POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione)

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Gordon Weiss


MessageSujet: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Sam 10 Jan - 1:27

Ce n'était pas dans son habitude que de creuser des tombes, à vrai dire, lorsqu'il perdait un patient, eh bien, il laissait tout bonnement le corps là, sur place, parce qu'il ne pouvait plus rien faire. Or, en ce jour glacial du mois de janvier, Gordon Weiss s’affairait à creuser un putain de trou. Il n'était pas n'importe où ce trou mais, sur les terres d'Aileas son amie, sur les terres de quelqu'un faisant partie du pouvoir en place et, le trou qu'il creusait, était probablement pour un résistant ou du moins, un hors la loi. Gordon ne voulait plus repenser à ses trois jours, ne voulait plus repenser à toute cette énergie qu'il avait perdu en voulant à tout prix garder son patient en vie. Malgré tous ses remèdes, malgré toutes ses connaissances en médecines, sortilèges et potions, herbes, incantations, il n'avait pas pu soulager les souffrances de son patient, pire encore, elles avaient semblé devenir plus douloureuses à chaque tentative de soins.

Au final, le petit homme c'était contenter au début de tenir la main de son patient, broyant la sienne au passage tant celui-ci serrait fort, tout en essayent d'ignorer les hurlements de douleur, d'horreurs causées par les hallucinations, l'odeur également, de putréfactions provenant de la gangrène vorace dévorant le corps du pauvre homme. Ce ne fut pas vraiment un homme en plus de ça mais, plutôt un gamin paumé venu à lui (ayant entendu des rumeurs à son sujet, Gordon, le guérisseur hors la loi, le type qui ne pose jamais de questions trop personnelles), un pauvre bougre ayant bu du poison. Cela avait été long, affreusement long ! A tel point que le petit homme avait fini par achever son patient, en lui ouvrant la gorge à l'aide de son couteau, n'ayant vu l’intérêt de le voir souffrir inutilement. Maintenant, tout ce que pouvait faire le guérisseur était d'offrir au mort une sépulture décente. Il avait enveloppé le corps dans un linge, puis, lorsque le trou fut enfin fini, il le déposa au fond pour ensuite le recouvrir lentement de terre. Ce fut une tâche longue, ardu mais, qui lui avait semblé nécessaire.

Désormais, le petit homme se sentait juste vidé. Oh certes, ce n'était pas la première ni la dernière fois qu'il perdait quelqu'un, en réalité, il ne savait expliquer pourquoi il se sentait aussi toucher. Il resta un moment là, assis près de la tombe désormais entièrement comblée de terre, les jambes croisées, le vent jouant dans ses longues mèches grisonnantes. Il s'alluma un joint rempli d'herbes opiacées, se laissa transporter par les effets de la drogue. Elles l’apaisèrent, lui donnèrent la sensation de flotter dans un cocon, c'était agréable, il aurait pu rester longtemps là, à planer tout en contemplant le paysage. Les moutons c'étaient habituer à sa présence, les loups aussi, il faisait désormais partie de leur petit monde, Gordon en était bêtement heureux. Or, la vie décida de se rappeler à lui, sous la forme d'un hibou atterrissant juste sur une de ses épaules, ululant avec joie d'avoir accompli son devoir. Le petit homme récupéra alors le message que l'animal transportait puis, fouillant dans les nombreuses poches de sa robe, en sortie le cadavre d'une souris qu'il donna au rapace, ravi de ce cadeau (et, Gordon seul savait pourquoi il se trimbalait avec des cadavres d'animaux dans sa cape).

Quoi qu'il en soit, il lut rapidement la missive, apparemment, on avait besoin de lui à Glasgow, à la place forte des résistants, quelqu'un était blessé. Gordon soupira, putain, pourquoi lui précisément ? Était-il le seul hors-la-loi guérisseur ? Ce n'était pas humainement possible, non, il ne pouvait pas soigner tout le monde, il n'était pas une sorte de Dieu guérisseur. Pourtant, comme animé d'une vie propre, ses jambes s'animèrent et, très vite, le sorcier se dirigea vers la bergerie qui était sa nouvelle maison depuis un moment déjà. Il avait besoin de tout son matériel, de ses fioles remplies de potions préparées par ses soins, de ses herbes, de ses livres (qu'il avait achetés dans une boutique spécialisée, il y avait de ça bien longtemps, lorsqu'il travaillait encore à Sainte Mangouste), mais, également de ses seringues, de son couteau, enfin de tout ce qui traversa son esprit. Une fois cela fait, toutes ses petites affaires réparties dans les poches de sa robe ainsi qu'à l'intérieur de son sac, Gordon, transplana tout simplement.

Oui, il détestait voyager de cette façon mais, c'était le moyen le plus rapide pour aller jusqu'à Glasgow, de plus, cela lui permit d'apparaître juste devant l’hôpital délabré. Le petit homme jeta un coup d’œil à la façade du bâtiment, au moins c'était un vrai hôpital dans lequel il allait soigner son nouveau patient et, non à l'arrache dans une bergerie. Sans plus de cérémonies, le guérisseur s'avança vers l'entrée, pour se trouver bloquer par les gardes. Ils demandèrent son identité, à cela il répondit honnêtement (à quoi cela aurait-il servi qu'il mente sur son nom?) on lui demanda ce qu'il foutait là, il répondit tout aussi franchement. Les gardes, un homme et une femme, ne semblèrent pas vouloir le croire, lui un guérisseur ? Il avait certes plus l'allure d'un vagabond que d'un guérisseur sérieux, avec ses pieds nus, ses vêtements en piteux état (et encore, il n'était pas revêtu de son ancienne robe verte, qui était encore plus ou moins entière, il ne savait par quel miracle), toutefois, ce n'était pas la première fois qu'on le prenait pour autre chose, ce ne serait pas la dernière.

Agacer, Gordon montra le lettre qu'il avait reçu à peine une heure plus tôt, finalement, on le laissa entrer, après tout, ce n'était pas comme s'il dégageait une attitude menaçante. Bien au contraire, en fait, le petit homme se rendit compte qu'il n'était pas tout à fait redescendu de son trip, peu importe, ce ne serait pas la première fois qu'il soignerait une personne dans un état second, en fait, c'était le contraire qui était plus rare (peut-être était ce pour cela qu'il perdait des patients, peut-être devait-il être ivre ou en train de planer pour mieux guérir, aller savoir). En tout cas, il était arrivé à destination, il se demanda qui avait bien pu envoyer ce hibou, tout naturellement, le sorcier fonça droit sur ce qui lui sembla être la réception, avisant le sorcier assis derière, Gordon demanda d'une voix rauque :

« Dite, on m'a envoyé un message comme quoi je devais soigner quelqu'un, maintenant j'aimerais bien savoir ou est cette personne, j'aimerais également bien savoir qui m'a envoyé ce putain de hibou, hum .»

Il retint le reste de sa phrase, ne voulant pas être complètement impoli, cela pouvait lui causer de sérieux ennuis et, il n'était pas ici pour se battre ...
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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Mar 20 Jan - 3:15

"Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants, mais l'indifférence des bons." - Martin Luther King

Spoiler:
 

Alors que je me trouvais dans cet hôpital délabré utilisé comme QG de la République, je venais de passer la dernière heure à méditer, à vider mon esprit de toute pensée parasite, de l'idée même de penser. Mon esprit était en Paix. Je fixais cette fenêtre qui m'offrait une vue sur certains quartiers de Glasgow d'où s'échappaient des bruits sourds, une fumée opaque et une odeur de chair cramée ou en décomposition. Cette guerre était menée par des fous - des deux côtés - et je me faisais parfois l'effet d'être la seule à avoir encore l'esprit critique et conscience des réalités, à propos de ces choses que l'on préférait dissimuler aux civils, mais qui constituait notre pain quotidien : cette horreur, cette barbarie, ce gachis incommensurable en vie et en équipements, ce déferlement de haine se mêlant à notre instinct de survie, cette volonté d'anéantir l'autre, cette tristesse et cette impression de combattre avec le poids du monde sur les épaules. Plus rien ne semblait avoir d'importance, hormis détruire son ennemi, exploiter ses failles, ses certitudes, ses bas-instincts, pour tuer, parfois sans discernement, sans la moindre compassion pour un ennemi implacable.

La guerre et la souffrance pouvaient vous rendre imperméable au quotidien. Elle n'était chez moi qu'une façade, parce que je restais avant tout un être humain sensible et compatissant à l'égard de la souffrance d'autrui, car je m'efforçais de défendre une conception du monde qui me semblait plus importante que mon existence. Notre unité nationale avait volé en éclat. Nos lois avaient été perverties et transformées en machine idéologique qui broyait les plus faibles, les contestataires, les intellectuels et qui exigeait des autres une loyauté payée au prix du sang, avec son lot de mensonges et de trahisons. L'ennemi n'était rien de plus qu'un ramassis de crétins sectaires, dont la plupart avaient déjà connu les geôles d'Azkaban, tandis que celui des moldus avait été noyauté. Ce pays qui était le nôtre avait sombré dans l'obscurité, l'anarchie et le crime organisé. Ces gens n'étaient que des pantins, des psychopathes plus ou moins narcissiques au service d'un seul être qui n'avait plus rien d'humain. Ils regroupaient des esclaves enchaînés, des êtres apeurés au sein d'une dictature, où le concept de civilisation et de Justice s'étaient évanouis. Tout était instrumentalisé, jusqu'à la résistance qui était dénigrée comme une menace majeure pour la sécurité du Royaume-Uni afin de légitimer toutes ces décisions allant à l'encontre de nos libertés.

Une minorité s'octroyait tous les droits et privilèges, même celui de jouer à Dieu. Ils asservissaient et anéantissaient des peuples entiers au nom d'une soit disant pureté qui n'était guère plus qu'une chimère, une illusion issus de cerveaux malades. Ils brisaient notre jeunesse pour en faire de parfaits soldats décérébrés, des enfants gâtés ou défavorisés et de potentiels psychopathes pour un certain nombre, aveuglés qu'ils étaient par certains promesses. Ils plaçaient à Poudlard des professeurs qui n'étaient que des criminels de droit commun, les médias étaient muselés, les partis politiques inexistants, la médecine commettait son lot de barbarie, l'esclavage, la torture et la peine de mort avaient été restaurées, certains emplois n'étaient plus offert sur la base des compétences, mais sur celles de nos origines et opinions politiques. On reprochait aux gens leurs différences, en écrasant tout esprit d'initiative, de libre entreprise, pour la remplacer par un régime ultra centralisé, martelant toujours le même discours intolérant et mensonger.

L'Intendance n'employait plus le terme de Justice puisque pour l'être elle aurait dû rester juste et impartiale, dans la mesure du possible, non devenir l'empire du Mal qui se permettait de s'en prendre en masse à des innocents. Elle aurait dû exister pour défendre les libertés individuelles et collectives, non pour les confisquer, pour sanctionner les mauvais comportements, non pour les récompenser, pour placer des gardes-fous afin de défendre certaines valeurs, non placer des fous aux postes clés pour attaquer une société sur des motifs raciaux et xénophobes. Nous connaissions tous leurs lois du sang, celle qui rétablissait la rétroactivité de la loi, celles qui semaient l'ambiguïté dans leur formulation afin de laisser à ces meurtiers la possibilité d'échapper aux mailles du filet, y compris ces décrets qui s'imiscaient dans nos vies privées, faisant de l'espace public une prison où nul ne pouvait s'échapper. J'avais noté leur radicalisation, leur manque de sagesse, leur intolérance, leur rudesse, son absence de pitié et de libertés. J'avais relevé leur propension à condamner sans procès juste et équitable, sans réelles preuves, à faire de cela un spectacle sans la moindre décence ni dignité. Ils n'étaient que des assassins.

Les moldus, nés-moldus et les cracmols n'étaient pas les seuls concernés par cette tentative d'épuration. Toutes les couches de la société étaient concernées, nos cultures aussi, y compris nos valeurs et la Paix à travers le monde. Ceux qui parlaient de "tolérance" sans l'appliquer, ceux qui parlaient de "l'égalité" comme d'un mythe, tout cela sonnait dans mes oreilles comme une insulte alors que ces notions revêtaient une dimension beaucoup plus vaste qu'ils ne semblaient le croire en regroupant à la fois le droit à la vie, de disposer de soi, d'être libre de penser, de s'exprimer, de croire, de critiquer, de se regrouper, de publier des articles, de créer un parti politique, de ne pas être inquiété pour ses opinions, de pouvoir se déplacer dans son pays avec l'assurance de disposer des mêmes droits que les autres, de ne pas être pourchassé en raison d'un quelconque prosélytisme, de ne pas être attaqué par des rafleurs ou des mercenaires sans foi ni loi, puisqu'ils seraient drapés sous la protection d'une loi qui garantirait qu'à chaque attentat contre nos valeurs, contre chacune des vies peuplant notre territoire, il y aurait la réponse ferme d'une nation civilisée.

Oui, je venais de mentionner quelques-uns de nos droits fondamentaux. Un pays qui se voulait tolérant n'envahirait pas ses voisins et ne préparerait aucun plan d'hégémonie ni même de génocide à l'échelle planétaire. Il ne prétendrait pas défendre la tolérance et l'égalité pour une poignée d'individus, au détriment de tous les autres, en prenant de fausses excuses et en rejetant la faute sur leurs victimes avec cynisme. Contrairement à ces menteurs et meurtriers, je ne me cachais pas derrière le politiquement correct, la propagande ou une terminologie, pour ne pas admettre que le modèle sorcier était archaïque et en régression, que celui des moldus était disparate en fonction du pays dans lequel vous viviez, que tout deux souffraient de graves disfonctionnements et d'une certaine hypocrisie, que l'indifférence et la haine pouvaient conduire des imbéciles à commettre les pires exactions, mais qu'il y avait aussi une leçon à tirer lorsque l'on créait sa propre misère, lorsqu'on laissait cette part d'ombre en nous et chez les autres grossir jusqu'à l'irréparable, lorsqu'on laissait un pour cent de la population mondiale détenir quatre vingt-dix pour cent des richesses de trois virgule quatre milliards d'Êtres humains.

Entre-temps, j'avais engrangé des tas d'informations. On racontait dans des rapports des contrôleurs généraux des prisons que les conditions étaient très inégales selon les établissements, qu'il s'agissait de la meilleure école du crime, que l'on ne pensait pas assez à la réinsertion, aux prix exorbitants de la "cantine", aux conditions d'hygiène qui étaient déplorables, sans oublier les abus de la part de certains surveillants, comme celui qui avait confondu sa caisse de retraite avec la caisse dévolue à l'association socio éducative ou encore de certains qui s'étaient fait rembourser leurs frais de restauration ou de voyage sur le compte des détenus. Et que dire à propos d'Azkaban sinon que les conditions de détention étaient celles du moyen-âge et où l'espérance de vie ne dépassait guère les six mois sinon que la soit disant rigueur affichée par ce bourreau de Witcher et par d'autres n'était rien de plus que de la barbarie instrumentalisée, où la sévérité se lisait clairement dans ces procédures implacables qui broyaient les individus dans une machine sans âme pour les condamner toujours à la même peine : la mort.

En réalité, le choix entre la République et l'Intendance était simple : La liberté ou la mort. Nous n'avions rien à perdre, hormis nos vies, puisque l'on nous avait tout prit, y compris notre dignité et notre droit à la vie. Mais ce qui l'était moins c'était de reconnaître que quel que soit le système, le problème résidait dans l'attitude des gens, leurs valeurs, leur éducation et l'intérêt qu'ils accordaient aux fondements démocratiques de leur pays. Le crime ne disparaîtrait jamais totalement, car les situations qui permettaient de basculer du mauvais côté pouvaient être motivées par la nécessité de nourrir sa famille, par ces tentatives de gagner de l'argent facile par la spéculation boursière, par le détournement de fonds de pension, par l'exploitation de la misère et n'importe quelle situation de faiblesse, par le trafic d'armes, de drogues, d'animaux, d'artefacs ou d'Êtres intelligents. Le monde était chaotique, dangereux, une véritable poudrière, car nous faisions ce qu'il fallait pour cela, parce que nous nous laissions prendre en otages par une minorité qui possédait quasiment tout ou par la menace de représailles sanglantes. Rien ni personne n'était parfait. Dès lors, vouloir imposer une dictature sur la base des origines, du degré d'intelligence ou de la richesse était vain et stupide puisqu'il n'y avait qu'au combat que nous pouvions vivre, puisque la vie était un combat de tous les instants, pour la liberté.

Spoiler:
 

J'étais redescendue jusqu'à mon bureau, avec l'estomac dans les talons. On me servit ma ration pour le déjeuner - un petit club sandwich et une branche de céleri - qui n'était guère différente de ce que l'on servait aux autres. Assise dans mon fauteuil, j'étais disposée à améliorer les conditions de détention, mais pas à faire des détenus des pensionnaires tout frais payés de la République, surtout si l'on ne me donnait pas les moyens de le faire. Je me doutais que les centres pénitentiaires ressembleraient à des jungles, à l'image de l'Intendance et à certains mouvements extrémistes, que les extras risquaient de se payer à prix d'or. Maintenir l'ordre dans une situation qui risquait de devenir explosive et chaotique à tout instant ne serait pas chose facile, mais j'étais persuadée que même si les choses ne seraient pas parfaites, le système qui serait mis en place serait plus respectueux des détenus, même s'il serait indispensable de faire preuve d'autorité et de rigueur. Seulement, je devais tenir compte du potentiel de destruction que la prison pouvait avoir sur les détenus, sur les erreurs commises par Ron et d'autres, mais aussi qu'il existerait des différences de traitements en fonction de leur personnalité et de leur catégorie pénale.

Créer des prisons n'étaient pas la meilleure expression de la réussite d'un modèle social puisque nous aimerions créer à la place les meilleurs écoles et universités du monde. Pourtant, je voyais cela comme une nécessité, pour protéger la société, pour ne pas agir seulement comme un système répréssif, mais aussi comme une main tendue auprès de ceux pour lesquels il n'était pas encore trop tard, même si certains seraient irrécupérables. Je savais que la Justice d'avant guerre n'avait pas toujours bonne réputation. Elle inspirait la crainte et suscitait le rejet chez certains parce qu'elle représentait l'autorité, l'un des symboles forts d'un pays et une entrave à leurs manigances. C'était aussi à la manière dont on traitait les inconscients, les plus faibles et même les rebut de la société que l'on constatait les progrès moraux d'une société. Mais si nul n'était censé ignorer la loi, si pour moi la maxime de Ciceron "lorsque les armes prennent la parole, la loi doit se taire" était un concept d'une autre époque, je ne comptais pas me montrer laxiste ni ignorer la façon dont les criminels se jaugeaient et se hiérarchisaient entre eux. Je pensais toujours qu'il était indispensable de résister sur ce plan là, à la tentation de céder trop souvent à ces bas-instincts et à cette souffrance qui nous consumeraient en nous menant vers l'auto-destruction, vers une vie dénuée de sens, jusqu'à la folie déliquescente.

Il y avait aussi ces bavures policières, ces atteintes à la présomption d'innocence lors des gardes à vue, qui n'étaient pas non plus monnaie-courant. Mais à force de lire des rapports, des témoignages, je prenais conscience du travail très difficile des surveillants et de toutes les personnes en lien, de près ou de loin, avec le système carcéral ou avec les tribunaux et ce que cela exigeait en terme de résistance psychologique. Je ne contrôlais pas la Police, mais j'espérais instaurer plus tard au sein du Ministère de la Justice une agence comparable à Interpol (regroupant entre autres les Aurors) ainsi qu'un bureau spécialisé proche des Marshals. Je savais que je serai jugée sur la manière de rendre la Justice, d'édifier les lois, les procédures judiciaires, sur la façon de traiter les gens à travers elles. Si vous saviez la pression que je me mettais pour être à la hauteur. Seulement, il ne faudrait pas voir en la Justice et les forces de l'ordre un monde rempli d'obscurité, de brutalité, de mensonges et de malveillance du côté de la République. Chez l'ennemi, un faux procès mené après avoir été intimidé et torturé pour vous soutirer des aveux finissait toujours par une condamnation à mourir en place publique, dans les arènes de Londres ou à Azkaban après avoir été dépouillé de tout, avoir été enchaîné dans une cellule humide en compagnie des puces et des rats puis enterrer à la va-vite dans une fosse commune ou une tombe anonyme sans le moindre hommage funèbre. Si obscurité il y avait, elle venait d'ailleurs.

