POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Le roseau plie... (Ariana)

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James Eccleston


MessageSujet: Le roseau plie... (Ariana) Mer 25 Mar - 14:34

-Vera... VERA !

Mais où était-elle, encore ? Jamais là quand on avait besoin d'elle, cette emmerdeuse. James entra sans prendre la peine de frapper dans la chambre de sa chère épouse  ; personne, bien entendu.

-Epsilon !

L'elfe, au moins, avait le grand mérite d'apparaître dès qu'on l'appelait. Il s'inclina devant son maître qui, contenant sa colère, demanda :

-Epsilon, où est ma femme ?
-La maîtresse a dit à Epsilon qu'elle sortait à Londres, monsieur.
-A Londres ? Et que va-t-elle foutre à Londres ? Encore acheter des fringues ?
-Epsilon l'ignore, monsieur.
-Bon. Elle rentre bientôt ?
-La maîtresse a dit à Epsilon qu'elle ne déjeunerait pas à la maison, monsieur
.

Vu l'heure – il était encore tôt – cela voulait tout dire : Madame s'était barrée pour la journée, en laissant son mari avec le gamin sur les bras. Elle ne perdait rien pour attendre, grogna le Ministre qui avait un peu autre chose à faire que changer des couches toute la journée. Il n'allait pas au Ministère ce jour-là, mais ce n'était pas précisément pour se reposer ; il était attendu chez Ariana Bedan, tout d'abord, pour « parler affaires », puis à un déjeuner avec les puristes australiens en visite à Londres, et enfin devait honorer de sa présence l'inauguration d'un foyer pour orphelins du purisme, dans la lointaine campagne anglaise. Autant d'occasions où il ne pouvait guère se présenter avec son marmot. Sa mère était indisponible pour la semaine, et James n'avait personne dans ses proches susceptibles de garder son fils... et il n'était pas question de le laisser aux seuls soins de son elfe de maison. Il avala son petit déjeuner en maudissant sa garce de femme, qui avait poussé l'impertinence jusqu'à laisser sa tasse en face de celle de son mari sur la table de la salle à manger. Tu vas voir ce soir, toi. Je vais te passer l'envie de te carapater comme ça.

Restait à prendre une décision quant à la suite de la journée. À la limite, l'entrevue chez Ariana Bedan pouvait se faire en présence de Robin, à condition de le surveiller comme le lait sur le feu – le jeune homme s'était en effet mis à se déplacer à quatre pattes, ce qui accroissait considérablement son potentiel de nuisance. Il faudrait trouver à la caser pour le déjeuner avec les puristes, puis l'inauguration... à la limite il pouvait le trimballer là aussi, s'il ne trouvait personne pour s'en charger.

Cette résolution prise, le Ministre ordonna à son elfe de préparer Robin, qui, à en juger par ses hurlements, aurait préféré continuer à crapahuter à quatre pattes dans tout le manoir en essayant d'attraper tout ce qui était encore à sa portée, ou tirer les poils de Ludmilla, la chatte persane adoptée par Vera peu après son arrivée à Challenger House. À peine habillé, Robin se remit à se traîner sur le parquet à la recherche d'une bêtise à faire, tandis que l'elfe s'affairait à préparer un sac contenant l'essentiel pour partir en vadrouille avec un bébé. Peu après, son fils sur un bras (gesticulant comme un diable dans l'espoir de s'échapper) et le sac à l'épaule, James put transplaner jusqu'à Londres, non loin de l'appartement d'Ariana Bedan. Robin s'était enfin décidé à se tenir tranquille ; il observait, fasciné, la circulation automobile et l'animation des rues de la capitale.

Le Ministre arriva enfin chez Ariana, pas mécontent de pouvoir bientôt poser son fardeau. C'est que le petit Robin, véritable estomac sur pattes, commençait à peser lourd... Miss Bedan lui ouvrit la porte, probablement un peu surprise de le voir dans cet attirail, et il la salua en ces termes :

-Bonjour, Ariana... J'espère que vous me pardonnerez d'être venu avec Robin, personne ne pouvait le garder ce matin... et je ne voulais pas le laisser à mon elfe, on ne sait jamais. Il est plutôt sage mais si vous avez des objets auxquels vous tenez, il vaudrait mieux les mettre hors de sa portée. Je peux poser mon sac là ?

Il se débarrassa avec soulagement de tout son baluchon, et Robin se lança immédiatement dans l'exploration de l'appartement. James sauva de justesse une plante à laquelle le moutard avait visiblement l'intention de s'agripper pour essayer de se mettre debout – sa dernière lubie – et soupira avant de demander à son hôtesse :

-Je pense qu'il vaudrait mieux aller droit au but, je ne voudrais pas vous imposer cela trop longtemps. Alors, de quoi vouliez-vous me parler ? Un projet pour lequel vous pourriez avoir besoin d'appui, c'est ça ?

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MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Mar 31 Mar - 21:09

Le bureau du Département de la Sécurité Intérieure se vidait peu à peu. Il était presque l'heure du déjeuner, et tous les employés s'envolaient pour les restaurants plus ou moins chics de la capitale britannique. Ariana terminait un dossier assez urgent que Mulciber avait réclamé le matin même. Pas foutu de la prévenir suffisamment à l'avance, il grappillait le temps qu'elle pouvait à remplir les nombreux papelards nécessaires à la juridiction et au bon droit des actions du Département. Le régime avait beau être puriste, il n'en restait pas moins droit de procédure – la plupart du temps. Elle enchaînait les lectures de différents articles sur le sujet du jour – une insurrection Irlandaise à discréditer au plus vite – et grattait le papier comme jamais. Elle n'était pas l'employée numéro une de la Section du Renseignement Civil, bien sûr que non, mais elle travaillait dur pour devenir indispensable et, à l'image de quelques autres au bureau, elle l'était devenue sans trop de peine. Il s'agissait d'une espèce de niche professionnelle où l'on pouvait se la couler douce sans faire de vague et être grassement payé pour pas grand chose. Ariana ne voyait pas le travail comme une nécessité, mais comme un but, un accomplissement. Elle n'avait pas besoin de travailler. Sa seule fortune – sans toucher à celle de la famille – lui suffisait, à elle et jusqu'à ses arrières-petits-enfants, pour vivre tranquillement dans un château luxuriant. Elle travaillait pour se savoir utile, pour grimper, se faire voir, devenir nécessaire au régime. Elle refusait de vivre dans l'ombre, elle voulait briller de milles feux, et elle y parviendrait.

Treize heures approchaient à grand pas. Ariana termina son dossier d'une signature juste et élégante avant de ranger ses affaires rapidement dans un sac à main ensorcelé, et quitta son office, pochette sous le bras. Elle passa chez son supérieur direct qui était encore absent pour grasse bouffe, et lui déposa le fruit de son labeur sur son bureau avant de quitter Buckingham et de rejoindre un autre siège, celui de Jeunesse Puriste, le magasine ayant fait le buzz national avec son interview du ministre en première de couverture. Elle dirigeait l'équipe à la tête de cet article et ils avaient été fièrement félicités pour leurs efforts. Maintenant, ils devaient remplir plusieurs nouveaux contrats, dont un reportage qui se profilait doucement mais sûrement en direction de Poudlard. Sa principale assistante s'avança vers elle, lui annonçant les dernières nouveautés à la rédaction tandis qu'elles traversaient l'open-space jusqu'à l'espace de réunion et de direction. Ariana était de loin la plus jeune de la salle, mais probablement celle qui connaissait le mieux son sujet. Qui de mieux qu'une jeune pour parler aux jeunes ? L'idée était d'être démagogue jusqu'à la moelle et force était de constater que ça marchait à merveille. Le journal s'était classé numéro un des ventes la semaine dernière, et continuait son bout de chemin dans le top cinq la semaine courante.

La rédaction avançait bien sur les sujets à aborder, sur les questions à poser, certains s'étaient même renseigner sur les élèves et professeurs à interroger. Mais il manquait quelque chose de crucial : un accord légal pour pénétrer, rester et questionner l'école de Sorcellerie Poudlard. Entrer sans y être un résident commun était quelque chose d'incroyablement difficile si l'on n'était pas un privilégier et, étrangement, Ariana gardait une petite rancune envers l'école qui la poussait à obtenir gain de cause. Elle voulait revenir à Poudlard l'espace d'un instant, dans ses nouvelles fonctions, pour clamer à cet endroit duquel on l'avait jetée qu'elle s'en était sortie, qu'elle avait triomphé et qu'elle était revenue, plus puissante que jamais.
Une revanche, rien de plus, qui la poussait à s'imposer pour cet article et à pousser sa rédaction à exceller sur l'affaire. Il fallait quelque chose de grand pour pouvoir entrer dans l'école en y étant pleinement attendue et invitée. Elle comptait sur la coopération de ce cher sous-directeur, Monsieur Grey, en l'absence de Lestrange, mais elle avait aussi besoin d'une permission officielle de journalisme, attribué par le Département de l’Éducation et du Peuple.
Elle avait encore fort à faire avec son équipe pour l'obtenir, aussi se dépêcha-t-elle de se mettre au boulot et resta à la rédaction jusque tard dans la nuit. Elle ne quitta le siège social de Jeunesse Puriste qu'après une heure du matin. Dernière de l'équipe à sortir des locaux, elle se laissa aller à une balade nocturne. Sa journée avait été épuisante et de rentrer à pied jusqu'à Prince Consort Road ne pouvait que la complaire. Cela attira la fatigue également et lorsqu'elle revint chez elle, il ne fallut pas plus de quelques pas pour qu'elle parvienne à s'écrouler sur son canapé, habillée, plongée dans un épais sommeil de plomb.

