POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Juste une mise au poing || Tom

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Al Holmwood-Black


MessageSujet: Juste une mise au poing || Tom Dim 17 Juil - 23:52

Ben les enfants... rude semaine, c'est moi qui vous le dis. Ça avait pourtant commencé plutôt planplan, avec un lundi consacré à une cure de sommeil après un week-end chargé... Mardi boulot,  calme, avec juste la visite de Joe pour m'aider à passer le temps. Et dans la nuit de mardi à mercredi, vlà-t-il pas que Tom Sallybanks, déguisé en hachis parmentier mal gratiné, vient sonner à ma porte. Une nuit à jouer les infirmières, à lui cautériser au couteau chauffé à blanc une vilaine blessure, et à apprendre qu'il est à l'origine de quelques-unes des plus belles escroqueries du monde magique de ces deux dernières décennies. Ça fout un coup, même si on est le genre de mec à bien prendre ce genre de révélations. Et mercredi matin... Je t'ai raconté mercredi matin ?

Le mercredi matin avait été, pour Al, l'occasion d'une première incursion dans le monde des escrocs d'envergure. Vêtu d'un complet gris, impeccablement cravaté de vert, il avait endossé le rôle de John Burgess, associé de Melvin Fairfax, alias Tom Sallybanks. L'idée était audacieuse, trop audacieuse – assez audacieuse pour fonctionner. Sally avait expliqué son plan : se faire passer, au flan, pour les avocats de Chambers, et se pointer, sans papiers mais avec une jolie histoire, à Gringotts pour récupérer l'argent qu'il avait soutiré au magnat du Quidditch. Al, moins habitué que son ami aux coups de poker, avait éprouvé une certaine inquiétude : c'était quand même risqué, comme plan. Les Gobelins de la banque n'étaient pas des chaisières, on ne pouvait pas les bananer comme ça. Son malaise s'était dissipé assez vite, à cause de l'adrénaline, sans doute, et aussi parce que Tom, le vieux barman du Chaudron Baveur qui l'avait pourtant vu grandir, l'avait salué d'un "bonjour monsieur Burgess" réconfortant. Étrange comme on le prenait pour un autre, avec ce costume jamais porté, et surtout avec Tom, sa moustache à la con, son chapeau et ses gants.  En sortant du Chaudron Baveur, il croisa leur reflet dans une vitrine ; c'est vrai qu'ils avaient la grande classe, avec leurs costumes, leurs cravates, leurs mines sérieuses. Ils avaient pris quelques années en se fringuant comme ça, et personne ne semblait reconnaître dans ces messieurs deux gamins qui avaient pourtant grandi sur le Chemin de Traverse. Al se sentit un peu plus à l'aise, du moins jusqu'à l'entrée de la banque. Le vigile se tenait là avec sa sonde. Comment passer sans se faire repérer ? Il lança un regard interrogateur à Tom, qui n'avait pas l'air de s'en faire. Et le miracle eut lieu : une personne trop difficile à contrôler bloquant la file, on les autorisa à passer. C'est quand même beau d'avoir une bonne gueule et l'air assez respectable pour ne pas devoir se conformer aux règles communes. Avec ses jeans et son blouson de cuir, Al faisait d'ordinaire partie de ceux qu'on contrôlait deux fois plutôt qu'une... et là, il entrait comme une fleur, sans même avoir dû décliner son nom. Il pénétra dans le grand hall de la banque d'un pas tranquille, en se demandant un peu ce que devenait sa soeur.  Betty était briseuse de sorts pour Gringotts, et ce n'était pas le moment de la croiser. Ils avaient beau ne pas s'être vus depuis longtemps, elle était foutue de le reconnaître. Ce ne fut pas le cas, mais l'inquiétude le reprenait. Il suivit Tom, silencieusement, comme convenu, dans le bureau d'un des Gobelins, et laissa son ami mener la négociation, se contentant d'appuyer certains propos d'un signe de tête. Et en un rien de temps, Tom avait eu gain de cause. L'argent serait transféré sur un compte à l'étranger, sans laisser la moindre trace. Al s'appliqua à conserver sa mine sérieuse jusqu'à la fin, et, toujours aux côtés de Sally, il franchit la porte de la banque du même pas paisible qu'en entrant, bien qu'une drôle d'envie de courir lui fît monter des fourmis dans les jambes. Il ne pouvait pas croire que ce soit si simple. Quelqu'un allait se rendre compte de quelque chose, appeler à l'aide, les arrêter... mais non. Ils s'éloignèrent sans être inquiétés, et Tom, l'air radieux malgré les contusions, proposa à son désormais complice d'aller boire un verre chez lui. Al était sur le point d'accepter, mais un coup d'oeil à sa montre l'en dissuada :


-Désolé, vieux, mais il vaut mieux que je rentre, sinon mon vieux va m'abattre.

Et ça avait bien failli. Lorsqu'il était revenu, Vega était déjà monté déjeuner et avait donc pu constater que son cadet ne se trouvait pas auprès de Grandma comme prévu. Al parvint miraculeusement à remettre son uniforme de l'apothicairerie assez vite, mais les glapissements paternels retentissaient dans toute la maison. Événement peu commun, Vega montait au deuxième étage. À la hâte, le fugueur se composa une tête de type malade ; la technique, bien maîtrisée, lui sauva la mise. Son père ouvrit la porte en gueulant, furieux, et vit son rejeton sortir de la salle de bains, en sueur, les mâchoires serrées, une main sur l'estomac.

-Désolé, p'pa, j'ai dû manger un truc qui passe pas, fit-il d'une voix saccadée. j'voulais descendre te prévenir, mais... attends, scuse-moi...

