POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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C'est sans danger ? || Anne [Fini]

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Anne Fraser


MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Sam 13 Fév - 16:48

Née dans une vieille famille de l’aristocratie anglaise, l’éducation d’Anne avait été stricte. Dès son plus jeune âge, on lui avait appris les bonnes manières. On était pas au 18eme siècle et personne dans sa famille n’aurait attendu d’elle qu’elle se mette en retrait simplement parce qu’elle était née fille. Par contre, il ne faisait nul doute à ce qu’on attendait d’elle qu’elle soit bien mise, polie, respecte et écoute ses aînés. Somme toute, ses parents avaient voulu faire d’elle une femme bien élevée, capable de s’adapter à toutes les circonstances, mais plus que tout, ils l’avaient voulue intelligente. Il faut croire qu’ils y étaient arrivés. A 32 ans, Anne avait réussi à finir Poudlard et à finir un cursus moldus. Elle avait fais deux ans d’université moldue par correspondance avant d’abandonner devant la masse de travail qu’elle avait eu dans le monde sorcier. A présent, elle avait une bonne place au ministère de la magie. Quoiqu’elle n’ait jamais dis non à un piston, elle était arrivée là où elle était principalement par la force de sa volonté. Anne était intelligente, mais surtout travailleuse. Là où d’autres passaient avec la facilité que leur conféraient leurs capacités intellectuelles, elle avait toujours dû travailler dur. Ca ne l’avait jamais dérangé. D’intelligente toute à fait normale, elle était éprise de connaissance et c’était probablement pour ça que le Choixpeau avait voulu la mettre à Serdaigle. Qu’elle se soit retrouver aux Mystères pas la suite n’était donc pas étonnant. Spécialisée en recherche magique, elle était néanmoins – comme tous ses collègues – polyvalente. Elle travaillait aussi bien aux renseignements, qu’en recherche. Il lui arrivait parfois de venir en renfort aux oubliators, mais c’était plus rare.

Une des raisons pour lesquelles Anne s’était bien entendu avec Hypérion, c’était qu’ils avaient reçu la même éducation. Bien entendu, la sienne avait été surtout moldue et un peu sorcière avant de rentrer à Poudlard tandis que celle de son ami n’était que sorcière, mais ils avaient les mêmes principes. Ca leur avait fais une base commune. Leur différence d’âge n’aurait pas du en faire en faire des amis, mais l’habitude de sang pur à ne graviter qu’avec leur propre rang avait rendu les choses plus facile. Si Hypérion et Anne se ressemblaient en matière d’éducation, ce n’était pas du tout le cas de Cassidy. Elle n’avait jamais rencontré sa fille avant – s’eut été étrange -, mais elle s’était attendue à voir une jeune fille bien mise et assez policée, en public au moins. Au lieu de ça, c’était un petit bout de jeune femme en pleine crise d’adolescence qui faisait face à son père avec toute l’arrogance de la jeunesse et son sans gêne. Il y avait quelque chose d’extrêmement embarrassant à être entre eux deux pendant qu’ils lavaient leur linge sale en public, dans la loge où se trouvait la femme du ministre et ses proches.

En étant honnête, il fallait admettre qu’Anne n’avait que peu d’amour pour le Ministre et sa famille. Elle les connaissait très vaguement part sa grand-mère, mais ça s’arrêtait là. Quand à la politique prônée par Malefoy, elle ne pouvait pas être d’accord avec elle. Merliniste de conviction, elle était puriste d’apparence et tentait, tant qu’elle le pouvait encore, de ne pas faire état de ses convictions politiques. Quoiqu’il en soit, même si elle n’aimait pas les Malefoy, elle restait soucieuse des conventions et elle était certaine qu’un match de Quidditch en présence du gratin sorcier n’était pas le lieu pour avoir une dispute de famille. En particulier quand elle était juste à côté et qu’elle désirait si ardemment ne pas y être mêlée. C’est donc avec un timing impeccable qu’arriva son assistant dans la loge. Il lui tapa discrètement sur l’épaule tandis que Cassidy expliquait à son père qu’il ne la verrait plus s’il osait lever la main sur elle.

Elle se leva discrètement puisqu’ils ne faisaient pas attention à elle, où du moins le pensait-elle, pour prendre le parchemin apporté par son assistant. Elle parcourut très rapidement le message rédigé dans un langage connu uniquement du département lui-même. Depuis l’intrusion d’Harry Potter et de plusieurs mangemorts au département des mystères, celui-ci avait décidé qu’une mesure de sécurité supplémentaire n’était pas inutile. A présent, toutes les archives et les documents étaient écris dans un langage connu d’eux seul pour mieux protéger les secrets qui s’amassaient aux mystères. Néanmoins, lorsqu’elle eut fini de lire son message, ça ne l’empêcha pas de le bruler entièrement et de faire un signe de tête discret ç l’assistant, indiquant que tout était en ordre. Il prit congé et elle retourna à sa place où la dispute entre père et fille semblait se calmer.

S’ensuivirent quelques commentaires sur le Quidditch et le match tout en recevant les remontrances de Cassie qui ne comprenait qu’on puisse suivre le jeu tout en parlant d’autres choses. Elle avait l’air d’une adolescente amusante et décomplexée qui vivait son match avec beaucoup d’intensité. Sans surprise, avec le père qu’elle avait, Anne découvrit que Cassidy avait la fibre politique et puriste assez affirmée pour ses quinze ans. Malgré ses paroles dures, Anne prit la peine de répondre sans condescendance à l’adolescente.

« Chacun ses opinions politiques, on est en démocratie après tout. », elle accentua le mot démocratie en regardant Hypérion avec un sourire quelques peu moqueurs et elle continua ce qu’elle avait à dire.

« Ce qui est intéressant, c’est que Fleury & Bott prennent la peine de mettre le livre en magasin alors qu’ils se sont de toute évidence ranger du côté puriste depuis l’élection du gouvernement Malefoy. Je pense même que Bott père fait partie du Parti Puriste si je ne me trompe pas. »

Cette remarque était destinée à Hypérion et elle savait qu’il saisirait sans problème les pistes qu’elle lui donnait dans une conversation somme toute, très anodine.

