POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Dossier Kahn (Bedan)

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Edwyn Bedan


MessageSujet: Dossier Kahn (Bedan) Lun 16 Fév - 15:27

Tout avait commencé alors qu'il lisait l'édition du mois du Magic Musical Express (MME pour l'ensemble du monde sorcier s'intéressant de près ou de loin à la musique) et qu'il avait découvert une affiche de propagande ô combien magnifique vantant le Society Tour d'Edwyn Bedan, avançant une critique enthousiaste – le MME était une branche de la Gazette, toujours et encore puriste – de cette tournée annoncée sur les bases du concert de Pré-au-lard. Et Ewyn Bedan, qui au demeurant était tout à fait d'accord pour faire une tournée complète ne fit ni une ni deux : il alla voir son producteur, qui venait de monter ça tout seul comme un grand sans jamais avoir songé à lui demander son avis ni même s'il n'était pas un peu gênant qu'un commissaire du sang, et par ailleurs juge du magenmagot, soit en même temps un chanteur – certes populaire et puriste – de rock. James Eccleston va s'étrangler de rage. Ces gens n'ont aucun sens des convenances. Ca fera rire Mike. Du coup, s'était instaurée une certaine schizophrénie chez le musicien, le temps de décider quoi faire. Aller râler chez Noodle, pousser une vraie gueulante de rock star, et lui rappeler que je fais une tournée si je veux, et puis bien montrer au monde que oui, justement, je suis une rock star et que oui, s'ils veulent me garder comme commissaire du sang et juge, va falloir l'accepter.

Il avait passé presque vingt ans, finalement, à faire ce qu'on lui demandait. Il n'avait rien contre cela, parce qu'il fallait bien de l'ordre, et que c'était normal. Il était un Bedan et en tant que Bedan, il participait à la construction du monde, à la grandeur de l'ordre sorcier, oui, sans aucun doute, jamais il n'en avait eu. Mais combien de fois j'ai pensé à un monde, combien de fois j'ai contribué à sa purification, combien de fois j'y contribue aujourd'hui, pour qu'en retour je n'obtienne rien sinon la médiocrité ambiante de sang mêlé terrifié par la pureté parce que moi, bon sang, je n'ai rien à me reprocher ? Aucune souillure. Le caractère d'Edwyn Bedan, généralement placide et philosophe – après avoir été stone pendant presque toutes ses études, sans les foirer, un miracle, c'était assez logique – n'était pas moins emprunt de la marque familiale. Il fallait juste un déclencheur en particulier.

Je vais continuer, je ferais le boulot, mais voilà, j'ai contribué. Maintenant, je me paye de retour. Et ainsi, en profitant pour passer une gueulante sur son producteur et sur les rédacteurs du MME, il décida, tout simplement, de racheter le journal et d'en devenir rédacteur en chef...c'est là que Paul Noodle le trouva, décidé à reprendre en main le magasine et à faire une ligne éditoriale qui lui plairait.

« Mais enfin, Ed...mon vieux, qu'est-ce que tu fais ? »
Ed leva les yeux vers lui et se désintéressa provisoirement de ce qu'il était en train de faire, à savoir s'occuper de savoir de quels artistes ils pourraient bien parler dans le numéro. « Enfin, tu...où est passé le Ed Bedan de d'habitude ? »

Bonne question. Ailleurs. J'ai l'impression d'avoir passé vingt ans en léthargie. Vingt où ma vie a été composée de journée de pluie sans fin entrecoupé d'éclairs lumineux, comme des baffes. La musique. Personne ne comprenait bien pourquoi il aimait autant la musique, finalement, et surtout pas Paul Noodle – un peu Jamie Murdoc, son autre producteur – et encore moins les Bedan. Ed Bedan n'était pas dépourvu d'ambition : simplement au départ, il n'en avait aucune en matière de purisme ni en matière de business. Il en avait en matière de musique. La musique lui avait sauvé la vie, c'était la seule chose qui valait la peine d'exister en ce monde. Debout sur la scène, explique nous ce que as ressenti avant de disparaître. Tu m'as donné quelque chose à croire et c'est la meilleure chose qu'on puisse donner. Il sourit calmement :

« Parti, envolé. Je ne me suis pas perdu. Je me suis retrouvé. Et maintenant, les conneries, ça suffit. Alors tu t'abstiens de ne pas me demander mon avis. » Il sourit et alluma une cigarette. « Salut, Paul. Angie, nous reprenons, s'il vous plait. Eux, oui, leur musique me plait. Eux non c'est de la soupe, je l'ai déjà dit. Ca aussi. Eux, vous me les mettez à part, je peux leur trouver une place s'ils réussissent à sortir un single correct, dites le leur.
-Votre femme voudrait...
-Non, je n'ai pas le temps. Mais par contre elle peut transmettre un message, la prochaine fois que je croise Nathaniel, je lui colle mon poing dans la figure. »

La rage était intacte. L'envie de jouer aussi, et avec une guitare à la main, il pouvait encore battre le monde entier. Edwyn Bedan ne manquait pas d'ambition en réalité. Il n'avait simplement jamais trouvé l'endroit exact où la placer, sauf dans la musique et maintenant il y revenait. J'ai gagné ce droit.

