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La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s)

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Chapman Rosier


MessageSujet: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Lun 4 Juil - 11:22

En soixante-dix ans d'existence sur cette Terre, Chapman Rosier n'avait fait quasiment aucune concession, peu importe le sujet évoqué, qu'il s'agisse de ses idées politiques ou de son mode de vie, ou encore de sa famille. Il en tirait une grande fierté, car il pensait, sans doute avec raison bien que le vocabulaire qu'il employait pour définir cette conception de la vie soit un peu éculé, voire totalement réactionnaire, ne s'être jamais abaissé à se compromettre pour s'adapter à un mode de vie prôné par des gens moins intelligents que lui, ou de plus basse extraction. Il était un Rosier, il ne venait pas du bas peuple. Son devoir était de guider ce dernier, d'être un exemple pour lui ; cette vision au paternalisme non dissimulé s’accommodait mal de l'évolution de la vie sorcière. Le vieux mangemort était un homme de traditions, qui aimait maintenir celles-ci, et qui regardait d'un œil toujours sceptique le moindre changement dans les mœurs de la société magique. Point de vue dépassé peut-être, car le directeur du département de la Justice Magique vivait encore dans un monde où le chef de famille décidait, où les femmes des bonnes familles étaient mariées par leurs pères et où la morale l'emportait envers et contre tout. En somme, il était peut-être l'un des derniers héritiers de la vision puriste traditionnelle et extrême d'un Teignous Nott, et de l'élite du dix-neuvième siècle – mais d'une élite idéalisée, car lui-même ne l'avait jamais véritablement connu et ne faisait que reproduire les souvenirs qu'en avaient son père et son grand-père, qui eux-mêmes n'étaient pas réputés pour leur ouverture d'esprit.

Ainsi, donc, Chapman était un homme rigide et têtu, incapable de céder, préférant casser que plier. L'une des seules concessions, et pas des moindres, qu'il avait opéré pendant toute sa vie, avait été de suivre vaguement la mode et de renoncer un peu au style vestimentaire sorcier dans sa vie quotidienne – encore qu'il affectionna la robe de sorcier, sombre et élégante, pour les réceptions, et bien sûr, lorsqu'il agissait non plus en tant que gouvernant mais en tant que mangemort – pour adopter des costumes semi-sorciers. Au quotidien, Rosier Sr, indifférent au fait qu'il vivait dans un monde approchant doucement du troisième millénaire, paraissait donc souvent austèrement vêtu dans un genre plus adapté aux années quarante qu'à l'année 1999 : complet trois pièces sombres et montres à gousset étaient son quotidien, et il n'aimait guère ceux qui, sorciers de sang mêlés ou de sang purs, se laissaient aller à une mode de plus en plus moldue – à commencer par certains de ses petits enfants. Dégénérescence de la société était sans doute l'expression préférée de Chapman Rosier : elle s'appliquait à toutes les situations et pouvait tout expliquer.

Surtout dans son métier, où il avait l'occasion de voir toutes sortes de choses qui lui semblaient parfaitement immorales et répréhensible et qu'il s'appliquait chaque jour à combattre. Il n'était pas un patron si difficile que ça : il attendait de la compétence et de la ponctualité, sans compter une certaine conformité avec ses idées. Il avait fallu que le ministre de la Magie en personne lui en donne l'ordre pour qu'il ne renvoie pas chez eux tous les employés du département plus ou moins affiliés au merlinisme ou au MpM. A contrecoeur, Chapman avait fini par obéir, avec la conviction définitive que Lucius Malefoy était un mou qui finirait par entrainer le pays dans la ruine et la décadence, un autre de ses mots préférés. En attendant, ce samedi là, car il travaillait, sauf exception, six jours par semaines, il finissait de boucler quelques dossiers avec des collaborateurs :

« Wiggins, je veux un briefing complet sur le dossier Jones pour lundi. Ce dossier s'éternise trop. Nous allons programmer le procès pour dans deux semaines. Informez votre président que je veux une condamnation exemplaire. Ce sont deux sang mêlés, certes, j'ai bien entendu les arguments développés. Mais la Justice est la même pour tout le monde, je ne tolérerais pas le désordre. Bradley, j'attends vos statistiques d'arrestations du mois dernier, j'ai déjà eu celles du Bureau des Mangemorts. Lundi matin, à la première heure. Lundi après midi, nous ferons une dernière réunion de coordination avec le département des Mystères concernant la semaine de vacances nationales. J'attends de vous un point complet sur votre dispositif de sécurité. » Il se leva, ce qui donna le signal de la fin de la réunion. « Ce sera tout, vous pouvez disposer, messieurs. Je suis absent demain, mais la permanence est comme d'habitude assurée par le bureau des mangemorts en commun avec le Magenmagot. »

On le salua avec respect, il salua sans plus de sentiments que d'habitude, termina quelques papiers, et quitta le Ministère de la Magie pour transplaner directement chez lui. Le manoir Rosier se trouvait aux abords du Chemin de Traverse. Propriété arborée construite au début du dix-huitième siècle par un aïeul décidé à quitter son bord de mer natal, où la famille possédait par ailleurs encore une résidence, il s'agissait plus d'un hôtel particulier que d'un petit château, qui possédait un petit jardin et de très beaux arbres – ayant abandonné l'idée de le faire renoncer à ce passe-temps, Chapman laissait son petit fils Adrian s'occuper des plantations, tout comme il lui laissait l'entière disposition de la serre attenante à leur propriété sur la Riviera.

Les deux manoirs Rosier étaient révélateurs de l'état d'esprit du patriarche de la famille et de son côté borné : depuis la mort de sa femme, qui adorait le bord de mer, il refusait de revenir sur la Riviera – contrairement à ses petits enfants et au reste de la famille. Il condamnait donc l'intégralité de la famille à revenir dans sa résidence londonienne, où il vivait enfermé avec ses souvenirs, les portraits de ses aïeux et de son fils, et les quelques photos de sa femme. Cette ambiance pesante étouffaient certains : Adrian était parti depuis longtemps déjà, et ne revenait que pour les réunions de famille, lorsque son grand-père lui demandait expressément de venir, ou qu'il décidait qu'il allait sortir sa sœur de ce qu'il appelait un tombeau. Donovan avait sa propre maison à Londres. Morgan n'était que de passage. En réalité, il habitait quasiment seul avec sa petite-fille, qui avait toujours vécu ici. C'est d'ailleurs elle qu'il trouva la première en rentrant.

« Tu es habillée ? Très bien. Nous passerons à table à vingt heures. »


Pas d'alcool, pas d'apéritif. Chapman poussait l'austérité jusqu'au bout, contrairement à son fils et à son petit fils. Personne n'avait jamais jugé utile de lui préciser la vérité à propos de Donovan, lorsqu'on voyait la répugnance qu'il portait au style de vie d'Adrian. Aucun retard n'était bienvenu, – et pourtant, il s'en trouvait toujours un pour être absent alors qu'il saluait toute sa famille :

« Ah, Morgan, bonjour. Comment avancent tes recherches d'emploi ? Tu sais que j'ai toujours une place chez Rosiam. »

Rosiam Security était la nouvelle société de la famille : lorsqu'il avait vendu sa clientèle d'avocat, Rosier Sr avait ouvert une nouvelle compagnie, spécialisée dans la sécurité et la surveillance, le tout réalisé aux moyens de magie noire, bien sûr. Secrètement, il aurait de loin préféré que Morgan lui succède, malgré les efforts d'Adrian : le cadet était plus raisonnable, moins scandaleux, et Chap n'hésitait pas à le pousser à s'impliquer lui aussi dans la gestion de la fortune familiale. Son petit-fils précisa qu'il allait réfléchir. Chapman se tourna de nouveau vers sa petite-fille :

« Tu as des nouvelles de ton frère ? Il doit encore être parti traîner dans cet abominable bar. Tant pis pour lui. »

Le retard était mal toléré par le vieux mangemort : après l'heure, ce n'était plus l'heure, et son héritier allait encore prendre une réprimande sévère, quelque soit le motif de son absence.

« Evan, tu ressembles à un véritable chiffonnier. Je me demande pourquoi ta mère te laisse t'affubler comme un sang mêlé. Tu me feras le plaisir de t'arranger un peu, il est hors de question que tu passes à table ainsi. Donovan, je suppose d'ailleurs qu'on ne verra pas ta femme ? Ce doit être la malédiction de la famille. Heureusement, nous n'avons pas besoin de compter sur Kathryn. »
La mère de Morgan, Alice, et Adrian ne mettait jamais les pieds chez les Rosier : elle les détestait et Chapman ne l'aurait jamais laissée faire de toute façon. Il annonça : « Bien, je propose que nous ferions mieux de passer à table – il y a énormément de choses dont nous devons parler. »

____________________________________

Winter.
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MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Jeu 7 Juil - 18:11

L'un des tableaux qu'affectionnait particulièrement Alice n'était autre qu'un portrait classique de son père, Evan Rosier, peint après la naissance de Morgan. Il était montré en homme confiant, ferme et puissant. Mais ce qu'Alice aimait était la finesse du trait. Elle ressentait les vibrations chromatiques qui donnaient vie à son paternel. Il tenait d'une main un bâton autour duquel se tressait une rose, rappelant sa famille qu'il défendait et qui l'avait formé. De l'autre, il posait sa main marquée sur une pile d'ouvrages élitistes démontrant sa connaissance du monde et l'importance de sa culture. C'était un exemple pour l'adolescente qui ressentait la puissance de son père au cœur d'une image figée. Elle rêvait de devenir comme lui. Elle n’idolâtrait pas l'homme, mais son esprit. L'esprit critique intelligent et imposant. Elle voulait devenir ce genre de personne. Quelqu'un a qui l'on ne veut pas dire non. Presque par peur... par peur d'être ridicule. Car tout violent qu'était Evan, il imposait bien souvent son idée par la force naturelle des mots qu'il employait précisément. Éducation drastique ou simple grandeur d'esprit ? Aux yeux d'Alice, Chapman y était pour beaucoup et c'était probablement pour cela qu'elle suivait aveuglément les commandements du vieux mangemort aigri et solitaire.

Il y avait ce soir une réunion rosée au manoir Rosier. Alice redoutait la rencontre des esprits échauffés. Chapman était dur, mais il se frottait à d'autres caractères tout aussi trempés. Elle aimait profondément Adrian, mais elle était presque incapable de le défendre fasse à son grand-père. Dû à son jeune âge, dû à son manque de courage, dû à ses principes qui l'empêchaient de nier l'homme qui l'avait élevée. Il y aurait normalement Evan, son cousin cette fois. Et si celui-ci n'était pas aussi intelligent que l'homme qui avait porté son prénom avant lui, il était au moins aussi têtu. Heureusement, si Chapman ne l'aimait pas particulièrement, il n'était que très rarement injuste envers lui.

Alice se savait privilégiée. Elle n'était ni aveugle, ni stupide, elle savait qu'elle avait les faveurs du patriarche de la famille. Aussi, elle en profitait. Ce manoir, elle le considérait comme sien. Morgan n'avait jamais su s'y sentir lui-même, Adrian n'y avait pas vécu, Evan n'y venait que très rarement. Encore une fois, elle était l'exception. Elle différait de sa famille. C'était pour toutes ces petites choses que Chapman se sentait proche de sa petite-fille : elle lui ressemblait. Elle était blessée si profondément que même elle n'en avait plus conscience. Et à la manière d'un animal souffrant, elle était méfiante et prenait ses distances. Le vieux était ce loup solitaire qui avait connu bien des époques. Tant et si bien qu'il ne savait plus être proche des autres, il y avait un fossé entre eux et lui. Il y en avait un entre Alice et le reste. Ils étaient du même côté de ce même ravin. Ils se rejoignaient quand tous s'éloignaient. Devenait-elle aussi aigrie que lui ? L'âge serait seul juge. Elle s'inspirait d'un homme d'un autre temps qui, aujourd'hui, endossait la réputation d'un conservateur dépassé. Elle le savait, elle n'y croyait pas vraiment. La vie était bien étrange et si Alice était jeune, pimpante et charmante elle n'en demeurait pas moins jeune et naïve. Ce qu'elle croyait être bon était dicté par  Chapman. Elle buvait ses paroles de grand-père protecteur comme n'importe quel enfant l'aurait fait à sa place. Bien sûr, on lui refusait cette vérité en prétextant qu'elle devait s'affranchir des codes qu'on lui imposait – Adrian était friand de ce genre d'argument. Pourtant, pas un n'aurait réagi autrement qu'elle face à une enfance oscillant entre drame et néant. Elle riait beaucoup, pourtant. Et ce depuis toute petite. C'était une personne souriante, riante, rayonnante qui, et c'était la théorie de Morgan, cachait tout son vide par une surface impeccablement travaillée. Elle se mentait à elle-même et ne laissait revenir son véritable dégoût pour la nature humaine qu'en voyant sa progénitrice qui lui rappelait indéniablement son propre mal. Naïve ? Pas tant que ça.

