POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Ven 19 Déc - 21:04

« Alors, sur quoi est ce que vous travaillez en ce moment monsieur De SaintClair ?»

Détachant sa coupe de sa bouche, le français répondit immédiatement.

« Le trafic d'êtres magiques. Vous n'imaginez pas tout le pognon que l'on peut se faire avec ça.»

Son aplomb avait choqué. Les présents le regardaient, se demandant intérieurement s'ils avaient bien entendu. Le naturel de cette réponse, la façon détachée dont le français leur avait répondu ça, les invités se regardèrent durant quelques secondes avant que Tryan n'ait un bref rire sarcastique, dévoilant ainsi la boutade qui en avait fait blêmir plus d'un. D'un sourire en coin amusé et volontiers moqueur, il ajouta :

« Les mystères restent les mystères que voulez vous … peu importe le nom qu'on leur donne.»

Petite attaque à la politique Eccleston et hop, il refilait déjà au bras de la miss Yaxley pour faire la tournée des popotes. Bien sûr, il fallait se montrer, Amy avait envie de se montrer, mais pas seule. C'était ce besoin de reconnaissance qu'elle manifestait ainsi, qu'à cela ne tienne, Tryan s'en foutait bien qu'on le voit avec elle ou pas, relation cachée ou non, il n'en disait rien, il aimait laisser planer le doute, c'était un petit jeu qu'il entretenait sur tout ce qui concernait sa vie privée. Lorsqu'on posait la question, il avait toujours la petite parade efficace, une attaque sur la personne qui questionnait, un remarque cinglante sur un truc sans aucun rapport mais qui faisait discrétion, ou simplement un allez vous faire mettre plus qu'efficace. C'était sa politique, jusqu'à ce que la culture journalistique comprenne qu'il avait beau être beau gosse, sa vie ne leur appartenait pas. Preuve en était, le grand public ignorait tout de la vie privée d'Eris Valverde, alors on pouvait très bien être à la tête de l'affiche et qu'on ne sache rien sur vous.
C'était son idée tout du moins, s'il pouvait s'amuser en prime, il ne s'en priverait pas.

Continuant son chemin avec Amy, ils discutèrent entre eux à voix basse.

« Tu m'as pas dit qu'il s'agissait de ta cousine tout à l'heure … pourquoi tu ne me l'as pas présentée ?»

Elle avait dit ça en regardant la gamine, sans doute une des plus jeunes de l'assemblée. Le français n'eut qu'un bref regard aussi dédaigneux qu'amusé pour la gamine concernée.

« Tu ne rates pas grand chose, elle n'a ni ton charme, ni mon génie ; ce qui fait d'elle une autre de ses décorations qui polluent la salle.»

Tryan avait la dent dure, cela était connu. Très incisif, il n'hésitait pas à clasher pour un oui ou pour non, il trouvait cela divertissant et même si l'anglais n'était pas sa langue maternelle, à force de vivre ici, il avait appris à utiliser certaines tournures pour laisser apparaître son humour français un peu particulier. En l'occurrence, il y avait très peu de personnes qu'il estimait ici. Lui bien évidemment, Amy, qu'il avait à son bras, Jeremias mais qui n'était plus vraiment lui même depuis la mort de Maleficus, Eileen, quand elle ne disait rien ou ne jouait pas la gamine, même malgré son attitude volontairement déplacée à son égard, Ruth, sans quoi il ne serait probablement pas ici, et … et puis ça devait être tout. La famille d'Amy ? Pas même en rêve, la quasi totalité voulait sa mort sans le lui dire, et sans le dire à leur fille, juste en lui faisant comprendre, il évitait d'apprécier les gens qui souhaitaient le tuer, simple principe de survie.
Ah si, il y avait le père Mulciber, un brave type, même s'il lui manquait un verre … excusez, une bouteille de whisky à la main. Ça faisait un moment qu'il ne lui avait pas parler, il ne recevait que des rapports et guère de salutations, enfin, c'était Ashley qui envoyait les papelards, Tryan se contentait de les rédiger, de les lui balancer sur le bureau en lui disant qu'elle savait quoi en faire. Elle aurait pu se torcher avec qu'il n'en aurait rien su, pour cause, il n'aimait pas l'administratif et c'était là tout l'utilité d'une secrétaire compétente.

« Quoi qu'il en soit, cette petite sauterie sera l'occasion de s'amuser un peu. Non … ne fais pas cette tête, tu en as autant envie que moi.»

Continuant son chemin, il manqua d'empaler un elfe de maison avec son genou, le petit être étant soudainement apparu, surprenant tout le monde. Le français, dans son élan de surprise, jeta un œil à son verre, ne laissant pas à l'elfe le loisir d'en placer une.

« Oh tiens, un elfe … aurais tu l'extrême amabilité de me remplir mon verre ? Tu serais bien gentil.»

Avait il dit en posant une main sur l'épaule de ce dernier avant de le contourner pour l'ignorer à nouveau. Il n'était pas spécialement désagréable avec ces créatures, il était juste d'humeur joueuse, cela fallait aussi bien pour les esclaves que pour tout le reste. En y réfléchissant bien, avec l'alcool, ça n'allait pas aller en s'améliorant. Rattrapant le français et le tirant doucement par un pan de cape, l'elfe insista en précisant que sa maîtresse, Ruth en l'occurrence, souhaitait le voir.
D'abord surpris, Tryan regarda la mine déconfite d'Amy qui ne pouvait retenir cette réaction de stupeur. À mi chemin entre l'agacement prononcé et la surprise désagréable, elle n'en revenait pas. Il n'en fallait pas plus pour que son brillant esprit ne se mette à échafauder des théories scabreuses, sans doute voyait elle déjà la mariée et son amant profiter des dernières heures de liberté de celle qui était à l'honneur. Évidemment, cela amusa Tryan qui tendit son verre à un illustre inconnu choisi au hasard, lui demandant de le lui garder précieusement, en souhaitant simplement s'en débarrasser. Puis revenant à Amy, il haussa les épaules avant de lâcher son verdict.

« Si la mariée le demande, il ne faut pas la faire attendre.»

Petit clin d'oeil à sa cavalière, histoire de la rassurer sans vraiment le faire, et voilà qu'il suivait le souillon pour arriver dans l'alcôve secrète de la plus heureuse des femmes de cette réception.
Elle était toujours en train de se préparer visiblement, maquillage et robe dissimulant légèrement son habit de mariée du jour. Le français la salua, pas vraiment surpris ni déstabilisé par cette tenue, il était plutôt indifférent à celle ci, un détail de l'histoire disait on.

"Tryan, je suis contente que vous soyez venu. Vous ne connaissez pas ma cousine Vera je pense."

Il lui répondit avec un sourire en coin, ne perdant toujours pas son sarcasme.

« Ruth, moi aussi je suis content que vous soyez venue.»

Puis il se tourna vers ce qui était la 'cousine Vera', ou plutôt ce qu'elle semblait être. Pas très causante, à moitié droguée se dit il avant d'ajouter avec elle, la saluant d'un signe de tête avant de regarder Ruth et de tacler la dite cousine.

« Charmante plante verte, j'ai les mêmes aux mystères.»

Elle devait avoir compris la boutade. Et quand bien même la cousine s'en voyait offusquée, whatever ? Il fallait s'amuser après tout, il avait de la pression à relâcher, c'était le meilleur moyen de le faire, et nul doute que Ruth devait avoir une idée bien précise pour le faire venir ici et maintenant alors qu'elle allait se marier dans quelques heures.
Par soucis d'intimité, elle demanda à la cousine de partir.

"Vera, tu peux nous laisser, je suis sûre que tu veux voir si Robin va bien, mon elfe va t'indiquer le chemin. Je te verrais tantôt."

Hochant la tête alors que cette dernière quittait la pièce, le français la salua à sa manière …

« Au plaisir miss ... »

Merci d'être venue, bonjour au revoir à jamais.
Une fois seuls, elle présenta un fauteuil dans lequel le français ne manqua pas de s'avachir avant de recevoir une jolie coupe de champagne la énième depuis son arrivée.

"Nous l'avons fais venir de France, il est hautement supérieur à la chose immonde qu'on nous à servit la dernière fois que nous nous sommes vus."

Petit rire avant de commenter.

« M'en parlez pas, j'essayais tant bien que mal d'oublier ce goût désastreux.»

Cela pourrait servir de fausse excuse pour un éventuel commentaire sur son futur degré d'alcoolémie.

"On m'a dit que votre cousine serait présente aujourd'hui, au bras de Jeremias Serpens qui plus est ... "

Il hocha positivement la tête d'un air visiblement peu emballé et volontiers humoristique, entre la blase intensive et le soupir dit de contre mauvaise fortune bon cœur.

"Présentez la moi après la cérémonie, je suis curieuse de la rencontrer."

A nouveau cela l'amusa et il ne se retint pas de le montrer.

« Vous ne rateriez pas grand chose dans le cas contraire …»

Soupir.

« Enfin … prenez ça comme un cadeau de mariage. Amy doit en avoir apporté un. Si vous cherchez Eileen, localisez Jeremias, et regardez dans un périmètre de vingt mètres les gamines amoureuses, paumées et un peu … je ne dirai pas niaises mais … vous voyez de quoi je parle, mhm ?»

De cet amour qui rend bête. Enfin, il n'allait pas refuser ça à la mariée, et puis cela pouvait permettre à Eileen de se faire un carnet d'adresse, encore une chose qu'elle lui devrait, elle commençait à accumuler les dettes d'ailleurs, enfin qu'importe, ça n'était pas vraiment le sujet.
Petit silence qui en disait long, elle allait attaquer la vraie raison de sa présence ici, et cela voulait plutôt sérieux comme sujet.

"Rassurez-vous Tryan, je ne vous ai pas fais venir pour échanger des banalités avant le mariage. J'ai un service à vous demander, et j'espère que vous accepterez."

Il passa une main sur son visage, il n'aimait pas trop ce genre de demandes, en général, ça cachait quelque chose d'aussi désagréable qu'embarrassant. Le fait qu'elle n'en ait pas parlé plutôt révélait l'urgence de la chose, ou tout du moins le fait qu'elle ne lui en ait pas parlé avant par peur éventuelle d'un refus. Elle prit son temps pour boire un peu de champagne et laisser planer le doute un moment avant de laisser tomber le couperet.

"Vous ne vous êtes jamais entendu avec mon futur mari si je ne m'abuse ?"

Oh le sourire en coin du français trouva écho dans celui de son interlocutrice. Cela en disait long, il aimait ce sourire, il aimait cette formulation, il aimait le simple fait qu'elle introduise cette idée, tout ça semblait fort amusant, il avait hâte d'entendre la suite.

"J'aimerais en profiter, il s'avère qu'il m'a contrariée dernièrement, et j'aimerais beaucoup lui rendre la pareille, quoi de mieux que de vous proposez d'être mon témoin ? Vous ne m'en voudrez pas d'abuser de votre inimité ?"

Nouveau petit rire, avec un sourire en coin qui suivit. Ah vraiment, elle avait là une idée des plus singulières. Elle était géniale, pas dans le sens commun du terme plus dans toute sa chiantise que dans son ingéniosité. Ce qu'elle lui proposait là, c'était l'humiliation suprême de Witcher. Oh dieu que la gazette allait se régaler avec ça s'il acceptait. Si un journaliste les avait vu avant, et si Tryan devenait le témoin, cela complètement plomber le mariage et allait en surprendre plus d'un. Une mangemorte qui avait un de leurs pires ennemis en témoin, qui plus est avec des rumeurs saugrenues, quel joyeux bordel cela allait provoquer.
Pourtant Tryan ne répondit pas tout de suite, il se gratta le menton et tortilla un peu de bouc qui avait échappé volontairement au rasoir. Il profita de ce moment pour retourner la situation dans tous les sens avant de lui dire :

« Vous savez Ruth, j'en ai vu des choses, mais des demoiselles qui cherchent à saborder leur cérémonie de mariage, c'est bien la première fois.»

