POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé]

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    Aaliyah Zabini


MessageSujet: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Lun 31 Oct - 13:22

"Moi je sais ce que je veux. Tu sais c'est quoi mon but ? Être une putain de bourgeoise ! Gagner du blé à rien glander ! Je ne veux surtout pas retourner où j'étais , je ne veux plus cirer les pompes d'un enculé pour avoir de quoi vivre."

Assise face à son miroir, Aaliyah adressait ces répliques à personne d'autre qu'elle même. Elle faisait souvent ça, seule avec son reflet, elle s'offrait le luxe d'être qui elle était vraiment, une jeune femme des quartiers moches de Leeds. On peut tirer la fille de la boue, mais on ne peut jamais totalement retirer la boue de la fille. Elle s'employait chaque jour à effacer son enfance sous son maquillage. De l'argent, une position enviable ne suffisaient pas à cacher les première années de sa vie, l'alcool, la pauvreté, la vulgarité, cette dureté dans l'expression du visage. La vie d'Ali était une représentation permanente, un rôle qu'elle jouait du matin au soir et qu'elle jouerait jusqu'à son dernier jour. Elle était très convaincante en gentille orpheline, en aventurière qui s'était élevée bien au dessus de son rang par son mariage, en malheureuse veuve sept fois éplorée. Pour ne pas se perdre dans les mensonges qu'elle s'était construit, Aaliyah se payait parfois une conversation à cœur ouvert avec la seule personne à qui elle faisait totalement confiance : elle-même.

Aaliyah n'avait confiance en personne, certainement pas en ses sœurs, ni même en son fils. Elle avait compris très jeune qu'on ne pouvait compter que sur soit pour s'en sortir dans la vie. Elle faisait ce qu'elle avait à faire, depuis l'internement de sa mère, s'était à elle de s'assurer que la famille Zabini ait un toit au dessus de la tête et trois repas par jour. Un goût du luxe inhabituel pour une femme qui n'avait connu rien de mieux que l'humidité d'une cahute sordide et les coupons de l'aide alimentaire l'avait poussé à viser plus haut qu'une gentille petite maison gagnée par des années de travail honnête. Si elle avait été moins belle...

Elle regarda sévèrement son reflet, même à trente-sept ans, elle ne craignait personne pour la beauté. Étonnant ce qu'avait pu donner l'alliance d'une folle perdue et d'un flic ripoux. Le visage fin, altier, les longs yeux verts, une beauté troublante qui affolait les hommes et inquiétait les autres femmes. C'était là dessus qu'elle avait bâti sa fortune, la séduction était une arme de choix pour une jeune fille qui ne possède rien d'autre.

Aaliyah ne regrettait rien de ce qu'elle avait fait de sa vie, elle était sortie de la fosse à purin qui l'avait vu naître et jamais elle n'y retournerait. Elle irait jusqu'au bout.

L'horloge sonna douze heures et mis fin à ce tête à tête intime. Aaliyah se leva et attrapa sa cape. Elle avait rendez vous pour un tout autre genre de tête à tête, du genre lucratif cette fois ci.

En arrivant au salon elle remarque une paire de chaussures, négligemment posées sur la table basse. D'un geste preste de la main, elle empoigna la chevelure de sa sœur, et la tira hors du canapé.

« Daria ! Est-ce qu'une table est la place d'une paire de chaussures ? »
« Ali, tu me fais mal, lâche-moi ! »
« EST-CE QUE C'EST LEUR PLACE? » cria-t-elle, en serrant encore un peu plus fort.
« Non, non, je vais les ranger. » répondit sa sœur dans un sanglot.
« C'est bien. » Elle lâcha sa jeune sœur, et une poignée de cheveux.

C'était le secret des quatre sœurs Zabini, personne d'autre ne savait vraiment à quel point Aaliyah pouvait être autoritaire, méchante et vicieuse. Et comme s'était Ali qui tenait les cordons de leurs bourses, elle était assurée que ses sœurs n'iraient jamais s'en plaindre à personne. Aaliyah s'était donné du mal pour que ses trois petites sœurs ne manquent jamais de rien, et les voir se comporter comme des pimbêches pourries gâtées avait le don de l'énerver. Elle n'avait pas appris grand chose de son père, si ce n'est qu'une bonne gifle bien placée vous aide à garder les pieds sur le droit chemin.

« Je sors, ait la bonté d'être partie à mon retour. Je te paie un appartement, non ? »

Elle n'écouta même pas la réponse de sa sœur et sorti du salon en claquant la porte. Aaliyah frappa des mains, deux hommes noirs se levèrent et lui emboîtèrent le pas. Elle ajusta sa voilette et sortie dans la rue.

Elle s'avança sous bonne escorte sur le chemin de Traverse. Ce n'était pas qu'elle eu peur de se promener seule dans les rue, mais sa vie était une comédie, et il fallait en donner à voir à son public. Ça ne lui déplaisait pas d'offrir aux passants du Chemin de Traverse son meilleur numéro, Aaliyah Zabini, la veuve noire, sous son voile de deuil et accompagnée de ses deux gardes-du-corps. C'était agréable de passer la tête haute et de sentir les visages se retourner sur votre passage, et accompagner vos pas des murmures plus ou moins malveillant. Plus jamais personne ne regarderait de haut la « pauvre petite Aaliyah Zabini. » Elle voulait inspirer l'envie, pas la pitié.

Ses pas la menèrent devant un charmant petit hôtel particulier. Elle sonna, un domestique en livré vint ouvrir.

« Mme Zabini, un plaisir, toujours. Monsieur Margrave vous attends. »

Aaliyah pénétra dans un petit salon, grand style, du cuir, du marbre, de l'or, et des tableaux sur tout les murs. Tout ici respirait le luxe, la bonne société, et l'argent employé en futilité de bon goût. Le  maître des lieux ne dépareillant en rien avec le décor. Mortimer Margrave, un vieux célibataire original, qui dilapidait la fortune familiale en collectionnant les œuvres d'art.

« Aaliyah, toujours plus magnifique, si c'est possible. » L'homme se leva pour accueillir la jeune femme.
« Morty, vous êtes un horrible flatteur. »
« Asseyez  vous, j'ai fait commander des huîtres, spécialement pour vous. »
« Oh, vous êtes un hôte parfait, comme toujours. »

Aaliyah prit place autour de la table avec un sourire.

*J'aime les perles, pas les huîtres vieil imbécile.*

Après un repas où elle réussi miraculeusement à ingérer les ignobles crustacés, sans les vomir sur la robe d'intérieur de son hôte, Aaliyah servait des quartier de clémentine au vieux garçon et orienta la conversation sur le véritable but de sa visite. Ce n'était pas la compagnie insipide de Mortimer Margrave qui l'avait attirée ici.

« Alors, cher ami, des trouvailles intéressante à Amsterdam ? »
« Oui mon petit, des gravures, Dermeer de Velft, sois disant, laissez-moi vous montrer. »

La vieil homme s'éclipsa et revient un portfolio sous le bras. Il déballa tout une série de gravures, sous les yeux émerveillés de la jeune femme.

