POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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La vengeance se mange aussi en salade || Isaac

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Isaac Bedan


MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Mar 20 Oct - 11:40

Il regrettait déjà d'avoir posé sa question. Bien sûr que le séjour dans la cave était obligatoire. Cela devait faire partie du folklore de ces gens-là. Après tout, pour se sentir supérieurs, ces minables avaient besoin d'humilier leur victime, c'était aussi simple que cela. L'argent seul les intéressait, comme venait de l'avouer, sans la moindre gêne, sa ravisseuse. Sans doute la chaleur de ce bain et l'attitude de Mary à son égard avaient-elles eu raison de la morosité d'Isaac. Cela ne durerait guère, du reste. Une fois revenu dans son cachot, il aurait de nouveau tout le temps de se morfondre, le nez face à la muraille. Il leva les yeux vers la fenêtre de la salle de bains. Le verre en était dépoli, interdisant de voir l'extérieur. Rien n'était laissé au hasard.

Comme il achevait de se rincer les cheveux, un fracas infernal se fit entendre, en provenance de l'étage au-dessous. Il se redressa, inquiet, et Mary sortit l'arme qu'elle lui avait montrée auparavant – un pistolet, il reconnut l'objet pour en avoir vu en photo. Très vite, cependant, elle l'abaissa, semblant soulagée ; le prisonnier, quant à lui, demeurait immobile, sur le qui-vive. Tout cela ne lui disait rien. Il venait de se décider à sortir de l'eau pour se rhabiller lorsque la suite des événements se présenta, sous les traits d'un type furibard qui défonça la porte et marcha droit sur lui. Avant d'avoir eu le temps de dire « aïe », Isaac fut projeté hors de la baignoire et balancé sans ménagement sur le carrelage. Le type lui administra quelques coups violents, bien plus que ceux qu'il avait encaissés jusque-là, qui le laissèrent groggy sous le regard indifférent des autres personnes présentes. Là, on a fini ? Non. L'autre menaçait de le tuer. Puis il le prit par le cou et se servit de sa tête pour ouvrir la fenêtre, tout en tenant des propos incompréhensibles. Ce mec était givré. Isaac essayait d'échapper à son étreinte, s'arc-boutant contre le mur, mais l'autre n'était que muscles et nerfs. Le prisonnier cessa tout mouvement lorsque le type lui fourra le canon de son pistolet dans la bouche. Là, terrorisé, il capitula et cessa toute résistance. Il avait compris depuis longtemps que résister était inutile, mais le réflexe avait perduré jusqu'à ce goût de métal sale dans la bouche. Avec un gros rire, le mec l'envoya valser contre la baignoire, que sa tête heurta avec un bruit sourd. À demi-assommé, il entendit la suite sans la comprendre ; il sentit qu'on le soulevait et qu'on l'embarquait, et il retrouva – avec un soulagement assez inattendu – la cave qui lui servait de cachot. Les deux types l'attachèrent solidement à la chaise, et collèrent un morceau d'adhésif sur sa bouche.


-Allez, fous-nous la paix, maintenant, lança l'un d'eux en partant, comme si Isaac avait été responsable de tout ce qui venait de se dérouler.

Il resta un long moment seul, à essayer sans succès de rapprocher sa chaise du feu que Mary avait allumé. Plus aucun bruit ne lui parvenait ; ils auraient aussi bien pu quitter la maison, ç'aurait été pareil. Au bout d'un moment, il abandonna ses efforts, et quelques larmes coulèrent sur ses joues. De peur, de rage. Il se sentait complètement démuni, encore choqué par ce qui venait de lui arriver, et ignorant s'il préférait vivre ou mourir. Il n'avait plus qu'à espérer que sa famille paie rapidement la somme demandée, à supposer que la rançon soit encore d'actualité ; le chef des gangsters semblait avoir une vive envie de le tuer, auquel cas toutes les rançons du monde ne le sauveraient pas. Il sombra finalement dans un demi-sommeil, facilité par les coups reçus ; il dormit mal, mais assez profondément pour rêver qu'on venait l'achever à coups de pied et de poing.

La porte. Il sursauta, craignant que son rêve ne devienne réalité. C'était le type qui gardait sa porte – il l'avait aperçu lorsque les deux qui l'avaient attaché à la chaise étaient partis. Venait-il lui cogner dessus ? Il n'avait pas l'air. Il contourna la chaise pour se poster derrière Isaac, les mains sur le dossier de son siège, et vint lui parler doucement à l'oreille :


-Alors, ça va ? Pas trop froid ?

Isaac s'agita lorsque le gardien posa sa main sur lui, sous prétexte de vérifier s'il avait froid.

-Si, un peu, tout de même. Ça tombe bien, j'ai juste ce qu'il te faut pour te réchauffer.

L'homme vint se placer face au prisonnier, caressant ses cheveux, et se mit à frotter son entrejambe contre le visage du jeune homme. Il bandait déjà à moitié, et sa prise sur la tête de sa victime ne laissait guère d'espoir de lui échapper. À nouveau, Isaac s'agita, et l'homme, d'une voix doucereuse, lança :

-Allons, tu ne veux pas que je me fâche, je t'assure.

Prononçant ces mots, il boucha le nez de l'otage ; Isaac, se trouvant dans l'impossibilité de respirer, essaya de se dégager, mais il était trop fermement maintenu pour cela. Le type attendit qu'il ait cessé toute résistance, et laissa passer encore quelques instants pour être sûr. Après cela, l'air vicié de la cave sembla un pur délice à Isaac qui, tout occupé à reprendre haleine, ne prit pas garde que l'autre avait dégrafé sa braguette et sorti son sexe. Il s'en rendit compte lorsque le gardien se remit à se frotter contre son visage, en prenant soin de diriger sa verge vers les yeux, le nez et les lèvres toujours couvertes d'adhésif, tout en caressant ses cheveux. Indifférent aux tentatives désespérées du garçon pour lui échapper, il ponctuait ses mouvements de commentaires ignobles :

-J'adore les p'tits gars comme toi... attends un peu, je vais m'occuper de toi... de ta jolie petite gueule... je suis sûr que tu suces comme une vraie petite pute...

Cela dura plusieurs minutes, après quoi le gardien, bandant ferme à présent, estima qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. Il s'accroupit pour se déchausser, et, comme il se relevait, tenant son sexe comme s'il s'agissait d'une arme, la porte s'ouvrit à nouveau. Isaac se tourna, terrifié. Il commençait à se dire qu'à chaque fois qu'une porte s'ouvrait dans cette baraque, c'était pour laisser entrer un nouvel emmerdement, et il n'était pas curieux de connaître le prochain. Il fut presque soulagé de voir entrer Kane, mais ce qu'elle fit et dit acheva de saper son moral. Il n'était plus qu'un morceau de viande que ces hyènes se disputaient, il ne sortirait pas de là vivant. Et même avant de crever, il risquait d'en voir des vertes et des pas mûres. Laissant tomber son menton sur sa poitrine, il lutta un moment contre l'envie de chialer comme un môme, et finit par sombrer à nouveau dans un sommeil précaire peuplé de mauvais rêves.
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Mary Kane


MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Ven 23 Oct - 17:31

S'il y avait quelque chose dont Mary n'avait jamais douté, c'était son intelligence. Elle ne s'était jamais crue jolie, drôle ou intéressante en revanche elle se savait intelligente. Etre intelligent ne veut pas dire qu'on fait toujours appel à celle-ci. Loin de là. Et plus d'une fois, elle s'était surprise par sa stupidité. Son incapacité sociale participait particulièrement à sa bêtise occasionnelle. Prenons l'exemple de Poudlard, elle aurait pu éviter de se faire des ennemis. Il lui aurait suffit s'effacer comme elle en avait toujours l'habitude. Force était de constater qu'elle n'avait pas réussi à le faire et elle s'était retrouvée avec Ariana et l'élite sur le dos. C'était pareil ici. Elle savait qu'elle n'était pas apprécié par tout les mercenaires de Vaas. Il y avait ceux qui se foutaient qu'elle soit là ou non. Ceux qui l'appréciaient ou lui foutaient la paix parce que le boss l'avait ordonné et, enfin, la dernière catégorie, ceux qui ne pouvaient pas la voir en peinture justement parce qu'elle était la fille de Vaas. De quel droit une adolescente à l'air timide et timoré comme elle débarquait chez eux sans avoir ait ses preuves au préalable. Peu importait que Vaas la juge digne d'être là, qu'il se soit assuré qu'elle était capable de tuer et qu'elle ait fait ses preuves par la suite. De toute façon, dans leur monde, personne n'avait besoin de raisons rationnelles pour faire quoique ce soit, et donc encore moins pour détester quelqu'un.

Mary remonta les escaliers laissant le type qu'elle venait de frapper à terre et blessé. Qu'ils en fassent ce qu'ils voulaient, sur le moment, elle n'en avait cure. Les bagarres étaient courant dans leur groupe, personne ne s'inquiéta de savoir ce qui c'était passé, après tout c'était entre Mary et son agresseur. Elle apprit son nom plus tard via Hoyt qui était rester sur place, probablement pour vérifier que tout se passe comme Vaas voulait que ça se passe. Bart lui avait-il laconiquement répondit quand elle avait demandé l'identité du type qu'elle avait blessé.

