POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé]

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    | Gryffondor ;; 5ème année

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Cassidy H. Faulkner-Nott


MessageSujet: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Ven 1 Juil - 13:08


Les festivités du solstice d'été battaient leur plein sur le Chemin de Traverse. Pour honorer la plus longue nuit de l'année, les commerçant et tenanciers de débits de boisson avaient décoré leur devanture avec des lampions colorés. La longue rue commerciale s'illuminait dans le soleil couchant, et des familles profitaient de l'ouverture tardives des boutiques, des groupes d'amis riaient aux terrasses des cafés, toute la communauté sorcière londonienne s'était réunie ce soir pour fêter le début de l'été, et les premier congés payés, gracieusement offerts par le gouvernement fraîchement élu.

Ils avaient mis les petits plats dans les grands pour cette année, illuminations, animations diverses (jongleurs, mimes, clowns et autres artistes de rue), un grand feu d'artifice à minuit et, comble de l'horreur, en bal de bienfaisance, pour récolter des fonds pour pouvoir envoyer les gamins nécessiteux une semaine au bord de la mer. Au bord de la mer du nord, oui, cadeau empoisonné, pauvres gosses. Bref, le jeu complet des divertissements gentillets, amusez-vous bien et dormez tranquilles, tout est parfait.

Cassidy était venue accompagné de sa mère, fêter le solstice comme tout les autres mais également le raccordement de leur cheminée au réseau de transport magique. Enfin! Cassidy allait de nouveau pourvoir se rendre en ville comme une sorcière normale et n'aurait plus besoin d'emprunter les transports moldus chaque fois qu'elle aurait envie de sortir de la maison. Joie! adieu pervers tripoteurs, adieu contrôleurs grognons et vielles cinglés qui parlent toute seule.

Elles venaient tout juste de s'offrir un sundae à la patacitrouille (spécialement créer par Fortarôme pour ce soir) quand la sortie mère/fille fut interrompue par l'arrivée en trombe d'un patronus, un message urgent pour Demelza. Apparemment un imbécile qui élevait des manticores en secret s'était fait piquer par l'une d'entre elles et les services de la guérisseuse en chef du département des antidotes étaient demandés de toute urgence. Demelza transplana rapidement en direction de St Mangouste, en conseillant à sa fille de rester et de s'amuser tout de même, elle en aurait sûrement pour toute la nuit avec cette intervention, c'était une grosse urgence.

Cassidy resta seule, pestant intérieurement contre les idiots qui n'avaient rien de mieux à faire que d'élever des manticores. Quel intérêt y'avait il à garder chez soit une énorme créature, pourvue d'un dard qui contenait l'un des poisons les plus mortel qui soit ? Par Salazar, ce que les gens pouvaient être stupides. Elle pestait aussi contre sa mère qui, une fois de plus, la laissait tomber pour aller sauver des vies. C'était régulier, Cassidy avait du mal à se rappeler de la dernière fois où elle avait pu passer une soirée avec sa mère sans que celle ci ne soit appelée toutes affaires cessantes pour une urgence urgentissime. Et ça n'allait pas en s'arrangeant depuis qu'elle avait obtenue cette promotion à la tête du département, Demelza passait littéralement plus de temps à l'hôpital qu'à la maison.

La jeune fille hésita un moment, que faire ? Rentrer à la maison ou rester tout de même et, essayer de s'amuser. Bon, elle n'avait aucune envie de passer une soirée de plus à la maison entre son chat et sa grand mère et si vraiment tout le Londres magiques était réuni ici ce soir, elle retrouverait peut être des condisciples de Poudlard.

Elle commença à descendre la rue, à la recherche de tête connues. Il lui semblait que Niklaus habitait près du Chemin de Traverse, peut être était il venu s'amuser un peu lui aussi. Mais aucune trace d'une jeune Serpentard, dommage, en général il n'avait pas son pareil pour amuser Cassie et elle aurait été ravie de le rencontrer ce soir, ça lui aurait certainement remonté le moral. Non, le seul serpentard qu'elle rencontra ce soir là fut Flint, un ami de Théo, un gros septième année à l'allure de troll (et à l'odeur et l'intelligence de troll.) Lui était visiblement ravi de rencontrer Cassidy sur le Chemin de Traverse, il insista même pour lui dire à quel point il la trouvait charmante et qu'il souhaitait qu'elle l'accompagne au bal de ce soir. C'était le pompon, visiblement il en pinçait pour elle. Un frisson lui parcouru l'échine rien qu'à la pensée de devoir danser avec cette enclume. La Gryffondor bafouilla rapidement une excuse, expliquant qu'elle devait retrouver des amis, et s'échappa des griffes de son tout nouveau soupirant. Mince, de tout les amis de Théo, elle avait hérité du plus répugnant, quelle poisse !

Elle préféra quitter rapidement le Chemin de Traverse, des fois que Flint ne revienne à la charge. Aller au bal avec cette montage de bêtise, non mais vraiment. Elle emprunta une des ruelle qui menait vers les bords du fleuve, s'arrêtant à une étale pour s'offrir une maxi pochette de pétards mouillés du Dr Flibuste. Elle s'assit au bord de la jetée, face à l'un des conteneurs à ordures flottants. Elle posa l’écœurant sundae déjà à moitié fondu à coté d'elle, ouvrit le paquet de pétard et sortit sa baguette de sa poche.

D'un coup de baguette elle alluma l'un des feux d'artifice et le balança dans la poubelle en face. Bingo, il atterrit en plein de dedans, provoquant une explosions de spirales colorées, mêlées de vieilles boîtes de conserves et de peaux de banane ainsi que l'envol d'un colonie de mouettes piaffantes. Cassidy attendit que les oiseaux reprennent leur place avant d'en lancer un deuxième. C'était certes un divertissement médiocre, mais ça valait toujours mieux que d'aller danser une valse avec Flint.

« Stupides piafs. » Grommela Cassie tandis que la nuées s'envolait pour la seconde fois, avec des cris perçants qui ressemblaient fort à des rires moqueurs.

Ce n'était même pas tellement amusant, et pour l'instant la jeune fille était surtout triste que sa mère l'ai encore plantée. Elle se demandait même si elle n'allait pas accepter l’invitation, ça valait mieux que de rester ici toute seule. Non, quand même, elle n'était pas désespérée à ce point là, du moins pas encore.


Dernière édition par Cassidy H. Faulkner-Nott le Mer 17 Aoû - 14:26, édité 1 fois
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    | Serdaigle ;; 5ème année ;; Membre de FP
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    Alice Rosier


MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Ven 1 Juil - 16:48

Alice Rosier, adolescente de son état, referma son bouquin traitant de l'invasion sorcière de Guinée au XVIIIème siècle et souffla un long moment. Elle avait dû quitter Poudlard voilà maintenant quelques mois, presque un an, et elle n'espérait qu'une chose : qu'on lui permette d'y retourner. Non pas que la présence, au quotidien, de son grand-père l'accable, mais elle désirait ardemment revenir à l'école pour, au moins, y retrouver un rythme de vie correct.
Elle se laissa glisser le long du canapé et termina fesses par terre, la nuque posée sur les cousins du sofa, les yeux fixant le plafond. Il faisait chaud aujourd'hui et elle se contentait de rester cloîtrer chez elle à lire des bouquins que les trois quarts jugeaient ennuyeux – mais Papy avait insisté. Adolescente ? Vraiment ?

La porte d'entrée s'ouvrit. Alice haussa un sourcil mais ne prit pas la peine de bouger le moindre muscle. A priori ça ne pouvait être que Morgan qui revenait d'on ne savait trop. Chapman était au Ministère, Adrian aussi... il ne restait pas grand monde disponible pour entrer librement dans la résidence familial londonienne. Elle aurait peut-être pu penser à Evan, mais il était impossible que son cousin débarque ici aussi simplement tant son aversion pour le vieux était puissante. Elle n'avait, d'ailleurs, jamais saisi cette haine viscérale. Encore un élan gratuit de violence psychologique inutile. Soit, elle lui passait bien ce détail.

Morgan débarqua donc dans le salon. Dignement habillé comme un premier jour d'été, il tenait un sourire détendu. Elle le regarda du coin de l’œil tandis qu'il passait par la cuisine avant de revenir un verre et un jus de fruit pressé ce matin même. Il la fixa un moment en rigolant. Elle le dévisagea un moment. Il ne lâchait pas l'affaire.

-Qu'est-ce que t'as, abruti?

Il redoubla d'effort pour l'agacer encore plus et quitta la pièce pour s'installer sur la terrasse. Il tira une clope et posa ses pieds sur la table. Alice, dans un râle de douleur flegmatique se releva et le rejoignit. Elle dégagea ses pieds d'un geste et se posta en face de son frère.

-Tu devrais pas fumer ici. Papy va gueuler.
-T'es bien prude ma sœur.
-C'est surtout que ça va me retomber dessus. Il m'a confié la maison.

Elle lui prit la cigarette et la jeta par-dessus la rembarre. Il ne s'offusqua même pas. Il avait l'habitude qu'Alice joue cet insupportable rôle de mère imaginaire pour combler son manque de repère maternel. Soit, il vida son verre d'une traite tandis qu'elle regagnait le salon. Elle se laissa chuter sur le canapé et resta planter là, regard dans le vide.
Morgan l'observa à travers la baie vitrée un moment.

-Qu'est-ce que tu fous?
-Je m'ennuie.
-En même temps, quel genre de personne lit un bouquin sur l'invasion de la Guinée au début de l'été ? Je croyais qu'Adrian avait fait son job de perturbateur social et qu'il t'avait enseigné l'art de la branlette ? Allez, lève toi, on sort.

