POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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De Glasgow à l'Inconnu. ~VS Hermione Granger~

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MessageSujet: De Glasgow à l'Inconnu. ~VS Hermione Granger~ Mar 9 Déc - 17:54

L'humidité, la pluie, le vent et le froid se succédaient à Glasgow, quand ils n'étaient pas tous présents à la fois. Luna s'acclimatait mal à l'Ecosse mais comme d'habitude elle montrait bonne figure. Elle sortait juste un peu moins du quartier général et c'était tout... Même si l'art de la métamorphose lui manquait. Quand elle sortait en ville, la blonde était toujours affublée de sorte qu'elle soit méconnaissable et ce sans utiliser la moindre once de magie. La science moldue était bien trop simple pour être détectée par les magiciens et aujourd'hui les humains étaient bien trop méprisés pour qu leurs us et coutumes inspirent les magiciens. C'est ainsi que la jeune femme regardait d'un air rêveur et envieux ses monts de caisses en bois contenant des flots de robes, de perruques, de fausses moustaches ou de vestons. Luna possédait un sac, un tout petit sac à main capable de contenir toutes ses malles... Un sac à la Mary Poppins qui n'était pas commun mais qui lui avait été offert par son père dès son entrée à Poudlard. Sa mère l'avait beaucoup utilisé en son temps, elle espérait avoir à son tour des filles pour pouvoir léguer cette pratique coquetterie... Bien qu'en fait n'importe quel sorcier doué de sa baguette soit capable de faire un sort d'extension sur n'importe quel sac.

Aujourd'hui, Luna avait allumé un feu dans le salon du quartier général des "hors la loi", elle n'aimait guère ce nom, prétextant que les lois actuelles n'en étaient pas: elles n'étaient que des coussins aveuglants destinés à étouffer le Monde Magique. Assise en tailleur devant les flammes, elle ne bougeait pas et fixait le spectacle de danse incandescent. Plus le temps passait et moins l'espoir animait son esprit. Le mal ressemblait fort à l'âtre de la cheminée: il brûlait et anéantissait tout sur son passage, laissant derrière lui des cendres sombres prêtes à se renflammer à tout moment. Un jour, elle serait elle aussi carbonisée, elle le savait et le seul but de sa vie se résumait à reculer le plus possible sa propre mort.


-Avis !

Des gazouillis se firent entendre et du bout de la baguette de Luna quelques oiseaux s'élevèrent. La blonde se mit à rire aux éclats et ferma les yeux quelques instants. Elle écoutait leur chant rassurant et se remémora ses meilleurs moments à Poudlard... Et son pudding... Du pudding... Elle donnerait beaucoup pour pouvoir en manger à nouveau mais les temps ne leur permettaient qu'une nourriture plus que basique. Elle pourrait mourir le lendemain même pourtant, si jusque là on lui permettait d'en manger sans modération. A force, elle ne savait plus quel goût ça pouvait avoir... Même en se concentrant au maximum.

Les quatre oiseaux sortis de la baguette de Luna étaient colorés, de forme inhabituelle et quelque peu chancelants. Tous avaient une tare: une aile raidie ou un bec tordu mais elle les trouvait tous plus adorables les uns que les autres. Bientôt, elle entendit du bruit dans les couloirs, il était temps de revenir à la réalité et de mettre un terme à son sort éphémère.

La blonde rabaissa sa baguette, les volatiles partirent en fumée dans les flammes de l'âtre. Le bruit du couloir ne tarda pas à gagner le salon lui-même et sans se retourner Luna salua:


-Bonjour, Hermione.

Sa voix douce et rêveuse s'était élevée dans les airs et soudain, c'était comme si les quatre oiseaux n'avaient jamais quitté le monde réel... Alors qu'ils se trouvaient forcément dans un milieu plus hospitalier.

-Je crois que de nouveau le soleil ne se lèvera pas aujourd'hui. Je perçois au loin des nuages plus sombres que d'habitude, j'espère qu'ils sont porteurs de pluie et non de malheurs.