Une troupe de touristes moldus en pleine rue la réveillant bruyamment. Sa chambre était excellemment bien isolée, mais son salon, donnant sur la rue, l'était bien moins. A ceci près que la magie empêchait le froid de pénétrer en hiver et le chaud en été. Les sons, eux, parvenaient à traverser sans trop de peine bien qu'amoindris par l'épaisseur des vitres. Elle releva une mèche de cheveux rebelle, et se frotta les yeux avant de s'asseoir au fond de son canapé, brisé par une nuit trop courte et loin d'être confortable. Elle ne sentait plus son bras droit sur lequel elle avait dormi toute la nuit, et ses paupières pesaient lourd. Elle faillit se rendormir deux fois. La première fut un échec grâce au retour des touristes. La deuxième fut empêchée par Wayland qui sortait de la chambre, torse nu. Il l'observa un instant, étonné, mais face à la tête fâchée que tirait l'ancienne verte et argent, il n'osa rien dire, prit son café et repartit dans la chambre avant de se préparer pour le boulot. Elle ne bougea pas jusqu'à ce qu'il soit parti, après quoi elle retira son pantalon, et s'étala de tout son long sur le canapé de cuir avant de s'étirer. Quelques minutes passèrent avant qu'elle ne daigne se lever et se préparer un café. Elle ne travaillait pas aujourd'hui, jour béni, et pouvait se permettre de récupérer de sa semaine de folie achevée sur une dure et longue journée, la veille.

Elle bu un café lentement, adossé à son plan de travail avant de gagner la salle de bain où elle fit couler un bain moussant aux essences de Vélane. Disait-on que cela adoucissait la peau et rendait le charme irrésistible. Un atout parfait pour Ariana à plus de trente gallions le flacon. Le luxe était, à ses yeux, un minimum syndicale lorsque l'on parlait confort.
Elle se déshabilla et pénétra dans l'eau brûlante où elle ferma les yeux quelques instants.

Ariana se réveilla en sursaut dans son bain. Elle ne travaillait pas aujourd'hui, mais elle recevait le Ministre de la Magie. James Eccleston venait chez elle, dans son appartement, sur sa demande personnelle, pour parler affaires. Elle l'avait oublié. Ou plutôt, le temps lui avait fait oublier. Elle se releva d'un coup, préparant sa sortie avant de glisser honteusement et de s'échouer au fond de la baignoire, laissant l'eau déborder de l'habitacle et s'étaler sur le sol carrelé.

-Non mais MERDE!

Elle quitta la salle de bain vêtue d'une simple serviette, laissant en état l'endroit loin d'être d'humeur à nettoyer. Elle prit soin de se sécher, de s'habiller et de mettre en valeur son corps et son charme – sans jamais jouer avec le vulgaire – dans sa chambre avant de repasser devant la salle de bain. Elle souffla d'exaspération et agita sa baguette magique tandis qu'elle entrait dans la pièce. Tout se remettait en place autour d'elle et l'eau quitta la baignoire lentement pendant qu'elle s'affairait à se maquiller convenablement.

A peine dix minutes plus tard, alors qu'elle avait eu à peine le temps de préparer du café en avance, le Ministre frappa à sa porte. Elle lui ouvrit naturellement la porte, sourire aux lèvres, qu'elle perdit immédiatement en la présence d'un gnome sur pattes : Robin Eccleston, le fils du Ministre de la Magie. L'espace d'un instant elle crut à une farce, mais son sourire revint, léger et loin d'être heureux, lorsqu'elle déposa son regard sur James qui occupait la place du père le moins organisé du monde. Elle lui fit signe d'entrer.

-Non, non, rien du tout. Entrez, ne restez pas là.

Elle rejoignit sa cuisine, et acquiesça lorsque James lui demanda la permission de déposer ses bagages. Le gosse s'élança dans l'appartement à la recherche de tout et n'importe quoi. D'un geste de baguette, tous les objets susceptibles d'être brisés, mangés, ou étant trop lourds pour ce cher enfant lévitèrent de plusieurs centimètres, les rendant hors d'atteinte. Elle reporta son attention sur le ministre tout en lui indiquant le salon où elle amena un service à café et à thé. Une plante faillit passer dans les griffes du rejeton du Ministre, ce qui arracha un sourire mauvais à Ariana.

-Merci d'être venu en tout cas, c'est très aimable ! Vous ne m'imposez rien du tout, ne vous en faîtes pas.

Elle croisa les jambes tout en continuant son approche.

-Oui, voilà, j'ai constaté que l'industrie de la presse, en Angleterre, était sous-développé. Malgré les efforts de Monsieur Valverde, nous ne voyons pas assez de diversités dans les informations. La Gazette s'impose comme un leader incontournable, mais il ne s'agit là que d'un grain de sable. Je veux élargir les horizons du journalisme puriste et offrir aux sorciers le choix. A la jeunesse un magasine pour lequel je travaille actuellement qui aura une visée éducative et politique, leur permettant de comprendre de manière plus ludique le monde qui est le leur. Mais je vois plus grand encore et ma fortune personnelle aidant, je rachète la radio de Londres sorcière pour la remettre à jour et la relancer dans le jeu de la presse nationale. J'aimerais en faire une icône de développement puriste et permettre aux sorciers de varier leurs sources d'informations. Une plate-forme permettant à la fois aux jeunes, aux trentenaires et aux plus vieux de s'y retrouver avec des programmes variés et des volontés tranchées et précises. Pas un fourre-tout médiatique.

Elle sirota son café.

-Mais l'argent ne fait pas tout, vous en avez bien conscience, aussi me demandais-je si je pouvais obtenir votre soutien pour ce projet?

Ariana était jeune et non pas dénuée d'ambition et d'opportunisme mais elle avait cette qualité indéniable d'être volontaire et impliquée pour sa cause. Elle trouvait des solutions et surtout amenait du renouveau, du changement. Elle voulait améliorer ce qui était déjà fait, elle voulait pousser plus loin des institutions dont les bases avaient été posés. Elle était jeune et ne pouvait rien faire sans aide, mais force était de constater qu'elle était particulièrement bien entourée.

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MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Dim 12 Avr - 10:45

C'était à prévoir : le sourire d'Ariana s'était effacé lorsqu'elle avait vu Robin, aussi rapidement que si elle avait remarqué qu'un voisin indélicat avait vomi sur son paillasson. James ne pouvait pas lui en vouloir ; personne n'aimait voir débarquer un gamin dans sa demeure, sauf exception – la femme de John Mulciber, par exemple, qui fondait littéralement de bonheur chaque fois que Robin franchissait le seuil de sa maison, mais elle était bien la seule à se comporter de la sorte.
En jeune femme parfaitement éduquée, Ariana avait très vite repris contenance, et son sourire était revenu. La première des courtoisies était de ne pas montrer à un importun qu'il importunait, ce qu'elle faisait à merveille. Un peu gêné tout de même, James déposa son sac dans un coin avant de passer au salon, où Robin avait déjà filé. Très intéressé, il regardait l'un des objets qu'Ariana avait fait léviter pour prévenir tout risque d'accident ou de détérioration : un élégant coupe-papier, de fabrication gobeline selon toute vraisemblance, dont la lame effilée semblait l'attirer. L'air concentré, il cherchait manifestement un moyen d'accéder à ce bel objet. Il essaya de s'appuyer au mur pour se lever sur ses jambes, retomba deux ou trois fois sur ses fesses en pestant (« bababababababa ! ») et finit par se désintéresser du coupe-papier. James accepta un café, que la jeune femme lui servit en exposant le projet pour lequel elle l'avait prié de venir.

La presse. Voilà qui était intéressant. Tout était à rebâtir dans ce pays, et le secteur de l'information faisait partie de ces domaines qui exigeraient bien des efforts. On n'était plus à l'époque où les sorciers avaient deux ou trois malheureux titres à leur disposition ; des magazines se développaient, dans une gamme variée, comme celui auquel collaborait Ariana. C'était un premier pas vers une plus grande diversité, propre à adresser le message du purisme à toutes les couches de la société. Tel était le vœu du gouvernement : sous des couvertures très différentes, le même contenu. Et surtout, on devait trouver facilement ces journaux. Pas besoin de se les faire livrer par hibou comme jadis : on pouvait tout à fait les acheter au numéro, dans nombre de boutiques sorcières qui, désormais, ouvraient au grand jour. Attentif, le Ministre écouta tout en buvant doucement son café. Il était question d'une station de radio, un projet ambitieux qui l'intéressait sincèrement. La radio sorcière était encore plus sinistrée que la presse écrite à la sortie de ces années de guerre.

Pendant ce temps-là, Robin, sans bruit, s'était dirigé vers l'entrée de l'appartement. Il s'était emparé du sac posé là par son père et, à la recherche de son ours en peluche, en avait éparpillé le contenu sur le sol. Entre les vêtements de rechange, les couches propres, le biberon, et divers autres articles, il avait recouvert deux bons mètres carrés. Il ne s'intéressa pas longtemps au carnage : son ours en peluche en main, il rampa à nouveau vers le salon et fit comprendre à son père (« babababababa ! ») qu'il voulait venir sur ses genoux. Le Ministre s'exécuta tout en continuant à parler avec Ariana, et le chérubin commença à somnoler.