Ni une, ni deux, elle fut contrainte de s'habiller sous le regard avisé de son frère toujours très concerné par le code vestimentaire de sa petite sœur. Elle n'avait jamais eu de complexe ou de gêne avec Morgan – contrairement à Chapman ou Adrian – et pouvait délibérément de déshabiller devant lui sans ressentir la moindre gêne. Elle n'était pas du genre très regardante sur sa manière de s'habiller mais on lui avait appris à y faire attention. Aussi elle avait des standards établis que Morgan appuyait et développait.
Il la traîna dehors et transplana avec elle jusqu'au chemin-de-traverse. Si il y avait bien un endroit qu'elle ne supportait que très peu, c'était cette allée bondée de monde où les boutiques à peu près intéressantes se comptaient sur les doigts d'une main. Elle souffla alors que son frère passait son bras autour de son cou et la traînait vers le centre du quartier magique le plus fréquenté de la capitale anglaise. Elle insista sur le fait qu'elle avait mal au pied, qu'elle avait mal à la tête, que le monde l'agaçait, elle osa même dire qu'elle ne voulait plus le voir. Tout ce qu'il lui proposa pour guérir sa sociabilité défaillante fut deux bières et une clope. Qu'elle refusa catégoriquement d'ailleurs.
Ils traînèrent jusqu'au soir dans le quartier. Notamment dans quelques bars où, en terrasse elle prenait un soda tandis que son frère sombrait du côté obscur. Le soir tombait. Vrai que l'ambiance était agréable, les lampions détendaient sa nervosité et les rires généraux lui donnaient le sourire – discret néanmoins. Elle parlait librement avec Morgan de tout, comme de rien jusqu'à ce qu'il ne finisse par être rejoint par quelques amis à lui. Elle les connaissait, sans réellement les apprécier. Rapidement, ils passèrent à la vitesse supérieure. L'alcool coulait à flot.
Ils changèrent de bar tous ensemble pour en gagner un nouveau où ils avaient l'habitude d'aller et où les prix étaient plus attractifs – surtout pour eux qui consommaient sans s'arrêter. Sur le chemin, ils croisèrent un groupe de jeunes d'une vingtaine d'années. Morgan les dévisagea avant d'en reconnaître un. Il l'incendia de tous les noms avec, pour seul prétexte qu'ils étaient d’ascendance impure. C'était justifié. Alice n'avait néanmoins pas prévu le débordement. Tous sortirent leurs baguettes. Son frère se retourna et assigna à sa sœur l'unique tâche de s'en aller et de ne pas l'attendre. Elle s'exécuta sans rechigner mais à peine eût-elle commencé à quitter les lieux qu'un sang-de-bourbe transplana et se planta devant elle. Ni une, ni deux, Morgan et Baptiste l'un de ses meilleurs amis se ruèrent sur lui et l'assignèrent de coups.

-Putain Alice ! Casse-toi maintenant!

Elle prit ses jambes à son cou et s'élança à travers les rues londoniennes jusqu'à gagner les abords du fleuve. Elle souffla de fatigue et s'appuya contre un mur pour reprendre son souffle. Elle savait que Morgan n'avait jamais eu la main molle, comme leur grand-frère Adrian d'ailleurs. Il se battait régulièrement et, évidemment, des événements majeurs comme ce début de vacances augmentaient le risque de croiser un groupe hostile. Si Morgan était un jeune homme charmant, il restait un puriste convaincu et activiste. Il ne désirait pas entrer dans les rangs des ténèbres mais il était persuadé qu'il fallait combattre l'impureté par soi-même. Aussi si le fait de se retrouver au milieu d'une bagarre était inédit pour Alice, c'était de l'ordre du commun pour son frère et, au final, elle ne s'inquiétait pas pour lui.
Néanmoins, elle tremblait. L'adrénaline et le stresse prenaient le dessus. Elle replaça ses cheveux et marcha lentement le long du fleuve.
Plus loin, elle entendit une détonation. Si elle ne voyait pas distinctement le responsable, elle comprit vite qu'il s'agissait de pétard jetés sur la jetée flottante d'ordures. Elle s'approcha à contre-coeur et reconnut finalement Cassidy, une autre élève de son âge. Elle se permit de s'asseoir à côté d'elle et la regarda sans parler avec un sourire aimable. Elle fixa ensuite la jetée et les mouettes se replacer une à une.

-Ça n'a pas l'air de les perturber énormément.

Elle tira un chewing-gum de son sac à main et en tendit un à Cassidy.

-Tu n'as pas peur qu'on vienne t'embêter parce que tu as utilisé la magie?

C'était un fait, Alice n'avait jamais transgressé les règles et se complaisait bien dans son innocence qu'elle refusait de quitter pour l'instant.

-Qu'est-ce que tu fais ici, toi? C'est moyennement sexy comme quai.
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Ven 1 Juil - 18:09

Le troisième lancé de Cassidy fut interrompu par l'arrivée d'une autre adolescente, elle jeta le pétard qu'elle tenait à la main et réussi son coup une fois de plus. Peut être qu'elle aurait du songer à un poste de poursuiveuse plutôt que d'attrapeuse ? Tandis que les volatiles reprenaient bruyamment leur envol, elle en profita pour regarder qui venait s'immiscer entre elle et sa benne à ordures.

« C'pas grave, j'avais pas comme objectif de torturer des mouettes de toute façon. » répliqua Cassidy.

C'était Alice Rosier qui était venue s’asseoir à coté d'elle, et la fixait en souriant. Les deux adolescentes n'étaient pas vraiment amies, elles étaient dans la même promotion à Poudlard et avait déjà suivis plusieurs cours ensemble. Puis les Rosier comme les Nott étaient une vieille famille de sang pur, alors l'autre adolescente était une fréquentation tout à fait acceptable pour Cassidy, c'était même certainement le genre de fréquentation que sa famille souhaitait pour elle. Et contrairement à beaucoup d'autre sang pur, Alice n'avait pas le mauvais goût d'être à Serpentard, ce qui épargnait à la Gryffondor une hostilité de principe.

« Alice Rosier. Ça fait longtemps. Qu'est-ce que tu deviens ? »

Ça fait quasiment un an que les deux jeunes filles ne s'étaient pas vu, n'ayant jamais été intimes, il n'y avait aucune raison pour elle de se fréquenter en dehors de Poudlard. Cassie espérait pour que la Serdaigle menait de son coté une vie plus excitante que la sienne. Cette année de fermeture de l'école avait été réellement pénible pour Cassidy, qui commençait à en avoir plus qu'assez de rester enfermée chez sa mère, de devoir étudier toute seule avec ses bouquins, de ne plus pouvoir jouer au quidditch. Ce qu'on pouvait se raser en étant mineur chez les sorciers, c'était incroyable. Elle avait de plus en plus hâte que le château soit restauré et que les élèves puissent reprendre une vie normale. Mais c'était sûrement la galère pour tout le monde, aucun adolescent sorcier n'était habitué à avoir sa famille sur le dos tout le long de l'année.

« Merci. » dit-elle en acceptant le chewing-gum que lui tendait Alice. « Sundae patacitrouille ? » proposa-t-elle en tendant le gobelet de chez Fortarôme.

Le sundae méchamment orange commençait à être tout aussi méchamment fondu, mais au moins c'était offert de bon cœur.

La question provoqua une réaction -signature- chez Cassidy, elle leva les yeux aux ciel en soupirant. Bon sang de sang pur, la vie était déjà horriblement rasoir, mais si en plus il fallait très scrupuleusement suivre toutes les règles les plus idiotes, alors là, ça allait devenir carrément mortel.

« J'allume des pétards de Flibuste, c'est l'équivalent magique d'un Lumos, voire moins que ça. »

Allumer des feux d'artifices magiques ou des bombabouses était une activité que Cassidy pratiquait régulièrement sans jamais avoir reçu le moindre avertissement du ministère, c'était un acte magique d'une telle insignifiance, sûrement que personne n'avait jamais eu d'ennuis pour ça. Du moins tant que ça se faisait en zone sorcière, aucun risque. Cassidy avait appris les limites du Londres sorcier dans un de ses bouquins et savait avec certitude que cette zone du quai était protégée par un écran anti-moldu, une prolongation du chemin de Traverse en gros. Alors même mineur, un sorcier n’enfreignait pas la loi si il balançait ici un ou deux petits sortilèges de rien du tout.

Elle pointa du doigt le bout de la jetée.

« Tiens, on est en zone sorcière jusqu'à la baraque à frite, là bas » Cassidy tendit un de ses pétards à Alice « alors vas y, éclate toi, fait décoller ces foutues mouettes. »

Cassidy se releva, fit jouer les pans de sa robe turquoise et passa une main dans sa tignasse blonde toujours aussi indomptable.

« Ça tombe bien, je suis pas une meuf sexy. » commenta-t-elle en riant

Elle expliqua rapidement à Alice qu'elle était venue sur le Chemin de Traverse avec sa mère, pour manger une glace mais que cette dernière avait été rappelé d'urgence à St Mangouste, elle lui raconta également qu'elle avait du fuir la petite sauterie parce que Flint -tu vois de qui je parle?- avait insisté pour qu'elle l'accompagne au bal et qu'il était hors de propos qu'elle aille où que ce soit en compagnie de cette gargouille abrutie.

