POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 24 Nov - 14:58

By all means, marry.
If you get a good husband, you'll become happy;
if you get a bad one, you'll become a philosopher.


Le mariage, une vieille institution. Qu'est-ce qui pouvait bien attirer les gens dans le mariage ? Elle se le demandait. Ruth en était à son troisième, et contre toute attente, celui-ci était sur le point de se concrétiser. Jamais deux sans trois comme on dit. On lui avait reprocher son manque d'enthousiasme à l'idée de se marier avec Mike. Les préparatifs l'avaient ennuyé, et elle comme son fiancé n'avait cessé de repousser la date du mariage à la grande déception de leurs tantes et autres relations communes qui n'attendaient que ça. Ils avaient une guerre à gagner, des départements à diriger, comment les gens n'arrivaient-ils pas à comprendre qu'ils avaient mieux à faire que de préparer une cérémonie de mariage ?

Si ça n'avait tenu qu'à elle, ils se serraient marié sans effusion. Une cérémonie simple et discrète avec des amis proches, la famille proche, et on en parlait plus. Néanmoins, avec les projets qu'elle avait en tête, les lois qu'elle voulait faire passer, et l'image qu'ils voulaient donner, un mariage en grande pompe était ce qu'il fallait. On aurait pu croire qu'un grand mariage était le rêve de toute femme. C'était le sien, fut un temps, quand Ben était encore un mangemort, mais plus maintenant. Son romantismes, ses idéaux, ses rêves et espoirs étaient tous passé à la trappe depuis longtemps, et elle faisait fis de ses envies pour le purisme. Le mariage des grands de ce monde faisaient rêver le peuple, leur donnait de l'espoir, et leur faisait oublier certains évènements qu'on désirait leur faire oublier. La démission de Valverde par exemple, et l'état de santé inquiétant du vieux mangemort. Figure forte du régime pendant des années, il avait été Intendant, et avait ensuite posé sa démission pour reprendre la justice, et ensuite l'éducation et la propagande, plus effacé ces derniers mois, quoique toujours actif et efficace, il avait laissé, à l'image de Brom, le devant de la scène à la nouvelle génération. Nul doute que le départ du vieux mangemort laissait un trou dans le gouvernement, mais heureusement, son département était une machine bien huilée, et ses employés compétent.

Elle y pensait pendant qu'on faisait sa coiffure. Et que des sorcières s'activait autour d'elle pour lui faire ses ongles, faire son maquillage. Plusieurs dossiers étaient étalés sur sa coiffeuse, sa tante Marciana avait protesté la voyant travailler le jour de son mariage. Sa mère s'était contenté de lever les yeux au ciel sachant qu'il y avait bien longtemps qu'elle n'avait plus rien à dire sur les agissements de sa fille. Des deux femmes, Marciana, la femme de John était probablement la plus enthousiaste à l'idée de ce mariage. Il était l'oeuvre de son mari après tout, et elle y voyait tout ce qu'il pouvait y avoir de romantique, sans penser que celui-ci se faisait principalement pour des accords financiers. Sa mère, plus pragmatique, à l'image de sa fille, y voyait une possibilité d'avoir enfin un descendant légitime, et la lignée perpétuée.

Pendant que l'on finissait de la préparer, les invités arrivaient. Pour l'occasion, une autorisation avait été demandé afin que la famille de Mike et Ruth toujours à Poudlard, ainsi que divers invité puisse quitter le château à cette occasion. Le mariage ayant lieu le samedi, ça n'avait pas posé de problème. Le mariage était organisé chez les Mulciber, à Mull Cair Bren Court. C'était probablement le seul point qui avait fait rire Ruth dans tout ce mariage. John avait voulu qu'elle se marie avec Mike, c'était à lui que revenait "l'organisation". Elle n'avait nullement envie de se mettre en frais pour ça. Elle avait simplement donné ses exigences aux personnes chargée d'organiser l'affaire. Du blanc, du crème, du blanc cassé, les couleurs devaient être simples, sobres et élégantes, pas de fioritures inutiles, elle avait ça en horreur. Mike, en bon fiancé, avait simplement approuvé toutes les instructions de sa promise et ne s'en était pas occupé plus que ça. Vera, et d'autres cousines tenaient lieu de demoiselle d'honneur. Fraîchement fiancée au ministre, sa cousine se remettait du choc qu'elle avait reçu, néanmoins par mesure de sécurité, elle serait sous Imperium durant l'ensemble de l'évènement, elle en avait informé James.

D'ailleurs où était-il passé celui-là ? Probablement avec Mike. Elle ne voulait pas y penser, elle n'avait jamais été aussi furieuse contre son futur mari qu'en cet instant. Elle avait appris, pas moins d'un jour plus tôt qu'il la faisait surveiller, et qu'un de ses anciens amants avait été tabassé pour l'occasion. Ils avaient pourtant établis les règles du jeu quand ils s'étaient fiancé, et Mike venait de les enfreindre allègrement. Ca n'empêcherait pas le mariage d'avoir lieu, mais il ne perdait rien pour attendre. Au final, il y avait beaucoup de sujet auquel elle ne voulait pas penser aujourd'hui, Mike en premier lieu, et Benjamin en second. Il avait probablement vu les bans du mariage, Mike s'était un plaisir de les publier en grande pompe. La dernière fois qu'elle l'avait vu, peu avant la mort de Jugson, il avait probablement compris où elle se dirigeait. C'était probablement pour ça, que même le jour de son mariage, elle travaillait, pour éviter de penser, et seul James pouvait plus ou moins comprendre dans quel état elle était.

L'agitation autour d'elle commençait doucement à la rendre folle, heureusement, ça serait bientôt fini. Elle entendait du bruit dans le Hall, signe que les invités arrivaient, que ça soit par Potorloin, transplanage ou poudre de cheminette. Les médias devaient déjà être sur place, sorciers en grande partie, mais exceptionnellement, quelques médias moldus soigneusement choisis par ses soins avaient été autorisé à assister à la cérémonie officielle pour en faire un article, et prendre quelques photos. Tout, dans ce mariage, était soigneusement calculé pour donner une image de la grandeur et magnificence sorcière.

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“How do you move on? You move on when you finally understands that there is no turning back.”
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 24 Nov - 21:13

A peine avait-elle eût le temps de se lever, ce matin-là, que déjà, l'agitation était à son comble. Ariana n'avait que très peu dormi, à vrai dire, car ici, les nuits étaient courtes et agitées, les journées longues et passionnantes. Il ne restait que peu de temps pour fermer les yeux et se laisser guider par ses propres songes. Depuis sa sortie de Poudlard, Ariana avait trouvé une nouvelle façon de vivre. Le procès l'avait partiellement anéantie, elle n'osait toujours pas en parler, et n'avait, d'ailleurs, toujours pas remis un pied à Krakendor bien qu'elle ait pu s'entretenir quelques fois avec son père à son sujet : ce qui portait à croire que tout rentrait dans l'ordre pour la famille. La crainte avait été à son comble quand l'héritière légitime avait disparue, refusant de refouler le gazon de la propriété familiale aussi prestigieuse qu’ancestrale. Elle renouait contact lentement, pour être bien certaine de ne pas se faire embobiner. Car malgré tout son caractère bien trempé, Ariana restait une gamine bien trop soumise aux lois des familles puristes. Elle était influence par le simple fait qu'elle n'avait pas l'expérience de son père ou de ses oncles. Elle était à des années lumières de comprendre les subtilités dont ils faisaient preuve chaque jour. Elle en était loin, et elle ne se l'avouait que très partiellement. Au fond, elle n'était qu'une petite fille capricieuse. Elle désirait ce qu'elle n'avait pas, et le voulait, tout de suite. C'était une sorte de projection de sa propre existence. Elle attendait d'elle tellement de choses, qu'elle aurait voulu être tout de suite celle qu'elle rêvait d'être. Les étapes ne l'intéressaient pas. Seul le résultat semblait compter à ses yeux. Triste réalité néanmoins vraie. Son père débarquait chez elle d'ici quelques poignées de minutes, et elle ouvrait à peine les yeux. En bas, Wayland s'affairait déjà à préparer quelques plats typiquement anglais pour le petit-déjeuner. Elle tourna la tête plongée au cœur de milliers de cousins dominés par l'espace infini d'un lit bien trop imposant. Onze heures passées de cinq minutes. Oh merde.

-Fait chier, fait chier, fait chier, fait chier... AAAAH MERDE !

Elle sauta littéralement hors du lit simplement vêtue d'un débardeur et d'une culotte noire à dentelles fine et élégante. Elle débarqua en grandes trombes dans la salle de bain, ouvrit tous les robinets à pleine puissance et se jeta sous le flux continu d'eau. Elle n'y resta pas plus de cinq minutes, et en ressortit vêtue d'une longue et épaisse serviette le long du corps et une autre lui servant à triturer ses cheveux pour les sécher. Elle descendit en bas, ainsi vêtue, et embrassant son concubin avant de s'affairer à manger quelques délices anglais, comme les œufs brouillés saucés au bacon. Elle lisait, parallèlement, le journal comme tous les matins. Depuis qu'elle bossait pour John Mulciber au Département de la Sécurité Intérieure, elle ne cessait de s'informer de tout ce qu'il se passait dans le monde. Étrangement, elle s'était même abonnée à des journaux étrangers afin d'être certaine d'obtenir des nouvelles des autres pays et de ne rien louper. Tous restaient, bien entendu, des journaux puristes aveuglés par l'idéologie et la propagande.

-Putain, Way. Valverde a démissionné. Tu savais ?

Il acquiesça, il venait de lire le journal, comme elle. Elle écarquilla les yeux, avant de quitter la table et d'envoyer son assiette se nettoyer d'elle-même d'un geste de baguette.