Cela sonnait comme un compliment vu le sourire qui accompagnait la remarque.

« Et comme il ne s'est jamais s'agit d'un mariage d'amour, vous voulez chercher là un divertissement supplémentaire ? Ah je vous comprendrais presque voyez vous.»

S'il n'était pas porté sur les mariages, Tryan n'en avait jamais ruiné un, on lui proposait une première, l'inauguration d'une volonté malsaine qu'il n'avait encore jamais expérimentée.
La fixant avec un regard aussi froid qu'amusé, il poursuivit son raisonnement.

« Si je comprends bien, vous voulez lui pourrir cette journée. Vous avez d'ailleurs plutôt bien commencé en me faisant venir ici. »

Restant bien au fond de son siège, il garda son regard braqué sur Ruth, non pas pour l'accuser de sa petite stratégie, mais pour lui faire comprendre sa détermination.

« Donc si on poursuit cette logique, pour le faire chier jusqu'au bout, la presse apprendra que je suis venu là, rumeur et tout le tralala, plus ma présence en tant que témoin … ça peut aller loin ...»

Et ça allait aller loin, cela avait déjà commencé, qu'il le veuille ou non d'ailleurs.

« Vous savez que je ne suis pas du genre à rendre service gratuitement, surtout pas s'il y a une petite chance que cela me retombe dessus plus que sur vous. Alors avant que je n'accepte, dites moi ce qu'il a fait pour vous pousser à l'humilier aussi sévèrement. »

Car il allait accepter, il n'avait plus vraiment le choix, mais il souhaitait connaître toute l'histoire, pour savoir s'il s'était rangé du bon coté, et surtout pour pouvoir se délecter de la détresse de Witcher lorsqu'il comprendrait qu'il avait été le dindon de la farce.
Il y avait un prix à payer pour tout. Il avait beau apprécier Ruth, elle lui demandait quelque chose dans un moment où lui même en avait besoin, et il avait bien d'autres choses à penser qu'à la politique et ce que cela impliquait, aussi il prenait un risque, Eris attendait la mort ou un remède inespéré, c'était là la priorité de Tryan, il aurait préféré ne rien avoir à gérer de plus, et pourtant.
Ruth comprendrait la portée de son geste lorsqu'elle saurait ce dont Eris souffrait, car rien n'avait été rendu public sinon un problème de santé.
Parfois on fait des choix, souvent ce sont de mauvais choix … et les assumer est ma seule chose qui nous reste à faire.

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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 10 Jan - 18:45


Il était venu. Elle n'en avait pas douté, pas vraiment en tout cas. Ses requêtes étaient en général, rarement refusées. Il fallait admettre qu'elle faisait rarement des requêtes, elle se contentait plutôt de donner des ordres. Tryan était un cas à part, comme peu dans la société sorcière, il était d'un statut social équivalent au sien. Elle appréciait le jeune homme, et nul doute que s'ils s'étaient connus à Poudlard, ils auraient probablement fait un duo saisissant. En attendant, elle savait également à quel point ses relations avec les mangemorts et leurs proches étaient mauvaises. Ils n'étaient que deux à faire exception à la règle, Eris Valverde, dont l'état de santé devait préoccuper le français au plus haut point, et très récemment, elle-même. Autant dire que ce n'était pas passé inaperçus.

Les magazines people, toujours friands de ce genre de ragot - en particulier à l'approche de son mariage - avaient réussi à obtenir une photo d'elle et Tryan à la soirée, un verre à la main échangeant un sourire complice. Certains avaient même eu l'audace de dire que le directeur des mystères n'avait fais, ce soir là, aucun mystères sur ses préférences, délaissant la belle Amy pour sa plus prestigieuse cousine. Si on mettait de côté le jeu de mot particulièrement douteux du journaliste, on ne pouvait pas dire qu'ils avaient particulièrement tord, tout dépendait de ce qu'on entendait par "préférence". Le sourire qu'ils échangeaient était probablement bourré de dédain et sarcasme puisqu'ils avaient passé la soirée à se plaindre du mauvais vin, du service déplorable, et de l'idiotie des gens qui y assistaient. Bien entendu, cette partie de l'histoire n'apparaissait nulle part dans leurs articles. Ca n'avait aucun intérêt pour eux puisque le but était probablement de faire vendre en créant une histoire d'amour et une attirance qui n'existaient pas. Sa cousine avait-elle été contrariée en lisant l'article ? Probablement, aucune jeune femme n'aime voir un magazine titré l'éventuelle infidélité de son compagnon, que ça soit vrai ou non, en particulier quand celui-ci était déjà tant contesté par l'ensemble de sa famille. Et Tryan ? Oh elle était certaine que ça l'avait fais ricaner s'il était tombé sur les dit articles.

Et elle ? Elle avait haussé les épaules avec un sourire moqueur quand sa secrétaire lui avait demandé s'il fallait faire quelque chose à ce sujet. Elle aurait pu demander que l'article soit censuré, mais quel intérêt ? Au final, il mettait en avant l'action héroïque qu'ils avaient eue en arrêtant des terroristes à une soirée de charité en l'honneur des orphelins du purisme. Quelle importance si les médias divaguaient en imaginant une histoire d'amour entre la directrice des affaires moldues et le directeur des mystères. C'était simplement l'imagination populaire. Ils étaient des personnages publics qu'on enviait et les gens avaient besoin de rêver, qu'ils s'imaginent ce qu'ils voulaient. Au fond, elle comprenait la logique des journaux. Ils avaient l'air ami. L'amitié cachait l'amour, et l'amour menait au mariage. En attendant, les gens, distraient par ce genre d'histoires sans conséquences, ne s'apercevaient pas qu'on limitait leur liberté d'expression. Ils avaient désormais une illusion de liberté d'expression. Quand la propagande moldue était encore de son ressort, elle avait décidé de les laisser garder leurs différents journaux, et d'exercer une autocensure de l'intérieur. C'était plus de travail, mais avec un seul journal d'état, les gens auraient fait trop vite le rapprochement avec une dictature, et il y aurait eu des protestations. Mieux valait leur laisser des illusions. Quoi de mieux que de les laisser parler de la vie privée des personnalités publiques dans ce cas ? Valverde, quand il avait reprit la propagande moldue avec la sorcière avait gardé le même schéma, preuve qu'il était probablement de son avis sur la question.

Si son fiancé avait vu d'un mauvais œil les articles qui étaient parus, il n'en avait pas fais mention. Elle avait pensé jusque là que c'était parce qu'ils s'en tenaient à leur accord qui stipulait que chacun s'occupait de sa vie privée, et ne se mêlait pas de celle de l'autre, mais la lettre qu'elle avait reçu deux semaines plus tôt lui indiquait le contraire. C'était pour ça qu'elle avait fais venir De SaintClair, le choisir comme témoin - s'il acceptait - c'était insulter Mike. Or en la surveillant, il avait fais bien pire que l'insulter, le message qu'elle allait lui faire passer ici risquait d'être des plus clair. Ruth n'était pas quelqu'un d'aimable, si elle avait peut-être été gentille quant elle était plus jeune, ce n'était plus le cas. Elle aimait et détestait avec passion. Rien n'était gris, la nuance n'était pas faite pour les mangemorts. Il y avait également une autre intention dans sa demande. Son mariage était une contrainte imposée par John, ainsi soit-il. Néanmoins, une de force de la position de Ruth, c'était son indépendance du à son nom de famille et au contrat de mariage qui avait unis ses parents. Au centre des grosses familles puristes anglaise, elle jouait à la fois au jeu des familles tout en pouvant s'en dissocier. Elle avait son propre agenda, et elle le prouvait aujourd'hui.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, elle bavardait. Question de politesse et d'habitude, quand bien même ils s'estimaient tout les deux au dessus de ça, mais c'était simplement une façon comme une autre d'amener sa demande sur le tapis. Elle conversa un moment avec lui avant d'en arriver au sujet qui l'intéressait vraiment. Il avait toujours le même humour un peu grinçant qui lui plaisait tant :

"J'ai hésité un moment à venir, vous savez comment c'est, ce genre de fête son d'un ennui ... enfin, il paraît que ma présence était indispensable, on m'a dit que c'était en mon honneur."

Elle retient un rire méchant quand il compara sa cousine à une plante verte, bien que sous Imperium, elle était tout de même consciente de ce qu'il se passait et il était très important qu'elle ne lui tienne pas rigueur de ce qui se passait, Ruth ne jugeait pas la jeune femme assez docile pour le moment. Une fois celle-ci sortie, elle se permit de commenter :

"Certaines femmes sont choisies pour leur capacité à faire la plante verte, elle y excelle, ne la critiquons pas pour avoir des qualités, certains n'ont même pas cet avantage là."

Elle n'était pas tendre, et ce qui pouvait être pris pour de l'humour n'en était pas en réalité. Le sujet d'Eileen et de son amourette avec l'aîné des Serpens ne semblait pas l'emballer plus que ça, et elle ne put s'empêcher de rire franchement à la description qu'il faisait de sa cousine amoureuse. Il n'y avait pas plus risible qu'un adolescent éperdus d'amour, ils le savaient. Levant le verre à ce qui était son cadeau de mariage de la part du français, elle but une gorgée avant de passer aux choses sérieuses. Sa proposition le plongea dans le silence, et elle le laissa réfléchir à ce qu'elle venait de lui proposer tandis qu'elle buvait sa coupe de champagne. Quand il reprit la parole, il n'avait rien perdu de son air amusé. Elle prit sa première remarque comme un compliment au vu de son sourire, même si elle était loin de saborder son mariage. Les accords financiers étaient trop importants pour que Mike fasse autre chose que faire la gueule, ce mariage était son idée à lui et John, il ne reviendrait pas en arrière. Tryan lui, voulait savoir la raison qui la poussait à humilier son futur mari. Il y en avait plusieurs dont l'une qu'elle taisait, mais le français pourrait-il vraiment comprendre ? Il y avait en cet instant une chose qui les séparait, c'était son statut de femme puriste. Ce qui était important pour elle pour le maintient de sa position, de sa dignité, pouvait n'apparaitre que comme une futilité aux yeux d'un homme. Bien entendu, elle n'allait pas lui mentir, elle ne mentait jamais, elle se contenterait simplement d'une partie de la vérité, celle qu'elle pouvait exposer sans crainte. Et selon la réaction de son collègue, on verrait à quel point elle avait eu raison dans l'estime qu'elle avait pour lui ou non :

"Tout d'abord ne vous inquiétez pas, la presse à la bride libre, mais ce qui se passe aujourd'hui ne filtrera que si je le désire. Ensuite, je ne vous cache pas que Mike risque en effet de vous retombez dessus, mais ça sera bien le seul, ce qui au vu de votre inimité actuelle et de vos différences politiques ne changera pas grand chose. Néanmoins, je pense avoir des arguments en ma faveur pour qu'il reste calme."

Elle lui adressa un sourire entendu, elle était une femme qui avait toujours su jouer avec ses propres atouts, elle l'avouait sans la moindre gêne. Son sourire, se perdit, et avec un soupir, elle reposa sa coupe sur la table. Toute pointe d'humour avait disparu, et elle regardait Tryan avec sérieux :

"Mes raisons ne vous paraitrons peut-être pas valables, mais puisque vous le demander, vous êtes en droit d'avoir une réponse puisque je requiers votre concours Tryan. Mon futur mari et moi avons établis les termes de notre contrat. Je ne suis pas une vulgaire pouliche qu'on marie pour obtenir des enfants de races et je n'entendais pas être traité comme telle. J'ai appris il y a quelques semaines que mon futur mari me faisait surveiller. J'ai été indignée, outre le fait que j'ai trouvé la démarche révoltante, c'est un non respect du contrat que nous avions établis, mais ça peut également avoir une incidence désastreuse sur ma politique, et mon statut si ça venait à s'apprendre. Piquer une crise de colère serait ridicule et serait inutile, il faut quelque chose qui lui fasse comprendre que je suis tout à fait prête à l'humilier publiquement s'il fait de même. Je crois que le message passera plus efficacement comme ça."

