POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion)

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MessageSujet: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Sam 13 Aoû - 19:11

Le mois de juin était sur le point de céder sa place à son frère juilletiste, et l'été avait fini par poindre le bout de son nez, offrant son lot de répliques bien senties sur la météo du jour, mais aussi et surtout une distraction bien méritée dans un contexte toujours aussi agité.
La chaleur s’étant donc enfin invitée (non, il ne pleut pas tous les jours au Royaume-Uni), Carl avait sorti une tenue appropriée. Pantalon en lin beige, chemise blanche aux manches retroussées et chaussures de marin bleu roi. Sa décontraction affichée entrait cependant en totale opposition avec son état d’esprit du jour.

En effet, aujourd’hui, le jeune reporter (plus si jeune que ça, d’ailleurs) avait rendez-vous avec M.Nott, le plus Puriste des rédacteurs influents de la Gazette. Rien que ça. Et Bissett appréhendait avec autant d’excitation que de peur cette entrevue, tête-à-tête annuel sous forme de bilan. Qu’allait-il avoir à faire valoir, lui le petit reporter cantonné aux créatures magiques, a quelqu’un d’engagé, de positionné, un sang-pur de surcroit ? Pas grand-chose sans doute. Mais après 6 ans à raconter les mêmes histoires aux mêmes personnes, Carl souhaitait évoluer. Bouger. Décrocher de son front l’étiquette « EXPERT EN CROTTES DE DRAGON ET POILS DE NARINE DE TROLL » qu’on avait fini par lui attribuer. Et ce n’était pas une mince affaire.

Mais qui dit été, dit changements. Le journalisme était, à certains égards, proche du Quidditch, ou de cet idiot sport Moldu qui faisait vibrer l’Angleterre. L’été était synonyme de mercato. Les différents clubs faisaient le bilan de l’année passée, et allaient voler à leurs petits camarades leurs meilleurs éléments (ou leurs moins mauvais, c’est selon) afin de briller encore un peu plus l’année suivante.
Les différents médias sorciers n’échappaient pas à la règle. Des rédacteurs vedettes ou des journalistes prometteurs allaient quitter leur écurie pour filer chez la concurrence et tenter de gagner en influence, en rémunération voire, pour les plus chanceux, en les deux à la fois. Et cela allait laisser des places vacantes.
Carl était assez réaliste ; s’il n’était pas mauvais dans ce qu’il faisait, ils ne possédaient pas l’assemblage subtil de qualités qui faisait de lui un outsider, un jeune reporter qu’allaient se déchirer Sorcière Hebdo ou un autre papier. Non, ce privilège était la panache de sorciers un brin plus doués.
Néanmoins, tout n’était pas perdu pour lui : il pouvait venir colmater un trou béant. Remplacer une pépite partie trop vite, et venir grimper dans la hiérarchie plus par un heureux hasard que par une compétence reconnue unanimement au sein de ses pairs. Et très concrètement, Carl n’avait aucun souci à n’être qu’un plan B, puisque la finalité pouvait être la même.

Le rendez-vous était fixé à 14h00, juste après le repas. Carl, qui n’avait pas pu avaler grand-chose, espérait que M.Nott ne sortirait pas d’un opulent déjeuner qui réduirait à néant toutes ses chances de s’intéresser au discours d’un reporter qu’il n’avait que rarement croisé à la rédaction.
Un peu en avance, le barbu attendit que la secrétaire des rédacteurs l’invite à rentrer dans le bureau du sang-pur. S’il bouillonnait intérieurement, plus motivé que jamais à ne pas laisser filer cette occasion, Carl était bien conscient que Nott se contre-fichait sans doute de l’entrevue à venir, et qu’il ne s’agissait pour lui que d’une formalité administrative sans réels enjeux.
Il avait tenté de préparer le terrain autant qu’il le pouvait, fouillant un peu dans les papiers publiés par le Puriste ainsi que dans les différentes casseroles qu’il pouvait trainer avec lui. S’il n’était clairement pas d’accord avec ses idées, Carl savait qu’il allait falloir mettre tout ça de côté, comme il savait si bien le faire. Quidditch, politique, actualités … Bissett était prêt à tout accepter. Même la couverture du salon annuel des Cracmols du Pays-de-Galles. Et il allait user de son éventail d’hypocrisie le plus complet pour arriver à ses fins.

Lorsqu’il y fut convié, Carl frappa avec assurance à la porte du bureau de Nott et entra en affichant un sourire un peu forcé, bien qu’il tenta au mieux de couvrir sa gêne. Il se dirigea spontanément vers son supérieur, lui tendant une main confiance, et attendit debout que la pareille lui soit rendue avant de s’asseoir.

- Bien le bonjour, M.Nott. Je suis bien gêné de vous contraindre à rentrer si tôt dans nos locaux alors que vous auriez pu profiter du beau temps sur le Chemin de Traverse. Merci de me recevoir !

Bon, ça commençait mal. Carl venait de sortir à l’un de ses supérieurs le même ramassis de banalités que celles qu’il exécrait entendre au quotidien. Cela ne l’empêcha pas de conserver son sourire et un certain air assuré, en attendant d’entrer dans le vif du sujet.
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Hypérion A. Nott


MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Dim 14 Aoû - 17:16

La rédaction de la Gazette du Sorcier était réellement ouverte à la montée de ses journalistes au sein de la structure. Il fallait, néanmoins, prouver que l'on était capable d'accéder à un échelon supérieur. Car plus l'on grimpait haut, plus l'on avait une responsabilité journalistique importante. Cela passait par les événements couverts, au simple fait que son nom soit associé au dossier publié. Une erreur et c'était l'échec publique. Aussi, la rédaction était ouverte à l'ascension, mais elle laissait peu de chance aux erreurs. Hypérion avait bien saisi les rouages du système et avait tiré son épingle du jeu, non sans mal. Aujourd'hui il était de ceux capables de fixer les règles. Ou du moins, une partie. Car Nott, tout imbu de lui-même qu'il était, restait un homme remplaçable. Il était constamment sur une ligne étroite entre politique correct et assassinat public. Il aimait jouer avec le feu et il fallait bien avouer que jusqu'ici c'était ce qui avait fait sa force. Sa réputation était basée sur ses affinités politiques très tranchées et assumées, revendiquées dans ses papiers. Il avait monté une hype autour d'un journaliste puriste radical qu'on refusait de contre-dire. D'où l'importance de, parfois, jouer au plus dur pour cacher ses faiblesses. Hypérion était adepte du voile publique, celui recouvrant quelques failles qu'il refusait que l'on exploite.

Cette fois, c'était à lui de donner sa chance à un jeune rédacteur, ou à lui refuser l'entrée vers le septième ciel médiatique. C'était exagéré car ce dernier dépendait des ambitions de tout un chacun. Mais n'importe quel journaliste de la Gazette désirait l'approbation d'un des rédacteurs en chef du journal. C'était un plus sur ses applications et, concrètement, un énorme coup de publicité pour son propre nom. Il n'était pas impossible, d'ailleurs, que d'autres journaux émettent leur intérêt pour un journaliste en herbe, ou confirmé, repéré par un des grands rédacteurs de la Gazette. Quand on savait que Sorcière Hebdo ou Pur Sang intéressaient de plus en plus les journalistes du groupe de la Gazette, on était en droit de se demander si cette dernière ne faisait pas office d'institution. A croire que tous les bons rédacteurs sortaient de chez eux. Nott n'y aurait pas mis sa main à couper pourtant. Lui qui croyait plus au travail et à la rigueur.

