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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini]

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MessageSujet: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Mer 22 Juin - 16:25

Douze ans. C'est long douze ans. Ça change toute une perspective. Il y a douze ans, Tom, qui portait encore le nom de famille Emerald's à l'époque, était une star du Quidditch anglais. On pouvait difficilement se balader en rue avec lui sans croiser une de ces fans. Une carrière prometteuse titrait les journaux. Un génie disait certains. Cette époque-là était désormais révolue. Il avait changé, tout comme elle. Désormais, ils s'étaient retrouvés, mais les choses pouvaient-elles redevenir ce qu'elles étaient avant ? Retrouveraient-ils la complicité qu'ils partageaient autrefois ? Personne ne pouvait le dire. En tout cas, ils essayaient. Ce restaurant, c'était tenter de remonter dans un train déjà partis depuis quelque temps. Tom lui avait laissé le choix du restaurant. Elle avait tellement attendu avait-il dit qu'elle pouvait bien choisir ce qui lui plaisait. Où aller ? Le monde sorcier est un petit monde et les commères y étaient nombreuses. Elle hésita un long moment avant d'arrêter son choix pour un restaurant moldu du centre de Londres qu'elle fréquentait souvent. L'endroit était relativement cher, mais était également assez privé, il y avait peu de chance pour qu'elle y rencontre quelqu'un qu'elle y connaissait d'un monde comme de l'autre. Elle envoya un hibou à Tom lui indiquant où ils se retrouveraient avec un ps. "N'oublie pas de t'habiller comme un moldu". Elle n'en avait pas dit plus.

En s'habillant ce soir-là, elle se sentit particulièrement mal à l'aise. En quelque sorte, c'était la première fois que ses deux mondes se croisaient. Pendant un moment, elle songea qu'elle pourrait peut-être lui dire la vérité. Après tout, elle demandait de lui une certaine honnêteté, sans pouvoir lui rendre la pareille. Ces pensées furent vite chassées. Il y a des choses qui ne peuvent se dire, mais elle faisait un pas ce soir. Elle sortait du monde sorcier et lui laissait voir une facette que peu connaissaient. Pour l'occasion, elle était passée chez ses parents qui furent particulièrement heureux de la voir. Elle avait regardé avec perplexité cette garde-robe moldue qu'elle n'utilisait que peu en se demandant ce qu'elle pourrait mettre. Elle choisit finalement une robe noire longue, simple, élégante et au final pas si différente que ça de ses robes de sorcières. À croire que certaines habitudes étaient dures à perdre. Elle poussa le vice jusqu'à demander au chauffeur de ses parents de l'y conduire. Dans la voiture, elle eut tout le loisir de triturer nerveusement son sac dans lequel se trouvait ses papiers moldus. Son chauffeur la déposa devant le restaurant et elle lui assura qu'il ne serait pas nécessaire de venir la chercher. Le portier lui ouvrit la porte et elle entra dans le restaurant. Le réceptionniste la salua :

" - Lady Moore. Nous ne savions pas que vous veniez ce soir, votre table habituelle est réservée.
- C'est moi qui l'ai réservé, au nom de Fraser si je ne m'abuse.
- En effet madame, deux personnes. Par ici, s'il vous plaît.
- Pourrais-je vous demander un service ?
- Bien entendu madame.
- Auriez-vous l'obligeance de dire au sommelier et au serveur de ne pas m'appeler Lady Moore ce soir ? Et si une de mes connaissances venait à s'enquérir de ma présence, pourriez-vous vous assurer qu'on nous laisse tranquille ? Je vous en serais particulièrement reconnaissante.
- Evidemment, madame. Il sera fait selon vos désirs.
- Parfait."

Après tout, il n'y avait rien que quelques livres bien placées ne puissent acheter. Une fois qu'il l'eut conduite à sa table, il ne lui restait plus qu'à attendre Tom. Elle regarda sa montre et constata avec amusement qu'il était en retard. Elle avait attendu douze ans, une minute de plus ou de moins ne ferrait plus de différence à présent
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Jeu 23 Juin - 12:57

Un restaurant moldu. Ajout de dernière minute : un restaurant moldu qu'il connaissait. Tom soupira et écrasa sa cigarette. Il n'avait pas de solution répondant à tous les problèmes que le choix de Anne lui posait et encore plus de questions destinées à ladite Anne Fraser. La liste des difficultés tenait en deux points : il connaissait le restaurant, d'abord. Et pas sous l'identité de Tom Sallybanks, qui avait une relative bonne connaissance du monde moldu, mais qui en principe ne le fréquentait pas trop, et qui n'était de toute façon pas du genre à se retrouver dans ce genre d'endroit huppé et cher avec la paye qu'il obtenait chaque mois en temps que simple serveur du Emerald's. Non, il ne venait dans cet endroit que lorsqu'il décidait de sortir fêter la réussite de ses arnaques, avant de partir faire la tournée des bars jusqu'au matin.

Officiellement, donc, à chaque fois qu'il y mettait les pieds, il était Allen Jeffreys, un millionnaire tout ce qu'il y avait de plus moldu et américain, décontracté, et ayant fait fortune dans le pétrole, qui venait à Londres pour affaires. Il n'avait jamais fait d'affaires avec quiconque – Tom aurait bien été incapable de parler de quoi que ce soit de cohérent concernant les hydrocarbures, mis à part que ça servait à faire rouler les voitures – mais comme il aimait rire et qu'il était l'un des seuls clients étrangers à peu près réguliers du restaurant, il gageait qu'il allait forcément tomber sur quelqu'un qu'il connaissait, ce qui ne l'arrangeait absolument pas. Second problème, même en admettant que personne ne vienne à le reconnaître, Tom était à peu persuadé que c'était à lui de payer – le genre de choses qui se font lorsque vous avez rendez-vous avec une femme que vous n'avez depuis douze ans – et que, s'il avait tout à fait l'argent pour le faire, Sally n'était pas du tout censé l'avoir.

Alors bon, certes, il avait bien prévu de parler à Anne, mais Thomas aurait franchement apprécié que les circonstances ne semblent pas totalement lui forcer la main, et ne pas être obligé de le faire en catastrophe pour ne pas mentir encore une fois. Il avait bien envie de râler, ce qu'il faisait en fait depuis qu'il avait ouvert la lettre reçue par hibou, à l'encontre de Anne elle même : qu'est-ce qui avait bien pu la motiver à choisir cet endroit. Déjà, Sallybanks peinait à comprendre comment elle en était venu à connaître le lieu. Parce qu'après tout, sauf s'il avait loupé quelque chose d'énorme pendant les douze ans où ils ne s'étaient pas vus, il voyait mal fréquenter le monde moldu. La plupart des sang mêlés n'ayant pas d'ascendants moldus n'y étaient jamais allés, alors une sang pure, toute aussi ouverte d'esprit soit-elle...non, et puis la dernière fois, elle avait bien tiqué lorsqu'il avait employé un pauvre mot de vocabulaire moldu. Tom n'avait rien contre les sang purs en eux-mêmes, tant qu'ils étaient assez ouverts d'esprit pour ne agir de manière propice à attiser son envie de leur cogner sur la tronche, en témoignait l'amitié qu'il maintenait depuis Poudlard avec Adrian Rosier. En fait, sur ce point là, il était juste très curieux.

Et du coup, il ne savait pas bien quelle attitude adopter. Il connaissait les usages de la bonne société, mais ça ne correspondait pas au comportement naturel de Tom Sallybanks. De nouveau, il se reprit à grogner :

« N'oublie pas de t'habiller comme un moldu, tu parles... »
Il s'habillait toujours comme un moldu, faire le service en robe de sorcier n'était pas du tout facile. « Mais quel genre de moldu ? Le genre Tom Sallybanks ? Ou autre chose ? »

C'était à s'arracher les cheveux. Réalisant qu'il allait être en retard s'il continuait à tergiverser, Tom se décida finalement pour son habituel blouson de cuir et un pantalon noir. La seule concession qu'il fit fut de mettre une chemise. Il doutait de toute façon que les différents rôles qu'il jouait intéresse Anne, et il n'arriverait pas à faire illusion. Surtout avec le magnifique cocard que lui avait son père – Tom ne le remerciait pas pour ça. Au moins avait-il obtenu de ne pas bosser ce jour là, ni le lendemain en compensation. Joe devait se sentir un peu coupable.

Au moins, réfléchit-il lorsqu'il passa le Chaudron Baveur et se retrouva du coté moldu, il pouvait ressortir le Range Rover, ce qu'il n'avait pas fait depuis un bon moment. Tom jeta un coup d'oeil à l'heure alors qu'il conduisait, et klaxonna plusieurs fois à l'intention des gens qui se trouvaient devant lui. Lorsqu'il se gara à proximité du restaurant, il n'avait que cinq minutes de retard. Croisant les doigts pour que personne ne le reconnaisse, Tom entra. Le réceptionniste parut tiquer à son approche et lança :

« Monsieur Jeffreys, bonsoir...oh, pardon, monsieur. Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. 

- Je crois qu'il y a erreur, oui. Je ne me suis jamais appelé Jeffreys. » Tom s'autorisa un sourire. A présent, l'homme le dévisageait d'un air purement incrédule. L'idée que ce type qui débarquait dans son restaurant puisse vouloir y rester, avoir une table, semblait lui paraître incroyable. « J'ai une table normalement, au nom de Fraser. Je suis un peu en retard... »

Débarrassé de ses fringues purement américaines, stetson, bottes et bolo-tie, et de son accent texan absolument abominable, au profit de celui, totalement naturel, de Tom Sallybanks, londonien légèrement mâtiné d'une pointe de ton irlandais, il ressemblait à ce qu'il était : un anglais de la classe moyenne pur jus. Si on ajoutait son œil au beurre noir et ses tatouages, il était définitivement en décalage avec l'endroit : Sally doutait en effet que beaucoup de clients arborent comme lui l'oiseau du « flying fist », vieux symbole issu du milieu de la boxe et signifiant qu'il n'avait pas peur de cogner. D'habitude, lorsqu'il venait ici, il dissimulait les symboles tatoués sur ses mains – la magie permettait de faire tellement de choses – mais là, cela ne lui servirait pas. Le réceptionniste le dévisagea de haut en bas avec un mépris flegmatique typique des lieux huppés de la Grande-Bretagne et sembla se résoudre à l'accompagner :

« De cinq minutes à peine, monsieur Fraser. »
Monsieur Fraser ? Alors celle-ci, c'était la meilleure de l'année. Monsieur Fraser. Il se retint de rire. « Vous êtes attendu. »

Et en effet, Anne était déjà installée, et il fut bien obligé de s'excuser :

« Désolé du retard, j'ai eu du mal à me garer. »
Ce qui incluait qu'il avait une voiture, mais à ce stade, dans un restaurant moldu, il n'était plus à ça près. « J'avais espéré ne pas en faire une habitude, mais j'avoue que c'est un échec. » Il l'embrassa sur la joue. « Comment ça va, alors, depuis la dernière fois ? » Il jeta un œil à la robe de Anne et lui adressa un sourire amusé : « Tu aurais du me dire qu'il fallait qu'il fallait s'habiller. Tu es toujours aussi sexy et moi j'ai l'air d'un pouilleux. »

Ce qui était à peu près honnête. Bon, pas tout à fait d'un pouilleux. Il avait abandonné le blouson et l'ensemble chemise blanche, pantalon noir, restait passe-partout et sobre. Mais quand même, ça formait un contraste définitif avec le reste des clients, tous en costume.