Le nouveau numéro du MME titra avec l'affiche de la tournée d'Ed Bedan et avec pour mention « le chef est de retour ». Bien que le rock puriste, ou purepop, aie le vent en poupe depuis le retour du Lord, et qu'il en aie depuis toujours été le chef de file, on n'avait pas vu cette rage, cette passion pour démonter le bourbisme en filigrane et ce coté sarcastique, très nonchalant mais impitoyable envers l'art et ses pairs. Parallélement, il assurait réellement la tournée. Et son boulot de commissaire du sang. Et de juge.

Et qu'importait s'il était parfois d'une humeur extrémement irascible à cause de gueules de bois du aux after qui suivaient ses concerts. Je ne me ferais plus avoir par la médiocrité. Et il continuait avec sa mentalité de fonctionnaire à envoyer des gens en prison sans plus d'états d'âme – voire même avec un certain plaisir s'ils venaient le déranger pendant sa gueule de bois, justement. Envoyant convocation l'une après l'autre, il les enchainait, et c'est ainsi que Mathangi Kahn reçut une d'entre elle :

Citation :
Edwyn J. Bedan
Commissaire du Sang,
Membre de la Cour de Justice d'Angleterre,
Département du Sang et des Lois,
Intendance du Royaume Uni
Londres
Mademoiselle Mathangi Kahn
Etudiante de la Maison Serpentard,
Collège Poudlard
Ecosse

Mademoiselle Kahn,

Vous êtes convoqué le 16 Février 2006 à 10h00 à la commission du sang afin de déterminer votre statut du sang. Vous prétendez au statut du sang mêlé, et en conséquence, selon la loi sur le sang de 2006 et le décret d'application s'y référant, vous devrez vous présenter munie des preuves suivantes :
-vos certificats de naissance et de scolarité
-les certificats de naissance, scolarité, travail, et éventuellement du sang de vos ascendants sorciers

En tant que titulaire d'une double-nationalité, veuillez noter que conformément à la loi sur le sang de 2006 vous devrez obligatoirement justifier de la nationalité anglaise d'au moins un de vos ancêtre.
Veuillez vous présenter munie de cette convocation au département du Sang et des Lois le jour susmentionné.

Cordialement,

Edwyn J. Bedan,
Commissaire du Sang.


Bref, et le jour dit, il avait sa gueule des mauvais jours, parce que le soir d'avant il était resté après le concert et avait improvisé un bœuf interminable avec un autre groupe sur la terrasse de l'hotel. C'était cool. Pas de regrets. Par contre, il allait falloir qu'ils soient de bonne volonté, les convoqués.

« Mademoiselle Kahn, c'est à vous, s'il vous plait. »
Edwyn laissa entrer la jeune fille. Pas l'air méchant, pas l'air trop mal à l'aise, ni timide. Il en avait marre des gens timides, en fait. Il voulait des gens qui parlent, qui ne mentent pas, qui si possible le connaissent et si possible le trouvaient séduisant – des fans, quoi. D'ailleurs il était persuadé d'avoir les meilleurs fans du monde, mais ça c'était autre chose. « Bien, asseyez vous. Voulez-vous un café ? » Il s'en servit un lui même avant d'ouvrir le dossier. « Vous prétendez donc au sang-mêlé. Pouvez-vous me parler un peu de votre famille ? Si possible essayez de me citer l'ancêtre moldu qui est à l'origine de l'altération de votre sang. Je vais également vous demander de me remettre les pièces justificatives demandées dans votre convocation. »
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Mathangi Kahn