Retour salle de bains, bruit dégueulasse, chasse d'eau. Et un peu plus d'eau sur le front pour la sueur. C'était presque trop facile. Vega se laissait avoir à chaque fois, et il se radoucit immédiatement. Il félicita son fils de s'être occupé de sa grand-mère malgré son état, et lui suggéra de prendre l'après-midi pour se reposer. Al profita de la permission pour faire deux heures de sieste, puis rejoignit Vega à la boutique en affirmant que ça allait mieux. Curieusement, il ne pensait plus guère aux cent vingt-cinq mille Gallions promis par Tom. Ce n'était pas pour l'argent qu'il avait suivi son pote, mais pour l'aider – et pour le challenge, aussi. Pour se dire qu'il en était capable.

Question challenge, il ne risquait pas d'être en manque. Dans la soirée du mercredi, un message de Joe lui fut apporté par l'un des employés de l'Emerald's : "Tu combats vendredi, à dix heures. Viens dîner avant, on discutera." Il dut relire deux ou trois fois le message avant de se rappeler la vague promesse faite à son parrain, la veille – cela semblait faire une éternité. Il avait presque oublié ce duel, contre un sorcier redoutable. Joe avait beau affirmer que sa réputation était largement surfaite, il n'en demeurait pas moins un duelliste expérimenté, déjà plusieurs fois vainqueur, alors que le nom de Holmwood-Black n'était même jamais paru sur un programme.

Tu as peur, dis ? Non, c'est pas ça. Je ne dis pas ça pour me vanter, mais je suis pas du genre à avoir peur. Paraît même que des fois, ça me rend con, de ne pas avoir peur. Preuve que j'étais fait pour Gryffondor. Mais disons que si je pouvais m'entraîner un peu, je serais plus tranquille que d'y aller comme ça, sans préparation, avec juste une plume au...
Tom. C'est lui qu'il me faut. Il saura jouer le rôle de coach, et on boira ce coup que j'ai refusé ce matin, ça me fera du bien.

C'est ainsi qu'un petit moment après la fermeture de la boutique, Al se pointait devant la porte de Tom, un petit paquet à la main – quelques trucs à boire, à fumer et à manger pour une soirée mecs, rien que de très classique.


-Ouais, je sais, on avait dit que c'était juste une nuit,
plaisanta-t-il, la mine sérieuse, lorsque Sally ouvrit la porte. Mais j'peux plus me passer de toi, grand fou. J'peux entrer ?


Dernière édition par Al Holmwood-Black le Ven 22 Juil - 22:58, édité 1 fois
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom Mer 20 Juil - 11:39


Tom était tout simplement crevé. Arnaquer des gens bouffait une énergie pas possible, lorsqu'on y songeait bien. Maintenant qu'il était sûr d'avoir récupéré tout l'argent, d'avoir réussi à escroquer de A à Z Ernest Chambers, la pression retombait. Il subissait de plus le contre-coup de l'attaque de Chambers. Tom réalisait enfin à quel point il avait été mal et proche d'y rester : dans la nuit, il en avait eu conscience, mais la douleur avait bouffé l'inquiétude. Les souffrances  se réveillaient peu à peu – même bien soigné, il fallait avouer qu'il n'aurait pas du trop forcer dès le lendemain. C'est ce qu'aurait dit un bon médicomage. Mais Sally se foutait éperdument de sa santé lorsqu'il avait une arnaque à terminer : s'il n'était pas mort immédiatement, il pouvait bien tenir une heure ou deux de plus sans trop morfler. Ca tenait de son inconscience habituelle et de son goût pour le risque. Il serait mort pour démontrer qu'il était plus intelligent que les gens qui lui courraient après. Et là, Sallybanks avait bien démontré cet état d'esprit en le mettant en pratique, puisqu'il avait bien failli crever.

C'était l'incident le plus grave de sa carrière d'arnaqueur, commencée en 1991, et un incident qui avait bien failli y mettre un terme. En vérité, il était épuisé, et ce qu'il sentait depuis un moment, c'est-à-dire qu'il allait falloir qu'il se range, lui paraissait enfin une perspective intelligente, voire agréable. Il avait besoin de repos, et Tom savait également qu'il allait sans doute attirer l'attention de deux ou trois personnes qui ne lui voudraient pas que du bien. Enfin, pas lui en particulier, parce que lui, il restait tout de même officiellement un simple serveur, mais les arnaques de grandes envergures.

Donc, c'était décidé, il allait arrêter pour un moment, et il allait commencer cette pause dans ses activités illégales par une bonne vieille sieste. Il abandonna donc Al sur le Chemin de Traverse pour traverser le Chaudron Baveur – de là, rendu coté moldu, il transplana directement dans une ruelle adjacente à chez lui. Il réalisa soudainement qu'il n'avait pas les clés. Il espéra que comme prévu, son grand-père était arrivé pour faire le point avec lui, et déboula dans le hall pour sonner à la porte, en haut. Fenton Sallybanks ne tarda pas à venir lui ouvrir.

Comme d'habitude, l'appartement deux, comme ils l'appelaient tous, était un vrai capharnaüm. D'abord parce que Tom ne rangeait guère l'endroit, malgré les protestations de sa grand-mère – l'appartement officiel où il vivait, coté sorcier, n'était pas tellement mieux – mais aussi parce que c'était plus un lieu de passage et de travail qu'autre chose : des cartes s'étalaient dans tous les coins, des listes de chiffres, de plans, et de noms traînaient sur les tables, des livres s'entassaient à même le sol. Une armoire d'apothicaire, pleine de potions diverses, traînait sur le plan de travail de la cuisine. Des faux papiers séchaient sur un fil à linge dans la même pièce. La salle de bain servait de chambre noire pour développer des photographies. Tom entra et ouvrit une grande malle à moitié vide et commença à fourrer des tas de documents, alors que son grand-père l'interrogeait :

« Bon, alors, quel bilan ? Tu étais censé revenir plus tard, que s'est-il passé, à la fin ? »
Il passa une autre pile de papiers à son petit fils : « Et pourquoi est-ce qu'on t'as cassé la gueule ? Chambers a tout découvert ?
- Non. Tiens, passe les photos et les passeports. J'ai réussi à récupérer cinq cent mille galions en tout. Il faut qu'on demande à Lambert de me filer cent vingt-cinq mille gallions : je les dois à Al, il m'a filé un coup de main. Et euh...oui, passe le plan Johnson aussi. On va laisser tomber pour l'instant.
- Al ? Al Holmwood-Black ? Le fils de Vega ? Mais qu'est-ce que vous avez fait, Thomas, dans quoi tu t'es embarqué ?