« J'aurais du mettre une cravate, peut-être. Le serveur m'a regardé avec un drôle d'air. »
Il sourit de nouveau, cherchant un cendrier sur la table. Quand est-ce que le restaurant était devenu non fumeur ? « De toute façon, il pense que je suis monsieur Fraser, alors...je trouve que les moldus vont un peu vite en besogne, s'ils nous voient déjà mariés. »

Il s'amusait de tout, Tom Sallybanks – il avait toujours été extrêmement bavard, et ça ne s'arrangeait pas lorsqu'il était dans une situation où tout lui était hostile. Il ne savait même pas ce qu'il pouvait vraiment dire à Anne, jusqu'où il pouvait aller. Elle ne lui avait jamais dit qu'elle bossait au département des Mystères. Et donc ce qu'il pouvait dire. Même s'il était très curieux à propos du choix du lieu de rendez-vous.

« Au fait...qu'est-ce qu'on fout là ? » Il eut un geste vague. « Je veux pas faire dans les stéréotypes...mais t'es déjà sortie du monde sorcier ? »

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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Lun 27 Juin - 1:27

Parfois, ce que l’on pense pratique, est loin de l’être pour tout le monde. Par exemple, en choisissant un restaurant moldu, Anne avait pensé bien faire. La pauvre. Si elle avait su la contrariété qu’elle provoquait chez Tom – ce qui était la dernière chose qu’elle avait eu l’intention de faire – elle aurait probablement modifié ses plans. Anne était loin d’être le genre de femme qui attirait les foules. Les Malefoy faisaient partie de ce genre de famille qui trainait les paparazzis sur leurs talons en permanence. Heureusement, sa famille était loin de faire les premières pages de tabloïds et elle encore moins que le reste. Si les journaux ne s’intéressaient pas à elle, il n’en était pas de même pour le monde sorcier. Elle restait – officiellement – une sang pur. Ca lui donnait tous les avantages et surtout toutes les contraintes qui allaient avec. Le monde sorcier londonien était particulièrement petit. On se connaissait, on se fréquentait et elle savait que si elle avait eu le malheur d’apparaitre avec Tom Sallybanks au bras, la moitié de la population sorcière serait au courant le lendemain. Autant dire qu’Anne préférait un peu de discrétion. Non pas qu’elle ait honte de s’afficher avec un ancien prisonnier, mais elle préférait éviter les ragots autant qu’elle le pouvait.

Ils avaient attendus douze ans ce fameux restaurant. C’était étrange de ce dire que ce moment arrivait enfin. Elle l’appréhendait sans trop savoir pourquoi. Comme si elle savait par avance que ça allait être une catastrophe parce qu’elle l’avait attendu trop longtemps. La vérité, c’était que deux personnes bien différentes de ce qu’ils étaient à présent c’était promis de se retrouver pour dîner. Peut-être que celui-ci se serait mal passé à l’époque ou peut-être seraient-ils sortis ensemble comme ils semblaient être destinés à le faire il y a douze ans. Anne ne ratait aucun de ses matchs, ils étaient toujours fourrés ensemble, inséparable malgré les groupies qui lui couraient constamment après. Personne ne pouvait prédire ce qui se serait passé si ce dîner avait eu lieu. Une chose est sûre, tout ça était du passé et le résultat présent serait forcément en dessous de ses espérances et souvenirs passés. Peut-être était-ce parce qu’elle en était consciente qu’elle appréhendait particulièrement cette rencontre.

Anne, quand on y pensait, était probablement la plus moldue des sorcières. Elle avait une famille aussi profondément ancré dans le monde moldu qu’un né-moldu. Elle avait – contrairement à beaucoup d’entre eux – continué des études moldues. Elle avait fait l’université, savait utiliser un téléphone, un ordinateur, conduire, se déplacer avec les transports en commun et pourtant, elle manquait réellement de sens pratique. Presque autant qu’une vraie sang pur. Habituée à fréquenter les restaurants chics londoniens, il ne lui était pas venu à l’esprit que le restaurant qu’elle choisissait était probablement trop chic et guindé, voir au dessus des moyens de Tom. Naïvement, en femme peu sensible, elle avait prévu d’inviter Tom. Elle n’était pas à cheval sur ce principe qui voulait que l’homme paie l’addition. A ses yeux, elle avait probablement plus d’argent que Tom et une visa gold dans son portefeuille ce qui réglait parfaitement la question à ses yeux.

En regardant sa montre, elle se mordit la lèvre en se demandant s’il allait encore mettre longtemps avant d’arriver. Ce n’était pas vraiment qu’elle tienne à ce qu’il soit à l’heure – après douze ans, même un quart d’heure paraît fort trivial – mais plus elle attendait, plus elle se laissait aller à une certaine angoisse qui ne lui ressemblait pas. Au final, autour de ce dîner, il y avait plus que la seule rencontre de deux vieux amis, mais également un enjeu sous-jacent que les deux intéressés taisaient intentionnellement. Moins on en parlait, moins les choses avaient de chances de foirer, en tout cas, c’était comme ça qu’elle le voyait.

Enfin, elle le vit arriver. Elle se sentit soulagée et en même temps son cœur se mit à battre plus vite. C’était une sensation étrange pour quelqu’un qui n’avait pas l’habitude d’être si peu maîtresse de ses émotions. Elle se leva à son arrivée et se laissa embrasser pendant qu’il s’excusait pour son retard. Le regard réprobateur du maître d’hôtel ou même à la tête de son ami lui échappa durant les premières secondes de son échange tant elle était stressée. Ce ne fut que quand elle se rassit qu’elle constata que Tom, était, en effet, peut-être un peu décalé au milieu de tout ce décors.

« - Ne t’inquiète pas. », l’excusa-t-elle. « Après douze ans, je crois que je peux dire que j’aurai pu attendre une demi-heure sans vraiment la voir passer. Et puis ce n’est pas comme si tu pouvais m’envoyer un hibou pour me prévenir de ton retard. Ca ferrait mauvais genre. », Dit-elle en épousant d’un regard la salle.

Ils étaient heureusement assez à l’écart que pour pouvoir tenir une conversation sans voir des oreilles indiscrètes trainer. C’était d’ailleurs en partie pour ça qu’elle avait choisi ce restaurant. Maintenant qu’ils étaient ensembles. Elle se détendait. Le plus dur, ou presque, était passé. Elle remarqua enfin son cocard qu’elle n’avait pas vu jusque là et tendit une main qui toucha délicatement la tâche noire qui s’étendait sous son œil.

« - Tu es salement arrangé. Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Je suppose que c’est un peu tard pour lancer un sort dessus. Ca serait trop voyant. »

Elle haussa les épaules. Preuve qu’elle s’en contrefichait. Anne Fraser avait une image à tenir. Une image qu’elle ne pouvait pas se permettre d’égratigner. Lady Anne More, fille du comte et de la comtesse de Suffolk, n’avait de rendre à personne et encore moins aux personnes présentes dans ce restaurant dont le rang ne surpassaient pas le sien.

« - Tu as une voiture ? Je ne savais pas. Qu’est-ce que tu as pris ? Tu ne dois pas avoir l’occasion de la sortir souvent. »

Anne était réellement intéressée. En y pensant, son travail était tellement prenant qu’elle venait de moins en moins dans le monde moldu. C’était pour elle, une bouffée d’air frais que de pouvoir en partie revenir dans le monde de son enfance. Elle balaya d’un geste de main la remarque de Tom quant à son accoutrement :

« - Je n’y ai pas pensé je dois dire. Au risque de paraître snob, vu le prix que je vais payer ce soir, je crois que le serveur pourra bien tolérer la vue de tes tatouages et de ton veston en cuir. »

Elle lui sourit, réellement heureuse de le voir. Elle eut un rire quand il indiqua que le maître d’hôtel l’avait pris pour son compagnon. Tom se trompait bien entendu, mais elle ne pouvait pas le contredire. Lorsqu’il lui demanda ce qu’il faisait là, elle sentit une certaine gêne, de son côté comme du sien. Elle allait lui répondre quand le serveur vint les interrompre. Il tenait une bouteille en main et s’inclina avec une déférence un peu trop marquée pour quelqu’un qui n’était pas sensé savoir à qui il avait affaire.

« - Lady M… »

Il eut à peine le temps de prononcer le « M » qu’Anne lui lança un regard noir. Il déglutit et se rattrapa.

« - Mes excuses, je voulais dire Lady Fraser, le maître d’hôtel vous prie d’accepter cette bouteille de champagne. »

Il leur montra la bouteille, demandant leur approbation qu’Anne lui donna d’un signe de tête. Il leur servit respectivement un verre en leur laissant le menu. Elle leva son verre et le fit tinter contre celui de Tom, brisant le silence qui s’était installé entre eux.

« - A nous, je suppose. », déclara-t-elle avec un sourire hésitant. « Ou plutôt aux douze ans d’attente. », son sourire se fit plus franc, amusé. « En espérant qu’ils aient valus la peine. »

Elle but une gorgée de son verre avant de le reposer sur la table. Elle n’ouvrit même pas le menu qu’elle connaissait déjà. Venir ici, c’était un pari risqué. Avant de choisir cet endroit, elle avait longuement réfléchit. Devait-elle dire la vérité à Tom. Celle que personne ne connaissait hormis quelques membres de sa famille ? Elle avait envie de le faire. Leur relation aurait du être basée sur la franchise. Après tout, c’était ce qu’elle avait demandé à Tom de faire, mais elle se rendait compte que c’était égoïste. Elle ne pouvait pas dire la vérité à Tom. Ce secret, c’était le sien, son fardeau et en le partageant, elle tentait juste d’échapper à ses responsabilités. De même, il y avait probablement des choses que son ami ne pouvait lui dire et elle ne pouvait pas le forcer à le faire.

« - Je suppose que ça te surprendra, mais je connais bien le monde moldu. Plus qu’on ne pourrait le croire en tout cas. Je suis une habituée de ce restaurant. »

Elle hésita un instant, ne sachant comment dire les choses.

« - Je suppose qu’en choisissant ce restaurant, je voulais être sûre qu’on soit dans un endroit où on ne risquait pas de rencontrer des gens qu’on connaissait. On a tellement retardé ce moment, je me suis dis que ça serait peut-être plus agréable qu’il reste privé. Qu’on ait l’occasion de parler sans avoir la moitié du monde sorcier sur le dos. »

Elle tendit le bras sur la table et pris sa main tout en parvenant à ne pas rougir. Après tout, elle avait trente ans et non plus dix-huit.

« - Je t’ai demandé d’être franc avec moi la dernière fois qu’on s’est vu. C’était égoïste de ma part parce que je ne peux pas l’être totalement avec toi. Par exemple, je ne peux pas te dire sous quel nom on me connaît ici, mais je peux au moins te dire que je connais ce monde mieux qu’on ne le croit. »

Embarrassée, elle se tut un instant avant de continuer. Elle n’avait pas l’habitude de s’étaler de la sorte. Son éducation l’avait préparée à bien des choses sauf à ça.

