POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska]

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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Lun 8 Déc - 23:42



Une vie sauvée, pour une vie prise. C'était la dure loi de l'équilibre, un acte en compensait un autre, et la vie continuait … ou pas. Il était parfois dur de passer à coté de certaines choses, faire comme si elles n'avaient jamais existé, comme si on pouvait tourner la page … parfois on ne pouvait pas. Tryan ne pouvait pas, il portait son passé comme un fardeau, essayant de dissimuler ces nuits sans sommeil qui marquaient son cœur, son âme et son visage. On vit seul, on meurt seul, peu importe la durée ou le temps que ça prendra, c'était comme ça que tout se passait d'habitude, il ne faisait pas exception à la règle. Tout le monde meurt un jour, mieux vaut que cela soit le plus tard possible, il aurait aimé que ça le soit.
Oui, il aurait aimé sauver Emily, comme il avait sauvé cette inconnue. Arriver, interrompre le massacre, les tuer … lui tendre la main pour qu'elle se relève, qu'elle se blottisse contre lui, qu'il resserre un peu l'étreinte, une main sur ses cheveux de paille à l'odeur divine, et embrasser délicatement le dessus de son crâne …

La lumière l'aveugla alors qu'il quittait cette réalité alternative, celle qu'il aurait aimé vivre. Déjà, la survivante retournait à son comptoir. Triste destin, elle n'était pas Emily, elle était … elle, une inconnue, un être lambda qu'il ne reverrait pas après cette soirée, une vie perdue, gâchée. S'il avait pu prendre cette vie pour ramener Emily, dieu savait qu'il l'aurait fait, plutôt deux fois qu'une même, sans hésiter. Il aurait rasé l'Irlande pour la voir revenir, ne serait ce qu'une journée, un mois, une semaine, un jour … une heure … une minute …
Elle lui manquait, encore plus maintenant qu'il se rendait compte à quel point il était seul. C'était là le désavantage de l'alcool, un bad violent, parfois. Surtout chez lui, tout se chamboulait dans sa tête, ses humeurs, aussi variables qu'éphémère, mourraient au profit d'autres, en son fort intérieur, il sentait un vide énorme, une sorte de trou noir qui engloutissait la moindre émotion, comme une impression de suffoquer intérieurement. Non, il ne fallait pas fermer les yeux, résister aux larmes, celles qu'il ne fallait pas montrer, celles qu'il fallait oublier, et essayer d'avancer, de passer à autre chose.
Pas un regard pour le déchet, rien, la moindre considération de la vie de cet être avait disparu, y en avait il simplement une ? La pitié, mais c'était bien le dernier sentiment qu'il pouvait éprouver, il n'en avait jamais eu, pour personne, pas même pour lui même. Tryan De SaintClair était un être cruel, pas dans le sens le plus commun du terme, mais dans un autre, beaucoup plus subtile.

Ça n'était pas la pitié qui avait guidé son bras pour sauver cette greluche, pas plus que de la considération. C'était un acte commun, lambda, qu'il aurait pu faire pour bon nombre de personnes, et elle, payerait elle sa dette ? Non, jamais, comme tous les autres. Les promesses ne valaient rien, il n'y avait plus d'honneur dans ce bas monde, les femmes vous promettaient tout et ne vous donnaient rien. Il avait beau le savoir, l'acte n'en était que plus douloureux, et impossible de s'y habituer. Un baiser, ça n'était rien pour elle, un mot, une parole, un vice, appelez ça comme vous voulez, elles mentaient. Les alliées d'hier devenaient les ennemis de demain, porteuses d'un pouvoir plus grand que la magie elle même, celui de rompre un homme par une parole, un acte, une idée … c'était ça, le pouvoir d'une femme. Et Tryan y avait été vulnérable, l'ultime souffle d'Emily avait également été le sien, une drogue disparaissait, adieu amour, adieu bonheur, adieu la vie.
Il se souvenait du contact de cette pluie froide sur son visage, quand il était tombé à genou sur cette terre d'Irlande, là où il avait pleuré, là où il avait fermé les yeux, maudit dieu et tout ce qui vivait pour être responsable de ça. Ils étaient tous les coupables, lui le premier. Elle était morte … il n'existait plus pour elle …
Adieu … Emily …

-Merci.

Le mal l'envahissait à nouveau. Il ne dit rien à la serveuse, pas un mot, pas un regard, il s'était décomposé, perdu dans ses pensées, il était passé de l'état de type sarcastique à une loque sans nom. C'était ça, les effets de l'alcool.
C'était fini, la colombe s'envolait, laissant derrière elle un monde déchu, sans vie, sans amour. Il réalisait …
Qui avait le droit de vivre ? Qui devait mourir ? Il n'était rien, rien de rien. Une goutte d'eau dans l'océan, une perle de sang dans l'immensité de l'univers. Tout ça, n'était rien …
Le silence qui s'en suivit fut long et pesant. Il ne bougea pas, pas plus qu'il parla d'ailleurs, il était là, comme figé dans le temps le regard perdu dans le vide. Il aurait voulu lui dire, 'je t'aime Emily', mais …
Un léger trouble dans ses yeux, un sourire naissant sur son visage … c'était ça faire son deuil.

-Bon, qu'est-ce que j'te sers ?

Tryan releva la tête, un regard plus humain en lui, un sourire presque humain aussi, moins froid, toujours un peu hautain, mais … différent. Il regarda la serveuse, sans juger, rien …

« Rien, merci … »

Laissant son verre sur le comptoir, il se leva, tourna le dos, et se dirigea vers la porte qu'il ouvrit et franchit sans se retourner. Le froid glacial lui mordait le visage, il le sentait presque à présent. Ses yeux se levèrent au ciel, elles étaient belles les étoiles, vraiment, il n'avait jamais fait gaffe à cela. Vraiment très belles. Cela faisait longtemps qu'il ne les avait pas regardé comme ça.
Son sourire s'effrita dans un rictus de douleur. Ça ne servait plus à rien de garder le contrôle, et pourtant c'était un réflexe. Ses yeux parlèrent pour lui, déversant deux larmes fugaces qui glissèrent sur ses joues avant de mourir sur sol glacé.
Machinalement, il s'assit sur le devant du bar, fixant toujours le ciel. Il resta là, quelques minutes, avant de fermer les yeux. Son corps bascula en avant, il tomba à genou, le regard fixe et vide se logeant devant lui, sans vraiment voir ce qu'il y avait. Cette fois ci, il ne se mordit pas les lèvres, il ne luta pas. Se tête bascula en avant. Coupable, honteux, il acceptait son échec.

Il releva la tête, les yeux plein de larmes, qu'il ferma. Sa poitrine s'abaissa alors qu'une expiration hachée sortait de sa bouche grande ouverte. Pas de cri, pas de violence, juste … une libération.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, comme fatigué, abattu, il cligna des yeux, reprenant le dessus, un sourire vrai naissant sur son visage, au milieu de larmes. Un sourire … triste … mais serein. Fatigué, harassé, sa tête bascula sur le coté, cette même expression figée sur son visage.
Douleur, tristesse, sérénité, tout ça ne faisait plus qu'un suite à cette libération. Il avait fallu un peu d'alcool et une vie sauvée pour qu'il puisse enfin se libérer …
Il resta là un moment, sans qu'aucune âme ne vienne perturber son attitude, dans un silence libérateur, léger, comme la plus belle des musiques pour cette toile de fond. Le poids d'une vie qui s'envole, avec tristesse et sérénité. Un acte qui aurait du se produire il y a bien longtemps, mais Tryan était quelqu'un de compliqué. Pour la première fois depuis longtemps, il ressentait à nouveau.
Il n'y avait plus rien, juste lui, juste lui …

Il y a des pages qui sont faites pour être tournées … et pas d'autres.
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Alaska E. Maxwell


MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Mar 9 Déc - 22:15

« Rien, merci … »