-C'est vraiment un projet intéressant, Ariana, disait le père du gamin, passant négligemment les doigts dans les cheveux de son fils. Vous pouvez bien entendu compter sur mon soutien. Avez-vous déjà des idées... je ne sais pas, de programmes, ou de personnes à qui vous pensez confier cette radio ? Vous ne pouvez pas tout faire seule, et vous avez déjà un emploi du temps qui en épouvanterait plus d'une.

Il dut se contorsionner un peu pour reprendre sa tasse de café, qu'Ariana lui passa obligeamment, et poursuivit :

-Si vous voulez, je peux être présent pour le lancement. Et peut-être même pourrions-nous obtenir encore mieux, l'autorisation d'interviewer d'autres membres du gouvernement... Je pourrai en parler à l'Intendant, il ne voudra peut-être pas venir en pers...

La phrase en resta là. Le Ministre venait de ressentir cette brûlure familière sur l'avant-bras gauche, signe que le Seigneur des Ténèbres appelait ses fidèles. Un instant, il eut l'air parfaitement désemparé. Que faire de Robin ? L'emmener à Little Hangleton ? La bonne blague. Pourquoi pas le confier à Queudver, aussi ? Cette petite pute de Vera ne perdait rien pour attendre. Prenant sa décision tout d'un coup, il se leva, posa sans cérémonie son fils dans les bras d'Ariana et déclara, un peu fébrile :

-Je dois partir, Ariana. Le Lord... vous comprenez, hein ? Vous pouvez vous occuper du petit ? Je viens le récupérer dès que possible. Je vous revaudrai ça. Je peux transplaner d'ici ?

Réveillé en sursaut, Robin s'était mis à pleurnicher dans les bras d'Ariana. La fumée noire dégagée par le transplanage de son père acheva de le plonger dans une profonde crise de larmes et de cris, tandis que le Ministre se trouvait déjà à plusieurs centaines de kilomètres.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Ven 24 Avr - 14:25

Les projets d'Ariana avaient toujours eu cela d'être ambitieux. Elle ne s'attendait pas à tout réussir – bien qu'elle en avait l'envie – mais elle était proprement incapable de rester en place. Elle était continuellement à la recherche d'un projet à mettre en place pour faire progresser sa propre carrière. Elle n'était pas une personne généreuse et n'avait aucune envie particulière d'aider la populace. Son intérêt était purement égoïste, être reconnue pour son talent. L'argent était un facteur si secondaire pour elle qu'elle n'y pensait pas. Elle souhaitait devenir meilleure que le reste du monde, être indispensable. Toujours le même refrain, son besoin continu de reconnaissance, voire même d’idolâtrie, grandissait au fur et à mesure que son parcours personnel progressait. Elle était désormais dans une position confortable. Elle vivait bien, son emploi du temps était rempli, elle était indépendante financièrement parlant, et même géographiquement. Elle avait quitté le Pays-De-Galle en se débrouillant presque seule. Elle vivait dans la capitale britannique, dans un quartier agréable, et sa carrière décollait après une chute dure et inattendue. Elle n'avait jamais prévu le retournement de veste de celui qu'elle avait considéré comme son mentor aujourd'hui trépassé. Elle ne s'était pas réjouie de sa mort, elle avait longtemps eu de la haine envers le vieil homme, aujourd'hui elle trouvait sa vie triste.

Elle regardait le Ministre, et elle admirait la stature du type. Il était beau, charmant, c'était le genre d'homme sur lequel le succès s'était inscrit. Elle admirait non seulement sa progression incroyable – voire même suspicieuse – mais aussi ses origines. Elle n'avait que très peu de respect pour un sang-mêlé. Mais James avait toujours été légèrement différent pour la gamine. Les Bedan l'avait longtemps épaulé, et continuaient de le faire par ailleurs, aussi elle le fréquentait depuis plusieurs années maintenant. C'était le fort de Wiltord. Se lier aux grands de ce monde sans jamais se mêler au devant de la scène. On oubliait souvent l'implication des Bedan quand on constatait que les Witcher, ou les Mulciber, se mettaient toujours en avant. Mais, dans le fond, peu étaient les politiques n'ayant pas appelé à l'aide les Bedan. Leur empire financier et leur fortune avaient largement contribué à construire ce monde magique puriste. Ils étaient prétentieux, hautains, furieusement distant face à la populace, ils faisaient partis de cette noblesse indomptable. Pourtant, ils étaient probablement ceux à qui l'on pouvait le plus aisément faire appel entre les Witcher, Mulciber et Bedan. Attentifs et réceptifs, ils étaient généralement prêts à aider – mais chaque chose était une manipulation fine ou moins fine pour obtenir reconnaissance et service. Aussi, au jour d'aujourd'hui, le pays redevait bien des choses à Wiltord Bedan et son clan. Choses dont hériterait Ariana un jour.

James annonça son soutien. L'ancienne verte et argent était convaincue de la pertinence de son projet. Elle était tout aussi prétentieuse que le reste de sa famille – si ce n'est plus, et n'avait jamais douté de son talent. C'était furieusement rageant de penser ainsi, mais elle ne s'en rendait même pas compte tant son rythme de vie avait été bercé par ces sentiments de supériorité.

-Merci Monsieur le Ministre, c'est une grande satisfaction de vous savoir de mon côté.

Elle n'était pas du genre à penser que tout lui serait facile d'accès. Elle pensait, en petite princesse gâtée, que tout lui était due. Mais elle savait aussi, et plus particulièrement depuis Azkaban, qu'elle était une gêne. Elle gênait par son purisme exacerbé, elle gênait par sa grande gueule, par son envie de devenir meilleure que les meilleurs. Elle était indésirable aussi bien qu'elle devenait, progressivement, indispensable. La situation lui plaisait, mais elle savait qu'en conséquence, tout n'était pas facile d'accès. Et lorsque l'on avait un grand politique à ses côtés, les serrures devenaient bien moins difficile à crocheter.

-J'ai réfléchi brièvement aux différents programmes. L'idée serait de permettre à une large facette de la population de s'intéresser aux médias. Je fais déjà dans la jeunesse avec mon magasine, aussi je pense plutôt tourner la radio vers un public de jeunes adultes, adultes d'âge mûr, voire jusqu'aux vieilles personnes. En fait, l'idée serait de programmer suivant les horaires d'écoute. J'ai l'intention de lancer une enquête quant aux horaires d'utilisation des médias suivant l'âge et le sexe. Histoire de calibrer mes programmes. La radio aurait une volonté de diffusion des idées et des nouveautés du monde politique, économique et culturel, puriste.

Elle termina son café et reposa la tasse sur la table, avant de croiser les jambes délicatement et de reporter son attention sur le Ministre qui tenait son fils sur les genoux. Elle ne prêtait que très peu d'attention au bambin.

-Mon cousin, Isaac, sera affilié à la radio. Je ne sais pas si il a les épaules assez large pour endosser la direction, mais il fera partie du comité de direction, et animera probablement une émission. Bref, je veux le lancer dans la vie active, et je le veux dans ce secteur là. En directeur de radio, je pense que Monsieur Jack O'Connor ferait un excellent candidat. Je n'ai, effectivement, pas le temps, ni l'expérience pour la diriger. Je refile donc l'administratif à d'autres et je dirige cet administratif sur un chemin que j'aurais préalablement désigné.

Le plan était simple. Faire du profit et de la reconnaissance tout en permettant à des gens plus expérimentés ou non de faire leurs armes et leurs carrières. Elle n'y voyait là que des avantages, sinon un seul défaut, celui du temps que cela prenait de monter un tel projet. Mais rien ne semblait l'arrêter et rien ne semblait décider à faire barrage à ses envies. Le Ministre se proposa pour venir au lancement, ce qui arracha un large sourire à la jeune femme, puis s'élança dans une grande envolée prometteuse, parlant du gouvernement, même de l'Intendant... avant qu'une grimace ne vienne tâcher le tableau. La marque des ténèbres. Le Lord appelait ses fidèles et James n'avait d'autres choix que de partir. Jusque là, Ariana comprenait. Elle s'apprêta à se lever pour raccompagner le Ministre lorsque celui-ci, brusque, se leva et déposa sans vergogne son fils dans les bras de l'héritière des Bedan. Elle bloqua un instant, en tenant le bambin par la taille, et le fixa sans rien dire. Elle releva la tête qu'un instant, et balbutia un « mais.. je... qu... » avant que James ne s'efface dans un élan de fumée noire typique des mangemorts.

Le gosse hurla. Paniqué, pleurant, assurément désorienté, il ne savait plus rien faire d'autres que pleurer. Et hurler. Surtout hurler. Ariana se leva, le tenant dans ses bras, et essaya de le calmer un instant. Rien n'y faisait. Il se débattait, presque à tomber par terre. Elle lutta pour l'empêcher de chuter, et frôla l'incident à plusieurs reprises. Elle pestait dans son fort intérieur, insultant de tous les noms ce Ministre qu'elle aurait bien giflé pour l'avoir mise, elle, dans pareille situation.

-Non, chut, chut, c'est bon, tout va bien, tout va bien. Allez, chut, papa va revenir.