MessageSujet: Re: Dossier Kahn (Bedan) Lun 16 Fév - 19:40

Convocation à la commission du sang, Mathangi avait simplement haussé les épaules en recevant le hibou à la table du petit déjeuné. Elle s'y attendait, tout le monde devait y passer, alors ça ne l'émouvait pas plus que ça. Sa famille n'était peut être pas des plus reluisantes mais elle n'avait rien à cacher, ils étaient pauvres, et alors? Le nouveau régime n'avait pas encore frappé la crasse et la misère du tampon "illégal." Elle tiqua cependant à la mention de la "double nationalité", c'était encore une affaire soignée niveau renseignement que cette commission, Matha avait la peau de bronze du Sri Lanka, oui, mais était tout à fait britannique, comme sa mère, sa grand mère et son grand père. Cette coquille dans le dossier allait peut être être source d'embêtements, bah, elle verrait ça sur place. Un autre souci majeur était le nom de celui qui allait gérer son dossier, Ed Bedan himself, bon sang de sang pur, ce que sa mère allait roucouler et faire des pieds et des mains pour l'accompagner, c'était une fan absolue. Heureusement elle était convoquée pour dix heures, sa mère dormirait sûrement, béni soit le travail de nuit. Elle avala son thé, rédigea une courte missive à l'intention de sa grand mère lui demandant de préparer les pièces nécessaires au dossier et monta à la volière poster ça avant le début des cours.

Le jour J arriva, Matha quitta Poudlard de bonne heure, par la cheminée de la salle commune de Serpentard et arriva chez elle. Habitant Londres elle avait préféré repasser chez elle prendre le dossier avant de se rendre à sa convocation, puis elle n'avait que 15 ans après tout, c'était sa première convocation officielle, une formalité sans doute, mais elle serait plus rassurée si elle avait le temps d'embrasser ses proches avant.

Ils l'attendaient tous justement. Sa mère, magnifique, comme toujours, dans son kimono de soie violette, l'air un peu fatiguée seulement. Sa grand mère, tout en voiles colorés et en or clinquant, l'air épanouie et autoritaire et son grand père qui fumait dans son coin, l'oreille collée au poste, écoutant le résultat du tiercé du jour, l’œil roublard. Sa grand mère lui donna le dossier complet, son grand père une bourse pleine d'or et sa mère un baiser sonore sur le front et elle recommanda à sa "petite mangouste" de lui ramener un autographe du grand Eddy.

Mathangi quitta la maison en leur adressant un V de la victoire. Elle connaissait Londres comme ça poche, traînarde qu'elle était, une demi heure de marche pour se rendre à Buckingham Palace, elle était largement dans les temps. Elle s'acheta un bretzel en route, foutu deux trois coups de pied aux pigeons qui jonchaient son chemin et essaya de ne pas prêter trop d'attention à l'environnement, ce n'était pas la moment de se laisser embarquer par les présages.

Elle arriva avec un peu d'avance, toute petite dans ce grand hall, elle commençait à ressentir une pointe de nervosité. Elle en profita pour parcourir une fois encore le dossier que Siri avait préparé: deux parchemins jaunis et usés, les actes de naturalisation de ses grands parents, le diplôme de guérisseur de son grand père, l'acte de naissance à St Mangouste de sa mère, le sien également, un certificat de travail pour sa mère et de scolarité pour elle. Sa grand mère avait ajouté aux pièces demandé, un très vieux parchemin tout racorni, un certificat de reconnaissance du don de voyance de la famille, il portait le sceau du ministère des colonies magiques et était daté, 1815, début de la colonisation Britannique du Sri Lanka.

Sa grand mère avait encore ajouté, soigneusement pliée, une tapisserie de soie cerise, brodée au fil d'or. L'arbre généalogique des Kahn. Un peu bouffé par les mites, c'était le symbole de la grandeur familiale. "Tu leur montrera ça, si ils tiquent, c'est la preuve qu'on est une vieille famille de sorcier." lui avait elle dit. "Tout ces anglais, sorcier ou pas, c'était des blancs avant tout, et même si ils ont toujours traité les magiciens indigènes comme un peu moins que des elfes de maisons, les Kahn avaient une baguette entre les mains bien avant tout ces petits blancs. Ne l'oubli jamais, soit fière de ce que tu es." Ces bonnes paroles rassurent la jeune fille, puis toute cette soie rouge, rouge c'est la couleur de l'amour, c'est la couleur du vin et qui dit vin dit pot-de-vin, c'est pour ça que son grand père lui avait refourgué une bourse pleine, 150 gallions, au cas où, on est jamais trop prudent.

On l’appela enfin, l’œil du tigre tamoule, c'était maintenant qu'il fallait l'avoir. Elle entra souriante et prit place tranquillement,posa son dossier sur le bureau, acceptant le café qu'on lui offrait.

"Oui, merci monsieur. Noir et sans sucre s'il-vous-plait."