« Incroyable, il a été l'élève de Cabritus non ? Ce traitement de la lumière est fascinant. »
« Parfaitement, on ne peut rien cacher à une connaisseuse tel que vous ! »

En vérité, Aaliyah ne connaissait strictement rien à l'art, elle n'aimait même pas ça. Mais avec des années passée à naviguer chez le meilleur du monde sorcier, elle avait appris à au moins faire semblant d'apprécier ce qui était beau et à mépriser ce qui ne l'était pas. Elle avait su acquérir un goût passe partout et bourgeois, digne de la position qu'elle s'était bâtie. Elle s'emmerdait comme un rat mort à l'opéra, préférant un concert de ska dans une cave enfumée, et adorait les duels magiques autant qu'elle détestait le théâtre, et son monde. Ses goûts personnels n'était qu'une illusion de plus dans son jeu.

« Ce sont des originaux ? »
« C'est ce que nous sauront bientôt, mon expert doit venir les évaluer, mais restez donc, je voudrais vous le présenter, un jeune homme délicieux. »

Aaliyah répondit avec un sourire ravi. Tout en étant intérieurement bien emmerdée, elle n'aimait pas qu'on vienne s'immiscer dans ses affaires. Et ces assommants tête à tête avec le vieux, étaient ses affaires. Mais pas le temps d'inventer une excuse pour s'échapper, un domestique venait de frapper à la porte, monsieur l'expert était annoncé.

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Dernière édition par Aaliyah Zabini le Ven 8 Sep - 13:35, édité 2 fois
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Mer 28 Juin - 13:02

« Je ne prends pas de commandes, Monsieur Vance. »

La réponse était ainsi  claire et nette, et ne devait donc pas prêter à confusion. Mais Tom connaissait son public. Il savait que le Parrain de la mafia du nord de l'Angleterre, Emmett Vance, dit le Sorcier de Manchester, ne s'arrêterait pas à cela. Pourtant, Sally aurait définitivement apprécié que cette rencontre se termine plus tôt. Il détestait que les amis de son père décident de venir le voir lui, ça n'annonçait rien de bon – en général, qu'il avait touché à une personne qu'il aurait du ne pas toucher.  Tom doutait d'être responsable d'un quelconque incident cette fois ci : ça faisait tout de même des mois, littéralement, qu'il se tenait à carreaux et qu'il n'avait rien fait. Donc, ce n'était pas ça. C'était peut-être même pire. C'était une proposition.

Or, la règle numéro 1 de Tom Sallybanks était qu'il décidait lui-même des coups qu'il montait. Il fonctionnait en indépendant, sinon il aurait bossé pour son père. C'était selon lui un mode de fonctionnement préférable, car les employeurs ne comprenaient souvent rien à ses méthodes. C'étaient des mafieux, pas des arnaqueurs. Il préférait décider de lui même, quitte à leur revendre des choses après. Plus de marge de manœuvre. Plus de discrétion. Moins de « Emmett est là et il voudrait te voir ». Moins de « ça m'ennuie tout de même que ce gros lard sache pour moi ».  Ledit Sorcier de Manchester éclata de son rire tonitruant et agita un index moqueur :

« Allons, pas à moi. Je sais ce que tu vaux, tu es le digne fils de ton père. Et puis...Ce n'est pas une commande, Sally. Mettons que c'est une information. Ils sont deux ou trois à s'être fichus de moi pour une histoire de vente de dessins et de tableaux – Margrave et Truman, et puis Cleary aussi, si tu connais ? » Un gang de papy puristes amateurs d'art. Ca lui parlait. « Bon, au final, Margrave a récupéré toutes les œuvres ou presque. Ca fait presque 10 000 gallions. Alors je m'en fiche, moi, du prix, l'argent, ça va ça vient. Bon. Mais ça m'ennuie que si moi j'ai pas ces œuvres, quelqu'un d'autre les aie. Tu comprends, Sally ? Alors je fais passer l'information. Morty est idiot. Si ça intéressait quelqu'un, eh bien, j'avoue que je serais assez content. Parce que ça m'ennuie profondément que si moi je n'ai pas ces œuvres, quelqu'un d'autres les aie. Quelqu'un du genre Mortimer Margrave. »

C'était une sacrée belle affaire, il fallait le reconnaître. Il connaissait un peu Margrave, et avait le même avis que Emmett. C'était un coup facile, qui n'avait aucune raison de devoir échouer. Personne n'en entendrait parler. Ou si peu. On ne pourrait jamais le relier à ça. Cette pensée, dans l'esprit de Tom fut immédiatement contrebalancée par l'idée que Anne pourrait l'apprendre. Qu'est-ce qu'elle en dirait ? Sans doute pas de bien, bien sûr. Il savait aussi ce qu'il avait promis.

Mais l'occasion était sacrément belle. Il se leva et sourit à Emmett :

« Je ferais passer l'information, Monsieur Vance. Je vous raccompagne ?

- Je n'en demandais pas plus. Au plaisir Sally, passe le bonjour à ton père. »

Il n'en fallait pas plus à Tom, au final. Monter l'arnaque, en elle-même, fut facile. Il  se fit rééexpliquer en détail par Vance l'histoire. Mortimer avait acheté une bouchée de pain à un marchand d'art d'Amsterdam une série d'esquisse qui semblaient être de véritables Dermeer de Velft, le maitre de la lumière de la période flamande sorcière. Vance était lui aussi sur les rangs pour acquérir ces œuvres, mais s'était fait coiffer au poteau. Margrave ne semblait  même pas s'être aperçu qu'il avait offensé le Sorcier de Manchester : il le fréquentait toujours et quand Emmett lui proposa un expert, cela passa comme une lettre à la poste. Tout était rôdé, il ne suffisait plus qu'à Tom d'entrer en scène.

Richard Lyon avait le physique qu'on attendait de Richard Lyon, expert en art sorcier (spécialisé dans la période XVIIe). A vrai dire, il n'était pas totalement inexact de dire qu'elle correspondait également à son nom – mais Tom savait par expérience qu'en général, les clichés marchaient bien. Aussi s'était-il concocté une dégaine artistique facile à faire disparaître si besoin était – et lorsqu'on montait une arnaque, Salazar savait que c'était presque toujours nécessaire. Crinière de cheveux blond cendré, ramenée en arrière pour vieillir un peu le visage, figure agrémentée elle même de quelques rides – le tout assuré, évidemment, par des artifices magiques divers. Lunettes d'acier étroites et barbe blonde de trois jours, issu d'un sort à l'effet saisissant, la dégaine qu'arborait Tom était à mi-chemin entre celle d'un universitaire et celle d'un commissaire priseur. La précision et le goût pour la culture devaient se dégager du personnage sans qu'il ait à ouvrir la bouche. Pour le reste, un accent distingué d'Edimbourg, d'où était censé venir ce bon vieux Ritchie, ferait l'affaire – le reste n'était qu'un souci de baratin agrémenté de connaissance historique et artistique.

