POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus

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Joe Emerald


MessageSujet: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Mar 30 Aoû - 11:31

Le bilan des vacances nationales était plutôt bon. Outre cet incident avec la jeune merliniste, qui s'était heureusement plutôt bien terminé, Joe Emerald n'avait pas à se plaindre : ses bénéfices avaient quasiment doublés sur la période. Merci au gouvernement Malefoy et à sa crédulité : qui croit réellement qu'on va voter pour lui juste parce qu'il file des vacances ? Faudrait être simple d'esprit pour le faire, ça pue la magouille à plein nez cette histoire. Et en matière de magouille, Joseph s'y connaissait un peu : à Londres, il en était le roi, et personne ne se serait avisé de le contester. Un corps à faire disparaître ? Joe Emerald vous en débarrassait. De la came à revendre ? Il fallait passer par Joe Emerald. Corruption et blanchiment d'argent ? Demandez aux conseillers juridiques de Joe Emerald. Besoin d'informations sur la situation politique ? Joe Emerald était là pour ça. Paris illégaux, duels clandestins ? Il en était l'organisateur principal. Une dette non payée par un client ? Joe Emerald pouvait la récupérer pour vous. Besoin de faux papiers, de quitter l'Angleterre ? Joe Emerald disposait des meilleurs faussaires du pays. Envie de faire une fête quelque peu sulfureuse mais que personne ne soit au courant ? Il n'y avait qu'à entrer au Emerald's.

Et c'était ça, le plus beau : la moitié du pays savait ce qu'il faisait réellement, mais on lui foutait une paix royale. La clé, ce n'est pas d'être le plus menaçant, le plus dur, le plus méchant, la clé, c'est d'être utile à tout le monde. Joe Emerald avait une activité tout à fait légale, ses bars, des employés tout à fait légaux, et un conseiller juridique tout à fait honnête en la présence de son fils. Pour le reste, personne n'aurait songé à l'ennuyer. Parce que Joe Emerald servait à quelque chose. Tout le monde avait besoin de lui. Et c'est bien mieux pour tout le monde. Ceux qui régnaient par la peur avaient toujours, tôt ou tard, des tas de problèmes. Tôt ou tard, les gens se révoltaient. C'est très précaire, de régner par la terreur, ça fait appel à l'émotion des gens. Ce n'est pas constant, une émotion, ça va et ça vient, et ça disparaît. On ne peut pas se baser là-dessus sur la durée. Il y a toujours un type qui fait le fier, qui se soulève, qui te dit qu'il n'a pas peur si tu terrifies ton monde ou qu'il ne t'aime pas si tu les tiens par l'amour. Non, le seul modèle acceptable, c'est définitivement la raison.

Emerald était un homme raisonnable. Il incitait les gens à voir leur propre intérêt. Il n'était malhonnête, d'ailleurs, que dans le domaine où il faisait des affaires : en revanche, jamais personne n'avait eu à se plaindre de faire un mauvais deal. Sans doute ne confondait-il guère les affaires et les sentiments, mais sa parole était sincère. Il rendait service, et en échange, on lui rendait service, et c'était tout. Pas de problème pour moi, pas de problème pour vous. Il ne rackettait pas de commerçants, il n'éliminait pas les gens de façon sanglante. Je suis maire, flic, capitaine de bateau, père de famille, banquier, avocat, tenancier de bar, parrain local. Je suis beaucoup de choses. Joe s'adaptait à son interlocuteur : tant qu'on le payait, il était prêt à faire des affaires et à écouter les gens. Il faisait ce qu'il avait toujours fait : régler des problèmes que personne ne pouvait régler. Il créait des emplois, redistribuait de l'argent, rendait service à la société toute entière, sans distinction de classe ou de richesses. Les gens du Ministère, de l'Elite, et même pour les Merliniste, qu'il dérangeait soit parce qu'il était un sale parvenu, soit parce qu'il était un beau criminel immoral, voire les deux, avaient tout de même besoin de lui. Pour certains, je les tiens quasiment littéralement par les couilles. Elles sont jolies, hein, les filles de chez Emy ? Pour les autres, les commerçants, les nés-moldus, les mafieux, ils bossaient tous avec lui parce qu'ils y trouvaient leur compte.

De temps en temps, certains types se croyaient tout permis et cessaient d'obéir. Auquel cas, il les faisait balancer dans la Tamise : s'ils se noyaient, tant pis pour eux, s'ils survivaient, en général, ça leur faisait une bonne leçon et ils ne recommençaient pas. S'ils ne survivaient pas, tant pis pour eux. Joe Emerald s'imposait une limite : celle de ne tuer personne. Lorsqu'il avait pris le pouvoir au sein de la pègre londonienne, et ça n'avait pas pris longtemps, il avait fallu mater des gens : il avait déjà une petite bande, et assez d'influence et de fric pour commencer à avoir un petit fief. Les russes s'étaient opposés à lui, les irlandais aussi. Mais il connaissait la maison pour les irlandais, et quant aux russes, ils étaient corruptibles. Il avait installé le Emerald's, répandu quelques bonnes paroles pour qu'on vienne chez lui et pas chez d'autres, cassé les prix pour certaines marchandises : au final, tout le monde s'était rallié à lui sans heurts. Pas de meurtres, pas de sang. A peine avait il cassé la gueule à quelques uns. Et pas beaucoup, de fait. Alors voilà, aujourd'hui, lorsqu'il balançait quelqu'un dans la Tamise, d'abord c'était rare, et ensuite, c'est qu'il ne pouvait pas faire autrement. Ce sont des tarés, ils n'écoutent pas leur raison, leur cerveau, ils agissent à l'impulsion, ils sont dangereux, ou extrêmes. Ceux là dégageaient. Pour le reste de ses affaires, Joe Emerald refusait de donner dans le meurtre : il n'était pas un tueur à gage, et si les gens voulaient en buter d'autres, ils n'avaient qu'à se salir les mains tous seuls. Souvent, ils avaient les moyens de le faire, mais étaient trop lâches pour tenter. Sans moi. Quant à ses activités, on pouvait dire qu'il tuait des gens indirectement et qu'il était immoral. Est-ce que c'est ma faute s'ils sont assez cons pour se mettre tellement minable qu'ils font une O.D. ? Non. Sont justes cons. Moi je vends, pas mon problème si ceux qui achètent sont irresponsables. De même, la prostitution. Indéfendable ? C'est sur que c'est mieux s'ils violent des blondes le soir dans un coin sombre de l'allée des embrumes. Et du point de vue de Joe, il était honnête : les filles choisissaient leurs clients, on ne les emmerdait pas sous peine de se faire casser la gueule, et il les payait comme tous ses salariés. Plus cher qu'ailleurs. Pour un an, il offrait assez pour se construire une nouvelle vie et qu'elles n'aient jamais plus besoin de refoutre les pieds dans un milieu comme le sien.