Assise sur un vieux matelas dans ce qui avait du être une des chambre de la maison, Mary se disait qu'elle avait particulièrement chier dans la colle comme aurait dis Jack. Capturer Isaac Bedan n'était pas une mauvaise idée, c'était le fait que ça soit Mary qui l'ait capturé qui en était une. Elle le savait depuis le début, mais son envie de vengeance était trop forte pour qu'elle écoute sa raison. L'ancienne Serdaigle savait que ce n'était pas intelligent voir peur digne d'elle. Elle pouvait faire mieux. Après avoir mis tant de chose en place pour fuir Poudlard, se faire passer pour morte et garder son identité secrète pour être libre, elle foutait tout en l'air en capturant une des personnes les plus susceptibles de révéler au monde qu'elle était vivante. Pour quoi ? Pour toucher Ariana et lui faire comprendre qu'elle n'était plus impuissante et qu'elle aussi pouvait l'atteindre. Quand on a 18 ans, un an et demi paraît long, et pour une fois la si patiente Mary n'avait eu aucune patience. Un autre point qui rendait la présence d'Isaac problématique était le lien qu'il faisait avec le passé. Ce n'était pas comme Jack et Llew qui l'accompagnaient dans ce monde depuis un moment maintenant, non Isaac renvoyait à un passé idéalisé ou elle avait encore ses amis avec elle. Ce moment où elle n'était pas Mary mais bien Mary Kane. Il faisait resurgir sa conscience qu'elle avait si bien enfuie et ça en devenait problématique. Mary Kane n'existait plus, il n'y avait que Mary et elle n'avait pas de regret pour ça;, simplement des moments de faiblesse en songeant au passé.

Quatre jours étant passé, elle estima qu'il était tant d'envoyer la demande de rançon. Puisque Hoyt était toujours sur place, elle en profita pour lui demander conseil. Il faisait partie des lieutenant les plus accessibles de la bande de Vaas selon Mary. Elle n'avait rien contre Jagsper contrairement à pas mal, elle se souvenait qu'il l'avait sauvé lors de sa première mission, ce qui créait un lien, mais il était extrêmement étrange et elle savait parfaitement de quelles horreurs il était capable. Hoyt était beau, charismatique, intelligent, on pouvait presque se demandait ce qu'il foutait dans une bande pareille tant qu'on ne l'avait pas vu à l'oeuvre et c'était probablement pour ça qu'il semblait accessible. L'ironie chez Mary c'était sa capacité à apprécier des gens comme eux tout en connaissant leurs crimes, en les suivant dans leur folie et en sachant que chacun d'eux l'auraient égorgée sans état d'âme si on leur avait ordonné. Une fois que la demande fut envoyée, elle s'assura que le prisonnier était surveillé, mais par quelqu'un d'autre que Bart. Elle fit savoir qu'elle ne voulait pas à proximité. Vass était le boss, il faisait ce qu'il voulait du prisonnier, il le buttait s'il le voulait, mais ses subordonnés n'avaient pas à toucher à la marchandise avant qu'on ait la confirmation que la famille ne paierait pas.

En attendant, elle n'allât pas voir le prisonnier, Mary ne voulait pas qu'on pense qu'elle avait trop de sympathie pour le prisonnier ce qui les auraient dans une situation précaire tous les deux. Ils eurent la réponse en 48h, et ce fut pendant ce temps-là que Mary s'aperçut qu'elle avait fait une deuxième erreur. Celle de laisser Bart en vie. S'il la détestait avant, il la haïssait profondément à présent. Seul la prudence faisait qu'il n'avait pas tenté de l'égorger dans son sommeil, il la butterait, mais il tenterait de faire passer sa mort pour un accident, il n'était pas assez fou pour provoquer volontairement l'ire de Vaas. Humilié par une gamine, il ne supportait pas sa présence et lui fit comprendre :

"J'aime pas ta gueule.
Moi non plus, mais qu'est-ce que tu veux, on a pas tous la chance de savoir séduire les garçons comme tu le fais."

Troisième erreur, le mercenariat n'avait pas franchement appris à Mary à diminuer son tôt de sarcasmes et ce n'était pas toujours une bonne chose. Néanmoins, ils étaient plus de cinq dans la cuisine et Mary savait ses partisants en majorité, ne pas répondre aurait été vu comme un signe de faiblesse.

"Rien ne t'empêche de t'en aller si tu ne veux plus me voir. La porte n'est pas loin.
Quand j'ai un taff, je le fais bien moi, pas comme les gamines qui pensent tout savoir parce que leurs mères ont écartés les cuisses."


Ne voyant pas le rapport, Mary se contenta d'hausser les épaules. De son point de vue, il valait mieux être l'enfant née d'un viol que l'enfant d'un né-moldu. Elle n'avait donc pas vraiment eu d'état d'âme lorsqu'elle l'avait compris.

"Sûr que c'est pas glorieux, mais la mienne regrette pas d'avoir écarté les cuisses, on ne peut pas dire que ça soit le cas de la tienne."

L'arrivée d'un type apportant une première réponse pour la demande de rançon coupa court à cette discussion hautement philosophique. Elle fit signe à Cal qu'elle voulait la pièce pour eux, et lorsqu'il eut fait sortir tout ce petit monde il ne restait plus qu'elle-même, Hoyt, Karl, Cal' et Neil. Elle tendit la réponse à Hoyt :

"Elle est négative, fais chier. J'étais sûre qu'il paierait.
Vaas va vouloir le butter.
Hmm, si les Bedan ne paient pas, ça ne veut pas dire qu'une autre partie de la famille ne paiera pas. Je ne serais pas étonnée que les Witcher soit ceux qui paie, ils sont très liés. La mission c'est d'avoir l'argent. "

Elle s'étira et reprit la lettre qu'elle fourra dans sa poche :

"Il est temps que j'aille voir comment se porte notre captif."

Elle ouvrit la porte de la cuisine et descendit en direction de la cave. Cette fois-ci personne ne l'empêcha d'aller dans la pièce où se trouvait le détenu. Elle insista sur le fait qu'elle ne voulait que personne ne vienne en dehors de Vaas et Hoyt. Elle ferma la porte derrière elle. Le feu allumé magiquement brûlait toujours dans l'âtre empêchant la pièce d'être totalement glaciale et humide, il n'y faisait tout de même pas agréable et leur prisonnier était toujours nu et attaché à sa chaise. Il semblait endormis, mais elle doutait qu'il le soit vraiment. On lui avait tout de même fournit une espèce de couverture histoire de ne pas le faire crever, mais lancée sur lui, elle ne couvrait pas grand chose. Elle s'approcha et la remis en place de façon à ce qu'elle couvre au moins ses parties et elle se débarrassa de sa veste qu'elle posa sur ses épaules, elle était trop petite pour lui, mais c'était toujours mieux que rien.

Elle s'assit à terre en tailleurs avant de dire comme si de rien n'était :

"Je comprends mieux pour Jill te disait bien monter."

Est-ce qu'elle était désolé pour lui ? Oui en un sens, elle l'était, ce n'était pas comme ça qu'elle avait voulu que ça se passe. Néanmoins, elle n'éprouvait pas temps de pitié que ça non plus, elle avait été torturée en son nom et laissée pour morte et ça n'avait jamais trituré sa conscience, on pouvait dire qu'ils étaient quitte en quelque sorte même si ce n'était pas sa faute.

"J'ai une mauvaise nouvelle Isaac. On a reçu un message de ton oncle, il ne veut pas payer."

Elle garda le silence un moment avant d'ajouter :

"Je ne comprends pas je t'avoue, j'étais persuadée qu'ils paieraient."

Et il y avait en effet une logique qu'elle ne comprenait pas dans cette réponse.

"Est-ce que ce n'est pas contraire à vos règles à vous les sangs purs ? Vous vous protégez les un les autres contre tout ? "

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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Ven 23 Oct - 22:21

La porte s'était refermée sur Mary et son acolyte, et Isaac s'était trouvé seul, à nouveau – si l'on exceptait son gardien, salement amoché, qui était resté au sol un moment avant qu'un autre gars vienne le ramasser sans mot dire. Le prisonnier avait eu tout le loisir de réfléchir, d'analyser les événements qui venaient de se produire, et d'en tirer les conclusions les plus pessimistes. Tant que Kane avait mené les opérations, son sort n'avait pas été trop désagréable. Certes, il était attaché et confiné dans une cave, mais il pouvait bouger, était habillé et jouissait d'un confort sommaire. On lui avait même permis de se laver, et des vêtements propres auraient dû lui être remis. Il était en captivité, mais on ne le maltraitait pas – pas trop, en tout cas. Il avait pris quelques beignes avant de comprendre comment se comporter avec ses geôliers. Et puis, le type était arrivé. Tout s'était gâté à ce moment. Ce mec régnait en maître sur la petite bande, et il semblait véritablement sanguinaire. Pas besoin d'avoir le troisième œil pour comprendre que c'était lui qui tenait le sort de l'otage entre ses mains. Ce n'était franchement pas rassurant. Isaac gardait en mémoire chaque instant de la scène qui s'était déroulée dans la salle de bains, et le comportement instable du type l'avait proprement terrifié. Les coups, à la rigueur, c'était facile à comprendre ; les insultes aussi. Mais sa façon de rire tout seul, de tenir des propos décousus, la manière dont il avait alterné les vociférations et le ton le plus léger... Tout dénotait le fou, le givré incontrôlable. De toute évidence, tous les autres avaient peur de lui. Personne n'avait osé la ramener en sa présence, sauf l'un des types qui avait risqué un mot. Un seul mot, qu'Isaac n'avait pas bien compris – il avait la tête maintenue de force dans l'encadrement de la fenêtre et le vent dans les oreilles, à ce moment. Il avait juste entendu une voix d'homme prononcer une syllabe, et le givré l'avait rabroué sur un ton sans réplique, avant de s'en prendre à nouveau à lui, comme si c'était lui qui avait protesté.

Depuis l'arrivée de ce type, les conditions de détention s'étaient singulièrement durcies. Isaac avait espéré qu'on vienne le détacher, voire lui filer un pantalon et une pelure quelconque, mais il fallait se rendre à l'évidence : depuis des heures, personne ne se souciait de lui. Le type avait dû donner des ordres pour que tout reste en l'état, son prisonnier toujours à poil aussi fermement ligoté que lorsqu'il avait été remis à la cave. Le gardien qui lui avait été commis avait constitué une sorte d'apogée dans la descente aux enfers, si l'on pouvait dire. Isaac se sentait affreusement sale depuis que ce type l'avait touché. Il aurait donné n'importe quoi pour se laver la figure et essayer de dissiper le souvenir du contact dégueulasse auquel ce bandit l'avait soumis.