Il soupira et jeta un dernier coup d'oeil au miroir. Parfois, Thomas regrettait sincèrement de ne pas être né métamorphomage, ce qui eut été un atout de taille pour ses arnaques. Oh, certes, il maitrisait fort bien le polynectar, mais ses intrigues et complots nécessitant un contact rapproché et continu, parfois sur de longues périodes, avec ses cibles, il ne pouvait guère en faire usage : il n'allait pas courir le risque de croiser la personne dont il prenait le visage. Bien entendu, à moindre de connaître Tom Sallybanks – et il ne s'attaquait jamais à des gens susceptibles de faire le rapprochement – il était impossible de le reconnaître. Mais tout de même, ça lui aurait bien simplifié la vie.

A vrai dire, ce qui lui aurait vraiment simplifié la vie, c'eut été de n'arnaquer personne. Mais s'il avait appliqué cela, il fallait bien reconnaître que sa vie eut été bien ennuyante. Cela le désolait de devoir avouer ça, mais sans ça, sa vie était un peu ennuyante...ce qui évidemment, était problématique par rapport à Anne.

Tom décida d'y penser plus tard. Il était arrivé devant la bicoque (ou l’hôtel particulier, à voir) de Mortimer Margrave, et il fallait qu'il se concentre. Le plan était simple, quoiqu'un peu long. Il fallait convaincre le vieux qu'il allait devoir expertiser les dessins pour les évaluer – parce que bien sûr, leur authenticité, au premier abord, serait incertaine – et donc les emmener avec lui. Il gageait que c'était d'authentiques œuvres du maître. Il garderait par devers lui ces originaux, et prétendraient qu'ils étaient faux, bien sûr. Il suffirait alors de prétendre qu'il pouvait tenter de retrouver les vrais, et redonner de nouveaux faux à Mortimer...en lui faisant payer le prix fort. Coup double. Il suffirait ensuite d'écouler les originaux, un à un.

Satisfait de son plan, Tom sonna d'un air décidé à la porte. Un domestique lui ouvrit. Oui, Monsieur Margrave allait le recevoir. Bien entendu, il était ravi de revoir Monsieur Lyon. Monsieur Margrave recevait actuellement une amie. Il leva les yeux au ciel : ce vieux fou s'était encore trouvé une nouvelle favorite. Ca n'arrangeait pas ses affaires, mais bon, il ferait avec.

Mais ce n'était pas une quelconque favorite. Non. C'était de la concurrence.

Aaliyah Zabini. Ex-Serpentard. Même tranche d'âge que lui. Une vieille connaissance. Une femme qui savait pertinnement de quoi il était capable à Poudlard et qui pouvait le reconnaître encore aujourd'hui. Autant de bonnes raisons de battre en retraite. Au lieu de quoi il avança dans la pièce, tout sourire.

« Oh, Richard, vous voilà, nous parlions justement de vous. Je voudrais vous présenter une amie, Aaliyah Zabini. Aaliyah, très chère, voici Richard Lyon, mon expert
.
- Enchanté, Madame. Je ne crois pas avoir déjà eu le plaisir de vous rencontrer. »


Mensonge proféré d'un ton imperturbable. Il connaissait la réputation d'Aaliyah Zabini. Il se doutait que ce qui l'intéressait était exactement ce qui l'intéressait aussi. Pour l'instant, ils avaient tout deux intérêt à ce que le vieux ne découvre pas leurs intentions : il prenait le risque, calculé, qu'elle ne parle pas, pour l'instant. Le temps de réfléchir. Il fallait qu'ils trouvent un terrain d'entente, c'était la seule solution, il ne voyait que ça. Restait à se débarasser du vieux pour négocier.

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WHO THE FUCK IS ROBIN HOOD ?



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MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Lun 3 Juil - 12:28

Avant qu’elle n’ait eu le temps de penser à un quelconque plan d’action, monsieur l’expert fit son entrée dans le petit salon. Quelle galère ! Aaliyah détestait les imprévus, même mineurs. Lorsqu’elle arrangeait un tête-à-tête de ce genre, c’était comme une partition millimétrée, prévue pour être jouée sans anicroches. Et ce Lyon était un grain de sable imprévu dans sa petite mécanique. Le risque majeur pour elle avec l’arrivée de l’expert était que la conversation lui échappe et que le vieux Morty s’aperçoive qu’elle n’était, ni aussi cultivée, ni aussi passionnée d’art qu’elle le faisait croire. Ou pire encore, qu’elle était loin d’être aussi vertueuse qu’elle le laissait penser. Et l’on n’était jamais à l’abri d’une gaffe, même pour quelqu’un d’aussi sournois et expérimenté que la veuve noire. Si cet expert de malheur faisait tomber à l’eau trois ans de travail au corps sur le vieux Margrave, Ali aurait sa tête et la porterait, réduite, autour du cou.

N’importe quel psychologue, même de seconde zone, aurait eu beaucoup à dire sur l’obsession de contrôle d’Aaliyah. Elle avait elle-même bâti toute sa vie, rien n’était vrai, à part les espèces sonnantes et trébuchantes de son compte en banque. Ses goûts étaient factices, ses opinions étaient factices, ses sentiments étaient factices, même ses seins étaient factices. Elle vivait avec l’angoisse permanente que l’on découvre qu’elle n’était pas ce qu’elle prétendait être. Et surtout que tous ces mensonges qu’elle avait échafaudé finissent par s’écrouler, et que la jolie petite vie qu’elle s’était construite lui file entre les doigts.  Si cela devait se produire, elle savait déjà qu’elle irait jusqu’au bout, mais elle comptait bien que ce jour funeste n’arriva pas avant très longtemps. Et pour assurer la pérennité de son œuvre, elle devait tout contrôler, tout le temps, même les plus infimes détails.

Aaliyah n’eût que très peu de temps pour décider de la conduite à adopter, et comme elle n’avait aucune idée de qui pouvait bien être cet expert, elle opta pour le silence ingénu et le sourire naïf. Le risque était trop grand pour se lancer dans un bavardage plein d’esprit, qu’elle n’avait pas. De toute manière, vieux Mortimer était tellement plein de lui-même qu’il ne pourrait s’empêcher de parader en étalant toutes ses collections et toutes ses connaissances. Il serait bien trop occupé à se donner en spectacle pour remarquer le silence de son invitée. Et si Lyon était comme le reste de sa profession, tous ces types adoraient s’écouter parler, persuadés que ce qu’ils déblatéraient sur ces vieilles croûtes captivait la terre entière. Ali n’aurait qu’à hocher de la tête et sourire gentiment. Elle ferait une fort jolie tapisserie.

Elle serra la main de l’expert.

« De même monsieur Lyon, je suis très honorée de faire votre connaissance. »

Et même si ce dernier affirmait ne l’avoir jamais rencontrée, cet homme lui semblait familier. Quelque chose lui faisait penser qu’elle l’avait déjà croisé. Ce n’était peut-être que de la paranoïa, dans ce sale milieu ils sortaient tous du même moule. Alors peut-être que Lyon lui semblait familier tout simplement parce qu’il parlait et agissait comme le dernier expert en art qu’elle avait croisé. Pour l’instant elle se contenterai de sourire et d’être aimable, comme n’importe quelle grande dame, tout en gardant les yeux bien ouverts, elle avait toute confiance en son instinct.  

« Alors monsieur Lyon, parlez-nous de ces gravures, s’il-vous-plait… » demanda-t-elle avec une trépidation d’impatience, ma foi, fort bien imitée.

