POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V]

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Anne Fraser


MessageSujet: Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V] Ven 22 Jan - 15:13


Anne Fraser


Identity



Mon nom est Anne Fraser, mais dans le monde moldu on me connaît également sous le nom de Lady Anne Moore. J'ai 32 ans. Je suis originaire du Wiltshire où j'ai vu le jour le 10/12/1966. Je suis actuellement célibataire. J'ai étudié à Poudlard, dans la maison Serpentard où je fûs poursuiveuse durant quatre ans. Je suis de sang mêlé mais je me fais passer pour Sang pur. Ma baguette fait 22,5 cm, elle est en bois de rose et contient une plume d'hypogriffe. et mon patronus est un Fennec. Enfin, on dit que je ressemble à Michelle Dockery.

We know who you are...


♦ Famille : La famille d’Anne est vaste et diversifiée. Sa mère, Lady Suffolk est née Isobel Fawley. Elle est la troisième d’une fratrie de quatre enfants. Sa mère, Prudence Parkinson est née en 1917 tandis que son père Reginald Fawley nait en 1910. Leur façon d’élever leurs enfants est très traditionnelle et se sont principalement des parents distants qui laissent l’éducation de leurs enfants à d’autres. Prudence a ses enfants très jeune, Archibald l’aîné naît en 1935 suivit trois ans plus tard de Marianne puis d’Isobel en 1939. George, le petit dernier viendra compléter la famille par accident 5 ans plus tard. Les frères et sœurs sont relativement proches, en particulier Marianne et Isobel. Une fois les deux aînés à Poudlard, Isobel ne rêve que de rentrer elle aussi dans la célèbre école de magie, elle-même ne s’aperçoit pas qu’il n’est pas normal qu’elle n’ait pas encore fait preuve de magie jusqu’à présent. Ses parents attendent la dernière limite pour avoir le verdict du médicomage : l’enfant est cracmole. A l’époque tout comme aujourd’hui, les cracmols sont un phénomène de société dont on ne discute pas et une honte que l’on cache. Prudence et Reginald ne pouvant pas se résoudre à tuer leur fille ni à la séquestrer jusqu’à la fin de sa vie décide de la rayer de l’arbre familial et de la faire adopter par des moldus en 1949.

Isobel est adopté par un couple de moldu aisé ne pouvant pas avoir d’enfants, Charlotte et Edward Seymour. Elle fait ses études dans les meilleures écoles de Londres et sa marie en 1963 avec William Moore, fils de Charles et Elizabeth Moore, comte et comtesse de Suffolk. Elle tombe rapidement enceinte et aura deux enfants, Edward en 64 et Anne en 66.
Après avoir été adopté, Isobel n’a plus ou presque revu sa famille. Elle ne revoit sa sœur Marianne qu’après son mariage, mais les relations ne sont plus aussi aisées qu’avant même si les deux sœurs se portent toujours beaucoup d’affection. Elle s’est mariée avec Bill Prewett et a deux enfants Olivier, né en 63 qui ira à Gryffondor, et Theophilus en 65 qui ferra ses classes à Serpentard.

Elle correspond également de temps à autre avec sa mère qui lui apprendra le mariage de son frère aîné Archibald qui a épousé Esther Parkinson, une cousine éloignée de la famille. Il est le père de trois garçons. Matthew qui suivra les traces de son père à Serpentard, Roland qui à la grande déception de ses parents ira à Poufsouffle et enfin Peter qui suivra son cousin Olivier à Gryffondor.

George, le petit dernier de la famille n’aura une fille que bien plus tard avec Jane Habbot en 74.

Anne quant à elle, n’entendra parler pour la première fois de sa famille sorcière qu’à l’âge de 8 ans. Pour la première fois en 26 ans, Prudence Parkinson viendra voir sa fille, et ferra la rencontre de son gendre et ses petits-enfants.

Si Anne s’entend bien avec l’ensemble de ses cousins exceptés Matthew, qui,  jusqu’à sa mort en 97 lui a voué un mépris sans merci, ce n’est pas toujours le cas avec les adultes de sa famille.

Elle n’a pas bien connue son grand-père paternel, Charles Moore puisqu’il est mort quand elle avait six ans, léguant le titre à son fils. Elle a en revanche une relation très complice avec sa grand-mère paternelle Elizabeth. Relation qu’elle aurait aimé avoir avec Prudence Parkinson. Néanmoins, Prudence n’avait rien d’une grand-mère gâteau, pas plus que son mari Edward qui n’accordait que peu d’attention à ses petits-enfants, Matthew mis à part. Elle reporta donc son affection sur les parents adoptifs de sa mère, et sur sa tante Marianne, son oncle Bill, et l’oncle George quand elle avait l’occasion de les voir.


♦ Avis sur la situation actuelle : La position d’Anne n’est pas simple. Née d’un père moldu et d’une mère cracmole, elle devrait de toute évidence rejoindre les idéaux merlinnistes. Pourtant, si ses parents font intégralement partie du monde moldu, sa famille du côté sorcier est elle tout ce qu’il y a de plus puriste. Du moins pour la plupart de ses membres. Certains tendant même vers un purisme très extrême comme son cousin. Dans un monde où elle a toujours du cacher son ascendance, dire qu’elle a de la sympathie pour le mouvement merliniste et l’Ordre du Phénix, c’est attirer une attention indésirable sur elle. Anne n’a jamais été sur le devant de la scène, elle préfère éviter d’être au centre de l’attention. La prudence est un maître mot chez elle et elle est le résultat de son éducation. Caché son ascendance moldue et sa mère cracmole a toujours été une obligation. Etre sang mêlée faisait déjà d’elle le vilain petit canard dans cette ancienne famille de sang pur. Une tâche sur l’arbre généalogique qu’on avait effacé. Elle n’oubliait pas qu’elle n’était que tolérée par certain membres de la famille. Etre discrète sur ses réelles opinions politiques est donc vital pour Anne. La désincarnation du Seigneur des Ténèbres en 81 rend le purisme beaucoup moins présent et même les familles ayant soutenu le Lord lors de la première guerre se font discrètes sur leur opinion. Ce n’est qu’à partir de 1994 qu’on voit revenir les idées puristes sur le devant de la scène de façon de plus en plus marqué.