Enfin, après un long moment – impossible à quantifier, sa montre étant restée dans la salle de bains – quelqu'un déverrouilla la porte. Un des gars qui l'avaient gardé au début lui apportait une assiette fumante. Il annonça d'une voix joyeuse :


-Allez, à table, mon gars. T'as dix minutes pour bouffer, et pisser un coup si ça te chante.

Il leva sa baguette pour détacher le prisonnier, qui se débarrassa de l'adhésif qu'on lui avait collé sur la bouche. Il mangea peu, l'estomac soulevé par ce plat en sauce ; cela ne passait pas, il avait la gorge nouée par la peur et laissa bientôt son assiette à peine entamée. Il profita de la généreuse permission accordée par son geôlier pour soulager sa vessie, puis, résigné, reprit place sur sa chaise sans avoir prononcé une parole. D'un sort, l'autre le ligota à nouveau, mais négligea de remettre en place l'adhésif – c'était déjà ça. Il quitta brièvement la pièce, sans fermer la porte ; Isaac le suivit du regard, interloqué, et le vit avec stupéfaction ramener une couverture qu'il jeta sur ses épaules.

-Pas la peine que tu crèves de froid non plus, hein...

Et il quitta la pièce. Le prisonnier tâcha de se tortiller pour mieux positionner la couverture, sans résultat ; il finit par abandonner, et l'épuisement le gagnant, tomba endormi, d'un sommeil léger. On avait obligeamment placé sa chaise à l'angle de la pièce, de sorte qu'il pouvait appuyer sa tête contre le mur. Frissonnant par moments, il parvint à dormir un peu, ce qui offrait l'avantage de faire cesser ses réflexions sur le pétrin dans lequel il se trouvait.

Il se redressa brusquement en sentant que sa couverture bougeait – que quelqu'un l'ajustait, plus précisément. La vue de Mary le tranquillisa, et il eut même un pâle sourire lorsqu'elle fit un commentaire sur son entrejambe. D'une voix faible après des heures de silence, il fit :


-Elle te parlait vraiment de ça ?...

Il n'attendait pas de réponse. Il préférait ne pas savoir ce que sa compagne avait bien pu raconter de ses prouesses amoureuses. De toute façon, Kane avait autre chose en tête, et elle ne tarda pas à lui indiquer ce qui la rendait soucieuse. L'oncle Wiltord, contacté pour la rançon, refusait de payer. Le prisonnier demeura silencieux, abattu par la nouvelle. Quel chien que ce type... avec tous les beaux discours qu'il tenait sur la famille et l'importance de s'entraider, il regrettait ses sous alors que la vie de son neveu était en jeu ! Dire que Hugo l'avait nommé tuteur de ses fils, qu'il était, aux yeux de la loi, comme leur véritable père... Il ne s'était jamais privé de rabâcher ses histoires sur les liens du sang, sur le respect qu'on devait aux siens... Isaac avait envie de vomir. Lui aurait tout fait pour sortir d'un des siens d'un mauvais pas, et cette petite merde de Wiltord refusait de payer... La stupeur faisait place à la colère. Si je sors de là, mon oncle, je te fais bouffer tes couilles, songea Isaac en observant le sol. Évitant le regard de Mary, il lâcha enfin d'une voix rauque :


-C'est incompréhensible... j'aurais jamais cru ça. Y a rien de plus sacré que la famille, chez nous. Le seul fait d'imaginer refuser, alors que c'est pour quelqu'un de son sang, devrait le faire crever de honte. T'as demandé combien ?

Le montant annoncé par Kane dépassait, et de beaucoup, la somme disponible sur le compte d'Isaac. Impossible de se débrouiller seul. Isaac soupira, puis, dans le silence, murmura :

-Je n'ai pas la somme., et si ma famille refuse... Je suppose que vous allez me tuer ?

Partagé entre la rage et la trouille, il n'avait pensé ni à Jill, ni à quiconque d'autre. Il avait cru pouvoir faire confiance à son oncle, mais si lui faisait défection, il n'y avait pas de raison de se fier aux autres. Le temps des beaux discours était révolu, et Isaac comprenait douloureusement que personne n'était digne de confiance.
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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Lun 26 Oct - 10:16

Rien ne tournait vraiment comme elle l'avait voulu. C'était une leçon à apprendre, rien ne se passait jamais exactement comme on le désirait. L'arrivée de Vaas avait été une surprise. Elle ne se demandait pas si elle était bonne ou mauvaise, Vaas était Vaas et son commandement était plus ou moins celui de Dieu. Ce qui arrivait, arrivait et c'était comme ça. On ne cherchait pas à se dire que les choses auraient pu se dérouler autrement c'était inutile. On se contentait juste de faire avec, et on tentait d'en tirer le meilleur parti. Le refus des Bedan de payer la rançon était une autre surprise. Si Mary avait capturé Isaac, en dehors du caractère personnel de cette capture, c'était parce qu'il n'était pas assez célèbre ou important que pour justifier une recherche intensive dès sa disparition, mais aussi parce qu'elle était sûre que la famille payerait la rançon.

Quel choc ça devait faire quand vous étiez sang pur et que votre famille vous lâchait. L'étonnement de Mary n'était pas feint. L'action du patriarche des Bedan manquait de logique pour la jeune femme. D'après ce qu'elle savait des familles de leur type, ils mettaient tout en oeuvre pour les leurs. La somme qu'elle demandait était démesurée bien entendu, mais rien qu'une famille comme la leur ne puisse se permettre. Alors pourquoi ? La honte de savoir qu'un des leurs avait été capturé ? Ca lui semblait étrange, si la famille avait continuer de soutenir Ariana après son passage à Azkaban et après qu'elle se soit faite virer de Poudlard, elle ne comprenait pas pourquoi ils ne soutiendraient pas Isaac dont la seule erreur avait été de sous-estimer la cible potentielle qu'il pouvait être. Dans le fond, elle n'était pas la mieux placée pour comprendre les sentiments qui animaient la famille d'Isaac ou Isaac lui-même. Llew aurait probablement été le mieux placé pour comprendre Isaac. Il savait ce que c'était que d'être trahis et délaissé par sa famille. C'était ce qui l'avait poussé à partir, une des raisons en tout cas. Après tout, à présent, il n'y avait plus rien pour lui de ce côté là. Mary, elle, avait une conception différente de la famille. Elle n'avait jamais été proche de la sienne si ce n'était de ses grands-parents. Ceux-ci étaient mort, mais elle n'en avait pas été attristée, ils étaient vieux, et c'était la nature des choses. Sa mère, son beau-père, son frère et sa soeur ne lui manquaient pas réellement. Elle était soulagée en réalité d'être libérée de ces liens familiaux fastidieux. Elle n'avait plus a prétendre, ni a essayer que ça mère fasse attention à elle plutôt qu'à sa jumelle. Il lui restait son père, mais Vaas n'avait rien d'un père conventionnel, et leur relation s'en reflétait. Au final, c'était pour le mieux.

Cette nouvelle avait fini par briser le prisonnier. Les premiers jours de détention dans le silence avaient joué, Vaas avait empiré la chose, et l'abandon de sa famille avait mis un point final. Sous les yeux de Mary, les certitudes et l'arrogance d'Isaac se brisaient. C'était étrange à voir quand elle l'avait connu si fier.

Fier de quoi au final ? De sa puissance ? Une illusion puisqu'elle était liée à sa famille, il n'avait jamais eu à se battre pour l'asseoir et la gagner. De sa richesse, de son prestige. Tout ça, il le devait à quelqu'un, et non pas à lui-même. Ca changeait tout. Il s'en rendait compte et demandait si on allait le tuer. Ce n'était pas dans les plans de Mary, mais la possibilité se faisait plus grande d'heure en heure. Elle haussa les épaules et lui répondit avec un sourire un peu désolé cette fois-ci :

"Disons que te tuer serra un moindre mal si jamais ta rançon n'est pas payé, si tu as de la chance c'est tout ce qu'on te ferra."

Elle ne dit pas "ils" mais "on", elle avait beau ne pas avoir besoin de l'agresser pour obtenir ce qu'elle désirait, s'il en venait à mourir, ça serait de sa faute. Sans elle, il serait toujours en train de vivre sa petite vie monotone, faites de soirées mondaines, de visite à sa famille. A l'heure qu'il était, il serait sûrement toujours dans sa radio, ayant l'impression de diriger celle-ci alors qu'il n'était que le pantin articuler de sa cousine. Cette routine semblait affreusement fade et ennuyeuse aux yeux de la jeune femme, mais elle ne doutait pas qu'Isaac aurait sûrement tout donner pour y retourner.