« - Ce que je veux dire j’imagine, c’est que même si je ne peux pas tout te dire, je peux au moins faire un pas en ta direction. »

Silence

« - Si ça te convient. »

Parce qu’après tout, c’était la seule chose qu’elle pouvait lui offrir.
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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Mar 28 Juin - 0:31


Comment est-ce que ça allait tourner et dans quoi s'embarquait-il ? Tom ne savait pas vraiment. Il ne savait jamais vraiment comment les choses allaient tourner, de toute façon, et en général, il s'en fichait, car il arrivait en général à retomber sur ses pattes. Mais là, avec Anne, c'était un peu différent. Il avait la vague impression que ce rendez-vous allait être un piège, parce que même s'il comptait lui parler, il avait espéré que toutes les circonstances ne soient pas contre lui pour lui forcer la main. En somme, être honnête, il voulait bien, mais il aurait aimé avoir le loisir de choisir comment l'être – parce que s'il balançait tout d'un bloc, il le savait, elle allait fuir. Déjà qu'il y avait des chances pour que ça se passe aussi bien que la dernière fois – c'est à dire de manière peu glorieuse – ça promettait, décidément...A vrai dire, finalement, Tom était réellement inquiet. Faire les choses bien, oui, c'est ce qu'il avait dit, être honnête, bon. Il avait connu Anne Fraser avant, lorsqu'ils étaient à Poudlard, et avant Azkaban, il était à peu près sur qu'il aurait pu tout lui dire sans que jamais elle ne le dénonce.

Il se souvenait que sa mère l'avait rencontré une fois avec Anne – ça devait être après un match - et le drôle de duo sur lequel elle était tombée avait beaucoup fait rire Liz Sallybanks. Ton exact contraire, avait elle dit. D'une certaine manière, c'était tout ce qu'il y avait de plus vrai. Anne avait toujours été la raison incarnée, face à lui qui était capable de partir au quart de tour pour tout et n'importe quoi. Mais ils avaient en commun un certain sens de l'humour, peut-être aussi une certaine intelligence – car quand Tom décidait de faire quelque chose, il finissait par se montrer beaucoup plus réfléchi qu'il ne voulait bien le montrer – calculatrice et posée, et une certaine possessivité envers les gens qu'ils aimaient et qui les conduisaient à se montrer radicaux dans leurs relations. Il avait changé de nom parce que son père avait trahi sa mère, elle l'avait rayé de sa vie parce qu'il avait fait l'erreur d'aller à Azkaban. Si Sally avait su pour la situation de Anne, il aurait sans doute compati, car finalement, ils partageaient également un état total d'inquiétude, au moins pour cette soirée, du à leurs mensonges respectifs.

Et si elle l'envoyait promener ? Si ça se passait mal ? Les paroles de Anne résonnèrent douloureusement dans la mémoire de Thomas. Ma vie avait enfin pris une tournure légale sans toi dans les parages. Ouais. Ca n'allait probablement pas aller en s'arrangeant. Ca faisait un peu mal, cette réplique, et il devait l'avouer qu'il la digérait mal. En fait, l'idée qu'Anne ne lui avait rien dit à propos de son métier, pourtant louche et pourtant dangereux pour les affaires de Tom Sallybanks, lui paraissait presque acceptable par rapport à ça. Il avait toujours été comme ça. Ca faisait partie de lui, elle le savait : il ne savait même pas s'il pouvait être autre chose qu'un escroc. Pourtant, il voulait bien essayer. Parce c'était Anne, parce qu'encore une fois, après douze ans, il estimait qu'il n'avait plus vraiment le droit à l'erreur. Drôle de truc. Sans se l'avouer, il venait de décider qu'il était prêt à se ranger, sans vraiment bien savoir ce qu'il voulait. Ni où il allait. C'était quelque chose d'extraordinaire, car Thomas Sallybanks avait toujours détesté jusqu'à l'idée même d'une vie honnête. Il ne savait pas bien où il en était, même s'il disait que c'était bien que c'était quelque chose de plus qu'un simple dîner de retrouvailles entre amis.

Alors, oui, il y avait le stress, et une légère panique à l'idée d'arriver en retard. Heureusement, on pouvait dire que Anne avait l'air de meilleure humeur que la fois où ils s'étaient vus au Emerald's – c'eut été ennuyant, sinon, pour un rendez-vous qui était sensé être quelque chose de plus qu'une simple réconciliation entre amis. Quoi précisement ? Oh, il ne savait pas. Il voulait plus, sans savoir si plus était possible et si ça pouvait marcher. En attendant, il pouvait essayer de ne pas trop se comporter comme un connard. Juste sourire. Rire un peu. Merde, il était Tom Sallybanks, il allait être Tom Sallybanks, parce qu'il ne savait pas faire autre chose. Arrêter de mentir après toutes ces années était sans doute le seul moyen d'avancer avec Anne.

« Ça aurait été drôle. »
Il sourit et précisa : « Le hibou, avec la gueule du serveur guindé comme pas deux, très vieille Angleterre. Un mix entre Jane Austen et Tolkien, un peu. »

En réalité, même si Tom n'avait pas d'ascendants moldus directs, il ne fallait pas oublier que ses grands-parents maternels étaient tous deux descendants de moldus pour un coté de leur famille, et que son père avait été élevé par un moldu. Il connaissait sans doute assez mal le monde moldu qu'un né-moldu, mais il n'y était pas totalement perdu, sans même parler de ses quelques visites « récréatives », et la pop culture moldue lui était totalement familière. Il l'assumait plutôt bien, d'ailleurs, tant qu'on ne lui demandait pas trop de détails.

Cette histoire de cocard, par contre, Tom aurait pu franchement s'en passer. Ce n'était pas très glorieux et il aurait préféré que ce soit un client qui le lui ait fait, mais après tout, ça lui servait un peu de prétexte pour parler d'autre chose, il n'avait pas donc pas trop besoin de râler :

« Ca ? C'est à cause de mon père, en fait. »
Ca faisait vraiment pauvre gamin tabassé par son père violent. On était loin de l'escroc à grande envergure qu'il était pourtant. Tom tenta un sourire : « Il a découvert que tu bosses pour le département des Mystères. » Et lui, Sally l'avait découvert avec. «  Je crois que ça l'inquiète, en fait. Il a peur que tu me dénonces à quelqu'un, je pense. » C'était certes une possibilité envisageable, mais il n'y croyait pas des masses, pas tant qu'il n'avait pas parlé, en tout cas. Il sourit, définitivement amusé : « Il voulait que je fasse le mort et que je cesse de te parler. On s'est engueulé. Et, bon...il a gagné. » Faisant mine d'être pris d'un doute, il demanda : « Tu me le diras avant si tu comptes me dénoncer à un mangemort quelconque du ministère ? »

Et ça risquait d'arriver un peu plus tôt qu'il ne le prévoyait. Tom avait bien conscience que ce n'était pour Anne qu'une conversation badine, mais en fait presque tout ce qu'il disait était problématique ou pouvait le devenir. Parce que comment il était censé expliquer qu'il avait acheté un Range Rover hors de prix avec une paye de barman ?

« Non, j'avoue que je conduis pas si souvent que ça – vu que j'ai passé quatre fois le permis, c'est pas forcément un mal, en fait. Je m'étais dit que ce serait utile, et puis au final, j'en ai pas tant l'utilité que ça. En même temps, un Range Rover, en ville... »


Ne pas trop s'attarder sur la question, pitié. Il espéra sincèrement que Anne ne prêterait pas attention à la dernière information et profita du fait qu'elle proposait de payer pour faire diversion :

« Je viens de rêver ou je t'ai entendue dire que tu allais payer ? »
Il sourit encore, et ne laissa pas le temps à la jeune femme de le contredire : « Non, pas de protestation. Je paye. Je t'ai fait attendre douze ans, Anne. Ca n'y changera pas grand chose, mais quand même...je le vivrai mieux si je t'invite. Et c'est toi qui as dit que je te devais un restau. »

Bon, en fait, c'était pire que le Range Rover, il n'était pas non plus avoir les moyens de payer le restaurant. Une seconde fois il fut sauvé par une diversion, sa propre blague sur le maître d'hôtel. Un instant, il s'autorisa à rire de bon cœur lui aussi :

« Ça, ça m'avait vraiment manqué. C'est pas mal finalement, même si c'est un peu bizarre comme endroit. C'est mieux que la dernière fois. »


Le serveur amena à ce moment là une bouteille. Il sembla à Tom que quelque chose lui échappait, ou que le sommelier faisait une autre erreur d'identité, décidément bien courantes ce soir. Et puis tous ces titres, là, il avait l'impression de dîner avec la princesse de Galles. Sally leva lui aussi son verre pour trinquer, et sourit de nouveau :

« Au recommencement, si tu veux. »
Par habitude, il trinquait toujours à cette idée, et il trouvait qu'elle s'appliquait bien à leur situation. « Lady Fraser, hm ? Je te la ressortirai à l'occasion, celle-là. »

La sorcellerie ne connaissait pas l'idée de noblesse aussi formelle que celle des moldus, même si la vieille idée du purisme survivait. Aussi Tom s'amusait de cette avalanche de titres, qui sortaient de son ordinaire sorcier. Mais bien vite, la conversation reprit un tour plus sérieux. Drôle de soirée vraiment : il allait de gêne en gêne et de révélation en révélation. Anne lui avait pris la main pendant qu'elle lui parlait, et son ton s'était fait un peu hésitant. Tom écouta jusqu'au bout en silence et finit par dire gentiment :

« Tu sais que tu as l'air mortellement inquiète quand tu me dis ça ? J'aime moyennement ça. »
Il sourit : « Anne, c'est moi, je ne suis pas totalement un étranger. Je n'ai pas tant changé que ça. J'ai toujours déconné, mais sur ça, jamais. » Il l'avait perdu une fois, une de trop. « Enfin, je veux dire, si tu ne peux pas parler de toi, pas de tout en tout cas, très bien. Parlons de nous, alors. Tous les deux, qu'est-ce qu'on veut vraiment, qu'est-ce qu'on va faire ? Ou faisons un pas, oui, pourquoi pas.»

Plus il parlait, plus il devenait éloquent et bavard. Un trait caractéristique de Tom. Il continua plus posément.

« Donc, si je résume, tu connais le monde moldu. Qui ne t'appelle pas Fraser. Est-ce que je peux demander comment ou pourquoi ou c'est déjà trop ? »

Il ne savait pas jusqu'à quel point il pouvait aller. En attendant, puisque c'était l'heure des confessions, il fallait qu'il parle aussi. Et comme toujours, il n'y avait pas de bonne façon de présenter les choses...

« Je suppose qu'il faut que j'assume ce que j'ai fait aussi...je peux, c'est passé, après tout, j'ai juré de me ranger. » Il sourit un peu tristement : « Je sais pas si ça va trop te plaire...tu me tues si je t'affirme que je dois être le plus grand arnaqueur de la dernière décennie et pas juste le barman de mon père ? »

Ça passait ou ça cassait. Quitte ou double, comme d'habitude chez Tom, même s'il allait peut-être finir le cœur en miettes cette fois là.