« Je pense que n’importe qui peut être un puriste convaincu, mais j’aime faire la différence entre les gens qui le sont par conviction et les opportunistes. Or, tu constateras assez vite que, si tu ne l’as pas déjà fais, que la plupart des gens qui se disent puristes sont bien incapable de t’expliquer pourquoi ils sont contre le Merlinisme. Shackelbolt, quoiqu’on pense de lui, est une des têtes pensantes du parti Merliniste. Savoir ce qu’il pense est intéressant, le fait qu’il l’ait mis par écrit encore plus. C’est la marque d’un dirigeant qui sent que son parti ne convainc pas comme il le voudrait et qui tente de rallier les masses. »

Quand elle discutait avec les adolescents, elle essayait d’avoir la même conversation avec eux qu’elle aurait eus avec un adulte. Anne avait une nièce du même âge de Cassidy, mais malgré ça, elle n’avait pas encore l’expérience qu’il fallait dans le maniement des adolescents. Pour elle, les traiter d’égal à égal était sensé les encourager à développer leur propre pensée. Malgré tout, on la prenait souvent pour une moralisatrice. Haussant les épaules, elle conclut par un :

« Rappelle-moi dans quelle maison tu es Cassidy ? »

Elle déviait la conversation, et quand on lui donna comme réponse Gryffondor, elle eut un rire franc et moqueur en regardant Hypérion. Elle riait rarement, discrète et sérieuse comme elle l’était, mais en l’occurrence l’idée que la fille d’un Nott soit à Gryffondor avait de quoi être drôle. Elle commenta :

« Eh bien, on peut dire que pour une fois, la pomme n’est pas tombé tout à fais à côté de l’arbre. »


On ne pouvait pas faire plus Serpentard qu’Hypérion Nott puisqu’il était avec ses qualités et ses défauts, un parfait représentant de leur maison. Autant dire que la mère de Cassidy devait être une femme d’une toute autre trempe, mais Anne ne se serait pas permis de faire une remarque, d’autant plus que son ami ne parlait jamais de la mère de sa fille. La discussion reprit son sujet initial, c'est-à-dire les photos auxquelles Hypérion était plus que désireux d’ajouter une légende. Evidemment, lorsqu’il eut obtenu ce qu’il voulait, ce ne fut plus que compliments. Elle lui sourit avec amabilité et commenta d’un air décontracté :

« Tu sais Hypérion, je pense que j’accorderai du crédit à tes compliments le jour où tu me le ferras avant d’avoir obtenu ce que tu voulais de moi. »

Elle n’eut pas le temps de protester qu’il demandait à quelqu’un de transmettre à son père qu’il avait trouvé quelqu’un pour recevoir une promotion. Elle n’avait jamais été du genre à refuser les pistons, elle estimait qu’on n’avait jamais rien à se reprocher tant qu’on faisait du bon boulot – et elle en faisait. Par contre, il avait probablement tenu à cette information plus qu’elle ne le pensait pour lui octroyer une faveur du genre. Elle entendu la remarque de Cassidy à son père sur la corruption, et quand bien même elle aurait voulu répondre, elle estima qu’il valait mieux ne pas le faire, elle eut donc la délicatesse de faire la sourde oreille. Une idée étrange puisqu’elle semblait être la seule des trois à se soucier un tant soit peu des conventions ce soir. La remarque d’Hypérion à caractère salace à peine voilé parvint à la faire rougir un peu. Elle n’aurait jamais osé faire ce genre de remarque avec sa fille présente. Jouer au jeu de la séduction était un classique entre Anne et Hypérion puisqu’il lui faisait des avances depuis qu’elle avait l’âge d’en recevoir et qu’elle le repoussait avec une constance non égalée jusqu’à présent. Aujourd’hui ne fit pas exception à la règle :

« Bien entendu, bien entendu. Tu me connais, je déteste avoir des dettes, mais je pense que pour cette fois-ci, nous sommes quittes. Il va falloir que tu trouves un autre moyen pour que je te doive quelque chose. »

Elle lui fit un sourire charmeur plein de bonne humeur et prit la bouteille laissé par Wilson pour lui servir un nouveau verre de vin qu’elle leva en son honneur :

« Aux amis. Puisse-t-il être toujours aussi utile que nous le sommes. »

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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mar 16 Fév - 19:05

Ne possédant probablement aucune estime pour autre chose que lui-même et son propre génie, Hypérion détestait qu'on le remette en question. Cet acte lui appartenait et il n'acceptait pas qu'on ose soumettre l'idée qu'il n'était pas à sa place. Le fait était qu'Hypérion avait toujours su où était celle-ci. Il n'avait jamais outre-passé les lignes et avait toujours précisément anticipé ses positions pour ne jamais avoir à défendre des débordements injustifiables. Finalement, toutes les prises de risques qu'il avait pu commettre au cours de son existence – et Salazar savait qu'il en avait prises – avait toujours été minutieusement calculée et préparée. Ce n'était pas gratuit, ni même improvisé. C'était parfaitement voulu par leur auteur et les conséquences – souvent plus hasardeuses – n'étaient quelques retombées auxquelles il s'était attendu. Mais jamais Hypérion Alderaan Nott n'avait été ce qu'il n'était pas. Jamais il n'avait joué l'homme politique. Jamais il n'avait prétendu être un grand sorcier. Ni même un mangemort quelconque. Hypérion jouait franc-jeu sur sa position. C'était un journaliste puriste d'exception sans moral ni gentillesse.
Mais Hypérion était drastiquement bien éduqué. Sa mère lui avait appris à se tenir, à évoquer sans préciser, à charmer par le regard et le volupté de sa propre voix. Dans la finesse et l'intelligence, sa mère avait toujours juré par des principes intelligents et élégants. Son père n'avait fait qu'appuyer la politique et les manières, les rouages d'un monde bien plus complexe que ce qu'un adolescent voulait bien croire, et avait laissé son fils découvrir le reste de ses propres expériences. L'éducation des Nott était bien différente des autres de sang-pur. Bien sûr, la tradition était importante. Mais chez les Nott, contrairement aux Malefoy, Travers, Lestrange ou même Carrow, la réflexion avait une part primordiale. On ne voulait pas, ici, de suiveurs. On ne voulait pas d'êtres simples et accessibles. On voulait des esprits inclassables, complexes et réfléchis. Cultivés et curieux. Maniant les mots et les coutumes, les mœurs et les nouveautés. On voulait des descendants réflexifs. Et c'était tout ce qu'était Hypérion. Si quelqu'un était encore capable d'expliquer pourquoi il était puriste, Hypérion aurait probablement refusé de répondre à la question. Non pas par manque d'arguments. Simplement car il savait qu'aucun interlocuteur ne serait assez bon pour saisir la complexité de le pensée puriste et de l'application qu'en faisait la famille Nott. On ne parlait pas là du purisme simplet du gouvernement Malefoy. On ne parlait pas de l'infâme vision despotique de Voldemort. On parlait d'un purisme intelligemment supérieur et protecteur où la culture était mise en avant, bien devant le sang et sa pseudo-pure composition.

Et en homme bien éduqué, Nott avait appris à mentir. Car chez lui, le mensonge était une grande forme de bonne manière. On ne mentait pas à n'importe qui, n'importe quand. Et dans son métier le mensonge devenait monnaie courante. Ceux qui s'en sortaient, restaient les meilleurs fabulateurs que la société ait avec elle. Néanmoins, qu'on lui associe des manières qui ne le représentaient aucunement et le rendaient, finalement, commun à tout un autre, aussi simple que le peuple, le rendait fou. Signe évident qu'il s'était trompé, sa fille n'était pas celle qu'il avait toujours cru avoir à ses côtés. Elle n'observait pas. Triste réalité qui aurait pu le blesser si il avait encore eu ne serait-ce qu'une once d'espoir envers autrui. Un rictus agacé parcouru son visage et son coin de lèvre trembla légèrement l'espace d'un instant. Ses yeux parcouraient lentement les gradins lui faisant face où se battait la plèbe.
Il attendit patiemment que sa fille termine son couplet insultant tout en faisant signe négligemment pour qu'on le serve de nouveau. Il tira une cigarette. Silence.

-Spectacle terminé ?

Il prit une large gorgée de vin.

