POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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[Flashback] A hard day's night (Jeremias)

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James Eccleston


MessageSujet: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Ven 10 Oct - 15:15

Pour une belle soirée, c'était une belle soirée. Le Ministère de la Magie anglais accueillait, pour la première fois et depuis cinq jours, le congrès de l'association internationale des chercheurs en magizoologie, noble corporation scientifique marquée par un purisme strict (à la différence de l'association internationale des magizoologues, notoirement bourbiste et dont le congrès annuel se tenait au même moment à Santiago du Chili). Durant cinq jours, les membres de cette association avaient investi le Ministère de la Magie pour y parler des dernières avancées en matière de recherche magizoologique ; parmi les savants invités, tous irréprochablement puristes, on comptait quelques sommités, dont les interventions avaient été attendues avec impatience par leurs pairs. La vaste bâtisse londonienne s'était transformée en annexe des universités magiques ; les conférences attiraient des étudiants et un public de curieux passionnés de créatures magiques, les scientifiques déambulaient en portant de drôles de bestioles dans des cages, on échangeait avec passion, dans l'Atrium, sur la dernière thèse de Plumeau au sujet des acromentules... bref, ce congrès apportait au Ministère une effervescence supplémentaire.

James avait inauguré les travaux le lundi matin, et, le vendredi soir, il avait convié l'ensemble des participants, ainsi que les employés du Ministère qui le souhaitaient, à une soirée de clôture. Il voulait qu'on se rappelle que le Ministère de la Magie anglais avait fait les choses en grand, que l'Intendance soutenait la recherche scientifique. Il avait d'ailleurs remis au professeur Trükmüsh, le président turc de l'association, une substantielle donation destinée à aider les travaux en cours. Une agréable petite fête avait suivi, dans l'Atrium privatisé et spécialement aménagé pour l'occasion. Les employés de la Maintenance Magique avaient eu du travail. Ils avaient eu à recréer la chaleur de ce début d'août à Londres, avaient dû installer l'estrade et les buffets, des sièges confortables pour les convives, des jeux de lumières magiques... On ne reconnaissait plus le niveau 8 du Ministère. On se serait cru dans une demeure privée, au jardin somptueux – des plantes avaient été disposées un peu partout, de manière à créer une ambiance de jardin exotique. Sur la scène, après les discours officiels – rapidement expédiés, on n'était pas là pour parler encore, avait dit le Ministre – un orchestre de musiciens sorciers s'était mis à jouer, assez discrètement pour qu'on puisse tenir une conversation sans crier. Des serveurs en uniforme passaient dans la foule avec des plateaux, pour épargner aux invités la peine de se déplacer jusqu'aux quatre buffets.

On reconnaissait, dans la foule, quelques têtes connues du régime puriste, des membres de la bonne société venus, eux aussi, soutenir la recherche, et des employés du Ministère – dont, bien entendu, la quasi totalité du département de l'Environnement et des Créatures Magiques. Les agents de ce département avaient pu assister aux conférences données ; après tout, cela faisait partie de leur domaine de compétences, et ils n'auraient pas tous les jours l'occasion de recevoir une formation d'une telle qualité. Ce vendredi soir, beaucoup étaient venus pour échanger encore un peu avec les intervenants du congrès ; James, quant à lui, arpentait l'Atrium, allant de groupe en groupe, saluant l'un, échangeant quelques mots avec l'autre, en parfait hôte. Trükmüsh le coinça un bon moment pour lui exposer, dans un anglais parfait, le projet de réserves magiques nationales de l'association – et lui demander si l'Angleterre accepterait d'accueillir une telle réserve sur son sol.

-Nous voudrions créer dans chaque pays au moins un espace protégé, dans lequel seuls les chercheurs pourront pénétrer, afin de conserver le patrimoine naturel magique. Mais pour cela, nous avons besoin de l'aide des autorités, monsieur le Ministre. Ces espèces magiques, les créatures, les plantes, constituent un bien précieux qui est menacé par l'extension urbaine, par les activités moldues, par certains pillards de ressources...
-Je trouve le projet très intéressant, affirma Eccleston avec la plus totale sincérité. Je serais ravi qu'une telle réserve soit créée en Angleterre, et vous pourriez bénéficier du savoir-faire du Ministère pour protéger le périmètre. Je vais demander au département concerné de vous contacter pour choisir avec vous l'endroit idéal.

Après s'être confondu en remerciements, Trükmüsh, rayonnant, s'attarda encore quelques minutes puis prit congé ; le petit septuagénaire malingre semblait avoir besoin de dormir. Peu à peu, bon nombre de congressistes l'imitèrent, si bien qu'à une heure du matin, les deux tiers des magizoologues s'étaient éclipsés. Il restait tout de même quelques irréductibles – les Bulgares notamment avaient sympathisé avec une bande d'Allemands et de Belges, et tout ce petit monde vociférait à qui mieux mieux en buvant de grandes pintes de bière. James continuait de jouer au maître de maison, en guettant de plus en plus souvent sa montre ; les convenances exigeaient qu'il soit le dernier à partir, mais il commençait à trouver la soirée longuette. Il faisait néanmoins bonne figure à tout le monde, sans laisser paraître sa fatigue et son envie de partir.

Peu à peu, l'Atrium se vida, et l'ambiance se fit moins formelle, plus calme. Le départ des Bulgares, des Belges et des Allemands laissa un silence bienvenu sur la fin de la réception. Le Ministre de la Magie dénoua sa cravate pour se mettre un peu plus à l'aise ; tout le monde occupait désormais les fauteuils mis à disposition, et James se permit d'aller s'asseoir lui aussi. Il avisa un canapé dont deux places étaient restées libres, et s'y installa. À l'autre bout se tenait Jeremias Serpens, l'un des agents du service de gestion des créatures magiques. Il avait l'air sombre, comme s'il n'était pas dans son assiette, et le Ministre s'enquit aimablement :

-Tout va bien, Mr Serpens ? Vous passez une bonne soirée ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Ven 10 Oct - 21:31

« Tu fais quoi, ce soir?
Je dois aller au Ministère. Eccleston fait une soirée.
Il est aussi beau que sur les photos?
C'est un Sang-Mêlé, Diane...
Oh ne t'inquiète pas chaton. Il ne sera jamais aussi beau que toi. »

Un petit baiser sur une joue râpeuse à cause de plusieurs jours sans rasage et l'affaire était dans le sac.
Diane ne connaissait pas vraiment Serpens. Peu le connaissaient. Ils se rejoignaient souvent dans ce qu'il restait de la Chaumière aux Coquillages, histoire de fumer, de boire, d'écouter de la musique et de se poser quelques questions.
Cette ancienne bande de Poudlard se retrouvait ici assez souvent. Jeremias y participait peu, sauf quand il savait évidement qu'il y avait de la drogue. Et s'il était là ce soir, c'était bien parce que Diane lui avait assuré qu'ils n'en manqueraient pas. Les anciens intellos ne venant pas, ils se laissaient aller à quelques vices qu'ils trouvaient encore plus excitants quand il s'agissait de le faire avec une certaine forme d'interdit.

Diane était en couple depuis plusieurs semaines, avec quelqu'un qui ne laissait pas présager de longues années de vie au vu de ce que la drogue avait fait de lui.
Jeremias l'aimait bien. Il était sympa. Du moins, aussi sympa que faire se peut. Autrement dit, il avait une large réserve de drogue non négligeable, ce qui ne déplaisait pas au jeune dirigeant des Serpens.
Le jeune homme n'avait strictement aucune envie de partir. Répondre à quelques demandes sociales se trouvait loin de ses envies, surtout quand cela se trouvait au Ministère et que bon nombre de courtisans faisaient des courbettes devant un Sang-Mêlé.
Il n'était pas de cet univers ci. Ou plutôt, il l'était entièrement mais n'en voulait pas. Plus peur qu'autre chose, il avait peur d'être davantage détruit par ceux qu'il méprisait au plus haut point. Se dire que son statut d'employé prestige du Ministère, de Serpens, ne lui laissait pas le choix de s'y rendre l'énervait au plus haut point. Enervement qu'il avait tenté de palier toute la soirée avec quelques joints, des verres et des seringues.
Les choses se passaient ainsi calmement. Mais il n'avait pas vu le temps passer, et l'heure à laquelle il aurait du arriver était largement passée. Et Alexander devait déjà être en train de le chercher partout pour l'emmener au Ministère. Le jeune frère Serpens avait lui aussi à faire, et devoir garantir les devoirs sociaux et aristocratiques de Jeremais était l'une de ses missions. Pas véritablement celle qu'il aimait le plus, mais qu'il tâchait d'accomplir le mieux possible.

Ce monde qui se dessinait dès qu'une aiguille de métal entrait dans ses veines, qu'une douce fumée tentait de trouver une place dans ses poumons avait tout d'un lieu qu'il trouvait plus magique que la magie elle-même. Il pouvait y faire ce qu'il pouvait, ne sentant ni responsabilités ni obligations imposées par d'autres. Il pouvait aimer, tuer, vivre en somme et se foutre de tout ce qu'on pouvait attendre de lui. Si éphémère, ce monde se montrait toujours de plus en plus exigeant. Il ne venait plus à la simple consommation rapide de drogue. Il lui en fallait toujours plus, et comme un penseur à la quête de son utopia, Jeremias s'adonnait à toujours plus de dangerosités. Au risque de ne sentir que la froideur pointe entrant dans la peau, il se laissait aller à de plus en plus de doses qui ne l'amenaient pas forcément plus loin.
Il restait comme bloqué au bout d'une île, tournant en rond. Les premiers pas se trouvaient toujours plus qu'agréables et magnifiques. Mais petit à petit, la fatigue se faisait ressentir. On ne faisait que voir les mêmes choses. Et on voulait toujours en savoir plus, sans jamais y arriver. Plus les doses tombaient, plus le monde dessiné n'était qu'un charivari sans fin mais dont on s'illusionnait encore de ses capacités. Il n'arrivait pas à se dire que c'était impossible d'en voir plus, tel l'explorateur prêt à rajouter des morceaux terre à un monde établi depuis des millénaires. Déçu après l'expérience, il n'arrivait plus, le jour d'après, à se souvenir de cette déception. Il ne voulait pas y croire. Ce n'était pas possible. Quelque chose n'avait sûrement pas du fonctionner cette fois-ci et il ne fallait que réessayer. Peut-être même y aller plus fort.
Et ce soir-là, il y était allé bien fort.