Et où se situe Anne dans tout ce marasme ? Entre sa volonté de ne pas se faire remarquer et ses véritables opinions politiques, sans compter la pression familiale, il faut choisir ! Merliniste par conviction, elle n’affiche pas ses couleurs politiques et les garde pour elle. Officiellement, la famille est unie politiquement et suis la ligne de conduite instauré par son grand-père qui, cette fois-ci, décide de ne pas rester neutre et rallie l’idéologie puriste, apportant ouvertement son soutient au nouveau gouvernement en place. Bien que ne portant pas le même nom de famille. Anne suit le mouvement pour l’instant. Employée aux ministères au département des mystères à un poste à haute responsabilité, elle n’a pas envie de voir sa carrière menacée par ses opinions politiques. Pourtant, elle sait que si on découvrait un jour sa véritable ascendance, elle serait aussi mal vue que n’importe quel né-moldu. Est-il préférable de rester neutre, se lier aux merlinistes ou prendre directement le parti des puristes pour mieux couvrir son identité ? Pour l’instant,  Anne préfère voir dans quel camp penchera la balance.


♦ Informations : Agréable♦ Efficace ♦ Discrète ♦ Opportuniste ♦ Déterminé ♦ Digne ♦ Diplomate ♦ Calculatrice ♦ Fan des Pies de Montrose♦ A soif de connaissance ♦ Prudente ♦ Don pour la métamorphe, étudie depuis trois ans pour tenter de devenir animagus ♦ Agis plus souvent par intérêt que par désinteressement ♦ Cachotière ♦ Peu accessible sentimentalement parlant ♦ Prévoyante, elle agit rarement sur un coup de tête ♦ Cultivée ♦ Distinguée ♦ Spécialiste des technologies moldues ♦ Un peu rancunière ♦ A l'aise en société et dans les situations mondaine ♦ Humble ♦ Ment avec une facilité déconcertante ♦ Très affectueuse et attentionnée avec ses amis et sa famille [/i]

crazyoilmachine pour Poudnoir




We know your story...


Un sorcier ne naît pas seul. Avec lui, c’est une branche de la famille qui s’élargit et se rajoute à  l’arbre déjà existant. A une époque où tant de moldus tiennent de moins en moins compte de leur passé, les sorciers, eux, sont toujours aussi attachés à leur famille. Pas spécialement par affection, mais bien parce que connaître sa lignée est important. Un sorcier, qu’il soit de sang-pur ou mêlé voire même sang de bourbe, ne naît donc jamais seul.

L’histoire d’Anne commence bien avant sa naissance avec la naissance de sa mère, Isobel Fawley, fille de Reginald Fawley et Prudence Parkinson. Elle était le troisième enfant sur une fratrie de quatre frères et sœurs. Comme chez beaucoup de familles sorcières, en particulier les familles sang-pur, elle passa ses jeunes années dans la maison familiale, profitant des tuteurs que ses parents prenaient à domicile pour leurs enfants. Son éducation se fit donc entre les matières dites « classiques » mathématiques, anglais et littérature sorcière, et celles un peu plus « avancées » qui l'initiaient en douceur aux plantes magiques inoffensives et à la sorcellerie en général. Rien de bien grandiose, juste les bases que tout petit sorcier se devait de savoir. Après tout, ils iraient à Poudlard. L’aîné des enfants, Archibald, dit Archie y était déjà depuis un an, sa sœur Marianne, de deux ans sa cadette le rejoindrait bientôt, quant à Isobel, du haut de ses sept ans, elle imaginait déjà dans quelle maison elle irait. Sa mère avait été à Serpentard et son père à Serdaigle. Archie avait suivit les traces de son père à Serdaigle et Marianne priait ardemment pour aller partout, sauf à Poufsouffle. George, le petit dernier, âgé de seulement trois ans, était beaucoup trop petit pour s’en soucier. Isobel, quant à elle, ne s’inquiétait pas de la maison dans laquelle elle irait. Poufsouffle, Serpentard, Gryffondor, Serdaigle, chaque maison semblait avoir son attrait et même si sa sœur et son frère dénigraient Poufsouffle, elle savait que plusieurs de ses ancêtres y avaient été, elle ne voyait donc pas où était le problème.

Si Isobel n’était pas inquiète à l’idée d’aller à Poudlard, ses parents, eux l’étaient. Dans une famille de sorciers, il est communément admis que tous les enfants seront sorciers. On oublie de façon assez commode qu’il existe une exception à la règle : les cracmols. Ces enfants de sorciers qui ne développaient aucun pouvoir magique étaient, et sont encore à l’heure actuelle, un tabou auquel on évitait de penser comme de parler. Pourtant, il suffisait que l’enfant dépasse l’âge de six ans sans avoir montré le moindre signe de magie pour que les parents s’inquiètent. On n'en parlait pas tout haut, mais l’inquiétude subsistait tant que l’enfant n’avait pas montré un signe aussi faible soit-il. Or si Archibald et Marianne étaient des sorciers sans le moindre doute et que même le petit George avait déjà montré des signes, il n’en était pas de même pour la petite Isobel. A sept ans, elle ne montrait toujours aucun signe et ses parents commençaient à s’inquiéter.

Les années passèrent et l’inévitable arriva. A presque onze ans, Isobel n’avait toujours pas montré le moindre signe et même l’enfant commençait à s’inquiéter en se demandant si c’était normal. On l’emmena à Sainte-Mangouste, on lui fit faire des tests, les résultats furent formels : l’enfant était cracmole. En 1949, pas plus qu’aujourd’hui, on ne savait pas quoi faire de ses enfants. En général, les parents s’en apercevaient très vite et il était de coutume de tuer l’enfant, en particulier dans les familles sang pur. Le génocide des cracmols étaient un fait de société connu, mais que l’on faisait semblant d’ignorer. On déclarait l’enfant adopté par des moldus, et le ministère, considérant qu’il n’était pas un sorcier ne s’en préoccupait plus. Certaines familles gardaient l’enfant reclus chez eux, et on n’en parlait pas à l’extérieur du cercle intime de la famille. Peu de solutions agréables s’offraient à ces enfants atteints de ce qu’on considérait comme une maladie incurable.