Mais en tant que Ministre de la Justice, je ne parlais jamais de révolution, de solutions qui résoudraient toutes les inégalités. Je préférais rester honnête, proposer des choses, sans omettre les inconvénients. Je connaissais - sans l'avoir expérimentée - quel était le travail de ceux qui protégeaient les gens ou qui oeuvraient à l'encadrement dans les prisons. On pouvait se moquer, me caricaturer, en sachant que je me battais pour toutes les libertés puisque je défendais l'abrogation des privilèges accordés aux sang-purs, des statuts de sang, des commissions et de toutes les lois de l'Intendance, parce que j'étais pour les droits fondamentaux, la défense de la culture, les droits des femmes, des personnes âgées, des handicapés et des enfants, pour les minorités, pour la lutte contre toutes les formes de discrimination et de sectarisme, pour l'éducation et pour toutes ces choses qui valaient la peine de se battre, y compris l'Amour. Mais je ne souhaitais pas prendre les gens pour des imbéciles en leur expliquant qu'il y avait d'un côté les gentils et de l'autre les méchants lorsqu'il existait toute une palette de nuances entre les deux et alors que cette guerre nous poussait à commettre des choses qui choqueraient, avec son lot de victimes et d'insécurité, surtout en première ligne sur les champs de bataille.

Je ne tapotais pas l'épaule des gens, en leur parlant d'inégalités ni même des soit disant miracles que nous pourrions accomplir lorsque je voyais que l'unité et l'adhésion des gens à ce contrat social était rendue difficiles par tant d'affliction et de désillusions. Je ne les menaçais pas de représailles à cause de leurs opinions, dans les limites fixées par la Liberté d'expression. Nous ne leur vendions pas un modèle qui serait la solution à tout puisque j'avais demandé de ne faire aucune promesse si cela revenait à signer un chèque en blanc, en sachant que sans moyens ni personnels de confiance, il n'y aurait pas de Justice, donc aucun Etat de droit et de facto aucune République. Je savais que notre système judiciaire serait soumis à des critiques pas toujours très objectives ni très honnêtes, mais ce dont notre pays avait le plus besoin c'était de soutien, d'unité, d'espoir, de gens prêts à se battre pour d'autres valeurs que le camp d'en face, mais aussi d'un esprit critique afin de réveiller les morts, pour raviver cet Amour qui se trouvait dans nos coeurs, pour calmer cette fougue et ces flammes que je voyais brûler dans nos yeux.

Je leur offrais de l'écoute, de la considération, du respect, de nouveaux droits et un peu de réconfort, sans enrober mon discours de mensonges ou de promesses que je saurais irréalisables, car rien ni personne ne pourrait réparer la disparition d'un être cher, pas même la vengeance. Critiquer cela, c'était faire preuve de mépris et de rejet pour des individus dont on niait l'existence, que l'on stigmatisait et que l'on espérait monter les uns contre les autres, alors que la confiance était une affaire d'intelligence, l'une des bases de ce contrat social entre le gouvernement et ses citoyens, à condition que chacun agisse de manière responsable, sans jamais oublier le pardon qui était plus difficile à obtenir dans certaines circonstances. Et il ne fallait pas compter sur l'adhesion de tous là-dessus, mais ce que nous tentions de construire devait l'être ensemble, en vertu de principes démocratiques. Au sein de la Republique, chaque citoyen devait se sentir concerné, avoir le droit de choisir ses représentants, de voter, de manifester, d'émettre des opinions. Nous ne leur laissions pas le choix entre l'esclavage, l'exclusion ou la mort. Nous voulions restaurer nos droits, gagner la guerre, reconstruire un pays sur de nouvelles bases.

J'observais ces drapeaux Britanniques salis par la fumée, la poussière et la pluie ; ces bouts de chiffon qui représentaient tant pour nous. Je voyais ces militaires moldus, aux côtés de sorciers de toutes origines se battrent pour leur survie, pour un idéal qui dépassait de loin nos existences et nos querelles sans intérêt. J'aperçevais la méfiance qui se transformait en bénéfice du doute, en confiance. Je les voyais mourir courageusement, sans reculer plus qu'il n'était nécessaire pour continuer la lutte. Je n'ignorais pas les regards circonspects, les interrogations et les craintes que je lisais sur leurs visages lorsque, en passant près d'eux, je leur accordais un sourire ou une parole qui se voulait rassurante ou amusante. J'entretenais parfois des conversations pour connaître leurs aspirations, leurs conceptions de la Justice et d'un Etat de droit, en prenant quelques instants pour les connaître. Je m'efforçais alors à leur faire comprendre qu'en temps de guerre, certaines précautions seraient prises pour garantir la sécurité de nos opérations militaires et la transmission des informations, mais qu'aucune ne porterait atteinte aux contre-pouvoirs ni à nos libertés, mais que je refuserai toute hypocrisie d'où qu'elle vienne ni aucune attaque gratuite.

Je leur disais aussi que je connaissais plus ou moins le pédigré de ceux qui étaient aujourd'hui des haut-fonctionnaires de l'Intendance ou des mercenaires et contre lesquels seraient ouverts une série de procédures judiciaires, car si cette République se promettait de restaurer certaines choses, elle devrait mettre un terme à cette impunité chez ceux qui se complaisaient dans le crime et nous avions besoin d'aide en la matière. Cela semblait être la volonté de notre Premier-Ministre. Je leur disais que les maisons de marbre et les banques de granit n'existaient pas au sein de la République, qu'elles ne volaient en rien le peuple puisque nous ne possédions pas grand-chose, mais qu'il s'agissait là d'un mensonge proféré par nos ennemis, par ceux qui dissimulaient de fortes sommes d'argent dans les paradis fiscaux, en volant des biens publics ou privés et en s'engrossant sur l'argent confisqué sur ceux qu'ils spoliaient ou tuaient, en passant leur temps à faire la une des journaux à sensation et à faire des rondes jambes sans se soucier des malheurs. Je leur demandais de développer leur esprit critique, de ne pas se contenter que d'une seule source, de se méfier des rumeurs, de faire attention à ceux qui tentaient de les faire parler afin de leur révéler nos opérations, qu'ils pouvaient avoir confiance dans une certaine mesure.

Je n'étais pas un exemple d'egoïsme ou d'indifférence ni la définition du chaos, car cela me rendrait inhumaine et barbare. Certains criminels, comme les mangemorts ou d'autres, étaient ce qui existaient de pires dans nos communautés, ce qui se rapprochait le plus de bêtes sauvages assoiffés de sang, sans conscience ni morale. Être humain ou civilisé, c'était autre chose. Ne mélangeons donc pas les genres en légitimant l'idéologie de tocards, de gens méchants et retords, qui continuaient à dissimuler leur vraie nature ainsi qu'une psychopathologie pour laquelle ils étaient prêts à tuer pour un peu de Pouvoir, de l'argent ou pour préserver une position qu'ils usurpaient. C'était une véritable mafia, écoeurante et révoltante. Les procédures souples mises en place par l'ennemi dissimulaient une administration qui établissait des rapports sur tout et n'importe quoi, jusqu'à l'absurde : un système très procédurier, comme les autres. On résumait le reste à sa plus simple expression telle une ferme industrielle menant des bêtes à l'abattoir, en usant de termes bureaucratiques, d'euphémismes ou de métaphores, pour masquer l'ampleur des crimes, pour atténuer leur sévérité et leur offrir une meilleure image.

L'Intendance était un régime machiste dans lequel les droits accordés aux sang-purs ne concernaient que les héritiers mâles, non les femmes, puisque leur seule raison de vivre, selon les anciennes traditions, était d'être soumises, d'offrir un fils, de renoncer à leurs droits, tout en restant sagement à la maison, tandis que leur mari pourrait aisément batifoler dans des clubs réservés et tromper leur femme sans risque d'être traité comme le dernier des salauds. Défier sa place dans la société, c'était s'exposer à des menaces et à de la violence conjugale afin de vous remettre dans le "droit chemin" ou à être jeter à la rue puisqu'elles ne possédaient rien, pas même de droits testamentaires. Belle conception du féminisme, alors qu'une femme avait un jour occupée la fonction de Ministre de la magie, une autre avait été Ministre de la Justice et d'autres s'étaient distinguées dans d'autres domaines sans avoir été dotée d'un soit disant sang-pur et sans avoir été obligée de respecter ses règles ridicules, comme chez cette vieille folle de Bellatrix ; l'exemple même de l'arriviste vouant une fascination pour le Pouvoir et un culte sadomasochiste envers un Maître qui lui accordait une latitude bien rare, mais pour lequel elle n'était guère plus qu'une esclave, un jouet, un outil ou un marche-pied au même titre que les autres. Il n'y avait qu'à voir comment elle se pavanait et rampait devant lui pour s'en rendre compte.

Croire que l'on ne devait rien à personne, que l'on pouvait s'en sortir sans aide, était un mensonge. Evidemment, nous n'étions pas nés avec les mêmes chances dans la vie, ni avec les mêmes capacités. Bien-sûr, il existait toujours des gens pour tricher, pour écraser les autres afin de tirer leur épingle du jeu. Par dessus tout cela il y avait nos à-prioris. La vie était faite de mutations, mais je croyais davantage à l'égalité de droit qu'à l'égalité des chances. Cependant, je pensais qu'il existait des mesures capables de réinstaurer plus d'équité, de Justice sociale, que nous avions tous un don, même s'il faudrait poursuivre la lutte contre la fraude, le népotisme, le racisme et la discrimination. Nul gouvernement n'y échapperait. J'étais prête à dire la vérité, quitte à choquer, à condition de cesser de prêter l'oreille aux menteurs du camps adverse et à contribuer à l'hypocrisie générale. Nous étions tous dans le même bateau. Notre survie ne dépendraient pas que de nos choix, mais aussi de notre solidarité, de notre humanité, de cette capacité à mettre nos divergences de côté pour lutter contre un péril plus grand, en faisant le choix de bâtir une société plus saine et sereine, en prenant conscience de nos erreurs au lieu d'entretenir le crime par indifférence, absence de scrupules, égoïsme et appât du gain.

Je prenais des notes en silence, avec la mine grave, en lisant le code pénal. A dire vrai, je ne craignais pas de souffrir de la comparaison avec le département du sang et des lois en sachant que je rétablissais petit à petit une certaine idée de la Justice et certains droits inaliénables et que l'on ne me voyait pas établir de lois abominables, aux peines trop sévères. N'entendais-tu pas le chant des morts, Hermione, de celles et ceux qui avaient quitté ce monde et qui réclamaient Justice ? En tout cas, il était clair que Witcher n'était pas le genre d'individu à se prendre la tête, alors qu'il s'imiscait dans la vie privée des gens par le biais de ses commissions, en simplifiant son travail à l'extrême afin de concevoir une parodie de Justice qui laissait à lui et à ses complices toute latitude pour décréter et condamner des innocents sans se soucier des procédures censées garantir un Etat de droit, une Justice un tant soit peu impartiale et équitable. Si celui-ci se bornait à faire son travail, à condamner et à voir des gens mourir sans scrupules ni remords, comme une journée de travail comme les autres, avec l'idée qu'il n'y avait que très peu de véritables coupables, mais que le rendement passait avant tout, cela m'écoeurait.

Spoiler:
 

En tout cas, mon travail se voulait humaniste, non militaire. Il se voulait le plus impartial, le plus juste et le plus équitable possible. La défense et le prévenu disposaient de véritables droits, même lorsqu'un militaire était déféré devant une cour-martiale. Cela n'avait rien à voir avec une supercherie dont l'issue serait connue à l'avance, où les dés seraient pipés pour avantager l'accusation, où la garde à vue ne serait qu'un prétexte pour soutirer des aveux par la contrainte avec ou sans avocat acquis à leur cause. Je me rassurais en me disant qu'une maniaque du règlement telle que moi - à cause de mes phobies - ne ressemblait en rien à des individus tels que les mangemorts, en me rappelant que ce n'était pas nos ressemblances qui comptaient, mais nos différences. Je reprenais courage et foi en mon combat en encourageant les gens à s'intéresser à leur Justice, à y prendre une part active dans une certaine mesure. J'écoutais ce qu'ils avaient à dire, surtout lorsqu'ils jugeaient une mesure liberticide. Je communiquais le plus possible, y compris avec mes collègues, dans le respect du Code de procédure et du secret professionnel que je venais de mettre en place. Une Justice conçue et rendue par des Êtres imparfaits fait de chair et de sang ne pouvait qu'être imparfaite, susceptible de commettre des erreurs. Cela ne voulait pas dire qu'il ne fallait pas tenter d'y remédier ni prévoir des procédures en appel.

Gagner du temps dans ce métier était une bonne chose, tant qu'elle ne s'effectuait pas au détriment des droits du présumé innocent ou du bon sens. Voilà encore deux notions qui n'existaient pas au sein de l'Intendance. Pour eux, vous étiez suspect ou coupable jusqu'à preuve du contraire. Leurs lois le disaient clairement. C'était sans oublier les arrestations arbitraires pouvant survenir en pleine rue, sur dénonciation ou parce que l'Etat jugeait qu'en tant que récidiviste vous étiez forcément un coupable désigné d'office, surtout à cause de vos origines. Jusqu'ici mon Ministère fonctionnait plutôt bien et les choses étaient claires. La procédure existait afin de réduire la tentation de certains d'abuser de leurs droits, y compris dans les rangs de ceux qui étaient censés encadrer les justiciables et ceux qui devaient rendre la Justice en vertu de la loi. Mais en dépit des protections juridiques et de ma volonté à améliorer ce système, il se posait un problème tout aussi important : celui de la transparence et de l'indépendance, du droit du public d'assister à certaines catégories de procès, par soucis de liberté, de transparence et d'éducation.

Le but de la Justice était la recherche de la vérité, la préservation de l'Etat de droit, la résolution pacifique des différents, le respect de certaines conventions et valeurs et la traduction devant nos tribunaux de ceux qui enfreignaient nos lois. Chaque fois des vies étaient en jeu. On ne pouvait se permettre n'importe quoi, ne serais-ce que pour préserver la dignité des victimes ou des présumés innocents. Pour ma part, je me refusais à tolérer le moindre comportement indécent ni la moindre volonté de vengeance dans l'enceinte du Tribunal de la République, car je savais que si je laissais mes émotions ou ma haine obscurcir mon jugement, j'échouerai dans ma mission. Je me faisais notamment du soucis par rapport à la délinquance et au crime organisé qui incitaient les plus paumés et influençables à subir et à participer à des horreurs qui les feraient craquer et basculer dans une spirale criminelle dans laquelle il serait difficile de les faire sortir. Je me demandais d'ailleurs si le Premier-Ministre, qui avait une expérience en la matière, ne pourrait pas me faire profiter de ses précieux conseils afin de lutter plus efficacement contre ce fléau.

Bien-sûr, je détestais les amalgames envers les gens, certaines fonctions ou attitudes. Seulement, il semblait que chez l'ennemi les policiers et les surveillants faisaient simplement leur travail, étaient achêtés, mutés, intimidés ou choisis en fonction de critères utiles au régime. Les témoins, rarement à décharge, étaient intimidés, forcés de faire de fausses déclarations ou été choisi avec partialité. Les preuves étaient fabriquées ou étaient inexistantes puisqu'une de leur loi mentionnait qu'ils pourraient s'en dispenser. Les abus étaient manifeste en garde à vue et la torture monnaie-courant. Les juges et les procureurs étaient tous corrompus, ambitieux et des adeptes purs et durs du purisme. Les avocats étaient des baratineurs, trop occupés à aller dans le sens d'une parodie de Justice pour ne pas avoir à le payer de leur vie, être sanctionnés ou être radier du barreau. D'ailleurs, il n'y en avait jamais eu à la Commission des nés-moldus puisque les sentences étaient rendues de manière expéditive par le biais de débats orientés par le juge afin de coller avec leur propre vision des choses et avec cette condamnation qui était toujours la même.

Par contre, excusez-moi, mais les gens n'étaient pas tous des idiots, même si le portrait correspondait bien à l'Intendance et à certains mercenaires. Oui, le bureau des Aurors auraient du être réformé depuis longtemps, mais lorsque l'on voyait l'état de la Justice magique depuis l'assassinat d'Amélia Bones, les méthodes de recrutement et les dégâts psychologiques qu'ils avaient été obligés de subir sans soutien, sans écarter ceux qui craquaient ou se montraient trop faibles, on ne s'en était pas soucier jusqu'à leur démentèlement. Et ce n'était pas faute pourtant d'éprouver de l'admiration et de la reconnaissance pour les meilleurs d'entre eux : Kingsley, Alastor, Tonks et d'autres, mais pas pour certaines brebis galeuses. Sauf que si l'on voulait suivre cette logique qui avait court dans les rangs ennemis pour économiser du temps, de l'argent et des prises de tête, il faudrait que l'Intendance supprime les procureurs, la majeure partie de l'administration pour ne se contenter que d'un juge ou plutôt d'un petit fonctionnaire sans envergure armé d'un tampon, car cela revenait presque à cela. Je plaisantais bien-sûr, mais ça n'en restait pas moins tellement stupide et affligeant ; réducteur, mais vrai dans l'absolu.

Et puis, qu'est-ce cela voulait dire aujourd'hui être Britannique, hm ? J'en avais livré des pistes à ce Monsieur Jensen pour lui faire comprendre que le sectarisme était contraire à nos valeurs et l'une des armes qui précipiteraient notre défaite. La peur était un sentiment compréhensible, comme la méfiance ou la colère, mais à force de rester dans son placard, on ne faisait plus rien, on ne défendait plus l'idée du "vivre ensemble". Sans libertés, il n'y aurait pas de Justice. Sans armée, police ni droit, il n'y aurait point d'indépendance. Sans transparence et solidarité, il n'y aurait pas de confiance, de tissu social. Sans individus courageux et loyaux pour s'opposer au crime, le taux de criminalité resterait à son maximum. J'avais dès lors envie de leur crier : jeune ou moins jeune, lève-toi contre l'injustice, la radicalité et l'absence de valeurs ! Lève-toi et bas-toi pour que cet espoir brillant telle une étoile dans le firmament emplisse le ciel tel un soleil brûlant ! Pour un avenir meilleur, pour nous et nos enfants, quelque soit son apparence, son sexe, sa religion, sa haine ou ses origines ! Pour résister aux barbares, aux faibles d'esprit, à ceux qui utilisent la peur et la haine contre nous, fais entendre ta voix !

Spoiler:
 

Soudain, tandis qu'il régnait un silence qui ne me dérangeait absolument pas, j'entendis des pas pressés dans le couloir. Alertée à l'idée de connaître la raison de ce remue-ménage, j'avais sorti ma baguette magique. En tout cas, à en juger par le bruit, cela ressemblait beaucoup à une femme en train de courir.

- " Madame la Ministre !, fit ma secrétaire, cheveux démélés, avec le souffle coupé.
- Que se passe t-il, Miss Radcliffe ?, demandais-je avec calme, sur un ton grave, alors que ma perplexité et mon angoisse furent bloquées par ma barrière mentale.
- L'ennemi a tenté d'enfoncer l'une de nos barricades ! Il y a de nombreux blessés et des morts au point Charlie ! Nous avons besoin de renforts !, continua t-elle avec le souffle coupé.

Baissant le regard un instant, je finis par observer ma secrétaire avec ces yeux qui trahissaient ma détermination et mon courage. Je n'avais pas eu besoin de réfléchir pour prendre cette décision, que j'avais déjà attrapée mon manteau.

- Je vais aller leur donner un coup de main... Prévenez le Premier-Ministre et le Ministre de la Défense que je me rends sur place, je vous prie."

Je n'attendis aucune confirmation. Je m'étais mise en route vers cette fameuse position défensive, en première ligne. Le spectacle sur place fut tout aussi chaotique et effrayant qu'à chacune des escarmouches et batailles à laquelle j'avais participé. Je m'étais rapprochée de celui qui dirigeait la position afin de lui demander un rapport de situation et des consignes de combat. La lutte dura plus d'une heure avant que l'ennemi ne choisisse de battre en retraite. Soulagée, nos forces se regroupèrent et furent renforcées tandis que le chef de la position nous recommanda la plus grande prudence, dans l'éventualité où tout cela ne serait qu'une fausse retraite ou une diversion. Laissant alors Kingsley, qui venait d'arriver, gérer cette situation, j'avais apporté mon aide dans l'évacuation des blessés et, qui sait, mettre mon pied dans le derrière de deux ou trois crétins.

En tant que symbole de Justice et de résistance, je n'avais pas peur de me confronter aux autres, à leur rendre des comptes, à les interroger pour faire émerger certaines contradictions ou pour manifester mon autorité et défendre mes opinions. Je ne craignais pas de faire ce que j'estimais justifié. Les pratiques funéraires, la médecine légale et la Justice militaire relevaient de ma juridiction. En temps de guerre, il n'était pas toujours aisé de récupérer et d'enterrer les victimes, de laisser l'ennemi récupérer les siens, lorsque le camp d'en face ne respectait rien. Il n'était pas toujours facile de rendre les derniers sacrements, y compris lorsque nous ne pouvions disposer d'un aumônier Chrétien, Musulman, Juif ou Bouddhiste afin d'offrir du réconfort aux croyants et rendre leur dignité à nos morts, pour leur manifester un peu de respect ou les honneurs. J'en tenais pour preuve ce qui était arrivé à Alastor, à Rémus, Light, John et tant d'autres. Les pauvres...

