POUDNOIR
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Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini]

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Ven 2 Sep - 0:43

Si elle avait su la peine qu’elle infligeait à Adrian, nul doute que Juliet se serait sentie coupable. C’était tout elle ça. Elle était ce qu’elle était, c'est-à-dire assez dure de prime abord et pas facile à approcher, elle détestait blesser les gens volontairement. Qu’ils soient mangemorts ou non d’ailleurs. Elle avait beau mépriser la condition et le métier de l’homme en face d’elle, elle estimait qu’utiliser les mêmes méthodes que les mangemorts contre eux n’avaient rien de glorifiant. Tout le contraire en réalité ! Elle-même avait été tellement blessée, et si souvent qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de ne pas vouloir faire la même chose à autrui. Bien entendu, elle dramatisait, on ne pouvait pas comparer une parole un peu sèche et des attouchements déplacés, mais tout de même.

C’était assez ironique, au final, que quelqu’un à l’air aussi dur et froid de prime abord soit aussi gentil. On lui avait souvent reproché quand elle faisait partie des baguettes d’élites et qu’elle éprouvait des scrupules à coffrer certaines personnes. Tous le monde, lui avait dit son chef, à des circonstances  atténuantes si on regarde attentivement, mais ce n’est pas parce que les circonstances sont atténuantes qu’on peut entièrement pardonner un geste pour autant. Il y a des lois, des notions de bien et de mal qui ne peuvent pas être simplement mise de côté selon les circonstances. Juliet, droite et éprise de justice comme l’était, n’avait pas pu faire autre chose qu’approuver les paroles de son supérieur et mettre ses scrupules de côté.

Evidemment, si Juliet avait su, elle se serait probablement comportée autrement, mais elle ne savait pas. Par conséquent, elle entra juste avec lui dans le bar, amusée par cet enthousiasme qui lui semblait étrange au vu du lieu dans lequel elle le traînait.

«  - J’avais prévu de payer, je ne suis pas du genre à me faire inviter et je te dois un verre. Je paie toujours mes dettes.
», Ajouta-t-elle tout en sachant qu’Adrian ne repérait pas l’auteur moldu auquel elle faisait référence. Merlin savait qu’elle n’avait rien d’un Lannister ! Elle lui fit un clin d’œil presque amical et ajouta : « Et puis les hommes ne paient que quand ils veulent emballer. Ici, on va plutôt essayer de survivre à la soirée. »

Bon au moins les choses étaient dites. Que ça soit son intention ou non, s’il l’avait suivie parce qu’il cherchait une fille facile avec qui coucher, il pouvait toujours se la mettre sous le bas. Juliet n’avait jamais été le genre à être la fille d’un soir et pour autant qu’elle s’en souvienne, elle n’avait guère eu d’expérience en dehors de sa vie conjugale et c’était fort bien comme ça.

Le bar la mettait de bonne humeur, elle était dans un environnement familier, anonyme et surtout, elle se sentait en confiance parce qu’elle savait qu’Adrian n’était pas dans son élément. Le voir hésiter devant la carte parfaitement inconnue était hilarant, la tête du serveur bien plus et l’idée qu’il ait pu prendre du coca achevait de lui donner le sourire. Chose assez rare pour être noté, c’était un peu comme aller au zoo avec un enfant pour la première fois. On ne pouvait s’empêcher de rire du décalage. Elle lui tendit une serviette et lui fit signe qu’il pouvait se servir un oignon frit pour passer le goût s’il désirait :

« - C’est du coca, ça vient des Etats-Unis, c’est assez particulier quand on en a jamais bu, mais les enfants moldus en raffole, un peu comme le jus de citrouille. Je ne suis pas fan non plus …Et je suis une très bonne buveuse, il ne faut pas croire. », Elle haussa les épaules et ajouta avec un sourire. «  C’est un mensonge, je n’ai jamais vraiment bien tenu l’alcool, mais c’est un peu pathétique à avouer. »

Elle fit signe au serveur de venir :

« - Vous pouvez remettre la même s’il vous plaît ? », Elle se tourna vers Adrian. « Je crois que c’est plus dans tes goûts. »

Il y avait quelque chose de profondément irréel dans cette situation. Comment par tous les dieux, s’étaient-elles retrouvée dans un bar moldu, accompagnée d’un mangemort notoire comme compagnon de beuverie. Non décidément, elle avait beau faire, elle ne comprenait pas comment les choses en était arrivé là, ce n’était absolument pas rationnel et elle n’aimait pas ce qui n’était pas rationnel !

La boisson arriva rapidement, le bar avait beau être bien rempli, le serveur était d’une efficacité impressionnante. Autour d’eux, il n’y avait que des gens sans histoire, ou en tout cas, inconscient de cette guerre entre sorciers qui régnait dans leur monde et sans préjugés envers elle, tout comme envers Adrian. En un sens, elle comprenait le discours d’Adrian. Il faisait écho à un sentiment qu’elle éprouvait également. Jule se sentit un peu déconcertée quand il l’accusa de ne pas franchement l’apprécier. Elle n’avait pas l’habitude d’autant de franchise et pendant un moment, elle ne sut pas quoi faire d’autre que de baisser instinctivement les yeux sur son verre et faire glisser son doigt sur la bordure mouillée de celui-ci. Elle en but une gorgée. Pas une gorgée franche, mais plutôt une petite gorgée timide de ces gens qui ne boivent plus depuis un moment et doivent se réhabituer à la boisson. L’amertume de la bière lui monta à la gorge et elle déglutit discrètement avant de relever les yeux vers son interlocuteur. Puisqu’il était franc, elle le serait aussi.

« - Ce n’est pas vraiment toi que je n’aime pas. Je ne te connais pas et je suis sûre que tu es un type charmant. C’est ta marque que je n’aime pas. »


Elle prit un oignon et le trempa généreusement dans la sauce tartare avant de le grignoter, elle lécha discrètement son petit doigt où était resté de la sauce et continua :

«  - Tu me diras que la marque n’est qu’une partie, un à côté, mais le problème c’est qu’elle symbolise beaucoup de chose auxquelles je ne crois pas. Et c’est une façon polie de le dire. Comme mon parti symbolise probablement pas mal de choses contre lesquelles tu te bas. C’est difficile de faire la part des choses entre l’homme et la fonction qu’il incarne. »


Elle leva son verre et l’entrechoqua contre celui d’Adrian.

« - On a pas trinqué, sept ans de malheur au lit disent les moldus. Je m’en voudrais d’être responsable d’un échec à ce niveau-là. »

Elle sourit :

« - Bon, on avait dis qu’on ne parlerait pas de politique. Tu joues au billard ? Si non, tu vas apprendre. »

Elle désigna les billards un peu plus loin et s’y dirigea avec sa bière.

« - Celui qui gagne la première partie affonne une bière ? »

Cette soirée faisait définitivement partie des plus étranges de sa vie. Autant qu’elle ne la voit pas passer.
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    Adrian Rosier


MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Sam 3 Sep - 2:01


Le truc d'Adrian Rosier, c'est qu'il avait beau faire de son mieux, ça n'était jamais assez. Il ne pouvait adopter que deux attitudes : soit plier et rentrer définitivement dans le moule familial, soit tout contester et le rejeter en bloc. Sa personnalité propre le poussait à s'émanciper des règles posées par son grand-père, en cassant ses codes.

En tant qu'individu, il n'était  pas fait pour être un chef de famille sang pur, et encore moins un mangemort. Et il le savait. C'était de là que provenait sa rage sourde envers le merlinisme - mais c'était une rage personnelle, décorélée de toute motivation politique. Pourquoi broyer les gens alors qu'on peut les aider ? Pourquoi les faire trinquer à la place d'autres ? Personne n'y a rien gagné et moi j'ai tout perdu. Si on lui avait tendu la main - ou si, simplement, on avait supprimé l'influence néfaste de Chapman, véritable responsable des crimes dont était accusé son petit fils - qui savait comment Adrian Rosier aurait tourné ? Peut-être ne serait-il jamais devenu mangemort. Peut-être, ouvert au débat comme il l'était, aurait-il fini par abandonner les vagues idées puristes qu'il avait.

Probablement pas. Il y a des accès de fierté qui ne se contrôlent pas et auquel on ne peut rien faire. Il y a des volontés d'obtenir quelque chose qui dépassent tout, y compris l'âme, et la raison. Je ne suis pas que la Ronce, comme vous m'appelez. Je suis Adrian Rosier. Je suis du même monde que vous. Et il entendait bien prouver qu'il méritait ce nom. Voilà pourquoi même s'il en souffrait, il tentait de forcer le destin, avec une obstination et un courage quasi suicidaire.

Ces deux états d'esprit prenaient en général alternativement le pas l'un sur l'autre ; cela produisait un effet dépressif marqué chez Adrian, fragile par nature. Mais cela avait été accentué par Azkaban. Avant ça je n'avais pas peur de moi-même. Maintenant si. Il avait bien des qualités et des défauts en tant qu'homme. Il était drôle, ouvert d'esprit, d'une loyauté à toute épreuve. Mais il était aussi colérique, cyclothymique, trop bavard, trop fier. Et sans doute trop blessé pour ne pas vouloir se venger. Prendre une revanche sur tout. La vie, sa famille, les merlinistes. Alors je jouerai avec vos règles, votre monde corrompu, j'en sortirai vainqueur.

Il pensait vouloir cela, mais c'était une sale vie. Tu n'as gagné l'estime de personne.T'es seul, Adrian. Et t'as honte. Moi je ne voulais pas. Mais il ne pouvait pas laisser passer ça, laisser le monde - que ce soit les Rosiers ou les autres - le détruire. Alors il faisait de son mieux, et il s'horrifiait lui-même. Choisir une autre voie ! Il aurait donné n'importe quoi pour l'avoir fait, et il aurait sans doute été plus heureux ainsi. Mais on ne  fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie. On fait ce qu'on doit.

Il n'avait pas encore compris que même si il faisait tout parfaitement, il n'aurait jamais l'estime de personne. Adrian faisait au mieux : il était haï des Merlinistes et méprisés par les mangemorts. Trop extrême et trop modéré. Viendrait un jour proche où il choisirait. Il n'en serait pas plus heureux - perdre un camp serait alors inévitable ou presque - mais au moins un peu plus en paix avec lui.

En attendant, il passait une drôle de soirée. Vraiment étrange, décalée, un peu triste par moment. Mais pas une mauvaise soirée. Adrian était un optimiste doublé d'un brave type. Il croyait fermement qu'il finirait par s'entendre avec Juliet Birch. Si elle cessait d'être têtue et lui timide - et le contraire valait aussi - sans doute.

« Mais j'ai dit que tu n'avais pas de dettes ! »
Quel sacré caractère, à la fin. « Si tu t'obstines à me parler de quoique ce soit de ce genre, maintenant, je te préviens, je serai obligé de t'inviter en retour ! »

Ce n'était pas une bien grosse menace. N'importe quelle femme aurait été flatté. Et puis ce fric ne me sert à rien après tout. Mais Jule Birch n'était pas de ce genre là. Il sourit encore, amusé :

« Judith serait très déçue de ce refus péremptoire.»
Il eut un rire joyeux : « Bon, ne me fusille pas du regard comme ça. Je ne le ferai pas.»

Forcer la main aux gens, très peu pour lui. Et qu'est-ce que tu fais, sinon lui forcer la main en restant, hm, Adrian ? Passer une soirée étrange, sans doute. Plutôt marrante. Hors des clous, de l'univers sorciers, il était plus calme, plus attentif, moins déprimé. Penser à autre chose qu'à lui - il était naturellement curieux et les mille et une chose inconnues du monde sorcier de ce bars l'intriguaient autant qu'elles l'émerveillaient. - lui faisait du bien. Même si la gêne persistait, le statu quo précaire qu'il avait réussi à établir avec Jule se maintenait. Pour Adrian, c'était une petite victoire - autant que le rire de la jeune femme lors de sa déconvenue avec le coca.