Avec ça, Margrave était lancé et paradait, bombardant le malheureux expert de questions, et récitant à tort et à travers tout ce qu’il savait sur la peinture flamande. Morty était un genre de jukebox, vous mettiez une pièce dans la machine et c’était parti pour une heure de discours rasoir à mourir. Mais pendant que le vieux loufoque mobilisait toute l’attention de l’expert, Aaliyah pouvait observer à sa guise, en se contentant d’émettre, de temps à autre, un murmure d’approbation.

Au fil de la conversation quelque chose frappa à son oreille, l’accent de l’expert, il était bidon. Aaliyah avait elle-même passé des années à corriger son horrible accent de Leeds, et était devenue très douée pour repérer ceux qui falsifiait le leur. Et bien que de très bonne facture, cet accent était forcé. Soit l’expert corrigeait comme elle un accent populaire en accent standard, soit il se tramait quelque chose de plus louche avec ce type. Il fallait qu’elle en ait le cœur net, et pour ça il faudrait faire sortir Margave.

Elle tenta le tout pour le tout. Les deux autres ne semblaient pas faire plus attention à elle qui si elle avait été un ficus, un bien beau ficus orné de pierres précieuses, soit dit en passant. D’un geste imperceptible elle sortit sa baguette, et à l’aide d’un sortilège informulé, fit s’écrouler une étagère dans la pièce voisine. Ceci provoqua la casse de la collection d’animaux en cristal, si chère au cœur du vieux Margrave. Des babioles sans intérêt pour Ali, qu’elle sacrifiait volontiers.

« Par Salazar, Morty, votre gentille petite ménagerie, que c’est dommage. »
*Va donc voire ailleurs si j’y suis, vieux loufoque*

Le coup avait réussi, Mortimer passa dans la pièce attenante, pleurnichant sur la perte de ses girafes et de ses zèbres en verre et assaisonnant d’injures la négligence des domestiques qui venait de ruiner son précieux petit zoo. Laissant un peu de temps à Aaliyah pour cuisiner Richard Lyon.

« Monsieur Lyon, j’ai l’impression de vous avoir déjà croisé, n’étiez-vous pas, l’été dernier, chez Rosamund Selwyn pour l’inauguration de son Diego Montoya ? »

Peut-être que l’expert se prendrait les pieds dans ce petit piège, ou peut-être pas. Mais il était sans risque pour Aaliyah. Son ex-belle-sœur possédait effectivement un Montoya, qui était passé aux mains d’Ali il y’avait des années. C’était un Diego Varga qu’elle avait inauguré, une confusion acceptable pour une amatrice comme elle, mais pas pour un expert.

Si cela ne fonctionnait pas, elle passerait à des méthodes plus musclées.


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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Mar 18 Juil - 12:31


Un plan parfait gâché par une vieille connaissance, quelle plaie. Tom détestait l'imprévu par intermittence. Si sa vie était en elle même une longue suite d'imprévus en tout genre et de leurs conséquences, ses plans, ses arnaques, étaient eux complètement millimétrés et réglés au cordeau. Voilà pourquoi songea-t-il dans un soupir, il n'acceptait jamais de commandes. Emmett avait beau être un mafieux important, il n'était pas spécialisé dans ce genre de trucs. Il ne maitrisait pas tous les paramètres, et ne pouvait donc pas tous les indiquer à Sally. Thomas préférait amplement suivre ses propres intuitions et ses propres méthodes. Il prenait plus de temps, étudiait plus en détail les choses : ses combines se montaient souvent sur six mois, voir un an, un mois, comme il avait fait ici, ça restait tout de même court. S'il s'était occupé de ça tout seul, sans être pressé par un mafieux qui voulait se venger d'une simple histoire d'achat d'oeuvres d'art, Tom était sûr qu'il aurait pu mieux évaluer la situation, et intégrer à son plan le paramètre Aaliyah Zabini. Cela dit, s'il avait su qu'elle serait là, celle-ci, peut-être qu'il n'aurait carrément pas accepté le plan et s'il avait été seul, il ne l'aurait sans doute pas monté.

Tom se méfiait de la concurrence pour deux raisons. D'abord, dans ce milieu, on était à jamais à l'abri d'un sort un peu fourbe, si les gens avaient mauvais caractère. Et en général, ils étaient plus enclins à régler leurs soucis par la violence que lui. Sallybanks ne répugnait pas à cogner quelques personnes si c'était nécessaire, c'était même son job pour son père, mais il préférait se faire discret. L'intelligence, ça suffisait, souvent. La seconde raison pour laquelle il évitait la concurrence, c'est que ça complexifiait tout de suite les choses. Il y avait le risque d'être reconnu, d'être dénoncé, si l'adversaire était un peu malin.

Or, il connaissait de réputation Aaliyah Zabini. Il n'était pas fan de la technique – tuer des gens, bon, c'était un peu radical : au fond, Thomas Sallybanks était un gentil, un genre d'Arsène Lupin ou de Robin des Bois à la mode sorcière : il n'assassinait personne et la moitié de ce qu'il volait devait revenir à des gens plus pauvres que lui. Mais il ne fallait pas nier que dans le style, la mère Zabini ne manquait pas de classe. Tom suivait toujours un peu les gens qui comptaient dans le même milieu que lui, avec attention : les rivaux potentiels, il les connaissaient. La veuve noire était dans un créneau un peu différent du sien, mais elle se débrouillait bien, et ses talents d'actrices étaient très bons. Oui, il ne pouvait pas s'empêcher d'être admiratif, même s'il se devait de trouver une solution. Une solution rapide, qui lui permette de se tirer de ce piège à loup sans y laisser la peau. Si possible, Tom ne crachait pas sur les dix mille galions, non plus.

Ca, c'était dangereux, mais il voulait bien tenter le coup. Pour l'instant, ça avait l'air des plus corrects, puisqu'elle ne semblait pas l'avoir reconnu – ou en tout cas, elle ne semblait pas vouloir hurler qu'il était un imposteur et qu'elle le connaissait de Poudlard. Tom savait bien que c'était une fuite en avant : à un moment où un autre, quelqu'un s'apercevait de la supercherie. Il le savait. Mais sa vie entière était une fuite en avant, s'il était honnête. Il comptait toujours sur sa chance insolente pour réussir à se sortir des emmerdes.

