Comme la plupart des femmes de son âge, elle était veuve, et peut-être sur le point de se marie. Son mari, le brave Jed, avait été appelé au combat en Irlande et on n'avait plus jamais entendu parler de lui. Oh, il était sympathique, aimant, beau garçon, fier et intelligent. Le parfait mari Puriste rêvé. Courageux jusqu'aux poils, il s'était jeté tête la première dans les batailles et en était revenu sans. La brave Lisbeth éprouva de la fierté à se dire que son mari avait libéré le Royaume-Uni du bourbisme, que son nom d'Amplefort soit lié à la grande gloire du Seigneur des Ténèbres et à son oeuvre universelle. Quant au reste... cela ne l'importait que peu. Les enfants étaient bien plus heureux d'avoir l'amour de ceux qui les dirigeaient que de leurs parents, elle savait qu'elle trouverait bientôt un autre mari, ou qu'un Département de l'Intendance le ferait pour elle, ce qui la réjouissait encore plus, et s'en allait toute tonitruante à son lieu de travail qu'elle admirait encore plus que son nom et ses enfants: le Palais de Buckingham.
Fière et travailleuse employée du Département de l'Education du Peuple et de la Culture, que tous s'étaient rapidement accordés à appeler "Département du Peuple", elle arrivait pour les heures de travail et repartait le soir pour préparer le repas et veiller à l'éducation de son enfant encore restée à la maison. En réalité, elle était une ouvrière de la dictature de Voldemort, ces êtres sans pensées qui oeuvrent encore plus ignoblement que les monstres qui dirigent, afin d'asservir et de s'asservir eux-même.
Depuis la création du nouveau Département, ancienne secrétaire dans l'un des nombreux bureaux de la Gazette du Sorcier, elle se rendait désormais tous les jours dans les immenses et anciennes salles de la Haute-Cour de Justice Magique qui servaient désormais de "Laboratoires de Pensée". C'était l'âme et le coeur du Département, une gigantesque fourmilière humaine qui s'affairait à faire du Purisme la pensée unique de toute forme d'expression.

Quand elle entra dans l'une des deux spacieuses salles, la fierté qui se lisait chaque jour dans ses yeux n'en fut que plus grande. Comme à chaque fois, elle s'émerveillait de travailler en un tel lieu, au service d'une Telle Personne, et d'une telle cause. Ce qui avait été des gradins pour accueillir public et Juges s'était transformé en rangées de bureaux séparées par des cloisons sur les côtés et le devant. Sur trois rangées de tables, des centaines de personnes travaillaient là, sans ne regarder personne, sans s'occuper de personne. Enfin, au centre, la zone qui laissait voir auparavant les accusés était complètement occupée par d'imposants blocs de métal gris, où aucune inscription n'y figurant ne permettait d'y voir plus clair sur sa fonction. Quelques fois, une légère fumée grise s'échappait et s'évadait dans l'air, sans que quiconque la vit venir ni repartir.
Bette descendit les quelques marches qui la menaient jusqu'au premier gradin, le service de la Question artistique. Elle retrouva rapidement son petit bureau et s'installa comme de coutume, prenant soin de remettre en place ses quelques peluches, ses quelques photos, et ses blocs notes.
Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'une série d'une dizaine de romans n'apparaisse sur sa table. Car oui, Lisbeth travaillait désormais dans le Laboratoire de Pensée Sorcière, et plus particulièrement, comme chargée de l'examen des Romans et nouvelles sorciers du Royaume-Uni des années 1950 à 1975. Un travail qu'elle jugeait colossal, et qui, elle en était persuadée, servait à la sécurité idéologique du Purisme. Et ainsi, de ses propres enfants.