Et quel désastre ça serait pour elle si on apprenait que son fiancé l'avait faite surveiller. Elle prônait l'avancement des femmes dans la fonction publique. Avec Bellatrix, elle avait réussi l'exploit d'être une des rares femmes au pouvoir. La mangemorte était populaire aussi bien auprès des sorciers que des moldus parce qu'elle contrôlait soigneusement l'image qu'elle renvoyait. Moderne, ouverte, à l'écoute, elle ne pouvait pas laisser une histoire pareille la mettre en position de faiblesse. Demander à Tryan de devenir son témoin, c'était affirmer son indépendance, mais également passer par delà les préjugés, et donner un message de tolérance. Elle le lui fit savoir :

"En dehors de cette raison très personnelle, je l'avoue, il y en a une autre, plus politique. Vous avoir comme témoin, c'est montrer un front unis du purisme. Votre aversion envers les mangemorts n'est un secret pour personne, mais notre but à tout les deux, c'est le purisme, et sa propagation. Nous rêvons tout les deux de la même société, et vous prendre comme témoin, c'est annoncer publiquement cette volonté de dépasser nos préjugés pour travailler ensemble à la gloire de la société sorcière et à l'éradication du bourbiste."

Elle lui sourit et ajouta :

"On ne peut pas régner en étant divisé, et c'est pour ça que nous avons toujours eu une longueur d'avance sur les bourbistes. Si certains ont tendance à l'oublier, ce n'est pas mon cas, le pouvoir est éphémère, et si les bourbistes venaient à s'unir sous une seule bannière nous aurions au fil à retordre."

En dehors de tout ça, il y avait une dernière raison à sa demande, mais celle-là, elle la garderait pour elle. Elle espérait que par ce pied de nez à Mike, Benjamin comprenne qu'elle n'avait pas eu le choix. Sans s'illusionner, elle se doutait qu'il ne le comprendrait pas. C'était peut-être mieux comme ça, l'idée lui donnait envie de pleurer, mais elle savait qu'elle l'avait perdu il y avait des années déjà. Peut-être aurait-il mieux valu qu'elle ne le voie jamais revenir, elle aurait eu l'esprit tranquille au moins.


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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Jeu 5 Fév - 21:05

C'était ce moment unique, où une femme devait être heureuse, ce jour qu'elle devait tant savourer, qu'elle devait chérir alors qu'elle renonçait à son indépendance, un souvenir qui se devait d'être magique, pour le meilleur et pour le pire. Il n'était pas question de ça, Ruth ne semblait pas se marier aujourd'hui, elle ne devait pas considérer la chose comme tel. Peut être ne croyait elle plus en l'amour, peut être ne l'espérait elle même plus, elle avait déposé les armes, lâché ses griffes et ses crocs, accepté l'échec, résignée, jusqu'à prostitué sa vie et son nom pour un autre qui ne la méritait pas. Si Tryan avait pu, il aurait eu pitié d'elle, vraiment, il se demandait bien où elle en était pour en arriver là. Adieu honneur, adieu orgueil, elle serait madame Witcher, l'ombre d'un homme médiocre. Elle qui avait tant d'avenir, l'arbre qui cache la forêt, une honte, de quoi indigner un homme de loyauté et d'honneur.
Comment tolérer ça ? Comment consentir à l'asservissement d'une personne promise à un si grand avenir ? Il ne pouvait pas, ça lui donnait presque envie d'intervenir au moment de la fameuse remarque. Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais … à jamais, mais personne ne se taisait à jamais, dans l'ombre les vipères chuchotent. Les médisances, le venin, il y en avait toujours, personne n'était tout blanc, c'était une certitude, mais il y en avait qui le disaient, qui osaient, et c'était en général ces personnes là que l'on venait à apprécier. Honnêteté, franchise, des valeurs qui se perdaient inlassablement, soumises à un moral viciée qui ne donnait rien de bon, et qui, aujourd'hui, forçait cette jeune femme à se marier.

Le sujet grave, ne pouvait être évité.

"Tout d'abord ne vous inquiétez pas, la presse à la bride libre, mais ce qui se passe aujourd'hui ne filtrera que si je le désire. Ensuite, je ne vous cache pas que Mike risque en effet de vous retombez dessus, mais ça sera bien le seul, ce qui au vu de votre inimité actuelle et de vos différences politiques ne changera pas grand chose. Néanmoins, je pense avoir des arguments en ma faveur pour qu'il reste calme." 

Le français haussa un sourcil avant d'ajouter après avoir retirer la coupe de sa bouche.

« Qu'il vienne … inutile de vous occuper de ça, j'ai évincé plus coriaces que lui.»

Par évincé, on pouvait comprendre plusieurs choses. Tryan De SaintClair n'était pas une personne que l'on pouvait ignorer, même inactif, il était là, dans l'ombre, peut être même plus craint qu'en pleine lumière. Duelliste accompli au talent connu que d'un seul homme autre que lui, il était désormais à la tête d'une entreprise de savoir perpétuel, il avait accumulé des connaissances pratiques et théoriques qui faisaient de lui un sorcier atypique. D'un style aussi étrange qu'efficace, il avait su se sortir d'une campagne militaire menée de A à Z, de batailles épiques, de traquenards sanglants. Seule la mort semblait lui résister actuellement, hors du temps, déconnecté de la réalité, il revenait sans cesse à ce qui le tracassait et qui le mettait en échec. Witcher, à coté de la faucheuse, n'était pas une poussière, même pas un moucheron, rien de rien. Ça n'était pas lui qui allait faire plier un être devenu presque indispensable à la politique puriste.
Et politiquement parlant, même si Tryan n'avait pas de poids réel, il était là. On ne peut pas tuer une ombre, tous le savaient.

Et puis le sourire triste, tendu, on changeait de registre, il n'était plus question de blagues, le contexte se voulait sérieux, il devait comprendre le pourquoi de cette requête personnelle dérangeante.

"Mes raisons ne vous paraîtrons peut-être pas valables, mais puisque vous le demander, vous êtes en droit d'avoir une réponse puisque je requiers votre concours Tryan. Mon futur mari et moi avons établis les termes de notre contrat." 

Voilà qui prenait tout son sens, un contrat. Ce contrat, Witcher devait l'avoir trahi, brisé, et c'était le pourquoi il devait payer. Mais le plus drôle, et à la fois triste, c'était que Ruth ne pouvait visiblement pas le faire payer par elle même, elle avait besoin d'autrui. Sous son jour de femme forte, elle se révélait dépourvue face à la situation, incapable de demander réparation seule, elle devait faire appel à Tryan qui, rien que par sa présence ici, lui donnait une bonne raison d'avoir fait appel à lui. Tout ça, il le savait, ou tout du moins il s'en doutait fortement, Ruth n'était peut être pas si forte que ça finalement, elle demeurait femme après tout.

"Je ne suis pas une vulgaire pouliche qu'on marie pour obtenir des enfants de races et je n'entendais pas être traité comme telle." 

Mais femme de caractère. Bien évidemment qu'elle n'était pas qu'une pouliche, et l'autre semblait la considérer ainsi ? Quelle erreur, il avait fait d'une alliée, une ennemie aux multiples contacts. Il n'y avait déjà plus de respect avant même qu'elle lui ait dit oui, une ruine …

"J'ai appris il y a quelques semaines que mon futur mari me faisait surveiller. J'ai été indignée, outre le fait que j'ai trouvé la démarche révoltante, c'est un non respect du contrat que nous avions établis, mais ça peut également avoir une incidence désastreuse sur ma politique, et mon statut si ça venait à s'apprendre." 

Et pourtant, tu viens de lui dire. Tu donnes ta faiblesse à un homme qui peut l'exploiter. Oui, ce qu'il a fait est dégueulasse, et tu t'entiches d'une dette en démontrant ta faiblesse. Tu dois être bien mal en point pour en venir là, ou alors tu as une confiance extrême en cet homme que tu ne connais pas. Ou à peine. L'ultime tentative … peut être.

"Piquer une crise de colère serait ridicule et serait inutile, il faut quelque chose qui lui fasse comprendre que je suis tout à fait prête à l'humilier publiquement s'il fait de même. Je crois que le message passera plus efficacement comme ça." 

Elle avait raison. Bien sûr qu'une crise ne servirait à rien, même pire, cela l'enfoncerait, la faisant passer pour une femme faible, soumise à ses émotions et sentiments. Là, elle s'affranchissait, même si elle reportait sa dépendance, il ne s'agissait plus de son mari, juste d'un tiers. Et quel tiers.

"En dehors de cette raison très personnelle, je l'avoue, il y en a une autre, plus politique. Vous avoir comme témoin, c'est montrer un front unis du purisme. Votre aversion envers les mangemorts n'est un secret pour personne, mais notre but à tout les deux, c'est le purisme, et sa propagation. Nous rêvons tout les deux de la même société, et vous prendre comme témoin, c'est annoncer publiquement cette volonté de dépasser nos préjugés pour travailler ensemble à la gloire de la société sorcière et à l'éradication du bourbiste." 

Peut être, mais cela passait bien après l'unité politique. La plupart des mangemorts faisaient passer leurs intérêts avant la politique, ici encore c'était le cas, et cette petite tentative d'union politique n'avait pas lieu d'être, elle n'avait jamais été remise en cause jusque là, pourquoi l'évoquer ? Non, ici et aujourd'hui, il n'y aurait pas de politique, il n'y en avait jamais eu, pas ce soir. Préjugés ou pas, il y avait avant tout l'humiliation de Witcher, et après peut être, en effet secondaire, un message d'union politique, mais c'était bien pour ceux qui ne verraient pas le premier avertissement.

Son petit sourire ne saurait tromper De SaintClair, même dans sa situation actuelle.

"On ne peut pas régner en étant divisé, et c'est pour ça que nous avons toujours eu une longueur d'avance sur les bourbistes. Si certains ont tendance à l'oublier, ce n'est pas mon cas, le pouvoir est éphémère, et si les bourbistes venaient à s'unir sous une seule bannière nous aurions au fil à retordre." 

Il la regarda dans les yeux avant de soupirer. Il lui faisait comprendre ainsi que cela ne l'intéressait pas vraiment, qu'il considérait qu'il n'était nullement question de ça. Ça ne prenait pas avec lui, vraiment pas.
Détournant le regard, il chercha à apercevoir le dehors, ne trouvant que de la verdure à contempler, il esquissa un bref sourire en coin.

« Inutile de me servir le baratin politique, Ruth, on est au dessus de ça.»

Son regard revint dans le sien.

« Il n'a jamais été question de régné, pas plus aujourd'hui qu'hier. Ça n'est pas encore à nous de le faire.»

Convaincu de ce qu'il disait, il avait presque l'impression de parler comme Eris désormais.

« C'est précisément ce qui a conduit bien des hommes à leurs pertes. Croire que l'heure est venue, ou qu'elle est toujours d'actualité, c'est aller joyeusement à l'échafaud.»

Il hocha la tête.

« Je ne vous rappellerai pas Menroth, Malefoy, ou LeeRoy.»

Les exemples se voulaient criants.

« Que ça vous dérange ou pas, tenons nous en au message personnel, la vérité me siée mieux. Simple question de principes.»

