POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier

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Drago Malefoy


MessageSujet: Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier Dim 2 Oct - 3:22



Boire pour noyer la mémoire.

Feat Adrian Rosier & Drago Malefoy


La respiration sifflante, Drago avait encore du mal à maîtriser ses tremblements. Assit sur le bord de son lit, la tête entre les mains, le jeune homme essayait de se ressaisir. Il essuya son front couvert de sueur, replaçant négligemment ses cheveux trempés en arrière. Il posa sa main sur son torse collant, et sentit enfin son cœur reprendre une vitesse normale. Plongé dans la pénombre, la chambre était d'un silence particulièrement pesant. Une faible lumière émanait du pied de la porte, ondoyant sous le feu des bougies du couloir. Drago entendit sa mère passer devant sa chambre, le bruit de ses talons martelant le parquet. Le blond attendit que le manoir redevienne silencieux avant de se lever, laissant son lit défait. Il se dirigea vers sa salle de bain privée, et plongea la tête sous l'eau du robinet. Il avait un profond besoin de noyer ses pensées, d'effacer ce cauchemar incessant de sa mémoire. Relevant les yeux vers le miroir, Drago grimaça en voyant ses cernes devenir de plus en plus visibles. Presque chaque nuit, il se réveillait en sursaut dans ce même état, épuisé, transpirant et terrorisé. Il ne parlait à personne de ses démons nocturnes, il ne pouvait pas se permettre de paraître faible et si peu sur de lui. Il n'imagine pas la honte qu'il ressentirait si son père apprenait qu'il rêvait du Seigneur des Ténèbres chaque nuit, resserrant chaque fois un peu plus son emprise. Il devait absolument garder ses problèmes pour lui-même, quitte à se réveiller chaque nuit.

Après avoir prit une rapide douche et recoiffé impeccablement sa chevelure blonde, Drago enfila un  de ses nombreux costumes noirs, simple mais élégant. Hormis son regard fatigué, personne n'aurait pu deviner qu'il venait de s'éveiller d'une énième terreur nocturne. Glissant sa baguette dans une poche intérieure de sa veste, il s'approcha silencieusement de sa porte, écoutant attentivement. N'entendant personne, Drago pu sortir de sa chambre en toute discrétion. Il n'avait pas peur de se faire punir ou autre absurdité du genre, ses parents le laissaient vivre comme il le désirait, cela allait de soit. Mais il avait peur des éventuelles questions gênantes s'il tombait sur sa mère ou son père. Il ne se fit aucun soucis en s'éloignant dans le couloir, sachant que personne n'ira vérifier s'il dormait bien dans sa chambre. Drago avait interdit à ses parents d'y pénétrer, alors personne n'allait vexer le fils adoré. Il croisa bien un elfe de maison lorsqu'il descendit les grandes marches de l'entrée, mais celui-ci n'oserait jamais révéler ses escapades nocturnes, au risque de d'irriter son maître. Atteignant la grande porte, le jeune puriste pu enfin prendre l'air extérieur, soufflant pour expulser toute la pression qui le hantait encore. Dans l'immense jardin du manoir Malefoy, Drago pouvait avoir une vue dégagée sur le ciel étoilé. Pas qu'il soit du genre à avoir les yeux qui brillent devant ces belles constellations, mais la lumière douce des étoiles et le calme de la nuit lui étaient bienfaiteurs. Souvent, lorsqu'il ne parvenait plus à dormir, il se rendait ici.

Assit au pied d'une statue représentant un immense Sombral, Drago releva la manche de son bras gauche. Quand ses yeux virent la marque des Ténèbres, bien noire et menaçante, le jeune Mangemort fut prit de nausée. Il a beau la voir chaque jour, il ne s'y habitue pas pour autant. C'était de sa faute, s'il ne pouvait plus réellement vivre comme avant. Bien entendu qu'il avait retrouvé la gloire que lui octroyait son nom, mais il y avait toujours une ombre au dessus de lui. Il n'avait aucun pouvoir sur son avenir, et cette idée le torturait. Il était autant enchaîné aux ordres de Lord Voldemort que par les desseins que lui préparaient son père. Ah oui, il savait faire le malin, mais quand il se retrouvait seul plus rien n'allait. Il était parfois difficile de garder bonne figure quand nous ne sommes pas l'homme que l'on aspire à être. Riche et reconnu, mais défait de la volonté de son père et du Seigneur des Ténèbres. Vous pouvez bien penser ce que vous voulez de Drago Malefoy, mais la vie ne lui est pas si plaisante qu'il n'y paraît.