-Dommage, je commençais à m'habituer à la pauvreté d'esprit de la situation.

Car de tout ce qu'il l'agaçait, la stupidité ambiante détenait depuis longtemps la première place. Et le scandale de Cassidy était, pour un homme si peu enclin à la tolérance, un acte d'une banalité ridicule et indigne de sa présence.
Il n'empêche que l'idée même qu'on puisse l'imaginer frapper quelqu'un le fit sourire. Faiblement, c'était un sourire amer. Hypérion n'était pas violent dans les actes physiques – il déléguait dans ces cas là. Il préférait les mots. C'était, à ses yeux, bien plus élevé que de sécher tout conflit par une simple phrase que par le sang. C'était croire qu'il faisait partie du peuple que de l'imaginer user de la force. Et toute personne un tantinet observatrice comprenait qu'Hypérion exécrait tout ce que le peuple considérait comme normal. Il était si imbu de lui-même qu'il refusait la banalité. Il ne jurait que par l'intelligence et l'élévation. La Haute Société était aux sangs-purs d'après les penseurs de bas étage. Pour Hypérion, la Haute était bien plus restreinte et ne comportait que les êtres capables d'appréhender le monde et la culture. Il en faisait évidemment parti. Et jusqu'à présent il avait toujours été convaincu que sa fille le suivrait sur cette voie là. Mais plus le temps passait, plus il comprenait l'importance de l'influence néfaste car de bas étage qu'avaient les Faulkner sur elle. Il la perdait sans jamais n'avoir pu l'avoir. Triste réalité qui lui fit hausser les épaules.
Il leva les yeux au ciel. Pas devin hein ? Non, seulement adolescente.

Son regard tourna vers Anne. La démocratie, encore ? Il eut envie de rire. Un rire franc, un rire promptement mauvais. Mais il n'en fit rien.
La démocratie était aussi évidente avec Malefoy qu'elle était sincère. Et le sarcasme d'Anne ne faisait que démontrer la théorie d'Hypérion selon laquelle seule une partie infime de la population était capable de voir clair dans le jeu politique : une partie qu'on nommait la Haute. Des êtres cultivés et réfléchis. Le reste, le peuple, croyait ce qu'on lui servait, et croyait d'ailleurs qu'il avait un quelconque pouvoir.

-Je pense même que notre démocratie a tout pour réussir son règne absolu.

Mais la réflexion que la Langue de Plomb allait bien plus loin. Et c'était intéressant. Même parfaitement nuancé. Il y avait à redire, comme dans chaque théorie – même celle d'Hypérion qu'il présentait pourtant comme absolues – mais globalement tout ceci amenait de bonnes questions. Dont celle du purisme véritable qui était encore un billet sur lequel Nott voulait écrire. Il tira sur sa cigarette et d'une voix intrusive et volontairement pointilleuse il enchaîna :

-Oui, d'ailleurs, pourquoi es-tu puriste Anne?

Mais la question était rhétorique. Il n'attendait pas de réelle réponse. C'eut été trop simple. Il ne laissa pas le temps de répondre.

-Le fait est que Shackebolt sait que le purisme attire. Plus de cinquante ans de merlinisme plus ou moins drastique ont conduit aux deux plus grandes guerres magiques que le Royaume-Uni ait dû faire face. Nécessairement, le peuple dans sa grande finesse d'esprit estime que le changement d'axe politique apportera de la stabilité. Et le parti Merliniste en a conscience. Ils partent avec un train de retard sur Malefoy. Coucher par écrit les pensées du parti permet d'amener une certaine transparence d'esprit qu'ils espèrent mettre en avant en leur faveur aux prochaines élections. C'est d'avance voué à l'échec vu que Malefoy est au pouvoir. Et que nous sommes en démocratie Il insistait bien sur le mot. La vision d'un journaliste était toujours assez cinglante sur la situation. Mais il y a à apprendre de Shackebolt.

La politique était un sujet particulièrement paradoxal pour Hypérion. C'était à la fois quelque chose de complexe et de magnifiquement intéressant qui, pourtant, attirait même les foules. Contrairement à l'histoire, à la pensée, à la recherche, la politique était un sujet commun. Tout le monde pensait s'y connaître. Tout le monde en parlait. Qui en savait réellement quelque chose ? Hypérion ? Probablement pas lui d'ailleurs. Lui qui n'avait jamais été ne serait-ce que l'ombre d'un politicien. C'était fascinant de voir le monde se ruer d'intérêt pour un sujet parfaitement incompréhensible.
Quoiqu'il en soit, tout virait assez rapidement d'un sujet à un autre. Une discussion à trois avec une adolescente était forcément sujette à de nombreux rebondissements. Gryffondor, la maison des Courageux de Poudlard où avait été envoyé Cassidy avait toujours laissé de marbre Hypérion. Il n'avait pas vraiment participé à la guerre entre sa maison et celle des Lions. Il s'était foutu assez en retrait pour observer ça de loin. Il n'éprouvait aucune haine significative envers la maison que certains puristes jugeaient comme le foyer du Merlinisme dû à la présence récente de Potter et de ses alliés.
Hypérion avait tiré profit de la situation, à l'époque où l’Élu était encore en vie, pour se renseigner sur le quotidien d'un garçon qu'on avait vendu comme exceptionnel. Via Cassidy, sans qu'elle ne s'en rende explicitement compte, et évidemment grâce à son frère Théodore, il avait obtenu un nombre incalculable d'informations sur le garçon qui avait survécu. Ces informations qui avaient conduites, en passant par le père Nott, à mettre en place le plan du département des Mystères, ou même encore l'attaque du mariage des Weasley. Derrière ces grands actes se cachaient des fouines du pouvoir comme l'était Hypérion lui-même.

-J'ai réussi à en tirer profit. Le plus affolé depuis cinq ans par cette répartition, c'est mon père. Impossible de lui faire comprendre l'évolution depuis les années quarante du statut des maisons de Poudlard.

Il rit à l'idée d'imaginer son père se rappeler de l'époque où il faisait encore partie de la classe de tous les premiers mangemorts à l'époque simplement distingués radicaux et violents.

- Des compliments avant d'être satisfait ? On est en 99 ma chère ! Qui pense encore à complimenter sans intérêt?

Cassidy lui tira la manche, lâchant une remarque sarcastique qui le fit sourire.

-Si peu. Je ne fais qu'aider en retour. L'entraide, c'est important. Surtout lorsqu'elle est portée avec beaucoup d'intérêts.

Et par intérêt il n'évoquait aucunement l'intérêt spirituel. Car Hypérion n'était pas réellement quelqu'un de spirituel. Il prit la coupe servi par Anne et leva son verre de nouveau.

-Aux amis.

Il prit une gorgée avant de se pencher lentement vers Anne. La discussion devenait privée.

-Soit dit en passant, si il y a mille façons de remercier, je trouverai mille moyens pour que tu me doives quelque chose.

Il reprit place et lui adressa un sourire en coin et un regard tenu et charmeur. Tout était dans le paraître et la vivacité d'esprit. Et à ce jeu, il était bon. Pire que ça, Anne l'était tout autant que lui. Et à ce titre, il l'estimait bien plus que le commun des mortels.
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Cassidy H. Faulkner-Nott


MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mer 17 Fév - 0:06

« Navré, nullement navré » répondit Cassidy entre ses dents.

