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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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Mike F. Witcher


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 2 Mar - 18:56

Qu'est-ce que c'était que cette histoire, ce délire, ça ne devait pas se passer comme ça, ce n'était pas ce qui était prévu ! Mike Witcher était d'une humeur de dogue, et brûlait d'envie de détruire quelque chose, de fracasser tout ce qui lui tomberait sur la main, de casser la gueule à la première personne qui viendrait à sa rencontre. Voilà pourquoi il ne pouvait pas rester plus longtemps à ce mariage, sinon il ferait quelque chose qu'il viendrait à regretter ensuite. Non, il fallait qu'il s'en aille, qu'il retourne en Irlande, et que quelqu'un paye pour cette humiliation qu'il subissait – et Dieu savait si le directeur du Département du Sang et des Lois détestait réellement qu'on lui impose quelque chose, a fortiori lorsque c'était quelque chose qui tenait à une humiliation ou plus généralement à un échec quelconque concernant ses plans.

Il ne voulait pas rester, il savait ce que le public voulait. Le public aurait ce qu'il voulait. Fastes, argent, monts et merveilles, et tout le monde voulait ça, tout le monde, y compris sa famille. Parfois il se disait que les gens étaient gentils et s'intéressaient à lui uniquement pour avoir plus d'argent, et bien des fois, si c'était arrivé, Mike Witcher n'en avait pas tenu compte, il s'en fichait. Il y avait eu des moments où il était volontiers prêt à acheter l'affection des gens. Du moments qu'ils restaient avec lui et qu'il ne connaissait pas de nouveau l'enfer de la solitude, ça lui allait, mais là, ce n'était pas pareil. Oh le peuple aurait ce qu'il avait, oui, mais lui ne voulait rien de ce que cette société avait à lui offrir, aujourd'hui. Il ne savait même pas bien ce qu'il voulait. Ce qui était sur, c'est que la cérémonie et la vision de De SaintClair avait suffi à le dégriser. S'il avait mal au crane, c'était parce qu'il connaissait d'avance les rumeurs. Les moutons allaient braire dans la presse, les nouvelles ne parleraient plus que ça, il ne leur fallait pas grand chose, alors oui, Mike Witcher avait envie de prendre le large. Et puis de toute façon, il y avait trop de gens à ce mariage. Il avait fallu sacrifier à la tradition et inviter tout le monde, mais lui n'en avait cure, cela le faisait même un peu paniquer. Il aimait dominer la foule, s'adresser à elle, la contrôler, mais être perdu au milieu des gens, à la merci du moindre attentat, de la moindre traîtrise, il ne pouvait pas le supporter. C'était totalement irrationnel, et il ne l'avouerait pas, mais cet ensemble de facteur, largement dominé par la colère ne pouvaient que conduire Mike à essayer de partir, quand bien même sa famille s'y opposait.

Peu lui importait également les idées de Ruth, il ne voulait pas la voir non plus. Il ne comprenait pas ce qu'il lui avait fait, il était à des années lumières de se dire que peut-être, il méritait ce qui se passait, et tout ce qu'il avait envie de lui dire n'était pas assez vulgaire, grossier, et cruel pour exprimer ce qu'il ressentait – sans avouer une certaine tristesse, bien entendu, qu'il n'oubliait pas mais qu'il ne comprenait pas réellement non plus.

« Vas-tu me lâcher, oui ou non, il est hors de question que toute cette mascarade continue ! »
Mais il n'y avait rien à y faire, mis à part protester de la manière la plus véhémente possible. « C'est déjà suffisamment...idiot...et ridicule...et tout simplement cruel, je refuse de te suivre, tu m'entends ! Ruth Alexïeva-Witcher, c'est à toi que je parle ! »

Mais sa femme semblait bien décidé à ne pas l'écouter du tout, faisant fi de toute convention, us et coutume puristes. Au moins, le transplanage eut l'avantage de les laisser seuls un moment. Se débarrasser de la présence des gens ôta un certain poids à Mike. Mais certainement pas la colère, ni la rancune. Sourire ? Rester ? Elle pouvait bien aller se faire foutre, il en était hors de question, et personne n'avait d'ordre à lui donner ici.

« Après ça ? »
Il se contenta d'un rire amère. «  J'espère que tu plaisantes, Ruth. Après ça, il est tout simplement hors de question que ça continue avec moi. »

Alors oui, qu'est-ce qu'il avait fait ? Ca ? Bon Dieu, il avait oublié, comme si ça avait de l'importance, comme si ça pouvait compter, comme s'il n'avait pas le droit de le faire ! A la réflexion, il n'en avait pas le droit. Il fallait qu'il l'admette. Ce n'était pas dans le contrat. En effet. Il regarda autour de lui d'un air absent, faisant un peu abstraction de ce que Ruth lui disait. Comment en était-il arrivé là ? Comment, et pourquoi ? Il ne comprenait pas ce qui lui tombait dessus. Cette jalousie maladive lui tombait dessus sans qu'il ne puisse rien y faire et sans qu'il ne l'aie vu venir. Il ne savait pas quoi dire. Pas quoi faire. Il se faisait avoir, de toute façon, quoiqu'il se passe. Il attrapa la main de Ruth, qui s'était posée sur son visage, sans réelle douceur, mais sans méchanceté non plus.

« Arrête ça. »
Il ne voulait pas que ça sonne comme un ordre, malgré un ton rude, plus dur qu'il ne l'aurait voulu, peut-être. « Arrête ça, s'il te plaît. » Il était incapable de le supporter, que ce soit à cause de la colère ou d'une certaine détresse, un drôle de sentiment qui lui oppressait la poitrine et qu'il n'arrivait pas à identifier. « Tu vas me rendre dingue, Ruth. »

Une assertion qui pouvait – et en fait, c'était à espérer, finalement – passer pour symptomatique du fait qu'il était toujours prêt à faire n'importe quoi. N'importe quoi pour avoir raison, pour rester fier, pour continuer à parler, alors qu'à la fin. il finirait par s'incliner, il le savait déjà. Mais pas question de se rendre sans s'être battu.

« Crédibilité ? De quoi tu oses me parler ? C'est vrai, prendre un amant alors que tu es fiancée, c'était déjà très crédible. Et t'allier avec De SaintClair à un mariage où presque tout le monde le voit comme un ennemi – un ennemi de ta propre famille, pas seulement le mien ! - c'était encore plus crédible ! »
Le ton était redevenu féroce. « Ne me donnes pas de leçon là dessus. La crédibilité, ça aurait été de ne coucher avec personne. Comme moi, par exemple. »

Il y avait de la rancoeur dans ses paroles, mais surtout de l'amertume. Il était fatigué et il n'avait envie de lutter non plus. Il n'avait pas prévu ça, ça devait bien se passer. Pas tourner au règlement de comptes. Il soupira et lui lança un regard épuisé, un peu perdu :

« Je n'avais pas prévu de me battre, tu sais. Je ne suis pas venu pour ça. »
Qu'est-ce qu'il pouvait dire de plus ? Il aurait aimé ajouter des choses. Il y réfléchissait, tentait de rendre un peu cohérentes ses pensées, mais ça ne marchait pas. Il fronça légérement les sourcils : « Je crois... » Mais qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir ajouter ? Qu'il l'aimait, que c'était trop tard, quoi ? Mike ne savait pas lui même pas ce qu'il pensait, alors il se contenta de hausser les épaules. « Faisons comme tu veux. »

Il la raccompagna dans la salle de gala. Avant d'entrer, et de l'air le plus revêche possible qu'il put prendre, il reprit :

« Je ne voulais pas te rendre malheureuse. C'est moi qui l'étais. A cause de ce type. »
L'air buté qu'il avait lui donnait peut-être l'air d'un gosse pris en faute. « Et qui le suis toujours. A cause de De SaintClair. » Il lui offrit un léger sourire. « Je dois être idiot. Mais il fallait quand même que je le dise, non ? »

Parce que c'était mieux, plus honnête. Il allait finir par y arriver, à avoir le beau rôle, dans cette histoire ! Il allait finir par s'en convaincre : Mike Witcher était en effet très doué pour ce genre de choses. Il abandonna Ruth et John en continuant à faire bonne figure – du moins l'espérait-il, du coup. Mais apparemment, tous n'étaient pas décidés à le laisser en paix, à l'image d'Emma, sa sœur, qui fit la chose la plus inattendue du monde : lui balancer du champagne à la figure.