Prudence et Reginald n’étaient pas des parents cruels. Peut-être un peu froids et distants comme le voulait leur époque et la façon dont ils avaient été élevés, mais ils aimaient leurs enfants. Isobel ne pouvait pas rester avec eux. L’enfant n’avait pas sa place dans la société sorcière, elle ne serait pas heureuse. Ils ne pouvaient pas se résoudre à tuer leur enfant et la tenir recluse chez eux n’étaient pas une option. La décision fut prise en quelques jours : elle serait adoptée par une famille moldue et rayée de l’arbre familial. Le plus dur fut d’annoncer la nouvelle à l’enfant qui pleura, tempêta, ne comprenant pas ce qui lui arrivait.

Un mois plus tard, ses parents avaient trouvé une famille moldue sans enfant, dont le patrimoine familial leur assurait que leur fille pourrait jouir du même confort qu’elle aurait eu si elle était restée avec eux. Charlotte et Edward Gardner étaient un couple sans enfant, Edward étant stérile, ils envisageaient d’adopter. Charlotte était femme au foyer et Edward travaillait en tant que banquier, sa fortune lui venant de sa famille maternelle qui avait investi dans les chemins de fer lors de leur construction en Angleterre.

Dire que les débuts furent faciles serait mentir. Il fallut un temps d’adaptation, à la fois pour les nouveaux parents qui héritaient d’une petite fille de presque onze ans, mais également pour l’enfant qui passait du monde sorcier au monde moldu à un âge déjà très avancé. Néanmoins, bon gré, mal gré, la transition se fit, et Isobel fut très heureuse. Son frère aîné la renia et ne prit jamais la peine de lui écrire. Sa sœur, Marianne, lui écrivait fréquemment et il n’était pas rare de voir sa chouette taper au coin de la fenêtre au grand effroi de sa mère adoptive. Quant à George, très jeune lors de son départ, il avait tendance à oublier cette deuxième sœur dont il se souvenait à peine. Ses parents ne lui écrivaient qu’une fois par an, pour son anniversaire. Des sentiments plus que mitigés les animaient. Ils ne pouvaient pas s’empêcher de penser à leur fille qu’ils avaient dû abandonner, mais la coupure devait se faire pour eux comme pour elle. Ils ne se revirent plus pendant vingt-six ans.

Isobel Gardner se maria en 1963 avec William Moore, fils du comte de Suffolk Charles Moore dont il hériterait un jour le titre. Ils s’installèrent chez ses beaux-parents à Charlton Park, elle tomba rapidement enceinte et un petit garçon, Edward, vit le jour en 64. Deux ans plus tard, sa petite sœur, Anne, naissait. A première vue, au grand soulagement des parents, les enfants étaient parfaitement normaux, c'est-à-dire cracmols eux aussi. L’idée ne vient jamais à Isobel que ses enfants pourraient avoir le gène sorcier en eux. Après tout, le monde sorcier n’avait jamais connu de cas où la magie sautait une génération. Et s’il en avait connu, personne n’en avait jamais parlé.

Le premier incident fut presque anodin. Anne, quatre ans, fut retrouvée sur une branche d’un chêne hurlant avec toute la force de ses petits poumons. On avait appelé les parents en urgence, et la bonne chargée de la surveillance des enfants fut renvoyée  sans qu’on puisse obtenir d’elle une explication concrète. Une enfant de quatre ans n’ayant pas pu grimper seule aussi haut, un adulte l’avait certainement aidée, mais qui ? D’autres incidents tout aussi anodins survinrent au cours de l’année. Un jour, alors que la bonne descendait les enfants pour le petit déjeuner, Isobel tiqua en voyant la couleur de la robe de sa fille, elle était persuadée qu’elle la lui avait achetée en bleu marine, et celle-ci était désormais vert foncé. Haussant les épaules, elle attribua ça à sa propre distraction. L’idée que ça puisse être de la magie n’effleura même pas la jeune maman. Le seul rappel à la magie dans cette maison était la chouette de sa sœur qui se faisait de plus en plus rare. Elle aussi s’était mariée à un dénommé Bill Prewett et avait deux garçons, Olivier et Theophilus, un peu plus âgés que ses propres enfants. Les incidents s’espacent et sont toujours aussi anodins, Anne elle-même ne se rend pas compte qu’ils sont de son propre fait. Elle commence l’école primaire à la Godolphin School à Salisbury. Il fallut attendre les huit ans de l’enfant pour que ses parents comprennent qu’elle était une sorcière.

Ils se tenaient dans la salle à manger de Charlton Park, la table était dressée et les invités arriveraient trois heures plus tard. Anne furibonde tapait du pied, des larmes de crocodile dans les yeux – uniquement destinées à faire fléchir ses parents – parce qu’on refusait de la laisser dîner en compagnie des « grands ». A huit ans arguait-elle, elle était bien assez grande que pour dîner avec eux. Le refus était catégorique et ni les cris, ni les pleurs ne firent céder ses parents. Comprenant qu’elle perdait la partie, sa colère se fit plus intense, et presque simultanément, l’ensemble des verres de la salle explosèrent.

Il y eut un silence stupéfait, les pleurs d’Anne s’arrêtait tandis que ses parents se regardaient effarés.

« Isobel …
Pas un mot William. »

Prenant sa fille avec elle, Isobel monta dans sa chambre et laissa sa fille jouer avec ses toilettes pour la distraire tandis qu’elle prenait une feuille et un stylo pour écrire à sa mère et à sa sœur. Il y avait dans la résidence, une volière extérieure où Isobel gardait une chouette, cadeau de Marianne pour lui permettre de garder contact avec elle. Elle lui accrocha le message à la patte en insistant sur le fait que celui-ci était urgent. Ce ne fut que quand le message se fut envolé qu’elle se sentit céder à la panique : qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire ?