"On va essayé d'éviter ça. Toi mort, tu n'as plus aucun intérêt pour moi. Si j'avais simplement voulu un type à tuer, je ne t'aurais pas pris. Moi je veux mon argent, sans quoi cette mission était une perte de temps, et toi tu veux rentrer. On va tenter d'avoir ce qu'on veut tous les deux. Si ton oncle ne paie pas, ton frère ou ta cousine ne se mouilleraient pas pour le faire ? Je suppose que ton oncle n'est pas le seul à avoir de l'argent dans ta famille, qui paierait bien pour te récupérer ? "

Elle le laissa réfléchir en silence pendant plusieurs minutes, réfléchissant elle-même de son côté. Cette situation la frustrait. Elle voulait que les choses se passent correctement. Comme à chaque fois qu'elle partait en mission, elle tentait de la remplir du mieux qu'elle pouvait, mais elle n'avait jamais réellement été investie émotionnellement dans aucune d'entre elles. Ici, elle avait principalement peur de la réaction de Vaas si elle n'obtenait pas le paiement. A cet égard, elle restait comme une petite fille qui ploie la tête sous le coup des reproches, elle détestait l'idée de le décevoir. Mettant ce point-là de côté, elle revient sur un autre sujet :

"Ce que je ne saisis pas, c'est pourquoi vous êtes puristes du coup. Vous prônez la suprématie des sorciers. Ca je peux le comprendre et je suis d'accord, on ne peut pas permettre aux moldus de se croire au dessus de nous. Vous prônez la suprématie des sang pur sous prétexte que la famille est sacrée et que vous n'avez jamais failli à garder le vôtre unie et pure. A quoi ça sert si vous ne vous entraidez pas ? Je ne dis pas, tu ne t'y attendais pas, et moi non plus, mais je suis juste surprise. Ne soyons pas hypocrite, une bonne partie des sang pur sont puristes aussi bien par conviction que par opportunisme, ça leur permet de faire partie de l'élite et de contrôler le reste de la société."

Sortant une barre de chocolat de sa poche, elle l'ouvrit tranquillement et cassa un carré. Toujours polie elle proposa :

"Tu veux un bout ?"

Elle mangea son bout de chocolat en silence avant de demander :

"Pourquoi est-ce que tu es puriste toi ?"

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Dernière édition par Mary Kane le Mer 28 Oct - 11:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Mar 27 Oct - 23:20

La scène s'imposait de plus en plus nettement dans l'esprit d'Isaac. Les yeux mi-clos dans la pénombre de sa cave, il s'abandonnait à cette vision, oubliant jusqu'à la présence de Mary. Il était à Krakendor. Les portes s'ouvraient devant lui, ouvertes par un elfe obséquieux, tandis qu'il arpentait la vaste demeure d'un pas décidé. Il savait où il allait. La dernière porte mettait un peu plus de temps à s'ouvrir. L'elfe, apeuré, tentait de le dissuader d'entrer, mais finissait par lâcher prise. Isaac poussait lui-même la double porte capitonnée, et pénétrait dans le saint des saints, le bureau de Wiltord Bedan. L'oncle se levait, venait lui serrer la main, le féliciter pour sa libération. Isaac lui rendait sa poignée de main, assez fort pour lui broyer les phalanges, mais ne le lâchait pas. Le sourire de Wiltord s'affaissait peu à peu en voyant le visage de son neveu – une vraie gueule des mauvais jours, un regard fixe et un rictus crispé. Il essayait de reprendre la situation en main, lâchait un « allons, Isaac » qui finissait de mettre le feu aux poudres. Le jeune homme se décidait enfin à lui restituer sa main – douloureuse, c'est que ce petit con avait de la force – mais ce n'était que le début des hostilités. La première droite cueillait Wiltord au menton. La suivante, au foie. Plié en deux, il cherchait l'air, et son neveu continuait de le rouer de coups. Il s'effondrait, le gamin venait se placer au-dessus de lui, le saisissait par les cheveux pour lui cogner la tête contre le sol. Il criait n'importe quoi, la voix noyée dans un flot de sang coulant de son nez éclaté. Isaac se délectait de chaque cri, de chaque craquement, de chaque « arrête ». À l'instant précis où il allait sortir sa baguette magique pour émasculer l'indigne, la voix de Mary se fit entendre, et il se retrouva brutalement ramené au présent. À poil, ligoté, dans une cave, avec un problème majeur à régler s'il voulait sortir de là en un seul morceau.

La nouvelle apportée par Kane l'avait tellement abasourdi qu'il n'avait pas une seule seconde mis en doute la parole de sa geôlière. Elle semblait véritablement inquiète à l'idée de ne pas recevoir sa rançon. Pas autant que moi, très chère. Elle cherchait une solution, ce dont Isaac lui fut reconnaissant. Elle aurait pu convenir qu'ils allaient le tuer, et que ce ne serait qu'un coup raté ; cela servirait d'exemple pour les futurs enlèvements, les familles sauraient comment se comporter... mais non. Elle réfléchissait à haute voix, nettement plus lucide qu'Isaac qui remâchait son humiliation. C'était donc là la valeur qu'on lui accordait ? On ne déboursait pas une mornille pour le tirer d'affaire – sans doute avec les meilleures justifications du monde, mais il n'en demeurait pas moins que c'était se comporter comme des rats. Lui, songeait-il amèrement, n'aurait même pas réfléchi si un membre de sa famille avait été pris en otage. Il lui semblait capital de ne pas tergiverser lorsqu'il s'agissait de son sang. Il en allait de l'honneur du clan ; ne pas s'entraider, c'était l'infamie la plus crasse. S'il sortait de là, il se promettait d'en tirer une vengeance exemplaire. Cette petite pute de Wiltord ne s'en sortirait pas indemne. Il lui ferait demander pardon, mais ne pardonnerait pas. Mary suggéra de faire appel à Haytham ou à Ariana, et Isaac fit non de la tête. Ariana ne doublerait pas son père, et Haytham ne possédait probablement pas la somme. Lui aussi venait d'acheter un appartement, et Isaac n'était en outre pas certain que son aîné oserait prendre le contrepied de leur oncle. Le prisonnier se décida enfin à regarder Mary, et répondit d'une voix rauque :


-Jill. Je pense que si quelqu'un est prêt à m'aider, c'est Jill.

Et si je me trompe sur son compte, je peux crever, je m'en fous. Elle demeurait son seul espoir. Penser à Jill l'aidait à ne pas sombrer dans la démence tandis qu'il se les gelait dans cette cave. Et elle, pensait-elle à lui ? Il l'espérait. Perdre Jill serait ce qui pourrait lui arriver de pire. Il avait conscience de ce que cette phrase pouvait avoir de convenu et même d'un peu niais, mais il en était convaincu. Il songea avec inquiétude qu'elle non plus risquait de ne pas avoir assez d'argent ; avant qu'il ait décidé s'il devait en parler à sa geôlière, celle-ci était passée à autre chose, lui offrait du chocolat qu'il refusa, puis lui demanda tout à trac pourquoi il était puriste.

Sa première réaction fut de hausser les épaules. Puriste ? Il était puriste, lui ? Première nouvelle. Isaac Bedan n'était pas un homme de convictions. Il avait toujours été du bon côté de la baguette, et avait suivi les idées en vogue, mais son adhésion n'était pas réelle. Il se laissait porter par le courant, sans plus. S'il avait cru en quelque chose, plus qu'au purisme, c'était au sang. Partager le même sang donnait des devoirs envers les siens. Sa morale à ce sujet avait été intransigeante. La voir foulée aux pieds par ceux qu'il estimait les plus susceptibles de la partager était insupportable, autant que les coups infligés par le type à la crête, ou même pire. Les coups, cela s'oubliait. La trahison, c'était moins sûr. Submergé par l'émotion, Isaac, presque malgré lui, répondit :


-J'y croyais, moi. Pour moi, c'est sacré, la famille. J'aurais fait n'importe quoi pour eux. C'est même pas une question de purisme, c'est juste... l'honneur, la loyauté, je sais pas, moi... N'importe qui aide sa famille, même les moldus. Ils peuvent bien crever, maintenant, cette bande d'enculés, ajouta-t-il d'une voix haineuse après un instant de silence.

Il hésita un peu, observant le sol humide de la pièce, avant de murmurer :


-C'est mon oncle que tu devrais enlever. C'est lui qui a le pognon. Et là, peut-être qu'il le lâcherait, ce connard.
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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Mer 28 Oct - 13:16

"Jill"

Mary prononça le nom de son ancienne amie songeuse. C'était amusant comme elle n'avait plus vraiment pensé à elle après avoir quitté Poudlard. Oh bien sûr, elle avait eu des regrets, mais pensez à sa vie passé n'aidait pas. Elle en avait la preuve avec Isaac. Elle perdait de vue son but premier quand elle était face à son passé. Son prisonnier ressemblait trop à l'adolescent qu'elle avait connu à Poudlard, il n'était pas encore assez dénaturé pour qu'elle soit parfaitement à l'aise en sa présence. Llew aussi n'avait jamais parlé de Jill, ni de Wayland. Elle supposait que la mort de son petit frère et de ses parents avaient du briser quelque chose en lui. Il lui restait Ben, Way et Jill, des demi-frères et soeurs qu'ils ne pouvaient pas cotôyer parce qu'ils étaient trop éloigné idéologiquement. Est-ce que Jill tenait à Isaac au point de risquer sa fortune pour le sauver ? Isaac avait l'air de penser que oui. Jill était une grande romantique qui se cachait sous un masque. Elle pouvait jouer les filles superficielles à la perfection, mais dans le fond, elle restait une grande romantique à la recherche du grand amour. Mary s'était toujours dis qu'Isaac et elle se sépareraient assez vite. Après tout, Isaac était plus jeune, et ce n'était qu'un amour de jeunesse, mais il semblait qu'elle avait développer un attachement assez fort pour lui. Assez fort en tout cas pour qu'ils soient encore ensemble. Tant mieux pour lui, ça lui permettrait peut-être de s'en sortir vivant. En un sens, elle l'espérait pour lui. Ca faisait son affaire. Du reste, les amourettes la faisait sourire. Pragmatique, elle ne croyait pas à l'amour éternel. Les déclarations d'amour grandiloquentes l'avaient toujours fais sourire intérieurement parce qu'elle savait que rien ne durait pour toujours.