Je pensais qu'il était moralement juste, en dépit de nos opinions, de ne pas dépouiller les victimes, même ennemies, de ne pas maltraiter ou tuer un civil, un ennemi blessé ou désarmé ni abandonner aucun des nôtres sur le champ de bataille sans raison impérieuse. Question d'honneur. J'estimais que, dans la mesure du possible, chacun avait le droit à un enterrement décent, à du respect, que cela fusse pour sa dépouille, sa mémoire ou sa tombe, qu'il fallait sanctionner les profanations. Seulement, avec les affres de la guerre, parfois, face à l'ampleur des victimes ou à l'urgence de la situation (qui pouvait être liée à une épidémie), il fallait bien se résoudre à créer des charniers ou à incinérer ces malheureuses victimes. Tout était une question d'intention, d'urgence et de la manière de respecter cette dignité de chaque Être intelligent ; un respect qui ne cessait pas une fois le pied mis dans la tombe. Une manière civilisée qui devait nous distinguer des animaux, mais en respectant aussi les dernières volontés des victimes - dans la mesure du possible et de la légalité - ainsi que les traditions liées à son culte.

En matière de médecine légale, ce respect du aux vivants et aux victimes s'appliquait là aussi. On ne pouvait réaliser d'expériences interdites sur des Êtres intelligents, comme celles qui eurent lieu dans l'Allemagne Nazie, le Japon fasciste et même dans certaines démocraties durant la dernière guerre. Question d'éthique. Pour autopsier un corps, il fallait une autorisation. Il y avait des choses que l'on ne faisait pas avec les dépouilles. Cela ne voulait pas dire que je ne comprenais pas ceux qui en avait assez d'enterrer les morts, d'être au contact avec les visions d'horreur de ces corps parfois démembrés ou méconnaissables. A force, la plupart finissait par s'y faire, par ne plus être choqués, à moins qu'une victime parmi d'autres réussisse à nous émouvoir plus que nous ne l'aurions voulu. A force, on éprouvait du mal à faire la connaissance des autres, à se faire des amis, parce que d'une manière ou d'une autre, on finissait par s'attacher à eux, même au crétin à côté de nous, pour éviter de souffrir davantage. La guerre était une épreuve pour tous, mais faire la demonstration de courage et de résistance passaient aussi par ces choses que l'on avait tendance à oublier ou à ridiculiser.

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Les blessés et les morts affluaient dans le hall du quartier-général de la République. Vêtue d'une paire de bottines, d'un pantalon noir, d'un pull gris et d'une vieille veste noire souillée par la poussière, la boue et le sang, j'avais fait un chignon avec mes cheveux afin de pouvoir agir avec plus de facilité, même s'ils n'étaient plus aussi propres à cause des explosions et des gravas. On entendait gémir de douleurs les victimes, hommes ou femmes. On voyait s'afférer les médecins et les infirmiers - parfois de fortune - improviser des soins avec le peu dont nous disposions. Ce manque cruel de moyens et de formation me préoccupait et j'estimais que nous avions besoin de ces gens qui agissaient pour sauver les autres sans se soucier de leurs origines, de leurs rangs sociaux, de leur couleur de peau, de leur religion ou de leurs opinions. Du moins, je n'étais pas certaine que cela se passait toujours ainsi et c'était bien là le problème : le respect de ce serment d'Hyppocrate. Je me disais qu'il s'en trouverait pour refuser de soigner un elfe de maison, un gobelin et allez donc savoir qui d'autre. J'aurai trouvé cela révoltant. En tout cas, j'avais offert mon aide pour prendre soin des blessés, bien que je n'y connaissais pas grand-chose.

La chose qui m'effrayait le plus n'était pas l'oppression des méchants, mais l'indifférence des bons, alors que lors de la seconde guerre, des gens, y compris des civils en zone occupée, avaient pris d'énormes risques pour protéger d'autres personnes, des enfants, des pilotes descendus en plein vol et des résistants, pour manifester un courage et une humanité qui leur valurent d'être élevés au rang de Juste parmi les Justes tandis que d'autres furent condamnés pour leurs crimes, pour leur collaboration et leur trahison, notamment lorsque le gouvernement Français créa une loi sur l'indignité nationale et qui fut abrogée par la suite ; une idée que je comptais étudier voire appliquer si le projet, qui n'était qu'en phase de réflexion, était voté par l'Assemblée. Seulement, je travaillais sur beaucoup de projets, y compris avec mes collègues Ministres, tout en comptant sur Kingsley dont les armées servaient aussi de forces de Police temporaires.

Nos médecins et infirmiers furent vite débordés. Il n'y en avait pas assez et puis un certain nombre manquaient de formation. Certes, nous avions des médecins, des infirmiers, mais plus nous en aurions et mieux ce serait. Du moins, je le voyais ainsi. La plupart du temps, je n'avais sur moi - en cas de coup dur - que peu de choses pour soigner quelqu'un, hormis quelques potions de régénération sanguine, de l'essence de dictame et un ouvrage que j'avais "emprunté" à Molly. Voilà bien une profession à laquelle je n'étais pas faite : chirurgienne ou urgentiste, en sachant que la vue du sang, l'idée de faire une bêtise ou de voir quelqu'un mourir sans que je puisse le sauver, m'angoissait à un point terrible. J'avais, certes, soigner Ron lors de sa désartibulation et pris soin de lui comme je l'avais pu, avec les mains tremblantes, alors qu'il avait perdu beaucoup de sang et perdu connaissance. Il me semblait avoir aussi aidé Harry après sa rencontre avec Nagini, à Godric's Hollow. Mais si l'on voulait bien m'apprendre quelques gestes qui pouvaient sauver ou quelques mixtures, ce serait toujours intéressant et utile. Vous ne trouvez pas ?

- " Miss Granger ! C'est Billy !, s'écria une voix masculine dans mon dos et que je reconnus comme étant celle d'O'Brien. Le gamin est sâlement amoché !
- Billy ? ,demandais-je en me retournant. Amenez-moi jusqu'à lui, O'Brien., ajoutais-je avec gravité en lui emboitant le pas. Et vous là-bas ! Si vous n'avez rien de mieux à faire, tâchez de vous rendre utile ! Ces gens ont besoin d'aide !, concluais-je à l'intention d'un type qui semblait observer l'afflux de blessés sans rien faire.

Le jeune Billy n'avait que dix-neuf ans, l'un de ceux qui s'étaient battus à nos côtés lors de l'opération Reconquista. D'ordinaire, la plupart des jeunes combattants inexpérimentés possédaient un temps de survie en opération d'à peine quinze minutes. C'était sans compter sur la chance et la malchance, sur le soutien effectif de vos camarades. Billy s'était bien battu et avait réussi à se faire accepter, comme c'était le cas de toutes les nouvelles recrues, et même à s'attirer la sympathie d'O'Brien. Evidemment, nous considérions chaque vie comme importante. Billy m'avait raconté qu'il avait perdu sa famille lors de l'invasion de l'Irlande, que son père et son frère étaient morts au combat, que sa mère avait fait l'objet d'une arrestation et qu'elle lui avait ordonné de fuir pour sauver sa peau. Tout cela avait été vérifié bien-sûr et Billy avait été mis à l'épreuve, mais c'était ma responsabilité de veiller à ce que tout soit fait pour qu'il reste en vie. Mais lorsque je fus à son chevet ou plutôt sur la paillasse où on l'avait installé, je remarquais qu'il se trouvait dans le coma et qu'aucune blessure ne semblait apparente. Pourtant, O'Brien me fit remarquer que son coeur battait encore, mais faiblement. Difficile de dire ce qu'il avait. Il s'agissait sans doute d'un sortilège de magie-noire puissant qui provoquait une hémorragie interne, un peu comme celle que j'avais subis lors de la bataille du département des Mystères.

Je ne laisserai personne mourir ici sans que nous n'ayons tout tenter. C'est compris O'Brien ?, fis-je sur un ton autoritaire, pour manifester mon refus de voir la situation m'échapper. Est-ce que... Est-ce que ce Docteur qui était avec nous lors de l'attaque de l'université est ici ? J'aimerais lui parler.
- Euuh... je n'en ai aucune idée. Je pense que non.
- Envoyez-lui un message sur-le-champ. Ne donnez pas trop de détail. Dîtes-lui que quelqu'un est grièvement blessé et que nous avons besoin de son aide. Pendant ce temps, vous me trouverez ici. Je n'ai pas de grandes notions de médecine, mais je saurai me rendre utile !

Miles hocha la tête puis s'éloigna afin d'envoyer le message. Je me demandais si cet homme, que l'on me présenta comme étant le Docteur Weiss, était l'un des nôtres ou un individu fuyant l'Intendance pour une raison inconnue ou encore s'il était du genre à se tenir éloigner du conflit. Si tel était le cas, pourquoi ? En tout cas, même si l'éthique médicale était à revoir dans le monde magique, je savais que le code de déontologie et le serment d'Hyppocrate exigeaient de tout médecin et infirmier qu'il ne fasse aucun mal volontaire à ses patients, qu'il ne s'acharne pas en traitements thérapeutiques si tel était sa volonté, mais aussi qu'il leur était interdit de refuser un patient qui se trouverait face à lui, sans parler du fait que l'exercice de la Médecine ne devait pas se pratiquer comme un commerce. Oui, alors pour ce dernier point, j'avais tendance à trouver cela ironique. En période de guerre, je m'attendais plutôt à voir les médecins exiger une compensation en argent ou en nature comme c'était le cas jusqu'au début du XXe siècle, mais s'il refusait de faire son devoir parce qu'il était bien connu que charité ordonnée commençait toujours par soi-même, je risquais de voir rouge.

Au bout d'une heure - en fait, j'avais perdu toute notion du temps - un type se présenta à la garde qui se trouvait à l'entrée du quartier-général temporaire. Lorsqu'il entra, on me prévint que le Docteur Weiss - ou du moins l'homme qui prétendait être lui - était arrivé. J'avais rejoint le hall, en prenant soin d'essuyer mes mains couvertes de sang.

« Dites, on m'a envoyé un message comme quoi je devais soigner quelqu'un, maintenant j'aimerais bien savoir ou est cette personne, j'aimerais également bien savoir qui m'a envoyé ce putain de hibou, hum .» ,demanda t-il avec une voix roque.

Ce type était celui qui s'était trouvé avec nous lors de la pose des ces fichues bombes à retardement qui avaient valu à son concepteur d'essuyer une pluie de reproches. On avait pas idée de concevoir de tels engins sans au moins transmettre les codes à quelques personnes dignes de confiance, par le caleçon de Merlin ! Etrangement, le Docteur Weiss ressemblait dorénavant davantage à un vagabond, à Robinson Crusoe ou à un type qui serait passé tête la première dans un réacteur d'avion, avec ces vêtements déchirés et ses pieds nus. J'avais haussé un sourcils en me demandant ce qui lui était arrivé pour se retrouver en pareil état. Mais peu-importait. Je ne l'avais pas fait venir pour discuter bout de chiffon.

Je me trouvais dans son dos, à quelques mètres, tandis qu'il s'adressa à la réception ou plutôt à ce qui ressemblait désormais au bureau des plaintes. Etrange... Il avait répondu prestement à mon message comme n'importe quel médecin consciencieux, mais d'un autre côté, celui-ci semblait être fâché que l'on ait osé le déranger. En quoi ? Alors là, vous m'en demandiez trop et puis ça n'était pas préoccupation principale. Des gens étaient en train de mourir, notamment Billy et il n'y avait pas de temps à perdre. Je n'en avais pas non plus pour lui dérouler le tapis rouge. En me raclant la gorge, je répondis aussitôt :

- "C'est moi qui ait envoyé ce... hum... hibou comme vous dites. Désolée, mais face à l'urgence je n'ai pas eu le temps de me faire fabriquer un tampon de Ministre ni de vous l'envelopper dans un joli papier cadeau... ,répondis-je avec calme, mais avec une voix forte et assurée. Docteur Weiss, je suis Hermione Granger. Nous nous sommes croisés ici même, dans cette ville, il y a quelques jours... , concluais-je en le regardant fixement, sans aucune animosité, mais avec un léger sourire.

Je ne voulais pas lui mentionner que nous étions débordé et en manque de tout. Il s'en rendrait compte très vite, si ce n'était pas déjà fait. Je n'avais pas abordé la question de la rétribution, car je ne voulais pas en parler tout de suite, à moins qu'il n'en ait envie. J'ignorais tout de lui, y compris son système de valeurs. Je me demandais si à notre époque, il existait encore des gens capables d'user de leurs dons dans l'intérêt général, non dans leurs intérêts personnels, mais quelque-chose me disait que sa présence et son attitude n'étaient pas mue par la promesse d'un quelconque paiement. J'avais entendu dire qu'il était un Docteur tout aussi compétent que discret. Et si tous des médecins présents ici se montraient réservés quant aux chances de survie du pauvre Billy, je me disais que s'il existait une chance de le sauver, cela ne pourrait venir que de lui. Je repris alors une attitude plus sérieuse en ajoutant :

Pardonnez-moi de vous avoir fait sortir de votre retraite, mais un jeune homme âgé de dix-neuf ans, sorcier, sans antécédent portée à ma connaissance à été, semble t-il, frappé par un sortilège de magie-noire qui l'a plongé dans une sorte de coma. Son pouls est faible, aucune blessure apparente, aucune réaction. Nous sommes débordés et personne ici ne semble savoir ce qu'il a. Nous avons peu de moyen, mais si vous avez besoin de quelque-chose pour le soigner, prenez ce dont vous aurez besoin.

Un problème, des questions ? Suivez-moi Docteur. Je vous conduit à votre patient."


Trêve de bavardage. J'espérais qu'il comprenne sans s'offusquer. Nous aurions tout le temps de discuter pendant l'opération ou après selon son bon vouloir. En attendant, je resterai au chevet de Billy, en proposant mes services à ce cher Docteur, si du moins il voulait bien de moi. Sinon, eh bien, je saurai me rendre utile ailleurs...
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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Sam 31 Jan - 2:04

Ce fut une jeune femme qui répondit à sa question, une jeune femme répondant au joli nom d’Hermione Granger. Il l’écouta parler, tout en chercher ou putain il avait déjà vu cette tête.

Cela lui tiraillait l’esprit, comme si cela devait être une évidence mais, voilà, il n’arrivait à se rappeler et c’était quelque peut frustrant. Bien entendu, une plus grande part de lui fut tout de suite intéressé par ses dires, oh un gamin atteint par un sort de magie noire, follement intéressant (même si cela ressemblait bien trop au gosse qui était mort dans ses bras quelques jours plus tôt, eh bien celui-là, il le laisserait pas crever). Tandis qu’on les mena vers le dit patient, Gordon su enfin où il avait déjà vu cette personne, cette Hermione (quel nom original), la fameuse bataille à Glasgow. Elle faisait partie des combattants, partie de ceux qui devaient être là, sans avoir débarqué à l’improviste et, comme ça c’était une sorte de ministre ? À dire vrai, le guérisseur n’était pas tellement au courant de l’organisation parmi les hors la loi et autres résistants, il ne c’était jamais tellement renseigner là-dessus, peut-être était réellement un ministre, non officiel, peu importe en fait.

Peu importe en fait, cela ne l’impressionnait pas tant que ça et, il se doutait bien que la jeune femme ne cherchait pas non plus à en imposer, tant mieux, il n’aimaient pas travailler avec ce genre de personne imposante, au moins ne chercherait elle pas à lui donner des ordres. Du moins, le petit homme l’espérait, cela faisait déjà un moment qu’il travaillait sans supérieur, à faire ce qu’il voulait. Quoi qu'il en soit, le fait qu’ils n’avaient pas grand-chose dans cet hôpital n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, Gordon se félicita d’avoir embarqué son matériel. De ce fait, lorsqu’ils arrivèrent enfin au chevet du patient, le petit homme enleva sa cape, posa délicatement son sac sur une sorte de table puis déclara de sa voix rauque :

« Ne vous inquiétez pas, je vais m’occuper de ce gamin, je suis assez tenace, je ne lâcherais pas tant que je ne l’aurais pas guérie ! »

Gordon préféra ne pas préciser qu’il avait tendance à finir lui-même ses patients, lorsque ceux-ci souffraient de trop et, ne pouvaient être sauvés. Le petit homme ne pouvait deviner comment la jeune femme, Hermione, réagirait à ça.

« Cela dit, ça m’aiderait si l’un de vous pourraient me décrire le sort qui l’a frappé, au moins la couleur, peut-être la personne qui l’a envoyé, a-t-il plongé dans les comas instantanément ou est-il rester conscient quelque temps avant de sombrer ? Vous n’avez pas essayé de regarder à l’intérieur de son corps ? Voir ce qui s’y passe ? Il existe pourtant des sorts qui le permettent, j’en ai quelques exemples dans mes livres, oh vous pourriez y jeter un coup d’œil si vous voulez, ils sont dans mon sac. J’ai aussi emmené quelques effets personnels qui pourront nos êtres utiles. »

Tout en disant cela, le guérisseur vida ses poches, celles de sa robe, celles de sa cape, ainsi que son sac. Il en sorti ses bons vieux grimoires traitant des diverses médecines magiques et, un livre également sur la nécromancie. Mais, les plus importants, à ses yeux du moins, furent les divers petits sacs de remèdes qu’il avait confectionné, ses potions (faites par ses soins) répandues dans ses petites fioles en verre (trouver dans une poubelle), une belle collection d’herbes et, champignons, médicinales bien entendu, des seringues, quelques médicaments moldue (qu’un type lui avait donné, en échange d’un service), une collection de chaussettes en laine (certes, cela n’avait aucun intérêt médical néanmoins, toujours bien utile) et, même un kit de suture (il ne se rappelait plus ou il c’était procurer un truc pareil), d’ailleurs, il fut intriguer en sortant ça de ses poches.

« Qu’est-ce que je fous avec ça moi ? Putain, je sais même pas à quoi ça va me servir, si vous voulez taper dans mes divers remèdes ou potions, servez-vous, je les ai fait pour ça et, je peux les refaire, c’est fou le nombre de potions que l’on peut confectionner rien qu’en fouillant les poubelles. »

Ayant fini de sortir toutes ses petites affaires, rependus dans un bordel désordonner aux yeux de quelqu’un d’autre, sur la table, Gordon se pencha enfin sur son nouveau patient. D’abord il posa sa tête sur la poitrine du jeune homme, histoire d’écouter le coeur, tout en prenant le pouls au poignet. Ouai, faible, comme elle l’avait dit, cela sonnait pas bon du tout, à ce train-là le pauvre gosse serait mort avant qu’il n’ait trouvé une solution. Non, le sorcier n’avait pas envie d’accumuler deux échecs, cela serait si agaçant, Gordon n’aimait pas perdre des patients, c’étaient des échecs et, échouer dans un domaine où il se trouvait bon était douloureux.

Gordon ne se considérait pas comme le plus décent des êtres humains, en tant que personne il n’était très brillant cependant, il pensait être un guérisseur doué. Passionner surtout, les maladies, malédictions, sorts et autres empoisonnements étaient tous si différent, fascinant, de vrai casse-tête, son cerveau ne servait qu’à ça, résoudre des casses tète. Bien qu’il ne crachât pas non plus sur des blessures ou maladies mineures, parce que c’était tout aussi plaisant de les soigner. Il se redresse puis lança un sort qui rendit la peau du malade transparente, de sorte que les organes internes furent nettement visiblement maintenant. Il s’empressa ensuite de rassurer la ministre, ne voulant pas créer une sorte de panique :

« Ne vous en fait pas, c’est un sort mineur, il ne sent rien du tout. Je le sais pour avoir expérimenté ce sort sur moi avant de l’utiliser sur un patient. Je dois dire que c’est assez amusant de voir son propre cœur battre ou ses intestins fonctionner, ça montre à quel point le corps humain est à la fois beau et, parfaitement dégueulasse à regarder comme ça. En tout cas, si vous voulez voir, ou faire quelque chose, allez-y, je suis preneur de toute aides, tant que l’on ne contestera pas mes manières de faire »

Le petit homme reporta son attention sur son patient, observant d’un œil attentif le corps désormais dévoiler du malade. Gordon pressentit que les heures qui allaient suivre seraient très prenantes, très longues également. En tout cas, il remarqua quelque chose. Le sort, cela devait être le sort, se répandant sous une forme de fumée dans le corps du garçon. C’était presque imperceptible, le guérisseur devait avoir le nez presque coller au corps pour le voir, c’était inédit, il n’avait jamais vu ça auparavant. Il jugea donc bon de le signaler :

« Je viens de mettre le doigt sur le dit sort, c’est curieux, voyez comme il se répand dans le corps, on dirait une sorte de fumée. »

Il fit signe à la jeune femme de s’approcher, peut être que les autres guérisseurs voudraient voir aussi …
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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Mer 25 Fév - 18:10

"La vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience trompeuse, le jugement difficile." - Hyppocrate

Sans perdre de temps, j'avais conduit ce Docteur jusqu'à son patient, en traversant cette immense salle où se trouvait allonger de nombreux combattants et où circulaient des médecins ainsi que des infirmiers - parfois réquisitionnés - dont les vêtements blancs ou bleus et leurs mains étaient tâchés de sang. L'hôpital de campagne ressemblait à ceux que l'on trouvait lors de la seconde guerre mondiale : des paillasses, quelques lits et civières étaient disposées en rangées. On trouvait un bout de papier, une note ou une marque sur le blessés afin d'indiquer son état. L'air férique - dû au sang - se mêlait au brouhaha et aux allers et venues. On se serait cru tantôt chez un boucher tantôt au sein d'une entreprise mortuaire ou d'une gigantesque fourmilière. Il arrivait - notamment aux jeunes et aux individus trop sensibles - de sentir la nausée et la panique monter en eux, lorsqu'ils réalisaient combien la situation était anormale, oppressante et dramatique.