Cela faisait deux semaines exactement qu'on avait du se souvenir de la mort des parents Serpens, survenue au mois de Juillet 2003. Trois ans déjà, et Maleficus les avait trop vite suivis.
Il n'était pas parvenu à se rendre sur la tombe. Déjà le troisième anniversaire qu'il manquait. Il avait accompagné Alexander jusqu'à Durobin, l'avait observé assis dans un fauteuil de la terrasse, fumant sa cigarette, se rendre sur la tombe de leurs parents, mais il n'y était pas allé. Une fois de plus. Incapable de faire un pas. De descendre les voir. De descendre le voir. Il ne voulait pas encore accepter qu'ils soient morts.
Et il devait encore aller à cette soirée qu'Eccleston avait organisé.
Qui donc avait décidé d'autant s'en prendre à lui, ce soir?

« Jeremias. »

Il n'avait strictement aucune envie de partir.
Simplement parce que cette fois-ci, il était arrivé dans un endroit qu'il pensait ne jamais découvrir. Ou plutôt, il semblait être sur le point de découvrir cet endroit. Encore une seringue, une seule, et ce nouveau monde était à lui. Il pourrait respirer une bouffée d'air frais, voir autre chose que la banale monstruosité de cette société. Il fallait juste qu'on lui laisse un peu de temps, et qu'on arrête de le toucher, qu'on arrête de lui parler.
Tout semblait pourtant fonctionner. Il était persuadé que tout avait bien était mis en place pour tout aille parfaitement bien. Il avait fait le nécessaire. Et quelque chose continuait à bloquer. Comme si on le retenait quelque part. Qu'une putain de main agripait un bras qui voulait pourtant tant partir ailleurs.
Il se retourna.

« Jeremias ! »

Non, il fallait juste lui laisser un peu temps. Un tout petit peu.
Il bloqua son regard du mieux qu'il put et tourna la tête.
On le força à la remettre dans son axe. Il n'avait pas envie de voir. C'était injuste. Qu'on aille donc faire ça à quelqu'un d'autre.

« Jeremias ! Oh ! »

Et le monde s'évanouit.
Privé encore de ce petite parcelle de terrain qu'il savait être sur le point d'être découvert, mais qui ne se laissait pas avoir si facilement.

« Quoi?
Tu dois aller au Ministère. Il est vingt-et-une heures trente. Tu devais y être pour dix-neuf.
Je m'en fous. Lâche-moi.
Lève-toi !
Et marche, c'est ça? Tu saoules, Alexander.
Monsieur me fait l'honneur de m'appeler Alexander. Si Monsieur veut bien se donner la peine de se lever. »

Alexander leva du mieux qu'il put son grand-frère.

Du haut de ses un mètre quatre vingt cinq, Jeremias n'était pas la légèreté même pour une personne qui faisait vingt centimètres de loin. Les deux plus jeunes Serpens avaient hérité de la petite taille de leur mère tandis que le premier d'entre eux avait dépassé de quelques centimètres leur père. Habitué aux entraînements militaires quotidiens, bien que mince, Jeremias n'était pas gringalet pour autant. Ce qui ne facilitait pas la tâche du petit-frère quand il s'agissait de lever un corps bien assommé par la drogue et quelques verres.

Ils disparurent ensuite.

Quand ils arrivèrent dans un Atrium encore comblé de monde, leur venue ne fut pas remarquée.
Alexander avait donné une potion à son grand-frère de manière à limiter quelques dégâts, mais Jeremias restait particulièrement mélancolique, froid et distant. Il observa la foule de gens avec un dédain propre aux Serpens, ce qui fit sourire le plus jeune des deux avant qu'il ne disparaisse, happé par quelques boutiquiers et commerçants avides d'en savoir plus sur la boutique Serpens. Jeremias demeure comme un con, avec ses quelques grammes et sa dépression, au milieu d'un Atrium qu'il haïssait rien qu'à en entendre les rires hypocrites.

« Monsieur Serpens ! Le jeune-homme tourna avec nonchalance sa tête vers un horrible type minuscule pressé d'en découdre scientifiquement avec lui. J'ai un projet magnifique pour ce Département ! Nous voudrions créer dans chaque pays au moins un espace protégé, dans lequel seuls les chercheurs pourront pénétrer, voyez-vous, afin de conserver le patrimoine naturel magique. Mais pour cela...
Voyez avec Eccleston. »

Il y eut une femme qui le reconnut et lui demanda s'il allait bien, ce à quoi il répondit qu'il cherchait deux coupes de champagne et qu'il reviendrait, chose qu'il ne fit évidemment pas. Une petite vielle fière de voir qu'un bel et grand jeune-homme Serpens arpentait désormais le monde, ce à quoi il manqua de répondre que cela faisait vingt-sept ans que c'était le cas.

Il ne vit pas vraiment passer la soirée, étant au moins honnête avec lui-même et enfilant les coupes de champagne qu'il promettait aller chercher.
Quand vint la fin, qu'Alexander était partie avec un potentiel négociant, et qu'il se trouvait d'autant plus comme un con, le pire finissant toujours pas débarquer alors qu'on en a tout sauf besoin, James Eccleston se ramena.

« Tout va bien, Mr Serpens ? Vous passez une bonne soirée ?
Excellente. »

Le « et vous? » ne vint pas, pas plus qu'un regard de quelques secondes.
Serpens avait tout sauf envie de parler à cet homme ce soir. Il voulait juste qu'on lui foute la paix.


Dernière édition par Jeremias L. B. Serpens le Dim 12 Oct - 12:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Sam 11 Oct - 22:35

Avis de grand froid dans l'Atrium du Ministère. Jeremias Serpens avait accueilli le Ministre d'un regard glacial, et avec un manque de politesse qui ne laissait aucun doute sur son état d'esprit : il aurait préféré être n'importe où qu'assis là, sur ce canapé, en compagnie de son supérieur. Il tirait même positivement la gueule. James l'observa ouvertement quelques instants. Le regard torve, perdu dans le vague, il avait l'air complètement cuit. Il n'avait pas dû y aller de main morte sur les alcools des buffets, le mignon. Le Ministre n'était pas assez versé dans la connaissance des stupéfiants pour en identifier les effets sur son employé, aussi mettait-il son état sur le compte de la boisson uniquement. Il eut un sourire amusé et se rencogna dans le fauteuil en portant sa coupe de champagne à ses lèvres. Serpens avait été ostensiblement discourtois à son égard, espérant sans doute lui faire comprendre qu'il était importun. L'un de nous deux est de trop sur ce canapé, mec. Sauf que d'une part James Eccleston avait l'habitude des impolitesses qu'on se permettait d'infliger à un simple sang-mêlé, et que d'autre part il était chez lui au Ministère. Il était le patron et n'entendait laisser personne l'oublier, même un héritier de bonne famille comme Serpens.

Il s'attarda donc sur ce canapé, pas mécontent de savoir que sa présence agaçait Serpens. C'était assez habituel, avec certains sang-pur un peu arc-boutés sur des idées moisies. Beaucoup avaient compris qu'il était un puriste comme un autre, aussi digne de confiance que l'un des leurs puisque le Seigneur des Ténèbres lui avait accordé sa Marque, mais il restait des réfractaires. Pour ceux-là, un sang-mêlé même dévoué ne mériterait jamais qu'une place de larbin. L'impureté le rendait indigne de souiller de sa présence le champ visuel des Purs. Crétins. Les choses changeaient, les gens intelligents se rendaient bien compte qu'il ne fallait négliger aucune contribution à l'édification du purisme, mais eux restaient agrippés à leurs certitudes.

Il y eut un bref moment de silence, durant lequel le Ministre de la Magie réfléchit, une fois de plus, à cette irritante impolitesse de certains sang-pur, tout en sirotant doucement son champagne ; Serpens ne semblait pas décidé à lui faire l'aumône d'une parole, aussi se chargea-t-il, très aimablement, d'engager la conversation :

-Le professeur Trükmüsh m'a dit qu'il vous avait parlé de son projet de réserve magique, Mr Serpens, et que vous l'aviez renvoyé vers moi. C'est une idée intéressante, que je souhaite aider activement. Vous êtes l'un des meilleurs éléments du département, c'est pourquoi je vous demande d'être l'interlocuteur du professeur Trükmüsh dans ce dossier. Il vous reviendra de choisir avec lui le périmètre idéal, d'aider à en dresser l'inventaire magizoologique, et de collaborer à la mise en place des défenses magiques de l'endroit. Je compte sur vous, conclut-il sur un ton qui indiquait clairement que refuser la mission n'était pas envisageable.