« Et toi d'abord, comment t'as atterri sur la quai des gens moyennement sexy ? »

Bon elle aurait pu faire bien pire rencontre que la Serdaigle sur ce quai. Certes ce n'était pas une de ses amies habituelles, mais au moins ce n'était pas quelqu'un qu'elle trouvait totalement antipathique, pour l'instant en tout cas, pour plus tard on verrait bien.
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    | Serdaigle ;; 5ème année ;; Membre de FP
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    Alice Rosier


MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Jeu 21 Juil - 19:37

Cassidy était une personne étrange. Alice n'était jamais réellement abjecte avec les gens, elle avait pour réputation d'être assez douce et calme. Mais Cassidy lui avait toujours laissé un étrange ressenti. Jamais mauvais, jamais bon non plus. Elle ne savait pas trop quoi penser de la jeune fille de Gryffondor qui avait exactement le même âge qu'elle. A vrai dire, si elle avait pu dire d'elle quelque chose de mal, elle ne s'en rappelait pas, Cassidy n'avait jamais été quelqu'un de désagréable avec Alice et inversement : Alice avait toujours fait en sorte de bien s'entendre avec la fille du journaliste de la Gazette.
Néanmoins, elle présentait comme quelque chose d'inavouable chez la gamine. Elle n'aurait jamais su dire quoi, mais elle avait l'étrange impression que Cassidy n'était réellement pas comme tous les autres à Poudlard. Elle possédait quelque chose que les autres n'auraient jamais. Ou peut-être était-ce quelque chose qui manquait à Cassidy ? Elle n'arrivait pas à élucider ce mystère et en la voyant là, assisse sur un quai londonien, elle se rappelait le nombre de fois où elle s'était posée cette question. Quasiment à chaque fois qu'elle lui avait parlé, il y avait eu cette entité interrogative qui l'avait titillée. Pourtant, aux yeux de tous – et même d'Alice – Cassidy semblait être tout à fait normale. Une adolescente en quête d'elle-même, axée sur les bêtises et les débordements et pas trop sur la régulation et les réserves.

-Hum... je m'ennuie comme un Lutin de Cornouailles en cage depuis la fermeture de l'école et je peste contre le Ministre pour qu'il entame les travaux rapidement. Mais sinon, rien de bien intéressant. J'hésite à m'entraîner au Quidditch mais je suis pas vraiment douée pour ça. Et toi ?

Cassidy accepta le chewing-gum et lui proposa son plaisir du moment. Alice le prit entre ses mains et l'analysa avec attention. Elle détestait proprement la patacitrouille, aussi, elle tira une gueule écoeurée devant la glace au même goût.

-Eurk... tu arrives à manger ça ? Vous autres, à Gryffondor, vous n'êtes pas vraiment fixés comme nous, hein?

C'était dit dans un rire amusé et soutenu par un sourire franc. Elle ne se sentait que rarement en bonne compagnie – la méfiance à toutes épreuves chez Alice était presque maladif – aussi se risquait-elle rarement à s'essayer à l'humour mais elle savait que Cassidy n'était pas la plus embêtante. A vrai dire, c'était peut-être l'une des personnes qui la mettait le moins mal à l'aise de leur promotion – sans compter les quelques autres avec qui Alice était souvent fourrée évidemment. Cassidy, malgré son étrange aura, était une personne directe, franche et simple. Elle ne cherchait pas à rendre plus compliquer des choses qui ne l'étaient pas et était donc assez reposante quand on y réfléchissait bien. Reposante pour l'esprit évidemment. Quoique pour ses parents ce devait être une toute autre paire de manches.

Les règles, chez Alice étaient fixées à l'avance pour être respectées. Cependant, elle n'avait jamais pris la peine de savoir jusqu'où s'étendait la zone magique du Chemin-de-traverse. Elle se savait un peu trop couvée par rapport aux règles, aussi ses joues rougirent quand Cassidy souffla en démontrant l'absolue nullité de la magie employée. La petite Rosier tourna légèrement le regard et passa une main dans ses cheveux. Dans un rire nerveux elle s'excusa, car après tout, « c'est vrai que c'est pas grand chose des pétards ».
Cassidy lui proposa même d'en balancer un ou deux. Alice en prit un dans sa main, l'observa longuement avant de se décider à tirer sa baguette. Elle lança le pétard et alluma la mèche en plein vol. Le tout explosa sous les mouettes qui s'envolèrent une fois de plus. Elle rit de bon cœur avant de se lever à son tour.

La gryffondor raconta alors son périple. Vrai que sa mère était l'une des responsables de Saint-Mangouste. Quelle vie ce devait être, mine de rien. Alice n'avait jamais eu de parents mais elle n'imaginait pas la frustration que ça devait être d'en avoir sans pouvoir en profiter pleinement. Elle s'imaginait souvent ce qu'aurait pu donner sa vie si Evan n'était pas mort. Ou si Kathryn était restée. Ou si, tout simplement, Adrian l'avait élevée. Beaucoup de questions sans réponses qu'elle n'obtiendrait de toutes façons, jamais.

-Ah ! Flint. M'en parle pas. Mon grand-père m'a traînée l'année dernière à une réception organisée par sa famille. J'ai été obligé de rester avec lui toute la soirée. L'horreur ! Un vrai porc ce type.

Vrai qu'il n'établissait pas un record en qualité physique, ni même mental. Flint était un garçon vraisemblablement stupide et prompt à le rester toute sa vie. Il avait néanmoins les appuis et le nom qui l'aideraient à s'en sortir. Grand bien lui fasse, Alice était bien décidée à le surclasser avec les mêmes armes, soutenues par son intelligence en prime.

-Hum... j'étais avec mon frère dans un bar avec ses copains. Et puis on a croisé des sangs-de-bourbe, ça ne leur a pas plus, ils ont décidé de s'embrouiller avec eux et puis... bah je me suis fait emmerder et mon frère a dû me faire dégager et je me suis retrouvée ici ! J'ai l'habitude, c'est pas comme si Morgan était tendre au naturel. J'avoue que je savais pas trop comment allait se goupiller cette soirée, mais au final, je suis bien contente de t'avoir trouvée, toi.

Effectivement Morgan et son tempérament excessif, Alice en avait l'habitude. Néanmoins, se pavaner seule au milieu de la nuit à Londres n'était pas dans ses hobbies du moment. Et sympathiser avec quelqu'un qu'elle connaissait à peine non plus. Elle pouvait autant être volubile à souhait lorsqu'elle était en pleine confiance, autant elle pouvait être réservée et discrète quand elle n'était pas en zone de sûreté sociale. Vers quel côté de la balancer Cassidy parviendrait-elle à la faire pencher?
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Ven 22 Juil - 15:32

Cassidy essaya de se souvenir de tout ce qu’elle connaissait d’Alice Rosier. Pas grand-chose en réalité. Bonne vieille famille de sang-pur respectable, mais ça tout le monde le savait. C’était la cousine de l’inénarrable Evan Rosier, mais ils n’avaient pas franchement l’air d’avoir grand-chose en commun. Quand son cousin aimait à se pavaner dans les couloirs avec sa bande, elle était plutôt discrète, pas du tout le genre m’as-tu-vu prétentieux qu’affectionnait d’autre sang-pur. Elle n’appartenait pas non plus à la bande des glousseuses, redoutable troupeau hystérique qui rependait sur son passage une odeur de parfum à la vanille bon marché.  C’était une bonne élève, sérieuse comme elle, et qui lui disputait ardemment la première place en histoire de la magie, et on pouvait généralement la trouver à la bibliothèque pendant son temps libre. Elle avait toujours été amicale avec Cassie, qui bien qu’exigeante envers les jeunes de son âge ne trouvait rien à lui reprocher, mais aucune des deux n’avait jamais tenté un rapprochement avec l’autre. Peut-être tout simplement parce que c’était deux personnalités d’un naturel réservé, qui n’appréciait pas que les autres viennent fouiner dans leur intimité. Et ceci convenait tout à fait à la jeune Gryffondor, elle détestait les fouineurs, du genre de ceux qui la harcelaient pour savoir pourquoi elle passait autant de temps à l’infirmerie ou pourquoi parfois elle quittait subitement les cours sans qu’aucun prof ne lui fasse la moindre remarque.

« Rien d’intéressant non plus, je reste à la maison avec mon chat et grand-mère, je travaille dans mon coin. Aujourd’hui j’ai bossé les runes anciennes, j’ai fait une traduction du Chant des Météores. Excitant hein ? »

Il fallait réellement atteindre un stade d’ennuie profond pour qu’une gamine de quinze ans, même du genre un peu intello-ravagée comme Cassidy, décide d’elle-même de se lancer dans la traduction d’un chant épique moyenâgeux.

Elle approuva fermement la remarque d’Alice sur la politique de Malefoy en matière de reconstruction de Poudlard. La version officielle était toujours la même, les travaux étaient difficiles car le site était dangereux et de nombreux sortilèges étaient encore actifs, mais le beau discours tenait de moins en moins debout, et les rumeurs allaient bon train. Certains allant même jusqu’à affirmer que le chantier était désespérément désert et que pas la moindre pierre n’avait été déplacée depuis l’an dernier.

« C’est invraisemblable cette histoire, la rentrée est dans moins de trois mois, c’est à se demander si le gouvernement a vraiment l’intention de rouvrir l’école un jour… » commenta-t-elle sombrement.

C’était peut-être ça la clé du mystère, la Force Puriste avait certes remporté les élections, mais l’assise de son pouvoir était plutôt précaire, avec une opposition plus active et vindicative que jamais. Et comme Poudlard était une zone qui échappait totalement au contrôle du gouvernement, ils n’avaient peut être aucune envie de voir l’école rouverte prochainement, de peur que les Merlinistes ne s’en servent pour consolider leur base. Mais si telle était leur idée, c’était une manœuvre idiote, même les électeurs puristes commençaient à en avoir assez de cette fermeture, et de voir les gosses traîner à la maison. Le plus raisonnable était de se dire que Malefoy faisait en fait n’importe quoi, il qu’il était un lamentable ministre de la magie.

Le visage de la petite s’illumina lorsqu’Alice évoqua le quidditch.

« C’est vrai ? Tu joues quel poste ? Moi aussi je m’entraîne, je voudrais reprendre la place d’attrapeuse dans l’équipe. »

Elle jaugea la Serdaigle du regard, pouvait on lui faire confiance ? Peut-être, oui, puisqu’elle n’était pas du genre insupportable bavarde, ni n’avait-elle la réputation d’aller cafarder aux adultes à la moindre occasion. Et si vraiment elle était sérieuse quand elle disait qu’elle voulait s’entraîner.