Ce sentiment, je l'avais vécu plus d'une fois. J'avais fini par m'y faire, bien qu'il m'était arrivée de sortir prendre une courte pause afin de manger un peu de gingembre frais - un anti vomitif - afin de calmer ces mains et ce corps tremblants, pour chasser ces visions d'horreur dont j'avais été le témoin. Car s'il existait tant de domaines où j'étais la meilleure, la plus savante au point parfois de confiner au génie, il en existait d'autres où je me bornais à suivre les instructions sans jamais me demander s'il n'existait pas d'autres moyens de parvenir au même résultat sans suivre à la lettre un quelconque protocole de potion - ou plutôt je n'osais pas tenter l'expérimentation. Sans doute étais-ce dû au risque associé à ce genre de pratiques, à l'idée que l'on pouvait grièvement se blesser ou mourir si une potion était mal préparée ou si l'on jouait avec le feu en mélangeant divers ingrédients sans en connaître le résultat et les effets. J'en connaissais qui avait perdu un parent à cause de cela et à dire vrai, je pensais plutôt que c'était à cause de mon respect pour les règles puisqu'il m'était pourtant arrivée de créer des sortilèges d'une efficacité redoutable.

En tout cas, s'il existait un domaine où je manquais de connaissance et de pratique c'était bien la médecine et la pharmacologie et s'il existait un métier qu'il me serait difficile d'exercer ce serait celui de chirurgien. Je vouais une grande admiration pour ces hommes et ces femmes qui parvenaient à toucher à ce qui était associé au sacré - l'individu, son intégrité physique et psychologique - afin d'abréger leurs souffrances et les remettre sur pied, en sachant faire la part des choses lorsque l'on perdait son patient - non pas à cause d'une erreur, d'une négligence ou d'un manque de connaissance -, pour conserver cette empathie, cette foi consistant à élever son art pour le mettre au service des autres, sans volonté de faire le mal, d'être capable de passer à un autre patient sans perdre cette flamme qui les poussaient à se battre contre la Mort ou de s'adapter à une situation inattendue afin de trouver une solution tout aussi surprenante. Bien-sûr, la souffrance et la vue du sang m'avaient fait balbutier plus d'une fois, en tout cas avant que l'occlumancie ne vienne m'apporter un nouvel avantage, un tout nouveau contrôle.

Je me fichais pas mal de savoir si ce Docteur arrivait ou non à mettre un nom sur mon visage. En réalité, il arrivait encore que l'on ne sache pas qui étaient et à quoi ressemblaient les indésirables - ces individus les plus recherchés par l'Intendance - lorsqu'on vivait à la campagne, reclus de tout ou si l'on s'en fichait complètement en dépit des affiches placardées un peu partout en territoire ennemi. Le droit à l'oubli n'existait plus lorsque l'on était une résistante aussi impliquée que moi, mais si cet homme ne savait pas qui j'étais, eh bien c'était un peu comme une bouffée d'air frais, un petit soulagement dans une vie bien difficile, dangereuse et bien remplie, en sachant qu'il existait beaucoup de gens, sans véritables valeurs, autres que celles de l'argent, de la gloire et du racisme, qui seraient prêts à tout pour empocher cette petite fortune que l'on avait placé sur leurs têtes, même s'ils savaient que cela précipiterait la mort de l'individu, son lynchage. C'était ignoble, mais il n'était pas dit que les êtres intelligents - ou prétendus - étaient tous mus par de nobles sentiments et de belles valeurs, tous capables de prendre un risque pour aider quelqu'un de manière désintéressée.

L'absence de valeurs et de compassion étaient un vrai problème, mais essayons de ne pas trop parler de ces fausses valeurs ou de ses faux semblants sur lesquels l'ennemi surfaient afin de manipuler l'esprit des gens, pour les faire adhérer à leur complot. Les nazis aussi avaient agi ainsi par le biais de leur ministre de la propagande. Les gens s'attendaient à voir débarquer l'ogre Russe - la résistance - en tuant, pillant et violant tout ce qui bougeraient sur leur passage. Ils utilisaient nos actions de guerre - même des coups montés - pour renforcer cette impression de menace barbare, même si cela revêtait un désavantage pour eux. C'était ce que contre quoi je luttais avec toutes les bonnes volontés. L'unité puriste serait bien belle si elles ne se fondaient pas sur des inégalités, sur une minorité, sur des mensonges et une barbarie instrumentalisée, sur cette soit disant pureté qui n'existait nulle part ; pas même dans nos actes, pas plus dans cette idée qu'un nom - une famille - vous rendrait meilleure et plus digne que les autres. Il s'agissait d'un régime encore plus inégalitaire, mensonger et criminel que celui de Fudge et de Scrimgeour, sans aucune mesure. Il n'avait fait que basculer dans les ténèbres après un coup d'état, mais il n'était pas meilleur qu'un autre, sinon était-il pire. Mais si le peuple était amener à nous craindre plus, le jour où nous débarquerions, si la situation ressemblait à celle que j'imaginais, tout s'écroulerait pour eux comme un château de cartes.

Pourtant, les sorciers étaient peu nombreux à l'échelle mondiale, contrairement aux moldus et à toutes ces créatures intelligentes contre lesquels les nazis voulaient imposer leur domination. En prétendant s'ouvrir au monde, ils n'avaient fait que se replier sur leurs stupides lois du sang, trahissant par là même leur peur et leurs mensonges. Certains tentaient de se donner bonne image comme Hitler et d'autres en leur temps. On leur mentait tellement souvent qu'à force de voir revenir ces cercueils et de compter les familles endeuillées aucun individu ne pourrait croire que le régime n'était pas une girouette, en porte à faux, car la réalité du champ de bataille était toute autre, bien éloignée des nobles sentiments et de l'absence de dangerosité dont ils voudraient nous faire croire. Etrange renversement en terme de relations publiques après toute cette haine, ces menaces déversées sur les ondes et en public à l'adresse des résistants, après tout les beaux discours de Valverde et des autres tout "aussi emprunt d'humanité" les uns que les autres qui avaient été entendus, tout en sachant que les gens avaient conscience de ce soucis de libertés, de leur volonté impérialiste, de la propension des puissants à soumettre à un serment inviolable quiconque travaillerait pour eux. Le peuple Britannique n'était en rien des nippons impérialistes de l'ère Töjö.

La vérité était-elle une chose que l'on formait ou déformait à l'envie ? Non, à moins de mentir, de vouloir tromper le peuple. Elle n'était qu'une question de point de vue. Pourtant, les mangemorts étaient responsables du déclenchement de la guerre, responsable d'un génocide, de crimes de guerre, de crimes contre la Paix. Ils avaient comploté afin d'abattre le Ministère et imposer leur association de malfaiteurs face à un Etat élu démocratiquement. Le régime Intendant était criminel et illégitime. Hitler, lui, avait été élu en profitant d'un système, d'une situation propice. Les puristes pourraient hurler au mensonge, prétendre ce que bon leur semblerait, les responsables de ces morts, du déclenchement de la guerre c'était eux et leurs complices. Alors oui, dans une guerre il y avait des sauveurs, des héros, des anonymes, des criminels et des tyrans. On se battait, il fallait tuer, mais même dans une guerre il devait y avoir des règles, chose que les nazis de l'Intendance n'avaient pas respectées ; pas plus que les traités, les conventions ou la parole donnée.L'ennemi était fourbe, manipulateur. Une vérité partielle, un mensonge par omission restait un mensonge. C'était même pire. Tout dépendait de la volonté qui se trouvait dissimuler derrière : de l'intention. Comme Hitler le disait : un mensonge est plus crédible lorsqu'il est prononcé entre deux vérités.

Si la guerre revêtait son lot de crimes et de barbarie, les résistants n'exterminaient pas les gens pour leurs différences, leurs opinions divergentes. Ils ne déclenchaient pas des guerres, ne manipulaient pas les gens, ne pratiquaient plus la torture et la peine de mort. Ils n'envahissaient pas l'espace public et privé, n'arrêtait pas les gens en pleine rue sans raison, pour les faire disparaître. Ils n'encourageaient pas les jeunes au crime. Ils ne les jugeaient pas coupables jusqu'à preuve du contraire, pour des broutilles. Non, entre la vérité et le mensonge, entre les sauveurs et les tyrans, il n'y avait pas qu'un pas à franchir. Du moins, lorsque j'observais l'attitude de la résistance et de l'ennemi, je savais parfaitement faire la différence entre les deux. Distinguer le Bien du Mal, aussi, bien que de vous à moi j'avais critiqué l'attitude de la Vague et celle de l'Ordre, mais il n'y avait que des criminels pour pervertir la morale, la Justice, la guerre, la vérité et parfois les résistants. Alors, même si les gens s'en étaient fait une raison puisque le pouvoir et leurs libertés leur avaient été volés sous de faux prétextes, je faisais mon possible pour instruire Ron, pour saisir cette initiative proposée par Benjamin et Sheldon. Oui, nous avions des divergences, des oppositions. Oui, il était possible que nous ne nous apprécions pas, du moins pas toujours, mais j'avais envie de saisir cette opportunité pour changer les choses. Cela n'enlevait en rien au fait que je ne les trahirai pas, que je ne leur mentirai pas tant que je pourrais compter sur eux.

Il n'y avait pas de sauveurs. Il n'y en aurait pas. Quelle que fusse le prix à payer, nous en ressortirions tous perdants, avec le goût amer de la défaite. Il était à parier qu'en cas de libération, les gens aient envie de lyncher les responsables, les collaborateurs, sur de simples rumeurs, sur une envie de vengeance, en profitant de ces comportements que ces criminels barbares leur auraient appris. Le Général MacArthur l'avait déclaré lors de la capitulation inconditionnelle du Japon, en 1945 :" Nous avons connu l'exaltation de la Victoire et la désolation dans la défaite. Si la guerre nous a prouvé quelque-chose, c'est que le bonheur n'était pas là." Vous imaginiez l'immense responsabilité qui était la nôtre - la mienne - que celle d'une femme à la Justice se fichant pas mal des origines des gens, alors que je savais que je serai aussi jugée sur cela. Parce que j'étais née-moldue - et fière de l'être ! - j'avais bien plus à prouver que les autres et je trouvais cela anormal.

Spoiler:
 

Difficile de dire si la froide réalité raméneraient ces sorciers à la raison puisqu'une fois en dehors de Poudlard ils étaient poussés à faire (et à assister) à des choses qui pourraient bien remettre leurs convictions en question, car il était impossible de contrôler totalement l'esprit des gens, surtout sur le nombre et la distance, lorsque les médias passaient de l'incitation à la haine et du terrorisme à l'idée que leurs dirigeants étaient emprunt d'humanisme et d'une pureté digne d'un enfant venant au monde. On ne pouvait les empêcher de penser, même de penser mal. C'était une des nombreuses chimères que les mangemorts espéraient faire croire. On contrôlait par la peur les esprits faibles, par la menace de représailles, par des exécutions, le bourrage de crâne, mais il arrivait qu'à force d'actionner la manette de la meurtrissure, elle finissait par se retourner contre eux, car même les elfes de maison ne faisaient pas toujours ce qu'on leur ordonnait. A force de mentir, on finissait toujours par se contredire. Eccleston avait fait chanter Sheppard sur les ondes en promettant dix exécutions de prisonniers par jour et il avait mis sa menace à exécution. Non, pour moi, vaincre l'Intendance sur le terrain de l'idéologie revenait à parler à un sourd, à un schizophrène et à un amnésique. J'étais évidemment certaine de mes convictions, mais je n'étais pas disposée à discuter ni à traiter avec eux. Ni même avec ces anarchistes. Je voulais juger les responsables et leur infliger un juste châtiment, mais qui serait autre chose qu'une Justice rendue par les vainqueurs, qu'une Justice rendue par la foudre de la violence Divine.

Je n'étais pas certaine de savoir si le Docteur Weiss se souvenait de moi ni si ma fonction de Ministre - certains auraient pu penser qu'il s'agissait d'une plaisanterie - aurait une quelconque utilité dans l'instant présent. Ministre de quoi, d'ailleurs ? Je ne le lui avais même pas mentionnée qu'il avait la malchance de croiser quelqu'un qui était réputée pour être une forte tête, autoritaire et parfois intransigeante, mais loin d'être stupide, contrairement à ceux qui faisaient faussement l'étalage en public de leur humilité alors que leur régime était une dictature basée sur une hiérarchie stricte, ou le concept d'une bande d'amis était contradictoire. C'était oublier les jeunes loups, l'arrivée de ces jeunes formatés pour agir avec ambition, c'était oublier ces manèges qui avaient lieu entre familles soit disant de sang-pur, c'était oublier les rapports de force qui opposaient certains responsables entre eux ni l'aspect criminel.

Je l'ignorais bien-sûr, mais ce Docteur avait assisté à l'exécution publique de John Sheppard ; un parmi des dizaines d'autres. Il avait entendu ces discours de haine, ainsi que ces menaces de mort et sans doute s'en était-il fait une opinion, même si d'après son allure, il ne devait pas trop aimer les questions politiques ni quoi que ce soit qui l'empêcherait de mener sa vie comme il l'entendrait. A moins que je ne fasse erreur. Dès lors, on ne pouvait plus se faire passer pour un gentil agneau remplit d'innocence lorsque l'on agissait ainsi, lorsque c'était ce genre d'exemples que l'on donnait aux autres, à nos enfants, y compris avec ce spectacle morbide des arènes Londoniennes. A croire - et c'était tant mieux - que l'Intendance n'était pas mue que par des intellectuels, lorsqu'il était question de justifier l'injustifiable, de dresser un auto-portrait cachant bien des défauts et des exactions et de mentir encore et toujours. Ce qui était dommage c'était de croire à de telles choses, mais c'était ainsi.

Qu'importe si ce Docteur ne semblait pas impressionner, d'autant que je n'avais pas cherché à m'imposer à lui, non pas par faiblesse ou manque de confiance, mais par psychologie et prudence, car même si une première impression n'était pas toujours la bonne, elle restait malgré tout dans les mémoires, parce que l'on ne pouvait de toute façon gouverner que par deux moyens : la peur ou l'Amour. Préférant la seconde solution, je voulais agir d'une main ferme dans un gant de velour, pour montrer que si une Justice se devait d'être ferme et parfois intransigeante, elle devait aussi se montrer empathique. Il me fallait convaincre sans chercher systématiquement à m'imposer à eux, comme le ferait un puriste, sauf que parfois il fallait un peu brusquer les choses pour tenter d'obtenir des résultats.

Combien de fois m'étais-je faite avoir à cause de ça, hm ? Je n'éprouvais aucun sentiment de supériorité qui devait me convaincre que j'étais une déesse parmi les insectes, qu'en accumulant du savoir et des pouvoirs, je parviendrai à ressembler à Tom Jedusor et à imposer ma vision du monde. Il m'arrivait d'être intransigeante sur mon jugement, de penser que j'avais souvent raison, même si cela était moins souvent le cas qu'auparavant. Et je ne m'épargnais aucune auto-critique. Sans doute était-elle plus sévère que l'opinion publique. Alors, si les gens devaient éprouver du respect pour moi et ma fonction, de la sympathie, je devais leur montrer que sans être parfaite, mes actions ne contredisaient pas mes paroles. La loi au sein de la République mettrait du temps à se bâtir et à être appliquée. Je m'efforçais de faire au mieux, en perdant le moins de temps possible, afin que les gens qui fuyaient l'Intendance ou venaient à tomber sous notre contrôle puissent trouver aide et protection, des gens à qui parler et des réponses à leurs questions.

Je vis ce Docteur retirer sa cape et poser son sac avant de s'adresser à moi d'une voix roque. Mon visage était resté calme et impassible, ne trahissant nullement cette pointe de méfiance qui semblait naturelle avec des inconnus. Je recherchais pas son concours pour aider ces gens, car il s'agissait de ma préoccupation actuelle, d'une question plus importante. Rien ne nous empêchait de manifester un peu de courtoisie, mais avec le temps, j'avais fini par me dire qu'il me serait impossible de me faire aimer de tout le monde, qu'aussi difficile cela pouvait être de se sentir hait ou rejeter, alors que j'agissais le plus souvent de manière désintéressée, c'était ainsi et pas autrement. Petite, je m'étais forgée un masque d'intransigeance, dénué en apparence du moindre sentiment, me faisant passer pour quelqu'un de froide et de hautaine. Il avait disparu grâce à Harry et Ron, en grande partie. Mes actes trahissaient mon envie d'aider les autres, de protéger les plus faibles, de me battre contre l'injustice, même si l'on ne m'aimait pas.

« Ne vous inquiétez pas, je vais m’occuper de ce gamin, je suis assez tenace, je ne lâcherais pas tant que je ne l’aurais pas guéri ! »

J'avais jeté un regard vers Billy avant de fixer le Docteur en hochant la tête d'un air entendu. Celui-ci semblait disposer à tout faire pour le sauver et à me rassurer. Seulement, dans notre for intérieur, lui et moi savions que nous ne serions rassurés que s'il existait des signes visibles de rémission, des chances de survie et pour l'instant je pensais que ses chances de s'en sortir étaient minces, mais meilleures que si ce Docteur n'avait pas répondu à cet appel à l'aide. Pour que cela marche, il fallait que cet homme ait conscience qu'en tant que chirurgien, il avait des devoirs, qu'il n'avait pas à nous forcer la main. Sa responsabilité se basait sur les moyens, non sur les résultats. En dehors des cas d'urgence, il était obligé avant toute intervention, de prévenir le patient, des risques encourus et d'obtenir son accord avant d'agir, y compris sur les complications éventuelles post-opératoire. Si cela n'était pas possible, ce rôle revenait à son représentant légal sinon au médecin-chef ou à la Justice. Atténuer les souffrances lorsque tout était fini, c'était déjà mieux. Commettre un homicide volontaire au motif d'abréger les souffrances, en toute dignité, certainement pas. C'était encourager le meurtre sur des prétextes.

« Cela dit, ça m’aiderait si l’un de vous pourraient me décrire le sort qui l’a frappé, au moins la couleur, peut-être la personne qui l’a envoyé, a-t-il plongé dans le coma instantanément ou est-il rester conscient quelque temps avant de sombrer ? Vous n’avez pas essayé de regarder à l’intérieur de son corps ? Voir ce qui s’y passe ? Il existe pourtant des sorts qui le permettent, j’en ai quelques exemples dans mes livres, oh vous pourriez y jeter un coup d’œil si vous voulez, ils sont dans mon sac. J’ai aussi emmené quelques effets personnels qui pourront nous êtres utiles. »

J'ouvris la bouche sans qu'aucun son n'eut le temps d'en sortir. J'allais interroger O'Brien lorsqu'il anticipa ma question. Regarder à l'intérieur de son corps, pour voir ce qui s'y passait, était sans doute venu à l'esprit de l'un des médecins, mais j'aurai eu bien du mal à m'y résoudre, en sachant que le spectacle ainsi offert était peu ragoûtant. Quand bien même, j'aurai été incapable de faire davantage, d'établir un bon diagnostic et de le soigner, à moins de rattraper à vitesse grand V mon retard en matière de médecine. Autant dire que cela m'aurait pris des mois, sinon des années, et que je n'avais pas que cela à faire, sans parler du pauvre Billy et des autres qui risquaient leur vie sur leur paillasse. De toute façon, si ce maléfice ne semblait pas l'avoir tué sur le coup, il était évident que sa survie était une question d'heure et dans les mains de ce Docteur. Des livres ? Jeter un coup d'oeil ? Oh eh bien puisqu'il m'invitait à le faire avec une telle gentillesse, pourquoi pas ? Cela me permettrait sans doute d'assouvir ma soif de connaissances et d'en apprendre un peu plus sur ce Docteur. Lui adressant alors un sourire amical, j'avais d'abord écouté 0'Brien :

- "Je... euh... c'est difficile à dire puisque cela est arrivé dans le feu de l'action, mais je crois avoir vu... enfin, j'en suis pas certain... On... on aurait dit une sorte de rayonnement... hum... de couleur violette, je crois. Il s'est écroulé, comme foudroyé...", rétorqua Miles O'Brien, les sourcils froncés, avant de se masser la nuque avec la main droite, visiblement embarrassé et préoccupé par la survie de ce gamin. "Mais vous savez... avec tout ces inferii que l'ennemi utilise, je ne sais pas... Vous pensez qu'un tel monstre serait capable de faire ça ?"