Elle préféra mettre fin à la dispute, pour l'instant, mais en se promettant bien d'y revenir plus tard. Elle avait encore des choses à dire à son père.

Elle sirota son soda de branchiflore et se plongea dans le match pour résister à l'envie qui la démangeait de se lever et de rentrer chez sa mère. Plus les années passaient et plus le caractère de Cassidy s'affirmait,  plus elle en venait à se dire que sa grand mère avait peut être raison finalement, son père et elle n'avait rien en commun et ni elle ni lui n'y perdrait grand chose  en arrêtant tout simplement de se fréquenter.

Cassidy était d'une nature accommodante et n'avait jamais rien demandé à son père (un galion par ci par là, ça ne compte pas), elle faisait avec les bons comme avec les mauvais cotés de son caractère. Elle supportait de moins en moins bien la prétention qu'il avait de vouloir prendre part à son éducation alors qu'il était bien incapable d'énoncer ne serait-ce que trois vérités générales sur le caractère de Cassidy ou de faire le moindre effort pour essayer de la comprendre.

Cassidy était disposé à faire des efforts, mais pour ça il fallait faire la moitié du chemin,  et lui dire clairement ce qu'on attendait d'elle, elle n'était encore pas assez subtile pour le deviner. D'ailleurs elle avait bien essayer de faire un effort, de présentation au moins, pour ce soir mais une fois de plus, la nature volcanique de son caractère avait encore tout fichu en l'air.

Et si il était à ce point là aussi insatisfait de sa première fille, il était encore jeune et il pouvait toujours laisser celle ci au bon soin des Faulkner et en faire une autre.

Pas que Cassie trouvait la pensée réjouissante, d'ailleurs elle mordit encore une fois la langue pour ne pas pleurer, renifla discrètement et se moucha dans sa manche avant de se jeter à nouveau dans le match pour finir de laver ce brusque excès de mélancolie.

« T'es sérieuse? T'es une gardienne ou une passoire sur un balai? » grogna t-elle lorsque les Harpies encaissèrent un but de plus.

« Ouai, en démocratie bourgeoise, parfaitement! » ajouta t-elle pour compléter les propos d'Anne.

Les concepts de bourgeoisie et de classes sociales venait de faire son apparition fracassante au travers de l'univers de Cassie grâce à son manuel d'étude des moldus. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils l'enthousiasmaient au plus haut point, et elle les répétait à longueur de journée à qui voulait les entendre, ou pas d'ailleurs. Elle s'était depuis quelques jours mis en tête de découvrir des auteurs sorciers traitant du sujet, et avait dégoté le jackpot à l'Index une fois de plus avec le brûlot de Kazjienskhin, un penseur Polonais « Lutte du sang - Lutte des classes.» Et après une nuit de lecture fiévreuse ne rêvait plus que d'une chose, la dictature du peuple.

Et ce n'était vraiment pas une lecture pour une gamine de quinze pige, quelqu'un devrait vraiment surveiller ses loisirs.

« C'est surtout la marque d'un dirigeant qui se moque de gaspiller le papier » conclut Cassidy pour montrer le peu d'intérêt quelle portait aux convictions de Shacklebolt.

Et elle ajouta pour rebondir sur les propos de Anne.

« Dans le fond c'est tous les même les politicards, peu importe leurs idées à la base, une fois au pouvoir, ils finiront tous par faire des ronds de jambes à l'élite pour lui plaire et garder leur place au chaud. »

La plus belle illustration de cette théorie était Fudge, sans nul doute. Mais pour Cassie le temps se chargerait de montrer que Malefoy, Shacklebolt ou n'importe qu'elle autre chaussette marionnette qui dirigerait un parti finirait par suivre la même voie.

« Moi en tout cas je sais pourquoi je suis puriste et pourquoi les merlinistes nous conduiront à notre ruine. » fut sa réponse définitive.

Elle n'aimait de toute façon pas causer de politique avec les adultes. Même ceux qui étaient beaucoup moins éclairé quelle sur certain sujets se payaient le luxe de la prendre de haut, sous prétexte qu'elle n'avait que 15 ans. Alors en général elle réservait ses grandes tirades à ses camarades de classe.

La conversation était revenue sur les habituels jeux mondains et leurs allusions obscures, auxquels elle n'entendaient strictement rien, alors Cassidy en profita pour tourner de nouveau toute son attention vers le match.

Et justement:

« Bon sang de sang pur on y est! Go for it Kirshner, go my girl! »

Et elle se leva pour encourager l'attrapeuse des Harpies qui venait d'apercevoir le vif d'or, en même temps que son adversaire.
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Anne Fraser


MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mar 8 Mar - 9:50

Parce qu'un sorcier ne naît jamais seul, il ne peut jamais être considéré simplement comme un individuel. Un sorcier n'est jamais qu'un atome dans une molécule. Contrairement aux moldus, de plus en plus individuels avec les années, les sorciers ne cessaient de renforcer l'importance de la structure familiale. Considéré comme des adultes dès l'âge de 17 ans, on estimait dès lors qu'ils étaient aptes à comprendre que la volonté du "Pater", et donc de la famille, primait sur la leur. Bien entendu, chaque famille avait son mode de fonctionnement, mais, peu importe à quel point elles s'estimaient modernes, par rapport à leur voisin, elles reposaient toutes sur ce même principe simple : la volonté de la collectivité prime sur la volonté individuelle.

Était-elle puriste ? Une question à laquelle elle avait toujours religieusement évité de répondre. On avait d'ailleurs toujours accepté son silence, prenant pour un fait accompli qu'elle suivait la ligne politique établie par le patriarche de sa famille comme toute bonne sang pur. Son grand-père ayant décrété qu'ils étaient neutres, personne n'avait jamais jugé bon de remettre en cause sa neutralité ou même de lui demander quelles étaient ses convictions personnelles.  D'ailleurs celles-ci n'avaient que peu d'importance, puisque ses convictions personnelles ne primaient pas sur celles de sa famille. Lorsque son grand-père avait décidé d'afficher publiquement son soutient à Malefoy en finançant ouvertement une partie de sa campagne, et donc en se rangeant ostensiblement du côté des puristes, tout le monde avait assumé qu'Anne était puriste sans se poser plus de questions.

Pour quelqu'un qui évitait les prises de position embarrassantes comme Anne, c'était extrêmement pratique. Elle se demandait qui parmi ses connaissances s'était un jour réellement interrogé sur ses véritables opinions et motivations. Elle savait qu'Hypérion était d'un naturel curieux, mais elle soupçonnait qu'il ne s'intéressait pas tant à ce qu'elle faisait et pensait pour elle-même que parce qu'il était frustré de ne pas savoir quelque chose. Tous les hommes ont soif de quelque chose et Hypérion, elle en était sûre, avait soif de tout savoir. Heureusement, ce n'était pas encore aujourd'hui que cette discussion viendrait sur le tapis. Elle était d'ailleurs certaine que l'idée qu'elle était puriste était bien trop ancrée dans l'esprit des gens pour que même quelqu'un comme Hypérion lui pose une question. Par ailleurs, parce qu'elle comprenait l'idéologie puriste qui était celle d'une partie de sa famille, elle pouvait parfaitement tenir une discussion sur le purisme en faisant passer les opinions qu'elles avaient entendues chez elle pour les siennes. Somme toute, elle excellait encore une fois dans le mensonge.