« Je me demandais si je te verrai rire. Je commençais à en douter. »
Il sourit légèrement. « C'est un peu à mes dépends mais disons que c'est mérité...et je ne comprends vraiment rien au monde moldu, qu'est-ce que c'est que ce sport ? »

Vingt-deux gars, une balle qu'ils tapent avec le pied, le bar diffusait sur un poste télévision un match de football. Mais où est l'intérêt ? Je veux bien essayer de comprendre mais ça me dépasse, en fait...la bière, elle, cependant, était bonne. Cela l'aida à réfléchir à ce que disait Juliet Birch. Le raisonnement se tient, je sais, mais c'est si réducteur...il y aurait eu temps à dire. Mais à quoi bon ? Lui même ne savait pas bien où il en était.

« Je pourrais me justifier des heures durant au sujet de la marque. Il y a trois ans c'était le plus logique pour moi. Je ne dis pas que j'avais raison. Juste que j'avais mes raisons. Et malgré le symbole, elles n'étaient pas politiques.»


Je voulais être digne des Rosiers. Te venger de l'injustice des Merlinistes. Pas de leurs idées mais de son minable simulacre de procès, attention ! Et de Azkaban. Mais la violence, autant la sienne que celle des autres, le terrifiait depuis qu'il avait vu le Lord la première fois. Adrian Rosier était fait pour autre chose que ces combats : sa morale et son sens de la Justice lui hurlaient qu'il s'était trahi. Et pour rien. Et ça le rendait malade d'y penser. Il trinqua donc avec joie, ravi de changer de sujet.

« Bon, je note un usage moldu de plus. Ne prenons pas le risque. »


Quant au billard, eh bien, si on lui proposait un défi, il e pouvait pas dire non.

« J'ai les bases.»
Merci Tom et Al. «  Je veux bien essayer. Au pire, on vérifiera si tu tiens vraiment l'alcool ou pas. Je te laisse commencer ? »

Une fois le triangle cassé, il n'y avait plus qu'à tirer...et bien sûr, à perdre en mettant la boule noire au filet alors que toutes les autres étaient sur le tapis. Il regarda Jule d'un air désolé :

« C'est toi qui boit, on dirait. Te sens pas obligée de le faire, si tu tiens pas l'alcool vaut mieux éviter...Non ? »


Ce qu'il en disait, lui...

____________________________________

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Dernière édition par Adrian Rosier le Dim 4 Sep - 15:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Dim 4 Sep - 2:56

L'inviter ? Non, non, mais oh ! On se calme doucement, on fait marcher arrière. On inspire un grand coup et on respire. Dans quel monde tordu Adrian Rosier allait-il l'inviter où que ce soit ? Il avait déjà payé sa consommation au restaurant et elle était dans un bar dans sa compagnie. Est-ce que ce n'était pas assez cher payé ? Sincèrement, elle ne savait pas quels crimes elle avait commis dans ses vies antérieures, mais autant dire qu'ils devaient être conséquent pour qu'elle se retrouve, un samedi soir, dans un bar en compagnie d'un mangemort. Ca avait beau être un mangemort très bien de sa personne, beau, riche, à priori pas trop mal élevé et capable de parler d'autre chose que sa dévotion pour la face de serpent qui lui servait de maître, ça restait un mangemort. En y réfléchissant, elle aurait pu tomber sur pire. Elle se souvenait parfaitement de deux types avec qui elle avait passé ses années à Poudlard qui l'avaient brimée à cause de ses origines moldues. Du sang de bourbe en veux-tu en voilà, elle en avait eu plus que de raison. Un des deux, si ses souvenirs étaient bons, était devenu un mangemort. Un imbécile cruel, qu'elle espérait bien ne jamais revoir de sa vie. En comparaison, elle supposait qu'une soirée en compagnie de Rosier n'était pas le pire qui pouvait lui arriver. D'un autre côté, si l'autre l'avait croisé, il aurait probablement tenu à vérifier qu'elle était bien sang mêlé et elle aurait passé la nuit au Ministère - dans le meilleur des cas - plutôt que dans un bar. Non définitivement, ce n'était pas plus mal comme ça. Avec un peu de chance, la soirée se passerait bien et Adrian l'oublierait après quelque jours. Ca ne coûtait rien d'être agréable quelques temps, par contre, il était hors de question que ça se reproduise, mais le dire n'était peut-être pas l'idée du siècle.

" - M'inviter ? "

Le rouge lui monta donc aux joues. Ca venait tellement facilement et ça se voyait très vite sur sa peau claire. Elle maudissait ce défaut qui trahissait toujours son malaise ou sa gêne. Elle aurait voulu paraître impassible, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Prise de court, elle ne savait même pas quoi répondre au final. Puisqu'elle ne pouvait pas répondre par la négative de peur de le vexer et de se le mettre à dos. Que dire ?

" - C'est à dire que ... Je crois que ça serait mal vu. Je veux dire, je fais partie du MpM après tout."

Ajouter : et en plus je suis née-moldue. N'était définitivement l'idée du siècle. Terminer par : je ne veux rien devoir à un mangemort. Encore plus. Catastrophe évitée, on pouvait passer au reste.

Qu'une autre femme eut été flattée par l'offre ne lui traversa même pas l'esprit. On disait qu'Adrian était un homme à femme. Pas étonnant, les Puristes avaient la quotte ses derniers mois. Ils avaient de l'influence au Ministère et donc étaient de bons partis dans la bonne société sorcière. Jule à l'inverse, fuyait tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un rendez-vous. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir eu des propositions. Ses parents, triste de la voir veuve si jeune, avaient émis l'idée qu'elle pourrait rencontrer quelqu'un d'autre. Ses beaux-parents, de qui elle était restée fort proche, lui avaient fait comprendre pas plus tard qu'il y avait quelques mois qu'elle devait continuer à vivre sa vie et c'était sans parler de ses amies à qui elle devait cette soirée délirante. Pourtant, ça ne l'intéressait pas.

" - Tu n'as pas proposé, je n'ai donc rien refusé.", répondit-elle avec un sourire aimable. " Ce dont je te suis reconnaissante d'ailleurs. Je crois que Judith a du être très insistante sur la question. Je m'excuse pour elle d'ailleurs, elle n'aurait pas du essayer de te forcer à passer la soirée avec moi. Ce n'était pas poli."

Adrian n'avait sincèrement pas de chance. Ses amis auraient probablement ris s'il l'avait vu. Quand bien même il n'avait rien proposé. Elle prévenait et refusait clairement et nettement toutes avances. Avec le sourire, très gentiment, mais la barrière était tout de même mise. On pouvait dire que ce n'était pas une grande réussite s'il avait eu d'autres intentions que celle de boire un verre. Cependant, il fallait reconnaître ça à Jule, elle ne pensait pas mal d'Adrian au point de lui prêter de mauvaises intentions à ce niveau là. Si par réflexe elle refusait tout ce qui pouvait ressembler à une avance, fussent-elles sous la forme d'un verre offert, elle ne pensait pas une seule seconde qu'il en faisait réellement.

Une fois ce petit moment de malaise passé. Les choses se firent un peu plus naturellement. Elle était dans son élément et ça se sentait. Plus détendue, Juliet devenait moins agressive et sa garde se baissait, même en compagnie d'un mangemort. Elle passa une main dans ses cheveux et les attacha à la va vite avec un élastique pendant qu'elle répondait :

" - Ah, mais ça m'arrive il ne faut pas croire. C'est juste que je suis d'un naturel réservé je crois. Les gens pensent souvent que je suis froide et méprisante du coup. Je n'y peux rien. On ne peut pas vraiment changer qui on est simplement pour rendre les gens plus à l'aise. Certain y arrivent je crois, mais je n'ai juste pas cette capacité là."

Elle le regarda, dans les yeux cette fois-ci sans ciller et dit très sérieusement :

" - Tu n'as pas l'air de rire beaucoup plus que moi cela dit. Ta bouche sourit, mais le reste ne suit pas tout à fais."

Elle but une gorgée de sa bière et sourit pour donner un effet plus positif à ses paroles :

" - Enfin, je peux me tromper, je n'ai pas le troisième oeil."

Elle jeta un regard en direction de la TV qui diffusait un match de foot et expliqua vaguement le concept à son compagnon.

" - C'est du foot. Un sport moldus très populaire. Tu as deux équipes composé de onze joueurs chacune. Ils jouent pendant nonante minutes et celle qui marque le plus de goal gagne. Il y a d'autres règles, mais bon, c'est un peu comme le Quidditch, ça ne m'a jamais vraiment passionné et je serais bien incapable de te les expliquer."

Honnête, elle ajouta :

" - Le Quidditch reste plus intéressant. C'est quand même assez plat en comparaison."

La discussion s'orienta très brièvement vers la marque. Un sujet très houleux et qu'il fallait si possible éviter. Néanmoins, la curiosité des Gryffondors était proverbiale et Jule ne faisait, pour une fois, pas exception à la règle. Au final, elle avait envie de savoir. Comment pouvait-on prendre la marque si ce n'était pas pour des raisons politiques ?

" - Mais pourquoi alors ? C'est un tel engagement."

A peine eut-elle prononcé sa phrase qu'elle fit marche arrière. Oui, elle voulait savoir, mais ce n'était pas le moment, ni la personne avec qui avoir une telle discussion.

" - Enfin, non pardon. Je préfère ne pas savoir. Comme tu disais au restaurant, on ne devrait pas parler de ça, c'est mieux."

Oui, c'était mieux pour tout le monde. Pourquoi essayer de comprendre ? Après tout, ça ne changerait pas, ni n'effacerait la marque cachée sous la chemise. Autant repasser à des choses plus simple. Trinquer en évoquant un vieux dicton moldu. Ca faisait toujours son effet. Qu'on y croie ou non, aucun homme ne voulait risquer sept années de malheur au lit. Evidemment, ils trinquèrent. Un peu de légèreté de rire ne faisait de mal à personne, pas même à eux malgré les circonstances.

" - Passons aux choses sérieuses."

Ils se levèrent, leur bière à la main, pour se diriger vers le billard. Jule enleva sa veste et déposa son sac sur une chaise non loin de la table et prit une queue et une craie sur laquelle elle passa le procédé. Une fois fait, elle laissa Adrian casser le triangle et la partie débuta pour se terminer tout aussi tôt. La boule noire alla directement se perdre dans le filet. Jule ne put pas s'empêcher de la regarder filer avec des yeux ronds avant de poser une main devant sa bouche pour éviter de se moquer trop ostensiblement.

" - J'avais totalement oublié que tu ne devais pas savoir jouer ... Un pari est un pari."

Elle prit son verre, transgressant toutes les règles de bienséance qui existaient lorsqu'on jouait au billard et l'avala d'une traite. Elle eut un peu de mal. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas fait un jeu à boire et sa résistance à l'alcool n'était vraiment plus ce qu'elle était du temps de sa jeunesse. Néanmoins, elle réussit à boire son verre sans devoir s'arrêter. Un exploit la concernant. Elle fit signe au serveur de lui servir de nouveau une bière et reforma le triangle.

" - Bon si on faisait une partie blanche, histoire de voir comment tu te débrouilles quand tu ne mets pas la boule noire dans le filet dès le début."

Avec un sourire en coin, elle ajouta :

" - Ne le prend pas mal, je veux juste voir si je me suis lancée dans une mission suicide ou pas."


Elle avait fait semblant de ne pas entendre sa remarque sur l'alcool. Evidemment qu'elle n'aurait pas du boire. Surtout quand on a perdu l'habitude de boire, mais elle aussi avait sa fierté et elle refusait sincèrement de s'avouer vaincue devant un mangemort ! Elle cassa le triangle et quand ce fut au tour d'Adrian de jouer, elle entreprit de faire quelques commentaires pour l'aider.

" - Hmm, non pas comme ça. Regarde, tes doigts sont mal mis. Pour tirer, le bras avant doit être tendu ou alors légèrement plié, mais pas plus. Ton pouce doit croiser la première phalange de ton index ou alors tu passes la queue entre ton pouce et ton index, mais sinon tu ne seras pas stable et tu n'arriveras à rien."

Elle prit sa main et lui mit les doigts correctement pour tirer, tout en commandant.

" - Essaie, tu vas voir, ça va paraître désagréable, mais c'est beaucoup mieux."