J'étais au courant pour les exécutions de prisonniers, de blessés, pour l'absence de quartier de la part de l'ennemi et aussi pour l'usage massif d'inferii puisque nous étions toujours sur le théâtre d'opérations. Je disposais de témoignages qui venaient étayer l'idée que cette bataille était en elle-même un crime contre une espèce intelligente, un crime de guerre et un génocide. Mais à ma connaissance, sans être une experte en magie noire, comme pouvait l'être Kingsley, je ne pensais pas qu'un inferius était capable de cela. Il s'agissait d'un cadavre sans âme, incapable d'agir comme un être à proprement parler ou à pratiquer la magie. Etudier la magie noire, bien qu'illégale, n'était pas forcément interdite si cela devait permettre de trouver des moyens de la combattre. Cela deviendrait un soucis si l'on se laissait pervertir par elle et c'était pour cela qu'elle avait été interdite bien avant le retour du mage noir, pourquoi l'on avait interdit son apprentissage à Poudlard, hormis pour certains étudiants en dernière année dans le cadre d'une étude poussée en Défense contre les Forces du Mal, car cela demandait une maturité que peu disposait.

Le Docteur vida ses poches, celle de sa cape aussi, sans oublier son sac. Je vis quelques vieux grimoires, de petits sacs contenant des potions, des herbes, des liquides, des pates enfermées dans des fioles et des flacons en verre, des champignons classiques, mais ce qui attirera tout de suite mon attention ce fut ces seringues, ce kit de suture et ces médicaments moldus que je ne m'attendais pas à trouver chez un guérisseur sorcier. Devais-je en déduire que cet homme n'était pas tout à fait anti moldu ? Difficile à dire, mais cela restait un indice intéressant. D'autres éléments - comme ces paires de chaussettes en laine - me firent un peu penser à Hagrid, lui qui avait tendance à dissimuler dans ses poches des tasses ébréchées, des sandwichs à l'hermine (beurk !), des sachets de thé, des chaussettes, de la viande crue pour Croquedur et un peu de tout et n'importe quoi. A quoi pouvait bien servir ces chaussettes hormis à ne pas avoir froid aux pieds l'hiver ? Oh surement pas à libérer ces pauvres elfes de maison en tout cas !

« Qu’est-ce que je fous avec ça moi ? Putain, je sais même pas à quoi ça va me servir, si vous voulez taper dans mes divers remèdes ou potions, servez-vous, je les ai fait pour ça et, je peux les refaire, c’est fou le nombre de potions que l’on peut confectionner rien qu’en fouillant les poubelles. »

Les poubelles ? J'avais haussé un sourcil en le voyant déballer le contenu de ses poches et mentionner de manière un peu vulgaire qu'il ne savait pas du tout à quoi pouvait bien servir ce machin qu'il tenait dans sa main. J'aurai trouvée cela dégoûtant, mais depuis le temps que je vivais comme une hors-la-loi... Cela me laissait donc croire qu'il avait trouvé ses objets dans des containers, peut-être sur des cadavres et peut-être lui avait-on remis certaines de ces choses en compensation. Ce "bordel organisé" comme le dirait Ron me donnait le sentiment de quelqu'un qui prenait peu soin de lui, qui devait être excentrique, curieux de tout au point de se faire sa petite collection et doter d'un grand sens pratique en dépit des apparences. Peut-être étais-ce aussi le signe d'une peur quelconque, mais je n'étais pas certaine de pouvoir affirmer une telle chose. En tout cas, j'appréciais son élan de générosité, sa gentillesse, même si elle ne devait pas occulter mon jugement. Par les temps qui courraient, cela cachait souvent quelque-chose, mais il arrivait aussi que cela ne fusse que purement désintéressé.

Quant à me servir dans ses potions, tant que je ne savais pas quels étaient les ingrédients utilisés, sans connaître l'usage et la posologie, je préférais m'abstenir. Impossible d'utiliser cela sans en connaître l'usage et les risques. Cela me semblait plus raisonnable, mais peut-être accepterait-il de m'en parler et de m'apprendre à les réaliser lorsqu'il aurait sauvé ces gens ? L'autre soucis était que je ne pouvais rien accepter qui pourrait apparaître comme une preuve de corruption. Il me fallait attendre la fin de cette situation de crise pour pouvoir en discuter de manière plus sereine. Alors, tout ce que j'avais fait c'était observer les bocaux, les fioles et flacons qui ne comportaient aucune mention particulière ni étiquette avant de les remettre à leur place. C'était intéressant comme approche de la médecine expérimentale et comme manière de se débrouiller, avec ce que les gens rejetaient pour en faire un moyen de survie. Je n'avais rien contre, s'il n'y avait pas d'effets secondaires ou néfastes.

- "Il s'agit d'un kit de suture... ce que vous tenez dans la main.", fis-je avec gravité, en lui montrant le kit d'un geste de la main. Les moldus s'en servent pour recoudre les blessures, à la suite d'une opération chirurgicale. Bien-sûr, ils utilisent préalablement des mixtures afin d'épargner au patient la souffrance. Ils sont capables d'endormir une zone ou de vous endormir complètement. Même après l'opération, on leur donne des anti douleurs qui sont efficaces. Il existe également ce que l'on nomme des sutures organiques. Elles se résorbent au bout d'un certain temps, sans danger."

Sans doute n'en aurait-il rien à faire. Recoudre restait malgré tout une opération qui exigeait de grandes qualités, surtout de la précision, de la dextérité ainsi qu'un certain sang froid, car cela restait quelque-chose de difficile ; en dehors des sutures que l'on utilisait pour recoudre une légère blessure à l'arcade sourcilière par exemple. Poser des agrafes ou utiliser une aiguille recourbée, c'était une autre paire de manches. En tout cas, la médecine moldue avait bien progréssée en l'espace d'une trentaine d'années. Je me souvenais de mon père, Wendell Granger, dentiste, qui s'était fait mordre par Boby Fenwick. Il avait eu dix points de suture ! Qu'est-ce qu'il avait pris cher ! Hihihi ! hum... Oh à voir comme ça, c'était effrayant. On aurait dit du fer barbelé aspergé de bétadine (un désinfectant moldu). Horrible ! Arf... mon dieu... J'espérais ne pas le voir me demander une démonstration. Peut-être sur un roti de lama ? Hihihi ! Quoi ? C'était du pareil au même, non ? Hihihi ! Hum...

Quoi qu'il en soit, le Docteur Weiss se pencha sur son patient afin d'écouter les battements de son coeur tout en prenant son pouls au niveau de l'un de ses poignets. J'étais suspendue à son diagnostic en ne sachant toujours pas si Billy avait une chance de s'en sortir. Lorsqu'il se redressa, il lança un sortilège qui rendit la peau du jeune homme transparente, ce qui ne provoqua chez moi aucune réaction à cause de ma barrière mentale. Sans elle, j'aurai sans doute eu un choc puisqu'il ne s'agissait pas d'un acte ordinaire. J'étais, certes, curieuse, mais pas à ce point-là. En attendant son opinion, j'avais laissé O'Brien et d'autres observer la scène tandis que je jetais un oeil sur ses grimoires. Des livres de médecine magique, hormis celui traitant de la nécromancie. Aïe... Que faisait-il donc avec un livre traitant de la manière de réanimer les morts, de leur "redonner vie", mais sans leurs âmes, d'obtenir des pouvoirs de la vie et de la mort, dans le sens le plus proche ? On pouvait aspirer, se servir du souffle vital d'un être vivant, comme le ferait un détraqueur, on pouvait créer des inferii, obtenir des pouvoirs obscurs à partir des morts et on pouvait même la donner, le cas échéant. C'était de la magie très noire, un acte contre Nature, très dangereux. La création et l'utilisation d'inférii étaient d'ailleurs passibles de la réclusion criminelle à perpétuité au sein de la République.

« Ne vous en fait pas, c’est un sort mineur, il ne sent rien du tout. Je le sais pour avoir expérimenté ce sort sur moi avant de l’utiliser sur un patient. Je dois dire que c’est assez amusant de voir son propre cœur battre ou ses intestins fonctionner, ça montre à quel point le corps humain est à la fois beau et, parfaitement dégueulasse à regarder comme ça. En tout cas, si vous voulez voir, ou faire quelque chose, allez-y, je suis preneur de toute aide, tant que l’on ne contestera pas mes manières de faire. »

Certes, la nécromancie servait aussi en matière de divination. On utilisait la magie du sang afin de connaître des parcelles de la vie de la victime, voire faire appel à son âme qui asservie servirait votre volonté selon ses capacités. Je traitais d'ordinaire la magie noire comme quelque-chose d'infecte, de dangereux, de contre Nature, mais le danger pour moi résidait dans la capacité qui résidait chez un nécromancien d'entrer en contact avec les morts. Je songeais aux tableaux de Poudlard, au portrait de Dumbledore qui devait peut-être toujours se trouver dans son bureau. L'idée d'entrer en contact avec Harry ou Dumbledore m'avait traversé l'esprit, mais cela n'aurait pas été une bonne chose. Cela aurait été se bercer d'illusions, vivre dans le souvenir. Quelqu'un de faible, tenterait de ramener Harry ou Albus en commettant la même erreur que l'un des frères Peverell avec les reliques de la Mort. On ne plaisantait pas avec elle. Seul un fou oserait s'attirer son courroux et seul un sage saurait l'éviter.

- "C'est... fascinant, en effet, Docteur.", répondis-je avec politesse.

Sa responsabilité pouvait être engagée si tous les moyens n'avaient pas été mis en oeuvre afin d'affiner son diagnostic puisque l'erreur en soi n'était pas condamnable. Jusqu'à présent, ses actes correspondaient à ceux d'un chirurgien respectable, n'oubliant pas ses devoirs ni l'immense responsabilité qui était la sienne et c'était cela que je trouvais le plus rassurant. Seulement, il y avait ce grimoire qui suscitait quelques questions légitimes et une certaine inquiétude. Bien entendu, je n'en tirais pas de conclusions hâtives, même si l'envie aurait pu être forte. Quelqu'un de trop zélé aurait pris cet indice compromettant comme un aveu de culpabilité. Or, cet homme avait des droits, notamment celui d'être considéré comme innocent jusqu'à preuve du contraire, de ne pas être placé en détention préventive sans raison valable et ce n'était pas parce que nous étions en guerre que je devais céder à ma volonté de fliquer chaque centimètre carré de la vie de mes concitoyens. Cela ne me disait pas pourquoi il avait ce livre sur lui, car le simple fait de détenir un tel objet pouvait lui valoir des poursuites judiciaires : par curiosité, volonté de s'en servir ou pour faire le mal ? Libre à moi de lui poser mes questions et j'espérais voir cet homme comprendre que la Justice de Grande-Bretagne ça ne consistait pas à agir de manière tyrannique, à envahir sa sphère privée sans raison légitime, sans trop lui reprocher ses goûts douteux, mais qu'il existait des choses qui seraient non négociables, intolérables.

Oui, on pourrait prétendre que je n'étais qu'une insupportable je-sais-tout, une abomination, une sang-de-bourbe, un tyran, je me soulageais en pensant qu'il existait bien pire qu'une femme généreuse, sensible, intelligente et douée de raison. Qu'il ait l'air d'un indigent, je m'en fichais. Si j'avais eu quoi que ce soit à lui donner - comme une couverture, un sandwich ou un peu d'argent - je l'aurai fait volontiers, sans rien attendre en retour. Mais par les temps qui courraient, on avait pas forcément les moyens de porter des vêtements neufs ou de marque et puis cela n'avait aucune importance. La seule tenue que l'on m'avait prêté - une veste beige, une chemise blanche et une jupe noire - ne provenait pas de la haute couture. Je ne l'avais utilisé qu'une fois, lorsqu'il fut question pour moi de présenter à l'Assemblée ma première loi condamnant les crimes contre des espèces intelligentes, les crimes contre la Paix, les crimes de guerre, les crimes d'eugénisme et le génocide. Heureusement, l'occlumancie bloquait ce qu'il fallait afin de moins me compliquer cette tâche qui consistait à définir quelles décisions il me fallait prendre pour que les droits de ce patient et des autres soient respectés.

En tout cas, je savais bien qu'il émanait chez cet homme une curiosité qui conférait parfois au morbide. Quelle idée d'utiliser un tel sort sur soi ! Beurk ! Qu'importe que je fusse teintée d'une certaine perversité, je ne possédais pas ce genre d'attrait pour l'exhibitionnisme, l'absence de pudeur. Eh bien, quoi ? Cela vous prenait-il souvent de montrer votre colon à n'importe qui ? Non, mais franchement !? Médecin, apprend à te soigner toi-même, disait le célèbre adage ! Oui, le corps humain revêtait une certaine beauté que je plaçais sur une grande ingéniosité de la part de la Nature. Quant à le comprendre c'était une chose, le voir en fonctionnement ou s'observer soi-même avec les tripes à l'air, cela avait quelque-chose d'indécent et de perturbant. S'il ne fallait pas demander comment était confectionnée les saucisses que nous mangions, pensiez-vous que j'étais capable de pousser le vice jusqu'à suivre son cheminement depuis ma bouche jusqu'à mon.. hum... ?

« Je viens de mettre le doigt sur le dit sort, c’est curieux, voyez comme il se répand dans le corps, on dirait une sorte de fumée. »

Je me demandais surtout s'il était capable de soigner ce mal et aussi de ne pas perdre de temps précieux alors que la vie d'un individu était en jeu. Quant à mettre le doigt sur le dit sort, je préférais ne pas formuler de mauvais jeu de mots. Hum... Non, Hermione, tu devrais vraiment agir avec plus de prudence. Heureusement que personne n'était capable de lire dans tes pensées. Imagine que l'on s'aperçoive que tu disposais d'un esprit mal tourné ? Oui, bon d'accord. Avec Ron c'était déjà chose faite. Malgré tout, je m'étais penchée un bref instant afin d'observer cette espèce de fumée qui voyageait autour des organes vitaux de la victime. Je pensais que sans ma barrière mentale j'aurai inspirer tellement fort, avec les yeux écarquillés et la bouche ouverte, que j'aurai ressenti la même chose que la fois où j'avais avalé pour la première fois du polynectar.

- "Pensez-vous pouvoir le sauver ou comprendre ce genre de symptômes, Docteur ?", fis-je en soupirant légèrement. Il y a quelques années, j'ai été frappée par un maléfice qui m'a plongé dans le coma, en créant une hémorragie interne. Visiblement, cela n'a rien à voir...", lui demandais-je pour me renseigner et essayer d'être utile.

Il n'émanait pas de moi de volonté de faire du mal aux gens, ni de leur mentir, pas même par omission, mais plutôt de tout faire pour les protéger sans envoyer personne à la mort, surtout pas sur des motifs discriminatoires. Je me fichais des origines. J'étais curieuse des Centaures et des Êtres de l'eau, je me fichais pas mal de l'origine des humains, de leur capacité à pratiquer ou non la magie. Si j'avais été un dictateur, aucun de mes seize premiers projets de lois n'auraient été dans le sens de la préservation des gens, sans distinction. Un jour, peut-être, auriez-vous l'occasion de les lire, de les comparer avec d'autres, et de vous demander ce qui était le mieux pour l'avenir de vos enfants. Peut-être n'étais-je qu'une parjure, quelqu'un à même de vous envoyer en prison ou à la mort pour n'avoir eu qu'une opinion différente de la mienne. Observez bien mes réactions, la manière dont je traitais les gens, comment le Tribunal de la République jugeait ceux qui abusaient de leurs libertés. Observez bien le Premier-Ministre, le Chancelier, chacun des membres de notre Gouvernement. Amélia Bones restait en ma mémoire comme la femme qui s'était opposée à Cornelius Fudge, qui avait fait respectée le droit, lorsque Harry avait été mis en accusation de manière abusive devant le Magenmagot. Je louais cette femme pour son intégrité, sa force morale, pour s'être battu alors qu'on l'assassinait. Sa fille pouvait être fière de sa mère, tout autant que je l'étais.

Seulement, ce bon Docteur s'estimait peut-être en droit ou en mesure d'imposer ses conditions, je devais l'assurer qu'il pourrait essayer de me convaincre à propos de pratiques hors norme, mais qu'il y aurait toujours quelqu'un de mandaté pour estimer, si oui ou non, il était possible de faire telle ou telle chose. Être un tyran c'était appartenir à l'Intendance ou au Ministère de la magie. Or, je n'en faisais pas partie et je n'agissais pas comme eux. Je me doutais que ce Docteur n'apprécierait pas. Peut-être me verrait-il comme un tyran, alors que j'aurai pu braquer une arme sur sa tempe, le menacer de mort, ou le placer en détention sans me soucier de ses droits. Or, c'était tout le contraire. Je ne m'appelais pas Jedusor, Vaas, Alexëiva, Eccleston, Witcher, Crow ou... Mulciber.

"Sachez que vous êtes libre d'agir en toute indépendance, mais ici mon rôle consiste à défendre les droits de ce patient. Le vôtre est de soigner, d'expliquer les risques liés à vos méthodes et à assumer les conséquences de vos actes. Vous pouvez être contre, mais ici vous n'avez aucun pouvoir de Justice ni celui de décider à la place du patient, contrairement à moi. Par conséquent, je vous demanderai de ne lui faire aucun mal, de bien estimer les risques et de ne pas employer la nécromancie.", fis-je avec gravité, sans animosité, mais avec calme.

C'était à lui de décider : j'étais là pour protéger la vie, son intégrité, pour que l'on sauve ce jeune homme en faisant respecter un cadre légal, pas pour que l'on se serve de lui sans son consentement ou de manière douteuse, comme un vulgaire sujet d'expérimentation. Bien que dans le coma, Billy avait des droits et c'était une raison de plus pour moi d'agir pour veiller à ce qu'ils soient bien respectés et bien traité. Si ce Docteur utilisait un traitement maison, étrange mais efficace, je m'en fichais. Par contre, tous ici étaient soumis au respect des mêmes règles et il n'y aurait aucun passe-droit. S'il devait utiliser une technique sortant de l'ordinaire ou quelque-chose de dangereux, il lui fallait mon accord. Mais, évidemment, si ce Docteur souhaitait m'imposer son point de vue, en me faisant miroiter la vie de son patient entre ses mains, il trouverait la réaction qui suivrait fort désagréable, mais justifiée. En tout cas, je ne lui avais pas souligné que le simple fait de détenir un grimoire de nécromancie pouvait l'exposer à des poursuites pénales, que dans les circonstances présentes je trouvais cela suspect, mais pas au point de l'accuser. S'il l'empoisonnait ou s'il mettait un terme de manière volontaire ou involontaire à la vie de Billy, si cela débouchait sur une infirmité par sa faute, il risquait de passer un long moment en prison. Et puis, comme je le répétais sans cesse : rendre la Justice, ça n'était jamais aussi facile que l'application stricte d'un Code de lois.

"Je préfère laisser une infirmière plus qualifiée vous aider, mais elle agira sous votre responsabilité. Plus nous discutons, plus cet homme se meurt... Mais si vous voulez discutez, peut-être allez-vous m'expliquer pourquoi vous trimbaliez ceci ? (je lui montrais le grimoire de nécromancie qui reposait entre mes mains). Vos actes ont été jusqu'ici ceux d'un médecin honnête et soucieux de ses patients. Vous exigez que l'on ne remette pas en question vos méthodes ? Je ne vous accuse de rien, mais permettez que je prenne certaines précautions. Faîtes ce que vous pourrez, mais si vous devez utiliser un remède ou une technique comportant des risques - y compris post-opératoire - ou de la magie noire, je tiens à en être informée avant toute action."