Après deux heures passés devant le portrait de son père – qui se trouvait, d'ailleurs, à l'étage de la chambre d'Alice, dans un salon privée que son grand-père lui avait attribuée pour travailler – elle se décida à s'habiller pour la réunion des Rosiers. Chapman avait décidé de réunir un maximum de membres proches du noyau familial. Pour une raison qui échappait encore à Alice, et c'était probablement ce qui l'inquiétait le plus. Quoique le vieux ait en tête, ça s'annonçait mauvais pour eux. Il n'était jamais tendre, ne mâchait jamais ses mots et même avec Alice il était dur et froid.
Elle enfila une robe sobre, courte et élégante qui lui descendait jusqu'à mi-cuisse. Elle n'était pas particulièrement friande des établies vestimentaires, mais il était de coutume qu'une femme apparaisse en robe et si elle était encore jeune, on attendait d'elle une certaine prestation vestimentaire qui représentait la famille, son allure et sa stature. Une robe était un moyen efficace d'attirer les regards et les compliments. Elle n'était pas trop courte pour paraître provocante, ni trop longue pour sembler dépassée. Elle avait une coupe dynamique et jeune. Sa couleur approchant le bleu foncé laissait ses boucles blondes éclater au grand jour. Affublée d'un rouge à lèvres profond et marquant, elle gagnait facilement deux ou trois ans d'âge. Elle termina sa tenue par des talons qui, s'ils n'étaient pas hauts, avaient le mérite de rehausser sa petite taille et lui donner une démarche subtile. Elle n'était jamais très à l'aise sur des talons mais elle refusait d'accorder sa robe avec autre chose. Têtue, comme les autres.

Elle descendit les étages jusqu'au salon principal où elle s'installa au fond du canapé en cuir. Elle ouvrit le journal de la Gazette et termina les articles qu'elle n'avait pas encore pu lire. A part quelques journalistes stars du quotidien, il n'y avait rien de réellement intéressant à lire. C'était globalement très populiste afin de permettre à tout le monde de comprendre l'actualité facile. Elle préférait les journaux plus radicaux comme Nation Sorcière, ou Pur Sang. Certes, ils restaient souvent subjectifs dans leurs jugements puisqu'ils étaient affiliés à un parti puriste conservateur, mais les articles n'étaient jamais dénués d'intérêts, de sens ou d'informations. C'était complexe, parfois difficile à suivre pour elle mais toujours plus stimulant qu'un reportage bidon sur l'intoxication à la mandragore à Saint-Mangouste. Ressortait quelques journalistes de haute voltige comme Nott ou Eden qu'elle lisait avec attention.
La porte d'entrée s'ouvrit, il était l'heure que les hostilités débutent.

Chapman de sa grande stature pénétra dans le salon, trouva sa protégée affublée derrière le journal. Elle leva les yeux vers lui, le salua d'un sourire et nota l'heure d'ouverture du dîner. Le retard était l'une des choses au moins aussi détestables, pour le vieux, qu'un sang-de-bourbe, mieux valait pour elle ne pas oublier à quelle heure devait-elle se montrer.
Suivi rapidement Morgan qui revenait de la ville, puis Evan. Son cousin vint jusqu'à elle. Elle souffla et agita sa baguette pour replacer ses cheveux qui partaient en bataille. Elle l'embrassa sans laisser une quelconque marque de rouge à lèvres et prit les devants pour rejoindre la salle à manger.

Ils prirent place, seul Adrian était encore absent et son retard ferait sensation comme à l'accoutumée. Rosier Sr salua Morgan et lui rappela l'offre d'emploi chez Rosiam, la nouvelle compagnie familial. Le frère d'Alice était un garçon discret au quotidien, il ne demandait pas souvent d'aide, aimait travailler dur sans jamais délaisser ses sorties mouvementées qu'il gardait secrètes sauf pour sa sœur. C'était un jeune homme qui, s'il n'était pas brillant, avait une hargne qui ne laissait pas indifférent. Il était puriste jusqu'à la moelle et n'hésitait pas à user de la force pour défendre ses idéaux. Il ne voulait pas accepter l'offre de son grand-père non pas parce qu'il répugnait le travail de l'entreprise, bien au contraire, mais parce qu'il voulait trouver seul et réussir par ses propres moyens. On ne lui avait jamais appris à quémander, il ne comptait pas commencer. Poliment il gratifia son grand-père de remerciements et de réflexion. Alice ne releva pas, mais elle savait pertinemment qu'il ne donnerait pas suite à moins d'être réellement foutu.

-Non, je l'ai pas vu depuis Lundi. Il va arriver, j'en suis sûre.

Elle frappa dans ses mains pour qu'un elfe apporte quelques carafes d'eau. Le reste du repas, c'était au patriarche de décider, mais elle crevait de soif et ne se retenait jamais pour avancer l'heure du premier verre.

Une réflexion sur la mère du trio Rosier plus tard, Chapman ouvrit enfin les hostilités et la famille passa à table. Alice n'avait évident pas relevé les attentions portés à Evan. C'était presque habituel. Il était différent d'eux car il n'avait jamais été élevé par leur grand-père.
Enormement de choses devaient être mises au clair apparemment. Si elle était d'habitude perspicace, Alice n'avançait ici aucune théorie tant elle ne comprenait pas ce que son patriarche insinuait.

-Quelles choses précisément?

Son ton n'était jamais agressif. Elle était d'une douceur incomparable lorsqu'elle prenait la parole. Elle pouvait être froide et cassante envers ceux qui la mettaient mal à l'aise. Mais si il y avait bien un endroit où elle se sentait elle-même c'était au Manoir Rosier. Un Manoir qui, d'ailleurs, avait vu bien des couleurs depuis sa construction.
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Evan F. Rosier


MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Dim 10 Juil - 1:31

Evan avait toujours été quelqu’un de débrouillard. Il était intelligent, et il savait s’arranger pour éviter les embrouilles trop compliquées ou les plans qu’il jugeait foireux. Cela lui avait bien servit, pendant un temps, pour échapper aux interminables repas de famille chez le vieux Chap. Il trouvait toujours un moyen d’y échapper, laissant son père assumer seul son paternel. La plupart du temps, c’était sa mère qui lui fournissait un alibi. Elle détestait venir dans le manoir des Rosier, elle détestait rester trop longtemps dans la même pièce que Donovan et, plus que tout, elle détestait voir Chapman Rosier. Alors elle fuyait sans honte ces repas qui ne lui apportaient strictement rien. Et Evan profitait souvent du fait que sa mère se rendre autre part pour fuir à son tour. Parfois, suivant chez qui se rendait Grace Rosier, son fils la suivait. Tout était mieux qu’un repas chez le vieux. D’autres fois, c’était ces amis qui lui fournissaient un alibi en prévoyant une soirée chez l’un d’entre eux, ou même directement chez lui. Il arrivait également à Evan de mentir sans vergogne pour échapper à ce genre de soirée. Jusque-là, il avait plutôt bien réussit à esquiver la séance de torture que tentait de lui imposer son père au moins une fois par semaine.

Mais là, aujourd’hui, même si cela lui faisait mal de l’avouer, Evan s’était fait piéger. Son père n’était pas allé à Serpentard pour rien. Il l’avait roulé comme qui l’avait roulé pendant des mois. Il l’avait pris en traître, et Evan n’appréciait que moyennement cela.

- C’est une blague, rassure-moi ? demanda le jeune homme, crispé, tandis que son père affichait un sourire moqueur, appuyé contre l’encadrement de la porte de sa chambre.

S’il vouvoyait sa mère, avec son père, Evan ne s’était jamais pris la tête avec ce genre de protocole. Il le tutoyait et lui parlait aussi librement qu’il parlait à Alice. Voir même plus, puisqu’il n’avait aucune gêne à aborder le sujet de ses conquêtes avec son paternel.

- J’ai le plaisir de t’annoncer que, non, ce n’est pas une blague, mon fils. Il y a bien un dîner ce soir chez mon père, et j’ai bien vérifié que tu n’avais absolument rien de prévu aujourd’hui. C’est vrai, il aurait été bête que tu rates ça une fois de plus, ajouta son père, se moquant ouvertement de lui.

Evan, lui, n’avait vraiment pas envie de rire. Son père n’avait pas usurpé sa place chez les verts et argents. Il avait bien attendu la dernière minute pour dévoiler un quelconque dîner chez le vieux alors que, habituellement, il lui demandait de venir la veille, ou l’avant-veille. Ou alors, s’il ne disait rien, Evan parvenait toujours à glaner quelques informations utiles auprès d’Alice. D’ailleurs, sa cousine devait sûrement être dans le coup. Elle avait dû faire particulièrement attention à ses paroles pour ne pas lâcher le morceau et, ainsi, le coincer plus facilement. Evan se demandait parfois si le Choipeaux ne s’était pas trompé pour Alice, en envoyant cette dernière à Serdaigle plutôt qu’à Serpentard.

- Bien, nous n’avons plus le temps de tergiverser là-dessus, intervint alors Donovan en consultant sa montre. Le repas est à vingt heures, et je ne tiens pas à être en retard. Tu as une demi-heure pour te préparer. Comme je suppose que ta mère ne viendra pas, cela sera sûrement amplement suffisant.

Donovan afficha ensuite un dernier sourire moqueur, presque sadique, en direction d’Evan, puis referma la porte de la chambre de ce dernier. Le jeune homme pesta un long moment, lâchant toute une flopée de jurons, puis se laissa tomber sur son lit. Ce coup-là, son père allait le lui payer. Il allait le lui faire regretter, d’une façon ou d’une autre. Evan n’était pas du genre à laisser passer un tel coup en traître.

Soupirant, le Serpentard s’avança alors vers son armoire, résigné à s’habiller pour se rendre à la séance de torture prévue à vingt-heure. Il opta pour un smoking classe, entièrement noir, avec une cravate noire et une chemise blanche. L’ensemble était très noble, très précieux, fait dans la meilleure qualité de tissu qui soit et créé pour aller à Evan comme une seconde peau. Et oui, quand on a les moyens, et Evan les avait, on ne se contentait pas d’acheter le premier smoking venu. On prenait le haut niveau. On prenait le meilleur. Il était un Rosier, par Merlin ! Il était hors de question qu’il se ballade avec des habits bon marché sur le dos !

Une fois habillé, Evan se plaça devant la glace de son armoire et s’observa quelques instants. Parfait. La tenue lui allait comme un gant, aucun faux plis ou défaut du même genre ne venait gâcher la classe du vêtement et du porteur, et, en plus de ça, Evan était certain qu’avec cette tenue, il allait forcément emmerder le vieux. Oh, peut-être pas beaucoup, ce n’était que des vêtements, hein, mais suffisamment quand même pour obtenir une réflexion de sa part. Le reflet du jeune homme se mit alors à sourire. S’il était obligé de venir et de participer à ce cauchemar, alors il allait s’arranger pour, au moins, faire chier un maximum les autres. Peut-être cela rendrait-il la soirée moins cauchemardesque ?

Ou pas.