Si Adrian n'était pas un cas désespéré, il y aurait peu de gloire à gagner contre lui. Ils n'allaient tout de même pas jouer au monopoly pour passer le temps. Elle n'eut pas besoin d'étudier la question plus longtemps. Une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter.

"Juliet, ça alors, si je m'attendais à te voir ici, accompagnée en plus ! Tu te souviens d'Emma, ma compagne ?"

La dite Juliet se retourna pour croiser saluer Josh Woods et sa compagne. Du même âge qu'elle quoiqu'avec une dizaine de centimètre de plus, ce qui l'approchait dangereusement du mètre nonante, c'était un Pousouffle au caractère très inégal qui avait néanmoins bien voulu être son partenaire de potion pendant plusieurs années. Aussi médiocre qu'elle dans la matière dispensé par le terrible Severus Rogue, ils avaient subis leurs échecs ensemble ainsi que les remontrances quasi quotidienne de leur tortionnaire en chef. Elle ne l'avait pas vu depuis quelques années, la mort de Sean en réalité, et elle ne s'était pas attendue à le revoir ici. Quoique sincèrement contente de le croiser après aussi longtemps, elle se sentait incroyablement gênée. Elle salua ce petit monde, sans trop savoir comment présenter Adrian. Loin de simplement la saluer, il semblait déterminer à passer un moment avec eux.

" - Ca fait tellement longtemps, je dois absolument te payer un verre. Vous jouez ? On peut faire une partie par équipe. Tu ne me présentes pas ton ami ? C'est bien que tu sortes un peu. "

L'inévitable arrivait donc, mais Jule fit ce qu'elle put - et pour une fois, elle n'était pas mécontente d'elle - pour rester le plus neutre possible.

" - Vous vous souvenez peut-être d'Adrian ? On s'est croisé tout à l'heure à une réunion des anciens de Gryffondor et on a décidé de finir la soirée ici.
- Adrian, comment Adrian Rosier ?"

Merci Emma pour cette intervention particulièrement subtile et pas nécessaire. Voilà,  donc pour la discrétion, on repassera.

" - Drôle de fréquentation. Je ne m'attendais pas à ça de ta part.", ajouta-t-elle en regardant Adrian sans la moindre once de sympathie.

Avant que celle-ci ne puisse répondre quoique ce soit, elle se tourna vers Josh se rendit odieuse aux yeux de Jule en ajoutant :

" - Si Jule peut supporter de passer sa soirée avec des gens de ce genre, moi je ne peux pas. Partons."

On évitait de parler ouvertement de mangemort dans un bar moldu. Josh, dans un bon jour, pour une fois, semblant vouloir apaiser les esprits, et surtout, n'avait aucune envie de chercher des noises à un membre du bureau des mangemorts.

" - Ne dis pas n'importe quoi, ça fait longtemps qu'on a pas vu Jule, pas vrai. Ca ne vous dérange pas si on reste ?"

Non, non, restez, pensa Jule, mais je vais définitivement avoir besoin de beaucoup de bière. Et n'osant pas croiser le regard d'Adrian tellement elle se sentait mortifiée à la fois pour elle-même et pour lui, elle se fit la réflexion qu'elle comprenait presque les alcooliques.
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    Adrian Rosier


MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Dim 4 Sep - 18:32


Toute sa vie, Adrian Rosier avait fait ce qu'il pouvait pour entretenir des relations correctes avec les gens : mais ce n'était pas si facile que ça en avait l'air. En vérité, le fait être mangemort pourrissait en effet tous les liens qu'il avait pu nouer avec les gens. Soit on lui donnait du respect, de la crainte, qu'il ne comprenait pas. Adrian Rosier ne se vivait absolument pas comme quelqu'un de terrifiant, ou quoi que ce soit d'approchant, et ne comprenait pas en quoi il différait du reste du monde – du reste du monde riche et sang pur. Il n'était pas imbuvable. J'ai mes vieilles idées, oui, elles sont rares mêmes si elles existent, j'ai pris tout un lot de mauvaises décisions, c'est vrai aussi. Tout remontait sans doute à la période de la mort de son père : c'était là qu'il avait commencé à vouloir lui ressembler, être digne de lui, pour plaire à Chapman.  Mais est-ce que ça fait de moi un salaud ? Je ne crois pas, moi. Soit, sinon, on le détestait et on le méprisait. Il n'était pas non plus dans sa nature d'ennuyer ou de se moquer des gens. Il en avait bien trop souffert lui même pour s'abaisser à cela. Bien sûr, on aurait pu dire que c'était un comportement surprenant au vu de sa marque. Ce n'est pas parce que le reste du monde se compose de salaud qu'on est forcé d'en être un. Cette attitude, ni blanche ni noire, jamais vraiment tranchée, le plaçait à part. Mais il était habitué. Paria de la famille, paria au sein des mangemorts, paria dans la société même, malgré la fête et les plaisirs. Bon, et une fois que c'était dit, que faire ? Adrian Rosier faisait de son mieux : il ne voulait pas être seul, abandonné. Il voulait vraiment croire qu'il y avait un endroit qui l'attendait. Mec, il y a forcément quelqu'un pour moi quelque part !

Mais souvent, dans ses moments d'abattements, il croyait qu'il n'y en aurait jamais. Et cette perspective le terrifiait. Il n'avait jamais connu autre chose que la solitude : alors il cherchait à tromper l'ennui, à faire de son mieux pour plaire aux gens. A sortir pour oublier – et c'était aussi pour cela qu'il restait là, avec Jule Birch, malgré tout. Mais tu t'obstines pour rien : regardes la. Il était suffisament intelligent pour savoir ce que voulait dire cette rougeur. Même s'il n'y avait aucun sous-entendu ni aucune invitation, il savait aussi que c'était un refus, parce que c'était gênant. Pourtant, Adrian se prit à sourire :

« Je suis déjà mal-vu, en ce qui me concerne, ça ne changerait rien. »


Cependant, cela ne le concernait que lui. Il voyait bien que Juliet Birch cherchait un prétexte pour refuser sa proposition. Adrian ne lui en voulait pas. Il n'était pas suffisamment imbu de lui même pour se croire irrésistible et comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire : pour une merliniste, il était au fond assez normal de ne pas vouloir fréquenter un mangemort – surtout un mangemort qui débarquait dans votre vie et que vous n'aviez pas revu depuis des années. Pourtant, il était content qu'elle n'ait pas dit non en bloc, brutalement. Adrian était plus émotif qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Un rien le blessait : et même si ça revenait à la même chose, qu'on lui oppose une barrière formelle et précise sans qu'il n'ait rien fait pour le mériter lui donnait un sentiment de rejet qu'il jugeait injuste. Pourtant, il ajouta tout de même :

« Mais tu n'as pas besoin de prétexte si tu veux refuser, je comprendrai. » Il ajouta avec un sourire : « Cela dit, je te jure qu'on est quitte, alors je ne veux plus entendre parler de dettes. »

Il n'était pas méchant garçon : hors de cette soirée, s'ils ne se recroisaient pas, il n'allait pas en vouloir à Jule Birch. Tu ne crois pas que tu l'as déjà suffisamment ennuyé ? Même sans intention autre que celle de discuter, bon bavard que tu es. Si, sans doute. Il aurait du partir depuis longtemps. Pourtant, pourtant, quelque chose lui disait qu'ils auraient pu s'entendre, à la fin. S'il n'y avait pas la marque, ou la politique. Oui, mais il y a ça. C'était désespérant, songea-t-il. On en revenait toujours à la politique. Et il fut presque content de devoir répondre au sujet de Judith.

« J'aurais du lui dire non, parce que je pensais déjà que ce n'était pas très honnête envers toi. Mais j'ai voulu bien faire, et comme souvent, le résultat a été pire que tout... » Il sourit d'un air désolé. « Je ne sais pas dire non, en fait. Je n'aime pas me fâcher avec les gens, je suppose... »

Il se tut un moment, gêné : c'était étrange de parler de cela, de cette timidité, de cette partie de son caractère, avec quelqu'un qu'on ne connaissait pas. Bientôt, ils allaient dériver sur Azkaban, sur toutes les choses qui le révoltaient, sur sa volonté de bien faire, de réparer cela. La colère couvait au fond de lui en permanence. Cet homme calme, agréable, joyeux, subissait pourtant les tumultes d'une fureur intérieure incoercible. Toute sa vie, il s'était efforcé de d'éviter la confrontation avec cette force en entretenant une espèce de comportement automatique qui lui permettait de passer à côté. En se créant des routines bien établies, il s'était libéré de l'obligation de s'interroger au moment de prendre des décisions. Adrian prenait la tangente en fuyant les obligations inhérentes à son monde, en oubliant sa solitude : il ne savait pas décider, porté par la volonté de plaire à tout le monde, alors que le monde arrivait à le détester. A force de ne vouloir n'avoir aucun ennemi, tu n'as plus aucun ami, c'est marrant, hein ? Mais de ces traits de caractère, il ne disait généralement rien. Aussi il fut un peu étonné lorsque Juliet lui lança que lui non plus ne semblait pas beaucoup rire. Il la regarda avec des yeux ronds. Elle est étonnamment perspicace, pour quelqu'un rencontré il y a peine deux heures. Il sourit d'un air gêné, resta quelques instants silencieux alors qu'elle disait qu'elle pouvait se tromper.

« Non, non, tu n'as pas tort. » Il haussa les épaules d'un air un peu contrit. Il ne savait pas bien comment expliquer ce qu'il ressentait. Ni pourquoi il était comme ça, alors comment l'expliquer à une quasi-inconnue ? « Je suppose que je suis triste, mais pas longtemps. Souvent, je ne peux même pas dire d'où ça vient. Les remarques, les comportements blessants m'atteignent...peut-être plus facilement qu'ils ne le devraient. » Il eut un rire un peu triste : « Mon père disait que j'avais une vraie faiblesse de caractère. » Il sourit de nouveau  tristement  et commenta d'un ton distant :  « Mon père avait une conception de l'éducation reposant principalement sur le fait de blesser les gens. »

L'inventaire de tes cicatrices, surtout celles de ton visage que tu peux voir chaque matin quand tu te regardes dans le miroir de la salle de bains pour te raser ou te peigner, en témoigne - elles se voient peu, maintenant, comme le temps a passé, mais elles sont là, pour toujours. Il repensa aux mots de son père à sa mère. Ton fils serait un type merveilleux - s'il était différent. Evan Rosier pensait qu'Adrian était une lavette, à l'instar de Chapman, par ailleurs. Ce dont il a besoin, affirmait-il, c'est de se trouver un travail, et de se mettre à vivre dans la réalité. C'était vrai, bien entendu. Mais c'était précisément ce dont il était incapable.Il  est sensible, c'est tout, disait-il, il faut qu'il surmonte sa timidité. Il apprivoisait le problème en le réduisant à un trait de caractère, et conservait ainsi l'illusion que tout allait bien, qu'il suffisait d'endurcir son fils pour qu'il lui ressemble enfin. Il avait voulu lui ressembler. C'était pour ça qu'il avait la marque, il avait voulu croire qu'en s'endurcissant, son mal être disparaitrait. Mais rien n'a changé, c'est même pire. Parfois je pense à lui, encore. Alors il avait repris le flambeau. Mais comment expliquer ça à quiconque ? Même si Juliet Birch voulait savoir, il n'était pas sûr qu'elle comprendrait : autant laisser tomber.