Soit, en ce début d’après-midi c'était à un certain Carl Bissett de passer son entretien d'évaluation. Hypérion n'était pas particulièrement enclin à le descendre, ni d'ailleurs à l'aider. Il n'avait simplement aucune idée de qui venait le rencontrer. Il ressortait, néanmoins, d'une nuit intense à gambader à travers les sites protégés de Manchester où plusieurs expériences étaient menés par des experts de Saint-Mangouste. L'histoire louche avait inspiré Nott qui s'était senti pousser les ailes de reporter de l'extrême. Seul, il s'était introduit dans l'endroit et en était ressorti avec plusieurs balafres sur le visages, les mains et les bras. Les sorciers étaient des personnes étranges car en plus de protéger leurs sites à coups de sortilèges, ils pensaient encore à utiliser les barbelés moldus qu'ils estimaient efficaces. Soit, il avait obtenu ce qu'il désirait, avait photographié de belles petites impostures et dès que le billet serait prêt, Nott était persuadé de l'effet boule de neige qu'il allait engendrer. Il bossait, d'ailleurs, dessus depuis son retour de Manchester, sans avoir dormi plus de dix minutes sur l'épais sofa logeant dans un coin de son office.

Alors plongé dans une reconstitution du passif du site, sa secrétaire frappa nettement à la porte. Elle apprenait de mieux en mieux comment se comporter avec un type exigeant comme Nott. Plus l'on était rigoureux dans sa manière de se comporter, plus il appréciait l'efficacité de la personne. Hypérion n'était pas un amateur d'autrui. Se considérant comme supérieur à la moyenne, il estimait que l'appréciation qu'il avait des autres se résumait à sa satisfaction des habitudes de tout un chacun. Plus l'on se comportait comme lui l'entendait, meilleure était son impression. C'était, finalement, assez réducteur comme vision du monde. Mais jamais personne n'avait dit qu'Hypérion était un homme moderne.

-Qu'y-a-t-il cette fois?
-Votre emploi du temps de l'apres-midi. Voilà. Et pour demain, dois-je maintenir le rendez-vous avec Monsieur le Ministre?
-Hé bien, a-t-il annulé ?
-Non. Pas que je sache.
-Et vous pensez sérieusement qu'annuler un rendez-vous avec le Ministre de la Magie, la vieille, serait intelligent? Plus vous pénétrez ce bureau, meilleure est ma déception. Allez, dehors.

Sans se faire prier, elle quitta les lieux en prenant soin de fermer la porte derrière elle. Hypérion décrocha quelques instants de son dossier pour allumer une cigarette. Il se leva et observa la rue commerçante du Chemin de Traverse s'étendre sous ses pieds depuis l'immense baie vitrée ornant son office. Comme tous les rédacteurs en Chef, il avait droit à un bureau de choix. Ici, la décoration était sobre et élégante. Nott détestait le superflu inutile et, de toutes façons, il n'avait absolument pas envie de s'encombrer l'esprit avec des bibelots sans intérêt. Son bureau en bois massif régnait au centre de la pièce. Deux sièges en cuir accueillaient ses invités. Lui trônait dans un épais siège baqués d'un cuir noir intense. A sa gauche, un grand buffet regroupait multiples breuvages et ouvrages illustres dont il faisait collection. A sa droite, un sofa était entouré de deux épaisses étagères où tous les dossiers traités par Nott lui-même pour la Gazette étaient rigoureusement rangés par ordre alphabétique. Tous ses billets, ses essais, ses articles, ses reportages, ses photos originales, tout y était. C'était une espèce d'antre de la folie de ses expériences au sein de la Gazette.

Il termina lentement sa cigarette en ruminant quelques réflexions concernant le site de Manchester. Tout ceci l'intriguait et le motivait à rendre compte de l'absence d'informations concernant les recherches menées par les experts médicomages. En quoi ce site méritait un secret confidentiel aussi minutieusement gardé ? Il avait lancé son équipe sur le tas, il verrait bien ce qui en ressortirait. Soit, il tira une dernière latte quand sa secrétaire frappe de nouveau. Elle pénétra, et se permit d'introduire le fameux Bisset venu à la barre d'exécution. Dans quel état se sentait-il ? Nott aurait dit nerveux. Mais qui ne l'aurait pas été ? Hypérion ne jugeait que rarement les émotions. Plutôt les manières d'agir. Il se retourna lentement vers l'employé de la Gazette qui déblatéraient déjà de belles âneries. Nott lui serra franchement la main et se dirigea vers le buffet.

-Vous m'auriez dérangé si j'avais pu en profiter. Tout le monde n'a pas la chance d'être notre bon directeur et de se pavaner sous le soleil.

Il ouvrit un placard dévoilant une large collection d'alcools.

-Vous en conviendrez, le travail n'attend pas, lui. Que puis-je vous offrir Monsieur Bisset ? Whisky, vin, liqueur?

Il tira déjà une bouteille de vin. Il servit Carl avant de faire de même pour lui. En revenant vers le bureau, il déposa le verre du côté de son invité en l'invitant à s'asseoir. On pouvait dire beaucoup de choses d'Hypérion, dont son horrible habitude de parler distinctement d'un ton aisé. Mais il avait été drastiquement élevé et il n'y prêtait plus aucune attention. On ne pouvait, cependant, pas dire qu'il ne savait pas recevoir. C'était un homme avenant, poli et généreux. A ceci près qu'il était aussi intransigeant qu'exigeant.
Il prit à son tour place derrière son bureau et observa fixement Bisset.

-Présentez-vous Monsieur Bisset. Je n'ai pas la chance de vous connaître.

Si la situation était embarrassante, elle testait bien des choses, dont l'absence de courbettes inutiles de Carl vis-à-vis d'un homme qui n'en avait cure. Nott alluma une nouvelle cigarette et enchaîna rapidement.

-Estimeriez-vous que votre travail mérite de l'attention ? Que pensez-vous de votre carrière jusqu'à présent?

Hypérion restait persuadé que l'estime que l'on avait de soi allait de paire avec celle que l'on pouvait avoir sur son travail, et la qualité générale de ses productions en pâtissait – ou en bénéficiait. Il ne s'agissait pas d'être imbu de soi-même bêtement. Mais de comprendre ce qu'il y avait de bien et de l'accentuer pour couvrir des défauts souvent évidents. Le voile restait, ici encore, essentiel à toute progression.
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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Lun 22 Aoû - 16:10

Bon, visiblement, Nott n’était pas du genre à bomber le torse et à abuser de sa position pour terroriser les journalistes fébriles qu’il recevait dans son bureau, lieu simple mais pas simpliste pour un sous. Ceci permit à Carl de « redescendre d’un étage » et d’aborder cette entrevue un chouilla moins stressé. Même si finalement, « moins » de « beaucoup », ce n’était pas grand chose.
Les vapes de tabac embaumant l’air sec du bureau, loin de dégoûter Carl, contribuèrent également à l’apaiser. Avec un peu de chance, il avait face à lui un autre bon vivant. Et si cela ne faisait pas tout, c’était un début encourageant. Une connivence à exploiter, un sujet à exploiter. Afin de réaliser un sans fautes, ou plutôt de rendre une copie correcte, Bissett savait qu’il ne devait rien laisser au hasard. Il devait décortiquer chaque geste, chaque mot, chaque pause ou moment suspendu afin d’identifier les brèches dans lesquelles s’engouffrer, et les chemins à éviter.