La réponse de sa sœur arriva le soir même. Marianne tout comme son mari Bill étaient d’accord. L’enfant était sans nul doute d’ascendance sorcière et on ne pouvait nier son héritage, elle devait recevoir une formation appropriée et aller à Poudlard. Les deux sœurs s’étaient parfois revues, mais ce n’était plus le cas depuis les années 70. Un sorcier, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, comme l’appelait sa sœur, se battait avec ses fidèles pour éradiquer les moldus et né-moldus. Si la famille de ses parents, les Fawley étaient restés neutre dans le conflit, il n’en était pas de même pour les Parkinson, la famille sa mère, qui s’était rangée du côté du Lord et de ses mangemorts. Si George, en Australie, n’avait aucune opinion sur le conflit, ce n’était pas le cas d’Archibald, qui d’après Marianne faisait partie des partisans du Lord. Quant à sa sœur, sa position était précaire puisqu’elle-même et les Prewett, la famille de son mari, s’étaient engagés à soutenir la cause de l’Ordre du Phénix. Une lettre de sa mère lui arriva trois jours plus tard, lui expliquant qu’elle avait pris le temps d’aller à Sainte-Mangouste pour en parler avec son oncle Harry, médicomage à l’hôpital. C'était lui qui l'avait diagnostiqué comme cracmole à l'époque. A la connaissance de son oncle, il n’avait jamais entendu parler d’aucun cas comme celui d’Anne. Il recommandait qu’on la fasse venir à Sainte-Mangouste pour passer des tests, au vu de la conjoncture actuelle dans le monde sorcier, sa mère, qui portait ici bien son nom, proposait de l’emmener elle-même. Les cracmols n’étaient pas mieux vus que les nés-moldus dans le monde sorcier ces derniers temps. Isobel accepta, songeant que Prudence verrait sa petite-fille pour la première fois depuis sa naissance et qu’elle-même n’avait pas vu sa mère depuis trente ans.

Les retrouvailles furent pour le moins malaisées. Anne semblait prendre la chose avec beaucoup plus de décontraction que sa mère. Les enfants ont cette capacité de dédramatiser toutes les situations. Pour Anne, il était tout à fait normal d’être une sorcière, après tout, on en parlait bien dans les histoires qu’on lui lisait avant d’aller au lit. Elle existait réellement, et voilà tout. Tout comme il semblait logique d’avoir une famille élargie. Elle avait trois grands-mères au lieu de deux ? A la bonne heure ! Ça ferait toujours plus de cadeaux à Noël. On fit faire les tests à la petite fille, dans le plus grand secret, sous son œil émerveillé devant tant de magie. Les résultats furent formels, elle démontrait un potentiel magique tout à fait normal pour une enfant sorcière de son âge. Néanmoins, sa situation était délicate, on n’avait jamais vu un enfant de cracmol revenir dans le monde sorcier et au vu de la terreur qu’installaient le Seigneur des Ténèbres et ses sbires depuis quelques années, il faudrait créer une parade. Un autre problème se posait, celui de la nature de son sang. Elle était sang-mêlée, la première de deux longues lignées de sang-pur. A une époque où la nature du sang était tellement importante, ça ne pouvait pas se savoir.

Prudence ne portant pas son nom pour rien fit jouer de ses relations. Si les Fawley n’étaient pas une des familles sang pur les plus connues, ils avaient tout de même un certain poids et étaient liés, comme beaucoup de leurs semblables, à d’autres familles sang-pur. Anne ne pouvait pas être reconnue comme une Fawley, elle était sang mêlé, et ça aurait terni la lignée si jamais ça c'était su. Sans être extrémiste, Prudence, tout comme son mari, désirait garder la lignée pure. Elle fit appel à sa propre famille les Parkinson. Un de ses grands-oncles, Vildiur Parkinson, âgé de 75 ans, travaillait encore au ministère, elle lui fit créer une famille sorcière fictive du nom de Fraser dont les origines étaient australienne. Un sang pur qui se serait marié à une Fawley éloignée et qui seraient morts dans les conflits de ces dernières années. Le lien ténu qui lierait Anne aux Fawley expliquerait pourquoi la famille prendrait la peine de prendre l’enfant sous son aile sans qu’on pose trop de questions. Pour Prudence, la situation actuelle était trop instable pour qu’on envisage de dire au monde qu’elle était la fille d’une cracmole. Il valait mieux prévoir toutes les éventualités.

Le tout fut arrangé, et il fut décrété qu’Anne viendrait tous les samedis chez ses grands-parents pour suivre quelques cours avec le tuteur qui s’occupait déjà des enfants d’Archibald, trois garçons turbulents, Matthew, Roland et Peter, dont l’aîné entrerait à Poudlard en Septembre. Du haut de ses huit ans, Anne était bien loin de se rendre compte de tout ce que sa situation avait d’exceptionnelle. Pour elle, elle n’était qu’une enfant qui se rendait compte que le monde était encore plus merveilleux qu’elle ne l’avait pensé. Et si elle s’était en effet demandé pourquoi elle ne découvrait ce pan de sa famille que maintenant, ce fut pour se dire aussitôt qu’il devait y avoir une bonne explication à tout ça.

Si Anne ne se rendait pas compte que sa situation était loin d’être normale, ce n’était pas le cas de ses parents. Son père en particulier était pour le moins angoissé à l’idée de savoir que sa cadette était une sorcière. Certes, il avait toujours su que sa femme n’était pas comme lui, elle lui en avait parlé avant leur mariage et lui avait assuré qu’elle-même ne possédait pas une once de pouvoir magique. Ce n’était pas un sujet aisé pour Isobel aussi venait-il rarement sur le tapis. Elle avait eu, lui avait-elle expliqué, une enfance tout à fait heureuse, pourtant, parfois, elle avait souhaité qu’on lui ait effacé la mémoire avant de la faire adopter, il était plus facile de ne pas savoir que de savoir. Elle avait également souvent regretté que ses parents biologiques n’aient jamais vu les enfants. Il n’avait pas commenté, mais dans son for intérieur, William était soulagé. Il ne pouvait pas comprendre ce qu’il y avait de si grave dans le fait que sa femme n’ait pas de pouvoir magique. Ça lui semblait être une excuse un peu faible pour abandonner son enfant. On pouvait donc largement comprendre son peu d’enthousiasme à l’idée que sa fille soit sorcière. Sa petite fille, lâchée dans un monde qui n’avait pas voulu de sa mère, comment se pouvait-il qu’elle y soit acceptée sans le moindre haussement de sourcil ?