D'habitude, une petite sortie dans le jardin familial et le blond retournait se coucher, ses peurs apaisées pour la nuit, au moins. Mais cette fois, Drago avait besoin de plus. Il n'arrivait pas à enlever toutes ces images de sa tête, à entendre le rire sournois du mage noir ou sentir la crainte de devoir tuer lui tordre l'estomac. Prendre l'air ne lui avait pas semblé suffisant, alors peut être que s'éloigner du manoir où de nombreux souvenirs, pas toujours heureux, revenaient vers lui. Drago se releva alors, non sans une certaine élégance et droiture qui lui était bien propre, et dans un Crac retentissant, le jeune homme transplana.

A cette heure de la nuit, le Chemin de Traverse était beaucoup moins animé, ce qui n'était pas pour déplaire à Drago. Il n'appréciait pas beaucoup voir des gamins traîner dans ses pattes ou côtoyer le pavé avec des Sang-de-Bourbe. Quand le fils Malefoy débarqua en pleine rue, elle était quasi-déserte. Toutes les boutiques, qui de jour grouillaient de clients, était à présent fermées. Seules quelques lumières brillaient encore ça et là, provenant des quelques bars encore ouverts. D'un pas rapide mais toujours dans une posture digne, Drago passa devant de nombreuses portes entrouvertes, refusant d'entrer. Il ne devait pas se montrer n'importe où, il serait bien facilement reconnu. Le blond savait exactement où se rendre, là où on ne lui poserait pas de questions. Un bar assez peu fréquenté, où il pourrait faire ce qui lui plait sans être dérangé ou que son père n'en soit immédiatement mit au courant.

Posant un pied à l'intérieur du bar, Drago s'arrêta un instant sur le seuil de la porte. C'était un petit bar qui aurait tout aussi bien trouvé sa place dans l'Allée des Embrumes, ce qui était probablement la raison pour laquelle il s'en trouvait si proche. Le blond n'était venu que deux ou trois fois ici, et avait rapidement comprit que s'il voulait la paix, il n'avait qu'à s'y rendre. Le bar devait contenir une dizaine de personne, tout au plus. Personne ne leva la tête sur son passage lorsqu'il rejoignit le comptoir, totalement ignoré. D'ordinaire, Drago s'en serait offusqué, mais ce soir l'affaire l'arrangeait bien. S'il s'était rendu à l'Emerald's, il y aurait forcément croisé une connaissance de son père, et alors Lucius ou même Narcissa lui aurait demandé avec curiosité ce qu'il avait à y faire. Alors que s'il venait ici, Drago avait peu de chance de croiser une tête connue. Il alla s'asseoir sur un tabouret bas de gamme, bien loin du luxe et du confort habituel du jeune mondain. Il aurait bien fait une remarque ou deux, mais ç'aurait été dans d'autres circonstances.

Un vieux barman rabougri s'approcha de lui, essuyant des chopes de Bièraubeurre qui aurait méritées un bon coup de baguette pour les nettoyer. L'homme demanda à Drago d'une voix sifflante ce qu'il désirait, ses yeux malsains dévisageant le jeune puriste.

    ▬ Du Whisky pur feu, souffla-t-il d'une voix traînante, avant de lancer un regard mauvais au barman. Dans un verre propre, évidement.