La réception n'était pas parfaite. Le gosse semblait imperméable à toute remarque et continuait de brailler comme un force-né. Elle le plaça sur son flan, le tenant d'un bras, et fouilla de l'autre dans un sac pour trouver de quoi lui préparer à manger.

-L'enfoiré. Quel petit... cet espèce de strongulot à pointes, ne perd rien pour... AH MAIS ARRETE DE BRAILLER TOI, TU ME COUPES LA BAGUETTE LA!

Elle le déposa à terre sur le tapis en poil doux et retourna fouiller dans le sac afin de trouver un biberon et de quoi le remplir convenablement. Elle s'affaira à faire sa besogne avant de récupérer le gosse et de s'asseoir sur le canapé pour le nourrir. Était-ce le fond du problème ? Peut-être pas, mais pendant qu'il avait la tétine dans la bouche, il arrêtait de l'ouvrir. Elle posa tête en arrière, déjà agacée puis reporta son attention sur le garçon.

-Ton père, je te préviens, quand il revient, je l'étripe. Ministre ou pas, je retourne à Azkaban si il le faut. Saleté, il va me le payer. Pourquoi tu cries autant sérieusement ? Et ta mère ? Elle est où ta mère ? Jamais là ? Comme la mienne ? Insupportable ça. Et ça me retombe dessus, comme d'habitude.

Elle esquissa un sourire en coin. On ne pouvait pas dire qu'il était réellement moche. Si Emma avait débarqué à ce moment là, la situation aurait pu devenir étrange. Ariana, tenant dans sa bras, un bébé à qui elle donnait le biberon, il y avait de quoi renverser un système d'ores et déjà établi. Quoiqu'il en soit, ce moment privilégié qui la faisait sourire s'acheva assez rapidement lorsqu'elle sentit que le petit, loin de savoir se gérer, se libérait sur ses genoux, dans sa couche.

-Non mais sérieusement ? Mais t'es dégueulasse ! On fait pas ça sur les genoux des gens, ça va pas bien ? Mais il t'apprend quoi ton père ? Même un troll c'est plus propre que toi !

Mais le biberon n'était pas terminé, aussi, l'enlever maintenant reviendrait à une crise de pleurs intensif. Elle prit sur elle pendant cette séance, et tourna son regard vers la fenêtre, soufflant d'exaspération. La vie était ingrate. Et à cet instant, elle ne voyait pas vraiment comment pourrait-elle, un jour, devenir indispensable à la société.

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James Eccleston


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Dim 10 Mai - 23:02

En général – admirez bien la formule, tout est dans le « en général » - en général, donc, je ne suis pas un bébé chiant. Toutes les personnes dignes de foi, à commencer par mon père, vous le diront. Je vous vois venir : non, dans l'absolu, mon père n'est pas spécialement digne de foi, mais sur ce point précis, je crois qu'on peut lui faire confiance. Pour lui, le simple fait qu'un bébé existe est déjà chiant, alors quand il me fait l'honneur de dire que moi, son fils unique et préféré, je ne suis pas trop pénible, je pense que c'est la vérité. Il n'a jamais dit que j'étais sage, notez bien. En homme qui connaît la valeur des mots, il se cantonne à « pas trop chiant ». C'est déjà ça.

Bref. En général, je ne suis pas trop emmerdant. Pour peu qu'on me laisse faire ma vie, qu'on me donne à bouffer à l'heure H et qu'on change ma couche quand c'est nécessaire, je ne suis pas un bébé capricieux. Pas trop de pleurs, plutôt souriant, une vraie crème. C'est le prénom qui veut ça, il paraît. Je ne sais plus quelle vieille pie a expliqué à mes parents que les Robin étaient prédestinés à être de bonnes pâtes, aimant se marrer et bien manger, très appréciés de la gent féminine, un peu m'as-tu-vu à l'occasion. Personne ne lui avait rien demandé mais elle m'a fait un véritable roman, la dadame. Bon, moi, je lui ai souri, parce que je ne pouvais pas répondre, et elle a dit « vous voyez ? C'est typique de ce prénom, ce sourire... » ce sourire quoi, hein ? Niais ? Toi, dès que j'ai une baguette, j'te change en courgette.

'Fin bon. Il y a les habitudes, et puis il y a les événements imprévus. Une visite à Londres, chez une jeune dame plutôt pas moisie, par exemple, c'est un événement imprévu, et ça vous change le plus inoffensif des Robin en bombe à retardement. J'étais déjà frustré de ne pas pouvoir terminer ma petite baston avec le chat de maman, et ça a continué ; dans l'appartement de la jeune dame en question, on s'est empressé de tout mettre hors de ma portée. Sympa, ça pose direct l'ambiance : ok, t'es là mais on se passerait bien de ta présence. Comme il faut bien s'occuper pendant que les grands causent, j'ai arpenté tout le salon, et j'ai fini par me trouver une activité ; la jeune dame avait laissé traîner un foulard en soie, alors, comme je me sentais un peu fatigué, je me suis assis dans un coin et j'ai somnolé en mâchouillant ledit foulard. Pas longtemps, juste le temps de détremper le foulard avec ma bave et de l'entamer un peu avec mes petites dents (si papa m'avait donné mon serpent en peluche, je n'aurais pas eu besoin de ce foulard, hein. J'suis pas un destructeur dans l'âme, c'était pas par plaisir que j'ai pourri ce foulard en soie. Ou pas juste par plaisir, disons.) Après, je suis allé faire les yeux doux à papa pour qu'il me prenne sur ses genoux, et c'est là que... Vlà-t-il pas qu'il se lève d'un coup, me bazarde sans cérémonie dans les bras de la dame, et se barre en faisant de la fumée noire ? Quand j'ai vu ça, j'ai paniqué, et je me suis mis à gueuler. La grande méchante scène, avec de grosses larmes, des gesticulations incontrôlables, et des sanglots qui donnent l'impression de s'étouffer. La dame n'avait pas trop l'air de savoir quoi faire, et elle savait encore moins que mon père comment s'y prendre avec un bébé. Lorsqu'elle m'a posé sur le tapis, je ne savais déjà plus pourquoi je braillais, je continuais juste sur ma lancée, mais ça a suffi à me redonner dix minutes d'autonomie. On me pose pas comme une vieille cagette, non mais bordel.

La vue du biberon m'a rendu un peu plus gracieux. Ça, c'est de l'argument. La dame m'a posé sur ses genoux, la tête sur ses doudounes, tranquille comme Baptiste. Je n'avais pas vraiment très faim, mais un biberon, ça ne se refuse pas. J'ai tétouillé doucement, sans grande conviction, juste parce que j'étais bien et que le lait tiède était agréable. J'ai bu quelque chose comme la moitié du biberon, mais j'ai continué, ensuite, à mâchonner la tétine. On est pas bien, là ? Elle souriait. Elle était un peu maladroite, mais pas plus que ma mère, en réalité. Je lui ai souri aussi, et dans la foulée, j'ai rempli ma couche. Détente absolue.

Ça ne lui a pas plu, apparemment, mais elle n'a pas bougé. Elle râlait comme un pou peint en vert, comme quoi ça ne se fait pas, et ça m'a fait rire. Elle était gentille, même si elle essayait d'avoir l'air fâchée. Elle est restée là, malgré l'odeur qui devait lui remonter direct dans les narines. Elle m'a laissé jouer avec la tétine, les fesses au chaud, jusqu'à ce que je me mette à grogner pour lui signaler que je ne comptais pas rester sale toute la journée. En pestant toujours, elle a rouvert le sac que papa avait apporté, et a fouillé dedans pour trouver ce qu'il fallait. Couche propre, vêtements de rechange au cas où, petite potion nettoyante, tout le nécessaire. Et elle s'est décidée, en grimaçant, à m'allonger sur une table pour découvrir l'étendue des dégâts.

J'aime bien quand on me change, ça me met de bonne humeur, alors je lui ai souri, à nouveau. Elle ne souriait pas, elle me regardait même comme si j'avais été une bombabouse vivante, mais elle a continué à s'occuper de moi. Je l'entendais râler en boucle tandis qu'elle me nettoyait les fesses, c'était drôle. D'être comme ça, le zizi à l'air, en train de rigoler, ça m'a donné envie de compléter le tableau. Un petit pipi rapide, puisqu'on en est aux nécessités corporelles... Oui, bon, j'ai un peu foiré la synchronisation, j'aurais pu faire ça tant que la couche était fermée, mais j'peux pas penser à tout, hein ? Le jet en l'air m'a fait rire, rire pour de vrai. On s'amuse bien, chez cette dame. Je me demande quand je pourrai y retourner.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Sam 18 Juil - 17:12

Avec tout ça, Ariana en aurait presque oublié qu'elle avait largement moyen de refourguer la sale besogne à des sous-fifres. Elle était peu scrupuleuse bien entendu. Ariana Bedan n'avait rien d'une jeune femme avenante et accueillante. Elle comptait sur la soumission d'autrui avant de compter sur ses propres capacités à remplir les tâches quotidiennes de sa propre existante. Après tout, elle était née dans un cadre peu commode qui la poussait à aimer déléguer ce qu'elle n'aimait pas faire. Alors entre deux lingettes nettoyantes rinçant le fessier de Robin, elle pensa à appeler son elfe de maison personnel qui vivait à Krakendor (elle avait décidé sur un coup de tête de ne pas l'amener à Londres, elle s'en mordait aujourd'hui les doigts). Mais que pouvait bien faire cet créature stupide d'un enfant ? Il était à peine plus grand que lui et n'arriverait jamais à le contenir, ou même à le porter. Parfois elle se demandait réellement si cela servait à quelque chose, ce genre de créature – car Ariana n'envisageait même pas l'immensité de travail à laquelle était soumis les elfes de Krakendor, aussi pensait-elle qu'ils n'avaient rien de bien colossal à accomplir.