Ça t'apprendra, petit con, pensait-il tout en parlant aussi poliment qu'à son habitude. Il avait envie de secouer Serpens pour le forcer à réagir. Tu sais que tu pourrais être beau gosse, si tu ne faisais pas la gueule ? Le genre grognon, ça ne va pas à tout le monde, et toi, ça ne te va pas. Par contre, un sourire, ça arrange même les pires trognes. Il en adressa d'ailleurs un à Serpens, avant de héler un serveur qui passait à proximité pour lui demander de rapporter du champagne. Voilà ce que c'était qu'un larbin : l'homme, silencieux comme se doit de l'être un bon domestique, obéit et revint servir le Ministre. Peut-être que ce type était un sang-pur, tiens. Tous n'occupaient pas de hautes positions – témoin Abraham Cadwallader, le secrétaire du Ministre – et cela finissait de les aigrir. Être obligé d'exécuter les ordres d'un sang-mêlé, quelle déchéance ! Serpens pensait-il la même chose ? L'ordre de servir de correspondant pour la réserve lui était tombé dessus à l'improviste et, à vrai dire, le Ministre avait agi sur une impulsion. Simplement parce qu'il avait eu envie de faire une crasse à ce type malpoli, dont la moue dédaigneuse le hérissait. Hypocrite ? Probablement. Sans se départir de son sourire – un attribut professionnel, en quelque sorte – il s'adressa à nouveau à son employé :

-Une coupe de champagne, Mr Serpens ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Sam 11 Oct - 23:24

Non, il n'y avait pas vraiment de mots pour décrire l'horrible situation dans laquelle il se trouvait. Imaginez un toxico aristocrate arraché à sa drogue pour aller se taper une discussion avec un Sang-mêlé qui avait tout sauf l'envie de ne pas jouer des bonnes manières et étiquettes sociales que rejetait tant le dit toxico aristocrate. Jeremias haïssait tout ce qui pouvait se trouver autour de lui et ne pas lui venir en aide. Pourquoi personne ne venait parler au Ministre? Pourquoi le laissait-on là? Jeremias avait replié une jambe sur l'autre et observait les structures inintéressantes de l'archéologie de l'Atrium, sans vraiment se poser de questions sur ce qu'il se passait. Il avait terriblement envie de vomir, incapable cependant d'arrêter de boire. Il tenta de chercher un paquet de cigarette, connard introuvable toujours dans les pires moments et tourna la tête vers Eccleston. Il ne fumait pas. Double merde. Il retourna le visage vers l'inconnu et horreur architecturale. Ministre, homo notoire, sang-mêlé et non-fumeur. A part un visage angélique, qu'est-ce que James Eccleston pouvait bien avoir d'intéressant pour lui dans ce foutoir que représentait le monde?

Jeremias observait le sol, écoutait les bruits qu'il ne parvenait qu'à peine à entendre. Il laissait écouler quelques musiques dans sa tête. A dire vrai, il n'avait aucune stricte idée de la raison pour laquelle il restait assis là. Sans-doute une fatigue qu'il n'arrivait peut-être pas à s'avouer et l'envie impressionnante de ne pas bouger. Le canapé était confortable, au moins, bon point dans cette piètre situation.
Il vit qu'Eccleston mûrissait une connerie à balancer et se crispa à s'imaginer ce que le Sang-mêlé trouverait de bon à pondre. Il admirait parfois la patience qu'avait pu avoir Maleficus dans de tels moments. Il se retint de bailler, se demanda une fois de plus ce qu'il faisait ici et se décida à se lever. Grande étape dans cette vaste entreprise humaine, qui lui avait pris bien du temps depuis qu'Eccleston était venu s'asseoir à ses côtés. Une grande étape même.
Mais la drogue n'aidant pas se trouva une alliée peu fidèle quand elle l'empêcha de se mouvoir alors qu'Eccleston commençait à parler. Il tourna sa brune tête calme vers le Ministre, histoire de paraître un minimum poli. Eccleston était épatant d'hypocrisie. Ou du moins, il trouvait de l'énergie à parler de choses inintéressantes au possible à une telle heure. Ca rendait presque fou Jeremias qui ne put s'empêcher de sourire à l'idée de voir cet employé s'acharner à avoir ce que certains pouvaient posséder en un claquement de doigts. C'était lui qui avait condamné Bedan, il s'en souvenait, alors qu'il parlait.
Puis l'enfant entendit le mot parfait pour lui faire perdre toute constance. Le nom même de ce pédant et fou de professeur qui était venu lui parler et qu'il avait envoyé vers Eccleston.
Il éclata d'un rire doux et sombre.

« Je me demande qui est l'abruti qui a eu l'idée d'inventer un nom pareil. Trükmüch. Non, je pense qu'il faut vraiment être con pour ne pas changer de nom en ces cas là. »

Puis il se marra.

Collaborer, blabla technocrate, qu'il aille se faire foutre avec sa collaboration. Contrainte, société, travail, Jeremias observa le Ministre de la manière qu'il pouvait le mieux. Un autre enjeu était entré en compte. Le Ministre attendait quelque chose de lui, chose qu'il ne voulait aucunement faire - simplement d'ailleurs parce que c'était quelque chose qu'on lui imposait de faire. Il fallait donc opter pour une autre tête. Il se décontracta un peu. Séduction en marche. Serpens ne quitta pas du regard le Ministre. Sombre, noir, tranquille, tout dans les yeux de Serpens avaient de quoi séduire en sérénité et profondeur. Du moins, pour celles et ceux sensibles à ce genre de choses.
Il passait son temps dehors, à soigner des créatures, à intervenir, à rencontrer les petites personnes du quotidien qui formaient cette immense diversité que représentait l'Intendance. Il n'en avait strictement rien à faire des dossiers, des aides et des docteurs à rencontrer. Tout ce qui l'attachait à un lieu, qui plus est clos, lui donnait dores et déjà la nausée et l'envie de fuir. Eccleston commençait donc bien la conversation en lui imposant quelque chose. Pauvre type. Sourire à la Serpens.

C'était justement en ces moments que sa condition le rattrapait. Nombreux étaient ceux qui s'imaginaient que Jeremias Serpens n'était qu'un pourri gâté qu'il fallait plutôt critiquer que plaindre. On enviait souvent le sort de quelques héritiers de Sang-Pur, qui plus est quand ils se trouvaient à la tête d'immenses familles. Mais ils ne savaient rien. Ils ne connaissaient pas le nombre de renoncement qu'il fallait faire sur sa vie. Ils ne voyaient aucune valeur dans la liberté qu'eux, au moins, possédaient. Non, il n'y avait rien de séduisant dans l'enfance et la vie de Serpens. Des renoncements, des frustrations, des incompréhensions, des cadres et limites qui avaient de lui un être incapable de se contrôler. Encore plus depuis qu'il avait ces responsabilités qu'il ne supportait pas. Il s'y perdait, et ça lui faisait terriblement mal. Être obligé d'accepter de ne plus être lui. Ses parents l'avaient abandonné, comme Maleficus. Et ces connards de bourbistes n'y étaient pas pour rien. On lui avait pris sa liberté, lui dont on enviait tant l'existence. Il les méprisait tous, ceux qui pensaient qu'il était heureux, ceux qui s'illusionnaient en croyant que bonheur potentiel il y avait à avoir leurs vies. Il fallait être un terrible oiseau fou pour envier une telle vie.
Cette folie lui faisait peur. Et comme tout ce qui lui faisait peur, il méprisait. Il méprisait des êtres libres tels qu'Eccleston qui s'étaient mis des chaînes au pied pour en venir à un tel état de servitude. Il avait honte pour cet homme. Et honte pour lui-même d'être incapable de prendre la liberté de cette homme. Liberté qu'il avait bafouée, pour une course inutile au pouvoir et à la bonne volonté. Le pouvoir ne menait qu'à la tombe. Maleficus n'en avait que trop payé le prix. Tous avaient foutu en l'air leur liberté. Il déprima soudainement.

Quelqu'un arriva.
Jeremias leva les yeux mais n'y fit pas attention.
Il ne regardait rien, ne voyait rien, si ce n'était l'affaire dans laquelle il était tombé. James Eccleston le tenait par l'entrejambe. Il ne comptait pas le laisser partir et se doutait que Jeremias ne le ferait pas. Il eut envie de le faire. De se lever soudainement, de prendre cet abruti de serveur et le mettre à sa place et partir au plus vite. Puis il regarda Eccleston prendre les coupes. Potentielle bonne nouvelle. Hypocrisie. Il observait avec distance cet homme qui maniait le cristal comme les mots, chose qui avait parfois de quoi épater Serpens incapable d'exprimer clairement ce qu'il ressentait.
L'homme se décida à partir, Jeremias se leva à une vitesse folle et manqua de tomber en avant. De manière entièrement et évidemment discrète. Seul le serveur avait senti le poids soudain du jeune-homme sombre sur lui. « Amenez-moi des cigarettes. » lâcha-t-il d'une voix silencieuse avant de se retourner vers Eccleston. Il le dominait. Tant mieux. Qu'il reste assis dans son canapé et il resterait debout. Il le toisa de toute sa hauteur de Serpens, lui fit un sourire quand il prit sa coupe de champagne  - peut-être l'avait-il déjà prise avant? - et attendit. Rien ne sortait. Il se sentait assez con dans cette position, finalement.
Ses yeux noirs tentèrent de trouver un petit quelque chose qui pourrait l'aider. La drogue faisait encore effet.
Merde.

Il trouva une sorte de pouf, juste à côté, qu'il attira avec lui par un mouvement rapide de sa longue jambe fine.
Il s'installa ensuite dessus, en tailleurs, et continua à regarder avec distance le Ministre. Le champagne était assez bon. Même plutôt bon. C'était bien. Un bon point pour le Ministre et son Ministère.