- Pour faire simple, Chambers a pris en grippe Hyatt – sans découvrir que Hyatt n'existait pas.  Il m'a cassé la gueule, je me suis traîné chez Al, on a récupéré le fric qu'on pouvait. Passe moi les bouquins. Tous, ouais. » Il commença à les lancer l'un après l'autre dans le coffre : ce dernier était grand, et avait fait les frais d'un sortilège d'extension. Il pourrait tout y mettre. « Ca reste un excellent chiffre. On peut se faire oublier un paquet de temps avec ça. Au moins huit mois, voire un an. On pourrait carrément fermer boutique, gran'pa. Et pour l'instant, c'est ce que je vais faire. J'ai douillé, je peux te dire, et à l'heure qu'il est, ils doivent avoir compris qu'Hyatt n'existait pas. Puis, on a pas mal joué, là... » Il ferma la malle avec un claquement sec. « Il est peut-être temps d'arrêter, tu sais.
- Et c'est toi qui dit ça ? Allons ! Tu n'es pas dans ton état normal, c'est ta rencontre avec Chambers qui te fait parler. » Fenton Sallybanks s'esclaffa. « Quelques temps, oui, mais toute une vie ? Est-ce que tu en es capable, hm ? Moi je crois que tu es fait pour ça. On en reparlera dans quelques mois. En attendant bravo. Tu prends la malle ?
-Mouais, je vais coller des trucs à brûler. A plus gran'pa. Et je te jure que je suis sérieux, quand je dis que je vais me ranger. » Moue dubitative. « Toute façon, j'ai pas le choix. Bon, je passe par la cheminée. Et j'emporte ça, aussi. »

Tom s'empara de l'armoire d'apothicaire, qu'il ferma soigneusement, jeta une poignée de poudre de cheminette dans la cheminée, et disparut en prononçant son adresse. Il arriva en un clin d’œil à l'autre appartement, où son premier geste fut de prendre une grande lampée de potion anti-douleur. Abandonnant la malle en plein milieu du salon, il se décida à prendre une bonne douche revigorante, qui ne changea rien à son état de fatigue avancé, mais qui eut le mérite de faire disparaître les derniers stigmates du déguisement adopté pour ressembler à ses deux personnages.  Optant pour un jean hors d'âge et un t-shirt orné des couleurs des Flèches d'Appleby, ayant retrouvé sa coupe de cheveux ébouriffée et sa barbe de trois jours habituelles,  il se laissa ensuite tomber dans le canapé et s'endormit pendant trois bonnes heures.

On était en début d'après-midi et il se releva vers seize heures, un peu moins crevé qu'avant. Décidé à se bouger un peu, il ouvrit la malle, classa les livres dans l'immense bibliothèque du salon, qui contenait déjà de nombreux ouvrages : c'étaient des livres policiers ou d'aventures, que vinrent donc agrémenter des tas de bouquins techniques sur des sujets variés, comme la finance magique, les créatures magiques rares ou la politique internationale sorcière : Thomas était un grand lecteur technique, et tous ces textes lui servaient à la préparation de ses personnages.

Pour finir, il alluma un feu ensorcelé, et donc sans chaleur pour détruire tous les documents dont il n'avait plus besoin : il balança pêle-mêle des faux certificats du sang, de fausses signatures, des photographies, des recherches très détaillées sur des lieux ou des personnes, des adresses. Rien ne resta plus finalement, sinon la malle elle-même, qu'il rangea dans le débarras. N'ayant plus aucun documents compromettants avec lui et ayant récupéré ses papiers, il termina le reste de la potion anti-douleur, et étala un peu d'onguents sur les bleus qu'il avait au visage : il avait tout de même meilleure mine que le matin même. Après quoi il se mit en tête de nettoyer le costume de Al – il faudrait qu'il lui rende, tout de même – à défaut de lui donner son argent avant quelques jours, Tom ne pouvant en effet voir Lambert, son banquier suisse, dans l'immédiat. Cela amena doucement Sallybanks jusqu'à la soirée, où quelqu'un se présenta à la porte. Tom s'arrêta dans ce qu'il était en train de faire – c'est-à-dire la confection d'un petit tas de sandwichs au bacon -  et s'approcha doucement de la porte, baguette en main, pour ouvrir : il n'attendait personne, et vu la période, il pouvait se permettre d'être un peu parano. Jetant un œil par le judas, il constata qu'il ne s'agissait que de Al. Comme il était peu probable qu'on lui envoie un officiel du ministère transformé en son meilleur pote, il se décida finalement à ouvrir, rangeant sa baguette dans une poche de son jean. Il sourit :

« Cette question, alors qu'on se connaît intimement, toi et moi. Je suis vexé. Vas-y. »
Il s'écarta pour laisser passer Al et se dirigea vers la cuisine : « Tu veux une biéraubeurre, ou un Pur-feu ? »