Sans un mot, le vieil homme s'éloigna, laissant Drago seul. Cette soirée ne ressemblait en rien à ces réceptions mondaines, dîners gastronomiques en famille ou événement puriste dont le fils du ministre avait l'habitude. Derrière ce comportement de gamin méprisable et sûr de lui, il y a un Drago torturé par ses sentiments. Ce n'est pas pour autant un garçon qui cache une certaine bonté, mais une conscience qui peine à se libérer. Peut être que ce qui lui manque, c'est quelqu'un à qui parler.

Mais peut-on seulement prétendre pouvoir affirmer ce que Drago a besoin ?
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Adrian Rosier


MessageSujet: Re: Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier Jeu 20 Oct - 15:17


Une soirée comme les autres : ce n'est qu'une soirée comme les autres, Adrian, et c'est de ça qu'il faut te convaincre – ni plus minable ni plus intéressante que les autres. Il avait trainé au Emerald's des heures après le boulot, et il était déjà minable lorsqu'il était parti avec la fille à son bras. Il ne se souvenait déjà plus de son nom, ce qui ne l'avait pas empêché de se la faire, et puis elle était partie de toute façon. Après quoi, il était tombé sur le regard critique des photos de son père, qui semblait comme toujours désapprouver son comportement. Comme d'habitude, parce qu'il était bourré, parce qu'il ne supportait pas ce regard là, parce qu'il était trop marqué par son propre passé et trop conscient de ses défauts pour ne pas avoir honte, mais sans doute aussi trop orgueilleux pour ne pas vouloir – et réussir – se racheter, il se réinstalla à son bureau, de nouveau pour écrire.

Il est une heure du matin, fin octobre. Je t'écris juste parce que je vais mieux en ce moment et que ça me permets de t'écrire – ça faisait longtemps, papa. Il fait froid à Londres, en ce moment, mais il y a de la musique sur Clinton Street durant toute la soirée. Maman m'a donné quelques photos dont elle ne voulait plus. Certaines datent de cette fichue journée, en décembre 81, où tu avais décidé de prendre un nouveau départ, de faire quelque chose après la disparition du Seigneur des Ténèbres. Dans mon souvenir, tu ressembles aux photos, ma mémoire est réduite à quelques images. La dernière fois que je t'ai vu, il faut dire, tu avais l'air si vieux, ton manteau était déchiré à l'épaule, et c'est tout...tu étais avec maman, je m'en souviens, et elle, la fois suivante où je l'ai vu, n'était plus la femme de personne. Tu dois me trouver pénible, je sais que j'écris toujours la même lettre. Mais qu'est-ce que je peux te dire ? Qu'est-ce que je pourrais bien dire de plus ? Je suppose que tu me manques, je suppose que je te pardonnes, et que je suis content que tu te sois trouvé sur mon chemin...Si je pouvais discuter avec toi, là tout de suite, je te demanderais si tu penses que j’ai raison, si tu penses que je fais de mon mieux. Et je sais que tu me répondrais non. Évidemment que tu dirais non. Tu ne comprendrais même pas. Mais c'est trop dur. Tout est trop dur. Et il n'y a personne sur qui compter dans ce fichu monde. Et ça, je crois que tu comprendrais. Sincèrement, A. Rosier.

Il songea un instant à brûler la lettre, car finalement, elle n'était pas très bonne. Il valait mieux que ce tissu de guimauve larmoyante. En fait, elle était peut-être bien symptomatique de ce qu'était le mangemort. Cette trop grande sensibilité, cet orgueil parfois mal placé, ce n'était rien d'autre que de la fragilité. On n'avait rien compris à Adrian Rosier si on n'avait pas compris sa fragilité. C'était du verre. A l'image du verre, quand il se brisait, il volait en éclat et pouvait blesser – mais c'était sans doute parce qu'il était brisé lui même, au fond.