Joe Emerald n'avait pas d'éthique, sinon la liberté : chacun devait s'en tirer avec une part raisonnable de profit. Il payait toujours ses dettes, et s'il s'entendait bien avec un partenaire en affaire, alors celles ci pouvaient durer sur des années. Tel était le cas de Paul Fawley : ils se connaissaient depuis des années. A la base, Joe fréquentait ses deux restaurants lorsqu'il était auror, emmenant collègues et amis – ainsi que les personnes qu'il devait arrêter, parfois – et lorsqu'il avait décidé de lancer le Emerald's, c'était naturellement vers Paul qu'il s'était tourné pour compléter son pactole et avoir assez d'argent pour se lancer. Cette dette était remboursée depuis longtemps, mais ils continuaient à travailler ensemble et à s'envoyer des clients mutuellement – que ce soit dans leurs établissements respectifs ou pour des loisirs bien moins légaux, d'ailleurs.  Joe déjeunait lui-même régulièrement Chez Paul ou au Sabot de Bacchus, et Paul avait ses entrées au Emerald's.

C'était d'ailleurs au Sabot de Bacchus qu'il se rendait aujourd'hui. Entrant dans le restaurant, on vint immédiatement prendre son manteau. Commence à cailler, pour fin aout. L'année prochaine je retourne sur la Côte d'Azur, marre de me geler avec les anglais. Le propriétaire montra rapidement le bout de son nez, et le visage de Joe s'éclaira d'un sourire :

« Paul, comment va ? »
Il fumait toujours son éternel cigare et serra la main de son associé. « Alors, est-ce que toi aussi tu as profité de la générosité de notre ministre ? Une semaine de vacances nationales, rien que ça, mon chiffre d'affaires a doublé en cinq jours.  Comme quoi vous avez du bon, vous autres puristes. »

Ils n'étaient jamais d'accord sur la politique, mais c'était habituel, ça. Il ne venait pas pour ça mais pour affaire. Cela faisait des années que Paul et Joe avaient un projet commun : celui d'un complexe hôtelier luxueux et immense avec quelques boites, des piscines, et tous les loisirs qu'ils étaient capables de proposer, à installer quelque part dans le sud.

« Alors, est-ce que tu m'invites à déjeuner ? J'ai vu l'architecte, et j'ai enfin des plans, il va falloir qu'on regarde ça ensemble. »

Rien de tel qu'un ami pour faire de bonnes affaires.
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Paul Fawley


MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Dim 11 Sep - 16:06

Lorsque Paul avait ouvert sa première cantine, à sa sortie d'Azkaban, c'était lui qui était aux fourneaux, réalisant ainsi un vieux rêve. La cuisine avait toujours été sa passion, ainsi que pouvait en témoigner sa silhouette replète, et il avait, depuis son jeune âge, caressé l'espoir d'en faire son métier ; mais sa femme avait catégoriquement refusé qu'il s'abaisse à ce genre de profession, et, en homme habitué à obéir, il avait accepté le diktat. Carole défunte, plus rien ne s'opposait à ce qu'il devienne enfin cuisinier ; de toute façon, en sortant d'Azkaban où il avait purgé une peine pour meurtre, il n'avait guère de chance de retrouver son petit travail au Ministère. Il s'était lancé dans l'aventure de "Chez Paul" avec enthousiasme ; le succès l'avait stupéfait au début, mais c'était tellement agréable de recevoir enfin des compliments... Jusque-là, Paul n'en avait guère eu. Il n'était pas réellement mauvais, mais accomplissait son travail sans brio, sans talent particulier. Au Ministère, on lui reconnaissait un grand sérieux et une réelle bonne volonté, mais rien de plus. C'était un besogneux, pas toujours très rapide à comprendre les consignes trop complexes, mais s'acquittant avec efficacité des tâches routinières. Il y avait des tas de gens comme lui, au Ministère, aux postes subalternes. Les sorciers d'exception, ou tout simplement doués, occupaient le haut de l'échelle. Les autres faisaient tourner la machine, comme Paul, en répétant chaque jour les mêmes tâches ingrates et indispensables. Combien de formulaires avait-il remplis de son écriture ronde, combien de dossiers avait-il classés... Des années durant, cela avait été son quotidien. Grattouiller du papier en silence, ranger, se faire remonter les bretelles par le chef de service. Passionnant. Mais Carole était si fière de dire que son mari "était au Ministère"... Elle devait croire que ça en jetait, alors que personne n'était dupe des aptitudes réelles de Paul.

Avec l'ouverture de "Chez Paul", tout avait changé. Le nouveau chef avait d'emblée séduit la clientèle en proposant une petite carte, souvent renouvelée, et une cuisine de qualité. Au début, les compliments lui laissaient un goût doux-amer : il cherchait toujours à y déceler quelque ironie, plus habitué qu'il était aux remontrances. Puis il avait fini par accepter qu'ils étaient sincères, et s'était mis à les savourer vraiment. Quoi de meilleur qu'un client qui vient vous serrer la main, en fin de repas, pour vous dire que son plat était "sublime" ? Cela lui manquait, parfois. Il avait cessé de cuisiner au bout de deux ou trois ans seulement pour se consacrer à l'accueil des clients, mais ce n'était pas pareil de recevoir les compliments qui revenaient, en fait, à l'équipe en cuisine. C'est pourquoi, de temps en temps, sur des services calmes, le patron reprenait le tablier pour se joindre à ses employés, sous les ordres du chef cuistot. C'était un plaisir qu'il s'accordait rarement, car les cuisiniers semblaient gênés de travailler aux côtés de leur patron. Avec le chef, c'était devenu un jeu ; de sa grosse voix, Max faisait semblant d'engueuler Paul, sous les yeux effarés des sous-fifres qui ne savaient jamais si c'était du lard ou du cochon.

-Arthur, cette sauce, elle arrive à pied ? On attend que toi pour envoyer ! Jake, tu me lances la suite de la 2 ! La plonge, vous foutez quoi ? On va manquer d'assiettes creuses !