Après avoir terminé de se préparer, le jeune homme descendit finalement, une expression peu amène sur le visage, et rejoignit son père dans le salon. Quand il pénétra dans la pièce, et qu’il tomba nez à nez avec son père et, en plus, sa mère, Evan poussa un soupir. Comment bien commencer la soirée…

- A ce qu’il me semble, je ne t’ai pas demandé ton avis, Grace, siffla Donovan, jetant rapidement un coup d’œil en direction de son fils.
- Parce que tu crois que j’ai besoin de ta permission pour le donner ? s’offusqua la mère d’Evan en lançant un regard furibond à Donovan. Tu n’es qu’un chien obéissant bien gentiment aux ordres de ce vieil abruti qu’est ton père ! Si tu crois que j’ai besoin de la moindre permission de ta part, ôte-toi rapidement cette idée de la tête, c’est un conseil !
- Oui, oui, souffla alors Donovan en enfilant son manteau, tandis qu’Evan attendait toujours à l’entrée du salon, les bras croisés, appuyé contre l’encadrement de la porte, un sourcil haussé.

Que c’est beau l’amour, ne put-il s’empêcher de penser, retenant difficilement un sourire moqueur. Les disputes entre ses parents, il en avait tellement prit l’habitude que cela le faisait désormais plus rire qu’autre chose.

- Bien, nous y allons, déclara alors le père d’Evan en le dépassant pour se rendre dans le hall.
- Ouais, souffla amèrement le jeune homme en se décollant de la porte.
- Evan.

Le jeune homme se tourna vers sa mère et cette dernière s’approcha de lui et arrangea rapidement sa tenue, pourtant déjà impeccable. Elle le regarda ensuite droit dans les yeux. Elle était plus petite que lui, mais Evan ne le remarquait jamais vraiment tant sa mère en imposait.

- J’aime beaucoup cette tenue, déclara alors simplement Grace en se détournant et en retournant s’assoir sur le fauteuil du salon.

Un sourire moqueur étira les lèvres d’Evan et ce dernier salua sa mère avant de sortir à son tour du salon pour rejoindre son père. Grace n’aurait pas pu trouver meilleure façon de dire à son fils : « Vas-y, emmerde-les. Tous. ». C’est donc le sourire aux lèvres que le jeune homme attrapa le bras de son père et transplana jusqu’au Manoir Rosier.

Cependant, une fois sur place, le sourire disparut, laissant place à une grimace blasée. Il ne pouvait définitivement plus y échapper.

- Tu sais ce que tu dois et ne dois pas faire, Evan, dit alors son père en lui jetant un rapide regard en coin. Ne fais pas l’idiot.
- Si tu voulais que je reste sage, il aurait mieux valu ne pas m’amener, répondit le jeune homme en s’avançant aux côtés de son père sur le chemin menant à la porte d’entrée. Et puis, tu sais qu’entre moi et le vieux, c’est l’amour fou, ironisa-t-il, tandis que la porte s’ouvrait pour les laisser pénétrer dans le manoir.

Les deux hommes furent conduit rapidement jusqu’au maître des lieux et le seul point positif qu’Evan trouva à cela, se fut la présence d’Alice et de son frère, Morgan lui semblait-il. Au moins, il ne serait pas désespérément seul à devoir supporter ce repas, qui s’annonçait catastrophique, comme tous les autres auxquels il avait assisté. Oh, ne vous y trompez pas ! Cela ne l’attristait pas le moins du monde, bien au contraire ! Il allait d’ailleurs participer activement au massacre de cette réunion tout sauf chaleureuse et familiale.

S’avançant en premier vers sa cousine, Evan se pencha et l’embrassa sur la joue, comme il en avait l’habitude. Il emmerdait le vieux et ses principes dignes du siècle dernier, et même de celui d’avant. Alice était sa cousine, il pouvait bien être un minimum chaleureux avec elle, merde !

- Je suis sûre que t’es dans le coup, toi aussi, souffla-t-il néanmoins à l’oreille d’Alice. Avoue, c’est à cause de toi que j’en suis là.

Pour toute réponse, Alice lui lança un sort pour le recoiffer. Evan haussa un sourcil moqueur et soufla légèrement. Il passa ensuite à Morgan et lui serra la main en hochant sobrement la tête.

- Morgan. Ravi de te revoir.

Ce n’était que des formules de politesse, rien de plus. Il ne connaissait pas particulièrement Morgan. Juste de vue, ou bien de temps en temps, lors de repas comme celui-ci, mais ils ne s’étaient jamais réellement parlé.

Vint alors le moment inévitable où Evan du avancer vers Chapman Rosier, qui, semblait-il, l’attendait de pied ferme. Il lui serra sobrement la main, le visage impassible. Ils passèrent ensuite tous à la salle à manger et s’installèrent. Après une offre d’emploi pour Morgan, et une remarque sur le retard de l’aîné, Adrian, ce qu’il attendait tomba. La remarque sur sa tenue. En habitué qu’il était, Evan ne laissa rien paraître de son contentement, ni de son irritation quand le vieux attaqua directement sa mère.

- Cette tenue est bien au-dessus des moyens d’un Sang-Mêlé, croyez-moi, répondit-il en inclinant sobrement la tête. Et elle sort directement de la boutique la plus noble du Chemin de Traverse. Rassurez-vous, je ne porte pas n’importe quoi.

Et ouai, le vouvoiement. Cela faisait partie des choses « qu’il savait qu’il devait et ne devait pas faire», comme l’avait dit son père.

D’ailleurs, ce dernier semblait tendu. Evidemment, Donovan savait que la présence de son fil allait apporter des tensions que ce dernier prendrait un malin plaisir à amplifier. Il le savait, parce qu’Evan était totalement différent de ses cousins, et pourtant, il avait quand même confiance en lui. Il respecterait certaine règles imposées, et ne dévoilerait rien de sa vie, qui n’était pas réellement la même que celle qu’il exposait à son père.

- Eh bien, non, répondit Donovan quand Chapman s’adressa à lui. Elle ne viendra pas.

Ce n’était un secret pour personne : Grace détestait Chapman, encore plus qu’elle ne détestait son mari. En revanche, elle n’avait rien contre les cousins d’Evan et elle appréciait même Alice, ce qui soulageait quelque peu le jeune homme.

Soudain, alors qu’Evan commençait déjà à trouver le temps long, le vieux laissa tomber une phrase qui ne passa pas dans l’oreille d’un sourd. Parler de beaucoup de choses… Bizarrement, connaissant ce côté-ci de la famille, et connaissant également le vieux Chap, Evan n’était pas particulièrement rassuré par cette phrase. Et son père non plus, vu la tension qui semblait émaner de lui. Poussant un discret soupir, Evan tenta de se motiver mentalement.

La séance de torture pouvait commencer.


Dernière édition par Evan F. Rosier le Mer 24 Aoû - 20:00, édité 1 fois
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Adrian Rosier


MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Dim 10 Juil - 17:53

Adrian ne savait pas ce qui s'était passé – plus exactement, il ne le comprenait pas. Jerry Brewson, le gars qu'il recherchait avec Travers depuis des semaines, parce qu'il avait buté Willy Mulciber, s'était retranché chez sa mère comme un bon forcené, avec sa gamine. Et eux, qui en étaient à l'enquête de voisinage, évidemment, étaient tombés dessus. Ce n'était même pas une mission officielle, avec les masques, et tout, non, il était en bras de chemise avec une foutue cravate, parce qu'il faisait chaud et parce qu'il n'y avait pas de raison d'alerter tous les voisins, et ils avaient cogné à la porte, et là...là, bordel, ça avait dégénéré, il s'était pris un sort, et il saignait, il avait réussi à entrer, il avait vu la gamine se jeter sur lui, et il avait eu peur, tellement peur, et il avait balancé un sort, un seul, et la gamine était morte. Son putain de cerveau lui avait éclaboussé tout le crâne, il n'avait pas compris.Travers avait arrêté le gars, il aurait un procès, on lui avait tapé sur l'épaule en lui disant qu'il avait le reste de la journée de libre, que ce n'était pas grave, qu'il ne pouvait pas savoir, ce n'était pas sa faute, et puis la gosse, elle avait quinze ans, elle était peut-être déjà dangereuse, on pouvait pas savoir, avec ces merlinistes, peut-être qu'elle aurait essayé de le buter.

Mais bordel, elle avait quinze ans, elle était plus jeune qu'Alice, pourquoi vous ne comprenez pas ? Pourquoi est-ce que ça ne vous fait rien ? Pourquoi est-ce que vous vous dites que quand quelque chose est nécessaire, ça ne va pas vous hanter ? Comment vous faites ? Comment ? Moi, ça me retourne, c'est à gerber, à pleurer, et je sais pas comment je peux survivre à ça...Si, il savait. Comme  d'habitude. Il n'y avait rien qu'une bonne cuite ne permette d'oublier. Rien. C'était facile. Il suffisait de se mettre minable, de s'endormir en pleurant, et de recommencer le lendemain. Adrian Rosier parvenait la plupart du temps à se contrôler, à ne pas cauchemarder, à ne pas pleurer, à sourire, et à rire, mais parfois il explosait, et soit il se bourrait la gueule jusqu'à crever, soit il se battait jusqu'à ce qu'on l'abandonne, après l'avoir explosé, en charpie sur un trottoir. Ce soir là, il avait choisi l'option « je me bourre la gueule sinon je ne tiendrais jamais le coup au repas familial ». Ses vêtements étaient encore tâchés de sang, et il était d'humeur bavarde : comme il était le premier client de la soirée, il en profitait pour causer un peu avec Tom. Le barman du Emerald's était un vieux rival, et un bon ami, depuis Poudlard. Il pouvait débiter en paix ses traumatismes avec lui : Sally était bien plus intéressé par les verres qu'il nettoyait.

« Je parle tu sais, une personne qui a fait des choses. Ces choses qu'il a fait, est-ce qu'elles le définissent ? Je veux dire, en certaines circonstances, je ne sais pas, il devrait être mis en examen. Arrêté. Je veux dire...c'est un flic, et il intervient pour arrêter un assassin. Il y a cette petite fille... et il l'a tue, parce qu'il a peur, parce qu'on l'attaque, alors il se défend. Est-ce que c'est faire le mal? Et pourtant, assassiner est mal, et cette petite fille ... ne respire plus. Elle ne le fera pas à cause de ce qu'il a fait, tu sais. Et lui, il devra...il devra se réveiller tous les matins en pensant 'j'ai fait ça'. »
Il but une gorgée de whisky. De son quatrième whisky. « Je parle, tu sais, de cette putain de culpabilité, de cette putain de honte...du truc le plus honteux qu'on puisse faire. Quand t'es incapable de penser à autre chose, et que tout ce que tu ressens... » Sanglot. « Comment je peux survivre à ça, Tom, comment on fait ? »

Sallybanks leva enfin les yeux sur lui, et finit par prononcer, avec une voix tranquille, une voix qui se voulait apaisante :

« Je crois que t'as assez bu, Ady, je te jure. »
Il lui tapa sur l'épaule avec un brin de condescendance. « Tu veux que je te ramène ? Je peux t'aider si tu veux...
- Va te faire foutre, Tom, toi et ta foutue charité chrétienne. J'ai pas besoin de ça. »
Il jeta quelques pièces sur le comptoir, et sourit d'un air désolé : « Excuse moi. C'est toi qui as raison, je crois. Il est tard, mon vieux, il faut que je rentre chez moi.

Il quitta le bar sans un mot de plus, et rentra en effet chez lui. Il prit une douche froide, ce qui le dégrisa complètement, et enfila un costume d'une meilleure tenue que le précédent. Il y avait réunion chez les Rosier, et il aurait été dommage de décevoir ce vieux Chap en n'y paraissant pas pour y jouer son rôle de raté chronique. Adrian s'autorisa un léger sourire en passant le portail du manoir de son grand-père : il était en retard, et ça ne plairait pas au prêcheur. C'était toujours pareil. Les gens normaux se marrent aux repas de famille, nous on crève de peur. Il avait l'habitude, ça ne le choquait plus. Ils étaient toujours en décalage avec le monde. Comme dirait l'autre, les Rosier savent mourir, mais pour vivre, ils sont nuls. Sa mère avait parfaitement compris la situation.