Mais là, tout de même, il allait falloir jouer serré. Heureusement, il pouvait déblatérer un peu sur la peinture flamande, ça occuperait les autre en lui laissant le temps de réfléchir :

« Très certainement, Madame. »
Il s'empara des dessins. « A vue d'oeil, le coup de fusain est caractéristique. Admirez le jeu de lumière, obtenu magiquement – il y a enchantement de brillance, ici, je pense, ou peut-être l'usage de la fameuse potion de verre-lumière, il faudra que je vois ça en détail... » En réalité, ayant bien étudié la peinture sorcière flamande, Tom pouvait affirmer qu'il s'agissait d'un enchantement de brillance. L'examen lui confirma par ailleurs qu'il s'agissait de véritables œuvres du maitre. C'était déjà ça de pris, mais comment se les approprier ? Il continua son bavardage infâme. « Évidemment, si nous nous trouvons dans le deuxième cas, cela peut-être problématique, puisque nous savons que la potion de verre-lumière est très souvent utilisée afin d'imiter le sortilège de brillance et les œuvres de la période... »

Ca avait suffit à lancer Margrave, qui s'était mis à délirer tout seul sur les peintures. Très bien, il n'en fallait pas plus à Tom. Le rôle de Richard Lyon était bien plus facile à tenir, même s'il maitrisait bien le personnage, s'il restait muet. C'était suffisant, et ça faisait très bien illusion. La conversation poursuivit son fil, lui se contentant de donner son assentiment lorsqu'il le fallait, histoire que le vieux Mortimer ait l'impression que son public restait attentif – ce qui n'était pas du tout le cas. Puis il y eut un grand bruit dans la pièce voisine. Verre brisé, analysa Tom, puis se corrigeant mentalement : cristal, de prix. Dommage, ça devait valoir assez cher. Mais cela éloignait Mortimer Margrave. Il reporta son regard sur Aaliyah Zabini : si elle avait fait ça, la manœuvre n'était pas du tout idiote. Et effectivement, ça avait l'air d'être ça. Quel était l'intérêt de poser ce genre de questions, sinon pour le piéger ?

« Ah, je ne crois pas, mon domaine se limite au XVIIe...peut-être confondez vous avec mon homologue Richard Brown ?  En tout cas, je n'ai pas le plaisir de connaître madame Selwyn. »
Ledit Richard Brown existait vraiment, et était bien spécialiste de la peinture sorcière hispanisante. « Mais j'avais cru entendre parler d'un Varga ? La mère et les dragons, ce me semble ? »

Tout était précis, millimétré, réglé : le comportement aimable et poli de l'expert, corrigeant sans en avoir l'air la grande dame se piquant de peinture et n'y connaissant rien. Tout était factice, aussi. Il allait devoir trouver une solution rapidement. Un faux pas, et c'était la fin. Retour à la sale case Azkaban. Il y vieillirait, conmpterait les années, enfermée dans une cellule sombre et humide, allant du mur au mur et inversement. Tom n'avait qu'une idée pour sortir de là : compter sur l'appât du gain de la veuve noire. Espérer s'allier pour ne pas se détruire. Il sourit, et reprit, toujours avec cet accent bien timbré d'Edimbourg :

« Je crois cependant que nous nous connaissons d'ailleurs. Poudlard, sans doute. Serpentard, peut-être ? » Il soupira, ôta les fines lunettes cerclées de fer, et reprit avec sa véritable voix, pleine d'accent cockney, un peu irlandaise sur les bords : « Je me suis toujours dit que je finirai par te croiser, je ne savais juste pas quand. Je vais donc t'épargner de chercher qui je suis plus longtemps, de toute façon tu avais déjà l'idée que Lyon était un imposteur. Qu'est-ce qui m'a trahi, par curiosité ? L'accent, je suppose, l'écossais est mon moins bon, non ?  »

Du temps où il connaissait Aaliyah Zabini, il était le Marteau sans Maitre. Tom Emerald, et pas Sallybanks, le fameux batteur de Serpentard, le maitre des paris du château. Une grande popularité. La dernière fois qu'ils s'étaient croisés, Aaliyah venait d'épouser Edward MacMillan et il était entré chez les Faucons d'Appleby.  Puis il avait atterri à Azkaban, et il doutait que la veuve noire se soit souciée de son sort.

« Ca remonte un peu, mais tu t'en es bien sortie. »
 Nouveau sourire. Il remit les lunettes de Lyon. « Ceci étant. Je suppose qu'on veut tous les deux la même chose, à savoir les dessins. A partir de là, je me doute que tu pourrais me dénoncer, mais crois moi, si je plonge, je t'entraine avec moi. En toute amitié, bien sûr, mais Azkaban est un mauvais endroit pour être seul. » Il y avait un peu de bluff, là dedans, mais Tom jouait bien sa partition. « Donc, il va falloir qu'on trouve une solution, toi et moi. Avant que le vieux finisse de tuer ses domestiques, à l'évidence, aussi. »

Passera, passera pas ? Les dés étaient jetés, trop tard pour reculer.

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Mer 19 Juil - 11:59

Aaliyah offrit son sourire le plus candide à l’expert lorsqu’il corrigea ses affirmations sur la peinture espagnole. L’animal, soit il était bon, soit il était vraiment ce qu’il prétendait être.  Un coup pour rien. Mais la veuve noir n’abandonnerait pas si facilement, il y avait quelque chose de louche à propose de cet expert, et elle entendait bien découvrir quoi. Elle répondit à Lyon d’une voix pleine d’excuse.

« Oh, pardonnez-moi, je mélange tout comme un vrai bécasse. Mais ne dites rien à Morty s’il-vous-plaît, il est tellement gentil, il est persuadé que la peinture n’a aucun secret pour moi. »

Il était difficile de savoir si ce « ne dites rien à Morty » était une supplication ou une menace. La nuance entre les deux n’était jamais très claire avec Aaliyah.

L’arnaque c’était presque de la danse, deux pas de côtés,  un pas en arrière, pirouette, et retour au temps. Le dernier mouvement d’Aaliyah était une manœuvre délicate, elle avait pour but de mettre son interlocuteur en confiance, en lui laissant croire que sa question précédente n’était pas un piège, et en l’assurant qu’il était bien plus intelligent qu’elle. Mais aussi de mesurer son degré d’intégrité, elle était curieuse de voir si il irait rapporter cette information au vieux Margrave. Pour Lya le risque était mineur, et elle pouvait se permettre de sacrifier une pièce de son jeu. Le pire qu’il pouvait lui arriver était que vieux Margrave, en découvrant cette information, décide de l’emmener courir les musées pour lui apprendre tout ce qu’il savait. L’idée ne la faisait pas franchement bondir de joie, mais elle était prête à prendre ce risque pour arriver à ses fins.

Et en parlant de Mortimer Margrave, il était toujours dans la pièce d’à côté, et toujours occupé à faire vivre un enfer à ses domestiques. Mais ça ne durerait pas éternellement, il n’était plus de toute première jeunesse et serait vraisemblablement fatigué d’hurler ainsi d’ici peu de temps. Ce qui laissait assez peu de temps à Aaliyah pour mettre en pleine lumière les supposés vices de l’expert.

La veuve noire affichait un air calme et composé, mais elle bouillait intérieurement. Elle était un reptile, elle aimait prendre son temps, évaluer les risques et bondir sur sa proie au bon moment. Elle n’aimait pas devoir improviser et avancer à l’aveugle. Et si elle ne trouvait pas une idée rapidement, il faudrait qu’elle trouve le moyen d’écourter cette entrevue, et revenir quand elle serait mieux armée pour faire face à l’expert.

Elle n’était pas loin de la crise de panique intérieure lorsque l’expert révéla sa véritable identité. Un escroc, elle le savait, son instinct ne la trompait jamais. Et pas n’importe lequel, Tom Sallybanks. Ils avaient été élèves à Serpentard ensemble, il y’a bien longtemps. La dernière fois qu’elle l’avait vu c’était avant son mariage avec McMillan. Il ne manquait pas de nerf celui-ci, sortir de prison pour venir marcher sur ses plates-bandes.