Une fois de plus, la douce voix de Max, le chef cuistot, faisait trembler les murs dans la cuisine. C'était sa façon de manager ses hommes, et ça marchait.

-Et toi, patron, tu appelles ça dresser une assiette ? C'est quoi ce boulot dégueulasse ? Laisse faire les pros, allez..

Paul fit mine de protester – elle était très bien, son assiette – mais un serveur se glissa dans la cuisine pour l'informer que Monsieur Emerald était là.

-Très bien, puisque c'est comme ça je rends mon tablier. Démerdez-vous sans moi, déclara le patron avec superbe en déposant le vêtement à côté de l'assiette. Max lui adressa un sourire tandis qu'il quittait la cuisine, et se remit à donner de la voix pour encourager ses troupes.

Joe l'attendait, cigare au bec comme d'habitude. Les deux hommes se serrèrent la main avec chaleur, et Paul entraîna aussitôt son hôte vers une table qu'il affectionnait particulièrement, en retrait du reste de la salle.

-Une rude semaine, tu veux dire... On a cru qu'on n'allait pas arriver à fournir ! On a tous fini sur les rotules. Ça a drôlement fait du bien au tiroir-caisse, ces vacances.

À vrai dire, le tiroir-caisse se portait très bien sans cela, mais entre commerçants, on n'allait tout de même pas le reconnaître.

-Tu tombes à pic pour déjeuner, on a reçu un bel envoi de langoustes ce matin, toutes fraîches pêchées de la nuit... sinon, la carte habituelle, tu connais.

Joe avait déjà mangé des centaines de fois au Sabot, qu'il fréquentait depuis l'ouverture. Il était souvent requis pour tester de nouveaux plats, ce à quoi il se prêtait de bonne grâce, lors de repas privés qui réunissaient Paul, Max et quelques copains amateurs de bonne bouffe.

-Alors, fais voir ces plans. J'ai quelques jours tranquilles en début de semaine prochaine, ce serait l'occasion d'aller voir un peu plus le terrain, non ? Maintenant qu'on a les plans. C'est quoi, déjà, ce bâtiment-là ? fit-il en posant son doigt sur le plan. C'est écrit tout petit, pas moyen de lire... Tu leur as pas dit que ton associé était un petit vieux, à ces cons d'architectes ?
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Joe Emerald


MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Jeu 22 Juin - 16:46


Bonne bouffe, plage, hotel de luxe, casino, boites de nuit : un cocktail à succès qui faisait espérer à Joe Emerald de gros bénéfices. Même si l'on prenait cette opération uniquement sous son aspect légal, elle ne pouvait manquer de réussir. Alors, si évidemment, on ajoutait à cela d'autres activités moins légales, fêtes privées et compagnie, cocaine et autres potions, filles légères et paris truqués, duels illégaux et loisirs interdits, comme la chasse de certaines espèces rares, entre autre, les bénéfices devenaient exponentiels.

Joe n'avait aucun scrupule à le dire, à l'annoncer, il s'en foutait : ce qui l'intéressait, c'était l'argent, d'où celui ci provenait, il s'en fichait comme de l'an quarante. Les conséquences ? Quelles conséquences ? Fenton lui en parlait, de temps en temps. Tu sais ce qui me tracasse ? Je veux dire, ce qui m’empêche vraiment de dormir ? C’est qu’un jour, tu veuilles aller trop loin, je veux dire, que tu fasses un pas de trop. Voilà ce qui me tracasse… Oui, il savait ça, il savait que c'était un risque. Mais Joe Emerald, le risque, il s'en foutait.

Il n'y avait pas de risque à proprement parler, à moins de s'attaquer directement au big boss. Et encore. Devait être assez mal en point, le Lord, pour qu'on ne l'ait plus revu depuis Poudlard. Et il devait avoir d'autres chats à fouetter que Joseph Emerald. Et puis il gageait fortement, très fortement, qu'il n'intéressait pas Lord Voldemort. Il ne pouvait bien sûr pas avoir connaissance du fait que si le Lord avait su ce qu'il faisait, il aurait sans doute ri. La perspective de voir ses serviteurs humiliés dans leur ego, sans que cela perturbe vraiment ses plans, lui aurait sans doute tiré un de ces sourires déments dont il avait le secret.

Non, c'est que de l'avis de Emerald, il n'intéressait pas Voldemort – entre autre parce qu'il était seul et pas suffisamment ennuyeux pour le faire tomber, parce qu'ils avaient tous besoin de lui, ect...et sans doute parce que Voldemort n'était pas du genre à imaginer qu'il existe. On ne joue pas dans le même monde, comme on ne joue pas dans le même monde avec les mangemorts. Cette guerre ne m'intéresse pas. Je veux simplement y survivre, moi. Et l'utiliser. Diable, oui, parce que cette guerre, c'était une source inimaginable de profit – tellement que de temps en temps, elle pouvait même lui permettre d'être un peu éthique.

Ainsi, il inventait, se renouvellait, imaginait d'autres choses. Quand je passerai la main, mon héritier aura un empire. Toléré par les plus grands, ou c'est du moins ce qu'ils imaginaient, Joe Emerald était devenu leur égal, car il était devenu incontournable. Et avec un certain sens des affaires et des bons coups. Par exemple, à l'avance, il pouvait prédire que son complexe hôtelier marcherait. Pourquoi ? Parce qu'il y avait une demande. Il ne se vivait pas comme étant un mafieux. Il se vivait comme un entrepreneur. Jouant avec l'offre et la demande, comme tous les entrepreneurs, dans son secteur.

Paul était peut être un peu moins dans cette logique là, il avait la passion de son métier, alors que Joe avait relativement peu d'affinités  avec le fait de se camer ou de coucher avec des prostituées, même s'il aimait les jeux de casino (Joe Emerald avait la passion du fric, surtout). Mais c'était un complément utile à sa logique : à eux deux, ils arrivaient à un très haut degré de luxe et de prix. Sans doute était-ce pour cela qu'ils s'entendaient si bien : ils étaient tout à fait complémentaires, et souvent sur la même longueur d'onde en ce qui concernait les projets, chacun gérant un ou plusieurs aspects avec un brio qui leur assurait le succès. Au dela de ça, Paul était un type bien : moins rude que Joseph lui même, plus rond, mais un type bien, jamais dans le genre à foutre des couteaux dans le dos aux gens. Et ça c'est appréciable. On ne peut s'associer que si on a confiance : c'est la différence avec un client, qu'on tient par l'argent et par les plus lourds secrets  qu'il cache. Oh, des secrets, oui, Paul devait bien en avoir – on ne fréquentait pas les bordels de  Joe Emerald si on était pas un homme avec des secrets – mais qu'importait ? Je ne suis plus grand monde pour juger. Moi l'assassin, moi le flic violent, moi le père raté, moi l'escroc, je ne juge pas. Je vends, et j'achète.