Sa rencontre avec sa belle-mère fut d’ailleurs une catastrophe. Pour la première fois en trente ans, elle se déplaça pour venir rendre visite à sa fille à Charlton Park. Elle arriva sans voiture, il ne savait pas trop comment, et seule. C’était une femme dans la force de l’âge, il ne lui aurait pas donné plus de 55 ans, habillée en noir d’une longue robe. Son visage était sévère et ses cheveux noirs parsemés de blanc étaient tirés dans un chignon qui ne la rendait pas plus aimable. William devait l’admettre, elle était impressionnante, mais il était bien décidé à ne rien en faire paraître. Il demanda à ce qu’on apporte des rafraichissements et ils s’installèrent dans le salon privé de sa femme pour discuter. Après avoir échangé quelques banalités d’usage, sa femme et sa belle-mère entrèrent dans le vif du sujet. L’enfant était sorcière, tous les tests le prouvaient, elle devait donc avoir une scolarité sorcière. Le mot « devait » fit tiquer William. Il n’aimait guère qu’on lui donne des ordres, et encore moins qu’on en donne à ses enfants. Néanmoins, il connaissait le bien-fondé de l’argument.  Sa fille avait des pouvoirs et devait apprendre à les contrôler sans quoi les incidents pouvaient s’avérer fâcheux, mais était-il indispensable qu’elle aille étudier dans ce fameux Poudlard dont il entendait parler ? La discussion continua, remplie de termes auxquels il ne comprenait goutte, mais sa fierté l’empêchait de demander des explications en présence de Prudence Parkinson. Presque silencieux pendant l’entièreté de la discussion, il y eut néanmoins un point pour le faire sortir de ses gonds. Prétendre venir d’une autre famille ? Des parents morts. Il se leva d’un bond, furibond, fusillant du regard cette femme qui avait fait interruption dans leur vie sous le regard désolé de sa femme.

« Il suffit madame, je n’en entendrai pas plus. Il est hors de question que ma fille prétende venir d’une autre famille que la nôtre. Des parents morts ? Et puis quoi encore ! De quoi ma fille devrait-elle avoir honte je vous prie ?
-Monsieur Moore …
-Lord Suffolk.
-Je vous demande pardon ?
-Je m’appelle Lord Suffolk, Comte de Suffolk et comme je le répète, il n’y a rien dont ma fille doive être honteuse. Si son ascendance lui porte préjudice dans votre monde, il n’en est pas de même ici. Je refuse de voir partir ma fille dans un monde où on la discriminera parce sa naissance n’est pas conforme à vos standards. Nous sommes en 1974 mon Dieu, on n’a pas passé la seconde guerre mondiale pour voir ça. »

Tout anglais qu’il était, il lui était impossible de s’énerver plus sans insulter son invitée et il regrettait déjà son coup d’éclat. Néanmoins, il ne pouvait pas décemment s’entendre dire qu’il fallait que sa fille les prétende morts sans ciller. Sa femme le regarda d’un air désolé, détentrice d’une vérité qu’il ne possédait pas. Il était perdu dans ce monde qu’il ne connaissait pas et ça le rendait nerveux. Sa belle-mère polie, ne fit pas de commentaires directement et se contenta de se lever en disant à sa fille :

« Isobel, ma chère, je te laisse le soin d’en parler avec ton mari, je vois que le sujet nécessite une discussion. »

Le tout était dit comme si elle savait qu’elle aurait gain de cause à la fin. Se tournant vers lui, elle lui tendit la main.

« Lord Suffolk », il sentit un brin d’ironie quand elle prononça le titre qui était devenu le sien un an auparavant à la mort de son père.

« Il est logique que vous soyez déconcerté, je le conçois, néanmoins, sachez ceci. Quoiqu’il fasse, un sorcier restera toujours un sorcier, et c’est ce qu’est votre fille. Tenter de vous voiler la face n’y changera rien. Le monde sorcier est un monde dur, parfois cruel, et elle devra jouer selon ses règles. Il serait inutile de tenter de transposer vos valeurs dans notre monde, elles n’ont pas lieu d’être. Inutile de me raccompagner, je connais la sortie.»

Et sans plus de cérémonie, sous le regard ahuri de William, elle transplana.

--

3 ans plus tard
Septembre 1977 – Gare de King's Cross, Plateforme 9 ¾


« Ne me bouscule pas !
-Je t’ai pas bousculé Theo, t’as qu’à regarder où tu marches.
-Les gars, j’vous préviens, hors de question que vous me colliez dans le train, j’ai une Poufsouffle  à draguer moi !
-Grand-mère, Roland a dit qu’il voulait pas qu’on aille avec lui dans le train.
-Draguer, tu parles, tu vas encore te prendre un veste.
-Anne t’es sûre que t’as pas vu où j’ai rangé mes gants de Quidditch hier ? »

C’est cinq enfants surexcités, accompagnés par leur grand-mère qui franchirent le mur qui les séparait de la voie 9 ¾. Si les garçons étaient déjà habitués à la vision qui s’offrait à eux, ce n’était pas le cas d’Anne. Elle poussait son chariot sur lequel se trouvaient ses valises et une cage contenant une chouette au plumage foncé et au regard intensément contrarié par le bruit ambiant. Elle s’arrêta un moment, regardant autour d’elle sans pouvoir s’empêcher d’être émerveillée. En dehors du Chemin de Traverse où elle n’était allée que deux fois, elle n’avait jamais vu un tel rassemblement de sorciers et de sorcières.

« Roland, prend la valise de la cousine et mets-la avec celles des autres tu veux bien ? »

La suggestion n’en était pas une et Roland le savait aussi prit-il les affaires de sa cousine sans un mot.

« N’oublie pas Anne, c’est très important, on s’en tient à ce qu’on a dit. »

Une moue contrariée apparut sur la figure de la fillette, elle hocha la tête sans un mot, indiquant par là qu’elle savait ce qu’elle avait à faire. Sa grand-mère l’embrassa, et fit de même avec le reste de ses petits-enfants, quand bien même Roland et Peter du haut de leurs 17 et 15 ans essayaient désespérément de s’y soustraire. Aucun des enfants ne fit allusion au fait que, cette année, aucun de leurs parents n’était présent sur la voie 9 ¾ pour leur dire au revoir.