-Ils sont bien dans la merde là-haut.

Car qui d'autres qu'Eris Valverde était encore capable d'assurer le bon fonctionnement de cette énorme entreprise complexe et primordiale que la propagande ?
Ariana n'avait pas la réponse, elle n'en demandait pas une. Elle laissait ces affaires aux Grands de ce monde dont elle ne faisait pas partie pour le moment, elle en avait parfaitement conscient. On lui avait nettement coupé les ailes à peine était-elle sortie de l’œuf. Mais c'était tant pis et, au final, elle s'en accommodait parfaitement pour mieux s'en sortir. Car Ariana réfléchissait, improvisait, s'activait, et elle avait trouvé une faille qu'elle ne comptait pas laisser se refermer sans l'avoir exploitée.

Elle eût tout juste le temps de remonter pour s'habiller d'une robe blanche serrée mettant largement ses formes féminines et attractives en avant, se maquiller et commencer tout juste sa coiffure quand son père frappa chez elle. Ce fut Wayland qui lui ouvrit, naturellement, le saluant promptement. Wiltord appréciait les Witcher et Wayland n'y faisait pas exception. La dégaine du père d'Ariana était assurée, franche et clairement imposante. Il était une espèce de montagne à lui tout seul que seules ses deux filles avaient, pour le moment, réussi à gravir. Il demanda quelques nouvelles au récent orphelin. Des nouvelles de lui, de ses frères, de ses sœurs, puis, finalement, monta à l'étage où Ariana continuait de s'affairer à mettre en ordre ses cheveux. Maquillée et bien mise en valeur, on en oublierait presque qu'elle était rentrée de soirée voilà à peine cinq heures. Son père l'embrassa avant de regagner le lit où il prit place, mains croisés, pendantes entre ses jambes. Il la fixait, elle n'avait de yeux que pour le miroir situé en face d'elle.

-Tu es magnifique aujourd'hui Ariana.
-Merci, Papa. Tu voulais me voir ? Ca ne pouvait pas attendre la cérémonie ?
-Justement, non. Tu penses bien que si j'avais pu éviter de faire un détour par Londres, je l'aurais fait. Les familles seront présentes, là-bas, Ariana. Beaucoup de personnalités influentes dans nos milieux qui craignent déjà suffisamment les détours familiaux, pour que tu ne leur fasses avancer une crise cardiaque.
-Ce qui signifie que je dois me montrer proche de la famille. Oui, oui, j'ai saisi. Ne t'en fais pas pour ça. Je n'irai pas au mariage de Ruth si c'était pour rester loin des autres.
-C'est appréciable que tu le vois ainsi, chérie. Emma nous rejoint à Krakendor à midi, nous te verrons là-bas, alors.

Elle lui adressa un sourire d’acquiescement et reprit son activité favorite : faire sa princesse devant son miroir de toute beauté. Elle ne prit pas plus de quarante-cinq minutes pour se parfaire, avant de gagner le rez-de-chaussée où Wayland l'attendait, vêtu d'un des plus élégant costard qu'il ait pu trouver. Elle lui adressa un sourire charmeur et le prit par le bras avant qu'ils ne transplanent pour le domaine des Mulciber où se déroulait la cérémonie.
Déjà quelques familles étaient présentes. Dans le jardin d'accueil, là où venaient de débarquer le couple, se trouvaient quelques membres prestigieux ou simplement connus des grandes familles. Ils discutaient, tandis que certains s'affairaient à gagner le hall d'entée, où se rendaient Ariana et Wayland, bras liés. Quelques acteurs de la presse était présents également. Ariana et Wayland ne firent pas exception aux nombreux fusillades de flash magiques et autres questions amusantes car inutiles et purement intimes. Ariana les regardait avec un sourire en coin témoignant toute son aisance à paraître devant la foule, mais aussi, et surtout, son retour. Le monde sorcier la connaissait, sans réellement s'en soucier. Mais la Jeunesse, elle, était divisée. D'une très grande majorité se trouvait ceux qui l'avaient vue comme leur guide après Maleficus Serpens. Ils l'adoraient, ni plus, ni moins, car elle était un symbole fort du purisme, de la nouvelle Vague, de la Jeunesse. Mais de l'autre, elle était si détesté qu'elle en ferait jaser tant son retour et son sourire en coin charmeur mais carnassier dévisageait quiconque l'avait un jour connu en telle tenue.

Ils pénétrèrent dans le hall, observèrent les lieux, et finalement, retrouvèrent quelques amis de l’élite ou simplement d'anciens Septièmes années qui avaient étudié avec eux et avec qui ils se mirent, sans prétention, à discuter calmement. Ils faisaient partie d'un nouveau monde, celui de l'apparence, de la meilleure parrure, et Ariana ne comptait pas laisser le trophée lui filer entre les doigts.

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Lincoln Crow


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 24 Nov - 21:49

Monsieur l'Intendant, qu'ils l’appelaient tous, désormais. Le méritait-il ? Etait-il digne d'être au-dessus de tous ces gens, de les dominer sans le moindre effort, simplement par son statut, par ce simple mot liant son nom à toute une hiérarchie précise et stricte. Intendant. Sur le papier, le poste avait tout pour plaire, et il plaisait à qui voulait bien croire qu'il était puissant. Mais Crow ne s'était jamais senti aussi faible et désarmé que depuis le jour où il avait nommé à siéger sur ce trône empoissonné. Il était là, il observait, il ordonnait, dans les grandes lignes. Il n'agissait, finalement, presque plus. C'était difficile pour un homme de cette envergure, de ce tempérament, d'être relégué au simple statut de bureaucrate. Oh, non, il n'était pas un politique, bien qu'il n'était pas le dernier des imbéciles à ce sujet. Crow n'aimait pas s'adresser à la foule, elle ne lui inspirait rien d'autres que du mépris. Si facile à manipuler qu'elle en perdait toute crédibilité. Il savait parler, il le témoignait nettement lorsqu'il faisait un simple et court discours. La réalité était que les soi-disant penseurs politiques et autres grands hommes croyant tout connaître du monde et des relations humaines, voyaient dans sa manière de faire, des lacunes, des erreurs. Là était le défaut de tous ces gens. Ils pensaient savoir sans réellement comprendre. Car ce que Crow n'aimait pas dans la politique, c'était de s'adresser au vide. D'évoquer, de rester flou, de ne jamais oser, attaquer, dénoncer, de but en blanc, ce qu'il y avait de mal dans le camp adverse. Le purisme était une espèce de marée noire de pétrole. C'était immonde et dégueulasse. Mais depuis bien longtemps le bourbisme et autres joyeuses idéologies soi-disant bien-pensantes l'avait rejoint dans la laideur. Au final, chaque camp pouvait se renvoyer la balle de celui qui avait causé le plus de mal. Aucun des deux n'en serait vainqueur. Et ce que les politiques, eux, ne comprenaient pas, c'est que le peuple, lui, ne les saisissait pas. Ils parlaient, ils affirmaient, ils croyaient convaincre, et il aurait été faux de dire qu'ils n'y parvenaient pas. Mais le peuple acquiescer sans y croire. Ils approuvaient. Crow voulait qu'ils y croient au point qu'à sa place, ce soit eux qui bavent des conneries sans nom. Il était parfaitement conscient que durant son dernier discours, tout ce qu'il avait pu dire était faux, ou très facilement démontable. Mais c'était des paroles simples et claires que le peuple comprenait, analysait, et croyait comprendre. Ainsi, le peuple les employait et continuait le travail de propagande, d'eux-mêmes. Ils d’auto-persuadaient du bien fondé des actions de leur gouvernement car ils croyaient à des données que la résistance ne pouvait pas renverser : elles étaient vraies. La seule différence était que le gouvernement pouvait le prouver, au moyen de mises en scène spectaculaires, et que la résistance, malgré leurs tracts et autres émissions de radio ridicules et censurées, ne pouvait pas rivaliser. La foule était si facile manipulable que s'en devenait ridiculement chiant.

Mais il s'amusait de la situation. Son discours avait fait jaser les prétendus penseurs de la politique, et son geste leur de l’exécution de Sheppard, mûrement et promptement réfléchi et habilement utilisé, avait fait jaser les religieux. Crow n'était pas fou, pas même bête, comme certains le laissaient stupidement penser à haute voix. Les religieux, au sein de la communauté Magique étaient rares. La très grande majorité, voire bien plus, étaient des athées ou bien des sorciers ne croyant pas aux cultes moldus, mais à d'autres, tels que la puissance des Astres. Une infime partie était encore croyante et liée aux moldus. A ceux-là, Crow leur adressait un avertissement. Croire en ces religions étaient dangereux. Ils croyaient être proches de Dieu ? Ils se rapprochaient du Diable. Des moldus. Ils leur ressemblaient. Ils étaient comme eux. Et la proximité avec le monde moldu n'avait pas sa place dans le régime de Lord Voldemort. Crow s'assurait avec minutie à ce que chacun comprenne que tout était possible pour le Lord. Blasphème, fascisme, tout, absolument, tout, était potentiellement capable d'arriver. Ils n'avaient aucune gêne à briser les mœurs car leur simple présence en haut du trône était signe que le monde était en perdition. Fallait-il se raccrocher à la lumière d'un Dieu inexistant ? Ou croire que le passé ne resurgirait plus pour faire naître des démons de l'ancien temps ? Les faibles se confortaient dans l'idée que Crow était maladroit, qu'il se trompait, qu'il blasphémait. Crow maniait les pensées avec habilités et élégance, il était d'une telle finesse que ceux-là tombaient nettement dans le panneau en s'indignant. Ils les pointaient du doigt, comme des parjures. Ils étaient là, sous son nez, ils les faisaient ressurgir, les infidèles cachés dans la foule. Ils le croyaient stupides, mais finissez tout de même par lui obéir. Qui était encore capable de renverser l'Intendant du Royaume-Uni ? Qui ?