Et on s'associe. En attendant, vu que c'était l'heure du déjeuner, il ne crachait pas non plus sur les langoustes :

« Hm,  des fruits de mer, pas mal, je vais prendre ça. Je ne dis pas non à ton Crozes-Hermitage de l'autre fois, avec. »
Joe Emerald était une brute, un anglais pur jus : on ne se serait sans doute pas attendu à ce qu'il aime ce genre de choses, mais exigeant envers lui et souhaitant se donner les moyens de réussir et de faire venir l'élite dans ses établissements, il avait appris. « Qu'est-ce que tu me proposes en dessert ? »

Après ces formalités gustatives, on passa au sujet sérieux de la rencontre, les plans. Tout était monté, préparé, aménagé.

« Les constructions ont déjà commencé, ils nous proposent de venir voir tous les mois, quand ça nous arrange, ou ça en est. En tout cas, ils tablent sur une ouverture pour juin 2000. »
La construction magique allait toujours plus vite que la construction moldue.  Il tira une bouffée de cigare et se pencha sur le point que Paul lui désignait : « Mais non, tu vas pas commencer à faire ta diva et à te sentir vieux, regarde ton pote Rosier, lui il est vieux, tout ça c'est dans la tête. »

A presque soixante ans, Joe vivait parfaitement son âge, ou le vivant plutôt comme s'il en avait encore trente. Mais il fallait dire aussi que contrairement à Paul, il était une véritable force de la nature.

« Bref, reprenons. Au centre, l'hotel lui-même. Style classico-moderne, me demande pas ce que c'est, l'architecte a fait un croquis pour montrer. »
En gros, un machin ayant l'air ancien mais neuf. «  Réception au rez de chaussée, avec cheminées pour les arrivées, à droite si on place coté mer. A gauche, le complexe aquatique, piscine, sauna, ect, ouvert en verrière sur la mer. Au premier étage, un bar et un restaurant avec terrasse avec sur mer. Au second, des salles privées qu'on pourra louer. Les autres étages, ce sont des chambres, les meilleures suites sont tout en haut. Ca c'est le batiment central. Si on descend vers la mer, on a un jardin, en ligne droite de l'hotel, jusqu'au complexe nautique, un embarcadère pour les amateurs de bateau, et enfin une plateforme pour les arrivées en portoloin. »

Il fit une pause alors qu'on lui apportait son assiette, écrasa la fin de son cigare dans le cendrier à coté de lui et attaqua de façon carnassière les langoustes, expliquant entre deux bouchées :

« Là, sur la droite, le casino, avec un autre bar, et encore une salle privée L'architecte pense qu'un deuxième restaurant ne serait pas mal, t'en dis quoi ? »
Il pointa un autre bâtiment, plus à gauche. « Ce que tu montrais tout à l'heure, la boite. Une première sale pour le commun des mortels, une salle privée là encore, et tout le deuxième étage réservé aux exigences les plus spéciales des clients . » Sexuelles. Les clients du restaurant de Paul n'avaient pas besoin de tout comprendre. Joe attaqua une autre langouste et reprit : « J'ai des tas de machins que Fenton veut que tu signes, mais avant, je voudrais qu'on regarde un peu le profil de nos employés spéciaux. J'en ai sélectionné une trentaine, quinze nanas, quinze mecs, je pense qu'on peut en retenir dix de chaque. Y a un dossier pour chacun. Je les emploies déjà, il s'agit donc juste d'une nouvelle affectation. »

Le dossier reprenait photographies et informations sur les employés concernaient. Joe les avait sélectionné dans ses établissements, pas seulement ceux de Londres, mais aussi du sud-est. Après viendrait la signature de tous les contrats, assurances, et compagnies, que Fenton avait rédigé, mais il restait pour Emerald encore une chose à voir avant cela, à savoir la liste des loisirs proposés.

« Quand on aura fini ça, ce serait bien qu'on mette un point final à la liste des autres services qu'on propose. On avait dit quoi, déjà ? Safari, chasse en mer du nord, et puis duels ? »

Paul avait suggéré la chasse aux nés-moldus, et ça, franchement, il n'en voulait pas. C'était le seul point d'accrochage éventuel de l'affaire, mais il ne désespérait pas de le résoudre.
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Paul Fawley


MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Lun 10 Juil - 19:29

Joe avait beau dire, Paul n'était pas un perdreau de l'année. Soixante-treize ans, dont presque dix passés à se dorer la pilule dans les suites tout confort d'Azkaban, ce n'était pas rien. Et surtout, n'en déplaise à l'ancien Auror, ce n'était pas dans la tête. Les douleurs dans chaque articulation le matin, le dos raide comme une planche, c'était bien réel. Souvenir de prison, où, bien qu'il ait bénéficié d'un traitement bienveillant, Fawley avait tout de même eu à supporter les mêmes conditions de détention que tous les autres. À certaines périodes de l'année, l'eau suintait de chaque mur, humectait chaque centimètre carré de tissu ou de paillasse. Ça vous entrait dans les os, dans les poumons, dans tout votre corps. Non, Joe, c'est pas dans la tête. Et la vue qui baisse non plus. Tu verras, mon grand, toi-même tu n'es plus un jeune premier. Sans contredire son associé, Paul tira sa baguette et lança un sort d'attraction pour récupérer ses lunettes. Une fois muni de ses besicles, il se pencha à nouveau sur le plan, tandis que son acolyte songeait au déjeuner.

-En dessert, aujourd'hui, on a un baba au rhum accompagné d'ananas de la Réunion, tu devrais te régaler, répondit le patron sans lever les yeux de son parchemin.

La commande fut prise en un temps record, et Joe pouvait être sûr qu'on allait s'activer en cuisine pour le servir au plus vite. On ne plaisantait pas avec les amis de Monsieur Paul. Tous les clients étaient traités avec déférence, comme il était de rigueur dans un grand restaurant, mais certains avaient droit à une attention plus grande encore. Le Crozes-Hermitage fut servi presque aussitôt, avec deux verres, et les langoustes suivirent. Paul, un fond de vin devant lui, écoutait son associé lui expliquer la future configuration des lieux.