J'étais navrée. Le laisser agir à sa guise, c'était prendre le risque de laisser quelqu'un que je ne connaissais pas aller trop loin, quitte à utiliser des méthodes illégales, contre Nature, à banaliser des comportements criminels que la morale réprouveraient. Je ne pouvais pas ignorer ce grimoire de nécromancie et je ne pouvais pas non plus l'accuser d'en faire la pratique. Cela étant, ma responsabilité consistait à agir avec prévention afin d'éviter d'éventuels abus, à ne pas être complice de ses actes. J'avais fait mon devoir d'assistance, mais la situation présente exigeait de moi de prendre du recul pour faire respecter les consignes de sécurité et de prudence. C'était une question de droit humanitaire. Je n'étais pas trop intransigeante évidemment, car sans avoir les connaissances médicales appropriées, je me doutais qu'il était parfois difficile de ne pas utiliser la magie noire pour contrer ses effets et obtenir un résultat bénéfique. Il s'agissait ici d'un cas de force majeure.

En tout cas, nul n'était censé ignorer la loi. Par conséquent, je devais cesser de rechercher l'assentiment des gens, leur sympathie, pour faire ce qui me semblait juste. Hélas, être Ministre de la Justice consistait à agir avec autorité, mais humanité, lorsque cela semblait nécessaire, à maintenir droite la balance de la Justice face à tant de personnes cherchant à la faire basculer de leur côté. Par contre, au nom d'Apollon et d'Esculape, de Lustitia, de Thémis et de Némésis, je rappellerai quelques extraits du serment moderne d'Hyppocrate afin de vous faire comprendre pourquoi j'étais obligée de remettre un peu d'ordre dans le rôle qui était dévolu à chacune des personnes ici présentes. Si bon nombre de crimes étaient commis à St-Mangouste et peut-être dans les camps de soins de l'ennemi, sans soucis pour la dignité et la morale, au point de ne pas appliquer le serment d'Hyppocrate, ce ne serait pas le cas ici :

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.

J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission.
Ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les moeurs ni à favoriser le crime...

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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Ven 13 Mar - 22:18

La nécromancie ? Elle lui demandait de ne pas employer la nécromancie ? Mais, bordel, pourquoi utiliserait-il cette connerie de nécromancie ? Il était un guérisseur, peut-être par le plus respectable ni le plus doué, cela dit, jamais il n'utiliserait des sorts liés à une branche de la magie aussi répugnante (et des trucs répugnants dans sa vie, Gordon en avait vu plus qu'il n'en faut). Il dut ainsi se retourner, pour voir de quoi parlait la jeune femme et, tomba nez à nez avec son vieux grimoire traitant de ladite nécromancie. Ah … Normal qu'elle s'interroge, normal aussi qu'elle soit soupçonneuse, lui aussi se serait soupçonné, après tout ce n'était bien curieux que de se trimbaler avec un tel livre dans son sac.

En réalité, il avait tout bonnement oublié l'existence de ce livre dans ses affaires, il avait dû le prendre sans y faire gaffe, traînant parmi ses grimoires moins morbides traitant des différentes médecines magiques. Sur le coup, le petit homme ne sut quoi dire, mince alors, allait on l'enfermer quelque part maintenant ? L'idée même d'être enfermé lui donna des frissons dans le dos, quelle horreur, il en deviendrait fou à lier. Finalement, il répondit d'un ton calme, quoiqu'un tantinet irrité (après tout, il n'avait jamais été un modèle de savoir-vivre) :

« Non sérieusement, vous me prenez pour qui ? Je ne vais certainement pas user de nécromancie pour soigner ce gosse. Je suis un guérisseur moi, pas une espèce de taré qui s'amuse avec la magie noire, si vous voulez savoir. Je n'ai jamais employé de méthode contre nature ou fait d'expérimentation sur aucun de mes patients ! »

Ouh, le vilain menteur, vilain menteur, c'était nécessaire de mentir. Il n'allait certainement pas parler à cette jeune femme des expériences qu'il avait fait avec ce sorcier français, cela appartenait à un lointain passé, qui devait rester cloisonner dans ses souvenirs. Peu importe, c'était du passé justement et, il n'était pas con au point de faire des trucs suspects sur un gamin hors la loi, tout en étant entouré d'hors la loi, il avait un certain sens de la survie et, de la logique (combien de temps pourrait-il s'amuser avant qu'on ne se jette sur lui et mette fin à ses agissements ? De plus, ce n'était pas comme s'il était un fin duelliste …). Il continua donc sur sa lancée, tout en prenant quelques fioles parmi ses échantillons, dont une vide.

« Je n'y tiens pas particulièrement à ce livre, si vous voulez le détruire, le brûler où en faire du composte, libre à vous, je ne vais pas vous en empêcher. »

Il renifla, goutta quelques potions, c'était comme ça qu'il les reconnaissait.

« Un homme m’a refilé ce livre, faisant miroité le fait que je pourrais ressusciter ma femme avec la nécromancie, j'ai été assez bête pour le croire. J'ai lu ce livre, constater que je pourrais effectivement le faire, si j'avais envie de réanimer un zombie et non une réelle personne, ce n'est pas intéressant, ni très intelligent de faire ça. La nécromancie ça n'a rien à voir avec l'art de guérir, je répare les corps moi, je ne m'amuse pas à en faire des monstres. Quand je parlais de mes méthodes tout à l'heure, je parlais surtout du fait que j'ai tendance à tester sur moi les diverses potions et sorts de guérisons, avant de le tester sur le patient, j'ai aussi tendance à m'inoculer à moindre dose le même mal que souffre le patient, pour être sur de ce que je fais. C'est un peu dingue de faire ça, peut être mais, c'est drôlement efficace, surtout lorsque le dit patient est dans le coma. »

Il brandit une fiole dans laquelle il avait récupéré un peu de cette fumé en pratiquant une petite incision sur le corps de son patient (à l'aide d'un scalpel, un des siens, toujours parfaitement propre, contrairement au reste de sa personne).

« Maintenant si vous voulez savoir, je pense avoir cerné le problème. J'ai bien vu ce qui ce passe dans son corps et, ce putain de maléfice est en train de lui bouffer ses organes de l'intérieur. J'ai encore le temps d'agir avant que le cœur et, le cerveau ne soient atteints, ce sont des organes difficiles à réparer, contrairement aux autres. Alors, je veux bien une infirmière, cela me serait en effet utile, quelqu'un d'expérimenter. Ensuite, quand j'aurais sauvé ce gamin, vous pourrez m'interroger plus profondément à propos de ce livre ou n'importe, tant qu'on m'enferme pas. Après tout, vous n'avez jamais eu la curiosité de le lire un livre, même un livre à l’apparence suspecte ? »

Il lui lança un regard interrogateur, tout en aspirant l'une de ses potions dans une seringue, une forte
dose. Le guérisseur savait que cette potion pouvait aider, au moins à ralentir le processus en créant une sorte de protection autour des organes néanmoins, cela ne faisait pas des miracles et, Gordon espéra que la jeune femme allait lui laisser le temps nécessaire pour sauver son patient. Elle semblait intelligente, elle n'allait pas prendre de décision inconsidérée à cause d'un malheureux livre.

Observant de plus près la fumée emprisonner à l'intérieur de la petite fiole, Gordon vit qu'elle avait quelques reflets violets, ainsi l'autre homme avait bien dit vrai. Les sortilèges de couleur violette étaient toujours les plus vicieux, du moins de l'avis du guérisseur, qui en avait conclu que parfois les couleurs avaient leur importance. Le petit homme hésita, devrait-il vraiment reprendre ses vieilles habitudes et, s'amuser à avaler, sniffer, s'injecter, la maladie et autres tares de son patient ? En même temps, il n'avait pas toute la journée et, c'était sa méthode non ? Alors, il en sniffa une infime partie, rien qui pouvait le plonger dans le coma, du moins l'espérait-il. C'était une étrange matière que ce maléfice, capable d'être prélevé comme un liquide, ce qui n'était pas forcément le cas de tous les sortilèges. Mais, la magie noire étant très particulière, cela ne l'étonna pas outre mesure.

Quoi qu'il en soit, cela lui brûla littéralement l'intérieur du nez, le faisant ainsi abondamment saigner, il avait la sensation de petites dents le grignotant de l'intérieur, heureusement que le pauvre gosse était plongé dans le coma, sinon la douleur, affreuse ! En tout cas, cela lui permit de confirmer son diagnostic ou du moins, de lui prouver qu'il était sur la bonne voie. Sans perdre plus de temps, le petit homme injecta le remède dans une veine du bras du jeune homme, ayant une bonne expérience de ce genre de geste (son passé de camé pouvant aider dans ce genre de moment). Ce n'était pas la première fois qu'il se confrontait à ce genre de maléfice, ce qui ne l'empêcha pourtant pas d'aller consulter l'un de ses livres de médecine (et non celui de nécromancie, qui n'aurait été d'aucune aide, sauf s'il désirait changer son patient en inférie (et à quoi lui servirait un putain d'inférie ?)). Tout en déclarant d'une voix toujours aussi calme mais, commençant à avoir marre de bavarder :

« Je me doute que vous vous inquiétez des différents effets secondaires de mes potions. Je ne vais pas cacher qu'elles en ont, pour les avoir toutes tester, elles ont quelques effets indésirables. Mais, ce n'est pas plus méchant que des plaques rouges sur le corps ou encore des vomissements, possible qu'il se réveille avec une migraine ou un peu anémier, ce qui n'est pas si grave en soi. »

Enfin, le petit homme trouva le chapitre qu'il voulait, prenant le livre (ainsi que lunettes toutes rafistolées et, dont un verre manquait, qu'il plaça tout même sur son nez douloureux), Gordon s'empara de quelques autres potions, poudres et, pattes, tout en cherchant les quelques sorts possibles contre ce mal.
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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Dim 29 Mar - 3:01

"Soyons optimistes : la médecine a découvert plus de remèdes qu'il n'y a de maux" - Alfred Capus

Oh il pouvait bien me faire son numéro de : "la nécromancie ? Pourquoi utiliserai-je une telle chose ? Je suis un guérisseur respectable, moi Mademoiselle !", que le flic qui était en moi aurait eu du mal à croire à pareille sornette. Ce docteur à l'allure excentrique et aux odeurs plutôt nauséabondes était-il en train de me jouer la scène de l'honnête citoyen scandalisé par le fait que l'on ait osé mettre son intégrité en doute alors qu'il venait d'être pris pour ainsi dire la main dans le sac ? A l'évidence, je me serai attendue à une explication plus circonstancielle, comme celle qui aurait consisté à me déclarer qu'il l'avait trouvé lors de l'attaque de l'université de Glasgow ou ailleurs, même s'il aurait fallu me justifier pourquoi il l'avait conservé dans ses affaires de médecine. Mais qu'importe... Je m'étais retrouvée fut un temps avec un livre de magie très noire dont seul Ron connaissait l'existence. Je l'avais dissimulé par le biais de la magie en le faisant disparaître afin d'être la seule à pouvoir le récupérer. Je ne m'en étais jamais servi, hormis pour offrir à Harry des informations sur les manières de détruire un horcruxe. Aussi, si le fait de détenir un tel objet ne faisait pas forcément de lui un coupable, je n'avais pas l'intention de placer ce docteur en garde à vue sans avoir des raisons de le faire.

Voilà une des raisons qui me poussait vers la légilimancie, car si mon instinct de limier, l'attrait pour les casses-têtes m'incitaient à établir des raisonnements déductifs et à rechercher des indices, ce n'était pas facile de trouver des explications. Savoir détecter le mensonge et sonder les esprits pour se faire une opinion était à mes yeux un avantage, à condition de ne pas avoir affaire à un occlumens expérimenté ou à une créature dotée naturellement de ce don. Je savais que l'on retrouvait des légilimens au Ministère, à la Justice magique. Bien-sûr, son usage devait être réglementé, tout comme l'usage de certaines potions comme le véritaserum, le felix felicis, l'amortensia ou le polynectar. Qu'y avait-il dans les potions du docteur Weiss ? Je n'en avais aucune idée, mais nous aurions l'occasion d'en discuter plus tard. Dans l'immédiat, je voyais une autre priorité : celle de sauver la vie à Billy, qui n'était pas un ami, mais l'une de nos nouvelles recrues, un jeune homme qui avait connu son baptême du feu ici même. Peu importait l'opinion de mes détracteurs. Aucun d'eux n'était légitime ni suffisamment blanc comme neige. J'avais eu la confiance de Dumbledore, celle de Harry, de Kingsley, de bon nombre d'alliés pour soutenir mes démarches, parce que j'avais acquis ma position par ma résistance, mon travail et mes alliances, parce que contrairement à eux je n'avais pas une opinion sur estimée de mon importance.

Je m'étais inquiéter à propos de cet homme parce que je craignais que sous le voile des apparences se cachait un monstre que je devais combattre, au cas où il chercherait à me faire avaler des couleuvres. Peut-être ses connaissances lui permettraient-elles de tuer sans laisser de traces, en prenant des excuses pour se dédouaner de son geste, de sa responsabilité. Parce que, si j'estimais avoir encore le coeur assez pur et généreux, même envers des gens qui n'attendaient que ma déchéance ou ma mort pour imposer leur loi, je ne fonctionnais pas ainsi. Même un individu qui aurait ma vue en horreur, mais qui souffrirait d'une blessure ou de la faim, trouverait toujours en moi une assistance. L'abnégation nécessitait un courage et une force de caractère que peu possédait. A mes yeux, le Pouvoir était mieux servi par des gens qui ne l'avaient pas recherché, mais qui l'avaient obtenu des circonstances. Je m'étais opposée à Ron dans l'intérêt général, parce que personne n'avait osé; pas même Minerva ou Kingsley. En moins de six mois, j'avais relancé l'Ordre, je lui avais rendu son âme originelle, j'avais rétabli la démocratie, répondu à Benjamin et à Fergie. J'avais reçu Minerva non pas en traître, mais en amie, comme une étudiante reconnaissante. Aujourd'hui, si la résistance ou l'Histoire oublierait peut-être le rôle majeur que j'avais joué dans cette alliance et cette République, on ne pourrait pas m'accuser d'avoir imposer mon opinion.

Etais-je trop suspicieuse ? Sans doute, à l'occasion. Le problème lorsque l'on était traquée comme un animal dangereux en cavale, c'était le développement de l'instinct de survie, l'excès de prudence, la propension à penser comme les criminels afin d'anticiper, d'être toujours sur ses gardes. Si vous saviez le nombre de fois où j'avais échappé de peu à ce qui ressemblait à une situation banale... Evidemment, si la phrénologie était une supercherie, le profilage psychologique s'avérait,lui, un domaine d'études passionnant et scientifique, bien qu'il n'était pas parfait. C'était le cas des sciences humaines. C'était une démarche dangereuse puisque la logique et mes certitudes pouvaient être mises à mal avec certains sociopathes, psychopathes et serial killers. Non pas que je pensais à l'heure actuelle être en présence de l'un d'eux, mais j'étais du genre à envisager toutes les hypothèses, même les plus improbables. Il fallait toujours se méfier des apparences, observer et faire fonctionner son esprit critique. Croire en un mensonge, personne n'y était à l'abri, mais si vous vouliez mon avis, je ne possédais qu'une confiance limitée face au détecteur de mensonge moldu, que l'on pouvait faire mentir si l'on savait comment s'y prendre. C'était un peu la même chose avec les physionomistes. Si dans la plupart des cas, les micro expressions nous trahissaient, je me disais qu'un occlumens, lui, ne tomberait pas dans le panneau.

Alors, lorsque je le vis se retourner, je m'étais déjà préparée à le voir s'insurger, à nier en bloc, mais ce qui m'intéressait ça n'était pas sa justification, mais savoir ce qu'il avait prévu pour soigner Billy, lui qui nous aurait sans doute demander de la fermer pour songer davantage à lui plutôt qu'à nous disputer à propos d'un grimoire dont la seule existence suffisait à perturber notre conversation. Evidemment, j'étais disposée à laisser ce docteur prendre ses responsabilités et faire son travail, mais il était hors de question que je fasse preuve de laxisme face au serment d'Hyppocrate, face aux droits de ce jeune homme d'être traité le plus dignement possible, quand bien même ma démarche serait perçue comme superflue. Contrairement à l'Intendance, je voulais rappeler que la guerre n'autorisait pas n'importe qui à faire ce que bon lui semblerait, parce que tout ce qui représentait la société avait disparu, y compris l'impunité face au Mal. Le problème pour ces gens était sans doute que je n'étais pas une conservatrice, une réactionnaire, un défenseur d'un modèle rétrograde et inégalitaire, mais une réformatrice, une progressiste qui se fichait pas mal des logiques de parti, à condition que les propositions aient été intellectuellement honnêtes. C'était à mon sens l'un des concepts de la liberté : ne pas rogner sur ses convictions pour des raisons de parti, d'idéologie, sauf s'il fallait défendre les droits fondamentaux.

« Non sérieusement, vous me prenez pour qui ? Je ne vais certainement pas user de nécromancie pour soigner ce gosse. Je suis un guérisseur moi, pas une espèce de taré qui s'amuse avec la magie noire, si vous voulez savoir. Je n'ai jamais employé de méthode contre nature ou fait d'expérimentation sur aucun de mes patients ! »

Oui, c'était donc ça... Pourquoi s'était-il senti obligé de me dire qu'il n'avait jamais utilisé pareille méthode contre nature ou fait d'expérimentation sur ses patients ? Tout ce que je lui avais demandé c'était de me justifier la présence de ce grimoire puisqu'il avait voulu nous imposer des méthodes et une attitude qui allaient à l'encontre du serment d'Hyppocrate. Je trouvais cela curieux, même si n'importe qui d'autre n'aurait sans doute pas été interloquée par cette réaction. Encore que si j'avais été mieux informée sur les dangers de la drogue, j'aurai peut-être pu remarquer à ses pupilles dilatées qu'il était soit en colère, attirée sexuellement par moi, sous l'effet d'un collyre ou sous l'emprise d'un stupéfiant qui aurait pu lui valoir des soucis si j'avais eu le matériel et les connaissances pour mener à bien un test capillaire, sanguin ou salivaire. Rhaaa... ça aussi, voyez vous, ce manque de moyens, c'était quelque-chose qui m'énervait, car c'était bien beau de me demander de rebâtir une Justice, mais si je ne disposais ni des forces pour mener les enquêtes, ni l'argent et le matériel scientifique pour récolter des preuves, qu'étais-je censée faire ? Partir moi-même à la pèche !? En tout cas, ma mise en garde avait été salutaire. Désormais, ce Docteur ne pourrait pas ignorer mon avertissement et prétendre que rien n'avait été fait pour l'empêcher de faire du mal à son patient.

« Je n'y tiens pas particulièrement à ce livre, si vous voulez le détruire, le brûler où en faire du composte, libre à vous, je ne vais pas vous en empêcher. »

Je le vis renifler, goutter des potions, se rappeler certaines choses, se saisir de plusieurs fioles dont une vide. Tout cela était étrange. On aurait dit que ce Docteur était en train de préparer un plat gastronomique. Certes, je me disais qu'il n'oserait jamais faire de mal à son patient devant autant de témoins. Je ne savais pas quoi dire. On m'avait recommandé ce guérisseur, on m'avait prévenu de son côté "avant gardiste", je l'avais vu à l'action ici même. Je pensais pouvoir lui faire confiance, mais ce grimoire avait quasiment tout fichu en l'air. Oh ça oui, pour prendre la liberté de confisquer son ouvrage pour une éventuelle destruction, je n'allais pas me gêner. Au mieux s'en sortirait-il par cela et par un rappel à la loi. Quelque part, je pensais qu'il savait ce qu'il faisait en me suggérant cela. Normal, après tout. La Justice se devait d'être juste, équitable et magnanime. Cet homme avait soigné des gens et il en sauverait sans doute beaucoup d'autres d'ici la fin de cette journée. Il aurait été profondément injuste de le placer en garde à vue pour détention d'objet de magie noire alors que je ne voyais aucune raison de poursuivre. En tout cas, si je me montrais raisonnable, j'espérais obtenir une réciprocité, la certitude que je n'accordais pas ma confiance à la mauvaise personne. Sauf que nous manquions de temps...