Il revint au salon avec quelques bouteilles, et ses sandwichs, qu'il n'avait pas entamé, du coup, pour s'assoir en face de Al dans un fauteuil un peu avachi. L'appartement n'était pas immense, mais il était bien agencé : le salon avait une petite terrasse, et une grande baie vitrée lumineuse. Il donnait sur une cuisine américaine propre et nette, et était complété par deux chambres – une qui servait vraiment de chambre, et une autre de bureau ou débarras, selon l'humeur de Tom. Les murs étaient blancs, l'espace lumineux et clair. Pas spécialement bien rangé – Sally s'abaissait rarement à faire des choses aussi terre à terre que son lit – mais propre. L'ambiance était sympathique. Dans le salon, il y avait ses livres, et puis bien sûr les récompenses qu'il avait reçu en tant que joueur de Quidditch.  Aux murs, quelques photographies : des photos de famille datant du début des années quatre-vingt – Joe y avait son affreuse teinture blonde – ou de Poudlard, et quelques unes datant de la période où il jouait dans les Flèches d'Appleby. Ses guitares trainaient aussi dans le coin – sa Rickenbacker occupait un fauteuil à elle toute seule.

« Fais pas gaffe à l'odeur de brûlé, j'ai balancé quelques trucs... paraît que je vois Anne la semaine prochaine. » Il ouvrit une bouteille de whisky Pur-Feu et se versa un verre. « Puis bon. Quand on a gagné cinq cent mille galions de cette manière, faut se faire discret, quand même. » Il leva son verre et trinqua avec Al : « On s'en est pas mal sorti, cela dit. Normalement, j'aurais ton argent la semaine prochaine, si ça t'intéresse. J'ai ton costume, aussi, tiens. Ton père a rien dit ? »

Conversation purement normale pour quelqu'un qui venait de détourner des centaines de milliers de gallions. Rien ne choquait Tom Sallybanks : il était très bavard, et en attendant de savoir ce qui amenait Al, il meublait sans difficulté la conversation.

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MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom Ven 22 Juil - 23:17

Al n'avait pas attendu la réponse de Tom à sa question, toute rhétorique, pour entrer chez lui. Ils ne se faisaient pas de politesses, et pour cause ; ils avaient quasiment été élevés ensemble, un peu comme deux frères. L'éducation des garçons pouvait laisser à désirer, mais leurs pères avaient au moins réussi cela : les gamins étaient devenus aussi proches amis qu'eux-mêmes, sinon davantage. Al ne comptait plus les fois où Orion et lui étaient allés dormir chez Tom, et le fils cadet de Joe avait lui aussi ses entrées chez Holmwood-Black. Il arrivait régulièrement, en période de vacances, de devoir ajouter une ou deux assiettes sur la table au dernier moment, et cela semblait tout naturel ; Joe comme Vega avaient l'air heureux de cet état de fait, ce qui n'était pas le cas de tout le monde sur le Chemin de Traverse où l'on trouvait que "cette bande de morpions" aurait bien pu rester sagement chacun chez soi.

-Pur Feu, tu seras mignon tout plein, lança Al à Tom qui prenait la direction de la cuisine.

Lui-même se posa sur un fauteuil un peu défoncé, non sans avoir pris au passage l'une des guitares de son ami. C'était une manie chez lui : il ne pouvait pas venir dans cet appartement sans grattouiller une guitare. Il ne jouait en général rien de précis, se contentant de plaquer quelques accords en sourdine, enchaînant des phrases musicales tirées de différentes chansons et des improvisations. Tom et lui avaient en commun une passion pour la musique ; ils avaient même, à une époque, créé un groupe de rock, avec Orion à la batterie. Ils interprétaient pas mal de reprises, mais aussi quelques compositions de leur cru. Les répétitions avaient souvent lieu chez Tom, car Vega ne comprenait pas le plaisir qu'on pouvait avoir à jouer assez fort pour faire trembler les murs. Le groupe avait duré plusieurs années, puis s'était séparé doucement. Rien d'officiel dans la fin de cette formation, juste des répétitions qui s'étaient espacées, puis, Tom en prison, le manque de plaisir à jouer sans lui... Ils n'étaient pas mauvais, pourtant. Ils auraient peut-être même pu faire carrière. Al laissa son regard se poser sur une des photos affichées dans la pièce, sur laquelle les membres du groupe se déchaînaient. Ils jouaient peut-être pour douze potes, cette fois-là, mais ils se donnaient autant que s'ils avaient été devant une salle de cent mille personnes. Il se voyait, âgé de dix-sept ans environ, les cheveux en désordre, sautant comme un possédé tout en jouant. Tom en faisait autant, et Orion, cloué sur son siège de batteur, semblait monté sur ressort lui aussi. Le bon temps, putain d'Merlin.

Tom revenait avec des verres et une bouteille de whisky, ce qui rappela à Al qu'il avait prévu quelques petites choses. Il posa doucement la guitare pour aller fouiller dans son sac en plastique magiquement agrandi et en retirer trois pizzas encore chaudes, des chips, toutes sortes de bonbons moldus, des cigarettes et du champagne.


-J'suis passé côté moldu avant de venir, j'en ai profité pour prendre quelques trucs, expliqua-t-il en se rasseyant. Sers-toi, fais comme chez toi. À la tienne, grand maître de la magouille.

Al avait ses habitudes chez les moldus, et il appréciait particulièrement la grande variété de nourriture disponible à Londres. Les sorciers étaient nettement moins cosmopolites, rien ne valait les quartiers moldus lorsqu'on avait envie d'un bon burger, d'un kebab ou d'une simple pizza. Sur le Chemin de Traverse, on mangeait anglais, désespérément anglais... alors qu'il y avait des pizzerias très correctes sur Charing Cross Road, juste derrière le Chaudron Baveur. Al venait d'ouvrir un paquet de chips en le faisant éclater lorsque Tom revint sur les événements de la journée, évoquant pêle-mêle l'argent, Vega et le costume. Al n'y pensait plus vraiment, et il prit le temps de mâcher une grosse bouchée de chips avant de répondre :

-Oh, j'suis pas venu pour ça, tu sais...