Puisqu'elle y excellait, elle continua sur sa lancée avec l'air le plus détaché du monde lorsqu'ils commencèrent à parler politique et critiquer Kingsley. Plus le mensonge était proche de la vérité, plus il paraissait sincère. C'était quelque chose qu'elle avait appris avec les années. Un bon mensonge doit toujours avoir des accès de sincérité.

"Le purisme attire, certes, mais pour combien de temps ?"

Les gens étaient enthousiasmés par le match et personne, pas même les pontes du parti présents dans la loge, ne prêtait attention à ce qu'il se disait entre deux personnes connues pour être des amis de longue date et une adolescente, aussi Anne ne prit-elle pas la peine de baisser la voix.

"C'est une époque charnière. Le merlinisme n'attire plus, comme tu l'as si justement souligné, deux guerres ont lassé les gens d'une idéologie qui n'a pas su faire ses preuves. Par contre, la tâche est d'autant plus dure pour le purisme puisqu'il doit faire face aux attentes du peuple. Tu sais comme moi que jusqu'à présent, le bilan est plus que limité. On ne peut pas dire que le ministère actuel convainc réellement tout le monde. Pour garder une démocratie...", elle accorda un sourire complice, presque enfantin à son ami avant de reprendre."..., il faut garder une opposition. Or personne n'a dit que notre politique devait être bipolaire. Imagine qu'un parti, disons plus modéré dans ses opinions envers les né-moldus, mais moins laxiste que les merlinistes se constitue. Qui sait la popularité qu'ils pourraient avoir si le gouvernement actuel continue à ne pas donner de solution pour Poudlard."

Elle haussa les épaules affichant un sourire désinvolte :

"Je ne doute pas que le purisme s'arrangera toujours pour avoir le dessus, mais j'ai l'impression que ce n'est pas le moment d'avoir une société plus polarisée qu'elle ne l'est déjà."


Cassidy avait également son opinion sur le sujet, opinion qu'Anne n'était pas sûre d'avoir saisie, elle demanda donc des précisions :

"Qu'est-ce que tu entends par une démocratie bourgeoise exactement ?"

Se tournant de nouveau vers Hypérion elle dit :

"D'ailleurs ça m'étonne que tu n'ais pas encore fait d'article sur l'absence de solution constructive de la part du ministère concernant Poudlard. Malefoy prétend que des ouvriers ont été blessés lors des réparations, mais je n'ai rien entendu."

Elle se tourna vers Cassidy :

"Tu en penses quoi de l'absence de réouverture de Poudlard ? Vous n'êtes pas embêté de devoir rester ici ? "

La jeune femme gardait un très bon souvenir de sa scolarité à Poudlard et elle n'aurait pas imaginé louper une rentrée pour rester chez elle à se tourner les pouces, mais peut-être était-ce différent pour les adolescents actuels.

Cassidy étant repartie dans son match, Anne laissa de nouveau la discussion dériver sur quelque chose de plus personnel. Hypérion était charmeur et personne ne pouvait nier que c'était un domaine dans lequel il était très doué, mais pas autant qu'elle quand il s'agissait de résister à ses avances.

"Et je trouverais mille et une façons de te remercier, rien ne dit que tu les apprécieras pour autant."

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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mar 29 Mar - 18:51

La possibilité qu'un nouveau parti prenne forme était presque nulle. Le raisonnement, lui, était intelligent, logique, même totalement applicable. C'était faisable, certes, mais ça n'aurait pas lieu car dans les faits, personne ne voulait de ce nouveau parti aux urnes. Du moins, chez les têtes pensantes. Qu'elles soient puristes ou merlinistes, ils n'avaient aucun intérêt à avoir un nouvel adversaire bien plus séduisant sur le papier.
Ce qui freinait irrémédiablement le développement politique en Angleterre. Forcément, les gros poissons se disputaient le trône ouvertement, refusant que tout intrus fasse son bout de chemin, en le censurant sous le manteau sans que celui-ci n'ait pu voir le jour. Triste réalité pourtant bien appliquée qu'Hypérion ne connaissait que trop bien. Il avait vécu la montée en matière d'un groupuscule puriste extrême dans les années quatre-vingt, repoussé et censuré dès le seuil des quarante adhérant par le parti merliniste en place à l'époque. Rebelote, dix ans plus tard lors d'une manifestation puriste en Irlande où, là encore, on avait étouffé le mouvement contestataire. On ne laissait pas la place à l'adversaire ici bas. Aujourd'hui était une époque bien étrange où deux partis se disputaient ouvertement sans que l'un ou l'autre ne dégage définitivement son némésis. Mais il était clair qu'un nouveau combattant n'avait aucune chance.

Hypérion sourit.
Il parlait politique aussi crûment qu'il pouvait parler bouffe, tant et si bien que sa pensée étaient affirmée mais nuancée. Il n'était pas merliniste, sa réputation et ses expériences le précédaient, il était un de ces puristes convaincus et exécrables. Néanmoins, il avait cette capacité à nuancer, à entrevoir, à comprendre le monde et ses systèmes. Tout n'était jamais blanc, ni jamais noir avec Hypérion. C'était une lutte permanente. Il ne peinait aucunement à dévoiler son avis sur la situation, quand bien même il était sous le joug puriste, critiquer la politique Malefoy n'était en rien difficile. Il était lucide. Son idéal politique ne pouvant être atteint, il se ravisait sur la critique du système et son étude la plus poussée.

-Oui. Un tel parti s'il existait serait dangereux, même salvateur pour la politique Anglaise.

Car, après tout, l'équilibre parfait était là. Ce n'était pas l'équilibre qu'il désirait, d'ailleurs, Nott détestait l'équilibre, il voulait un penchant, une absence de lutte, il voulait le basculement vers l'extrême. Mais force était de constater que ce dont avait besoin de pays, était là, dans un parfait mélange de purisme et de radicalisation, et de merlinisme et tolérance.
Mais les rêves n'étant que des rêves, inutile d'y croire trop longtemps.

-Mais y croire reviendrait à donner son vote à un simplet.

Et si une chose semblait plus détestable que le sang impur aux yeux d'Hypérion, c'était bien le manque d'intelligence.
Les gens étaient des bêtes qu'il refusait de côtoyer pour leur stupidité et leur absence d'envies, de désirs, de profondes pensées. Il trouvait la populace misérable. L'argent n'avait rien à voir avec leur pauvreté. Elle était uniquement culturelle, uniquement psychologique. Ils étaient pauvres de tout. Tout leur échappait et, de ce fait, il les tenait en mépris.