On aurait pu considérer que c'était triste de penser comme ça à même pas 19 ans, mais il fallait se rendre à l'évidence, le rapport de Mary avec l'amour et l'affection n'était pas aisée. Elle avait toujours cru que son père les avaient abandonné à la naissance, et comme beaucoup d'enfants, elle s'était demandée ce qu'il y avait de si terrible chez elle pour que son père ne veuille pas d'elle avant même qu'elle ait poussé son premier cris. Plus tard, elle avait compris qu'elle était en réalité née du viol qu'un adolescent déjà très dangereux et violent avait commis sur sa mère avant de la laisser pour morte. Elle n'en avait jamais parler avec Vaas, elle ne voyait pas ce qu'ils auraient pu se dire sur le sujet, mais ça n'aidait pas vraiment à croire en cette notion d'amour que prônait les autres. Du reste, vivre comme elle vivait avait également une influence sur la façon dont elle voyait les choses. Les viols et autres sévices sexuels hautement condamnable étaient monnaie courante. Ses nuits se passaient en compagnie des pleurs et des cris des victimes ainsi que du rire gras des hommes qui exerçaient leurs fantasmes les plus immondes sans pudeur aucune au sein de l'entrepôt à Bristol. Elle y assistait elle aussi, regardant ses poupées désarticuler dans la vie de finissait sous les coups de rein dans le meilleur des cas. Même dans les yeux de ceux qui ne participaient pas, elle voyait des lueurs d'envie qu parfois la suivait quand elle partait. Selon elle, l'amour et l'affection ne durait qu'un temps, et ensuite la bestialité de l'homme reprenait ses droits.

"Jill donc, je suppose que toujours le grand amour ? Tant mieux ça m'arrange. Comme quoi, on va finir par trouver une solution."

Elle lui accorda un sourire pendant qu'elle finissait son carré de chocolat. Elle avait essayé de ne pas sembler moqueuse. Après tout, elle était certaine qu'ils déchanterai bien assez vite. Il n'avait pas besoin qu'elle lui offre ses théories douteuses sur les relations de couple. Sans compter qu'il avait probablement autre chose en tête, après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on est trahis par sa propre famille, et ça semblait l'affecter bien plus qu'elle ne l'aurait cru. Il semblait osciller entre découragement et rage mal contenue.

"J'y ai pensé tu sais, à enlever ton oncle je veux dire. A l'origine, la première idée qui m'a traversé l'esprit, c'est Ariana, il faut bien l'admettre. Je me suis renseignée, j'ai vu qu'elle travaillait à la sécurité intérieure avec Mulciber. Elle a beau ne pas être très haut dans l'échelle sociale de l'Intendance, tu ne captures pas un officiel sans que ça fasse du bruit. Ton oncle, ça demandait beaucoup d'organisation et c'était une prise de risque un peu trop grosse par rapport à ce que je voulais faire. Toi, tu étais la cible idéale, populaire, mais pas trop, venant d'une famille riche qui peut se permettre de payer la rançon, c'était le plan idéal. Et puis, tu n'avais pris aucune mesure pour assurer ta sécurité, tu sauras qu'il faut y faire attention maintenant. Bon après le seul faux pas de ce plan, ce qu'on n'avait pas prévu que ta famille soit une bande de fils de pute, mais c'est pas grave, on a un plan de secours et on va s'en sortir."

Elle était toujours souriante, et optimiste, et elle faisait d'eux une équipe. En un sens la survie de l'un dépendait de l'autre. Vaas n'apprécierait pas de voir la mission ratée, surtout pas s'il était toujours de mauvais poil. La relation de Mary avec Vaas en dépendait, et c'était à ses yeux tout aussi important que sa propre existence. L'idée d'avoir une solution de secours la mettait de bonne humeur. Décidant qu'il était temps de mettre leur nouveau plan à exécution, elle se leva et contourna Isaac pour récupérer sa veste qu'elle enfila de nouveau. Elle prit sa baguette pour raviver un peu le feu. Soulevant la couverture pour l'étaler sur le prisonnier, elle constata qu'il était particulièrement en forme malgré le froid. Etais-ce la colère et l'excitation qui en découlait ou le fait de penser à Jill toujours est-il que la réaction était surprenante. Arrangeant la couverture pour qu'elle couvre le dessus du corps aussi, elle saisit ses parties sans prévenir avec lesquelles elle joua quelques instants tout en susurrant à son oreille :

"Un prêté pour un rendu Isaac, j'ai horreur qu'on me plote les fesses."


Il savait à quoi elle faisait référence, elle n'avait pas besoin dans dire plus. Ca la fit rire sans méchanceté. Après tout, ce n'était qu'un jeu pour elle. La vie était devenue un grande roulette russe ou la chance et le talent décidaient si on vivait ou non.

"Je reviendrais te voir demain, on verra si j'ai de bonnes nouvelles entre temps."


Elle referma la porte et le laissa seul avec ses pensées.

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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Ven 30 Oct - 21:56

La question de Mary avait plongé Isaac dans un abîme de perplexité. Qu'était-ce que le purisme, finalement ? Le jeune homme se l'était souvent demandé. Cela semblait simple ; affirmer la supériorité du sang sorcier sur le sang moldu, et du sang pur sur tout autre sang. N'importe quel abruti pouvait comprendre cette théorie, et y adhérer pour peu que les choses soient correctement présentées. Lorsqu'on appartenait à une famille de sang pur, riche et liée à tout ce qui comptait dans le monde magique, on était puriste dès sa naissance, pour ainsi dire. Isaac avait entendu parler des bourbistes, mais jamais avec assez de précision pour savoir quelles opinions ils défendaient vraiment. Ils n'étaient qu'un spectre qu'on brandissait face aux contestations ou aux menaces, et ceux qui tiraient les ficelles se gardaient bien de trop exposer les théories adverses. Dans le milieu d'Isaac, on était puriste par habitude, par indifférence au reste du monde, par opportunisme. Il connaissait tous les arguments, tous les articles de foi de cette doctrine. Il les avait tétés avec le lait de sa mère, et chaque jour qu'il avait vécu avait été marqué par une vérité assénée avec fermeté. Parmi ces maximes, beaucoup concernaient la famille. Les liens du sang, c'est sacré. Aider les siens est un devoir, le plus impérieux de tous. Ne pas s'y conformer, c'est le déshonneur, dans un monde où l'honneur du lignage est la première carte de visite. L'oncle Wiltord n'avait jamais été avare de ce type de discours, tout comme Hugo, le père d'Isaac. Ils étaient des puristes fervents, convaincus – en apparence.

Et si Mary avait raison ? Si le purisme n'était qu'une façade, qu'un alibi pour s'assurer la meilleure place dans la société ? Pour être tout à fait franc, Isaac y avait déjà pensé. Lorsqu'il réfléchissait sans fin en suivant du regard les poissons de son aquarium, son esprit se prenait à vagabonder, et cette hypothèse revenait régulièrement. Il s'efforçait de la chasser, et jetait alors un regard effaré autour de lui, comme si quelqu'un avait pu l'entendre penser. Remettre en cause la suprématie puriste et la doctrine qui la fondait était le début de la trahison. Mieux valait que ce genre de pensées reste secrète, enfouie au plus profond d'une conscience de moins en moins tranquille.

Et maintenant qu'il se trouvait là, attaché sur cette putain de chaise à en avoir des escarres, abandonné desa famille, Isaac comprenait qu'il avait eu raison. Le purisme n'était qu'une coquille vide, un faux nez qu'on arborait tant qu'il était utile. Il fallait être le dernier des naïfs pour y croire, songea Isaac avec amertume. L'image de son père, sanglé dans son uniforme noir, lui revint, et il laissa échapper un juron à peine audible. Hugo avait été ce dernier des naïfs, puisque lui était mort pour le purisme. Il avait donné sa vie pour cette escroquerie, et son fils, longtemps accablé par cette perte, éprouvait à présent une rage indicible. Perdre son père avait été une épreuve, se rendre compte qu'il l'avait perdu pour rien en était une autre.

Il secoua la tête comme pour chasser les mauvaises pensées – il aurait tout le temps de les ressasser – et écouta Mary lui expliquer pourquoi elle l'avait choisi. Il se doutait bien qu'Ariana était inatteignable, et Wiltord encore plus. Il avait été un choix par défaut, en somme. Il hocha la tête sans répondre ; cela lui importait peu, finalement. Il fut nettement plus intéressé par la suite, par la promesse qu'ils allaient s'en sortir. Elle se mettait dans le même sac que lui, ce qui le fit sourire faiblement. Ils n'avaient jamais été du même côté, et cela commençait à cet instant, dans cette cave sordide. D'une voix étouffée, Isaac répondit :


-Pour ça, je te fais confiance, hein. Moi, je peux pas faire grand-chose...

Elle se leva, récupéra sa veste, et il vit que son regard s'égarait vers son entrejambe qu'un retour de flamme inexplicable avait saisie – les conditions n'étaient pas vraiment idéales pour avoir une telle réaction. D'un geste vif, Mary saisit son sexe qu'elle manipula quelques instants, pour se venger d'avoir été pelotée par Isaac. Le prisonnier sentit son érection se raffermir sous la poigne de sa geôlière, ce qui acheva de le mettre mal à l'aise. Après quelques secondes à peine, Mary le lâcha et s'en alla en riant.

-Tu pourrais finir le boulot, bordel de merde ! lui cria l'otage frustré par la fin trop rapide de cette étrange contact.