Les mangemorts avaient cette fâcheuse habitude de créer des tempêtes noires à leur arrivée, certes cela faisait son effet mais Luna trouvait que ça manquait de discrétion et d'originalité: au début on était impressionné, effrayé puis avec l'habitude on haussait les épaules en murmurant "tiens, encore ?!" et on se préparait au combat... Ou à la fuite.

La blonde se tourna pour faire face à Hermione. Toutes deux se connaissaient depuis fort longtemps, depuis Poudlard d'ailleurs. C'était Hermione qui avait présenté Luna à Ron et Harry, la nommant Loufoca... Mais la blonde ne lui en avait jamais tenu rigueur. Les surnoms et les blagues de mauvais goût qu'elle avait pu subir ne l'avaient jamais touché, car ce n'étaient pas ses camarades les fautifs, ça avait toujours été les nazgols. D'ailleurs, si les mangemorts étaient si méchants, c'était parce-que des joncheruines leur avait embrouillé le cerveau, Voldemort devait en élever des tas dans un sous sol et voilà pourquoi il avait de nouveaux adeptes chaque jour... Non, non cher lecteur, ne vous moquez pas... Cette théorie est aussi plausible que d'autres, non ?


-Allons prendre le petit déjeuner, j'attendais justement que quelqu'un arrive, je n'aime pas manger seule.

Luna se releva du sol et s'avança vers son amie, car malgré leurs différences et leurs visions différentes du monde la blonde considérait Hermione comme l'une de ses amies les plus chères.
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MessageSujet: Re: De Glasgow à l'Inconnu. ~VS Hermione Granger~ Mer 17 Déc - 22:42

"Les amis sont les anges qui nous soulèvent quand nos ailes n'arrivent plus à se rappeler comment voler." - Anonyme

Spoiler:
 

Après six années passées à Poudlard, la fraîcheur et l'air vivifiant de l'Ecosse - comparables aux températures régnant aux sommets des hauts plateaux de la Cordillère des Andes - ne me semblaient pas si gênant que cela ; surtout en comparaison avec la température qui subsistait dans les cachots à l'approche de l'hiver. Ce qui était étrange c'était de réaliser que notre ancienne école et Pré-au-lard ne se trouvaient pas très loin ; à un jet de pierre pour un sorcier capable de transplaner d'un point à un autre en une fraction de seconde.

Là, dans cet hôpital délabré et dans ce bureau qui ne m'appartenait pas, j'occupais la majeure partie de mon temps à travailler et à méditer. D'ordinaire, je sortais peu du quartier-général Chilien et plus du tout depuis notre arrivée à Glasgow. Je réfléchissais. Non pas à ma vie intime qui ressemblait de plus en plus au désert de l'Attacama, mais davantage à cette Justice équitable, plus "humaniste" et au service de tous que j'étais censée mettre en place au sein de cette République et à l'orientation que risquait de prendre cette guerre.

Cependant, le rôle de la Justice n'était pas d'être gentil, mais à concevoir des règles de vie en société et à sanctionner ceux qui les enfreignaient. Elle n'était pas l'instrument d'une politique d'hégémonie idéologique, mais un moyen de défendre des valeurs sociales, d'assurer la sécurité de tous et d'aider à la réhabilitation des détenus ; chose que l'on ne voyait pas sur le territoire de l'Intendance puisque les détenus étaient soit réduits en esclavage, tués ou offerts à la vindicte publique dans les arènes de Londres.

Le pouvoir Judiciaire était censé être indépendant...

J'étais plutôt satisfaite du fonctionnement de mon Ministère et du Tribunal de la République. Jusqu'à présent, je n'avais eu à traiter que des affaires mineures de droit civil qui ne prêtaient pas à conséquence sur le plan des condamnations. Cela me fit malgré tout penser que je ne m'étais pas encore penchée sur les conditions de détention que je voulais meilleures que celles qui régnaient à Azkaban. Par ailleurs, j'étais le genre de Ministre à être opposée à la création d'une prison qui échapperait au droit international, comme celle de Guantanamo Bay.

La manière dont nous traitons les plus faibles et ceux qui ne peuvent se défendre en dit long sur les valeurs et les progrès moraux d'une société...

