POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini]

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Anne Fraser


MessageSujet: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Sam 4 Juin - 0:14

Si l'on prenait leur âge, leur statut de sang, leur métier ou encore leur maison, rien ne prédisposait Anne et Al a être amis. Tout le contraire en réalité. Plus jeune qu'Anne de quelques années, il y avait de forte chance pour qu'Al n'ait jamais attiré l'attention d'Anne. Après tout, ils n'étaient pas de la même maison. Al était à Gryffondor quand Anne était à Serpentard. Les deux maisons, ennemies jurées depuis des siècles, n'avaient aucune raison de se fréquenter et elles ne le faisaient que très rarement. Encore plus - et s'était le cas lors de la scolarité des deux jeunes gens - quand le contexte politique se faisait encore plus propice à leur séparation. C’était le Quidditch qui leur avait permis de se connaître. Entre les insultes, les points volés, les cognards reçus ou envoyés, ils n'étaient pas devenus amis, mais plutôt camarades. Le sport avait tendance à rapprocher tout le monde, sauf quand ils étaient occupés à se frapper sur la gueule (et merlin sait que ça arrivait). Quoiqu'il en soit, un fracas de crâne plus tard pour Anne, un nez cassé et quelques côtes froissées pour Al, ils avaient mis leurs différences de côté et étaient devenus bon camarades. Autant qu'un Serpentard peut l'être avec un Gryffondor en tout cas.

Parce qu'elle faisait partie de la maison de Salazar Serpentard et parce que pour le monde entier, elle était sang-pur, on avait toujours attribué à Anne les opinions qui couraient habituellement dans sa maison. Si l'on pouvait reprocher quelque chose aux différentes maisons de Poudlard, c'était bien leurs préjugés. Puisqu'elle portait le vert et argent, puisqu'elle était sang-pur, aucun doute sur ses opinions. Les nés-moldus et les sangs mêlés n'étaient bons qu'à la servir et elle ne leur devait aucune considération. Anne n'avait jamais cherché à corriger ce que l'on pensait d'elle. Même encore maintenant, elle préférait offrir un sourire énigmatique et laisser les gens assumer qu'elle se rangeait à leurs idées. C'était pratique et elle aimait entretenir le mystère. Quoiqu'il en soit, ça n'avait pas empêché Al de devenir un ami.

A Poudlard, après avoir passé un bon nombre de mois à se taper sur la figure, ils avaient miraculeusement trouvé un terrain d'entente : Ashley. Une cousine d'Anne un peu plus jeune qu'elle du côté de Prewett qui officiait chez les Poufsouffle. Elle avait attiré le regard d'Al pourtant abonné aux conquêtes sans lendemain. Serviable et aimable ou plutôt pressée de ne plus entendre les soupirs énamourés qu'il poussait à chaque fois que sa cousine passait non loin d'eux ou venait lui dire bonjour, elle lui avait présenté. S'en était suivis ce qui semblait être une grande histoire d'amour entre les deux protagonistes. Entre sourires échangés, baisers volés au détour d'un couloir et regards langoureux qui leur avaient valus plus d'une remontrance de la part de leurs professeurs écœurés par tant de romantisme, tout semblait s'être déroulés au mieux. On porta Anne aux nues, la remercia de son assistance, jusqu'au jour où Ashley, en digne pécheresse et fille d'Eve fit ce qu'il ne fallait pas faire.

La langue de plomb ne sut jamais ce qui s’était réellement passé – et franchement, elle préférait ne pas le savoir -, mais toujours est-il que du jour au lendemain, l’histoire d’amour  se transforma en la guerre des roses. Du bras d’Al, vaillant Gryffondor, Ash se dirigea tout droit dans ceux de l’ennemi, c'est-à-dire leur cousin commun : Théophile – dit Théo – Prewett. Comble, du comble, comme si l’insulte n’était pas assez grand – après tout, elle n’avait même pas eu la décence d’attendre ne serais-ce qu’une ou deux semaines avant de se recaser – elle le jetait pour un Serpentard ! L’opprobre dont se couvrit sa belle cousine, ne manquât pas d’atteindre la pauvre Anne. Quoiqu’innocente dans toute cette désastreuse histoire, ses relations avec le Lion éploré se ternirent quelques peu pendant quelques années.

Quelques années plus tard. Toute cette histoire était du passé et les deux amis fraichement retrouvés pouvaient boire un verre en toute tranquillité sans risquer de s’engueuler sur ce sujet épineux. Ce fut à l’Emerald’s, le bar du parrain d’Al où servait Tom, leur ami commun, qu’ils se retrouvèrent. Exceptionnellement, Anne était honteusement en retard. Elle fit son entrée dans le bar déjà bondé, le sorteur l’ayant laissé passer sans faire d’histoire, reconnaissant une connaissance d’un des serveurs. Elle chercha Tom du regard, mais ne croisa que Fenton au bar, qui ne cacha une grimace agacé en la voyant. Il ne l’avait jamais aimée.

«  - Tom est là ?
- Il commence son service dans deux heures.
- Tu as vu Al ?
- Dans le fond du bar. Il t’attend depuis un moment.
- Mets deux Whisky Pur feu pour moi si tu veux bien. »

Il lui aurait probablement dis « non » pour le plaisir s’il l’avait pu, mais comme le client était roi, il fit ce qu’elle lui demandait sans faire d’histoire. Elle rejoignit Al dans le fond du bar et s’excusa de son retard.

« - Pardon, je comptais arriver plus tôt, mais j’ai eu un imprévu au travail et il fallait que je me change avant d’arriver. »

Elle parlait rarement de son travail et personne ne savait exactement ce qu’elle faisait, ça avait tendance à exciter les curiosités. Si elle avait du venir avec ses habits de travail dans le bar, elle était certaine que le costumes traditionnels des langues de plomb aurait jeté un froid sur l’ambiance. A la place, elle avait mis une robe de sorcière de sorcière plus que seyante, qui rappelait qu’elle restait une femme, quand elle ne travaillait pas.