L'elfe ne suffisait pas. Elle s'en rendait bien compte, il lui fallait trouver quelqu'un d'autre. Emma ? C'était couru d'avance. Sa sœur commencerait par rire, puis s'installerait dans le canapé, café en main, se délectant des supplications de sa jumelle. Cette image arracha une grimace à la jeune femme qui continuait de nettoyer le gamin. L'autre riait de ses propres fesses sales. Consternée, elle prit sa baguette et l'agita doucement, déléguant à la magie de finir le travail. Elle se retourna pour se laver lentement les mains puis passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant légèrement avant de revenir vers le fils du Ministre et de lui refermer la couche devenue propre.
Et c'est là ! Là que ce petit strongulot à pointes molles se déversa sans vergogne en l'air, arrosant largement le visage, les cheveux, et le chemisier de la jeune fille qui, surprise, ne bougea pas, se contentant de se stupefixier elle-même de surprise. Lorsque le jet se termina, et que l'autre continuait de se bidonner sur sa table à langer, Ariana hurla. Mais pas un cri simple, efficace, propre, net. Pas ce genre de cri court qui permet de se concentrer tout de suite. Non, c'était un cri bien strident, bien agressif pour le tympan. Un truc vraiment pas sympa.

-Putain de bordel de merde ! MAIS C'EST QUOI TON PROBLEME ?! MERDE !

De nouveau, elle se retourna vers le lavabo, retira son chemisier pour constater l'étendue des dégâts et râla encore, tout en le reposant afin de se rincer abondamment le visage.

-Je vais t'éventrer sac à foutre. Tu sais combien il vaut ce chemisier ? Mais j'ai fait quoi pour que t'arrive toi ?! JAMES JE TE HAIS ! Et toi aussi putain de mioche de malheur.

D'un geste de baguette, elle fit exploser le lavabo en mille morceau et quitta la pièce, laissant là le gamin. C'était, réellement, imprudent. Mais à cet instant là, plus rien n'affectait Ariana plus que l'idée que son chemisier soit foutu. Franchement, comment pourrait-elle un jour le remettre en sachant qu'une large dose d'urine lui était tombée dessus ? Elle était de la Haute, elle ne faisait pas de lessive, sa machine s'appelait boutique de luxe. Elle gagna sa chambre pour enfiler un nouveau haut d'une facture similaire avant de retourner voir le gamin. Elle l'observa longuement, adossé à un mur à environ cinq mètres de lui, les bras croisés.

-On est pas potes toi et moi. On le sera pas. Donc arrête de me fixer comme si j'étais ta mère, ou ta sœur, ou je sais pas qui. ON EST PAS PAREILS !

Elle agitait la tête les yeux écarquillés, hors de ses gonds.

-Quand je pense que je change la couche d'un sang-mêlé. Elle se prit le visage dans les mains avant que celles-ci ne finissent dans ses cheveux. Oh putain, je vais le tuer.

Elle se contenta d'agiter sa baguette afin que la couche se ferme de nouveau – elle n'avait évidemment pas prit la peine de le relaver derrière, ça aurait été se montrer faible. Il fallait qu'elle soit ferme avec lui. Il recevait une éducation bancale entre un père complètement hors de propos, et une mère stupide à souhait – elle avait eu quelques comptes-rendus par Ruth et ça lui suffisait pour...

-RUTH !

D'un autre coup de baguette, le bébé se souleva et le fit léviter à sa suite jusqu'au salon où il se déposa doucement à terre sur le tapis. Elle, elle s'était déjà affairé à créer un patronus – ne possédant pas de chouettes – pour envoyer un message à sa cousine. Elle indiqua à sa créature d'aller au domicile de cousine bulgare et ce ne fut qu'une fois le serpent bleuté parti qu'elle comprit que Ruth n'était pas chez elle, mais avec James. Elle s'effondra dans un coin, tête dans les bras.
Elle ne pleurait pas, elle était simplement consternée par sa situation, fatiguée de devoir s'occuper d'un gamin alors qu'elle ne savait pas s'y prendre. Elle n'avait, visiblement, aucun amour à revendre, tout ce qu'elle pouvait donner lui était destinée personnellement. Elle avait trop d'amour propre pour en donner à quiconque.
Elle observa le gamin s'agiter dans le salon alors qu'elle était adossée, assise, contre le plan de travail central de la cuisine. Merde, elle était dans une sale position là. Et ses grands espoirs envers la société qui tombaient peu à peu à l'eau. Elle comprenait pourquoi l'on disait qu'un gosse ruinait tout espoir de carrière. Car c'était le cas. Elle n'était pas mère, simple babysitter passagère, et pourquoi, elle avait cette impression étrange que l'envie de créer une carrière prometteuse la quittait. Robin était un détraqueur de l'espoir.

Elle se releva, mais gardait ses distances avec le gosse qu'elle matait d'un regard noir et profond, comme haineuse. Ses yeux étaient petits et vicieux et témoignaient de toutes ses envies de meurtres.

-J'ai déjà tué, gamin de mes deux. Je peux recommencer. Ça me fait pas peur. Tu me fais pas peur.

Elle se pointa du doigt.

-J'AI PAS PEUR TU COMPRENDS ?! Un rire nerveux, sarcastique, excessivement narquois et supérieur accompagna le reste. Non mais tu te prends pour qui ? Je suis Ariana Bedan. Et ouais. Ça t'en bouche une hein ? Tu t'y attendais pas à celle-la hein ?! TU LE SAVAIS PAS CA ! Créature du démon! Elle contournait le plan de travail, lentement, les deux mains sur le comptoir, légèrement courbée, comme à l'affût. Tu es une arme bourbiste hein ?! C'est ça ! Je t'ai démasqué saleté, mais, non, non, tu pourras pas m'avoir. HA HA ! Non. Je vois clair dans ton jeu. Et oui mon petit, je suis futée. Le seul piégé ici, c'est toi. J'vais bien moi ! J'ai des choses à me reprocher moi ? Pfff, pas du tout !

Elle se repassa une main dans les cheveux qui commençaient à devenir eux-même en sacré bordel. Plus rien n'avait de sens sur sa tête, son regard était excentrique, ses yeux sortis de leur orbite. Elle détestait les enfants, elle détestait qu'on se foute d'elle et elle avait le sentiment que tout le monde la jugeait à cet instant, que c'était comme ce que les moldus appelaient des caméras cachées, juste fait pour qu'on se moque d'elle. Elle haïssait monde, c'était un fait, mais elle le haïssait avec cette gracieuse supériorité qui faisait de sa haine quelque chose d’inaccessible. Mais à cet instant, elle était juste quelqu'un de banal. Avec des problèmes de riche, et des problèmes de pauvre.

Elle tenait, là, bien calé, dans sa main droit, un couteau de cuisine.
Et la vision de Nasty Grimmberg chutant dans le cœur de Poudlard.
Et l'envie enivrante de revivre cet instant si parfait. Cet instant où elle avait eu le pouvoir.

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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Mar 8 Sep - 22:30

Pour reprendre une expression moldue, même si c'était un peu malvenu dans le cas présent, aller à une réunion à Little Hagleton, c'était un peu comme jouer à la roulette russe. On était jamais sûr de ce qui allait se passer, ni même si on allait s'en sortir indemne, mais une chose était sûre, c'était plein de sensations fortes, et on se sentait plus vivant que jamais quand on en sortait. Les réunions avec le Lord étaient rares, et tant mieux, les mangemorts, malgré leurs respects pour leur maître, n'en auraient pas voulu plus souvent. IL ne parlait pas pour ne rien dire, et quand il prenait la parole, ils savaient tous que ce qu'il avait à dire pouvait changer la face du monde. Il l'avait déjà fais plus d'une fois, et n'hésiterait pas à recommencer. Tel était son dessein, créer un monde à sa mesure, à la mesure de la gloire sorcière, et eux, ses serviteurs, étaient là pour l'aider à accomplir cette vision. La dernière réunion réellement importante qu'ils avaient eu, tous ensemble, en ces lieux, datait d'il y a plus d'un an. Le lord leur avait annoncé son projet, un projet grandiose qui avait mené Ruth là où elle était désormais : la fin du secret magique. Sans ça, serait-elle devenue une directrice de département ? La seule femme au gouvernement si on exceptait Bellatrix, qui, à la tête de Poudlard, modulait désormais l'enseignement des sorciers en accord avec le département de l'Education et de la Culture. Sans la fin du secret, peut-être serait-elle restée Maître des Potions pour l'Intendance, une mangemorte parmi tant d'autres tandis que les hommes autour d'elle montait en grade.