Toutefois, c’était là un exercice nettement plus simple à dire qu’à faire. Carl en faisait les frais, avec une accroche d’entrée digne d’un comptoir crasseux en fin de soirée, ou d’une après-midi « thé » entre ménagères désoeuvrées. « La pluie et le beau temps », voilà un sujet bien indigne d’un journaliste de son rang … Quoi que ? Quel rang avait-il ici bas, à la Gazette du Sorcier ? Peut-être en saurait-il davantage là-dessus après avoir discuté avec l’un de ses rédacteurs en chef.

Visiblement, la piste du « bon vivant » était prometteuse. Après avoir serré la main de manière énergique à Carl, et avoir poliment répondu à son flot de banalités, Nott ouvrit un placard qui avait de quoi faire rêver et proposa un verre à son subalterne. Carl ne put s’empêcher de décrocher un petit sourire en coin lorsqu’il contempla la collection de spiritueux et vins d’Hypérion. « Il y en a qui se font pas chi** quand même ! » pensa-t-il, caressant du doigt le doux espoir d’un jour pouvoir être dans la même situation.

Les questions s’enchainèrent alors, tandis que Nott prit place derrière son bureau, invitant tacitement Carl à en faire de même.

- Hé bien, à vrai dire, vous avez l’air d’avoir saisi l’essentiel en ce qui me concerne : je suis un grand amateur de vin.

Tout en parlant, Carl leva le verre et en sentit les arômes complexes. C’était une bonne bouteille, à n’en pas douter. Les reflets presque orangés de la substance dionysiaque sur le bord du verre laissaient deviner que ce vin avait longuement attendu avant d’être dégusté. « Au moins dix ans » s’imagina Carl. Puis, portant le liquide violacé à ses lèvres, Carl put en apprécier toute l’étendue. Notes boisées, fort goût en bouche, tout était là.

- Merci, avant toute chose, de partager avec moi un tel cru.

Puis, portant à son tour une cigarette à sa bouche, il enchaîna :

- Vous permettez ?

Sans attendre de réponse, il se saisit d’une allumette dans sa poche droite et la fit craquer sur la boite. C’est à ce moment-là que Carl se fit une remarque à lui-même : « Mon coco, ne te détends pas trop, aussi appréciable ce moment puisse-t-il être, il n’en reste pas moins une occasion de faire tes preuves, pas de te pavaner devant M.Nott. »
C’est d’ailleurs en se faisant cette remarque que Bissett crut observer, sur le visage de son rédacteur en chef, quelques marques de fatigue, voire des blessures. Inutile d’en faire une fixation ni de questionner son supérieur là-dessus, n’est-ce pas ?

Carl inspira donc une grande bouffée de toutes les pourritures que contenait sa cigarette, et prit le temps de bien cerner la portée des questions qui venaient de lui être posé. Le faux pas n’était pas envisageable, et Hypérion était attentif à la moindre fausse Nott, si vous me permettez le trait d’esprit.

- J’imagine que mon travail ne mérite d’attention que pour ceux qu’il intéresse. Les Créatures Magiques - ou les nuisibles, tout est question d’appréciation - ne fascinent guère les foules, tout en restant un sujet divertissant. Et, dans le contexte actuel, une pause de l’esprit est toujours la bienvenue, n’est-ce pas ?

Tout en parlant, Carl veillait à ne pas trop s’avachir dans son fauteuil, tentant au mieux de ne pas avoir l’air insolent ou en excès de confiance.

- Quant à ma carrière, que vous dire … Six ans que je suis cantonné à un sujet que je maitrise et qui continue de me passionner. Je pense que ma rubrique a atteint une petite notoriété, tout en restant, comme je vous le disais, associée à un rôle de divertissement. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que continuer à conter à nos lecteurs pendant dix ans encore la saison des amours des Fangieux soit mon objectif.

Marquant une courte pause, Carl reprit :

- Voyez-vous, j’ai une réelle passion pour le terrain. Je prends beaucoup de plaisir à prendre le temps de trouver ma place dans un écosystème pour en retirer le plus d’informations possibles. Ma plume, tantôt cocasse tantôt satyrique, n’est sans doute pas la meilleure de notre rédaction. Mais je m’assure de toujours faire de mon mieux pour réussir à glaner, sur le terrain, les petites informations qui feront la différence auprès de nos lecteurs et leur permettront de tirer un enseignement, même infime, du temps qu’ils ont consacré à mes articles.
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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Ven 26 Aoû - 16:11

Hypérion jugeait aux manières. Le travail, également, était un critère évident de recrutement. Mais Nott ne s'attardait jamais sur les émotions, ni sur le sang, lorsqu'il s'agissait de travail. Au final, il n'aurait jamais pu embaucher une saleté de sang-de-bourbe, mais que Diable, le sang-mêlé, bien que révulsant, n'était pas un frein au talent. Il croyait au talent, il croyait au génie ; mais certainement pas comme la majorité l'entendait. Le génie était, aux yeux du journaliste, une simple capacité à emmagasiner plus rapidement une certaine dose d'informations, les assimiler et les retranscrire avec sa propre personnalité. C'était simplement un raccourci. Le génie résidait chez celui capable d'apprendre plus vite que les autres. Il n'aurait pas dit qu'il faisait partie de cette caste. Hypérion était un homme prétentieux, centré sur lui-même, mais il restait lucide quant à sa carrière. Elle avait été teinté d'une chance insolente et le seul réel génie qu'il ait pu avoir fut son culot.
Il avait grimpé les échelons petit à petit à grands coups de scandale et d'articles sensiblement intelligents mais dérangeants. Pour un gouvernement Merliniste, il était impossible de laisser un jeune journaliste faire l'apologie d'une pensée opposée extrême et dictatorial. Car Nott croyait en la dictature, c'était là sa plus grande force : il ne rechignait pas à être dirigé d'une main de fer. Il s’accommodait, tel un cafard, aux situations les plus extrêmes. Il tirait son épingle du jeu, et plus les règles étaient corsées, meilleurs étaient ses résultats.
Mais Carl Bissett, lui, était-il talentueux ? C'était l'une des questions qu'il comptait bien régler aujourd'hui. Il flairait bien ce genre de cas, si Bissett montrait des qualités inexploitées, Nott saurait les exploiter. Il ne manquait qu'une petite étincelle dans les yeux du rédacteur en chef, et la vie du petit journaliste animalier en serait à jamais marquée. Mais l'étincelle semblait difficile d'accès tant l’exigence d'Hypérion était grande. Intransigeant qu'il était, il ne laissait jamais place à la médiocrité et semblait inatteignable tant il était dépourvu d'émotivité.

Le vin, en revanche, savait parler à Hypérion. Drôle d'idée que d'imaginer un cru plus parlant qu'une réelle détresse humaine. Et pourtant, pour le sang-pur, il était évident qu'une cuvée méritait cent fois plus d'attention que n'importe quel Homme. Il aimait l'alcool, trop d'ailleurs, autant qu'il aimait les femmes, sinon plus. Il aimait humer leurs saveurs, les déguster, les apprécier, les choisir. Car le choix était difficile, il fallait une certaine finesse d'esprit pour choisir un bon vin. Il fallait comprendre les subtilités des arômes envoûtant de deux crus différents. Et là où un imbécile ne verrait qu'un alcool précaire, il voyait la fine subtilité de l'accomplissement de la race Humaine. C'était là-dedans, pour Nott, que résidait le réel génie de l'Homme. Réussir à faire oublier sa stupidité globale pour ne faire ressortir qu'une beauté extravagante que tous ne sauraient reconnaître. Il y avait un certain élitisme propre à l'alcool qui parlait tout à fait à Nott. Il s'en accommodait très bien, le revendiquait même. Alors il plaça le verre en cristal au bord de ses lèvres et sourit avant de boire une gorgée.