Il entra dans le salon au moment où ils passaient tous à table et que Alice demandait de quoi Chapman voulait leur parler. Il sourit et lança d'un air goguenard :

« Oh, il veut probablement dire qu'il va me déshériter, ce n'est pas nouveau. »
Il prit la gamine dans ses bras : « Comment va ma petite sœur préférée ? J'ai des places pour aller voir le match des Harpies contre les Tornades, je t'emmène. Evan n'a pas trop commencé à râler parce qu'il est là ? Salut, cousin, d'ailleurs ? Bonjour, oncle Don'.»  

Il serra affectueusement la main des deux concernés. Aucune pudeur, aucune sympathie, tout était dans la franchise et l'ironie. Il n'était plus ivre : depuis des années, Adrian avait simplement pris le parti de n'avoir plus aucun filtre, jamais, avec sa famille. Il se tourna vers Morgan :

« Salut, frangin. Tu fais encore une gueule d'enterrement ? »
Il s'assit à table à coté de Chapman. « On a fini par coincer Brewson, c'est pour ça que je suis en retard. Ce salopard s'était mis dans la tête qu'il avait assez de cran pour jouer au forcené. Désolé de pas être arrivé à l'heure, padre. Me déshérite pas pour autant. »

Le seul à s'adresser avec Chapman avec autant de familiarité, qu'il était. Le seul à être assez suicidaire pour ça.

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Vipère au poing.
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Chapman Rosier


MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Lun 18 Juil - 14:26

Chapman Rosier aimait-il sa famille ? La question ne se posait pas en ces termes. A le voir, il était à peu près sur que s'il tolérait tous les affronts qu'ils lui faisaient tous et toute l'immoralité de certains de ses descendants, on aurait pu juger qu'il avait au fond un peu d'affection pour eux. Il était vrai qu'au départ, il avait du aimer certains d'entre eux : à coup sûr, il avait érigé son père en héros et en modèle. Sullivan Rosier était, il fallait le dire, un homme brillant, en dépit de convictions arriérées qu'il avait malheureusement transmises à son rejeton. C'était l'année de sa mort qu'était né Evan, son fils, ce qui avait sans doute influencé Chap quant à l'opinion qu'il avait de son aîné. Il considérait en effet que lorsqu'une personnalité importante, imposante, un modèle, quittait ce monde, son équivalent la remplaçait, et avait fait d'Evan une sorte de messie, un atout irremplaçable, un nouveau héros qu'il avait élevé...et qui avait chuté. Personne ne pouvait remplacer son père ou Evan, personne n'était aussi brillant : son rôle à lui, qui était pourtant loin d'être idiot, était de pousser cette famille en avant, et de faire en sorte que son fils ainé finisse par reprendre les rênes, pour que toujours, toujours, le sang pur se perpétue et que les idées du purisme s'exportent encore et toujours.


Mais Evan était mort et le destin en avait décidé autrement. Cependant, Chapman n'avait pas trouvé dans le reste de ses descendants quelqu'un arrivant à la cheville de son fils. Sa mission n'en restait pas moins la même : pousser cette famille en avant, en espérant qu'elle murisse, grandisse, apprenne, finisse par comprendre ses erreurs, et peut-être alors que quelqu'un se révélerait. Ou ce serait la génération suivante. Il était trop vieux pour désespérer, trop vieux pour se dire qu'il délirait et que rien de cela n'avait de sens. Le vieux mangemort croyait à la destinée manifeste de sa famille. Il n'était donc pas question d'affection ou non, mais de devoir. C'était sa famille, il était un Rosier, ils étaient des Rosier, et ils lui devaient obéissance parce qu'il leur devait protection et rétribution. Le pacte était clair. Il était indépendant de toute forme de sentiments qu'il pouvait ou non avoir.

Car apprécier les gens n'était pas dans la nature du prêcheur. Il avait une forte propension au mépris pour la plupart des personnes qu'il croisait, soit parce qu'elles se comportaient de manière totalement immorale, soit parce qu'elles manquaient cruellement de foi et de conviction, ce qui était l'une des pires choses au monde selon Chapman, soit parce qu'elles étaient tout simplement vides et creuses, dépourvues d'intelligence et d'intêret. Son jugement sur les gens était assez dur : il avait des standards et attendait, au moins de sa propre famille, qu'elle les respecte. Sans se rendre compte véritablement qu'il imposait aux gens un carcan d'obligations impossibles à tenir dans leur intégralité, bien sûr, et en ayant l'idée de bien faire – d'agir pour leur bien – et de n'obtenir aucune reconnaissance, qu'il estimait pourtant plus que méritée.

De temps en temps, donc, il estimait utile de remettre les pendules à l'heure. Pas par méchanceté : Chapman Rosier n'était qu'un monstre d'indifférence et de devoir. Il n'avait ni l'envie, ni l'impression d'être mauvais ou de faire le mal, juste d'accomplir ce qui était nécessaire, que ce soit à sa famille ou au monde sorcier. Tout le monde accourait alors plus ou moins, par crainte ou par respect, certain par affection. Il se fichait des motivations. Il se fichait également des efforts de chacun : il voulait la réussite de la famille, et il voulait le meilleur. S'ils échouaient à ça, il ne les abandonnait pas, mais ils perdaient peu à peu les seules choses qu'il pouvait leur donner : son estime et sa confiance, car il n'était pas doué pour l'amour, la gentillesse, et les sentiments.

Ainsi, peu nombreux étaient ceux, qui, dans la famille, avaient les deux de la part de Chapman. Il y avait Donovan, malgré ses multiples frasques, parce qu'il était toujours là lorsqu'il le fallait : et sans doute on aurait pu compter Adrian dans ce groupe également, s'il avait répondu présent lorsqu'il le fallait. Mais le directeur du département de la Justice Magique n'avait aucune pitié pour ceux qui s'appitoyaient sur leur sorts. Morgan ? Il n'était pas brillant, mais il était solide : ce qui lui valait d'être inclus dans le cercle. Chapman préférait la constance plutôt que le talent, car c'était une valeur plus sûre. Alice était bien jeune : il espérait lui inculquer les deux valeurs et avait de la marge pour cela, car il était le seul à l'élever. Il daigna répondre à sa curiosité par quelques mots, interrompant pour cela sa conversation avec Morgan concernant Rosiam :

« Nous verrons en temps et en heure. Nous n'allons pas parler alors que tout le monde n'est pas là et que nous ne sommes pas installés. Qu'en penses-tu ? »


Cette question, souvent posée, n'appelait pas d'autres réponse que oui. Chapman énonçait des évidences pour qu'elles deviennent des leçons, et tout pouvait être prétexte à le faire. C'était un mode d'éducation classique qu'il utilisait depuis toujours avec Alice et Morgan, ils devaient y être habitués. Il se tourna ensuite vers Evan, toujours aussi impassible :

« Auquel cas cette boutique t'as pris pour un pigeon de sang mêlé, mon garçon. C'est une misère de payer aussi cher pour avoir l'air d'un moldu. »
Le ton était dur et sans concession : on ne pouvait pas avoir gain de cause avec Chapman : «  Tes parents apprécieront.
- Père, allons, il ne fait que suivre la mode, est-ce si important ?
- Oh, oui, Donovan. On est ce dont on a l'air, dans l'esprit des gens. Passons à table. »

Chapman fit ouvrir le salon, s'installa en bout de table. La chaise de droite, réservée à Adrian, resta vide. Donovan s'appropria celle de gauche. Morgan, et Evan s'installèrent à coté. Alice avait le droit à l'autre bout de table : depuis la mort de Joséphine, elle tenait lieu de maitresse de maison. Il désigna son petit-fils d'un index inquisiteur :

« Tu passeras pour un partisan des merlinistes, Evan, à te comporter ainsi. C'est-ce que tu veux ? »

La porte s'ouvrit sur ces entrefaites. Chapman resta impassible pendant toute la durée du petit laius d'Adrian : les provocations stupides et immatures de son petit-fils le touchaient à peine. Son visage devenait simplement de plus en plus las au fur et à mesure qu'Adrian parlait. Il finit par couper court :

« Tu penses que j'en serais incapable ? »
Il n'y avait aucune trace de plaisanterie dans la voix de Chapman. Il n'était pas dans sa nature d'avoir la moindre once d'humour. « Cesse ton numéro avec moi, je ne suis pas un imbécile. Travers est venu faire son rapport ce matin. Je sais qu'on vous a donné votre après-midi. Je t'aurai félicité d'avoir abattu cette gamine si tu étais venu toi aussi, c'était ce qu'il fallait faire, mais tu as préféré boire tout l'après-midi, je suppose, incapable que tu es d'assumer tes propres actes, même quand ils sont bénéfiques. »

Le ton était donné, et tout le repas risquait d'être comme ça. Chapman jugeait qu'Adrian, tout héritier qu'il soit, était un crétin alcoolique et pleurnichard : ce n'était un secret pour personne. Il ne faisait aucun effort pour lui faciliter la vie, ou pour le cacher, d'ailleurs. Quoiqu'il en soit, il était temps de faire servir. Avec une précision militaire, deux majordomes, assistés d'elfes de maison, servirent l'entrée. On commença à manger en silence, suspendu aux lèvres du patriarche, qui dégusta une partie de son plat avant de commencer à parler. Il se leva pour ce faire, et appuya les mains sur la table :

« Je ne vous réunis pas ici souvent – pas si souvent que ça, dirons-nous. Si je le fais aujourd'hui, c'est que je pense que certains points doivent être abordés. Vous connaissez notre devise. Les Rosier ont toujours été et resteront toujours au dessus de tout. C'est cet esprit que nous devons perpétuer aujourd'hui. Chacun d'entre nous a un avenir. Pour certains, il est en principe tout tracé. Pour les autres, il reste encore flou, mais il devra avoir pour but de servir notre nom et notre cause. »
Il désigna l'autre mangemort de la table : « Lorsqu'Adrian me succédera, c'est à lui que vous devrez obéissance. Et à travers lui, à la famille. » Salazar nous garde, songea-t-il. «  En attendant, je veux que chacun d'entre vous ai dès à présent à cœur de servir le purisme et les Rosier. » Avec répugnance, il grommela : « J'ai conscience que les temps changent, et que je ne peux pas décider entièrement pour vous, mes petits enfants, de votre mariage et de votre vie affective – nous y reviendrons lors de ce repas. »

Une pause méditative. Les couverts s'activaient. Il savait que personne, sauf ceux qui étaient déjà mariés, ne songeait réellement à sa vie de couple, à avoir une descendance. Pourtant, cela restait une question essentielle, qu'il comptait bien traiter ce soir.

 «  Cependant, Adrian ici présent gère déjà une partie de Rosiam. Il en détient 30%, et Donovan 10%, dont héritera Evan. Morgan en détient également 10 %. C'est ce qu'obtiendra également Alice à sa majorité. Et lorsque je décéderai, dans longtemps je l'espère, c'est à Adrian que reviendront les 40% qui sont à moi. Vous êtes tous impliqués dans la gestion de cette entreprise. C'est pourquoi j'ai décidé que pour ceux d'entre vous qui le souhaitent, et si c'est en rapport avec vos études, ou votre métier, qu'une place au conseil d'administration vous sera offerte – pas en tant que simple actionnaire, mais à un poste clé. Je crois que nous ne devons pas laisser les administrateurs tout prendre en main. Et j'apprécierai le geste de ceux qui s'impliqueront. »
Une pause. « Bien entendu, cela suppose que vous commenciez, Alice, Morgan, et Evan, à réfléchir très sérieusement à un projet d'avenir, et au moins d'études. Du nouveau de ce côté là ? »

A quoi servait cette manoeuvre ? A préparer le terrain. A les évaluer. A voir si quelqu'un serait parmi eux un meilleur successeur qu'Adrian. Certains le comprendraient peut-être : ce serait alors un succès, car il y aurait parmi eux quelqu'un à la hauteur de son ambition, enfin.

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Winter.
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MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Ven 5 Aoû - 1:00

L'arrivée d'Adrian eût un drôle d'effet sur la pièce. Comme un couteau à double tranchant. D'un côté, Alice était éperdument heureuse de le voir. Elle aimait son plus grand-frère avec une certaine fascination. Pourtant, sa venue n'était affiliée qu'à une seule chose : la froideur extrême à laquelle il se frottait en s'adressant au grand-père familial. Alice décida, néanmoins, de la jouer apaisée. Elle était stressée par l'agitation que procurait le rendez-vous familial des Rosier. La venue d'Adrian ne la réconfortant pas, elle préféra faire semblant de ne pas percevoir la tension monter et les accusations se multiplier. Elle serra son frère avant d'applaudir des deux mains, telle une enfant qu'on envoyait au cœur d'un parc d'attraction.