Son travail consistait ni plus ni à moins à éplucher chaque romans ou nouvelles sorciers, lignes après lignes, parus ou publiés entre 1950 et 1975 au Royaume-Uni et d'y éliminer toute trace de philosophie Merliniste, vulgairement et idéologiquement connue sous le nom de bourbisme. Une fois l'erreur repérée, il lui fallait supprimer les dits passages à l'aide d'une gomme aux composés magiques, son unique matériel de travail, et d'envoyer le livre à travers un tuyau partant de son bureau et allant on ne savait où. Son esprit de génie avait cru comprendre que les romans filaient jusqu'à la masse de métal grise et qu'une puissance magique faisait le tri. D'autres à son niveau, étaient alors chargés de remplacer les passages gommés par des termes et des idées Puristes, sauf si l'entier livre ne pouvait se prêter à de telles modifications. La centaine d'employés se chargeait ainsi de romans, nouvelles, recueils de poésie, pièces de théâtres, essais, pamphlets, articles de journaux, actes de colloques, conférences et toute forme d'écrits qui pouvait contredire ou avoir contredit le Régime en place. Sans le savoir, Bette était une actrice de la déconstruction du passé et de l'Histoire, vaste projet mis en place par leur Directeur, Eris Valverde. Avec beaucoup d'autres, elle modifiait le passé de manière à ce que le présent soit vu autrement et qu'un futur sans tâches se dessine. Elle modifiait la mémoire des hommes, comme tant d'autres de ces esclaves idéologiques qui, par manque cruel de sens de pensée, ne se rendaient pas compte de ce qu'ils faisaient. Car qui touche à l'Histoire rend indéniablement impossible la construction d'une société basée sur la Vérité. Mais au final, qu'était-ce la Vérité dans ces cas là? Sans preuve contraire, il était impossible de prouver ce qui n'existait pas. Pire encore que le passé, c'était la Vérité que construisait l'Intendance du Royaume-Uni.
Ils étaient les pions d'une machine titanesque, trop complexe pour être détruire d'un seul coup. Elle était un détail, un rouage minuscule, un grain de sable, et pourtant, elle contribuait à cette dictature sans se rendre compte du mal qu'elle faisait. Ce qu'Aristote avait si bien expliqué, et qui semblait désormais si logique, était que tout être humain était doué d'une pensée. Or, à en voir certains comportements, des Hommes avaient été réduits en bête et ne pensaient plus. Ils n'étaient donc plus capables d'émettre une once de jugement moral sur ce qu'ils faisaient. On leur donnait des ordres. Et ils obéissaient.
En somme, comme dit plus tôt, Lisbeth Ampleforth, que ses amis aimaient appeler "Bette", se trouvait être l'exemple parfait de la bonne Sorcière Puriste .

Dans cette vaste, complexe et terrifiante entreprise, Valverde régnait en maître. Peu le connaissaient, mais tous le respectaient. Ancien Inquisiteur, ancien Intendant, ces actes n'étaient plus à prouver. Ils travaillaient tous dans l'un des meilleurs et plus importants Département de l'Intendance du Royaume-Uni, et c'était tout ce comptait pour eux.
En plus de modifier les archives, en plus de contrôler la Presse, d'avoir mis en place une censure artistique encore plus grande, de contrôler les programmes de cours d'Universités de l'Intendance, en plus d'influer sur les idéologies mondiales, le Mangemort Politicien s'était également lancé dans une vaste réforme de la langue. Il avait crée une Commission Sorcière qui influerait sur l'Académie Magique du Royaume-Uni et les Académies Moldues des différents pays des îles britanniques, de manière à ce que la langue soit réformée de font en comble. Certains mots en remplaçaient d'autres, beaucoup disparaissaient. Il fallait réduire la langue à un minimum strict de manière à ce que certaines notions, certaines représentations du monde disparussent entièrement. De cette façon, Valverde s'assurait de la disparition de certaines idées, ayant bien compris que pour se figurer le monde, tout être humain a besoin d'un langage. Et qu'en appauvrissant ce dernier, il éliminait toute chance de pensée.

Mais il restait naïf et guère intelligent de songer un instant que le Directeur du Département de l'Education du Peuple faisait cela, strictu sensu, pour asservir ce peuple. C'était bien trop simple, si bancal d'ailleurs que bien des imbéciles auraient pu l'arrêter dans sa folle et froide course. Non. Valverde se voyait comme un être supérieur à la masse de Sorciers, une personne venue sur Terre pour guider un peuple vers l'amélioration et la Sécurité. Cette supériorité ne lui conférait guère de bienfaits à son orgueil déjà bien fissuré. Il était un non-vivant, un non-humain, qui par sa tâche ne pouvait se permettre de ressentir et de douter. Il avait compris que jusqu'à la mort sa mission serait de sauver la Sorcellerie. De différentes manières, à de différentes fonctions, dans de différents temps. C'était donc impossible de s'imaginer qu'il fît consciemment les choses dans la volonté de faire le Mal. "Les pires maux découlent des meilleures intentions." Il pensait véritablement protéger le peuple Sorcier contre la menace du bourbisme, du sang Moldu. Et si le Seigneur des Ténèbres avait souhaité briser le Secret Magique, cela n'était, pour lui, qu'une manière de mieux les contrôler et de les éloigner le plus loin possible de la Communauté Sorcière.

