POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Soigner le futur || PV R. Alexïeva

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Eris L. Valverde


MessageSujet: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Jeu 29 Oct - 20:11

Soigner le futur
Ruth Alexïeva - Eris L. Valverde


Plusieurs jours étaient désormais passés.
Eris Valverde avait petit à petit redécouvert l'existence, notamment grâce à des promenades dans les bois qui n'avaient guère de fin. Seulement Mangemort, il n'occupait désormais plus aucune fonction gouvernementale ; et ce, depuis désormais un an. Un état qu'il n'avait pas connu depuis 2004, où il avait été mis à l'abris. Chose cependant pas tout à fait exacte, puisqu'il avait continué à suivre les affaires du Département de l'Ordre Nouveau, dont il avait retrouvé très rapidement la direction.
En un an, seulement, peu de choses avaient changé du point de vue politique. Le presque échec de Glasgow s'entendait partout. La Gazette ne semblait être tenue que sur un fil, d'après les lectures qu'en faisait le Mangemort Politicien. En une semaine, il avait demandé à avoir l'entièreté des Gazettes du Sorcier qu'il n'avait pu lire. Une manière pour lui de voir ce qui avait bien pu se passer durant son absence. Mais surtout un moyen d'observer l'actuel état de l'Education du Peuple.
Depuis un an, le Département n'était pas dirigé. L'unique Département de l'Intendance non dirigé. Voldemort n'avait pas encore fait appel à lui, bien qu'il fallait se douter que le vieil homme lui rendrait rapidement visite. La propagande puriste semblait donc être dans les mains de tout le monde, et de personne. Crow n'était guère célèbre pour ses talents de manipulateur de masse, et Witcher ne faisait désormais plus que figure de dirigeant constant, mais calme. Autrement dit, Valverde n'avait pas remarqué un quelconque mouvement politique durant une année. Presque rien n'avait bougé. Comme si le temps en demeurait figé.

Les choses ne devaient pas en être de même sur le terrain.
Un jour, Tryan avait dit que le vieux Mangemort était sûrement le seul à se soucier du peuple. C'était à la fois faux, et vrai. Valverde se sentait bien au-dessus de cette masse, mais sans aucune condescendance. C'en était ainsi. Il était coupé d'une certaine réalité, lui qui avait lu trop de livres et qui avait dirigé bien trop d'esprits pour se confronter à la vie quotidienne des gens. D'autres tels que Mulciber ou Witcher semblaient bien plus proches de cette masse, de cette foule, dans laquelle ils évoluaient incognito pour mieux y installer leur pouvoir. C'était un leurre, car aucun Mangemort n'était proche des autres Sorciers. Leur essence même les différenciait du commun. Ils côtoyaient l'Immortalité en personne, tenait entre leurs mains les institutions politiques, la sécurité, la propagande, la justice et la peur. Le Parti Puriste avait été supprimé, car au final, les Mangemorts avaient fini par signifier cette excellence même de l'Etat. Ils étaient l'Autorité, craints car ils possédaient la Marque.
Les plus vieux d'entre-eux étaient sûrement les plus respectés, sans aucune faille. Mulciber, Lestrange, Valverde, Avery et tant d'autres, ceux qui avaient marqué la Première Guerre, ceux qui avaient leurs armes dans la clandestinité. D'eux, on craignait l'ombre, la témérité, l'obéissance absolue. Ils avaient tué secrètement, manipulé, inspiré une terreur dans un temps où le Bourbisme régnait. Et ils étaient encore là. Leur nom même représentait quelque chose. Une certitude. Ils étaient entrés dans l'Histoire, qu'ils aient ou non cherché à le faire.
Les plus jeunes, eux, s'étaient magistralement montrés obéissants. Ils étaient nés sous le Purisme, ou presque. Craints, ils l'étaient. Mais ils déployaient autour d'eux une admiration et une envie. Aucune guerre telle que la Première n'aurait à nouveau lieu. Voldemort était là, bien installé au sommet du pouvoir. Personne ne pourrait un jour prétendre avoir la carrure des premiers Mangemorts. Mais d'autres, tels que Crow, Alexïeva ou Eccleston faisaient partie d'une nouvelle génération qu'on voulait imiter. Si les plus anciens Mangemorts faisaient partie de l'Histoire, les plus jeunes, eux, formaient dores et déjà le futur.

La Bataille de Glasgow avait été étouffée, d'après les mouchards payés par Valverde.
Voldemort avait réussi à instaurer le non-temps, le présent éternel. On ne se questionnait pas sur hier ni sur demain. Les mauvais événements avaient été supprimés, notamment récemment grâce au Département de l'Education du Peuple qui s'affairait à détruire toutes les archives de mauvais événements. Le Bourbisme était l'Ennemi. Il prenait toutes les formes. Celui du Diable, celui du mauvais ami, du traître. Qu'importait. D'une idéologie passée, il était arrivé au stade d'incarnation du malheur. Et non du Mal. On avait oublié l'idée, la croyance en quelque chose. Car qui croit en une idée peut encore croire en une autre. On avait ainsi banalisé le quotidien, réduit les Sorciers à travailler et à penser à leur bonheur éphémère et vain. Leur petite famille, leur petit salaire, leur petite santé. C'est tout ce qui importait.
Voldemort était devenu une coutume. Comme on savait la Sorcellerie vraie, on le disait éternel, immortel. Il était le fils de la Sorcellerie, son incarnation sur Terre. De la terreur possiblement changeante en révoltante, on était passé à l'habitude et au respect durable. Une chose qui s'était ainsi installée sur dix années de pouvoir. On dénonçait comme on faisait les courses, on voyait disparaître un voisin comme on constatait la disparition du soleil un jour de pluie. Mais rien de plus. On ne s'alarmait plus. Simplement parce qu'on ne pensait plus. On exécutait, et on acceptait un ordre sociétal bien ancré.
Les sorciers étaient passés de la peur de mourir à la peur d'avoir froid. Si leur foyer était bien tenu, ils étaient contents. Leur quotidien n'était pas renversé. L'habitude était devenue leur bonheur. Et la révolte, ou la résistance, représentait tout ce en quoi ils pouvaient avoir peur: le changement.

Le cours des choses allait bien autrement, à Gaydon. Comme partout où un Mangemort vivait, ou dirigeait. Ils étaient seuls, certes puissants, mais bien différents. Un immense fossé s'était creusé entre eux et le reste du peuple. Chaque Mangemort avait son univers, son propre empire, sa propre sécurité. Mais ils n'en étaient pas moins des pions que Voldemort maniait habilement et très silencieusement. Et ce, depuis presque quarante ans.
Demeurer dans l'intimité du Mangemort Politicien, c'était accepter la retraite, le froid, le calme, l'austérité sereine. Encerclé par le nature, le Manoir Valverde n'était rien face à l'immensité des arbres. On ne pouvait s'y croire prétentieux, au-dessus de tout même de la Mort. La condition humaine n'y était guère rabaissée. Seulement rappelée à l'ordre. L'homme est mortel, et Valverde le savait désormais bien.

Valverde avait gardé une stature froide, insensible, comme on le lui connaissait. Mais son visage demeurait marqué par la vieillesse. Il avait désormais atteint ses soixante-dix ans, mais en faisait vingt de plus d'un point de vue sorcier. Si la vie et l'ambition d'un monde purifié enflammait toujours son regard de glace, son visage marquait d'autant plus la monstruosité du personnage.
Ses cheveux étaient blancs, tombés jusqu'aux épaules. Le vieil homme marchait désormais plus lentement qu'avant, sans avoir perdu de son charisme. Aidé de sa canne à pommeau, qu'avant il ne sortait que les jours où des batailles l'avaient affaibli ou lorsqu'il devait se rendre sur des terrains dangereux, il continuait à marcher d'un pas calme et froid. On ne lisait pas de faiblesse en le voyant. Il semblait seulement plus froid, plus pétrifié qu'avant. Une statue de glace qui s'avançait, s'étant encore plus durcie et figée dans le temps.
La perte du contrôle des Runes l'avait également marqué. Il savait qu'un jour, elles reviendraient. Mais cela ne serait pas sans efforts. Et d'ici là, il était comme coupé du monde, coupé de la réalité. De fait, sa vieillesse apparente ne dénotait pas l'incapacité, ou la décrépitude. Elle était devenue l'allégorie de son inhumanité, de l'incapacité de son corps à s'ouvrir à la vie. Il paraissait encore plus guidé par l'idéologie, le Purisme et l'unique moyen de l'instaurer durablement: la politique.