-Un deuxième restaurant, pourquoi pas. À thème, alors, que les clients n'aient pas l'impression d'avoir deux fois la même chose. Tu manges de plus en plus salement, mon cher.

Il continuait de parcourir les plans, les sourcils froncés.

-J'espère qu'ils ont prévu un espace pour les enfants, ces architectes de malheur ? Faut absolument qu'on propose un service de garderie, avec animatrices, jeux, mini-Quidditch, nuggets-frites et tout le tremblement. Un truc sécurisé, tu déposes tes gniards le matin, tu les récupères le soir assez cannés pour n'avoir qu'à les mettre au lit. Comme ça, les parents ont l'esprit tranquille pour aller claquer des sous ailleurs.

Joe et Paul s'entendaient à merveille sur ce point : le fric. Ce complexe allait leur coûter un bras et demi, il devait rapporter un maximum. Le but étaient que les clients aient le porte-monnaie à la main presque en permanence, et sans avoir le sentiment de se faire truander. Paul y réussissait à merveille au restaurant : les clients prenaient un fameux coup de bambou dans son établissement, mais avec le sourire. Quand le service est là, ça justifie de corser la note. Et le service serait là, on pouvait compter sur eux et sur les gus qu'ils allaient mettre dans ce complexe. Joe avait d'ailleurs préparé des dossiers d'employés ; Fawley en piocha un, l'ouvrit pour l'examiner, mais son associé parlait d'autre chose. Les loisirs. Ils s'étaient un peu pris le bec – gentiment, Paul n'aimait pas les engueulades – au sujet de la chasse. Joe ne connaissait rien en matière de chasse, il refusait de proposer le meilleur gibier qui soit – l'homme.

-Ah oui, justement, j'ai réfléchi. Finalement, je ne sais pas si c'est une bonne idée de proposer de la chasse. Tu comprends, beaucoup de gens n'aiment pas ça et ça risque de les braquer. Safari d'observation des créatures, plutôt. On a une petite réserve de créatures magiques pas loin, on peut mettre ça en place avec Portoloins au départ du complexe, panier-repas fourni et tout.

En grand passionné de chasse qu'il était, Paul avait mal au cœur de renoncer à offrir cette activité – mais le bon sens commercial devait l'emporter. Il referma le dossier de l'employée – plutôt jolie – et poursuivit :


-J'ai pensé à quelques autres trucs. Découverte de la côte en balai, il faut prendre quelques précautions mais avec un peu de générosité, les autorités locales ne devraient pas faire de difficulté. Bien sûr, excursions à la journée, pour visiter la région, des trucs à thème. Par exemple, tournée des caves du secteur, il y en a pas mal. Ensuite... plongée, bien sûr. Suffit d'un accompagnateur qui tient la route, quelques sorts de Têtenbulle et c'est parti. Tournois magiques, bien sûr – duels, Quidditch, course de balai. Et puis... j'ai eu une idée, tu me diras ce que tu en penses. Tu as dû remarquer que pas mal de sorciers sont fascinés par les moldus. Qu'est-ce que tu penserais d'une sortie « dans la peau d'un Moldu » ? Je t'explique. On prend un tout petit groupe. On leur donne de l'argent moldu, on les conduit en voiture au bled d'à côté, sans leurs baguettes, et on leur offre un moment à vivre comme des moldus. Bien sûr, il faut des gars à nous pour surveiller et lancer quelques sorts d'amnésie s'il faut, mais ça peut marcher...

Fawley avait toujours eu des tas d'idées pour ratisser l'argent. Il avait créé son entreprise de loisirs magiques autour de la chasse, mais très vite, il s'était diversifié ; désormais, il proposait toutes sortes d'activités, du raid en balai dans les Highlands à la plongée parmi les requins. Il prit une petite gorgée de vin, lentement,  avant de conclure :

-Et bien sûr, il faudra avoir quelques activités... disons spéciales, pour certains clients bien particuliers. Mais ça, tu maîtrises.

Si certains voulaient faire de leurs vacances une véritable orgie de sexe, très discrètement, on n'allait tout de même pas les blâmer... Ces gens-là étaient prêts à payer de véritables fortunes pour assouvir leurs pulsions. Joe en connaissait déjà beaucoup, à qui il fournissait le nécessaire – Paul lui-même était d'ailleurs un client régulier. La mine réjouie, celui-ci rouvrit le dossier, lançant :

-Bon, voyons les gars que tu nous proposes, maintenant !
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Joe Emerald


MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Jeu 13 Juil - 14:31


Joe Emerald avait un rapport quasi-névrotique à l'argent. Il en voulait toujours plus, et ce qu'il avait ne lui suffisait jamais. Malgré un compte en banque bien rempli, que ce soit à Gringotts ou ailleurs, il continuait à en accumuler. Il ne parvenait pas à s'arrêter. C'était quelque chose d'incompréhensible pour bien des gens : il était riche, pourquoi faire ça ? Pourquoi ne pas simplement prendre sa retraite ? Sans doute fallait-il vraiment avoir manquer d'argent, avoir été vraiment dans la dèche, pour comprendre pourquoi il agissait ainsi. C'est bien, d'avoir du fric. Histoire de vivre sans sembler enfreindre la loi tout le temps. De toujours se servir de son vrai nom, de sa vraie adresse. Quand son père était malade, à la fin, Joe s'occupait de lui et ils croulaient sous les dettes. Il faisait de faux chèques, payait sous de faux noms, donnait de fausses adresses aussi bien à ses créanciers sorciers que moldus. Il vivait dans la peur constante qu'on le découvre, qu'on lui fasse un procès, qu'on le foute en taule pour tout cela et pour tous ses duels clandestins, et que Douglas et son père finissent tous seuls. Ca hantait Joe Emerald encore aujourd'hui. Il s'en reveillait encore la nuit, parfois. Il repensait à la maison grise et lugubre de Woking où il avait grandi.

Déjà, on avait pas d'argent. Maintenant j'en ai, et je peux faire ce que je veux : le dépenser, en premier lieu, car c'est à ça, qu'il sert, le fric. A payer la caution d'une amie sans se soucier du tout qu'elle risque de filer – en espérant qu'elle filera, même. A donner un peu d'argent à ses très vieux grands-parents. A ses enfants, et à leur mère. Joe voulait pouvoir gagner de l'argent, et l'économiser, mais aussi le dépenser. Acheter des fringues, les plus belles sapes du coin, et ressembler à un milord. Diner au resto, quand il en avait envie – et pouvoir commander tout ce qu'il y avait sur la carte ! Tout cela, c'était pour tout cela, et inviter ses amis, et vivre bien, vivre mieux que ce qu'il avait vécu, dépendait du fric que Emerald gagnait.