Pourtant, lorsqu'il se leva, l'accès de tristesse était passée : ils duraient moins longtemps, en ce moment, remarqua-t-il. Se tirer était la meilleure décision de sa vie. La seule valable. La seule possible, au fond. En assumer les conséquences ? Il n'y voyait pas de difficultés. Ca ne changeait pas beaucoup Adrian : les rumeurs sur lui, qui courraient depuis longtemps dans son dos au sein de la bonne société sang pure ne l'atteignaient plus vraiment. Adrian savait déjà ce qu'on disait. Que je n'arrive pas à la cheville de mon père. Que mon grand-père m'a chassé. Que je bois trop, que je fumes trop, que je sors trop, que je traine avec des gens louches, des gens dont on ne veut même pas connaître le nom. Il savait tout ça – autant qu'il savait que tant qu'il ferait son boulot correctement, tant qu'il serait à peu près utile, on lui ficherait la paix. Bien sur, Adrian ne faisait pas ce qu'il avait voulu faire. Il est un peu pour revenir en arrière pour ça. Quelque part en cours de route, je suis sans doute passé du côté des salauds – peut-être même de manière volontaire. Tu voulais te venger, je sais, mais finalement, t'es pas plus heureux maintenant. Et la honte...ce n'était pas pour lui qu'il détestait ça. Moi c'est foutu, c'est fini, mais l'injustice...Adrian trouvait ce qui se passait à vomir.

Et il valait mieux faire semblant de gerber à cause d'un abus manifeste de boisson, par les temps qui courraient.

En conséquence, il décida de ressortir. Les bars devaient bien être restés ouverts, à cette heure là. Le serveur du Emerald's lui signala sans complaisance qu'ils fermaient bientôt et que non, ils ne feraient pas d'exception pour lui. Pas plus ennuyé que ça – tous les rades du monde convenaient à Adrian, et puis de toute façon, il n'était pas très sûr de vouloir goûter de nouveau à l'ambiance électrique du bar le plus branché du Londres sorcier pour ce soir là,- le mangemort repartit en quête d'un établissement disposé à l'accueillir, lui et son alcoolisme assumé – ou presque. Il finit par pousser la porte d'un petit bar sombre. De prime abord, il crut qu'il n'y avait aucun client, et il fit signe au barman de lui servir un whisky, puis, embrassant la salle du regard, son verre à la main, ses yeux tombèrent sur un visage connu : Drago Malefoy. Il s'empara de son verre et traversa la salle, lançant sans souci qu'on l'entende :

« Alors, monsieur le chef de Force Puriste, on traine seul dans le bars à des heures impossibles ? »
Il  sourit avec un brin d'amusement : « Comment ça va, cousin ? Je ne m'attendais pas à te voir ici. » Et pas tout seul, en tout cas. «  Tu t'es aussi fait virer du Emerald's ? »

Dans les familles de sang pur, et encore plus dans la famille Rosier, on se fréquentait sans se fréquenter, on parlait sans jamais se dire vraiment les choses. Adrian savait bien que son grand-père détestait Malefoy père, mais il aimait bien le fils. Il faisait un bon compagnon de fêtes et de mondanités. Et puis il y avait quelque chose dans son mépris, dans sa sorte de cynisme, qui lui rappelait le gamin qu'il avait été. Alors, colère, ou désespoir, ou simplement ennui méprisable et méprisant du au fait d'avoir toujours été élevé dans l'or et la richesse et de soudainement découvrir que la vraie vie ne se résume pas à un manoir luxueux et une vie bien rangée ? Il n'avait rien d'autre à faire qu'essayer de le découvrir, ou sinon, de boire un peu lui aussi. Parce qu'après tout, lui aussi avait découvert que la vie ne se résumait pas à un manoir luxueux et à une vie bien rangée – que la vie ne pouvait se résumer à une cage dorée, en somme.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier Dim 13 Nov - 14:37