Fenton arriva avec les boissons et les déposa sans desserrer des dents, lançant même un regard presque mauvais à Anne. Elle prit son verre et l’entrechoqua avec celui d’Al , avant de commenter :

« - Il est d’encore plus mauvaise humeur que d’habitude. Un jour, je saurais pourquoi il ne peut pas me sentir. Comment tu vas sinon ? Un bail qu’on ne s’est pas vu. »


Dernière édition par Anne Fraser le Mar 13 Sep - 20:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Sam 4 Juin - 15:10


Jour de repos pour Al. Les conditions de travail, à l'apothicairerie Holmwood-Black, n'étaient pas les pires qui soient. Concient qu'il ne trouverait pas facilement à remplacer ses deux fils – aucun employé n'avait jamais tenu bien longtemps sous les ordres de l'excentrique Vega – le patron leur consentait deux jours de repos par semaine, plus le dimanche. Il leur suffisait de s'entendre sur le planning hebdomadaire, et il validait leurs arrangements. Tant que l'un des jumeaux restait avec lui pour l'aider, il n'était pas trop exigeant. Il l'était d'autant moins que les affaires, ces derniers mois, n'étaient guère florissantes. La fermeture de Poudlard avait été le dernier coup porté aux petits commerçants du Chemin de Traverse. Avant, il y avait eu la terreur, les dingues des deux bords lâchés en liberté et les honnêtes gens qui n'osaient plus faire leurs emplettes. La boutique avait perdu, disait Vega, quarante pour cent de son chiffre d'affaires durant l'année précédent la bataille de Poudlard. En bon boutiquier, il exagérait sans doute un peu, mais il ne mentait pas : l'activité tournait au ralenti. Il avait fallu tout le génie du commerce de l'apothicaire pour redresser la barre ; en offrant des cours de potions, puis en proposant des kits « potions faciles » et, enfin, mais très discrètement, en orientant toute une partie de son activité vers les produits et mélanges un peu moins conventionnels, il avait réussi à sauver les meubles. Il n'avait pas voulu dégrader les conditions de travail de ses fils ; trop de familles cherchaient des professeurs particuliers, rôle que les deux garçons pouvaient fort bien tenir, et il ne voulait pas prendre le risque de les voir quitter la boutique. Les jumeaux avaient conservé leur salaire, leurs deux jours de repos dans la semaine, sans parler du logement au-dessus de la boutique, ce qui semblait naturel à tous.

Al avait passé une bonne partie de la journéee dans sa chambre, avec une demoiselle ramenée discrètement durant la nuit, une petite secrétaire du Ministère de la Magie. Depuis que Betty avait quitté la maison, Orion avait récupéré sa chambre, et Al avait conservé celle qu'il avait partagée avec son frère jumeau depuis leur enfance. Elle avait longtemps été meublée de deux petits lits, et ses murs témoignaient de l'identité des occupants : côté porte, la décoration était vert et argent. Côté fenêtre, au contraire, tout était rouge et or. Les jumeaux s'étaient livré une véritable guerre chromatique dès leur entrée à Poudlard, chacun rapportant à la moindre occasion de quoi surcharger un peu plus les murs de la chambre. Après le départ d'Orion, Al avait laissé les murs en l'état ; il avait seulement troqué les deux petits lits contre un grand, mais, lorsqu'on était couché, on se trouvait encore sous les yeux de dizaines de lions et de serpents placardés ici et là. La demoiselle, elle-même fraîchement sortie de Serpentard, s'était fort amusée de cette chambre d'enfants, mais Al ne l'avait pas invitée pour lui faire admirer la décoration, et il s'employa à le lui démontrer avec ardeur. Si bien que vers trois heures de l'après-midi, lorsque la jeune femme prit congé, il était quelque peu fatigué par près de douze heures de performance. Il avait été aussi bestial qu'un homme privé de compagnie féminine depuis une semaine peut l'être, à la grande joie de la demoiselle que rien ne semblait pouvoir arrêter. J'ai cru qu'elle allait me tuer à la tâche, parole. Jamais vu pareille gourmande. Une vraie virtuose de la clarinette. Après un petit somme bien mérité, il s'était éveillé, en meilleure forme, vers les cinq heures, et avait pris la direction de l'Emerald's pour un bon petit déjeuner.

Il avait ses entrées au bar depuis sa prime enfance, en sa qualité de filleul du patron. Il salua en habitué les employés présents, et alla se poser à sa table favorite, vers le fond de la salle. Dix minutes après, il était attablé devant une assiette copieusement garnie de bacon, d'oeufs brouillés, de toasts, de saucisses, accompagnée d'un thé et d'un whisky. On connaissait les habitudes du bonhomme et il avait à peine besoin de commander. On savait que, lorsqu'il se pointait à cette heure-là, c'est que la nuit avait été rude et qu'il avait besoin de se reconstituer. On lui préparait donc de quoi se restaurer, bien que l'établissement ne servît en général rien de solide, mais on faisait exception pour lui et pour quelques autres amis de la maison.

Engloutir ce petit déjeuner fut l'affaire de quelques minutes au plus, après quoi Al, satisfait, à demi-vautré sur la banquette de cuir, commanda un autre whisky en informant le serveur qu'il attendait quelqu'un. Là-bas, au comptoir, il pouvait voir Fenton lui lancer le regard agacé qu'il réservait à quasiment tout le monde ; ce type était incroyablement antipathique, et il était difficile de croire qu'il était le frère de Tom. Où était-il, d'ailleurs, celui-là ? Il était encore un peu tôt pour l'Emerald's, mais le bar se remplissait doucement. Une cigarette – la cigarette du devoir accompli – aux lèvres, Al se laissa aller tranquillement à observer les gens, jusqu'à ce qu'une jeune femme vînt se planter devant sa table.

Rendez-vous avait été pris avec Anne lors du carnaval qui s'était déroulé sur le Chemin de Traverse ; les deux anciens adversaires de Quidditch s'étaient perdus de vue depuis un bon bout de temps, et ils avaient convenu de se retrouver à l'Emerald's pour prendre le temps de bavarder. Ils avaient noué une amitié étrange à l'école, ponctuée de coups de Cognard sur le terrain et d'intrigues amoureuses en-dehors. Al, le séducteur invétéré, avait eu l'idée incongrue de tomber amoureux de la cousine d'Anne, et l'inconduite de cette demoiselle les avait un peu éloignés ; Anne avait ensuite quitté l'école, et la vie... c'est la vie, pas vrai ? Des années qu'on s'est pas vus, je sais qu'elle travaille au Ministère, mais c'est tout. Et le barman qui se marre en nous regardant... tout le monde doit s'imaginer que je compte la culbuter. Curieusement, ça m'est jamais venu à l'idée. Les occasions n'auraient pas manqué, pourtant. Me demande si elle y a pensé, des fois...

Réjoui par ces pensées, Al se leva, avec une galanterie inattendue, pour aider Anne à s'installer.


-T'en fais pas, c'est pas grave, j'ai même pas de montre...

Fenton posa brutalement deux verres devant eux, interrompant leur début de conversation ; Al n'osa reprendre que lorsqu'il se fut éloigné :

-Bof, il aime pas grand-monde, je crois. Depuis que je le connais, je l'ai toujours vu faire la tronche. À la tienne, miss crâne fêlé.