Pour être tout à fait franc, il ne savait pas s'il fallait vraiment croire à cette histoire de cent vingt-cinq mille Gallions. Non que Tom fût malhonnête, mais ça lui semblait trop simple de gagner une telle somme en si peu de temps. Tu verras quand tu les auras, grand. Tu auras tout le temps de réaliser.

-T'as le temps pour le costard, c'est pas ce que je porte au quotidien. Je le mets que pour les enterrements, alors tu vois...

Il avala une grande gorgée de whisky avant de poser son verre pour grattouiller doucement la guitare, tout en racontant son retour chez lui :

-Mon père gueulait tout ce qu'il pouvait quand je suis rentré. "Aldébaraaaaan, il faut que nous parlions, ton attitude est irresponsable et irrespectueuse" et tout le couplet. J'ai juste eu le temps de remettre ma tenue de la boutique qu'il déboulait chez moi... Je savais pas trop quoi lui dire alors je lui ai fait le coup du mec malade. Ça marche tellement bien que ce serait dommage de s'en priver, pas vrai ? Du coup, il a rien dit. Il m'a même filé mon après-midi pour que je me repose, mais j'ai juste dormi une paire d'heures et je suis redescendu bosser. T'aurais vu mon vieux quand je l'ai rejoint, il m'aurait décoré de la médaille des héros du travail s'il avait pu.

Il éclata d'un rire franc et plaqua quelques accords joyeux sur la guitare. Vega était facile à duper tant il s'inquiétait rapidement pour la santé de ses fils, au point que c'était presque devenu un jeu d'abuser de sa crédulité. Le sourire d'Al, cependant, se dissipa tandis que mouraient les dernières vibrations des cordes. Soudain sérieux, il fit :

-Bref, j'suis pas venu pour ça. J'ai besoin de toi, mec. J'ai un duel vendredi à l'Emerald's, et... bon, tu me connais, je suis pas du genre à flipper, mais j'ai quand même besoin d'un peu d'entraînement. Je me sentirais plus tranquille, disons. C'est contre Aldridge, tu sais... Ça te dirait de jouer le coach ?
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom Lun 8 Aoû - 17:47


Si on y regardait bien, Tom n'avait pas tant d'amis que ça, en tout cas de gens dont il se sentait vraiment proche. Bien entendu, il était relativement populaire à Poudlard, et il connaissait des tas de gens lorsqu'il était élève à Serpentard, parce qu'il était la personne à connaître si on voulait parier, parce qu'il était un batteur doué et un type drôle, qu'il était de toutes les fêtes et que son humour bruyant, ses provocations permanentes, son insolence et son charme surfait lui ouvraient toutes les portes. Mais même lui en était conscient : c'était Fenton le beau garçon de la famille, et il n'avait pour lui qu'une personnalité plus ouverte et une capacité à sourire et une telle ingénuité, une malhonnêteté si franchement assumée qu'il ne pouvait qu'être sympathique. Une réputation de bon camarade, malgré tous ses travers et ses petits délits, lui avait assuré d'être toujours entouré, de toujours sortir, faire la fête, de fréquenter des milliers de gens dont il ne se souvenait pas du nom, lorsqu'il avait commencé sa carrière de joueur de Quidditch. En somme, là encore, il réussissait à ressembler à Joe : on préférait son père à l'oncle Doug à Poudlard, parce que même si Joe était un sale escroc, il avait une personnalité – ce dont manquaient un peu Fenton et l'oncle Douglas, ouep, parce que l’honnêteté, ça ne faisait pas tout, ça pouvait même gâcher un bonhomme.

Tom était un type sociable : il était populaire au sein de l'équipe des Flèches d'Appleby aussi bien qu'au sein de l'équipe d'Angleterre – deux sélection en une très brève carrière lui avaient assuré un statut plus que respectable – ou que parmi les supporters. Il était du genre à aller vers les gens, à sourire, à accepter de prendre des photos avec les fans et à signer des autographes, et ça passait bien. Mais au final, il n'avait pas gardé énormément d'amis, non : Azkaban avait éloigné tous les gens qui le fréquentaient pour la célébrité ou qui avaient trouvé le personnage truculent de Tom Emerald sympathique. On aimait bien les escrocs tant qu'ils ne se faisaient pas arrêter. Mais après sa sortie de prison, non seulement il n'avait plus forcément envie de fréquenter ses anciennes connaissances, qui pouvaient nuire à ses arnaques, mais qui plus est, beaucoup lui avaient tourné le dos. Et même si aujourd'hui, il avait repris sa manie des fêtes, les gens qu'il fréquentait, qu'il connaissait vraiment, se comptaient sur le doigt de la main. Comment aurait-il pu en être autrement, de toute façon ? Il n'était qu'un serveur dans un bar branché, il faisait partie des meubles, et les gens avaient oublié depuis longtemps Tom Emerald. Tom Sallybanks n'était bon qu'à leur faire des cocktails et à leur procurer quelques autres substances moins légales, ou quelques filles ou garçons s'ils le voulaient et si son père estimait qu'ils étaient suffisamment raisonnables pour leur permettre de s'éclater dans les salons privés du Emerald's. Lui qui avait fréquenté la jet-set connaissait bien l'élite : il pouvait appeler tous les clients par leur nom, et pour ses arnaques il se fondait souvent parmi eux, mais il savait que ce n'était plus sa place. Déchu, oublié, il avait perdu l'argent et la popularité.