-Oh super ! Merci Ady ! C'est adorable. C'est pas une vieille manœuvre pour obtenir un meilleur cadeau à ton anniversaire hein ?

Mais l'euphorie que venait de provoquer le premier des enfants Rosier chuta brutalement aux premières paroles du grand-père de la même fratrie. Alice reprit place, ajustant sa robe et sa coupe de cheveux – elle était impeccablement soignée. Elle n'aimait pas se pomponner pendant des heures, réellement, ça l'ennuyait. Mais l'éducation drastique de la famille l'ayant obligée à s'y conformer, elle était devenue incapable d'apparaître en réception sans une tenue à proprement parlé parfaite. Il n'y avait qu'à Poudlard où elle se permettait un laisser-aller, certes léger, mais réel. Chapman l'aurait tué s'il avait su. « Hé alors ! Tu te prends pour une sang-mêlé jeune fille ? Est ainsi que je t'ai élevée ? Ton père aurait honte de t'avoir mise au monde ma grande ! ». Elle connaissait déjà le refrain et sa ponctuation.

Le discours de Chapman débuta alors qu'elle entamait son troisième verre d'eau. Son stresse était probablement palpable pour quiconque la connaissait réellement bien. Soit, en passant, une seule personne dans la pièce, Morgan Rosier qui la fixait depuis cinq bonnes minutes. De son regard insistant, il lui intimait de se calmer. S'il avait pu parler, il l'aurait sûrement dit qu'elle allait attirer plus d'attention sur eux qu'elle n'en aurait voulu et elle l'aurait bien cherché. Heureusement pour elle, il se gardait bien de tout commentaire et baissa son regard vers son assiette qui se remplissait au rythme du service des majordomes.

La question épineuse du mariage tilta net dans l'esprit de la gamine de seize ans. Elle l'avait toujours su – enfin, plus au moins – mais il allait falloir bientôt régler la question du petit ami potentiel d'Alice Rosier. Et autant dire qu'il s'agissait là d'une affaire bien difficile. Elle était exigeante, empotée, franche et dure, excessive et à peu près sûre de ce qu'elle voulait – que ce qu'elle désirait n'existait pas. Enfin, si, elle voulait Kroos : et puis c'est tout.
L'historien photographe occupait dans son cœur une très grande place. Comme une adolescente n'ayant jamais quitté sa période fanatique de personnalité reconnue, elle éprouvait ce qu'elle estimait être un amour véritable pour cet homme qui atteignait néanmoins les quarante-cinq ans. Mais loin d'être attirée par le physique du bonhomme, c'était principalement un amour intellectuel. Elle ne voyait rien d'autre que l'intelligence et la culture de ce type là qui avait pu voyager à travers le monde et rendre compte des réalités sociales et culturelles de l'humanité et de la sorcellerie. Quand, en plus, on savait qu'il soutenait le gouvernement De Labrousse, en France, qui ouvertement puriste, s'opposait au gouvernement merliniste Allemand, on ne pouvait que l'applaudir. Il refusait de se conformer à des règles écrites par les tolérants merlinistes en faveur d'un peuple qui n'avait nullement écrit l'Histoire, mais s'était contenté de s'en accaparer.

Soit, elle quitta ses pensées fantasmagoriques pour se concentrer un temps, soit peu, sur Chapman et ses discours grandiloquents. Dans tout ce qu'il annonçait, Alice ne retenait que deux choses : elle devait réfléchir à son avenir, et Chapman continuait d'oublier que Morgan était désormais diplômé de l'Université Magique de Manchester où il avait étudié la Criminologie Magique. Soit dit en passant, Alice appelait son diplôme un brevet supérieur de Défense Contre les Forces du Mal mais c'était un fait avéré que Morgan était un très bon praticien, un bon sorcier et que sa carrure lui permettait d'accéder à des postes de responsabilités dans les affaires de l'intérieur.
Néanmoins, ce qui l'intriguait le plus restait évidemment cette histoire d'avenir. Plus que le mariage ou le futur de cette famille Ô combien chère à ses yeux, il y avait l'éternel question de ce qu'elle désirait faire. A vrai dire, elle avait une idée bien précise. Et plus la vie suivait son cours, plus elle y pensait sérieusement. Elle tournait ses pouces, un peu gênée – Chapman l'avait toujours impressionnée de ce côté là, elle ne savait jamais comment le vieux allait réagir à ses intentions. Elle écoutait patiemment. Plus personne ne moufta après la fin du monologue du vieux Rosier jusqu'à ce que la voix, douce et légère, d'Alice ne brisa le silence. Elle n'avait jamais eu du mal à parler en public : petite elle avait toujours été une gamine volubile à souhait, aussi, en famille, elle n'avait aucune gêne à se prononcer. Elle appréhendait néanmoins la réaction générale. Pas que son projet soit sans intérêt – il en avait énormément à ses yeux, elle vivait presque pour ça – mais il était peu commun.

-Hé bien, moi je pense savoir où est-ce que j'aimerais aller. J'y réfléchis beaucoup depuis quelques temps. J'aimerais entamer une carrière de Professeur en Histoire de la Magie.

Elle s'élança alors dans une explication rapide mais complète – enfin à quelques détails près – des raisons l'ayant poussée vers ce choix original. Elle avait toujours été une mordue de littérature et d'Histoire, elle avait parcouru presque tous les livres de la bibliothèque familial, ses connaissances grandissaient de jour en jour et elle avait la nette impression qu'avec le nouveau gouvernement à l’œuvre et le poids de sa famille dans les Hautes Sphères, elle pouvait obtenir le poste en renvoyant Binns qui n'avait plus aucun intérêt. Elle savait ce qu'elle valait, elle avait une vision plus jeune de l'Histoire mais loin d'être inculte, elle savait ce qu'il était nécessaire de transmettre. Tout du moins en avait-elle un avant-goût précoce mais certain.

-Moi je veux bien m'investir dans l'entreprise familiale. Mais qu'est-ce que tu entends par un poste à responsabilités ? Il faut du savoir-faire et une maîtrise du poste. Comment est-ce que l'on peut jongler entre un métier au sein de l'entreprise et ce que l'on désire faire ?

Morgan enchaîna assez rapidement, sentant venir la montée de stresse encore indétectable chez Alice. Elle paniquait rapidement quand on parlait d'avenir.

-Ce qu'elle aimerait savoir c'est plutôt comment comptes-tu nous amener à entrer dans l'entreprise ? Une formation quelconque ou un apprentissage sur le tas ? Moi personnellement, ça me branche aussi. Tu sais bien que j'ai envie d'apprendre à me débrouiller tout seul. Mais ça veut pas dire que je veux pas aider la famille. Je cherche un travail du côté des Bureau d'Enquêtes Magiques, j'ai peut-être un truc du côté de Birmingham.

Le fait était que Morgan n'était pas le plus grand orateur. Mais certainement pas le pire. Il apaisait la situation de sa voix forte et calme. Il mesurait, étrangement, ses mots et parvenait à être clair et concis dans une situation où plus l'on léchait des bottes moins on s'en sortait. Les enfants Rosier n'avaient jamais été élevé dans la soumission. Chapman détestait les langues de bois aussi ni Alice, ni Morgan, ni Adrian ne l'avait un jour été. Ils étaient, tous indépendants, fiers de leurs caractères respectifs et de leurs ambitions. Alice était, quant à elle, encore préoccupée par l'envie de rendre fier son grand-père qu'elle considérait être celui à qui elle devait tout. Morgan pensait encore qu'il s'agissait de l'âge et qu'avec le temps elle parviendrait à s'affranchir de ce genre de pensées rétrogrades
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Evan F. Rosier


MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Sam 6 Aoû - 0:02

Evan ne détestait pas sa famille. on aurait pu croire, mais non. Il aimait sa mère, énormément, et avait beaucoup d'admiration pour celle qui était un modèle de force et d'assurance à ses yeux. Il aimait également son père, mais d'une façon différente. Donovan était plus un pote qu'un père aux yeux d'Evan. C'était celui avec qui il plaisantait, mais il n'avait pas sa place lorsqu'il s'agissait de le remettre sur le droit chemin, ou de l'aider dans sa vie. Pour ce qui était de l'autre côté de la famille, c'était encore différent. Pour Morgan et Adrian, il n'avait que de l'indifférence. Ils faisaient partie de la même famille, mais c'était tout. Ils n'avaient rien à se dire, rien à échanger. Ils se connaissaient, point. Qu'ils soient là ou pas, cela ne changeait strictement rien pour Evan. Pour Alice, en revanche, Evan avait beaucoup d'affection, ce n'était un secret pour personne dans la famille. Peut-être était-ce dû au fait qu'ils aient le même âge ? Ou alors le fait qu'Evan voit Alice comme une petite soeur depuis toujours ? C'était étrange qu'ils s'entendent aussi bien, car ils avaient des caractères radicalement opposé, mais cela ne changeait rien à l'affection qu'Evan portait à la jeune fille.

Restait Chapman.

On aurait pu croire qu'Evan détestait l'homme qui lui servait de grand-père. C'en était pas loin, mais ce n'était pas à ce point. Evan ne supportait tout simplement pas l'autorité du vieux. Il ne voulait pas de cette autorité. Il ne voulait pas de ses idées, il ne voulait rien de lui. Il repoussait l'emprise de cet homme le plus loin possible de lui. Etant donné que l'homme en question était son grand-père, et qu'ils étaient donc liés par le sang, c'était assez compliqué. Mais Evan n'en démordait pas. Il ne voulait rien de cet homme. Il voulait vivre sa vie comme il l'entendait. Et le fait que Chapman veuille tout contrôler n'allait absolument pas avec cette envie de liberté qu'avait Evan. Alors il le défiait, il faisait ce qu'il voulait comme il le voulait, sans tenir compte de l'avis de cet homme. Mais il ne le détestait pas. Pas vraiment. C'était compliqué à définir, mais Evan était sûr que ce n'était pas de la haine. Pas encore, du moins. Il n'en fallait pas beaucoup pour que tout bascule, il en était sûr. Aussi, la remarque du vieux lui passa complètement au-dessus. Il n'aimait pas ? Tant mieux. C'était fait pour. Il laissa donc son père se débrouiller avec le sien et s'éloigna, ignorant presque l'échange dont il était pourtant la cible.

Lorsqu'il s'installa à table, Chapman en rajouta un couche. A grande peine, Evan se retint de lever les yeux au ciel. Lui, un Merliniste ? La bonne blague. Evan était un puriste convaincut, sa mère y avait veillé. Il de supportait pas les Merlinistes et lorsque, par malheur, il en croisait dans la rue, il ne se gênait pas pour les incendier du regard et pour balancer des insultes sur leur passage. Ils n'avaient pas à être là. Heureusement, le jeune Serpentard n'eut pas besoin de répondre, puisque l'arrivée d'Adrian accapara l'attention tout entière sur ce dernier. Evan sourit légèrement à la remarque de son cousin sur sa présence à ce repas, mais il décida de ne pas relever. Il lui fit un simple signe de tête en guise de salut. Il se contenta ensuite d'écouter. Adrian ne mâchait pas ses mots. Vraiment pas. Il parlait devant Chapman comme il aurait parlé devant n'importe qui. Evan trouvait ça cool. Mais suicidaire également. Quoi que, Adrian était relativement intouchable. Sa place de successeur lui assurait une certaine imunité. Mais il ne fallait pas non plus pousser le bouchon trop loin. Enfin, Evan ne se serait pas gêné de le faire s'il avait pu. Mais il lui restait quand même un peu de cette éducation que sa mère lui avait inculqué devant Chap, et il tenait donc sa langue. Bien sûr, vu la façon dont Adrian avait parlé à Chapman, il se prit en pleine poire des réflexions et autres joyeusetés dans le genre. Le vieux n'était pas du genre à supporter ce genre de comportement. Adrian le savait et jouait dessus. Cela tira un sourire à Evan.