« T’en sais rien si t’es pas douée tant que t’as pas vraiment essayé et si vraiment tu veux t’entraîner, j’ai p’têtre un plan qui pourrait t’intéresser… »

Cassidy est quelques autre élèves londoniens passionnés de quidditch avait décidé de prendre les choses en main et de reprendre l’entraînement et les matchs, malgré la fermeture de l’école. Ils avaient trouvé un coin isolé, où ils pouvaient voler sans qu’aucun moldu ne les remarque. Ils essayaient de former au moins deux équipes, ouvertes à tous. Certains postes restaient à pourvoir, mais même en sous nombre ils s’étaient bien amusé lors de leur dernier match. Et le secret magique alors ? Bah, pour l’instant personne ne les avait vus et ils se montraient prudents.    

Elle rit à la remarque que fit Alice au sujet de l’estomac des Gryffondor. Tant que vous ne vous attaquiez pas à l’équipe de quidditch ou prétendiez qu’il n’y avait que des bourbistes chez les rouge et or, elle se moquait bien qu’on la taquine au sujet de sa maison à Poudlard.

« C’est à peu près ce que m’a dit le choixpeau pour ma répartition ouai » Elle se lança d’une imitation du couvre-chef du vieux Godric « Un estomac en béton armé capable de résister aux assauts de n’importe qu’elle saleté ultra-sucrée, pour toi ça sera… GRYFFONDOR. »

Elle agrémenta cette fabuleuse restitution d’un lancé de pétard de plus, et regarda avec amusement les mouettes décoller une fois de plus. Elle était incollable sur l’unification de provinces magiques au XIIIème siècle, mais c’était une vraie gamine pour le reste.

En vérité le choipeaux avait été un peu plus personnel dans sa phrase de répartition, et très clairvoyant surtout. Mais Cassidy avait été contente d’être envoyée là-bas, cette maison représentait de nombreuses qualités qu’elle admirait : le courage, la justice, l’honnêteté, une certaine propension à l’impulsivité et un certain dédain pour les règlements. Et même les très puriste Nott n’avait rien trouvé à redire, la maison au lion imposait encore un certain respect, et tant que Cassie choisissait  ses amis avec discernement, qu’elle évitait les né-moldus et autres amoureux des sang-de-bourbe. Mais peu importe, puisqu’en  réalité elle fréquentait majoritairement son chat. Néanmoins, grand-père Nott aurait sûrement été ravi qu’elle se lie d’amitié avec quelqu’un comme Flint.

« Flint ! Sang-pur mes fesses, j’suis sûre que si on fouille son arbre généalogique on y trouvera des trolls. » déclara-t-elle, péremptoire, achevant le pauvre bougre.

Elle se montra compatissante en écoutant le récit qu’Alice lui fit de sa soirée, visiblement, ce quai n’était pas non plus son premier choix pour venir s’amuser. La famille était au centre des préoccupations des sang-pur, mais ceux-ci ne semblaient pas plus préoccupé que ça de passer de bons moments ensemble.

« Y’a pas, c’est vraiment agréable de passer du temps en famille… » ironisa-t-elle en s’étirant.

Mais avant qu’elle ne puisse développer sa pensée, elle fut interrompue par de lourds ricanements.

« Mais c’est Faulkner-Freak et Rosier ! Qu’est-ce que vous faites là, les tocardes ? »

Et avant que Cassie n’ait le temps d’apercevoir les fins auteurs de cette délicate remarque, une gigantesque bombe à eaux vint exploser aux pieds des deux filles. Y’avait de ces marrants ici !
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Sam 23 Juil - 17:52

Il était rare de croiser une personne dont l'unique passe-temps réel était encore de traduire des chants de l'ancien temps ou de lire des bouquins vieux de plusieurs décennies retraçant des époques révolues, enterrées, presque oubliées. C'était rare, et excitant. Ce n'était en rien surprenant que ce soit Cassidy qui lui dise ça. Alice était excellente en Histoire de la Magie, mais Cassidy et elle se disputaient la première place au classement de Bins à chaque semestre. Ce n'était pas une réelle querelle, c'était de bonne guerre. Alice était plutôt partisane du respect envers ceux qui aimaient les mêmes choses qu'elle. Surtout lorsque c'était aussi exceptionnel que l'Histoire de la Magie. Car s'il y avait bien une chose qui la rendait folle, c'était ça.
Elle pouvait comprendre la détresse de Cassidy. Se rendre compte que l'on tournait à travailler sur des choses obscures comme ce que venait de faire la Gryffondor, c'était perturbant. Même pour des intellectuelles comme elles.

-Je sais pas. A mon avis, il y a plus que ce que le gouvernement veut bien avouer. L'histoire de Poudlard n'est pas franchement en faveur de Malefoy. Surtout depuis Potter et sa bande. Je sais pas si ce serait bien intelligent pour la pérennité de son mandat de la rouvrir. Pourtant j'en meurs d'envie.

Il y aurait eu mille et une choses à dire sur Malefoy. Sur Potter. Sur Poudlard, le merlinisme et son opposé politique géré par les sangs-purs. Tout était un éternel débat aux yeux d'Alice, on pouvait discuetr. Elle aurait même bien voulu discuter de merlinisme avec quelqu'un, mais certainement pas avec des abrutis comme sa cousine maternelle Ashley Prewett. Il n'y a rien à tirer de ses gens là, disait-elle souvent. Elle avait admiré l'intelligence de Granger, mais pas le personnage, et si aujourd'hui la sang-de-bourbe venait lui parler, elle aurait aussi eu du mal à ressentir son point de vue, à discuter, à essayer d'établir un lien, même formel, avec elle. Il y avait une barrière qui s'installait entre Alice et ceux qui s'opposaient à son milieu. Elle n'avait pas choisi de naître Rosier, mais elle en était fière. Et ces gens qui la condamnaient parce qu'elle portait un nom difficile et grandiose, elle les exécrait. Restaient des gens comme Cillian Dump, de Serdaigle qui entrait en septième année, était un merliniste convaincu mais capable d'une véritable ouverture d'esprit. Et si elle évitait de trop le fréquenter, elle adorait les débats qu'elle pouvait avoir avec lui. Preuve qu'il existait encore des gens intelligents. Ils étaient rares. Comme ceux qui aimaient l'Histoire de la Magie autant que les deux gamines.

Le Quidditch était un domaine sensible chez Alice. Terriblement attirée depuis toute jeune, elle n'avait jamais pu réellement se laisser aller dans la discipline. Elle était gênée en vérité. Son grand-père détestait ce sport, l'effervescence qu'il y avait autour. Il trouvait ça bas, il laissait ça au peuple. Les Rosier étaient « au-dessus de tout » depuis toujours. Ils ne pouvaient pas se rabaisser à ça, disait-il depuis qu'elle le connaissait. Pourtant, Adrian l'avait initiée. Il l'avait forcée à monter sur un balais. Elle savait se défendre, elle ne volait pas excellemment bien, mais elle esquivait habilement. Elle aimait la vitesse, elle aimait le vent dans ses cheveux, elle aimait l'adrénaline que les bouquins ne lui amenaient pas. Elle aimait l'esprit d'équipe qu'elle ne retrouvait nul part car sans ami réellement proche c'était difficile de faire affaire similaire.

-Heu... je joue pas vraiment de poste en fait. Je suis pas trop une experte. Forcément, quand on avait toujours été tenu bien à l'écart du sport préféré des sorciers on n'en connaissait pas tous les rouages Je pense que j'ai plus un profil de poursuiveuse ? Certainement pas d'attrapeuse.

Du moins, elle n'estimait pas pouvoir accéder au sacré saint poste des équipes de Quidditch. La star de l'équipe. Ce n'était pas un rôle pour elle, elle n'était pas faîtes pour supporter cette pression. Et au-delà des à-côtés, elle était persuadée de manquer de dextérité.

-Woaw ! Attrapeuse ! Après Potter le traître, on verra peut-être enfin une puriste de sang-pur en tête de liste de l'équipe des rouges. Tu joues depuis longtemps?

Un plan pour s'entraîner. La nouvelle tomba comme un orage en pleine mer. Alice ne laissa rien paraître, son sang se glaçait. Elle n'avait que seize ans, pouvait-elle se permettre de se taper la honte en dévoilant au monde qu'elle n'avait pas le droit de pratiquer du Quidditch ? A la limite, Chapman lui aurait permis d'assister aux match munie d'une banderole et c'était bien tout. Alors prenait-elle le risque ou se laissait-elle aller à une excuse toute prête pour éviter le problème, comme elle en avait l'habitude ? Car c'était une fille bien rangée qui aspirer à une vie bien éduquée. Pourtant, Adrian ne cessait de dire qu'elle avait un potentiel pour s'en sortir autrement, pour exceller en dehors de la tranchée creusée par Chapman le vieux.
Elle inspira, et sourit, décidée.

-Un plan ? Comment ça?

Le risque zéro n'existait pas, et puis, oh ! Ça ne l'engageait à rien ! Elle pouvait toujours décliner plus tard. Actuellement, elle voulait quand même savoir ce que c'était de vivre sa vie et de faire ses propres choix. Ça semblerait probablement fou pour des gens comme Cassidy – car les gens étaient, de nature, peu ouverts d'esprit mais Alice avait l'habitude – mais c'était déjà un effort d'oser parler de Quidditch et d'entraînement. C'était comme trahir la parole du grand-père qui avait sacrifié des années à l'élever alors que ce rôle n'aurait pas dû être le sien.
A choisir, elle préférait qu'il s'en soit occupé, plutôt que sa sale mère.
Mais soit, la pensée l'énervait, elle la chassa rapidement.

Elle rit à l'imitation de Cassidy. C'était une étape importante dans la vie d'un sorcier, probablement la plus grande en vérité. Elle déterminait beaucoup de choses. Ironiser témoignait d'une certaine intelligence. Elle aimait bien ça.