Se frottant les yeux, épuisé, Drago soupira de lassitude. Ce soir, il avait simplement envie de boire jusqu'à en oublier ses problèmes, quitte à finir la nuit seul et déchiré. Cela ne lui ressemblait visiblement pas de traîner ainsi dans les bars, seul à une heure si tardive, mais cette fois il avait vraiment besoin de se vider l'esprit. Il n'avait même pas l'habitude de boire de cette manière, ne prenant qu'à l'ordinaire quelques verres de vin au repas ou un peu de Bièraubeurre quand il sortait de temps en temps, mais jamais jusqu'à en être ivre. Se vautrant négligemment sur la table, Drago se dit qu'il ne valait pas mieux que son père dans ses phases alcooliques, malgré tout le respect qu'il avait pour lui. Il pardonnait aisément Lucius pour tout ce qu'il avait pu endurer, et comprenait parfaitement qu'il ai voulu trouver refuge dans la gnôle. Mais aujourd'hui, alors qu'il s'apprêtait à faire de même et probablement pour des raisons similaires, le fils Malefoy en avait honte. Il ne voulait pas passer pour un faible, c'est pourquoi il préférait se cacher et venir se terrer dans un bar aussi piteux que celui-ci. Quand il levait les yeux vers les autres clients, il ne voyait que des clodos vêtus de haillons trop soûls pour le voir lui. Reniflant et fronçant du nez, il se promit de ne jamais leur ressembler, quoi qu'il advienne.

Le barman revint vers Drago d'un pas traînant, posant devant le puriste sa commande. Attendant d'être payé, Drago lui fit froidement la remarque que de toute manière, il prendrait d'autres verres alors qu'il était inutile de le harceler avec ça, ou il recevrait son whisky en pleine face. Ronchonnant, le barman fit aussitôt demi-tour sans ajouter mot. Sans attendre, le jeune blond prit une longue goulée qui lui enflamma la gorge. Loin d'avoir l'habitude de boire ainsi, Drago se mit à tousser fortement, ce qui ne l'empêcha pas de reprendre une gorgée une fois qu'il eu reprit son souffle. L'alcool pouvait bien avoir du mal à passer, Drago n'avait aucune intention d'abandonner, même s'il agissait comme un lâche et un demeuré.Convaincu qu'il allait finir sa nuit sur cette table entourés de verres ou bouteilles vides et seul comme un rat mort, loin de ressembler au Drago Malefoy que tout le monde connaissait, il sursauta lorsqu'on s'adressa à lui.

Écarquillant les yeux, Drago se redressa avec le peu de dignité qu'il lui restait, alors qu'il était avachit et dépressif dans un bar répugnant, il remarqua qu'un homme venait vers lui. Adrian Rosier, cousin, Mangemort, et à l'occasion, une personne que Drago appréciait, voire même respectait. Même s'il s'estimait heureux que ce soit Adrian qui le trouve ici, le blond espérait cependant qu'il ne l'avait pas vu à s’apitoyer sur son sort. Reprenant une position plus distinguée pour sauver les apparences, quoi que décontractée, Drago lui adressa un sourire sincère.

    ▬ Tiens donc, Adrian, lui répondit-il sur le même ton amusé. Si je m'attendais à te voir ici ce soir.


Amicalement, il lui insita à prendre place près de lui. Si toute autre personne qui connaissait Drago avait passé le pas de cette porte, le jeune Malefoy se serait enfuit en courant. Mais il avait une certaine confiance en Adrian. Alors que Drago se plaignait de sa propre situation, il n'enviait guère celle de son cousin. Au moins, Drago aimait profondément son père et sa mère, et était plutôt en accord avec chacune de leurs idées, hormis celles du Seigneur des Ténèbres. Quant à Adrian, il avait Chapman Rosier, et c'était loin d'être un cadeau. Même si Drago était relativement en bon terme avec son oncle, il ne cessait de lui faire froid dans le dos. Pas étonnant qu'Adrian pète les plombs parfois. C'est pour cette raison que le fils Malefoy se dit que peut être, il pourrait se confier. Au moins, il pourrait avoir une personne qui serait à même de le comprendre.

    ▬ Je t'avoue que ça ne va pas fort, sinon je ne serais pas ici à m'enfiler ce... Digestif. Drago ricanna amèrement, avant de se reprendre dans une moue peu convaincue. Tu es là pour la même raison, peut être ?