C'était ainsi avec De SaintClair, même au fond du trou, même occupé par d'autres choses, en souffrance, il restait un homme pragmatique à bien des égards, souvent juste, rarement dans le faux, et loyal à ce qu'il défendait depuis déjà trop longtemps selon certains. Il n'avait fallu qu'une femme pour le faire plier, une femme qu'il avait sous estimé et qu'il regrettait désormais. Le regret ? Ça avait beau le rongé, il ne savait plus bien s'il devait s'en servir ou abandonner, c'était la terrible dualité de sa condition, faire avec et sans à la fois. Un adieu, un abandon alors qu'il avait tellement les moyens de la revoir, c'était risible, il ne fallait qu'un pas, le pas de trop. Cela l'agaçait, se dire qu'on l'avait pris pour un con pendant de si longues années, s'il avait su, elle n'aurait pas même franchi la porte de chez lui. De la haine naît une force plus grande encore, une ivresse transcendante vous rendant certes instable, mais au combien puissant. Ne plus rien avoir à perdre, cet état transitoire, entre le réel et l'imaginaire, où plus rien n'a d'importance, cette impression de pouvoir, qu'en serrant le poing, tout s'écroulerait, c'était à la fois jouissif et blasant.
Céder à la force était simple, et c'était là que résidait la principale erreur, erreur qu'il allait commettre tôt ou tard, il le savait. Mais pas aujourd'hui.
Aujourd'hui encore, il serait lui, pas quelqu'un d'autre, il était là pour oublier ses problèmes et personne n'aurait la décence de les lui rappeler auquel cas … mieux valait ne pas y passer.

Et il fixa Ruth, sans un mot de plus. Devait il oser ? Devait il lui dire ? Il avait toujours été franc avec elle, il ne lui avait probablement jamais menti. Il fallait le faire après tout, ça n'était pas grand chose, mais il se rappelait très bien leur soirée commune, et il avait eu le temps de réfléchir jusque là. Il avait vu des choses, compris d'autres bien après le tête à tête fugace. Ce qu'elle faisait, mal visiblement, ne lui apporterait rien de ce qu'elle cherchait. Il n'avait pas prétention à pouvoir le contraire, loin de là, mais il semblait qu'à cœur vaillant, rien n'était impossible, selon une connerie d'adage populaire. Au delà de la vaillance, au delà des apparences, il y avait ce petit quelque chose qu'il devait lui dire, trois fois rien, mais juste le dire.

« Je n'ai pas prétention à vous connaître ...»

La phrase traîna, avec un blanc, comme s'il cherchait ses mots, bien que son regard de glace semblait tout bonnement indiquer le contraire.

« Mais il y a certaines choses que je sais, d'autres que je vois … »

Pour la première fois, il lâcha véritablement son verre, et rendit son insatiable verdict.

« Vous savez Ruth, rien ne vous oblige à dire oui tout à l'heure.»

Ceux qui prétendaient l'inverse étaient stupides. Le contrat avait été rompu, plus rien ne l'engageait, si elle n'en avait pas envie, elle pouvait refuser, tout simplement. Un scandale ? Mais bien sûr que non, la politique voudrait que non, des choses trop précipitées, voilà tout, il n'y aurait rien de négatif après coup, cela serait tout géré d'une main de maître par des têtes pensantes.
Elle devait comprendre pourquoi il lui disait ça, ils s'étaient compris autrefois, cela était toujours possible.

Se levant, il lui offrit un sourire en coin, non pas narquois comme d'habitude, mais presque compatissant, si on pouvait attendre cela de lui. Il ajouta avant de prendre la direction de la porte.

« Je pense qu'il est temps pour moi de vous laisser réfléchir. Si vous avez besoin, vous savez où me trouver.»

Après quoi, il passa la porte, sans se retourner pour revenir en bas, et continuer à faire semblant, comme ce que tout le monde semblait faire ici.

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John Mulciber


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 16 Fév - 17:17

Il pouvait diriger le monde, maintenant. Enfin, pas comme Crow, pas comme le Lord. Mais ici, dans ce monde, qui tirait les ficelles, à part John Mulciber ? Personne. Ici à Mull Cair Bren Court, il était le Maitre absolu, tissant patiemment sa toile. L'oeuvre s'agrandit, elle dure. Personne n'aurait parié une noise sur moi, avant, personne ne voulait y croire, parce que je n'étais pas le quart de ce qu'était Randy Mulciber. Aujourd'hui, du haut de son piédestal, John Mulciber dominait le monde entier et se demandait quand est-ce qu'il allait tomber, car le monde partait à la renverse. Il en avait quelque chose de stable, il avait créé un empire, mais tôt ou tard, la décadence viendrait le saisir, et il exploserait en vol, dans une explosion joyeuse mais bien réelle. Lourde est la tête qui porte la couronne, mais il ne faut pas laisser la grandeur vous effrayer. Ils avaient peur, autour de lui, de plus en plus rares étaient les gens qui comprenaient où il allait, ce qu'il faisait. La peur était un allié, la non-compréhension, une folie. Il ne faisait pas ça pour lui. Il faisait ça pour son nom, pour sa famille, et ce faste indispensable dont il se serait bien passé aujourd'hui n'avait pour but de souligner que l'alliance qu'il avait réussi à conclure, la plus grande de toute, la meilleure. Et c'était lui qui faisait ça. Lui qui était à l'origine de la gloire des Mulciber.

Le regard de dogue de John Mulciber errait sur la foule sans réellement la voir. Il méprisait de plus en plus les gens, sans aucun doute parce qu'il se méprisait lui-même. Il luttait pour construire, pour stabiliser sa famille, pour lui donner la grandeur. Il avait créer cela en suant sang et eau, en étant impitoyable, et voilà pourquoi il se méprisait lui-même : il était le seul à en avoir les capacités. J'ai la rage, le couteau dans la tête pour faire ça. Il faut que je le fasse et je le ferais, encore et toujours, jusqu'au bout. Mais ce qui le mettait en rage, c'était de lutter pour une paix qu'il ne connaitrait jamais, parce qu'elle ne faisait pas partie de son esprit, de sa mentalité, elle n'existait pas chez lui. J'ai légalisé le vol et je l'ai appelé propriété. J'ai réécrit l'histoire avec des armées et brulé tous les livres qui la racontaient. O, père, pardonnez moi ce que j'ai fait. L'homme est trop grand, l'homme est trop fort, il fallait bien le vaincre. Il n'y avait pas d'autre moyen. Mais les autres, ceux qui viendraient après lui ? Aucun d'entre eux n'avait la capacité de reprendre le flambeau, aucun sauf Mike peut-être.

Voilà. Un héritage, ça se conquiert, et il lui donnait les clés pour le faire parce qu'il en avait la capacité. Mais c'est moi qui décide, moi qui ordonne et même quand je serais mort tout cela restera ma volonté, jusqu'au bout. Par delà la mort, à la ville et au monde, je continuerais à ordonner. Et les rebelles seraient écrasés jusqu'au bout. Néanmoins, John parvenait à badiner à peu près correctement, malgré ce mépris constant qui habitait son esprit pour tous ces héritiers qui n'avaient jamais rien conquis, jamais connus de guerre, jamais rien compris, et qui considéraient que leur nom suffisait pour que le monde doive plier devant eux. Combien de fois faudra-t-il leur redire que les rôles ne sont pas fixés et que le destin n'est pas joué ? Il leur restait beaucoup à apprendre mais certains n'en auraient pas le temps, le monde les écraserait avant. Qu'ils se permettent de contester son autorité le faisait plutôt rire. Mais pour l'instant, qu'est-ce qu'était tout cela sinon une débauche de champagne ? Rien.

« Oh, allons. C'est une tradition familiale, ne pas le faire décevrait tout le monde.  » Puis comme tout le monde s'agitait, il s'excusa : « Pardonnez moi, je dois vous laisser. Voulez-vous dire au père de la future mariée de se tenir prêt ? Nous commencerons bientôt. Je vous remercie. »

Mais quelque chose clochait, dans cette cérémonie. Etait-ce la présence de ce témoin surprise, la colère de Mike, visible, à peine dissimulée, le sourire de De SaintClair ? Ce mariage, si parfait, si utile, chef d’œuvre de John Mulciber - dont les protagonistes principaux, par ailleurs, se fichaient éperdument - semblait battre de l'aile avant même d'être célébré. Finalement, tout se passa. La mariée fut splendide, et il commença son discours :

« Mesdames et messieurs. Nous sommes aujourd'hui réunis pour célébrer l'union de deux des plus vieilles familles de ce pays, l'union de deux âmes fidèles, pour qu'elles se portent mutuellement secours et assistance, amour et aide dans les heures les plus sombres comme dans les heures de joie et de réussite. » Il passa ostensiblement sur le passage « si quelqu'un souhaite s'opposer à cette union ». Celui qui s'y oppose s'opposera à ma personne. Et ça ne se passera pas bien. « Nous allons à présent procéder à l'échange des alliances. Ruth Uria Alexieva-Mulciber, voulez-vous prendre pour époux Michael Farago Iago Desmond Witcher ? » Dieu que c'était mièvre ces femmes qui pleuraient. Il fixa Ruth d'un air sévère et obtint un oui peu enthousiaste. « Michael Farago Iago Desmond Witcher, voulez-vous prendre pour épouse Ruth Uria Alexieva-Mulciber ? » Oui également. « Je vous déclare donc unis par les liens du mariage. »

Après quoi il rejoignit Ruth. Pas de discours, rien. Il ne venait pas pour ça. Il n'avait même pas sa mine sévère des mauvais jours. Non. Tout était dit d'un ton neutre, extrêmement détaché.

« Je pense que nous devons parler. » Il tira une chaise et s'installa face à elle. « J'ai pris contact avec mes avocats. L'héritage de cette famille me semblait sur le point de se perdre, et l'oncle Donald, ainsi que Willy-Jay partagent mon avis. »

Il ne le disait pas pour appuyer son propos – car il se foutait de l'avis de son oncle et de celui du pasteur sans le sou de la famille – mais bien pour montrer que c'était la voix de la raison. Si même ces deux là se ralliaient à son avis, alors qu'ils passaient leur vie à le contredire, il ne pouvait qu'en être ainsi.

« J'ai donc décidé qu'à ma mort le titre de chef de famille irait soit à Mike soit à un de vos enfants. » Qui si possible adoptera le nom de Mulciber mais ça tu le comprends très bien ma chérie, on ne va pas s'emmerder avec des détails. « C'est l'enjeu de ce mariage. C'est pour cela que j'ai insisté, pour cela que ce mariage est important. »

Que lui importait les projets de Michael. Un jour Witcher serait son égal, il le savait, pire que lui, meilleur que lui, peu importait, mais pas aujourd'hui. C'était pour cela qu'il l'avait choisi. Le directeur du département pouvait croire à sa guise que c'était son idée, et en effet ça l'était, mais celui qui jouait le plus gros ici, c'était lui.