« Un homme m’a refilé ce livre, faisant miroité le fait que je pourrais ressusciter ma femme avec la nécromancie, j'ai été assez bête pour le croire. J'ai lu ce livre, constater que je pourrais effectivement le faire, si j'avais envie de réanimer un zombie et non une réelle personne, ce n'est pas intéressant, ni très intelligent de faire ça. La nécromancie ça n'a rien à voir avec l'art de guérir, je répare les corps moi, je ne m'amuse pas à en faire des monstres. Quand je parlais de mes méthodes tout à l'heure, je parlais surtout du fait que j'ai tendance à tester sur moi les diverses potions et sorts de guérisons, avant de le tester sur le patient, j'ai aussi tendance à m'inoculer à moindre dose le même mal que souffre le patient, pour être sur de ce que je fais. C'est un peu dingue de faire ça, peut être mais, c'est drôlement efficace, surtout lorsque le dit patient est dans le coma. »

Son histoire tenait debout, même s'il ne pourrait m'apporter aucune preuve de sa bonne foi. On lui avait fait miroiter la possibilité de ressusciter sa femme ? Oh le pauvre homme... Assez bête pour le croire ? J'aurai plutôt dit que cet inconnu avait cherché à abuser d'une faiblesse passagère, des sentiments qu'il avait éprouvé pour sa femme et que c'était abominable. Le désir de ramener vers soi un être cher, de revoir au moins une fois ses yeux, son sourire, pouvoir le toucher ou le prendre dans ses bras étaient humain, des choses que n'importe qui ou presque aurait pu ressentir ou vouloir obtenir en pareille circonstance. Cela étant, comme nous l'enseignait la nécromancie et le conte des trois frères Peverell, ressusciter les morts était impossible. Ramener un corps putréfié à la "vie" était possible, mais sans son âme, il n'était qu'une coquille vide, un zombie, un inferius. Cela n'était ni intéressant ni intelligent de faire cela, à moins de vouloir s'en servir à de mauvaises fins, sans respecter les dépouilles et leur droit à un repos éternel.

Lorsqu'il me brandit cette fiole qui contenait un peu de cette fumée étrange, je n'avais pas remarqué qu'il avait pratiqué une petite incision sur le corps de Billy à l'aide d'un scalpel. Du sang... beurk... Et maintenant qu'il possédait son échantillon que se proposait-il d'en faire ? Il n'allait tout de même pas avoir l'idée saugrenue de tester cela sur lui, pas vrai ? Oh là là... Mais nous allions de surprise en surprise ! Voilà qu'il m'avouait sans gêne qu'il s'inoculait ses remèdes et même les maladies de ses patients à des fins d'expérimentation ! Mon dieu... Mais quelle mouche l'avait piqué ? Mon visage s'était alors figé comme si mon cerveau s'était débranché l'espace d'un instant. C'était un miracle qu'il ait survécu à toutes ces expériences et encore plus pour que personne n'ait attrapé je ne savais pas... l'écrabouille par exemple !! Un peu dingue, oui, euh, c'était un euphémisme ! Déjà que pour sauter sur un dragon vivant, sous le feu des gardiens de Gringotts, et infiltrer le Ministère en se jetant dans la gueule du loup, il fallait être complètement malade... enfin cela me semblait un tantinet plus censée que de s'inoculer le virus ébola pour en expérimenter les symptômes à la manière d'un jeune adulte cherchant à obtenir sa première cuite pour savoir ce que cela faisait ! Non, parce qu'à défaut de trouver vite fait un remède, c'était la mort assurée ! Alors, voilà qu'en dehors de son attrait morbide, il était en plus suicidaire !

« Maintenant si vous voulez savoir, je pense avoir cerné le problème. J'ai bien vu ce qui ce passe dans son corps et, ce putain de maléfice est en train de lui bouffer ses organes de l'intérieur. J'ai encore le temps d'agir avant que le cœur et, le cerveau ne soient atteints, ce sont des organes difficiles à réparer, contrairement aux autres. Alors, je veux bien une infirmière, cela me serait en effet utile, quelqu'un d'expérimenter. Ensuite, quand j'aurais sauvé ce gamin, vous pourrez m'interroger plus profondément à propos de ce livre ou n'importe, tant qu'on m'enferme pas. Après tout, vous n'avez jamais eu la curiosité de le lire un livre, même un livre à l’apparence suspecte ? »

Perplexe, j'étais restée silencieuse. Un maléfice qui le rongeait de l'intérieur ? Quelle horreur... Si cet homme était chirurgien, j'imaginais qu'il avait forcément travaillé à St-Mangouste. Eh bien oui, on ne devenait pas chirurgien titulaire comme ça. Cela prenait des années, y compris aux urgences avant d'espérer être nommé titulaire. Oh, vous pouviez être déçu par les capacités de votre Ministre de la Justice, de celle qui dirigeait pour ainsi dire l'Ordre du Phénix. J'estimais, pour ma part, avoir agi dans l'intérêt général. Je me disais que si personne n'avait osé, la République n'aurait eu aucune force ni légitimité puisqu'elle n'aurait pas représentée toutes les sensibilités. L'Ordre aurait été réduite à un rôle secondaire - en majeure partie à cause de Ron - alors qu'aujourd'hui, j'oeuvrais pour un projet qui était plus grand que lui, plus grand que moi, plus grand qu'aucune conception partisane. Je ne voulais plus faire de distinction, car je savais que l'ennemi se servirait de nos divergences contre nous. Même si je n'approuvais pas toujours notre Chancelier, si je craignais certains abus, je voulais être fidèle à la République, à la volonté des gens, même si je savais que l'on pouvait la manipuler pour acquérir le Pouvoir. Pardonnez cette méfiance qui consistait à me méfier de ceux qui disposaient de plus de Pouvoir que moi. Non pas que je souhaitais en avoir davantage, parce que je n'imaginais pas finir ma carrière de résistante ou de Ministre autrement qu'à la Justice, mais parce qu'il y avait eu tellement de choses pour nous séparer que j'éprouvais du mal à accorder ma confiance ainsi, en période de guerre, lorsque votre vie n'était pas la seule à reposer dans la balance.

Ce qui avait changé ? Fergie... Beaucoup se demanderaient pourquoi une femme de vingt sept ans pouvait accorder une telle confiance à un ancien repris de Justice, à un homme qui avait expérimenté une misère que j'imaginais à peine. Je ne considérais pas son souhait d'obtenir l'indépendance de l'Ecosse comme un sujet réaliste, même si j'avais apprécié sa gentillesse et son humanité, si j'avais respecté sa fierté d'être Ecossais, sa volonté de défendre sa culture. En tant qu'Anglaise ou Britannique, je n'éprouvais aucun sentiment de supériorité parce que la valeur des guerriers Ecossais n'était plus à prouver, parce que je n'avais jamais ressenti d'impérialisme lorsque je m'étais rendu en Ecosse, au Pays-de-Galles ou en Irlande. Evidemment, je connaissais notre Histoire. Je connaissais les revendications des uns et des autres, les abus des uns et des autres, la volonté affichée par Westminster de conserver l'unité de notre royaume. Cela aurait été une erreur de croire que j'étais une royaliste convaincue, alors que j'avais défendu la démocratie, l'abolition de privilèges toute ma vie. Ce que je voulais promouvoir à la Justice, c'était une conception des choses, rien qui ne serait basé sur un culte personnel. J'avais mis au point un rituel pour mes recrues pour leur rappeler, non pas l'allégeance qu'il me devait ou qu'il devait au Premier-Ministre ou au Chancelier, mais à la Nation. Hermione Granger finirait par mourir. La question était de savoir qui me succéderait, ce qu'il défendrait, l'héritage que j'aurai transmis aux générations futures.

Oui, j'aurai pu dire : si je ne m'étais pas révoltée pour obtenir cette alliance, pour favoriser l'émergence de cette République avec la Vague, qui l'aurait fait ? Si je n'avais pas été une résistante soucieuse des droits fondamentaux et de tout un tas de choses, qui en aurait fait autant ? Oh en dépit de mes compétences, de mon caractère brillant, je n'estimais pas être irremplaçable ni supérieure aux autres, mais je ne pensais pas non plus devoir m'excuser d'avoir suivis mes instincts. La bonne nouvelle, c'était que ce docteur semblait avoir identifié le problème. Celui-ci semblait encore assez optimiste sur les chances de survie de son patient que je ne me voyais pas accepter l'idée de lui servir d'infirmière, en sachant que je n'y connaissais presque rien. Ma certitude c'était que si je n'avais pas agi, personne ne l'aurait fait, si je ne pensais pas être le meilleur choix comme Ministre de la Justice, qui serait plus qualifiée ? Je ne voulais pas interroger cet homme, alors que je voulais apprendre à le connaître, savoir ce qu'était ses potions, comment il les avaient fabriqué, si son approche ne pourrait pas révolutionner l'art de soigner les gens, surtout dans une période où la résistance manquait de tout et où ses hôpitaux auraient pu ressembler à des boucheries s'il n'y avait pas eu des gens pour trouver des solutions, pour faire renaître la dignité au sein de notre communauté.

Quant à sa question, elle me fit sourire un court instant.

- "Vous n'avez rien à craindre, Docteur. J'aimerais vous dire que vous n'avez pas été naïf en écoutant cet inconnu, car vous étiez dans une situation de détresse. Vous aviez perdu votre femme et je comprends cela. Je suis désolée de l'apprendre. Pardonnez ma méfiance. Mon travail n'est pas aisé et il l'est encore moins lorsque je me sent responsable du jeune homme que vous tentez de soigner en dépit de mes récriminations."

"Oui, j'ai eu à lire beaucoup de livres, mais vous savez comme moi que la curiosité est un vilain défaut. Mais plutôt que de parler de curiosité, je parlerai de nécessité. Plutôt que de parler d'ouvrages suspects, je vous dirai que j'avais conscience de leur dangerosité. Il existe des livres capables de vous rendre aveugle, d'enfermer votre esprit, de vous faire relire à l'infini le même passage, de provoquer en vous tout un tas de sentiments et même de vous tuer. Lire n'a jamais été une activité anodine, même s'il existe des gens pour vous pousser vers la magie noire, pour vous convaincre qu'il s'agit d'une bonne chose ou que cela n'a rien d'immoral, quitte à profiter de vos faiblesses. En ce sens, je trouve que vous avez été plutôt intelligent et courageux.", concluais-je avec gravité.

Je lui avais dit la vérité sans lui préciser que j'avais eu à lire certains des livres les plus sombres en matières de magie noire, que si je le voulais je ne pourrais pas seulement réaliser des horcruxes, mais des choses tout aussi effrayantes. Mon étude s'était portée sur la manière de les combattre, de nous en protéger. Quand bien même l'accès à un niveau supérieur de magie me serait accessible, ce n'était ni l'avada kedavra ni le horcruxe qui emporterait mon choix, mais un plus grand savoir, une plus grande sagesse, sans tomber dans l'écueil de Serdaigle ou de Dumbledore, ni même dans celui de Voldemort. Peut-être voulais-je devenir le plus puissant mage blanc au monde, pour servir la cause de la Justice, même si je m'intéressais aussi à la magie verte, rouge ou bleue. Ce que ce Docteur pouvait m'apprendre n'avait à mes yeux aucun prix : il s'agissait de sauver des vies. Quant à la manière dont j'avais appris à fabriquer du polynectar en seconde année, l'intention faisait toute la différence. A l'époque, nous voulions empêcher que le monstre qui terrorisait l'école, en pétrifiant certains élèves, ne reviennent pour tuer.

"Marion est l'une de nos meilleures infirmières. Elle vous aidera. Si vous parvenez à sauver cet homme et le plus de personnes ici même, vous et moi, aurons à discuter de certaines choses. Ce choix vous appartiendra.", fis-je en reportant mon attention sur un infirmière qui passait justement par là. Le destin avait voulu qu'il s'agisse de la Marion dont il avait entendu parlé. Si ça n'était pas de la chance...

"Ah Marion ! Si vous le pouvez, le Docteur Weiss ici présent aurait besoin de vous pour une opération délicate. Qu'en pensez-vous ? Prête à relever le défi ?", lui demandais-je sur un ton perplexe.

Marion était une jeune Ecossaise d'origine Française. Elle s'était engagée dans la résistance comme infirmière. Son travail ne consistait pas qu'à assister les médecins ou les chirurgiens, à veiller sur les traitements, mais à apporter un soutien moral aux blessés. Oui, les femmes pouvaient agir comme des anges tout droit tombé du ciel, des êtres humains dotés de compassion, de gentillesse, qui pouvaient alléger le poids des combattants et inversement, puisqu'il existait aussi des infirmiers masculins. La guerre était une chose horrible, surtout lorsque l'on manquait de tout, lorsque vous hôpitaux ressemblaient à ceux du XVIIIe ou du XIXe siècle. Je souffrais beaucoup de cet état de fait, de l'idée que nous n'ayons pas assez pour alléger la souffrance de nos combattants, tous plus héroïque les uns que les autres.

"- Bien-sûr ! Docteur...", fit-elle avec respect, à l'intention du Docteur Weiss, avant de s'approcher de se mettre à genoux près du patient, de désinfecter ses mains et d'observer le responsable avec sérieux. "Quelles sont vos instructions ?", lui demanda-t-elle en se préparant mentalement à son travail.

La vie de Billy était entre leurs mains et j'avais maintenu une distance raisonnable pour ne pas chercher à tout contrôler. Si Billy avait eu une chance de vivre, ce serait grâce au Docteur Weiss. On ne pourrait pas dire que je n'avais pas tout essayé pour prendre soin de nos troupes, pour en sauver un maximum. La situation était stressante et angoissante, même si je la dissimulait, mais si ce jeune homme devait un jour louer l'intervention de ce docteur et de son chef, je voulais qu'il sache que nous nous étions battus pour sa survie, mais aussi pour des valeurs auxquelles il croyait suffisamment pour vouloir risquer sa vie.

Je le vis alors s'inoculer un peu de cette fumée étrange et malfaisante avant de saigner abondamment du nez. Sur l'instant, je cru que nous allions le perdre, mais cela s'arrêta. Le docteur plaça sur son nez ses petites lunettes rafistolées avant de consulter l'un de ses fameux grimoires de médecine. Sortant une fiole, il en préleva une quantité qu'il injecta à Billy. Oh c'était une méthode comme une autre dirait-il, mais à défaut d'avoir du matériel performant, de quoi tester son hypothèse et son remède, le docteur avait cru bon de devoir tout tester sur lui pour se faire un meilleur avis. C'était une manière radicale de mettre la théorie en pratique et évidemment j'étais restée silencieuse. Est-ce que je désapprouvais sa démarche ? Oui, mais y avait-il un autre moyen ? J'en doutais. C'était lui le spécialiste, pas moi !

« Je me doute que vous vous inquiétez des différents effets secondaires de mes potions. Je ne vais pas cacher qu'elles en ont, pour les avoir toutes tester, elles ont quelques effets indésirables. Mais, ce n'est pas plus méchant que des plaques rouges sur le corps ou encore des vomissements, possible qu'il se réveille avec une migraine ou un peu anémier, ce qui n'est pas si grave en soi. »

Bon... si ce n'était que cela, j'avais décidé de me fier à son diagnostic et à son avis puisque de toute façon il m'aurait été bien difficile de les contester sans savoir ce qu'elles contenaient vraiment. J'avais hoché la tête pour signifier que j'avais bien compris ce qu'il venait de dire et que j'admettais que si cela ne se limitait qu'à cela, par rapport à ce qu'il avait risqué, ce serait le cadet de ses soucis, bien que subir des effets secondaires n'étaient jamais une partie de plaisir. Ce serait un peu comme vouloir mettre des poils de chat ou d'autre chose dans du polynectar et devoir passer plusieurs semaines à l'infirmerie à cause d'un soucis de métamorphoses ! Ca... avoir cracher des boules de poils et avoir eu une folle envie de manger du poisson, ça n'était pas une expérience que je recommanderai à tout le monde !

-"Je vous remercie pour vos efforts, Docteur. Je vais attendre et me taire. Et pour votre nez, cela ira ?", lui demandais-je avec politesse.

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Gordon Weiss


MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Mer 22 Avr - 2:43

Évidemment, que son nez allait bien, ce qui n'était pas forcément le cas de sa tête. Le sort semblait dévorer ses méninges, or, le petit homme ignora cette curieuse sensation pour mieux se concentrer sur les sorts décrit dans le livre. Ce qui ne l'empêcha pas de remarquer la présence de la jeune infirmière, fort bien, elle serait utile, les sort décrit nécessitant la présence de deux personnes. Certes, il aurait pu demander de l'aide à Hermione, mais, cette autre femme était sûrement tout aussi compétente, voir plus, elle devait avoir plus l'habitude de ce genre de situation.

Quoiqu'il en soit, Gordon senti que c'était une question d'heures, pour lui ainsi que pour le jeune homme, comment pouvait-il le sentir ? Le guérisseur n'aurait pu décrire la sensation, juste que quelque chose travaillait dans son corps, qu'il se sentait lié également au jeune homme, encore une sensation inconnue qu'il n'arrivait à s'expliquer. Peut importe, ce n'était pas le moment de s'appesantir sur ce genre de questions, pas quand la vie d'un patient était en jeu et, de plus, le petit homme était si exciter à l'idée de lancer cette série de sorts. En effet, ceux-ci semblaient complexes, nécessitent énormément de concentration, pas quelque chose à prendre à la légère en tout cas. Il s'adressa donc à la nouvelle venue, tout en essuyant distraitement le sang sur son visage :

« Bon, nous allons devoir user de ses sorts, dans l'ordre, visiblement, c'est important, j'imagine que si nous faisions qu'à notre tête, le patient en pâtirait ou mourrait peut-être, mieux ne pas en prendre le risque »

Il sourit, d'un sourire qui ressemblait plus à un rictus qu'autre chose, mais, un sourire quand même. En fait, en plus de cette affreuse migraine qui dévorait son pauvre crâne, Gordon constata que sa vue baissait d'une façon alarmante. Oh, rien de grave pour le moment, juste une conséquence du putain de mal qu'il avait sniffé, après tout, il l'avait sniffé de son plein grès, maintenant il en payait juste le prix. D'ici moins d'heures en tout cas, il serait aveugle, ce qui ne serait pas très pratique pour soigner son patient, mais, pas non plus un obstacle insurmontable, en fait la présence de la jeune femme aiderait beaucoup.

Elle deviendrait ainsi ses yeux, lorsqu'il n'en aurait plus, à moins qu'il ne ferme tout simplement sa gueule et, face comme si de rien n'était, ce qui était plutôt son genre. En attendant, le petit homme n'attendit pas une seconde de plus, pour lancer le premier sort sur la liste, après avoir bien entendu vérifier que la jeune femme en faisait de même. De la sueur, dû à la fièvre, envahie son corps en même temps que le mal, coula le long de ses tempes puis sur ses joues, tandis qu'il était totalement plonger dans le sort qu'il lançait de concert avec l'infirmière, en réalité il était si concentrer que les murs auraient pu s'écrouler, qu'il n'y aurait prêter aucune attention.

Après tout, ce n'était pas important cette fièvre, n'est-ce pas. Amusant de penser, que le jeune homme aurait ressenti les mêmes choses s'il avait été éveillé, amusant de penser aussi, que lui aurait très bien pu sombrer dans le coma s'il avait sniffé juste un peu plus du mal, le moins amusant dans tout ça, était la douleur en fait. C'était comme des petites dents, des tas de petites dents, grignotant sa carcasse, or, la présence d'opiacées dans ses veines, atténuait cette douleur cependant (Gordon bénissait donc le fait d'avoir fumée un joint avant d'avoir débarquer ici). Cela dura un certain temps, avec qu'il ne s'interrompe, c'était des sorts particuliers qu'ils lançaient, il en restait encore huit exactement.

Sa vue baissait de façon drastique, ainsi le petit homme mémorisa le nom des sorts, ayant une bonne mémoire photographique, Gordon n'avait aucun mal à se souvenir de textes ou d'image, ce qui était un bon atout pour préparer des potions par exemple (ou pour continuer à être efficace malgré la cécité). De ce fait, il n'attendit pas longtemps avait de lancer le deuxième sort, en même temps que la jeune femme, qui, il devait bien se l'avouer, était d'une grande aide. Au temps de sa vie à Sainte Mangouste, le guérisseur n'aurait en aucun cas supporté d'avoir une assistante et, aurait tout simplement renvoyer chier la jeune femme, sans aucune gène. Fort heureusement, il s'était adouci de ce côté-là. Lancer le deuxième sort fut moins long, mais, plus intense et, à la fin de celui-ci, Gordon était plongé dans le noir. Décident de n'en montrer rien, le petit homme enchaîna sur le troisième sort, après avoir demandé à la jeune femme si elle était prête (tout en songeant que ce serait drôlement pratique de connaître son nom).