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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Mer 6 Juil - 0:08

Il a des histoires qui ne sont pas faites pour être vécue. De l'avis de tout le monde, Tom et Anne n'étaient pas fais pour être ensemble. Ils s'étaient certes tourné autour pendant des années, mais sans jamais dépasser le stade de la simple amitié. Ca n'avait jamais étonné personne au demeurant. On les chariait, on faisait des sous entendus, mais tout de même, quel drôle de couple ils auraient fais s'ils étaient sortis ensemble plus jeune. Et puis, ça ne s'était pas fait et il faut avouer que ça n'avait étonné personne. Des années plus tard, même les deux intéressés n'en étaient pas étonnés. Relativement réaliste l'un et l'autre, ils savaient et voyaient le décalage qui existait entre eux deux. Ils n'étaient pas les seuls et il fallait avouer qu'Anne n'était pas franchement étonné que Joe Emerald ne voit pas d'un bon oeil que son fils la fréquente. Quant à Fenton, elle ne doutait pas qu'il s'y soit opposé avec toute la froideur dont il était capable, mais ça n'avait rien d'étonnant. Après tout, Fenton ne l'avait jamais aimée.

Malgré tout, ils étaient ensemble dans le lieu le plus improbable qui soit, un restaurant. Pas n'importe lequel par ailleurs. Un restaurant moldu, guindé qui renforçait encore plus la différence qu'il y avait entre eux. A croire qu'elle l'avait fais exprès. Pourtant, en y pensant, il en fallait du courage, pour ce soir tenter de tout mettre à plat. D'un côté comme de l'aure d'ailleurs. On avait beau dire qu'il ne fallait pas se cantonner au stéréotype véhiculé par les maisons de Poudlard, Anne tout comme Tom n'était pas connue pour son courage.

Du courage, ils risquaient d'en avoir besoin, en particulier puisque Joe semblait déjà tellement l'apprécier. Elle ne put s'empêcher de faire une moue peu appréciative lorsqu'il lui expliqua d'où venait son cocard. On ne la pensait pas digne de confiance, probablement à raison. Elle avait une certaine éthique de travail, mais restait qu'elle n'aurait jamais balancé un ami et ça la vexait qu'on puisse penser le contraire.

" - Ton père peut dormir tranquille. Je pensais que ça coulait de source puisqu'il a travaillé au Ministère, mais je ne suis pas en charge de la chasse aux criminels. Ce sont les tireurs de baguette d'élite qui s'en chargent. Quant à mes attributions ..."

Elle laissa sa phrase en suspent, réellement contrarié que Tom en sâche plus qu'il n'aurait du.

" - Disons qu'elles relèvent du secret professionnel. Je te dirai bien de rappeller à ton père le principe de la discretion, mais je suppose que ça serait aussi utile que de parler à Peeves lui-même."

Elle haussa les épaules, après tout, Tom n'y pouvait rien et elle ne pouvait pas lui repprocher que son père fouine pour protéger son fils. Protéger de quoi, là était toute la question.

" - Quoiqu'il en soit, le meilleur moyen pour que je te trouve un crime imaginaire était de faire le mort."

Elle lui sourit, l'air carnassier.

" - Je suppose que tu as donc choisi la bonne solution. On dit toujours qu'entre une femme et un père en colère, mieux vaut prendre le parti de la femme."

La discussion dériva sur un autre sujet à savoir la très étonnante voiture de Tom. Une Range Rover, rien que ça, en plein centre de Londres. Il n'avait décidément pas choisi la discression et elle lui fit remarquer.

" - Les moldus ont un mal fou à se garer dans le centre de Londres et toi tu prends la voiture la moins discrète qui existe. Tu aurais pu prendre une petite berline, mais tu as choisi un 4X4. Tu me ferras faire un tour, je dois absolument voir comment tu conduis. Au pire je rattraperai le coup, j'ai du passé le permis aussi, mais je n'ai pas conduis depuis."
Elle n'eut pas l'occasion d'en savoir plus tant il semblait outré qu'elle propose de payer. Elle tenta de protester, mais sans succès, il lui coupa la parole. Elle haussa un sourcil, un peu étonnée. Depuis quand est-ce qu'il se balladait avec autant d'argent moldu sur lui ? Quoiqu'il en soit, c'était peine perdue pour le moment, elle n'insita donc pas, largement convaincue qu'elle aurait gain de cause à la fin du repas.

Si on exceptait les erreurs de titre du sommelier et du maître d'hôtel, les choses se passaient plutôt bien jusqu'à maintenant. Qu'autour d'eux, on se demande ce qu'elle faisait avec Tom, que le maître d'hôtel n'en reviennent toujours pas qu'une de ses habituées demandent à ce qu'on fasse semblant de ne pas la connaître n'avait que peu d'importance. Au final, ce n'était que quelques mauvaises notes, qui, elle l'espérait, ne ruineraient pas la partition dans son ensemble. Elle éluda d'ailleurs avec brio sa remarque sur Lady Fraser, après tout, ce n'était qu'un nom, une boutade et il l'oublierait - elle l'espérait - d'ici la fin du repas.

Elle estima d'ailleurs qu'il était temps de mettre les points sur les "i". A défaut d'être honnête, il fallait au moins clarifier cette situation. Autant mettre les choses sur table. Ce n'était jamais facile comme discussion, ni même agréable, mais elle devait reconnaître que Tom le prennait avec sa décontraction habituelle. Elle n'avait jamais eu sa facilité de parole - qu'elle lui enviait - ni même sa capacité d'adaptation. Engluée depuis tellement longtemps dans ses mensonges, elle n'avait jamais l'esprit tranquille. La moindre situation qui sortait du commun donnait lieu à un débat intérieur intense pour savoir comment s'y adapter ou non.

" - Ce n'est pas que je suis mortellement inquiète.", répondit-elle. " - J'aimerai simplement mettre les chose au clair. Ne nous mentons pas, on sait tous les deux qu'on se tournait autour avant que tu ne partes pour Azkaban. Au final, en dehors du repas, on est surtout ici pour déterminer si on se contente de rester amis ou non. "

Autant dire que c'était un résumé très - trop - clinique de la situtation. On avait déjà fais plus délicat comme façon d'ammerner les choses. Il fallait croire qu'Anne avait décidé de laisser sa diplomatie au Ministère ce soir.

" - Tu peux me demander pourquoi. Disons que sans entrer dans les détails, il est possible que j'alterne plusieurs identités pour des raisons professionnelles. Je ne peux pas réellement en dire plus."

Ce n'était pas la vérité bien entendu, mais pas vraiment un mensonge non plus. Il n'était pas rare que les agents du déparment des Mystères aient l'occasion de faire quelques percées dans le monde moldu. Dans ce genre de cas, ils recouraient à de fausses identitées faites pour eux sur mesure par le ministère. Il ne posa pas de questions supplémentaires. Pas pour le moment en tout cas, ce qu'elle apprécia. Lui-même semblait avoir des confessionsà faire et elle l'écouta en silence. Tom, un arnaqueur. Si elle l'avait voulu, elle aurait probablement pu regarder les fichiers du Ministère et voir si on ami était fiché, mais elle ne voulait pas. Elle avait pour principe de ne pas se mêler de la vie juridique de ses amis Quoiqu'il en soit, elle n'était pas étonnée pour autant. C'était le genre de chose qui lui ressemblait en quelque sorte. Il en avait déjà le profil à Poudlard et elle se doutait bien qu'il n'avait pas fais Azkaban simplement parce qu'il avait fait un mauvais match pendant sa saison de Quidditch.

" - Je suppose que je mentirais si je disais que ça m'étonnait. Je sais que ça peut paraître étonnant, mais si je n'ai jamais cherché à savoir ce que tu étais devenu après Poudlard, c'est parce que j'ai pour principe de ne pas mêler mes amis et la justice. J'aurais très certainement pu avoir accès aux informations et à ton dossier si je l'avais voulu, mais justement, je ne voulais pas. Après, honnêtement, tu en avais déjà un peu le profil à Poudlard tu sais, donc ce n'est pas comme si c'était une surprise. Et puis, ça explique la voiture je suppose."

Avec un sourire, elle continua :

" - Je ne suis pas sûre que tu puisses te ranger. Ne crois pas que je te critique. Evidemment, je préférais savoir que tu ne traines pas dans des affaires louches, ça m'éviterait d'être tiraillé entre l'obligation morale de dire quelque chose et mon affection pour toi qui m'inciterait à me taire, mais voilà, si tu le fais, fais-le pour toi, pas pour moi, sans quoi ça ne marchera pas."

Défiant toutes les conventions ou plutôt les conventions moldus et de la bonne société, qui voulait qu'on ne se serve pas sois-même, elle remplit son verre de champagne puis celui de Tom, tout en ajoutant :

" - Et puis, je suppose que tu as simplement trop d'ambition que pour être simplement barman."

Hrp : Sur tablette à modifier
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Ven 15 Juil - 17:53


Thomas Sallybanks avait toujours eu un problème avec l'autorité. Ca datait d'avant même Poudlard, et ça ne le quitterait probablement jamais. Il n'avait pas de problème face à l'argent, voire même il s'en foutait. Contrairement à son père, il n'avait jamais grandi dans la misère, et s'était toujours débrouillé pour rester au moins dans une certaine aisance matérielle et au mieux pour vivre très confortablement, que ce soit à base de paris, d'agressions, de salaire mirifique de joueur de quidditch génial ou d'arnaques à plus grande échelle. Sally avait un don incroyable pour la ruse, la triche, la débrouille, les combines mesquines. A une époque, il manquait sacrément d'ambition : on pouvait même dire qu'il était un petit con lorsqu'il était jeune. Provocateur, arborant un grand sourire, sûr de lui,de son charme fou, point discutable, de son talent, de son intelligence, et de sa chance légendaire. Puis il y avait eu Azkaban : il avait payé le prix fort pour des crimes minables, et là, Tom avait découvert qu'il avait de l'ambition, et que son vrai don était de faire réussir des plans foireux qui auraient du conduire à son arrestation ou être de vrais suicides – ce qui n'était jamais arrivé. Pourquoi ? Parce qu'il y avait l'adrénaline, parce que c'était pour ça qu'il était fait, et surtout pour emmerder le monde qui pensait qu'il était un crétin. Il le faisait déjà jeune, mais ce n'était que de petites piques sans intérêt.

Maintenant, il savait que le ministère lui courrait après pour des choses importantes, et rien ne pouvait faire plus plaisir à Thomas Sallybanks que d'avoir détourné des millions aux riches et puissants de ce monde, qui le pensait minable et tout juste bon à être un héros du quidditch déchu, et de s'en sortir sans égratignure, ou presque. L'épisode Chambers était une grosse égratignure. Et il y avait eu un sale moment où une fille avait été prête de découvrir qui il était vraiment. Mine de rien, Tom savait que les tireurs d'élite pouvaient être sur son dos. Il n'était pas vraiment un ennemi politique : le bureau des aurors lui avait foutu la paix parce qu'il était plutôt merliniste et le bureau des mangemorts lui foutrait la paix tant qu'il ne s'engagerait pas dans l'Ordre du Phénix, ce qui arriverait à Sally lorsque les scroutt à pétard auraient un cerveau. Les délits mineurs commis au service de son père n'intéressaient personne. Jez filtrait les infos pouvant permettre de relier Thomas à certaines arnaques quand elle était la première informée. Pour le reste, il était prudent. Il n'y avait en principe rien qui permettait de faire le lien entre lui et ses fausses identités.