« Monsieur le Directeur, voici le rapport du Département des Renseignements Secrets.
Bien. A quelle heure arrive-t-il?
Sept heures trente, Monsieur le Directeur. »

Valverde ne recevait jamais à une telle heure. Ceux qui voulaient le voir venaient en début d'après-midi, ceux qu'il désirait voir en fin de matinée.
Mais celui qui venait le renconter aujourd'hui n'était pas n'importe qui. Rejeton des manigances de Larsen Menroth, membre d'une famille qui restait proche de Valverde par le nom, il était un Mangemort pas encore imprégné des aphorismes débiles de quelques politiciens en herbes, et autres magouilles qui faisaient horreur au Mangemort Politicien.

Le vieil homme était arrivé à son Département à six heures trente, soit une demie-heure plus tôt que de coutume.
Comme d'habitude, il avait lu les multiples rapports de Paravell qui suivait les employés de l'Education du Peuple avec un froid scrupule, sur demande de Valverde. De cette manière, il s'assurait de connaître toujours tout des pensées, faits et gestes de ses employés. Le moindre faux pas équivalait à une disparition immédiate. Une fourmi n'est jamais guère différentiable et différenciée d'une fourmi. Toutes celles qui faisaient un pas de côté se retrouvaient à la Bergerie, transformés en ce que Dieu savait et semblait accepter.
Et comme prévu, il connut tout des récentes activités de Rabastan Lestrange grâce aux services d'espionnage de l'Intendance, prêt à en découvrir plus sur les véritables motivations du Mangemort.

Quand ce dernier fut introduit, Valverde le salua froidement et calmement et l'invita à s'installer à l'autre bout de la table de réunion du bureau Directorial.
Lestrange exécuta ce que le vieux Mangemort lui avait demandé par courrier. Trois ans auparavant, cela n'aurait pas été possible. Car trois ans auparavant, Eris Valverde n'était qu'un Mangemort parmi tant d'autres.
Durant toute la prise de parole pertinente de Lestrange, le Directeur du Département de l'Education du Peuple prit le maximum de notes possibles, à une vitesse qui laissait à deviner qu'il en avait l'habitude. Il ne l'interrompit pas et attendit la fin.

« Vous pointez toute une série de choses intéressantes. J'en ferai un compte-rendu que je transmettrai à l'Intendant. Votre analyse est très juste, et surtout très riche. Valverde observait Lestrange d'un oeil plus qu'observateur et glacial. Avez-vous agi? Si oui, comment? Si non, comment auriez-vous agi et pourquoi? »

Valverde n'entendait pas prétendre savoir des choses qu'il n'avait pas à l'esprit. Lestrange avait une expérience internationale qu'il n'avait pas. Il avait également ses points de vue sur les situations, mais ne pouvait posséder l'expérience qu'avait Lestrange.

« Il est mieux de procéder en nous organisant. Vous invoquez le problème des villages reculés. Ils ne connaissent pas le Purisme. Selon-vous, est-ce une menace? Le Directeur de l'Education du Peuple avait déjà son avis sur cette question. De même, vous avez entièrement raison sur la pluralité idéologique de l'Australie. C'est d'ailleurs lié à votre observation sur les villages. L'administration Magique d'Australie est désorganisée et disparate. Ce qui fait naître la pluralité. Et cette pluralité est dangereuse. C'est une certaine forme de guérilla de la Pensée, contre laquelle tente de se battre l'Intendant Crow depuis beaucoup d'années. Certains politologues, dont moi, considèrent qu'il faut agir de la même manière. Se battre contre l'idéologie, par l'idéologie. Et s'occupe de chaque nid de pensée de manière à l'isoler et le transformer. Le tout n'est pas de détruire, mais de transformer. Qu'en pensez-vous? »

Valverde avait dirigé les discussions, mais cela n'enlevait rien de son intention. Il voulait en savoir plus. Et ses sens d'observation étaient aux aguets.
Deux tasses de thé fumantes furent apportées par Hill, tandis que le Mangemort Politicien gardait son regard froid et austère dans celui de son invité.
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Chanter la guerre sans la faire. [Valverde]

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