Il était étrange. Son regard semblait différent, sans qu'Alaska ne réussit à mettre un nom sur cette différence. Il sortit. Un inconnu était venu boire, lui avait donné le plus beau pourboire de sa vie, l'avait sauvée d'un passage à tabac, et était parti avant même qu'elle ne connaisse son prénom. Le reverrait-elle un jour ? Pourrait-elle rembourser sa dette ? Elle en doutait. Tant pis. Elle regardait d'un air vide le bar. Qu'est-ce qu'elle faisait là ?
Élève brillante de Poudlard, Gryffondor et fière de l'être, elle avait réussi à être admise pour devenir Auror. Quelle blague. Elle avait fait partie de l'élite des sorciers, dans un sens, avant de se faire jeter lamentablement par le nouveau système. L'élite des sorciers. Et ça lui avait servi à quoi, de se dévouer comme ça ? A rien. A devenir hors-la-loi, fichée. A bosser dans un bar. Génial.
Puis, refoulant sa déprime, elle posa les glaçons sur le bar. Attraper le balais, nettoyer, servir les autres qui lui faisaient signe, voilà ce qu'elle devait faire. Son sourire avait disparu: elle était seule ici. Dans une vingtaine de minutes, d'autres membres du club viendraient certainement, pour la nuit. Elle aurait enfin quelqu'un avec qui partager sa soirée mouvementée ! En attendant, elle servit quelques bières et évacua les débris de tabouret derrière le bar. Un coup de baguette suffit pour le réparer, discrètement. Restait encore le cas de Thomas a régler: un mec assomé par terre ne donnait absolument pas envie de consommer. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire de lui ? Le mettre dehors ? Si la Police passait, elle aurait des ennuis. Le laisser là ? Non, des clients pourraient se plaindre...
Si elle avait eu des manches, elle se les serait retroussées ! Mais elle était en débardeur, l'expression fonctionnait moins bien. Alaska se dirigea donc vers le ... Cadavre ? Aucun autre mot ne paraissait plus adapté. Elle se baissa, et le retourna pour éviter que son visage ne traîne contre le parquet. Qu'il était lourd ! Elle aurait dû dépecer un boeuf que ça ne lui aurait pas paru plus physique ! Mais là n'était pas la question. Elle saisit ses poignets et le fit glisser jusqu'à la porte qui indiquait qu'elle passait dans une zone " privée". Lorsqu'il fut entièrement couché dans le couloir, Alaska retourna dans la salle de beuverie. Tous les clients l'avaient vue mais personne n'avait rien dit. C'était trop habituel. Et puis, dans ce milieu là, un mec assommé qui changeait de couloir n'était pas un motif suffisant pour s'inquiéter. On s'inquiéterait plutôt quand il serait mort, si jamais ça lui arrivait.
Il lui restait à nettoyer la trace de sang qu'il avait laissé au sol.
Après quelques instant de répit, où la serveuse avait reprit l'application de la glace sur sa joue pour se soulager, elle passa la serpillière. C'était d'un ennui... Sa vie était d'un ennui. Elle frottait, s'acharnait sur une pauvre tâche rouge, sur un sol déjà usé. Elle, la chasseuse de Mages Noirs, frottait du parquet. C'était même là son activité principale. Déprimant.
Elle songeait à tous ces rêves qu'elle avait lorsqu'elle était enfant, à toutes les causes pour lesquelles elle croyait ou avait cru. Et elle avait fini là.
Bon, ça aurait pu être bien pire pour elle. Alaska savait qu'elle avait déjà échappé plusieurs fois à la mort. Mais était-ce une raison pour se contenter d'un travail aussi ingrat ? Non. Elle devrait avoir de l'ambition, des projets...
Des projets ? En pleine guerre ? Elle soupira, elle était ridicule. Se relevant doucement, elle retourna à sa place. Derrière le comptoir. S'asseyant sur le tabouret qu'elle avait réparé, elle attrapa à nouveau son torchon glacé pour soulager la douleur. De son autre main, elle prit la bière qu'elle s'était servie plus tôt. Même la boisson lui paraissait dénuée d'intérêt. Tout ce qu'elle voulait c'était aller dormir, longtemps, voire toujours.
La jeune femme s'affala sur le comptoir, elle ferma les yeux. C'était comme si la fatigue venait brusquement de l'assommer. Fatigue de la journée, du travail, de la vie, de tout. Elle aurait pu rester des heures comme ça. Elle, qui croyait juste se reposer quelques instants, s'endormit véritablement. Elle ne se réveilla qu'en entendant un bruit qui la prit par surprise. Se relevant brusquement, elle cligna des yeux plusieurs fois.

- Hein ?


Quelqu'un lui avait parlé ? Ou alors c'était le bruit d'un tabouret, ou de la porte ? Elle aurait été bien incapable de le dire !
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Tryan De SaintClair


MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Sam 13 Déc - 23:37

La vie est un combat perpétuel. On ne pouvait que le livrer seul, c'est à nous de tenir l'arme de notre destin, brandir le bouclier de notre avenir, et parer à toutes les éventualités pour maximiser le but de sa vie. Parfois, on pouvait recevoir un peu de soutien, une personne se joignait à vos cotés, elle brandissait des armes différentes, mais au lieu de lutter seul, vous la voyez, à vos cotés. Peu importe le coup, il y aurait toujours l'autre pour vous défendre, c'était une union pour l'avenir, un chemin différent de celui qui semblait naturel. Était ce un inconvénient pour ce qui était de sa propre progression ? Peut être. Sûrement même, mais le confort du combat n'en était qu'accru, c'était un frein à la quête d'un pouvoir plus grand, mais le pouvoir pour le pouvoir ne rimait à rien. La puissance pour la puissance n'allait qu'un temps, un pouvoir, même puissant, sans aucunes utilisations, était ce vraiment du pouvoir ? Pas vraiment, à moins de se complaire dans son orgueil, se rouler dans la fange de son ego et ne jurer que par un être : Moi.
Et si le coup vous atteignait ? Si vous ne pouviez pas vous relever ? S'il n'y avait pas de main tendue ? Alors tous vos efforts auraient été vains, parfaitement inutiles, un perte de temps, purement et simplement. Mais si cette main était là, elle était peut être le plus beau, le plus magnifique, le plus jouissif de ces pouvoirs.
Vivre avec cette main permanente, c'était un gage de sécurité, de sûreté, le soutien inestimable qui faisait tout basculer, c'était un confort que l'on appelait parfois bonheur. Et puis, lorsqu'on vous vole ce bonheur, fauché trop tôt … un monde s'écroule.

Les fêtes de Noël approchaient, et cela ne contribuait pas à enchanter le français. Chaque année, il repensait à 'avant'. Il comprenait aisément pourquoi le taux de suicide était le plus important à ce moment de l'année. Le bonheur était volage, éphémère, voir celui des autres était frustrant à souhait, et pouvait facilement mener à sa propre destruction. Qu'allait il donc bien pouvoir faire pour ce genre d'événement ? Plus de restaurant ou de soirée avec sa moitié, plus de décoration débile sur un sapin dans le jardin, plus de tenue excentrique pour le plaisir de rire, plus de verres de vin échangés avec considération, plus de sourire le soir venu …
Noël n'avait plus le même goût depuis quelques années, Noël n'était plus Noël. Il y avait beau avoir Amy, elle passait ce moment en famille, et jamais De SaintClair n'allait passer ce genre de moment chez les Yaxley. Non, Noël serait un jour comme les autres. Peut être passerait il une soirée avec Lyse, si elle le souhaitait, sa cousine se noyait dans le travail et l'entraînement et ne prenait que peu de repos, mais ils se voyaient pourtant peu alors qu'elle habitait toujours chez lui. Cette soirée serait commune, un bon repas, un verre de vin devant la cheminée, et si le cœur lui en disait, peut être irait il à l'église, en bon croyant qu'il était.
Au fond, qu'on se le dise, et il le savait, sa soirée de Noël était de la pure merde en boîte. Voilà pourquoi les fêtes de fin d'année gâchaient la présence de la neige, son élément le plus familier jusque là. Preuve en était, au lieu de préparer quelque chose, il était là, à se mettre minable pour décompresser avant d'essayer de transgresser les lois de ce monde.

Il aurait aimé qu'un peu de neige tombe à ce moment, mais le ciel ne semblait vouloir lui accorder ce plaisir. Dommage, cela l'aurait calmé, lui et sa montée soudaine d'adrénaline au moment de sa libération. Il ne s'attendait plus à rien, de personne d'ailleurs. La vie était ainsi faite, d'une éternelle constante : la solitude.
Il regarda l'endroit un peu plus en détail, les rues, silencieuses et sombres, personne. Et puis quoi maintenant Tryan ? Tu reprends le chemin ? Pour aller où ? Tu n'as pas d'endroit où aller ce soir, ça ne sert à rien de chercher à avancer, c'est demain que tout se joue, tu le sais. Ce soir, il n'y a rien à faire, rien de rien. Ici tu n'es rien, pour personne, alors est ce que tu vas …
Si. Si, il y avait quelqu'un qui avait un minimum de considération pour lui, ce minimum presque salvateur malgré son état lunatique alcoolisé. Peut être valait elle un peu plus que ce qu'il lui avait donné ? De toute façon elle n'avait pas de nom, pas d'avenir, demain, elle n'existerait déjà plus, mais ce soir, peut être valait elle mieux qu'un peu d'argent et un coup de tabouret sur un gros lourd, peut être …

Se levant, il se dressa une nouvelle fois devant le bar. Cela valait il le coup ? Ne rien attendre de personne … et pourtant.
Il retourna dans l'endroit, ses yeux légèrement rougis, la peau encore plus pâle à cause du froid mordant, froid qu'il maîtrisait magiquement avec un brio naturel. On ne bougea pas quand on le vit entrer à nouveau, pas de surprise, rien, eux s'en foutaient, il n'y avait que cette fille. Cette fille affalée sur le bar, morte de fatigue, usée par son quotidien de merde. Ne valait il mieux pas la laisser dormir ? Qu'importe. Le gros lourd avait disparu d'ailleurs, mais ça n'était plus son problème. Non, elle était là, elle avait une dette qu'elle ne payerait jamais, et alors ? Elle avait, disait elle, de l'honneur, c'était à voir, encore une fois.
Sans faire plus de bruit que ça, il s'approcha du bar, prit délicatement un tabouret avant de se poser devant elle. Elle roupillait, c'était une certitude. Tant de quiétude dans un endroit si violent, il y avait presque de la poésie dans cette attitude enfantine. À l'image d'une gamine de quatre ans que l'on aurait posé là, elle dormait, sans se soucier de ce qu'il y avait autour. C'était cruel comme désillusion, mais cela devait lui faire du bien, surtout vu les beignes qu'elle avait gentil accueilli.
Cela lui rappelait comment Emily dormait parfois sur le canapé cuir … ou comment Fleur se posait en cours, les bras croisés sur sa table, la tête dessus …
Tryan ne réprima pas un sourire en coin, il ferma les yeux un instant pour retourner dans le passé, cela lui faisait du bien, il savait qu'il ne fallait pas, mais c'était plus fort que lui. Il ne se sentait plus mal, juste triste, une tristesse sereine acquise dans la douleur bien malgré lui.