-Moi ça sonnait plus comme  « Huuuum, je vois, plus envie de faire connaissance avec Gothric Kroos qu'avec son voisin de table, c'est assurément pour SERDAIGLE »

Kroos qui n'était ni plus, ni moins, que l'Historien photographe adulé par Alice Rosier. Un type inconnu au bataillon pour ceux qui s'étaient limités aux livres d'histoire de l'école de sorcellerie. Ses enquêtes dépassaient nettement les programmes scolaires et il fallait un goût pour l'aventure littéraire et l'histoire de la magie pour porter un quelconque intérêt sur lui.

Alors qu'elles agrémentaient encore quelques douces remarques envers Flint et sur l'esprit de famille aujourd'hui bafoué par Morgan – mais Alice était presque incapable de lui en vouloir en vérité – une bombe à eau explosa à leur pied. Alice s'écarta, bouffe grande ouverte. Elle avait les pieds trempés. Furibonde, elle s'avança sans réellement distinguer les auteurs du crime.

-Répète le un peu en face sous-merde d'Hippogriffe ?! On t'a jamais appris à la fermer pour voir ? Connard!

Le tempérament d'Alice était d'un naturel doux, bavard, ouvert et incroyablement vif et impulsif. Elle avait ses travers. Dont celui de s'enliser dans les ennuis à une vitesse hallucinantes.
Elle avait au moins ça pour elle de ne jamais trembler, ou rarement. Elle ne savait pas trop pourquoi mais les autres ne l'impressionnaient pas. Enfin, pas tous. Parfois dans ses rêves survenait un homme vêtu de noir qu'elle ne distinguait pas distinctement. Elle en avait peur constamment, même éveillée. Drôle de rêve.
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Dim 24 Juil - 16:52


« Ce qui est sûr, c'est que si il ne sort pas une solution de dessous sa cape d'ici Septembre, l'association des parents d'élèves va méchamment lui tomber sur le râble. Ce qui ne manque pas d'ironie, avouons-le. »

Du temps ou l'association des parents d'élèves était dirigée par Lucius Malefoy, celui ci ne ratait pas une occasion de mettre des bâtons dans les roues de Dumbledore, lorsque la chambre des secrets avait été rouverte, pour faire renvoyer Hagrid et le professeur Lupin, soutient sans faille à l'éphémère grande inquisitrice, bref toujours à œuvrer dans l'ombre pour tenter de déboulonner le vieux. Et même après sa mort, il avait su tirer les bonnes ficelles pour que Rogue obtienne le poste de directeur, devant McGonagall, et caser les deux Mangemorts les plus abrutis qui soit aux postes de professeurs et de directeurs adjoints. Alors voir soudainement la même association, qu'il avait tenu sous sa coupe, pendant sept ans se retourner contre lui et son gouvernement, la situation ne manquait pas de piquant. Il aurait peut être mieux valu pour le vieux Lulu qu'il reste dans son manoir à s’asseoir sur son tas de gallions.

« Poursuiveuse ? Cool, tu pourrais rejoindre notre équipe alors ! »

Pour l'instant Cassidy pensais qu'Alice s'entraînait plus régulièrement qu'elle ne voulait bien le dire, et que c'était simplement le manque de confiance en elle qui la poussait à jouer les modestes comme ça. Il était impensable pour la jeune Gryffondor qu'il y ait des gens assez tordus pour empêcher une jeune sorcière de jouer au quidditch si elle en avait envie. C'était le loisir préféré de quasiment tout les sorciers, et à Poudlard nombreux était ceux qui souhaitaient intégrer l'équipe de leur maison. Et même Demelza, qui jugeait ce sport comme un loisir frivole et trop dangereux pour son trésor de fille, laissait Cassidy s'entraîner régulièrement, elle râlait certes, mais elle laissait faire. Pour beaucoup jouer au quidditch était un droit inaliénable pour chaque jeune sorcier. Et comme Evan était l'un des poursuiveurs de Serpentard, jamais elle n'aurait pu croire que le quidditch était frappé d'interdit par le vieux patriarche.

« Merci ! » Elle adressa un sourire radieux à Alice. « Je suis loin d'être aussi talentueuse que St-Potter-Des-Sang-De-Bourbe à ce poste, mais je compte bien faire de mon mieux pour redorer l'image de ma maison, au quidditch comme ailleurs. » approuva-t-elle vigoureusement.

La vermine semblait avoir abandonné le navire Gryffondor, plus de Weasley ni de Longdubat traîtres à leur sang, plus de Granger née moldue et amoureuse des elfes, plus de McGonagall à la tête de la maison. Le champ était libre, et Cassidy qui allait rentrer en sixième année comptait bien montrer à toute l'école que des familles respectables pouvaient se trouver chez les rouge et or et qu'on pouvait faire battre un cœur puriste dans la tour des lions, malgré tout. Et que les autres maisons n'aillent pas s'endormir sur leurs laurier, en particulier les Serpentard, les Gryffondor restant seront prêt-à-tout pour conserver leur titre au quidditch et pour la coupe des quatre maisons.

« Je joue, euh, ben depuis que je peux tenir sur un balai honnêtement. Mais je m'entraîne sérieusement depuis deux ans. »

Elle devait avoir deux ans lorsque son père lui avait offert son premier balai jouet. Et depuis elle n'avait jamais cessé de voler dès qu'elle en avait l'occasion. Elle avait la stature type de l'attrapeur, petite, rapide, agile. Elle voulait intégrer l'équipe depuis longtemps mais la place d'attrapeur était squattée, mais elle ne laisserait pas passer cette occasion, cette année la place était pour elle.  

« En plus mon père m'a offert un balai tout neuf, un nimbus 2002, le dernier, une pure merveille. Et toi tu voles sur quoi ? »

Cassidy n'avait de cesse chanter les louanges de sa nouvelle bécane à qui voulait (ou ne voulait pas) les entendre. Un manche en acajou poli, stabilité dans les virages, même les plus serrés, accélération au poil, de zéro à cent kilomètre heure en moins de huit secondes, et un freinage hyper réactif et blablabla, bientôt ils allaient l'embaucher au service marketing si ça continuait. Bien sûr ces performances restaient en deçà de celles de l'Éclair de Feu,  mais plutôt être noyée par les strangulots que de voler sur le même balai que Potter.

« Pour l'entraînement je t'explique, mais ne va pas le crier sur tout les toits... »

Elle commença donc à raconter à Alice : ils s'étaient organisés avec une poignée d'élève londoniens, certains faisaient déjà parti de l'équipe de leur maison, d'autres qui aspiraient à obtenir un poste à la rentrée. Ils avaient trouvé une carrière abandonnée, le sol était un vrai gruyère, aucun moldu n'y foutait jamais les pieds à cause des éboulements,  et la profondeur du site leur permettait de voler sans être vu. Un des joueurs leur avait dégotté un vieux set de balles d'entraînement, les cognards manquaient de stabilité et le vif d'or était un peu mou, mais c'était mieux que rien non ? Pas de date fixe pour les entraînements, ça aurait trop attiré l'attention. Ils avaient organisé deux équipes, avec des élèves de chaque maison dans les deux, pour l'instant ils avaient en tout, 2 attrapeurs, 3 poursuiveurs, 4 si Alice les rejoignaient, 2 batteurs et 2 gardiens. Les capitaines des deux équipes étaient Andrew Kirke de Gryffondor et Rowan Shield de Serdaigle, Cassie jouait dans l'équipe de Kirke.

« Voilà en gros, je te donnerai plus de détails avant le prochain entraînement, enfin si tu veux bien te joindre à nous. »

Elle ne faisait pas encore totalement confiance à Alice, en tout cas pas assez pour lui donner la localisation exacte de la carrière, ni la composition complète des équipes. Ce qu'elle savait pour l'instant était largement  suffisant pour Cassidy, elle verrait bien le reste sur place. Mais elle espérait du fond du cœur que celle ci accepterait, leur seul poursuiveur pour l'instant était Cadwallader de Poufsouffle, et Cassie le soutenait du mieux qu'elle pouvait tout en cherchant le vif d'or en même temps. Mais avec un deuxième poursuiveur, les deux équipes seraient à égalité, et elle pourrait être attrapeuse à plein temps.

Elle frappa joyeusement des mains lorsqu'Alice lui raconta sa répartition. Cassie se demandait pourquoi les deux jeunes filles n'avaient pas fait plus ample connaissance plus tôt, visiblement elles avaient beaucoup en commun et parler d'autre chose que de mode ou de garçons, comme avec ses copines habituelles, était un changement agréable.

« Kroos ! T'étais allée voir son exposition sur les communautés magiques tziganes en Europe de l'Est, c'était sidéral. »

Malheureusement, cette ébullition intellectuelle fut interrompue par une intervention aussi grossière qu'humide. Les assaillants sortirent enfin de l'ombre, deux Serpentards, Bletchley et Pritchard, et trois égarées du troupeau de glousseuse qu'elle était bien incapable d'identifier, elles étaient tellement toutes semblables.

Cassidy avait les pieds trempés mais ne put s'empêcher de sourire lorsqu'Alice s'avança vers leurs assaillants,  jamais elle n'avait vu la très polie Ms Rosier sortir de ses gonds de cette façon. Comme quoi, il faut toujours se méfier de l'eau qui dort. Elle ressemblait peut-être bien plus à son frère que ce qu'on pensait.

« Poli Rosier ! » Rugit Bletchley, qui lança une nouvelle bombe dans leur direction. « J'ai dis TOCARDES, c'est notre quai ici ! »

Cassidy s'avança à son tour. « C'est un quai de tocard alors ? Désolé, si on avait su... » répliqua-t-elle avec un haussement d'épaules moqueur.

« Faulkner-freak et sa grand gueule, mais ton frangin Théo est pas là pour assurer tes arrières cette fois. » et  Pritchard dégaina une nouvelle bombe, qui atterrie dans la flotte cette fois.