Une gorgée de whisky, puis il reprenait :

-Moi, ça va, ça va, merci. Comme un type qui a eu une nuit bien occupée. Et toi, alors ? Tu deviens quoi ? Me semble que Tom m'a dit que tu bossais au Ministère. Mes compliments,
poursuivit-il sans manifester de curiosité pour les détails. Sinon, t'es mariée, mère de famille ?
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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Mer 8 Juin - 15:55

Le Al dont elle se souvenait n'était pas un type galant. A vrai dire, elle avait - au début - mieux connus Orion qu'Al. Ils étaient dans la même maison, ça aidait. Si les jumeaux se ressemblaient physiquement, ils étaient apparemment assez différent de caractère pour que le Choixpeau décide de les mettre dans deux maisons différentes. Ca ne choquait pas Anne. Il suffisait de voir ses cousins et elle. Ils avaient été élevé exactement de la même façon et ça ne les avait pas empêché d'atterrir dans trois des maisons de Poudlard. Il n'y avait que Serdaigle qu'ils n'avaient pas fais. Probablement parce qu'aucun d'eux n'étaient assez studieux pour ça. Le Choixpeau avait hésité en ce qui concernait Anne, mais finalement, il avait jugé que son amour du mensonge, sa capacité à pousser celui-ci dans ses extrêmes malgré son jeune âge et son ambition débordante convenait mieux à la maison du vert et argent. La dite maison avait été une famille accueillante pour elle. Les Serpentards, malgré ce qu'on pensait d'eux, sous la férule du terrible professeur Rogue, était une maison unie. Les aînés aidait leurs cadets et ne passaient pas leurs temps à les molester comme ça pouvait se faire autre part. Ils étaient fiers de leur unité, mais ne le montrait que rarement. Aux yeux des autres maisons, ils paraissaient souvent froids et individuels. Au final, c'était plus du aux préjugés que l'on avait sur la maison des Serpentards qu'autre chose.

On se trompait souvent sur les autres en se basant sur les préjugés que l'on avait à leur propos. Il suffisait de voir Fenton. Elle savait qu'il ne l'avait jamais aimé parce qu'elle était à Serpentard. Pourtant, son frère y était également, ça ne l'empêchait pas d'être un type bien. Enfin ... non, on ne pouvait décidément pas qualifié Tom de type bien. Même avec la meilleure volonté du monde. C'était son ami, mais elle connaissait ses défauts. Al, moins avenant de prime abord était probablement un type beaucoup plus réglo que Tom. Quoiqu'il en soit, elle laissa Al l'aider à s'installer et Fenton apporta leur verre sans desserré des dents. Apparemment, il n'avait pas Al à la bonne non plus. Comme quoi, il n'y avait pas qu'elle qu'il ne pouvait pas sentir. A croire que ce type était simplement un éternel frustré de la vie. Ca expliquerait beaucoup de chose.

Ils trinquèrent, Al revenant encore une fois sur son exploit lors d'un match qui les avait opposé. Il avait eu la charmante idée de lui fracasser le crâne et le surnom lui était resté. Anne répliqua, piquante :

" - Hé bien, hé bien, Al, je ne me souvenais pas que tu avais appris la galanterie à Gryffondor. Serais-ce les coups de batte de Tom et ... enfin les coups de batte des Serpentards qui ont fini par te la faire rentrer dans le crâne, tu sais qu'on ne fracasse plus le crâne des filles quand on les veut dans son lit maintenant ?"

Elle avait failli prononcer le nom de Théo, son cousin. Al ne pouvait pas le voir en peinture. A l'époque, amoureux d'Ashley, elle avait quitté, sans trop y mettre les formes pour le cousin d'Anne. Depuis, on ne pouvait pas dire que les deux hommes éprouvaient une franche amitié l'un envers l'autre. C'était un sujet qu'il valait mieux ne pas mettre sur le tapis aussi tôt dans la soirée. Voir jamais, en fait.

La discussion s'orienta vite sur autre chose. Les banalités d'usages pour deux personnes qui ne s'étaient pas vues depuis fort longtemps. Elle but elle-même une gorgée de whisky avant de répondre en ricanant :

"Une nuit agitée, j'en suis sûre et pas par le boulot si je me plante pas !"

Elle haussa les épaules quand il évoqua son travail au ministère, elle était toujours vague là-dessus.

" Oh tu sais, juste un job, il faut avouer qu'ils payent bien. Ca permet d'offrir une tournée de temps en temps."

Elle reprit une gorgée :

"Mariée, des enfants ? Très peu pour moi. Tu veux signer ma mort à un si jeune âge ? Et toi, je suppose que personne n'a réussi à te mettre la corde au cou ?"
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Lun 13 Juin - 13:31

L'Emerald's aurait été un paradis, sans la sale tête de Fenton qui avait l'air d'un vautour surveillant son nid, derrière le bar. Par chance, il ne jouait pas souvent au barman ; sa mine rébarbative aurait certainement découragé les clients les plus fidèles. Putain de chien de garde. Al ne l'avait jamais beaucoup apprécié. Trop âgé, trop dédaigneux à l'égard des « deux nabots », comme il appelait gracieusement les jumeaux Holmwood-Black. Et ça ne s'était pas arrangé avec le temps. Alors que Joe était pour ainsi dire un second père pour Al, et que Tom devenait, malgré des hauts, des bas et des battes, un ami proche, Fenton était toujours resté un étranger. Enfin, même pire qu'un étranger : il semblait éprouver pour Al un mépris qu'il s'interdisait de formuler, et cela n'aurait pas été étonnant. Après tout, le filleul de son père n'était pas grand-chose ; un vaurien, un petit employé d'apothicairerie, sans ambition, sans talent particulier, un escroc à la petite semaine. Même pas l'envergure d'un vrai voyou, il se contentait de petits plans minables à quelques dizaines de Gallions. Et le pire, c'est que Joe l'aimait bien. Comment lui, Joe Emerald, pouvait-il s'intéresser à un type aussi banal qu'Al Holmwood-Black ? Le garçon n'avait même pas l'incroyable flair commercial de son père. Il n'était bon qu'à exécuter les ordres donnés par des gens plus intelligents que lui. Un larbin, voilà tout. C'était sans doute pour cela que Fenton le méprisait, sans se rendre compte que lui-même ne valait guère mieux. Al se contrefoutait du mépris de ce mec, ou plutôt il avait appris à s'en foutre. Plus jeune, il en était profondément offensé, puis il avait décrété que l'opinion de cet imbécile ne valait rien. Il nargua même Fenton en lui adressant un large sourire lorsque celui-ci vint déposer les verres sur leur table, mais l'autre ne lui accorda même pas un regard. Foutu con.