« T'es vraiment le type le plus con que je connaisse. Je ne te parle plus jusqu'à ce que tu t'excuses. »


Avant de lui tourner royalement le dos. Essuyant le champagne qui dégoulinait sur son visage, Mike se dirigea vers Ruth et John :

« Désolé de vous interrompre. Ruth, je reviens pour voir le duel, là, je ne peux pas rester. Tu demanderas à ma sœur d'éviter de manifester son mécontement en me balançant du champagne à la figure. Ca va finir par me donner une sale réputation. »


Il revint après s'être passé de l'eau sur le visage. Il souriait toujours. Il faisait bonne figure. L'orchestre jouait un air inconnu, et John et James se battait. Il demanda à Ruth :

« Je suis autorisé à rester après ? »

'Cos all of the stars
Are fading away
Just try not to worry
You'll see them some day
Take what you need
And be on your way
And stop crying your heart out...
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 3 Mar - 0:57

Avait-on déjà vu deux personnalités aussi explosives s’unir dans les liens sacrés du mariage ? Oui très certainement. Ils ne serraient pas le premier couple à avoir des discussions tendues et difficiles. En réalité, Mike et Ruth n’étaient pas fais pour la discussion. Ils faisaient partie de cette catégorie de personne incapables d’admettre qu’ils ont tords, quand bien-même ils le savent. Ils leur arrivaient de s’excuser, mais c’était toujours à contrecœur et en grinçant des dents. En général, ce genre de personne se mariait avec plus docile que soit, pour être sur d’avoir toujours raison, ou à défaut avec quelqu’un n’aimant pas les conflits et enclins à les laisser gagner. En somme, deux personnalités aussi semblables évitaient de se retrouver ensemble pour éviter les conflits inutiles. Or désormais, restait à savoir qui s’inclinerait le premier, et surtout pour quoi ? Ruth ou Mike ? Il allait falloir qu’ils apprennent à faire des concessions alors qu’aucun des deux ne connaissaient vraiment la définition du mot. Quand elle était avec Benjamin, la plupart du temps, c’était lui qui arrêtait la dispute. Il n’avait jamais rien su lui refuser, et elle en avait toujours joué. En y pensant, peu d’hommes avaient déjà su lui refuser quelque chose. Son père et son frère étaient ses premières victimes, ensuite il y avait eu Ben. Il n’y avait que John pour lui tenir tête, et même quand il le faisait, il lui cédait beaucoup. Encore une fois, elle en venait à penser à Benjamin. Il n’arrivait pas à sortir de sa tête parce qu’elle avait la douloureuse impression de l’avoir trahis. Et pourtant, elle n’aurait pas du, après tout des deux, c’était elle qui était restée fidèle à ses principes. Elle ne s’était jamais détourné de son chemin, elle avait chéri sa mémoire, regretté sa mort alors que lui s’était contenté de la mette de côté. Ce n’était pas juste. Pas juste pour elle, pas juste pour Mike. Pourquoi n’auraient-ils pas eu le droit d’être heureux quand Benjamin se contentait de s’en foutre ? Point de vue égoïste de Ruth qui ne pouvait pas comprendre que Ben puisse croire en une cause qui n’était pas la sienne. S’il l’aimait autant qu’il le disait, comment pouvait-il s’opposer à elle ? Non aujourd’hui, c’était le jour où elle coupait tous liens avec lui, elle essayait de s’en convaincre. Elle refusait donc de penser à lui encore une fois.

Tandis qu’elle traversait la salle au bras de Mike pour revenir au cœur de leur mariage, elle songeait à la dispute qu’ils venaient d’avoir un peu plus tôt. Ils ne leur avaient pas fallu longtemps pour sortir hors de leurs gonds. C’était prévisible. Il avait fallu qu’elle le force à venir avec lui tandis qu’il tentait d’essayer de se dégager de son étreinte sans la frapper pour autant. Mike était peut-être aussi cruel et violent qu’elle, mais il n’était pas stupide. Ca faisait tout de même mauvais genre de commencer à se battre avec sa femme dans le hall de la maison de directeur de la sécurité intérieure. Ca ne l’avait pas empêché d’insulter copieusement ses frères et sœurs. Quand à elle, il avait bien tenté de protester, mais les mots lui avaient manqué. C’était à l’avantage de Ruth qui avait eu un moment de flottement quand il l’avait appelé par son nom de famille entier, elle avait simplement maugréé :

« J’avais compris que tu me parlais, mais encore faudrait-il que je sois disposée à t’écouter. »

Et elle avait transplané sans plus de cérémonie et ils s’étaient retrouvés seul à seul. Evidemment il était furieux, elle ne s’était pas attendue à autre chose. Par contre, elle avait tout intérêt à le calmer, et pour se faire, elle avait tenté ce qui marchait toujours, la séduction. Ce ne fut pas vraiment une réussite, le ton sur lequel il lui demanda d’arrêter était assez clair. Elle s’éloigna donc de quelques pas sans prendre la peine de prendre une moue boudeuse pour autant, elle avait passé l’âge.

Si lui était en colère, elle était lasse. La colère, depuis quelques temps, ne la quittait jamais, c’était devenu une compagne fidèle si bien qu’elle n’y faisait plus attention, mais elle était lasse d’être en colère, constamment en conflit avec les uns et les autres. Pour une raison qu’elle ne comprenait pas, elle se sentait fatiguée et lasse. En attendant, ce n’était pas pour autant qu’elle allait rendre les armes. Plutôt que de le laisser cracher son venin sur elle, elle renchérissait :

« Te rendre dingue Mike ? C’est me donner une influence que je n’ai pas. Tu l’as dis toi-même se sont des fiançailles de convenance par Salazar. Tout devait se dérouler de façon calme et posée, et ensuite j’apprends que tu vas derrière mon dos. Est-ce que toi aussi tu vas me trahir ? Je pensais que je pouvais au moins compter sur toi, mais si tu n’es même pas foutu d’avoir un minimum de respect pour ce qu’on a décidé en commun, alors tu n’es certainement pas mieux que Benjamin. »

C’était méchant, et c’était taper là où ça faisait mal. Mike avait été aussi déçu par Ben qu’elle-même. Tout les deux avaient leurs griefs, et c’était ce qui les rapprochait. La déception de Ruth était probablement à la hauteur des espoirs qu’elle avait mis en lui. En un sens, la mangemorte avait espéré qu’au moins lui, ne la décevrait pas. Ce n’était pas le moment de se laisser aller à ce genre de réflexion puisque la dispute battait à son plein. Et si Mike ne voulait pas lâcher le morceau, elle non plus.