Mais il restait à Sally de vrais amis : et il savait que pour tout le monde, c'était pareil. Parmi ces gens, il y avait Fenton, sa famille, la vraie, deux ou trois potes du temps de Poudlard, comme Adrian, Theo, ou encore Ashley, et d'autres du temps où il jouait au Quidditch – Terry, et miss Cockburn, par exemple. Mais hors de ça, personne, sauf bien sûr Orion et Al Holmwood-Black. Mais eux aussi, c'était presque comme de la famille. C'était ses potes depuis avant même Poudlard, ses potes de toujours, ceux avec qui il jouait dans ce groupe de rock nommé Octopussy qu'ils avaient fondé en voyant une affiche d'un vieux James Bond lorsqu'il était sorti du coté moldu – sans jamais chercher à savoir qui était James Bond, d'ailleurs. Tom jouait toujours un peu de basse, mais il n'avait plus trop le temps aujourd'hui. De temps en temps, il imaginait reprendre la musique, mais à quoi bon ? Ce ne serait plus vraiment pareil. En attendant, sa porte était toujours ouverte à Al, et c'est avec plaisir qu'il trinqua avec lui, avant de balayer son argument d'un geste de la main indifférent :

« Tatata, qui paye ses dettes s'enrichit. Je suis un escroc, mais je paye mes dettes – d'abord parce que ça se fait, et puis franchement, tu les as mérités. T'as de l'avenir de l'escroquerie, je m'en étais pas rendu compte avant, mais ouais. »


Après tout, même Fenton y réussissait malgré lui, alors Al, qui était tout de même plus souple là-dessus, et sans doute plus doué – Tom savait bien qu'aucun de ses amis, ou presque, n'avait jamais été vraiment honnête, mais il s'en foutait : il pouvait compter sur eux, ce qui lui suffisait. - avait toutes ses chances. Il avala une gorgée de whisky, plutôt bon et lança d'un ton amusé :

« Enfin, je t'oblige pas à recommencer. Même moi j'essaye de me ranger. »
Il soupira, toujours pas sûr d'être capable de le faire, puis sourit d'un air complice et expliqua les motifs de cette décision surprenante pour un homme qui payait les conséquences de ses arnaques le matin même : «  Rapport à Anne, comme je te disais. J'essaie de faire un effort. J'essaie... »

Estimant en avoir assez dit, il préféra changer de sujet : il était rare de voir Tom faire un effort pour une fille, et il avait assez écopé de sous-entendus, et ce depuis Poudlard, sur sa relation avec Anne Fraser. Il devinait déjà les railleries de Al poindre, et examina la bouteille de champagne :

« 90, hein ? Bon millésime. »

Il était un expert là dedans, même s'il préférait le whisky. Se décidant à attaquer la pizza, il commença à taper dans une trois fromages bien chaude, et éclata de rire alors que Al parlait du costume qu'il lui avait prêté :

« C'est pas passé loin, avec toutes ces conneries. T'aurais pleuré, un peu, au moins, pour mon enterrement ? »
Il éclata de rire et écouta Al parler de son père en souriant : le pauvre vieux Vega était d'une naïveté toujours prévisible avec ses enfants, qui catastrophait Joe. La pensée de son propre père tira à Tom une grimace : « Mon père va râler lui aussi, tiens : je vais pas revenir avant deux trois jours au boulot. Mais bon tant pis, ça valait le coup, après tout. »

Il  le prenait avec philosophie : Joe râlait pour tout et n'importe quoi, surtout quand ça touchait à ses affaires de près ou de loin. D'ailleurs, il avait tout l'air d'avoir embarqué Al dans un ses délires : le duel. Tom s'y était frotté quelques fois. Il n'était pas mauvais duelliste, car bagarreur dans l'âme.

« Aldridge ? Il a une putain de faille en défense, mais c'est une brute en attaque. Pas impossible à battre, mais faut l'empêcher d'avoir l'initiative. »
Il se servit en chips : il avait une faim de loup. « Vous roulez en officiel ou en libre ? » Libre voulait dire illégal, mais c'était le jargon de Joe qui avait fait du terme une habitude. « En libre ce sera peut-être plus facile, puisque tous les coups sont permis. Je peux te filer un coup de main, mais vu mon état, faudra que t'essaye de pas trop me casser la gueule, ou tu vas m'achever. » 

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MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom Ven 26 Aoû - 23:47

Un bon pote, de quoi bouffer en pagaille et une guitare sur les genoux : franchement, que demandait le peuple ? Les dix-huit dernières heures avaient passé d'une façon étrange, à la fois incroyablement rapide et terriblement lente. Al avait peine à croire qu'il n'y avait même pas vingt-quatre heures qu'il avait dû cautériser une vilaine plaie sur le bide de son ami. Entre-temps, il s'en était passé, des choses. La fatigue, puis l'adrénaline du petit scénario à la banque, puis l'épuisement, une fois l'excitation retombée... et là, il était juste bien, tandis qu'il se bourrait de chips et plaquait quelques accords décousus sur la guitare. Il ne voyait pas assez loin pour s'imaginer que leur joyeuse mise en scène chez Gringotts pourrait avoir des conséquences. Il dormirait comme un bébé ce soir, sans redouter une descente des flics à l'aube, sans se sentir malhonnête le moins du monde. Il ne manquait presque rien à son bonheur, à présent – hormis, peut-être, une petite rousse pas farouche sur les genoux à la place de la gratte. Là, ce serait parfait. Il faudrait qu'il aille draguer un peu sur le Chemin avant de rentrer, histoire de ne pas se coucher seul. Il avait refait le lit, que Tom avait imprégné d'une odeur de sang tenace, et tenait à inaugurer ces draps tout propres en galante compagnie. Il ponctua cette décision d'un ultime accord, puis se décida à poser la guitare pour aller s'attaquer à la pizza trois fromages. Pendant ce temps-là, Tom le complimentait sur sa prestation, et Al fit mine de rougir :

-Allons, tu sais bien que la flatterie, ça ne marche pas avec moi... Mais on remet ça quand tu veux, grand fou, souffla-t-il, pince-sans-rire.