Anne, puisque ses parents étaient officiellement morts, ne pouvaient pas se permettre d’avoir sa famille avec elle. Quant à Marianne et Bill Prewett, les parents d’Olivier et Theophilus, ils désaprouvaient profondément la politique d'Archibald l'aîné de la famille et ne voulait pas se trouver en sa présence. Engagés avec l’Ordre du Phénix, il leur avaient semblé plus sûr de confier leurs enfants à la branche neutre de la famille en espérant que le conflit se terminerait bientôt. Archibald et Esther quant à eux avaient choisi de dire au revoir en privé pour ne pas froisser l’ensemble des enfants présents. Les divergences politiques dans la famille étaient connues de tous. Archibald et Esther ne s’étaient jamais entendus avec Marianne et son mari dont les idées étaient aux antipodes des leurs. Pourtant, parce que la parole de Prudence et Reginald faisait force de loi dans la famille, tout ce petit monde gardait son opinion pour soi et dans un souci d’unité tentait de faire front commun pour les enfants. Seul Matthew manquait à l’appel. A vingt ans, le fils aîné d’Esther et Archibald  était une tête brûlée qui rêvait de s’engager au côté du Seigneur des Ténèbres et de devenir un de ses mangemorts. Depuis sa sortie de Poudlard et son entrée à l’université, il refusait tout bonnement de parler à certains membres de sa famille. Marianne et Bill étaient des traîtres à leur sang et leurs enfants aussi jusqu’à preuve du contraire. Il méprisait Anne parce qu'il avait entendu ses parents dire qu'elle n'était pas de sang aussi pur qu'elle le prétendait et faisait comme si elle n’existait pas s’il avait le malheur de la croiser. Quant à ses grands-parents, il se bornait à leur dire bonjour sur l’insistance de ses propres parents. Il ne pouvait pas admettre qu'ils puissent rester neutre alors que la plupart des familles sang-pur avaient donné leur opinion. Seul son oncle George trouvait encore grâce à ses yeux puisque ne vivant pas en Angleterre, il ne se mêlait pas de leurs histoires.

Chaque famille a ses propres problèmes et celle d’Anne ne faisait pas exception. Les adieux étant faits, la promesse d’écrire souvent aussi, les garçons montèrent dans le train, Anne sur leurs talons.

« On se voit plus tard les gars. », leur glissa Roland qui partit draguer sa Poufsouffle.
Olivier se tourna vers Peter, et de l’argent changea de main :
« 5 gallions qu’elle lui dit non !
-C’est pas juste, moi aussi je voulais parier qu’il s’en prenait un, c’est de l’antijeu.
-Premier arrivé, premier servi ! Tu paries Theo ?
-Aucun intérêt, Olivier a déjà gagné, je m’en voudrais de te détrousser de ton argent si tôt dans l’année. »

Si Matthew avait du mal avec sa famille, ce n’était pas le cas de Peter et Roland. Les cadets d’Archibald et Esther s’entendaient bien avec leurs cousins, même avec la très impopulaire Anne Fraser. Roland mis à part, Peter, Anne, Olivier et Theo gravitaient dans la même sphère d’âge. Aussi même s’ils n’étaient pas dans la même année, ni dans les mêmes maisons, les enfants s’entendaient plutôt bien. Les garçons formaient un quatuor solide quand les temps étaient durs et ils entendaient bien inclure leur cousine dans l’équation. Leurs grands-parents avaient été formels. Ils étaient une famille, ils se devaient de faire front commun. Anne, même si elle n'était pas une cousine proche était des leurs, ils avaient été élevé ensemble après tout. De la véritable origine d’Anne, les enfants ne savaient rien. A leurs yeux, Anne Fraser était une cousine éloignée dont le décès prématuré des parents lui avait valu d’être prise sous l’aile d’une autre branche de sa famille. Ni plus, ni moins. Depuis bientôt sept ans, le conflit faisait rage entre l’Ordre du Phénix et Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Nombre de leurs camarades avaient appris qu’on avait vu la marque au dessus de leur maison et qu’un membre de leur famille était mort tué par les mangemorts, à l’inverse, certaines familles qu’on soupçonnait d'être pro-puristes avaient vu des membres « disparaître » de façon mystérieuse. Les deux camps étaient durement touchés, et en ces temps troublés, même les adolescents qu’ils étaient avaient conscience de la chance qu’ils avaient d’avoir une famille encore intacte.

« Bon on se trouve un wagon ? Tu viens avec nous Anne ? »

Intimidée, Anne suivit ses cousins. A l’idée d’aller à Poudlard, elle n’avait ressenti que de l’excitation. Son père n’était pas très heureux, il voulait le meilleur pour elle et il était persuadé qu’elle ne le trouverait pas dans le monde sorcier. Néanmoins, il s’était rangé aux arguments de sa femme. Son frère Edward était un peu jaloux, quoi de plus logique, mais dans le fond, quand bien même on lui affirmait que sa sœur était une sorcière, ça ressemblait trop à une vaste blague pour l’adolescent. A 13 ans, il pensait bien plus à ses copains et à son intérêt tout neuf pour les filles du voisinage qu’à d’éventuelles prouesses réalisées par un bout de bois aussi intriguant soit-il. Pour les enfants venant de leur classe sociale, leur avenir était tout tracé. On les mettait dans les meilleures écoles privées possible pour les préparer à l’université, ils avaient tous les avantages que des enfants bien nantis pouvaient avoir. Son destin à elle serait différent. On disait que Poudlard était la meilleure école qui soit, mais c’était une école où elle devrait jouer un rôle. Ce n’était qu’une bagatelle lui avait dit sa nouvelle grand-mère. Prudence Parkinson était une femme froide et austère avec tous ses petits-enfants, quant à Reginald, son grand-père, il vivait toujours dans cette conception qui voulait que ce soit sa femme qui ait des rapports avec les enfants. Après trois ans, elle ne se sentait donc pas spécialement plus proche d'eux qu'au début. Cette nouvelle famille qui avait débarqué alors qu’elle n’avait que huit ans ne lui semblait plus aussi merveilleuse qu’avant. Certes, elle avait gagné des cousins qu’elle n’avait pas du côté moldu, mais à quel prix ?

Quand on a 11 ans, prétendre être quelqu’un d’autre que ce qu’on est semble assez dur. Et ça l’était, même devant ses cousins, elle se devait de prétendre que ses parents étaient décédés. Ça lui donnait l’impression de ne pas être honnête et ne pas vraiment pouvoir s’investir correctement dans une relation. Ça entrait en contradiction avec l’éducation qu’elle avait reçue, même si c’était pour son bien. Désormais, ce n’était pas juste à ses cousins qu’elle devait mentir, mais bien à l’ensemble de Poudlard. En serait-elle capable ? « Comment tu t’appelles ? », une question aussi simple pouvait dériver au drame si elle répondait Moore au lieu de Fraser. Elle prit une profonde inspiration et murmura :

« Je peux le faire.
Faire quoi ? », lui demanda Olivier au vol qui avait entendu ce qu’elle venait de dire.

« Te battre à la bataille explosive bien sûr. », répondit-elle du tac au tac avec un sourire où elle tentait de cacher l’angoisse sourde qui montait en elle.