Il avait des choses ignobles, immondes, horribles, mais il n'y avait que ce genre de souvenirs qui lui revenaient, les bons, ceux qui faisaient de lui un être pas si dégueulasse que ça. Tryan n'était pas un saint, loin de là, mais il était convaincu de faire ce qu'il faisait pour une bonne chose. Tout n'était pas intéressé en lui, enfin, pas totalement. Même malgré ce qu'on lui avait fait subir. Sans être humaniste, Tryan n'était pas un tueur, il était simplement un fin tacticien, souvent froid, sarcastique, mais pas mauvais. Mais ça, il fallait creuser pour le voir, et personne n'avait réellement envie de le faire. Il y avait une barrière de glace renfermant une souffrance immense en lui, mais passer celle là et sa loyauté vous était acquise.
Ce soir là, il n'avait pas envie de continuer à se cacher, il allait essayer d'être qui il était, l'alcool forçant le passage à l'acte.
Cette fille ne savait même pas la chance qu'elle avait, elle, une inconnue, elle qui l'avait inconsciemment aidé.

La regardant, il aurait presque eu envie de la laisser dormir, mais non, il n'était pas comme ça, il était joueur. Alors il sortit un gallion de sa poche, une autre de ces pièces d'or qu'il lui avait donné. Il la posa délicatement sur la tranche sur le comptoir, et d'un geste sec, il la fit tourner. Le bruit dût suffire à réveiller la miss qui se releva brusquement, avant de s'exclamer, un peu à la ramasse.

- Hein ?

La regardant avec un sourire en coin pas très assuré à cause de son état, il lui parla alors.

« Y'a pas le feu, t'inquiète.»

Sans lui laisser le temps de percuter, il commanda alors :

« Tu m'as pas fait goûté à ce que vous faisiez de mieux ici … »

Outre sa fameuse attitude à se foutre dans la merde, mais ça, c'était autre chose. Après tout, cette soirée n'était peut être pas si merdique que ça, quand on avait de l'alcool et un peu de compagnie, les choses devenaient de suite moins ennuyeuses ...
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Dim 14 Déc - 10:18

« Tu m'as pas fait goûté à ce que vous faisiez de mieux ici … »

Il était revenu. Avait-il parlé avant ? Certainement, mais Alaska aurait été bien incapable de retrouver ce qu'il avait dit. Elle passa ses mains sur son visage, grimaça quand elle effleura sa joue abîmée. Ce qu'ils faisaient de mieux ? Elle réfléchit un instant, se forçant à sourire. Toujours sourire devant les clients, c'était une règle absolue. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui servir ?

- Ça dépend c'que tu veux dire par " c'qu'on fait de mieux" . La spécialité du bar, c'est un cocktail sans alcool, j'doute qu'ça t'intéresse. Si tu parles de qualité, on a du bon vin français j'crois.


Elle se retourna, fouilla dans un placard, et se redressa triomphalement, posant une bouteille de vin rouge sur le comptoir. Alaska n'aimait pas trop le vin rouge, elle préférait la bière, ou alors des trucs bien forts.

- Sinon, ma spécialité, c'est les moritos.

Elle cherchait des yeux les glaçons qu'elle pressait contre son visage plus tôt, mais ne découvrit qu'une marre sur le comptoir. Ils avaient fondu évidemment, surtout qu'il faisait chaud dans le bar. La serveuse voulut alors boire sa bière, mais celle-ci était chaude désormais. Elle vida son verre dans l'évier, et tourna son regard vers l'inconnu tandis qu'elle faisait un peu de vaisselle.

- Alors, qu'est-ce que j'te sers ?

Toujours cette même phrase. Toujours ces même actions encore et encore. Pourquoi son père avait-il ouvert un bar pour le club ? Pourquoi pas un garage, puisqu'il aimait la mécanique, ou une épicerie, hein ? Ça aurait évité à sa fille de s'ennuyer au service plusieurs soirs par semaine.
Deux hommes du club entrèrent, portant le même blouson de cuir qu'Ethan un peu plus tôt. Ils marchaient tranquillement, passèrent à côté du comptoir et firent un signe de tête à Alaska, auquel elle répondit, avant de partir par la porte " privée". Elle savait ce que ça voulait dire: déjà, elle allait devoir leur expliquer pourquoi il y avait un mec assomé dans le couloir, et en plus ils avaient certainement quelque chose d'important à lui dire. Sinon ils seraient venus la saluer vraiment, comme d'habitude.
Soudainement, la serveuse fut contente d'être une serveuse. Enfin, de travailler ce soir en tant que serveuse, ce qui n'était pas son vrai métier, car cela lui permettait d'échapper à des explications bien ennuyeuses et longues. Peut-être même une dispute.
Elle s'assit sur son tabouret, et servit à l'inconnu ce qu'il lui avait demandé. Le bon côté des choses, c'était que maintenant la soirée était très calme. Elle n'avait plus grand monde a servir: les hommes au fond semblaient s'être endormis sur leurs bières. Alaska se força à reprendre sa vaisselle. Lorsqu'ils étaient entrés, aucun des deux hommes n'avait paru surprit par la blessure d'Alaska. Elle se demandait s'ils n'avaient pas osé en parler en public, s'ils étaient trop pressés, ou tout simplement s'ils n'avaient même pas remarqué. Elle verrait bien en allant se coucher, pour l'instant ce n'était pas l'heure. Il était l'heure de boire.
Alaska hésita quelques instants entre un café et une bière pour se réveiller, mais choisit la bière. Elle trouvait ça meilleur. Elle se servit à nouveau, laissa tomber l'idée de faire toute la vaisselle, et s'assit en face de son sauveur. D'un geste rapide, elle leva son verre, lui fit un signe de tête, et but une longue gorgée. A la sienne, ou peut-être à la boisson, elle n'avait pas vraiment réfléchit à l'intitulé de ce pourquoi elle buvait. Elle savait juste qu'elle partageait ça avec l'inconnu qu'elle venait de servir.
Elle se souvenait, la première fois qu'elle avait bu de l'alcool.
Alaska avait alors treize ans. Pour s'affirmer, pour imiter les membres du club qui étaient tous plus âgés qu'elle puisque, le minimum était de 16ans et qu'elle n'était admise là qu'en qualité de fille du président, elle s'était assise à la place de l'inconnu. Elle avait regardé le serveur droit dans les yeux, et avait prononcé bien fort " Je veux de l'absinthe" . Elle se soutiendrait toute sa vie de ce jour là. Le serveur, ne sachant que faire, avait appelé Aaron, le père d'Alaska. Et l'adolescente, sans se démonter, avait plongé ses yeux dans ceux de son père et réitéré sa demande. Je veux de l'absinthe, avait-elle répété. D'un air grave, il avait accepté, et la jeune fille avait cru à une grande victoire. Si elle avait su... Son père avait alors sorti un verre à bière qu'il avait rempli d'absinthe à ras bord, et qu'il avait tendu à sa fille. Il n'avait pas mis d'eau.
Alaska ne se doutait de rien, elle n'avait jamais bu d'alcool, n'avait jamais servi d'alcool pour le moment. Quand son père lui ordonna de tout boire, elle crut que c'était une blague. Évidemment qu'elle allait tout boire ! Mais à peine avait-elle trempé les lèvres dans la boisson qu'elle eut l'impression qu'on lui brûlait la gorge. Son père la força à continuer, elle continua à boire, jusqu'au moment où elle n'en gardait plus aucun souvenir. Le lendemain, malade comme un chien, son père lui avait dit une phrase qu'elle n'oublia jamais " J'aurais pu te mettre une claque à t'en décrocher la mâchoire, j'aurais pu pointer un pistolet sur toi et te faire promettre de ne jamais boire de choses que tu ne connais pas, et surtout de ne jamais en abuser. Mais je pense que tu n'aurais jamais aussi bien compris."
Les yeux dans le vague elle sourit. Elle n'avait jamais bu d'absinthe depuis. Elle finit sa bière, et se servit un verre d'absinthe. Elle le dilua beaucoup plus qu'elle ne l'aurait fait pour un client, mais le but n'était pas de finir saoul, ou de retrouver le goût horrible de ses souvenirs. Elle voulait juste se dire qu'elle avait compris la leçon.
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Mer 17 Déc - 0:40