L'inactivité physique n'avait fait qu'accroître son activité intellectuelle. Il était devenu plus extrême dans ses idées, plus froid dans le moyen de les accomplir. En somme, laissée un temps de côté, la machine de guerre s'était perfectionnée, devenue sûrement bien plus dangereuse.
Le vieil homme avait compris que ses jours étaient comptés. Raison de plus pour faire le maximum possible pour supprimer le sang Moldu du monde Sorcier. Sa haine n'avait aucunement diminué, tout au contraire. Une haine qui finirait un jour par l'autodétruire, cela ne faisait désormais plus de doute. Et si la certitude d'une mort prochaine avait de quoi faire peur, le manque total d'amour-propre chez le vieux Mangemort ne faisait que rendre plus forte sa détermination à réformer, à régir. Autrement dit, à détruire.
Voldemort s'était toujours servi des talents de Valverde, comme il le faisait avec tous ces Mangemorts. Politicien, il n'avait fait que renforcer l'idéologie Puriste. A l'Ordre Nouveau, il avait réformé la Commission du Sang d'une main de fer, elle qui ne faisait que trop laisser passer de Né-moldus. Avec ses Raffleurs, il avait poursuivi l'Impureté jusqu'au-delà des frontières de l'Intendance. Avec la Commission de Sécurité, il avait mis en place la traque des Traîtres à leur Sang. A Poudlard, il avait mis fin aux guérillas. Le tout en continuant à assurer une propagande qu'il ne tenait désormais plus en main depuis un an. Autrement dit, malgré une remarquable capacité à ne s'attirer que des adversaires en politique, Valverde avait été une arme importante dans les mains de Voldemort. Une arme qui, tant qu'elle serait encore en vie, pourrait servir dans quelques batailles. Notamment et surtout idéologiques et politiques.

La maladie causée par les Dits du Très-Haut, officiellement maladie de sang due à une invocation runique trop dangereuse, avait définitivement disparu. Mais elle avait laissé des traces. Touché, le sang du vieil homme avait fait quelques dégâts dans son corps. Bien que toujours debout, avec une froideur intrinsèque à sa personne qui montrait une incapacité à ressentir quelque chose, son corps avait été touché et il fallait désormais le soigner. Vivant et Mangemort, Valverde était donc encore et toujours au service du Seigneur des Ténèbres. Il fallait donc le guérir entièrement, afin qu'il puisse encore accomplir des missions au nom de Voldemort.
C'est ce pourquoi le vieil homme avait décidé de faire appel à Ruth Alexïeva, avant tout connue pour être une puissante potionniste. Les deux avaient travaillé ensemble lors du siège de Dublin. Encore inconnue, la jeune Mangemort avait aidé dans l'hôpital installé dans le camp Puriste et dirigé par Valverde avant l'assaut final. C'était elle qui en avait pris le commandement lorsque Valverde était à son tour allé sur le front afin de prendre le Ministère Irlandais. Depuis, une certaine relation de confiance s'était instaurée entre les deux. Une loyauté respectueuse, mais non contraignante. Par son mariage, Ruth s'était rapprochée des familles Puristes puissantes ; l'incarnation d'une idéologie Puriste contre laquelle Valverde s'était toujours battu. Mais intelligente, elle avait su soigner des relations, notamment en restant proche politiquement de Brom, de Valverde ou de De Saint-Clair. Depuis deux ans à la tête du Département des Affaires Moldue, poste qu'elle avait obtenu sur la décision du Mangemort Politicien, elle travaillait et marchait droit.

Le vieil homme avait passé sa matinée à répondre à des courriers et à rencontrer quelques personnes. Aussi discret fût-il, le réseau du Mangemort Politicien était complexe et construit depuis qu'il était entré au Ministère dans les années soixante-dix. Un réseau installé donc depuis trente ans, qui lui servait toujours très bien. Un réseau cependant clair, honnête, qui travaillait certes discrètement mais honnêtement. Pas une secte, faite de mouchards ou de mercenaires qu'on payait parfois au risque de sa vie. Des intellectuels, quelques espions, des juristes, des politiciens, des économistes ou des professeurs d'Université formaient un réseau vieux mais solide. La personnalité même de Valverde n'aurait jamais permis des risques comme prenaient Mulciber, ou Witcher.
Alexïeva avait été invitée à se rendre au Manoir Valverde pour le déjeuner. Une manière aussi de concrétiser une rencontre qui marquait une première étape dans le retour politique du Mangemort Politicien.

« Hill, retrouvez Neeson à la Gazette du Sorcier. Je veux savoir ce qu'il s'y passe, et vous me ferez un compte-rendu cet après-midi.
Bien, Monsieur.
Alexïeva vient d'arriver à Gaydon, elle sera là sous peu. Qu'on ne soit dérangés sous aucun prétexte. »

Hill partit sur le champ.
Celui qui avait été son Secrétaire à son arrivée au Département de l'Education du Peuple travaillait dans l'ancien bureau de son père. Un bureau plus petit que celui qu'il possédait lui-même, les appartements de Gaydon étant attribués en fonction des âges et du respect du aux personnes et non à la place dans l'hégémonie familiale. Et puisque Catherine Valverde, la grand-mère, avait passé une grande partie de sa vie aux côtés de son fils, elle avait longtemps disposé des plus importants appartements du Manoir. Et à sa mort, son fils s'était contenté des siens, plus petits. C'est ainsi qu'Eris hérita de ceux de sa grand-mère, lorsqu'il fut entièrement seul à Gaydon.
Hill s'était ainsi installé dans les appartements qu'avait occupés Tryan, lorsqu'il était arrivé en Angleterre et avait vécu à Gaydon. Une manière, peut-être, de montrer que le secrétaire du vieil homme faisait entièrement partie du dispositif de confiance construit autour du Mangemort.

Vêtu d'une longue robe rouge-sang, le vieil homme se tenait debout, à la fenêtre du salon officiel, les mains croisées sur l'arrière, à observer le parc de Gaydon.
C'est pourquoi il vit la Directrice du Département des Affaires Moldues arriver, dégageant plus de charisme qu'elle n'en avait un an auparavant.
La jeune femme, récente épouse de Witcher, entra dans le hall dit "de pierre" du Manoir. Accueilli par un elfe de maison, elle fut conduite dans l'immense salle qui se tenait à la gauche du hall, le salon officiel. Un lieu où avaient déjà posé les pieds Jugson, Menroth, Mulciber ou encore De Saint-Clair. Un haut lieu de rencontres politiques dans les années quarante et cinquante.

Le vieil homme tourna la tête vers Alexïeva, qu'il observa froidement. Puis il lâcha, d'une voix de fer, « Bonjour, Madame. »
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Lun 2 Nov - 17:36

Anchor Hall, la principale résidence de la famille Witcher était dans la famille depuis des siècles, d'après Mike, le château avait été brûlé deux fois au cours des siècles, et il avait été reconstruit au XVIIème. Depuis, la façade majestueuse de l'édifice n'avait pas changé, même si l'intérieur lui avait évolué au fil du temps. Parmi les quatre grandes demeures que possédaient les Witcher, celle-ci était la principale et donc la résidence de Mike et Ruth. Beaucoup de famille sang pur anglaise possédaient ce genre de maison. Elles se transmettaient de père en fils et revenaient au chef de famille tandis que le reste de la famille vivait en général dans des résidences secondaires. C'était la façon dont ils fonctionnaient, ça faisait partie de la tradition et de l'héritage familial en Angleterre. Cette tradition n'était pas aussi forte en Bulgarie, et Ruth avait passé son enfance dans une maison de taille bien plus modeste que celle qu'elle occupait maintenant. De retour en Angleterre, les habitudes et tradition avaient repris leur droit, et sa famille avait réinvestis une de leur fastueuse résidence à la mode anglaise. En général, les sang pur vivaient jusqu'à leur mariage chez leurs parents, leurs maisons étaient assez grand pour que tout le monde puisse y vivre sans avoir à se marcher sur les pieds. Néanmoins, pour diverses raisons, Ruth avait décidé de briser la tradition en se prenant un petit appartement dans Londres sorcier. Ca avait fait jaser la bonne société, mais elle était une jeune femme deux fois en deuil alors et on avait estimé que l'on pouvait passer sur son caprice. A présent qu'elle était devenue ce que certain auraient pu appeler "une respectable matrone sang pur", la mangemorte était reine d'Anchor Hall. Triste reine en réalité, elle trouvait qu'il y avait quelque chose de déprimant dans cette grande demeure vide. Elle n'était que silence, on n'y entendait ni rire d'enfants, ni bruits. Elle y était rarement et Mike encore moins. Pourtant, c'était désormais chez elle, et bientôt - elle l'espérait - les cris et les rires y retentiraient.