Ce n'était pas un secret pour Drago qu'Adrian profitait aussi des plaisirs – ou du moins des effets – de l'alcool. Alors en soit, ce n'était pas étonnant de le retrouver dans un tel endroit à une heure aussi tardive. Cela dit, si Drago avait eu envie de retrouver son cousin quelque part – ce qui en soit ne ce faisait jamais, ils n'étaient pas assez proches – il se serait rendu à l'Emerald's. C'est dans ce bar huppé que nombre de puristes, Mangemorts et autres personnalités de la haute sphère sorcière se rendaient généralement. C'est là bas que Drago se serait rendu s'il avait voulu de la compagnie, comme celle de Blaise ou de Théodore, peut être. Mais le jeune Malefoy voulait se retrouver seul et à l'abris des regards.

    ▬ Je n'ai pas mit un pied à l'Emerald's, trop d'yeux indiscrets. Tu t'es vraiment fait jeté ? Ils en avaient marre de t'y voir ou bien ?


De tous les sorciers qu'il aurait pu croiser ici, Adrian était surement le seul que Drago pouvait accepter dans une telle soirée. Reprenant une gorgée de son Whisky, avec un peu plus d'élégance cette fois, Drago se dit qu'il pourrait peut être avoir plus de points communs avec Adrian qu'il ne l'aurait pensé.
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MessageSujet: Re: Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier Mer 21 Juin - 16:57

Il n'était pas ivre mort. Ivre, certainement, parce que malgré son retour chez lui, il avait tout de même passé toute la première partie de la soirée à boire. Mais c'était son état habituel, le soir, d'être plus ou moins ivre, alors Adrian Rosier ne s'en inquiétait pas trop. Mort ? Pas encore, mais ça viendra bien assez tôt. A ce rythme là, oui...il ne dépasserait peut-être pas quarante ans. Ou trente-cinq. Ca dépendait des jours. Des phases. Il allait un peu mieux en ce moment, le poids des Rosier et de leur héritage s'étant envolé lorsqu'il était parti, mais au fond, il n'était pas réellement heureux. Plus de sœur, et toujours la même marque au bras, plus de famille, plus d'amis. Alors oui, il sortait, ça lui permettait d'évacuer toute sa haine, d'éviter de voir qu'il n'était pas heureux, d'éviter de se confronter aux horreurs qu'il cotoyait tous les jours. Il se mêlait à la foule branchée du Emerald's. Il y dansait à perdre haleine, il y voyait des concerts. Dans cette jeunesse abyssale, je cherche mon idéal, et je meurs, coincé entre un whisky coca et un shot de tequila. Je voudrais bien rentrer, mais j'ai pas vraiment de foyer, vous voyez ? Chez moi, c'était chez le vieux, mais je n'irais pas. Je ne veux pas y retourner. Non, je ne rendre pas chez moi, même si je sens qu'il n'y a qu'un pas, je préfère, je ne sais pas...continuer à boire. Allez, ça y est, je cherche la sortie, et le sens de ma vie, et je meurs...Et donc, de la soirée au Emerald's à chez lui, il avait fini par atterrir dans ce bar minable où il allait continuer à s'esquinter la santé.

En bonne compagnie, pas vrai ? Oui, il aimait bien Drago Malefoy. Un gamin paumé, comme il l'avait été. Avec l'avantage d'avoir un père, cela dit, mais quel père ! Et puis sa tante...il se souvenait un peu de Bellatrix à Azkaban, ses hurlements étaient plus effrayants que les détraqueurs, et ce n'était pas peu dire.C'était sa grande cousine, la Lestrange, comme Narcissa, la mère de Drago. Elle était folle, la prison lui avait fait pire qu'à lui, alors que pourtant, Azkaban avait rendu Adrian, déjà un peu fragile psychologiquement, assez instable : déjà colérique, déjà bagarreur, il n'en était devenu que plus paranoiaque et agressif. Je refuse de me laisser emmerder par quoi que ce soit d'à peu près terrestre. C'était son credo, parfaitement assumé. Ses bastons dans les bars ? Aussi. Pas méchant, très à cheval sur la justice, très en empathie avec les autres, il n'en restait pas moins colérique et blessé : un cocktail détonnant, assorti d'un courage très Gryffondor, qui ne laissait pas de lui attirer des ennuis. Ou de lui faire prendre des décisions hasardeuses, du type, partir de chez Chapman.