« C'est compliqué à expliquer d'un bloc, il me faudrait du temps. Une autre fois, peut-être, quand on aura besoin d'un prétexte pour s'engueuler ? »

En admettant qu'ils se revoient une autre fois. Alors on passa à des choses moins sérieuses, et la soirée continua plus paisiblement, à trinquer, à parler de foot - vraiment bizarre, ce sport - et à jouer au billard, ou bien sûr, il ne pouvait que perdre. Il regarda Jule vider son verre avec des yeux ronds, puis sourit tout de même :

«T'as une bonne descente, pour quelqu'un qui ne boit pas souvent. Ca tourne pas trop autour de toi ?  » L'ambiance s'était détendue d'un cran, et il souriait maintenant franchement pour lui dire cela.  Ca paraissait aller, puisqu'elle réussissait à mieux jouer que lui et à lui donner des conseils. Il se laissa gentiment faire, et essaya de nouveau : il réussit à envoyer la boule numéro six dans le filet, et s'éloigna de la table d'un air victorieux. « Bon, tu as peut-être une chance que ce soit moi qui boive au prochain coup. Est-ce que je dois rejouer ou... »

Et c'était à ce moment là que les deux autres étaient arrivés. Il ne se rappelait ni de Josh Woods, ni de Emma, sa compagne, mais le comportement de celle-ci lui fit instantanément froncer les sourcils. Où est-ce qu'elle se croit ? Et pour qui elle se prend ? Une bonne dizaine de répliques vachardes lui vinrent à l'esprit, ainsi que l'idée de faire bouffer à ladite Emma sa queue de billard. Mais c'était un bar moldu, et il n'était pas en service. Donc cela signifiait pas d'usage de la magie – même si tout le monde au bureau des mangemorts l'eut approuvé. Mais Adrian n'était pas fou : le type mesurait presque vingt centimètres de plus que lui, il n'avait aucune chance, de toute façon. Pourtant, il vivait là une humiliation pure et dure. Ses mains se serrèrent sur la canne avec force, à tel point que ses jointures devinrent blanches. Pourtant, il réussit à rester impassible et se contenta d'un glacial :

« Les gens civilisés disent bonsoir, en général. Et ils évitent de mettre mal à l'aise leurs amis en critiquant leurs fréquentations. »
Petite connasse, va. Mais il n'était pas avec ses propres amis, ni même avec une seule amie. Il n'avait aucune légitimité, ni aucun droit de s'aventurer plus loin dans les insultes. Et ça ne l'intéressait pas de toute façon. Il reposa la queue sur la table, et lança : «  Restez, restez, c'est moi qui vais partir, ce sera mieux comme ça...vous n'aurez qu'à discuter du bon vieux temps, et toutes ces sortes de choses. » Il lança à Jule : « Je resterai dans le coin, tu n'auras qu'à me dire si tu veux boire un autre verre après. Ou si vous partez. »

Ou qu'est-ce qu'il en savait, lui ? Puisqu'ils n'étaient pas amis, après tout. Il sortit du bar, furieux. Contre lui même ? Contre les deux autres ? Le reste du monde ? Il n'en savait rien, et c'était ce qui le rendait le plus dingue. De rage, il en donna un coup de pied dans un des parasols abandonnés de la terrasse, qui manqua de s'écrouler en l'assommant à moitié au passage. Soudainement calmé, il s'assit sur une des chaises de la terrasse, et s'aperçut qu'il saignait un peu. Il appuya son verre contre son crâne et resta un moment à ne penser à rien. Puis il eut un petit rire sec, dépité :

« Et me voilà tout seul une fois de plus...naturellement. »


Il alluma une cigarette. Il ne restait plus qu'à attendre que le temps passe.

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Lun 5 Sep - 0:55

Si pendant un bref instant, elle oubliait que la personne en face d'elle était un mangemort, elle pouvait presque dire sans mentir que la soirée n'était pas aussi mauvaise que prévu. Les choses n'avaient pas bien commencé, mais en y pensant, elle préférait encore être seule avec lui plutôt qu'à table au restaurant. Elle imaginait très bien comment les choses se seraient passés. Une bonne partie des regards auraient été braqués sur eux, dont ceux de ses deux amies. Quant à l'attention qu'il se serait sentis obligé de lui témoigner, elle aurait tout bonnement trouvé ça insupportable. Elle avait beau ne pas spécialement aimé la situation actuelle, elle en prenait pourtant son parti. C'était l'affaire d'une soirée. Il semblait en être aussi conscient qu'elle. Dans le fond, c'était une trêve. Voilà, c'est comme ça qu'elle allait voir la chose. Plus simple, plus facile, ça lui permettait d'être en paix avec sa conscience. Ils n'évoluaient pas dans les mêmes milieux, ne fréquentaient pas les mêmes gens, il y avait peu de chance qu'ils se recroisent prochainement. Une fois les choses mises au clair dans sa tête, tout lui sembla plus simple.

Jouer sans arrière pensée. Boire. Expliquer ce qu'était le foot. Ce n'était pas si désagréable. Ils évitaient les sujets trop personnels aussi. Il ne lui parlait pas de son mari et elle évitait de poser des questions sur sa famille. Elle se souvenait qu'il avait perdu son père très jeune, elle en avait entendu parler quand ils étaient encore à Poudlard et d'après ce qu'il en disait à présent, elle n'avait pas l'impression qu'il ait perdu grand chose. C'était horrible à dire. Elle s'en rendait compte. Un père est un père qu'on soit puriste ou non, mais Jule ne pouvait pas vraiment se sentir triste qu'il n'ait pas vécu plus longtemps. En particulier si le père ressemblait au grand-père. Le monde sorcier avait déjà bien assez à faire avec un Chapman Rosier sur terre. Un deuxième n'était pas désirable.

Est-ce que la pièce tournait autour d'elle. Bonne question. Pour le moment, tout semblait aller. Elle prit quand même la peine de boire une gorgée du coca qu'Adrian avait laissé. Le sucre aidait à faire descendre l'alcool et elle en aurait besoin. Elle désigna le verre :

" - Je crois que ça va, par contre, si tu n'as rien contre, je crois que je vais boire ton coca. C'est plus prudent."

Les choses avançant, elle pouvait presque dire qu'elle s'amusait. Le billard était un sport universel. N'importe qui pouvait y jouer. L'avantage, c'était qu'en étant concentré sur le jeu, on était pas obligé de parler. Et quand on parlait, et bien le jeu devenait un bon sujet. Qui eut cru qu'un jour une merliniste et un mangemort se retrouveraient dans un bar moldu sans faire d'esclandre ? Certainement pas elle. Bien entendu, le reste de la soirée ne pouvait pas continuer à être aussi agréable. C'était trop beau. Elle aurait du se douter que quelque chose tournerait mal à un moment où à un autre.

A vrai dire, elle s'était attendue que les choses tournent mal pour elle. Et s'il décide de me demander mes papiers. Et s'il comprend que je ne suis pas une sang-mêlée ? Juliet était en droit d'avoir peur, c'était normal. Plus que des opinions, Adrian incarnait également l'autorité répressive de l'état. Si ça lui chantait, il était parfaitement en droit de la mettre en état d'arrestation pour vérifier qui elle était. Merlin soit loué, ça ne semblait pas être le genre de la maison. C'était pour ça qu'elle était restée. Parce qu'elle ne voulait pas sembler suspicieuse en le fuyant trop ostensiblement. Elle ne s'était pas attendue à ce que ça soit lui qui se prenne une claque dans le visage.

Ca avait de quoi surprendre. Si elle se souvenait bien de Josh Woods, sa compagne, Emma, ne lui avait pas laissé une impression durable. Et pour cause, les deux femmes n'avaient jamais été amies. Elles étaient simplement deux connaissances qui avaient déjà passé l'une ou l'autre soirées agréables ensemble. Le genre de soirée où l'on invite les couples qu'on connaît. Elle y était allée plusieurs fois avec Sean. Quand il était mort, ils étaient venus à l'enterrement et après ça, elle n'avait eu que peu de nouvelles. Elle ne l'avait pas mal pris, estimant simplement que ça lui permettait de voir où était ses vrais amis. Certaine personne étant destinée à ne rester que des connaissances.

Aussi, si les revoir lui faisait plaisir, elle n'était pas non plus transportée de joie comme semblait l'être Josh. En réalité, elle aurait préféré ne pas les croiser du tout. Elle se sentait gênée d'être associée à Adrian et elle était gênée d'en être gênée. Elle s'était toujours assumée. Qui qu'il soit, elle n'avait de compte à rendre à personne sinon elle-même. Qu'Emma n'approuve pas avec qui elle passait son temps c'était une chose. Qu'elle le dise tout haut en étant grossière en était une autre.

C'est à partir de ce moment-là qu'elle devient odieuse aux yeux de la jeune femme. Elle ne cherchait pas à défendre ce qu'il était, elle-même ne pouvait pas l'accepter, mais elle avait la méchanceté gratuite en horreur. Sans compter la grossièreté. Emma réussit à allier les deux avec beaucoup de brio. Josh semblait vouloir apaiser les tensions, mais sa compagne ne voulait rien entendre. Le rythme cardiaque de Jule s'accéléra. Elle ne connaissait pas assez Adrian pour être sure qu'il n'allait pas provoquer une esclandre dans le bar. Elle priait pour que ça ne soit pas le cas. Stupéfaite par la situation, elle n'avait pas eu la présence d'esprit de répondre quoique ce soit. Elle posa tout juste une main sur le bras d'Adrian voulant prévenir toute agression physique au minimum. Heureusement et à sa grande surprise, il se contenta de la remettre à sa place sans même l'insulter. Elle retira sa main, soulagée et ne sut pas fort bien quoi faire quand il décida de partir.

Emma se mit aussitôt à parler. Etrangement, sa voix paraissait désormais stridente aux oreilles de Jule.

" - Vraiment Juliet, qu'est-ce que tu faisais avec lui ? On a pas idée d'avoir des fréquentations pareilles."

Elle n'avait jamais su se taire. Un de ses plus grands défauts qui ressortait avec force aujourd'hui. Josh quant à lui tentait de s'excuser.

" - Désolé, Jule. Emma a été surprise. Tu comprends, c'est pas tous les jours qu'on voit une amie traîner avec un type du style. Imagine un peu ce que Sean aurait pensé ?"

Pendant qu'ils babillaient tous les deux, Juliet ne disait rien. Elle avait reposé sa queue sur le billard, l'envie de jouer lui étant passé et elle buvait sa bière un peu morose. Sans vraiment savoir pourquoi, la situation la mettait mal à l'aise. Et puis qu'est-ce que les gens avaient à parler de son mari pour un oui ou pour un non. Sean aurait aimé ça, mais par contre il n'aurait pas aimé ça. Qu'en savaient-ils ? Ils ne l'avaient pas connus comme elle l'avait connu et son but dans la vie n'avait jamais été de faire uniquement ce qu'il aurait approuvé. Quoiqu'il eut pensé de la situation, il était mort et elle était vivante. Les morts ne pouvaient rien pour elle. Quant au fait qu'ils étaient amis, c'était vite dit. Quel sorte d'amis ne vous voient pas pendant cinq ans parce qu'ils sont mal à l'aise ? Aucun ! Comment se permettaient-ils de débarquer dans sa vie en lui faisant la leçon comme si le temps n'avait pas passé.

Jule était fière et sa fierté l'empêchait d'admettre qu'on puisse tenter de contrôler sa conduite d'une façon où d'une autre. Que faire ? Leur dire leur quatre vérités ? Ce n'était franchement pas l'envie qui lui manquait. Elle n'hésitait pas parce qu'elle avait peur de les blesser, elle préférait la franchise à l'hypocrisie, mais devait-elle vraiment créer une esclandre dans un bar alors qu'à la seconde où Emma avait décidé de faire une scène, Jule avait su qu'elle ne les verrait probablement plus jamais.

Il fallut un moment pour qu'elle se décide. Elle ne dit pas grand chose pendant une petite demi-heure. Elle n'en avait pas besoin. Josh et Emma parlaient la prenant à partir dans la discussion, mais sans attendre quoique ce soit d'autre de sa part que des " Hmm", une fois de temps en temps. Pendant ce temps, elle réfléchissait. Devait-elle partir et transplaner directement chez elle ou devait-elle voir si Adrian était vraiment rester. Il avait dit qu'il l'attendait. Ca l'avait surprise. Pour faire quoi ? Dans le fond, qu'est-ce qu'il pouvait bien attendre d'elle en restant en sa compagnie. Et s'il n'était plus là. Devait-elle s'excuser ? Elle n'avait rien fais de mal, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir gênée.

Lorsque Josh partit commander une autre tournée au bar, elle se leva et pris ses affaires.