Mais le match reprenait de plus belle, enfin le vif d'or entrait dans la partie avec la poursuiveuse des Harpies qui le suivait de près. Merde, ça c'était du sport, c'était vibrant, énergique, ça stimulait. On sentait la rage de vaincre, l'envie de surpasser ses limites et celles de l'adversaire. Hypérion adulait la haine des autres et la gagne. Une haine qui ne prenait jamais le pli facile de Malefoy qui misait sur un comportement houleux envers ses détracteurs. Hypérion préférait l'humiliation par le résultat. Réussir à obliger les autres à admettre qu'il était meilleur était bien plus satisfaisant que de les écraser sans prouver sa domination. Mais Malefoy était un homme en dessous du niveau zéro de l'intelligence.
Comme quoi, argent et élévation de l'esprit n'avaient foncièrement rien à faire ensemble.

Soit, et maintenant que les harpies prenaient un sérieux avantage au score, rien ne semblait les arrêter. Vrai qu'une fois qu'on avait enchaîné soixante points en trente minutes sans aucune opposition de l'équipe adverse, ça laissait pantois. Et le premier surpris, c'était Nott. Lui qui trouvait tous les prétextes pour trouver le jeu des Harpies sans vie, il devait bien reconnaître ici qu'il y avait du spectacle et de la maîtrise comme on en manquait souvent dans le milieu sportif aujourd'hui. Un article à venir ? Et pourquoi pas ? Il ne chroniquait que très rarement sur le sport en général. Dû à son statut pour politisé et au ton de ses articles bien plus accrocheur pour le monde politique et social que celui du sport. Soit, il devait s'y essayer quoiqu'il en dise.

Il reprenait un verre après avoir allumé une cigarette. Le temps défilait, on approchait de la fin de cette belle rencontre qui, sans nul doute, était en faveur des Harpies. Il aurait presque dû le faire remarquer à sa fille, mais, merde, l'idée de s'incliner devant elle n'avait rien de réjouissante. Alors il passa, et prit une gorgée à la place.
Il ne revint vers Anne que lorsqu'elle s'adressa finalement à lui.

- Le gouvernement passe sous silence une bonne partie des reportages liés à Poudlard. Ils ne veulent pas ébruiter leur bêtise. Et je n'ai pas envie de perdre de temps avec ça. Si il me prenait l'envie de chroniquer sur cet épisode, je sais que j'irai jusqu'au bout pour le publier et je n'en tirerai aucun mérite. Autant passer son temps à gagner de la reconnaissance plutôt qu'en perdre.

Il termina son verre d'une traite avant de rire discrètement, le but n'était pas d'attirer l'attention sur leur discussion qu'on pouvait qualifier de païenne.

-J'ai entendu aussi cette histoire d'ouvrier blessé sur le chantier. Il se rapprocha, comme chuchotant. J'y ai envoyé un stagiaire, le chantier n'a même pas commencé en vérité. Ils sont malins, au gouvernement!

Le ton était volontairement sarcastique. Toutes ses manipulations grossières étaient presque insultantes pour cette maigre mais bien réelle partie de la population qui s'élevait au-dessus du reste et qui était en droit de recevoir la reconnaissance méritée, soit celle de ne pas être prise pour des demeurés. Personne ne croyait désormais les promesses du gouvernement Malefoy parmi les élites. On se contentait d'apprécier les avantages, le reste, on l'oubliait, on en riait nerveusement.

Et là, victoire. Les Harpies empochaient le vif d'or. Hurlements retentissants dans le stade Londonien, on les aurait entendu jusqu'à Liverpool. Hypérion observa le monde s'agiter sans piper mot. Il aimait ces moments d'agitation extrêmes où, silencieusement, il se contentait de poser son regard inquisiteur sur le monde qui l'entourait. Explosifs, joie, déception, mouvement de foule. La fin d'un match de Quidditch au cœur d'un grand stade avait des airs d'Apocalypse.

La loge des invités de marque se vida, Hypérion se leva lentement et enfila son manteau qui tombait jusqu'à ses genou, puis se laissa précéder de ses deux accompagnatrices.

-Je suis sûr qu'on trouvera un terrain d'entente dans ce cas, Anne.

Et il n'en doutait réellement pas. Trop imbu qu'il était pour comprendre l'absolue impossibilité d'afficher Anne parmi ses conquêtes, il continuait de croire en un idéal. Chose qu'il n'était pas habitué à faire et, à vrai dire, lui réussissant peu.


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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mer 6 Avr - 19:37


«Kazjienskhin, Lutte du sang - Lutte des classes.» répondit distraitement Cassidy à la question d'Anne sur la démocratie bourgeoise.

Après tout, elle n'était qu'une adolescente de 15 ans et quand elle avait un match de quidditch sous le nez, elle avait mieux à faire que de discourir sur les théories politiques, aussi passionnantes soient elles. Puis là comme ça, en plein milieu de la loge V.I.P, se mettre à discuter des essais pamphlétaires, c'était un excellent moyen de se faire sortir, elle avait déjà eu bien assez de mal à rentrer, merci pour elle.

«C'pas que je veux pas en discuter hein, mais ce match et beaucoup trop passionnant.» ajouta t-elle.

Personne ne le remarquerait, mais venant d'elle, ceci pouvait être considéré comme un énorme effort de politesse. En temps normal elle ne se serait même pas fatiguée à donner d'explication à son refus d'en dire plus, et aurait agrémenter le titre du livre d'un «débile» accablé et bien senti. Comme quoi tout n'était peu être pas complètement perdu pour son éducation, la route à parcourir était encore longue, mais au moins il y avait du progrès.

Pourtant, d'habitude, être malpoli, sur de soi et mordant était perçu comme une qualité chez les sangs purs mais avec elle la mayonnaise ne prenait pas, et elle n'arrivait jamais à comprendre pourquoi. Cassidy avait pourtant de l'ironie à revendre et elle était à peu près certaine de tout savoir mieux que tout le monde et pourtant elle n'arrivait pas à se fondre dans le moule. Elle aimait à se dire que son inadéquation à sa classe venait de son jeune âge, et qu'elle finirait par se fondre dans la masse. Mais enfin si quelqu'un pouvait lui filer des tuyaux ou un mode d'emploi, ça accélérait le processus. Enfin, si par miracle on trouvait quelqu'un quelle daigne écouter. Fichue tête de mule.

Mais pas le temps de se morfondre, les Harpies venaient d'inscrire un but de plus. Elle en profita pour mettre un coup de coude discret à son père.

«Hey papa, fait pas mine de m'ignorer. Les Harpies vont se faire écraser hein?»

Mais Anne coupa court à toutes tentatives de plus de se permettre de se moquer des pronostics de son père en lançant la gosse sur le sujet de la réouverture de Poudlard.

«Hein ? Oh non, j'adore rester à la maison et avoir ma mère et ma grand mère sur le dos toute la journée... » fut sa réponse évasive.

Tout la beauté de l'enfer résidait dans la multiplicité des formes qu'il pouvait prendre, et dans le cas de Cassidy cette fermeture de Poudlard commençait à y ressembler de plus en plus. Puis même si Cassie adorait sa mère et sa grand mère, elle les adorait surtout de loin. Elles avaient tendance à être fichtrement envahissantes quand elles s'y mettaient.

Et c'était certainement le cas pour bon nombre d'élève, habitués à être débarrassés de leurs parents pendant plus de la moitié de l'année, et ce dès l'âge de 11 ans, le retour à la maison n'était pas simple à gérer. Puis cette impossibilité de pratiquer la magie, on marchait sur la tête. Le gouvernement aurait voulu créer une génération d'incapables qu'ils ne s'y serait pas prit autrement.