Le dernier type qui l'avait attaché, pris de pitié ou simplement maladroit, avait laissé ses liens assez larges pour lui permettre de le faire lui-même, ce qui occupa agréablement quelques minutes, mais eut l'inconvénient d'entraîner une méchante baisse de moral par la suite. Isaac était de plus en plus abattu, à la fois par la captivité qui se prolongeait et par les sombres pensées qu'il ruminait au sujet de sa famille. Il craignait de plus en plus que Jill ne se dérobe à son tour, et que ses ravisseurs, lassés de l'avoir dans les pattes, finissent par le tuer. « Si tu as de la chance, c'est tout ce qu'on te fera », avait dit Mary. Il y avait de quoi être inquiet. Isaac ne toucha pas à ses repas suivants, à moitié décidé à cesser de s'alimenter. Plus rien ne lui faisait envie, et il se trouva bientôt plongé dans une sorte d'état second, causé par la fatigue et la baisse d'énergie. L'avantage était que cela lui permettait de ne pas trop réfléchir. L'inconvénient était que ses rêves, lorsqu'il parvenait à dormir, devenaient de plus en plus délirants et angoissants, le laissant fébrile sous sa couverture.
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Mary Kane


MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Mar 17 Nov - 3:01

Le monde de Vaas, s’il l’avait voulu aurait pu être un petit empire. Des mercenaires, on se faisait une image de bêtes sauvages sans foi, ni loi. C’était vrai, personne n’en doutait et on ne pouvait pas nier que parmi les hommes de son père, on en trouvait certain qui se rapprochaient plus de la bête sauvage que de l’homme. Pourtant, parmi eux, certains sortaient de l’ordinaire. Mary en premier ne lieu, n’étais-ce que parce qu’elle n’était pas ce qu’on s’attendait à voir quand on parlait de mercenaire, mais bien d’autre encore à commencer par des gars comme Hoyt qui surprenait par leur intelligence. On dit toujours que l’argent fait le pouvoir, or s’il permet d’assoir son pouvoir, ce n’est pas lui qui le fait. Une grande partie du pouvoir, c’est l’information, et Vaas tout analphabète qu’il était le savait, et l’avait compris. Derrière cette grande brute se tenait un type qui avait le sens des affaires, et un solide instinct, c’était ça, parmi bien d’autres choses, qui lui avait permis de ne jamais se faire prendre. Aussi, certains de ses hommes étaient subtilement placés ou connectés à des places ou des gens qui leur permettaient de savoir dans quel sens le vent tournait. Bien entendu, ils n’étaient pas partout et des lieux comme l’Intendance étaient trop bien protégés que pour songé à y mettre des hommes, mais partout, même dans les dictatures les plus sanglantes, les bruits de couloirs se font toujours entendre.

Il ne fallut donc pas longtemps aux hommes de Vaas et par extension à Mary pour savoir que le vent tournait peut-être pour Isaac Bedan. Officiellement, la famille du directeur de la radio avait formellement refusé de donner l’argent nécessaire à sa rançon. Si Mary savait qu’ils refusaient de payer, elle n’avait aucune idée en ce qui concernait la raison. Etais-ce parce qu’Isaac avait trop peu de valeur politique à leurs yeux ? Était-il quantité négligeable maintenant que son père, un ancien mangemort, était mort ? Après tout, ils n’avaient fais aucune annonce de sa disparition aux autorités, prétendant simplement qu’il était en vacances. Peut-être étais-ce simplement lié la fierté des sangs purs qui leur dictait de ne pas négocier avec des terroristes ? Elle n’aurait pas su le dire, elle savait simplement que la nouvelle avait abasourdit son prisonnier et elle-même par la même occasion. Elle ne l’avait tout simplement pas vu venir, mais quelle importance, elle avait un plan de secours, plan qu’elle n’eut d’ailleurs même pas besoin de mettre à l’œuvre. Ariana, cette infatigable garce semblait travailler dans son sens, pour une fois. On lui avait appris que la jeune femme se bougeait pour aller voir les différents membres de sa famille à propos d’Isaac. C’était une des travailleuses de la famille Swift qui leur avait appris par l’intermédiaire d’un homme de Vaas qu’elle prenait pour un sorcier qui cherchait à la courtiser. Trop  bavarde, elle n’avait pas pu s’empêcher de raconter le peu de ce qu’elle savait de cette rencontre, c'est-à-dire presque rien, mais ce presque rien servait à Mary.

Comme il ne servait à rien de s’emballer, elle décida de laisser passer quelques jours le temps de prendre la température avant d’envisager d’envoyer une demande à Jill. Mary ne connaissait pas intimement sa meilleure ennemie, pas plus qu’elle-même ne connaissait Mary, mais elle avait tout de même assez bien cerné le caractère de la jeune femme à travers Llew, Way ou encore Jellyka : elle se bougeait rarement pour rien. Or si elle ne semblait pas aimer grand monde, Mary restait persuadé qu’elle aimait Isaac ou au moins ce qu’il représentait en temps que cousin. Elle ne pouvait que l’espérer.


Une journée entière se passa sans qu’elle aille voir son prisonnier. Elle ne l’oubliait pas, elle lui laissait simplement le temps de réfléchir. Le tourmenter physiquement avait peu d’intérêt pour la jeune femme. Frapper et tuer ne lui procuraient rien en l’état, il fallait qu’elle soit dans un état second pour que l’envie vienne et elle-même ne s’en rendait même pas compte. Non, la torture psychologique lui semblait préférable, en particulier quand elle n’avait rien contre son ancien camarade. Et puis, quelle victoire si elle parvenait ne serais-ce qu’à ébranler les croyances et opinions du jeune homme. Il fallait admettre que sa famille lui simplifiait le travail.

« Il n’a pas voulu manger, lui apprit-on lorsqu’elle descendit vers la cave.
Vous avez essayé de le forcer ?
Ouai, on a bien essayé de le gaver, mais ça passe pas, j’suis pas infirmière moi bordel. 
Pas grave, il mangera. »

Elle ouvrit la porte et jeta un œil à son prisonnier qui semblait léthargique.

« Je reviens. »

Elle remonta les escaliers jusqu’à la cuisine où elle prit une bassine qu’elle remplit d’eau avec un essuies. Elle redescendit les escaliers et congédia le type qui gardait la porte :

« Les gars m’ont dit qu’ils avaient apporté à bouffer, vas-y avant qu’il ne reste plus rien. »

Façon subtile de dire « dégage ».

Isaac, s’il était conscient de son arrivée dans la pièce ne fit aucun signe pour le montrer. Elle posa la bassine à terre et laissa tomber l’essuie dedans. Dans un coin, il y avait le repas que le prisonnier avait refusé d’ingurgité, ainsi que la couverture qui avait glissé et que personne n’avait jugé bon de remettre sur le prisonnier. Elle s’approcha de lui sans faire attention à sa nudité, et repris la couverture, dont elle l’enveloppa avant de détacher les liens de ses mains.

« Isaac, il faut que tu manges. Ca ne sert à rien de ne pas t’alimenter. Je t’ai dis que tu allais t’en sortir. Je sais bien que tu n’as pas de raison de me croire, mais c’est dans mon intérêt comme dans le tiens. »

Douce et raisonnable Mary. La violence n’avait pas marché, c’était le moment d’essayer autre chose. Au moins semblait-il conscient de sa présence puisqu’il l’entendait. Elle n’eut pas l’occasion de voir si la douceur marchait mieux que la méthode précédente. Alors qu’elle avait l’impression qu’Isaac allait réagir, la porte s’ouvrit en volée et Jack entra à la surprise de Mary. Sans se soucier d’Isaac, il s’avança vers elle un papier à la main.

« On m’a dit que je te trouverais ici.
Qu’est-ce que tu fais ici ? 
Je devais pas venir, mais il s’est passé un truc de bizarre. »

Il semblait presque embarrasser ce qui ne lui ressemblait pas. Sa présence était d’ailleurs anormale, mais qu’est-ce qui n’avait pas tourné bizarrement dans cette mission après tout. Elle vit le regard de Jack se poser sur Isaac qu’il reconnaissait puisqu’ils s’étaient côtoyés à Poudlard et hésita encore une fois :

« Bon, pourquoi tu es là ? Surement pas pour le plaisir de me voir. 
Ecoute, tu vas pas aimer, mais .. Llew s’est cassé.
Pardon ?

Ben il s’est barré quoi, il t’a laissé une lettre, désolé je l’ai lue.»
 
Jack continuait de parler, elle l’entendait, mais tout lui semblait un peu flou, comme si elle n’arrivait pas réellement à digérer l’information. C’était probablement le cas. Fébrile, elle tendit la main sans un mot, exigeant la lettre. Celle-ci avait déjà été lue, et elle contenait peu d’information. En somme, celle-ci était courte. Il lui expliquait qu’il ne supportait pas leur vie actuelle, qu’elle avait changé et que même s’il avait promis qu’ils resteraient toujours ensemble, il ne pouvait pas dans les conditions actuelles. Il l’aimait toujours disait-il, mais ne pouvait pas rester. Si jamais un jour elle comprenait que ce dans quoi elle était embarquée était mal, elle pouvait toujours le rejoindre, il lui suffirait de contacter Limonkov.
Elle avait lu la lettre à voix haute sans se soucier du public, entre deux ricanements et rires incrédules.

« Vraiment, il m’aime toujours, assena-t-elle d’une voix sèche. Grand bien lui fasse. Qu’il aille retrouver son connard de frère et qu’il y reste. C’est bien le seul qui veuille de lui. »

La fureur commençait à monter. La tristesse viendrait après. Mary se mettait rarement en colère, et pourtant la lettre la mettait hors d’elle. Elle se tourna vers Jack, ses yeux lançant des éclairs.

« Et toi, tu foutais quoi, tu l’as laissé partir ?
Oh tout doux ma jolie, je suis ton pote, pas ton chien. »

Elle haussa les épaules, il n’avait pas tord, mais elle n’était pas en état de s’excuser.

Elle relut encore une fois la lettre. La colère affluant encore plus fort.