" - Qu'est-ce que tu fais ? ", lui demanda Emma.

Elle haussa un sourcil tant ça semblait évident :

" - Je pars. Rosier a dit qu'il m'attendait.
- Alors c'est comme ça, tu choisis un pauvre type, un puriste plutôt que tes propres amis ?
- Je ne me rappelle pas t'avoir beaucoup vu depuis l'enterrement. "

La réplique la laissa sans voix, mais pas pour longtemps, elle rétorquer, acide :

" - On voulait te laisser en paix, il suffisait d'un hiboux de ta part."

Juliet se contenta de savoir en cherchant son paquet de cigarette.

" - Ecoute, je vais être franche. Ce que je fais, ou ne fais pas, ne vous regarde pas. Je pourrais me justifier, mais je n'ai pas de compte à rendre. Alors pense ce que tu veux, ça m'est égal."

Non, Adrian Rosier n'est pas mon ami. Il ne le sera jamais. Et pourtant, elle allait quand même voir s'il ne l'attendait pas toujours parce que ça semblait être la chose à faire. Elle sortit du bar sous l'oeil éberlué d'Emma tandis que Josh ne comprenait pas pourquoi elle partait. Il avait toujours été un peu lent. Un Poufsouffle donc.

Dehors, assis sur la terrasse, l'air un peu pitoyable, se trouvait toujours Adrian. Elle s'assit en face de lui et alluma sa propre cigarette en posant son paquet sur la table.

" - Tu es là ? Je ne pensais pas que tu m'attendrais réellement. Pourquoi ... Enfin, sers-toi.", dit-elle en désignant le paquet.

Oui, pourquoi était-il resté ? Elle aurait bien voulu le savoir, mais elle ne savait pas comment poser la question sans que ça soit étrange. Elle resta un moment silencieuse et désigna la plaie sur son front.

" - Qu'est-ce que tu t'es fais ? "

Elle regarda autour d'elle et dit :

" - Bon et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? On ne peut pas rester ici."

Elle aurait pu s'excuser, mais d'un côté ce n'était pas sa faute. Et être assise, ici, semblait déjà une excuse suffisante à ses yeux.

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Lun 5 Sep - 14:45


On n'était pas si mal, là, dehors. Et il ne le disait pas parce qu'il s'était assommé tout seul comme un con et parce que même s'il avait voulu se lever, il ne l'aurait sans doute pas pu. Dans quelques instants cela passerait, et la vie reprendrait son cours. Adrian sourit doucement en songeant qu'il était tout de même triste qu'il soit incapable de faire quoi que ce soit alors que pour une fois, il n'était même pas ivre – le froid nocturne qui commençait à s'installer achevait de toute façon de le débarrasser de toute scorie, tout reste de vapeurs alcoolisées s'échappant du bar.

D'une manière absolument pragmatique, Adrian jugeait que la politique pourrissait les gens. Là était peut-être son erreur : parce qu'il était capable de prendre du recul et qu'il savait faire la différence entre ce que les gens pensaient et ce qu'ils étaient réellement, il pensait que le reste du monde pouvait faire de même. La politique ne l'intéressait que moyennement. Il avait bien quelques idées puristes, c'était parfaitement vrai. Du moins le pensait-il – et de manière sincère, en plus, il était honnêtement persuadé que ce en quoi il croyait correspondait au minimum au canon puriste de base. En réalité, il y avait un gouffre entre ce qu'Adrian Rosier prétendait penser et ce qu'il mettait réellement en application. S'il n'avait rien ou presque contre les sang mêlés, il avait bien l'idée que l'incursion de la culture moldue pouvait être un danger pour le monde magique et que les sang purs étaient forcément supérieurs puisqu'ils détenaient la culture sorcière et ses traditions.

Dans les fait, presque tous ses amis étaient de sang mêlés, et il était toujours fasciné lorsqu'il débarquait – toujours un peu contraint et forcé et mal à l'aise – dans le monde moldu. C'était bien sûr accompagné d'appréhension. Et s'ils faisaient de moi un moldu ? Si je perdais tous mes pouvoirs à force de les fréquenter ? Les mythes mensongers des familles de sang pur avaient la vie extrêmement dure, malgré une curiosité palpable : on l'avait terrifié avec ça pendant toute son enfance, à grand renfort d'histoires de persécutions et de bûchers. C'était sans doute parfaitement ridicule et cela témoignait sans doute simplement d'une forte méconnaissance. Ce qui ne lassait pas d'étonner Adrian. Comment peut-on détester, et par extension lutter, contre quelque chose qu'on ne connaît pas ? Enfin, si on a aucun contact avec ce monde, qu'est-ce qu'il a fait de mal ?

Ses réflexions, soigneusement gardées pour lui, rejoignaient peu à peu le thème des nés-moldus. D'abord, les contrôler n'était pas son job, donc sur le principe, pas besoin de s'en occuper. Mon boulot, c'est les opposants politiques, et pas n'importe lesquels, les retors, les vicieux, ceux qui mériteraient plus que moi de passer du temps en cabane. Oh, brillante attitude, Ady : est-ce que ça veut simplement dire que tu regardes ailleurs quand le monde court à sa perte ? Il doit y avoir de ça, oui, mais c'est le mieux que je puisse faire. Si j'avais eu plus de cran avant, peut-être qu'on en serait pas là, mais avant je n'y pensais pas, et je me serais traité moi même de traître. Car ses réflexions l'emmenaient loin. Il voulait admettre que c'était bizarre : la magie ne pouvait pas surgir comme ça, d'un coup, dans un univers moldu. Bon, si on admettait qu'ils étaient des anomalies – Juliet Birch aurait probablement bondi en entendant ça, et ça aurait été la fin définitive de la soirée – il restait tout de même le problème inverse : la magie ne venait pas de nulle part, justement, et s'ils en possédaient, ils étaient forcément reliés à l'univers magique. Auquel cas, réflexion finale : doit-on les abattre ?

De cela, Adrian n'avait jamais parlé à personne, sauf à son grand-père maternel, Manillius. Mais lui c'est différent, c'est théorique, et puis c'est Many, on peut lui parler de tout et il ne dira jamais rien à quiconque. Il savait que sa situation chez les mangemorts était précaire. Tant qu'il faisait son boulot, on lui fichait à peu près la paix ; mais viendrait un jour, où, s'il faisait trop de vagues, il aurait lui aussi des ennuis. Lorsqu'il était devenu mangemort, il croyait peut-être sincèrement à son engagement – mais ce n'étaient que des raisons personnelles qui s'étaient rapidement effacées devant les horreurs qu'on lui demandait. Il n'avait pas compris que ce n'était pas qu'une lubie du vieux Chapman, que ce n'était pas seulement une apparence. C'était sans doute idiot, je l'admets, mais personne ne vous explique ça quand on vient d'une famille de sang pur, on se contente de vous parler d'idéaux, du bien et du mal, et ça a l'air, sinon grand et noble, du moins supportable. Evan, après tout, n'avait jamais été un assassin – du moins son fils ne pouvait pas l'imaginer comme tel. Violent, brutal, tout ce que vous voulez, mais meurtrier ? Non, c'était indigne de lui. Chapman, oui, mais pas Evan. C'était sans doute très naïf également de croire cela. Mais c'était ainsi.

Pour en revenir à lui, Adrian Rosier, sans doute était-il horrifié par ce qu'il voyait. Mais il ne savait pas bien quoi faire. Trahir ? Ça n'allait pas bien, non ? Trahir c'est la fin, et je parle physiquement, pas moralement ou socialement. Trahir, c'est être retrouvé, torturé, mourir. Pourtant, il avait vu des choses qui lui donnaient envie de vomir. Il n'était pas un tueur et au fond, il savait bien que rien de ce qu'il vivait n'était fait pour lui. Il réfléchissait trop, il était trop porté sur la révolte pour être à l'aise dans ce milieu. Alors il tentait de moraliser son rôle au maximum. Je ne parle pas de service ou du fait que je suis flic pour rien : c'est ce que j'essaie d'être. Avec des ratés magnifiques. Mais il essayait. Ce n'était pas simplement ses idées, c'était son attitude, c'était les gens qu'il fréquentait.

La preuve, est-ce qu'il aurait été là, finalement, dans ce bar, s'il avait été un  gros con comme Travers ou un malade à la Lestrange ? Sûrement pas. Il aurait même pu faire un esclandre, parce qu'après tout, c'était le gouvernement qu'on insultait, et un de ses représentants. Et pourtant, il était parti, et pourtant, il n'avait pas dit grand chose. Par égard pour Juliet Birch, sans doute : après tout, ils avaient réussi à installer une sorte de moment hors du temps, une pause dans un affrontement sans fin pour quelques heures, et il ne voulait pas être celui qui le romprait. Peut-être était-ce pour cela qu'il restait aussi, finalement. Et peut-être bien que j'ai raison, finalement. Ne désespérez jamais, laissez infuser d'avantage. Laissez les gens réfléchir. Il en conclut soudainement que Juliet Birch était plus intelligente que les autres. Ou plus polie. Ou les deux. Le monde manque de politesse et d'intelligence, en fait, ça doit être ça.  Il reprit une cigarette et sourit avec franchise :

« Il paraît que je suis un type de parole.  »
Il aspira en silence une bouffée de tabac. « Et j'allais presque gagner au billard. » Non, pas du tout. Mais ne pas se faire insulter pour rien devient rare. Rencontrer des gens devient difficile. « Je ne saurais pas vraiment dire, en vrai. Pourquoi tu n'es pas partie, toi ? »

Ca fournirait peut-être un début d'explication, qui savait. En réfléchissant ensemble, ils finiraient bien par trouver. Il fut soudainement gêné, cependant, lorsqu'elle lui demanda ce qui lui était arrivé. La plaie était superficielle, mais toujours bien présente, et bien voyante. Il désigna le parasol au dessus d'eux, qu'il avait réussi à remettre en place.

« Ce foutu machin m'est tombé dessus. Je l'ai un peu aidé en lui filant un coup de pied. C'est un peu ridicule, j'admets, tu as le droit de rire. »
Il sourit d'un air amusé, puis avoua : « J'étais en colère, tout à l'heure. C'est aussi pour ça que je suis parti. J'aurais provoqué une bagarre. Et je me serais fait cassé la gueule, au passage. J'ai préféré éviter. »

Cela le fit rire un instant : Adrian était parfaitement conscient de ses limites Il fronça les sourcils d'un air contrarié et se remit à ronchonner : il n'avait pas digéré l'attitude d'Emma.

« Est-ce que je suis odieux avec tous les gens qui ne sont pas d'accord avec moi, moi ? » Oh, toi tu fais pire, Adrian, tu les tues. Ce n'est pas pareil. Et pas si je peux éviter. Mais il savait bien que ce qu'il faisait était injuste, même s'il faisait de son mieux pour ne pas trop l'être. De nouveau, il fronça la sourcils : « C'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est impossible de parler normalement avec n'importe qui dans le monde sorcier. Mais ce n'est plus seulement une étiquette de salaud qu'on me colle sur le dos, c'est que j'ai du le devenir vraiment, pour que ça tourne comme ça si souvent. »

Et c'était ce qui le foutait le plus en rogne. Mais c'était sans doute aussi parce que les gens ne réfléchissaient pas. Ils ne dissociaient pas fonctions et personnes : lui en était capable, et souvent, il était plus ouvert sur la question que le merlinistes. On ne peut pas résumer quelqu'un à une idée, tout horrible ou inconcevable qu'elle soit. On doit bien comprendre : comment peut-on détester quelqu'un en bloc, alors qu'on ne le connaît pas ? Cela lui semblait injuste. On peut détester une idée en général : mais si je devais détester tout le monde parce qu'il est en majorité merliniste, je n'aurais plus beaucoup d'amis. Pour d'autres raisons que son grand-père, il était arrivé à la conclusion que les gens ne réfléchissaient pas assez. Mais c'était peut-être lui qui réfléchissait trop. Ou peut-être que les gens sont des connards qui manquent sacrément de politesse, d'imagination, et qui sont prompts aux jugements péremptoires. Ce qui menait à la conclusion logique qu'avançait Jule Birch : ils ne pouvaient plus rester ici, et ce n'était même pas vraiment leur faute. Il tira de nouveau sur sa cigarette :

« Eh bien, je crois qu'on n'a pas vraiment cette partie de billard, je m'en voudrais de ne pas te laisser gagner une deuxième fois. Il y a bien d'autres bars, dans le coin, non ? On a qu'à aller boire un autre verre. Avec un peu de chance, cette fois, on ne croisera personne qui nous connaît. »
Il eut un bref éclat de rires : « Foutues conventions sociales, pas vrai ? S'il n'y avait pas eu la politique, dans une autre vie, on aurait peut-être pu être amis. »

C'est l'incompréhension et le refus de dialogue qui nous mènera à la guerre. Adrian en était persuadé. Alors que c'est pourtant possible de dialoguer : moi, je l'ai toujours fait. Et ça marche, la plupart du temps. Il suffisait de regarder son amitié avec Tom et Al pour le comprendre. Peut-être que cette soirée passée avec Juliet Birch relevait un peu de cela aussi.