Midi sonna lourdement à Castle Bay, l'heure à laquelle Crow transplana en compagnie de trois hommes de son élite personnelle dont Preston, ancien Second des Exécuteurs de Nuisibles et du Département de la Sécurité Intérieure. Ils débarquèrent au domaine des Mulciber sous le feu des projecteurs car tout le monde attendait sa venue. Sa femme n'était autre que Karen Witcher, la fille de Mike Witcher, le marié du jour. Pourtant Crow était seul, même ses hommes avaient disparus dans la foule, le laissant seule vedette, homme sans défense et loin de se croire supérieur au peuple qu'il dirigeait. On tenta de l'approcher pour quelques questions, quelques photos, rien ne passa tant son visage d'impassibilité était froid et puissant. Il gagna le hall sans avoir adressé un seul mot à la foule, et gagna un coin plus reculer, saluant quelques personnalités qu'il connaissait personnellement. Il pu apercevoir James, au loin, à qui il fit signe de venir le plus vite possible tandis qu'il gagnait un balcon plus reculé du hall donnant sur les à-côtés des immenses jardins. Il alluma une cigarette. Ici il faisait presque bon s'abandonner à son esprit. Le bruit était atténué, et les journalistes absents. Rapidement, ses trois hommes le rejoignirent, et se postèrent à différents endroits – sans jamais qu'on ne les aperçoive ; afin d'éviter tout risque inutile. Crow tenait à ce qu'on le perçoit comme quelqu'un de simple, d'atteignable. Il était mortel, il était un puriste, comme tout un chacun. C'était primordial qu'on le perçoive ainsi. Aussi, jamais il n'était plus flanqué que de trois hommes, et jamais on ne les apercevait.

Il était midi, mais comme toujours dans l'esprit du mage noir, il faisait nuit. Il scrutait le ciel, persuadé d'y voir les étoiles, la galaxie. L'immensité était terrifiante, l'univers apeurant, et pourtant, lui, s'y mêlait comme si de rien n'était. N'était-il pas connu pour être l'un des plus grands experts actuels de la Peur ? De cette magie méconnue, si peu pratiquée, car terrifiante et Ô combien dangereuse ? Crow n'avait pas peur de grand chose, mais le vide, là-haut, le terrifiait. Etait-il seul ? Et si non, qui donc osait le regarder depuis un trône plus haut que le sien ? Qui donc osait dénoncer l'Intendant?

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Seul l'agent :geek:surveille les deux côtés de la force

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John Mulciber


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Jeu 27 Nov - 17:00

Tout l'indifférait. Polémique et démissions et rumeurs et coups dans le dos. Critiques et compagnies. Paroles. Morts et vivants. Les gens parlaient beaucoup. Les gens parlaient trop. Plus Mulciber avançaient en âge, plus il les fuyait. Il n'était pas asociable. Il était même plutôt grande gueule, le premier à parler. Il s'imposait au monde : un monde qui ne le comprenait pas et qu'il ne comprenait pas non plus. Rien à foutre du peuple. C'était une masse grouillante qui se fichait de tout, qui ne s'intéressait qu'à sa petite vie. Le peuple n'intéressait pas John Mulciber. L'impact que ses décisions pouvaient avoir sur le peuple ne l'intéressait pas non plus. Jamais je n'ai eu de reconnaissance pour tout ce que j'ai fait. Et pourtant, j'ai travaillé toute ma vie pour eux. Tout ma vie pour le peuple, et qu'est-ce que j'ai eu en échange ? Tout ce qu'il aimait, on lui avait pris, c'était fini : il ne restait plus qu'une famille à administrer, un pays à diriger, le purisme. Tout ça était pour John Mulciber la même chose, de toute façon : il défendait des gens qui étaient incapables de lui dire merci, qui ne se rendaient pas compte de ce qu'il faisait pour eux. Le monde n'est pas cruel, John, il est indifférent. Ça a toujours été comme ça. Ça ne changera jamais ; ça ne peut pas changer.

Il ne détestait pas le monde. Il y était malheureux, mais il ne le détestait pas. Il ne souffrait pas, après tout, et ce peuple qu'il disait mépriser, qui ne l'intéressait pas – ce qui était vrai – John Mulciber était capable de le fréquenter avec sincérité. Mais tout ça le fatiguait. Les gens se posaient trop de questions. Ils tentaient bien trop de se justifier, de se mettre en scène. Cela n'avait aucune utilité. Lui, il n'avait jamais bougé de ligne. On savait qui il était et ce qu'il défendait. Qu'est-ce que le purisme ? Le fait que les sorciers de sang purs valent mieux que les sorciers de sang mêlés, qui eux mêmes valent mieux que le reste du monde, reste du monde qu'il faut éliminer. Pourquoi faut-il l'éliminer ? Parce qu'il nous est inférieur. Pourquoi nous est-il inférieur ? Parce qu'il pourrait nous détruire. Parce qu'ils sont dangereux. Parce qu'ils bouleversent l'ordre des choses. John Mulciber n'était pas haineux envers ses ennemis : lui aussi n'éprouvait que de l'indifférence. Ils n'étaient rien et il pouvait facilement les écraser. Très facilement. Et il aimait écraser les gens. Mais il connaissait son rôle. Sécurité. Paix. C'est pour cela que nous nous battons. Il ne cherchait pas d'objectifs philosophiques. Il avait des échecs et des réussites. Il éliminait des ennemis. Point final.

Les conneries autour de l'exécution de John Sheppard, il s'en foutait. Certains politiques criaient au viol, il se contentait de sourire. Qui, réellement, ferra le parallèle ? Vous ? Oui, peut-être, mais vous ne croyiez déjà pas en nous avant. La foule ? Connerie, la foule voyait du sang et elle était heureuse. Cela dit, il ne croyait pas non plus à la version de Crow, qu'il comprenait pourtant. Il se plante. Il suffit de lire la Bible pour comprendre qu'elle s'adresse aux sang purs. Un peuple élu qui traverse le désert, qui rencontre des ennemis, qui trouve un messie et qui vit dans la gloire ? Eh bien, c'est une métaphore de notre pays, voilà tout. Rien de plus, rien de mieux, rien de moins bien. Mais ces polémiques passaient et disparaissaient. Lui continuait avec une imperturbable tranquillité l'oeuvre puriste.

Voilà ce qu'était ce mariage. Pas l'aboutissement de ce qu'il avait fait en tant que chef de la famille Mulciber, quoique, mais une partie de son œuvre puriste. Tout était organisé en grande pompe : ce serait quelque chose de prestigieux. La reconnaissance infinie et atteinte une bonne fois pour toute en ce qui concernait les Mulciber.

« Que de chemin parcouru ! Depuis le temps où nous étions les maitres du Sud de l'Angleterre, les chefs de guerres des rois-sorciers, nous n'avions pas atteint ce degré de gloire et de reconnaissance. Lorsqu'au Xe siècle, Denis de Mull Cair Bren se lançait dans le combat contre Julian Outlander, on le vit comme un traître et ce précurseur du purisme se vit retirer tous ses biens. Il fut un Héros : des siècles plus tard, c'est bien John Mulciber, son descendant, qui reprend la lutte pour la Sorcellerie et le descendant de Julian Outlander, Tom Jugson, est mort en ayant trahi le Purisme. Les Mulciber ont eu leurs héros : Daniel Mulciber, qui le premier lutta contre les Moldus en Angleterre, fut de ceux là. Mais c'est bien aujourd'hui, en 2006, que notre famille aura rendu le plus de services au purisme,  et cela, c'est grâce à John Mulciber à qui nous devons cette alliance avec les Witcher ! Vive le Purisme ! Vive l'Intendance ! Vive John et bravo à lui ! »

Mulciber applaudit poliment. Pendant que tout se mettait en place pour recevoir les invités – beaucoup d'invités, en réalité – il assistait à une réunion : celles des membres importants de la famille Mulciber. C'était Willy-Jay, le pasteur de la famille, qui prononçait le discours : à défaut de pouvoir célèbre le mariage, ce en quoi il était très déçu, John lui avait laissé ce rôle là. Il faisait l'unanimité. C'était une bonne chose, après les récents évenements. Effacer Benjamin. Effacer Llewelyn. Effacer les tâches, et qu'il ne reste plus que le blanc d'une robe de mariée, qui tourne, encore et encore...

Mull Cair Bren Court était en fête. John avait depuis longtemps abandonné l'idée de parler à Marciana qui s'occupait des préparatifs. Le matin, il travaillait et n'était pas là : l'après-midi, il avait préparé tous les dispositifs de sécurité, et il y avait donc eu cette réunion. Maintenant, les premiers invités arrivaient. Mulciber lui même passa contrôler que le dispositif de sécurité était bien en place. Bien que la majorité des invités soit capable de se défendre elle même, à commencer par lui, ils auraient autre chose à faire. Impeccable dans son uniforme de cérémonie – l'uniforme de base de la Sécurité Intérieure était noir, celui ci était blanc – Mulciber fit le tour du propriétaire, et s'en alla saluer les journalistes : pas longtemps, juste assez pour qu'on le voit serrer des mains et sourire. C'était lui l'homme populaire du gouvernement. Je ne me force pas. Je suis comme ça. C'est un peu dur de passer sa vie à détester le monde entier.