Attendre suffisait un moment, parfois il fallait prendre les choses. Un vieux proverbe disait : 'Si j'ai volé quelque chose et que je suis encore en vie, alors c'est que je méritais ce que j'ai pris'. Il en était de même avec la magie et le pouvoir en général. On ne reste pas impuni longtemps lorsqu'on ne mérite pas ce que l'on a, ça Tryan le savait. Il l'avait vu autour de lui, nombreux étaient les mangemorts qu'il avait vu tomber pétri dans l'orgueil et couverts de la fange de leur prétendue grandeur. D'abord il y avait eu Menroth, celui qui avait voulu se faire plus grand qu'il ne l'était. Oh il avait eu de l'importance, mais au lieu de se retirer et de céder sa place à ceux qui suivaient, il avait commis l'erreur de se croire invincible. Il avait échoué à Sligo, et puis le reste n'a pas traîné. On a mis le nez dans son passé, trouvé le petit détail caché qui faisait tout. Quelques jours après son cadavre servait d'avertissement au reste des mangemorts. Et puis il y avait eu LeeRoy. Ah LeeRoy, quelle bonne blague. L'apprentie de Brom, pétrie d'orgueil elle aussi, boutée hors de 'son' château par une bande de gosses. Ah grand dieu, qu'est ce que cela avait fait rire le français, volontiers moqueur avec celle qui l'avait pris pour un moins que rien. Risible à souhait, une sorcière prétendument puissante, vaincue par des marmots à peine capable de tenir une baguette, un comble, vraiment. Il n'avait pas eu les détails de l'affaire, mais à ce qu'on disait, Brom avait géré la suite, probablement avait il fini le travail pour éviter un autre déshonneur que celui de voir son apprentie humiliée.
Il restait actuellement trois types de personnes en place. Les guerriers, comme Mulciber et Brom, qui tenaient la barre poste après poste, les stratèges, comme Eris et Tryan, qui savaient user de la ruse, de la politique et de la manipulation, et les lécheurs ou suceurs, autrement appelés parasites par le français. Ici, il plaçait Witcher, qu'il appréciait grandement évidemment, et Eccleston pour qui son mépris n'échappait à personne tant on ne les avait jamais vu se parler alors qu'ils étaient supposés travailler ensemble depuis un moment déjà. Pensez vous, un sang-pur obligé de traiter avec un sang-mêlé contre son gré, même ministre de la magie, il n'en demeurait pas moins un type qui avait eu sa place uniquement au coup de bouche, une hérésie quand on pensait qu'il serait mentionné dans les livres d'histoire. Ah tiens, il allait oublier les petites nouveaux, Ruth en faisait partie, pas encore classée, mais Tryan commençait à se faire une idée là dessus.
Le monde politique avait une visage bien laid, tiraillé entre les batailles militaires, les manipulations politiques, et le léchage de bottes ( ou de plus mais les détails n'étaient connus que de la bouche et de ce qu'elle accueillait gentiment ).

Y'avait pas à dire, cela méritait bien un verre. Pas forcément un toast, mais au moins un verre.
Putain, pourquoi fallait il qu'il ne reste que les ordures encore en vie ? Il était vraiment injuste ce monde, vraiment injuste. Tous ces gars, Crow, Mulciber, Brom, même Eris ou lui, ils étaient tous des putains de connards et ils étaient encore là, alors que chaque jour, des perles comme Emily devaient s'éteindre … rah, aucune justice.
Même elle, cette petite serveuse bagarreuse, elle méritait probablement plus la vie que celui qu'elle servait. Elle ne devait pas avoir asservi un pays, contribué à l’expansion majeure d'une pensée qui voulait la décimation d'un peuple, même s'ils étaient des esclaves naturels, c'était moche. Dire qu'un jour, elle devrait embrasser une cause qui prônait son asservissement, c'était vraiment pas de bol. L'Irlande se reconstruisait, mais un jour, et ce jour allait sûrement arriver plus vite que prévu, Voldemort exigerait un tribut de la part de la terre qu'il avait volée, et ce jour là … les dégâts seraient monstrueux.
Alors quoi ? Que fallait il faire ? Débarquer chez lui avec une quarantaine de suicidaires et tout faire péter ? Même pas sûr que ça marche. Dans l'absolu, Tryan savait où habitait Voldemort, pour y être allé une fois, une fois de trop selon lui. Manquait les courageux suicidaires pour aller s'adonner à une mort aussi douloureuse et glauque que certaine. Ou alors il fallait utiliser la technologie moldue, mais c'était relativement … pétatoire, et dangereux, et suicidaire, et plein d'autres trucs, aussi. Une petite bombe chez Voldy's ? Trop simple et pas assez puissant. Non, il fallait du lourd, un truc bien glauque qui, même si l'explosion le tue pas, pourrait l'endommager suffisamment pour qu'il y passe rapidement. Un peu comme du poison … mais qu'est ce qu'il y connaissait lui à ça ? Tout ce qu'il connaissait des technologies moldues, c'était ce que l'armée avait bien voulu lui donner et ce qu'on avait glané ci et là, autant dire des bribes.

Mais il était loin de toutes ces considérations, pour l'instant c'était boisson et il se demandait bien ce que pouvait être la spécialité locale. Il espérait un bon vieil alcool fort infâme à lui en retourner les boyaux, ou un vieux whisky bien comme il faut, au choix.

- Ça dépend c'que tu veux dire par " c'qu'on fait de mieux" . La spécialité du bar, c'est un cocktail sans alcool, j'doute qu'ça t'intéresse. Si tu parles de qualité, on a du bon vin français j'crois.

Il n'avait pas fait tout ce chemin pour boire un vieux rouge alors qu'il en avait du meilleur dans sa cave. Et puis franchement, un cocktail sans alcool, please …
Regardant la bouteille qui était sortie, il examina l'étiquette d'un œil expert. Ça lui disait rien comme truc, probablement de la piquette comparé un bon pinot bien charpenté, on allait éviter. Et puis se saouler au vin, c'était bon pour les pochards et les désespérés, il était loin de ça lui. Reposant la bouteille sur le comptoir, il ajouta en essayant de ne pas être trop désagréable.

« On va éviter … »

Oui plutôt fuir qu'éviter, mais ça dépendait des points de vue.

- Sinon, ma spécialité, c'est les moritos.

Encore un de ces mélanges horribles pour greluche. Enfin, le bon coté était qu'on évitait la mauvaise haleine, à condition d'aimer la menthe, et ça n'était pas trop son cas, mais à défaut d'autre chose, il allait lui faire plaisir et prendre une de ses merdes, si ça se trouve c'était même bon. Il était vraiment bien trop gentil une fois alcoolisé le père De SaintClair, un poil bagarreur mais sympa, ça changeait.

- Alors, qu'est-ce que j'te sers ?

Réponse immédiate.

« Et bah ta spécialité miss ...»

Finissons nous joyeusement avec de la menthe, c'était un concept sympa.
La chef prépara ça avant de poser la boisson sur le comptoir. Bon, quand fallait y aller, fallait y aller. Passant le nez au dessus du verre, les narines du français ne furent pas trop détruites par l'odeur de menthe. Il ne porta pas le verre au frontibus, au netibus, au sexybus, mais à la bouchibus.
Ouais, c'était vraiment infâme la menthe, mais ça passait quand même. Il fallait être carrément pinté à mort pour vider ce verre d'une traite, petite gorgée par petite gorgée ça le faisait, non pas par peur du grammage, mais plus pour la survie de son estomac et de ce qui glougloutait dedans.
Elle lui fit un signe de tête alors qu'elle avait pris un truc à boire elle aussi. Lui rendant son salut, le français l'imita mais en y allant plus doucement pour la raison évoquée précédemment. Elle était bien sympa cette petite moldue, ça changeait.
Et puis elle se servit un autre verre dont l'odeur d'anis semblait bien écœurante, tout du moins c'est ce que Tryan sentit de loin, ce truc empestait l'immonde pastaga que buvaient les prétendus rebelles de Beauxbâtons. Même chez les sorciers, il y avait ça …

Et puis comme dans tous les bars, quand deux personnes se retrouvent seules, vient la discussion de comptoir, peut être la première fois qu'ils se parlaient vraiment depuis le début de la soirée. L'alcool déliait les langues, à n'en pas douter.

« T'as jamais pensé à faire autre chose que ce boulot de merde ? »

Passant une main sur son visage, il grimaça, reprenant pour se corriger.

« Fin j'veux dire … serveuse dans un bar paumé, y'a plus gratifiant.»