« Mon dieu Mike, ce que vous pouvez être rigide parfois. Tes ennemis, ne sont pas mes ennemis. De SaintClair travaille en étroite collaboration avec moi sur la question moldue. Crois-tu vraiment que je peux avancer avec un ennemi dans le dos ? Et quoi que tu en penses, ne me prends pas pour une idiote pour autant. Je sais très bien qu’il méprise la marque qu’on porte sur notre bras, mais tant que ce n’est pas indispensable de faire autrement, il ferra cause commune avec moi. Et crois-moi, même s’il lui est probablement arrivé plus d’une fois de souhaiter que le Seigneur des Ténèbres s’affaiblisse ça ne sera jamais le cas. En tant que ça ne sera pas le cas, il ne sera jamais en position de force pour tenter quoique ce soit contre nous. Il reste donc un allié. »

De SaintClair était une chose. Elle pouvait encore comprendre l’animosité de Mike à propos du français. Il y avait déjà cette espèce de vieux conflit qui avait toujours opposé la France à l’Angleterre, couplé au mépris que les deux hommes se portaient. Ruth était à moitié étrangère, elle se sentait donc éloignée d’un conflit qui ne la concernait pas. Quant à De SaintClair, il fallait croire qu’être une femme rendait l’approche plus facile puisqu’elle n’avait pas eu affaire aux mêmes difficultés que ses collègues. Elle ne se méprenait pas sur la nature du français, elle était simplement plus souple sans sa façon de penser. Ca c’était une chose, elle pouvait encore accepter les reproches sur cette partie de l’histoire, par contre les accusations sur son manque de fidélité l’irritèrent sans commune mesure :

« Parce que tu comptes vraiment me faire croire qu’en un an, tu n’as été voir personne d’autre à part moi ? Et James dans tout ça ? Tu le comptes pour une poire ? Charmant pour lui. »

Arpentant la pièce de long en large, il tenta de se calmer un instant tandis qu’elle sentait la fureur monter. Ce n’était certainement pas le moment de se mettre à casser la vaisselle, pas quand le but était de calmer son mari.

« Donc si je comprends bien, tu me reproches de ne pas être fidèle quand tu as toi-même dis que tu le ne serais pas ? »

Il fallait bien l’admettre, elle était un peu perdue, et l’idée que Mike se soucie de sa fidélité lui semblait particulièrement étrange.

« Et tu peux m’expliquer d’où vient ce nouveau concept ? »

Elle était lasse, et lui aussi, se disputer demandait une énergie qu’ils n’avaient pas. Et dans le fond, aucun des deux n’avaient réellement envie de continuer à s’engueuler pendant des heures. Il fut le premier à céder, et elle lui en fut reconnaissante même si elle n’en dit rien. Il restait en tord, mais elle le connaissait, elle ne s’attendait pas à ce qu’il les reconnaisse vraiment. Ce n’était pas le style de la maison. Il la raccompagna dans la salle Gala, l’air revêche mais il était tout de même là. Avant de la quitter pour la laisser avec John, il lui offrit ce qui ressemblait le plus à des excuses de sa part. Elle connaissait bien cet air-là, elle avait le même quand elle était en tord. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un petit sourire. Ce qui sauvait Mike, ce qui les sauverait peut-être, c’est qu’ils étaient amis de longue date, et ça permettait à Ruth de lui pardonner ce qu’elle n’aurait jamais pardonné à un autre, elle supposait qu’il en était de même pour lui.

« Je n’ai pas l’intention de te rendre malheureux Mike, tu sais que je tiens à toi. »

Et c’était l’exact vérité, ils se connaissaient depuis trop longtemps pour qu’une affection sincère ne se soit pas développer entre eux.

Sa discussion avec John porta ses fruits, et elle était curieuse de voir la réaction de Mike quand elle lui annoncerait ce qui s’était dis. Pour elle, la crise était passée, elle ne lui avait pas pardonné, mais elle passait à autre chose. Il ne fut pas long à revenir, trempé de surcroit. Elle haussa un sourcil étonné et l’explication ne tarda pas à venir. Il n’en fallut pas plus à Ruth pour sortir hors de ses gonds. Toute la colère qu’elle n’avait pas su passer sur Mike allait retomber sur sa sœur. Autant dire qu’Emma allait en avoir pour son argent. Lorsque John la quitta et que Mike partit se changer, elle reçut diverses félicitation avant de se lever et de se diriger vers sa belle-sœur. C’était une rage froide qui l’habitait et prenant sa belle-sœur par le bras, elle l’invita à faire quelque pas avec elle, tout sourire, arguant que ça faisait des lustres qu’elles n’avaient pas parlé ensemble. Quand elles furent assez éloignées de la foule, Ruth lui dit :

« Qu’on soit bien claire Emma. La seule habilité à humilier mon mari, c’est moi. De même, je suis la seule ayant le droit de l’engueuler. Je me contrefiche de savoir que tu es ma belle-sœur, la femme du chancelier allemand, tu pourrais être Rowana Serdaigle en personne que je n’en aurais rien à foutre. La prochaine fois qu’il te vient à l’idée d’engueuler ton frère, passe par moi d’abord.»

Il y eut un mouvement de protestation de la part d'Emma auquel Ruth coupa court :

« Je ne vais quand même pas devoir te menacer le jour de mon mariage ? Si ? Non, contente que tu sois de mon avis Emma. Profite bien de ta soirée, et évite de venir dans notre périmètre. »

A l’origine, Ruth n’avait pas de mauvaise relation avec sa belle-famille. Elle avait même tendance à oublié qu’elle en avait une puisqu’ils avaient toujours fais partie de la même famille, mais nul doute qu’après la scène d’aujourd’hui, la mère se Sara ne la porterait pas dans son cœur pour un moment. Ca lui faisait hausser les épaules avec indifférence. Ruth avait beaucoup de défaut dont la possessivité, elle ne supportait pas qu’on lui vole ce qu’elle estimait être ses droits. Ici, en l’occurrence, celui de s’engueuler sans finir avec Mike. Sans un mot, elle tourna les talons pour retourner dans la salle de Gala. Mike ne fut pas long à le rejoindre, le duel avait déjà commencé et John et James se donnaient en spectacle devant une partie des spectateurs qui ne connaissaient pas les habitudes Mulciber.
S’appuyant sur le bras de son mari, autant à cause de la fatigue que parce que le public n’en attendait pas moins d’elle, elle répondit :

« Tu en as envie ? »

Sa demande ne manquait pas de l’étonner après la dispute qu’ils venaient d’avoir :

« Je t’en prie. Chez toi ou chez moi ? Enfin, je suppose que c’est chez nous maintenant. »

Drôle de concept, elle devait revoir sa façon de voir les choses :

« J’ai parlé à ta sœur, je crois que je lui ai passé l’envie de balancer des verres de champagne à tout va. Je crois aussi qu’elle ne va plus me parler pour les dix prochaines années.»

Ca le fit rire.

« John m’a donné quelques nouvelles intéressantes, je t’en parlerais plus tard, mais je pense que tu seras content. »


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James Eccleston


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 17 Mar - 19:51

Vous apprenez la mentalité Mulciber. Était-ce un compliment ? Dans la bouche de John, assurément. Il avait toujours revendiqué sa singularité, ce curieux mélange d'efficacité impitoyable et de désir de s'amuser, sans se soucier des convenances et surtout sans se soucier de ce que pensaient les autres... C'était cela, la mentalité Mulciber. Un trait de caractère apparemment répandu dans la famille, mais en voie de disparition chez les propres enfants de John, qui l'avait plusieurs fois déploré en présence de James. Il n'avait pas tort : rien de plus saisissant que le contraste entre lui et son fils, Nathaniel. Le directeur de Sainte-Mangouste n'avait rien du charisme de son père ; au contraire, c'était un pisse-froid, arrogant et sans intérêt. James ne le portait pas dans son cœur, et il n'était pas peu fier du compliment que John venait de lui faire en l'aidant à se relever. Fils spirituel, c'était bien plus que fils biologique. Le hasard avait fait l'un, alors que l'autre réaffirmait chaque jour sa filiation. Il y aurait toujours des gens pour dire que non, il n'y avait pas à se glorifier d'apprendre la mentalité Mulciber ; James savait que son mentor ne manquait pas de détracteurs – un peu comme lui, en somme. Ce n'était peut-être pas un hasard si leurs destins s'étaient croisés pour ne plus se séparer. Un Ministre de la Magie aux manières impertinentes, et un petit juge de sang-mêlé aux dents bien trop longues pour sa condition : tous deux avaient de quoi déranger les conservateurs rancis dans leurs certitudes.