« Et après tout, qui voudrait de lui à part Limonkov ? Certainement pas Wayland, il doit être content d’être débarrassé de ce frère honteux. Sans moi, sans Vaas, il serait mort, tué comme un chien comme ses parents et son frère. »

Elle se tourna vers Isaac, et par pure méchanceté ajouta :

« Personne ne t’a jamais parlé de ce secret bien gardé ? Les Mulciber et leur célèbre honnêteté, pas si honnête que ça, et les Witcher suivent. Il faudra que tu penses à interroger Jill la dessus. »

Elle avait mal, elle se sentit trahie et elle voulait que les autres se sentent autant trahi qu’elle. Elle jeta la lettre au feu dans un geste rageur et sortit son pistolet, avec une précision qu’elle n’avait pas il y a quelques mois, elle tira sur la cheminée en un même point, avant de siffler :

« Je veux sa tête pour pouvoir lui foutre un peu de plomb dedans. Dis à tout le monde qu’elle est mise à prix. Je le veux vivant. Sans blessure majeure, personne n’y touchera sauf moi. Leur prix sera le mien, mais je le veux à mes pieds. Il peut bien être parti avec ces imbéciles de la résistance, mais pas même Limonkov ne le protégera.
Et Vaas ?
Laisse-moi m’occuper de mon père, soit il n’en aura rien à foutre qu’il se soit fait la male, soit il proposera encore plus que moi pour avoir sa tête. Dans les deux cas, elle est à moi. »

Elle lui fit signe de sortir, ce qu’il fit. Elle referma la porte avant et se laissa glisser à terre, les genoux repliés contre sa poitrine sans plus faire attention à Isaac. La rage était toujours là, mais elle sentait d’autres émotions la submerger. Mary n’avait jamais été bonne pour s’apitoyer sur elle-même. Elle était le genre de fille à aller de l’avant sans s’appesantir sur le passé, mais en l’occurrence, elle ne pouvait pas s’empêcher de faire une entorse à la règle. Encore une fois, elle était abandonnée. Est-ce que c’était son destin ? Elle avait toujours cru que son père, un méprisable moldu, l’avait abandonné à la naissance pour finalement apprendre qu’elle n’était pas de lui. Elle s’était sentie délaissée par sa mère, sa sœur, sa famille. Wayland l’avait abandonné face à Ariana. La justice c’était mise du côté du plus fort, laissant des crimes impunis. A présent c’était au tour de Llew de la laisser. Elle savait lire entre les lignes. Leurs chemins s’étaient séparés au moment même où ils avaient quitté Poudlard, mais elle ne l’avait vu que trop tard, niant l’évidence par la suite. Le monde de Vaas semblait presque naturel pour Mary. Elle acceptait ses règles en faisant taire ses scrupules avec une facilité parfois déconcertante. Llew était tourmenté depuis le meurtre qu’ils avaient commis dans le Suffolk, les choses étaient allée en se dégradant tandis qu’elle embrassait le monde des mercenaires et que lui s’en distanciait. Son départ n’avait rien d’étonnant, mais le fait qu’il ait choisit de le faire lâchement, à un moment où elle était absente rendait la déception plus cruelle encore. Elle ne pouvait pas s’empêcher de penser au bon moment passé ensemble, les premières expériences, la compréhension mutuelle qui s’était établie entre eux, et puis ce qu’elle avait subis à cause de lui, et encore une fois la blessure se faisait plus vive. Le sentiment d’abandon lui donnait envie de pleurer, mais elle n’avait jamais été le genre de personne qui pleurait, pas plus qu’elle n’était du genre à rester inactive.

Elle se releva. Isaac aurait très pu lui avoir parlé pendant se laps de temps qu’elle ne l’aurait pas entendu. Elle se sentait lasse, elle le regarda avec une compassion non feinte et dit :

« Tu crois que c’est notre destin d’être abandonné ? »


Parce qu’à présent, il ne lui restait plus rien ni personne en dehors de Vaas et de ce groupe de mercenaire. Et au fond, elle avait peur qu’un jour, lui aussi l’abandonne.

« C’est marrant tu sais, ta famille n’a pas laissé tomber Ariana quand elle est tombée en disgrâce. Après tout, elle est quand-même allée à Azkaban. Si ce n’est pas déshonorant, je ne sais pas ce qu’il faut, mais non, les familles se sont tenues derrière elle. Mieux, on a oublié son bref passé criminel pour lui donner un poste au gouvernement. Est-ce que j’ai abandonné Llew quand il est devenu un paria ? Non, je suis restée, j’ai supporté les conséquences de ses conneries. Après tout, ce n’est pas lui qui a été torturé à mort dans un des cachots du château. »

Elle haussa les épaules, et se pencha pour prendre le plateau qu’elle plaça sur les genoux d’Isaac.

« Mange, tu ne gagnes rien en faisant la grève de la fin. Si des connards comme Llew peuvent s’en sortir, il n’y a pas de raison pour que tu ne survives pas.  La différence c’est que Llew je veux sa tête, toi pas. »

Et c’était une différence fondamentale. Qui eut cru qu’un jour Isaac passerait au dessus de son cousin dans les bonnes grâces de Mary. Elle lui détacha les pieds et chauffa l’eau d’un coup de baguette avant de dire :

« Lave-toi, on est plus à ça près, ce n’est rien que je n’ai pas déjà vu après tout. »

Quand ce fut fait, elle le rattacha et sortit. Un jour passa sans qu’elle aille le voir, mais la colère ne l’avait toujours pas quitté, et quand elle reçut le mot que la rançon allait être payée, elle n’esquissa même pas un sourire. Elle descendit lentement les escaliers qui menait à la cave et entra seule dans la pièce avant de refermer la porte derrière elle.

« Bonne nouvelle pour toi Isaac. »

Elle n’avait même pas envie de feindre leur ancienne inimitée :

«Apparemment, quelqu’un  à jugé que ça valait la peine de se bouger pour toi. Ta rançon va nous être versée. Tu vas pouvoir retourner chez toi. »

L’ombre d’un sourire pointa sur son visage quand elle ajouta :

« C’est dommage, comme tu avais l’air d’apprécier notre hospitalité et que personne ne semblait te réclamer, j’allais te proposer de prendre la place que ton cousin a été assez con pour quitter, mais je suppose que tu vas devoir nous laisser. »
 


Spoiler:
 
 

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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Jeu 26 Nov - 22:01

Sept cent soixante-huit... sept cent soixante-neuf... sept cent soixante-dix... Le bruit de la serrure interrompit Isaac dans son compte. Depuis un moment, l'esprit passablement embrumé, il s'était mis à aligner les chiffres, en silence. Que comptait-il ? Les battements de son cœur, au départ. Et puis cela l'avait angoissé, comme si son cœur n'attendait que le millième battement pour s'arrêter, tout d'un coup. Il avait perdu le fil, puis, machinalement, s'était remis à compter, en maudissant son cerveau qui refusait, même épuisé, de cesser de fonctionner. Pourquoi ne pouvait-on pas s'empêcher de penser, comme on parvenait à retenir sa respiration durant quelques instants ? Pourquoi ce besoin de formuler des choses, même aussi vaines qu'une succession de chiffres sans but ? Le jeune Bedan avait cessé de s'alimenter – pas par défi, mais par dégoût ; toute nourriture lui soulevait le cœur. Peu à peu, une faiblesse s'était emparée de lui, corps, puis esprit. La pensée demeurait le dernier bastion. Et puis cette forteresse-là aussi avait cédé, et il n'avait plus été capable de réfléchir comme il l'avait fait dans les premiers jours. Cela n'avait pas été plus reposant pour autant ; dans son état de demi-conscience, il s'était rendu compte de la frénésie de l'esprit, qui voulait continuer à penser même s'il n'y parvenait plus. Il avait meublé le putain de silence de la cave en se récitant mentalement des poèmes. Puis l'alphabet. Puis des formules magiques. Puis en comptant, dans sa tête toujours, sans un bruit, le regard torve posé sur un point du sol à deux mètres devant lui.

-Allez, mec, à table !

L'un des geôliers venait d'entrer à sept cent soixante-dix, portant un plateau chargé d'un repas. Isaac eut envie de vomir rien qu'en sentant la faible odeur qui s'en échappait. Le type referma soigneusement la porte avant de détacher le prisonnier. Celui-ci se leva pour uriner, la démarche incertaine après plusieurs jours le cul sur cette chaise, puis se rassit, sans accorder un regard à la nourriture. Tout son corps protesta en retrouvant le bois de la chaise. Il avait l'impression d'avoir pris la forme du siège, et il se demanda vaguement s'il la garderait.

-Eh, faut manger, mec... Sinon y en a une qui va pas être contente...

Le bandit essaya de le raisonner, puis le rattacha et s'efforça de le nourrir de force. Isaac n'avait pas la force de résister, mais il refusa d'avaler la bouchée qu'on l'avait forcé à prendre, et l'autre finit par abandonner en lançant :

-Après tout, si t'as envie de crever, c'est ton problème !

Le type s'en alla, sans remettre la couverture sur le corps toujours nu du prisonnier. La litanie reprit bientôt. Un, deux, trois, quatre... un moment de sommeil... cent-douze, cent-treize... La porte, encore. C'était Kane. Elle aussi essaya de le raisonner, mais il secoua la tête en murmurant :

-J'ai pas faim. Et puis votre bouffe, elle est dégueulasse.

Avant que Mary ait pu répondre, un autre type entra, un jeune dont le visage était vaguement familier à Isaac ; il portait une lettre, et une mauvaise nouvelle. Le prisonnier entendait tout, mais son esprit ralenti mettait du temps à traiter les informations. Il réussit à grappiller quelques éléments de la conversation ; Llewelyn, ce connard de Llewelyn, s'était fait la malle, en laissant Mary furieuse et désemparée. Stupéfait, Isaac l'entendit parler de Wayland comme de son frère, et estima qu'il s'agissait d'une erreur due à l'émotion, jusqu'à ce que Mary, sur un ton haineux, lui conseille d'en parler à Jill. Il ne répondit pas, essayant de comprendre ce qu'elle sous-entendait. Il y eut un long moment de silence, qu'il employa à reprendre son compte, l'esprit décidément trop confus pour réfléchir réellement, puis la voix de Mary s'éleva à nouveau. Tiens, elle était encore là. Somnolant à demi, Isaac avait fini par oublier sa présence. Elle lui demanda si c'était leur destin d'être abandonnés, et il se contenta de hausser les épaules. Je m'en fous. Je ne suis déjà plus là. Pourquoi je me poserais des questions ? Et pourquoi je mangerais, aussi ? Elle insistait. Il refusa net :


-Je fais pas la grève de la faim. Je peux pas, tu comprends la différence ?