Ouais, c'était sa vision des choses, et il l'assumait. Et si elle venait à s'offusquer et à vouloir se battre, et bah ça ne serait que la deuxième fois ce soir, sauf que là il sortirait dans la ruelle et s'amuserait magiquement avec elle avant de lui piquer la baguette qu'elle avait trouvé il ne savait trop où. Ça n'était pas son intention première, mais bon, il fallait bien parler, la langue de bois n'était pas une habitude chez lui. Par contre la gueule de bois serait pour le lendemain … lendemain qui approchait dans moins de huit neuf heures.
Le temps passe vite avec un verre … ou deux … ou trois ...
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Jeu 18 Déc - 21:42


« T'as jamais pensé à faire autre chose que ce boulot de merde ? »


Vu sa manière de passer sa main sur son visage, Alaska sentait qu'il regrettait ce qu'il venait de dire. Et à vrai dire, elle ne voyait pas pourquoi. Elle était là, boniche de service dans un bar perdu quelque part en Irlande. Bon, elle avait d'autres occupations, la Résistance, le Club, mais... Il était vrai que d'un point de vue comme celui de l'inconnu, sa vie ne faisait pas envie. Solitude. Irrespect. S'il savait à quel point elle avait de bons amis, des convictions, peut-être la prendrait-il moins en pitié. Il lui donnait effectivement cette impression désagréable de petit donneur de leçon. Quel âge avait-il pour se le permettre ?! Il avait l'air assez jeune. Peut-être son âge. Peut-être pas. C'était pas son truc, l'analyse des gens. Elle avait été élevée pour ne pas poser de questions.

« Fin j'veux dire … serveuse dans un bar paumé, y'a plus gratifiant.»


Gratifiant oui, c'était exactement le mot. Quelle fierté ressent-on à exercer ce métier ? Peut-on dire le soir après la fermeture que l'on a aidé quelqu'un ? Que l'on a fait une bonne action, quelque chose d'utile à la marche du monde ? Bien sûr que non. Dans les bons jours, tout le monde rentre chez soi, et dans les mauvais, un ou deux poivrots meurent, sur la route, en combat. Assassinés. Et personne n'en parle.

- C'pas la peine de t'reprendre, t'as raison c'est un boulot de merde. Mais j'ai vraiment une tête à aimer ça ?


C'était plus une véritable interrogation qu'une provocation. Avait-elle l'air heureuse d'être ici ? Sa joue lui faisait mal, elle se forçait à sourire pour être polie. Cela suffisait-il ? Certainement pas. Mais Alaska n'avait pas l'habitude de se questionner sur l'image qu'elle renvoyait aux autres. Généralement, de toute façon, on se fichait bien de qui elle était, de ce qu'elle aimait, ou même de son existence. Alaska n'était pas importante, ce qui était important pour les autres, c'était simplement la présence d'un être humain qui faisait son travail. Alaska n'avait pas d'importance. La serveuse, la tireuse, la Résistante, voilà qui étaient importantes.

- C'est un peu compliqué, mais en gros j'ai pas de diplôme. 'Fin si, mais il est pas reconnu, mais comme j'disais, c'est compliqué.


Ce n'était pas tout à fait un mensonge. Après sa sortie de Poudlard, elle était devenue Auror. Mais en ces temps-ci, qui voudrait engager une Auror ? Entre ça, et sa situation de sang, elle ne pouvait pas prétendre à une quelconque place dans le monde des sorciers. Elle n'était certainement qu'une ombre, ou qu'un numéro sur un de leurs fichiers. Triste situation n'est-ce pas ? Cela justifiait bien sa présence ici. Les moldus étaient les seuls qui l'acceptaient à peu près. Sa famille. Son club.

- Et j'ai toute ma famille ici, alors....


Sa famille ? Oui, elle avait son père ici. Il y avait aussi toute la famille qu'elle s'était choisie, les membres. Mais... Où était sa mère ? Elle n'en savait rien. Avait-elle des demi-frères ? Aucune idée. Sa mère avait-elle la moindre connaissance de son nom, à elle, cet enfant devenue adulte ? Cet enfant qu'elle avait rejeté. Elle but une longue gorgée de son verre, avant de reprendre. Son ton se voulait léger, mais c'était impossible. Ce qu'elle disait était trop vrai.

- Pis, par ici, quand t'as pas de diplôme, t'as le choix entre l'trottoir ou serveuse, et personnellement l'choix était vite fait.


Certaines cumulaient les deux métiers, mais ce n'était vraiment pas le genre d'Alaska. Si elle avait envie d'une relation courte et sans avenir, elle ne payait personne et ne demandait pas à être payée. Faire le trottoir était, d'après elle, le plus grand manquement à l'honneur que l'on puisse faire. C'était se manquer de respect, et en plus se mentir: il y avait toujours quelque chose de mieux à faire que ce métier là. Il fallait le vouloir, c'est tout. Celles qui avaient cette volonté finissaient souvent serveuses.

- Et toi tu fais quoi comme boulot ? Un truc plus classe j'imagine.


Il avait plutôt intérêt à avoir un travail pas trop mal, un truc qui en imposait un peu, parce qu'il venait de lui dire que son métier à elle n'était pas terrible. Et pour se permettre de critiquer, il valait mieux toujours être mieux placé. Un instant, elle observa l'inconnu. Que pouvait-il faire dans la vie ? Il avait de l'argent sorcier, mais maintenant c'était le cas de tout le monde. Était-il sorcier ? Elle ne pouvait pas répondre à cette question pour le moment. Cela aurait été un bon début pour deviner son job, mais bon... En tout cas, il avait l'air bien propre sur lui, un peu sérieux même en ayant bu... Peut-être travaillait-il dans un banque ? S'il appartenait au monde moldu c'était fort probable. Ou alors à une quelconque administration ? Un petit boulot sympa et bien payé, sans doute... Ou peut-être vivait-il tranquillement de ses rentes, d'ailleurs. Pour avoir autant d'argent à dépenser en alcool, c'était tout aussi probable
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Lun 22 Déc - 16:01

Si elle avait eu la moindre idée de qui il était, elle aurait probablement entamé le combat ou aurait pris ses jambes à son cou. Quand on savait de quoi était capable le français, il y avait de quoi se poser des questions sur le bien fondé de son mode de fonctionnement. Emily Matthews et Jacky avaient vu ses compétences en nécromancie, Brom avait su voir dans ses souvenirs son don inné pour la magie blanche, ses compères de bataille en Irlande savaient qu'il était probablement le meilleur cryomancien de l'Europe de l'Ouest, un mélange aussi subtil qu'improbable pour faire de lui un être à part. On ne pouvait pas dire qu'il était nécessaire, seulement il était ce petit plus qui faisait basculer la balance plus vite du bon coté.
Tryan n'avait que peu l'occasion de se battre, surtout depuis qu'il dirigeait les mystères, on lui demandait un travail qui relevait de la supervision et de l'organisation, non sans un regard critique sur le contenu, plus que dans l'exécutif. Cela était assez frustrant quand on savait à quel point il aimait le terrain. Le peu de temps qu'il dégageait pour lui lui permettait d'avancer un peu sur quelques recherches personnelles liées aux mystères, mais cela était minime, car il devait aussi souffler. Et curieusement, quand la plupart des employés songeaient à rentrer chez eux, lui ne le faisait pas, non, il se rendait dans le seul endroit où il se sentait véritablement 'bien', la salle de la mort.
Peu de personnes s'y sentaient à l'aise, mais lui trouvait là une quiétude à toute épreuve, c'était l'endroit où il était le plus proche de sa défunte fiancée, un maigre voile les séparait, et pourtant. Il espérait encore pouvoir entendre sa voix, une dernière fois.

Mais ici, il n'était qu'un anonyme parmi les foules, un type lambda qu'on ne revoyait pas. Elle ne saurait pas son nom, il ne saurait pas le sien, et tout le monde s'en porterait mieux. Elle, la petite serveuse moldue, n'aurait pas la moindre idée qu'elle avait rencontré un des plus brillants sorciers de cette époque. Une discussion de comptoir, en attendant que la nuit passe, que le jour se lève, et qu'une journée ne recommence encore.
Si elle savait ce qu'il allait faire, elle aurait pris peur. Transgresser les lois de la vie, défier la mort, toucher à l'essence même de l'âme humaine. Aussi effrayant et puissant que cela pouvait être.
On faisait tous ce qu'on faisait pour une bonne raison. Cette fille n'échappait pas à la règle, si elle restait là, c'était qu'elle avait une raison, aussi obscure soit elle, bonne ou mauvaise, elle restait.

- C'pas la peine de t'reprendre, t'as raison c'est un boulot de merde. Mais j'ai vraiment une tête à aimer ça ?  

Pour l'instant, elle avait surtout la tête de quelqu'un qui s'en était pris plein la gueule, et encore, ça aurait pu être pire. Non, elle n'avait pas l'air d'aimer ça, et pourtant elle restait là. Son sourire forcé en disait plus long qu'il ne le devrait. On te force à aimer ça, ou tout du moins tu te forces à le faire, c'est pas pour toi que tu le fais. Ça fait de toi soit quelqu'un de très con, soit de très ( trop ) altruiste.
Tryan concevait le devoir, au delà même de ce qu'on pouvait imaginer. Il avait eu le sens du sacrifice, trop à son avis, la preuve, il le regrettait aujourd'hui. Il avait trop donner, de sa personne, de son temps, de sa vie. Lui qui avait prôné qu'on ne vivait que pour soi avait strictement agi dans le sens contraire, et cela le dégouttait. Il avait été tout ce qu'il avait toujours détesté, le voir et l'accepter avait été aussi long que difficile, et pourtant, il était là à tenter de se murger, comme un purgatoire. Cette fille devait en voir des mecs venus se finir, mais peut être pas avec autant de regrets et d'attachement à la vie ou aux principes.