Ce n'était pas son cas. Il ordonnait, il dirigeait, on ne contestait pas son autorité de chef. Mais il n'était pas mauvais. Un oncle colérique, capable de jouer au bourreau. L'enfant terrible du purisme. Un journaliste moldu avait fait le parallèle avec un chanteur de rock moldu – qu'on surnommait aussi l'enfant terrible du rock – mais John lui avait fait casser la figure (avec approbation des affaires moldues) : d'une, il faisait un métier sérieux, de deux, il n'était pas aussi laid que ce type là. Il salua l'Intendant, Mike, et serra la main de James :

« Dites moi, James, nous devons sacrifier à une petite tradition familiale : lors de nos mariages, il y a toujours un duel amical. Nous pourrions faire une petite démonstration, vous et moi ? »

Il ne se demanda pas si c'était opportun. C'était comme ça. C'était la famille. Et on ne trahit pas la famille.
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James Eccleston


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 29 Nov - 13:04

Mariage. Le mot revenait un peu trop souvent ces derniers temps au goût de James. Tant qu'il ne s'était agi que du mariage d'autres personnes, cela ne lui avait rien fait ; mais les cérémonies à venir prenaient une tout autre importance à ses yeux. Il y avait d'abord les noces de Ruth et Mike ; s'il n'était pas directement concerné, cela lui laissait une drôle d'impression, car il s'agissait d'un événement qui lui semblait marquer la fin d'une époque. Ruth avait été sa compagne de débauche depuis leur septième année d'études ; ils avaient partagé les aventures et les amants, jusqu'à Mike, d'ailleurs. Elle allait se marier ; cela signifiait qu'ils ne pourraient plus, comme avant, se comporter comme deux gamins uniquement intéressés par leur propre plaisir. Ils devenaient adultes. Et lui aussi ; en effet, le mariage suivant sur la liste n'était autre que le sien. Les préparatifs suffisaient d'ailleurs à lui donner la nausée. Lui qui aimait tant les beaux vêtements était prodigieusement agacé à l'idée de devoir se rendre chez le tailleur pour y essayer son habit de noces. Il n'y avait que sa mère pour jubiler à l'idée de voir son petit dernier, resté célibataire jusqu'à l'aube de ses trente ans, enfin casé – et pas avec n'importe qui : une jeune fille d'excellente famille, une sang-pur. Les fiançailles avaient été célébrées en petit comité dans les jours précédents, à Challenger House ; cela avait été l'occasion de présenter Vera à sa future belle-famille, à son futur époux accessoirement, et à son bébé. Le petit Robin, âgé de quatre mois, vivait chez son père depuis quelques semaines, encore un bouleversement dans la vie du ministre. Le Ministre de la Magie n'avait pourtant pas grand-chose à faire avec cet enfant. L'elfe se chargeait des désagréments tels que les biberons nocturnes, la grand-mère gardait avec bonheur son petit-fils en journée, mais avoir un enfant à charge restait quelque chose d'assez démoralisant pour Eccleston. Soucieux d'obéir au mieux aux ordres du Seigneur des Ténèbres, il tâchait de s'occuper chaque jour du petit, de le prendre dans ses bras, de lui parler, mais il se sentait affreusement maladroit dans ce rôle. Curieusement, il n'éprouvait pour l'enfant aucune hostilité, alors qu'il avait subi son adoption comme un véritable châtiment. Pas de réelle affection non plus – comment en avoir pour ce qui n'était encore qu'un tube digestif ? Ses sentiments pour l'enfant demeuraient flous ; son sens du devoir faisait de lui un père attentif, consciencieux à défaut d'être débordant d'amour.

Robin dormait à poings fermés dans le landau, vêtu d'une minuscule robe de sorcier gris clair. James avait hésité, puis décidé, d'un commun accord avec Ruth, que le mariage serait une très bonne occasion de présenter officiellement l'enfant à la bonne société puriste. Le Ministre arborait une robe de même couleur que celle de son fils, ouverte sur un costume trois-pièces de coupe sorcière. Un peu gauche avec son landau, il transplana jusqu'à Mull Cair Bren Court, où devrait avoir lieu la cérémonie ; son arrivée fut très remarquée, et l'agitation réveilla rapidement Robin. Par chance, c'était un enfant calme, qui ne pleurait guère et se contentait d'observer ce qui l'entourait avec curiosité. Il traversa ainsi la noce, dans les bras de son père, s'attirant mille compliments essentiellement adressés par des femmes ; James répondait poliment, remerciait, tout en se demandant ce qu'elles pouvaient bien trouver à ce poupon. Un jour, sans doute, il sera intéressant, mais là...

Toujours chargé de son rejeton, le Ministre parvint à s'écarter un peu de la foule ; Crow lui avait fait signe de loin, il le rejoignit avec soulagement sur un balcon qui dominait la fête. Les deux hommes se serrèrent la main, et James tourna son fils vers l'Intendant :

-Tu ne l'avais jamais vu, je crois, Lincoln. C'est l'enfant que m'a confié le Seigneur des Ténèbres... la relève du purisme ! Il s'appelle Robin. C'est sa première sortie dans le beau monde, il ne va pas être déçu... ajouta-t-il avec un sourire en désignant la noce d'un signe de tête.

Il n'avait pas osé demander à Crow d'être le parrain de l'enfant, et il ne l'osa pas davantage cette fois-ci. L'Intendant n'était pas homme à se soucier de ces simagrées, mais même s'il ne portait pas le titre de parrain, James savait que Robin pourrait compter sur lui s'il lui arrivait malheur. On n'abandonne pas un fils du purisme, un enfant du Seigneur des Ténèbres. Mike et Ruth s'en occuperaient aussi, en cas de besoin. Ou John, qui arrivait, tranquillement, impeccable dans son uniforme blanc. Le Ministre se leva pour serrer la main de son mentor, respectueusement ; Mulciber lui apparaissait comme une figure d'autorité, presque comme son propre chef de famille. Leur parenté était lointaine, mais cela comptait tout de même chez les sorciers ; il y avait aussi cette filiation spirituelle qui faisait que James était, à certains égards, bien plus le fils de Mulciber que ne l'était Nathaniel ; et, dernier point, le plus curieux, le Ministre avait été influencé par l'histoire de son ancêtre, Axioldan Axelston, fidèle à Denis de Mull Cair Bren, l'ancêtre de John, jusque dans la défaite. Ils perpétuaient cette alliance, et il lui semblait devoir à son mentor la même loyauté que celle qu'Axioldan avait témoignée à son suzerain.

Fidèle à lui-même – à savoir, lui aussi, un grand gosse – John proposa à son apprenti un duel amical, qu'il présenta comme une tradition familiale. James sourit :

-Je suis très flatté que vous pensiez à moi comme adversaire, monsieur, mais Ruth m'a promis que si je faisais n'importe quoi à son mariage, elle ferait n'importe quoi au mien... J'accepte donc, à charge pour vous de gérer les conséquences, d'accord ? Elle vous écoutera plus que moi.

Ils se mirent d'accord pour s'affronter au dessert, et le Ministre prit congé pour aller voir, justement, la future mariée. Ce fut l'occasion de saluer, très formellement, Vera qui s'affairait autour de sa cousine ; Robin commençait à piquer du nez et James le confia à Marciana Mulciber, qui lui assura qu'il serait parfaitement surveillé par les elfes de maison. Débarrassé de son fardeau, James put s'asseoir auprès de la jeune femme :

-Alors, comment tu te sens, Ruth ?

Les deux Mangemorts échangèrent un regard éloquent. Chacun savait ce que pensait l'autre, tout simplement parce qu'ils éprouvaient les mêmes sentiments à l'égard du mariage. Ils ne purent parler bien longtemps, cependant, car la présence de James gênait les femmes qui vaquaient autour de Ruth ; après quelques phrases seulement, le Ministre se leva pour aller rejoindre Mike, dont il était le témoin.
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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 29 Nov - 19:19

Il n'avait pas cessé de travailler, en réalité. Jamais, et même ce matin là, il était en Irlande. Normalement, il y était le vendredi : son emploi du temps était réglé comme du papier à musique. Le lundi, Mike recevait ses différents rendez-vous, ou présidait des évenements. Le mardi et le mercredi, il s'occupait essentiellement des procès. Le jeudi et le vendredi, il s'occupait des commissions de sécurité et du sang ou il allait en Irlande le vendredi. Si bien que le samedi et le dimanche étaient deux jours consacrés essentiellement au repos ou à l'administration des affaires Witcher et du Convent. Witcher ne dérogeait que rarement à cette habitude, sauf que les circonstances étaient un peu particulières, puisqu'il avait du aller à Glasgow pour donner des consignes aux rafleurs : après la bataille, toute l’Écosse était de plus en plus ratissée par le département du Sang et des Lois.

Il était rationnel : il agissait toujours pour des résultats concrets et pour une efficacité immense. Ainsi, au fil du temps, il déléguait de moins en moins : s'il pouvait juger les gens compétents, Witcher ne leur accordait que très rarement sa confiance. Ainsi, il n'y avait plus de directeur d'Azkaban. Plus de chef de la commission du sang. Et il présidait la Haute Cour de Justice de l'Intendance, autant dire que finalement, ne restait plus qu'un seul poste clé mis à part le sien au sein du département du Sang et des Lois, c'est-à-dire celui de chef des rafleurs. Pourquoi ne pas l'avoir supprimé ? Parce qu'il ne voulait pas traquer lui même des gens qui n'étaient bon qu'à mourir. Ca l'ennuyait. Les torturer, leur faire du mal, violer leurs femmes, oui, pourquoi pas, sans doute, et les tuer, à la fin, les faire disparaître, car tel était leur destin de toute façon. Il claquait des doigts, et ils mourraient. Il était, ni plus ni moins, qu'un bourreau, et la parodie de justice qu'il servait au monde n'avait qu'un but : maintenir le sang pur au pouvoir, faire en sorte que cet or qui illuminait le monde qui n'avait jamais de souci parce que l'argent les gommait tous, se maintienne à perpétuité. D'une certaine manière, Michael F.I.D. Witcher se considérait comme altruiste. Tout ce qu'il faisait, il le faisait pour sa famille, pour les gens qu'il aimait, quand bien même parfois ils étaient à désespérer du genre humain par leur aveuglement. On lui reprochait d'être tyrannique, mais on l'oubliait vite. Sa capacité à tout régenter, à s'inscruster partout, à tout contrôler, son manque d'intérêt pour les individus aussi : il savait gommer tout cela d'un sourire.