« YEAH ! Ah dis donc, j'espère que t'avais pas parié sur les Tornullos ! » s'exclama t-elle lorsque Kirshner s'empara du vif d'or.

Cassidy elle même avait failli se laisser tenter par un petit pari, un condisciple de Poudlard, une serpentard à l'air roublard, puis elle avait finalement abandonné l'idée, la gamine avait l'air louche et elle avait peur de ne jamais revoir la couleur de ses galions.

Tandis qu'Hypérion et Anne continuaient à discuter de sujet hautement personnels et pertinent, la loge se vida rapidement et ils s'y retrouvèrent bientôt seuls. Cassidy se leva également, bien décidée à ne pas moisir ici.

«Bon ben on va peut être... peut être... » une douleur fulgurante lui perça le crâne avant qu'elle ai pu terminer sa phrase.

C'était vraiment pas le moment pour ça. Elle porta une main à sa tête, ferma le yeux et essaya d'avancer pour rejoindre un coin tranquille mais avant qu'elle ai pu faire ne serait que deux pas elle stoppa net. Son corps se raidit, elle rouvrit les yeux mais ils semblaient vides, ne fixant rien, un véritable état de transe. Puis elle murmura d'une voix bien plus rauque qu'à l’accoutumé :

« Vyf. Golf. Ses. Groen. Krisant. Sewe. »

Puis elle retomba sur le sol en s'agitant, convulsa un moment puis resta inanimée sur le sol de la loge V.I.P, heureusement vide de tout témoin jacasseurs potentiel, ou presque.

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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Ven 17 Juin - 16:23

Qu'importe que le match se termine sur un score favorable aux Harpies ou pas, Hypérion n'avait ni parié, ni compté sur aucune victoire. Il était ici en simple spectateur avare de relations et de contrats. La vie menée par l'homme de trente-cinq ans n'était pas des plus simples. C'était une vie d'instants, de chance, d'occasions saisies. Il ne pouvait ni compter sur ses diplômes, sur son savoir-faire, pas même sur son nom. Tout était question de relations et c'était dans des lieux comme cette loge V.I.P que tout se passait. Se montrer, être présent, s'infiltrer. Il était dans tous les milieux, dans toutes les représentations, il était présent partout et on sentait sa présence. Pour peu que l'on venait à organiser un événement quelconque il fallait vouloir prendre le risque d'un article incendier dès le lendemain en Une de la Gazette. L'équipe journalistique du bonhomme était excellente et particulièrement intrusive. Ils faisaient leur boulot mieux que quiconque – enfin, selon Nott fils – parce qu'ils avaient plus de culot et d'audace.

Nott avait aussi beaucoup d'estime pour lui-même et une fâcheuse fierté qu'il voulait inatteignable. Aussi, le coup de coude furtif, et la petite réplique bien sentie de sa progéniture le firent sourire. Elle tenait forcément de lui pour agir ainsi. Néanmoins, il l'avait mauvaise de devoir lui attribuer cette victoire.

-Elles, non, visiblement.

Que dire ? Il avait perdu. Il se mordit machinalement l'index avant de prendre une gorgée de vin.
Toute cette histoire sur Poudlard l'inquiétait. Pourquoi mettre autant de temps à reconstruire un lieu emblématique ? L'argent ? Pourtant ce n'était pas les fonds qui manquaient vu l'efficacité du système financier puriste. Il y avait une grosse enquête à faire là-dessus, c'était grouillant et Hypérion sentait le bon filon. Néanmoins, n'aurait-il pas été un vrai salaud en se lançant à l'assaut de Malefoy après avoir été l'un des auteurs de ses textes de campagne ? Ça la foutait mauvaise, et malgré tous ses mauvais aspects et sa saloperie ambiante, Lucius restait un homme qu'Hypérion pouvait encore utiliser. On pouvait tout détruire en une phrase, mais on pouvait créer un empire en sachant préserver quelques alliés. La fine corde sur laquelle dansait Hypérion tenait à cette simple nuance.

Le vif d'or était attrapé. Enfin. Le match fut intense mais comme toujours, Nott s'impatientait. Il avait besoin de renouveau rapidement et si, visiblement, il n'arrivait pas à obtenir ce qu'il voulait d'Anne – autre que quelques informations futiles en fin de compte – alors le jeu perdait en intérêt, pour aujourd'hui. Il se leva lentement, replaça son costume et dédaigna sarcastiquement sa fille du regard.

-Le pari est un art duquel, ma fille, tu ne saurais même pas apprécier les règles.

Il lui adressa un sourire en coin avant de s'éloigner seul quelques instants pour saluer quelques personnes qu'il connaissait et qui pouvaient éventuellement lui servir prochainement. A base de poignées de main franches et concrètes, d'échanges de boutades furtives et intelligentes, de promesses informelles, Nott construisait jour après jour un réseau puissant. Il salua une dernière fois Travis Quinell, directeur des Trésors Magiques Internationaux, et revint vers sa fille et son amie. Il leur laissa le premier pas et seconda leur marche. Il continuait d'échanger brièvement avec Anne lorsque sa fille s'arrêta net. Il n'était pas un grand expert des situations de crise divinatoire, on l'avait fermement tenu à l'écart de l'éducation de sa fille, aussi, il était évident qu'on ne l'avait pas formé à réagir lorsque sa fille partait dans un délire psychotique à valeur divine. Elle chuta au sol, il se précipita pour la récupérer. Calme de nature et d'un sang-froid exemplaire, il semblait mesurer chaque geste quand bien même il était paniqué à l'idée que sa fille convulse dans ses bras. Il n'aurait su dire si l'adrénaline ou la peur le faisait fonctionner à toute vitesse mais il ne perdit pas de temps à hurler le nom de sa descente en vain. Il retira sa veste et la déposa comme un coussin sous la tête de Cassidy avant de se retourner vers le bar. D'un ton vindicatif auquel on ne souhaitait pas dire non, il ordonna qu'on lui ramène un sceau d'eau et un chiffon propre. L'espèce de voix rauque qu'avait pris Cassidy quelques secondes auparavant lui glaçait encore le sang. Bordel, ça, c'était sorcier, mais c'était pas rassurant. Il ne pensa pas tout de suite aux conséquences de cette situation, et se contenta de veiller à ce que sa fille ne rechute pas.
Il épongea brièvement son front d'eau froide, lui tenant la main. Une main tremblante par moment tant il ne pouvait comprendre ce mal. Sa fille s’effondrait devant lui, et il était tout juste bon à lui foutre de l'eau sur le front.
Quel genre d'abruti était-il ?

Il passa ses bras sous sa fille et la porta. Il demanda à Anne de placer la veste sur elle, et ensemble ils quittèrent la pièce.

-Je devais la ramener en personne à la maison de toutes façons. Je ne vais pas te retenir plus, Anne.

Il transplana immédiatement en direction du pire endroit sur Terre où il était reçu comme le prince des ténèbres. Il ouvrit la porte comme il put et se faufila jusqu'au salon, où il déposa Cassidy, encore comateuse, sur le divan. Ça jacassait derrière, mais à quoi bon répliquer. Il tourna son regard vers la mère de sa fille.