Là, sans doute, était la différence qu'il avait avec Drago. Il subissait, le gamin, parce qu'il croyait que c'était sa voie. Et puis connaissant Lucius et Narcissa, qu'il appelait oncle et tante par abus de langage, Adrian savait bien qu'ils ne lui laissaient pas le choix, ni de ce qu'il ferait, ni de ses amis. Au moins, je sais qu'il y a d'autres possibilités, d'autres vies. Adrian avait fréquenté d'autres cercles que celui des sang pur, que celui de l'élite avec qui il s'abrutissait à l'alcool quand il ne trouvait aucun de ses potes pour partager ses soirées. Pas Drago : il les connaissait, ses amis. Zabini, Nott Jr.  Parkinson. Tous ceux là, et ce depuis Poudlard. Pas d'autres horizons, rien. Il sourit. Il devinait le calvaire, devinait le sens des paroles de Drago. Il s'installa en face de lui et sourit.

« Je suis là parce que les bars sont ma seconde maison. »
Adrian éclata de rire, alluma une cigarette. Il n'allait pas bien, ce soir là, mais il allait moins mal que d'habitude, et était disposé à parler, étant joyeusement déprimé. « Mettons mes problèmes de côté, tout le monde les connaît, y compris toi. » Il savait que la rumeur, pour Chapman et lui, devait être arrivée jusqu'à Drago, et il n'avait guère envie d'en parler. « Tu m'as l'air dans un état pire que le mien. Raconte donc, si tu veux. J'aurais oublié demain, de toute façon. »

Il vida son verre d'une traite, et fit signe au barman de lui en apporter un autre, avant d'adresser un sourire encourageant à Drago. Il avait l'esprit à peu près clair. Il pouvait écouter. Mettre au pas ses problèmes pour s'intéresser à ceux de son cousin, si ce dernier le voulait. Il avait l'air très mal, ce dernier, mais il n'en souffla mot. Je vais affiner mon lexique dans la tise, me socialiser, improviser, minimiser cette analyse de la dépression qu'on a l'un et l'autre. Même si je crois bien que j'agonise, pour ce soir, laissons ça en suspens. Le  barman lui apporta un autre verre et il en but une gorgée. Il sourit de nouveau lorsque Drago lui demanda s'il s'était fait jeté de l'Emerald's.

« Non, je suis parti de mon plein gré. »
Il commença à faire ses comptes. « Ce n'était pas très intéressant. Je n'ai dit que des trucs que j'avais déjà dit et écouté que des conversations que j'avais déjà entendues. Mais ça faisait du bien de voir des fous. C'était, tu sais, de cette fille, tu sais...Thérésa Ross ? Tu sais, l'américaine ? Qui organisait ça. » Des saloperies pur-jus, ces sang purs du Mississipi. «  Je suis forcé de lui offrir un cadeau pour la remercier de m'avoir invité mais j'hésite entre un bouquet et une hyène empaillée. » Il ne l'aimait pas beaucoup : Chapman adorait cette gamine de vingt-deux ans. Pige pas pourquoi. Il eut un air désolé, tira sur sa cigarette. « C'était...surpeuplé. Il n'y avait plus de verres. Je buvais dans un vase. » Rire sans joie. Vacuité de son existence. « Je suis parti avec quelqu'un, j'ai oublié son nom, elle est partie, j'ai voulu revenir à l'Emerald's. Ils fermaient, je suis venu ici. Ce n'est pas très intéressant, il faut le dire. Mais je m'attendais à t'y voir. Ce n'est pas ton genre, de fuir la compagnie, si ? »

Non, en effet. Il proposa une cigarette à son cousin. Ils étaient beau, tiens, si riches et puissants et si malheureux, pour des raisons qu'ils s'expliquaient à peine. En tout cas, il ne l'expliquait pas pour Drago, parce qu'après tout, tout lui réussissait, à lui, ou presque, non ?

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MessageSujet: Re: Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier

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Boire pour noyer la mémoire. || Adrian Rosier

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