Bref, on n'était pas là pour les beaux yeux de Fenton, mais pour des retrouvailles. Cela devait faire plus de dix ans que les deux anciens adversaires ne s'étaient plus parlé, mais Al avait la flemme de compter. Les réflexes revenaient vite, cependant : Anne ouvrit d'ailleurs les hostilités en se moquant gentiment d'Al, et celui-ci éclata de rire :

-Mais on apprend beaucoup de choses, à Gryffondor. Et ptêtre que j'étais pas galant avec toi parce que t'avais rien d'une vraie femme, tu sais...

La suite le laissa stupéfait un instant, chose rare chez lui, puis il se reprit et lança :

-Tiens, je savais pas que pour toi, un coup de batte voulait dire qu'on voulait donner un coup de... Bref. Mon lit n'a jamais été fermé à une demoiselle en détresse, si c'est ton cas tu es la bienvenue, et je te promets même qu'il n'y aura pas d'autre Cognard. Et si ça peut te rassurer, je n'ai jamais eu à fracasser le crâne d'aucune pour la mettre dans mon lit.

Elle plaisante, ou elle a vraiment cru que je voulais me la faire ? L'approche aurait été maladroite, tu crois pas ? Bon, Machine, je t'ai pété le crâne, mais je peux te consoler en te montrant la célèbre position du lion et du serpent... Mouais. Les gonzesses étant irrémédiablement bizarres, rien n'est impossible ; c'est tout bonnement incompréhensible, ces machins-là. Et si elle a vraiment cru que je voulais me la taper, c'est bien dommage qu'on n'ait pas eu l'occasion de concrétiser. Elle est quand même pas mal foutue, la Fraser...

Anne le tira de ses réflexions en poursuivant la discussion, et Al eut un sourire qui se voulait modeste :


-Rien à voir avec mon boulot, en effet... Par contre, avec le tien, peut-être. Une petite secrétaire du Ministère, je crois qu'elle est aux transports magiques... mais bon, tu peux pas connaître tout le monde, surtout que tu dois être haut placée, toi.

C'est que les Prewett n'étaient pas n'importe qui. Al l'avait appris à ses dépens, à Poudlard ; en fracassant le crâne d'Anne, d'abord, puis en sortant avec Ashley, il s'était attiré la haine de leur cousin Theo, une caricature de sang-pur. Les mots du Serpentard résonnaient encore à ses oreilles : « c'est pas un sale bâtard comme toi qui vas souiller le sang des Prewett, Holmwood ». Toujours Holmwood. Theo Prewett s'était toujours refusé à lui donner son nom complet, et il ne se privait pas de s'en expliquer, sur un ton méprisant : « il ne suffit pas d'usurper un nom pour être un sang pur ». C'était l'éternel problème des Holmwood-Black. Il n'y avait guère que Vega pour croire à son histoire de fils caché d'un Black, rejeton de sang-pur dans une famille laborieuse du petit peuple sorcier. Pour tous les autres, ce n'était qu'une fable. Al ne savait trop s'il devait y croire, mais il avait tout de même cassé la gueule à Prewett, parce qu'il ne comptait pas laisser cet idiot insulter sa famille. Avec un soupir, Al avala une bonne gorgée de whisky, soudain amer. En parlant de mariage, Anne venait de lui rappeler Ashley, et la relation bizarre qu'il entretenait avec elle. Ils étaient sortis ensemble quelque temps à Poudlard, avant qu'elle ne le quitte pour Theo. Il en pinçait toujours pour elle, et ne désespérait pas de la reconquérir un jour. Pour elle, en revanche, c'était juste « en copains » (Merlin, qu'il détestait cette expression!) même si elle ne se privait pas pour lui reprocher ses aventures sans lendemain. Apparemment, elle aurait voulu le voir mener une vie d'ascète, alors qu'elle s'autorisait à peu près tout entre deux périodes d'amour fou avec Theo. Cette pensée agaça l'ancien Gryffondor, qui lâcha :

-Personne, tu devines bien. Enfin, la seule qui pourrait me passer la corde au cou, c'est ta cousine, et faut bien dire que c'est la dernière des putes.

Et j'suis amoureux d'elle, ouais. Va pas chercher la logique du truc, l'amour est aveugle, qu'on dit.
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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Dim 19 Juin - 21:30

Le badinage est aux amis ce que la guerre est aux ennemis. On se charrie, on refait le passé, on revit les bons moments comme les mauvais. En particulier les plus mémorables. Il faut croire que se faire fracasser le crâne en demi-finale de la coupe des quatre maisons est un évènement mémorable. En y repassant, ce fut tout ce qui suivit qui fut mémorable. Comme la haine bien ancrée entre Theo et Al, le passage à tabac d'Al, son parcours jusqu'à l'infirmerie en compagnie d'un Rogue encore plus injuste qu'à l'accoutumer et la mise au tapis de Tom dans la foulée. Rien à dire, en y pensant, ils étaient quand même sacrément cons à l'époque. Anne avait toujours été la plus raisonnable des trois et riens ne semblait indiquer que les années avaient changé la donne.

"Je n'en doute pas. Laisse-moi réfléchir. Qu'est-ce qu'on vous apprend à Gryffondor ? À enfreindre le règlement en se faisant toujours prendre. Très utile quand on est féru de retenue. À perdre la coupe des quatre maisons. ... Non, je vais arrêter le massacre ici. Pose ce verre, POSE CE VERRE AL JE TE DIS."

Comme je vous le disais, on ne peut pas voir ses amis sans les vanner au moins un peu. Elle balaya d'un revers de la main son commentaire quant à son manque de féminité.

"Ma foi, je trouve que je n'ai pas trop mal tourné. Puis à l'époque, c'était plus drôle de se prendre des cognards dans la figure qu'un coup de reins derrière le local à balai."

Il ne lui vient pas à l'esprit un seul instant qu'Al puisse prendre son badinage au sérieux. Anne n'était pas habituée au coup d'un soir, mais elle ne faisait pas dans les longues relations non plus. Sa vie sentimentale et sexuelle avait toujours été à son image : très discrète. Peu de gens savaient qui elle voyait et si elle voyait quelqu'un.

"Pas besoin de me donner ton CV, Al. Comme tout le monde, j'ai entendu parler de tes prouesses à Poudlard. Tes conquêtes n'ont jamais été discrètes sur tes très bons résultats dans cette matière. On chuchotait même que tu aurais converti plus d'une fille de ma maison au rouge et or. C'est dire ..."

La discussion continua, s'orientant sur la vie sentimentale d'Al, généralement bien plus passionnante que la sienne.

"Je ne suis pas vraiment haut placé, tu sais, je ne sais pas pourquoi tout le monde se fait cette idée-là. Par contre, faut bien avouer que je n'ai pas grand chose à faire au département des transports magiques."