Pour le moment, c'est le mariage qu'ils dérangeaient. Quelques invités, vivant probablement dans les bois, n'étaient manifestement pas au courant des traditions en vigueur chez les Mulciber lors des cérémonies de noces. Le duel entre le Ministre et son mentor attirait les regards, mais aussi quelques moues incrédules ou désapprobatrices. Certains – certaines, surtout – lançaient à Ruth des coups d'oeil insistants, comme pour lui reprocher d'assister sans broncher à cette mauvaise farce. Tant pis pour ceux qui n'aimaient pas ; il était convenu d'aller jusqu'au bout, jusqu'à ce que l'un des adversaires se déclare vaincu. Il y avait trop d'estime entre les duellistes pour faire couler le sang et s'esquinter vraiment, mais cela n'empêchait pas de porter de vrais coups, sans se retenir, et en riant à gorge déployée tant qu'à faire. Un Expulso avait fauché James qui était allé valser à quelques pas, renversant au passage trois chaises heureusement inoccupées. Il se dégagea hilare, saisissant la main de son adversaire pour se relever, et répondit joyeusement :

-Je prends cela comme une incitation à continuer à choquer tout ce joli petit monde, monsieur.

Ils reprirent la distance réglementaire ; James affichait toujours un large sourire, chose rare chez lui qui apparaissait toujours plutôt sérieux en public. Ne s'amusait-il jamais, d'habitude ? Il lui avait toujours semblé indécent de rire en public, et il appliquait plus que jamais ce principe depuis qu'il faisait partie du gouvernement. Il ne tirait pas la tronche, au contraire ; on le voyait souvent arborer un petit sourire, échanger avec ses collègues quelques plaisanteries à voix basse, mais jamais s'esclaffer. C'était d'une vulgarité de rafleur... et pourtant, là, en plein mariage, il se marrait comme un bossu. L'alcool l'y aidait, probablement ; les bulles de champagne lui montaient à la tête et lui donnaient une légère ivresse joyeuse, mais ce n'était pas tout. Il se sentait bien.

Le Ministre de la Magie cessa soudain de sourire, et, le visage fermé, leva sa baguette. Il semblait si concentré que toute l'assistance se mit à l'observer, silencieuse. Il n'attaqua pas tout de suite, cependant. Qu'attendait-il ? Les yeux fixés sur John, il laissa passer quelques instants avant de lancer son attaque – et chacun, alors, comprit pourquoi il avait attendu. Sa cible n'avait pas été son adversaire, mais la pièce montée, portée par deux crétins d'elfes, qui venait d'être apportée en prévision du festin. Il y eut une explosion et le gâteau vola en morceaux. John se retrouva largement aspergé de crème, et quelques spectateurs y eurent droit aussi. Un concert de protestations se fit entendre parmi les victimes collatérales, mais la voix du Ministre de la Magie, à nouveau hilare, domina le tout tandis qu'il claironnait, levant le poing en l'air :

-Et vivent les mariés !

Il n'arrivait même pas à avoir honte de sa gaminerie. D'un regard, cependant, il pria John de ne pas lui en vouloir pour ce coup bas ; c'était sa faute, après tout. C'était lui qui l'avait incité à bousculer un peu les invités et leurs convenances. Il devrait être satisfait que son apprenti le prenne ainsi au mot.
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 17 Mar - 19:51

Le membre 'James Eccleston' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 24 Mar - 14:36

La vérité, c'est que ce genre d’événements ennuyaient John Mulciber à mourir. Il ne supportait que très mal les ronds de jambes et les hypocrisies permanentes des sang purs, et encore moins les vieilles tantes mièvres, pleurnichardes, impotentes, pire encore, parfois incontinentes. Enfin, cela dit, pour cela, il n'y avait pas forcément que les tantes qui l'étaient. Le directeur de la Sécurité Intérieure tentait de fuir par tous les moyens cette élite qui l'agaçait, qui ne faisait rien pour le pays, rien pour le gouvernement, sinon vivre sur son dos. Tout vous est acquis. Vous n'avez jamais à vous soucier de rien, pendant que moi je replonge dans les entrailles sanglantes de la politique et de la guerre et je trace le chemin que vous emprunterez par la suite. Vous demandez vous parfois quels sacrifices il représente ? Non, jamais, n'est-ce pas...ce sens de l'honneur, du combat, de l'attachement, cette gravité sévère et ce sourire hilare, qui avait traversé les siècles dans la mentalité Mulciber, se perdait. Le sens de ce que nous sommes, de savoir d'où nous venons, sacrifices et peines et larmes, disparaît. Ils n'étaient pas heureux, ce n'était pas dans la nature de ses ancêtres, ni dans la sienne, traditionnellement, mais ils s'amusaient, parce qu'ils connaissaient le sens du mot guerre et du mot meurtre et du mot purisme. De ce qu'il en coûtait de le défendre. Une réputation millénaire de traître due à un tourne-casaque, Denis de Mull Cair Bren. Un tourne-casaque devenu légendaire.

Et lui, John Mulciber, était presque devenu aussi légendaire que ce lointain ancêtre. Il était le dernier à savoir ce que voulait dire le mot guerre. Pour tous, ce régime était fêtes et fastes. Pour lui, c'était la guerre. Qui sait ce qui se passera, encore, demain, toujours ? L'Irlande ne les touchait pas, la résistance très peu. Lui l'affrontait en permanence. Ce monde puriste, qu'il dirigeait pourtant, car c'était lui qui menait la danse, lui était devenu peu à peu étranger. Il ordonnait, on filait droit, point barre. Le reste, il ne le comprenait pas et s'en foutait. Ça ne le concernait pas. Donc il fuyait toutes ses soirées. Avant il y venait parfois parce que ça l'amusait de boire du punch jusqu'à plus soif et d'être horrible, mais il avait arrêté de boire : maintenant, il n'y trouvait d'intérêt que si elle étaient nécessaires pour ses propres plans. Comme ici.

Mais cette foutue famille, il ne l'aimait plus – où plutôt il l'aimait autant qu'il la détestait. Ils n'arrêteront jamais de conspirer contre toi, d'essayer de t'étouffer, de te faire sombrer...John n'avait plus confiance en personne, ou presque. Le directeur du département de la Sécurité Intérieure ne comptait plus que sur quelques personnes. Ironie du sort, la plupart d'entre elles étaient des sang mêlés, comme Athelney Jones, Garfield Manston, ses deux principaux adjoints, et James Eccleston, à qu'il servait de mentor. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient sans doute les derniers à savoir qu'il fallait se battre pour vivre et que le prix de la vie, le prix à payer pour en arriver là où ils en étaient était exorbitant.

Oh, bien sur, James n'était pas parfait, mais qui l'était ? La perfection m'ennuie, je m'en fous, je ne veux pas de ça, les bien pensants sont des emmerdeurs, et la morale peut aller se faire foutre. Oui, il aimait choquer et c'était pour ça qu'il maintenait cette vieille tradition, avec une sorte de rage. Il n'était pas heureux mais il s'amusait et il ne désespérait pas de trouver des gens qui pourraient prendre la relève. Ou alors je vivrais éternellement, eh ! Mais Mulciber savait bien que c'était impossible. Il savait qu'il allait mourir, qu'il était plus sur la fin que sur le début.

Alors il préparait la suite. Il choisissait les pions. Maître de l'échiquier, il l'était encore pour un petit bout de temps, mais il savait que ça se finirait, que ça ne durerait pas. Beaucoup taillaient le leur. Mike était un de ceux là. Le plus doué d'entre eux, peut-être. Plus doué que lui. Il est plus intéressant que Benjamin, finalement. Il se maudissait lui même de ne pas l'avoir constaté plus tôt. Quant à James, c'était autre chose, c'était son apprenti. Il avait progressé. Il l'avait amené loin, très loin, et il en était fier. Il lui restera du chemin à parcourir, mais au moins, bon sang, on se sera amusé un peu.