Or, il eut soudainement un haut-le-cœur, terrible, qui pourtant ne le fit pas s'arrêter quant au lancement du sort, mais, le fit tout de même cracher une bonne quantité de sang sur sa robe. Du moins, supposa-t-il que c'était du sang, déduction faite à partir du goût métallique qu'il ressentait au fond de sa gorge, rien de très agréable. Cette vague de nausée aussi soudaine qu'inattendue le rendit tout faible, or, le guérisseur ne s'arrêta pourtant pas, il en avait connu d'autre, c'était en fait tellement habituel pour lui. Cela dit, il se doutait bien que quelqu'un allât s'inquiéter, poser des questions, remarquer peut-être qu'il voyait rien, demandez à un autre guérisseur de finir les soins et, ça, c'était tout simplement, or de question. Alors, il lança d'une voix claire, sur un ton complètement détacher :

« Ne faite pas attention à ce qui m'arrive, c'est dégueulasse, mais, normal, ce ne sont que les effets du mal que j'ai pris tout à l'heure, je pense que notre patient aurait eu les mêmes symptômes s'il aurrait été conscient. Ne vous inquiétez pas, je ne crois pas que ce soit contagieux, j'en suis même sur, donc, nous pouvons continuer en fait, ce n'est pas comme si ce pauvre gosse avait toute la journée devant lui. »

Dans un geste qu'il espérait paraître comme compatissant, le guérisseur posa une main sur l'épaule du jeune homme et, la serra. En réalité, il était complètement désorienté, ce geste lui permettant d'être sûr qu'il lançait ses sorts au bon endroit (et non sur la table se trouvant derrière). En tout cas, tandis qu'il était de nouveau concentré, malgré les douleurs qui faisait quelque peu trembler ses membres, Gordon pu sentir que les sorts commençaient à travailler sur le mal qui le rongeait et, qui de ce fait, rongeait son patient. Il avait l'impression de le sentir remuer en lui, comme une sorte d'être vivant ignoble.

Peut-être était-ce réellement le cas, ce n'était pas impossible, au cour de sa carrière de guérisseur, Gordon en avait connu des choses exotiques, un sort de magie noire vivant, ne serait pas le plus étrange ...
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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Sam 5 Sep - 3:28

The cost of freedom is always high but one path I shall never choose is the path of surrender or submission - Hermione Granger

La nécromancie était une abomination, un acte contre Nature interdit par l'ancienne Justice magique pour des raisons qui n'étaient pas uniquement liées à la morale. Selon l'ancien droit civil, le droit à la liberté commençait par le respect de l'intégrité physique, de la dignité et de l'autonomie de la personne humaine. Elle avait valeur constitutionnelle, d'ordre public, une preuve de civilité par rapport à la barbarie. Il n'était pas seulement question du respect dû aux morts,  d'invocation d'esprits, de démons, de la création de zombies et d'inferii ou de la réalisation de horcruxe. Il s'agissait d'un acte dangereux, répugnant, indigne, figurant parmi les pratiques obscures. Seuls des mages noirs, des individus peu scrupuleux ou inconscients osaient s'y intéresser. Certains l'utilisaient pour servir leurs ambitions, d'autres pour tenter de ramener ou d'entrer en contact avec l'un de leurs proches disparus. On l'utilisait pour de mauvaises raisons en usant de la magie du sang contre des individus dépourvus de leur libre-arbitre.

Il ne pouvait être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l'intérêt thérapeutique d'autrui. Le consentement de l'intéressé devait être recueilli préalablement hors le cas où son état rendait nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n'était pas à même de consentir. Et à cela, en tant que représentant et garant de l'autorité morale, j'avais ajouté une condition afin d'empêcher ce "médecin" aux allures et aux pratiques étranges de commettre un acte contre Nature puisqu'il était bel et bien question du respect des droits fondamentaux de son patient, parce que d'autres commettaient des crimes en interprétant - selon leurs besoins et en légitimant le meurtre et la collecte illégales d'organes - les lois existantes à leur avantage, sans scrupule. Je me fichais donc de sa mauvaise humeur et de ses éventuelles récriminations. Je devais restaurer l'intégrité de la Justice, son autorité, le respect d'une certaine éthique, pour rétablir un semblant d'équilibre. Je ne lui avais pas demandé pourquoi il s'était retrouvé du côté de la résistance lors de la bataille de Glasgow ni pourquoi il semblait agir comme un électron libre, sans attache. Mais cela devrait attendre la fin de cette opération.

Ses pratiques non-conventionnelles y était-elles pour quelque-chose ?  Gordon aurait pu souffrir de mon hypocrisie, de mon manque d'ouverture d'esprit, de ma révulsion pour la magie noire et de ma peur si j'avais écouté cette petite voix qui conduisait les juristes de l'autre camp à ne plus chercher la vérité, mais à se contenter de tout ce qui faisait d'un individu un coupable tout désigné, une proie facile pour une machine sans âme qui s'enorgueillait de résultats alors que le crime était partout, y compris dans leurs rangs, que l'on ne se souciait plus trop d'un système de preuves et de procédures puisque celles-ci avaient été perverties par l'Intendance. Bien que méfiante, je lui avais accordé le bénéfice du doute, car si autrefois la seule détention de cet ouvrage l'aurez exposé à Azkaban, j'estimais que je ne pourrais l'incriminer que si je disposais de preuves qui viendraient contredire ses explications, parce qu'il ne fallait jamais se fier aux paroles et aux apparences. Ce livre suscitait des questions par rapport à la façon dont l'ancien ou l'actuel Ministère gérait la magie noire.

Bien-sûr, Gordon l'ignorait, je détenais un livre rare de magie noire provenant de la bibliothèque de Dumbledore; un livre qui expliquait entre autres choses comment réaliser et détruire un horcruxe. Cette détention ne signifiait pas que j'avais utilisée ces connaissances à mauvais escient. Au contraire, je m'en étais servir pour apprendre à Harry comment détruire les horcruxes. Je ne pouvais donc pas reprocher à ce médecin la détention de ce livre sans me faire le même reproche. Une honnêteté et une intégrité qu'il ne retrouverait pas chez nos ennemis et je ne m'attendais pas à le voir admettre de telles pratiques. Gordon Weiss... Une identité qui nécessiterait ultérieurement une enquête de moralité. Heureusement, je n'étais pas l'un de ses bourreaux puristes qui expédiaient des gens à la mort pour moins que ça, d'autant que leur conception de la Justice laissaient à désirer. Je lui avais clairement demandé de ne pas faire usage de magie noire sans mon accord et de se concentrer sur sa tâche plutôt que de m'expliquer en quoi il trouvait tout cela fascinant parce que je trouvais cette curiosité morbide déplacée.

Je n'étais pas là pour faire face à une dispute alors qu'une vie était en jeu ni pour faire l'objet d'un quelconque chantage. Je n'étais pas là pour être gentille et pour me laisser manipuler ou impressioner, mais pour faire respecter la Loi. Représenter une autorité n'était pas aisé, d'autant que pour lui ma fonction de Ministre lui était étrangère et ne devait pas représenter grand-chose au regard du marasme dans lequel la résistance était plongée. Et j'étais là pour changer cela, pour gagner son respect en lui montrant que la République, si elle ne serait pas parfaite, était un espoir pour tout ceux qui aspiraient à une autre vie, à moins qu'il n'en ait rien à faire. Je ne voulais pas voir de vengeance - certes légitime - à l'encontre des familles puristes, envers les sang-purs. Je savais que si nous emportions un avantage cela se produirait, que je serai débordée par les activités militaires et par les jugements, que des collaborateurs et d'innocents civils feraient l'objet d'une vengeance populaire. Or, je ne comptais pas enfermer ce docteur sans raison valable, faire de la Justice un outil de mort au service d'une quelconque politique. La Justice - la vraie - était aveugle et j'espérais qu'un jour ce docteur se souviendrait que j'avais respecté ses droits, que j'avais écouté et considérée son point de vue avant de prendre une décision.

Je m'étais dès lors inquiétée des effets secondaires de son traitement, mais aussi pour le saignement de nez de ce docteur. C'était humain. Je me souciais de sa vie autant que celle du pauvre Billy et je me fichais de son statut de sang. Mais je savais que la survie de Billy était une question d'heures, que je ne pouvais pas tergiverser sans risquer sa vie et j'avais l'impression que ce docteur était de mon avis. La complexité des sorts - contrairement à la perte de Billy - ne me faisait pas peur et cela même si depuis le temps j'avais pris l'habitude du chaos, de voir le sang coulé et d'assister à la mort d'ennemis et d'alliés. J'avais entendu parler de l'exécution, de la torture et du démembrement de Sheppard en place publique. La presse puriste en avait fait ses choux gras. Difficile de croire que les moldus aient pu accepter de telles exactions sans comprendre la réelle nature de leurs "nouveaux amis" et la compromission de leurs gouvernants. Difficile d'admettre que dans une véritable démocratie il n'y ait pas eu des gens pour manifester contre cela, pour rappeler les droits de l'homme. Il suffisait de retrouver un réfugié mort sur une plage pour émouvoir tout un peuple. Tuer un terroriste n'émouvait personne à moins de le tuer en place publique dans des conditions barbares.

J'ignorais que sa vue était en train de baisser, même si je voyais qu'il venait de subir une attaque virulante de la part de cette étrange fumée violette. La tension était à son paroxysme tandis que j'avais laissé l'infirmière et le docteur poursuivre la procédure qui était en train de se construire sous mes yeux. Derrière ma barrière mentale, j'étais stressée et préoccupée, mais je n'avais pas détournée le regard à la vue sang, bien qu'en temps normal j'aurai eu la nausée. Je n'avais pas besoin de l'occlumancie pour faire preuve de courage, pour affronter une situation délicate. J'avais été torturée, j'étais passée très près de la mort plus d'une fois et ce n'était pas la première fois que je voyais des gens mourir, que j'affrontais le danger. J'avais haussé un sourcil en voyant ce docteur cracher du sang. Quel était donc ce mal qui rongeait Billy et Gordon de l'intérieur ? Allaient-ils s'en sortir ? J'allais m'enquérir de son état et lui poser certaines questions, lorsqu'il me répondit d'une manière détachée :

« Ne faites pas attention à ce qui m'arrive, c'est dégueulasse, mais, normal, ce ne sont que les effets du mal que j'ai pris tout à l'heure, je pense que notre patient aurait eu les mêmes symptômes s'il avait été conscient. Ne vous inquiétez pas, je ne crois pas que ce soit contagieux, j'en suis même sur, donc, nous pouvons continuer en fait, ce n'est pas comme si ce pauvre gosse avait toute la journée devant lui. »

Le risque de contagion m'était passé au dessus de la tête, bien que je considérais qu'il n'existait aucun sortilège ni incantation à ma connaissance capable de se transmettre de la sorte (mais je me trompais surement), à l'exception d'un gaz jaunâtre et inodore qui avait été utilisé dans le labyrinthe de Poudlard, lors du tournoi des trois sorciers. Ce gaz avait comme particularité d'inverser la gravité, un peu comme ces étranges choux que l'on trouvait en Inde et qui permettaient de léviter. Je savais cela grâce au livre que Neville m'avait prêté et qui s'intitulait "Propriétés des plantes aquatiques magiques du bassin méditerranéen". Mais si je connaissais pas mal de choses en matière de magie-noire - sans être une experte - et si j'avais vu pas mal de choses étranges et dangereuses, je n'avais pas assez étudiée la médecine magique et la magie noire pour être certaine de ce que j'avançais.

-"Poursuivez, mais si vous avez besoin d'aide supplémentaire ou de soins, faites-le nous savoir...", répondis-je sur un ton qui se voulait compatissant.

C'était "dégueulasse", il ne fallait pas s'inquiéter, mais si d'une part j'appréciais sa volonté de me tenir informer comme je le lui avais demandé, j'étais moins appréciatrice de son sens de l'humour et de sa façon de se justifier en plaisantant sur son patient. L'infirmière restait concentrée sur sa tâche, avec un regard fixé sur moi avec perplexité et appréhension. Elle aussi semblait avoir du mal à rester de marbre. Que pouvais-je faire d'autre hormis prendre sa place ? Je ne possédais quasiment aucune expérience d'infirmière. J'étais douée en pas mal de choses, mais il y avait des limites, car si j'avais réussi à soigner plus ou moins la désartibulation de Ron à une époque, c'était en partie un coup de chance, mais aussi grâce à mes bons soins qui étaient restés rudimentaires. Je me disais qu'après tout ça, il serait surement utile de prendre des cours de premiers soins et de pharmacologie.

Mais au moins ses intentions semblaient sincères, bien que ses méthodes frôlaient les limites de l'insoutenable et défiant toute logique conventionnelle. C'était un principe dont la rigueur était atténuée par des lois thérapeutiques et bioéthiques qui faisaient exception à la règle selon laquelle le corps d'un individu ne pouvait faire l'objet d'une convention à titre gratuit ou onéreux, comme l'expérimentation sur l'homme. C'était le cas pour les exceptions à la loi qui disposait que le corps humain était inviolable, une notion qu'il fallait rapprocher du concept d'intégrité du corps humain et que je souhaitais étendre à tout les Êtres intelligents. Des exceptions restaient autorisées à condition qu'elles fussent effectuées pour la protection de la vie, proportionnées à leur but, sans dommage et soumises à enquêtes officielles. Quant aux personnes décédées, ce n'était pas parce qu'elle n'était plus une personne au sens juridique qu'ils ne bénéficiaient pas d'une protection juridique au nom de la dignité humaine; une raison pour laquelle toutes les expérimentations pratiquées après la mort sur des cadavres étaient aussi considérées comme illégales et passibles de sanctions pour crime contre l'humanité.

Ce docteur agissait plus ou moins en connaissance de cause et il me semblait en possession de ses facultés intellectuelles. Je voyais clairement l'inquiétude chez Marion (l'infirmière) qui n'avait peut-être jamais eu à affronter une telle situation. J'espérais que les blessures légères infligées au docteur serait soignables, mais ce maléfice semblait coriace, impliquer un certain sacrifice, un certain courage frôlant l'inconscience pour en venir à bout. Si Billy s'en sortait et si Gordon se remettait de ses blessures, j'avais envie d'avoir une conversation avec lui et lui demander s'il lui serait possible de m'en apprendre plus sur la façon de lutter contre la magie noire. Apprendre avec discernement et sagesse, développer ses compétences, se défendre avaient toujours figurés parmi mes priorités, parce que oui l'éducation était utile. Mais si la plupart des sorciers manquaient de logique et de sagesse, ça n'était pas trop mon cas, en dépit de mon jeune âge. Parfois, je me demandais jusqu'où Dumbledore était allé pour devenir aussi puissant et je pensais que la légilimancie pouvait être une des explications.
Marion remarqua les tremblements du docteur Weiss.

-"Quelles sont vos instructions, docteur ? Pensez-vous avoir besoin d'un remontant et être en mesure de soigner vos éventuelles blessures ? ", fit-elle avec perplexité et inquiétude.

L'infirmière ignorait tout de la procédure à suivre puisque le docteur était le seul à savoir, à tatonner et à innover face à ce mal vicieux. Quant à moi, eh bien, si j'étais restée en retrait par soucis d'intégrité, afin de veiller aux respects de certaines mesures, j'espérais que Gordon soit en mesure d'aller jusqu'au bout sans que nous ayons à soigner ou à perdre deux individus. Mais si le docteur requérait de l'aide supplémentaire, mon devoir serait alors de venir à son secours...

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MessageSujet: Re: Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione) Dim 15 Nov - 2:02

Gordon comprenait parfaitement que la jeune infirmière s’inquiète, en fait, il se serait inquiété aussi à sa place. Il se doutait bien également que c'fût par soucis pratiques, car, s'il défaillait avant d'avoir pu sauver le patient, qui le ferrait à sa place ? Un autre guérisseur sûrement, or, c'était lui qu'on avait appelé, lui qui avait eu le plaisir de voir un hibou débarquer dans sa paisible plaine, lui qui se tenait là maintenant, aveugle, malade, curieusement exciter par ce qu'il faisait. Si on l'avait contacté, cela voulait bien dire que les autres guérisseurs présents étaient soient moins compétant, soient trop frileux pour soigner ce pauvre jeune homme (si c'était le cas, alors ce n'était qu'une bande de mauviettes), soient trop occuper tout bonnement. Bref, quoiqu'il en soit, c'était gentil de leur part de s'inquiéter, mais, il allait plutôt bien, dans l'ensemble.

Oui, bien, l'état dans lequel il se trouvait n'était à vrai dire pas le pire qu'il avait connu, après tout, il avait encore toutes ses facultés mentales, cela n'avait pas toujours été le cas par le passé. Il n'était pas fraîchement réveillé d'une cuite monumentale, dans un fossé, la tête enfouie dans un mélange de liquides pestilentiels, les idées complètement embrouiller, ce n'était pas non plus les pires douleurs qu'il ressentait à bien y réfléchir, les pires étant toujours les douleurs mentale, celle lier à la perte d'un être cher. Alors oui, il tiendrait, il pourrait même tenir des heures durant comme ça, avant de réellement être mal, sachant cela, le petit homme répondit d'un ton calme :

« J'imagine que d'un point de vu extérieur, je dois paraître sur le point de sombrer, mais, tout va bien, je suis toujours mieux que notre patient. J'en ai connu d'autre. »

Il haussa les épaules, dans un attitude parfaitement détendue, tout en ayant aucune idée de la réaction des deux jeunes femmes, ne pouvant pas les voir. Peut importe, il ne faisait rien de mal, rien ne l'interdisait d'être détaché, tant qu'il sauvait le gamin. D'ailleurs, celui-ci se sentait-il déjà mieux ? Certes, étant dans le coma, il n'était pas en mesure de dire quoi que se soit cependant, cela n'empêcha pas Gordon de se poser la question. D'une main, il prit le poignet du jeune garçon, prenant le pouls de celui-ci, puis écouta la respiration, mettant son oreille près de sa bouche, n'entendant rien de particulier puis…

« J'hallucine ou je viens d'entendre sa voix ? Eh bien, s'il commence à parler, cela veut dire que nous sommes sur la bonne voie ! »

S’apprêtant à lancer une nouvelle série de sort avec l'infirmière, Gordon eu un sursaut en sentant des doigts faibles frôler sa main, le jeune homme reprenait-il complètement conscience ? C'était à la fois une bonne nouvelle ainsi qu'une gène, le sorcier n'avait aucune envie que le garçon déclare à toutes les personnes présentes qu'il ne voyait rien, les deux jeunes femmes étant assez intelligentes pour comprendre que le guérisseur à l'allure de clodo du coin de la rue, était également aveugle. Or, Hermione le prendrait-elle mal ? L'éloignerait-elle du patient ? Où le laisserait-elle finir son travail ? Si elle était une personne raisonnable, elle le laisserait faire tout simplement, ayant la preuve que même aveugle, il était capable de guérir quelqu'un. Peut importe, le gosse ne baragouinait que des phrases incohérentes pour le moment, il ne devait pas être conscient de son environnement, devant se trouver entre rêve et réalité.

Faisant de nouveau un signe à l'infirmière, Marion (le nom de la jeune femme, il venait tout juste de s'en rappeler), qu'il était tant de lancer les sorts, Gordon se remit au travail. Il eut l'impression que cela lui demandait plus d'efforts que précédemment, que le maléfice dans son corps lutait de façon plus agressive, se sachant peut-être menacé (comme une sorte de bête sauvage). Gordon serra les dents, la douleur était intense, mais, il ne voulait rien montrer (par fierté, parce qu'il était buté, parce qu'il ne voulait pas créer un vent de panique aussi), malheureusement le patient lui ne se gêna pas pour donner de la voix. Il jura, le jeune homme gueula, il se rendit compte qu'il distinguait à nouveau des formes (une petite amélioration). Tout ce bordel ne le fit aucunement perdre (a part le fait qu'il jura comme un marin mais, ce n'était rien) son calme, bien au contraire néanmoins, il préférait largement que les cris cesse.

D'une main, il chercha sur la table une fiole de potion, quelque chose qu'il savait de très puissant, contre la douleur. Ce n'était qu'une petite fiole, il n'y avait pas assez pour deux personnes, ainsi, elle irait tout naturellement au pauvre jeune homme. Sur un ton toujours aussi calme, mais, néanmoins crisper, il demanda, s'adressant à Hermione:

« Cette potion l'aidera à calmer sa douleur, le pauvre déguste visiblement. J'ai dû laissé traîné quelques seringues sur la table. Serez-vous capable de le lui injecter ? Se sera plus rapide de cette façon. Si vous vous poser la question, je peux vous certifier que ces seringues sont propres, je suis bien conscient que les moldus ne s'en servent pas toujours à bon escient »

Il sourit, d'une façon rassurante il espéra (ne se rendant pas vraiment compte). En tout cas, la bataille contre le maléfice n'était pas encore terminée, mais, se présentait plutôt bien pour le moment, était-ce parce qu'il était capable de ressentir tout ce que le jeune homme ressentait ? Il y avait aussi le fait qu'il n'était pas seul, dur de l'admettre, que la présence d'une autre personne pouvait faire la différence parfois ...
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Où qu'il soit, on le trouvait toujours (Pv Hermione)

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