- C'est un peu compliqué, mais en gros j'ai pas de diplôme. 'Fin si, mais il est pas reconnu, mais comme j'disais, c'est compliqué.  

Il aurait eu envie de lui dire que les diplomes ne faisaient pas tout, que la compétence ne s'obtenait pas par les études. Lui même l'avait prouvé, tout de suite après Beauxbâtons, il avait intégré la police magique. Pas d'université, rien, on l'avait lâché dans la nature, et abandonné par un système dans lequel il avait été plus que l'excellence. Aujourd'hui, il était un des érudits les plus en vues de ce siècle, clairement sur la pente ascendante, il dirigeait la recherche magique et avait un savoir dépassant celui des meilleurs professeurs d'université. Le diplôme ne faisait rien, à condition de savoir se gérer et qu'une opportunité se présente. Il fallait saisir sa chance, voilà tout.

- Et j'ai toute ma famille ici, alors....

C'était effectivement une raison suffisante, une bonne raison. Il n'y avait pas besoin d'en dire plus. Pas de diplôme, la famille et un attachement suffisant, elle n'avait pas de raison de partir, si elle était heureuse en dehors de son boulot, peut être était ce le mieux pour elle, il n'avait pas de leçon à lui donner en matière de bonheur de toute évidence.

- Pis, par ici, quand t'as pas de diplôme, t'as le choix entre l'trottoir ou serveuse, et personnellement l'choix était vite fait.

Tout était dit.

« Tu m'étonnes ...»

Il avait marmonné en français, baissant le nez pour fixer son verre un instant.
Il n'y avait rien de plus dégradant, rien de plus humiliant que de vendre son corps pour des actes à peine consentis. Cela le ramenait à une période de Noël précise, il y a de ça quelques années.
Lyse avait quitté Poudlard, enceinte d'un hybride qui allait souiller son sang à jamais, elle avait trouvé un foyer, Tryan avait accepté de l'héberger, ne la connaissant que peu. Emily venait de mourir, il n'avait pas envie d'être seul, cette cousine ferait l'affaire un temps, c'était ce qu'il avait pensé. Et elle habitait encore chez lui, elle était devenue sa petite sœur en quelque sorte, plus que n'importe qui ou presque.
Mais s'il avait refusé, si elle n'avait pas pu trouver de foyer ? Elle ne pouvait aller chez ses parents, ni chez aucun autre parent, elle n'avait plus eu personne. Elle aurait probablement trouvé un petit boulot type serveuse, enceinte, elle n'aurait pas pu faire les horaires horribles qu'on lui aurait imposé. Seule, elle aurait du quitter cette petite piaule miteuse qui lui aurait servi de lieu de vie, elle aurait erré dans le rue, et pour se nourrir, elle aurait peut être été obligée de se vendre … vendre son corps, maigre et affamé, pour une bouchée de pain. Elle n'avait pas eu d'orgueil avant qu'il ne lui apprenne à en avoir, elle l'aurait fait. Déjà il imaginait ce qu'elle aurait pu vivre, un acte non consenti derrière une poubelle dans une rue dégueulasse, pour à peine vingt mornilles, l'horreur.

Cette pensée provoqua en lui une vague d'indignation. C'était horrible comme il était difficile de réussir seul, surtout quand on avait pas de génie inné. Dire que cela aurait pu arriver à sa petite sœur de cœur, c'était … insultant. Du gâchis. Si ça se trouvait, cette petite serveuse là, elle avait du talent à revendre, pouvant servir correctement plus puissant qu'elle, une tête de plus aux mystères. Tryan était connu pour son exigence mais aussi sa capacité à donner une chance aux autres, leur fournir les armes et la capacité de réussir.
Eris lui avait donné sa chance, il la donnait à d'autres.
Emily Matthews, avait été la première vraie réussite de Tryan à son niveau. Sang-mêlée déchue de sa famille, elle avait appris, elle avait accepté la douleur, la souffrance, le travail et l'acharnement. Le résultat était sans appel. Elle avait dirigé des équipes au Rccm avec brio, avait réussi à résister au magistère Léon Brom durant un duel public, devenue lieutenant de l'armée puriste, survivante de la campagne d'Irlande.
Charlyse Stuart, cousine peureuse et sans avenir évoquée plus haut. Devenue apprentie modèle. Passée d'une loque magique à celui de combattante passablement compétente, elle était une associée dans sa boîte de chasseur de primes, mercenaire à temps plein se faisant un nom, elle avait les armes pour vivre dans ce monde et elle allait le prouver.
Et depuis peu, il y avait Eileen. Eileen, c'était autre chose. Gamine pourrie gâtée pensant que tout lui était redevable, désirait maîtriser une magie qui la dépassait de loin. Depuis peu, elle avait, disait elle, pris conscience de ce qu'elle était. Restait à voir la suite, mais elle pouvait avoir un avenir, si elle savait qui écouter.
Il y en avait tant d'autres … des employés du rccm ou de la cds, comme Roxane Mulciber ou Umbra, et ceux des mystères, comme Ashley, Marv, Lawford, et on pouvait poursuivre la liste un long moment.
Il espérait que cela dure, il travaillait d'ailleurs sur une session de recrutement pour les mystères, il y aurait de la place de faite de toute manière.

- Et toi tu fais quoi comme boulot ? Un truc plus classe j'imagine.

La réponse ne traîna pas.

« Plus ou moins ...»

C'était assez vague, un peu trop d'ailleurs, il fallait en dire assez sans en dire trop. Pas assez et on attirait la curiosité, trop et on se faisait griller, c'était là un subtile mélange qu'il fallait savoir doser.
Attrapant son verre, il ajouta :

« J'aurai dit plus dangereux avant de voir le potentiel destructeur d'un tabouret ...»

Petite boutade pour faire diversion et il attaqua une gorgée de sa boisson à la menthe. Cela lui permit le temps de jauger sa future explication. Si d'ordinaire il aurait trouvé une parade aussi subtile qu'efficace, avec l'alcool tout devenait plus compliqué, plus difficile, son cerveau tournait moins vite et différemment, il fallait temporiser, il n'avait rien trouvé de plus efficace qu'une blague et boire un coup, deux choses tout à faire à leurs places dans un bar.
Fin de la gorgée, il reprit.

« Disons que j'suis la tête pensante d'une assemblée d'cons qui cherchent à faire avancer le progrès.»

Petit haussement d'épaules.

« D'toute façon, j'fais pas ça pour l'argent … »

Son regard se baissa vers son verre.

« Et pis, c'est pas que pour moi si j'le fais ...»

Lorsqu'il releva les yeux, il fixa la serveuse, ajoutant non sans une once de vérité :

« J'vais pas t'apprendre ce que c'est ...»

Elle aussi ne faisait pas ça que pour elle. Bien sûr un peu quand même, mais pas que. C'était précisément le cas de Tryan. Les mystères n'étaient qu'un moyen plus simple pour se rapprocher de l'aide à sa défunte petite amie. Pour ramener les morts, et dépasser les lois de ce monde, les maîtriser aurait déjà été une belle avancée, il fallait être à la pointe de la recherche magique, c'était précisément la place qu'il occupait. Il espérait y parvenir, un jour … le plus tôt serait le mieux, car il n'était plus question que d'Emily, il y avait Eris à sauver.
Quoi qu'il en soit, il espérait avoir comblé une partie de la curiosité de la serveuse. Oui, ça devait le faire, ils parleraient d'autres choses, comme deux blasés de leur vie au comptoir.
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Lun 22 Déc - 22:00

« Plus ou moins ... »

Il ne croyait quand même pas qu'elle allait en rester là ? Alaska n'était pas quelqu'un d'extrêmement curieux. Elle n'avait pas ce besoin maladif qu'ont toutes les commères d'être au courant de tout, et comprennait tout à fait le besoin d'avoir un petit jardin secret. Mais là, c'était inadmissible. A moins qu'il ne soit chef d'état, ou assassin professionnel, cette réponse n'avait aucune raison d'être. Elle attendait des explications. Il prit son verre en main. L'alcool était censé rendre les gens plus bavards, s'il s'arrêtait là Alaska n'osait pas imaginer sa compagnie quand il était totalement sobre. Ce devait être... Passionnant.

« J'aurai dit plus dangereux avant de voir le potentiel destructeur d'un tabouret ...»

Elle ne put s'empêcher de rire. Elle appréciait beaucoup l'humour, surtout en ces temps difficiles, et l'inconnu, s'il semblait avare d'informations, avait au moins un côté sympathique. Même plus qu'un côté d'ailleurs, après tout, il lui avait donné un pourboire aussi énorme que son salaire, multiplié plusieurs fois, l'avait empêchée d'être véritablement défigurée, et faisait des blagues. Si seulement plus de gens étaient comme lui... Le monde aurait moins de problèmes. Il but avant de reprendre.

« Disons que j'suis la tête pensante d'une assemblée d'cons qui cherchent à faire avancer le progrès.»


Il haussa les épaules, comme si c'était le destin qui l'avait collé à ce poste et qu'il ne pouvait plus s'en défaire.