« Mon pauvre Graham, si c'est pas malheureux de viser aussi mal. Regarde ! » Cassidy alluma un nouveau pétard, dans un arc-de-cercle parfait, il passa au dessus des garçons et alla s'écraser au pieds des trois grasses, qui reculèrent avec des gloussements suraigus.

« Vraiment Alice » s'écria une grande brune « Je pensais que tu choisissais tes fréquentations mieux que ça. »

« Ouai » renchéri une seconde « Se serait-pas un peu -en dessous de tout- de perdre son temps avec la plus bizarre de tout les Gryffondors ? »

« Cherchez pas les filles, les têtes d'ampoules c'est tous les même ! Et vous je sais pas, mais moi, à chaque fois, ça me démange de leur jeter des trucs à la tête. »

Et une nouvelle salve de bombes à eau s’abattit sur les deux adolescentes.
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Jeu 11 Aoû - 19:10

On n'avait jamais réellement expliqué à Alice ce que voulaient les autres. Elle n'était franchement pas stupide mais ne parvenait pas toujours à envisager l'entière complexité du genre Humain. Et plus directement, les envies personnelles de tout un chacun restaient un grand mystère pour elle. Qu'est-ce que Cassidy désirait réellement ? Désirait-elle quelque chose ? Parce qu'Alice, oui. Mais de si nombreuses fois elle s'était rendue compte, avec dépit, qu'elle était la seule à attendre quelque chose : en vain. Et si Cassidy, sous des airs enjoués, n'attendait rien d'elle ? Et si, finalement, l'entrée dans l'équipe de Quidditch clandestine que montait la Gryffondor n'était qu'une poussière, un écran de fumée ? Comprendre qu'elle n'était pas nécessaire aux autres rendait les choses bien plus difficiles qu'elles n'y paraissaient. Alice adorait les jeux complexes – c'était une grande amatrice d’échecs version sorcier – mais la nature humaine la dépassait trop pour qu'elle soit encore capable de l'envisager dans sa globalité. A seulement seize ans, le constat était rude : était-elle incapable de s'intégrer ?
Cassidy représentait peut-être l'espoir de sortir de sa tourmente sociale perpétuelle. Morgan ne cessait de lui rappeler à quel point il était important de s'entourer. Mais depuis son entrée à Poudlard la jeune Serdaigle n'avait jamais trouvé compagnon de route aussi fidèle et sincère que son propre esprit. Ses bouquins lui donnaient un semblant d'ouverture vers un monde remplit d'hommes et de femmes qu'elle ne connaissait pas mais qu'elle comprenait mieux que son propre voisin de classe. Mais n'était-ce pas aussi le cas de la Gryffondor qu'elle venait de croiser au bord d'un quai solitaire. La question était pertinente.

-Oui. Enfin, il faut quand même que j'ai le niveau. Vous ne faites pas de sélection?

Elle avait toujours cru comprendre qu'il fallait passer une certaine audition sportive pour entrer dans une équipe de Quidditch. Cru comprendre, oui, car elle ne s'était jamais renseignée. Salazar savait qu'Evan avait essayé de l'amener à voir un entraînement mais elle avait toujours drastiquement refusé. Elle ne volait qu'avec Adrian lorsqu'il le voulait bien – et depuis son entrée au Ministère, il n'avait pas volé en compagnie de sa sœur une seule fois – et ne se permettait de regarder du Quidditch que lorsqu'on l'amenait voir un match officiel de la Ligue Nationale – ce qui revenait, également, à Adrian. Alice était une personne extrêmement ouverte et curieuse d'apprendre : elle était néanmoins arrêtée sur certaines idées. Le Quidditch était, à son échelle, une espèce de revendication de l'opposition envers la figure d'autorité qu'était Chapman Rosier. Et, indéniablement, Alice était attirée par l'interdit, car elle était jeune, vive et souhaitait s'intégrer à un monde qu'on lui refusait. Seulement voilà : le sport préféré des sorciers était une tentation qu'elle refusait de satisfaire pour feinter la faute et rester droite et honnête envers l'homme à qui elle devait tout. Plus elle grandissait plus il était difficile de se refuser quelques écarts. Et Cassidy, sans s'en rendre, brisait des barrières que personne n'avait, jusqu'à présent, réussi à ébranler.
Chamboulée par tout ce qui se passait sans qu'elle ne puisse le contrôler, elle balbutia un temps avant de se reprendre.

-Je vole sur le balai de mon frère. C'est un... heu... ah ! Un flèche d'argent. Mais il y tient trop pour me le laisser. J'ai... heu, enfin j'ai pas de balai à moi pour l'instant.

Vrai qu'Adrian tenait à son balai. Pire, il refusait d'en changer. Remarque qu'il fallait le comprendre. Le Flèche d'Argent était un balai épuisé car fabriqué artisanalement. La fortune Rosier pouvait offrir de belles choses. Aussi Adrian refusait qu'une autre personne qu'Alice n'y touche et encore, il désirait être présent à chaque fois qu'elle l'utilisait. Évidemment il avait deux autres balais qu'il pratiquait pour s’exerçait sans risque pour le Flèche d'Argent, mais la sensation n'était clairement pas la même et ils étaient si durs à pratiquer, disait-il, qu'il ne voulait pas qu'Alice s'y essaye. Elle était déjà très incertaine quant à la pratique du Quidditch alors si c'était pour lui donner un plan de vol qui la dégoûterait à vie des airs, ce n'était pas la peine.

Mais l'élément qui intriguait plus Alice qu'une histoire de Quidditch illégal, c'était la mention de son père. Personne n'avait loupé l'information depuis quelques années – du moins pas chez les élèves les plus intellectuels de l'école – Cassidy était la fille d'un des rédacteurs en chef de la Gazette. C'était excitant de savoir que si proche de soi, on avait une relative d'un des hommes ayant le plus de visibilité dans le pays en dehors des politiques. C'était un type qu'Alice ne connaissait pas autrement que par les articles qu'il laissait derrière lui. Toujours impactant, il la surprenait souvent. Il écrivait comme un journaliste avec une perspicacité d'un critique sociale. C'était agréable à lire même si elle ne partageait pas toujours ses convictions. Ce qui était intéressant était, maintenant, de savoir si sa fille tenait de son père et de sa radicalisation politique et sociale ou cherchait-elle à s'en éloigner plus possible.

-Alors ton père aime le Quidditch ? Il te pousse à t'entraîner ? Et ta mère, elle en dit quoi elle?

Une manière dérobée de porter le dialogue sur les droits et les interdits d'un sport généralisé comme étant le plus pratiqué dans le monde sorcier. Les interdits que transgressaient les élèves partisans de cette machination sportive clandestine que les élèves avaient formé. Les explications de Cassidy sonnaient comme un temple de la bravoure pour Alice. Allait-elle franchir le pas en osant aller à un entraînement que son grand-père accuserait de tous les mots ? Elle savait qu'elle allait devoir lui mentir – ou au moins passer sous silence son écart de conduite. Ce qui l'inquiétait c'était les conséquences de ce genre d'audace. Et si elle s'y plaisait, finalement ? Et si... pourquoi pas, elle s'intégrait dans un groupe qui ne l'avait jamais réellement acceptée – ni rejetée, c'était à noter. Alice n'avait jamais foutu un pied à un seul match de Quidditch de Poudlard. Prétextant à tour de rôle une maladie quelconque, un retard dans le travail, une obligation soudaine.
La confrontation ne serait pas simple.
Mais l'excitation soudaine qui l'imprégnait offrait à Alice un ressenti inédit. Elle souriait, sans savoir pourquoi, sans pouvoir le cacher, sans même s'en rendre compte.

L'épisode Kroos était une espèce d'illumination inattendue dans le duo Faulkner-Nott et Rosier. Elles avaient en passion le même genre de type, le même genre de style, le même genre d'intello-dénigré et inconnu. Bien sûr qu'elle était allée voir cette exposition, et toutes celles qu'il avait pu faire. Elle avait obligé Chapman à aller à Turin pour voir sa conférence sur la catastrophe sociale des philippines. Ça l'avait renversée, elle n'hésita pas à partager ses impressions avec Cassidy. C'était agréable – voire même renversant – de pouvoir échanger sur un sujet si personnel. Elle n'avait jamais espéré pouvoir en parler à qui que ce soit avant ses études supérieures. Pourtant, voilà, elle venait de croiser la route d'une fille qu'elle avait toujours su intelligente mais jamais aussi pertinente.

Bletchley comme à sa grande habitude lança de grandes insultes bien senties pour essayer de calmer ses détracteurs. C'était un garçon stupide qui usait de l'intimidation pour s'élever socialement parlant. C'était triste et drôle.

-Tu ferais mieux de commencer par purifier ton sang, mon grand, avant de venir emmerder ceux qui donnent de quoi vivre à tes parents impurs de sang.

Elle haussa un sourcil. C'était osé de la part de types comme Bletchley de chercher les sangs-purs puristes sur un terrain qu'il ne gagnerait pas. Car Chapman avait le bras long, tout le monde en avait conscience. Autant qu'un Nott, par ailleurs. Les filles s'élancèrent avec sarcasme et ironie sur une attaque personnelle.

-C'est marrant, j'avais jamais entendu une sang-mêlée dont la mère est accusée d'avoir volé sa magie à un véritable sorcier la ramener autant. C'est pas trop difficile de savoir qu'on va tout perdre dans les prochains jours, Swan?

Quelques bombes d'eau éclatèrent aux pieds d'Alice. Elle replaça ses cheveux et sorti sa baguette. D'un élan simple et précis, elle fit exploser une canalisation passant au-dessus du petit groupe, déversant tout son contenu sur les garçons et les garces les accompagnant.

-Pas sûre que ça suffisse à laver votre connerie, abrutis.