Tout était volonté de choquer chez John Mulciber. Le fait d'avoir pris un apprenti sang mêlé, de le préférer ouvertement à son fils, le fait de maintenir cette tradition...tout. Réveillez vous, bon sang !
Réveillez vous ! Mais à voir les regard de reproches autour de lui, les gens manquaient cruellement d'humour. Raseurs.

« Continuez donc, James, nous allons mourir d'ennui sinon, je me demande où sont passé les Mulciber que je connaissais ! »

C'était une pique ouvertement adressée à tous, ouvertement moqueuse. Suis-je donc le dernier à représenter la famille ? Allons ! Debout, enfin ! Toi, Donald, et puis Brandon, et puis les autres, allez, je ne vous aie pas perdu, je sais que vous êtes là, au fond ! Dans toute cette histoire, il ne vit pas le sort de James venir et se retrouva recouvert de gâteau.

Il resta immobile quelques secondes, le temps de maintenir le suspens. Allait-il être en colère ou partir d'un formidable éclat de rire ? Il recracha un morceau de nougatine, ôta la crème qui le recouvrait à l'aide d'un sort, et enfin, se mit à rire :

« Cette fois vous manquez un peu d'élégance...»


Par surprise, il repartit à l'attaque, et lança un sort qui fit jaillir une flèche dorée qui partit comme une fusée en direction de James. Ce n'était pas un sort violent, il se contenterait de le recouvrir de paillettes d'or, ou d'exploser en vol s'il n'atteignait pas sa cible. Eccleston parvint en effet à bloquer le sort : la flèche explosa avec un bruit léger en produisant des volutes dorés, à la manière des feux d'artifices, avant de disparaître, ce qui suscita des applaudissements de part et d'autre. John sourit :

«...mais comme je suis bon joueur, je me rends ! »


Il salua les mariés et revint s’asseoir à coté de sa femme. Après tout, il n'allait pas assurer le spectacle toute la soirée, tout de même.


Dernière édition par John Mulciber le Lun 13 Avr - 9:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mar 24 Mar - 14:36

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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Lun 30 Mar - 13:23

« And I was told that the streets were paved with gold
And that will be no time for getting old
When we were young
It's alright, if you dance with me tonight
We'll fight the dying of the light
And we'll catch the sun... »


Chaque personne qui le verrait aujourd'hui saurait ce qu'il s'était passé s'il ne partait pas, mais Mike Witcher n'était déjà plus dans l'état d'esprit de vouloir partir. Au début de la conversation avec Ruth, c'était peut-être une idée plus vindicative qui le guidait, l'envie de régler des comptes, quelque chose comme ça, de ne pas se laisser avoir. Oui, il savait qu'il se ferait avoir à la fin, mais il ne se rendrait pas sans lutter, parce qu'il avait un minimum de fierté. Le plus surprenant, c'est qu'il ne s'était rendu compte de rien et qu'il ne comprenait pas ce qui pouvait justifier ce qui se passait. En un mot comme en cent, il tombait des nues.

Il avait passé sa vie en essayant d'être le meilleur. Il avait passé sa vie à essayer de battre Thomas. Sa vie était un challenge, et ce de manière perpétuelle. Mike Witcher n'était ni le meilleur, ni le plus doué de sa génération. Il n'était ni dépourvu de talent, ni d'intelligence, mais en réalité, il lui manquait quelque chose. Il s'agissait sans doute de ce quelque chose d'inné, qui ne s'apprenait pas, qui ne pouvait pas s'acquérir par le travail, on l'avait ou on ne l'avait pas, comme la faculté de Benjamin à réunir autour de lui ou le fait que tout réussisse à Tom Jugson. Tout jusqu'au moment où Thomas s'était fracassé la gueule, tout jusqu'au moment où Benjamin avait divisé le monde. Le directeur du département du Sang et des Lois s'était battu toute sa vie pour obtenir la reconnaissance qu'il estimait mériter. Il la méritait parce qu'il avait travaillé. Rien n'avait été facile pour lui. Ce qu'il était, il le devait à lui-même, jamais à une quelconque facilité que Benjamin ou Thomas avaient, eux. C'était sans doute plus honorable car cela ne passait par aucun don inné, c'était du travail et du temps, oui...Une boucle. C'était une boucle parfois contradictoire. Toujours...il travaillait pour mériter ce qu'il avait et il méritait ce qu'il avait parce qu'il travaillait.

Oh, Mike Witcher n'était pas brillant. Il était travailleur. On pouvait le complimenter là-dessus, mais ce n'était pas ce qu'il voulait, il aurait voulu battre Jugson, ou Ben, mais au final, il ne voulait pas non plus qu'il dise qu'il avait juste des facilités...contradictoire. Michael Witcher était un homme contradictoire, c'était la seule certitude qu'on pouvait avoir lorsqu'on connaissait un peu sa personnalité. Tout du moins excessivement lunatique, car simplement au niveau de l'humeur, cela pouvait suffire à démontrer cette assertion.

Ainsi pouvait-il passer de la colère la plus noire à la lassitude la plus extrème, comme là, et puis revenir à une colère noire parce qu'il ne supportait qu'on puisse le comparer à Thomas ou Benjamin. Sur le moment, ce que disait Ruth le frappa violemment, ça faisait mal et lui aurait volontiers fait payer ça autrement que par des mots. Par quel miracle réussit-il à se contenir, il n'en savait rien. Peut-être parce qu'au fond il se doutait, quand bien même il eut préféré crever la gueule ouverte que de l'avouer, qu'il était en tort.

« Ne dis pas ça. Ne redis jamais ça ! Je suis resté, moi. Je suis le seul à l'avoir fait ! » 

On pouvait lui reprocher beaucoup de choses, mais pas ça, bordel ! Il était simplement complétement paumé et il ne savait pas bien ce qui lui arrivait. Mais jamais Mike n'accepterait qu'on le compare à Benjamin ou Tom. La haine qu'il leur portait était devenue viscérale. Il n'y avait plus de place pour le pardon ou pour la tristesse dans l'esprit du mangemort, ni même pour la nostalgie, il ne restait plus que de la colère.

Ce qui était plutôt bien adapté à la situation. Le rire qu'il eut à la suite du petit discours de Ruth était amer, un peu moqueur également. Bien sur, tout ça n'avait aucun sens, c'était plus une bataille d'egos qu'autre chose, mais il refusait de se rendre sans avoir casé ses propres arguments.

« C'est extraordinaire ! Ca va être ma faute, maintenant ! Je te rappelle tout de même que la personne qui a trompé l'autre, c'est toi, pas moi ! Et que si tu veux tout savoir, James, c'était avant ! »


Oui, ou pas. Si, ça devait être avant. Pas facile de se souvenir. Peu importait. De toute façon, au stade, où ils en étaient, la mauvaise foi n'étouffait personne et surtout pas eux. Il ne savait plus vraiment ce qu'il disait ni pourquoi il le disait d'ailleurs. Peut-être que demain, ou tout à l'heure, il allait le regretter. Sûrement, même. Il ne savait même pas d'où lui venait cette idée de fidelité, juste qu'il détestait cette idée de savoir Ruth avec un autre que lui. C'était insultant.