-Excuse-moi.

Il s'écarta, s'apprêtant à repartir. A quoi pouvait-il servir ici ? Il n'était pas franchement fichu de s'occuper dignement de sa fille à part lui proposer du vin et pas du soda – il continuait de penser que c'était une bonne éducation – alors mieux valait pour lui ne pas traîner dans les pattes des personnes habilitées à aider sa fille à se rétablir. Le monde d'Hypérion était complexe. Il manipulait des couteaux acérés entre ses doigts sans même faiblir. Pourtant, la chose la plus naturelle qui aurait dû être, lui semblait être un mont à franchir pieds nus. Il exécrait la médiocrité. Plus particulièrement la sienne.
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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini] Mer 29 Juin - 17:27

« 1, 2, 3 » Séraphita tapa des mains quand Hypérion entrait au salon au moment même où Demelza transplanait dans le jardin. « Quelle synchronisation ! » admira la redoutable vieille femme.

Comme toujours elle avait été à même de prévoir l'issue de la soirée avec une précision remarquable, elle avait eu le temps de d'envoyer un patronus pour prévenir Demelza du retour imminent de Cassidy et Hypérion. Elle savourait la précision de sa double vue en fixant de ses yeux vide son ex beau fils, bien sûr elle ne pouvait pas voir la tête qu'il faisait à ce moment là, mais simplement l'imaginer était déjà suffisamment réjouissant pour elle.

Demelza pénétra en trombe dans la maison, sans un regard pour le père, elle se précipita au chevet de sa fille. Elle s'agenouilla près du canapé et posa une main sur le front de Cassidy, qui désormais calme, respirait doucement, comme si elle était endormie.

« Mon pauvre chaton » murmura-t-elle.

Demelza sortie sa baguette et fit apparaître un verre d'eau, elle sortie également un petit flacon de sa poche et versa quelque gouttes d'un liquide rouge dans le verre. Elle caressa doucement les cheveux blond de sa « merveille. » Elle avait elle même connu ça en étant enfant, mais voir sa fille dans cette état lui retournait toujours le cœur. Il n'y avait bien que Séraphita pour penser que c'était une bénédiction de souffrir autant juste pour voir un peu plus loin que le reste du monde, pour Demelza ce n'était rien de plus qu'une punition, une punition qu'elle aurait bien voulu épargner à son enfant. Le don de double vu venait avec un prix à payer, un prix particulièrement éprouvant pour ceux qui en bénéficiait.

La jeune femme elle même utilisait une potion de son invention pour réduire ses visions. Mais Demelza n'était même pas la moitié de la voyante qu'était sa mère et encore moins celle que Cassidy promettait de devenir, alors il était peu probable que la potion soit réellement efficace sur elle de toute manière. Et Séraphita ne l'aurait de toute façon pas permit, les dynasties sorcières de véritable voyant étaient rare, les Faulkner, les Vablatsky, les Sélassié, les Xuao et qui d'autre ? C'était tout. C'était un don beaucoup trop précieux et rare pour qu'on se contente de l'endormir avec une potion comme si c'était une vilaine infection.

« Attends, attends » interpella Demelza tandis qu'Hypérion se dirigeait vers la porte. « Je dois repartir à l'hôpital tout de suite, j'ai tout un groupe d'imbécile qui s'est intoxiqué avec une limonade au sumac vénéneux... »

Kermesse tragique à Loutry-St-Chaspoule titrerait certainement la Gazette du lendemain. Un idiot patenté avait confondu la menthe fraîche et le sumac en préparant les boissons pour la fête du village, laissant les guérisseurs de St Mangouste sur le pied de guerre, avec un troupeau de brave gens vomissant tripes et boyaux sur le carrelage rutilant de l'hôpital des sorciers.

Demelza déposa un dernier baiser sur le front de Cassidy, se releva en lissant les plis de sa robe, l'air visiblement un peu gêné, cela faisait certainement bien longtemps qu'un Nott n'avait pas mis les pieds dans le salon des Faulkner.

« Écoute, reste un peu, le temps qu'elle se réveille. Cassidy sera triste si tu pars sans qu'elle ai pu te dire au revoir. Maman te tiendra compagnie. » dit elle tout en se dirigeant vers la porte.

« Grumph. » Grommela la grand mère de la gosse.

« Essayez de ne pas réduire mon salon en cendre et faite lui boire son tonique d'ellébore quand elle se réveillera. » leur cria-t-elle avant de transplaner.

L'ambiance dans la pièce était à couteaux tiré, tellement lourde qu'on aurait quasiment pu la palper. Ça n'avait jamais collé entre la vieille et Hypérion, avant même que ça ne dégénère entre les deux amants. Et le fait que le père n'ai pas souhaité s’effacer à la naissance de Cassidy, et pire encore accoler son patronyme à celui des Faulkner n'avait pas arrangé les choses.

« Asseyez-vous » d'un coup de baguette elle repoussa un des fauteuils vers Hypérion. « Je veux vous parler avant qu'elle se réveille. »

D'un autre coup de baguette elle fit également apparaître deux verres d'un liquide ambré. « Whisky, toujours ? » C'était sûrement leur seul point commun, un goût prononcé pour les alcools fort et bruns.

Séraphita plongea ses yeux vides dans ceux d'Hypérion, et commença a parler d'un ton sans réplique.

« J'ai vu, oui vu, qu'au stade vous étiez avec quelqu'un du ministère. Arrangez vous pour que cette personne oublie ce qui s'est passé ce soir. Le département des mystères aime beaucoup, beaucoup, les véritables voyants, et moi, je n'aime pas les mystères. »

Elle n’eut pas le temps d'en dire plus long, Cassidy revenait doucement à la réalité, en s'étirant douloureusement.

« Bon sang de sang pur ! »

« Cassidy, on ne jure pas dans cette maison. » prévint Séraphita d'un geste de la main. « On s'est bien compris j'espère, Nott ? » lança t-elle à Hypérion.

« Oh papa, chouette t'es encore là ! » s'exclama la gosse en se relevant.

« Oui, il est encore là, comme tu le vois. Alors bois ton tonique, raccompagne ton père et monte te coucher, tu dois être fatiguée. » répliqua sa grand mère d'un ton sec.

Séraphita était d'un naturel bien plus sévère que sa fille, et jugeait souvent durement l'immense dose d'affection maternelle dont Demelza entourait Cassidy, qui trouvait elle, avait besoin de plus de tenu.

« Oui grand-mère. » répondit sombrement Cassidy tout en vidant son verre.

Elle se leva et marcha en compagnie de son père et direction de la porte d'entrée. Elle lui murmura d'un ton complice.

« Je suis impressionnée, t'es restée dans la même pièce que grand-mère sans tout faire cramer ? »

Arrivée sur le palier, elle passa nerveusement un main dans ses cheveux.

« Voilà, voilà... Merci de m'avoir emmené et de m'avoir ramené surtout. Et désolé d'avoir un peu gâché ta soirée, j'ai été un peu nulle ce soir je crois... » dit elle dans un souffle.
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MessageSujet: Re: C'est sans danger ? || Anne [Fini]

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C'est sans danger ? || Anne [Fini]

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