Puis le sujet central de la soirée fut abordé.

Comment dire que le discours du vieux commençait, dès les premiers mots, à taper sur le système du jeune Serpentard. Devoir obéissance ? Un sourire ironique et moqueur étira furtivement les lèvres du jeune homme. Il n'obéissait déjà pas à Chapman, encore moins à son père, alors il n'allait certainement pas obéir à son cousin. Vraiment, même Adrian ne devait pas y croire. Chapman avait décidément beaucoup d'espoir en ce qui concernait cette famille. Mais l'espoir ne faisait pas tout. Vraiment, Evan n'était pas prêt d'obéir à qui que ce soit, sa mère à part. La suite du monologue, cependant, lui fit perdre le sourire. Mariage et vie affective ?! Le vieux pensait déjà à les marier ?! C'était absolument hors de question ! Evan ne comptait pas s'enchaîner dans le mariage de si tôt. Il avait bien vu ce que ça avait donné avec ses parents. Il n'était pas près à tenter l'expérience. Et pour ce qui était des gosses, ce n'était même pas la peine d'y penser ! Si Chapman espérait une descendance rapidement, ce n'était pas sur Evan qu'il allait pouvoir compter. Le jeune homme entendait bien profiter un maximum de sa vie avant de faire quoi que ce soit de ce côté-là ! Irrité, Evan lança un regard à Alice et fronça discrètement le nez, lui faisant par là comprendre son avis sur la question. C'était hors de question !

Ensuite, il y eu la partie sur leur avenir. A la mention des 10% dont Evan pourrait un jour hériter, ce dernier retint une nouvelle fois une grimace. Vraiment, il ne voulait rien qui provienne de Chapman. Pas même un ridicule 10% qui pouvait quand même lui rapporter. Il ne comptait pas s'impliquer dans l'entreprise Rosiam de toute façon. Pas s'il avait un autre choix. Et il comptait bien en avoir d'autres. Quitte à aller au Ministère. Il ne voulait pas intégrer cette entreprise, car faire ça reviendrait à être constamment sous es ordres de Chapman, a devoir le côtoyer plus que nécessaire et ça ne plaisait pas du tout à Evan. Et puis, de toute façon, il ne se voyait pas finir dans ce genre d'entreprise. Pour ce qui était de son avenir, en revanche, c'était là une bonne question à soulever. Qu'est-ce qu'Evan allait bien pouvoir faire de son avenir ? Ce n'était pas un mauvais élève, au contraire. Il avait minimum un A dans toutes ses matières, excepté en Histoire de la Magie, qui restait vraiment sa bête noire. Ces résultats lui permettaient d'accéder à peu près à toutes les études supérieures envisageables, et il y en avait beaucoup. Mais Evan ne savait pas ce qu'il voulait faire, et c'était là un problème de taille dans son orientation professionnelle. La seule chose dont il était sûr, c'était qu'il voulait partir étudier à l'étranger. Peut-être en Amérique. Ou en France. Voir même au Japon. Il ne savait pas, ne parvenait pas à se décider. Alice fut donc la première à répondre.

Lorsque cette dernière fit part de son envie de devenir Professeur d'Histoire de la Magie, Evan ne put s'empêcher de sourire. Cela ne l'étonnait pas. Alice avait toujours eu un amour inconditionnel pour cette matière, sans qu'il ne parvienne à comprendre pourquoi. Mais cela lui allait bien. Et puis elle était douée pour expliquer l'Histoire, Evan pouvait en témoigner. Non, vraiment, Alice était presque faite pour ce poste. Et puis, détrôner Binns ne risquait pas d'être très compliqué en soi. Cela devait faire un sacré bout de temps que les directeurs devaient chercher à l'éjecter, sans y parvenir. Professeur d'Histoire de la Magie, ce n'était pas un poste qui faisait rêver tout le monde.

Par contre, pour ce qui était de l'implication dans l'entreprise, le jeune homme fut plus surpris. Pas énormément, mais un peu plus. Le jeune homme savait parfaitement qu'Alice réfléchissait avec la façon de penser que lui avait inculqué Chapman. L'honneur et la continuité de la famille avant tout. Alors bien évidemment qu'Alice acceptait d'intégrer l'entreprise, même si, pour cela, elle devait jongler entre cette dernière et son ambition personnelle. Evan trouvait ça dommage qu'Alice réfléchisse encore ainsi. Enfin bon, Evan ne se posa pas plus de question. Lui, l'entreprise, ça ne le bottait pas. Pas du tout même. Et il aurait tout le temps nécessaire plus tard pour en parler avec sa cousine pour voir un peu ses motivations.

Finalement vint le moment où il dû répondre. Le jeune homme se redressa légèrement sur sa chaise et rassembla rapidement ses idées avant de se lancer.

- A vrai dire, je ne sais pas vraiment dans quoi me lancer. Je compte aller faire des études à l'étranger, changer de pays, ça, c'est sûr. Peut-être l'Amérique. Le Nord, j'entends. Salem semble avoir un bon cursus en Sortilège et en Potions également. Et Paris est réputé pour ses poursuites d'études en Métamorphose. J'en sais trop rien, c'est encore à voir. Pour ce qui est de l'entreprise... A voir aussi. En fonction de ce que je ferais.

Voilà.  Il était resté vague. Et bien sûr, il ferait tout pour ne pas faire quelque chose qui pourrait coller de trop près à l'entreprise. Et partir, oui, c'était vraiment ce qu'il voulait. Il voulait vraiment sa liberté, loin de ceux qui pourraient tenter de contrôler sa vie. Alors voilà, c'était à ça que se résumait ses projets d'avenir pour le moment. Bien sûr, Evan allait approfondir la chose. Il s'était laissé un peu de temps, mais maintenant, il allait falloir s'y mettre sérieusement. Trouver quelque chose qu'il aimerait, qui lui permettrait de ne pas être trop proche des projets du vieux et qui serait suffisamment bien placé pour satisfaire son envie de réussite.

...

Bon. Au moins, il était exigeant. C'était déjà ça.
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MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Dim 14 Aoû - 18:46


Le regard d'Adrian allait de l'un à l'autre des membres de sa famille, un éclair de malice au fond du regard. Il les connaissait bien, tous, et il savait ce qu'ils valaient tous. Il était lucide à propos de la famille Rosier. Il pouvait en faire un portrait cruel, mais réaliste. De cette étude sociologique, il ne tirait aucune satisfaction, mais plutôt des larmes, et un rire si étouffé, si cynique, si jaune, qu'il en semblait être un sanglot.

D’abord...D’abord, il y avait l’aîné, lui, Adrian. Lui qui était censé être l'héritier. Lui qui parfois, pouvait à peine se rappeler de son nom, tellement il buvait pour oublier le malheur d'être un Rosier. Lui qui essayait de faire quelque chose, de s'améliorer, toujours, sans succès. Lui qui n´en pouvait plus, qui était complètement cuit et qui se prenait pour le roi. Il se saoulait toutes les nuits, mais qui finissait toujours par revenir, aussi raide que le voulait Chapman, aussi balbutiant qu'un gosse pris en faute. Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens là, on ne pense pas, on obéit.

Et puis y a l'oncle Donovan. Pas méchant, hein. S'occupe de rien, se fout de tout, fait semblant. L'a marié la Grace, une fille d'une bonne famille – enfin, d'une autre famille. Puis c'est pas fini, hein ! Il fait ses petites affaires, avec son petit chapeau, son petit manteau, sa petite suffisance. L'aimerait bien avoir l´air, mais l'a pas l'air du tout. Pour cause, l'a beau jouer les grands seigneurs, le fric, ça reste au vieux Chap. Mais il fait semblant, parce que lui aussi, c'est un Rosier. Mais c'est vrai qu'ici, on ne vit pas, on triche.

Puis, il y a les autres : Morgan, qui ne dit rien, ou bien n'importe quoi. Adrian ne détestait pas son frère mais il n'avait pas non plus une immense affection pour lui. Ils ne se comprenaient pas. Morgan était terne, et lorsqu'il explosait de colère, il manquait encore de personnalité : il n'avait ni la flamboyance de leur mère ni la vraie intelligence calme et dure de leur père. Rien de valable, rien de récupérable, mais il ne pouvait tout bonnement pas abandonner son frère, parce que qu'il le veuille ou non, c'était son frangin, et parfois, il y avait entre eux des éclats de rire qui rachetaient Morgan pour des dizaines d'années.

Evan, ensuite, pour qui Adrian aurait pu avoir une vraie sympathie s'il l'avait mieux connu, car finalement, ils se ressemblaient un peu. L'essaye de partir, l'essaye de contourner, l'essaye, mais il y arrivera pas. Personne y arrive, face à Chapman. Le padre bouffe tout, contrôle tout. C'est peine perdue. J'ai essayé de partir, mais on peut pas.

Il y avait Chapman lui même, qui venait à la suite. Le tout vieux, tout raide, tout méprisant prêcheur. Personne ne l'écoutait vraiment, tout le monde attendait une chose : qu'il crève, vu que c'était lui qu'avait l'oseille, et que c'était lui qui les empêchait d'être libres. On ne causait pas, non plus, chez les Rosier, on comptait... Avec un sourire, il se tourna légèrement vers un des tableaux qui surplombaient la cheminée et qui lui répondit d'un froncement de sourcils réprobateurs. Ady lui lança un sourire en retour. Et voilà : du soir au matin, sous sa belle gueule d´apôtre et dans son cadre en bois, y a la moustache du père, qu'est mort en héros, bien sûr, et y regarde son troupeau avaler les couleuvres que son propre père daigne servir à ses enfants. Ah, papa, je te jure, t'es pas mort en héros, tu nous as simplement fait une sale blague.

Enfin, il y avait Alice, la petite sœur, belle comme un soleil. Il savait qu'elle était le pur produit de l'éducation de Chapman, mais il ne désespérait pas qu'un jour, elle finisse par partir de là, de ce trou, de cet environnement qui avait bousillé sa propre vie. Adrian savait bien que pour lui, c'était foutu : il en avait trop accepté pour revenir en arrière, mais Alice était encore jeune, elle pouvait partir. J'y crois, au moins pour un instant, pour un instant seulement, oui. Parce que chez ces gens là, vous savez, on ne s'en va pas, monsieur. On ne s'en va pas...

Il se forca à ignorer les remarques de Chapman, aussi bien à propos d'Evan qu'à propos de lui. Il avait beau penser que le prêcheur était un vieux con, comme la majorité des gens de la famille, il ressentait pour lui, comme il avait ressenti pour son père, une certaine admiration. Je vous déteste à en crever, tous les deux, surtout toi dans ton cadre, mais je peux pas vous hair complètement. Ce serait ignorer la bonne partie de mon enfance. Ce serait oublier les sorties en mer à bord du bateau, et la joie de vivre qu'il y avait dans la famille quand j'étais gamin. Ce serait oublier que malgré vos caractères de cons, vous avez toujours été là et que vous m'avez toujours impressionner. Alors il se démenait, mais ce n'était jamais assez bien pour Chapman, jamais. Il  renonça à expliquer ce qu'il ressentait pour cette gamine, même si un instant, il se sentit prêt de fondre en larmes. Mais comme toujours, il les refoula. Chapman dirait qu'il était une mauviette, qu'Azkaban ne l'avait pas amélioré. C'est oublier un peu vite que toi, mon gars, tu as marchandé avec l'ennemi pour ne pas y aller, en taule.

Il écouta patiemment son grand-père débiter les mêmes choses que d'habitude. Purisme. Mariage. Je ne vous imposes pas de vous marier mais vous savez quoi ? Je vous renierais en cas de mésalliances. Adrian savait qu'il devait se marier. Comme son père l'avait fait, et Chapman avant eux, il avait bien conscience que c'était quelque chose qui relevait de l'ordre du devoir. Mais ça l'ennuyait quand même : même s'il cherchait, parce que bizarrement, il essayait tout de même de satisfaire le vieux, ça ne marchait guère. Habitué à sa vie de célibataire endurcie, il multipliait les aventures, et ça lui convenait très bien. Le coup de foudre ? Conneries ! Le problème, c'est que Chapman voyait le mariage comme un devoir auquel il associait la fidélité. Trouver une femme ne dérangeait pas Adrian, pas plus qu'assurer la descendance – il se ferait violence – mais être obligé de rester avec une fille qu'il n'aimait pas, non merci.