Comme elle aimait les hommes. Mais on y reviendra plus tard. Elle jaugea rapidement son interlocuteur, il avait l'air fatigué, mais pas méchant. Selon sa taxinomie personnelle (elle aimait à classer les gens en fonction de leur analogie animale) c'était un humain à tête de chien, un bon chien, franc du collier, ça la rassura. Elle lui servit calmement son petit speech.

"Mathangi Kahn, 15 ans, je suis de nationalité britannique et originaire du Sri Lanka. Mes grands parents son arrivés en Angleterre en 1948, peut après l’indépendance, ils ont été naturalisés britannique tout les deux la même année. Mon grand père est un ancien médicomage, il n'exerce plus et profite de sa retraite. Ma grand mère vit de son don de voyance, c'est une vraie voyante vous savez? Beaucoup de clients font appel à ses services." Elle bu une gorgée de café, il était bon, on savait vivre dans les ministères, ça la réconforta encore plus, elle reprit.

"Vous retrouverez toute ces infos dans mon dossier, il manque les actes de naissance de mes grands parents, à cause de la désorganisation post-coloniale et de la guerre civile qui fait encore rage là bas, c'est compliqué d'obtenir ces pièces ci, vous comprendrez j'espère."

Elle termina tranquillement sa tasse de café avant d'attaquer le cas de sa mère. Son métier lui faisait souci, les gens jugeaient parfois durement sa mère, considérant que danser sous des voiles translucides et avaler des couteaux devant une foule abreuvée n'était pas une profession res-pec-ta-ble.

"Ma mère quant à elle est née à Londres, à Sainte Mangouste. Elle suivit sa scolarité à Poudlard. Depuis qu'elle est sorti du collège elle travaille comme artiste dans un petit cabaret sur l'allée des Embrumes, La Harpie Goulue, si vous connaissez, vous l'avez sûrement déjà vu."


Le plus gros morceau maintenant, le statut du sang, la partie la plus compliqué de son petit dossier. Elle poursuivi, sereine.

"Je ne connais aucun antécédent moldu dans ma famille, mais je ne peux pas demander le statut de sang pur puisque selon l'article 7 de la loi de 2006 il faut justifier d'un lien avec deux familles de sang pur britannique. En plus la situation politique instable du Sri Lanka freine toutes recherches généalogiques."


Il y avait la situation de son père aussi. Elle avait pressé Mayumi de question mais celle ci avait répondu qu'elle faisait se qu'elle voulait de ses fesses, que ça ne regardait pas le ministère, qu'elle élevait convenablement sa fille et que ça devrait leur suffire.

"Puis y'a aussi mon père que je ne connais pas. C'était sans doute un sorcier, je n'ai jamais vu ma mère entretenir des relations avec des moldus, elle a dit que vous pouviez la convoquer si ça vous chantait. Ça me regarde pas mais elle a rien à cacher au ministère, qu'elle dit. Oh puis elle voudrait un autographe aussi... Mais c'est pas le moment pour ça, excusez moi."


Gaffeuse et metteuse de pieds dans le plat, toujours.

"Enfin bref, c'est pour ça que je demande le statut de sang mêlé."


Elle entortilla du bout de son doigt une de ses mèches brunes en attendant la suite.
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Edwyn Bedan


MessageSujet: Re: Dossier Kahn (Bedan) Sam 11 Avr - 17:02

Il vivait dans un autre monde, c'était évident. Edwyn Bedan ne réalisait aucunement ce qu'il faisait.  Quelque chose se passait, des démonstrations de forces puristes, mais il n'en tenait pas compte. Il faisait ce qu'il voulait, de la musique, il était raisonnable et calme, en bon juriste, et il participait sans mot dire, avec le sourire, en croyant redevenir provocateur, à un massacre total. Il soutenait sans réserve la politique puriste. Comme les Bedan ? Lui qui vénérait la science et l'apprentissage ne voyait pas – ou plutot s'il y voyait, mais bien sur, il s'en fichait – qu'on n'achetait plus de manuels scolaires mais bien des armes et qu'on apprenait aux gosses à devenir des soldats. Le pire, c'est qu'il payait pour ça, parce que les Bedan devaient y contribuer, et même en temps que citoyen, il payait des impots. Mais il était heureux et leurs dirigeants étaient doués. Vous voulez plus d'argent ? Bien sur, puisque je m'en fiche ! Il était extrémement libéral, et très déconnecté du réseau. Il méprisait la violence mais adhérait à ce régime totalement militaire, du moment qu'il pouvait se la jouer punk puriste et continuer son boulot de juriste. Certaines personnes pourraient dire que ma vie est dans une ornière, mais je suis très heureux avec ce que je ai. Les gens pourraient dire que je dois lutter pour plus, mais pour quoi faire ?