Il pouvait tout faire oublier ainsi, les malheurs et les peines, y compris les siens. Il ne disait jamais ce qu'il pensait vraiment, c'était sa grande force. Peut-être parce qu'il ne savait pas forcément très bien lui même ce qu'il pensait, parfois. Aujourd'hui, il ne savait pas trop. Finalement, il était revenu vers midi à Anchor Hall, histoire de parler un peu avec son frère et ses sœurs, venus pour l'occasion. Il y allait avoir du monde, bien trop de monde : il détestait ça, cette cérémonie, ça l'en aurait presque rendu malade, physiquement, parce qu'il avait peur du monde, ça faisait bien trop de bruit, c'était bien trop stupide, il ne pouvait pas le supporter, mais d'un autre coté, il le fallait, il le devait, c'était le mariage du siècle, l'une des plus grandes alliances qui se soient formées entre sang purs depuis le XIXe siècle.

Watson, Emma et Sally partirent en avance. Lui resta un peu seul, buvant un verre de whisky lentement. Est-ce qu'il était heureux ? Oui, sans aucun doute. Il se demandait bien pourquoi, mais il était content que ce soit Ruth. Pas seulement parce que ça emmerdait Ben – on ne pouvait pas dire que Mike avait le triomphe modeste, puisque déjà, il considérait qu'épouser la fiancée de son ex-meilleur ami était un triomphe, et qu'en plus, il ne s'était pas du tout privé de publier les bans avec une joie mauvaise, pensant littéralement « bien fait pour ta gueule ». Mais dans le fond, c'était un peu comme cette jalousie qui l'avait conduit à casser la gueule à cet ancien amant de Ruth : il ne savait pas d'où ça venait. Mais il était content. Quand bien même il ne l'aurait jamais admis.

Ce serait un mariage militaire, avec un marié militaire, et un officier civil, du coup, militaire, en la présence de John. Mike regrettait un peu que Karen ne vienne pas, mais Lincoln était comme ça : bien qu'il fut persuadé qu'il n'éprouva pas d'amour véritable pour sa fille, il était d'une jalousie maladive, lui aussi, qui le conduisait à la cacher un peu. Ou alors il voulait se mettre en valeur tout seul. Witcher s'apprêtait à quitter le manoir, en uniforme, lorsque Gregor, son majordome, le retint :

« Monsieur, j'ai fait préparé le smoking de Monsieur.
-Un smoking ? Inutile, mon vieux. J'irais ainsi.
-Mais...monsieur... » Le vieux majordome paraissait s'étrangler sous le poids de l'information, contemplant l'uniforme certainement adapté à l'Irlande, un peu moins à un mariage, de Mike. « Enfin, je...
-Un problème, Gregor ?
-Monsieur a oublié ses médailles, si monsieur me permet.
-Oh, oui, exact. Ne soyons pas ridicules. Apportez les moi. » Le majordome s'exécuta : « Merci. Il aurait été dommage de ne pas tenir notre rang. A demain, Gregor, hm ?
-Très certainement, monsieur. Madame Witcher reviendra-t-elle avec vous ?
-Excellente question, je verrais cela avec elle. Et ne l'appelez pas trop madame Witcher. Elle n'aimerait pas. »


Il sortit dans le jardin, et transplana directement à Mull Cair Bren Court. Les journalistes se précipitèrent sur lui, mais il se contenta de sourire gentiment, laissant les photographies se faire. Point final, ça n'irait pas plus loin, ça ne les regardait pas, et il passa, se réfugiant à l'intérieur du hall, traversant les couloirs, histoire de voir s'il pouvait voir Ruth, mais la tante Marciana lui barra le passage.

« Non non non, hors de question, cela porte malheur de voir la mariée, disparais, ouste ! »


Il battit en retraite, non sans avoir noter rapidement un coup d'oeil presque furieux lancée par Ruth elle même à travers la porte restée ouverte, sans bien comprendre pourquoi, mais évitant la tante Marciana, décidée à le traiter comme un gamin, il revint au hall. Oh, tiens, Wayland. Il lui aurait presque fichu une baffe devant tout le monde, à ce petit con qui tentait de lui piquer sa place, de s'imposer comme héritier, et qui se permettait de venir à son mariage comme ça, avec le sourire. Quant à Ariana Bedan, c'était un peu la même chose : il espérait simplement qu'elle n'allait pas gâcher le mariage en disant à Ruth qu'il avait couché avec elle – quand bien même elle baisait bien, ça ne l'arrangeait pas.

Il salua John rapidement, évoquant la démission de Valverde de quelques mots, discuta un peu avec Crow avant de retrouver son témoin, en l'occurrence James – le récit de sa soirée d'enterrement de vie de garçon aurait été mémorable, et du genre à choquer la tante Marciana.

« Alors, tu as amené le petit, John m'a dit ça ? Tu n'as pas l'air de t'en sortir trop mal, pour un nouveau pire, la tante Marciana adore les enfants, c'est une bonne technique de lui laisser. »

Même si ce n'était pas son genre. Bizarrement, Mike aimait bien les enfants – et pas forcément dans un sens salace, même si c'était vrai aussi. Mais ce n'était plus d'actualité.

Quoique ?
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Eileen A. Anderson


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Dim 30 Nov - 3:55

Le dernier été avait probablement été le meilleur de la vie d’Eileen. Tellement plein et excitant, elle avait découvert beaucoup de nouvelles choses, sur les autres autant que sur elle-même, c’était une chance et pour une fois elle n’avait pas passé les deux mois à se morfondre dans sa chambre en attendant le retour à Poudlard, pas parce qu’elle aimait le château, mais parce qu’elle vivait loin de ses parents. Alors oui, elle ne les avait pas beaucoup vus puisqu’elle avait rendu visite à Kimeria et à Tiéphaine mais surtout, surtout, elle avait rencontré Jeremias. Ce prénom, à chaque fois qu’elle l’entendait ou qu’elle voyait son visage quelque part son cœur battait la chamade. Elle ne s’était toujours pas vraiment remise de leur rencontre, elle rêvait de lui et ne voulait que le revoir.
Alors vous pouvez imaginer sa surprise quand elle reçut un hibou de sa part l’invitant officiellement au mariage de Ruth Alexïeva et Mike Witcher. Elle était gagnante de tous les côtés. Cet évènement lui permettait de revoir celui qu’elle aimait tant et en plus il y aurait un tas de beau monde là-bas, c’était son occasion pour un peu plus de visibilité. Elle avait beau être ultra-riche et sang-pur, ses parents n’étaient pas nécessairement influents, il y avait des gens dans sa famille qui jouaient leur rôle, en cachette, en France surtout mais pas ses parents, ils n’étaient même pas reliés au Ministère de la Magie. Alors elle s’était promis de faire mieux et savait déjà qu’elle partait avec un sacré avantage : celui d’être une sang-pur respectable en tous points. Et maintenant elle se pointait au bras de l’héritier Serpens.
Son côté petite gamine peste avait hâte de voir le visage de toutes les donzelles qui tournaient généralement autour de Jeremias quand elle arriverait avec lui, il était réputé pour draguer oui, ramener les nanas chez lui aussi mais il les amenait très rarement à des rendez-vous et s’il le faisait ce n’était pas plus d’une fois. Ça faisait deux fois qu’elle le voyait déjà, même si on ne pouvait pas vraiment compter la première comme un rendez-vous, et elle était toujours là. Naïvement d’ailleurs elle comptait bien y rester pour toujours, elle était pleine d’espoirs et de beaux rêves romantiques, comme toute gamine de 16 ans même dans un monde aussi pourri. Elle voyait son happy ending, étonnamment cette fois il ne comprenait pas son père, elle avait réussi à l’oublier pour Jeremias et elle n’en était pas peu fière, ça ne durait qu’un temps mais ça la rendait heureuse. Tant mieux.

Elle avait obtenu une permission de quitter l’école de magie, elle l’avait d’ailleurs montrée à qui voulait la voir, trop heureuse d’aller à un évènement aussi important alors qu’elle ne faisait pas partie de la famille ou des amis proches de l’un des deux mariés. Une chance, oui, comme on en voit rarement.
Elle resta perplexe devant son armoire pendant un moment, ne sachant pas quoi choisir comme robe. Puis elle reçut un dernier hibou de Jeremias qui lui indiquait qu’il en avait fait faire une, exprès pour elle. C’était mignon comme attention, vraiment, ça l’empêcherait de devoir remettre une ancienne robe, elle se serait sentie ridicule. Et si elle aurait aimé qu’il la prévienne plus tôt elle s’en accommodait. Elle se vêtit donc simplement d’une robe de sorcière, qui lui allait bien, qui était très jolie même mais qui ne correspondait pas du tout à ce genre de chose.
Elle se fit escorter jusqu’à Ashton Court, première fois qu’elle se rendait là. Elle sentit comme un malaise quand elle posa le pied à l’intérieur du manoir. L’énergie n’y était pas du tout la même qu’au château, elle pouvait le sentir, c’était beaucoup plus sombre. Et encore ça devait l’être encore plus dans les autres demeures où toute la famille avait vraiment vécu. Là elle n’avait qu’un avant-goût, mais c’était déjà bien assez.