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    | Gryffondor ;; 5ème année

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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Ven 12 Aoû - 23:35

Il n'y avait pas a proprement parlé de sélection pour rentrer dans l'une ou l'autre des deux équipes. Ils avaient déjà du mal à recruter des joueurs de confiance, si en plus il fallait faire passer des auditions avant de les inviter à les rejoindre, bonjour l'angoisse. De toute façon, il n'y avait que des numéros dix dans la team. Et Alice ne pouvait pas être aussi catastrophique que ça. Au pire si elle était réellement mauvaise, au moins elle progresserait, tout ceci ne serait pas en pure perte.

« Tu te prends trop la tête, viens, on s'amuse, c'est tout. »

Ça n'allait vraiment pas plus loin que ça, juste une bande d'adolescents qui voulaient s'amuser en jouant au quidditch. Bien sûr, certains, comme Cassidy, voulait entrer dans l'équipe de leur maison à Poudlard, la plupart voulait y entrer, si ils n'y étaient pas déjà, et alors ? Le niveau de quidditch à Poudlard était loin d'être réellement phénoménal. Très peu d'élèves rejoignaient ensuite la ligue professionnelle. Personne depuis Olivier Dubois, et encore, il était dans la réserve d'une équipe de seconde zone,  Flaquemare ou l'Orgueuil de Portree, pas de quoi se la jouer. Ces petites réunions n'avaient pas d'autre but que de tromper l'ennuie et de se défouler entre condisciples.

En général, Cassidy était le genre de fille qui ne se prenait pas la tête, elle faisait ce qu'elle avait envie quand elle en avait envie, disait ce qu'elle avait envie quand ça lui prenait. C'était à cause de cette impulsivité que les gens trouvaient qu'elle manquait de délicatesse, ou bien qu'elle était adorablement rafraîchissante. Elle avait arrêté de s'en faire pour ce que les autres pensaient d'elle à partir du moment où elle avait assimilé que telle action pouvait tout aussi bien engendrer telle réaction ou son contraire, selon la personne que vous aviez en face. Et comme les autres étaient beaucoup trop nombreux et imprévisibles pour pouvoir anticiper ce qu'ils penseraient, mieux valait vivre sa vie sans se préoccuper des autres. Alice et Cassidy semblaient différer sur ce point là, la première était portée sur la réflexion intérieur tandis que l'autre se laissait porter et improvisait en cours de route.

« Tu progresseras jamais si tu n'essaies pas jouer avec les autres. » Ajouta Cassidy avec raison. Fait rare, une fois tout les mille ans, elle disait quelque chose de parfaitement sensé.

Elle réprima un fou rire lorsque Alice mentionna la Flèche d'argent de son frère. Elle essaya d'expliquer du mieux qu'elle pouvait que ce n'était pas méchant, simplement c'était étonnant. Elle connaissait la réputation des Flèches d'Argent, des bijoux artisanaux, la crème de la crème, peut être, mais la production s'était arrêtée il y avait plus de vingt ans. Autant dire une éternité pour une adolescente de quinze ans comme Cassie. Elle avait peine à croire qu'un truc aussi vieux, même d'une qualité exceptionnelle de base, et bien entretenu, puisse encore voler parfaitement. Cruauté de la jeunesse.

« Enfin c'est pas grave, si t'as pas le temps de trouver un balai à toi d'ici le prochain entraînement, je te prêterai mon Brossdur 10, c'est pas la folie, mais il est encore tout à fait correct. »

Cassidy était une vraie souillon, qui ne prenait soin de rien, la quasi totalité de ses affaires étaient trouées, déchirées , ou pire, perdues. Elle était plutôt tête en l'air et ne se souciait pas de choses aussi bassement matérialistes que ses maigres possessions terrestres. Deux exceptions cependant, ses balais, qu'elle bichonnait pendant des heures, polissant le bois et taillant la moindre brindille rebelle et Nietzsche. Avant la chatte elle avait eu des poissons rouges, dont elle ne prenait aucun soin, elle oubliait constamment de les nourrir, les laissaient des heures en plein soleil, sa mère avait même retrouvé une beau de banane dans le bocal un jour. Mais depuis que Demelza lui avait donné l'autorisation de garder la boule de poil à la condition expresse qu'elle s'en occupe toute seule, Cassidy s'était montrée particulièrement responsable, et la chatte était comme un coq en pâte.

Cassidy prit quelques instant pour réfléchir à la dernière question d'Alice. Elle même n'y avait jamais beaucoup pensé, un jour elle avait décrété qu'elle avait besoin d'un balai parce qu'elle voulait intégrer l'équipe de Gryffondor, mais ne s'était pas franchement préoccupé de ce que ses parents en pensaient.

« Il m'a offert un balai neuf, alors je suppose que oui, il m'encourage. On va dire ça comme ça. » Répondit la Gryffondor avec un haussement d'épaule dédaigneux.

Elle n'était pas certaine que le cadeau d'Hypérion soit un encouragement, ou une compensation pour la médiocrité dont il faisait preuve en tant que figure paternelle. Un peu des deux, peut-être bien. Mais Cassidy penchait plutôt pour une dette coupable, qu'il tentait d'effacer à coup de gallions. N'importe, elle savait en profiter.

« Ma mère trouve que le quidditch est un loisir frivole et dangereux. Mais puisque mon père m'a offert un balai, et qu'elle est toujours au travail... Mettons que je m'arrange sans sa permission directe pour aller aux entraînements. » Termina l'adolescente avec un sourire malicieux.

Demelza était fortement opposée à ce que sa fille rejoigne l'équipe de Gryffondor, elle méprisait le quidditch et ceux qui y perdaient leur temps. Mais elle avait voulu éviter une dispute de plus avec Hypérion, et n'avait rien dit lorsqu'il avait offert un coûteux balai de compétition à leur fille. Profitant allègrement de leurs désaccord, et de l'emploi du temps surbooké de sa mère, Cassidy n'avait rien trouvé de mieux à faire que de monter une équipe clandestine. Au pire, si sa mère venait à l'apprendre, elle serait punie, et alors ? Elle était perpétuellement punie pour quelque chose, et ça ne la rendait pas plus obéissante. C'était même plutôt le contraire...

Elle n'eût pas le temps de demander à la Serdaigle plus de renseignements sur la conférence de Kroos, et heureusement pour Alice, sans quoi elle lui aurait demandé un verbatim complet et détaillé, elle furent interrompues dans leur bavardage innocent. Une interruption aussi humide que grossière.

Si Alice montait rapidement dans les tours, Cassidy restait cool. Elle connaissait bien les petites frappes malodorantes du genre Pritchard et Bletchley. Ça parle beaucoup, mais si vous les secouez un peu, vous pouvez entendre leur minuscule cerveau rouler dans leur énorme tête. Certes, elle avait les pieds mouillés, mais l'an dernier, elle avait sournoisement fait pousser les ongles de pieds de Graham avant le match Serpentard/Gryffondor. En éprouvait elle des regrets ? Non, aucun.

Une autre bombe s'envola pour manquer sa cible.

« Graham Pritchard, la fausse-patte du Pays de Galles, pas étonnant que t’ai jamais réussi à chopper le vif d'or. » Railla la petite blonde.

C'était pour ça qu'ils s'en prenaient à elles ? Parce que c'était des intellos ? Par Merlin que c'était dérisoire. Ce n'était pas exactement une lutte farouche pour le salue de son âme, mais Cassidy saurait s'en contenter. Même les mains attachées dans le dos, elle était encore plus douée que cette bande de fléreurs.

« Touché ! » Commenta Cassidy lorsque Alice prit de nouveau la parole. Au vu de leurs mines furieuses, elle avait touché un point sensible. Les choses allaient peut être s'envenimer à se rythme là, elle réaffirma sa prise sur sa baguette.

Elle éclata de rire lorsque la canalisation explosa. C'était bien joué, match nul. Ils étaient aussi trempés les uns que les autres. Si ils étaient futés, ils en resteraient là. Cassidy se moquait bien qu'ils l'appellent Faulkner-Freak, elle ne recherchait absolument pas leur approbation.

« Bon allez, 1 partout, on... »
« La ferme Faulkner-Nott » Rugit Bletchley, qui s'avançait en sortant sa baguette « Tu parles trop Rosier, vraiment trop pour ton propre bien. SILENCI... »
* Lévicorpus * pensa Cassidy, sa baguette pointée sur le grand Serpentard, qui s'éleva aussi tôt dans les airs, la tête en bas, sans pouvoir terminer son incantation.

Des années passées à devoir se concentrer pour domestiquer son don de voyance faisait qu'elle était devenue rapidement très douée pour les sortilèges informulés, enfin au moins pour les trucs mineurs. Mais c'était un avantage indéniable pour les situations de duel. Ajouté à ses bons réflexes d'attrapeuse, elle était un adversaire qu'on aurait eu tort de sous-estimer.

Malheureusement elle n'était pas la seule capable de lancer des incantations silencieuses. Elle plongea pour éviter un éclair violet, lancé par on en sait qui. Le sortilège la frôla, lui entamant méchamment la joue. Elle essuya le sang qui coulait abondement.

« Bon sang de sang-pur, vous êtes dingues ! »
« P'être bien ? Et alors qu'est-ce que tu va faire ? » répliqua Bletchley qui se relevait péniblement. Sa baguette à nouveau pointée sur les deux filles.