« Ce que je veux que tu comprennes, c'est que l'intérêt de la famille passe avant tout. Nos intérêts personnels ne sont rien. Je ne sais pas ce que tu as voulu faire, je ne sais pas si tu avais de bonnes raisons ou non, peut-être que oui, d'ailleurs. Mais réfléchis avant de faire ça, la prochaine fois. Quand bien même tout ça serait juste et légitime, maintenant nous allons nous retrouver à devoir gérer les petites colères de Mike Witcher. C'était la dernière chose dont nous avions besoin pour cette alliance. » Ce n'était pas facile, mais tant pis. « Je sais que beaucoup de gens pensent que je suis un connard et que ton avis ne doit pas être le positif du monde à mon encontre. C'est le nom qui veut ça, mais moi je l'ai érigé en art, Ruth. Personne ne peut m'avoir, et je baise le monde entier depuis des années. J'aurais pu mener une vie tranquille. Une vie honnête et un peu conne. Mais ça, je n'en veux pas. Je ne suis pas honnête, Ruth, mais je ne suis sûrement pas con. » Il sourit, amusé par ce qu'il disait. « Ils disent que j'ai du sang sur les mains. C'est vrai. J'ai du sang sur les mains et du champagne dans ma baignoire. » Mais cette fichue famille me doit tout. Il faudrait voir à ne pas l'oublier. Il se leva : « J'y vais, les autres doivent absolument vouloir te féliciter. »

Il s'abstint de dire plus, ce n'était pas utile, ce n'était pas l'esprit du mariage. Il s'éclipsa, monta en haut, dans la tour Caravelle, réfléchissant à ses plans d'avenir. Cela pouvait échouer. Qu'est-ce que ça aurait changé ? John se mettait à réfléchir aux conséquences. Lentement. Il se passerait quoi. Les mondains souriraient toujours hypocritement, les collabos feraient la fête, encore et toujours. Installé au piano, le mangemort jouait. Il alignait des notes. Mais plus il en venait, plus il y en avait, et plus les sons se dissolvaient dans une sorte d'indifférence grise, détirée. Ras bords... À la fin, une corde unique, une note unique. Assis au bord du piano, John s'écoutait la chanter. En définitive, c'était comme du silence. Le diapason des mots et des misères. C'était lui, ni plus ni moins. Et alors il se prit à sourire.  Il jeta un coup d'oeil au tableau de son père, qui lui demanda, pour une fois seulement interrogateur :

« Qu'espèrent-ils à toujours contester ce que tu dis ? »


John sourit :

« Ils ne savent pas ce qu'ils disent. Ni ce qu'ils pensent. Même pas ce qu'ils font. Ils ne comprennent rien. Même pour un type comme moi, ce monde est merveilleux. Il suffit de savoir qui tu es. »

Après quoi, à nouveau, il redescendit.

« James, vous m'avez promis un duel !... »
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James Eccleston


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 21 Fév - 20:45

James Eccleston, témoin officiel de tous les mariages de sang-purs de la bonne société. La figure du Ministre s'imposait peu à peu, même dans ce milieu où l'on cultivait un entre-soi rigoureux. Il n'était plus l'outsider, le gêneur, le cousin pauvre invité par charité dans les belles fêtes des purs. Il avait toute sa place, désormais, dans cette société fermée, et nul n'aurait songé à la lui contester. Il faisait partie du décor, chacun l'acceptait. Il était reçu dans les meilleures familles, avec tous les égards dus à un invité de marque. Crow lui tapait dans le dos et Mulciber le traitait avec une sollicitude toute paternelle ; valait-il la peine de s'opposer à ces hommes en dénigrant un de leurs amis, fût-il un sang-mêlé ? Raisonnablement, la plupart des gens ne prenaient pas ce risque. Le petit juge était devenu quelqu'un. On savait qu'il portait la Marque des Ténèbres, et cela valait tous les arbres généalogiques du monde. Il n'imposait pas le même respect qu'un Crow ou qu'un Mulciber, il semblait moins redoutable, mais on devinait qu'il valait mieux ne pas jouer avec le feu. Il restait un Mangemort, en dépit de son allure débonnaire. Le Seigneur des Ténèbres ne lui avait probablement pas accordé sa Marque uniquement en raison de son sourire charmeur ; il devait avoir d'autres compétences à faire valoir, et on préférait ne pas trop s'y frotter. Beaucoup de gens avaient donc mis de l'eau dans leur vin ; les oncles de Mulciber, par exemple. James se rappelait avoir entendu des remarques acerbes lors du championnat de duel qui l'avait opposé à son mentor ; John avait essuyé des critiques de ses oncles pour avoir accepté d'aller prendre un verre avec lui après le combat, et ces messieurs ne s'étaient pas souciés de baisser la voix pour ne pas être entendus. Prendre des gants avec un sang-mêlé, quelle idée cocasse. Ce jour-là, à Mull Cair Bren Court, leur comportement avait bien changé. Ils avaient été très courtois avec le Ministre, lui avaient serré la main avec chaleur et l'avaient complimenté sur la bonne mine de son fils. Marrant comme les choses changent, s'était dit James, souriant comme à son habitude, mais sans oublier l'offense de jadis.  Il n'en tirerait aucune vengeance, mais il n'oublierait pas. James Eccleston ne classait jamais un dossier lorsqu'il le concernait personnellement.

Tous les invités étaient là, désormais. Le Ministre de la Magie avait bavardé un moment avec Crow, avec Mulciber, avec Mike, très détendu en apparence, morose en réalité. Bientôt, c'est lui qui ferait le pingouin en costume de marié, et cela le terrifiait. Il admirait le calme de Mike, et se demandait s'il serait capable d'être aussi bon dans ce rôle minable, ou s'il prendrait ses jambes à son cou avant que la cérémonie ait pu commencer. Bien sûr que non, tu ne te barreras pas en courant. Tu en crèveras d'envie, mais tu resteras là, à te forcer à sourire et à remercier tous ces cons qui viendront te féliciter. Tu as trop conscience des convenances pour tout envoyer valser – et, du reste, cela vaut mieux puisque c'est le Lord qui ordonne ce mariage. Tu te laisseras passer la corde au cou de bonne grâce, l'estomac noué, en maudissant intérieurement tout ce décorum indigeste. Tu es l'un des types les plus puissants de ce pays, et tu n'as pas ton mot à dire. C'est bête à pleurer.

John Mulciber se leva, arrachant son jeune collègue à ces pensées saumâtres. La cérémonie allait commencer. James s'excusa auprès de Crow et se mit en quête du père de Ruth, pour l'avertir qu'il devait se tenir prêt ; il trouva Thomas Mulciber en compagnie d'un des oncles de John, justement, en train de bavarder tout en faisant un sort à une bouteille de champagne. Le père de la mariée l'accueillit avec un grand sourire, comme à chaque fois qu'il le voyait ; il aimait bien cet ami de sa fille, auquel il versa d'ailleurs une coupe de champagne pour trinquer au bonheur des mariés.

-Et au vôtre, James, puisque ce sera bientôt votre tour !

Le Ministre le remercia courtoisement, en se demandant pourquoi il avait besoin de lui rappeler la tuile qui n'allait pas tarder à lui tomber sur la tronche. Thomas Mulciber était plutôt gentil, d'habitude, pas du tout du genre à faire des remarques crétines... peut-être avait-il trop bu, tout bonnement. Il devait avoir de l'entraînement, mais le champagne était une boisson félone pour un habitué des pires bibines bulgares.

Le Ministre s'éclipsa rapidement pour aller rejoindre Mike. La cérémonie allait débuter, John prenait sa place pour officier, le témoin devait se tenir auprès du marié.

-Ça va, Mike ? murmura-t-il en s'arrêtant près de lui, légèrement en retrait.

Ruth ne tarda pas à arriver, au bras de son père, suivie par Vera et... James et Mike échangèrent un regard stupéfait ; Tryan De SaintClair escortait la mariée et il se plaça symétriquement à James, aux côtés de Ruth, lui aussi un peu en retrait.

-Putain... elle n'a quand même pas choisi ce connard comme témoin ?

James n'avait pu retenir ce murmure incrédule. Elle savait pertinemment que ni Mike, ni lui-même ne pouvaient encadrer le directeur des Mystères. Quelle mouche avait bien pu la piquer ? Il faudrait tirer ça au clair... En attendant, John commençait son blabla. Court, rapide, efficace. Béni soit-il pour cela. Il était déjà agaçant de devoir supporter les chouinements de certaines invitées, autant que ça dure le moins longtemps possible.

La cérémonie terminée, James resta auprès de Mike qui recevait les félicitations des invités ; il ne le quitta qu'un bref instant pour aller lui chercher à boire, remplissant avec dévouement son rôle de témoin. Lorsque chacun eut exprimé son contentement au nouveau marié, le Ministre prit congé de son ami pour aller voir Ruth. Il voulait s'expliquer avec elle, et accessoirement la traiter de tous les noms. Avant qu'il ait pu mettre la main sur cette emmerdeuse patentée, il fut hélé par John qui lui rappela qu'il s'était engagé à être son adversaire pour un duel.

-Mais je suis à votre disposition, monsieur, répondit-il en sortant sa baguette, avec un claquement de talons militaire.

Quelques personnes, connaissant sans doute les traditions familiales, commençaient à s'écarter des deux hommes. James ne trouvait pas déplaisant de susciter l'incompréhension de ces gens et de les choquer un peu. John lui apprenait à se soucier un peu moins des convenances et à s'amuser un peu, ce qui ne lui faisait pas de mal. Ils se mirent rapidement d'accord sur le déroulement du duel ; bon prince, le Directeur de la Sécurité Intérieure laissa le premier assaut à son apprenti, et James lança les festivités avec un petit Confringo qui fit pousser quelques hurlements à ceux qui n'avaient pas encore compris ce qui se tramait. Les derniers téméraires encore présents dans le périmètre se hâtèrent de s'éloigner, laissant le champ libre aux deux Mangemorts et à leur étrange amusement.


Dernière édition par James Eccleston le Sam 21 Fév - 21:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 21 Fév - 20:45

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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 24 Fév - 17:09

Dans un coin de son esprit, une toute petite parcelle, il existait de plus beaux endroits, et sans doute une meilleure vie. Il disait qu'il n'y avait jamais été, mais c'était faux : toutes les choses qu'il avait vues disparaissaient simplement, avec lenteur, de son esprit, le laissant vide, et exsangue de tous sentiment. Mike Witcher était seul, de toute façon, les mariages ne l'intéressaient pas, les souvenirs non plus, parce qu'ils étaient seulement une partie douloureuse de lui même. Sa sœur, Sally, lui faisait de grands gestes alors qu'il se tenait un peu à l'écart. Est-ce qu'elle se souvenait, elle ? Il avait, toutes ces années, commencé une révolution, et il l'achevait aujourd'hui. Si tout ça n'était qu'une course pour effacer ses souvenirs, perdus et douloureux, et tenter de bâtir une mémoire nouvelle, elle ne pouvait rien y comprendre. Sally pouvait attendre, elle savait que c'était trop tard.

Mike Witcher tentait une dernière fois de faire la paix avec cette mémoire fuyante. Il se rappelait de quand il faisait un tour dehors, avec son père, quand le printemps fleurissait, et quand il se tenait près de la cheminée pour les portraits de famille. Il tentait d'enlever cet air fatigué, et cynique de son visage, et pour une fois, de sourire vraiment, parce qu'il n'était pas si malheureux. Son âme s'évanouissait, mais il n'avait plus de raison de regarder en arrière avec colère.

Il avait peut-être une chance. Il n'aimait pas Ruth, ce n'était pas une question d'amour, il ne prononcerait jamais ce mot, mais s'il pouvait recommencer, encore, une fois, et se dire qu'il n'était pas tout à fait maudit, qu'il pouvait avoir une chance, pas de vivre, mais d'exister, de faire un peu la paix avec lui même. Alors oui, elle pouvait attendre, il reviendrait, pour l'instant, il ne savait pas trop ce qu'il faisait, il réfléchissait, pour l'instant, un peu ailleurs. On le laissait relativement tranquille. Les gens passaient pour le féliciter, mais à part ça, il restait un peu seul, buvant distraitement une coupe de champagne, la même depuis le début. Il avait parlé un peu avec tout le monde, avec sa famille, mais globalement, si ses frères et sœurs étaient bien là, entre eux, eux non plus ne lui parlait pas – sauf Sally pour lui dire de le rejoindre, du coup, mais Emma parlait à bâtons rompus avec son allemand de mari et Watson expliquait pompeusement quelque chose à un obscur fonctionnaire du même rang que lui quelque chose de probablement très ennuyant. Mike leva les yeux au ciel d'un air excédé : Watson s'était senti obligé de remettre un nœud papillon, comme au mariage de Karen, formidable. Cela lui donnait l'air d'un parfait crétin, et en fait, le directeur du département du Sang et des Lois, jugeait qu'il faisait bien de faire semblant de ne pas le connaître, comme d'habitude, ça lui évitait une certaine dose d'humiliation.