« Vous croyez que votre professeur m'accompagnerait combattre une Acromentule quelque peu énervée un beau matin d'hiver, Monsieur le Ministre? Sourire de petit con, voix presque féminine qui faisait flâner les mots qu'il prononçait de sa voix mélodieuse. Je ne vois pas trop quelle aide supplémentaire je pourrais lui apporter. Je dois passer à peine cinq heures en une semaine dans ce Ministère. Il avança son poignet faisant apparaître une montre délicatement ouvragée d'argent et de cuir noir. Et je suis sur le point d'avoir mon compte horaire pour celle qui arrive. La semaine. Il but une gorgée de champagne. Le pauvre. »

Il méprisait beaucoup les gens qui lui imposaient quelque chose, ignorant totalement ce qu'on lui avait tant imposé pendant des années et ce qu'on lui obligeait encore à faire. Un moment, il eut envie de tout déballer à Eccleston, mais il sut d'avance qu'aucun mot ne se formerait pour exprimer ce qu'il sentait et ressentait.
Le serveur revint avec un paquet de cigarette. Serpens s'en empara avec douceur, fit un sourire de convenance à l'homme et s'arma d'un briquet pour commencer à consumer son mal être. Il aspira la fumée comme une personne qui respire l'air du matin pour se donner du baume au coeur avant une dure journée.

"Ne vous déplaise. En dansant la Javanaise. Nous nous aimions le temps d'une chanson."

Le Ministère s'était remplis de personnes de plus en plus intéressantes. Tous allaient passer leur soirée ailleurs, dans des endroits plus intéressants sinon plus drôles. Pourquoi Bedan n'avait-elle pas été conviée? Où avait-elle trouver le moyen d'aller ce soir, sans lui en parler? Il aspira une nouvelle bouffée de tabac qu'il laissa s'échapper après un temps avec toute la nonchalance qui allait avec sa personne.
Eccleston avait le mérite de ne pas être aussi chiant qu'il semblait être. Potentiellement un autre bon point, joint cependant à une cigarette et une coupe de champagne. Peut-être le Ministre pouvait-il se fondre un peu plus au décor et ne pas importuner les bons vouloirs de Jeremias.
Il le regarda. Tranquillement.
Cet homme avait de quoi étonner. Il ne savait pas pourquoi tant de personnes l'admiraient. Il faisait partie des dirigeants que le peuple considérait. Le parfait gendre. Mulciber le parfait mari, Witcher le parfait bon père de famille. Ces tronches là que les ménagères adoraient sans les connaître. Il en faisait fantasmer beaucoup. Et il se trouvait devant lui. Sans obligatoirement tenter de sentir le charisme qu'Eccleston pouvait dégager.
Il préférait fumer.

« Vous ne fumez pas, James? »

Il avait dit ça d'une manière très silencieuse, relâchant sa fumée au même moment.
En songeant à qui était Eccleston, il n'avait pas fait attention à une légère froideur qui s'était installée. Il se calmait, en pensant. Il arrivait à faire de ses méninges l'exact reflet de ses nerfs, laissant un répit à son corps. Il s'était petit à petit fermé sur lui-même en gardant un visage beaucoup moins crispé et plus serein qu'avant. Il n'avait pas l'énergie de se battre contre les conventions sociales, ce soir. La témérité se trouvait dans son abandon.
Etrange.

Il s'imagina un instant que tout un monde les séparait. La vie de Jeremias Serpens n'avait rien de la vie de James Eccleston. Ils avaient presque le même âge, mais tant de choses faisaient d'eux deux personnes quasiment antinomiques.
En réalité, James Eccleston et sa vie lui faisaient peur. Et il n'avait que trop tendance à mépriser ce qui lui faisait peur. L'homme représentait l'inverse de tous les modèles qu'on lui avait imposés, et qu'il s'était construits volontairement. Eccleston était la monstruosité même. Mais il était avait doucement envie de toucher à la monstruosité, ce soir.
Quand bien même cela la détruirait
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Mer 15 Oct - 14:51

Sale gamin gâté. Jeremias Serpens transpirait l'ennui aristocratique d'une certaine jeunesse dorée, blasée de tout. À les voir, on se disait qu'il devait vraiment être très difficile de venir au monde avec une cuillère en argent dans la bouche. Tout leur pesait, tout leur était contrainte, rien n'avait le pouvoir de les séduire. James les avait tout d'abord connus à Poudlard, et ses toutes premières envies de meurtre devaient remonter à cette période. Lorsqu'on portait l'uniforme rapiécé de son frère aîné, il n'était pas évident d'entendre certains autres se plaindre de leur quotidien monotone de petit bourgeois. Oh, j'ai passé des vacances a-troces dans la villa de Père aux Maldives, si tu savais, il n'y avait plus de menthe pour faire des mojitos... Le week-end dernier, j'ai dû me farcir le défilé de Machinchouette, le grand couturier sorcier à la mode, nous étions dans la loge officielle, c'était d'un ennui ! Serpens lui rappelait ces élèves-là, avec ses moues dédaigneuses. Pleure pas la bouche pleine, c'est dégoûtant. La vie leur était d'un ennui mortel. Ils avaient tout avant même d'avoir eu le temps de le désirer. Lui, au contraire, avait eu des années de désir non satisfait avant d'en arriver où il en était ; cela avait fait de lui un ambitieux, mais au moins profitait-il désormais de tout ce qui lui arrivait de bon. Comme être Ministre, et pouvoir siroter le champagne comme d'autres buvaient des verres d'eau. Il avait mérité le luxe, à la différence de ceux qui ne savaient que péter dans la soie sans s'être jamais donné aucune peine. La richesse en soi ne l'agaçait pas, du reste ; mais cette façon de traîner sa vie cossue comme un boulet...

Serpens était ivre mort, ce qui n'arrangeait rien au problème. Il se mit à rire sottement en entendant le Ministre prononcer le nom du professeur Trükmüsh, et fit quelques réflexions crétines à son sujet. James eut envie de lui dire que, lorsqu'on s'appelait Serpens, on évitait de se moquer du nom des autres, mais il se retint et fit plutôt, sans s'énerver :

-Le professeur Trüksmüsh est justement un spécialiste des Acromentules. Il a fait un recensement des différentes espèces d'Acromentules présentes en Europe, je ne pense pas qu'aller en combattre une lui fasse particulièrement peur, mais là n'est pas la question. Ce que je vous demande est un travail de terrain, en grande partie. À qui voulez-vous que je m'adresse pour déterminer quel périmètre du pays est le plus indiqué pour créer une réserve ? Il me faut quelqu'un qui connaît bien le sujet, et je crois que vous êtes chef d'équipe, non ? L'inventaire magizoologique est également un travail de terrain, même s'il y a quelques papiers à remplir. Même chose pour la mise en place des défenses magiques. Je ne sais pas où vous avez vu que je vous demandais de rester au Ministère pour ce travail, Mr Serpens.

Ou alors, tu râles juste pour le plaisir de râler, car en bon petit bourgeois, tu ne supportes pas qu'on vienne te donner des ordres. Possible aussi, mais tu n'as pas tellement le choix, garçon. Il me faut quelqu'un pour ce job, j'ai décidé que ce serait toi, et voilà : que tu aies tes humeurs n'y change rien.

Le serveur revint, en silence, apporter à Serpens le paquet de cigarettes qu'il avait réclamé, et James le regarda se servir avec intérêt. Il n'avait jamais compris quel plaisir le tabac pouvait procurer. Pourtant, pour son vis-à-vis, l'ingestion de la fumée semblait représenter un réel besoin, et un soulagement intense. Curieux. Les poumons du Ministre n'avaient jamais réellement supporté le tabac, et quelque chose lui disait que le fait d'avoir reçu le greffe d'un poumon magique n'avait rien arrangé de ce côté-là. Serpens lui demanda, en l'appelant par son prénom, s'il fumait. La question en elle-même était anodine, mais la manière de la poser montrait une volonté indéniable de rapprochement, songea le Ministre. Peut-être pour échapper à la corvée de collaboration avec Trükmüsh ? Il se rencogna contre le canapé pour éviter la fumée et répondit avec un sourire :

-Non, je ne fume pas. Je préfère éviter d'avoir une haleine de vieux cendrier, sans vouloir vous offenser, Mr Serpens. Même s'il existe des potions absolument miraculeuses pour traiter ce genre de problème, à ce qu'on dit...

Petite plaisanterie sans méchanceté : Serpens ne semblait pas puer du bec, à la différence de certains gros fumeurs auxquels il était impossible de parler à moins de deux mètres tant l'odeur de tabac les imprégnait. Le Ministre jugea toutefois plus prudent de préciser :

-Je ne parle pas pour vous, bien entendu. J'ai connu des fumeurs qui dégageaient une odeur vraiment écoeurante, et c'est le genre de chose qui vous incite à ne pas fumer. Mais je pense qu'il s'agissait surtout de fumeurs de pipe. Vous ne fumez pas la pipe, Mr Serpens ?