Son mari n'était pas un homme compliqué, et il lui avait laissé toute la liberté qu'elle désirait pour rendre Anchor Hall plus accueillant. Un salon, que personne n'utilisait, avait été transformer en un bureau confortable pour elle. Ce fut là qu'elle reçu un courrier des plus étonnant. Hill, le secrétaire particulier d'Eris Valverde lui écrivait pour lui demander son concours. Elle examina la question et consulta son agenda avant de répondre. Le timing était serré, mais il y avait des demandes qui ne se refusait pas. L'état de santé du vieux mangemort s'était brusquement détérioré à peu près un an auparavant après Glasgow, victime d'une maladie dont on savait peu de chose. Tryan avait été très affecté par l'état de santé de son mentor et était parti peu de temps après, elle avait peu de nouvelle de lui si ce n'était une lettre ou deux de temps à autre. Le français disait vouloir se retirer de la politique, mais elle doutait que ça soit permanent. Un homme comme lui ne resterait pas longtemps éloigné de la scène politique. Ils étaient puristes, les vrais puristes ne restaient pas inactifs. En dehors de nouvelles que Tryan lui avait donné, on savait peu de chose de l'état de santé du vieux mangemort politicien si ce n'était que les traitements classiques n'avaient pas fonctionnés. Elle-même, un an plus tôt avait fais savoir à son secrétaire qu'elle était à sa disposition si elle pouvait être de quelque assistance et voilà que ce courrier arrivait de façon tout à fais inattendue.

Ce fut rapidement décidé, elle verrait l'ancien directeur de l'éducation et du peuple dans les trois jours. En attendant, du travail l'attendait. Etant en communication permanente avec l'Intendant, elle l'informa de la missive qu'elle avait reçu et discuta avec lui du projet qu'ils élaboraient depuis maintenant un an. La politique pendant l'absence de vieux mangemort étaient restée stable. Cette année avait été non pas une année de transition, mais une année où on posait beaucoup plus en profondeur le gouvernement désormais commun aux sorciers comme aux moldus. En deux ans, les choses avaient évolué, mais il restait encore beaucoup à faire.
Le plan de Ruth était ambitieux et en réalité, elle le devait à James. Un peu plus d'un an auparavant, ils avaient discuté de la politique moldue européenne, et de la monnaie commune qu'ils avaient établis en 2001. Pour diverses raisons, le Royaume-Uni avait refusé d'entrer dans ce que les moldus appelaient la zone euros et avaient gardé la livre. Aujourd'hui, sorciers et moldus partageaient encore une monnaie différente. Le gallion, la monnaie sorcière internationale était plus forte que la livre, un gallion valant plus ou moins cinq livres. Les opérations de changes étaient fastidieuse, en particulier depuis que les deux mondes étaient mêlés en un et leurs coûts également conséquent. Depuis un an, elle-même et une équipe d'économiste, théoricien et autres spécialistes mettaient sur place une transition. Dans quelques mois, le gallion deviendrait la monnaie officielle de l'Intendance du Royaume-Uni. Une monnaie plus forte pour un pays plus unis, la fin du mouvement erratiques des monnaies dans le pays pour la protection du marché intérieur. Une façon de contrecarrer un peu plus le dollar et l'euro moldu, mais également une manière d'approfondir l'intégration moldue dans la société de l'Intendance, une monnaie, un peuple, un seul pays : l'Intendance. Ruth n'était pas économiste, l'Intendant non plus, mais il lui avait - comme souvent - donner carte blanche avec pour seule exigence : des résultats. Loin de laisser la question au seul sorcier, elle avait associer les moldus au projet. Une des premières tâches de son équipe avait été de trouver les économistes les plus brillant du pays, les dirigeants de la banque nationale et des les ramener à l'Intendance au côté d'économiste sorcier, ainsi que d'une équipe de Gobelin de Gringott. Un groupe de travail avait été formé, et ils travaillaient d'arrache-pied depuis des mois pour mettre le projet en place dans le plus grand secret. Un de leur avantage était qu'ils n'avaient pas besoin de créer une nouvelle monnaie, mais bien d'adapter une monnaie déjà existante à tout un pays. L'annonce devait être faite dans trois jours, juste avant sa visite à l'ancien Intendant.

Ce n'était qu'un projet parmi tant d'autre. Ruth était active, elle sponsorisait plusieurs jeunes dans son département pour des stages, elle continuait ses recherches scientifiques en secret aux côtés de Paravell, et dessinait des projets de lois tout en régnant en bonne mère de famille sur les moldus. Le peuple anglais était très royaliste, bien plus que les écossais ou les irlandais. Ils avaient vu la mort de la famille royale d'un mauvais oeil, peu importait ce que les médias avaient pu dire sur eux pour les discréditer. Ils avaient besoin de figure à aimer comme ils avaient aimés la Reine Elisabeth II, le prince William ou encore le prince Harry. Ruth, James, Mike, et d'autres mangemorts plus jeune remplissaient parfaitement ce rôle. Ils étaient jeune beaux, accessibles. Ruth en particulier se voulait "proche" du peuple. Elle n'hésitait pas à répondre au interview, apparaître à la TV, etc. Ses apparitions publiques étaient toujours extrêmement étudiée et elle donnait au peuple ce qu'ils désiraient tant avoir : une figure de confiance à aimer. En échange, on commentait sa vie privée, spéculait sur sa grossesse, c'était le jeu, et elle faisait semblant de laisser faire au nom de la démocratie alors que le tout était contrôler par ses propres organes de censure. On lui avait une fois demandé si elle était habituée à une telle célébrité quand le secret magique n'était pas encore brisé. Elle avait modestement répondu avec un sourire, que si elle était connue de part sa famille, elle n'avait jamais connu un tel intérêt de la part des gens. Le présentateur lui avait demandé si ça la gênait et elle avait répondu ce qu'on attendait d'elle. Elle espérait que le peuple de l'Intendance aurait la bonté de respecter sa vie intime autant qu'ils le pouvaient, mais elle savait qu'en tant que personnage public, ils étaient en droit d'avoir un certain regard sur celle-ci. Chacune de ses actions étaient calculées, et chaque projet de lois correspondait à un besoin bien précis. L'absence de l'ancien Intendant aux départements de l'éducation et du peuple avait laissé la propagande vacante. Elle avait repris la propagande moldue quand Paravell s'était principalement occupée de la sorcière. Ruth ne supprimait officiellement aucune liberté, et quand elle le faisait, elle s'arrangeait pour que le besoin s'en fasse ressentir et qu'une demande émane des autorités moldues. Elle préférait être la main invisible, la domination d'un peuple sur un autre était une opération délicate qui demandait de la subtilité.

Lorsque la conférence sur l'annonce du changement de monnaie prit fin, Ruth laissa son équipe et se dirigea vers la voiture qui l'attendait. A sept mois de grossesse, les médicomages lui avaient interdit le transplanage sauf en cas de nécessité. Elle en était donc réduite au déplacement par poudre de cheminette ou dans sa voiture de fonction. Accompagnée par ses deux baguettes d'élite, elle s'engouffra dans la voiture spacieuse. On arrêta la voiture à l'extrémité du domaine Valverde, et les sorciers qui l'accompagnait restèrent près de la voiture. Si son image exigeaient qu'elle soit accompagné par des gardes du corps partout, elle détestait l'idée de les avoir avec elle en particulier quand elle rencontrait un de ses collègues. S'eut été une insulte pour le vieux mangemort que de venir accompagné dans sa demeure. Elle marcha jusqu'à l'entrée avec une vigueur qui pouvait étonner pour une femme dans son état. Elle fut accueillie dans le Hall par un elfe à qui elle tendit sa cape révélant une robe de sorcière sobre, mais élégante qui n'arrivait plus à cacher son ventre proéminant. Elle prit ensuite à gauche et fut conduite dans une immense salle qui devait être un salon de réception. Dans ce celui-ci, se tenait, immuable, celui qui avait tant vu et tant fait pour le purisme : Eris Valverde.

Ne sachant pas à quoi s'attendre, elle fut heureuse de voir que la maladie ne semblait pas avoir diminué le vieux mangemort. Certes, il semblait âgé, mais à ses yeux, Valverde avait toujours semblé âgé. En tant que mangemorte, s'il y avait quelque chose qu'elle avait appris, c'était qu'il ne fallait pas juger les gens à leur apparence, et des mangemorts comme Brom ou Valverde avaient une puissance que beaucoup d'entre eux souhaitait atteindre un jour. Si Brom était une force de la nature, un sorcier que peu surpassait si ce n'était le Seigneur des Ténèbres lui-même, Valverde, lui, était le génie politique personnifier, et Ruth n'oubliait pas que c'était lui qui l'avait projeté sur le devant de la scène politique. Il la salua froidement, et c'est avec un sourire qu'elle répondit :

"Monsieur Valverde, c'est un plaisir de vous voir, vous êtes plus en forme que les dernières nouvelles ne le laissaient entendre."