« D'toute façon, j'fais pas ça pour l'argent … »

Ses yeux étaient fixés sur son verre. Évidemment qu'il ne faisait pas ça pour l'argent, vu ce qu'il avait payé elle se doutait bien qu'il avait autant d'argent qu'elle avait de tatouages: beaucoup à montrer, et quelques uns bien cachés.

« Et pis, c'est pas que pour moi si j'le fais ...»

Ah ! Leur voilà un point commun tout trouvé ! Ce n'était pas très joyeux comme point commun, il est vrai. Mais bon, il ne fallait pas se voiler la face: qu'est-ce qu'une hors-la-loi et un homme comme lui pouvaient-ils avoir en commun ? Certainement pas grand chose, à part le fait d'être dans ce bar à ce moment précis. Et d'avoir, paraît-il, un travail qu'ils n'exercent pas pour leur plaisir.

« J'vais pas t'apprendre ce que c'est ...»

Elle rit.

 - C'que c'est d'bosser pour les autres, ou de diriger des cons ? Les deux sont durs, mais surtout l'dernier !  


Elle attrapa son verre et le déposa dans l'évier. Fini la boisson, après tout elle censée travailler. Certains auraient été moins consciencieux, il est vrai... Cela faisait partie de l'équipe de " cons" à diriger. Elle repensait à toutes les bêtises qu'elle et son père passaient leur temps à corriger: témoins, mauvaises livraisons, problèmes d'argent... A croire que certains membres bossaient pour les autres dingues de sang purs, et la police moldue. Elle souriait. C'était une idiote: si c'était le cas elle serait déjà morte. Alaska ne se voilait pas la face. Si un jour elle se retrouvait en Commission de Sécurité, elle n'espérait pas en sortir vivante. Elle espérait juste emporter ses secrets dans sa tombe.

 - J't'avais jamais vu dans l'coin, et t'as un sacré accent. Tu viens d'où ?  
 

Elle ne lui demandait pas de lui raconter sa vie. C'était uniquement de l'intérêt poli, pour continuer la discussion. Parler pour parler, pour se dire au moins une fois dans la semaine qu'elle avait rencontré quelqu'un avec qui elle avait pu parler d'autres choses que d'armes, de motos, de musique, ou d'alcool.
Elle n'essaya même pas de deviner, comme elle l'avait fait pour son métier. Au fond, l'information ne l'intéressait pas le moins du monde. Les relations humaines, c'était toujours compliqué. Il fallait parler, s'intéresser sans être trop curieux, laisser quelques silences, et faire une petite blague guindée de temps en temps. Alaska n'aimait pas ça. Elle se disait qu'elle aurait mieux fait de se taire que de demander quelque chose dont elle se fichait royalement. Mais ce n'était pas sa faute ! C'était ce client qui avait commencé à poser des questions ! De toute façon, il avait déjà pas mal bu, il n'allait pas lui en vouloir de poser des questions sans intérêt.
Alaska regardait le bar, depuis son tabouret. Même si c'était un travail ingrat, mal payé, voire limite dangereux, elle était bien ici. Elle était là depuis son enfance, on voyait quelques vieux dessins sur le mur derrière elle, et pour rien au monde elle n'aurait voulu grandir ailleurs. Bon, ce n'était pas un endroit très correct, très sécurisé, très calme ou rassurant. Elle avait vu tout un tas de types louches, de marchandises louches, et depuis qu'elle avait l'âge de parler on lui avait inculqué la notion de secret et d'honneur. Bien loin des jeux de poupées habituels.
Elle reporta sont attention sur l'inconnu. Avait-il parlé alors qu'elle n'écoutait pas ? Elle espérait que non, parce que lui montrer autant d'irrespect était tout sauf sympathique.
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Mer 31 Déc - 0:11

Pourquoi tu fais ça grand ? Pourquoi tu restes là, le cul posé sur une chaise ? Le monde est entre tes mains, lève toi, rase ce bar minable, et avance vers ton destin. De ta baguette, tu feras plier le monde, les lois de la magie seront tes instruments. Lève toi une fois encore, affronte ces sauvages, montre ce que tu as dans le ventre. Demain, tu accompliras un miracle divin, demain, tu détruis les bases de la magie, demain, tu deviens immortel. Quitte cet endroit, et marche, loin, tu as une promesse, tiens là, comme toutes celles que tu as tenu avant.
Il serait si simple de céder, de sombrer, de prendre le pouvoir, si simple … si facile …
Mais tu l'as jamais fait, jamais. La facilité, elle était naturelle chez toi, tu n'en avais pas besoin. À Beauxbâtons, tu es devenu un mythe, le plus grand élève que l'école ait jamais connue. Le champion de duel de l'école, celui qui a vaincu la championne de l'école pour le tournois des trois sorciers. Ton nom aurait du sortir de cette coupe, si tu n'avais pas été aussi chauvin, tu aurais été là bas, tu aurais participé. D'un coup de baguette, tu aurais vaincu le dragon. Avec astuce, tu aurais gelé les strangulots du lac noir. Par ta puissance, tu aurais vaincu celui qui avait vaincu Voldemort, écrasé le champion de Durmstrang. Cette gloire, ça aurait du être la tienne.
Mais tu as craché dessus, tu es resté dans l'ombre, tu avais choisi de te complaire dans ton orgueil, de dire non à tout ça. Et pour quoi au final … on t'a abandonné.
Parti, ils t'ont tous tourné le dos, et pourquoi ça à ton avis ? La jalousie du pouvoir, de la compétence, ce que jamais il n'aurait pu posséder, toi tu l'avais et ça les rendait malade. Alors t'as pris ton mal en patience, tu as douillé, plus que t'aurais du. Tu as intégré la police magique, un travail de merde, disons le. Tu as affiné tes techniques, tu as progressé par toi même, et après quoi ? Tu as commencé de te poser, tu as grimpé les échelons … et puis tu as tout perdu.
Ta vie, aussi intéressante soit elle, n'est qu'une réussite entrecoupée d'échecs. Reconnais le, tu les as tous perdu, ils t'ont lâché ou sont morts. Qui était là quand tu en avais besoin ? Ils t'ont pris Emily, Eris va bientôt partir … Fleur est partie, ils ont eu Jacky, Matthews vole de ses propres ailes, plus personne n'est là pour toi. Et ceux qui te disent qu'ils seront là, que peuvent ils ? Roxane, Amy, Ashley, Lyse, Eileen, tous des sorciers incapables de résoudre ce que tu ne peux pas faire. Il n'y en a qu'un pour le faire, un seul être. Tu vas le voir demain, il sera là, il payera sa dette. Tu en es si sûr qu'il a la réponse ? Et s'il ne l'a pas ? Qu'est ce que tu vas faire ? Retourner ici, t'asseoir, taper la discute avec cette … moldue … et te finir ? Regarde toi, est ce là le digne héritier des De SaintClair ? Est ce là le directeur des mystères ? Est ce là l'avenir de la politique et de la sorcellerie ? Lève toi, et déverse ta haine sur ce monde, laisse la puissance jaillir à nouveau …

Non.

Les mains posées sur son verre, il écoutait la serveuse. Il sentait sa magie le parcourir, il la sentait venir, pulser sur l'extrémité de ses doigts qui faisaient tourner le verre de façon presque nerveuse. Oh il n'allait pas se réchauffer le morito, ça ne risquait pas. Il le savait, il ne fallait qu'un instant d'inattention pour que le verre se gèle entièrement, mais pas ici, pas maintenant. Tryan savait que la puissance se devait d'être contrôlée, elle était corruptrice si elle n'était pas utilisée avec sagesse, c'était tout bonnement le plus bel exemple de drogue dure. Le pouvoir, quand on y touche, on ne décroche plus. Il en faut plus, plus, encore et encore, on ne peut s'arrêter d'en vouloir, d'en prendre, d'en voler, on ne devient plus soi même. Et un jour, les choses que l'on possède finissent par nous posséder. À force de contempler l'abysse, l'abysse te contemple.
Alors oui, il pouvait tous les tuer ici. Il n'aurait qu'à lever les yeux, arrêter de faire tourner ce verre, un regard long et silencieux vers cette serveuse, un mouvement brusque pour se lever, la main glissant à la ceinture pour tirer une aubépine funeste. D'une pensée, d'une seule, en entamant le ballet mortuaire de cette ode au pouvoir, un demi tour exécuté avant que l'éclair de givre bleu ne sorte d'une arme semblable au bâton de la faucheuse, un sort, un seul qui se logerait dans le mur entre ses deux soiffards. Illuminée, la glace prendrait une forme floue, impossible d'y distinguer quelque chose, lui y verrait son aimée, l'attendant dans la mort, venue en valkyrie pour absoudre les péchés des êtres d'un dieu ignorant. Le givre glisserait à la vitesse de l'éclair, il recouvrirait les murs, puis les tables, en une fraction de seconde, il aurait piégé ces alcooliques dans une prison aussi belle que sinistre. La serveuse réagirait, mais trop tard, le crépuscule glacial se serait logé dans sa poitrine, un épieu de givre comme crève-cœur, un regard à ce pic de glace, un regard à son maître. L'ange de la mort, aussi splendide qu'un levé de soleil, laissant briller un lac gelé, la beauté de ce blanc immaculé, si pur et pourtant si froid. Elle sentirait le froid s'infuser en elle, comme une drogue, comme si la glace parcourait son sang chaud qui coulerait de la plaie. Elle voudrait parler mais ne pourrait pas, elle voudrait vivre, mais là, elle ne verrait qu'un repos mortuaire. Ses jambes lâcheraient alors que le sol accueillerait son corps si frêle de jeune femme effarouchée. Elle se sentirait bien ensuite, elle aurait envie de dormir, et la geôle glaciaire scellerait en ce lieu le sépulcre de sa minable existence. Il regarderait son œuvre se faire, il regarderait sa belle, une nouvelle fois, splendide même dans la mort, la candeur même, elle les prendrait tous comme ils ont osé la prendre … la mort ne te fait elle pas peur ?