Ce jour-là, Monsieur et Madame Weasley avaient voulu me faire une surprise : Arthur avait réalisé un marteau de Justice - à moitié par la magie et l'autre à la manière moldue - sur lequel il avait gravé des motifs de vigne et des symboles de Justice accompagnés de citations qui reflétaient ma personnalité : "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités", "L'équité vient du coeur ; la Justice de la raison", "Rendre la Justice n'est pas aussi aisé que la lecture d'un code de lois". C'était un magnifique objet ouvragé. Or, je venais d'accomplir mon devoir de juge suprême au Tribunal, lorsque les parents de Ronald m'offrirent ce cadeau inattendu. Arthur ajouta qu'il avait conçu cet artefact dans un morceau de vieux chêne Anglais, qu'il me permettrait de rendre mes actes officiels, sans jamais oublier ma lourde responsabilité vis-à-vis de la société. Evidemment, ce cadeau fut un tel choc pour moi qu'en dépit de ma capacité d'occlumens, mes pupilles s'étaient mises à briller et mes joues à rosir très légèrement ; preuve qu'il me fallait encore pratiquer mes exercices afin de parfaire mon contrôle.

- Je... Je ne peux pas accepter...

Le marteau de Justice n'existait pas au Royaume-Uni et cela me mettait plutôt dans une situation inconfortable. Pour moi, ce cadeau revêtait une valeur si importante que je me voyais mal le refuser, même si cela me mettait mal à l'aise. Qu'aurait pensé Harry, Ginny, Ron, Minerva ou Luna en me voyant en tenue de juge, avec ce marteau, rendre une Justice vis-à-vis de laquelle tant de gens avaient du mal à croire ? Que penserait-on d'une née-moldue dans une telle position alors qu'elle-même se fichait pas mal des origines des autres ? Il y avait quelques années, cette question ne se serait pas posée.

- Nous croyons en toi, ma chérie... ,fit Molly en enlaçant son mari, avec un large sourire.

Non, c'était impossible. J'avais du mal à le croire. Je n'avais que vingt sept ans. Être bombardée Ministre ne m'avait pas fait oubliée l'importance de la mission confiée à la résistance ni ce qui pourrait venir y mettre un terme. Je me fichais pas mal de choquer les gens, lorsque j'estimais que cela allait dans le sens d'un progrès d'ordre général ou si cela devait le prémunir d'un danger encore plus grand. Je me fichais pas mal de l'argent et des viles promesses, en sachant qu'il m'importait davantage de gagner la guerre, de limiter la casse, plutôt que de commettre l'erreur consistant à me laisser séduire par un Pouvoir illusoire. Bien-sûr, ces paroles prononcées par les parents de Ron s'étaient répercutées en moi. Elles m'avait fait à la fois très plaisir et beaucoup de mal. Je n'étais pas certaine d'y croire et pourtant dans la position où je me trouvais, je ne pouvais plus le montrer. Enfoui très profondement derrière ma barrière mentale, mes émotions et mes souvenirs ne pouvaient plus remonter à la surface. Soupirant un grand coup, je n'affichais plus que cet air grave, en apparence très calme, qui me caractérisait depuis quelques mois.

- Faire renaître un semblant de Justice dans ce pays, y compris pour les créatures magiques, ne sera pas facile. L'hypocrisie qui régnait jusqu'ici au sein des gouvernements successifs doit cesser... Pardon si je vous choque...

J'avais ce souvenir à propos de la fontaine de la soit disant fraternité, alors que cette sculpture n'était rien de plus qu'un hommage hypocrite qui existait entre les différentes communautés du monde magique. Il suffisait de voir à quoi ressemblait ce monument autrefois et à l'heure actuelle pour saisir d'un seul trait la volonté affichée par le Ministère puis par l'Intendance. Voilà une des raisons qui me poussaient à mettre la pression sur le Ministre des Êtres et créatures magiques, pour qu'il comprenne et fasse le nécessaire pour que les erreurs commises par le passé soient rectifiées, car il s'agissait selon moi d'un impératif catégorique.