« Mais est-ce que je sais, bordel ?! »

Il écarta les bras en un geste désespéré. Mieux valait s'arrêter là et passer à autre chose. Et ils en étaient revenus, finalement, au mariage en lui même, les invités préférant décidemment fermer les yeux sur ce qui s'était passé – ou avait pu se passer – entre eux. Mike continua de regarder d'un air absent le duel, parlant un peu avec Ruth, ignorant royalement sa sœur. Ca ne lui ferait pas de mal. Il eut finalement un sourire :

« Ben, c'est ça, ou finir enterré sous la crème de la pièce montée vu ce que fait James. Cela dit, si ça arrive à Emma, je veux bien continuer à regarder le massacre... »


Tout semblait plus calme à présent, la colère était passée. Il était lunatique, mais surtout crevé de tout ça, et était content que ses plans retombent à peu près sur leurs pattes. A peu près. Il n'avait plus envie de se battre. Il ajouta :

« Tu veux t’asseoir, dis moi ? Tu as l'air crevée depuis tout à l'heure. »
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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Sam 11 Avr - 23:10

C’est quoi le bonheur ? Au stade où elle en était, Ruth aurait eu du mal à répondre. Le bonheur si parfait qu’elle se rappelait avoir ressentit à cette soirée chez les Bedan lors de l’annonce de ses fiançailles avec Benjamin. Elle se rappelait parfaitement de l’évènement. Elle avait donné son premier livre sur la magie noire à Ariana pour l’occasion. Arrivée en retard au bras de Benjamin, elle se revoyait rire à gorge déployée à une plaisanterie pour retrouver Tom et Mike quelques minutes après. Elle se souvenait d’eux plus jeunes, se faisant systématiquement la gueule parce qu’ils ne s’étaient jamais apprécié plus que ça, pas très frais de la veille parce qu’ils avaient bu jusque tard dans la nuit pour célébrer leur fiançailles. De toute ça, elle se souvenait. Elle se rappelait avoir été heureuse, mais elle aurait été incapable de se rappeler les sensations associées à l’évènement.

Etrange quand on y pensait, ça ne faisait pas si longtemps après tout. C’était en 1999, seulement huit ans auparavant, et pourtant, même en se forçant, elle n’arrivait pas à retrouver cet état de grâce qu’elle avait éprouvé à ce moment là. Sa demande avait été classique. Ils étaient allés dans son restaurant préféré, et il avait fait sa demande au dessert avec la décontraction qu’il affichait toujours. Il ne doutait pas qu’elle dirait oui, ou s’il avait douté, il ne l’avait jamais montré. Une autre aurait probablement trouvé son assurance agaçante. Ruth, elle, adorait. Elle restait une femme de tête capricieuse avec un caractère horrible, et elle aurait détestait avoir à ses côtés un homme avec moins d’assurance qu’elle en avait. Plus tard, ils avaient retrouvés des amis dont Thomas et Mike dans un pub où ils passaient toutes leurs soirées. On les avait félicités dès leur entrée dans le pub, et Ruth avait lancé un regard interrogateur à son fiancé tout neuf qui lui avait répondu avec décontraction :

« Je leur avais dis que tu accepterais. »

Ca l’avait fais rire. Elle avait le rire prompt à l’époque, et son sourire ne la quittait jamais. Rayonnante de bonheur, elle illuminait la pièce où elle allait. Désormais, elle était toujours rayonnante, mais elle n’avait plus grand-chose en commune avec cette jeune femme de 21 ans qui c’était fiancé par amour.

Aujourd’hui, tandis qu’elle était retourné à la cérémonie au bras de Mike, elle se demandait si elle pourrait de nouveau être heureuse comme elle l’avait été jadis. Dans le feu de leur dispute, elle avait avoué à Mike son principal désir : elle ne voulait pas être malheureuse. Loin de là, elle voulait être heureuse, si pas la plus heureuse. Si on retournait huit ans en arrière, qui pouvait imaginer que les choses tourneraient ainsi ? Elle se mariait à un de ses meilleurs amis, le témoin de son ancien fiancé. Thomas était désormais mort et tout lien avec lui également. La dernière image qu’elle avait eut de son ancien ami était celle d’un homme menaçant sa fille et l’attaquant dans sa propre demeure. Quand à Benjamin, après être passé pour mort pendant cinq ans, il était revenu en prenant la place de leader de la Vague.

Dans le fond, seul Mike et elle étaient restés fidèles. Si elle avait été malheureuse, elle savait que le passé de Mike n’était pas triste non plus. Ils avaient tout les deux leurs blessures. Pendant un moment, alors que le duel se déroulait sous leurs yeux, elle se demanda ce que pourrait être leur vie si elle laissait tomber le passer. Ruth voulait être aimée comme Benjamin l’avait aimé, et elle aurait voulu pouvoir l’oublier pour pouvoir aimer de nouveau. Elle dévisagea Mike qui avait troqué son uniforme mouillé par sa sœur pour un costume qui le mettait particulièrement en valeur. On pouvait faire bien pire qu’épouser son ami. Elle savait que malgré leurs différents, ils tenaient à elle, ils étaient cousins, amis avant d’être amants et ça comptait. Bien entendu, elle ne pouvait pas savoir qu’il l’aimait, et il était probablement que lui-même ne le sache pas non plus. C’était un homme agréable, intelligent, intègre selon les principes des mangemorts. En somme, elle avait de la chance parce qu’ils faisaient un couple exceptionnel. Probablement même plus spectaculaire que celui que Ben et elle avaient formé puisqu’ils unissaient à nouveau deux familles déjà extrêmement puissantes.

James fit exploser la pièce montée la sortant de ses pensées, et elle lui jeta un regard noir. Peu de temps après, John s’inclina devant sa défaite, et son mari lui proposa de s’asseoir, elle n’avait pas l’air bien selon lui. Elle lui offrit un petit sourire tout en approuvant :

« Je me sens un peu étourdie je dois dire. Je suppose que je ne m’attendais pas à ce que mon mariage me fasse autant d’effet. Après tout, c’est le premier », plaisantât-elle tandis qu’ils s’asseyaient à la place d’honneur dans la salle de banquet.

James était assis à la même table ainsi que leur famille proche. La sœur de Mike, quant à elle, était assise à une autre table et jetait des regards noirs à sa belle-sœur que Ruth ignorait royalement. Quand James fut assis, avec un sourire qui se voulait tout sauf amical, Ruth lui dit :

« Tu sais James, on connaît tous tes préférences, nul besoin de faire un rappel aussi évocateur, sur mon oncle qui plus est. C’est presque obscène. Tu prendras du vin ? »

Traduction : Tu ne perds rien pour attendre, je vais faire de ta vie un enfer, mais pas ce soir.

Et pour cause, Ruth n’était pas en état de provoquer son cousin en duel. Même si en façade, elle souriait et plaisantait avec aisance, elle se sentait nauséeuse, et les sueurs froides étaient revenues. Elle toucha à peine à la nourriture pourtant grandiose du banquet. La simple odeur de nourriture lui retournait l’estomac. Les commères voyaient ça comme un signe de stress et trouvait ça charmant de la part d’une jeune mariée, après tout, il était de coutume que la mariée ne touche à rien avant sa nuit de noce tant l’angoisse la rendait nerveuse. Il était naïf de penser que Ruth angoissait à l’idée de sa nuit de noce qui n’était qu’une formalité comme une autre, et ceux qui la connaissaient, pouvaient voir que quelque chose ne tournait pas rond. Elle fit tout de même un effort et prit peu de dessert, les cuisiniers ayant tout de même une solution de secours, et le sucre la fit se sentir mieux.

La soirée était déjà bien avancée, et on annonça que Thomas Mulciber allait maintenant danser avec sa fille. Ce fut un père heureux qui mena sa fille à la piste de danser, ensuite le reste suivit. Ruth passa de bras en bras, celui de Mike, son frère, James, pour revenir à Mike. La soirée battait à son plein, et comme la tradition le voulait, ils étaient temps que les époux s’éclipsent pour passer leur nuit de noce. Les mangemorts ne prennent pas de congé, aussi pas de voyage pour eux, le lendemain, les affaires de l’état reprenaient leur cours. Tandis qu’ils dansaient lentement, Ruth s’appuyant sur son mari, elle lui murmura qu’il était peut-être temps de s’éclipser. On annonça leur départ, et après avoir salué leur hôte, ils partirent de la salle de bal pour transplaner.

A vrai dire, ils n’avaient rien prévu pour la nuit de noce, pas même de la passer ensemble, mais il lui avait demandé s’il pouvait rester avec elle ce soir après leur dispute cet après-midi et elle avait accepté, elle n’avait pas envie d’être seule ce soir.