Le fric ne le changeait pas lui : il était toujours le même, avec le même passif, la même histoire, les mêmes idées. J'ai toujours des manières de prince des rues. En témoignait les réflexions de Paul sur sa manière de manger. On a beau se camoufler en grand seigneur et aimer les bonnes choses, on ne peut pas se refaire. Il éclata d'un grand rire en continuant à manger ses langoustes :

« Eh, je viens toujours pas du beau monde, mon vieux, moi. Si tu crois vraiment que je vais savoir comment manger avec tes trois fourchettes et six couteaux, franchement... »
Il exhiba une langouste sous le nez de Paul : « Elles me jugent autant que Chapman Rosier la dernière fois qu'on s'est croisé à la réunion de la chambre de commerce magique. »

Dans l'âme, Emerald avait la critique facile et la dent dure contre les sangs purs : les vrais, les méchants, ceux qui répandaient l'injustice sur la terre. Pas Paul : mais Paul Fawley, Joe ne le considérait même pas vraiment comme un vrai sang pur. C'était un ami, et il appartenait à la caste des commerçants du Chemin de Traverse. Il était puriste ? Oui, bon, certes, mais Emmett Vance aussi, le parrain de la pègre sorcière du nord de l'Angleterre, l'était aussi. Ca n'empêchait pas qu'on pouvait faire des affaires avec lui, quand même. Comme avec Paul. Un assassin ? Oui, oui. Bon, tout ça, Joe le savait, mais il savait aussi que parfois, des gens bien faisaient des erreurs. Il évitait de parler politique, cependant : il savait bien que Paul et lui n'avaient pas totalement les mêmes idées, même si Paul n'était pas du genre à se fâcher pour ça. Mais simplement, parfois, ses fréquentations de types comme Rosier, il trouvait ça pénible. Il  le signalait, bon, mais ça s'arrêtait là. Chacun faisait ce qu'il voulait, après, tant que Paul ne le jugeait pas sur ses fréquentations de types louches, il n'y avait rien à dire. Après quelques commentaires sur les garderies et compagnie – les mioches, une vraie plaie – on repartit sur des discussions sur les loisirs.

Ah bah voilà, on évolue. Je ne sais pas ce que c'est que cette manie du sanglant, du spectaculaire, du meurtre. Comment on peut trouver marrant de balancer un sort à un humain ? Joe ne comprenait pas : il avait beaucoup de défauts, mais pas celui d'aimer la violence. Y a que des cinglés pour pouvoir aimer ça faire du mal. Il suffit de voir comment ce monde s'amuse pour voir qu'il ne tourne pas rond. Peut-être était-il old school, à la manière du vieux Don Corleone du Parrain, lorsqu'il mettait de l'ordre dans ses établissements, virant avec de grands coups de pieds au derche les quelques emmerdeurs qui foutaient le bordel ou emmerdaient ses escorts. On est là pour s'amuser. On s'amuse sérieusement. J'entretiens une clientèle, bordel, pas un ramassis de serial killer psychopathes. Joe canalisait la foule et ses envies étranges, il n'avait pas envie de se faire déborder par elle. Il trouvait donc bien que Paul finisse par adopter son point de vue lui aussi :

« Ca pourrait être pas mal, mais faudra bien sélectionner. Je laisserai pas n'importe lesquels des clients seul dans la nature avec des moldus. Merlin sait que certains le méritent, mais finirait par y avoir des morts, et tant qu'à faire, j'aimerais bien éviter ça. Avec une vraie sélection, ça me semble bien. » On continua sur tout ce qui concernait le pan illégal. Il sourit et alluma un cigare : on arrivait en fin de repas : « Blackie s'occupe de tout, elle organisera ça très bien. Elle a prévu de rester avec eux le premier mois pour évaluer tout ça. Me suis fait engueuler parce que je ne l'avais pas assez consulté. Elle te passe le bonjour, d'ailleurs. Elle trouve qu'on ne te voit pas assez, ces derniers temps. Mary-Ann a demandé de tes nouvelles, aussi. »

Blackie n'était pas le vrai nom de Blackie, mais ça suffisait comme nom pour les clients. Elle gérait les escort et formerait les nouveaux et nouvelles. Quant à MaryAnn, c'était une des filles préférées de Paul. Elle le trouvait attendrissant, le vieux, avait-elle dit sans ambage à Joe : MaryAnn avait vingt-et-un ans et ne s'en laissait pas compter. Il ajouta :  

« Les fournisseurs m'ont déjà préparé un assortiment des meilleurs produits – distribution gratuite pour les VIP au lancement, tu connais la chanson. »


On continua l'examen des dossiers. Joe reprit :

« Il va falloir que tu signes un tas de trucs. Fenton insiste. »
Il sortit un premier document. « Acte de propriété, d'abord. Quarante-cinq pour moi, quarante-cinq pour toi, quinze pour cent d'autres propriétaires – nos investisseurs. Il y a cinq  pour cent pour Emmett, idem pour Charlie. » Emett Vance et Charlie MacRae étaient les deux autres grands mafieux du Royaume-Uni magique. Des quasis-frères pour Joe. « Le reste, ce sont des parts minuscules, toutes vendues pour investir et construire l'hotel. » Il sortit un deuxième document. « Responsabilité, c'est pour l'assurance. Fenton pense que ce serait bien qu'on soit co-gérants tous les deux, comme ça on divise par deux la responsabilité – et par deux aussi les dommages et intérêts si nous a un sinistre. » Il ajouta une pile de documents. « Le reste, ce sont des histoires de comptes et compagnie, je te laisse regarder, c'est la sauce habituelle. » Il conclut en ajoutant : « Faudra qu'on délègue la direction à quelqu'un aussi. Pour le coup j'ai pas de nom, j'ai besoin de tout le monde ici. Tu vois quelqu'un à qui on pourrait filer ça ? »
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Paul Fawley


MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Mar 8 Aoû - 19:17

Pour beaucoup de gens, y compris dans sa propre famille, Paul était déraisonnable de se lancer encore dans des projets d'envergure à son âge. C'est vrai, il était, à soixante-dix ans passés, suffisamment riche pour ne plus avoir de souci à se faire, et il n'avait pas de descendants auxquels laisser une grande fortune... Alors pourquoi se donner tant de mal ? Il aurait pu se contenter de ce qu'il avait mis une vie à édifier, ses deux restaurants tournaient seuls et lui rapportaient largement de quoi pourvoir à ses vieux jours, et tant qu'il était alerte, organiser des parties de chasse lui tenait lieu de loisir. Mais le vieux ne voulait pas vivoter en attendant la mort. Il avait besoin de projets, d'affaires à goupiller avec des associés qu'il pouvait désormais se permettre de choisir... Joe Emerald, en ce sens, était le gars parfait. Paul l'avait vu débuter sur le Chemin de Traverse, avait flairé le type talentueux, l'avait aidé à monter sa première affaire ; depuis, jamais l'ancien Auror ne lui avait fait faux bond. Désormais aussi riche, sinon plus, que Fawley, Joe était son associé de prédilection. Pas d'entourloupe à craindre avec lui, on pouvait discuter sans arrière-pensées.

Quand j'arrêterai le business, c'est que je serai mort, disait Paul en riant lorsqu'on l'interrogeait sur son inlassable activité. Sa nièce, Anne Fraser, l'incitait régulièrement à se ménager, mais elle savait qu'il ne s'arrêterait que contraint et forcé. Il avait besoin de travailler, de rester actif, pour se sentir exister. Il n'était pas Poufsouffle pour rien. Même en prison, sa vie avait été consacrée au travail, chaque jour, et il ne savait pas ce qu'être oisif signifiait. Les rares fois où il avait pris des vacances, il s'était ennuyé très vite. Paul Fawley n'était pas fait pour le farniente. Je me reposerai quand je serai au cimetière. Ce projet de complexe hôtelier arrivait à point nommé pour redonner une seconde jeunesse au restaurateur à un moment où sa vie lui semblait retomber dans une routine dangereuse. Joe était arrivé avec l'idée, Paul avait été immédiatement séduit, et le jour même, ils commençaient à chercher le terrain qui accueillerait leur affaire. Il y avait eu quelques nuits blanches passées à réfléchir ensemble à leur projet, à tout ce qu'ils voulaient y inclure. Ils avaient un peu la folie des grandeurs, mais ils savaient que cela fonctionnerait. D'ici deux ans, leur complexe hôtelier serait une référence, c'était évident. Le tort de beaucoup d'entrepreneurs, c'était de voir trop petit. Avec Emerald et Fawley, on passait à la vitesse supérieure. Paul continuait de parcourir les plans, voyant presque les bâtiments terminés sur les parchemins. Un serveur vint poser devant Joe une belle portion de baba au rhum, accompagné d'ananas frais et de crème fouettée ; Paul lui laissa le temps de s'éloigner pour dire :

-Blackie sera très bien, oui. Elle a du potentiel, cette petite. Mary-Ann aussi d'ailleurs. Tu peux lui dire que je passerai dans les prochains jours, tiens. Aujourd'hui, si j'ai le temps. Ça commence à faire un moment.

Mary-Ann aurait pu être sa petite-fille, mais elle ne rechignait pas à assouvir les pulsions de ce type trop vieux et trop gros. Il allongeait ce qu'il fallait pour jouir de ce corps parfait, et la gamine le faisait grimper aux rideaux avec autant de ferveur que s'il avait été un jeune plein de muscles. À l'entendre murmurer des gentillesses, Paul avait parfois l'illusion de faire l'amour avec une femme amoureuse de lui. Ce n'était sans doute qu'une illusion, mais cela faisait du bien. Il accordait à Mary-Ann le respect qu'il n'avait pas pour les autres. À elle seule il n'imposait rien de dégradant, jamais. À elle seule, il offrait des fleurs lors de ses visites. Et elle était la seule, aussi, qu'il ait couchée sur son testament. Personne ne le savait, pas même elle ; à sa mort, elle aurait la surprise de recevoir de quoi se payer une nouvelle vie. Elle l'avait bien mérité, cette petite, vu le nombre de fois où elle m'a épongé – ça n'a pas dû être une partie de plaisir, même si elle a fait semblant d'aimer ça. Au moins, quelqu'un me pleurera. Un vague sourire aux lèvres à l'évocation de Mary-Ann, Paul prit le paquet de paperasses que lui tendait Joe :

-Voyons. Il doit y avoir deux cents signatures à mettre, non ? Ton garçon a dû nous monter un dossier en béton, comme d'habitude.

Fenton était du genre méticuleux, ce qui était préférable lorsqu'on avait à gérer des affaires plus ou moins illégales. Mieux valait ne rien laisser au hasard. Plume en main, Paul entreprit d'apposer sa signature partout où c'était nécessaire, tout en écoutant Joe.

-Gérants tous les deux, ça me va. Par contre, pour la direction... chez moi, il n'y a pas grand-monde avec le bon profil, tu comprends.

Les affaires de Paul était désespérément légales, un flic ou un contrôleur fiscal se serait cassé les dents chez lui. Cela sécurisait un peu l'association avec Joe, mais en même temps, cela signifiait qu'il n'avait pas d'employés de confiance à qui déléguer des affaires un peu délicates. Après un moment de silence, Fawley fit, du ton de l'homme qui réfléchit à haute voix :

-Je vais peut-être dire une bêtise, mais ton autre gamin, Tom ? T'en as besoin ici ? Ça lui donnerait son indépendance... enfin, affaire de famille, je ne veux pas m'en mêler, mais moi il aurait ma confiance. Sinon, j'y réfléchis... A la limite, Vance pourrait peut-être nous trouver quelqu'un de sérieux. Il a toujours de bonnes recrues, Emmett. On prend le gars ici ou chez toi à l'essai le temps des travaux, et on voit si ça colle... Café, Joe ?

____________________________________

FAWLEY

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MessageSujet: Re: Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus Mar 22 Aoû - 18:17

Joe Emerald avait construit un empire à partir de quasiment rien. Il avait tout fait, tout connu, la ruine, la honte, le triomphe, la victoire, le meurtre, l’illégalité. Mais rien de tout cela ne valait au fond, ne le décrivait lui. Je suis toujours le gamin de Woking qui lutte pour masquer la pauvreté de sa famille. Il avait connu les défaites et la galère et il ne voulait pas de ça pour ses enfants. Son rapport maladif et quasi névrotique à l’argent venait de là, il ne voulait plus jamais avoir faim ou souffrir, il ne voulait plus, jamais qu’on se moque de lui ou des Emerald. Il avait fait tous les sacrifices nécessaires pour cela. Ce que j'ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. Cette phrase, la plus noble que je connaisse, cette phrase qui situe l'homme, qui l'honore, qui rétablit les hiérarchies vraies, me revient à la mémoire, parfois. Joseph Emerald savait qui il était. Son âme, il l’avait vendu au diable, même s’il avait conservé certains principes, pour faire fructifier ses affaires.