Haut placé. C'était une façon de voir les choses. Le département des Mystères fonctionnait de façon peut orthodoxe. On ne pouvait pas vraiment le comparer aux autres départements. Heureusement, ils n'étaient pas là pour parler travail. Anne aurait d'ailleurs eu peu à dire sur le sujet. Néanmoins, la discussion tournait aigre et elle en soupira intérieurement. Ashley, soit-elle maudite, était un sujet relativement sensible. Que ça soit auprès d'Al ou de Theo par ailleurs. Son cousin était devenu au fur et à mesure des années, un homme sympathique, calme, tolérant, qui défendait plus ou moins ouvertement ses sympathies merlinistes. Pourtant dès qu'on en venait à parler d'Al, sa vieille haine d'adolescent refaisait surface avec une force qu'Anne ne pouvait pas comprendre. Quant à Ashley, éternelle pomme de discorde entre deux hommes, elle semblait tout à fait aveugle à la situation. Anne aurait presque envié sa cousine. Comme ça devait être agréable que d'avoir deux hommes à ses pieds tout en faisant semblant de ne pas voir la zizanie qu'elle semait entre eux. Quoiqu'il en soit, une fois qu'on parlait d'elle, l'un comme l'autre se comportaient comme ce qu'ils étaient. Des mâles en rut sans aucune considération.

Exaspérée, mais ne voulant pas mettre une mauvaise ambiance. Elle informula, un petit sort. La bougie qui se trouvait près, peut-être trop près d'Al vacilla et tomba sur la main d'Al, brûlant celle-ci légèrement au passage. Si Anne n'avait jamais été douée en potion, elle avait toujours eu un don pour la métamorphose et l'informulation. On ne faisait pas mieux qu'elle. L'incident paraissait parfaitement anodin. Qui pouvait se douter qu'elle avait fait tomber la bougie elle-même. Après tout, elle n'était pas assez stupide que pour commencer une bataille rangée dans un bar. Si quelque chose arrivait, ça ne serait pas sa faute et son insigne lui permettait de se sortir de ce genre de situation embarrassante en un tour de main.

Elle se pencha sur Al, faisant mine de regarder sa main et murmura :

"Ce n'est pas parce que c'est vrai qu'on le dit. Ton père ne t'a jamais appris à être poli ?"

Avec un sourire, elle proposa ses services :

"Tu veux de l'aide pour un petit sort de soin ? "


Dernière édition par Anne Fraser le Lun 20 Juin - 14:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Dim 19 Juin - 21:30

Le membre 'Anne Fraser' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Dé PA 3' :

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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Mar 21 Juin - 17:30

C'était plus fort que lui. Al avait toujours eu besoin de plaire aux femmes, à toutes les femmes. Cela lui avait pris à l'adolescence. Orion avait mué plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant son cadet, et ne s'était pas privé de se moquer de lui – soyons justes, Al en aurait fait de même s'il avait été le premier. Durant ce long laps de temps, le gamin avait à peine osé ouvrir la bouche en présence de son jumeau ; sa voix incertaine, mais trop aiguë encore, semblait encore plus ridicule avec celle d'Orion en contrepoint. Et l'autre, pendant ce temps-là, se pavanait devant les filles, avec sa voix grave et sa musculature en pleine expansion. Connard, va. Al s'était juré de rattraper son retard et, le moment venu, il s'y employa avec ardeur. Les relations suivies ne l'intéressaient pas. Son plaisir était de voir qu'il pouvait plaire à qui il voulait ; c'était jouissif – et rassurant. Au début, il avait tenté de tenir un compte de ses conquêtes, mais très vite, il avait renoncé ; ce n'était pas cela qui était important. Ce qui faisait battre son cœur, ce n'était pas d'avoir dix, cent, mille noms à son tableau de chasse ; c'était le nom suivant, la bataille à remporter. Il avait la réputation d'un sacré tombeur à Poudlard, comme le soulignait Anne avec un sourire, et cela continuait dans la vie d'adulte. Pas capable de se fixer, même dans une amitié amoureuse. La plupart des rencontres qu'il faisait étaient des coups d'un soir ; il revoyait assez peu les femmes avec qui il avait couché, ce qui lui avait valu quelques petits soucis avec certaines jalouses. Une Serpentard, notamment, qui avait menacé de raconter à sa famille qu'il avait ravi sa vertu s'il ne l'épousait pas. « Mon père te tuera de ses mains, je n'ai qu'un mot à dire. » Saleté de sang-pur, toujours à exiger et à menacer. Les choses n'avaient pas été aussi loin ; Al avait simplement passé un sale quart d'heure avec le frère et les deux cousins de la demoiselle, mais commettre un meurtre pour une virginité dont chacun savait très bien qu'elle était envolée depuis des années était tout de même un peu extrême. Anne n'avait peut-être pas eu vent de cette histoire, survenue après son départ de l'école. Avec un sourire, Al lança :

-Ouais, et certaines ont aussi essayé de me convertir à la bague au doigt et tous ces machins-là. Comme si c'était pour moi, tiens. Ce qui m'étonne, c'est que toi, par contre, tu ne sois pas mariée, reprit-il, l'air songeur, après une gorgée de whisky. Dans les familles comme la tienne, c'est rare qu'une femme reste célibataire aussi longtemps... enfin, j'veux dire, vous vous mariez jeunes, genre à vingt ans, tâcha-t-il de se rattraper en se rendant compte de sa maladresse.

À trente balais passés, une Sang-pur était mariée et avait au moins deux ou trois gosses aux trousses. Et pour Al, Anne était une Sang-pur, cela ne faisait aucun doute. C'était aussi pour cela qu'il l'avait supposée haut placée au Ministère ; elle était apparentée aux Prewett, et à d'autres grandes familles, il ne fallait rien d'autre pour obtenir un poste important. Surtout depuis que « les nouveaux », comme on disait pudiquement, avaient pris le pouvoir. Malefoy aurait nommé une chèvre directrice de département, si cette chèvre avait été issue d'une lignée de sang pur. Tu devrais aller postuler, Al. Tu as des liens avec plein de gens bien, non ? Et ce bon Lucius serait si content de rendre service à sa famille moins aisée que lui. Le jeune homme sourit pour lui seul à cette pensée, mais sa bonne humeur fut de courte durée. Une bougie sembla soudain décider qu'elle avait besoin de voyager, et sa première étape fut le dos de la main d'Al.

-AÏE PUTAIN !

Plusieurs têtes se tournèrent vers lui, qui se secouait frénétiquement la main et jurait entre ses dents.

-Ils peuvent pas les fixer correctement, leurs saloperies de bougies ! Ils vont m'entendre, tu vas voir. Pas besoin de sort, c'est rien, merci.

