POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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When the sky comes looking for you [Solo]

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    | Poufsouffle ;; 5ème année

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Kimeria MacFusty


MessageSujet: When the sky comes looking for you [Solo] Sam 13 Fév - 23:19

Prélude


Cela faisait bien trop longtemps que cette page demeurait blanche.
La pointe d'une plume, légèrement noircie par le sang de l'écrivain, souillait le pelage immaculé de sa plus belle peur. L'angoisse disparue d'un néant jusque là omnipotent, évaporée en un instant, chassée par le faste festin d'une imagination repue de rêves et de volontés.
Des années que la page n'avait pas été caressée de ces doigts presque inexpérimentés, et pourtant le souvenir était là. Ce contact brouillon avec le papier, chaud après ce mouvement, à la fois rugueux et bienveillant, presque rassurant. C'était là un confident qui ne demandait qu'à écouter, à recevoir, sans jamais donner quoi que ce soit, jugements, critiques, conseils, il en avait toujours été avare, condition d'une oreille parfaite destinée à un seul dessein. D'aucun dirait que la chose eusse été effrayante, il n'en était rien, il n'y avait, au travers de ces lignes, que le souhait d'un auteur à retourner à ce qu'il avait autrefois enfanté. Créateur repu d'orgueil, il s'en était séparé, avec suffisance et tristesse, comme il l'avait toujours fait avant, sans se retourner, sans hésiter. Disait on que le couperet qui tombait, débâcle de la sentence funeste, avait toujours meilleur goût quand il se voulait salvateur. Une dernière fois, en se disant qu'il ne goûterait plus à ce fruit de l'amertume, comme la pomme que le pendu aperçoit avant de partir. Encore une fois, il caressait d'un doux regard, presque affectueux, ce qu'il avait lui même contribué à créer, et ça n'était pas rien. Devant, se dessinait les pensées en mouvement, au rythme de l'écriture. Les sens tu encore ? Elles s'agitent frénétiquement au gré du crissement amical de ce que l'outil avait de mieux à offrir à un tel esprit.
Presque amoureusement, il embrassait, bouffi de pudeur, une revanche savamment mérité contre un ennemi qui ignorait tout de ce combat. Jamais n'y avait il eu autant de passion dans un acte si anodin, pour lui tout du moins. Rien n'était laissé au hasard, et le plaisir, mu par cette soudaine passion ressuscitée, se voulait être l'exutoire d'un tourment achevé. Cela ne valut toutefois pas une larme, qu'aurait il bien pu espérer en pareilles circonstances ? Non, il n'y avait là que bonheur, et point de honte à l'admettre, il l'admettait sans hésiter, cela lui avait manqué, et il n'osait pas insulter ce parchemin en l'imbibant d'une eau salée.
L'aurait on interrompu, ne serait ce qu'en lui annonçant une bonne nouvelle ? Ce sourire n'était pas celui d'une personne qui venait de recevoir une bonne nouvelle, non, c'était celui d'un retour aux sources. Au travers de cette fresque, il laissait derrière lui, une année et demi de souffrance silencieuse, n'ayant pas eu la force d'y revenir plus tôt. Bien sûr, il y avait toujours cette menace latente de tourner les pages pour se souvenir de ce qui fut, mais son cœur s'était 'un peu' endurci, il avait appris à se taire parfois, à ne plus écouter la rage et la haine, ce désir brûlant de vengeance qui l'avait autrefois incité à tout consumer, y compris lui même. Un regard perdu à ce qui était ; une lecture posée et d'une façon presque neutre, un sourire en coin à peine mérité à la simple constatation du balais-couille latent.
Je suis au dessus de ça maintenant, se disait il intérieurement, pas peu fier d'avoir su vaincre ce démon. Maintenant je peux faire comme avant. Son cœur serré n'ayant pour échos qu'une raison qui, d'un haussement de sourcil, aurait pu faire pâlir l'abject sentiment de remord s'il avait existé.
Tout cela, je l'ai fait pour une bonne raison, pensa-il en cherchant à s'en convaincre. Tout ça, c'est moi, une partie de ma vie, de mon être, mais pourquoi y tourner le dos tant cela avait été merveilleux ? N'avait est ce pas eu son lot de bonnes choses ? Qu'y avait il de si puissant pour balayer ça d'un revers de main ? À y songer, c'était ridicule, mais pas une erreur. Un sourire, et c'est reparti. Le somptueux ballet de la langue, parfois écorché par une épine d'orthographe ou une coquille grammaticale, mais qu'importe, ce qui comptait, c'était ce sentiment puissant d'exister au travers de ces lignes, non pas à son image, mais comme ce qu'il avait choisi d'exposer en pièce maîtresse de son arme linguistique.
Le verbe n'était pas acerbe, ni la tournure malicieuse, toute légèreté était à prendre au second degré, ni l'humour ni l'amour n'avait raison de son esprit, car celui ci, revenu des flammes et des abysses de l'être, n'avait plus rien à compter que ce qu'il daignait considérer comme 'worth'.