« Allons chez toi. Enfin, chez nous je présume. », Dit-elle en désignant Anchor Hall dont elle était désormais la maîtresse aussi.

Avant qu’ils ne transplanent, elle retient son bras et dit :

« Tu avais raison tantôt, c’était injuste de ma part de te comparer à Benjamin et Thomas. Tu es resté, tu as toujours été là pour me soutenir même quand eux sont partis, tu ne méritais pas que je dise ça, j’ai été injuste. »

C’était le plus proche qu’elle pouvait faire. Elle refusait de s’excuser, elle n’était pas en tord, mais il l’avait poussée à bout. Par contre, elle reconnaissait qu’elle avait tapé là où ça faisait mal et ce n’était pas fairplay de sa part. Pris d’une angoisse sourde qu’elle ne pouvait pas expliquer, elle le laissa un moment voir à quel point elle pouvait parfois être vulnérable :

« Tu crois qu’on a une chance Mike ? D’être heureux j’entends ? Je sais que c’est un mariage de raison. Nous ne sommes jamais que des pions sur l’échiquier de John. »

Elle le dit avec un sourire ou pointait un peu d’amertume et continua :

« Mais, tu penses qu’on a quand même une chance d’avoir une vie heureuse ? »

Fol espoir d’une femme en peine, mais en cet instant, elle espérait vraiment qu’il lui dise oui, même si c’était un mensonge, parce qu’alors elle pourrait peut-être oublier, et ils auraient peut-être une infime chance.

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MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Mer 15 Avr - 11:10

Peut-être que rien n'aurait du se passer comme ça. Et à la réflexion, Mike Witcher en était à peu près sur : au départ, ce genre de choses, d’événements, et même ce mariage, ne lui était pas destiné. Lorsqu'il observait son passé, cela lui paraissait évident, d'un coup, et pourtant il était là. On ne pouvait pas revenir en arrière. Il ne le voulait pas. Il ne le voulait plus. Il n'arrangeait pas ses souvenirs. Il savait ce que valait sa vie. Si Witcher n'avait pas toujours été un homme droit, du moins n'avait-il à s'excuser auprès de personne d'avoir mené la vie qu'il avait voulu mené, et ce depuis le premier jour. Se souviendrait-on de ça ? Il luttait pour laisser une trace, pour arriver au sommet. Il luttait pour devenir le meilleur, mais aussi pour effacer ses échecs. La plupart des gens s'accordaient à arranger leurs souvenirs. Sans quoi leurs vies n'étaient pas supportables. Il ne cherchait pas à le faire. Il avait peut-être de souvenirs. Mais toute sa vie, il avait eu l'occasion de voir, d'entendre, et d'emmagasiner cette connaissance. Il pouvait parler de sa vie en terme de lieux mais aussi de rencontres, plus ou moins brillantes. Il pouvait les voir., les gueux, les maudits, les oubliés du monde, les mal-bâtis, les rongés par l’alcool, les déformés par le labeur, les vieillis par l’interminable hiver, les hypocrites, les méchants, les persifleurs, les avides, les femmes au regard torve, les hommes taciturnes et patients, ceux qu'il avait aimé et ceux qu'il avait détesté, les morts et les vivants. Ses échecs et ses victoires.  On ne contrôlait pas sa vie, pas réellement, on initiait le combat, la marche, comme le faisait Mike, et puis on avançait, un peu au hasard, en essayant de ne pas refaire les mêmes erreurs.

Il s’était penché sur des abîmes. Il avait failli tomber à plusieurs reprises. Mais il n’était pas tombé, finalement. En équilibre sur le vide, s'il avait connu la chute, il était revenu. Bien sur, il avait connu des découragements et des échecs. Il revenait de très loin. De ce pays aride et austère où l'on ne connaissait pas le pardon. Mike était à l'image de l'Afrique du Sud. C'était pourtant un beau pays. Pays pauvre, pays rude, pays chéri. Maintenant qu'il en était parti, il réalisait qu'il l'avait fait sans jamais le regarder, ou si peu, se contentant de temps à autre de coups d'oeil furtifs qui l'avaient laissé inassouvi, brûlant toujours du désir de le revoir. Sans jamais vouloir réellement y retourner. Echecs et victoires. Ce pays symbolisait mieux que tout la vie de Mike Witcher. Il était contradictoire parce qu'il n'avait jamais réussi à résoudre trois questions. Est-on la somme de ses peurs, de ses rancunes, de ses chagrins, de ses souffrances ? Ou celle de ses étreintes, de ses abandons, de ses désirs, de ses plaisirs ? Ou les deux ?

Il regardait ce mariage presque en observateur. Oui, il avait parcouru beaucoup de chemin. Ruth lui souriait. Avec ce sourire lui revenaient les heures joyeuses, étourdies, indolentes, les jours calmes, sages, avant le grand fatras, avant le temps du désordre et de la démesure.  Il était parti, avait bougé. Comme tous les autres. Ils avaient tous vécus. Cette vie, ou une autre, les avait tous changés. Elle les avait tué, parfois, comme Jugson. Elle en avait fait des traîtres. Il lui avait fallu du temps pour en arriver là. Il était heureux d'y être – sans savoir pourquoi. Il ne pouvait pas l'expliquer. Il se demandait cependant ce qui aurait pu se passer s'il avait connu Ruth plus tôt. Ca aurait sans doute été mieux pour tout le monde, si ça avait été lui et pas Benjamin...mais c'était facile de dire ça. Facile de pleurer sur le passé.

La vérité était que ça n'aurait pas pu arriver. Il avait besoin de partir. De s'éloigner, de s'en aller. A la fin, combien de kilomètres aurait-il parcouru ?  Combien de routes aurait-il foulé ? Combien de visages aurait-il croisé ? Des milliers. Il y avait des hommes qui mettaient une vie à devenir ce qu'ils étaient : il était de ceux là. Avant, ça n'aurait pas été possible. Avant, il n'aurait pas supporté avec indulgence ce repas plein d'hypocrites et de profiteurs qui ne venaient là que pour se montrer, il se serait probablement battu avec quelqu'un. Maintenant il se contentait de rire des conneries de James. Il avait fallu du temps à Mike pour changer, pour être à peu près en paix avec lui-même. Il avait quitté son pays, abandonné sa terre. Maintenant, il voulait bien rester, enraciné comme ces arbres centenaires, immobiles et rassurants, dont la silhouette se découpait dans l'embrasure des fenêtres. Quiétude, tranquillité, stabilité. S'il pouvait les avoir, ne serait-ce qu'un peu, ça lui irait totalement.

Il ne savait pas bien ce qu'il ressentait pour Ruth, il ne savait pas bien comment il en était arrivé là – même si au départ, oui, c'était en effet ni plus ni moins qu'un mariage de raison, et une revanche idéale envers Benjamin. Un comportement de sale gosse, un peu, mais Mike était très rancunier. Il prenait la trahison de Ben comme quelque chose de personnel. Et sans même parler de ça, il était naturellement revanchard – Tom Jugson ne s'y était pas trompé – et moqueur. Ce n'était pas un type bien si on regardait de près. Torturé, plein de névroses, moqueur, lunatique. Pas étonnant qu'il se soit attaché sans même s'en rendre compte à sa nouvelle femme. Ils étaient tous les deux désespérément seuls et tous les deux pleins de travers. Et dans un sens ils étaient tous les deux malheureux et cherchaient à ne plus l'être. Et il ne voulait pas la rendre malheureuse, il l'avait dit. Oh, il ne comptait pas formuler d'excuse, et n'en attendait pas d'elle – quand bien même il ne regrettait absolument pas d'avoir agi comme il l'avait fait Mike savait qu'il était allé trop loin, même s'il supportait très mal les insultes lancées par Ruth. Mais il réussit à sourire. Un peu.