Un jour où l'autre, il y aurait bien un moment où ça allait foirer, Tom le savait : c'était la règle. Ca devait foirer. Il fallait donc s'arrêter avant. Et avant signifiait : avant de devenir trop dangereux pour certains intérêts que les services secrets se chargeaient de défendre. Personne ne savait vraiment ce que faisait le département des Mystères ni ce que les langues-de-plomb savaient. Autant dire que s'il choisissait d'en fréquenter une, en la présence d'Anne, mieux valait se tenir à carreau. Ca leur éviterait un dilemme moral à tous les deux. Là étaient les limites de la provocation : Tom était plus ou moins inconscient, et il comptait toujours énormément sur sa chance. Mais il pouvait se permettre de le faire parce que quelque part, cette attitude de défi se doublait d'une certaine lucidité – il était même possible que cette dernière soit à l'origine de son comportement.

« Tu connais mon père. Il sait comment le ministère fonctionne, justement. »
Il sourit, franchement amusé : « Personne sait ce que vous faites aux Mystères, c'est vrai, mais c'est pas uniquement de la recherche, pas vrai ? » Il eut un geste d'excuse, de nouveau amusé : « Ah, pardon, secret professionnel, je sais. »

Rien n'était sérieux, pour Tom, rien n'était difficile, et surtout, rien n'était grave, sauf la mort peut-être – encore que ce n'était pas une question à laquelle il réfléchissait beaucoup, il n'allait pas mourir maintenant, son heure était encore loin, comme dans la chanson des Beatles que son père écoutait en boucle, when I get older, losing my hair, many years from now, tout ça – ce qui l'empêchait de s'inquiéter et d'être contrarié longtemps, quelque soit le sujet. Contrairement à Anne, qui, elle, avait singulièrement l'air de mal digérer la découverte de Joe.

« Ça t'ennuie que je l'ai appris, je vois bien. »
Il se doutait bien que ce n'était pas quelque chose qu'on révélait à la légère – et encore moins par l'intermédiaire d'un ancien auror mal embouché et reconverti en mafieux inquiet pour son fils. « Je dirais rien, parole – paraît que j'en ai une, parfois. » Il lui adressa un clin d’œil, hilare, et commenta : « En même temps, quelle idée vous avez, tous, de vous mettre à bosser au ministère ! Qui est-ce que je vais bien pouvoir fréquenter, entre toi et Adrian au Ministère, et Fenton qui fait la gueule dès que je propose une idée pour arrondir les fins de mois, hm ? »

Preuve donc qu'elle n'aurait pas eu à imaginer beaucoup s'il s'était avisé de la laisser en plan une nouvelle fois - ce qu'il n'avait jamais compté faire. En même temps, Tom avait décidé de ce qu'il allait faire avant que son père n'essaye de s'en mêler, c'est-à-dire, comme d'habitude, faire tout à sa manière et pas selon la logique du raisonnable et du sécuritaire. Autant dire que Joe n'aurait pas pu le faire changer d'avis de toute façon – s'il avait réussi à se faire entendre, ce qui n'avait pas été le cas.

« Pour être honnête, le choix n'était pas difficile – j'ai tendance à cesser d'écouter quand on me cogne. Et puis j'aurais loupé ce... »
Il désigna de nouveau le restaurant d'un geste ample, souriant. « Toute la soirée en elle même, cela dit. C'est un peu étrange, faut l'avouer, mais je suis content d'être là, bêtement.»

Sourire gêné lorsqu'elle évoqua la voiture qu'il avait choisi. Tom évita délibérement de répondre à la question, se justifiant auprès de lui-même en se disant que ça s'expliquerait tout seul plus tard, ce en quoi, au demeurant, il avait parfaitement raison.

« J'ai comme l'impression que la suite de la soirée va être une virée dans Londres by night. »
Il hocha la tête d'un air pensif : « Je dois dire que j'avais jamais pensé faire ça un jour avec toi. Comme quoi on peut toujours être surpris par les gens, pas vrai ? »

L'idée d'embarquer Anne en voiture ne lui déplaisait pas, en fait : c'était juste un peu étrange, mais plutôt marrant. Ça le surprenait, oui, mais il faisait avec. C'était ce qui caractérisait le mieux Tom : sa singulière faculté d'adaptation. Rien ne le choquait particulièrement, et il trouvait toujours un moyen de rebondir sur ses pattes : ce qui expliquait pourquoi il se sortait bien des situations les plus pourries, et pourquoi il semblait à peu près à l'aise lorsqu'on lui annonçait des choses aussi énormes que ce que Anne lui disait. A peu près, parce qu'il savait lui aussi qu'il avait des choses à dire, et parce qu'il savait à peu près aussi pourquoi ils étaient là tous les deux. Il n'envisageait simplement pas que le sujet arriverait aussi tôt sur le tapis. Ni aussi brutalement, à dire vrai. Et pour une fois, ce fut lui, Tom Sallybanks, qui fut pris de court. Comment devait-il répondre à ce constat froid et sans âme ? Est-ce qu'il y avait seulement une réponse à formuler ? Il avait eu le sentiment que ça se passait bien jusqu'à là. À présent, il était hésitant, séché sur place et son ascenseur émotionnel était au plus bas. Est-ce qu'il avait une chance ? Est-ce qu'elle voulait de lui ? Il tenta un sourire :

« C'est bizarre, ce genre de répliques brutes de fonderie, je pensais que c'était plutôt mon genre que le tien. Mais je...

- Mais c'est ce bon vieux Jeffreys ! »

Il ne tourna pas la tête et se retint de lever les yeux au ciel. Il connaissait cette voix qui venait de l'interrompre.  et la silhouette qui débarqua ni une ni deux à coté de lui. Mark Thown, magnat de l'immobilier, fêtard invétéré. Un crétin. La dernière personne que Tom avait envie ou besoin d'entendre. Il leva les yeux vers lui dans une formidable imitation d'incompréhension. Pourtant Mark s'obstina à lui parler :

« Comment vas-tu, Allen ? Ma parole, tu as bien changé ! Où est passé ton air de texan ? Et, mon Dieu, ces tatouages ! Tu as perdu un pari ou quoi ? Toi qui ne joue jamais, pourtant !

- Vous vous trompez, monsieur. » Un regard en coin à Anne, pour juger l'effet de l'arrivée de l' inopportun. « Je m'appelle Thomas Sallybanks. »

Ca faisait des années que sa verve ne l'avait pas quitté. Là, sa voix était blanche, dépourvue de tout panache – convaincue, certes, parce qu'il disait la vérité – mais il était pris de court, comme si toute la stupeur provoquée par la déclaration de Anne se déportait sur ce type là. Il allait falloir qu'il s'explique, qu'il se justifie, et rien que pour ça il aurait pu se lever, saisir Mark par le col, l'envoyer valser en lui expliquant que non, ce n'était pas la peine d'insister comme il le faisait, parce que non, il n'était pas Allen Jeffreys. Mais il ne dit rien – ils se seraient fait virer du restaurant – et regarda simplement l'autre se confondre en excuses et finir par se tirer.

« Bon, c'est la soirée où les gens me prennent pour quelqu'un d'autre. J'ai du leur donner un prétexte pour, faut croire. »


Il haussa les épaules et renonça à en dire plus : la conversation ne tarda pas à tourner vers sa véritable profession, si on pouvait appeler ainsi son statut d'arnaqueur, ce qui allait lui permettre de mieux s'expliquer. Il était à peu près sûr, à attendre son amie, que Anne ne réalisait pas exactement de quoi il parlait. Tom savait bien pourquoi il passait : le même petit arnaqueur qu'elle avait perdu de vue il y a douze ans, sans véritable envergure ni ambition.

« Non. J'avais aucune ambition à Poudlard. Aucune, même quand j'étais dans les Flèches d'Appleby. »
Il fit une pause, moitié amusé, moitié gêné, avant de se lancer : « Je suis allé à Azkaban à cause de diverses agressions plus ou moins graves et de paris truqués. Des trucs minables. Des trucs à la petite semaine. » Une nouvelle pause. Son ton s'était fait plus grave. « C'est ce que tu trouverais dans mon dossier – et si je suis connu au ministère, encore aujourd'hui, c'est pour ça. Sauf que y a pas que ça. Comment te dire... » Il ne savait pas comment balancer ça sans que ce soit brutal et franc et se résolut finalement à être cash : « Je n'exagère pas quand je dis 'le plus grand arnaqueur de la décennie'. Je parle de plusieurs millions de gallions, détournés à l'aide d'une vingtaine d'identités différentes. C'est pour ça qu'ils n'arrêtent pas de me prendre pour quelqu'un d'autre. Parce que ici, j'ai été Allen Jeffreys, magnat texan du pétrole qui venait de temps en temps à Londres claquer tout son pognon. »

Blanc dans la conversation. Il espérait sincèrement ne jamais avoir croisé Anne ici sans la reconnaître parce qu'il était trop bourré. La simple réputation de Jeffreys – cow-boy fêtard mais de bonne compagnie, heureusement, ce n'était pas son personnage le plus dévergondé – risquait de suffire, si elle en avait entendu parler. Il allait se prendre une gifle. Ou elle allait partir. Ou n'importe quoi, mais c'était un moment charnière de ce dîner. C'était vraiment maintenant qu'il jouait son va-tout, et il affirma :

« Je me range, je l'ai dit. Parce qu'il est temps, parce que j'ai un peu morflé ces derniers temps, parce que j'ai gagné beaucoup, parce qu'il faut que je me fasse oublier et que j'arrête de tenter le destin. » L'épisode Chambers l'avait calmé, au moins pour un bout de temps. Il sourit de nouveau, un peu timidement pour une fois et lui prit de nouveau la main : « Tu m'as demandé d'être honnête. J'essaye. J'ai foiré pas mal de choses, je sais. Mais voilà. Je donnerai beaucoup pour ne pas avoir fait le con toutes ces années, mais c'est pas possible. Alors je me suis dit que, peut-être, si j'arrive à survivre à ce repas sans me prendre un verre dans la gueule, je pouvais essayer d'arrêter, mais avec toi. »

Le maitre d'hotel arriva à ce moment là, tenant un bloc-notes pour prendre leur commande :

« Messieurs dames, avez vous choisi ? »


Excellente question, mon vieux, eut envie de répondre Tom. La réponse était qu'il n'en avait pas la moindre idée.

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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Ven 22 Juil - 2:30

Le problème des Langues de Plomb, c'était leur nom. Le principe même de leur fonction requièrait le secret. Ils étaient un organisme officiel du monde sorcier, mais personne ne savait ce qu'ils faisaient. Quel était l'intérêt d'afficher leur présence ? La transparence ? Un brin ironique puisqu'on savait leur nom, l'étage auquel ils se trouvaient et c'était tout. Selon Anne, le principe même de donner le nom et l'emplacement du service d'espionnage et de recheche était la porte ouverte à toutes les dérives. Qu'importe si les gens ne savaient pas ce qu'ils faisaient, c'était peut-être même pire. On désire toujours savoir ce qui se cache derrière l'inconnu. Les Mystères attisaient donc la curiosité de ses compatriotes depuis longtemps. Que le père de Tom en sâche plus qu'il ne le devait agaçait particulièrement Anne, quoiqu'elle tenta de ne pas le montrer. Joe Emerald avait tendance à fourrer un peu trop son nez là où il ne fallait pas et elle était d'avis que le passage d'un oubliator ne lui ferrait peut-être pas de tord de ce point de vue là. Après tout, c'était ce qui arrivait à tout ceux qui touchaient de trop près les Mystères. Néanmoins, elle n'en dit rien. Premièrement parce qu'elle ne pouvait pas, mais en plus parce que ça aurait tout de même jeter un certain froid sur ce dîner tellement important. Elle se contente donc d'un sourire en demi teinte quand il tenta vaguement de lui soutirer des informations, sachant très bien qu'elle n'y répondrait pas.