Il y eut un silence, mais il n'avait rien d'embarrassant, pas pour elle du moins. Cela dit, n'étant pas de nature à tourner autour du pot, elle demanda :

"Votre secrétaire m'a fait savoir que vous demandiez mon assistance, je suis donc à votre disposition, en quoi puis-je être utile ?"

Mulciber, Witcher, peu importait le nom de famille qu'on accrochait après son nom, en toute circonstance, Ruth restait Ruth.

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MessageSujet: Re: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Sam 7 Nov - 23:15

Ruth Alexïeva avait su habilement prendre la place de Bellatrix Lestrange et de Fréderique LeeRoy. Les deux premières Mangemortes, issues de deux périodes différentes. Elle devait sans-doute s'affairer à ne laisser aucune place à d'autres femmes. Ariana Bedan laissait de l'espoir, mais elle était encore trop inhabile en politique et jeune dans son travail. AlexÏeva avait su surprendre, car personne ne s'attendait à elle. Propulsée en quelques mois seulement, elle était désormais une image rassurante. La part de séduction de ce régime tyrannique et meurtrier. L'incarnation même de la banalisation du mal. C'en était à croire que le peuple avait besoin de cette figure. Celle d'une femme femme forte, jeune et dirigeante. Le modèle des ménagères, la bonne Puriste, la bonne travailleuse. Il ne fallait pas faire comme elle. Il fallait tenir son foyer. Mais elle était une femme "qui en avait". Elle se débrouillait toute seule. Autrement dit, elle avait de quoi provoquer l'admiration de tous. Elle ne se laissait pas faire, mais marchait droit, une forme d'exemple même pour les femmes Puristes. Mais elle n'était dominée par aucun homme, du moins, publiquement - et sûrement officieusement, ce qui surprenait la gente masculine et allait même jusqu'à la mettre en émoi. Autrement dit, elle tenait toute la population entre ses mains - ou ses jambes.
Beaucoup, dans les couloirs du Ministère ou de Buckingham la pensaient éphémère, sur le point de disparaître. Un mouvement de mode. Mais ils se trompaient. Petit à petit, elle s'était faite une place. Une place que personne d'autre ne pourrait prendre. Elle était la figure de la Sorcière dédiabolisée aux yeux des Moldus. Personne d'autre ne pourrait prendre sa place. A la différence des bruits de couloirs, elle durerait. Car elle avait compris dans quelle cour elle jouait, et quelles étaient les règles qui s'y imposaient.

Valverde n'avait pas été un mauvais Intendant. Sous sa gouvernance, on était passé d'un Département à cinq. L'harmonisation politique entre les Ministères s'était faite. Et le vieil homme avait lancé la politique de l'après bris du Secret Magique. Mais trop avait été en jeu. Il fallait aimer le pouvoir pour l'y exercer si haut. Il fallait aimer être au-dessus de tout, et même parfois du Purisme et des principes pour garder un tel poste. Valverde n'était pas resté longtemps notamment parce qu'il n'y aurait jamais trouvé sa place.
Certains le craignaient pour ce qu'il savait des rouages de la politique. C'était en lui quelque chose d'instinctif. Il avait grandi avec la politique comme d'autres enfants grandissent avec une peluche. Il avait pris conscience des multiples formes qu'elle pouvait prendre, mais aussi et surtout de sa structure permanente. Et si depuis bientôt cinq ans il faisait partie d'un des piliers politiques du Purisme, il y avait derrière lui presque cinquante années de travail. Une expérience que peu avaient, et surtout que peu pouvaient revendiquer. Aussi voyait-il certaines choses venir. Mais son exercice de la science politique l'avait éloigné des autres. Il était trop conscient des choses pour jouer avec. Jouer avec Mulciber, ou Witcher, c'était titiller le meilleur d'eux-mêmes. C'était le petit plus. La politique ne coulait pas dans leur sang. Ils la comprenaient, pouvaient très bien s'en servir, mais pouvaient aussi très bien s'en éloigner. Le Mangemort Politicien, lui, était attaché à la politique comme si sans elle il ne pouvait y avoir une quelconque vie imaginable. C'est en cela qu'il avait représenté un danger, pour l'Intendance. Cette maîtrise des moindres rouages de la politique l'aurait amené à détruire bien des choses, et peut-être des personnes. Et pour l'éviter, il avait préféré démissionner.

Il est certain que le vieux Mangemort avait de quoi être détrôné. Mais personne ne s'y était risqué. Simplement parce qu'il n'avait pas déçu le Seigneur des Ténèbres. Sûrement par instinct politique, mais aussi par logique, Valverde avait toujours répondu de ses actes. Il était missionné par le Seigneur des Ténèbres. Longtemps Mangemort de l'ombre, il n'avait fait aucune vague. Il avait infiltré le Ministère comme il se doit, réalisé plusieurs missions, secrètes ou officielles, et il était toujours là. Il était comme un représentant du Seigneur des Ténèbres. Une statue. Qu'on savait là parce que c'était le désir de Voldemort, et rien d'autre. Le toucher, c'était s'en prendre au Mage Noir. Seul lui avait le droit de le punir. Et il le savait.
L'ère qui avait succédé à Drago Malfoy au Ministère avait vu naître des dirigeants politiques obligés de répondre à Voldemort. Un Ministre absent, des membres du gouvernement chargés à la fois de tenir le Ministère et de surveiller Malfoy, il y avait là autant de raison expliquant le statut de Valverde. Si certains ne tenaient leur nomination que d'un dirigeant, Valverde était arrivé aux affaires publiques sur la seule volonté de Voldemort. Cela lui avait assuré une protection importante, surtout sous Mulciber. Valverde avait ainsi travaillé pour Mulciber, Brom ou Crow, mais ses missions lui avaient été dictées par Voldemort. Et personne d'autre.

Le vieil homme avait toujours su se faire discret. Il n'intervenait pas là où il n'était pas nécessaire qu'il le fasse. Les affaires entres les grandes familles, les grandes fortunes. Dîners, rencontres, soirées importantes mondaines. Il n'y était pas. De même que dans les réunions Mangemortes. On parlait peu de lui dans la presse, même si Merlin en personne savait bien que son ombre y traînait toujours quelque part. Il servait, et cela n'allait guère plus loin. Qu'avait-on à reprocher à un serviteur exécutant froidement les ordres?
C'était cet état d'esprit qui avait provoqué de nombreux surnoms, et de nombreuses rumeurs. Vu comme un bureaucrate, il avait surpris bien des têtes fortes lorsqu'il avait su imposer les intérêts du Département de l'Ordre Nouveau. S'il considérait que seul Voldemort avait le pouvoir de juger ses Serviteurs et ceux qu'il avait fait siens, il tenait d'une main de fer ceux qui travaillaient pour lui. Que cela fut à l'Ordre Nouveau, à Poudlard ou à l'Education du Peuple, les services du Mangemort Politicien avaient été tout entiers dévoués à ses ordres. Il avait maîtrisé tout ce petit monde dans l'unique objectif de produire des résultats. Tous en répondaient à sa personne. Quant à lui, il en portait la responsabilité devant Voldemort. Une notion de la hiérarchie bien propre à lui. Qui, toutefois, avait su porter ses fruits.

Alexïeva savait ce qu'elle devait au vieil homme. Comme beaucoup d'autres. Ceux qui travaillaient et rendaient compte au Purisme et à Voldemort n'avaient jamais eu Valverde dans leurs pattes. Au contraire. Il faisait en sorte de les aider, de favoriser leur travail. En échange, ils ne le déstabilisaient pas. C'était, tout d'abord, bien trop risqué et à la limite de la trahison. Trop risqué au vu des capacités politiques du vieux Mangemort. A la limite de la trahison aux yeux de Voldemort, seul à même de juger des actes de Valverde.
Les quelques ennemis politiques officiels de Valverde étaient sortis de la course. Yaxley, LeeRoy, Avery ou encore Ombrage. Et cela ne représentait que quelques noms devenus célèbres un temps. Ils n'étaient désormais que peu de choses, voire plus rien. Avec l'aide d'autres, ou non. Le seul encore bien en place restait Mulciber, bien que l'ancien Ministre ne soit pas véritablement un ennemi politique. On pouvait plutôt parler d'une mauvaise entente entre les deux hommes, Valverde le jugeant trop dangereux pour la stabilité du Purisme. Mais le vieux Mangemort n'avait jamais tenté de détruire Mulciber. Déjà parce qu'il occupait un poste donné par le Seigneur des Ténèbres, mais aussi et surtout parce qu'il finirait un jour par s'autodétruire, sans l'aide du vieil homme.