Je n'oubliais pas non plus mes leçons d'Histoire de la magie, les révoltes gobelines, les corpuscules terroristes qui tentaient de saper l'autorité des sorciers ou les revendications sociales des autres . J'avais été confronté au racisme apparent des Centaures et des Êtres de l'eau, qui n'avait que peu de choses à voir avec une attitude arriérée de bêtes sauvages incapables de raisonner comme nous le ferions vous et moi. Cette méfiance qui se transformait parfois en haine était liée aux lois discriminatoires et aux restrictions de territoire imposées régulièrement au fil de l'Histoire par le Ministère et qui étaient réapparues avec Ombrage. Comment ne pas comprendre leur volonté de défendre leur culture et leur droit à l'existence ? Pourtant, Dumbledore avait réussi à gagner leur respect et leur amitié, ce qui me donner l'espoir qu'une vie en harmonie, sur un plan d'égalité était possible, même si cela devrait prendre plusieurs générations.

Merci beaucoup, c'est vraiment un cadeau magnifique... , fis-je aux parents de Ron, en venant les enlacer afin de les embrasser, avec le sourire. J'essayerai de m'en montrer digne... , concluais-je en les serrant plus fort contre moi.

Mes amis, la famille... Tous membres de l'Ordre. Ron, Ginny, Neville, Luna, Hagrid, Kingsley, Arthur et Molly et tant d'autres, figuraient parmi les plus fidèles. En tant qu'Indésirable numéro 2, je ne pouvais me reposer que sur eux, pour agir auprès de  moi, me soutenir et me réconforter dans les instants de doute ou de détresse. Seulement, j'affichais cette attitude de moins en moins. Je me repliais derrière un silence pesant et un bouquin comme d'habitude, parce qu'en dehors de Ginny et de Harry, je n'avais jamais eu l'occasion (ou l'envie) de me confier à quelqu'un, en sachant que ce genre d'information serait tout aussi dangereux pour eux que pour moi. Parler n'était pas facile, car je n'aimais pas me plaindre.

L'initiative d'Arthur et de Molly était un pur élan de compassion et d'Amour, parce qu'ils m'aimaient, parce que nous avions traversé tellement de choses ensemble, parce qu'ils n'ignoraient pas que je n'avais plus mes parents depuis mes dix sept ans. Je n'aurai échangée cet instant pour rien au monde, car je les aimais comme des parents adoptifs, des gens généreux, loyaux, où l'Amour et la tolérance étaient des valeurs familiales. D'ores et déjà, je songeais à ajouter à ce marteau quelques runes spéciales et d'autres traduisant certaines notions importantes pour quelqu'un dans ma position.

Luna Lovegood était une personnalité à la fois étrange et unique dans ma vie. Elle n'avait pas hésité à soutenir Harry dès le début, à me considérer moi et Ron comme ses amis, jusqu'à placer des portraits géants de nous dans sa chambre à Loutry-st-Chapousle, ce qui me donna matière à réfléchir. Elle était l'une des rares de l'Armée de Dumbledore à s'être battu lors de la bataille de la tour d'Astronomie et lors de la bataille de Poudlard, à avoir connu la détention et les mauvais traitements. Et ce fut pour ces raisons, à défaut de la comprendre totalement, que Luna était devenue l'une de mes amies les plus proches.

Le souvenir de son père revenait en ma mémoire, lorsqu'il nous expliqua ce qu'était la légende des reliques de la mort, mais aussi lorsqu'il complota pour nous trahir afin de sauver sa fille unique. Je n'avais pas oublié nos retrouvailles au manoir Malefoy, l'attitude de Luna et celle de Monsieur Dobby vis-à-vis de qui nous devions la vie. Evidemment, je regrettais la disparition de Xenophilus et de son journal - que je considérais jusqu'alors comme une poubelle, avant qu'elle ne me serve à rectifier la vérité par rapport à Harry - y compris celle de cet elfe courageux et altruiste. La guerre transformait les gens et c'était pour cette raison que je ne pouvais me laisser séduire par d'autres hommes, en me laissant aller à des confidences, y compris sur l'oreiller, car le faire signifierait mon arrêt de mort.