" - Que veux-tu, mon boulot n'est pas aussi passionnant que vous vous l'imaginez de toute façon. Tu ne perds rien si je ne te raconte pas."

Même si ce n'était pas le moment, elle ne put pas s'empêcher d'ajouter un peu comme un murmure :

" - Cela dit, ton père ferrait bien de rester éloigné des Mystères, on y perd son nez à y fouiner."

Elle ajouta peut-être un peu précipitement :

" - Je n'ai pas l'intention de balancer qui que ce soit, rassure-toi, c'est juste une vérité, ils finissent toujours par savoir."

Menace déguisée, avertissement généreux, à Tom de prendre ça comme il le voulait, elle se contentait juste d'énnoncer un fait connus de tous ceux qui travaillaient avec elle : tout se savait toujours aux mystères. Elle ne pouvait pas vraiment lui mentir quand il lui fit remarquer que ça l'ennuyait qu'il l'ait appris. Elle choisit donc encore une fois la carte de la franchise :

" - Je n'ai pas peur que tu ne tiennes pas parole. Tu n'as pas vraiment le choix de toute façon. C'est juste que tu me connais, j'aime que mes secrets soient bien gardés et tant qu'à devoir les reveler, j'aurais préféré que tu l'aprennes de ma bouche plutôt que de celle de ton père.''

Elle haussa les épaules et ajouta :

" - Prend ça comme un caprice de ma part je suppose. Imagine que quelqu'un d'autre annonce à ton père qu'il est grand-père par exemple, ça t'emmerdrait un peu de la même façon."

Elle tapota la main de Tom, en se moquant de lui :

" - Quoique je suppose que ça ne risque pas d'arriver de si tôt, je sais que tu as parler de te ranger, mais le choc risquerait d'être un peu rude pour toi."

Elle but une gorgée de champagne et commenta le fait que la plupart des connaissances de Tom travaillait au Ministère.
" - Ne me compare pas à Adi. Quelle idée de devenir mangemort juste pour faire plaisir à son grand-père."

Son ton se faisait exaspéré rien que d'en parler et elle leva les yeux au ciel. Ils étaient en territoire moldu et elle pouvait se permettre ce genre de propre sans devoir prendre des pincettes et sans devoir vérifier qu'un officiel n'était pas près 'd'eux. Elle se garda bien de critiquer la fonction de mangemort en elle-même, bien qu'elle n'en pensât pas moins, mais après tout, elle devait garder son image de puriste ou au moins une certaine neutralité politique.

" - Il n'a rien à faire là, ce n'est pas pour lui tout ça."

Elle secoua la tête un peu découragée.

" - Il a pas mal changé depuis qu'il en fait partie, j'ai l'impression de devoir lui botter le cul un peu plus souvent qu'avant."

Ca avait toujours été la tâche d'Anne que de remettre Adrian dans le droit chemin, en particulier quand il disait des bêtises plus grosses que lui et ça arrivait souvent ces derniers temps. Quant à Fenton .. Le sujet préféré d'Anne et Al, ils pouvaient baver sur le frère de Tom des heures sans se lasser.

" - Pour Fenton, je ne suis même pas sûre que ça soit la peine d'en parler.", se moquât-elle. " Ton frère est plus rigide que la vieille Macgo dans ses mauvais jours. Je ne serais pas étonnée s'il était né avec un balai de Quidditch dans le ....", elle s'arrêta, se rendant compte qu'elle n'était pas avec Al et ajouta plus diplomatiquement "Enfin, sans offence, ça va sans dire."

La discussion prit un tour plus personnel et Anne eut tout juste le temps de répondre à Tom qu'elle aussi était heureuse d'être là qu'ils furent interrompu. Décidement, c'était la soirée. Est-ce que même du côté moldu ils étaient destinés à se voir dérangé constamment, c'était tout de même un comble. De son côté, Tom était blanc comme un linge et il perdait de sa superbe. Anne leva un sourcil interrogateur, mais se garda bien de commenter la situation. Apparemment, elle n'était pas la seul à avoir des secrets bien gardé.

La conversation se tourna vers les activités illégales de Tom. Anne réprima un soupir, les choses s'annonçaient plus compliquée que prévu. Ne sachant pas exactement quoi dire, elle commenta sobrement :

" - Je suppose que ça explique la Range Rover."

Elle passa une main un peu nerveuse dans ses cheveux.

" - Eh bien, j'imagine que tu as de la chance que je ne sois pas une tireuse de baguette d'élite. Des millions de gallions Thomas, mais qu'est-ce que tu fais avec tout ça  ? "

Evidemment, en femme qui avait toujours eu un compte en banque fournit, elle ne voyait pas réellement l'intérrêt d'avoir plus qu'on ne pouvait dépenser, mais surtout, elle n'avait jamais été snob et si elle n'avait évidemment jamais manqué de rien, l'argent n'avait jamais constitué une source de plaisir ou de fierté pour elle. Ca rendait la situation nettement plus compliquée qu'elle ne l'était à la base. En y pensant, elle voulait vraiment tenter sa chance avec Tom, mais quand on incarnait les forces de l'ordre, pouvait-on vraiment se permettre de s'associer avec un criminel de grand envergure ? Il disait qu'il voulait se ranger. Pouvait-elle lui faire confiance ? C'était la base de toute relation. Le temps que le serveur vienne prendre leur commande, elle avait fait son choix. Au diale les scrupules, autant agir sur un coup de tête pour une fois.

" - L'addition s'il vous plaît.
- Lad... Mais madame, vous venez d'arriver et la bouteille était offerte.
- Nous avons un empêchement, je paierais donc la bouteille en dédomagement.", avant que Tom ne puisse sortir son portefeuille, elle sortit le sien et glissant une carte gold dans la main du serveur sur laquelle était indiqué son vrai nom " Anne Moore". Tom n'avait probablement pas eu le temps de la voir, mais elle fit tout de même signe au serveur d'aller passer sa carte.

" - Ne proteste pas, tu vas avoir pleinement le possibilité de m'inviter ce soir."

Elle se leva et indiqua à Tom de la suivre, arrivé à l'entrée, elle récupéra sa carte et le maître d'hôtel lui l'aida à enfiler son manteau tout en se demandant s'il n'avait pas fais un impair.

" - Madame, j'ose espérer que ce n'est pas le service...
- Non, non, nous avons simplement un empêchement, je m'excuse pour le dérangement.
- Il n'y a pas de dérangement, nous sommes heureux d'avoir eu l'occasion de vous recevoir..."

Les politesses n'ayant pas de fin, elle glissa un billet de 50 livres dans la main du maître d'hôtel et se dirigea vers la sortie. Une fois à l'extérieur, elle se tourna vers Tom et lui demanda le plus naturellement du monde :

" - Tu m'emmènes où, choisi ! ", jettant un oeil à sa robe, elle décrêta, "Hmm, ça n'ira pas."

Elle regarda autour d'elle et se recula dans un coin sombre pour faire, ce qu'elle avait à faire, elle prit discrètement sa baguette et formula un sort pour racourcir sa robe. Contre toute attente, elle était particulièrement doué en ce qui concernait les sorts ménagés ou de coutures. Un pan assez important se détacha de la longue robe noire, créant un ourlet un peu au dessus du genoux. Elle ramassa l'étoffe désormais inutile et la réduisit avant de la ranger dans sa poche. C'était mieux, beaucoup mieux.

Hrp : Ecrit sur tablette, à éditer.
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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Mar 26 Juil - 18:45


Tom Sallybanks, ou la définition de l'irresponsable ? On pouvait parfois se demander s'il n'était pas totalement inconscient. Rien n'était important pour Tom, rien n'était grave, ni l'argent, ou le manque d'argent, ou les délits, ou l'impertinence. Avoir le ministère aux trousses ne lui faisait ni chaud ni froid. Il s'en fichait, il allait de l'avant. Tout cela, pour lui, était du détail. Les choses qui comptaient étaient ailleurs. L'indépendance. L'amitié. La loyauté. Le fait de vivre, de vivre vraiment. Tout ça comptait. Le reste, le matériel, le trivial, le vol, la criminalité, ce n'était qu'un moyen d'y parvenir. Peu importait. Contrecarrer l'autorité, la défier ? C'était pour cela qu'il le faisait. L'autorité, Tom s'en moquait, il suivait ses règles. Il arnaquait un monde qui voulait le contraindre et l'empêcher d'agir à sa guise en le rabaissant, tout en s'arrangeant pour que les représentants du système lui foute la paix. Alors bien sûr, tenter de sortir avec l'une de ses représentantes, on pouvait dire que c'était une mauvaise idée.

C'était là l'avis de son père, mais Tom ne se posait pas réellement de questions là-dessus. C'était Anne, pas une sinistre inconnue, non plus. Il était dans la nature de Sally d'être confiant envers ses amis : il en allait ainsi avec Anne Fraser, même s'il ne l'avait pas vu depuis longtemps. Les gens changeaient, bien sûr. Mais c'était une question de confiance. Elle avait toujours été spéciale pour lui, et malgré cette foutue absence de douze ans, Thomas ne croyait franchement pas qu'on pouvait faire disparaître des sentiments comme ça. Non, il y avait là quelque chose de plus solide qu'un poste ou qu'un métier au ministère, ou qu'un camp. Du moins l'espérait-il. L'avertissement de son père vint retentir de manière désagréable dans son esprit : Anne ne lui avait pas dit qu'elle était au département des Mystères lorsqu'ils s'étaient revus. Vrai que c'était étrange, mais après tout, il n'avait pas dit non plus qu'il était un voleur de grande envergure. Les confessions étaient pour ce soir, pour cette soirée où ils essayaient de déterminer si ça pouvait encore marcher entre eux.

Il pensait que oui. Sincèrement. Peut-être que c'était trop tard, mais à la fin, Thomas Emerald-Sallybanks était indubitablement un homme d'espérance et un incorrigible optimiste. Il savait que tout n'était pas perdu avec Anne : aurait-elle lancée cet avertissement s'il n'avait pas un peu compter pour elle ? Probablement pas. Et ce fut ce qui le décida à sourire :

« Inquiète de mon sort, mademoiselle ? »
Il riait franchement à présent, mais était presque content de susciter ce genre d'émotions chez Anne Fraser. Il ajouta plus sérieusement. «  De toute façon, pour mon père, je ne pense pas qu'il aie envie de fouiner. Il voudrait justement que moi je ne le fasse pas - note que je préfère ne pas avoir affaire à des langues-de-plomb hors de dîner entre vieux amis, les uniformes du ministère sont très peu à mon goût. » Il termina avec un sourire légèrement moqueur : « Et puis je doute que qui que ce soit trouve quelque chose de secret chez mon père. La moitié du pays est au courant de ce que fait Joe Emerald, et tant qu'il collabore avec le ministère, je crois qu'il sait qu'il aura pas d'emmerdes. »

Le jour où son paternel dirait non à la mauvaise personne à cause de son vieux code d'honneur, par contre, là, il y aurait du grabuge. Tom pariait volontiers que les membres de l'Ordre du Phénix passeraient pour des tocards à côté de ce que Joe mettrait aux mangemorts, avant d'aller se faire pendre, souriant encore sur la potence. Pauvre fou. Son père avait du panache, mais il était d'un autre temps. Tom savait qu'il lui ressemblait, mais il ne reproduirait pas ses erreurs. Ce qu'il commenta gentiment, mais franchement, lorsque Anne se mit à parler de descendance.