Il passerait un onguent pour brûlures en rentrant chez lui, et il n'y aurait plus rien. En attendant, il atténua la douleur en posant son verre de whisky sur le dos de sa main, et repartit, comme si rien n'avait interrompu la conversation :

-Ouais, tout le monde le sait mais personne ne le dit. Vous me faites bien marrer, les sang-pur, avec vos convenances à la con. C'est comme le ministre et sa clique, en fait, tout le monde sait que c'est des brêles et des corrompus, mais faut pas le dire, ça se fait pas. Tu parles d'un secret de polichinelle. N'empêche que c'est vrai, et que c'est pareil pour Ash.

Il ne s'était pas soucié de baisser la voix pour parler de Malefoy ; on l'avait prévenu que les murs avaient des oreilles et qu'il fallait être prudent, mais c'était trop demander. Il se contraignait bien assez lorsqu'il était au magasin pour pouvoir dire ce qu'il pensait à l'extérieur, non ? Encore un peu agacé, il avala, assez vite, la fin de son verre, puis lâcha, presque à contrecoeur :

-T'as des nouvelles d'elle d'ailleurs ? Je suppose qu'elle est toujours avec son débile, puisqu'elle donne pas signe de vie.
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Mar 21 Juin - 23:28

La perception que les gens se faisaient d’elle l’amusait toujours un peu. Ça l’amusait et l’attristait en même temps. Même ceux qui la connaissaient depuis des années, plus ou moins vingt ans pour les gens qu’elle avait rencontrés à Poudlard, retenaient cette information en premier. Ça lui donnait parfois envie de crier. L’idée qu’elle soit sang pur mettait une distance entre les gens et elle. Elle comprenait parfaitement que c’était ce que les vielles familles traditionalistes voulaient en prônant la supériorité d’un sang sur un autre, mais elle que voulait-elle ? Parfois, dans son monde de mensonge constant, elle se sentait très seule. Elle aurait rêvé d’avouer la vérité, à n’importe qui, n’était-ce que pour crever l’abcès. En étant réaliste, elle savait bien qu’elle ne pouvait rien dire. Elle se voyait déjà arriver, près d’Al par exemple, et lancer de but en blanc « Au fait, tu sais que ma mère est une cracmole ? Mon vrai nom de famille est Moore et ça fait de moi une sang-mêlé. ». Il suffisait qu’elle y pense pour que le sentiment de solitude reparte aussi vite qu’il était venu. Il y a des choses qu’on ne peut changer et des secrets qui sont destinés à rester ce qu’ils sont, c'est-à-dire secret.

Heureusement pour elle, Al était un homme simple. Il avait beau mettre une certaine distance entre eux à cause de son statut de sang – et probablement parce qu’elle était la cousine de Theo - il n’en faisait pas tout un foin non plus. Mieux, il en devenait même maladroit, en lui assenant sur le coin de la figure tous les stéréotypes possibles et imaginables sur les sangs purs. Elle hésitait d’ailleurs entre le sourire amer et le rire en l’entendant parler. Bien sûr, on trouvait chez les sangs purs des cinglés comme les Malefoy qui fiançaient leur fils avant même qu’il n’ait mis un pied en dehors de Poudlard. On trouvait également des gens comme les Greengrass prompts à nouer toutes les alliances possibles grâce à leurs filles. Heureusement, ils n’étaient pas tous comme ça. De ses cousins, un seul était marié, les autres avaient des relations plus ou moins sérieusement, mais n’y pensaient pas pour le moment. Ils formaient probablement une famille peu traditionnelle aux yeux de leurs pairs.
Le sujet étant sensible, Anne se dispensa de répondre sérieusement. Elle se contenta d’un :

« - Serais-tu en train de sous-entendre que je suis trop vieille pour être sur le marché Al ? Ce n’est pas gentil ça. »

Elle lui sourit, avala son whisky d’un trait et quand Al perdit un peu l’esprit, elle le rappela gracieusement à l’ordre. Bon joueur, il rentra dans son jeu en râlant sur l’établissement. Un comble quand on savait que le père de Tom voyait probablement Al comme un troisième fils. Elle leva discrètement la main et fit signe qu’elle voulait qu’on lui remette la même chose. Les verres arrivèrent et Anne en tendit un à Al :

« Tiens, bois, c’est ma tournée. »

Elle eut un soupir quand la discussion se réorienta sur les sangs purs et leurs sacro-saintes habitudes. Elle répondit, clairement amère cette fois-ci :

« - Ce n’est pas parce qu’on se balade l’étiquette sang pur qu’on boit tous dans la même gamelle que le ministre. Tu le sais. Tu faisais déjà ça à Poudlard. Comme si parce qu’on est sang pur et Serpentard, on allait automatiquement se balader avec une cape noire et un masque. »


Elle se tut, consciente qu’elle allait trop loin et but une autre gorgée de whisky en faisant de nouveau signe au serveur. Autant qu’il fournisse la table. Elle était rarement - voir jamais - ses couleurs politiques. On la pensait donc profondément puriste. En particulier parce qu'elle travaillait toujours au Ministère et qu'elle n'avait pas, comme bon nombres de ses collègues, démissionné en protestation au gouvernement Malefoy. Elle s'était rarement faite plus claire qu'aujourd'hui quant à ce qu'elle pensait du gouvernement Malefoy.

« - Ce que je veux dire, c’est que Fudge, au fond, était aussi corrompu que Malefoy. Ce n’est un secret pour personne. Ce n’est pas le sang qui importe, mais ton éducation et ce que tu fais avec. Donc si tu pouvais juste éviter de me mettre dans le même panier, ça serait sympa. »

Elle posa brièvement sa main sur celle d’Al, signifiant qu’elle était désolée pour son éclat. Il y eut un très bref silence avant qu’Al lui demande ce que devenait Ashley. C’était inévitable. Elle but encore une fois avant de répondre :

« - Elle allait bien aux dernières nouvelles. Ils ont rompu, il y a une semaine. C’était elle cette fois. Ne me demande pas pourquoi, il y a des années que j’ai renoncé à comprendre ce qu’ils font ensembles. »

Elle se tut un moment. Elle avait bien une question, mais elle hésitait sincèrement à la poser à Al. Finalement, une gorgée d’alcool décida à sa place que ce n’était pas le moment de se taire.