-Ne me remerciez pas. Ce serait rendre l'ouverture d'une bouteille douloureuse, alors que c'est en fait un réel plaisir.

Il tira sur sa cigarette, son regard était perçant. Hypérion ne s'envolait que rarement dans ses pensées, et jamais en public. Il préférait l'attention à tout prix afin de capter un maximum d’informations sur autrui. Bien qu'il méprisait l'Autre, il ne pouvait s'empêcher d'en apprendre plus sur les conditions humaines. C'était un curieux naturel, un réel intellectuel qui ne pouvait s'empêcher d'essayer de comprendre. Pourtant, Salazar savait qu'il n'était pas tendre.

-Voyez-vous, j'estime qu'apprécier un bon vin, ou un bel alcool, c'est assurer une certaine prestance d'esprit. Comprendre la subtilité d'un cru relève bien souvent d'une connaissance raffinée des conditions de culture, que d'un simple goût précaire. On ne peut pas prétendre aimer le vin, si l'on n'en connaît les subtilités. Je suis donc tout à fait heureux de savoir que Carl Bissett est essentiellement représenté par son goût du vin. C'est un beau qualificatif.

Il laissa Carl allumer sa cigarette d'un geste poli autorisant la fumette. Remarquez qu'il aurait été étonnant qu'il lui refuse quand on savait qu'Hypérion ne s'arrêtait jamais de consommer clope sur clope dans son bureau. Il détestait le tabac, mais en était résolument accroc. Il exécrait l'odeur, mais il en dépendait. Nott était un homme faible caché derrière une épaisse carapace. Il écoutait patiemment Bissett témoigner de son expérience personnelle et de sa carrière. Il termina sa cigarette qu'il écrasa silencieusement sans jamais oublier chaque mot prononcé par son invité. Il était attentif car il se jouait, ici, un certain enjeu. Si Nott était exclu de tout enjeu car déjà en place, il s'agissait pour Carl de redorer sa carrière et avancer vers un renouveau certain. Hypérion était un homme imbu de lui-même, mais loin d'être stupide. Il savait que sa seule approbation pouvait propulser Bissett sous les projeteurs de la Gazette. Son refus, néanmoins, de l'aider pouvait enterrer le garçon aux sous-sol de la rédaction. Alors il écoutait attentivement car tout ici se jouait pour Bissett. Il y avait une certaine responsabilité dont il s’accommodait, mais qu'il ne désirait certainement pas manquer.

- C'est quand même terrible de penser que son travail n'a d'intérêt que pour ceux qui s'y intéressent. Si vous voulez vraiment réussir, Bissett, prenez le temps de rendre votre travail intéressant.

Il aimait autant l'égocentrisme, que l'auto-satisfaction. Il estimait qu'un type croyant en son travail corps et âme était plus efficace qu'un autre en perpétuelle remise en question. Il fallait, évidemment, être assez intelligent pour comprendre ses erreurs et les anticiper, au mieux. Mais tout journaliste se devait d'être intelligent, estimait Nott. Bissett ne faisait pas exception à la règle.

- C'est là qu'on vous attend : êtes-vous capable de ramener de l'audience même sur un sujet qui ne passionne pas les foules ? Le public est stupide, Bissett. Gardez toujours à l'esprit que vous êtes le sorcier intelligent dans l'histoire. C'est bien simple, vous êtes un manipulateur. Nous faisons un métier complexe car réellement intellectuel. Nous sommes faits pour vendre du rêve, faire exploser un feu d'artifice dans nos colonnes. Il faut rendre chaque chose grandiose. Faîtes les pleurer, faîtes les rire, ne les laissez jamais indifférents.

Car il y croyait. Il était persuadé, et à juste titre, que le public gobait tout ce qu'on lui vendait. Il ne s'agissait certainement pas de mentir. Mais de rendre la réalité plus scandaleuse qu'elle ne l'était déjà. Le public ne voulait pas lire ce qu'il voyait jour après jour. Il ouvrait la Gazette pour s'informer, certes, mais pour rêver, assister à quelque chose d'anormal, d'incroyable, de scandaleux. Le scandale était un excellent moyen de susciter de l'intérêt. Il s'approcha de son office, reprenant une cigarette. Son sourire s'étira. Il n'était ni moqueur, ni méchant, simplement amusé.

-Putain, faîtes péter un scandale, quoi.

Et c'était réellement drôle. C'était ce que le public attendait sans le savoir. Ils ne l'avoueraient jamais, mais en rêvaient secrètement. Ils voulaient du sensationnel pour que des cruches comme la secrétaire de Nott puisse s'extasier, au dîner de famille, sur les dernières nouvelles de la Gazette. Ils voulaient avoir quelque chose à dire, quelque chose à raconter. Ils voulaient exister. Tout ceci passait par eux, les journalistes sur qui on aimait aussi tabler quand tout partait en vrille. Étrangement, ça n'arrêtait pas Hypérion qui préférait la folie des passions à la sagesse de l'indifférence.

-Le terrain vous intéresse ? Jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour un article ? Et à part les créatures magiques, où iriez-vous ? Avez-vous les épaules assez larges pour remplir vos fonctions sur un sujet que vous ne maîtrisez pas ? Votre carrière est assez pauvre, finalement, vu votre âge. Il serait presque étonnant de vous confier un autre poste tant vous ne prouvez pas votre volonté d'exploser au grand jour. Qu'est-ce qui vous anime, Carl Bissett ? Vous n'êtes pas aussi lisse que vos discours modérés.

Et c'était bien plus stimulant d'aller chercher les tripes de son interlocuteur plutôt que de le laisser dans son ignorance. Bissett ignorait probablement qui il était lui-même. Il n'avait pas connu de situation difficile. Il ne vivait pas pour lui, mais pour paraître. Triste réalité qui n'était certainement pas invariable. Il pouvait exploser. Le tremplin Nott s'étalait devant lui. C'était à lui de réussir le saut. Mais était-il de taille?
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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Ven 9 Sep - 2:50

Hypérion Nott n’avait pas volé sa réputation. Bien au contraire, il s’appliquait à prouver à Carl qu’il était doté d’une intelligence certaine, mais surtout d’une certaine forme d’intelligence. De celles qui vous permettent d’avoir un regard froid sur le monde qui vous entoure. De celles, sans doute, qui mettent tout en oeuvre pour ne servir qu’un seul dessein : celui de leur porteur.

Et il fallait avouer que face à celui qui n’attendait qu’à être surpris, étonné, ou même très légèrement titillé par le jeune journaliste, Bissett n’en menait pas bien large et enfonçait des portes ouvertes. Lui qui se voulait calculateur, incisif et juste finissait par poser lui-même les pièges dans lesquels il se prenait finalement. Et face à un esprit affûté comme celui de Nott, cela ne passait pas inaperçu.
« Admettre que ton travail n’intéresse que ceux qui s’y intéressent, bien joué Bissett … Ressaisis-toi, merde ! » ne put s’empêcher de jurer intérieurement le jeune homme. Cet entretien lui échappait. Il faisait du sur place, voire avait enclenché la marche arrière. Et Hypérion n’était pas de ceux qui lui tendraient une perche pour l’aider à sortir du bourbier dans lequel il s’était enlisé. Mais bon, les règles du jeu étaient claires, bien trop claires pour que Carl puisse jouer la victime. Après tout, il était là pour faire ses preuves.