Dans le fond, elle en doutait. "Everthing for a reason", voilà quel était son moto. Beaucoup de mangemorts étaient là par conviction, mais beaucoup également par intérêt. Si on avait le goût du risque, devenir mangemort pouvait s'avérer très prometteur à la fois pour sa carrière, mais également pour sa famille. La lame était sans nul doute à double tranchant, mais certains estimaient que le jeu en valait la chandelle. Ruth était là par conviction, mais elle était également ambitieuse. Son ambition n'était pas pour elle-même vu qu'elle n'avait besoin de rien. La gloire ne l'intéressait pas, sa famille était une famille sang-pur mineure en Angleterre puisque les Alexïeva étaient Bulgare, les Mulciber et les Witcher n'avaient plus besoin qu'on fasse parler d'eux. Benjamin, Mike et John l'avaient assez fais. L'argent ne l'intéressait pas plus que la gloire, et contrairement à Bellatrix, elle ne nourrissait pas d'amour secret pour le Lord. Non, son ambition se portait sur son objectif. Un monde puriste fait pour la suprématie des sang-pur. Elle y consacrerait sa vie et elle entendait bien réussir. Pour se faire, elle devait être plus puissante, à la fois magiquement, mais aussi politiquement parlant. Elle était montée haut, très vite, n'en déplaise à certain de ses collègues plus âgés, elle savait qu'elle pouvait tomber tout aussi vite si elle faisait ce qu'il ne fallait pas. S'il y a un an, ils avaient été récompensés pour leurs exploits après la longue bataille qu'ils avaient mené en Irlande, ce n'était pas le cas aujourd'hui. Glasgow était une erreur. Une erreur qui avait failli leur coûter très cher. A qui la faute ? On aurait pu pointer du doigt la sécurité intérieure qui n’avait pas prévu l’attaque tout comme les services secrets, mais à quoi bon ? Paravell n’était pas des leurs, il avait beau être un homme dangereux et avoir été mis en place par le Magistère, la responsabilité de cette attaque revenait aux mangemorts et à eux seul. La faute était toujours collective, même si elle était individuelle.

Puisque la faute était collective, la réunion fut donc loin d’être une réussite, et c’est la rapidité de leur réaction à Glasgow qui leur avait évité des sanctions. Ils avaient été d’une efficacité et d’une cruauté impressionnante. Personne n’avait été épargné et tout ceux qui s’était dressé sur leur chemin avait vu la mort arriver avec efficacité et précision. Plus que jamais, si les gens en avaient un jour douté, leur réputation de guerrier cruel s’était vue confirmé cette nuit. Ces mangemorts bureaucrates et mondains qu’on avait l’habitude de voir désormais à la une des journaux et non plus sur le front avaient démontré une fois de plus qu’il y avait une raison à leur présence au gouvernement. On y réfléchirait donc à deux fois avant de les provoquer de nouveau. Elle était sortie de la réunion épuisée en laissant l’Intendant et le Magistère en présence du Maître.

La réunion avait duré moins longtemps que prévu. Puisqu’elle avait demandé à sa secrétaire d’annuler tous ses rendez-vous, elle envisageait de rentrer chez elle se reposer et d’appeler un médicomage pour confirmer ce à quoi elle pensait devoir son épuisement constant ses derniers temps. Malheureusement pour elle, elle n’eut pas cette opportunité. A peine sortie de la demeure des Jesudor qu’elle trouva James qui semblait l’attendre. Il avait l’air un peu fébrile, et c’est avec un sourire presque – elle disait bien presque – embarrassé qu’il s’approcha d’elle.

« Dis Ruth, tu me rendrais bien un petit service ?
Dis toujours.
Ma femme, ta charmante cousine est partie faire du shopping, il est possible que j’ai du prendre Robin avec moi pour aller chez Ariana, et plus que probable que j’ai du le laisser en sa compagnie pour venir à Little Hangleton.
Et ?
Et comme je suis trop beau pour mourir si jeune et que je ne tiens pas à être défiguré, je me demandais s’il était possible pour d’aller chercher Robin à ma place. Tu trouveras bien une excuse hein ? »

Et sans lui laisser le temps de refuser, il transplana en marmonnant quelque chose qui devait ressembler à « Je te revaudrais ça ».

Soupirant, elle haussa les épaules, et transplana en direction de Londres sorcier. Ce n’était pas aujourd’hui qu’elle se reposerait. Objectivement, elle comprenait le peu d’enthousiasme de James à l’idée de récupérer son gosse. Honnêtement, Ariana avec un enfant ? Elle adorait sa cousine, mais certainement pas au point d’être aveugle. Ariana était probablement aussi à l’aise avec un enfant que l’était un chat dans une mare au canard. Non décidément, ça ne pouvait être qu’une mauvaise idée, à moins que Wayland ait été dans les parages et qu’il ait eu la fibre paternelle, mais elle en doutait fortement, en particulier s’il tenait de Mike. Elle se rendit Prince Regent Street d’un pas pressé, peut-être plus pressé qu’a l’ordinaire tout en se disant que c’était ridicule. Après tout, ça ne pouvait pas être si catastrophique, si ?

Arrivée à l’appartement d’Ariana, elle poussa la porte, le quartier était assez riche que pour ne pas se soucier de fermer les portes à clés.

« Par les fondateurs … »

La vision d’Ariana un couteau de cuisine en main l’air hagard et de Robin babillant dans l’appartement qui ressemblait plus à un foutoir qu’autre chose finit d’exaspérer Ruth. Sans se faire prier, elle fit quelques pas pour prendre Robin dans ses bras qui l’accueillit de bonne grâce. Elle se tourna vers Ariana, et d’un ton plus sec qu’à l’accoutumée elle dit :

« Tu m’expliques ? Je n’ai jamais douté que le petit serait un sorcier talentueux, mais je ne pensais pas qu’il arrivait déjà à mettre des adultes K.O. »

D’abord Voldemort, ensuite James et puis ça, cette journée allait-elle se finir un jour ?

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Sam 12 Sep - 22:05

Vraiment rigolote, cette dame. Elle s'est mise à parler fort en me pointant du doigt, elle s'est rincé le visage, et puis elle a explosé le lavabo. Bon, le bruit m'a fait un peu peur, mais j'ai pas pleuré. J'aime bien voir tout ce que les grands peuvent faire avec leur baguette magique. Ce que je préfère, c'est les étincelles, ou alors quand ils font apparaître des animaux. C'est dommage qu'elle n'ait pas fait quelques étincelles. Elle s'est contentée de casser le lavabo, et puis elle est partie. Je l'ai vue passer la porte d'un pas pressé, alors je me suis mis à pleurnicher, pas vraiment convaincu, juste pour qu'elle ne me laisse pas seul. Heureusement, elle est vite revenue, en continuant à me parler. Je ne sais pas ce qu'elle me disait, mais elle parlait fort, et elle a refermé ma couche en la serrant un peu trop, d'un geste de baguette. J'avais presque envie de me mettre à chialer, parce qu'elle me faisait flipper, et je l'ai regardée avec l'air inquiet et la bouche qui commençait à se tordre... Normalement, quand on fait ça, ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire, et ils deviennent gentils.

Pas elle. Rien à foutre, pas un câlin, que dalle. Elle a juste utilisé sa baguette pour m'envoyer dans les airs. Bon, coup de bol, j'adore ça, alors ça m'a fait rire. Oui, je suis un peu basique dans mes réactions. Je pleure, je me marre. Pour les nuances, repassez d'ici quelques années, OK ? Là, c'est le service minimum, et vous étiez bien pareils au même âge, ne faites pas vos prodiges. Bref, je disais que j'aime bien qu'on me fasse léviter. Papa le fait parfois, mais seulement quand Maman n'est pas là, parce qu'il dit qu'elle gueulerait si elle le voyait faire ça. Il dit aussi que de toute façon, elle ne sait que gueuler, ta mère. C'est vrai qu'ils s'engueulent pas mal, tous les deux, mais ça ne m'inquiète pas plus que ça. Je fais ma vie de mon côté, et ça finit toujours par leur passer. Pas la peine de s'affoler. Du coup, quand la jeune dame s'est remise à me parler fort, j'ai pas trop fait gaffe. Elle m'avait reposé par terre, alors je suis reparti fissa en vadrouille. J'ai repéré un truc dans un coin, sur l'une des vitres... une guêpe. Je me suis levé en me tenant au mur, et, en montrant la vitre à la jeune dame, je l'ai informée de la présence du redoutable insecte. Parce que les guêpes, c'est super dangereux, comme bête. Joli, mais dangereux.


-Habababababaaaa !

Ça ne lui a fait ni chaud ni froid. Elle avait un couteau à la main, et elle me regardait avec un drôle d'air. Ça m'a fait rire. Et puis la porte s'est ouverte, et je suis tombé sur les fesses de surprise. Papa ? Non, tatie Ruth. Manquait plus qu'elle pour qu'on se marre bien ! Vite, avec un cri de joie, je suis allé à sa rencontre en cavalant à quatre pattes, et j'ai tendu les bras pour qu'elle me soulève. Ça ne manque jamais, avec elle. À elle aussi, j'ai expliqué qu'une guêpe tournait dans les parages avec probablement des intentions hostiles, mais elle n'a pas eu l'air de comprendre. Elle m'a juste caressé les cheveux en me disant des choses gentilles, comme elle fait toujours. J'avais pas très chaud avec juste ma couche sur moi, alors je me suis blotti contre elle, le plus près possible. Et puis tout doucement, je lui ai raconté le coup du lavabo. Parce que ça valait le détour, tout de même.

-Habababa... BA !