« - Tu sais, j’ai beau faire, je ne comprends. Qu’est-ce que vous pouvez bien lui trouver tous les deux ? Comprends-moi bien, ce n’est pas de la jalousie, mais ça fait des années qu’elle joue avec vos pieds à tous les deux et vous en redemandez. »


Elle fit tourner lentement son verre en observant les couleurs subtiles que prenait le liquide ambré à la lueur des bougies et continua sur sa lancée :

« - Même si tu n’as pas envie de te passer la bague au doigt, tu aurais pu trouver quelqu’un d’autre depuis le temps. Je le dis en toute amitié, mais si tu te laisses faire, tu vas te retrouver avec le cœur brisé et Theo aussi, même si je sais que tu lui souhaites. »

Elle haussa les épaules et ajouta :

« - Il faut dire que dès qu'on parle de toi, il se conduit comme un con. Et c'est sa cousine qui le dit. On a été élevé ensemble. Je sais qu'il n'est pas aussi stupide que ça, sauf quand on parle d'Ashley. »
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Mar 28 Juin - 22:59

-Oh, c'est bon, fais pas ton offensée, t'as très bien compris. J'ai jamais dit que vous étiez tous pour le ministre, j'ai juste dit que dans la bonne société, on a des tas de principes du genre « c'est pas parce que c'est vrai qu'il faut le dire ». Et tu remarqueras que j'ai pas dit de quel ministre je parlais, hein, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, pour moi.

D'un ton vaguement agacé, Al avait balayé l'objection d'Anne. Il n'avait jamais été du genre à arrondir les angles ou à changer de conversation lorsqu'un sujet menaçait de devenir explosif ; il s'expliquait, sans y mettre vraiment les formes, sans prendre la peine, comme Anne, d'atténuer ses propos par un geste amical. Cela lui valait la réputation d'être un mauvais coucheur, alors que lui considérait être simplement direct. Vega avait eu beau essayer de donner à ses fils une éducation de gentlemen, lui-même en avait une idée trop vague pour y parvenir. Ils ne seraient jamais de vrais bourgeois, de vrais Black dignes de la lignée, même si un jour leur filiation était prouvée : ils étaient trop peuple dans leurs manières, dans leur façon de parler, dans chacun de leurs gestes. Al avait toujours été un peu humilié par la différence entre lui et ceux des sang-pur qu'il fréquentait ; il n'avait ni leur distinction, ni leur connaissance des usages. Il compensait par d'autres talents qui lui seraient certainement plus utiles en cas de pépin, comme la capacité à coller un coup de poing pile au bon moment, mais pour paraître en société, zéro. Incapable de se taire quand il fallait, de parler de manière convenable, de rire avec élégance, avec la bouche en cul de poule. Anne avait reçu cette éducation, elle s'intégrait à merveille dans la bonne société magique, alors qu'Al y faisait tache. Il n'avait rien voulu dire d'autre. Ayant rétabli la vérité de son ton bourru, il fit :


-Enfin, c'est pas grave, hein. Ce serait pas la première fois que je serais pas clair dans c'que je dis.

Al et l'éloquence, tout un concept. Il n'avait jamais été un bon orateur, capable d'argumenter et de s'expliquer avec clarté. Il parlait peu, souvent familièrement, avec peu de vocabulaire. À l'écrit, c'était mieux, mais il n'écrivait guère. Flemme. Même chose pour son langage relâché : flemme. Il n'avait jamais aimé parler et devoir faire des efforts pour être compris. Cela le mettait parfois dans des situations inconfortables, comme cela venait d'être le cas avec Anne, mais il ne s'en souciait pas. C'était oublié sitôt les derniers mots prononcés, et une gorgée de whisky suffisait à clore l'incident. Anne ne semblait pas lui tenir rigueur de ses propos – elle n'avait pas pu oublier l'adolescent qu'elle avait côtoyé et qui mettait les pieds dans le plat comme personne – et la conversation s'orienta vers un sujet moins plaisant.

Ou plus plaisant, je sais pas. Ashley.

C'était une énigme même pour ceux qui connaissaient bien Al : comment avait-il pu tomber amoureux de cette fille au point de s'accrocher désespérément à elle, des années après ? Ils avaient rompu après quelques mois d'un amour aussi passionné que chaste, la demoiselle s'étant inconsidérément jetée dans les bras de ce déchet de Theo Prewett. Chacun en avait conclu qu'Al, fidèle à son caractère entier, n'allait même plus adresser la parole à la volage. De fait, au début, il avait semblé réagir normalement. Il avait soigneusement cassé la gueule de son rival, puis – premier signal d'alerte – s'était mis à déprimer. Un Al ne déprime pas, quoi qu'il arrive. Il se venge, et puis il passe à autre chose, sans cesser d'alimenter sa rancune. Mais il ne reste pas des heures assis au bord du lac, les yeux dans le vague. Il ne se met pas soudain à rechercher la solitude alors qu'il n'est rien sans sa bande de potes. Il ne va pas – deuxième signal d'alerte, et quel signal ! - jusqu'à parler de démissionner de l'équipe de Quidditch pour pouvoir rester tranquille. Et pourtant : plusieurs semaines durant, Al avait accusé le coup. Lui-même n'avait pas eu conscience d'être aussi amoureux, et sa propre réaction l'étonnait. Quoi, il avait déjà eu des copines, rompu, été cocu, toutes les joyeusetés de la vie de couple, et il s'en était très bien remis... Et voilà que ce n'était plus le cas. Orion s'était véritablement inquiété quand son frère avait accepté de reparler à Ashley et s'était mis à la considérer comme une amie. Une amie un peu spéciale, mais une amie. C'était, aux yeux du Serpentard, la preuve que son jumeau avait perdu le sens commun, et d'autres semblaient du même avis. « Elle te fait tourner en bourrique et tu en redemandes, crétin ! » Al le savait. Jamais il ne la récupèrerait, jamais. Elle jouait avec lui, et comme un idiot, il la laissait faire. Orion avait raison. Anne avait raison. Il descendit d'un seul coup son verre de whisky et lâcha, le regard perdu :


-Je sais, Anne, je sais. Je sais bien qu'elle s'amuse... et puis... je...

La suite ne vint pas. Trop de choses à dire, et pas les mots pour le faire. Il aurait voulu dire qu'il ne comprenait pas sa propre attitude, qu'il n'était même pas sûr de l'aimer encore, qu'il se demandait parfois si ce n'était pas juste par fierté qu'il s'accrochait, pour ne pas laisser la victoire à Prewett. Faire le paillasson par fierté, faut y penser, quand même. Al eut un geste d'impuissance pour indiquer qu'il renonçait à s'expliquer et, d'un geste fébrile, prit dans sa poche son paquet de cigarettes.

-Tu fumes ?

Il alluma une sèche, tira une longue bouffée, les yeux mi-clos. Après un instant de silence, il reprit :

-C'est vrai que j'aurais pu trouver quelqu'un d'autre. C'est pas les chouettes filles qui manquent. Y a des fois où je me demande si ta garce de cousine m'a pas jeté un maléfice pour que je sois comme ça, tu sais. Ça doit la faire jouir de se sentir si puissante. Et l'autre connard, il doit un peu se marrer, tiens. Enfin, c'est la vie, hein, on va pas se foutre en l'air pour si peu, pas vrai ?