« Marié avec enfants ? Non, en effet, pas pour moi, ça. C'est mon père qui s'est occupé de son vieux, et pas le contraire, quand sa mère s'est tirée, et du coté de ma mère, je crois que grand'pa et Lucy étaient un peu trop coulants avec ma mère. Puis quand tu le vois le succès de mes parents avec moi et Fen'...»
Avec amusement, il haussa les épaules, manière de dire qu'il n'avait pas trop d'avis sur la question : « Je peux pas jurer, mais je crois que la fibre paternelle, c'est pas trop mon truc de toute façon. »

C'était cash. Le mariage, Tom n'y croyait pas vraiment non plus. Peut-être un jour, qui savait. Il n'en était pas là. Il verrait bien. Comme la plupart des choses soit disant importantes de la vie, il faisait montre d'une certaine inconséquence. Il n'était pas le seul : il suffisait de voir Adrian pour comprendre que presque tous ses amis faisaient de mauvais choix. Comme tout le monde. Tom ne jugeait pas trop : chacun en ce monde faisait ce qu'il pouvait, du mieux qu'il pouvait, en espérant être honnête et bon. Chacun à sa manière, ils espéraient être loyaux envers eux-même, et se trouver une vie intelligente. Mais pour Adrian, il s'inquiétait. Vraiment.

« Je crois qu'il ne va pas très bien. Il vient beaucoup au bar, depuis qu'il est sorti d'Azkaban. Ca fait ça, certaines fois, la prison. Moi je savais quand je sortais, et j'en ai profité pour apprendre plein de choses, alors ça m'a aidé, mais c'est tout de même terrible. »
Thomas fronça les sourcils. « Ce n'est peut-être pas mon problème...mais il boit beaucoup. Il boit trop. »

Pour que lui dise ça, habitué aux cuites et aux soirées arrosées, habitué aussi à fréquenter Adrian et son inclinaison pour la boisson, c'est que leur ami y allait fort. L'assertion de Anne sur Fenton le fit rire : il connaissait l'avis de Al sur la question, et ne releva pas spécialement. Fenton était fédérateur là-dessus, et il sourit :

«  Oh, Fen' est très supportable...quand tu as grandi avec lui. Ça t'habitue. Il est très chiant, quand il veut. Mais il m'a toujours aidé, alors... »
Il soupira d'un air de lassitude amusée : « Il faut bien qu'un de nous deux soit à peu près honnête. Il me sert de conscience, on va dire. »

Manière de dire que non, il n'était pas vexé. Ni là pour parler de ça, et la conversation revint bien vite sur ses propres activités. Est-ce que Anne le prenait mal ? Elle n'avait pas trop l'air. Bon, moins bien que Al, pour qui tout avait paru extrêmement naturel, mais au moins, il ne s'était pas pris un verre à la figure. Il sourit doucement, et lança avec gentillesse :

« Je suis navré, je n'ai pas trouvé de bon moyen de te l'annoncer. »
Il soupira et haussa les épaules : « Vous n'êtes pas beaucoup à être au courant, tu te doutes, alors je ne sais jamais comment m'y prendre quand je dois en parler. »

Peu importait, au fond. Elle n'avait pas l'air fâché, et c'était ce qui importait le plus au final, pour Tom. La conversation pouvait donc continuer sur de meilleures bases, et repartit peu à peu vers une base plus agréable. Il sourit franchement lorsqu'elle lui demanda ce qu'il faisait avec cet argent. Pas grand chose était une réponse honnête. Parce que franchement, cet argent ne lui servait en effet qu'assez peu. Au lieu de quoi il eut un geste vague et plaisanta, mine de rien :

« Eh bien, c'est aussi un secret, mais je m'en sers pour inviter une vieille amie en espérant secrètement la séduire – et c'est comme ça depuis Poudlard... »


C'était honnête et parfaitement assumé, et ce n'était même pas un mensonge. Mais ladite amie ne semblait pas du tout décidée à se laisser inviter – en tout cas pas maintenant. Il la suivit, un peu médusé, jusqu'à ce qu'ils quittent le restaurant – le réceptionniste ne paraissait pas mécontent de voir Tom partir, au passage. Il lui fit signe de la main avec un sourire narquois, puis ils sortirent et il put enfin allumer une cigarette, observant Anne réduire sa robe, avant de déclarer d'un ton impressionné :

« Tu m'étonneras toujours, tu sais ? »
Il ouvrit le Range Rover et aida Anne à s'installer du côté passager, avant de monter lui même et de démarrer le véhicule. Il ne s'en sortait pas si mal que ça. « Bon, eh bien voilà, on fait London by night. Il y a un bar sympa à Camden Town. »

Il ne conduisait pas si mal que ça : simplement, il roulait trop vite, comme il volait trop vite sur un balai, ne faisant attention à rien, sinon à sa vitesse. Ils ne tardèrent pas à se garer dans l'East End, et Tom sourit en aidant de nouveau Anne à descendre :

« Alors, pas trop effrayée par ma conduite ? »
Il désigna le bar de l'autre coté de la rue : « Tu me demandais tout à l'heure ce que je faisais de mon argent. A vrai dire, pas grand chose, il est sur des comptes à l'étranger. La plupart du temps, il sert à financer d'autres projets. Il est pas impossible non plus, euh...que quelques œuvres de charités aient reçu un peu d'aide. Anonyme. Ou d'un donateur vivant à l'étranger. » Il sourit d'un air gêné : il lui paraissait toujours étrange de parler de ça. Il ne se voyait pas comme un mécène, mais financer des orphelinats ou des œuvres pour les victimes de la guerre lui plaisait bien. Il préférait faire ça que de payer les taxes idiotes de Malefoy. « De temps en temps aussi, je claque une fortune en faisant la tournée des bars, et je viens là. » Il sourit et ajouta doucement : « Je fais rien de ce fric, non, mais acheter ce genre d'endroit...je sais pas. Un jour, j'aimerai bien. » Il hocha pensivement la tête, chassa ses pensées rêveuses de son esprit, et ajouta : « Tu viens ? »

L'ambiance du bar était définitivement rock. Un groupe y jouait d'un air déchainé. Le pub accueillait du monde. Il servait aussi bien à boire qu'à manger, des plats sur le pouce, des planches de sandwichs. Vers la scène, des gens dansaient. Ils s'installèrent dans un coin, sur une petite banquette où l'intimité était obligatoire et la pudeur pas vraiment de mise : la seule place qui restait, de toute façon.

« La meilleure musique moldue du coin, je pense. Le bar est sympa. »
Un serveur s'approcha pour prendre la commande. « Salut Marty. Tu sers encore à manger ? Nickel. » Il ajouta à l'intention de Anne : « Prends ce que tu veux pour manger, je vais prendre une Guiness, moi. Leur Harp est très bonne, si tu veux. »

Le serveur revint quelques instants plus tard avec une montagne de tapas et de quoi boire. Tom reprit, d'excellente humeur :

« Alors, qu'est-ce qu'on fait, après ? Tu bosses demain ? Si tu veux, on boit un dernier verre chez moi. » Se sentant d'humeur audacieuse, il passa un bras autour des épaules de Anne, puis sourit : « Je t'invite à danser, avant ? Un petit slow très cliché ? »

Rien de sérieux, non, jamais. Il était d'une honnêteté désarmante et d'un sans gêne si assumé et si provocateur que cela le rendait sympathique. Quasiment irresistible. Ou imbuvable, selon les gens.

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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Jeu 11 Aoû - 19:59

Ils étaient sortis du restaurant, c'était dit, c'était fait. Maintenant, les choses ne seraient plus pareilles. Est-ce que c'était une bonne chose ? Elle ne cessait de se le demander, même pendant qu'elle réduisait cette foutue robe d'un coup de baguette. C'était le problème d'Anne. Contrairement à Tom, elle n'arrivait pas à simplement dire "Au diable les conventions. ", elle était obligée de penser au tenant et aux aboutissants. Prévoir plusieurs mouvements d'avance. Tom lui avançait dans la vie avec une insouciance qu'elle lui enviait. Elle avait réellement envie de pouvoir faire comme lui, de ne se soucier de rien et de tout envoyer au diable. Pour ce soir, elle essayera.

Sortir avec Sally était probablement une erreur, le début d'une longue suite de problème et pourtant, elle avait vraiment envie que ça marche. À quel point Tom lui-même était conscient qu'ils avaient 90 % de chance de se casser la figure et seulement 10% que ça marche, elle n'en savait rien, mais il avait l'air de s'en soucier beaucoup moins qu'elle en tout cas.

Elle monta en voiture avec lui, beaucoup plus à l'aise avec une robe courte. Elle s'étonna du lieu sans vraiment l'être.

"Camden Town, tu as pas mal fréquenté les moldus en fait. ", dit-elle tandis qu'il démarrait en trombe.

La conduite de Tom était pour le moins brusque. On ne pouvait pas dire les choses autrement. Néanmoins, ils arrivèrent bien vivant à Camden où Tom s'était garé. Elle sortit de la voiture en riant :

" - Non, ça va, je survivrais, mais c'est vrai que tu conduis vraiment horriblement. Tu es sûr que tu as vraiment eu ton permis ou tu l'as juste falsifié. ", se moqua-t-elle.

" - Même moi je conduis mieux et pourtant Merlin sait que je ne conduis jamais."

Elle en avait rarement l'occasion après tout. Elle était, la majorité du temps, dans le monde sorcier. Quand elle revenait dans le monde moldu, elle transplanait directement dans son apparemment moldu et appelait le chauffeur de ses parents. Ses visites étaient d'ailleurs rares. Plus les années passaient, plus il était difficile de jongler entre les deux mondes. Jeune, son manque de présence parmi la noblesse du pays n’avait pas trop posé de problème, désormais, on se demandait ce qu'elle était devenue puisqu'elle se faisait de plus en plus rare dans les cercles qu'elle avait jadis fréquentés.

Elle lui prit le bras tandis qu'ils traversaient la rue pour rejoindre le bar et qu'ils discutaient :

" - Des œuvres de charité. "
, elle sourit amusé. " Voilà où est passé le cœur d'artichaut de Tom Emerald ! Et je suppose que ces œuvres n'ont pas grand chose à voir avec le gouvernement en place."

Elle haussa les épaules avec désinvolture tandis qu'ils pénétraient dans le bar.

" - Ne t'inquiète pas, ce n'est pas parce que je travaille au ministère que je suis une fanatique de Malefoy. C'est un imbécile et tout le monde le sait, même Adrian n'hésite pas à le dire et je crois que mon oncle, aussi désagréable soit-il ne le porte pas dans son cœur non plus."

Mais d'un côté, qui Chapman portait-il dans son cœur ? La réponse était probablement personne. C'était à se demander comment sa grande tante avait pu se marier à un homme de la sorte. Joséphine n'était pas Prudence et au final, la vie des deux sœurs n’avait pas eu grand chose en commun. Anne n'insista pas sur le sujet. De toute façon, dans le bar, la musique allait fort, les gens dansaient. Malgré sa robe raccourcie, Anne choquait un peu avec ses hauts talons et ses vêtements de haute couture. Mais on était à Londres. Londres moldu qui plus est. Les gens n'avaient pas pour habitude de se retourner sur les autres. Chacun s'habillait comme il le désirait et c'était très bien comme ça. C’était quelque chose qu'Anne appréciait et qu'elle trouvait très rafraichissant quand elle était du côté moldu, les gens étaient tolérants. En tout cas bien plus tolérant que ne l'étaient les sorciers eux-mêmes.