Elle jeta un coup d’œil en coin à Alice. Qu’est ce qu'elle préférait, se tirer rapidement ? Ou risquer de gros ennuis pour s'être battues avec cette bande de rogatons ?
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé] Dim 14 Aoû - 2:38

Alice était, à l'image de sa maison, une personne solitaire. Non pas qu'elle refusait la compagnie des autres, mais elle ne se sentait pas à l'aise parmi la foule. Tout ceci était assez paradoxal car elle désirait s'intégrer du mieux qu'elle le pouvait. Elle voulait vivre la vie d'une personne populaire mais n'en était, psychologiquement pas réellement capable. Difficile à gérer pour une gamine de seize ans, elle s'y acclimatait tout de même et laissait aux choses le temps de se faire. Morgan lui avait bien expliqué plusieurs fois comment s'incruster sans avoir l'air d'une abrutie au sein d'un groupe, mais elle appliquait mal les conseils du maître en la matière. Vrai que Morgan était, et avait toujours été, un garçon sociable et attentif à autrui. Il avait toujours eu un groupe d'amis derrière lui, s'imposant régulièrement comme un leader indiscutable. Il n'avait pas l'émotivité d'Adrian qui gênait ce dernier dans son travail. Morgan était bien plus brutal. Il était même, parfois, dangereux tant il cherchait le conflit. A Poudlard il avait plusieurs fois eu affaire à son Directeur de Maison, Severus Rogue, pour accrochage avec d'autres maisons. Il s'était même élancé par deux fois, seul contre un groupe entier de Gryffondor. Alice se moquait souvent de lui en lui rappelant qu'il avait sûrement plus vu l'infirmerie de l'école ou le bureau de Rogue, qu'une salle de classe.

Mais ici, il s'agissait de la première fois de sa vie qu'Alice avait une occasion d'entrer dans un certain cercle. Difficilement refusable, elle hésitait encore sur sa position. Partagée entre honnêteté et audace. Ceci dit, elle reconnaissait volontiers que Cassidy marquait en point en précisant qu'elle ne pouvait pas se démarquer sans composer avec autrui. Elle prit une bouffée d'air et son courage à deux mains.

-Oui, tu as raison. Ça marche, je viendrai!

C'était comme relâcher une pression inexistante. Elle se sentait soulagée d'avoir accepté. Comme si ça conditionnait son avenir, ou le regard des autres sur elle. Rapidement, néanmoins, elle fut rattrapé par les conséquences de sa décision. Elle allait devoir éviter le sujet du sport avec Chapman au maximum : le temps de trouver une belle excuse, efficace, simple, tenable et le plus possible éloigné du gros mensonge dégueulasse. Cassidy semblait se foutre de tout, et c'était admirable pour quelqu'un comme la jeune Rosier. Mais force était de constater que l'impulsion n'était pas le fort d'Alice et qu'elle ne se ferait jamais à l'idée d'improviser quoique ce soit.

Restait le problème du balai. Elle n'en avait pas à elle, c'était problématique. Non pas qu'elle en ait quelque chose à faire globalement, mais elle assumait moyennement de se pointer à un entraînement de Quidditch sans son propre balai. Car Alice n'était pas souvent acceptée. On ne la rejetait pas pour autant, elle était loin d'être inutile, ou chiante, ou bête. Simplement discrète, on se souvenait rarement de la rappeler. Au final, on oubliait qu'on avait passé un moment avec elle et elle, elle continuait seule son bout de chemin juvénile. Elle ne pleurait pas pour autant, bien au contraire, elle se motivait pour résoudre le problème. Du coup, elle estimait que dépendre, matériellement, de Cassidy la mettrait en mauvaise posture pour l'entraînement. C'était un rien, certes, mais ça pouvait avoir son importance dans un univers aussi impitoyable que celui des sorciers adolescents.

Elle envisageait, du coup, de mettre Morgan sur le coup. Adrian n'aurait jamais le temps de s'occuper d'elle, elle le savait très bien. Quoique si elle lui mettait les bons arguments en face des trous, ça pouvait marcher. Soit, elle verrait avec l'un de ses deux frères pour l'accompagner s'acheter l'ustensile indispensable à la pratique du sport préféré des sorciers. Restait plus qu'à le stocker. Evan ne verrait aucun inconvénient à le prendre avec lui. Elle pouvait passer chez lui quand elle voulait.

-Pour l'occasion, je vais passer m'en acheter un. C'est le bon moment, je crois. Qui sait, ce sera peut-être une révélation?

Elle s'imaginait déjà, brandissant fièrement son balai neuf avant de devoir le cacher secrètement à son grand-père en l'envoyant chez son cousin. Diantre, c'était ridicule.

- D'ailleurs, qu'est-ce que tu me conseilles?

Parce que, forcément, elle n'y connaissait franchement rien. Elle avait été vexée de la réaction de Cassidy quant au Flèche d'Argent, bien qu'elle ait tout fait pour ne rien laisser paraître. Alors imaginez bien qu'elle n'était pas vraiment fichue d'évaluer la qualité d'un balai même dans un magasin hautement spécialisé en la matière. Il allait falloir acheter de l'équipement aussi. Enfin, Adrian, ou Evan seraient plus à même de lui indiquer quoi choisir.
Mais le rire réprimé de Cassidy attaquait, pour Alice, l'intégrité de son frère et de ce qu'elle avait vécu, autant dire qu'elle était susceptible pour pas grand-chose mais qu'elle enregistrait tout de même ce qui se disait. Adrian avait toujours pris soin de ses affaires, surtout son balai et il était d'un qualité irréprochable. Quant à savoir qu'il volait bien, Alice se référait au simple fait qu'elle n'était encore jamais tombée et qu'elle continuait à taper de sacrées pointes de vitesse dessus. Pour le peu qu'elle en savait, c'était suffisant pour le classer viable.

Il y avait forcément anguille sous roche concernant le père de Cassidy. Elle n'était pas complètement sûre de l'origine du doute, mais Alice était persuadée que la Gryffondor aurait eu beaucoup plus de choses à redire sur son paternel qu'un simple « on va dire ça comme ça ». Tant pis pour Alice qui aurait été avide de connaître le fond de l'histoire. Elle se contenta d'acquiescer et s'étonna même de la réaction de sa mère. Visiblement la mère Faulkner partageait l'avis de Chapman sur la question. C'était étonnant car jamais, Ô grand jamais, Alice n'avait un jour songé que d'autres parents puissent penser ainsi. A ceci près que Chapman n'aurait jamais toléré que sa petite fille prenne part à ce sport frivole. Demelza semblait rechigner mais acceptait tout de même les lubies de sa fille.

Et les lubies des autres élèves de Poudlard étaient parfois étranges. Alice n'avait jamais saisi l'intérêt d'ennuyer le monde à vouloir jouer les loubards quand on pesait pas plus de cent grammes entre les oreilles. Elle trouvait bien plus imposant un homme comme Severus Rogue qui, malgré sa traîtrise, en imposait par le simple fait qu'il était supérieurement intelligent à la moyenne. Il comprenait des choses que la plupart n'envisageait même pas. Et c'était drôle de voir que de petites frappes comme Bletchley croyaient lui ressembler – dans la stature et l'impression dégagée – alors qu'ils étaient diamétralement opposés.

Alice détestait ce genre de personne. Et le fait qu'ils soient de sang-mêlé n'améliorait en rien leur affaire. Elle était une puriste parfois dure et aux idées bien ancrées, mais elle était dotée d'une ouverture d'esprit assez franche. Ceci excluait tout de même le genre néfaste qu'étaient Bletchley et ses potes. Elle les haïssait simplement pour leur stupidité ambiante. Le fait qu'ils soient de petites frappes groupées ne la gênait pas tant que ça finalement. C'était plus leur incapacité notoire à réfléchir par eux-mêmes plus de cinq secondes qui la mettait hors d'elle. Aussi, elle s'énervait. Car à l'instar de tous les membres de sa famille, elle était d'une impulsion insoupçonnée quand quelque chose la contrariait.
Qu'importe, heureusement que Cassidy veillait au grain. Elle la sauva d'un sortilège, léger certes, mais handicapant. Et la réponse ne se fit pas prier. Ils répliquèrent de la plus mauvaise des manières : par une violence réelle et définitivement plus innocente. Ils pouvaient jouer les enfants terribles en se chamaillant à coups de sortilèges insignifiants. Mais se battre à coup de sorts de combat était un autre genre de délit. Et à leurs âges, c'était le renvoi immédiat de l'école.

-Bah alors Rosier, on l'ouvre moins d'un coup ?

Il informula de suite un Cracbadaboum qu'elle ne vit pas venir et sentie sa peau se découper petit à petit. Alors que ses habits s'imbibaient de sang, elle se tenait chaque avant-bras en priant que la douleur passe.

-Ah ! Putain, Bletch-merde arrête ça !
-Alice?

La voix de Morgan résonna comme une éclaircie en plein orage. Le frère Rosier, le visage en sang, les vêtements déchirés débarqua d'une rue adjacente flanqué de ses trois amis. Il se rua sur sa sœur tandis que Bletchley se taillait la maille avec son petit groupe, poursuivis par les amis du deuxième fils Rosier. D'un geste de baguette, il referma les plaies et celle de Cassidy.

-Toujours fourrée là où tu ne devrais pas. Bon, bouge pas de là, on va le choper.

Il s'éclipsa immédiatement en courant pour rejoindre la chasse qui s'installait dans les rues magiques adjacentes du Chemin-de-Traverse. Alice, les fesses par terre, replaça ses cheveux et regarda Cassidy avant de rire nerveusement.

-Pas sûre que l'idée des canalisations ait été bonne, finalement. Ah les strongulots à pointes, qu'est-ce qu'ils peuvent être stupides. Incroyable. Ça va toi?

Elle toucha ses bras qui continuaient de la lancer bien qu'il n'y avait désormais plus aucune plaie béante. Ses vêtements imbibés de sang la désespéraient, elle qui était toujours si propre. Elle s'observait d'un œil désabusé.

-Et donc, c'était Morgan, mon frère. Charmant hein?

Parce qu'il n'était pas forcément à son fort avec le nez explosé. Cette soirée virait décidément à l'improbable. Elle ne dirait pas qu'elle détestait. Ni qu'elle aimait, d'ailleurs. Mais c'était une nouvelle façon de passer le temps.
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MessageSujet: Re: L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé]

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L'ennui est la mère de tout les vices || Alice [Terminé]

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