Il prit seulement, d'assez mauvaise grâce, un verre de jus d'orange tiédasse qu'on avait ajouté au plateau. En revanche, il accepta de se laver. Il lui semblait sentir encore le sexe de l'autre tordu sur ses joues, qu'il frotta avec application comme pour les purifier de ce contact. Sa barbe avait poussé, mais il n'était pas question de se raser. Il lava plus sommairement le reste de son corps, pas très intéressé par une toilette complète (à quoi bon?) puis regagna de lui-même la chaise sur laquelle il avait l'impression de se fossiliser peu à peu.

Et le compte recommença, jusqu'à l’écœurement. De brèves périodes de sommeil venaient l'entrecouper, puis il reprenait, sans grande cohérence. Putain, je meurs quand ? Ça s'éternise, ce bordel. Isaac pleura un peu, sans sanglots, sans véritable tristesse. Ce n'était même plus le désespoir, c'était quelque chose de pire : la résignation. Des mois que je suis là et tout le monde s'en fout. Je vais y crever, et tout le monde continuera de s'en foutre. J'aimerais juste que ça aille vite, maintenant. Au début, je voulais bien jouer le jeu, mais là, je ne peux plus.

On lui parlait. Il lui fallut un peu de temps pour retrouver ses facultés, rouvrir les yeux, et comprendre que c'était Mary qui lui souriait. Bonne nouvelle, disait-elle. La rançon allait être payée. Il resta sans réaction quelques instants puis, tout d'un coup, sans raison, il éclata en sanglots, tremblant de tout son corps et essayant de parler sans parvenir à former la moindre phrase cohérente.
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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac Jeu 31 Déc - 14:18

Quand elle était plus jeune, Mary et Eleonore avaient été envoyées chez le Psychomage. Eleonore avait rapidement arrêté d’y aller, mais Mary, elle avait du subir plusieurs années de séance. A vrai dire, elle avait presque oublié ces séances tant ça lui semblait anodin. Après tout, qu’y avait-il d’étrange à ce que deux petites filles aient été envoyées chez le Psychomage. Rien. Elle n’avait pas l’impression d’y avoir fais quelque chose de particulier. Des jeux à base de magie, des dessins, des questions auxquelles y fallait répondre. Mary et Eleonore n’avaient fais que quelques séances ensemble avant que sa jumelle n’en soit dispensées. Déjà enfant, elles étaient bien différentes et Mary avait apprécié ses séances seuls où elle pouvait jouer et où l’attention n’était focalisée que sur elle. Quelques années plus tard, se souvenant de ces séances, elle avait demandé à sa mère pourquoi elle avait du y aller. Sa mère, un peu embarrassée, avait répondu que déjà enfant, elle était très introvertie et qu’elle avait peur qu’elle n’arrive pas à se lier aux autres enfants. Elle lui avait fais suivre des séances dans l’espoir de voir ce qui n’allait pas. Pourquoi n’avait-elle pas continué alors ?

« Parce qu’être introvertie faisait partie de ton caractère, avait répondu sa mère.
La Psychomage ne trouvait pas ça juste de te forcer à être quelqu’un que tu n’es pas et moi non plus. »

Elle l’avait embrassée sur le front avant de lui caresser les cheveux avec tendresse et l’avait laissé à son livre. C’était là toute l’histoire. Celle dont se souvenait Mary en tout cas. En y repensant pourquoi aurait-elle du aller chez le Psychomage parce qu’elle était introvertie. Il lui semblait que quelque chose clochait. Le temps la rendait peut-être soupçonneuse à propos de sa mère, mais elle finissait par se demander si sa mère, sachant que ses filles étaient nées d’un viol n’avait pas peur qu’elles aient hérités de certaine caractéristique du père ? Pourtant Vaas n’était pas encore connu à l’époque et il était loin d’être ce qu’il était aujourd’hui, du moins elle le supposait. Lorsqu’elle était tombée sur le rapport qu’avait fait la mage en charge de son cas à l’époque, elle n’y avait rien vu d’affolant. Bonne mémoire, intelligente, curieuse, attentive, introvertie, timide, discrète, absence de compassion pour autrui. En dehors du dernier point, on ne pouvait pas dire qu’elle avait dressé un profil négatif.

D’ailleurs, tous les traits qu’elle lui avait donnés s’était vérifié au cours du temps. Mary était en effet timide et introvertie. Elle était intelligente mais refusait de s’intéresser à ce qui lui semblait inutile. Elle se plaignait rarement, elle pardonnait facilement, la rancune n’étant pas un trait qui la caractérisait, par contre, elle n’avait en effet que peu de compassion pour autrui. On ne l’avait pas habituée à se plaindre, elle avait toujours pris tous les coups sans moufter, elle avait du mal à comprendre qu’on puisse faire l’inverse. Alors devant Bedan qui pètait un câble, elle s’avérait aussi démunie qu’Ariana avec un gosse en main. Elle ne pouvait pas s’empêcher de le regarder perplexe ne sachant pas exactement quoi faire. Il était probablement soulagé de se savoir bientôt libéré, mais ce n’était pas comme si c’était inattendu. Elle avait promis et elle tenait toujours ses promesses. Elle le laissa pleurer quelques instants puisqu’il ne semblait pas foutu de faire une phrase cohérente. Un peu agacée, elle s’agenouilla pour le prendre dans ses bras en essayant de le réconforter maladroitement.

« C’est bon, pas besoin de pleurer de joie, je sais que t’es content de revoir Jill, mais bon ça devient embarrassant là, on m’a toujours dis que les hommes ne pleuraient pas. »

Tentative de dérision probablement inutile, mais sincèrement, elle se sentait gauche et inutile dans ce genre de cas. Elle se recula, enfonçant ses doigts dans les poches de son sweat. Elle sentait le papier aluminium qui emballait la tablette de chocolat qu’elle avait toujours avec elle. A Poudlard, on ne leur avait jamais donné de formation en médicomagie, néanmoins, tous les sorciers savaient qu’il n’y avait rien de mieux qu’un peu de chocolat quand on était un état de choc. Elle sortit la tablette et coupa un carré de chocolat, du noir profond de première qualité qu’elle faisait importer de Belgique ou de Suisse selon ses envies. Elle le fourra avec autorité dans la bouche d’Isaac avec un seul mot d’ordre.

« Mange. »

Avec un soupir, elle se laissa tomber à terre et agita sa baguette pour détacher les cordes qui maintenait habituellement Isaac. Alors on disait quoi maintenant ?

« Bon ben écoute, c’est fini, désolé si c’était un peu brouillon, mais c’était mon premier kidnapping tu sais. »

Hem, non. Ca ne passerait pas, il valait mieux ne rien dire. En arrivant, elle avait apporté un tas de vêtements avec elle, ceux d’Isaac le jour où il avait disparus.


« Habille-toi, on te transfère demain. »


Elle resta silencieuse un long moment, l’ignorant un peu. Maintenant qu’ils étaient proches de la fin, elle regrettait son départ. Maintenant que Llew l’avait abandonnée, elle ressentait un sentiment de solitude qu’elle n’avait jamais ressentis encore. Elle était en colère et elle ne pardonnerait pas, mais elle se sentait surtout triste et trahie. Isaac ne devait ressentir que du soulagement à l’idée de retrouver sa famille et ses amis, il partirait sans regret et elle le comprenait aisément, mais elle, se rendait-elle compte, c’était une partie de son passé qui partait avec lui. Tout ce qui la rattachait à sa vie d’avant. Elle n’avait jamais été du genre nostalgique ou à s’accrocher au passé, mais la coupure ne se faisait pas sans douleur cette fois-ci. Elle se leva, et voulu commencer une phrase :

« Isaac … Non rien, laisse tomber. »

Sans prendre la peine de l’attacher cette fois-ci, elle tourna les talons avant de sortir de la pièce.
Le lendemain, elle était présente lorsque les gars chargés de l’emmener arrivèrent :

« Bon tu n’es pas stupide. Je suppose que ce n’est pas la peine de te dire d’être sage pendant qu’on t’emmène. Ils vont te bander les yeux, te bâillonner et te boucher les oreilles, ça va durer un moment, mais pas de soucis à avoir, on ne va pas te tuer. »

Elle s’avança avec de quoi le ligoter et le rendre momentanément aveugle et sourd. Avant de lui mettre les bouchons dans les oreilles, elle lui chuchota :

« Pense à ce dont on a parlé, et contacte Lucille au xxx si jamais. »

Elle lui avait donné le nom d’un bar à York qu’elle fréquentait et dont le patron connaissait bien Vaas. Elle s’était fait connaître sous le nom de Lucille et prenait les contrats qu’on lui proposait. Rien de bien gros, mais c’était un bon début pour se faire une réputation dans le milieu. Si Isaac voulait la contacter, c’était un moyen comme un autre. Une fois qu’elle eut finit, elle laissa les gars chargé d’évacuer Isaac l’embarquer, tandis qu’elle-même commençait avec le reste de l’équipe sur place à éliminer toute trace de leur passage. La vie continuait et elle n’avait pas de temps à perdre à s’apitoyer sur elle-même.

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MessageSujet: Re: La vengeance se mange aussi en salade || Isaac

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La vengeance se mange aussi en salade || Isaac

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