Je ne sais pas si elle a compris (pourtant, remarquez : j'ai drôlement insisté sur la fin, là où c'était marrant). Elle s'était mise à parler avec la jeune dame. Alors j'ai attrapé une mèche des cheveux de tante Ruth, tout doux, et je les ai caressés en chantonnant pour moi-même, en sourdine. Et comme tant d'émotions, ça vous flingue un Robin, même un Robin de compétition, je me suis endormi sur elle, la joue sur ses doudounes bien confortables. Sacré veinard que je suis, tout de même.
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Ariana Bedan


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Jeu 19 Nov - 0:35

La triste vérité était qu'Ariana ne serait probablement jamais une bonne mère. Pas seulement parce qu'elle était égoïste, égocentrique et incapable de gérer d'autres personnes qu'elle-même sur le plan de l'affection, mais simplement parce qu'elle n'y comprenait rien. L'idée d'avoir un enfant ne la rebutait pas en soi – elle n'envisageait juste pas la phase de l'accouchement et le ventre rond. Elle se doutait de la joie procurée, du sentiment indescriptible qui était sensé l'envahir. Mais elle savait pertinemment que, comme toute chose ici-bas, elle s'en lasserait. Ariana était une jeune femme remplit de qualités et de défauts, certains étaient indécents, envahissants, d'autres protecteurs et honorables, mais elle était foutrement incapable de se contenter du quotidien. C'était l'une de ses hantises. Le quotidien. Et quoi de plus quotidien qu'un enfant ?
Le gamin représentait une facette de la vie qui lui faisait peur. La responsabilité envers autrui, l'engagement familial, la maternité, la procréation. Elle aimait le sexe, peut-être même trop, mais elle ne voulait ni en assumer les conséquences, ni traîner ce poids toute sa vie. Elle était libre, plus libre qu'aucun puriste ne le serait un jour. Elle voyait au-delà de ses propres limites et sa pensée, bien que très étroite, l'amenait toujours plus loin dans la réflexion qu'elle avait choisie. Le discours était beau. Pourtant, dans les faits, elle observait sa situation, et tout tombait à plat. Un gamin à peine âgé d'une année sur les bras, un métier qui ne l'enchantait en rien, et une absence de grande responsabilité à en vomir. Ariana avait compris, avec le temps, qu'elle ne serait pas la souveraine qu'elle espérait être avant un passage par les bas-fonds de l'échelle sociale. Utilisation judicieuse de l'enseignement Valverde, elle apprenait à composer avec le monde environnant. Elle avait mûrie. Sur bien des plans – sans pour autant changer du tout au tout bien – elle ne se percevait plus comme irrésistible et nécessaire comme ce fût le cas à Poudlard. L'époque de l'école lui paraissait si lointaine. Les cours, les amis, l'élite, le cartel, la révolution, le meurtre, la domination, la torture. De belles années remplies de souvenirs et de beaux moments.
Nostalgique, elle l'était. Elle rêvait encore du temps où, impunément, elle se permettait tout, sur tout. Du temps où elle avait de l'importance auprès des autres, du temps où tout n'était pas hors d'atteinte. Le monde adulte était bien différent de ce qu'elle imaginait, malheureusement, et ce gamin insupportable refilé par le Ministre de la Magie en personne le prouvait bien.

C'était d'ailleurs assez drôle. Elle se plaignait d'une époque où tout lui appartenait. Elle se plaignait d'aujourd'hui où, selon elle, plus rien n'avait de sens car plus rien ne lui revenait. Pourtant, à sa porte, tel un ami, s'était ramené James Eccleston, Ministre de la Magie en personne, accompagné d'un chiard et d'un sac de toilette pour bébé. Suivait maintenant la Directrice des Affaires Moldues, en personne. Elle baignait dans un monde inaccessible, sans s'en rendre compte. En cela, Ariana Bedan n'avait pas changé. Elle restait la même petite peste hautaine qu'auparavant.

Le gamin n'existait plus. Tout, absolument tout, avait laissé place à une seule chose, une seule question, qu'elle n'arrivait pas à résoudre, qui n'avait aucune solution. « Et maintenant, je fais quoi ? ». Rien à voir avec le gamin. Lui, elle l'avait dors et déjà jeté de ses pensées. Elle pensait à sa vie. Elle manipulait ce qu'elle pouvait, elle avançait ses pions autant que faire se peut. Mais maintenant ? Elle voulait tout, elle voulait le pouvoir. Mais qu'est-ce que c'était « le pouvoir » ? Être Seigneur des Ténèbres ? Être mangemort ? Être résistant ? Quoi donc ? Comment y arriver ?

Le bébé était là, face à elle, une simple représentation de son incompétence inavouée. Elle était paralysée à l'idée d'agir, ne supportait pas rester les bras croisés, craignait le faux pas mais refusait d'attendre. Indécise depuis plusieurs semaines, et pourtant poussée par une grande volonté d'entreprendre. L'idée d'échouer l'emportait sur celle d'essayer.

Mais Ruth entra dans l'appartement. Ariana ne dévia qu'un faible regard vers elle, à peine étonnée, à peine choquée d'elle-même portant un couteau en guise de menace. Sa cousine attrapa le gamin qui se blottit contre son buste – généreux, Ariana en était jalouse – et commença quelque chose d'inhabituel entre la mangemort et l'héritière. Une prise de position. Ruth prenait un rôle maternel tandis qu'Ariana était recalée au rang de la gamine fautive. Fautive ? De quoi ?

-Expliquer quoi?

D'un geste lent elle replaça le couteau dans son étui de bois, et contourna le plan de travail pour rejoindre un buffet sur lequel reposait une peinture animée d'une belle facture. Elle ouvrit un tiroir, tira une cigarette et gagna le balcon lentement en allumant sa clope.

-D'autres commentaires agréables à faire ? Sinon la porte est derrière toi. Merci d'être venue le récupérer.

Elle quitta la pièce et rejoignit l'extérieur pour fumer sa cigarette dans un élan de soulagement intense. Plus de gosse. Comme si on lui retirait un collier ensorcelé. Elle alluma la clope, la posa entre ses lèvres et tira dessus, le regard dans le vide. C'était pas que tout lui semblait futile, mais surtout qu'elle n'aimait pas qu'on lui reproche ce qu'elle n'avait pas fait, et encore moins pour laquelle elle n'était pas responsable. Tout revenait sur les bras du Ministre. Elle, elle avait simplement subie et, à vrai dire, c'était déjà une bien belle affaire que d'avoir fait des efforts pour essayer d'installer un climat de confiance et d'entraide mutuelle. Ce gnome sur rotules n'ayant rien voulu savoir, elle n'allait pas s'en vouloir de lâcher l'affaire.

D'ailleurs, elle y pensait, ce gosse, il était là depuis quand ? Quelques mois, tout au plus. Pourtant il avait un an presque. Et sa femme, la demoiselle au regard vide et à l'esprit simple, elle ne l'avait jamais, ô grand jamais, vue enceinte. L'avait-il cachée à l'extérieur du pays pour éviter tout attentat terroriste ? C'était cruel.

Elle jeta un regard à l'intérieur, et s'avança vers la porte coulissante. Son regard continuait de se perdre vers l'extérieur mais sa voix était clairement audible.

-Désolée, je suis un peu sur les nerfs en ce moment. Y'a du café si tu veux.

Ruth était l'une des rares personnes à laquelle Ariana tenait réellement, et ce, depuis toujours. C'était sa grande cousine qui, bien que plus âgée, n'avait jamais rechignée à l'idée d'être auprès des jumelles, et de leur tenir compagnie. Ariana, comme Emma, privées de la présence maternelle assidue de leur mère dès l'enfance, Ruth avait eu un effet « grande sœur » marquant que n'avait jamais oublié l'héritière.
Lui en vouloir était pénible, mais quiconque connaissait la jeune femme du pays-de-galles, savait qu'il lui était encore plus difficile de ravaler sa fierté plutôt que d'entrer dans un rapport de force qu'elle adorait.
Elle avait perdu beaucoup de choses, et c'était bien là le problème, elle manquait cruellement de repères.

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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Le roseau plie... (Ariana) Sam 21 Nov - 3:40

Ruth, comme beaucoup de sangs purs, venait d'une grande famille. Toutes les familles étant liés à un degré plus ou moins éloigné, ça n'avait rien d'étonnant. Elle avait donc une ribambelle de cousins et cousines de tous les âges dont elle n'était pas spécialement proche. James était de sa génération tout comme Crow. Benjamin, Thomas et Mike était un peu plus âgé, mais on pouvait tout de même compter qu'ils avaient formé un groupe qui par leur âge et leurs origines - si l'on exceptait James- avait de quoi bien s'entendre. Venaient ensuite une génération plus jeune où l'on trouvait Laura, Ariana, Llew, Emma, Jill, Isaac, Wayland, Haytham, Sara, etc. Elle avait été proche de Llewelyn avant sa supposée mort. Il aurait du être son beau-frère, et même après la disparition de Benjamin, elle avait gardé un œil sur lui. Sa cousine Evelyn était un peu plus âgée qu'elle, mais elle la connaissait bien aussi, s'est tout naturellement qu'elle s'était liée d'amitié avec Laura et par extension avec les jumelles Bedan. Deux parfaites pestes à leur manière si elles le voulaient, et elles le voulaient souvent, mais Ruth les avait toujours apprécié, et en retour, elle lui avait accordé leur confiance, voir affection. D'Isaac et Haytham elle était moins proche, tout comme elle ne connaissait pas grande chose de Wayland, Jill ou Sara, si ce n'était le fait que Wayland avait tenté de doubler Mike et donc elle-même à la tête des Witcher. Chez les sangs purs, en particulier dans les familles qui jouaient encore aux jeux des familles, les histoires de succession et de pouvoir n'étaient jamais simples. Chaque famille avait son chef, et dans chaque famille on trouvait des sous-branche qui elles-mêmes étaient dirigés par des sous-chefs. C'était le cas des Witcher et des Mulciber, les Bedan quant à eux fonctionnaient grâce à un conseil. Dans les familles moins étendue comme celle de la mère de Ruth, c'était une personnalité dont le charisme et le poids politique étaient prédominant qui prenait la place de leader. Cette place lui était tout naturellement revenue, mais elle ne dirigeait pas en contrôlant la vie de chacun comme dans les plus grosses familles. Chacun faisait comme il le désirait tant que ça n'allait pas contre les intérêts de la famille. Ruth se contentait d'agir uniquement dans des cas comme celui de Vera où une partie de la famille commençait à devenir gênante. Alors, en bonne disciple de John, elle n'en était pas moins cruelle que l'ancien ministre.