Et le discours de son patron poussa Carl à changer de stratégie. A mettre de côté les grands discours, la fausse modestie ou les niaiseries. Car le discours de son supérieur ne plaisait pas au Gallois. Prendre ses lecteurs pour de belles truffes. Ecrire des articles pour un journal et se juger trop intelligent soi-même pour rentrer dans la cible, dans l’audience de ses propres papiers. C’était une philosophie qu’exécrait Carl. Car aussi manipulateur et faux pouvait-il être, il n’en restait pas moins profondément attaché à son métier. Ecrasant sa cigarette plus que de raison, agacé par le discours populiste et abrutissant de Nott, le sorcier mit néanmoins tout en oeuvre pour ne pas laisser transparaitre sa gêne.

-Putain, faîtes péter un scandale, quoi.

Cette phrase fit celle qui décida Carl à poser ses coui**es sur la table, et à assumer son désaccord avec celui qui lui avait pourtant offert un peu de son temps, précieux bien pour un homme de la trempe d’Hypérion. Mais cette lubie des articles choc, d’un pseudo-journalisme reposant sur le scandale et le spectaculaire, donnait la nausée à Carl. Ou peut-être était-ce le vin, qui sait…

S’il laissa conclure son patron, qui le poussait très visiblement dans ses retranchements et cherchait à saisir l’essence de l’homme qui était assis en face de lui, Carl décida de ne pas mordre à l’hameçon. Ou tout du moins, pas à celui-ci, qui était trop gros, trop évident, pour qu’il ne ne s’y attache. Homme de principe, il n’allait pas soudainement retourner sa veste et dire le contraire de ce qu’il venait d’avancer pour tenter de rentrer dans les clous, avec l’infime espoir de satisfaire Nott. Non, le rédacteur en chef était un homme intelligent, il ne pouvait pas décemment attendre à ce que Carl accoure. A ce qu’il boive ses paroles et tente maladroitement de répondre « dans le mille ». A ce qu’il fasse des courbettes et promette qu’il était prêt à tout, absolument tout, pour rayonner. Pour briller un peu plus fort.

- Hé bien, ce qui m’anime, c’est le goût du journalisme d’investigation. De ce journalisme qui vous pousse à aller sur le terrain non pas pour dégoter un détail croustillant qui satisfera la soif de ragots de mon audience, mais qui m’y entraine pour apporter de la vérité à mes lecteurs. Le parler vrai, voilà ce qui m’intéresse.

Carl marqua une pause, voulant être sûr de ne pas perdre le fil de sa pensée, et de ne pas s’emmêler les pinceaux dans son propre discours. Et ce n’était pas tâche aisée.

- Evidemment, cela n’est pas incompatible avec une liberté de ton. Avec un certain goût pour les traits d’esprit. Mais je ne partage pas votre constat. Ecrire, informer même, ne peut pas être un exercice de suffisance. Je ne cherche pas à satisfaire des lecteurs que je sais idiots, non. Au contraire, j’ai envie de leur apporter une vérité, un éclairage, qui leur permettra de sortir du brouillard intellectuel dans lequel ils peuvent être plongés. De les guider, de les amuser, de les divertir même. Mais jamais à leurs dépens. Mépriser, sous-estimer ou dédaigner ceux pour qui nous écrivons, c’est faire le deuil de l’essence même de notre métier de journaliste. Et cela, M.Nott, je le refuse. Voilà ce qui m’anime.

Carl prit une grande inspiration, pas tout à fait sûr de la pente dans laquelle il s’était engagé. Il n’était pas agressif, ni vindicatif vis-à-vis de son supérieur. Non, il était juste honnête, et parlait assez calmement.

- Ai-je les épaules assez larges ? Je ne sais pas, mais je sais que je ferai tout pour le mériter. Et j’espère paradoxalement ne jamais y arriver, car c’est lorsque je cesserai de me remettre en question, moi et l’apport que j’ai pour mes lecteurs, que mes articles perdront de leur intérêt. Quant à savoir jusqu’où j’irai, hé bien, disons que ce sont mes lecteurs qui fixeront cette limite. Si la situation l’exige, je me mettrai en danger. Non pas pour faire les gros titres, même si cela fait partie des plaisirs narcissiques de nous autres journalistes, je le reconnais bien. Mais ma plume est au service de la communauté sorcière. Et en ces temps troubles plus que jamais, nous en avons besoin.

Bien, le lyrisme avait un peu pris le pas, et Carl devait bien avouer qu’il n’était pas complètement honnête. A 70%, dirons-nous. C’était suffisant pour valider son argumentaire. Mais suffisant aussi pour le faire passer pour un jeune idéaliste qui, la plume au fusil, s’en irait compter les belles histoires de sa patrie. Qu’importe, il s’était mouillé. Et cela pouvait payer. Ou pas du tout.

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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Jeu 15 Sep - 20:26

La vision du monde par Hypérion Nott était très cinglante. Il y avait lui, et le reste. Nott déconsidérait ce qui n'était pas dans son intérêt propre. Néanmoins, il ne sous-estimait jamais le reste. Il pouvait dire que le peuple était stupide, il le pensait sincèrement, mais il ne sous-estimait jamais la stupidité. On avait vu des peuples abrutis renverser des nations, il se méfiait de la stupidité. Il se méfiait l'inculture. Et force était de constater, à force d'expérience, que le peuple était inculte. On pouvait leur vendre n'importe quel produit pour peu qu'on parlait fort et bien. Hypérion était un homme instruit, il avait expérimenté les extrémismes politiques, il avait fréquenté et continuait de fréquenter des milieux élevés. Résultat, le peuple le dégoûtait. Il leur crachait dessus car Nott ne s'adressait jamais à eux. Il distribuait l'information en la transcendant. Les articles du journaliste étaient connus pour leur poigne et leur style. Ils parlaient autant aux incultes, qu'aux plus intelligents. Mais Nott visait ces derniers. C'était à eux qu'il adressait le plus de messages, des sous-entendus subtils, des références qui amenaient un débat, une question, une nouveauté. Lorsque le sorcier lambda lisait une investigation de Nott, il n'en retenait que les grandes lignes et la conclusion. Alors qu'il y avait tant à apprendre. Hypérion préférait l'information lorsqu'elle n'était pas donnée sur un plateau d'argent. Quand il fallait aller la chercher, la titiller. Il exécrait la facilité et ceux qui la défendaient.