- C'que c'est d'bosser pour les autres, ou de diriger des cons ? Les deux sont durs, mais surtout l'dernier !  

Il releva les yeux de son verre pour les loger dans ceux de la serveuse. Elle riait.
L'instant d'après ses mains arrêtèrent de faire tourner le verre. Immobile, il la regardait, une tension s'installait, légère, fine, froide …

« Ahah, les deux alors !»

Il ria à son tour, une sourire en coin sur son visage.
Déjà elle lui tournait le dos, faisant son job ingrat avec une dignité et une intégrité à en faire pâlir le plus sympathique des politiciens véreux. Elle ne rechignait pas à la tâche, quelle bonne larbin elle devait faire. Ah ça, il fallait trouver à quoi elle marchait et après, c'était un jeu d'enfant. Les sangs-mêlés devraient être aussi serviles qu'elle, cette brave fille n'avait pas la moindre idée de sa valeur, ça non, un modèle, un exemple. Voilà ce qu'il ferait une fois à la tête de la politique, il leur présenterait un exemple, le parfait modèle préformaté que la société chérissait, ils enlaceraient tous la cause qui voulait être leur éternelle servitude.

- J't'avais jamais vu dans l'coin, et t'as un sacré accent. Tu viens d'où ?  

Tryan haussa les sourcils, surpris par l'aplomb et la question qui, bien que légitime, témoignait d'une paire de balls humiliant un trépied italien en rut fier de son double décimètre.
Encore une fois, le français ne quitta pas son légendaire sarcasme, arme fidèle même dans le breuvage et la beuverie.

« Un français te dirait d'Allemagne … et un allemand te dirait de France.»

Petite boutade de la vieille Europe continentale qui lui manquait tant.

« Mais c'est un accent français qui te fait grimacer à chaque fois que j'assassine sauvagement ta langue.»

Encore une fois, un peu d'humour n'était pas de trop. Se retournant dans le bar et voyant les deux poivrots endormis, sans s'offusquer pour autant, il se retourna à nouveau vers le comptoir, ne lui rendant pas la pareille.

« J'pense que c'est pas la peine que j'te d'mande hein.»

Elle était d'ici, de ce trou à rat, élevée parmi les loups, elle survivait dans la meute, probablement seule femelle du clan à ne pas avoir été muselée. Vole petit papillon, vole, jusqu'à ce qu'on t'arrache les ailes.
Vidant la fin de son verre d'une traite, il ajouta avec son habituelle nonchalance, revenue au galop en piétinant toute la bienséance qu'il avait pu témoigner plus tôt.

« Mais tu t'en fous bien mhm … »

Soupir.

« De toute façon, t'as du en voir des poivrots défiler ici ...»

Nouveau sarcasme.

« Peut être pas des aussi riches et salvateurs, mais t'as du en voir, ouaip ...»

Oh oui, elle avait du en voir des trucs dégrisant, et elle n'avait probablement pas fini. Étrangement, il commençait à nouveau faire grand soif ...
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MessageSujet: Re: Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska] Ven 2 Jan - 23:08

« Un français te dirait d'Allemagne … et un allemand te dirait de France.»

Alaska avait toujours été très attentive en cours, même en Géographie en primaire. Elle n'avait pas de problème pour placer l'un ou l'autre des pays, ni pour cerner leur opposition à travers les différentes guerres mondiales. Pourtant, tout cela lui paraissait bien lointain et bien exotique. Elle n'avait jamais mis les pieds en dehors du Royaume-Uni.
A l'école, les seules langues qu'elle avait apprises étaient l'Anglais et le Gaélique, et si elle maniait la première parfaitement et au quotidien, la seconde était réservée à des cas plus rares. Seulement les vieux parlaient véritablement la langue, et à part quand on voulait ne pas se faire comprendre ou énerver un touriste, ce n'était pas très courant. Dommage, Alaska aimait beaucoup. Mais elle avait surtout un bien faible niveau.

« Mais c'est un accent français qui te fait grimacer à chaque fois que j'assassine sauvagement ta langue.»


" Assassiner sauvagement" n'était vraiment pas le terme qu'Alaska aurait naturellement utilisé. Elle aurait plutôt dit que ça le faisait vraiment passer pour un touriste, et que dans des coins aussi paumés c'était pas toujours bon signe. Ensuite, elle aurait sans doute ajouté qu'elle trouvait l'accent français très sexy, bien que dans la bouche d'un mec qui avait autant bu c'était largement moins visible. Et parfois quelque peu dur à comprendre. Enfin, ça apportait au moins une petite touche d'exotisme et d'élégance dans ce bar pourri. Un Français était là. D'ailleurs, celui qui dans l'imaginaire d'Alaska - ouais elle avait une bonne imagination- était censé représenter toute la classe liée à ce pays, s'était retourné un moment pour fixer les deux alcooliques qui dormaient. Il ne semblait pas vraiment dérangé, mais il n'avait pas non plus le même regard qu'Alaska. Elle les voyait sans les voir, comme s'ils faisaient parti du décor. Elle avait une très grande considération pour le genre humain en général, et était généralement plutôt attentive à son environnement. Mais eux... Elle avait l'impression qu'ils n'avaient jamais changé de siège depuis sa naissance.
Et elle avait 32ans, quand même...

« J'pense que c'est pas la peine que j'te d'mande hein.»


Il ne voulait pas lui demander ? Tant pis pour lui. Mais bon, puisqu'elle avait déjà annoncé qu'elle avait toute sa famille dans le coin, il était plutôt évident qu'elle venait d'ici. Ce genre de trous perdus n'attiraient pas les gens, encore moins ceux qui auraient pu émigrer pour trouver une meilleure vie.

« Mais tu t'en fous bien mhm … »

C'était donc ça, l'image qu'elle renvoyait ? L'image de quelqu'un qui se fout qu'on lui parle, qui se fout des autres ? Cette remarque aurait pu vraiment blesser Alaska, qui avait cherché à être sympathique avec son client. Pourtant ça ne fit que lui rappeler la triste vérité. Elle était en train de bosser, et devant elle il y avait un homme qui avait bu et qui continuerait de boire. Il était certainement venu ici pour ça, en se disant que dans un rade aussi pourri on le laisserait tranquille. Il avait raison. Après tout, le client était roi, et s'il voulait qu'on le laisse tranquille, on le laisserait tranquille. Elle était tout de même un peu déçue, elle avait trouvé ça divertissant. Ça lui avait fait oublier un peu qu'elle n'était pas censée travailler ce soir, et qu'elle aurait pu aller bien s'amuser ailleurs.

« De toute façon, t'as du en voir des poivrots défiler ici ...»


L'explication était là. Elle était censée en avoir rien à faire de lui, parce qu'elle en avait vu d'autres. Alaska était tout sauf convaincue: personne ne lui avait jamais laissé un tel pourboire, et personne ne lui avait jamais sauvé le minois comme ça.

« Peut être pas des aussi riches et salvateurs, mais t'as du en voir, ouaip ...»


Bon, il se rapprochait de la vérité... Mais elle ne pouvait décemment pas être d'accord avec quelqu'un qui osait dire qu'elle se moquait bien de tout ça.

 - Si j'm'en foutais, j'serais assez grande pour t'le dire moi même.  


Il avait fini son verre. Et alors Alaska fit ce qu'elle faisait le mieux après le meurtre et le trafic: elle attrapa un verre à bière, le rempli et le posa devant l'inconnu. Elle aurait bien pu lui dire que c'était un cadeau de la maison, mais avec ce qu'il avait payé, la notion de cadeau s'effaçait: c'était elle qui lui était redevable, elle devrait rembourser sa dette avant de pouvoir prétendre lui faire un cadeau.

 - J'ai pas fait option psychologie d'comptoir, mais j'ai l'impression qu't'as pas trop aimé l'dernier verre.  

Alaska n'était pas spécialement une bonne serveuse, et ce n'était pas du tout sa vocation première. Elle savait néanmoins observer les gens avec qui elle parlait, et si jamais son client était vraiment venu boire pour boire, il ne rechignerait pas. Si jamais il n'en voulait pas, elle la boirait, sa bière. Pas de gâchis.
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Tu me fais supporter la vie en m'habituant à la mort [Ska]

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