Elle n’eut pas à attendre longtemps avant que Jeremias ne l’accueille, un sourire se pointa sur son visage, elle était bien.

Ils se saluèrent et elle l’embrassa, c’était la première fois qu’elle prenait l’initiative d’ailleurs. Il l’emmena jusqu’à la chambre qu’il avait faite préparer pour elle, charmante attention. Sur le lit reposait la robe, longue et verte avec des bijoux en argent et diamants.


« C’est splendide Jeremias, merci. »

Ajouta-t-elle dans un souffle. Ça avait dû lui coûter une fortune aussi mais elle n’y pensait même pas, de toute manière elle ne se souciait pas de ce genre de choses, elle n’avait pas la notion de la valeur de l’argent, elle avait toujours eu ce qu’elle voulait quand elle voulait et ça n’allait pas changer maintenant.
Il la laissa seule pour qu’elle puisse se changer. Ce qu’elle fit. Elle mit un peu de maquillage, comme à son habitude, enfila ses chaussures, se coiffa et s’observa un instant devant le miroir en pied. Elle s’aimait bien comme ça, on aurait pu difficilement penser au premier abord qu’elle était encore élève à Poudlard, elle faisait tellement … adulte.
Jeremias entra dans sa chambre après avoir demandé la permission. Il la complimenta et elle le remercia. Il était beau lui aussi dans son costume chic. Elle l’enlaça et ils transplanèrent une fois qu’elle eut attrapé sa pochette et rangé sa baguette à portée de main, pas qu’elle puisse vraiment en avoir besoin là-bas.
Elle était accrochée tellement fort au bras de Jeremias qu’on aurait pu croire qu’elle ne le laisserait jamais partir. C’était l’idée. Mais surtout elle appréhendait. Elle avait assisté à des soirées mondaines, à des mariages aussi mais jamais aussi gros, jamais aussi important. Elle ne parvenait presque pas à croire qu’elle y était. Ils passèrent devant les journalistes et photographes. C’était son moment de gloire, elle savait que si elle était sur les photos ce serait essentiellement parce qu’elle se pavanait aux côtés de Jeremias mais elle n’y pensait pas, elle se souciait simplement du fait qu’elle serait sur ces photos et que personne ne pourrait l’ignorer. Elle apprécia grandement l’exercice, Jeremias un peu moins et c’est pour ça qu’ils écourtèrent et rentrèrent à l’intérieur. Mull Cair Bren Court. Elle n’avait jamais pensé avoir l’occasion de s’y rendre un jour. Bien sûr elle se doutait que l’endroit pullulerait de mangemorts et de partisans du Seigneur des Ténèbres et elle ne se sentait pas tout à fait à l’aise avec ça d’ailleurs, mais étant donné qu’elle assistait au mariage de deux d’entre eux la chose paraissait logique.

Bon. Elle y était. Et maintenant quoi ? Il allait falloir trouver quelque chose, elle ne pourrait pas rester collée à Jeremias toute la journée, il avait des gens à saluer et surtout elle devrait engager la conversation avec d’autres, profiter de ce moment unique pour se faire bien voir.
Elle fit un premier tour avec lui, le laissant l’introduire rapidement à ces gens qu’elle ne connaissait que de nom pour la plupart, de vue pour les gens du gouvernement. Elle bougeait avec aisance, l'appréhension était vite passée, elle était formée pour ce genre de choses, elle avait été formatée pour bien présenter, ça aurait été un comble qu’elle ne puisse se montrer sous son meilleur jour à un tel évènement alors qu’elle ne faisait que ça en temps normal.
Elle voyait des personnes de sa tranche d’âge, des gens qu’elle avait pu voir à Poudlard mais qu’elle n’avait jamais approché, Ariana Bedan et Wayland Witcher en étant des exemples. Et si tout paraissait possible dans un endroit comme celui-ci, Ariana l’intimidait et c’est quand elle vit que Jeremias se dirigeait vers elle qu’elle l’abandonna, prétextant une soif soudaine.
Elle attrapa une coupe, but une gorgée. Champagne. Elle ne buvait pas d’alcool. Elle reposa le verre sur le prochain plateau qui passa vers elle. Elle réussit à trouver un verre de boisson non-alcoolisée et entreprit donc de boire tout en observant l’endroit et ses habitants temporaires. Ça aurait pu donner le tournis, tant de gens, de richesse et de puissance, mais Eileen choisit de ne pas se laisser impressionner. Si elle le faisait elle était sûre de perdre. Elle observa Jeremias du coin de l’œil, il riait, un verre à la main, ça avait été rapide. Mais elle ne pouvait pas l’empêcher de boire s’il en avait envie. Elle n’était pas tout à fait ce genre de rabat-joie, pas encore.

Elle avait hâte que la cérémonie commence en un sens, elle avait toujours aimé les mariages et la partie conte de fée qui va avec. Même si ce n’était pas tellement un magnifique conte de fée qui avait conduit ces deux acteurs du purisme à s’unir très officiellement aujourd’hui.
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 1 Déc - 0:49

« De quoi j'ai l'air ?

_ J'hésite entre le sapin de noël et l'elfe de maison lépreux ...»

Se retournant, Amy Yaxley le fusilla du regard, terminant l'installation provisoire de son eye-liner. On devinait, au soin qu'elle apportait à son apparence, l'importance de cette occasion à ses yeux. Sa robe était vraiment splendide, avec de la dentelle jaune pâle, un corset plutôt bien préparé, un chignon propre et net, sans domestiques pour l'aider, elle avait passé un temps fou à le faire. Pourtant, la réaction de son cavalier n'avait rien de plaisante, bien au contraire, le sarcasme malsain suintant par tous les pores de sa bouche, faisait mouche, encore une fois. C'était ça, Tryan De SaintClair, une boule de sarcasmes, cynisme et repartie blessante, un être détestable en société, aussi manipulateur qu'un marionnettiste, et depuis peu constamment sur les nerfs. La maladie d'Eris le touchait également, pas physiquement, mais moralement, il était beaucoup plus sec et incisif que d'habitude, son froid glacial devenait piquant, brûlant, on devinait clairement une pointe d'agressivité constante en lui. Et ce même avec la personne qui l'aimait et ne cessait de le lui faire comprendre, d'être là pour lui. Peut être même plus que les autres, elle ne savait pas vraiment pourquoi il venait là avec elle. Tryan avait été invité, plus par Ruth que Witcher, à n'en pas douter, et avait presque décliné l'invitation, avant qu'Amy n'en parle. Pris d'un regain d'attention pour cet événement, il avait accepté, au grand désespoir de bon nombre de personnes au courant.

Qu'on se le dise, il n'était pas très apprécié, surtout dans le milieu des mangemorts et autre. Marqué au fer blanc comme ennemi des ténèbres, le français ne consentait pas à rester discret, très peu pour lui, il aimait s'amuser, se divertir, ou plutôt … faire chier le monde. Oui, ça ressemblait plus à ça, se moquer des présents, mais attention, subtilement, sans grossièreté, avec la subtilité vicieuse qui était la sienne, une signature, si on pouvait appeler ça ainsi.
Toujours était il qu'on avait pas l'impression que Tryan allait à un mariage. Ça n'était pas tant à sa tête, plus à son habit. Une tenue sorcière, un ensemble de duel noir, simple, sobre, assez militaire mais pas trop, une tenue de tous les jours pour un directeur actif.

« Tu ne comptes pas y aller comme ça au moins ? »

Elle n'eut pas à attendre la réponse.

« J'avais pensé à des frusques plus moldues, mais je n'ai rien trouvé sur le chemin … tu pardonneras.»

Pas même un sourire en coin, signe de son ironie habituelle, rien du tout. Comme un sniper, chaque parole sortie de la bouche de son interlocuteur devenait sujet à une réplique cinglante.

« C'est hors de questions que tu y ailles comme ça.»

Il ne réagit pas tout de suite. Elle se retourna et continua sa préparation. Après un rire cynique à moitié étouffé, le français se leva et quitta la chambre, sans regarder sa dame de compagnie.


*****************************


La brume blanche se matérialisa dans l'entrée de Mul Cair Bren Court. Apparurent alors les deux jeunes gens, un couple prétendu mais jamais prouvé, désormais exposé à la vue de tous. La somptueuse Amy Yaxley, dans sa robe de belle facture, très bien coiffée, très en beauté, ne manquait pas de répondre présente aux cotés d'un certain directeur du département des mystères, dont le nom échappait encore à tous puisque ce cher ministre, sans doute présent lui aussi, avait décidé qu'une réforme c'était bien et que ça donnait l'impression de faire quelque chose. Passons. Nous disions donc un directeur du département des mystères dans une tenue toute aussi tape à l'oeil. Du blanc évidemment, beaucoup de blanc, avec des broderies d'argent évidemment, en l'honneur de sa famille. Son uniforme de parade, tenue gradée de l'armée française, remise au goût du jour par monsieur Tryan De SaintClair. Fini le noir et l'or, bonjour au blanc et à l'argent. À noter l'ajout d'une cape blanche aux reliures d'argent également, pour rester dans le thème. On aurait pu s'attendre à trouver moult décorations sur sa tenue, il n'en fut rien, pas une seule n'apparaissait, la décision avait été prise, elles n'avaient pas leur place ici.
Bras dessus, bras dessous, ils entrèrent dans l'endroit où la réception avait d'ailleurs commencé, contenant déjà une très grosse partie du gratin. C'était d'ailleurs une habitude pour eux d'arriver en retard où ils allaient, la faute au jeune homme qui préférait prendre son temps et éviter les feux de la rampe, même si on ne manquerait pas de les remarquer.