Si tu savais, James. Si tu savais que non content de fumer, le jeune homme auquel tu parles se drogue de toutes les manières possibles... Si tu savais que la drogue lui sert de compagne depuis des années, depuis cette ennuyeuse jeunesse de fils à papa... Tu n'imagines même pas quelle peut être la vie de ce garçon. Vous n'avez rien en commun, vous n'avez jamais rien eu en commun. Même le champagne que vous buvez tous deux n'a pas le même goût pour lui et pour toi – question d'éducation, question de standing.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Mer 15 Oct - 20:32



"Monsieur Serpens, Monsieur Serpens," autant de titres qui faisaient surpoids dans les mots d'Eccleston. Pourquoi fallait-il que ceux qui n'avaient strictement aucune ascendance aristocratique s'y mettent à leur tour? C'était d'un triste affligeant. En étant lui-même, Eccleston semblait être bien plus intéressant et piquant. Mais il jouait à un rôle qui exaspérait déjà Serpens, ses jambes repliées tant bien que mal sous son corps sur ce pouf qui se trouvait être tout sauf confortable.
Ce que cherchait Jeremias tenait de la renverse des codes, de la fin des préjugés mais également de la fin des décorum. Le Ministère n'aidait pas, et comme un maître d'hôtel vendant sa misérable chambre à un prix fort, Eccleston tenait très bien un rôle qui faisait à la fois peur et horreur au jeune Serpens. Ne pouvait-il pas simplement se laisser aller? A l'évidence non, et il le savait très bien. Il le savait, et par pur esprit de contradiction, aimait à se dire qu'Eccleston avait à faire des efforts et qu'il pouvait bien laisser l'étiquette pour plus de naturel. Gamin.
Un temps lui vint l'idée que le naturel du Ministre tenait justement de l'étiquette. Qu'il était une sorte d'être de papier qui s'était tant plongé dans le formel de toutes ses fonctions qu'il avait fini par devenir cette fonction même. Comme l'ouvrier qui se transforme en machine avec le temps, James Eccleston avait-il perdu de son vivant et de son authenticité? Jeremias se le demandait, tandis que le monsieur Ministre parlait de son professeur avait un professionnalisme plombant, tentant justifier par trois points pour quelle raison Serpens était d'une aide particulièrement indispensable pour le vieux fou. Mais le jeune-homme s'en moquait un peu, voire presque totalement, et ne répondit qu'un simple « Ok, comme vous voulez. Vous donnerez les papiers à la direction, je m'occuperai du reste. »

Une bribe donc d'héritier aristocrate qui reprenait le dessus, laissant à voir qu'il savait un minimum gérer les choses. Certes ce soir était-il imbibé d'alcool et de drogues, mais cela ne touchait ni à l'intendance des domaines Serpens, ni même à l'efficacité dont il pouvait faire preuve lors de ses interventions. La contrainte se dessinait dans l'esprit du jeune-homme comme un poids soulageant mais dont il n'avait pas à se défaire, comme s'il ne pouvait s'empêcher de souffrir du mal qu'elle apportait. Il avait besoin des obligations sociales que sa place dans la société et que son rang demandaient. Il avait besoin de gérer quelques comptes, d'être à la tête d'une fortune familiale. Son éducation le rattrapait de manière malsaine, puisqu'il ne parvenait pas à faire la différence entre ce qui était bon pour lui à travers l'obligation. Il ne comprenait pas comment il était possible que nécessité soit soeur de plaisir, notamment parce que son éducation n'avait été marquée que par le déplaisir et l'injustice de devoir faire les choses. Son père ne lui avait jamais appris à répondre aux demandes du nom Serpens avait honneur et plaisir, mais par devoir et absolutisme. Une peur, sans-doutes, chez celui qui avait éduqué ses trois fils avec une main gantée de fer et de désamour. La mère avait apporté aux deux plus jeunes la vertu et la douceur nécessaires pour que les leçons du père se marient agréablement au plaisir d'être en vie, et d'être dans une telle situation. Mais dans sa position d'héritier, Jeremias n'avait jamais eu à toucher au bonheur de la douceur maternelle. Personne n'était venu équilibrer la brutalité aristocratique de William Serpens. Ce monstre de froideur en avait conçu un monstre de distance, de folie, et de nonchalance.
Mais toute cette histoire, tout cette éducation, Eccleston n'en avait cure. Ou il l'ignorait, tout simplement.
Il n'y a jamais de degrés de souffrance. Il y a juste la souffrance. La mépriser, c'est mépriser le ressenti d'une personne. C'est refuser la notion même de ressentir. C'est se montrer plus noir que la noirceur moquée.

James Eccleston représentait une forme de monstruosité au sens primaire du terme. Une chimère. C'était l'inversion totale des codes de Jeremias. C'était l'exact contraire de tout ce qu'il faisait, tout ce en quoi il croyait. Il était une forme de bacchanale, un carnaval nécessaire le temps d'une journée mais guère plus. Voir son exact opposé, voir tous les codes changés et mis à l'extrême d'eux-même, c'était mieux se conforter dans les siens. On refusait tout le temps d'une journée ce qui nous définissait, et allait vers la monstruosité certaine pour une paix presque certaine.
Et ce soir, Serpens avait fait le choix de cracher à la figure de ce qu'on lui obligeait de faire. Chose ratée, d'ailleurs, puisqu'il avait fini par dire oui à ce que lui demandait de faire son patron de Ministre. De quoi l'agacer encore plus et lui donner l'envie d'aller plus loin. Il ne voulait pas passer la soirée ici, il ne voulait pas discuter de manière incertaine et "in-totale" avec cet homme. Il voulait fouler du pied les conventions qu'il était obligé d'accepter tous les soirs. Il n'avait qu'envie d'être lui-même à l'opposé exact de tous ces préceptes.
Justement parce qu'il venait de croiser, à un moment de pure faiblesse de l'âme et du corps, une personne à l'opposé de lui-même.

Quand le Ministre aborda la question de l'haleine, Jeremias se détendit. En voilà une conversation intéressante ! Il sourit.
Fumer était nécessaire, mais cela finissait par apporter plus de conneries qu'autres choses. Il s'imaginait vieillard, si tant est qu'il aille jusqu'à cet âge, édenté, les poumons en miette. L'avantage d'être sorcier apportait à la velléité et à la facilité de la vie. Il pouvait fumer à foison et réparer ses dents autant de fois qu'il le voulait.

« Oh non mais vous avez raison. S'il n'y avait que l'haleine... Les ongles qui jaunissent, les dents qui tombent, les poumons en état de ruine totale. Non. C'est pas très drôle. Souvent, quand on aime à se voir charmer une conquête, il nous arrive d'être surpris qu'une de ces filles détourne la tête. On croit souvent qu'elle fait autre chose. Mais non, pas du tout. Elle fuit l'odeur de cigarette. C'est une plaie. Mais je ne sais plus quel poète disait que les plaies, personne ne s'en passe véritablement, alors autant qu'elles nous fassent du bien à nous. »

Il fit un sourire assez calme, avant de reprendre une bouffée de cigarette bien méritée après avoir donné tant de lui-même.

Il donnait à voir une image de lui qu'il tentait en main. Charmer des femmes ne l'intéressait que dans lors d'occasions sociales. C'était en quelque sorte son seul moyen de partir, et ça prenait une forme totale de réquisitoire pour une société qu'il baisait dans les deux sens du terme. En montrant avec quelle facilité elles venaient dans son lit, parfois totalement connes et persuadées qu'elle finiraient femmes et mères, il brandissait l'étendard joyeux du foutage de gueule entier de la société qu'on imposait à tous.
Au fond, il s'en foutait d'avoir à déplaire à une fille qui trouvait sa bouche trop enfumée pour être attirante. Il se moquait également de savoir si Eccleston le verrait ou non comme un charmeur et comme un profiteur de plaisirs sexuels. Il n'en avait rien à foutre d'ailleurs qu'Eccleston le voie de telle ou telle façon. Il avait simplement fait les choses sans s'en rendre compte, balançant l'habituel discours de la relation féminine comme il en avait tellement l'habitude dans tels moments.

Indisposé de sa situation, arrivant jamais à rester dans la même position plus de dix minutes, il étendit ses deux jambes bien en avant et leva la tête vers ce qu'on pouvait appeler un plafond.
Ce que le Ministère était moche. Non, il fallait avoir chercher à faire quelque chose de moche pour qu'un lieu comme celui-là existe. Il fit un sourire à voir ce ciel refusé, ces rêves coupés soudainement par la froideur conventionnelle des lieux. Il était au moins sûr de faire le bon choix d'aller gambader toute la journée à rencontrer le peuple, aussi con soit-il, que traînailler en tels endroits chiants à crever.
Toujours dans la même position, il aspira de la fumée, et recracha tout.
Amusement total d'un enfant qu'il se plaît à créer des moments de fuite comme celui-ci.
Solitude, sans-doutes.
Quelques cendres tombèrent sur sa jambe. Et par terre.

« Vous ne fumez pas la pipe, Mr Serpens ?
Non. Avaler tout et ne rien recracher. C'est comme se cacher le poison qu'on s'impose dans nos poumons. Et refuser de voir ça à travers un snobisme qui je trouve moche. J'crois qu'on ne s'affirme pas, quand on fume la pipe ! »

Et il rigola doucement et nonchalamment.
Philosopher sur la pipe n'était pas forcément dans ses intentions du soir, mais pourquoi pas.
Eccleston était juste étonnant. Sûrement parce que Jeremias entrait peu à peu dans son monde.
Pas si inconfortable que ça.

Là, la soirée commençait à l'emmerder sérieusement.
Trois cigarettes y avaient élégamment laissée leur peau, il fallait trouver une autre solution pour faire autre chose.
Cela ressemblait à un mauvais morceau de jazz qui n'en finissant pas, titillant les nerfs de tout le monde et ne pressant que l'envie que tout cela se termine.

« Je suis invité à une soirée. Enfin, un after. Post soirée de charité. Ca se passe chez les Platt, vous voulez venir avec moi? »

Il n'attendit pas la réponse.
Il n'attendait jamais grand chose, en vrai. Et il se leva.

Voir l'Atrium, déjà bien moche à l'origine, tourner dans tous les sens lui fit assez rapidement comprendre qu'il n'avait pas déshonoré la maison et le champagne. Son sang sembla à la fois faire un tour extrêmement rapide jusqu'à son cerveau, et redescendre de manière tout aussi lâche jusqu'aux pieds. Un corps assez grand pas assez nourri, si ce n'est que par des restes de drogue et du champagne, ça n'apportait rien de bon.
Sens déréglés, Eccleston qui parlait ou qui ne parlait pas. On s'en foutait totalement.
Il eut soudainement très chaud. Et très froid.