Peut-être que ces histoires de bons ou mauvais amis, cela n’existe pas ; peut-être n'y a t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Il n'y croyait pas. Et il était peut-être bien le seul, d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Jeu 8 Sep - 2:44

En prenant son gilet, une seule question lui avait traversé l’esprit : qu’est-ce que tu fais ? Elle n’en savait rien. Elle qui aimait tellement contrôler son environnement s’apercevait justement que cette soirée échappait totalement à son contrôle. Ce n’était pas faute d’avoir essayer d’en faire quelque chose de cohérent. La jeune femme avait bien tenté de rentrer chez elle ou en tout cas de rester seul, mais rien n’y faisait. Rosier s’accrochait à elle comme un chiot un peu perdu et du coup, elle ne savait pas très bien comment lui dire d’aller voir ailleurs si elle y était. En y pensant, il avait surtout l’air d’un animal égaré. Un chien un peu violent, mais qui avait surtout froid, faim et qui dans le fond, même s’il montrait les crocs vous regardait avec un air un peu pitoyable. Voilà à quoi il ressemblait Adrian Rosier. Bien entendu, il ne venait pas à l’idée de la jeune veuve qu’elle puisse lui renvoyer une image tout aussi pitoyable de son côté. Et en réalité, elle devait probablement être un peu pathétique aussi, elle et son refus constant de se mêler au monde.

On est souvent plus aveugle à ses propres défauts qu’à ceux des autres.

Alors voilà, comme une idiote, elle sortait du bar, laissant à Josh et sa blonde l’honneur de répandre des rumeurs sur elle. Il n’allait pas falloir plus de quelques jours avant que ses anciennes connaissances ne sachent qu’elle était devenue indigne au point de préférer un mangemort à ses anciens amis. Après tout, qu’importait qu’elle n’ait pas vu les amis en question depuis cinq ans et qu’elle ne les considère pas comme tel. De même, peu importait qu’Adrian lui colle au basque depuis le début de la soirée sans quelle puisse rien y faire. Les faits n’étaient importants pour personne et pourquoi sans soucier quand il y avait des rumeurs tellement plus croustillantes à colporter. Ils avaient beau être sortit de Poudlard depuis longtemps, rien n’avait changé pour autant. Les gens étaient toujours les mêmes,  à l’affût du moins potin intéressant à colporter et peu importait les gens que ça blesserait par la suite.

Dans le fond, l’opinion des autres, Juliet s’en fichait. Elle avait appris à surmonter ça. Tant que ça ne remontait pas jusqu’aux membres de l’Ordre et qu’on ne pensait pas qu’elle fricotait avec un mangemort pour le plaisait tout lui allait. Dans le fond, n’y avait-il même pas un avantage à tirer de cette situation ? Ce n’était pas tous les jours qu’on avait un mangemort sous la main et que celui-ci semblait rechercher votre compagnie. Qui savait quelles informations elle pourrait tirer si elle se décidait à être plus amicale ? Ca méritait d’y réfléchir, mais quelque part, elle savait qu’elle répugnait à employer ce genre de méthode, c’était digne d’un serpentard, mais pas d’un gryffondor.

Néanmoins, ce n’était pas encore à l’ordre du jour. Pour le moment, ils se retrouvaient simplement face à face sur la terrasse du café, une cigarette – pour ne pas changer – à la main. Ils fumaient tous les deux comme des pompiers ce soir, elle ne savait pas si Adrian fumait autant d’habitude, mais Juliet savait que c’était le stress qui l’incitait à fumer autant. Tirer sur la cigarette et regarder la fumée se dissiper était un geste familier et rassurant, ça avait le don de la calmer en toutes circonstances, ou presque.

«  - Hmm, type de parole ou pas, j’aurai compris. Ils ont été insultant après tout. »

Elle aurait pu dire : je suis contente que tu sois resté, mais ce n’était pas vraiment ça. Elle était plutôt soulagée de voir qu’elle ne se l’était pas mit à dos à cause de deux imbéciles. En un sens, elle était donc contente de le voir toujours présent, mais probablement pas pour des raisons qui auraient fait plaisir au jeune homme. Heureusement, il n’avait pas besoin de le savoir. Elle partit donc sur quelque chose de plus léger, pour détente l’atmosphère.

«  - Gagner au billard ? Hmm, dans dix ans peut-être et encore, je doute. »

Son sourire s’effaça, pourquoi est-ce qu’elle n’était pas partie ou pourquoi est-ce qu’elle était partie justement ? Elle passa ses doigts sur la table, suivant les traces qui l’avaient décoré au fil du temps.

« - Je suis partie justement, parce que ce ne sont pas mes amis, de toute évidence et parce que je n’ai jamais aimé la grossièreté. Tu sais ce que je pense de ta marque, je n’en fais pas un mystère, mais tu ne méritais quand même pas ça je suppose. Pas ce soir en tout cas. »

Elle jeta se cigarette a terre et l’écrasa du talon.

«  - Sinon, eh bien tu étais ici devant à attendre et je suis toujours là, dans le fond, je ne saurais pas trop dire pour quoi. »

C’était probablement sa réponse la plus honnête de la soirée. Elle ne savait pas dire pourquoi elle restait. Dans le fond, elle était persuadée qu’il était comme elle, il ne devait pas savoir non plus. Elle conclut avec un haussement d’épaule :

« - Je suppose que c’est parce que je tiens ma parole aussi, j’ai dis que je resterai avec toi. »

Elle examina la plaie d’Adrian de loin, mais sans le toucher. Elle n’était pas fort profonde, ce n’était rien de grave, même si ça aurait probablement pu l’être.

«  - Tu as du avoir l’air malin en attaquant un pauvre parasol sans défense. Enfin, ça n’a pas l’air profond. Un sort et on y verra que du feu. »

Ca attendrait et surtout, il y arriverait bien tout seul, c’était un grand garçon après tout. Ils étaient dans un quartier moldu et l’usage de la magie y était proscris. C’était d’ailleurs probablement pour ça que la scène dans le bar n’avait pas dégénéré en rixe. Personne ne pouvait sortir sa baguette et les sorciers rechignaient souvent à se battre comme de simple moldu. Jule en était heureuse, elle n’aurait vraiment pas voulu être mêlée à ça.

«  - Ca ne valait pas la peine de se battre de toute façon. En dehors de toute considération personnelle sur ton métier, ils n’ont pas le droit de critiquer ce que je fais et qui je fréquente. Que leurs remarques soient justifiées ou non. »

Elle prenait bien garde aux mots qu’elle choisissait parce qu’en réalité, elle savait qu’il était étrange qu’ils soient ensemble ce soir, mais encore une fois être franc ne veut pas dire être un imbécile et contrairement à Emma, elle n’avait pas envie d’insulter un officiel du gouvernement, même quand celui-ci n’était pas en plein exercice de ses fonctions. Elle se sentait parfaitement prête à abandonner le sujet, mais c’était loin d’être le cas de son compagnon qui remâchait l’évènement sans fin.

« - Je ne sais pas. Objectivement, c’est la première fois que je te vois depuis douze ans et la première fois que je te parle plus de cinq minutes. C’est dur à dire. »


Merci Juliet pour ce moment. Tant de franchise alors qu’il ne cherchait probablement qu’à être rassurer sur lui-même. Manque de chance, ce n’était pas le genre de la maison, il allait devoir faire avec.

« - Sois honnête, Adrian. Tu as une étiquette parce que tu fais partie d’un groupe qui n’a pas franchement brillé ces vingt dernières années par sa tolérance et sa gentillesse. Il ne faut pas s’attendre à ce que les gens n’aient pas un mouvement de recul. On ne peut pas dire que vous ayez la réputation d’aider la veuve et l’orphelin. Assume-le au lieu de chercher des excuses qui ne convaincront personne, toi le premier. »

De mieux en mieux … elle faisait décidément dans le tact et la délicatesse ce soir. Elle n’y pouvait rien après tout. C’était tellement évident. Comment pouvait-on seulement se réclamer mangemort et croire encore que les gens allaient vous considérer comme le dernier saint du coin. C’était ridicule et elle ne comprenait pas qu’Adrian ne le comprenne pas. Pour adoucir son propos, elle ajouta :

«  - Et puis, ne me dit pas que tu n’as pas eu d’a priori sur moi quand tu as su que je faisais partie du Parti pour Merlin. Je ne te blâme pas, mais je ne sais pas si tu m’aurais trouvé aussi sympathique si tu n’avais pas su que j’étais veuve. »

Elle avait l’art d’asséner les vérités qui faisaient mal. Aussi bien pour elle que pour les autres d’ailleurs. Jule savait qu’on la trouvait froide, distante, hautaine, cul serré, les adjectifs n’avaient jamais manqué pour qualifier une jeune femme qui dans le fond était juste mal à l’aise en société. Elle savait que c’était son veuvage qui attirait la sympathie. On lui pardonnait beaucoup et les gens étaient plus enclins à être indulgent avec elle au vu de ce qu’elle avait vécu. Adrian ne faisait pas exception à la règle.

Malgré tout, Adrian semblait être partant pour chercher un autre bar. Ca arrangeait Juliet, elle n’avait pas envie de rester plus que de raison devant celui-ci. Qui sait quand Emma et Josh sortiraient et qui savait s’ils ne voudraient pas provoquer une bagarre cette fois-ci. Non décidément, ça ne lui faisait pas envie. Elle se leva en même temps que lui et regarda autour d’eux.

«  - Cherchons ailleurs alors. On devrait bien trouver quelques choses. »

Et en effet, quelques rues plus loin, ils tombèrent sur un autre pub. Un peu plus calme, à l’ambiance détendue. Pas de table de billard à l’horizon, mais une terrasse privée à l’arrière du pub avec plusieurs jeu à fléchette.

« - L’avantage, c’est que comme je suis partie en trombe, c’est eux qui vont devoir payer notre tournée. Enfin du coup, je paie celle-ci, je choisi pour toi ou tu penses pouvoir t’en sortir cette fois-ci ? »

Elle s’installa au bar en attendant d’être servie et désigna le jeu de fléchette. Quand ils furent enfin servis, elle l’entraîna dehors et désigna le jeu.

«  - Tu connais ? Qui sais, tu auras peut-être plus de chance qu’au billard. »

Elle frisonna discrètement et remis son gilet sur son t-shirt.

«  - C’est moi où il fait un peu froid ? »
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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Jeu 15 Sep - 17:23

C'est difficile de vivre dans une telle guerre lorsqu'on a un sens de la morale. C'est encore plus difficile lorsque le camp pour lequel on se bat semble donner le meilleur de lui-même pour vous faire comprendre que soit vous n'y êtes pas à votre place, soit pour vous trahir. Alors évidemment, Adrian Rosier n'en finissait pas avec les questions. Il les enchainait en permanence : c'était peut-être un défaut majeur chez lui, plus que tout : il était particulièrement lucide, et loin d'être idiot. Comme il était naturellement curieux, en vieillissant, il avait appris à aimer étudier, penser, débattre, et au final, il se révelait bien incapable de croire toute la soupe puriste que son grand-père lui avait vendu. Ou tout du moins, s'il pouvait adhérer à une partie de l'idéologie, il ne comprenait pas la haine, ni la colère, ni la méchanceté. S'il pouvait être du genre à s'emporter, s'il possédait un tempérament porté à la rancoeur et à la fureur, Adrian Rosier était foncièrement incapable de méchanceté gratuite.