Sans doute, encore une fois, ferait-il scandale, mais tant pis. Au diable vos exigences, à tous. J'essaye, je fais de mon mieux, et ça ne suffit jamais. Il voulait vraiment être à la hauteur des attentes de son grand-père, mais jamais il n'obtenait la reconnaissance de Chapman. Il crut un instant que ça allait changer, au moins pour cinq minutes, lorsque le vieux mangemort évoqua l'idée qu'il serait l'héritier. Mais il se trompait encore : il en fut mortifié. Car si le chef de famille parlait bien de la succession, il semblait décidé à impliquer les autres :

« Les impliquer dans la gestion de Rosiam ? Dis plutôt que tu veux évaluer lequel d'entre pourrait me remplacer. Lequel d'entre eux te bouffera dans la main en répondant à tes quatre volontés, lequel tu pourras broyer pour qu'il devienne ni plus ni moins qu'un de tes putains de pion !

- Adrian, tu...
- La ferme, Morgan ! »

Il se tourna vers son frère, qui se renfonça dans son fauteuil avec un regard empli d'une certaine crainte : tous étaient habitués aux colères violentes d'Adrian.

« Tu sais dire quoi, mis à part 'oui not'monsieur', 'oui not bon maitre' ? »
Il pointa du doigt Chapman : « Vous ne voyez pas ce qu'il veut faire ? Tu ne le vois pas ? Putain, Morgan, pour une fois dans ta vie, utilise ton putain de cerveau pour autre chose que pour parler de tes machins techniques de criminologie ! »

Il se tourna de nouveau vers son grand-père. La rage le tenaillait autant que la tristesse. Il se sentait trahi. Jusqu'à là, il avait estimé cet homme : il espérait un jour pouvoir lui démontrer qu'il valait mieux que son amertume et ses remarques acerbes. Chapman semblait aujourd'hui avoir fait un choix et s'être fait une opinion définitive.

« J'ai toujours essayé de faire du mieux que je pouvais, toujours. J'ai renoncé à tout par ce que je savais ce que voulait dire notre nom, ce que voulait mon père, et quel était notre destin. Je t'ai toujours écouté, et Salazar sait à quel point je m'en mords les doigts parfois, parce que toi et ta putain d'éducation, tes putains d'exigences, vous avez bousillé la vie que je voulais avoir. Mais c'est mon rôle. Je dois le faire, et je le ferais toujours. Aussi nul que tu penses je suis, je serai toujours là, j'essaierai toujours. Mais eux ! »
Il désigna les autres. « Eux, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Est-ce que tu as besoin de leur pourrir la vie ? » Il secoua la tête, l'air las et triste : « Je voudrais les y voir, tiens, Alice et Morgan et Evan.  Mariés par toi, à un poste d'administrateur de Rosiam que tu leur auras choisi, avec le métier que tu leur auras choisi. Oh, ce n'est pas une mauvaise vie, ils ne manqueront jamais de rien. Sinon de cette foutue chaleur humaine que tu méprises tellement, padre. Sinon de cette reconnaissance qu'on trouve dans toutes les familles, sauf dans la tienne. Je leur laisse, si tu veux, je leur laisse. Mais ce n'est pas juste pour moi, parce que ça veut dire que j'ai tout sacrifié pour rien, et ce n'est pas juste pour eux non plus, parce qu'ils n'auront jamais leur mot à dire. »

Il se leva de table, on était en plein milieu du plat principal. Sa colère était tombée, remplacée par de la simple tristesse :

« J'aurais cru que tu finirais par comprendre que les Rosier ne sont pas qu'un foutu nom dont tu assures la gloire et que tu prendrais en compte ce que les gens veulent. »
Il soupira : « Mais je me trompais, padre, pas vrai ?  Tu sonnes creux. Tu ne t'intéresseras jamais à personne, et tu ne comprendras jamais que tu causes la ruine de la famille. Que ce sont tes putains de discours, ta passion du futur, ton amnésie chronique qui le font. » Il fit signe au domestique de rapporter son manteau. Celui s'éloigna d'un air compassé. « Bon. Je vais m'en aller, alors. Je suppose que je n'ai plus rien avoir avec ça, maintenant. »  

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MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Lun 22 Aoû - 14:41


On servit le plat principal dans une ambiance qui, de froide, était rapidement passée à glaciale : Chapman Rosier ne parut cependant pas réellement impressionné. Comme à son habitude, il ne laissa rien filtrer. L'habitude, voire la lassitude, le guettait quant aux réactions d'Adrian. Le reste de sa famille, il pensait également très bien le connaître, et en bon connaisseur de la nature humaine et de ses proches, ils réagissaient à peu près comme il avait pu le prévoir.

Le problème de la famille Rosier venait sans doute de l'indifférence du patriarche. Ou sans doute de sa volonté mainte fois réaffirmée de trouver en ses descendants l'héritier parfait, à savoir la réincarnation d'Evan, son fils, et du fait avéré et inaltérable que la réincarnation d'Evan n'existait pas et n'existerait jamais. Ou peut-être de la volonté de fer du vieux prêcheur, qui ne laissait rien passer, de son intolérance envers tous les écarts, et de son incapacité à céder, sur quoique ce soit. Il ne pouvait pas accepter les erreurs, parce qu'elles n'impactaient pas uniquement la personne qui les faisait mais toute la famille. Chapman était porté par une ambition incroyable. Il croyait – non, il en était sûr et certain, il ne pouvait pas en être autrement – que sa famille avait un destin. Ils ne pouvaient pas avoir subis toutes ces épreuves sans aucune raison : et puis ils étaient des Rosier. Ils avaient survécu à tout, on parlait d'eux dans les livres d'Histoire, ils étaient sang pur, ils avaient une mission, des devoirs, et s'ils les respectaient, ils auraient la grandeur. Mais à la condition seulement d'être digne de leur nom.

Le problème de la famille Rosier venait peut-être simplement de leur absolue absence de communication. Dans le fond, malgré sa froideur et sa dureté, on ne pouvait pas dire que Chapman Rosier ait été un mauvais chef de famille. La question du mariage restait difficile à aborder : à force de se préoccuper des intérêts familiaux, il en oubliait les personnalités de chacun, ce qui restait une difficulté de plus et causait des échecs incontestables. Sur le papier, mis à part cela, il s'était occupé de ses petits enfants alors que ce n'était pas son rôle, il ne laissait jamais tomber personne, quand bien même il pouvait passer sa vie à pointer du doigt les défauts que chacun possédait, et avec lui ils pouvaient être nombreux, car Chapman avait une idée très large de ce que pouvait être un défaut, mais jamais, au grand jamais, il n'aurait laissé tomber sa famille. Peu importait qui. Ils étaient des Rosier : famille peu nombreuse, peu étendue, resserrée sur elle même, l'état d'esprit familial reposait à la fois sur une solidarité et une loyauté sans faille associé à un mépris très fort du monde. Ils tournaient en cercle fermé, ils se suffisaient à eux mêmes, ils étaient au dessus de la masse grouillante du peuple et ils n'avaient pas besoin des autres. Il avait de l'ambition, il voulait le meilleur pour tous, pour la famille et pour chacun d'eux. Contre leur volonté, s'il le fallait.

Les réponses s'enchainèrent, rapidement. Avant l'explosion d'Adrian, il eut le temps de noter ce que chacun disait et de pouvoir répondre correctement à chacun. Alice l'intéressait : elle était sans doute la seule qui aie vraiment assimilé complètement son apprentissage. Dommage, elle était trop jeune et trop naive pour devenir héritière – sans compter qu'une femme à la tête de la famille, c'était totalement inconcevable pour le mangemort. Non seulement elle ne pourrait pas perpétuer le nom de Rosier puisqu'elle prendrait le nom de son mari, mais en plus la mentalité de Chapman Rosier, conservatrice et attachée à la tradition, ne lui permettait simplement pas d'imaginer qu'une femme puisse diriger une famille de sang pur. Son monde était résolument patriarcal, quand bien même il admettait l'influence certaine de Joséphine sur certaines de ses décisions et qu'une femme pouvait avoir autant de caractère qu'un homme, au niveau des apparences, ça ne se faisait pas. Si on prenait le cas de Kathryn Prewett, il était presque heureux – ce dont il n'avait jamais fait mention devant ses petits enfants – qu'elle n'aie pas suivi le chemin de Grace Rowle et décidé de lui empoisonner l'existence en se piquant d'éduquer ses enfants – au moins en fichant une paix royale à Alice et assez complète à Morgan. Les ravages étaient déjà intenses chez Adrian.

Mais il était content de l'honnêteté de sa petite fille : elle se pliait au jeu, et en se pliant au jeu, il pouvait l'aider. Peut-être n'était-il pas assez clair avec les autres, même s'il voulait faire la même chose avec eux ; peut-être étaient-ils des crétins qui ne comprenaient rien à sa volonté ; peut-être étaient-ils trop fiers pour accepter son aide ; peut-être voulaient-ils être libres. Libres ! Cette fichue fantaisie ! Personne n'était libre en ce monde : tout le monde avait des obligations, un destin, et personne ne pouvait y échapper. Et puis la liberté, c'était surfait. Pourquoi vouloir être libres alors qu'ils pouvait avoir tout ? La richesse, la famille, la célébrité...tout ça, ils pouvaient l'avoir s'ils s'acquittaient d'une certaine dignité et d'un peu de travail. Pourquoi être libre et ne faire que de mauvais choix, car c'est-ce qu'ils faisaient en permanence – lorsqu'ils pouvaient faire mieux ? Ca paraissait incompréhensible à Chapman. Autant dire qu'il accueillait bien toutes les propositions raisonnable venant de sa famille.

« Hmm, professeur d'Histoire de la Magie est une bonne carrière. Mais tu es jeune – ce qui est certes un avantage par rapport à tous les poussiéreux qui enseignent à Poudlard, certes, mais aussi un handicap...il te faudra pousser tes études après Poudlard. Ou éventuellement avoir une expérience dans un milieu un peu politique. Un bref passage au ministère, et éventuellement à la Gazette te seront peut-être nécessaire. As-tu réfléchi en ce sens ? »

Ce n'était pas pour rabaisser sa petite-fille, pour une fois il était sincèrement curieux et plutôt content d'entendre les projets plutôt sérieux qu'avaient Morgan et elle. Il savait bien que son petit fils voulait sortir du cadre familial, mais il le faisait avec intelligence contrairement à Adrian.