« Thomas Emerald, quelle charmante surprise. » Commenta-t-elle , toujours souriante.

Bien qu’en son for intérieur elle ne trouva nullement que cette surprise était agréable. Lya détestait les surprises. Et les réunions d’anciens élèves. Alors une réunion d’anciens, surprise, vous pensez bien. Aaliyah n’aimait pas son passé, et n’aimait pas le voir revenir. Encore que Tom n’était pas sur la liste de ceux qu’elle détestait le plus. Pour autant qu’elle s’en souvienne, il avait toujours été gentil avec elle, pas le genre à se moquer d’elle, de ses robes d’occasions et de sa famille tordue. Mais il n’était pas son ami, elle n’avait aucun ami.

«  Je suis très douée pour entendre les faux accents, affaire d’expérience. »

Tout chez Aaliyah indiquait que, oui, elle s’en était bien sortie depuis la dernière fois où ils s’étaient vu. Son accent populaire de Leeds échangé pour un accent standard du meilleur goût, ses robes de seconde main devenue robe de créateur, il ne restait plus rien de la petite orpheline qu’il avait connu à Poudlard.

« On fait ce qu’on peut pour s’en sortir, n’est-ce pas ? Et excuse-moi, mais si toi tu es un expert en art, je suis une femme vertueuse. »

Elle n’avait certes pas revu Tom depuis longtemps, mais ça ne l’empêchait pas d’en avoir entendu parler entre temps. Et aux dernières nouvelles, il était serveur chez son père depuis la fin de sa carrière sportive. Mais s’il était là aujourd’hui sous l’identité de Lyon, c’était qu’il n’avait pas retrouvé le droit chemin. Et de toute évidence il voulait lui aussi mettre la main sur les tableaux de Margrave. Inacceptable.  

« A Azkaban ? Parce que je rends visite à des personnes âgées ? Tu n’es pas sérieux. » Elle fit un pas pour se rapprocher de lui « Et, en tout amitié également, je n’aime pas ce genre menace. »

Aaliyah n’était pas une petite fille que l’on pouvait impressionner facilement. Elle n’avait jamais été inquiétée pour quoique ce soit, et ne comptait pas se retrouver en cellule prochainement. Et ce n’était pas elle qui était en train de se faire passer pour un expert en art, elle, elle était tout simplement Aaliyah Zabini venue rendre visite à son ami. Tom bluffait, en l’état il n’avait rien pour la faire plonger.

« Cette conversation me semble tout à fait inconvenante. Je pense qu’il est temps d’y mettre un terme. »

La veuve noire tourna les talons et alla rejoindre Mortimer Margrave dans la pièce voisine. Il s’égosillait à n’en plus finir et à ce rythme-là, on le retrouverait raide mort avant la fin de l’après-midi. Et comme elle n’était pas certaine d’être couchée sur son testament, elle aimait autant le garder en vie encore un peu. Elle revint près de Sally un quart d’heure plus tard, au bras du vieux gentleman.

« Morty, ménagez-vous, seigneur. Ce n’était qu’un accident. Vous avez l’air épuisé, pourquoi ne pas dire au revoir à Monsieur Lyon et monter vous allonger. »
« Mais, et l’expertise ? »
« Voyons, ces tableaux ne vont pas s’envoler ? Allez, montez, et je viendrai vous dire au revoir. »
« Merci Aaliyah, vous êtes toujours si gentille avec moi. »


Avant de quitter la pièce, l’ancienne Serpentard fit discrètement passer un mot à Tom, l’invitant à la rejoindre pour un rendez-vous dans un salon de thé du Chemin de Traverse où elle avait une table réservée. Elle n’avait aucunement l’intention de partager le butin, mais il avait piqué sa curiosité et elle était prête à discuter, pour voir.


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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Ven 21 Juil - 18:11

Avec honnêteté, Tom Sallybanks avait sérieusement envie de buter Emmett Vance. Vraiment. Aaliyah Zabini perturbait ses plans, certes, mais au fond, il n'avait rien contre elle, ce n'était pas vraiment sa faute s'il se retrouvait là, dans cette situation pourrie, à espérer que la personne en face de lui soit raisonnable. Heureusement, d'ailleurs, l'attrait du fric rendaient souvent les interlocuteurs à peu près enclin à la discussion. Seulement, le reste du temps, ça pouvait virer au n'importe quoi, et rapidement au danger. Là, justement, il ne savait pas. Et c'était la faute de Vance ! Car Aaliyah, elle, au fond, ce n'était qu'une concurrente, pas plus préparée que lui au fait de voir débarquer un autre gars sur le coup. Mais là, il était sérieusement sur la corde. Ca conduisait Tom à se remettre en question. Franchement, est-ce qu'il était rouillé ? Impossible d'avoir manqué un truc comme celui là. Il n'était peut-être plus au top de sa forme. Ca faisait presque un an qu'il n'avait pas monté de plan, et cette opération là, de commande, s'était faite vite. Peu importait. Il n'avait plus le choix, maintenant, que d'aller de l'avant. Tenter le coup et jouer au mieux, voilà ce qu'il fallait faire. Au pire, il avait un avocat. Ca irait. On pouvait dire ce qu'on voulait de Fenton, il était sans doute rabat-joie et bien pénible quand il le voulait, ce petit salaud de moralisateur, mais il se défendait bien face aux flics et à la justice. On pouvait rétorquer qu'on l'avait mis au ban du barreau et qu'il n'exerçait plus que pour Joe Emerald, son père, et Tom, à l'occasion, mais au fond, Joseph n'avait jamais été condamné, jamais même inquiété, alors que la quasi-intégralité du pays savait qu'il fournissait en came et en putes la bonne société puriste. Pas de doute qu'il réussirait à le tirer de là s'il se trouvait dans un mauvais pas.

Heureusement, même si Aaliyah n'avait pas franchement l'air enchanté de le trouver là, ce qui d'ailleurs, était parfaitement réciproque (quoique sur un plan strictement professionnel) du côté de Tom, elle ne semblait pas, en tout cas dans l'immédiat, décidée à le balancer à Margrave. L'option de détaler en cognant un ou deux domestiques et de disparaître dans la nature, de préférence en changeant d'identité et en partant pour le Panama, s'éloignait donc. Ce qui franchement, arrangeait Tom, qui n'avait pas envie de mettre ce plan d'urgence à exécution sans pouvoir s'assurer que ça n'emmerderait personne à part lui même. Mais on ne badinait pas – même de façon sarcastique et un peu tendue – comme ils le faisaient actuellement quand on comptait mutuellement s'envoyer en prison. Même s'il bluffait, Sally était encore capable de trouver de quoi être assez emmerdant, même de derrière les barreaux. Bien sûr, ce serait bas, et de mauvaise foi, mais les basses vengeances, Tom Sallybanks n'en avait pas vraiment peur. Au contraire. Il avait la rancune tenace, si on l'emmerdait. Il eut un sourire affable et corrigea d'un ton aimable.