« Merde, lâcha-t-il presque silencieusement. Il eut une sorte de mouvement assez gracieux et féminin à l'intention du Ministre tout en tentant de reprendre parole et esprits. Eccleston, vous voulez... Vous... »

Si une chaise ne s'était pas trouvée par là, il se serait ramassé comme un moins que rien, devant une foule dégrossie et moins considérable qui aurait vu l'un des chefs de famille le plus important s'écrouler devant un Ministre connu pour son arrivisme. Scène de boulevard, quoi.
Il tomba sur la dite chaise, luisant de sueur et blanc comme lait alors que les choses ne semblaient pas forcément aller pour le mieux autour de lui.
Sans-doute aurait-il trouvé le moyen de râler après la dureté de cette putain de chaise, mais ses nerfs s'échauffaient plutôt contre les bourdonnements d'oreille et la sensation de rien contrôle.

Ca ne le lâchait jamais, ces conneries.
Jusqu'au bout de ses putains d'ongles de ses putains de main, il n'était pas foutu de contrôler quoi que ce soit.
Merdique soirée.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Lun 27 Oct - 23:13

Fumer. Aussi loin qu'il s'en souvienne, James n'avait jamais été très doué à ce jeu-là. Il avait connu, comme tous les jeunes gens, la période où l'on passait pour un ringard si on n'avait pas une clope au bec. Les élèves de Poudlard profitaient du laxisme de l'époque Dumbledore pour crapoter n'importe où, dans le parc, dans les toilettes, dans les cachots. Les garçons qui avaient la classe savaient se mettre en valeur en portant, d'un geste viril, leur cigarette à la bouche, en recrachant paisiblement la fumée tout en parlant, en offrant du feu à une demoiselle avec une élégante décontraction. James n'avait jamais fait partie de ceux-là. Trop timide, pas assez assuré lorsqu'il se trouvait en compagnie, il avait en outre le handicap de n'avoir jamais su aspirer la moindre bouffée de fumée sans s'étouffer. Comme le remarquait Ruth en s'étranglant de rire, il devait avoir la gorge trop sensible pour supporter d'avaler la fumée de tabac. Il avait essayé, plusieurs fois, dans l'espoir d'être enfin à la page, mais à chaque fois, il avait dû renoncer, après de violentes quintes de toux. Il était resté un éternel non-fumeur, et avait eu la prudence de ne toucher à aucune autre drogue, au cas où. La blessure reçue à Dublin et la greffe d'un poumon avaient achevé de le conforter dans cette saine habitude ; il se savait trop fragile des voies respiratoires pour se permettre la moindre incartade. Le simple fait de devoir rester dans une pièce avec des fumeurs lui était difficile – ce soir, d'ailleurs, l'Atrium avait été soumis à des sortilèges de désenfumage, à la demande expresse du Ministre soucieux de préserver ses bronches.

Il écouta Serpens exposer sa théorie sur le tabac en silence, en songeant qu'il avait eu de la chance, finalement, de ne pas supporter la fumée. Il se connaissait assez pour se savoir vulnérable aux addictions, et les quintes de toux l'avaient au moins préservé de tous les maux que décrivait Jeremias. Les ongles jaunis, l'haleine de mort-vivant, la peau grisâtre, et la virilité en berne. Il ne comprenait pas comment son interlocuteur pouvait en parler avec autant de désinvolture, et même affirmer que cela faisait du bien. Esprit trop terre-à-terre que celui de James Eccleston.

Serpens eut un rire en parlant de fumer la pipe, et James ne put s'empêcher de l'imiter. La phrase « avaler tout et ne rien recracher » l'avait amusé, preuve qu'il devait avoir un peu trop bu. Il n'y avait, très objectivement, rien de très drôle dans cette phrase, mais cela lui rappelait des conversations nettement plus égrillardes, tenues avec... il ne savait plus avec qui, mais il se rappelait clairement que c'était lors d'une pause entre deux parties de jambes en l'air. Il préféra ne rien dévoiler de cela à Serpens et s'efforça de faire passer cet instant de gaieté pour un rire poli, en phase avec la conversation.

Les derniers invités partaient. Bientôt, le Ministre pourrait quitter cet endroit, et oublier son rôle officiel pour n'être plus que James Eccleston. Il salua ceux qui s'approchaient de lui, de manière assez informelle – à cette heure-là et après une petite fête, on ne s'embarrassait plus des convenances. Le Mangemort pensait déjà à son retour tant attendu chez lui, pour une bonne nuit de sommeil, lorsque Serpens lui proposa de l'accompagner à un after chez les Platt. Eccleston n'était pas vraiment un fêtard. Il devait se résoudre à recevoir et à être reçu, puisqu'il était Ministre, mais ces mondanités lui pesaient. Il s'ennuyait méchamment lors des soirées, et, pour passer le temps, picolait plus que de raison. Enfin, pas lorsqu'il était Ministre en représentation, seulement dans les soirées qu'il s'infligeait en tant que quidam. Les seules fêtes qu'il tolérait étaient celles qu'il fréquentait naguère, dans les bars glauques, pour trouver celui qui partagerait son lit le soir. Il n'y avait aucune convenance à respecter dans ces endroits-là, aucun faux-semblant. On buvait, on touchait, on posait tranquillement ses conditions. Rien d'autre. Pas comme les garden-parties des familles de sang-pur, qu'il devait s'appuyer depuis quelques mois, dans lesquelles on était constamment en train de jouer un rôle.

La perspective d'aller chez les Platt ne lui disait pas grand-chose, mais Serpens semblait se moquer de son approbation. Il s'était déjà levé, comme si le Ministre ne pouvait pas refuser. James ouvrait la bouche pour décliner sa proposition, mais il ne prononça pas une parole. Jeremias semblait tanguer sur place, en proie à un malaise peut-être... Et lui demandait du secours, d'une voix étouffée. À son tour, et assez précipitamment, Eccleston quitta son siège pour aller soutenir son employé. Trop bu ? Probablement. Pas seulement, du reste.

-Ça va aller, Serpens ? s'inquiéta James en guidant Jeremias vers une chaise. Là, asseyez-vous... Qu'est-ce que vous avez pris, Jeremias ?

Quelle que soit la réponse, si elle venait un jour, ce serait sans doute des produits inconnus du Ministre. Il jeta un coup d'oeil autour de lui pour trouver de l'aide, mais tous les invités avaient fini par partir, et les agents du Ministère chargés de remettre l'Atrium en ordre n'étaient pas encore arrivés. Il fallait pourtant bien faire quelque chose de Serpens qui semblait bien près de tourner de l'oeil... Pas question de le laisser seul, il était trop mal en point pour cela. Soudain, James se décida :

-Bon, vous allez venir chez moi, Serpens, j'ai ce qu'il faut pour vous retaper. Allez, levez-vous, je vais vous conduire à la salle des cheminées.

Ils mirent un moment à y parvenir, James soutenant son employé qui vacillait tout en lui prodiguant des encouragements. Le Ministre craignait que l'usage de la Poudre de Cheminette n'accentue le malaise de son compagnon, mais cela ne sembla pas être le cas ; son état ne s'était pas aggravé lorsqu'il pénétra dans le salon de Challenger House, où le maître des lieux l'installa sur un canapé avant d'appeler son elfe de maison.

-Epsilon ! Va dans mon armoire à potions et ramène-moi l'un des flacons vert clair de l'étagère du bas.

L'elfe s'exécuta, et revint promptement avec ce qu'on lui avait demandé.

-Tenez, Jeremias, vous allez boire ça, fit James en s'asseyant près de son employé, le flacon à la main. C'est un antidote à spectre large, ça va vous aider, quelle que soit la saloperie que vous avez prise. D'ici un petit moment, vous vous sentirez mieux. Je crains fort, cependant, que vous ne deviez renoncer à vous rendre chez les Platt. Vous allez avoir besoin d'un peu de temps pour recouvrer vos facultés. Je vais demander à mon elfe de vous préparer un lit, vous allez passer la nuit ici. Je préfère que vous ne restiez pas seul, la potion peut avoir des effets secondaires violents.