Néanmoins, Nott aimait l'audace. Il en avait fait preuve plus d'une fois depuis ses premiers papiers, il fallait porter son paquet pour être un bon journaliste, tel était sa vision du métier. On ne pouvait pas s'oublier et pondre un article impersonnel juste pour rester politiquement correct. Hypérion ne l'était jamais, il cherchait le scandale. Le scandale était souvent assimilé à de mauvais articles. Pourtant on oubliait que le meilleur essai de Nott, aujourd'hui reconnu comme une référence, avait été une petite bombe littéraire à sa sortie et qu'elle lui avait coûté un long séjour à Azkaban pour incitation à la révolte politique et sociale. C'était un scandale, ça l'était toujours. Pourtant, Bissett prenait ça comme un défaut. Hypérion souriait, détendu, amusé de la situation. Il avait visiblement touché un point sensible chez le jeune journaliste : son amour passionnel pour le journalisme. Et maintenant, Nott avait le sentiment d'être en face d'un sorcier. Jusqu'ici il avait eu un individu, un écran de fumée, sympathique, mais insipide. Maintenant c'était un type vivace, presque agressif qui savait ce qu'il avait à dire, qui assumait ses choix. Oh, ils étaient mauvais. Ça, Nott était catégorique : ce que semblait penser Bissett du monde du journaliste était une belle bêtise. C'était ras du sol, il ne transcendait ni son discours, ni son travail. Néanmoins, Carl était réactif. Il ne s'écrasait pas face à la montagne Nott. Et ça, le rédacteur en chef appréciait. Il détestait les manières et les bienséances. Il aimait la franchise et la force de caractère. Un esprit critique valait bien plus qu'une belle révérence.

Il laissa Bissett terminer son élan lyrique. Il y avait du très bon, comme du très mauvais. Certaines idées, Nott les jugeait même dangereuse. Une plume au service de la communauté ? Diantre, non. La plume était au service de l'information, certainement pas du peuple. Nott alluma une nouvelle cigarette, sirota silencieusement son vin et enchaîna après une longue pause.

- Vous êtes amusant, Carl Bissett. Non pas dans le mauvais sens du terme, ne vous méprenez pas. Mais vous êtes paradoxal. Vous avez une passion animée, envenimée même. Vous voulez mériter un statut, une place, vous semblez être prêt à vous acharner pour. Pourtant, votre plume est « au service de la communauté ». Si c'est elle qui vous intéresse, et non l'information elle-même, alors vous n'êtes pas un journaliste. Juste un agitateur de foule.

Il s'arrêta, observant son interlocuteur de haut en bas. Il jugeait, dosait. Jusqu'où pouvait-il l'amener ? Il aurait été absurde de dire que Carl n'avait aucun potentiel. La réelle question était maintenant de savoir jusqu'où montrerait-il les crocs si on l'y forçait ? Car une limite était nécessaire, évidemment, Nott restait un homme imbu de sa personne sur qui on ne pouvait cracher sans répercussions. Il aimait le franc-parler, mais lorsqu'il virait à la grossièreté, Hypérion mordait.

- Et je pense, honnêtement, que vous êtes un journaliste.

Le constat était agréable, au moins. Nott avait recruté son équipe sur cette simple base : étaient-ce des journalistes, ou pas ? Le reste, le talent, venait avec le temps, l'expérience. Lui-même avait commencé bas pour monter progressivement. Il n'enfermait pas ses journalistes, il les éduquait. Pour certains c'était leur premier boulot, et ils en chiaient sévères. Pour d'autres, plus aguerris, c'était un challenge, et ils en chiaient tout autant. Certains, toute catégorie confondus, pleuraient. Certains lâchaient l'affaire, même, et allaient autre part. Mais passer par la case Nott donnait un certain cachet au curriculum vitae.

- Vous pouvez refuser de dédaigner qui vous voulez, somme toute, ça vous regarde. Néanmoins, vous avez raison, Bissett : écrire n'est pas un exercice de suffisance.

Car, une fois encore, il y avait du très bon dans ce que disait Carl. Il enchaîna.

- Les lecteurs attendent que vous les surpreniez en les manipulant. Soyez offusqué si ça vous réconforte, il n'en reste pas moins que plus vous serez prévisible dans vos papiers, moins ils vous liront. Pourquoi Sorcière Hebdo fait-il encore autant de presse, bordel ? Parce que les lecteurs de ce torchon ont besoin de s'assimiler aux personnalités connues et qu'on leur vende du rêve. Surtout, d'ailleurs, qu'on leur vende du rêve. Ne croyez pas les journalistes de Sorcière Hebdo bêtes. Bien au contraire, ce sont les meilleurs du moment, avec l'équipe que je dirige. Pourquoi ? Parce qu'ils comprennent que l'information est une passion, la distribuer est un travail. Ils distribuent une information simpliste en surprenant leurs lecteurs alors que le propos est bête. Pourtant, ils sortent des papiers dans Conversation Sorcière qui transcende la politique actuelle. Si vous vivez pour votre « communauté », Carl, vous finirez par confondre votre travail et votre passion. Je ne vous le souhaite pas. J'espère que vous pourrez vivre pour l'information.

Il termina son verre. Il attrapa la bouteille et resservit son invité avant d'en faire de même pour lui. Il ne savait pas boire un seul verre. C'était strictement impossible pour Nott qui était un alcoolique avéré. Il le cachait, cependant, très bien.

- Voyez-vous, je suis d'accord avec une chose parmi toutes les belles envolées lyriques que vous nous avez offertes. Je refuse de perdre l'essence de ma passion qu'est l'information. Je refuse car pour moi-même, je veux savoir. Mon parcours est ce qu'il est, il a le mérite d'être osé, je vous souhaite un parcours tout aussi osé car il n'y a qu'avec ça que vous pourrez progresser. J'ai refusé d'adhérer à des journaux car ils dissociaient ma passion, du travail que je voulais faire. Je veux distribuer l'information que j'ai envie de transmettre, de la manière qu'il me plaît. Faire péter un scandale, ne pas être politiquement correct, révéler ce qu'il ne faudrait pas montrer et assassiner ceux qui le méritent. Trouvez vous votre voie, mais par Salazar, Carl, émancipez-vous de vos lecteurs.

Il claqua dans ses mains après avoir prit une nouvelle gorgée et allumé une cigarette. Il adressait à Bissett un sourire certes amical mais les sourires chez Hypérion avaient-ils un sens ?

-Cessons donc de convaincre l'autre. Vous me plaisez Carl. Je ne cacherai pas que votre naïveté agace, mais vous avez eu de l'audace, du caractère. Il s'approcha lentement vers l'office. Dites-moi, maintenant. Que voulez-vous faire ? Quels sont les sujets qui, aujourd'hui, vous attirent ?

On se rapprochait d'une conclusion. Hypérion, tout du moins, était près de savoir ce qu'il pensait de Carl. Il était à deux doigts d'élucider le mystère Bissett qui s'offrait à lui depuis une bonne heure maintenant. Le jeu était trépidant, il s'en délectait. A savoir si il ne se trompait pas.
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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Sam 24 Sep - 0:40

Audacieux, Carl ne l’était pas vraiment. Opportuniste, ça oui. Mesquin, parfois. Hypocrite, souvent. Mais l’audace n’était pas sa qualité première. Trop de risques pour pas assez de résultats. Mais parfois, il faut savoir saisir sa chance. A fortiori lors d’un évènement préparé de longue date. La préparation vient toujours amoindrir l’impact de l’énervante « inconnue ». Mais aussi, ne nous mentons pas, un verre de vin est une valeur sûre donnant aux hommes le courage qui peut leur manquer en temps normal.