Entrant dans le hall, le français se souvint de cet endroit. Ah Roxane ! Quel mariage, le plus amusant auquel il avait pu assister, probablement un des meilleurs souvenirs qu'il partageait avec ce genre d'assemblée. Dieu qu'il s'était amusé, au détriment de son employée de l'époque d'ailleurs, il espérait bien la croiser ici, simplement pour mettre Amy mal à l'aise et la rendre un peu jalouse en émettant le doute d'une éventuelle liaison passée. Qu'importe, il aurait sûrement ce plaisir plus tard, et le français aimait prendre son temps. Avançant dans le début de foule mondaine, le français soupira, ajoutant avec humour :

« Mon dieu, si on tombe sur tes parents, je n'aurai pas besoin de tuer ton père moi même … »

Ca n'avait pas grand chose de drôle, mais quand on connaissait la famille Yaxley et le passé de De SaintClair, on pouvait facilement imaginé que le vieux allait avoir une attaque en voyant vraiment sa fille au bras de cet homme. Lui qui avait viré Menroth, seul les mangemorts le savaient, avait su s'imposer en éjectant un pilier d'une ère politique. On ne l'appréciait pas et il aimait en jouer, principalement pour mettre mal à l'aise ses interlocuteurs, simple plaisir sadique, il lui en fallait peu pour s'amuser, un esprit à torturer suffisait.
Tapotant délicatement sur le bras de son accompagnatrice, il lui désigna un photographe, sans doute là pour l'occasion, et qui n'allait pas manqué d'immortaliser l'instant.

« Fais un grand sourire, on nous regarde.»

D'un sourire faux et presque moqueur, il laissa le malotru immortaliser l'instant. Amy lui tapa sur le bras avant de le réprimander du regard. Lui s'en foutait, il était là pour s'amuser et profiter, ça commençait par ça. Et la joie ne fut que de courte durée. La jeune femme avait eu le nez fin et, le tirant par le bras sans vraiment y mettre de force, l'attira jusqu'à un morceau de la famille Yaxley.
Et merde ! Il s'était bien fait avoir, qu'importe, il comptait bien prendre sa revanche. Lorsqu'il pénétra le cercle de discussion avec cette jeune femme à son bras, on le regarda étrangement, content de voir la demoiselle, surpris de voir cet homme ; on essaya cacher le mauvais étonnement mais le français n'était pas dupe.
'Un plaisir de vous rencontré' fut sa réponse, et nul ne sut s'il s'agissait vraiment de sarcasmes ou d'une réalité, quoi qu'il en soit, on voyait que Tryan n'était pas gêné par cette rencontre, ou tout du moins il n'en avait pas l'air. La discussion s'engagea un peu, avant qu'Amy ne le tire de là, consciente qu'à tout moment cela pouvait tourner au cauchemar, de toute façon, elle comptait bien leur parler plus tard.

Saluant ceux qu'ils connaissaient, le français remarqua de loin un de ses cousins. Jeremias était donc là. Oh il ne l'avait pas revu depuis l'enterrement de son crétin de frère, mais ils avaient pu échanger, un peu. Et qui ne voyait il pas à son bras, souriante et pimpante, jouant à la grande fille modèle en cachant une attirance plus qu'évidente. Oh il ne réprima pas un sourire en coin amusé et sadique. Elle était donc là, surprenante présence s'il en était, vraiment, il ne s'était pas attendue à la voir ici, surtout pas en cette compagnie. Tryan ne songea pas une seconde à se priver du luxe de s'en prendre aussi à son 'apprentie repentie'. Quittant le bras d'Amy quelques secondes, il arriva derrière Eileen et lui parla, de sa voix amusée et froide, mais plutôt sarcastique que mauvaise.

« Tiens … tiens … tiens … mais qui voilà … »

La scannant de la tête aux pieds ouvertement, il ajouta simplement, non sans cynisme.

« Charmant, s'il en est.»

Passant à coté d'elle, il enchaîna sans prendre le temps de lui laisser en placer une.

« Tâche de garder cette robe sur toi, il serait dommage d’entacher l'honneur de la gentille petite fille Anderson.»

Reprenant le bras d'Amy, il se retourna et glissa un clin d'oeil à sa cousine, non sans arborer un sourire en coin amusé. Rien que ces trois petites phrases avaient suffi à justifier sa présence ici, rien que pour ça, il se félicitait d'être venu, pour le reste, il n'était plus bien sûr de l'intérêt de la chose, oubliant presque qu'il s'agissait d'un 'mariage'.
Se dirigeant vers Jeremias, il ouvrit les bras enlaça amicalement ce dernier avec une tape dans le dos, avant de se tourner et de regarder Eileen, et d'ajouter :

« Jeremias, il ne semblait pas que tu les aimais si jeune ...»

Sourire amusé.
On fut étonné de sa présence ici, et le français, dans son narcissisme extrême et provocateur, s'amusa à jeter le feu sur les braises d'une rumeur qui l'amusait vraiment.

« J'ai hésité à venir, je m'en serais voulu de voler la mariée ...»

L'éventuelle jalousie de Witcher quant à la soirée qu'il avait passé avec Ruth, et le fait qu'ils aient eu droit à un article dans la gazette et sorcière hebdo l'avait amusé, il s'en donnait à cœur joie aujourd'hui, jouer les trublions était devenu une de ses spécialités. Bref, il s'adressa ensuite à une présente qui écoutait la conversation, ignorant qu'elle s'appelait Ariana Bedan et qu'elle était légèrement connue ici.

« Mademoiselle ...»

Un hochement de tête suffit, alors qu'il disparaissait à nouveau au bras de son 'amie', lâchant se dernier pour attraper à la volée une coupe de champagne sur un plateau et de faire un tour sur lui même en pivotant pour reprendre le bras de sa chère et tendre, au diable les bonnes manières, il fallait s'amuser, boire, oublier son quotidien, boire, célébrer ce mariage, boire, et … d'autres trucs, boire.

Tryan se demandait bien où était Ruth … c'était elle qui l'avait invité, sans trop savoir pourquoi. Oh ça n'avait pas tant d'importance, il était là pour elle avant tout, il se contenterait d'éviter Witcher au possible, les relations étaient toujours quelque peu tendues et il ne voulait pas totalement saboter la journée de ce dernier, dans sa grande mansuétude.
Pour ce soir là, il ne se donnait qu'un seul mot d'ordre : 'No holds barred'. Profiter, en oubliant que demain serait une autre de ces journées de merde …
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Dim 7 Déc - 11:54

Pour une fois que l'on pouvait quitter ce château l'espace d'un week-end, il n'y avait pas à hésiter. Isaac et Jill avaient immédiatement été d'accord pour se rendre au mariage auquel on les invitait : cela signifiait deux jours de liberté, sans profs, sans brigadiers, sans la pesante présence des autres élèves aussi... Ils commençaient à saturer de tout cela. Poudlard, c'était bien au début, quand on avait onze ans, mais sept ans, c'était définitivement trop long. Peut-être aurait-il tout simplement fallu, pour dissiper cette impression, que les élèves les plus âgés bénéficient de quelques libertés supplémentaires, mais sous l'Inquisition Lestrange, ce n'était pas vraiment l'ambiance. Les deux Serpentard en étaient toujours à devoir se cacher pour passer un peu de temps ensemble, et à craindre d'être surpris dans chaque moment d'intimité. Ou alors, il fallait prier chaque occupant du dortoir d'aller voir ailleurs une heure ou deux, ce qui était tout de même assez gênant et ne laissait guère de place à l'imprévu.

Là, ce serait différent. Ils n'auraient de comptes à rendre à personne, tant qu'ils se conduisaient correctement ; la famille d'Isaac était ravie de le voir avec une jeune fille capable de le raisonner, et une Witcher en plus, et du côté de chez Jill, il n'y avait aucune opposition du nouveau chef de famille, Wayland. Le jeune homme semblait plutôt compter sur son beau-frère pour prendre soin de sa sœur et la soutenir dans les épreuves qu'elle traversait ; tout était pour le mieux, en somme. Le mariage serait l'occasion pour le jeune couple de s'afficher très officiellement ensemble, et Ruth, toujours prévoyante, avait même indiqué à Isaac qu'elle ne réservait qu'une chambre pour eux deux. Finalement, la bonne société puriste les reconnaissait comme un couple légitime, en dépit de leur jeune âge. Ils devraient sans doute se marier pour sacrifier aux traditions, mais ils avaient d'ores et déjà la bénédiction des leurs.

Départ dans la matinée du samedi par le bureau du professeur Bryarson, et retour par le même endroit le dimanche en fin de journée. Les deux jeunes gens quittèrent la salle commune de Serpentard déjà revêtus de leurs habits de noce, ce qui ne manqua pas de susciter une certaine curiosité chez leurs camarades. On avait l'habitude de voir Jill arborer des tenues chics lorsqu'elle n'avait pas cours, mais Isaac en costume, c'était nettement plus rare. Ils étaient assortis, le gamin ayant choisi son nœud papillon et sa pochette de poitrine dans la même teinte que la robe de sa copine. Isaac se chargea de faire taire les commentaires narquois de Jon, son compagnon de dortoir, qui ricanait sur leur compte, en lui promettant de lui rapporter à boire ; ceci fait, plus personne ne les importuna. Le professeur Bryarson se borna à leur rappeler l'horaire prévu pour leur retour avant de les laisser partir, et ils purent quitter Poudlard – Jill, majeure, ayant été promue par l'enseignant responsable de son cadet.