Pour changer le monde et imaginer cet univers parfait dirigé par de raisonnables juristes ? Non, ça n'en valait pas la peine. Le public avait ce que le public voulait, c'était tout. Il prenait du plaisir à la la haine et avait besoin d'une certaine tension pour se détendre. Du pain et des jeux. La médiocrité des gens agaçait franchement Edwyn Bedan. Il lisait le journal et ça le faisait frissonner, il regardait la scène culturelle et il était désespéré. Je méprise les sang-de-bourbe et la plupart des sang-mêlés parce qu'ils n'ont pas de cause, pas de raisonnement, rien, c'est vide, où est passé le cerveau ?

Il aimait qu'on résiste un peu, il n'aimait pas l'hésitation, marquante de gens qui essayaient de planquer quelque chose. Ca ne manquait jamais : ceux qui mentaient sur leur statut du sang, à la commission, se savait en faute. Bedan avait élaboré une explication concernant ce phénomène : l'administration était quelque chose d'impressionnant et les gens étaient conditionnés à lui obéir. Quand ils lui mentaient, ils savaient ce qu'ils faisaient. Moralité, pour mentir, il fallait ne pas avoir de morale du tout si on voulait convaincre son interlocuteur.

Ou Mathangi Kahn mentait très bien ou alors elle n'avait vraiment rien à cacher car elle était réellement à l'aise. Il est possible qu'elle me mène en bateau. Le dossier de la jeune fille possédait des failles, lui le savait. Le manque des actes de naissance des grands-parents. L'absence d'information sur le père. A ce niveau là, qu'est-ce qui jouait ? Elle était manifestement sang mêlée. Alors si quoi décidait-il ? Selon l'humeur ? Oui, certains commissaires du sang travaillaient comme ça. Un jour c'était oui, un jour non. Pas Edwyn Bedan, qui en fait, était généralement d'une humeur assez égale – parce que vivant dans un monde bisounours punk puristes, si ça pouvait exister et quoique ça aie pu vouloir dire.

Non, il essayait d'observer. Voir si la personne était convaincante. Et il cherchait au maximum à obtenir des preuves, des choses écrites, légales. On n'est pas juriste pour rien, d'abord. Elle était bien gentille, mais ça ne se passerait pas aussi facilement que ça.

« Je regrette, ce n'est pas le genre d'endroit que je fréquente. »
Un peu de mensonge ne faisait de mal à personne en réalité. «  Mais je serais ravi de signer quelque chose pour votre mère. » Un badinage proféré avec le sourire, histoire de contrer le propre badinage de la demoiselle. Si tu essayes de me mener en bateau en ayant l'air détendu, je peux jouer à ça aussi, et je suis plus fort que toi. Il passa donc au vif du sujet, faisait un petit tas propre des notes qu'il avait pris en réunissant les feuilles avec un bruit léger. Et un peu agaçant. Tap tap tap. Délibéré de lenteur. « Je vous suis reconnaissant de votre prévenance à l'égard de notre administration. J'ai bien conscience des difficultés politiques liés à l'origine de votre famille, néanmoins je me dois de faire des vérifications. Nous pourrons sans doute trouver si vos grands-parents sont mentionnés dans certains documents des archives de 1948, puisqu'ils ont immigrés. Et nous allons vérifier vos propres documents. Vous comprenez bien qu'en l'état actuel des choses, des mentions de métiers ne peuvent me suffire comme preuves pour vous déclarer sang mêlée. » Il était plein de bonne volonté, globalement. Il n'avait aucune animosité pour personne, en réalité. « D'autant plus au regard des informations concernant votre père. Ou de l'absence d'informations, plutôt. » Il disait cela d'un ton nonchalant : « Il ne sera pas nécessaire que votre mère se déplace pour évoquer le sujet si nous prouvons votre ascendance sorcière du coté maternelle, bien évidemment. Miss Davis, veuillez faire authentifier tout ça. Vous ferez également rechercher toute mention concernant monsieur...Sanath Kahn et sa femme...madame...Sirimavo Kahn. » Il écrivait en même temps dans le dossier. La secrétaire vint et partit avec déférence. Edwyn releva les yeux et posa sa plume : « En attendant, si vous voulez bien avoir l'obligeance de faire une démonstration de vos pouvoirs, mademoiselle Kahn. »

Il poussa sa baguette vers elle. C'était un test comme un autre.

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