Elle restait une enfant de onze ans, les peurs ne restaient pas longtemps et elle retrouvait son insouciance rapidement lorsqu’elle était en compagnie de ses cousins. Ils étaient plus âgés qu’elle, qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver après tout ? Le voyage dans le train lui sembla rapide, et elle fit connaissance de quelques élèves pendant le trajet. Arriva ce qui devait arriver et elle fut séparée de sa famille pour aller à la cérémonie de répartition. C’est la directrice des Gryffondor qui les accueillit, le professeur McGonagall.  D’entrée de jeu, la plupart des élèves se turent. Elle avait un aspect strict et sévère qui imposait le respect. A vrai dire, tout au long de sa scolarité, Anne ne put s’empêcher de trouver son professeur de métamorphose quelque peu effrayante et ce, jusqu’à ce qu’elle croise son professeur en train d’agiter des fanions aux couleurs des Pies de Montrose lors d’un match de la coupe d’Angleterre en 1983. Dès lors, elle et ses cousins avaient dû se retenir de rire à chaque fois qu’ils la voyaient en cours.

La répartition, même si les élèves ne s’en rendent pas compte sur le moment, est un moment important dans la vie d’un sorcier. Au final, c’est elle qui va déterminer une partie de sa vie et on peut dire qu’après la répartition, plus rien n’est vraiment comme avant. Pour Anne, la répartition s’était passée dans un état second. Elle était entrée dans la grande salle en admirant le décor, et légèrement intimidée par tous ces élèves ressemblés. La salle lui avait paru immense et le chemin jusqu’au Choixpeau laborieux.

« Anne Fraser »

L’enfant eut le souffle coupé en entendant son nom. La maison où elle irait était sujet à débat dans la famille. Ses cousins étaient éparpillés dans les différentes maisons de Poudlard, seul Serdaigle n’avait pas vu de Fawley grossir ses rangs.  Matthew et Olivier étaient à Serpentard. Roland était à Poufsouffle au grand désespoir de ses parents tandis que Peter et Theo étaient  à Gryffondor.

« Oh je vois, ce n’est pas commun de mentir comme ça pour une enfant. Plusieurs possibilités pour toi, tu es intelligente et tu ne demandes qu’à apprendre, je sens une grande soif de savoir, mais tu es prudente aussi et tu sais où sont tes intérêts, je vois que tu serais prête à tout pour arriver à tes fins, oui je crois que tu pourras t’épanouir à
SERPENTARD. »

Comme pour les autres élèves, les applaudissements éclatèrent,  tandis qu’Olivier lui faisait signe de le rejoindre. Ce qui avait semblé durer des heures à Anne n’avait en réalité duré que quelques secondes.

Encore maintenant, quand on demande à Anne comment fut sa scolarité à Poudlard, elle peine à répondre de façon cohérente. Poudlard fut une révélation. Quand on apprend à l’âge de huit ans qu’on est une sorcière et qu’on se découvre une famille inconnue et une existence insoupçonnée, on a toujours un peu du mal à y croire, en particulier pour quelqu’un d’aussi rationnel qu’Anne. Elle se rappelait que la première fois que son père l’avait emmenée à l’église, elle avait demandé où était Dieu. Il lui avait répondu qu’il était invisible, mais présent dans l’esprit et le cœur de chacun. Anne avait rétorqué que l’esprit et le cœur étaient sûrement trop petits pour y mettre une autre personne et qu’il n’avait qu’à se montrer comme ça elle serait sûre qu’il était là. Son père avait beau lui avoir expliqué que ce n’était pas aussi simple, Anne n’avait jamais pu croire en Dieu. Poudlard lui avait fait le même effet, elle n’avait pris conscience de la réalité des choses qu’une fois dans le Poudlard Express et devant le Choixpeau, avant, tout ça n’avait semblé qu’être un rêve un peu étourdissant.

Plus qu’une école, ce fut aussi une famille pour elle. Pendant sept ans, la plus grande partie de sa vie se déroula à Poudlard. Serpentard fut pour le meilleur et pour le pire sa seconde famille, et sa relation avec ses cousins évolua au point qu’elle ne ressentit plus cette gêne qu’elle avait eue au début quand ils avaient débarqué dans sa vie. Bien entendu, elle ne trahit jamais son secret, à l’école, seul Dumbledore et le Choixpeau savaient, et c’était bien suffisant. De Septembre à Juin, elle était une sorcière et s’appelait Anne Fraser. De Juillet à Août elle redevenait Lady Anne Moore. Il était étrange de passer du Quidditch à l’équitation, et surtout de rattraper le retard qu’elle prenait dans les matières moldues. Son père avait insisté, elle irait à Poudlard, mais elle devait pouvoir aller à l’université et faire des études moldues si c’était son désir au terme de ses sept années d’études. Bon gré, mal gré, Anne faisait avec ses cours particuliers d’été. Elle avançait bien plus lentement que si elle avait eu un cursus normal, mais ses parents assuraient que ce n’était pas perdu. Pour leurs amis et connaissances, ils expliquaient que leur fille faisait ses études à l’étranger, le climat trop humide en Angleterre ne convenant pas à sa santé fragile. Ça justifiait son absence durant l’année scolaire.

Ce qui la marqua réellement durant ces années d’études fut la guerre entre l’Ordre du Phénix et les partisans du Seigneur des Ténèbres. A Poudlard, pourtant le seul endroit sûr du Royaume-Uni en ces temps troublés. Octobre 81 vit la guerre arriver à sa fin, et sa cinquième année fut rythmée par la une des journaux qui annonçaient que Dolohov avait été mis à Azkaban, la mort de Rosier, l’innocence de Malefoy trompé par celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ou encore la torture des aurors Londubat.

A l’école, elle était une étudiante tout ce qu’il y avait de plus commun. Bonne élève, elle aurait pu l’être plus si elle ne bavardait pas en classe. Elle aimait apprendre, mais toutes les matières ne l’intéressaient pas. Sportive, elle fit dès sa deuxième année partie de l’équipe de Quidditch des Serpentard comme remplaçante, et fut titulaire lors de sa troisième grâce à Yolande Leach dont le départ libérait une place parmi les poursuiveurs de l’équipe. Quelques coupes gagnées et quelques cognards ramassés convainquirent rapidement l’adolescente qu’une carrière dans le sport était à exclure.