Presque tout ce qu'il voyait dans le milieu sang pur le révoltait, ou lui donnait envie de vomir. Parfois, c'est à se flinguer, parce que c'est toujours comme ça, il n'y a rien à y faire. On ne peut que constater. Pourquoi ? Pourquoi la haine est-elle plus forte que l’amour ? Pourquoi les gens méchants récoltent-ils toujours les meilleures récompenses ? Pourquoi la force et la rapidité valent-elles plus que la morale et la bonté ? Pourquoi les gens oublient-ils d'être des hommes pour être du métal, ou des machines qui savent, qui ne vous laissent pas mentir ?  Comme il détestait les gens qui avaient des réponses et qui pouvaient de bout en bout croire qu'ils pouvaient se regarder dans une glace en pensant être des saints...parce que lui, il n'avait pas de réponse.

Pas beaucoup d'espoir, non plus, pas vrai ? Il fallait avouer que pour lui, c'était un peu foutu. Après s'être trahi trois ou quatre fois lui même, même s'il voulait faire le bien, Adrian n'y pouvait plus grand chose. Pourtant, il croyait bien que les choses pouvaient changer. Mais comment,  c'est ça, la bonne question, et pour ça, tu n'as pas de réponse, et c'est là que tu ne vas pas jusqu'au bout de la démarche ! On ne peut pas dire « moi, j'attends que le monde soit meilleur » et ne rien faire pour le changer. Oui, mais voilà, que faire ? La vie d'Adrian était décourageante de ce point de vue, car il était persuadé que les merlinistes, sous couvert de grandes idées et d'humanisme, n'étaient pas si bons que ça. Il le savait, il l'avait constaté. Tous les hommes sont pareils, tous les hommes sont différents, et il y a du bon en chacun. Adrian était persuadé que ce n'était pas une question de politique, que l'on était au-delà, que le souci, ce n'étaient pas simplement une question d'idée, mais bien une absence d'écoute, de compréhension, de dialogue. Ce sont les certitudes, et cette foutue morale, qui nous emmenent dans ce conflit.

Pourtant, il en était persuadé, il y avait des choses à sauver, et des gens à qui parler dans les deux camps. Mais ce n'étaient que des éclairs, des illuminations, peu nombreuses, et qui ne duraient pas. C'étaient ses minuscules efforts pour essayer d'humaniser un peu son rôle. C'étaient, curieusement, ce genre de discussions. Si on est capables de discuter sans s'écharper, si on arrive même à passer une soirée ensemble alors qu'on a strictement rien en commun, Jule Birch et moi, ça doit bien pouvoir marcher pour d'autre.

Il en était persuadé, mais en même temps, la guerre les rattrapait toujours. Lui, parce que même s'il n'avait jamais vraiment voulu faire de politique, il ne pouvait pas y échapper. C'était son histoire qui voulait ça, sa famille, ses choix – bons ou mauvais, dictés par la colère ou la volonté de bien faire. Les merlinistes mêmes, et les puristes, qui ne comprenaient rien de lui, et qui jugeaient sans savoir. Emma et son copain, et leurs insultes, par exemple. Et même ce que disait Juliet. C'était froid, un peu cassant. Ca faisait mal, aussi – sans doute parce que c'était en partie vrai, et sans doute aussi parce que justement, ça ne l'était qu'en partie. Et peut-être aussi parce que c'était elle qui disait cela, alors qu'il pensait finalement qu'ils avaient réussi à trouver un équilibre ? N'était-elle pas revenue, après tout ?


Au fond, c'était sans doute pour cela qu'il le prenait mal, qu'il n'appréciait pas ce qu'il entendait. Et ce fut sans doute ce qui dicta une certaine froideur dans sa réponse, dans son ton – moins parce qu'il désapprouvait ce que Juliet disait, même s'il n'était pas d'accord, que par ce que la brutalité des mots  était totale, parce qu'elle aurait eu de quoi le faire bondir.

« C'est bien d'avoir des certitudes. Je suppose que c'est plus facile quand on se bat. J'admire les gens qui en ont, dans l'un ou l'autre des camps. Mais c'est plus compliqué que ça. »


La guerre nous formate. Il n'en voulait pas à Juliet, au fond, pas tant que ça : il n'était simplement pas d'accord, mais il supposait qu'à force de subir les affrontements entre puristes et merlinistes, on finissait fatalement par oublier. C'est plus facile de se battre contre une idée que contre des gens. Il releva sa manche gauche, exhibant pour la première fois la marque noire de la soirée.

« Ca, qui que ce soit la personne qui le trace, sorcier le plus puissant au monde ou pas, ça reste un simple tatouage. Et ce n'est pas un tatouage, une marque, ou un nom, qui peut différencier les hommes. »
Adrian haussa les épaules : « Tout le monde lutte pour la même chose. » Il sourit. « Si, c'est vrai. Moi, toi, les mangemorts, les merlinistes, les gens qui s'en foutent...tout le monde veut simplement avoir une vie meilleure. Et...tout le monde est capable des pires atrocités. Ce n'est pas le motif qui est important : tout le monde a quelque chose en soi qui pousse à tuer dans certaines circonstances, si on va par là. Je le sais. Je l'ai vu. Ce n'est pas ça l'important. Ce qui fait de toi un monstre, c'est si tu t'habitues. »

A partir du moment où tu t'es habitué, c'est fini, c'est terminé. Tant que ça lui soulevait le cœur, Adrian Rosier était à peu près sûr de ne pas être tout à fait perdu. Tant qu'il pouvait se répéter avec rage, et y croire que ce qui était mal le faisait souffrir ou faisait souffrir les autres, et que ce qui était bien était juste et harmonieux et sage, quoiqu'il fasse, et qu'il en avait connaissance, qu'il le savait, qu'il ne pouvait pas ruser, ça irait. On ne négociait pas avec le bien ou le mal. Tant qu'il avait envie de vomir et qu'il essayait de faire de son mieux pour limiter la casse, alors ça allait. Un jour peut-être, tu trouveras une vraie solution, t'en auras le courage. D'ici là, reste en vie, petit.

Il ne se demanda pas s'il choquait Jule ou non. Adrian croyait en ce qu'il disait et il doutait de la convaincre, tout comme la jeune femme croyait en ce qu'elle disait et n'espérait sans doute pas le convaincre. Il se prit à lui sourire :

« Peut-être que j'aurais eu quelques a priori, oui, ou peut-être pas. Ou je les aurais gardé pour moi. Je n'ai pas l'habitude de juger les gens sans savoir qui ils sont. »
Il haussa les épaules : « Et quand bien même ce serait parce que Judith m'a dit que tu étais veuve, je ne crois pas qu'on puisse me reprocher de ne pas m'être comporté comme un connard mais comme un être civilisé. Mais il est pas trop tard pour une ou deux insultes, si tu veux, je ne suis pas contrariant, moi.  »

Il ne voulait pas dire pitié, parce que ce n'était pas ce qu'il ressentait, mais Adrian se doutait que Juliet Birch se fichait sans doute éperdument de sa compassion – et au pire, elle n'en voulait peut-être même pas. Cependant, il finit par hausser les épaules, et sourit plus franchement :

« Bon, je suppose que finalement, on ne pouvait pas couper à l'affrontement puriste/merliniste, c'est plus fort que nous. Je devrais parfois suivre mes propres conseils, celui là était intelligent, pour une fois. On reprend là où on était avant que je me décide à aller cogner des parasols, qu'est-ce que t'en dis ?»

Enterrer la hache de guerre, pour lui qui n'aimait ni avoir tort, ni laisser tomber un débat, était un gros sacrifice, mais à tout prendre, il préférait partir en quête d'un nouveau bar, qu'ils finirent par trouver après avoir tourné un peu dans le quartier. Adrian se contenta d'afficher un air blasé en voyant le jeu de fléchettes :

« Encore un jeu moldu où je ne peux que perdre...ah, tu vois, qu'est-ce que je disais. »


La fléchette venait de se planter tout droit dans le mur. Il reprit une gorgée de bière, et fronça légèrement les sourcils en observant Juliet déclarer qu'elle avait froid :

« Je crois que tu es un peu fatiguée, surtout. C'est pas qu'il est tard, mais pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude de boire, je crois que ça fait beaucoup d'un coup...est-ce que tu veux qu'on s'assoit un peu à l'intérieur ? Ou rentrer chez toi ?  Je te ramène, si tu veux. »


Il ne dirait jamais assez combien cette soirée lui semblait étrange.

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Lun 19 Sep - 22:29

Ils ne tomberaient décidément jamais d’accord. Juliet le sentait bien, mais ne cherchait pas à le convaincre, c’était peine perdue. Ils étaient tous les deux à la fois le fruit de leur passé, mais également de leur éducation. Jule, fille de deux moldus dont la famille avait été marquée par la seconde guerre mondiale avait été éduquée dans la tolérance des autres et de leurs différences. On lui avait appris à ne pas être effrayée par ce qu’elle ne connaissait ou ne comprenait pas, mais bien à chercher à comprendre et apprendre. Elle savait également qu’elle n’était pas supérieure aux autres. Peu importe ses capacités intellectuelles ou son patrimoine financier, rien ne justifiait qu’elle se pense un jour meilleur qu’un autre. Adrian, quant à lui, venait d’un milieu tous à fait différent. Evidemment, elle ne pouvait savoir comment il avait été élevé. Néanmoins, elle avait côtoyé Chapman Rosier, certes de loin, assez que pour imaginer comment il avait du élever ses enfants et petits-enfants. Après tout, ils étaient encore à Poudlard quand Adrian avait perdu son père, un mangemort et elle se rappelait encore de l’adolescent qu’il était à l’époque. De son point de vue, on ne pouvait pas grandir avec quelqu’un comme Chapman sans être influencé par la façon dont il pensait. Surtout pas à l’adolescence, âge où se forment souvent les convictions politiques et morales.

Est-ce que ça excusait en partie ce qu’il était ? Elle n’en savait rien. Ce n’était probablement pas à elle d’en juger, qui était-elle pour le faire ? Néanmoins, elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que même si on nous forme à penser quelque chose, vient un âge où on apprend à réfléchir par soi-même. Vient un moment où on est responsable de ses actes. Cette responsabilité, on doit la prendre seul et on ne peut plus, à trente ans, imputé sa conduite à une éducation ou un simple endoctrinement. L’homme était-il pour autant irrécupérable ? Elle n’en savait rien. A vrai dire, elle ne se posait même pas la question. Ce n’était pas sa mission.

Elle était là pour contrer les mangemorts et leur domination du monde magique par tous les moyens possibles. L’idée qu’ils puissent être réformés ne lui venait pas à l’esprit. D’ailleurs, elle doutait que Kinglsey, McGonagal ou encore Rogue y pensent eux-mêmes. Certes, leur ancien professeur de potion était un ancien mangemort, mais il faisait partie, aux yeux de la jeune femme, de l’exception qui confirmait la règle. Au mieux, ici, Adrian pourrait lui servir s’il s’avérait bavard et lui parlait de ce qui se passait au ministère. Un peu tristement – la dissimulation et le mensonge n’était pas sa tasse de thé – elle se disait qu’il ferrait probablement un bon indic sans le savoir si elle profitait de cette espèce de trêve qui s’était installée pour la soirée.

Trêve qui, même lors d’un débat, n’éclatait pas. Ils avaient beau avoir dit qu’ils n’en parleraient pas, il fallait supposer que c’était plus fort qu’eux ou plus fort qu’elle en tout cas. Il y avait des choses qui devaient être dites, parce que même quand elle ne pouvait pas tous dire, elle s’efforçait d’être honnête.