Le mangemort restait cynique en toutes circonstances. La distance qu'il mettait entre lui et les gens l'aidait à garder le cap. Aimer les gens ne les sauvait pas. L'amour était un sentiment qui creusait des trous brûlants dans le cœur. Des trous tellement profonds qu'ils pouvaient démolir quelqu'un. Il alluma une cigarette. Telle était la seule chose à faire. Fumer, ne pas laisser tomber, jusqu'à la fin. Inspirer, expirer, et inspirer de nouveau. Cette partie de sa vie, cette idée d'existence, était terminée, il pouvait en ignorer la fin, et demain viendrait, à nouveau, il en était sur. Pour une fois, il avait plutot confiance.

Mike Witcher était doué pour faire foirer les choses auxquelles il tenait, parce qu'il ne comprenait pas qu'il y tenait, la plupart du temps. Il le réalisait trop tard, ou pas du tout, car il pouvait se réveler d'une mauvaise foi absolue, qui pouvait être calamiteuse dans toutes ses relations. D'avis qu'il avait toujours raison, les erreurs qu'il faisait le frappaient de plein fouet avec une violence qu'il avait appris à redouter et qui le laissait toujours sous le choc et plein de rage. Alors il recommençait, de manière un peu haineuse, parce qu'il ne voulait pas se laisser vaincre par la vie et par ses échecs, mais inlassablement, le mangemort reproduisait le même schéma, et ce qu'il aimait, sans s'en rendre compte, lui explosait entre les mains avec une violence inouie

Loin de se douter de ce qui se passait et du fait qu'il en était purement responsable, il n'était pas encore au courant de la vengeance de Ruth ni du fait que sa future femme allait l'humilier publiquement. Non, il était même de bonne humeur, ce qui était rare : profondément lunatique, il était rare de voir Mike Witcher d'une humeur égale toute une journée, ce qui relevait de l'exploit presque impossible à réaliser ces dernières années. En général, ses périodes de bonnes humeurs ne duraient pas plus d'une heure. Là, la cérémonie commençait, tout le monde se mettait en place, et il était toujours content d'être là.  Il éclata de rire à la question de James :

« Pourquoi est-ce que ça n'irait pas, voyons ? » Il vida son verre et abandonna sa coupe sur le plateau d'un elfe qui passait par là , ignorant quelques regards dubitatifs sur l'état de son uniforme, un bon vieil uniforme de campagne, bien coupé mais pragmatique, pas du tout un machin de cérémonie de rigueur à un mariage normal, mais ce n'était pas un mariage normal, alors il s'en foutait. Peu importait. Mike sourit largement. Il adorait provoquer. « Regarde les, tous ces coincés, avec leurs alliances et leurs politiques, et leurs sourires finauds. Ah, ils me débectent. Connards finis ! » Il s'attira le regard foudroyant de sa sœur. Bon, il avait peut-être bu un peu plus qu'une coupe, finalement. « Bon bah ça va, Emma, me regarde pas comme si je te proposais d'assister à ma nuit de noce ! » Il sourit encore plus largement : « Bon, on commence, peut-être ? Il est parti chercher Ruth, mon beau-père ? Oui ? Parfait ! » Il jeta  un regard autour de lui et vociféra de nouveau d'un ton enthousiaste : « Et Mulciber ? Il est où John ? Mulciber ! » Quand on commençait à appeler ses collègues du gouvernement par leur nom de famille, ça craignait – comme aurait pu en témoigner un premier ministre français moldu en perdition au salon de l'agriculture et rond comme un coing. « Ah, mais il est là ! »

Il n'accepta de se taire que parce John disait qu'il allait commencer et que la mariée allait faire son entrée. Et qu'il voulait faire bonne impression. Et ce fut là que tout bascula. Ce fut là qu'elle ramena De SaintClair, comme témoin. Qu'est-ce que ça voulait dire, ça ? Elle voulait quoi, l'humilier en public ? Qu'est-ce que c'était, le message ? Il fulminait en silence, et il embrassa l'assemblée d'un regard assassin, comprenant bien ce qui se passait et ce que les gens pensaient. Il ne prit même pas la peine de répondre à James. Bien sur que si elle l'avait fait, mais alors pourquoi ? Il ne pouvait pas répondre à cette question, il en était incapable. Et s'il se contenta de serrer les dents, d'approuver , d'embrasser – rapidement – la mariée, il était hors de question qu'il reste ici une minute de plus. Il lança à James :

« Je m'en vais. Ce connard mériterait que je le provoque en duel, mais il n'en vaut même pas la peine. Fais quand même le duel avec John, qu'il y aie au moins quelque chose de réussi dans cette journée. »
Il fulminait toujours, et la rage dans ses yeux lui aurait fait faire n'importe quoi, voilà pourquoi il valait mieux qu'il se tire. Cependant, sans ménagement, il poussa De SaintClair hors de son chemin, glacial : «  Je voudrais parler à ma femme. Ôtez vous de mon chemin. » Mais qu'il se tire, bordel, il n'avait pas que ça à faire. Le regard qu'il jeta à Ruth était tout aussi glacé : « Félicitation, bravo. Je n'ai aucune idée de ce que tu voulais faire, mais si tu voulais m'humilier pour une raison obscure, c'est réussi. La prochaine fois, tu me feras part de ton mécontentement avant, au moins je saurais ce que j'ai fait pour mériter ça. » Il connaissait la répartie de sa femme – et ça faisait très bizarre de la considérer comme telle surtout maintenant – et il ne voulait pas s'engager dans une discussion comme ça. « Ouais, allez, c'est bon. Je m'en vais, tu seras contente, comme ça. »

Après quoi, sans un regard en arrière, furieux, il se dirigea vers la sortie, son frère, John et sa sœur sur ses talons. Chacun essayait de le convaincre de revenir :

« Ecoute, John voulait parler affaire, tu ne peux pas partir comme ça...
-Je ne peux pas ? Tu plaisantes, Watson ? Tu te fous de ma gueule ? Tu crois que je vais les laisser me faire ça, à moi ? Même pas en rêve, c'est hors de question, je ne viens pas.
-Mike...
-Non. Vas te faire foutre, et toi aussi, et toi aussi ! Ne comptez pas sur moi. Tout le monde s'est bien marré à mes dépens, maintenant, terminé, fini. Je me tire, et je ne reviens pas. »

Non, pas question. Et puis quoi, encore ? On lui demanderait de s'excuser, bientôt. La bonne blague, tiens.
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 24 Fév - 23:29

De SaintClair avait refermé la porte en douceur, laissant une Ruth songeuse dans la pièce. Tout était calme autour d’elle. Elfes, famille, tout le monde avaient été renvoyé pour la laisser à ses derniers préparatifs. Il devait lui rester plus ou moins quarante minutes, son entretien avec Tryan n’ayant pas duré longtemps. Il n’avait pas été difficile à convaincre. Ruth avait eu la presque certitude qu’il accepterait son offre. Pas tant pour lui faire plaisir que parce qu’il y trouvait également son avantage. Peu de personne le comprendrait, mais De SaintClair était son allié, ça s’était joué à peu en réalité, et ils auraient tout aussi bien pu être ennemis. Ils n’étaient d’ailleurs pas partis du bon pied. Elle se souvenait de leur première rencontre en Irlande. Elle était encore Maître des Potions pour l’Intendance, et lui un général de l’armée magique en Irlande. Il n’avait pas su qui elle était. Cousine du ministre. Le ministre en avait à revendre des cousins, et elle n’était qu’une parmi tant d’autre. Ils avaient discuté, et la mangemorte avait bien senti qu’il y avait des différences d’opinions entre eux. Ils s’étaient quitté sans qu’elle dévoile qui elle était, et ils s’étaient finalement revus lors de l’arrivée de Crow au pouvoir. Leurs positions respectives les auraient amenés à se revoir à un moment ou l’autre. Il avait fallu que ce soit dans le cadre d’une soirée mondaine qu’ils se rencontrent de nouveau. Elle s’en souvenait avec précision. Mike lui avait promis de l’accompagner, il lui avait finalement posé un lapin invoquant du travail en Irlande. Elle s’était tout de même rendue à la soirée accompagnée de son frère pour finaliser le rachat d’une société. Elle l’avait accosté pour échapper à sa tante Marciana, et ils avaient finalement passé la soirée ensemble à boire, et combattre. Ce genre de soirée forgeait des liens, et c’était ce qui avait fait d’eux des alliés plutôt que des ennemis. Aussi simple que ça.

C’était peut-être pour ça qu’il se permettait de lui dire ce que personne d’autre n’aurait osé dire tout haut : rien ne l’obligeait à épouser Mike. Même James, pourtant son cousin le plus proche, n’avait jamais rien dis en ce sens. Il savait pourtant à quel point elle désirait ne pas se marier, tout comme il devait se douter qu’elle n’aimait pas Mike. Elle n’avait rien contre lui, entendons-nous bien. Il était son cousin, son ami, ils étaient proches. Ils l’avaient toujours été même s’ils n’avaient jamais eu besoin de se voir pour savoir qu’ils pouvaient compter l’un sur l’autre. Dans le fond, ça lui suffisait. Ironiquement, plus jeune, elle avait espéré faire un mariage d’amour. C’était ce qu’aurait du être son mariage avec Benjamin. Elle aurait du être heureuse, LA plus heureuse. Et parce qu’elle ne l’était pas, elle était constamment en colère face à cette injustice. Pourquoi avait-il fallu que les bourbistes viennent se mettre entre elle et Benjamin ? Elle n’aurait jamais de réponse, la vie qu’elle aurait du avoir – comme celle de tant d’autre – avait été sacrifiée sur l’autel des ambitions de son pays. Et ça, elle ne l’admettait pas, rejetant la faute sur le camp adverse avec virulence pour lui avoir retiré tant. Un homme qu’elle aimait et qu’elle devrait un jour tuer. Une enfant qui ne saurait jamais qui sont ses vrais parents, une mascarade. Cette vie n’était qu’une mascarade, mais c’était la sienne.

Qu’est-ce qui t’oblige à l’épouser ? La remarque de Tryan l’obsédait et elle ne pouvait pas cesser d’y songer. Soudainement, elle se leva, attrapant un mouchoir brodé blanc qui trainait sur la table pour donner à ses mains qu’elle chose à faire. Mordillant sa lèvre inférieure par anxiété, elle arpenta la chambre tandis qu’elle réfléchissait.

Fondamentalement, qu’est-ce qui l’obligeait à épouser Mike ? John ? Elle avait du respect pour celui qu’elle appelait son oncle, mais si elle avait du s’opposer à son autorité, elle aurait pu le faire. Son statut était particulier. Au carrefour de différentes familles, elle faisait partie de leur clan tout en restant à l’écart. Elle aurait pu couper les ponts si elle l’avait voulu. Les Alexïeva étaient indépendant financièrement, elle y avait veillé, et personne d’extérieur, outre Mike par son contrat de mariage avec elle, n’avait de part dans ses sociétés. Seule, elle n’était pas aussi riche que ses cousins, mais quelle importance ? Aucune. Néanmoins, se couper des Mulciber et des Witcher affaiblissait sa position, ce n’était pas infaisable, mais précaire. Ils étaient les mangemorts du Seigneur des Ténèbres et travaillaient main dans la main au gouvernement, ils devaient présenter un front unis, et surtout être unis. De SaintClair avait raison, le scandale passerait, comme toujours, les journalistes trouveraient un autre évènement à se mettre sous la dent. Ceux-ci ne manquaient pas, et la propagande leur indiquait subtilement ce qu’il fallait chercher.