Lorsqu’elle eut fini Poudlard, elle n’avait pas encore fini ses cours moldus par correspondance, c’est donc automatiquement qu’elle se dirigea vers des études sorcières. La guerre ayant marqué une bonne partie de sa jeunesse, elle voulu se diriger vers une carrière de tireur d’élite de baguette magique, une année finit par la convaincre que ce n’était définitivement pas sa voie. Bien que bonne en sortilèges, il lui manquait ce petit quelque chose qui faisait des tireurs d’élite, l’élite. Intéressée par la Botanique, elle est diplômée en 1986 après trois années d’études et embraye sur un master en recherche magique où elle se spécialise sur l’impact des sorts et des potions sur le métabolisme sorcier et moldu. Elle est diplômée en 1988 avec les félicitations du jury et hésite à faire une thèse, mais une proposition de travail dans une entreprise de recherche magique met fin à son hésitation. Elle y reste un an et demi avant d’être recrutée comme langue de plomb. Elle y travaille toujours aujourd’hui et monte progressivement dans la hiérarchie. Douée en métamorphose, on lui propose à 29 de tenter de devenir animagus, le processus étant long, elle travaille toujours dessus. Après avoir enfin obtenu son diplôme de secondaire moldu par correspondance, elle fit deux ans à l’université par correspondance également, plus pour faire plaisir à ses parents qu’autre chose. Le travail étant trop prenant pour continuer les cours, elle abandonna l’idée de finir ses études sachant que même si elle gardait son identité moldue, elle vivait principalement dans le monde sorcier. Officiellement pour sa famille, elle n’avait pas souhaité continuer ses études après son bac, et vivait de la rente que ses parents lui avaient allouée. Elle voyageait et s’occupait d’œuvre de charité à travers le monde. Son frère étant l’héritier du titre, les gens étaient plus attentifs à ses actions qu’aux siennes.

La mort de sa grand-mère en 1993 et d’Albus Dumbledore en 1997 laisse peu de personnes au courant de son secret. Vildiur Parkinson étant mort pendant la première guerre sorcière, il y avait peu de chance que son secret fuite. Néanmoins, malgré les années, Anne était toujours douloureusement consciente que son identité était fausse. Elle tentait de l’oublier la plupart du temps, mais la réalité la rattrapait souvent. Bien qu'officiellement sang-pur, Fraser n'était pas un nom connu en Angleterre et elle ne parlait jamais de la nature de son sang à moins qu'on ne lui pose la question. Ironiquement, elle se sentait parfois bien plus à l’aise dans le monde moldu, son secret étant bien moindre.

L’année 1994 voit une guerre invisible commencer. Anne, comme la plupart des sorciers ne s’en serait probablement pas rendu compte si elle n’avait pas eu son cousin Matthew Fawley. Matthew avait toujours eu un mépris très marqué pour elle tout comme ses parents.Elle était cette inconnue qu'on avait recueilli dans la famille sous prétexte qu'elle leur était liée. Elle n’avait jamais été proche de Matthew, leur différence d’âge était trop forte, et leurs idées radicalement opposées. Puriste jusqu’au bout des ongles, il prônait la suprématie des sang-pur et refusait de parler à sa tante Marianne Prewett depuis qu’il la soupçonnait d'avoir combattu au côté de l’Ordre du Phénix lors de la première guerre sorcière. C’est à table, lors d’un dîner familial en présence de son grand-père qu’elle comprit le fossé qui les séparait. Depuis quelques mois, il s’était mis en tête de dénicher de vieux magazines sorciers. Exceptionnellement, il avait fait appel à elle tout en insistant sur le fait qu’il détestait lui demander une faveur. Travaillant au ministère, elle avait accès à toutes sortes d’archives dont celle de « Sorcier en Guerre », il travaillait, lui avait-il dit, sur un article traitant de la presse en période de guerre. Elle n’y avait pas vu de mal et avait dupliqué certains magazines. Sorcier en Guerre datait du XVIIe siècle et son rédacteur en chef, Brutus Malefoy, un activiste anti-moldu, semblait être devenu une des idoles de son cousin. C’est entre le plat et le dessert qu’il jugea utile de leur citer un extrait bien choisi :

« Voici ce qu’on peur établir avec certitude : un sorcier qui marque de l’affection pour la société des Moldus est d’une intelligence inférieure et sa magie si insignifiante, si pitoyable, qu’il lui faut s’entourer de porchers moldus pour se sentir supérieur. Il n’est pas de signe plus sûr d’une faible magie que la faiblesse envers une compagnie dépourvue de magie. »


La citation provoqua un tollé indigné à table en particulier chez Olivier et Theophilus qui partageaient l’idéologie de leurs propres parents. Soucieux de ne pas faire un scandale devant leur grand-père, la discussion s’arrêta là, mais plus que jamais, un fossé se creusait. Dans les années qui suivent, Anne n’entend plus parler de son oncle Bill et de sa tante Marianne, ceux-ci ayant probablement rejoint une seconde fois l’Ordre du Phénix, Olivier et Theophilus se font de plus en plus distants du reste de la famille tandis que Matthew et ses parents se proclament puristes. Matthew rejoindra d’ailleurs les forces puristes du Seigneur des Ténèbres rêvant de devenir mangemort. Sa mort en 1997 en territoire moldu change la donne. Reginald Fawley vit très mal la mort de son petit-fils préféré et sort de sa neutralité apportant son soutien aux forces puristes. Il renie sa fille et son beau-fils absent et exhorte le reste de sa famille à ne pas rester neutre dans le conflit. Anne tout comme le reste de sa famille est donc associée au mouvement puriste. Travaillant au ministère et au département des mystères, elle est consciente que le ministère a désormais changé de main et que la balance ne penche pas en faveur des forces merlinistes. Opportuniste et prête à tout pour assurer sa propre survie dans le monde magique, elle décide de taire ses sympathies merlinistes pour le moment en tout cas.






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Dernière édition par Anne Fraser le Jeu 16 Juin - 14:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V] Ven 22 Jan - 16:41

Rebienvenue ma chère !

(On a mangé mais on a vaincuuu ! Vive nous !)

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MessageSujet: Re: Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V] Ven 22 Jan - 17:53

Re-Bienvenue!

(wé, j'suis éloquente, j'sais)
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MessageSujet: Re: Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V]

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Anne Fraser || L'art d'une imposture presque parfaite[V]

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