« - Je suppose que je ne t’étonne pas si je te dis que je ne suis pas d’accord. »

Elle regarda, un peu hypnotisée, cette marque qu’elle voyait d’aussi près pour la première fois. A la fois dégoutée et fascinée par tous ce qu’elle pouvait représenter pour eux. Elle amorça un geste, comme si elle avait voulu la toucher. Peut-être voulait-elle le faire en réalité, comme pour démystifier la marque et prouver que ce n’était qu’une marque, mais elle ne pouvait pas. Il y avait un tel tabou dessus, un tel mystère fait autour qu’elle ne se sentait pas – peu importe à quel point elle était téméraire – le courage de poser sa main dessus. Elle se contenta donc de la désigner du doigt pour finalement dire d’une voix douce :

« - Je ne me bats pas contre toi en particulier, mais contre l’idée que tu représentes. Cette idée est cristallisée par ta marque. Celle qu’on t’a posée sur le bras en signe d’asservissement. C’est un sorcier, puissant certes, mais un homme au fond, quoique probablement très éloigné de la réalité qui a asservit d’autres au service de son idée. Te battre au service d’une idée et devenir un monstre sont deux choses différentes et pas tant que ça, parce que dans le fond, et si c’était l’idée qui faisait de toi un monstre ? »

Elle la regarda encore une fois, observant le serpent qui sortait de la bouche du crâne, la dévisageant sombrement et détourna le regard :

« - Parce qu’au final, si ce n’est pas de la servitude, qu’est-ce que c’est alors ? »

Et c’était la farandole des sourires tristes parce qu’ils savaient tous les deux qu’ils n’arriveraient pas à convaincre l’autre. Ils avaient beaux ne pas essayer, persuadé d’avoir raison chacun de leur côté, on ne pouvait pas leur en vouloir d’espérer que le camp adverse finisse tous de même à se ranger du côté de la raison. Ca ne servait à rien de s’attarder sur ce qui ne serait jamais qu’un espoir déçu et Juliet conclu par :

« - Je ne n’insulte personne. Je n’en ai jamais vu l’intérêt. Généralement, les gens savent ce que je pense d’eux sans que j’aie besoin de les insulter. »

Et de lui, tu en penses quoi alors ? Elle aurait bien été en peine de répondre à la question pour le moment. Tous ce qu’elle voyait, c’était une vie gâchée, mais franchise ou non, il y a des choses qui ne se disent pas. Puisqu’ Adrian lui-même semblait vouloir revenir à la zone neutre, elle n’y voyait pas d’inconvénient et le fit savoir pendant qu’ils se remettaient en marche :

« - Tu peux cogner les parasols si ça te chante, mais ne compte pas sur moi pour t’aider après, je n’ai rien d’un médicomage et Aldéran te le dira, je suis une buse en potion, je ne pourrais pas en faire une si ma vie en dépendait. »

Elle n’était pas intime avec Al, c’est pourquoi elle ne l’appelait pas par son diminutif, mais ils avaient eu l’honneur d’être partenaire de potion pendant une année entière. Un long calvaire pour l’un comme pour l’autre. Ca avait du être frustrant pour le Gryffondor d’avoir une partenaire aussi mauvaise quand lui était si bon et elle-même se sentait gênée de toujours voir sa note baisée à cause de son incompétence notoire. Elle s’en était sortie de justesse et c’était ses mauvaises notes en potion qui avait orienté sa carrière vers tireur de baguette d’élite plutôt qu’Auror.

L’arrivée dans un bar moldu la remit de bonne humeur, les boissons aussi. Peut-être de trop bonne humeur pour quelqu’un qui n’avait pas l’habitude de boire. Elle se sentait étrangement guillerette, beaucoup plus prompte à faire la conversation à des inconnus et particulièrement tolérante. Il y aurait – pour le lendemain matin – probablement une belle migraine qui se profilait, voir une jolie gueule de bois, mais heureusement pour elle, elle en était toujours au stade où seuls les effets bénéfiques de l’alcool sont visibles.

« - Mais non, essaie de viser le centre, c’est comme lancer un sort, ça demande de l’entrainement. »

Elle le regarda, l’œil un peu torve au bout de quelques parties et pintes et dit :

« - Tu sais viser au moins ? »

Oui, et probablement bien quand il s’agit de lancer les impardonnables. Merlin soit loué, elle n’était pas encore assez saoule pour le dire tous haut. Elle avait un peu froid, se sentait fatigué et bien vite, elle arrivait dans cette phase de la soirée où l’alcool commence à faire ressortir vos pires côtés. Or, ce que peu de gens savaient, ce qu’en plus de ne pas savoir tenir l’alcool, elle avait l’alcool agressif, puis dépressif. Une combinaison parfaite. Quand son compagnon lui proposa de rentrer, l’idée lui sembla particulièrement bonne. Elle se leva, déterminée et à la recherche de son sac :

« - Je crois que je vais rentrer. Bonne idée. »

Elle avait volontairement passé sous silence la proposition de la raccompagner. Même si elle ne pouvait pas transplaner à cause de son degré d’alcool. Elle n’en était pas encore au point de vouloir montrer où elle habitait à un mangemort. Se dirigeant vers le bar, elle commanda une dernière tournée et paya l’ensemble.

« -Tiens, un dernier pour la route. »

Elle le but rapidement, trop rapidement. Et puis pris ses affaires. Venait le moment de se dire au revoir. C’est à ce moment là que les choses devenaient embarrassantes. On se fait la bise ? On se serre la main. On se contente de se dire au revoir en se regardant de loin ? Elle n’en savait rien et surtout, elle n’était pas franchement en état de savoir.
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    Adrian Rosier


MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini] Ven 23 Sep - 12:15


Adrian Rosier était habitué depuis longtemps à la timidité. Il ne s'était jamais habitué à la honte. Ce n'est pas pareil. Ca ne l'est jamais. La timidité, c'est détourner la tête de ce qu'on veut, de ce qu'on veut vraiment, et ça, pourquoi pas, parce qu'après tout, la vie demande des sacrifices. Le problème, c'est ensuite de s'habituer à la honte, c'est à dire de détourner les yeux de ce dont on ne veut pas. Ce qui était tout à fait impossible à Adrian. Ce qui était, sans mentir et sans prétendre à la tragédie grandiloquente susceptible de moquerie, le vrai drame de son existence. Ne pas pouvoir faire ce qu'on veut, mais ne pas vouloir faire ce qu'on peut, ce qu'on a le droit de faire. Il ne s'habituait pas à ça, quand bien même il savait bien que c'était ce qu'on attendait de lui depuis des années. L'horreur que lui inspirait ce qu'il vivait était si irrésumable qu'elle lui coupait le souffle. Même s'il avait voulu vraiment se justifier, il en aurait été incapable. Ses arguments lui semblaient bancaux – même s'il pensait ce qu'il disait – tout autant que ceux de Juliet, parce qu'il n'était pas d'accord non plus.

Mais expliquer...comment on explique ça ? Comme on explique ça ? Il me semble parfois que j'entends mes os plier à se fendre sous le poids des vies que je ne vivrais pas. Il me semble aussi que je n'ai pas les épaules assez larges pour ce qu'on me demande, et pourtant je dois le faire. Ca n'a aucun sens. Ce n'est pas un vrai problème. Elle ne comprendrait pas. Il était incapable d'expliquer de manière concrète pourquoi il était en colère en permanence, pourquoi il se sentait aussi blessé, aussi trahi, aussi révolté. Il savait seulement qu'il avait un devoir, qu'il aurait du défendre avec fierté. C'était son rôle. Mais il n'y arrivait pas. Parce qu'il ne voulait pas. Mais il le faisait quand même. Il faut bien que quelqu'un le fasse, songeait-il avec fierté.  

Il n'y avait rien à dire : parce qu'après tout, il avait eu le choix. Il ne pouvait pas se plaindre. Et puis, après tout,  les gens avaient leurs propres problèmes, et leurs propres certitudes. Sans compter qu'Adrian était sans doute trop fier pour admettre qu'il n'allait pas si bien qu'il voulait bien le dire. Je m'en sortirai tout seul. Si je dois pleurer, je pleurerai à l'intérieur. Si je dois saigner, je me ferai un bleu. Si mon cœur commence à s'affoler, je n'en parlerai à personne au monde. Ça ne sert à rien. Ça ne fait que rendre la vie de tout le monde plus difficile. L'exemple type était Juliet Birch. Après tout, Adrian n'était personne pour contester les convictions des gens, personne pour les déranger dans leurs propres idées. Après tout, on n'a pas à imposer sa vie aux autres. Il aurait donc pu répondre, sur des tas de points. Il ne le fit pas. Il se contenta d'un sourire :

« Il y a une frontière énorme entre ce que les gens disent et ce que les gens font vraiment, je crois, et je pense que c'est ce qui compte vraiment. C'est peut-être pour ça que les idées affichées m'indiffèrent. Peut-être pour ça que je dis que je suis flic. Un meurtre est un meurtre. C'est mon travail d'arrêter les meurtriers. D'où qu'ils viennent . Tant que je pourrais le faire, je le ferai. »

Ça le conduirait sans doute un jour à sa perte. Car en effet, même si ce n'était pas pour ça qu'il était devenu mangemort, il savait que le Lord veillait au grain. Il continua de son ton neutre.

« Et puis, eh bien, si un jour il faut rendre des comptes, Godric me protège, je suppose que j'improviserai. »


Et il n'y avait rien à dire de plus sur la question. Il avait choisi, après tout. On ne fait pas toujours ce qu'on veut, parfois on fait seulement ce qu'on croit devoir faire, même si c'est révoltant, même si on se perd soit même.  Il reste ce qu'on ne veut pas faire, ce sur quoi on ne négocie pas. A force, cela finirait peut-être par sauver Adrian Rosier. Peut-être dans un dernier sursaut de conscience. Ou peut-être au début d'un sursaut de conscience. Il ne savait pas. Il n'était pas désespéré, malgré tout. Le monde n'est pas un endroit si horrible que ça, vous savez. C'est juste qu'il est plein de gens horribles.

Et puis, il arrive qu'on croise des gens bien. C'est simplement triste lorsque vous vous rendez compte que c'est vous qui êtes passé du mauvais côté de la barrière. C'est parfois rassurant aussi ; s'ils tendent un peu la main, vous vous apercevez que vous y croyez encore un peu, qu'il n'est pas tout à fait trop tard. En jetant un coup d'oeil à la dérobée à Jule Birch, alors qu'elle le laminait positivement aux fléchettes, il eut un très léger sourire.

« Mais non, justement, ce n'est pas pareil qu'un sort, on dirait qu'elles sont invariablement attirées par le mur. »
Il en lança une de nouveau, qui rebondit sur l'extrême bord de la cible. Avec fatalisme, il commenta : « Bon, dans quelques années, je suppose que je réussirai à toucher le centre. »

Peut-être avait-il un peu trop bu lui aussi – encore qu'Adrian était d'avis qu'on ne buvait jamais assez – mais il restait tout à fait conscient de ce qu'il faisait. Il en fallait beaucoup pour qu'il se mette vraiment minable, et là, ce n'était pas le cas. Il fronça légèrement les sourcils lorsqu'elle demanda un dernier verre, voulut dire quelque chose, n'en eut pas le temps. Il sourit une dernière fois :

« Bon, eh bien au revoir, alors. A une prochaine fois. Il faudra que je te rende tes cigarettes, je dois bien t'en devoir un demi-paquet. »


Phrases anodines pour des gens qui ne connaissaient pas plus que ça, et qui ne se reverraient très probablement plus jamais sinon éventuellement à Gringotts, ou pas du tout. Il fit un dernier signe de la main, suivit Jule du regard, et finalement éleva de nouveau la voix :

« Juliet ! » Il désigna la porte de la main : « La sortie est de l'autre côté. » Il se leva pour la rejoindre et de prendre un peu les choses en main : « Je vais te ramener, d'accord ? Au moins à Londres, ou où tu veux. Je pense que tu n'es pas franchement en état de transplaner. »

Et une désartibulation en plein milieu du Manchester moldu ne serait pas du meilleur effet, si on était de bonne foi.

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MessageSujet: Re: Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini]

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Pas de sourire forcés entre nous - Adrian Rosier [Fini]

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