Accepter de se marier, c’était mettre fin à la situation malsaine qui était la sienne. Elle avait refusé après ses secondes fiançailles de se marier. On l’avait laissé tranquille, deux fois c’était assez, et à l’époque, il ne semblait y avoir aucune raison pour qu’on la force à se marier. John l’avait laissée tranquille, et les vieilles commères s’étaient contenté de lui faire des allusions un peu aigre comme elles l’auraient face à n’importe jeune femme de son âge qui n’avait pas encore d’enfant. Et puis Benjamin était revenu sur le devant de la scène. Non content de rejoindre Thomas dans la Vague, il en avait pris la tête à sa mort, et continué d’essayer d’entrer en contact avec elle. Désormais, il savait qu’il était père, tout comme il savait qu’elle l’aimait toujours. L’amour pousse à faire des choses folles, ça l’avait incité à être assez miséricordieuse pour donner à Llewelyn un moyen de contacter son frère. Elle seule savait qu’il y avait peut-être une infime chance qu’il soit encore vivant, mais au fond d’elle, elle en doutait. Ruth n’avait plus revu Benjamin depuis, il avait probablement du apprendre l’annonce officielle de son mariage, Mike s’en était donné à cœur joie pour publier les bans. La mangemorte avait eu le fol espoir de voir Benjamin avant la cérémonie pour lui demander de ne pas le faire. S’eu été de la folie, mais Benjamin était fou, une caractéristique de leur famille. Assez fou pour essayer de se glisser dans une soirée puriste pour la voir. Elle ne voulait pas sa mort, et sa présence à cette journée aurait signifié sa mort. Plus qu’une simple fête, c’était le mariage de deux des plus puissants personnages de l’Etat qu’on célébrait aujourd’hui. La sécurité était à son paroxysme, nul ne pouvait entre ou sortir de la résidence sans que les services de John ne soit au courant. Se marier avec Mike, c’était s’assurer qu’il n’y aurait pour elle plus de retour en arrière possible, mais comment l’expliquer à Tryan ? Personne ne pouvait comprendre, pas même James.

Limonkov était son pire ennemi, parce qu’elle savait que par amour les idéaux pouvaient tomber. Elle ne serrait pas celle qui tournerait le dos à ses idéaux et elle comptait bien s’en assurer, quitte à s’enchainer elle-même. Le Purisme, ses croyances, sa conviction de faire quelque chose grand et d’essentiel pour la sorcellerie, c’était ce qui l’avait forcé à se lever le matin pendant des années, c’était ce qui lui restait. Quoiqu’il en dise, Ben l’avait abandonné, plutôt que de rentrer, il s’était fais passer pour mort pendant cinq ans avant de revenir en Angleterre dans le camp adverse. Il y avait des choses qu’on ne pouvait pardonner. Son mariage avec Mike faisait partie de celles-là, il ne lui pardonnerait jamais, et elle-même tirait un trait le passé, du moins, c’était ce qu’elle pensait faire.

Soudain, elle eut trop chaud. Penser à Benjamin l’énervait, elle en devenait nerveuse. Elle ôta son peignoir, révélant sa robe de marié, et continua de marcher de long en large avec pour seul bruit cliquetis de ses talons sur le pavé de la chambre. La chaleur ne cessait d’augmenter, elle sentait son estomac se tordre, et elle fut prise de sueur froide. Pendant un bref moment, sa vision se fit floue et elle perdit l’équilibre du se rattraper à la commode pour ne pas tomber. Elle tenta de respirer et de retrouver son calme, probablement sans se rendre compte qu’elle était en train de faire une crise de panique. Retrouvant son équilibre, elle se dirigea vers le verre de champagne qu’elle avait laissé près de son fauteuil et en bu une gorgée. Elle fit la grimace, le liquide était chaud et lui laissa un arrière goût désagréable en bouche.

En désespoir, elle s’assit, essayant de se calmer. Fermant les yeux, elle laissa son esprit vagabonder en tentant de penser à autre chose qu’à son mariage. Presque dix ans, après l’annonce de ses premières fiançailles, elle allait se marier. A force, elle avait cru que ça n’arriverait jamais, et même se fiançant à Mike presque un an plus tôt, elle n’avait jamais réalisé que le jour J arriverait un jour. A présent, maintenant qu’elle y était, Ruth réalisait les conséquences que ça allait réellement avoir. Il était trop tard pour les regrets. La vie des mangemorts étaient faite de peines, regrets et blessures diverses dont ils ne parlaient pas, c’était leur quotidien. Elle avait appris à l’accepter. On toqua à la porte, il fallait qu’elle se reprenne :

« Une minute », répondit-elle.

Elle se dirigea vers sa coiffeuse et ouvrit une petite boite protégée par un sortilège et en sortit la bague de fiançailles que Benjamin lui avait offert. Elle eut un sourire triste et embrassa la bague. Ruth l’avait toujours avec elle depuis qu’il lui avait rendue. Elle la gardait comme un talisman, sauf aujourd’hui. Aujourd’hui c’était la fin d’une époque. Elle remit donc la bague dans la boite et referma celle-ci avant de s’assurer qu’elle était parfaite. Mis à part son teint plus pâle qu’à l’ordinaire et l’envie de vomir qui ne la quittait pas, elle était superbe. Ouvrant la porte à son père, elle se força à sourire :

« Eh bien Ruth, je sais qu’il est de coutume que la mariage fasse attendre ses invités, mais je crois qu’il est temps ! »

Il lui tendit son bras, rayonnant. Elle posa sa main sur celui-ci, et releva un pan de sa robe pour ne pas trébucher. Son père était un homme simple, aussi ne vit-il pas que sa fille n’était pas dans son état normal, et s’il le vit, il le mit probablement sur le compte du stress. Lui-même en ce jour était un homme heureux puisqu’il mariait enfin son aîné. Sa petite préférée, et sa fierté, et quel mariage ! En chemin, le regard de Ruth croisa celui de Tryan qui sans un mot, vient se mettre à sa place pour lui servir de témoins. Dans la salle où l’attendait les invités, une bonne partie d’entre eux ne comprenait pas ce qu’impliquait le fait d’avoir De SaintClair, mais ceux qui le comprenait étaient choqué, voir furieux dans certain cas. Jouant son rôle jusqu’au bout, sans tenir compte du regard furieux de Mike – il l’avait bien cherché – ni de celui de James, elle s’avança jusqu’à l’autel, splendide dans sa robe de marié, toute sourire, rayonnant d’un bonheur qu’elle était bien loin de ressentir en cet instant.

Les vœux furent échangés et Mike l’embrassa très froidement. Ruth lança très rapidement un sort discret pour rendre les vociférations de Mike inaudibles en dehors de leur entourage direct. Elle avait toujours su lancer des sorts sans l’aide de sa baguette, et depuis son entrainement avec le Magistère, elle avait continué à pratiquer l’utilisation de la Légilimancie et l’Occlumancie sans baguette pour ne pas perdre la main. Son entrainement avait apparemment porté ses fruits vu la facilité avec laquelle elle avait lancé le sort. Ecartant Tryan d’un geste sec, il demanda à lui parler. Toujours avec le même sourire resplendissant plaqué sur les lèvres, elle se tourna vers Tryan déclara :

« Si vous voulez bien m’excuser. »

Sa femme, Salazar que l’appellation faisait bizarre. Il y avait un côté possessif très étrange dans cet histoire, et surtout très réaliste. C’était fait, ils étaient mari et femme, il avait suffit de quelques mots, d’un échange d’alliance pour faire d’eux une « famille ». Ca tenait donc à tellement peu de chose ? Etrangement, elle s’étonnait de ne pas se sentir différente maintenant que c’était fait. La seule chose qui changeait, c’était le poids de deux bagues qu’elle portait désormais à la main droite, son anneau de mariage ayant rejoint la bague de fiançailles que Mike lui avait offerte.

Quant à Mike, évidemment, il était furieux et c’était ce qu’elle voulait, elle écouta ses reproches le même sourire tranquille aux lèvres. Il amorça un mouvement pour s’en aller, bloqué par son frère et ses sœurs. Sans se presser, elle rejoignit ceux-ci tandis qu’il les insultait, elle posa une main ferme sur le bras de Mike tandis qu’elle disait à sa nouvelle belle famille :

« Ne le prenez pas mal, vous connaissez Mike, la jalousie lui va mal. »

Petite rire de circonstance, rond de jambe tandis que son mari tentait de se libérer de sa poigne. Ruth n’en avait peut-être pas l’air, mais elle était un soldat tout comme lui, et sous sa frêle carrure se cachait des muscles et une force qu’on n’aurait pas soupçonné. Levant le sort qu’elle avait informulé, elle annonça d’une voix assurée à sa belle-sœur.

« Mike et moi allons prendre un moment pour nous pendant que le duel commence, il ne faudrait pas que je tâche ma robe. »

La scène n’avait duré que quelques secondes, et sans laisser le choix à Mike, elle effectua un transplanage d’accompagnement. Ils se retrouvèrent dans la chambre où elle s’était habillée quelques minutes auparavant. Elle lâcha le poignet de Mike qu’elle avait tenu tout le long, son sourire avait désormais disparut :

« Si tu crois que tu vas pouvoir partir de se mariage, tu te trompes lourdement Mike. Non seulement tu vas rester, mais en plus tu vas me faire le plaisir de sourire. »

C’était deux volontés qui s’affrontaient. Mike et Ruth étaient tout les deux connus pour leurs mauvais caractères. Ils détestaient avoir tord, et encore plus perdre la face. Or aujourd’hui, Ruth avait humilié son mari en demandant à Tryan d’être son témoin, elle en était consciente.

« Tu penses réellement que j’agis sans raison ? Réfléchis. Tu t’estimes peut-être humilié, mais est-ce que tu te rends compte que c’est parce que tu m’as humiliée ? »

Le ton était calme et froid. C’était peu habituel pour Ruth qui avait plutôt tendance à monter dans les tons, quitte à lancer un ou deux sorts et briser quelques objets sur le passage.

« On avait un marché Mike. Tu t’occupais de ta vie privée, moi de la mienne, et on n’intervenait pas dans celle de l’autre. Mais non, il a fallu que tu ailles tabasser un de mes anciens amants en lui disant de garder ses distances. »

Elle eut un sourire presque méprisant :

« Inutile, je n’aime pas reprendre des jouets déjà utilisé. »

Elle s’approcha de Mike et passa une main sensuelle sur son visage.

« C’est moi que tu as humiliée, non seulement tu n’as pas respecté les termes de notre contrat, mais en plus tu as remis ma position politique en péril. Imagine un peu les gros titres s’il avait parlé Mike ? La directrice des affaires moldues incapable de rester fidèle, son fiancé se charge de donner une leçon à son amant. Charmant Mike, je te remercie de te soucier autant de ma crédibilité. Pour reprendre tes mots, si tu as quelque chose à me dire, ou si tu veux me faire part de ton mécontentement, parle moi en avant. Est-ce que je vais défigurer toutes les salopes que tu sautes dans mon dos ? Non. Pourquoi ? Parce qu’on s’était mis d’accord ! »

Ca aurait presque pu passer pour de la jalousie. Avec un sourire cette fois plus sincère, voyant que Mike n’était toujours pas partis, elle ajouta :

« Ne sois pas mauvais joueur, pour des raisons qui vous échappent peut-être, De SaintClair et moi sommes des alliés. Des alliés politiques Mike, rien de plus. Le prendre comme témoin, c’est te rendre la monnaie de ta pièce. Tu sais de quoi je suis capable. Je te propose donc qu’on considère que nous sommes à égalité et de laisser cette histoire de côté. »

Elle était de nouveau très chaud, et elle réprima avec difficulté un haut cœur, quelque chose n’allait pas, et ce n’était probablement pas seulement du au stress. Elle s’éventa, et délaissant son air un peu hautain, elle lui dit avec une certaine lassitude mêlée à de l’honnêteté :

« Je n’ai pas l’intention de me battre contre toi Mike. On en a déjà parlé, on est ami, autant que ça se passe bien. Je ne te demande pas de tomber amoureux de moi, et je suis sûre que tu ne me le demande pas non plus, mais on peut bien s’entendre. Dans la mesure du possible, je n’ai pas l’intention d’être malheureuse et c’était le pacte qu’on avait passé. »

Elle l’embrassa et il se laissa faire.