« Il ne s'agit pas pour moi de vous faire entreprendre des études en plus du parcours que vous aurez choisi, mais d'utiliser au mieux vos compétences acquises grâce à ce parcours pour que vous vous complétiez et qu'ensemble vous parveniez à gérer cette entreprise, qui sera tôt ou tard la votre. » Pour la première fois du repas, et peut-être depuis des semaines, il esquissa un sourire sincère. « Je ne vais pas vivre éternellement, pour la plus grande joie de certains. Je vais mourir un jour, et ce jour là, il faudra, eh bien...que vous sachiez vous débrouiller tous seuls, justement. »

C'était cela, l'indépendance et cela qui lui permettrait de savoir qu'ils étaient prêts, tous à lui succéder : lorsqu'il n'aurait plus besoin d'agir pour eux. Il écouta également attentivement la réponse d'Evan. Vague, certes, mais intéressante. Il répondit avec un sourire plus froid – impossible de dire s'il faisait de l'humour ou non, cette fois :

« Est-ce que tu veux partir pour échapper à mes exigences ou partir parce que le cursus est réellement bon ? »
Il laissa passer un instant de vide : « Ce sont trois cursus solides, comme pour Alice, à voir ce que vous en ferez. Morgan pourrait chapeauter le département recherche puisque nous développons de plus en plus le pan médico-légal de notre activité. Et Alice plutôt la communication, ce qui l'avantagera pour son propre parcours... »

Evidemment, ce fut à ce moment là qu'Adrian explosa. Comme toujours. Chapman daigna le laisser finir. Se lever pour partir. Et à ce moment là il parla :

« Si tu t'en vas, tu ne reviens pas, Adrian. »
Et pas, dans la bouche du directeur du département de la Justice Magique, voulait dire jamais. Il esquissa un nouveau sourire glacial : «  Je vois. Je te connais Adrian, tu ne ressembles pas à ton père, mais tu n'es pas comme ta mère non plus. » Le constat tomba comme un couperet, comme un jugement, sans mépris, ce qui était le plus terrible : « Tu es trop courageux pour fuir, mais trop lâche pour vouloir rester. » Il se tourna vers toute l'assemblée et grogna : « La reconnaissance. Vous n'avez que ce mot là à la bouche. Qu'est-ce que je devrais reconnaître ? Vous voulez agir par vous même, vous voulez décider, toi comme les autres, Adrian. Mais qu'est-ce qui vous fait croire que vous pouvez faire ça, que vous en avez le droit, que vous en êtes capable ? Vous ne manquez de rien, vous avez tout. Vous avez la richesse, vous avez la possibilité de vous élever, de faire quelque chose de grand, et vous rechignez. Vous avez les privilèges, vous avez tous les droits, vous n'avez à vous soucier de rien. Et vous voulez encore plus ! » Le ton était sec, sans concession, il assénait la vérité. « Mais ce que vous avez, vous le devez à votre nom, et aux sacrifices d'autres que vous ! » Il désigna le tableau de son fils, au dessus d'eux. «  Vous voulez tout, le biéraubeurre, l'argent de la biéraubeurre, et le brasseur ! » Il marqua une pause méditative, dure. « Vous savez ce que je voudrais, moi ? Je voudrais être fier de ce vous êtes, je voudrais que vous compreniez que ce que vous avez vient d'un héritage, et qu'un jour vous léguerez quelque chose à vos enfants aussi. Je voudrai que vous soyez capables de vous débrouiller seuls et pouvoir vous faire confiance, et pas que vous veniez pleurer dès que quelque chose ne va pas. Je voudrais que vous fassiez des choses par vous mêmes. Là, je serais enclin à vous encourager. » Il désigna Adrian d'un index inquisiteur. « J'ai fait tout ce que je pouvais pour toi. Tu avais du potentiel, mais à la fin, tu gâche toujours tout avec ton coté Prewett. Dès que tu fais quelque chose de bien, qui pourrait te faire remonter dans mon estime, tu t'empresses de le gâcher. Regarde toi ! Tu as compris ce que je voulais faire. Tu as l'intelligence, Adrian, tu as les moyens, et au lieu de défendre ton bilan, au lieu de prouver que tu es le meilleur, tu veux partir comme un gosse de six ans ! Reprends toi, et décide ! Est-ce que tu es toujours bouboule princière ou est-ce que tu vas te décider à être enfin un Rosier ? Est-ce que tu es enfin un adulte ou est-ce que tu n'es qu'un gamin alcoolique et pleurnichard ? »

C'était honnête, c'était dit, c'était clair : c'était sa dernière chance. Si Adrian arrivait à triompher de cette humiliation, il serait sur la bonne route, et les autres en prendrait peut-être enfin de la graine.

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Winter.
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Alice Rosier


MessageSujet: Re: La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s) Mer 24 Aoû - 17:30

Est-ce qu'elle avait envisagé autre chose que la voie toute tracée qu'elle s'était imaginée ? Évidemment que non. Elle n'avait que seize ans, et têtue comme elle était, elle s'était largement convaincue qu'elle parviendrait à détrôner un fantôme dépassé que plus personne ne supportait à l'école. Vrai que même les autres cadavres fantomatiques ambulants de Poudlard ne voulaient plus le croiser. Ils l'évitaient car Binns était chiant. Il parlait beaucoup, lentement, sans nuancer le ton et malgré un propos souvent très intelligent, il rendait ses prises de parole affreusement ennuyantes. Dommage, pensait Alice, car il était réellement intéressant. Il avait beaucoup de choses à dire et à transmettre. Elle avait pris le temps de lui parler à l'inter-cours, elle avait pris le temps d'essayer autre chose qu'un simple cours magistral. Il l'avait orienté vers beaucoup d'ouvrages, d'historiens, de journalistes spécialisés. Il avait pu lui narrer son époque, ce qu'il avait vu et vécu. Elle en avait appris plus avec lui qu'avec beaucoup de bouquins vagues et imprécis. Lui pouvait témoigner de la réalité d'une époque, des problèmes sociaux, économiques, magiques, d'une certaine année, d'un certain gouvernement, d'un certain mouvement. Il avait connu certaines Guerres qu'on croyait oubliées. A bien y réfléchir, détrôner Binns allait être difficile. Elle comprenait, avec le temps, qu'il avait un argument imparable : son ancienneté.
Finalement, c'était sur ce terrain qu'ils se battraient. L'ancien face à la jeunesse. Le reste, elle pouvait l'obtenir à force de travail. Les connaissances étaient assimilables et l'avantage de l'Histoire restait son invariabilité. Binns, tout aussi vieux et conscient du passé qu'il était, ne pouvait pas déformer l'Histoire. Ce qu'il savait pouvait être appris par son élève. Et étrangement sournoise qu'elle était sur ce terrain, elle lui soutirait un maximum d’anecdotes et de précision que ne lui apporteraient jamais les livres. Elle n'était pas si loin d'une Serpentard quand on parlait d'avenir.

Soit, ce qu'avançait Chapman était recevable, Alice en convenait parfaitement. Elle ne voulait pas s'opposer à lui surtout, bien que l'envie lui titillait l'esprit tant elle voulait lui faire saisir son envie de travailler directement, en alternance pourquoi pas, avec les élèves. Elle savait que certaines Universités Magiques proposaient ce genre de cursus, dont le Royal Magic College de Londres qui demandaient à ses étudiants une véritable implication professionnelle. Le département d'Histoire misant sur une promotion ridicule de seulement cinq élèves, déjà excellents, elle pouvait prétendre entrer en alternance à Poudlard. Elle comptait, un peu, sur les mois à venir pour apprendre à connaître les bonnes personnes afin d'arriver à ses fins.

-Oui... c'est... disons intéressant. Je n'avais pas vraiment pensé au Ministère ou à la Gazette, mais soit, je peux y regarder de plus près.

Elle continua de manger, mâcha bouche fermée comme on lui avait bien appris, et ne repris la parole qu'une fois sa bouchée avalée. Sa voix s'était calmée. Le simple fait que son vieux accepte la voie qu'elle désirait emprunter la rendait radieuse. Rien n'était jamais trop bien pour Chapman Rosier. Lourd à supporter au quotidien, c'était une épreuve de plus dans la vie juvénile de la gamine. Elle l'adorait, absolument, mais ne comprenait pas toujours son radicalisme vis à vis d'elle. Elle se sentait comme mise à l'épreuve jour après jour et cette pression insupportable la stressait de pis en pis.

-Je pensais intégrer le cycle d'Histoire et Politiques Internationales au Royal Magic College. Ils proposent une alternance professionnelle. Je pourrai assister Binns comme ça. Avant de prendre sa place si je me débrouille bien. De mémoire, Il n'y a jamais eu personne d'assez têtu pour travailler avec lui. Alors je serai la première.

Elle n'était pas toujours catégorique, du moins, pas en public. Mais s'il y avait une chose sur laquelle la gamine était résolument têtue, c'était ses études. Elle ne lâchait rien et le travail qu'elle fournissait jour après jour pour rester au niveau en témoignait : elle ne se laisserait jamais porter, elle prenait les devants et assumait des choix qu'elle pesait.

En fait, dans les réunions familiales, ce que détestait Alice c'était l'envie chronique des deux têtes de la famille de se tirer dans les pattes. Elle détestait autant Adrian et son anti-conformisme notoire proprement lié à leur mère qui voulait tirer son gamin de là en délaissant les deux autres, tout autant qu'elle haïssait Chapman pour toujours rabaisser son grand-frère là où il aurait dû être soutenu. Le positionnement d'Alice était complexe, elle ne savait jamais vers où se porter. Elle refusait de dire non à Chapman, elle ne pouvait néanmoins pas abandonner son frère, sa conscience lui interdisait cette possibilité. Restait, normalement, Morgan pour apaiser la tension. Pourtant, lui qui manquait cruellement de caractère en comparaison à sa fratrie, se retrouvait bien souvent au milieu du conflit. Il avait ses moments privilégiés avec Adrian, des moments où ils riaient réellement, où ils discutaient, ils échangeaient. Mais ces moments étaient de plus en plus rares, surtout depuis que le plus grand avait décidé, inconsciemment, d'abandonner la plus petite.

-Et toi, abruti, à part abandonner les deux seuls personnes qui tiennent encore à toi dans cette pièce, tu fais quoi putain ? Vas-y, explique nous ce qu'il veut faire, vas-y, montre nous ! Show must go on, vas-y, on attend l'ouverture des festivités ! Pas une seule fois, tocard, pas une seule, depuis qu'Alice sait parler, elle ne t'a pas vu créer le scandale alors que tu pourrais fermer ta gueule et écouter ce qu'on a à te dire. Tu n'écoutes personne, ni moi, ni même Alice. Putain, tu veux quoi ? Me rab...
-Morgan, c'est bon, tais toi.

Alice ne levait même pas son regard vers les autres. Elle faisait tourner son verre sur lui-même d'une main lassée. Son regard était triste et agacée, elle relâcha le verre et palpa ses lèvres d'une serviette propre pour essuyer le reste du repas qu'elle refusait de consommer plus longtemps. Les longs sermons l'agaçaient, alors elle laissait couler. Non sans avoir son propre esprit critique sur la situation, elle en aurait eu à dire sur le comportement des Rosier. Mais à qui ? Morgan était de toutes façons de son côté, pas par soumission mais par expérience. Adrian ne comprenait pas ce qu'Alice vivait, et Chapman était incapable d'entre-voir autre chose que sa propre pensée. Evan, n'en parlons pas, n'était plus qu'à moitié Rosier et ce, aux yeux de tous les membres présents à ce repas familial. Restait Donovan, mais l'Oncle était un homme incroyablement tranquille. S'il avait cette faculté d'écoute qu'elle adorait, il ne remettait pas en question le jugement d'Alice, par manque d'envie ou simplement par envie de manquer à ce devoir. Finalement, elle était bien seule avec son avis. Elle ne savait pas comment le partager et l'aiguiser. Tout le monde s'en foutait.
Royale, l'ambiance.

-Allez, Ady, assieds toi. Fais moi plaisir, s'il te plaît.

Parce qu'elle aurait eu à redire sur l'idéal princier de Chapman. Si elle se reposait sur son nom et son héritage sans le métier, elle ne savait plus quoi faire. Jour après jours elle s'efforçait de rendre fiers les deux personnes qu'elle estimait le plus au monde. Feu son père et son grand-père bel et bien vivant. Étrangement, elle avait le sentiment d'y parvenir avec un homme qu'elle n'entendrait jamais, mais de pas réussir à sauter une barrière face à la montagne qu'était Rosier Senior.

Elle replaça ses cheveux et souffla d'exaspération. La situation la peinait tout en l'agaçant au maximum. Elle semblait être une boule de nerfs prête à exploser à n'importe quel moment. Il suffisait de la pousser, un rien, et elle lâchait tout. Pressée de se calmer, elle se leva lentement, s'excusa de son absence et gagna la salle de bain, quelques couloirs plus loin. Merde, là c'était calme. Elle passa de l'eau sur son visage, et souffla. Sensible à la crise de panique, elle étouffait dans ce manoir lorsqu'il y avait la mention « dîner familial » qui flottait au-dessus. Elle resta là une bonne dizaine de minutes, replaça sa robe et se recoiffa quelque peu avant de revenir à la salle de réception où se tenait encore le repas. Elle reprit place et ne daigna pas feindre un regard vers qui que ce soit, bien trop énervée que personne, ici, ne daigne arrêter de penser qu'à sa sale petite gueule. Les épines étaient charnues et pourtant, Salazar savait que la Rose était belle à observer.
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La guerre des roses aura-t-elle lieu ? || Rosier(s)

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