Ils arrivèrent à Mull Cair Bren Court encore amusés par cette soudaine autorité dont la jeune fille venait d'être investie ; un type visiblement préposé à cette tâche épousseta leurs vêtements, les débarrassa de leurs bagages et leur indiqua la direction de la fête. Il y avait déjà un peu de monde, et quel monde... Isaac avait l'habitude de voir des personnes haut placées, mais cela l'intimidait toujours. Il aperçut l'Intendant, qu'il ne connaissait que de nom, et quelques autres à qui il avait déjà vaguement adressé la parole – dont le Ministre de la Magie anglais, qui était parfois invité à Krakendor, ou John Mulciber. Il chercha Ruth du regard, en vain ; en revanche, Jill l'entraîna en direction du marié, Mike Witcher, qu'il salua gauchement : il n'avait jamais adressé la parole au Mangemort, et n'était pas très doué pour surmonter sa timidité ; heureusement, ils aperçurent ensuite Ariana et Wayland, qu'ils se hâtèrent de rejoindre pour partager une coupe de champagne avec eux.

-Tu es superbe, Ariana. Cette robe te met drôlement en valeur, fit Isaac en guise d'entrée en matière, s'attirant un regard noir de la part des deux Witcher. Allez, à la vôtre, aux mariés, à nous, tout ça, se hâta-t-il de poursuivre en levant son verre.
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mer 17 Déc - 15:10

En temps normal, le mariage était vu comme le sommet du bonheur dans la vie d'une femme. En particulier dans celle d'une femme sorcière sang pur. La société sorcière et moldue avaient énormément de différence, l'importance accordée au mariage en était une. On aurait presque pu dire que la tradition du mariage chez les sorciers sang pur était comparable à celle que les moldus avaient pu avoir au moyen-âge. Monnaie d'échange, outil politique, les filles d'une maison étaient en général destinée à servir les intérêt de leur famille en s'alliant à d'autres familles. Le fruit de cette alliance procurait un héritier, mais surtout, permettait également aux deux familles d'en tirer des avantages. En dehors de cet aspect pratique, une femme avant son mariage dépendait toujours de son frère, son père, son cousin, et après celui-ci de son mari, son beau-père, tout hommes susceptibles d'être proche d'elle et  de lui dicter ses opinions. Elle n'avait d'existence propre qu'à partir de ce mariage. En théorie du moins. Les femmes se faisaient plus libres avec le temps, les maris et les pères moins enclins à exercer cette autorité presque divine qu'ils avaient sur les femmes de leur famille. De tout temps, il y avait eu des femmes de poigne, capable de prendre en main leur propre destin, et d'influencer l'opinion familiale. Néanmoins, il était encore rare qu'elle le fasse au grand jour, à ce titre, Ruth faisait partie des exceptions.

Si pour beaucoup, un mariage se voulait heureux, ça ne l'était pas pour elle. Autour d'elle régnait une joyeuse effervescence à laquelle elle ne prenait pas part. On ne lui en tenait pas rigueur. On voyait ça comme le stress de la mariée avant la cérémonie. Elle en aurait ris si elle avait seulement pu. Le stress ? Elle en était à son troisième mariage, et quand bien même les deux précédents n'avaient pas aboutis, il n'y avait plus de stress, ni d'angoisse pour elle, simplement de la résignation. Mais que les gens pensent ce qu'ils voulaient, ça lui facilitait la tâche.

En y pensant, pendant qu'on finissait de la maquiller et qu'elle se regardait dans la glace, elle avait l'air aussi morose que sa cousine Vera. Celle-ci se tenait tranquillement à ses côtés, sous Imperium pour la soirée , elle souriait quand on lui adressait la parole, répondait avec amabilité dans un anglais teinté d'un accent bulgare, avec parfois quelques hésitations, puis retombait dans un silence proche de celui de sa cousine.

Les préparations furent momentanément interrompue par James, accompagné de Robin qui faisait sa première sortie officielle, quand il pénétra dans la chambre. Avec un sourire de soulagement, elle accueillit son cousin, et se leva pour l'embrasser avant de jeter un oeil au poupon.

"Très bon choix de robe James, comme toujours."

L'enfant était calme et elle voulu le prendre dans ses bras pour mieux le regarder, quand elle fut interrompue pour sa mère, elle n'allait tout de même pas prendre l'enfant, et si il abîmait sa coiffure. Elle leva les yeux au ciel exaspérée par toute ses simagrées et laissa l'enfant dans son landau. Elle aurait l'occasion de le voir plus tard. Elle s'assit avec James qui lui demanda comment elle allait. Ils échangèrent un regard qui valait toutes les paroles du monde tandis qu'elle répondait qu'elle allait bien. Ils n'avaient jamais eu besoin de mot pour se faire comprendre, mais pour une fois, ce que James pensait était probablement en dessous de la vérité. On ne le laissa pas rester bien longtemps. Les hommes, selon les matriarches de sa famille, n'avaient rien à faire auprès de la future mariée en ce jour. Qu'il aille plutôt voir le marié, s'était son rôle après tout. Robin fut confié à Marciana qui avait toujours eu une faiblesse pour les enfants, et elle sortit de la pièce pour le confier aux elfes de la nurseries, il rejoindrait probablement le fils de Nathaniel et de sa femme, ainsi que Yuliya qui étaient encore trop jeune que pour assister au l'entièreté des festivités.

Alors que sa tante sortait de la pièce, Mike fit une brève apparition devant la porte, voulant probablement la voir. Il fut arrêter par la femme de John. Elle fut catégorique, voir la mariée avant la cérémonie portait malheur, hors de question pour lui d'entrer dans la pièce. Et Mike tout puissant mangemort qu'il était, n'était pas en mesure de contredire la femme du chef de famille, après tout, elle avait l'habitude de gérer des mangemorts. Il fit donc marche arrière tandis qu'elle lui lançait un regard noir. C'était mieux comme ça, elle n'était pas sûre de pouvoir le voir sans s'énerver avant le moment fatidique.

Lasse de tout ce mouvement autour d'elle, elle profita du départ de sa tante pour demander à l'ensemble des personnes présentes dans la pièce de se retirer. Oui, elle finirait de s'apprêter seule. On sortit de mauvaise grâce, la laissant seule avec la silencieuse Vera, qui restait en sa qualité de témoins, et de son elfe de maison. Distraitement, elle regarda l'étalage de bijoux devant elle se demandant ce qu'elle allait choisir. Ses pensées étaient ailleurs. Toute la journée, elle avait tenté de ne pas penser à Benjamin, mais sans succès, plus on essaye de ne pas penser à quelque chose, plus on y pense. Elle se sentait triste, désolée, et la peine était presque insupportable. Elle avait beau tenté de se raisonner, se dire qu'elle avait fais le bon choix, et que dans le fond, elle se mariait avec un ami. Mariage de convenance qui a défaut de la rendre heureuse ne la rendrait pas totalement malheureuse. Elle avait choisis une cause plutôt que sa vie personnelle, et si elle restait sûre de son choix, ça n'empêchait pas celui-ci d'être cruellement douloureux au point qu'elle en aurait probablement pleuré si elle avait pu. Mais elle était Ruth et elle ne pleurerait pas.

Prise d'une inspiration soudaine, elle se leva, enfilant une robe de soie à longue manche qui cachait protégeait sa robe de mariée tandis qu'elle mettait une touche finale au maquillage discret qu'elle avait demandé pour le mariage, et se tourna vers son elfe :

"Vérifie si Tryan De SaintClair est arrivé, si il est là, demande lui s'il veut bien venir me voir avant que la cérémonie ne commence, dis lui que c'est important."

Il restait une petite heure avant le début officiel du mariage, elle avait donc un peu de temps devant elle pour concrétiser l'idée qu'elle venait d'avoir tandis que le reste des invités arrivaient. L'elfe ne fut pas long à revenir suivit de De SaintClair. Elle se leva pour l'accueillir avec un sourire sincère.

"Tryan, je suis contente que vous soyez venu. Vous ne connaissez pas ma cousine Vera je pense."

Elle présenta brièvement celle-ci avant de lui dire :

"Vera, tu peux nous laisser, je suis sûre que tu veux voir si Robin va bien, mon elfe va t'indiquer le chemin. Je te verrais tantôt."

Ce qui sonnait comme une aimable suggestion était en réalité un ordre, et Vera sortit de la chambre accompagnée par son elfe pour aller voir son fils. Une fois qu'ils furent seuls, elle invita Tryan à s'installer dans l'un des fauteuils et elle lui servit une coupe de champagne et en prit une pour elle-même. S'asseyant à son tour, elle dit :

"Nous l'avons fais venir de France, il est hautement supérieur à la chose immonde qu'on nous à servit la dernière fois que nous nous sommes vus."

Elle eut un sourire amusée à repensant à la soirée étrange qu'ils avaient passé ensemble :

"On m'a dit que votre cousine serait présente aujourd'hui, au bras de Jeremias Serpens qui plus est ... Présentez la moi après la cérémonie, je suis curieuse de la rencontrer."

Il y eut un bref silence et elle reprit :

"Rassurez-vous Tryan, je ne vous ai pas fais venir pour échanger des banalités avant le mariage. J'ai un service à vous demander, et j'espère que vous accepterez."

Elle but une gorgée de champagne avant de déclarer de but en blanc :

"Vous ne vous êtes jamais entendu avec mon futur mari si je ne m'abuse ?"

Son sourire s'élargit :

"J'aimerais en profiter, il s'avère qu'il m'a contrariée dernièrement, et j'aimerais beaucoup lui rendre la pareille, quoi de mieux que de vous proposez d'être mon témoin ? Vous ne m'en voudrez pas d'abuser de votre inimité ?"


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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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