Il est difficile de convaincre les gens que vous disposez de qualités quand vous ne les avez pas. Il est peut-être encore plus difficile de les convaincre de vos réelles qualités. Car lorsque les choses vous tiennent à coeur, lorsque le réel entre dans l’équation, la chute n’en fait plus que mal. C’est pour l’ensemble de ces raisons que Carl était stressé et, plus que la chaleur, c’est cet état de presque fébrilité qui expliquait que la sueur perlait légèrement sur son front. En même temps, il venait tout juste d’exposer sa vision du journalisme, ou plutôt sa vision de la mission du journaliste, à son supérieur qui, pour compliquer les choses, ne partageait pas complètement cette manière d’appréhender les choses. Mais l’humidité perlant sur le visage de Bissett donnait tout son sens à l’expression « se mouiller ». Ou « se jeter à l’eau ». Sa propre eau en l’occurence. Ce n’était pas la plus belle métaphore que la langue française ait jamais produite, mais elle criait de vérité en ce début d’après-midi.

Nott était impassible. Ou tout du moins, impossible à lire pour un homme de la cambrure de Carl. Il fallait sans doute un peu plus de bouteille - pas de mauvais jeux de mots dus à la présence de deux alcooliques dans la salle - pour décrypter l’énigme Hypérion. Pour comprendre les failles, les indices évidents laissés par un homme qui avait tracé sa route avec sans doute trop de détermination et de goût pour l’exposition publique pour être parfaitement sain. Ce n’est pas là une critique, attention. Les gens ordinaires sont d’un ennui mortel.

Puis vint le verdict. Tel un accusé espérant qu’on lui retire ses menottes, Carl était pendu aux lèvres de son patron. Curieux de savoir s’il avait uniquement fait preuve d’arrogance et d’impertinence, ou si une ou deux des phrases qu’il avait prononcées avait amené le rédacteur en chef à s’intéresser un peu à l’homme qu’il avait face à lui.

« Amusant ». Ce n’était pas la joie, mais ça aurait pu être pire. « Idiot », « Insolant », « Vermine de bas étage » ou « pauvre type » auraient été pires. Pas de quoi crier victoire, mais pas de quoi s’avouer vaincu pour autant. Au pire, Carl finirait sa carrière à rédiger dans la rubrique humoristique de la Gazette et à se produire sur les petites scènes du Chemin de Traverse … Mouais, pas vraiment un projet de vie excitant. « Paradoxal », ce n’était pas trop mal non plus. Car on ne pouvait pas opposer deux choses pitoyables. Si ?
S’il tentait d’avoir l’air aussi détendu qu’un sorcier en vacances sur les plages d’Ecosse, Carl bouillonnait intérieurement. Il analysait précieusement chaque mot que lui disait Hypérion, à tel point qu’il finissait par en perdre sa capacité à comprendre le sens global des phrases qui lui étaient adressées. Comme un enfant perdu devant son puzzle, disposant de tous les éléments mais ayant du mal à visualiser comment les imbriquer.
« Vous n’êtes pas un journaliste ». Ca, pour le coup, ça piquait un peu. Jusqu’à preuve du contraire, c’était bien en tant que journaliste qu’il était entré dans ce bureau. Merde, c’était seulement maintenant, après plusieurs années passées à cette rédaction, qu’on lui dévoilait l’horrible vérité. Tout n’était qu’une bonne blague. Il était le dindon de la farce, on avait bien ri pendant neuf ans à lui faire croire qu’il avait fait sa place dans le monde du « journalisme ». Ah ah. Ah.

Carl aurait bien voulu se défendre. Se débattre dans les sables mouvants dans lesquels il était en train de s’enfoncer. Mais aucun son ne sortait. Il avait tenté un bluff trop tôt, en début de partie, et il était hors-jeu maintenant. Ses jambes tremblaient presque.
Mais, heureusement, avant qu’il n’ait eu le temps de s’apitoyer sur son sort, de fondre en larmes ou de s’accrocher à la jambe d’Hypérion en le suppléant de le garder à la rédaction, la suite vint.
Ecoutant sagement, et reconnaissant en son for intérieur pour la première fois depuis le début de cette entrevue qu’il existait un pont, un lien, entre les deux visions du journalisme que partageait les deux hommes, Carl buvait les paroles d’Hypéron - avec toutefois moins de plaisir que le deuxième verre qui lui avait été servi.
Evidemment, les principes de manipulation et autres signes de dédain plaisaient à Carl. Ce n’était pas pour ça qu’il écrivait, pas en ça qu’il croyait. Mais d’autres paroles de Nott résonnaient en lui avec nettement plus de justesse. Il fallait le reconnaître, prendre un peu de recul et ne pas tomber dans la surenchère, sinon la masse était dite.

Clap. Carl ne put s’empêcher d’émettre un petit cri de stupeur et de reculer. Il était si absorbé dans cette conversation, dans ce jugement de lui-même, qu’il n’avait pas vu venir le coup. Il fallait reprendre vite ses esprits, et conclure. Montrer à son patron qu’il n’avait pas juste eu un éclat, une fulgurance, mais qu’il était bel et bien consistant. Qu’il avait des belles idées à défendre, et assumer les principes plus discutables en lesquels il avait fait le choix de croire. Faire accepter le « personnage » Carl Bisset, ne pas faire de concessions sur ses valeurs mais défendre la « big picture ».

- Hmm, et bien. Euh. Merci, j’imagine. Merci de me donner quelques raisons de croire que je n’étais pas complètement dans le faux ! Mais bon, vous ne m’avez pas dit tout ça pour entendre un simple merci de circonstance.

Un peu brouillon, Carl inspira une grande bouffée d’air fraiche - enfin, essentiellement de vapeurs de tabac froid - et reprit :

- Ce qui m’intéresse, c’est le quotidien des gens. Un exercice presque ethnologique, mais ô combien nécessaire. Montrer comment, dans la plus anodine des situations, ce que nous vivons actuellement a pu bouleverser nos habitudes. A remis en question nos partis pris, a chamboulé notre vision des choses. C’est un exercice difficile, je le sais. Amener les gens à s’intéresser à des banalités, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Et peut-être pas à la mienne. Mais laissez-moi essayer. Donnez-moi un sujet, une piste, et donnez moi la lumière dont mon travail manque cruellement, juste pour un essai.


Carl était lucide, il n’allait pas demander une assistance, un balai de fonction et un bureau plus grand que celui d’Hypérion tout de suite. Cela viendrait plus tard.
Car convaincre son rédacteur en chef était une première étape, mais la suivante, bien plus ardue, consistait à convaincre une multitude de lecteurs. Des profils différents. Des hommes, des femmes. Certains spirituels, d’autres moins. Parfois mesquins, parfois altruistes. La masse, cette belle addition d’individus, d’individualités, qui savait se montrer cruelle.

- Vous pourrez ainsi juger du potentiel - ou non - de mon initiative, et de ma plume.