Il parlait sans savoir si Serpens était en état de comprendre ce qu'il racontait, peut-être plus pour lui-même que pour son hôte, dans le fond. Juste pour savoir où il en était, après une longue journée et quelques événements imprévus.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Jeu 30 Oct - 15:33

    " Je l'ai trouvée devant ma porte,
    Un soir, que je rentrais chez moi.
    Partout, elle me fait escorte.
    Elle est revenue, elle est là,
    La renifleuse des amours mortes.
    Elle m'a suivie, pas à pas.
    La garce, que le Diable l'emporte !
    Elle est revenue, elle est là

    Avec sa gueule de carême
    Avec ses larges yeux cernés,
    Elle nous fait le coeur à la traîne,
    Elle nous fait le coeur à pleurer,
    Elle nous fait des matins blêmes
    Et de longues nuits désolées.
    La garce ! Elle nous ferait même
    L'hiver au plein coeur de l'été. "
    La Solitude, Barbara


Ce qu'il avait pris ne tenait pas du commun de James Eccleston. Pour lui, ce qui circulait dans son sang portait le nom de poison, de destruction à l'état pure. Mais pour Jeremias, c'était la solution à la destruction entière qu'était le monde. C'était l'unique moyen de trouver un minimum de bonheur au coeur de tant de noirceur. James Eccleston ne pouvait le comprendre car James Eccleston n'était pas Jeremias Serpens. Eccleston s'était battu pour obtenir ce qu'il avait, Jeremias non. Mais l'erreur à ne pas commettre était de croire que le jeune Serpens était de ceux qui se plaignaient alors qu'ils étaient nés avec tous les moyens matériels à leur possession. C'était étroit jugement que celui-ci. Tout ne tenait pas au matérialisme. Contrairement à ce que beaucoup considéraient, l'argent et le nom ne lui avaient jamais donné de liberté. Il n'avait pas pu se construire comme James Eccleston s'était construit. Il n'avait pas pu connaître ce que le Ministre avait connu. Mais c'était également réciproque. Les souffrances du brun jeune-homme ne tenaient pas du futile ni de l'éphémère. Aucune souffrance ne tient de l'inutile. Encore plus lorsqu'elle se trouve être dans les mains d'un acteur important d'une société. Jeremias, à cause de cette souffrance, contribuait au régime de Voldemort, à la dictature de ce dernier. Et cette dernière l'avait formé. Il était l'extrême de la jeunesse du Seigneur des Ténèbres. Il était le projet abouti quand tout est respecté. Il était la preuve même qu'une pensée unique et la privation de liberté est l'unique résultat d'une dictature. Et cette drogue qui le pourrissait de l'intérieur était l'unique fibre, l'essence d'une liberté diluée.
Jeremias Serpens se battait contre lui-même. Il ne pouvait rien en résulter de bon.

Il ne fit pas attention à ce qu'il se passait autour de lui.
Eccleston le prit sous son aile, bien qu'il soit d'une taille plus réduite et l'emmena ailleurs. Il eut un sourire à s'imaginer séquestrer par le Sang-Mêlé de Ministre mais ne put se résoudre à opposer de résistance. Simple fait d'un malaise? Allez savoir.
Quoiqu'il en soit, la drogue et l'alcool l'avaient amené à un tel rejet de lui-même que son corps ne le supportait pas. Il lâchait, juste avant l'âme et l'esprit qui s'uniraient à la monstruosité sans aucun ressentiment. Jeremias entrait lentement, sûrement et plutôt confortablement dans le monde autre d'Eccleston. Il y trouvait ses aises, y trouvait une nouvelle respiration à avoir. Un autre monde, en somme. Dans le simple rejet du sien. Dans le menu dessein de détruire son propre monde en découvrant ce que pouvait être celui de quelqu'un d'autre. Il n'y allait pas sainement. Mais il ne le savait pas.

Autant d'étapes oubliées, qui seraient oubliées le lendemain - une fois n'est pas coutume, et il était déjà sur un canapé. Tant mieux. Il tenta de bien voir. Nouveau lieu, il ne connaissait pas. Eccleston lui parlait, lui fit avaler quelque chose. Qui lui avait pris sa cigarette? Et le paquet? Eccleston l'avait-il laissé là-bas, sur une table? Un petit con profiterait de son propre argent, de sa propre fortune personnelle pour se bousiller la santé.
Tant mieux. Comme quoi, les Serpens ont la capacité de changer le monde et de contribuer à sa désolation. Jeremias s'en réjouissait, ce qui ne lui apportait toutefois aucune cigarette. Et Eccleston semblait vivre dans un vrai couvent pour ne pas avoir ni alcool ni cigarette. Enfin, peut-être qu'il avait un peu d'alcool. Mais le bougre ne voudrait pas lui en filer.
Non, on se tenait bien, désormais. Il se redressa, se recoiffa tandis que la potion lui démembrait son estomac et qu'elle faisait peu à peu disparaître les effets désagréables du malaise et de la drogue. Enfin, de la drogue consommée il y a peu de temps. Le reste continuait à détériorer quelques parts cérébrales et nerveuses du jeune homme. Mais Eccleston ne devait pas le savoir. Il devait peut-être même s'en foutre.
Pour sa bonne conscience, il le soignait, le remettait en état. On ne lui reprocherait pas d'avoir laissé voguer un pauvre camé dans son Ministère. Le reste, ça ne le regardait pas et Jeremias s'en réjouissait. Il étendait ses longues jambes, avait envie de retirer chaussures, chaussettes, veste et tout ce qui lui donnait l'impression d'être compressé dans quelque chose. Mais grand dieu, non, il ne fallait pas. On était chez le Ministre de la Magie.

Mais Eccleston continuait à baragouiner ses bonnes volontés. Jeremias le regarda attentivement, tenant de la personne qui observe tout en donnant l'impression qu'elle est coupée de tout. Incapable de montrer si elle est véritablement intéressée ou si elle pense à tout autre chose. Les deux sont possibles.
Tant de choses sont possibles chez Jeremias Serpens.

« Merci, merci. On vous a déjà dit que vous étiez amusant comme la pluie, James? Il lui posa une main sur la cuisse. Ne vous vexez pas. Je suis un connard. Je l'assume. Mais merci. Peu auraient fait ce que vous avez fait. »

Ce qui ne l'empêchait pas d'être quelqu'un de différent.

Jeremias aurait voulu qu'il ne fasse pas partie de ces gens qui l'aidaient. Il aurait voulu qu'Eccleston le laisse se décomposer dix bonnes minutes, se casse et basta. Il aurait voulu que personne ne s'occupe de lui ce soir, et c'était foutu. Mais ce qu'il voulait ne comptait pas. Eccleston était ce qu'il était, et il avait décidé de le ramener chez lui. Alors valait-il mieux en profiter. « Vous n'avez pas un peu de musique? » dit-il d'un air à la fois attentionné mais également pressant. Il haïssait les soirées sans musiques. Sans la possibilité de se lever, danser, fumer, boire, bais... Non. Il n'était pas chez lui ce soir. On se tenait bien chez James Eccleston. Mais la musique ne serait sûrement pas de trop. Une habitude à avoir quand on voyait du monde apprécié et appréciable.
Eccleston avait-il des amis? Des amis proches, qui le connaissaient, le voyaient raconter des conneries, des anecdotes drôles, le voyant boire l'air complètement décontracté sur un petit air de jazz ou de rock? Jeremias se posait une question qui lui semblait être de la plus grande importance.
Il fallait qu'Eccleston parle.
Ne serait-ce que pour qu'on pense à autre chose que son état miteux, de sa position assez inférieure en cette soirée où, en effet, il n'avait peut-être pas fait attention aux doses de produits toxiques qu'il s'enfilait.

Il retira délicatement sa veste, avec l'air tout aristocrate qui lui restait même dans les circonstances les plus tardives ou intimes, puis déboutonna un des boutons du haut de sa chemise.

« Ce que j'ai pris? Et vous, qu'avez-vous pris pour vous battre contre la peur? De quoi avez-vous peur, James? Qu'est-ce qui vous pousse tous les matins à vous asseoir dans le bureau d'un des postes les plus importants de ce système? L'argent? Les mecs? Les habits? Le sadisme? Au-delà de tout le blabla sur le Purisme, il y a bien quelque chose en plus qui, le matin, vous permet de vous habiller, et d'aller bosser, non? Il y a bien quelque chose qui fait de vous le Ministre, le mec clean qui va au travail tous les matins, qui côtoie les grands de ce monde. Sans bavures. Sans histoires. Que du courage, hein? Il eut un sourire. Sa voix avait un petit quelque chose de mélodieux, reposant et à la fois captivant. Il ne la connaissait pas. Il ne se connaissait pas, finalement. Moi, ça m'impressionne. Vous avez connu Maleficus, non? Tout le monde l'a connu. »

Tout le monde l'avait connu. Il avait éclipsé ses parents, ses deux frères, le reste de la famille, la débile de soeur morte.
Il avait tout mis de côté pour lui. Serpens résonnait avec Maleficus, et vice versa. Il y était arrivé avec une putain de facilité qui avait mis dans l'embarras plus d'une fois ce grand-frère de l'ombre. Plus d'une fois, mais aucune qui n'empêchait qu'il avait aimé son petit frère plus que tout. Et qu'il aurait été capable de crever à sa place, si on lui avait demandé de choisir.
Mais personne n'avait été foutu de lui demander quoi que ce soit.
A aucun d'eux. Enfants de la terreur et de la haine.

« Il était beau, n'est-ce pas? Tout autant que vous. Il aurait rêvé être à votre place. On m'a dit une fois, James, que vous étiez une merde. Enfin. Une petite merde d'arriviste. Le mec qui cherche tout pour se faire bien voir mais qui ne bouge pas un seul de ses cheveux. Jeremias avait terriblement besoin d'une cigarette. Et vite. Et pourtant. Permettez. Il toucha le haut du torse du Ministre, visible par une chemise déboutonnée. Il n'y a rien? On m'a dit que vous aviez été gravement blessé, en Irlande. Ca foutrait dans la merde tous ceux qui disent de vous que n'êtes rien. Même si tous ceux qui disent quelque chose des autres s'y foutent tout seul. »

Ses doigts étaient posés sur le haut du torse de James.
Il n'avait jamais touché un homme. Il savait presque tout du corps féminin, mais rien du masculin. Il n'avait jamais eu sentir les aspérités d'un corps musclé, ou non, d'un corps frêle d'adolescent. Il n'avait que le souvenir du sien. Mais rien ne lui avait permis de faire de lui un objet d'observation. Les autres l'étaient. Eccleston l'était, à ce moment. Et Serpens regardait cela avec un oeil d'enfant qui découvre quelque chose. Un enfant qui s'est laissé emmener dans l'antre d'une personne que les parents haïssent et qui bien appris à leur gosse d'haïr. Il haïssait. Mais la haine était fascinante à regarder. A toucher.