La Directrice des Affaires Moldues avait un point commun avec Valverde: tous les deux avaient eu une vie avant les hautes fonctions, et en auraient sûrement une après. Au moins, c'était chose sûre pour la première. Alexïeva savait fait autre chose que diriger une structure gouvernementale ; elle était une potionniste. A l'image de Valverde, politicien et juge de profession, elle n'avait pas eu besoin de son poste pour qu'on entende parler d'elle. Contrairement, par exemple, à Witcher qui ne cessait d'accroître ses ambitions personnelles grâce à son poste à l'Ordre Nouveau puis aux Lois et au Sang, elle savait que du jour au lendemain, on pourrait lui fermer la porte de son propre bureau. Aussi avait-elle fondé sa réussite sur autre chose que la gestion de la chose publique.

« Il est nécessaire que durant trois mois, vous me fassiez parvenir de manière hebdomadaire un traitement qui réparera quelques organes touchés par la maladie. Je ne suis pas expert en la matière, et Sainte-Mangouste me semble être un lieu bien trop exposé pour s'occuper d'un tel cas. Il n'y a plus trace de guérison. Votre traitement ne sera que de soutien. Et il va de soi qu'aucune trace de magie runique n'est à désirer. Mais je ne crois pas avoir entendu dire que vous en maîtrisiez ses composantes. Il l'observa soudainement, comme si ses deux yeux de fers tentaient de comprendre le moindre replis de sa conscience. Entrez. »

Valverde tourna des talons, provoquant un bruissement de sa robe.
Il s'avança jusqu'à l'imposante cheminée de pierre, où plusieurs bûches avaient pris place. Au même moment, un elfe fit son apparition avec un plateau, une bouteille et deux verres de cristal. Valverde en servit le contenu. Du vin d'Elfe.
La plateau fut posé sur un guéridon. Le petit être disparut par la même occasion.

Tout fonctionnait froidement dans cette maison. Comme si les choses étaient réglées à l'avance. Une froide mécanique bien préparée. Le moindre bruit voulait dire quelque chose, chez Valverde. Rien n'était laissé au hasard. Il n'y avait pas de parole ou de geste irréfléchis, de mots en trop ou insignifiants. Et les elfes de maison semblaient y être habitués comme un domestique connaît les moindres petits détails coutumiers de la maison dans laquelle il sert.

Le vieil homme invita Alexïeva à s'installer dans l'un des grands fauteuils installés près de la cheminée.
Et une fois que ce fut chose faite, il plongea son regard vieilli par des années de politique dans les yeux de la jeune femme.
Elle tenait son monde comme un chien tient son os. Chaque mouvement de ses yeux montrait la volonté féroce de défendre ce qu'elle possédait. Ce qu'elle avait, elle l'avait obtenu par le travail et une grande maîtrise des choses et des événements. Personne ne pourrait un jour prétendre en être à l'origine.

« Quelle est la situation actuelle de l'Intendance? D'un point de vue politique, j'entends. »

Lorsque le vieil homme avait rencontré Alexïeva pour la première fois, c'était à Urquhart. On y préparait la Bataille de Dublin. Et Valverde lui avait demandé une aide non négligeable. La jeune femme avait alors semblé être sensible à son devoir. Mais Valverde lui avait alors parlé de la nécessité d'oublier l'amour propre, la sensibilité. Un conseil qui devait sûrement s'appliquer à bien plus qu'une bataille telle que celle de Dublin.
Et il semblait soudainement certain que Ruth Alexïeva avait appliqué ce précepte à toute sa propre carrière politique.

Le vieil homme ne cessait de l'observer.
Comme pour rappeler qu'il n'avait jamais perdu cette capacité à regarder le monde sans ciller, avec toute la froideur et la détermination possibles.
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MessageSujet: Re: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Jeu 19 Nov - 2:25

Il y a plusieurs siècle, Machiavel disait que « Tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout ». Ruth aurait nuancé en disant que tous n’était pas politiciens, mais que la politique et les politiciens s’intéressaient à tous. La politique, c’était beaucoup d’appeler, et peu d’élus. Chacun aurait voulu en faire, bénéficier des avantages de la reconnaissance, la position, mais peu parvenait réellement à faire leur nid en politique. En particulier dans le régime actuel. Par ailleurs, on constatait que c’était le plus souvent ceux qui ne désiraient pas entrer en politique qui s’avéraient être les plus efficaces. Projeté sur une scène qu’ils ne désiraient pas conquérir, ils n’avaient qu’un seul choix, faire la meilleure performance possible pour ne pas se retrouver piéger dans un jeu auquel ils ne voulaient pas participer.

Conscient que leur marque sur le bras signifiait à la fois « Servir » et « Asservis », ils avaient pleinement conscience de leur rôle. Servir les désirs de l’homme le plus puissant du monde. Mettre leur intelligence, leur talent, leur imagination au service d’une cause et d’un homme plus puissant qu’eux. Ceux qui recherchaient le pouvoir pour eux-mêmes ne le gardaient pas longtemps. Le Seigneur des Ténèbres n’avait que rarement besoin de s’en mêler, ils finissaient par se perdre eux-mêmes. Malefoy, Menroth, LeeRoy, avaient provoqué leur propre chute. Peu, même parmi les mangemorts, comprenaient réellement qu’arriver au sommet, c’était risqué de se brûler les ailes en arrivant près du sommet pour chuter durement.
Avancer à la table du Lord n’était pas donné à tout le monde. Certains, même parmi les mangemorts, n’étaient fais que pour être des « petites mains » par rapport à d’autre. Ca ne voulait pas dire qu’ils étaient dépourvus de talents. Voldemort ne donnait jamais la marque sans raison. Macnair par exemple était le bourreau par excellence, mais ce n’était pas un animal politique, l’homme avait assez de clairvoyance pour le savoir. Ce n’était pas toujours le cas de tous ses collègues.

Un jour, le Magistère lui avait dis ceci : « Il est bien rare de me surprendre Miss Alexïeva, et pourtant, vous ne cessez de m’étonner. Vous avancez à la table du Lord sans raison apparente. Vous montez en grade et contre toute attente, vous réussissez à convaincre en occupant un poste ingrat et en dirigeant la bassesse de l’humanité. Voilà un parcours bien surprenant pour une personne qui a eut pour seul fait d’arme de soigner des blessés. »

Bien entendu, la remarque du Magistère avait touché l’ego de la jeune femme. Elle ne pouvait cependant pas nier la justesse de ses propos. Elle savait que c’était l’opinion que la plupart des gens s’étaient fais d’elle lorsqu’elle était arrivée à son poste. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Qu’avait-elle accomplis pour mériter la confiance des gens ? Et pourtant, maintenant deux ans après sa nomination, peu de gens auraient vu quelqu’un d’autre à son poste. Les sondages indiquaient que sa quotte de popularité n’avait jamais été aussi haute. Désormais, à la table du Lord, elle était passée du fond de table, où s’asseyaient les mangemorts de moindres statures, à une place proche de leur Maître. A droite du Lord, on trouvait d’abord Léon Brom, venait ensuite James Eccleston en sa qualité de Ministre et ensuite John et Mike. A gauche, on trouvait l’Intendant Crow suivit de son prédécesseur Valverde, ensuite venait Bellatrix et enfin Ruth. Dire que Bellatrix avait été heureuse de l’avancée de la jeune femme eut été faux. Bellatrix n’aimait personne, et respectait peu de gens. C’était d’ailleurs problématique dans le fonctionnement d’un gouvernement comme celui de Crow. Son poste à Poudlard lui convenait à la perfection parce qu’elle avait le loisir de suivre les ordres donnés par le Seigneur des Ténèbres sans avoir réellement à composer avec le gouvernement en place. Elle ne prenait d’ordres que du Maître et refusait toute autre forme de subordination. Or selon Ruth, pour pouvoir exercer le pouvoir, il faut d’abord servir. Bellatrix ne servait qu’une seule personne : Voldemort. Selon la jeune femme, elle faisait une mauvaise politicienne pour son incapacité à faire des concessions. Néanmoins, elle était et restait « LA » plus fidèle, et ce statut méritait le respect, même si sa collègue semblait la détester avec encore plus de ferveur que le reste de leurs collègues féminines.