En dix ans, je n'avais pas le souvenir de n'avoir jamais parler à mon amie de son père. A défaut de tolérer sa trahison, je la comprenais. C'était ce que j'avais fait remarquer à Harry et Ron après notre fuite désespérée, grâce à mon portoloin. Je n'y connaissais pas grand chose dans l'art du déguisement, puisque j'utilisais le plus souvent du polynectar, alors que Luna, elle, disposait de cette étonnante capacité à se fondre dans le décor, en utilisant des vêtements, des perruques et du maquillage, jusqu'à faire preuve d'un goût douteux - disons excentrique - en matière de mode féminine. Moi, on ne pouvait me reprocher qu'un manque cruel d'intérêt pour la mode et les cosmétiques, même si comme presque toutes les femmes, je ne pouvais m'empêcher d'avoir mes petites coquetteries.

Je n'avais utilisé le diminutif de "loufoca" qu'une fois, lors de notre première rencontre, avant de réaliser que ce n'était pas une bonne chose. Nos opinions étaient, certes, globalement différentes, cela ne voulait pas dire que je me comportais comme les autres adolescentes et les adultes ou que je pensais la même chose que les autres. Luna était pour moi très différente, au bord de l'affabulation parfois, mais de là à la considérer comme une cinglée, alors que c'était justement ce que l'on pensait de moi, ça jamais. En fait, j'appréciais son respect pour la vie, sa manière de se sentir proche de la Nature.

J'avais fini par voir en elle de l'intelligence, de la loyauté, du courage, de l'intégrité, une certaine sagesse (si on voulait) et une propension à vouloir se battre jusqu'au sacrifice ultime. Toucher à un cheveu de celle qui était considérée comme l'Indésirable numéro 5 était comme toucher à un membre de ma propre famille et vous saviez à quel point je détestais cela. J'ignorais si elle en avait conscience, mais je n'avais pas oublié son amitié, y compris avec Harry, ni les risques que nous avions pris ensemble au fil des années.

Justement, j'étais censée rejoindre le mess afin d'y prendre mon déjeuner. Armé de mon marteau de Justice que l'on venait de m'offrir je me mis en route vers l'actuel salon du quartier général de la République, où un feu brûlait dans l'âtre comme une source de chaleur rassurante. Elle me faisait penser au phénix renaissant de ses cendres et au symbole de vie que les anciens lui attribuait. Je n'eus pas le temps d'apercevoir les oiseaux virevoltant finir leur course dans les flammes incandescentes que la voix douce et rêveuse de Luna s'était élevée dans ma direction.

- Bonjour, Hermione.

Je m'étais arrêtée sur le pas de la porte, en silence, en resserrant mon marteau entre mes doigts fins et agiles. Avec mon air calme et posé, je lui répondis :

- Salut, Luna.

- Je crois que de nouveau le soleil ne se lèvera pas aujourd'hui. Je perçois au loin des nuages plus sombres que d'habitude, j'espère qu'ils sont porteurs de pluie et non de malheurs.

Baissant mon regard vers le sol avant de plonger mes yeux couleur noisette dans les siens, j'avais éprouvé l'envie de lui rappeler les combats qui duraient depuis des jours, faisant son lot de dégâts matériels et de victimes. Les nuages sombres n'étaient pas que le signe d'une dégradation des conditions climatiques, mais aussi la conséquence des incendies, des explosions, du carburant enflammé provoqués par les combats. Ma bouche s'entre ouvrit puis se referma aussitôt. Ma réponse n'avait aucune importance et n'aurait sans doute rien changée. Cela étant, elle n'avait pas tort.

- Allons prendre le petit déjeuner, j'attendais justement que quelqu'un arrive, je n'aime pas manger seule.

Lorsqu'elle se releva pour s'avancer vers moi, je fis disparaître mon marteau. Je ne voulais pas que l'on prenne ce cadeau comme l'expression d'un quelconque narcissisme. Et là était toute ma difficulté à l'heure actuelle : comment incarner cette "Dame Justice" dans le monde magique ou ce que fut autrefois la fonction de Lord Chancelier chez les moldus, si j'éprouvais des difficultés à incarner ce symbole de Justice auprès des autres ? Un manque de confiance en soi ? Un sentiment d'infériorité ? Je me disais que l'humilité était nécessaire, pour ne jamais oublier que l'arrogance manifestée par les autres était une mauvaise chose.