Il les retira. Sans être gêné, ni précipitamment. Il ne voulait plus toucher, c'est tout.
Le moment était terminé.
Il regarda le salon.
Et il savait déjà qu'il n'avait pas l'énergie de se lever. Mais il voulait bouger. Sûrement parce que la situation le dérangeait, comme à chaque fois qu'il parlait un tant soit peu de ce qu'il ressentait. Il voulait échapper à une situation qu'il avait lui même créée.
Mais malgré tout ce qu'il savait, par pur esprit de contradiction, il agissait. Témérité à courte et ridicule échelle. Mais danger tout de même.
Il se leva, donc.

Il parcourut le salon. Regardant les objets avec un certain amusement d'un gamin qui découvre de nouvelles choses. Il toisa quelque peu les fenêtres et la vue qu'elles donnaient. Il tentait de reconstituer le monde de James Eccleston. De comprendre ce qu'il ressentait, de ce qu'il pensait. Lui, là-bas, assis dans son canapé. Il était un être. L'autre mais lui-même. Consentir que quelqu'un d'autre puisse être là. Ne plus être seul.
Accepter, tout simplement.
Il respira.

« Mais on peut le comprendre. Les gens ont terriblement besoin de détruire les autres. Regardez. Je suis Sang-Pur, et si je pouvais, je vous détruirais. Simplement parce que vous n'êtes pas comme moi et que vous me donnez la possibilité de voir autre chose que moi-même. Pourquoi ça me dérange? Peut-être que, habitué à vous en prendre plein la gueule, ou ailleurs, vous avez déjà trouvé la réponse. Moi ça m'a mis du temps. Je fais sûrement partie des cons qui ont peur de l'autre parce qu'il renvoie toujours à soi-même. »

L'elfe n'était pas parti. Simplement parce qu'Eccleston s'était occupé de Serpens et n'avait pas donné l'ordre à la bestiole de quitter les lieux. C'en était touchant.
Il errait ainsi dans la pièce, à l'image, depuis peu, de Jeremias et rangeait quelque petites choses dans l'attente d'un ordre. Tout ça lui évitait la désobéissance.
Pauvre bête.

« Epsilon, c'est ça? L'elfe le toisa soudainement. C'est ça. Le jeune-homme s'avança, choppa l'elfe sous les bras et le posa sur un fauteuil. Il se mit accroupi devant lui. Dis-moi, Epsilon, si ton maître te demandait de lui apporter le Bonheur, que ferais-tu?
La créature observa le dit maître, ce qui ne plut à Jeremias qui claqua des doigts pour attirer son attention. Je ne sais pas, Monsieur Serpens. Monsieur Maître Eccleston aime sans-doute...
Alors c'est ça? Serpens l'avait coupé. C'est donc ça le bonheur. Aimer quelque chose. Apprécier quelque chose. Consommer quelque chose. Mais tu vois, Epsilon, Jeremias s'était retourné et regardait James tandis que le petit être avait aussitôt sauté du fauteuil et se tenait en retrait, je n'aime pas ton maître. Pourtant, suis-je malheureux? Ou plutôt. Si je l'aimais, si je le consommais, serais-je heureux selon toi? »

Essayons, pensa-t-il.
Mais penser et agir ne tenait pas du même niveau. L'elfe avait eu peur, à n'en pas douter. Comme Alexander, lorsque Jeremias ne se contrôlait plus. Comme beaucoup, au final. Eccleston avait-il peur? Craignait-il l'incontrôlable Jeremias Serpens? L'admirait-il?

Il attendit.
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias) Sam 8 Nov - 23:00

Home, sweet home. James avait mis du temps à considérer comme sienne la demeure offerte par Crow, ancien logis de Tom Jugson. Longtemps, il avait regretté son petit appartement londonien, de moindre standing certes, mais où il se sentait réellement chez lui. Puis, peu à peu, l'alchimie s'était faite à Challenger House. Il avait réagencé les pièces à sa convenance, décroché les tableaux importuns, remisé au grenier les meubles trop encombrants... Finalement, il était parvenu à faire de ce manoir une maison dans laquelle il était content de rentrer, le soir venu.
Très franchement, cette nuit-là, il aurait préféré rentrer seul dans ses foyers. D'ordinaire, ramener un garçon à la maison ne lui aurait pas posé de problème, mais là, ça ne l'enchantait pas. Tout d'abord parce qu'il était épuisé et rêvait de dormir. Ensuite, parce qu'il s'agissait de Jeremias Serpens, employé du Ministère, hétérosexuel notoire et, pour l'heure, abruti par la drogue et l'alcool. Un gros bébé à mettre au lit après lui avoir fait ingurgiter son biberon – sa fiole de potion. Un bébé déplaisant au possible, d'ailleurs, qui informa le Ministre qu'il était amusant comme la pluie. James ne se sentit pas spécialement vexé, mais il répliqua tout de même, en fixant son hôte :

-C'est sûr que vous, vous êtes prodigieusement amusant, Jeremias. Je m'amuse follement à essayer de vous remettre sur pied.

Une main sur sa cuisse le surprit, mais il était lancé et continua :

-Qu'est-ce qui peut bien vous amuser, de toute façon ? Vous suintez l'ennui, mon vieux. Mais ne vous vexez pas. Moi aussi je suis un connard, ça nous fait au moins un point commun.

Ce n'était pas très charitable de la part du Ministre de servir ce genre de réflexion à celui qui, après tout, était son invité, mais Serpens ne s'était pas embarrassé de précautions, lui... et normalement, c'était lui, l'héritier sang-pur, qui aurait dû être bien élevé et éviter de balancer des remarques acerbes à quelqu'un qui lui venait en aide.

J'aurais dû le coller entre les pattes du vigile, au Ministère, qu'il se charge de l'expédier à Sainte-Mangouste. Il ne serait pas là à me tenir la jambe, au propre comme au figuré, d'ailleurs. L'enfant gâté réclama de la musique ; James eut envie de refuser, mais l'autre allait insister et une discussion le fatiguait d'avance. Le Ministre se leva donc et alla mettre en marche un appareil sorcier. Un air de rock s'éleva, doucement. Le dernier disque écouté par James, un soir de détente. Pour travailler, il préférait la musique classique et son harmonie. L'esprit pouvait sans peine suivre les sonorités tout en s'appliquant à autre chose. Le rock ne permettait pas cette concentration. La musique était plus agressive, plus rythmée. Pour parler avec Serpens, ce serait parfait.

James se rassit tandis que son employé se remettait à parler. Où voulait-il en venir avec ses questions ? Le Mangemort le regarda avec étonnement. Ce que j'ai pris pour lutter contre la peur ? Rien. Je n'ai pas peur. Je n'ai pas le temps d'avoir peur. Je cours, je me bats, je travaille, et il n'y a pas de place pour la peur là-dedans. Si je m'arrête, en revanche, elle viendra enserrer ma gorge de ses doigts glacés. Alors je n'y pense pas, et je continue. Eccleston ne se voyait pas expliquer tout cela à Jeremias qui, du reste, continuait de parler. Plus bavard qu'un foutu avocat, ce type. Il parla de Maleficus, son frère, puis enchaîna. Certains disaient que le Ministre n'était qu'une petite merde d'arriviste. James eut un sourire amer. Quoi qu'il fasse, ils le diraient toujours. Et la Marque des Ténèbres, alors ? Insinuait-on que l'arriviste avait réussi à duper le Seigneur des Ténèbres ? Ses détracteurs préféraient esquiver la question. Reconnaître qu'il méritait cette Marque, c'était lui avouer qu'il était autre chose qu'une petite merde d'arriviste. Prétendre qu'il ne la méritait pas, c'était remettre en cause le jugement du Lord. Dilemme dont ces esprits faibles ne parvenaient pas à se tirer.

Serpens parlait toujours, évoquait la blessure reçue en Irlande, mais James écoutait à peine. Son hôte avait glissé les doigts par les boutons de sa chemise pour toucher son torse. La cuisse, puis la poitrine. Et ensuite ?

Ensuite, rien. Jeremias continuait sa démonstration (démonstration de quoi ? James l'ignorait) et se mit à interroger l'elfe. Epsilon avait l'air épouvanté, ses gros yeux ronds roulant sans cesse. Il adressait un regard suppliant à son maître, qui tarda, cependant, à intervenir. Affirmer que le verbiage de Serpens l'intéressait aurait été excessif, mais cela avait au moins le mérite de l'amuser. Il ne voyait toujours pas où ce type voulait en venir, pas plus que l'elfe qui répondait maladroitement à la question. Et Jeremias continuait, et l'elfe, à nouveau, appelait son maître au secours d'un regard éperdu... James se décida enfin à le sauver, en ordonnant d'une voix paisible :

-Ce n'est pas la peine de répondre, Epsilon. Va donc préparer une chambre pour Mr Serpens. Ensuite, retourne à ton travail.

L'elfe ne se fit pas prier pour sortir, soulagé de ne pas devoir se plier à l'interrogatoire. Une fois la porte refermée, James se leva et demanda :


-Qu'est-ce que c'est que ces histoires, Jeremias ? Qu'est-ce que vous voulez prouver ? Vous parlez de consommer quelqu'un comme vous consommez vos drogues, ça devrait déjà vous aider à répondre... Consommer de la drogue ne vous rend pas heureux, j'en suis sûr. À la limite, ça vous aide juste à flouter un peu l'image que vous avez sous les yeux, parce que vous ne supportez pas de la voir avec précision. Vous croyez qu'il suffit de changer de produit et de s'envoyer quelqu'un à la place d'une dose pour que ça marche enfin ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] A hard day's night (Jeremias)

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[Flashback] A hard day's night (Jeremias)

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