Tom commanda une bière, mais elle-même n'en avait pas envie. Elle demanda un whisky sans glace et quand le serveur revient avec leurs boissons et les tapas, ils trinquèrent.

" - Tu sais en y pensant, ça ne m'étonne pas réellement que tu traines ici. Même quand on était plus jeune, je me suis toujours dit que tu aurais probablement ta place dans le monde moldu. S'il faut leur reconnaitre une qualité, c'est probablement les possibilités qu'ils offrent comparé à notre monde à nous."

Elle grignota un peu, elle mourrait de faim puisqu'ils n'avaient pas mangé au restaurant.

" - Je travaille demain matin, mais ça n'empêchera pas de prendre un dernier verre chez toi. Normalement, je ne suis pas en déplacement, la journée devrait être facile, mais au cas où tu pourrais pousser la courtoise jusqu'à me laisser dormir, tu habites plus près. "

Réflexion parfaitement stupide et ils le savaient tous les deux. Elle n'avait qu'à prendre la poudre de cheminette pour arriver au ministère de chez elle alors qu'il faudrait qu'elle transplane près de la cabine qui desservait le ministère, si elle restait dormir chez Thomas.

Autant dire que si Tom avait craint qu'Anne le repousse, c'était tout le contraire. Elle s'était décidée et tant qu'à se lancer dans la gueule du loup, autant ne pas faire les choses à moitié. Elle l'embrassa, donnant le ton avant de répondre :

" - Invite-moi donc, juste parce que je ne t'aurais jamais imaginé danser un slow, je me sens obligée d'accepter, par contre, hors de question que tu racontes ça à Al et Addy où je ne finirais jamais d'en entendre parler."

Elle se leva pour danser avec lui et une pensée lui traversa l'esprit :

" - Tu sais avec tout cet argent, justement tu parlais d'ouvrir un bar, mais tu pourrais investir et laisser des gens gérer pour toi. J'ai du mal à te voir être autre chose que ton propre patron."

Elle lui sourit amicalement :

" - Tu me contrediras si je me trompe, mais l'autorité, ça n'a jamais été ton truc."
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MessageSujet: Re: Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini] Mar 23 Aoû - 14:06


Un des avantages d'être sang mêlé – une situation que Tom avait toujours jugé beaucoup plus enviable que celles des sang purs, en réalité – était qu'on pouvait aller où on voulait dans le pays sans devoir rendre des comptes à personne, et sans devoir se comporter en étant digne d'un rang. Le second avantage était qu'on y était rarement paumé, d'autant plus lorsqu'on comptait quelques ancêtres moldus assez proches. Le Londres moldu n'avait pas vraiment de secret pour Sally : d'abord son père en venait plus ou moins lui même et lorsqu'il était gosse, n'avait cessé de lui montrer les endroits où il avait grandi, et ensuite, à l'adolescence, il lui était souvent arrivé d’entraîner Al hors des sentiers battus et balisés du Chemin de Traverse, une habitude qu'ils avaient conservés aussi bien l'un que l'autre, réussissant même parfois à emmener un Adrian très circonspect avec eux. Plus jeunes, il fallait dire aussi qu'Octopussy était un groupe polyvalent qui se produisait aussi bien chez les moldus que chez les sorciers. Après tout, sans le savoir, ils avaient choisi le nom d'une méchante de James Bond, ça ne pouvait que plaire à la société non-magique. Et puis plus vieux, maintenant qu'il s'adonnait à des activités purement illégales, Tom mesurait tout l'intérêt de connaître le monde moldu : les mangemorts s'y aventuraient rarement, la police magique de même, le ministère globalement ignorait cette partie du monde, la jugeant trop méprisable. Ce qui donnait une véritable assurance à Tom : celle de pouvoir s'y planquer et qu'on lui y fiche la paix. Accessoirement, il était tout à fait vrai, comme disait Anne, qu'il y aurait peut-être eu sa place. C'était une possibilité.

« Oh, je finirais probablement par faire la même chose qu'aujourd'hui, je ne suis pas doué pour grand chose mis à part être un arnaqueur professionnel et traîner dans les bars. »
Il sourit d'un air tout à fait naturel. « Ça me changerait pas beaucoup. Je conduirais très mal la même bagnole et je donnerais simplement du fric à d'autres associations. »

Il haussa les épaules : certains étaient faits pour des jobs honnêtes, lui n'était fait que pour le quidditch et les escroqueries, et il avait un peu laissé passer sa chance au niveau du quidditch. Ca ne faisait pas de Tom un sale type : c'était simplement ce pour quoi il était fait. Parce que concernant les opinions politiques, il était sans doute beaucoup moins un salaud que les gens qui étaient au gouvernement. Mais ça, le fait qu'il soit moins méchant qu'il en aie l'air, Tom ne tenait pas trop à s'en vanter. Les opinions qu'il avait n'étaient pas vraiment merlinistes : il n'aimait pas les partis.

« Et, d'ailleurs, je suis pas un cœur d'artichaut : c'est juste que... »
Il soupira : « C'est Chapman Rosier qui m'a condamné. Selon Fenton, il a volontairement alourdi la peine. Je crois que c'est encore plus un connard que Malefoy. Sans vouloir te vexer quant à ta famille, hein.  »

Il ne le faisait absolument pas parce qu'il avait pitié des gens qui étaient victimes des mangemorts, absolument pas. Non, il le faisait par vengeance personnelle, parce qu'il voulait être libre, et qu'emmerder toute forme d'autorité était son credo. Du moins Tom tentait-il de s'en convaincre : c'était sans doute vrai en grande partie, mais au fond de lui, il y avait une part de lui-même qui serrait les poings face à l'injustice et qui écoutait avec attention les discours du MpM. Il n'aurait jamais été jusqu'à s'impliquer dans la politique – certains merlinistes ne valaient guère mieux que les mangemorts – mais il avait su se faire une opinion. Était-ce une bonne idée de trop en parler ? Il ne croyait pas vraiment qu'Anne en soit venue à soutenir le gouvernement Malefoy – ou alors sinon, sortir avec un sang mêlé était une très curieuse manière de le faire, surtout pour la sang pure que Tom avait toujours supposé qu'elle était, et auquel il n'avait jamais particulièrement prêté attention puisque Anne elle même ne semblait pas le faire d'une part, et parce que, dépourvu de tout respect pour les institutions, lui même se fichait de la nature du sang des gens comme d'une guigne.

Mais ce n'était pas un sujet qui causaient trop de crainte à Tom. Il connaissait Anne depuis longtemps, et il la croyait volontiers lorsqu'elle disait qu'elle ne le dénoncerait pas. Sans doute parce qu'ils se connaissaient depuis si longtemps qu'il savait qu'il pouvait lui faire confiance, malgré une 'séparation' de douze ans. Sans doute aussi parce que de toute façon, il ne voulait pas y croire, parce qu'il voulait tenter sa chance, ou plutôt la saisir enfin, après des années d'hésitations et de silence. Peut-être qu'aujourd'hui était enfin l'occasion, et sans doute Anne attendait-elle la même chose. Pas sans doute, se corrigea-t-il de lui même lorsqu'elle répondit à son invitation. Bien sûr qu'il avait eu l'intention de l'inviter à rester chez lui ce soir là – peut-être pas de manière si claire, cela dit (quoique) mais l'effet aurait été le même à la fin.

« Tu sais que je suis la courtoisie même, tu peux rester autant que tu veux. »
Il avait sourit de façon complice puis ajouter : « Je pourrais même pousser la politesse jusqu'à te proposer de revenir. Ca me vexerait si tu refusais, d'ailleurs. »

Mais il savait qu'elle dirait oui, ce qu'il adorait d'avance. C'était une petite victoire, précédant une plus grosse, lorsqu'elle l'embrassa. Pour être très franc, Tom ne comptait même plus les fois où il avait voulu faire ça. Depuis Poudlard, sans doute : mais au départ, ils étaient simplement de très bons amis, et puis après tout, peut-être qu'une part de lui même savait qu'il serait difficile de tenir sur la durée s'ils se mettaient en couple. Il était plus jeune alors, et peut-être moins audacieux ou inconscient. Il avait appris depuis longtemps à avoir confiance en sa chance, puisqu'elle ne l'avait jamais trahi. Les conventions ? Il n'était pas sang pur, lui, ça ne le concernait pas, tout ce lot de principes vieillots.

« Eh bien, je suppose qu'il faut une première à tout, non ? Cela dit, je rêvais de t'inviter à cette fête, quand on avait fêté nos ASPICs. Je ne sais plus pourquoi je ne l'ai pas fait, d'ailleurs. J'étais idiot, peut-être, un peu. »
Il sourit, amusé de nouveau : « Cela dit, je m'en vanterai pas non plus, je ne crois pas que je sois si bon danseur que ça... »

Ce qui n'était pas faux, mais bon, c'était plutôt amusant, et c'était nouveau. Et puis de manière très idiote, il était simplement heureux de sentir sa présence tout contre lui, alors qu'ils tournoyaient lentement sur la piste de danse : ce n'était pas bien compliqué à faire, et plutôt intime. Il lança sur le ton de la plaisanterie :

« Regarde nous, on a déjà l'air d'un vieux couple. »
Il sourit sincèrement : « On aurait du faire ça plus tôt, non ? »

S'il avait été moins idiot et moins décidé à vivre une vie totalement illégale autant qu'il était aujourd'hui décidé à la laisser derrière lui, peut-être. Ou pas. Qui savait ? Il était trop tard pour le dire, et rattraper le temps perdu. Ils ne pouvaient qu'aller de l'avant, en espérant que ça marche entre eux – ce dont Tom, inébranlable optimiste, était totalement convaincu : après tout, cette soirée ci ne passait elle pas bien ?

S'il réussissait à se ranger, à se ranger vraiment, tout irait bien. Mais restait à trouver un boulot honnête : Tom avait résolument besoin de s'occuper, s'il ne faisait rien, il retombait dans l'ennui, et l'ennui lui permettait de réfléchir à ses arnaques. Mais Anne avait raison sur un point : finir employé, subordonné à un chef, il ne pourrait pas le supporter.

« Me voilà percé à jour. Mais je m'ennuierai, tu sais, si je laissais mon banquier tout faire pour moi. Je crois que je suis pas fait pour être rentier.  »
Il l'embrassa à son tour : « Mais tu peux m'ordonner de faire ça autant de fois que tu veux. »

La musique s'arrêta, et ils allèrent se rasseoir : Marty ayant apporté l'addition, Tom régla la note, et ils continuèrent quelques temps de parler jusqu'à ce que toute nourriture ait été dévorée. Il avait de nouveau passé un bras autour de l'épaule de sa compagne, et demanda au bout de quelque temps :

« Tu veux qu'on rentre maintenant ? On a qu'à transplaner, j'irai chercher la voiture demain. »


Ce n'était qu'une étape du déroulement de la soirée : le reste, maintenant, devenait de plus en plus prévisible.

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Une longue attente est un long supplice || Tom [Fini]

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