T'es sérieux, quand tu dis ça ? Possible. J'ai adoré ce moment d'angoisse qui te noue les tripes et te donne des ailes. Cette sensation d'avoir toutes les cartes en main. Je n'ai pas fait grand-chose, mais ça m'a plu. Et si Tom vient me proposer un autre coup, sûr que j'accepte. Et toi, tu ne lui en proposeras pas ? Non, c'est lui l'expert. Et puis s'il veut se ranger, je vais pas aller tout compromettre, si ? Je suis pas un salaud. S'il m'appelle, je réponds, mais c'est tout.

Car Tom évoquait la possibilité de se ranger. Cela signifiait que sa relation avec Anne devait être vraiment sérieuse, pour qu'il en soit à se préparer une nouvelle vie d'honnête homme. Depuis Poudlard, il avait toujours été un combinard, à tel point qu'il était difficile de l'imaginer dans un autre rôle. Al préféra ne pas commenter, ce que le gigantesque morceau de pizza chaude qu'il avait enfourné dans sa bouche lui interdisait de toute façon de faire. Il retrouva l'usage de la parole uniquement pour ricaner :

-Tu crois que j'aurai que ça à foutre, à ton enterrement ? J'serai ici à récupérer tes guitares, mec. C'est mon héritage, ça. T'oublies pas de le marquer sur ton testament, hein ? De toute façon, maintenant que je suis ton fils spirituel, j'y ai droit.

L'oeil narquois, il avala une bonne gorgée de whisky et se rencogna dans le fauteuil. On était bien, bordel, même sans la rousse évoquée un moment auparavant. Il ne serait pas compliqué de trouver une gentille fille avec qui passer la nuit ; Al avait sa petite liste de secours, et certaines personnes qui y figuraient seraient sans doute à l'Emerald's ce soir. Des filles pas chiantes, toujours disponibles pour un s'envoyer en l'air sans vouloir s'embarquer dans des histoires à la con de dis-tu-m'aimes-fort-ben-alors-épouse-moi. Des copines, pas mécontentes d'avoir elles aussi un mec tout disposé à rendre service. Échange de bons procédés, que ça s'appelle.

-Tiens, parlant de ton pater... Je risque de passer à l'Emerald's ce soir, tu veux que j'l'avertisse que t'as une grosse gastro ? Comme ça il sera content que tu te tiennes à distance de ses clients...

Parler de l'Emerald's (ou de l'Emeu, comme disait parfois Al dans ses moments de flemme intense) lui rappelait ce duel. Aldridge, ouais. Pourquoi j'ai accepté, déjà ? Et je ne sais même pas si c'est officiel ou libre.

-J'ai... En fait j'ai pas demandé, confessa Al penaud. Faudra que je demande à Joe, c'est vrai que ça change pas mal de trucs. Mais il m'a pris au dépourvu, aussi, j'savais pas quoi lui dire, moi... tu sais comment il est quand il te fait comprendre que t'es quand même hyper décevant, même s'il te dit qu'il t'en veut pas ?

Nouvelle gorgée de whisky, nouvelle part de pizza, mâchonnée en silence, puis il reprit :

-J'me doute bien que t'es pas en état de te battre, connaud. Ce qui m'intéresse c'est surtout que tu me coaches. Tu connais Aldridge, tu connais son style, tu peux forcément me donner des conseils utiles. Après, si tu penses qu'il faut qu'on se fasse un duel d'entraînement, on peut le faire, mais j'ferai gaffe à toi. Je t'ai pas réparé cette nuit pour t'esquinter ce soir, quand même.

Il sécha son verre en se disant que s'il fallait se battre, même en amical, mieux valait arrêter là avec le whisky. Les chips, en revanche, lui semblèrent un carburant particulièrement indiqué pour un duelliste, et il en reprit une belle poignée qu'il se mit à dévorer à belles dents, en souriant sans raison particulière, juste parce qu'il était bien.
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MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom Mer 31 Aoû - 11:05


Il allait sans dire qu'en tant qu'escroc qui se respectait, et de duelliste clandestin, Tom savait se battre. En réalité, parce qu'il était un bon escroc, il avait des connaissances en beaucoup de domaines, même si elles n'étaient pas forcément toute développées au maximum : souvent, quelques notions superficielles lui suffisaient, et il ne se renseignait à fond que lorsqu'il avait besoin de quelque chose en particulier. Ainsi les savoirs de Tom étaient particulièrement éclectiques et paraissaient souvent sans rapport entre eux : tous, cependant, avaient une utilité pratique. Quant au duel, on pouvait l'y dire bon, sans être du niveau d'un foudre de guerre, il s'y débrouillait plutôt bien. Son père l'avait un peu entraîné, et à force de se friter dans les couloirs avec les élèves de Gryffondor à Poudlard, et Al pouvait en témoigner, Tom avait acquis un niveau plus que correct, que ce soit avec ses poings ou sa baguette. Sans doute meilleur avec les poings même. Dans une autre vie, il avait probablement été un boxeur plutôt qu'un vrai duelliste : sans doute les origines moldues de la famille. Joe lui avait quelques fois dit que son père, Ed, ne s'y entendait pas trop mal pour casser la figure des gens sur un ring. Oh, bien sûr, Tom n'avait pas le niveau de Joe lui même, mais Joe était un ancien auror, et pas lui, et de plus son père traînait dans le milieu du duel illégal depuis plus longtemps que lui.