La notion d’héritage était importante chez lui mais il ignorait si Fenton et Thomas en avait réellement quelque chose à faire. Il avait tout fait, tout cela, pour leur léguer un jour son oeuvre et qu’ils n’aient plus rien à faire sinon à s’installer en légitimes propriétaires d’une affaire qui roulerait bien et éventuellement à blanchir de l’argent. Il avait été prudent jusque dans l’illégalité, prenant soin de panacher ses affaires et d’en assurer une part légale. L’association avec Fawley venait en partie de là. Non content d’apprécier Paul et de voir en lui un excellent partenaire d’affaires, Joe jugeait qu’ils étaient extrêmement complémentaires. Les clients de Fawley aimaient eux aussi les loisirs illégaux, et les siens étaient après tout des gens respectables, à la base, qui aimaient eux aussi pouvoir se regarder dans une glace en oubliant les prostituées et la horse qu’ils avaient sniffés la veille tout en se préparant pour un excellent dîner au Sabot. Paul était d’ailleurs un peu dans la même veine que ses clients, Joe l’admettait. Mais s’ils avaient un mode de fonctionnement inversé - Joe trafiquait l’illégalité pour pouvoir se créer une place au soleil parmi les richards légaux, Paul était un riche et à peu près honnête sang pur qui s’offraient des loisirs borderline avec de jolies filles plus jeunes que lui - ils avaient un point commun, la bosse des affaires.

Avec leur projet de complexe hotelier, ils passaient dans une autre catégorie. On est riches à crever, mais on est jamais assez riches. Qui sait ce qui pourrait arriver ? Si demain je ne suis plus indispensable pour réguler leurs pulsions, pour jouer le rôle de médiateur. Joe ne craignait pas la mort, il avait une entreprise, des buts, des passions. Non, ce qu’il craignait, c’était ce qui se passerait s’il disparaissait. Il craignait la maladie, l’angoisse, l’avanie qu’on ferait courir sur ses proches. Trop protecteur et trop proche d’eux, qu’il était surement. Mais il se battait pour eux, pour qu’ils lui survivent, qu’ils fassent mieux que lui. Même plus besoin de faire des affaires illégales. Une respectabilité, et une fortune. Tout son travail tendait vers là, obtenir le respect. Il était prêt à crever pour ça, pour lui et sa famille, s’il le fallait. Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort, après tout.

Mais parfois, il lui semblait se planter quelque part. Fenton était bien entendu là pour l’aider, mais il ne voulait pas reprendre la suite, Joe s’en doutait. Tom lui ressemblait plus, sur ce plan là, mais Thomas menait sa vie, et ça faisait longtemps que Joseph n’avait plus vraiment d’influence sur lui. Alors qu’est-ce que ça veut dire ? Que tout ça va tomber en poussière ? Vous ne pouvez pas me faire cet affront là, de refuser. J’ai fait tout ça pour vous. Pour vous. Il se contenta d’un sourire alors que Paul évoquait Fenton. Il en était fier, de ce gosse. Comme j’étais fier de Doug, nom d’un Dragon. Mais il ne fait pas bon être honnête en ce bas monde, on finit par se casser les dents sur son propre honneur, ou sur la malhonnêté des gens.

“Il a toujours peur que je plonge, il faut dire. Je doute que quelqu’un trouve quoi que ce soit contre nous, là-dedans, mais on ne sait jamais.”


Mieux valait prévenir que guérir. Joe écoutait volontiers ses enfants, même s’il n’était pas d’accord avec eux. Ils finiront par voir. Mais ils savent aussi qu’ils peuvent compter sur moi. On finira par s’entendre, se retrouver, on ne peut pas perdre tout ça. Refuser la fortune qu’il leur tendait semblait à Joe une hérésie. C’est la sécurité, bon dieu. Bon, pas l’honnêteté, ni l’adrénaline. Mais Tom était inconscient. Ou c’est lui qui vieillissait. Peu importait. Ils y arriveraient, un jour ou l’autre. Ce qui sauve c'est de faire un pas. Encore un pas. C'est toujours le même pas que l'on recommence.    

Fenton et Tom étaient sans doute déjà dans l’illégalité, c’était simplement une question de temps, et d’habitude. Pour Paul, il y avait toujours un peu cette répugnance à forcer plus loin le trait. Mais il était utile d’avoir des relations chez qui tout était clean. Joe ne le reprochait donc pas à Fawley, et réfléchit lui aussi à haute voix, mangeant toujours son dessert.

“Thomas ? Non, il ne voudra pas. Je crois qu’il se trouve déjà bien bon de jouer les serveurs pour mon compte. Un de ces jours, je suppose qu’il reprendra le quidditch.”
Il secoua la tête. “Ou quelque chose du genre, ou qu’il montera son propre gang pour me concurrencer. Va savoir ce qui lui passe par la tête, à ce gosse.” Et on ne parle pas de ses relations amoureuses. Mais il n’allait pas critiquer la nièce de Paul devant ledit Paul, il avait tout de même un peu de tenue. “Peut-être bien que j’irais moi-même, tiens, ça me fera du bien de changer d’air. Je verrais parmis les employés qui s’en sort le mieux, ou je prendrais quelqu’un de chez Emmett, oui.” Il leva sa lourde carcasse. “Je vais devoir y retourner, j’ai un fournisseur qui m’attend pour après déjeuner. Tiens moi au courant, on se programmera une visite quand tu pourras. On n’aura qu’à se faire une partie de pêche.” Rallumant un cigare, il s’amusa : “Et évidemment, pour l’inauguration, je compte sur toi, j’offrirais tous les loisirs du complexe. En plus on a pas mal de célébrités qui ont déjà réservé, ça sera mémorable.”

Il serra la main du restaurateur, et se dirigea vers la sortie. Il reviendrait bientôt, sans doute, avec d’autres affaires, et d’autres profits à faire.
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Ou comment l'on créa une association de malfaiteurs de plus

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