S’il avait des convictions, Carl n’était pas du genre à les partager. Ca non, il préférait les garder bien pour lui. Et, à bien y penser, sa mission était plus périlleuse qu’elle n’y paraissait. Car rester neutre, c’était prendre le risque d’être soit insipide, soit de se mentir à soi-même.
Mais l’envie d’exister, de raconter les histoires des sorciers, de dépeindre de sa plume un monde changeant et déstabilisant, Bissett en avait envie plus que jamais. De mêler la banalité de sa jeunesse à l’ambition venue plus tard.
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MessageSujet: Re: Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion) Ven 30 Sep - 21:41

Hypérion écoutait attentivement l'homme qui se présentait à lui aujourd'hui. Il l'écoutait car Bissett, étrangement, avait réussi à l'intéresser. Il avait percé les multiples obstacles entre lui et son rédacteur en chef, il ne lui restait plus qu'à définitivement le convaincre de son acharnement. Nott jugeait toujours en deux temps. Il testait d'abord l'esprit critique, le jugement personnel, la confiance en soi, l'égoïsme naturel, puis en venait à titiller le talent même du journaliste qu'il étudiait. Nott était encore jeune pour un rédacteur en chef. Il n'avait, finalement, que trente-six ans. Mais sa carrière fulgurante lui donnait une certaine légitimité à recruter et à jauger d'autres professionnels. D'ailleurs il lui arrivait parfois d'être confronté à des types avec une expérience plus importante que lui. Ça ne changeait rien au fait qu'il restait seul maître à bord de son équipe. L'égocentrisme d'Hypérion n'avait pas d'égal, il se considérait comme meilleur naturellement. Ce n'était presque pas condescendant de sa part : à ses yeux, un simple constat. Il observait suffisamment autrui pour comprendre qu'ils n'avaient pas sa supériorité. Il était né avec une certaine légitimité à la grandeur : son sang était plus pur que l'eau de roche. L'argent, la culture, l’exigence, étaient des traditions ancestrales dans sa famille. Il les avait ingurgité sans sourcilier et comptait bien sur Cassidy pour les préserver et perdurer. Aussi, naturellement, en complétant le tableau d'une expérience assez personnel et vivante de son métier, il avait toute légitimité à se voir supérieur aux autres. Et c'était peu dire que de simplement le désigner ainsi. Oui, Nott avait une grande image de lui et de son travail ce qui l'empêchait très nettement de comprendre ses erreurs. Notamment avec sa propre fille où il foutait royalement tout en l'air en croyant être capable d'acheter son amour. Nott était perturbé depuis longtemps, plus encore depuis que sa mère l'avait quitté subitement. Il était foutrement incapable de s'occuper d'un gosse et Cassidy en était, malheureusement, la preuve. Heureusement Demelza était là -même trop ?

Il écoutait Carl et tirait lourdement sur sa cigarette. L'office était maintenant aussi enfumée que pouvait l'être un fumoir. On ne respirait que le tabac. Effectivement, il n'était pas là pour entendre des remerciements inappropriés, mais pour obtenir des faits. Hypérion jugeait vite et jugeait au mieux pour ses intérêts. Si ça correspondait à ce que ses interlocuteurs voulaient entendre, tant mieux, il s'en foutait royalement. La suite était bien plus intéressante.
Hypérion n'avait jamais saisi l'engouement pour l'anthropologie. Il comprenait qu'on veuille dépeindre un tableau de la société, mais delà à s'intéresser au quotidien, aux habitudes, aux comportements, sa morphologie et sa géographie lui semblait étrange. L'humanité n'intéressait pas Nott, il la dénigrait, s'en éloignait le plus possible. Pourtant, le rédacteur en chef n'était pas stupide. Il savait bien que ce qui intéressait Carl pouvait intéresser beaucoup de gens. Beaucoup de lecteurs frôlant le niveau zéro de l'intérêt social et culturel seraient attirés par un article se vantant de s'apparenter à une recherche scientifique sur l'Homme et le Sorcier. Est-ce que Carl s'intéressait véritablement à l'anthropologie elle-même ? Ou simplement à une vision particulière et personnelle d'une société en plein changement ?
Quoiqu'il en soit, Nott le laissait continuer son argumentaire. Il notait l'idée dans un coin de sa tête. Qu'est-ce qu'il avait de disponible en ce moment ? Quel sujet serait assez intéressant, pour Nott, afin d'y foutre un jeune journaliste en quête de travail et d'expérience ? Il y avait bien cette foutue histoire d'expérience de Saint-Mangouste mais, honnêtement, Hypérion comptait bien éplucher ce filon lui-même. C'était trop gros pour être sous-traité.

- Je n'apporte aucune lumière, Bissett. L'école, c'est terminé. Vous apprendrez par vous-même, ou vous dégagerez. Les courbettes, c'est pour Malefoy.

Non, Nott n'était pas ce genre de patron à qui l'on pouvait graisser les pattes et obtenir traitement de faveur. Il aimait qu'on fasse attention à lui, il aimait le pouvoir et la supériorité – quoiqu'il n'aurait jamais voulu d'un poste de Ministre de la Magie. Néanmoins, il exécrait qu'on l'enfle avec des courbettes mal senties. Il aimait qu'on le remercie pour de véritables raisons, qu'on le félicite pour de véritables actions, pas qu'on l'essence par fourberie. Il était, après tout, un Serpentard. Il savait comment obtenir les grâces des autres en courbant l'échine.

Il reprit un verre, probablement le dernier de leur entretien. La clope se terminait, il l'écrasa avant de reprendre une gorgée et d'enchaîner. Il avait les idées plus claires maintenant que son verre était de nouveau rempli. Il ne lui restait plus qu'une femme pour se sentir réellement en osmose avec lui-même. Nott était un sale alcoolique accroc au sexe dont la vie se résumait à se pourrir lui-même. Était-ce le signe avant-gardiste d'une potentielle dépression ? Rien n'était moins sûr.

-Faisons un marché Carl. Je vous donne votre chance. Vous me convainquez, vous pouvez intégrer mon équipe. Vous échouez et vous retournez vous morfondre dans votre ancienne rubrique. Je ne recrute pas des journalistes d'exception : je les forme. Néanmoins, je ne m'entoure jamais de semi-professionnels. Si, dans cet article, vous y foutez vos tripes et que je le perçois, vous aurez votre place chez moi. Si non, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même. Vous saurez alors que vous manquez encore de quelque chose pour continuer à vous appeler « journaliste ».

Il ouvrit un tiroir et en tira un dossier léger contenant quelques feuilles et deux ou trois photographies. Il les mit en face de Bissett et se plaqua au fond du siège, verre à la main. C'était maintenant qu'on pouvait commencer à s'intéresser vraiment à Carl Bissett.

- Le mouvement pour Merlin a frappé fort durant les vacances imposées par Malefoy. Ils ont tracté une bonne partie de la population sorcière. Essayez de comprendre pourquoi, après plusieurs longues années enfermés dans l'obscurantisme bourbiste, les sorciers continuent de vouloir les croire. Parlez, aussi, des populations sorcières rurales qui, éloignées des centres d'activités, ont sûrement une vision différente de la politique sociale actuelle.

Il termina son verre et le déposa doucement sur la table, d'un geste précis, comme pré-médité. Une sorte de point final à un entretien qui ne s'était, finalement, pas si mal déroulé que ça. C'était une porte de sortie pour Bissett qui se présentait. Enfin la fin d'une vie jusqu'ici monotone ? Tout reposait encore entre ses mains. Nott croyait en la force de caractère et au fait qu'on était seul maître de soi-même. D'où l'idée de n'avoir jamais rejoint les partisans de Lord Voldemort. Il refusait la domination.

- Si ça vous convient, je ne vous retiens pas plus longtemps. Vous pouvez accéder aux archives de mon équipe si ça vous chante.

Il alluma une cigarette. Il était étrangement excité à l'idée d'engager un nouveau membre de la Gazette. Mais son excitation n'avait d'égal que sa hâte de pouvoir juger de la perspicacité de Bissett sur un sujet sensible et non dénué de nuances subtiles et dangereuses. Hypérion dirigeait une équipe de forcenés, de talentueux rédacteurs. C'était maintenant à Carl de graver son nom sur la liste des petites mains de Nott lui-même.
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Prêt pour le mercato ! (Premier RP) (Hypérion)

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