Il leva la main pour commander d'autres consommations. Soudain, il lui semblait indispensable de se prendre une cuite assez violente pour être incapable de réfléchir. Malgré son air détaché, il sentait remonter en lui la déprime, celle de sa sixième année, celle qui le reprenait à chaque fois qu'il se rendait compte à quel point tout cela était absurde. Et il en voulait un peu à Anne d'avoir ainsi ouvert la porte aux idées noires.
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MessageSujet: Re: Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini] Jeu 14 Juil - 17:59

Anne et les hommes de sa vie. Ne vous y tromper pas, elle n'entretenait pas un harem. Pas à ma connaissance en tout cas, mais autour d'elle gravitait ses cousins, vieux amis, tous plus empotés ou roublard les uns que les autres. Prenez Tom par exemple. Une carrière rêvée, un physique avantageux, beaucoup de bagout et la détestable habitude de se retrouver dans le pétrin. Il faut dire que quand on passe sa vie à flirter - et c'est un euphémisme - avec l'illégalité, il ne faut pas s'attendre à autre chose. On aurait pu croire qu'un séjour à Azkaban lui aurait mis un peu de plomb dans la tête, mais c'était loin d'être le cas. Hypérion Nott, vieil ami, descendant d'une famille bien éduquée. On aurait pu croire qu'approchant la quarantaine, il était du genre rangé. Or, Anne savait de source sûre, c'est-à-dire lui-même, qu'il enchaînait les conquêtes sans lendemain et que la débauche n'était jamais très loin de lui. Adrian Rosier, également un vieil ami, devenu relativement intolérant avec l'âge, il avait eu le mauvais goût de devenir mangemort pour faire plaisir à son grand-père. Anne ne manquait jamais une occasion de lui taper sur le coin de la tête quand il disait des énormités, ce qui arrivait bien trop souvent à son goût. Quant à son penchant pour l'alcool, les mots lui manquaient souvent pour qualifier l'état dans lequel il lui était déjà arrivé de le retrouver. Après ses amis, était-il nécessaire de mentionner ses cousins, en particulier Theo, dont la vie sentimentale ressemblait aux montagnes russes moldues ?

En y pensant, on ne pouvait pas dire qu'il y avait autour d'elle un seul homme sans tare et Al n'échappait pas à la règle. Elle le connaissait depuis presque aussi longtemps que Tom ou Adrian. Elle avait l'habitude de ses travers. Elle savait qu'il n'était pas un grand orateur. D'ailleurs parler politique l'ennuyait et le sujet tombait souvent à plat. Ça arrangeait la langue de plomb. Depuis le mort d'Harry Potter et la prise de pouvoir de Lucius Malefoy, tout le monde se croyait politicien. S'en était exaspérant. Au final, ça l'arrangeait bien de pouvoir parler avec une personne qui s'en fichait. Ça rendait l'air respirable. Un changement bienvenu quand on savait qu'une partie de ses journées étaient dédiées à l'espionnage des Merlinistes et qu'elle avait pour mission de trouver s'il y avait des membres de l'Ordre du Phénix caché au Ministère.

Cette discussion clôturée d'un commun accord, ils burent. Quoi de mieux pour passer à autre chose et pour se détendre. Quoique parler d'Ashley n'était probablement pas le meilleur moyen de détendre Al. Pas du tout en réalité. Les verres se remplissaient tout seul pendant qu'ils parlaient. Le serveur ne laissant pas ceux-ci vides. Si Anne était loin de se soucier de la note - qui serait sûrement salée - elle aurait dû se soucier de l'air un peu perdu de son ami. Elle l'aurait probablement fait si l'alcool n'avait pas déjà été en train de faire son petit bonhomme de chemin dans un corps plus tellement habitué aux excès de la boisson.

C'est probablement pour ça que quand Al lui demanda si elle fumait, elle répondit oui sans vraiment y penser. Or, ça faisait quelques années qu'Anne avait délaissé ce doux poison, mais l'occasion était trop belle pour refuser. Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour qu'elle prenne en main une cigarette et l'allume d'un coup de baguette magique, renouant avec une vieille addiction de la même manière que l'on retombe dans les bras d'un ancien amant.

Avec son bon sens s'en allait sa patience et quand Al leva la main pour commander autre chose, elle se leva brusquement, reversant son verre vide par la même occasion. Elle leva la main et celle-ci se retrouva de façon fort étrange sur la joue d'Al. La musique allait trop fort pour qu'on fasse réellement attention à son éclat, mais son ami, lui, devait avoir senti le coup.

" - Ca suffit ! ", gronda-t-elle.

Elle le regarda avec un certain mépris. Ce n'était dû qu'à la boisson, mais soudain, elle se sentait affreusement exaspéré par ses hommes et leurs problèmes sentimentaux. Eux, au moins, pouvaient avoir une vie sentimentale. Et ce, sans risquer leur couverture à chaque pas. Ce constat l'emplissait de colère et faisait écho à une jalousie et frustration qu'elle dissimulait admirablement bien en général.

" - Ce n'est pas possible d'être aussi cruche. Trente ans et incapable de se conduire comme un homme. Sérieusement, tu t'étonnes qu'elle aille voir ailleurs après ça ? Est-ce que tu as au moins essayé de l'avoir au lieu de rester là à la regarder de loin en maudissant Theo dès que tu en as l'occasion. Bouge ta baguette au lieu de pleurnicher dans ton coin comme un Poufsouffle a qui on a volé son goûter. "

Sa baguette en main, elle le pointa du doigt l'air mauvais. Apparemment, sa prudence était partie faire un tour avec son bon sens ce soir.

" - Prouve-moi que tu as au minimum le courage dont les Gryffondor passent leur temps à nous rebattre les oreilles pour voir. "

Le sort, informulé, parti tout seul, provoquant une explosion, certes minime, mais qui eut pour effet de faire sursauter les clients autour d'eux. On était dans un bar ? Quelle importance ! Celui de père de Tom ? Rien à faire. Elle faisait partie du Ministère de la Magie et à ce titre, se devait de ne pas faire d'éclat et représenter l'autorité ? Who cares ! Elle devait éviter de se faire remarquer ? C'était loupé ! On ne frappait pas des amis ? Bouarf, il l'avait mérité. Elle le regretterait le lendemain matin ? Sans l'ombre d'un doute. En attendant, il avait intérêt à se bouger parce qu'Anne n'avait aucune intention de lui faire des cadeaux.

Spoiler:
 


Dernière édition par Anne Fraser le Jeu 14 Juil - 18:26, édité 1 fois
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Symphonie pour rotules brisées || Al [Fini]

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