Chacun sa forme d'adrénaline, du moins Tom le supposait, et chacun sa manière de gagner du fric : ils avaient en commun le fait que ni les duels, ni les arnaques qu'ils menaient tous deux, n'étaient très légaux. Tel père tel fils, pouvait on dire, encore que les Emerald avaient carrément réussis à influencer tout leur entourage. Seuls quelques îlots d'honnêteté persistaient encore, tel Fenton ou à la rigueur Jezabel, qui, si elle n'était pas tout à fait honnête non plus, avait quand même sacrément plus de moralité qu'eux. Mais pour le reste du monde ? Par exemple, Al. Tout pour réussir de manière parfaitement légale dans la vie. Ou du moins pour rester borderline : Thomas se doutait depuis assez longtemps qu'il n'était pas vraiment qu'un simple apothicaire. Ça ne le dérangeait pas : après tout, même si on écartait ses activités de voleur professionnel, il n'était pas non plus un simple un simple serveur essayant modestement de gagner sa vie. Non, il respectait les choix de chacun. Même si ça l'amusait toujours de raconter ses petits plans devant Adrian, qui en bon représentant de l'ordre honnête qu'il se pensait être – parce que mine de rien, quand on avait été condamné à Azkaban, en général, il y avait une raison, surtout lorsqu'on devenait mangemort après. Même s'il était convaincu que Ady était incapable de faire du mal à quiconque volontairement, Sally n'adhérait pas du tout à ce qu'il représentait -  s'en arrachait les cheveux. Bref, en ce qui concernait Al, néanmoins, il y avait tout de même une frontière entre escroc professionnel et ce qu'était son meilleur pote : Tom le savait, et sourit d'un air amusé :

« Pour l'instant, de toute façon, que je me range ou pas, c'est la discrétion qui prime. C'est la première règle : quand tu fais des trucs comme ça, faut savoir disparaître et t'effacer. Si tu frimes trop, on te chope, on te baise, t'es foutu. »


Et là c'était l'aller simple pour Azkaban, ou pire, le meurtre. Il y avait plein de riches qui se faisaient voler du fric, mais aucun qui n'appréciait de le constater. Quand ça arrivait, certains pétaient un câble. Sally ne comprenait que mal pourquoi on pouvait s'offusquer de perdre un peu d'argent de la sorte : ils en avaient dix, vingt, trente fois plus que ce qu'il pourrait jamais voler dans toute une vie, pour la plupart ! Mais comme il se méfiait des colères des plus tarés d'entre eux – hello monsieur Chambers – il préférait retomber dans la discrétion. Pour mieux recommencer ensuite, ou pour disparaître définitivement, il verrait, même s'il envisageait sérieusement la seconde option.

« Tu saurais même pas en jouer, mon vieux, et puis hors de question que je les lâche. Du fric je veux bien, la basse, tu peux rêver ! » Autant il laissait volontiers la guitare, la Wizard Lane, à Al, autant la Rickenbacker, cadeau de l'oncle Doug à son père passée après entre ses mains, Tom ne la lâcherait jamais et elle le suivrait dans la tombe. « Réclame plutôt de l'argent, tiens. Faut avoir de l'ambition et être pragmatique, mon pote ! Avec du fric, on s'achète toutes les guitares qu'on veut, fiston spirituel. » Il était mort de rire : « Fiston spirituel, en voilà un nouveau surnom, on dirait un truc de scout moldu. »

Les références à la culture populaire moldue autant que sorcière étaient nombreuses chez Tom : ça n'étonnait personne. Sa famille était ouvertement sang mêlée et son père avait conservé des tas de tics de moldu. Il avait grandi dans cet univers ouvert culturellement, et était largement capable de se débrouiller chez les moldus et de comprendre de quoi ils parlaient. Il secoua d'ailleurs la tête lorsque Al évoqua Joe :

« Nan, laisse tomber, il te croira pas, mais merci, mon vieux. »
Joe était très loin d'être naïf quant à son fils : Thomas se demandait ce qu'il avait vraiment compris à propos de ses autres activités. « C'est pas vraiment comme s'il pouvait pas se débrouiller, je me démerderai avec lui la prochaine fois que je le verrais. »

C'était un type dur, Joe, et un roublard : Tom avait de qui tenir, et voyait exactement comment il avait réussi à embobiner Al. Son père s'arrangeait toujours pour qu'on ne puisse rien lui refuser et qu'on lui dise toujours oui. Il hocha la tête d'un air pensif :

« Ouais, à chaque fois que Fen' est le fils génial et que moi je ne fais rien de particulier. »
Il haussa les épaules : il était habitué. Thomas n'avait rien contre son père, il l'aimait bien, mais ils n'attendaient rien l'un de l'autre. « Bon, on va éviter que ça se transforme en boucherie. » Il attaqua une deuxième part de pizza tout en réfléchissant à haute voix : « S'il t'a demandé, ça doit être en libre, sinon il aurait pris un pro. Ça nous avantage, je suppose. »

Il enfourna une poignée de chips et continua sur sa lancée, essayant de se rappeler au mieux de la dernière fois qu'il avait combattu contre Aldridge : un type lourd, peu mobile, mais une vraie force de la nature.

« Bon, s'il te force à jouer en défensif, s'il te coince dans les cordes, c'est fichu pour toi, c'est net. Par contre, si tu peux le forcer à bouger, et à prendre ensuite le dessus en attaque pour l'envoyer lui dans les cordes, c'est jouable. »
Il réfléchit un moment : « En fait, c'est plus de l'esquive que de la défense : c'est un bœuf, mais son propre poids va l'user si tu le fais courir. En gros, faut tout de suite que t'attaques sans chercher à placer des sorts de défense, et que tu contentes de te déplacer assez vite pour qu'il t'atteigne pas. Et quand il sera bien fatigué de courir, tu le forces lui à jouer en défense en le coinçant dans les cordes. » Il hocha la tête pensivement, son plan n'était pas mauvais du tout : « C'est chiant à expliquer, vaudrait ptêtre mieux que je te montre. T'en dis quoi ? »

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MessageSujet: Re: Juste une mise au poing || Tom

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Juste une mise au poing || Tom

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