« Parce que tu fais les poches des vieux à qui tu rends visite, en fait. »
Il ajouta d'un ton toujours aussi poli : « Et je ne menace pas. Je suis méfiant, c'est assez différent. Ni toi ni moi ne sommes vraiment ce que nous prétendons être : ce genre de situation peut malheureusement amener à ce genre de problématiques. Même quand on fait ça avec ton talent, je dois bien le reconnaître. »

Il n'en fallait pas plus pour mettre un terme à la conversation. Il ne pouvait qu'approuver. Et se préparer, si nécessaire, à s'enfuir en courant. Mais ce ne fut pas le cas. Pour un instant, il suffisait de reprendre le personnage de Lyon, d'échanger deux ou trois badinages avec le vieux Margrave, qui s'obstinait à parler avec lui de ces foutus dessins dont Tom n'avait pour l'heure rien à faire. Cependant, il eut bien le mot de Aaliyah et finit par se libérer du vieux, ajoutant quelques formules de politesse pour bien finir le tout.

Il avait au moins deux heures pour quitter le personnage de Lyon et redevenir Sallybanks, ce qui lui allait parfaitement. C'était une sacrée mauvaise idée, et ce rôle, il n'avait que moyennement envie de le jouer longtemps. Il débarqua chez lui, à l'appartement qui lui servait de base arrière, du côté moldu, en trombe. Fenton était là pour la journée, étudiant les possibilités de revente des dessins.

« T'es là tôt, frangin, qu'est-ce qui se passe ?
- Il se passe que tu vas me trouver Emmett Vance, ou son représentant à Londres, quelqu'un à qui je puisses causer, il m'a fichu dans un sacré pétrin. » De quelques sorts, il fit disparaître la tignasse blonde, les rides. Ses tatouages réapparurent. « Lyon a quand même vraiment une sale gueule. Bon, je vais prendre ce jean et cette chemise. Je dois pouvoir sauver les meubles, mais je dois aller à un rendez-vous...
- Sauver les meubles ? T'as foutu quoi, Tom ?  Et est-ce que je dois me préparer à aller te représenter en garde à vue ?
- Non, mais prépare un ou deux antidotes, il va falloir que j'aille prendre le thé avec Aaliyah Zabini. Vance avait pas prévu que quelqu'un d'autre serait sur le coup. On va sauver nos miches, ce sera pas mal, on trouvera un moyen de récupérer du fric, mais pour l'instant, je dois voir comment ça se présente.
- Tom...
- Oui oui je sais, je ferai gaffe, je te raconte ! »


Il devina, plus qu'il ne vit, les yeux levés au ciel de Fenton. La situation n'était pas désespérée – tant qu'il faisait attention à ce qu'il buvait, mais a priori, tout de même, il était assez protégé de ça, sauf si Aaliyah envisageait un mariage et un veuvage express de plus. Il était à l'heure : une chose rare lorsqu'on connaissait Thomas Sallybanks et pénétra dans le salon de thé d'un pas nonchalant. Malgré sa chemise, force était de constater que comme toujours, il détonnait dans ce genre d'endroit chics. Qu'importait, Tom se fichait de l'avis des clients, de la bonne société, de tout le monde. Il était à l'aise en tout circonstances, le Sally, partout chez lui, partout à sa place. Il demanda Madame Zabini et on lui indiqua une table un peu en retrait. Il s'avança, sourit, tira une chaise :

« Un salon de thé, vraiment ? »  
Il regarda la carte. Tout valait une fortune et rien n'était alcoolisé. « Tu dois sacrément t'ennuyer, à passer tes journées là-dedans. »

Constat de pure forme, qui n’appelait pas vraiment d'approbation ou de contradiction, c'était plutôt son propre jugement qui s'exprimait là-dedans. Il hocha la tête avec un petit rire :

« Aaliyah Zabini, Merlin ! Si j'avais su que je te recroiserais... »
Il ajouta : « J'ai toujours un œil sur les gens qui occupent un créneau similaire au mien. D'une certaine façon, je t'admire assez. Sincèrement. C'est assez brillant, ce que tu as fait. »

A cause du parcours, sans doute. Tom avait connu ses moments de dèche, dans son enfance, même si sans doute ça n'avait rien de commun avec Aaliyah, mais sa famille était de sang mêlé, partie de rien, et comptait un auror universellement détesté par les mangemorts : il avait tout pour être détesté par tout le monde à Serpentard, mais il s'en était sorti par lui même. C'était ça qu'il admirait sans doute chez Aaliyah. Elle avait transcendé le cliché de l'intrigante, oui, mais elle s'était construite par elle même aussi, et ça, évidemment, ça lui parlait.

« Ceci dit. Je suppose qu'on n'est pas là pour évoquer le bon vieux temps, à supposer qu'il existe. On parle quoi ? Business, chantage, ou c'est la séquence confessions intimes où on explique nos motivations ? »



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MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Dim 23 Juil - 18:22

Aaliyah fit ses adieux à Mortimer, lui promettant de revenir très bientôt, et de terminer l’expertise des dessins. Elle n’était pas encore certaine de la conduite à adopter en ce qui concernait Richard Lyon a.k.a Tom Sallybanks. Alors tant qu’elle n’avait rien décidé, elle préférait jouer la prudence et faire comme si tout était parfaitement normal. Elle n’était pas assez idiote pour penser qu’elle avait encore toutes les cartes en main, elle devrait forcément en abattre une ou deux, mais elle pouvait encore remporter la partie. Elle avait juste besoin d’un peu de temps, pour voir le jeu de son adversaire, et décider d’un plan d’action. Malheureusement, elle ne disposait pas d’énormément de temps, elle devait retrouver Tom au salon de thé dans deux heures. La veuve noire aurait préféré avoir un peu plus que cela, pour peser le pour et le contre, et évaluer au mieux les différentes solutions qui s’offraient à elle. Mais il n’aurait pas été raisonnable de remettre à plus tard cette discussion avec Tom Sallybanks, il en savait beaucoup trop sur elle, et elle pas assez sur lui. Puis, de toute manière, la lutte ouverte n’était pas le genre de Lya, et elle avait moins à perdre à s’assoir autour d’une tasse de thé avec l’adversaire qu’à le dénoncer tout de suite. Au vu du court échange qu’ils avaient pu avoir, il semblait déterminé, mais elle l’était tout autant, et pas prête à se laisser dépouiller.

Puisqu’elle avait deux heures avant son rendez-vous, elle en profita pour passer chez elle et enfiler une tenue plus correcte. Elle n’avait pas besoin d’une débauche de pierreries et de soierie pour rencontrer Tom, ni d’un décolleté vertigineux. Elle opta pour un tailleur simple, noir, avec une chemise liberty et de fins bijoux en argent. Le salon de thé qu’elle avait choisi était un endroit banal, discret et de bon goût et elle ne voulait pas dépareiller le décor. Aaliyah était une femme qui avait horreur de la vulgarité, du mauvais goût et qui était toujours respectueuse des convenances. Si elle avait eu la chance de naître dans la bonne famille, elle aurait été une lady exemplaire. Mais le destin en avait décidé autrement, et si elle n’était une grande dame au sens le plus strict du terme, elle endossait le rôle qu’elle s’était créé au mieux. Assisse face à son miroir, elle tressait ses cheveux en décidant de l’attitude à adopter. Il faudrait qu’elle soit amicale, mais ferme. Elle ne savait pas exactement ce que Sally voulait au vieux Margrave, les Dermeer seulement, ou plus ? Dans tous les cas, il semblait préférer la discussion à l’affrontement, ce qui était une bonne chose. Et si finalement les négociations n’aboutissaient pas, elle aviserait. Les gêneurs la gênaient rarement pendant longtemps. Excepté ses sœurs, mais elles étaient des parasites particulièrement tenaces.