Une seule personne méritait le respect de Bellatrix en dehors du Lord lui-même : Valverde. Le vieux politicien semblait être au centre de tout sans l’être exactement. Discret, froid, il ne se montrait pas inutilement, pourtant, d’une fois ou d’une autre, tout semblait graviter non loin de lui. Sa carrière politique avait de quoi faire rêver les plus jeunes, son expérience aussi. Et parce que tout semblait revenir à lui, un des favoris de leur Maître, Ruth se retrouvait encore une fois en face de lui. Ils ne s’étaient pas beaucoup fréquenter, mais souvent leur rencontre avaient été décisive. Aujourd’hui, il demandait son concours et elle lui donnait avec plaisir :

« Je vois. Je demanderais à votre secrétaire qu’ils me transmettent vos résultats d’analyse les plus récents. Je suis d’accord avec vous, Sainte-Mangouste n’est pas un lieu pour traiter les mangemorts, et même si je ne doute pas de la compétence de Rosier, je doute que les services reçus soient ceux adapter à vos besoins. »

Il la dévisagea avec intensité, c’était toujours le cas avec lui, et Ruth ne sourcilla pas, conservant le même sourire aimable qu’auparavant. Il lui fit signe d’entrer, et elle le suivit au centre de la pièce près d’une imposante cheminée ou brûlait un joyeuse flambée. Pendant un instant, on n’entendit que le bruit du bois martyrisé par les flammes pendant que Valverde servait du vin d’elfe. Le silence était déroutant, c’était presque comme si on pouvait entendre son bruit tant il se faisait présent dans la vieille demeure. On l’invita à s’installer et la mangemorte s’installa précautionneusement dans un fauteuil. A son stade de la grossesse s’asseoir et se lever était devenu un calvaire, elle ne s’en plaignait pas pour autant, ce n’était pas la première fois qu’elle passait par là. Elle prit le verre de vin et le porta à son nez appréciant l’arôme subtil de celui-ci. Elle s’autorisa une entorse au règlement en buvant une petite gorgée et reposa son verre pour répondre à la question de son aîné :

« Vous ne m’en voudrez pas, je ne saurais pas faire honneur comme il se faudrait au vin, je ne bois guère en ce moment. »

Elle reposa le verra et posa une main sur son ventre dans un geste devenu automatique. Elle se laissa un temps de réflexion avant de répondre. Son sourire avait disparût et elle n’était plus que sérieux et concentration :

« J’aimerais dire que c’est le temps de la stabilité pour l’Intendance, mais ça serrait présomptueux, la résistance n’est pas écrasée, on ne peut donc pas réellement parler de stabilité, même si bien évidemment, il nous faudra toujours conserver la partie la moins virulente de la résistance pour maintenir un équilibre avec notre politique, mais la Vague est toujours là. Je parlerais plutôt de pré-stabilité. La fin du secret magique et l’arrivée de l’Intendance telle qu’on la connaît aujourd’hui est en place depuis deux ans. Les gens s’habituent à ce mode de fonctionnement, et surtout les moldus commencent tout doucement à entrer dans les rangs. La mort de leur monarque est encore fraîche dans les esprits, elle était fort aimé, et si la plupart ne la pense pas justifiée, ils ont d’autres chats à fouetter pour le moment. »

Elle eut un sourire narquois :

« En un sens, nous devrions remercier la Vague et l’Ordre du Phénix, Glasgow, ne nous a pas desservis. Il fallait un évènement fort qui permettrait aux moldus de comprendre d’eux-mêmes la nécessité d’un protectorat sorcier. Glasgow a joué ce rôle. Bien entendu, personne n’a vu le conflit en tant que tel, mais les images qui ont été filmées et diffusées après notre passage, montrait un attentat terroriste de grande ampleur dont le seul but était de détruire la stabilité que Moldus et Sorciers essayaient tant de construire ensemble. Notre victoire écrasante a eu un effet très positif sur la politique intérieur du pays. Les choses auraient probablement été différente si nous n’avions pas été aussi efficace, mais en agissant comme nous l’avons fais, la situation a tourné à notre avantage. Les moldus sont de plus en plus persuadés que notre présence est indispensable, du côté sorcier, la Vague et l’Ordre du Phénix sont plus détesté que jamais. »

Elle s’interrompit consciente qu’elle s’étendait trop.

« Je m’égare. Pour résumer, je dirais que la situation est stable du côté moldu. La propagande a principalement été gérée par mon département pour les moldus et celui des Services Secrets du côté sorcier. Notre but est de laisser une impression de liberté d’expression tout en incitant les médias à s’autocensurer. L’Intendant n’est pas toujours d’accord avec mes méthodes, mais il me laisse carte blanche, j’estime que notre main doit être aussi peu visible que possible quand nous tirons les ficelles. Tant que maintenant je préfère leur laisser l’impression que les décisions viennent d’eux et que le consentement est mutuel. Poudlard se porte très bien, Bellatrix y a instauré un climat peu propice aux rébellions, je pense qu’elle entend présenter un projet de réforme de l’éducation d’ici peu. Le département du sang et des lois tiens toujours les commissions d’une main de fer, pourtant, j’émets quelques réserves sur la façon dont fonctionne les commissions actuellement, mais ce n’est pas à moi de juger. Du côté de la sécurité intérieure, John Mulciber a pris les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité dès la fin de Glasgow et éviter une bévue du même genre, mais il n’a pas été aussi présent qu’il était nécessaire de l’être ces derniers mois. Je m’en tiens ici aux évènements généraux bien entendu. »

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MessageSujet: Re: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Jeu 19 Nov - 17:10

Ruth Alexïeva venait de surprendre le vieil homme. Sans-doute ne s'attendait-il pas à un tel exposé des faits, dans l'Intendance. Il allait sans dire qu'il savait ce qu'il s'était passé et quelles conséquences avaient été prises en compte. Mais il voulait voir le ressenti de la politicienne, sa manière de comprendre les choses et sa vision pour l'avenir.
Bien qu'à la tête du Département des Affaires Moldues, Alexïeva avait une vision de l'ensemble de l'Intendance. On ne jurait plus que par cela, désormais. Elle était même actuellement dirigée par un Mangemort qui n'avait été longtemps que le petit chef d'un sous-structure, n'accordant à l'époque pas d'importance à une telle construction de hiérarchie. Aux commencements de l'Intendance, seuls Brom et Valverde la représentaient. Les pouvoirs politiques étaient majoritairement concentrés dans les Ministères de la Magie. Ce qui avait été la source du conflit en Irlande, où un Ministère n'avait pas voulu se soumettre.
Cette origine même expliquait ce pourquoi Valverde et Brom étaient les deux dirigeants les plus respectés. Ils avaient été à l'origine de tout. Le second, le premier à la tête de l'Intendance, le premier, celui qui avait dirigé le premier Département ayant tout pouvoir sur toute l'Intendance en matière de politique du Sang et d'Education du Peuple. Les deux avaient travaillé ensemble pour que l'Intendance se construise et se solidifie, tandis que le reste des dirigeants avaient encore les yeux tournés vers les Ministères. Ils ne croyaient guère en cette Intendance. Du moins, ils ne pensaient pas probable l'unification politique de tous les Ministères du Royaume-Uni. C'était désormais chose faite. Et personne ne le remettait en question.

Les observations d'Alexïeva achevèrent d'inquiéter le vieux Mangemort. Ce dernier, déjà bien soucieux suite aux retours de différents espions, avait compris qu'une période d’essoufflement voyait le jour. On disait les Commissions du Sang moins rigoureuses, Mulciber peu présent. Seuls les deux autres Directeurs de Département continuaient à officier très sérieusement à Buckingham.
C'était dans cette même période de ralentissement administratif que Valvrde avait été rappelé de mission. On avait eu besoin de ce bureaucrate expert en politique pour restructurer l'Ordre Nouveau. Les deux premiers Directeurs n'ayant surtout été qu'à la tête des services de Raffleurs, non à la tête entière d'une telle structure.
A l'époque, de nombreuses choses avaient été mises en place. Mais bien trop dispersées dans des lieux, des structures, les choses ne dépendaient que de la bonne volonté et du charisme de certains Mangemorts. Une chose intolérable, aux yeux de Valverde, n'étant le résultat que d'une politique liée à la guerre civile. Pour solidifier le pays, il fallait d'abord en assurer son administration. C'était en cela que le vieil homme, ainsi que Menroth et Jugson avaient utiles. Les deux derniers étaient morts, à cause de leur trahison. Mais le premier, lui, était toujours là, afin de constater de l'évolution ou non de ses réformes.