Ma mie, ne t'ai je pas tant manqué dans mon absence que pour voir un jour mon retour ? Ce dernier, tu l'avais toujours espéré, n'est ce pas ? Il t'avait manqué, tu l'avais désiré, car c'est ce qui faisait ta raison d'être. Une fraction de seconde et ton existence basculait, une fraction de seconde, et ce qui était certitude devenait doute. Cruelle machination que cet esprit libre de tout rouage, l'être devenait pervers, et la raison taquine, le Jeu, il n'y avait eu que lui depuis le début. J'existe, aimaient à crier ces lignes, jamais 'je suis' n'avait eu autant d'importance, pas de nom, pas de prénom, le simple fait de servir, de ne pas moisir sous cette poussière amoncelée par les charognes du temps. Il n'y avait pas de ressenti lorsqu'il ne s'agissait que d'un œil déposé par hasard sur cette 'chose qui traînait là'.
'Regarde moi, à nouveau je suis'. Voilà ce qui le rendait fier, voilà ce qu'il avait besoin d'entendre. Ce besoin d'exister, à la foi fléau et bénédiction, raison d'être et suicide du temps qui passe, sans pour autant lui enlever, ses désirs les plus inavoués. L'éphémère sarcasme de ce plaisir qui, bien qu'illusoire, n'entachait qu'à peine une soif plus grande encore. Cette vie de bâton de chaise reprenait inlassablement, rappelant à elle, cet artiste jamais révélé, une bagatelle d'idées et de mots l'attendait, sans pour autant l'effrayer, même s'il en avait perdu l'habitude.
Pas de violoncelles ou de contrebasse pour accompagner ces trouvailles pourtant peu touchantes ou émouvantes, le simple retour d'une création à son maître, et d'un maître à une partie de son art, de sa vie. L’œuvre est tout autant dépendante de son créateur qu'il l'est d'elle, il ne peut trouver de raisons hors de cette dernière, car sans elle, il n'est qu'un être commun, c'est elle qui lui apporte ce qu'il est, son essence même qui, par définition, fait de lui quelque chose d'autre. Peut être que ces lignes n'étaient jamais destinées à être lues, et pourtant elles se voulaient importantes, non par un quelconque lecteur, une critique, ou autre, mais bien pour son auteur. Qu'en tirait il ? Du plaisir ? Y voyait il une porte de sortie ? Ou n'était ce là qu'une façon anodine de raconter ce qu'il désirait ? Quand bien même il répondrait à la question, seriez vous sûr de ne pas douter de la véracité de sa réponse ? Qu'importe vraiment le pourquoi du comment, l'encre retournait au papier, et c'était là le fait marquant et important de ce moment.

Malgré ce renouveau, n'y avait il pas un petit air de déjà-vu. Une place pour le doute à la simple pensée de cette voracité boulimique autrefois contractée. Si cela représentait un triste retour en arrière, joli pléonasme que voilà d'ailleurs, il n'était pas sûr de vouloir continuer. Il n'y avait pas assez de jurons silencieux pour étouffer ce tressaillement de détresse. Des souvenirs d'avant, comme les fantômes qui vous hantent, à chaque mot, à chaque virgule, comme l'étreinte de ce qu'il avait fui, ne pouvant le combattre si proprement. Surtout ne pas se dire que ce temps là avait encore un impact, ne pas le dire, ne pas le penser, mensonge abject qui transformait un moment sympathique en épilogue funeste. Cette sensation qui remonte le long de la colonne, passant comme un frisson dans les bras, titillant les cheveux au dessus des oreilles pour échouer sur le visage comme un rictus d'indécision, à défaut de plus.
Et puis le temps se fige, tout continue de tourner autour d'eux, mais la scène reste immobile. Une réflexion, sur l'avenir de tout ceci.

Un geste de la main comme simple conclusion de tout ceci.
Le regard à peine plus rempli que quelques secondes auparavant, il sait que cela se reproduira sûrement, c'est là sa pleine faiblesse qu'importe, il est celui qui écrit les lignes de son histoire. C'est terminé. Rien à oublier, rien à pardonner, les reflux du passé ne sont rien à coté de ceux de l'avenir. Faire ce geste, ce pas en avant, c'était la meilleure chose à faire pour renouer avec tout ça, défier le mal là où il avait trouvé sa source, sur son terrain. Vaincre ses peurs, ne plus être effrayé de regarder en arrière, résister à ça, revenir à ça et en sortir indemne, c'était vouer un amour vache à ce qui n'avait été que souffrance. Ce jeu malsain du 'je suis devenu plus fort que toi', encore et toujours, c'était ça la nature humaine. Éternel gamin devant son destin, il n'aurait pu lui échapper, tout comme il n'aurait pu nier l'évidence plus longtemps. Un regard derrière soi pour un pas avant, pour avancer, et se donner une chance de faire mieux.
Dans le sang de ces mémoires, il pourrait taguer avec fierté 'Better than you, better than what I was'.

Alors d'une main qui ne tremblait pas, l'auteur posa la main sur son maigre calepin. Ferme les yeux, enivre toi de ce qu'il y avait, et accepte. Rouvre les yeux maintenant, écarte la page de garde, contemple ce blanc une dernière fois, souris, tu en es fier, c'est toi qui a fait. C'est toi l'auteur. Relève les yeux, et embrasse ton destin au travers de ces lignes. C'est toi qui me regarde, c'est toi cet auteur., Kimeria MacFusty.
Non sans un sourire, elle ouvrit son vieux journal intime, et commença une nouvelle page de sa vie retrouvée.
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