« Donc tu vas revenir avec moi à ce mariage, sourire, boire, t’amuser si tu y arrives, et tu le quitteras en ma compagnie. Si tu as envie d’aller voir quelqu’un après, fais ce que tu veux, mais il n’est pas question que tu partes maintenant. »

Bon grès, mal grès, il accepta de se plié à ses conditions. Comment et pourquoi ? Elle n’en avait aucune idée. Le principal était que la crise était passée avec le minimum de dégâts qu’il puisse y avoir, et c’est tout sourire qu’ils firent leur apparition dans la salle de gala qu’ils avaient quitté à peine quelques minutes plutôt. Mike avait l’air de faire bonne figure aussi le laissa-t-elle aller de son côté tandis qu’elle se faisait accoster par John. Il voulait parler, très bien. Souriante, elle s’assit à ses côtés tout en écoutant ce qu’il avait à lui dire.

Qui serait l’hériter de la famille Mulciber ? La question agitait les rangs puisque Benjamin l’hériter officiel avait trahis pour rejoindre les gens des bourbistes. Son frère Llewelyn et le reste de sa branche étaient morts. John avait bien envisagé tout un temps de prendre son petit fils William, le fils de Nathaniel comme prochain héritier en le mariant à sa fille, Yuliya. Mais Nathaniel était faible, et sa femme était une idiote finie, qu’est-ce qui garantissait que leur fils n’hériterait pas leurs tares ? Rien. La famille Mulciber était bien trop imposante et ancienne pour que son sang se perde faute d’héritier de valeur. Tout comme la famille Alexïeva avait du faire des sacrifices en nommant une fille comme héritière pour garder le nom vivant, les Mulciber risquaient de devoir faire de même. John se proposait de prendre Mike comme hériter, la solution plaisait à Ruth aussi peu que si elle-même avait été désigné héritière. Le nom Mulciber devait rester. La solution était simple, si ce n’était pas Mike, ça serait un de leurs enfants puisque tout le monde semblait tomber d’accord sur la nécessitée pour elle d’enfanter. L’un de leur enfant prendrait le nom de Mulciber, ce qui ne manquait pas d’esprit logique puisque Mike tout comme elle, avaient du sang Mulciber dans leurs veines. Ruth comprenait la logique de son oncle, elle balaya ses inquiétudes à propos de Mike d’un revers de main.

« Je sais tout ça oncle John. Dans cette famille, toi et moi sommes fais du même bois. Si les intérêts de cette famille, dont je ne porte pas le nom, ne passaient pas avant moi, crois-tu que je serais ici John ? Tu n’es pas le seul qui aurait pu mener une vie tranquille. Tu sais mieux que quiconque quelle vie j’aurais du avoir. »

Seul lui, qui la connaissait bien savait de quoi elle parlait et comprenait l’amertume de son propos.

« Rien ne me destinait à être mangemorte, et pourtant je suis ici, la marque sur le bras, et comme toi, je travaille pour le purisme et pour cette famille. Et elle aussi, ferrait bien de ne pas l’oublier. »

Pas un avertissement, pas de colère, juste un fait. Ruth et John se ressemblaient de bien des façons. Ils n’étaient pas toujours d’accord. Ils leur arrivaient de se disputer comme toutes les personnes ayant deux caractères forts t très marqués, mais si Ruth pouvait aimer quelqu’un sincèrement, elle aimait John comme il était, avec ses défauts. Elle était persuadée – peut-être à tord – que si John pouvait aimer quelqu’un, il l’aimait également à sa façon.

« Ne t’inquiète pas pour Mike. C’est moi qui dois le gérer, pas toi, et j’ai très clairement des arguments que tu n’as pas. »

Elle eut un rire, et elle sourit à John :

« Ne t’en fais pas. Je sais ce que je fais, et je ne fais rien sans raison juste pour le plaisir de provoquer des conflits. Si tu v eux que cette alliance marche, il doit me respecter, et crois-moi il apprend à le faire. Je ne sais que tu n’es pas toujours d’accord avec mes méthodes, ni moi avec les tiennes John, mais n’oublie pas que nous avons le même objectif. »

Il la quitta, laissant les gens, qui s’étaient tenus respectueusement à distance le temps qu’ils parlaient, la féliciter pour sa robe, son mariage, et le reste. De leur côté, James et John commencèrent leur duel sous les yeux du couple marié. Ruth avait rejoins Mike dont elle tenait le bras tandis qu’ils recevaient diverses félicitations.

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John Mulciber


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mer 25 Fév - 12:45

Nous ne sommes pas nés pour réaliser ce que notre courte vie considère comme notre petit bonheur personnel car nous ne sommes pas des individus libres,indépendants,dotés d'une existence propre ; nous sommes pour ainsi dire les anneaux d'une chaîne et, comme tels, nous ne saurions être imaginés sans la série de ceux qui nous ont précédés et nous ont frayé le chemin en servant eux-même, avec rigueur et sans détourner leur regard du but, une tradition éprouvée et vénérable. Nous ne saurions, comme tels, ne pas anticiper l'avenir et la continuité. La famille Mulciber existait depuis presque mille ans, et John Mulciber comptait bien la faire durer encore et encore. C'était sa tâche, son unique tâche, le point commun qui le rattachait à son père. Ils ne se comprenaient que sur cela, et sur la violence, mais pas la même. Celle de Randolph Mulciber était sournoise, distingué, insaisissable, son fils, aujourd'hui encore, ne pouvait pas la nommer ni la comprendre, il la ressentait juste. Les pères brutaux ont un avantage: ils ne vous engourdissent pas avec leur douceur, leur mièvrerie, ne cherchent pas à jouer les grands frères ou les copains. Ils vous réveillent comme une décharge électrique, font de vous un éternel combattant ou un éternel opprimé. Le mien m'a communiqué sa rage: de cela je lui suis reconnaissant. La haine qu'il m'a inculquée m'a aussi sauvé. Il n'était pas un opprimé, jamais il ne s'était laissé faire. John Mulciber courrait à sa perte, mais il avait la rage et rien ni personne ne pouvait lui faire abandonner ses objectifs. Il restait un homme droit dans ses bottes et les tempêtes passaient sur lui sans rien lui faire. Tous les ennemis qu'il avait finissait par disparaître, s'évanouir dans la nature. Menroth ? Disparu. Valverde ? Croulant, vieillissant, démissionnaire, déjà mort. Qui restait-il ? Lui, John Mulciber. Malgré tous les défauts qu'on lui reprochait, il faisait le job.

Etait-il aimé ? Etait-il détesté ? On le craignait, et il soupçonnait ses enfants de penser la même chose que lui à propos de leur père. Rien de plus difficile que la paternité : héros, le père écrase de sa gloire ; salaud,de son infamie ; ordinaire de sa médiocrité. Il peut être aussi un héros médiocre, un salaud touchant. Quoiqu'il fasse, il a tort : c'est trop ou pas assez. Ses enfants n'avaient rien appris de cela, ils ne comprenaient pas qu'il fallait sortir de l'enfance, et finalement, comme le reste de la jeunesse dorée de la même génération qu'eux, mis à part de très rares cas, ils n'en sortiraient jamais. Ils ne pensaient pas, ils s'étaient habitué à la domination, ils ne faisaient rien. John ne le comprenait pas. On appartient au monde qu'on a fait, pas à celui d'où l'on vient ? Que voulait dire ce qu'il se passait ? Etaient-ils arrivés à la fin de l'Histoire ? Le sommet du monde, et puis après, la dégénerescence de leur empire ? Ils devaient sortir de l'enfance, et ce n'était pas trop tard. Comment sortir de son enfance, telle était donc la question qui permettrait de sauver cette famille, et les sangs purs, et le purisme, car elle concernait tout le monde. Par la révolte et la fuite, mais surtout par l'attraction : en multipliant les passions qui vous jettent dans le monde. Il fallait faire, en un mot, ce qu'il avait été capable de faire : dire non. Penser. Voilà. Je n'ai qu'une certitude : mon père m'a permis de penser mieux en pensant contre lui. Je suis sa défaite : c'est le plus beau cadeau qu'il m'ait fait. Il aurait aimé que cela se passe ainsi, ne plus comprendre ses enfants, mais qu'au moins, au moins, ils pensent, ils aient créé un monde, une idée, et alors il saurait qu'il pouvait partir.

La seule option qui lui restait, alors qu'il ne savait même pas, à ce mariage, où se trouvaient ses gosses, était donc de compter sur plus intelligent qu'eux, et espérer que cette étincelle perdure. Ruth était peut-être la fille qu'il aurait aimé avoir, comme il aurait préféré que Ben soit son fils, mais Ben l'avait trahi. Ruth restait égale à elle-même, mais cela ne faisait pas réellement un héritier. Il s'en voulait de ne pas avoir vu le potentiel de Mike plus tôt, et d'avoir fait ce genre d'erreur, d'avoir fait confiance à Benjamin, mais il regrettait, et il savait bien, oui, qu'ils regrettaient tous les deux.

« Je sais. Je me dis que je devrais arrêter de m'interroger sur ce qui aurait pu se passer, mais je n'y arrive pas. J'essaye d'apprendre, de construire des alliances plus solides, de voir mieux qui peut échouer, car nous ne pouvons plus nous permettre l'échec. J'essaye d'apprendre de mes erreurs, mais à la fin, je le crains, Ruth, je partirai sans avoir rien appris, sinon le prix hors de prix de l'existence. » Il jeta un regard circulaire à l'assemblée. « Je ne sais pas si c'est une force. Ils ne le comprennent pas, donc je pense que oui. C'est peut-être ce qui rend digne de gouverner le monde, ou une famille. Connaitre le prix et les sacrifices à faire pour leur Bien et non pas pour le notre. » Il sourit pour la première fois, et se leva pour laisser Ruth partir. « De coté là, je ne me fais pas trop de souci pour toi et Mike. »

Il s'éloigna, la laissa recevoir des félicitations multiples et variées. Elle lui lança un dernier sourire et il la salua de la main. Ce sourire calme, cette main agitée disaient que chaque homme est plus grand que lui-même et porte en lui des ressources de bonté qu'il ignore. Un instant, il avait été touché par la lumière, racheté.

Un instant, avant de replonger dans la lueur sale et sanglante du vice et de l'amusement terrible. John souriait quand il combattait, il souriait parce qu'il s'amusait, cela le faisait rire, de perturber, de provoquer, et ceux qui ne comprenaient pas les us et coutumes des Mulciber en furent bien vite pour leurs frais, car il comptait bien aller jusqu'au bout de ce duel avec James Eccleston. Il subit sans broncher l'assaut de son successeur au Ministère de la Magie et en profita pour se rapprocher et donner plus de puissance à son attaque : l'expulso fit son œuvre et James partit en arrière. Comme il s'agissait d'un duel amical, il aida son apprenti à se relever :

« Vous progressez de jour en jour. Et j'avoue que les voir si outrés m'amuse grandement. C'est bien,, vous apprenez la mentalité Mulciber. »

Alors que tant la perdait.


Dernière édition par John Mulciber le Sam 28 Fév - 18:48, édité 1 fois
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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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