A n'en pas douter, Valverde avait toujours su tenir une structure. Ses Départements avaient toujours bien fonctionné, que cela soit du côté de ses missions idéologiques ou concrètes, ou de l'administration générale de ses services. Il avait su conduire les projets liés aux structures qui étaient les siennes. Tandis que d'autres se salissaient les mains et les pieds dans la boue des champs de bataille, le Mangemort Politicien oeuvrait à installer une administration politique solide et sûre. Qui avait été le plus utile?
Le vieil homme gardait toujours une forme d'ombre, de mystère et de secret autour de lui. Bien que Voldemort fût au courant de ses idées et de ses faits et gestes, il était un dirigeant politique discret et travailleur. Mettant tout en oeuvre pour la réussite de ses missions politiques, il ne perdait pas de temps avec la médiocrité et les mondanités hypocrites. Il n'avait jamais caché ce qu'il pensait, apportant bien des ennemis autour de lui.
C'était en cela qu'il s'était toujours opposé à Mulciber. Les choses avaient été presque instinctives. Rien entre eux n'était similaire. Le vieil homme n'avait jamais considéré l'ancien Ministre comme idiot, ou incompétent. Il le pensait juste partout sauf à sa place, tentant de se débattre contre quelque chose qu'il ne comprenait. Il était certain que ce dernier avait apporté bien des choses à l'Intendance. Mais la bataille demeurait la bataille. Et plus les conflits se faisaient rares, plus Mulciber disparaissait. Cela n'était pas son milieu. Son univers. Il l'avait d'ailleurs dit. Quand la paix serait installée, lui, il serait mort.
Contrairement à ce qu'on pouvait penser, lui et Valverde s'étaient toujours compris. Ils se connaissaient. Mais ils étaient de deux mondes différents. De la même génération de Mangemorts, ils avaient vécu les mêmes choses avant d'atteindre les fonctions gouvernementales qui étaient les leurs. Sans doutes étaient-ils les seuls qui puissent se connaître le mieux mutuellement. Mais leur différence était bien trop béante pour que cette connaissance de l'autre amène l'amitié. Le feu de Mulciber s'opposait bien trop à la glace de Valverde, de même que le calme du second était en totale contradiction avec la colère permanente du premier. Les deux faces d'une pièce ; toutefois toujours dos à dos. L'un n'allait pas sans l'autre, mais ils ne pouvaient s'unir.

Mais après toutes ces années, ils étaient l'un comme l'autre toujours là. Et si Valverde ressortait de l'ombre, il semblait que Mulciber y entrait à son tour. C'était à croire qu'on l'avait fait exprès. Mais aucun des deux n'était mort. Tout n'était qu'une question d'ombre et de lumière. Les deux se nourrissaient l'un et l'autre. Mulciber, absolument contre la paix, l'administration des choses et la sérénité des affaires avait fait en sorte que sa propre colère augmente. Une telle violence était née de lui, qu'au final, il s'était révélé excellent dans cette guerre. Quant au vieil homme, face au court-terme prôné par Mulciber, face à sa colère toujours impulsive, il s'était forcé à la construction sûre et à long terme des choses. De fait, chacun avait eu besoin de l'autre pour être le meilleur dans son domaine.
Qu'en serait-il plus tard?

Valverde fut étonné d'entendre d'Alexïeva le constat d'un relâchement des affaires du Département du Sang et des Lois. Nouveau nom pour qualifier le feu-Département de l'Ordre Nouveau, uni à celui des Lois, ce dernier était l'un des plus importants dans la politique de Voldemort. Mais il s'agissait désormais d'une gestion sûre et d'accompagnement. Voldemort avait demandé que ce Département soit l'un des principaux organes de l'Intendance lorsque Valverde en avait eu la charge. Désormais, la politique du Sang oeuvrait surtout à bien vérifier qu'aucun Né-moldu ne grandisse dans l'Intendance du Royaume-Uni. Quant à la Justice, elle s'occupait de faire respecter la Loi. Des choses importantes, mais relativement sereines et sûres. C'était désormais une oeuvre de maintien, plus que de lutte perpétuelle.

Ce n'est qu'après son exposé qu'il prit la parole.

« Ce que vous me dites m'étonne, même si c'est en accord avec ce que d'autres m'ont dit au long de l'année. Vous êtes sûrement plus dans la confidence que moi de Monsieur Witcher, le vieil homme baissa froidement ses yeux vers le ventre de la jeune femme, avant de reprendre calmement la prole, ainsi que de Monsieur Mulciber. Je ne doute pas de leur loyauté, mais si une Mangemorte fait état d'un relâchement dans la direction de leurs Départements, je suis sûrement en droit de m'inquiéter. Avez-vous une explication à cela? »

Le Seigneur des Ténèbres n'était pas un fin politicien. Il était muni d'une intelligence de terrain. Une intelligence ambitieuse, fine et rusée, mais qui n'avait pas passé des décennies à étudier la politique et le moindre de ses détails.
De fait, il faisait souvent confiance en ceux qu'il envoyait aux Ministères et à l'Intendance. Ainsi mis face à eux même, ces Mangemorts gardaient toutefois à l'esprit que Voldemort était toujours présent, au-dessus d'eux. Ils n'étaient que des pions dans le vaste projet, à l'image de la politique qui n'était qu'une des nombreuses armes dont disposait Voldemort.

Il n'était pas dans l'ignorance quant à l'avancée des choses. Mais il ne donnait pas d'ordre clair sur les méthodes.
Toutefois, on constatait bien que des fonctions et/ou des missions claires étaient confiées à des Mangemorts qui avaient déjà fait leurs preuves. Outre la potentielle récompense qu'on pouvait y voir, on comprenait surtout que le Seigneur des Ténèbres connaissait ses Mangemorts. Et s'il n'avait pas eu l'idée d'avoir les mêmes méthodes qu'eux, il les connaissait cependant. Et il s'en servait de manière à ce que son pouvoir grandisse chaque jour. Et si un Mangemort était toujours en droit d'exercer ses méthodes, c'était donc que Voldemort lui laissait le faire. De même que si McNair, Yaxley ou Avery d'autres n'occupaient pas de hautes fonctions, c'était sûrement parce qu'il avait fait le constat que leurs méthodes ne lui permettaient pas d'asservir les peuples moldus et Sorciers du Royaume-Uni. Autrement dit, Voldemort tenait fermement ses Mangemorts entre ses mains. De fait, rien n'était laissé au hasard.

« J'ai peine à croire que le Seigneur des Ténèbres et l'Intendant n'aient pas conscience des constats que vous venez de me faire. Les choses vont sûrement évoluer, et changer. Peut-être même pouvons-nous supposer qu'il a besoin que les événements soient ainsi. La raison, je l'ignore cependant. »

Le vieil homme but une gorgée de vin.
Ses yeux se perdirent un instant dans le feu de cheminée.
Ce dernier dansait. Il le regardait comme on regard quelque chose qu'on ne comprend pas, qui nous questionne, qui nous impressionne. Il ne s'était jamais senti proche du feu. Incontrôlable, lumineux et dangereux, il avait préféré la froideur du vent, des arbres et de l'eau.
Il ne pouvait le contrôler, encore moins se l'approprier. Mais il avait éperdument besoin de lui.
Et ses yeux ne cessaient de se perdre dans ces flammes qui dévoraient petit à petit le bois sacré. Puis il leva la tête, observa la jeune femme. Froidement, mais quelque peu troublé.
Les choses avaient changé.

Le vieil homme se leva, tandis qu'un elfe de maison ouvrait les portes qui menaient à la salle à manger dite officielle. En vérité, ce n'était pas la plus grande salle à manger. Placer dans une des tours, bien qu'au rez-de-chaussée, elle avait longtemps servi à accueillir les invités prestigieux au Manoir Valverde. Toutefois, les choses se faisaient dans un cadre plus intime, plus convivial que dans le salon officiel. Une autre salle à manger, à l'entrée droite du hall de pierre, laissait entrevoir une longue table où les dîners officiels étaient souvent conduits. Du moins, du temps des parents du vieil homme.
Ainsi, les deux Mangemorts s'installèrent  autour d'une table ronde apprêtée pour le déjeuner. Et tandis qu'on servait un verre d'eau à Alexïeva, Valverde demanda à ce qu'on commence à apporter les plats.  

Il prit enfin la parole, de manière calme et presque silencieuse.