« Ne t'en fais pas, va. C'est un peu mon destin, d'être comparé à eux, on dirait. »


Il était amer, alors qu'il disait ça, et même s'il essayait de plaisanter et d'avoir l'air philosophe, finalement, ça ne passait pas. Ca faisait mal. Au fond, les uns et les autres, ils n'aimaient guère la vérité. Lui comme Ruth, finalement. Mais il la savait inquiète. Il aurait pu être honnête, parler franchement. Il ne pouvait pas parler. Il y avait des choses que Mike voulait dire mais il savait qu'elles lui feraient mal. Alors il les enfouit profondément les laissant lui faire du mal à lui. Savoir qu'on pleurait sur les années de sa jeunesse, qui furent belles sans doute, et qui ne reviendraient plus, qu'on pleurait sur les conquêtes passées qui annonçaient les retraites à venir, sur les victoires d'hier qui seraient les défaites du lendemain. Il lui offrit un sourire et la prit dans ses bras :

« Je te jure que oui. On s'en fout, de John, on s'en fout, du passé, c'est fini. Je te jure que ça ira bien. Tu vois, comme disait mon père, le ciel a un plan pour toi. »


Restait à savoir lequel, finalement. Mais il resterait avec elle, il ne la laisserait pas tomber. Ce qui était déjà quelque chose.
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Ma résistance magique est de: 12PV
James Eccleston


MessageSujet: Re: Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT Dim 19 Avr - 14:42

Il y eut quelques secondes, quelques interminables secondes de silence. Tous les spectateurs du duel retenaient leur souffle, observant John Mulciber immobile, couvert de crème. Les elfes de maison eux-même s'étaient figés, portant encore les restes du somptueux gâteau. La scène aurait pu être comique, sans cette absence de réaction de Mulciber. James lui-même, face à son adversaire, commençait à craindre d'être allé trop loin. L'ivresse soudain dissipée, il réfléchissait à toute vitesse. Et si son mentor, loin de goûter la plaisanterie, se mettait en colère ? Il n'était pas de taille à lutter contre lui. C'était des coups à terminer une noce dans un bain de sang. Les invités s'en rendaient bien compte, qui fixaient le maître de maison avec appréhension. Putain, John, dis quelque chose, je t'en prie. N'importe quoi mais ne laisse pas planer le doute comme ça. James se décomposait à mesure que son mentor laissait durer le suspense. Je suis allé trop loin, pas de doute, il va m'atomiser sur place.

Et soudain, John Mulciber se décida à bouger. Il se nettoya d'un sort, cracha un morceau de quelque chose, et partit d'un grand éclat de rire qui résonna étrangement sur la noce silencieuse. James se rendit compte à cet instant qu'il était en apnée depuis quelques secondes, et il se remit à respirer. Il para le dernier sort sans bien savoir comment, et les invités applaudirent, soulagés probabement. Le Ministre s'approcha, main tendue, de son mentor qui le déclarait vainqueur de l'affrontement. On cessa de s'intéresser à eux ; chacun s'empressa de se détourner, et James put entendre quelques remarques acerbes sur son compte tandis qu'il se dirigeait vers Mulciber.

-Quel culot !
-Sur un sang-pur !
-Le maître de maison !
-Quel manque de respect !

Heureusement, John ne semblait pas de cet avis. Il accepta la poignée de mains de son apprenti qui, un peu gêné de sa propre audace, murmura quelques paroles d'excuses. Jamais auparavant il ne s'était permis un tel comportement avec John Mulciber, et il en était un peu étourdi. Si on m'avait dit qu'un jour je recouvrirais ce type-là de crème chantilly, et qu'en prime ça le ferait marrer... Il avait toujours connu John, mais longtemps, le chef de famille était resté une figure lointaine, impressionnante. Même Thomas Eccleston, le père de James, faisait montre d'un respect sincère pour ce cousin éloigné qui, contrairement à lui, savait mener ses affaires de main de maître. Et peu à peu, James s'était hissé au même niveau, sans jamais, cependant, s'estimer l'égal de Mulciber. D'où les excuses qu'il présentait à mi-voix, sous le regard indulgent d'une Marciana habituée aux enfantillages de son époux.

Les deux hommes se séparèrent en bons termes, et James, avisant Crow non loin de là, le rejoignit pour s'humecter un peu le gosier en sa compagnie. Ils ne parlèrent pas beaucoup, mais absorbèrent une respectable quantité d'alcool. Ils n'avaient pas vraiment besoin de parler ; le lien entre eux était si puissant que bien souvent, il rendait les mots inutiles. Peut-être était-ce un effet du Serment inviolable, mais James avait presque toujours l'impression de pouvoir comprendre ce que voulait Crow sans qu'il ait besoin de l'énoncer. Ils eurent ainsi un moment de tranquillité ; personne n'osa venir les déranger jusqu'au moment de passer à table, ce que James trouva fort appréciable.

Au repas, on l'avait placé, en tant que témoin, à la table des mariés, et sa voisine de table n'était autre que Vera, sa fiancée. Mis de bonne humeur par l'alcool, il s'efforça de lui faire la conversation, mais il ne put que se rendre compte qu'il n'avait pas grand-chose à lui dire, et que c'était réciproque. Heureusement, Belle-maman était là pour veiller à ce que l'ambiance reste au beau fixe. D'un ton aigre, elle reprocha à James sa prestation au duel, en assortissant sa remarque d'un sous-entendu qui, curieusement, le vexa un peu. Sans hausser la voix, sur un ton badin, il répliqua :

-Y a vraiment que toi pour voir du foutre partout, ma belle. Personne n'y avait pensé, et même pas moi. Encore heureux que ton oncle ait meilleur caractère que toi, tiens. Je veux bien un peu de vin, merci.

Ils évitèrent, par la suite, d'aborder le sujet, et, soucieux de faire bonne figure, James invita même la mariée à danser – et sa propre fiancée, un véritable exploit de sa part. Comme il était bon danseur, il dut se plier aux désirs de nombreuses sorcières présentes, que leurs maris légitimes n'invitaient guère à danser, et il enchaîna un nombre incalculable de valses. Chez les sorciers comme chez les moldus, les cavaliers étaient rares et les femmes restaient majoritaires aux abords de la piste de danse. Il parvint à obtenir un peu de répit en allant demander à l'orchestre de jouer doucement une musique romantique, qui accompagna le bref discours qu'il adressa à l'assistance :

-Sorcières, sorciers, chers invités, les mariés me prient de vous adresser leurs plus chaleureux remerciements pour votre présence ici pour ce moment important. Ce n'est pas un événement banal que celui auquel nous assistons ; deux familles parmi les plus prestigieuses du monde sorcier s'unissent en la personne de ma cousine, Ruth, et de mon ami Mike.

Rappeler ses liens avec les deux époux de sang-pur l'amusait. On avait un peu tendance à l'oublier, mais lui, le sang-mêlé, était partie prenante de ce monde si fermé et si fier de lui-même.

-Je voudrais que chacun se joigne à moi pour porter un toast aux jeunes mariés, pour leur souhaiter une vie heureuse et prospère, de nombreux héritiers, et, pour commencer cette union sous d'heureux auspices, une inoubliable nuit de noces.

Il leva la coupe de champagne qu'un elfe lui avait apportée et s'écria :

-A Ruth et Mike !

L'assistance porta le toast d'une seule voix, rendu avec le sourire par les mariés qui ne tardèrent pas à s'éclipser. En embrassant sa cousine, James, toute rancune oubliée, lui murmura :

-Bon, je te le laisse pour ce soir... pour ma part, je crois qu'un de tes cousins bulgares me fait de l'oeil. Bonne nuit, et n'oublie pas de crier pour qu'on croie que tu étais vierge avant lui.

Les mariés partis, le témoin ne s'attarda guère. Le cousin Tsvetan, bâti comme un bûcheron, avait en effet jeté son dévolu sur le Ministre de la Magie anglais, qui œuvra avec ferveur, des heures durant, au rapprochement anglo-bulgare.
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Le mariage est la mort morale de toute indépendance || EVENT

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