Parmi ses cousins, bon nombre d'entre eux n'étaient toujours que des enfants. Des enfants privilégiés, formant l'élite de la société, habitué à évolué dans les sphères du pouvoir depuis leur plus tendre enfance. Ca faisait d'eux des gens différents, nés avec une cuillère en or dans la bouche, ils n'avaient jamais connus de difficulté pour la plupart. Assez ironiquement, alors que la durée de vie d'un sorcier moyen était de 85 à 100 ans, les sorciers obtenaient leur majorité à l'âge de 17 ans. Un âge très tendre où s'ils n'étaient plus réellement des enfants à proprement parler, ils n'étaient pas encore des adultes pour autant. Habitué à côtoyer des gens extraordinaire aux quotidiens, des mangemorts, des dirigeants politiques à la volonté de fer, ils ne se rendaient pas compte qu'ils étaient en réalité peu fréquents d'avoir autant d'attention de leur part. Pour le commun, ces parents célèbres étaient en réalité des personnes hautement inaccessibles, des gens qui ne leur adresseraient jamais aucun regard, et qui étaient si haut que l'on pouvait à peine les percevoir. Qui pouvait se vanter d'avoir un ancien ministre comme cousin, un mangemort pour père, d'avoir été le disciple d'un Intendant, d'avoir un ministre qui venait chez soi ? Peu de monde en réalité.

La réalité de ces jeunes n’étaient pas la même que celle des autres. Et même parmi les sangs purs, ils étaient à part. L'Intendance avait fait d'eux des enfants du purisme, des enfants pressés de servir et donc de rentrer dans l'âge adulte. Ruth ne pouvait s'empêcher de les prendre en pitié avec la sagesse de la vieillesse. Elle comprenait leur enthousiasme, leur ardeur et leur ferveur, mais elle se désolait de les voir abandonné d'eux-mêmes aussi vite les jours bénis de l'insouciance. Parce qu'elle regardait souvent en arrière, elle savait qu'elle regrettait ses jours où son souci le plus important était de savoir quelle robe elle allait porter en soirée. et non pas quelle taxe elle allait demander au parlement moldu de voter pour elle. Néanmoins, étais-ce juste de comparer deux époques sensiblement différentes ? Ruth avait vécu la chute d'Harry Potter et les années bénies qui avaient suivis l'arrivée du Lord au pouvoir. Ses cousins étaient ne se souvenaient même pas du bourbisme pour la plupart, ils avaient presque toujours vécu dans le purisme. A l'époque de Ruth, tout était à faire, on gagnait la gloire facilement. A présent, c'était dans un système bien rodé que les jeunes devaient s'intégrer. Ils étaient entourés de personnalités jeunes et fortes qui ne risquaient pas de céder leur place de sitôt. On servait le Lord jusqu'à la mort, et quoiqu'on puisse être connu sans être mangemort, il fallait désormais porter la marque pour exercer un réel pouvoir. Paravell et De SaintClair étaient des exceptions, mais Paravell était soutenu par un des mangemorts les plus puissant qui puisse exister, le bras droit de Voldemort en personne tandis que le second avait toujours du faire face à l'hostilité des mangemorts et n'avaient jamais obtenu aucune reconnaissance du Seigneur des Ténèbres pour les services rendus au purisme. On pouvait comprendre l'aversion qui en avait découlé, mais De SaintClair en tant qu'étranger et non mangemort avait toujours eu peu de chance de s'intégrer. La jeune femme en avait toujours été désolée, en dépit de ses défauts et de sa propension à détester les mangemorts, il restait un puriste convaincu et un bon politicien.

Qui parmi ses jeunes tenteraient de suivre leur trace ? Beaucoup, elle supposait. Ils avaient été élevés dans cette optique, celle de servir le purisme. Restait à savoir qui le servirait par conviction et qui le ferrait par intérêt. Il y avait à peine un an, Ariana promettait d'être une étoile montante du purisme, puis elle avait décidé de torturer une élève dans l'enceinte de Poudlard en utlisant des impardonnables. Acte d'une présomption assez impressionnante quand on savait que les impardonnables n'étaient réservés qu'à une très petit catégorie de personne. Peu importait qu'elle n'ait lancé aucun sort, tout le monde savait que le cerveau de l'opération n'était pas Mercurius, le disciple de Crow, mais bien elle. Azkaban, la perte de son mentor, le manque de soutient de sa famille, tout ça avait changé l'adolescente. Ariana n'avait jamais eu un caractère facile, mais Ruth sentait bien que la chose ne s'était pas améliorée avec le temps. Elle en avait encore une preuve aujourd'hui.

Alors qu'elle récupérait Robin, la seule réaction d'Ariana fut l'agressivité. Dire que ça n'agaça pas Ruth eut été mentir. Le pouvoir corrompt n'importe qui, et si elle n'avait jamais été habituée à ce qu'on remette en cause son autorité, c'était encore moins le cas aujourd'hui qu'hier. Elle se voulait souvenir incontestée, et de grès ou de force, elle attendait être obéie de tous, même de son mari, peu importait les moyens employés. Ruth était une femme capricieuse, mais qui avait toujours su modéré son attitude lorsqu'il le fallait. Sa cousine, pour l'instant, n'avait ni sa position, ni sa modération ce qui était un mauvais point pour elle. Pourtant, la mangemorte ne fit aucune remarque, son regard devint dur, beaucoup moins amical, mais elle se contenta d'écouter Robin babiller avec bonheur même si elle ne comprenait pas un seul mot de ce qu'il disait, finalement, il s'endormit rapidement contre sa poitrine alors qu'elle le berçait doucement. Elle avait toujours été à l'aise avec les enfants, Robin n'était pas une exception. Alors qu'Ariana prenait ses cigarettes, elle se contenta d'un :

"Tu t'oublies Ariana."

Et elle laissa sa cousine se diriger vers le balcon pour se calmer. Un autre aurait probablement cherché le conflit devant tant d'insolence, mais Ruth n'en voyait pas l'intérêt. Ariana était la famille, ça lui donnait droit à son indulgence, mais surtout, seul ceux qui ne sont pas sûr de leur autorité se mettaient en colère pour des évènements aussi insignifiant. Aux yeux de Ruth, Ariana n'avait jamais aimé être dominé, c'était le cas des femmes de poigne et nul doute qu'elle serrait une sorcière extraordinaire avec les années, elle était déjà hors du commun, mais pour le moment, elle restait peu de chose parmi les sorciers qui dirigeaient l'Intendance. Avait-elle du mal à l'accepter ? Surement, mais ça ne changeait rien pour autant. Il lui fallait prendre patience, un jour ce monde serait le sien, mais pas tout de suite, pas sans qu'elle travaille pour que ça soit le cas.

Tandis qu'Ariana était dehors en train de fumer une cigarette, Ruth, Robin toujours dans ses bras, agita sa baguette d'un geste nonchalant, tandis qu'elle informulait quelques sorts pour remettre le carnage en état. Elle en profita également pour ranger les affaires du petit qui était éparpillé un peu partout dans le salon de sa cousine. Elle était en train de finir quand elle entendit celle-ci s'excuser distinctement et lui proposé du café. L'avantage qu'il y avait avec la famille, c'est que souvent, les mots n'étaient pas nécessaires. Elle se contenta d'un sourire en répondant ;

"J'en prendrais bien, je te sers une tasse ?"

Elle se versa une tasse, et fit de même pour sa cousine, elle lui tendit, le petit toujours avec elle :

"Qu'est-ce qui te stresse comme ça ? Le travail ou le petit ? Moi qui voulait te proposer de devenir marraine d'un de mes enfants, je suppose que je vais devoir réviser ma position."


Le tout était dit avec un sourire un brin moqueur, mais amical, après tout, être cousine, c'était aussi avoir la license de se moquer l'une de l'autre. Ariana faisait partie de ces rares personnes dans le monde qui pouvait rire d'elle. Parce qu'elle était exceptionnelle, elle était sa cousine et peu importait ses défauts, ses qualités, ses sautes d'humeur, à quel point elle pouvait parfois être détestable avec les autres Ruth l'aimerait toujours.

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Le roseau plie... (Ariana)

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