« Cette Intendance est encore fragile. Les structures politiques demandent du long terme. La guerre ne peut l'apporter. Mais elle l'aidera à s'installer. Il nous faut travailler à cela, éperdument. Sans perdre une seule minute. La moindre faille, le moindre pas de côté nous ferait échouer pour bien trop longtemps. »
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Ruth U. Alexïeva


MessageSujet: Re: Soigner le futur || PV R. Alexïeva Mar 1 Déc - 16:40

Dans cent ans, que resterait-il d'eux ? Rien si ce n'était une tombe glorieuse et quelques pages dans un livre d'histoire attestant leurs faits ou méfaits selon l'idéologie en place. S'ils faisaient bien leur travail, dans cent ans, on les glorifierait encore. Si non, si leurs convictions et leurs forces les trahissaient, on parlerait d'eux comme le fléau d'une époque. Tout était une question de perspective. En histoire, seul les gagnants peuvent raconter leur version, maintenant qu'ils étaient victorieux, ils étaient les héros d'une nation. Serait-ce toujours le cas dans une centaine d'année ? Tant que le Lord était là, on pouvait considérer leur régime comme immortel. Bien entendu, le Lord seul ne faisait pas le régime, mais il avait toujours su s'entourer et surtout il avait toujours su dominer de telle façon qu'ils les poussaient à donner le meilleur d'eux-mêmes autant pour lui que pour les valeurs qu'ils désiraient défendre. On les disait souvent immoraux, cruels, sans convictions aucune si ce n'était celle de leur propre puissance. La vanité, d'après leurs ennemis étaient leur plus grand défaut. Ruth ne pouvait que s'indigner devant un tel constat. Bien entendu, c'était le jeu, chaque camps se chargeaient de la mauvaise réputation de l'autre en lui attribuant les pires méfaits. Néanmoins, Ruth avait toujours mis un point d'honneur à être crédible dans les rumeurs qu'elle lançait. Il ne fallait pas - selon elle - mentir, mais servir aux gens la vérité habilement modifiée. On ne pouvait pas dire en toutes consciences que les mangemorts n'avaient aucune valeurs et aucun principes. Benjamin et Thomas le savaient mieux que personnes. Ils avaient été des leurs. Leurs valeurs étaient fermes, leurs convictions solides, et c'était sur ça que se basait leur régime. ILS étaient inébranlable. Parce qu'ils étaient inébranlables dans leur raisonnement, ils étaient unis et l'union faisait la force. Force qu'il manquait indéniablement aux bourbistes, ils étaient faibles. Non pas parce qu'ils comptaient dans leur rang des sorciers de moindre puissance. Non, pas du tout, ils avaient des sorciers talentueux de leur côté, mais le fait que l'Ordre, la Vague et les hors-la-loi indépendant n'aient jamais vraiment réussi à s'unir sous une même bannière faisaient d'eux des cibles faciles. Les puristes défendaient les leur envers et contre tout, les préférences, les ego et intérêts personnels n'entraient pas en jeu quand l'un des leurs était menacés. Apprendre à être le représentant d'une cause, d'un idéal et d'un objectif avant même d'être un individuel était la première tâche du mangemort, Valverde en était un des exemples les plus aboutis, voilà pourquoi ils ne pourraient pas être vaincu s'ils continuaient dans cette optique, voilà pourquoi on ne pouvait pas dire que les puristes n'avaient aucune valeurs.

La visite de Ruth à l'ancien Intendant n'avait pas pour seul but de répondre à un appel du vieux mangemort. Bien entendu, elle l'aurait fais même si elle n'avait pas eu autre chose à faire en sa compagnie, mais en l'occurrence, c'était ici bien plus qu'une simple visite de courtoisie. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait essayé d'être le plus concise possible dans ses explications en ce qui concernait la situation de l'Intendance. Elle ne doutait pas que le vieux sorcier se tenait lui-même informé de ce qui se passait, mais un point de vue ne valait pas un autre. Quand elle eut finit de parler, il lui confirma d'ailleurs ce qu'elle pensait. Pendant sa convalescence, il s'était tenu au courant de ce qui c'était dis et ce qui c'était fais dans l'Intendance. Rien d'étonnant pour un homme aussi consciencieux qu'Eris Valverde.

Elle lui offrit un sourire presque amusé avant de répondre :

"Je pense que l'on peut en effet dire que je suis dans la confidence de monsieur Witcher. Ne vous méprenez pas sur mes paroles. Le "relâchement" que l'on pourrait constater à la Sécurité Intérieure s'explique très simplement. Monsieur Mulciber est plus qu'épuisé, mais malade, pour le moment, les médicomages n'arrivent pas à déterminer la cause de cette maladie, on soupçonne un sort reçu à Glasgow qui n'aurait pas été traité correctement et ferrait des dégâts sans qu'on arrive à déterminé quel sort. Vous savez à quel point les bourbistes peuvent être efficaces quand il s'agit de nous mettre des bâtons dans les roues. Peu importe à quel point un directeur gère bien ou non son département, lorsque lui-même s'affaiblit, le département s'affaiblit également. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent comme on dit. Or la Sécurité Intérieure a besoin d'une figure présente et forte, elle est notre rempart le plus visible contre le bourbisme, elle ne peut pas se permettre d'avoir un directeur absent ou malade. Mon oncle en est parfaitement conscient, c'est pourquoi il se retire d'ailleurs, il sait que pour le moment, il n'est plus à même de servir le Seigneur des Ténèbres au mieux de ses capacités tout comme il sait également qu'on ne peut servir notre maître qu'au mieux de celle-ci."

Elle laissa un moment de silence tandis qu'elle observait le vieil homme en face d'elle. Lui comme elle n'était pas immortel, pourtant il y avait chez le vieux politicien ce côté immuable. Comme s'il avait été taillé dans du marbre. Intouchable et inchangeable, il résistait aux tempêtes les plus violentes. Etait-ce pour cette raison que Crow l'avait choisit, que le Seigneur des Ténèbres avait vu un des grands de leur temps ? Seule l'histoire le dirait.

"En ce qui concerne monsieur Witcher. Lui et moi en sommes venus à la même conclusion. Les commissions de sang sont efficaces. Elles ont permis disons à 90% de déterminer qui est un sang pur, qui est un sang mêlé ou un sang de bourbe. Néanmoins, les commissaires sont humains, et même eux sont à même de faire des erreurs. Que se passerait-il si une erreur avait été commise sans que nous le sachions ? Selon moi, et mon mari pense pareil, il nous faudrait un moyen qui nous permettrait d'être sûr que personne n'est passé entre les mailles du filet. Une façon de déterminer de façon plus "scientifique" quel sang est pur, et quel sang ne l'est pas. Lors de la prise de pouvoir du Seigneur des Ténèbres, l'administration à vite été sous notre contrôle, c'est un fait, mais il y avait toujours parmi elle des traîtres à leur sang, des personnes travaillant pour les bourbistes. Il est probable, que certains arbres généalogique aient été falsifiés, des documents modifiés et certaines ont probablement disparus. Nous ne serrons jamais exactement ce que les bourbistes ont pu faire pendant cette période de transition instable, mais une chose est sûre, malgré tout notre zèle, des gens sont passés à travers les mailles du filet, et certains parmi nous se font encore probablement passé pour ce qu'ils ne sont pas. Monsieur Witcher, je pense, estime que ses commissions de sang ne sont pas assez efficace dans ce genre de cas précis, il cherche, pour le moment à y remédier, mais sans solution probante à l'heure où nous parlons."

Un nouveau silence s'installa entre eux, laissant le temps à la réflexion tandis qu'ils avaient tous les deux les yeux plongés dans les flammes. Elle prit son verre de vin, laissant distraitement son doigt courir sur le cristal finement travaillé. Enfin, lorsque le mangemort se leva, elle fit de même, s'extrayant du fauteuil dans lequel elle était installée, avec peut-être un peu moins de grâce qu'à l'accoutumée. Elle le suivit dans la salle à manger où ils s'installèrent autour d'une table ronde. Un verre d'eau avait été placé pour elle de façon prévoyante, elle en but une gorgée, appréciant le liquide rafraîchissant. Les plats commencèrent à arriver avec efficacité, le service était fait en silence, simplement et sobrement, en accord avec le maître de maison. Ruth comme lui, n'y prêtait pas attention, tant il était naturel pour eux d'être servis en toute chose. Ici, entre eux, se jouait quelque chose de plus important qu'un déjeuné : la politique du monde. Encore une fois, elle fut frappée par la pertinence des parole de son aîné, il était comme elle, et comme ceux qui dirigeaient, conscient qu'il était encore trop tôt pour considérer le régime actuel comme assis. Même si elle refusait de douter que la providence puisse un jour leur tourner le dos, elle comprenait que ce n'était qu'avec leur concours qu'elle ne le ferrait pas. Informulant un accio, elle se leva lorsque le parchemin arriva vers elle, et elle le prix délicatement dans sa main. Son corps avait beau être déformé par la grossesse, elle avait beau ne plus avoir l'apparence de la combattante qu'elle était, Ruth n'en restait pas moins charismatique ou imposante de force. Avec un sourire sincère, elle contourna la table, allant tendre le parchemin au vieux mangemort avec ces paroles :

" L'Intendant, tout comme le Seigneur des Ténèbres en sont conscient. Aujourd'hui, l'Intendant Crow m'a fait l'honneur de me donner une mission toute particulière. L'Intendance et le Seigneur des Ténèbres ont besoin de vous, IL vous rappelle à son service. Y répondrez-vous ?"

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Soigner le futur || PV R. Alexïeva

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