"Jerusalem" était issu d'un poème de William Blake et était devenu l'hymne officieux de l'Angleterre. J'en avais fait l'hymne du Ministère de la Justice, non pas pour cette raison, mais à cause du texte, de la comparaison que l'on pouvait faire avec la déesse de la Justice, avec ce parallélisme que l'on pouvait faire avec moi. J'espérais seulement voir les gens qui ressentaient une émotion positive, patriotique, être fiers de vivre au sein de cette République, en associant cela à notre situation actuelle. Il s'agissait de l'expression d'un idéal qui pouvait être malmené, je le savais, surtout si moi et mes successeurs nous ne nous montrions pas à la hauteur de l'immense tâche consistant à redonner confiance à tout un peuple.

- D'accord. , fis-je sans ajouter autre-chose.

Entamer la conversation avec Luna n'était pas toujours aisée, surtout pour moi. Je connaissais ses réticences à l'égard de l'alliance et de la République puisque je partageais d'une certaine manière les mêmes craintes qu'elle. J'avais envie de lui demander son avis sur tout un tas de sujets, notamment sur certaines créatures magiques. Je ne savais pas quel sujet aborder. J'avais pris la décision de la laisser décider par elle-même, même si cela devait impliquer de parler de sujets qui fâchent. Récemment, il y avait eu un vote. Ce qui s'était produit n'était pas le résultat de ma seule volonté, car je ne l'aurais pas voulu ainsi, mais si mon amie avait des critiques à formuler par rapport à mon travail où dans la manière dont j'agissais au sein de l'Ordre, libre à elle. Certains avaient fait bien pire.

Pour ma défense, j'avais agi en tenant compte de l'opinion de la majorité. Je n'avais rien imposé. Je n'avais pas forcé les gens à passer un serment inviolable, à faire usage du chantage pour les obliger à m'obéir. Je n'avais pas torturé ni couper des bras. J'avais eu le courage de contourner ces contraintes, de libérer l'Ordre du joug de mon "petit-ami", de rétablir ce qui prévalait à l'époque de Dumbledore. J'avais réorganisé notre mouvement, agi en faveur d'une alliance avec Kingsley. J'avais eu le courage de faire valoir ma propre opinion, de dénoncer les exactions de Ron sur la RITM, ce qu'aucun n'avait osé faire avant moi.

Je n'étais pas le leader de l'Ordre du Phénix (enfin presque), mais face à l'inaction de Ron, j'avais remis notre mouvement sur les rails, je l'avais intégré à cette alliance, en faisant en sorte qu'il soit considéré à sa juste valeur, avec une bonne représentation sur le plan ministériel. Cela nous permettait de rester dans le coup, d'avoir le droit à la parole au sein de la résistance et surtout de conserver l'espoir d'empêcher celle-ci de trop se radicaliser. Cependant, si Luna avait des choses à me transmettre ou envie de discuter, j'étais à son écoute.

En dehors des recettes Chiliennes et Péruviennes, le mess a au moins le mérite de ne pas oublier nos bonnes vieilles recettes Britanniques. Cela fait un bail que je n'ai pas mangé un bon roast beef avec des yorkshire pudding.

Au fil de nos pas, nous arrivâmes au mess. Après avoir "choisi un menu", nous nous dirigeâmes vers une table un peu à l'écart des autres.

Comment vas-tu en ce moment ? , lui demandais-je avec un réel intérêt.

N'hésites pas à parler en toute liberté. Si tu veux me démolir, moi et mes choix ou discuter de tout autre chose, libre à toi. Contrairement à Ron, je n'impose pas mon opinion et le respect sous peine de mort. Tu es mon amie. Y a t-il quelque-chose que je puisse faire pour toi ?

C'était là l'aveu d'un malaise de ma part. Je pensais que je me ferai démolir pour avoir fait mon possible afin que l'Ordre du Phénix puisse survivre malgré les erreurs de Ron. J'estimais qu'on me démolirait à la première occasion, dans mon rôle de Ministre de la Justice. Je ne savais pas quel sujet de conversation entamer avec Luna, hormis celui qui consistait à mettre en avant les critiques de mes éventuels détracteurs...

Spoiler:
 
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