Aaliyah arriva au salon de thé, accompagnée de Jacob et Samuel, deux de ses hommes de confiance. Grands et baraqués, ils étaient quatre à se relayer à son service en permanence. Pas qu’elle eut réellement besoin d’une escorte partout où elle allait, mais leur simple présence suffisait généralement à décourager les enquiquineurs. L’on est toujours moins tenté de venir déranger une dame quand elle est accompagnée d’une montagne de muscle. En entrant, la veuve noire alla prendre place à sa table habituelle, discrète et retirée dans le fond, tandis que les deux hommes prirent place un peu plus loin, de façon à garder un œil discret sur la situation.

Thomas n’était pas encore là, en l’attendant elle commanda le thé et une assiette de gâteau. Ce n’était pas parce que le sujet était sordide que la conversation ne devait pas être cordiale. Et ce n’était pas parce que Tom était pour l’instant son rival qu’il fallait en oublier ses bonnes manières. La veuve noire lui adressa un sourire aimable lorsqu’il vint prendre place sur la chaise en face d’elle.

« Ce salon de thé est un endroit tout à fait convenable, et leur cake est excellent. » répondit-elle en versant une tasse de thé et en offrant une part de gâteau au jeune homme.

C’était réellement un endroit tout à fait convenable. Un salon de thé tout ce qu’il y’avait de plus anglais, avec des tasses en porcelaine, des napperons en dentelle et rideaux à fleur, une clientèle quasi exclusivement féminine et une moyenne d’âge proche des soixante ans. Le moins que l’on pouvait dire, c’était que Tom détonnait dans ce décor, pour autant, il semblait s’en préoccuper comme d’une guigne. Lya ne fit aucune remarque, au moins il avait fait l’effort de mettre une chemise, c’était plus qu’elle n’avait osé en espérer venant de lui. Ce n’était pas pour la qualité du cake aux fruits confits qu’elle avait choisi cet endroit, mais pour souci de discrétion. Les bars étaient le domaine réservé de la famille Emerald, et elle n’avait pas voulu laisser à Tom l’avantage de jouer sur son terrain. Ici, ils pourraient discuter, loin des oreilles indiscrètes.

Aaliyah bu une gorgée de thé, posa sa tasse et en même temps un regard plein de reproches sur Thomas.

« Tu seras ravi d’apprendre qu’à cause de ta conduite inconséquente de cet après-midi, je dois accompagner Mortimer pour un voyage à Baccarat, pour renouveler sa stupide petite ménagerie de cristal. »

Ce voyage promettait d’être assommant, et elle le tiendrait pour responsable de la situation.  S’il n’était pas venu fourrer son nez dans ses affaires, elle n’aurait pas eu besoin de dégommer les petites statuettes, et encore moins d’accompagner Margrave pour un périple au Portugal. Et selon l’attitude de Tom au cours de cette entrevue, il se pourrait bien qu’elle convia monsieur Lyon pour le voyage. Pas question qu’elle soit la seule à souffrir.

Elle accueilli avec surprise la remarque de Tom. C’était bien la première fois que quelqu’un éprouvait de l’admiration pour ce qu’elle avait fait, ou que l’on osait le lui dire, tout du moins. C’était toujours agréable de voir que quelqu’un savait apprécier vos efforts, aussi morbides soient-ils. Elle ne pouvait pas en dire autant de la trajectoire de Tom, lui avait été arrêté et condamné. Pour quoi déjà ? Coups & blessure, faux et usages de faux, escroquerie, rien de bien reluisant. Mais si elle l’avait retrouvé aujourd’hui chez Morti grimé en expert artistique, c’était qu’il avait trouvé comment rebondir après Azkaban. La veuve noire préféra ne pas aborder le sujet, les hostilités n’étaient pas encore ouvertes entre eux.  

« Que peut faire une belle jeune femme pauvre pour se sortir de sa condition ? A part un bon mariage. » Un sourire ironique apparu sur son visage « Ou sept. »

La dernière remarque de Tom lui fit hausser un sourcil circonspect.

« Seigneur. Et voilà que nous sommes sur le même créneau tout d’un coup. Bientôt tu vas m’apprendre que je suis une figure du milieu ? »

Son étonnement n’était qu’à moitié feint. Elle se doutait bien que son parcours avait dû attirer l’attention d’autre individus criminels. Mais elle n’en avait jamais eu d’écho réellement. Tom était le premier rival qu’elle croisait sur sa route. Il semblait bien renseigné en tout cas, et elle, curieuse de savoir ce que l’on racontait à son sujet. Aaliyah avait toujours agit seule, restait à déterminer si cela la rendait plus dangereuse ou si cela tournerait à son désavantage.

Elle approuve la proposition de Tom de laisser le passé là où il était, elle s’était démenée pour enterrer le sien, qu’il repose en paix.

« Je suis prête à discuter, mais je veux savoir avec qui. Je ne pense que ton père veuille les Dermeer pour décorer l’arrière salle du Emerald’s, n’est-ce-pas ? »

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Jeu 24 Aoû - 16:25

Ce genre d'endroits, Tom Sallybanks les fuyaient comme la peste. Il avait pourtant les moyens de s'offrir les meilleurs restaurants et les meilleurs salons de thés. S'il avait voulu, il aurait amplement les moyens de s'installer dans une vie légale de riche parvenu sang mêlé. Il avait l'argent pour, et assez travaillé et joué de personnages pour en avoir l'éducation et les manières. Bien sûr, ça aurait fait jaser au début, il y aurait des questions et des regards, mais ça aurait fini par passer. L'argent faisait fermer toutes les bouches, au bout d'un temps. Il avait même les moyens de le blanchir, et de s'inventer une fortune légale. Mais ça n'intéressait pas Tom. Mener cette vie respectable, s'installer dans la haute société comme son père ne le tentait pas. Il ne dépensait même pas spécialement son argent pour lui. Pourtant, il aurait pu rivaliser avec certaines fortunes sang pures assez importantes, sans doute s'il l'avait voulu – cette perspective l'amusait, d'ailleurs, quand on le prenait pour un simple serveur et qu'on lui parlait comme à un chien en continu. Qui aurait pu imaginer ce qu'il était vraiment ? Ils seraient tombés des nues, sans doute, s'ils l'avaient appris. Mais il les laissait dans leur ignorance. L'idée secrète, personnelle, qu'il était plus malin qu'eux, qu'il en savait aussi plus sur eux, les riches, les puissants, que beaucoup, qu'il connaissait la réalité médiocre de leurs existences, la vacuité de leurs vies, réjouissait assez Tom.

L'argent, le prestige, la grande vie ? Non. Il s'en foutait. Il faisait presque ça pour la beauté du geste. C'était peut-être les limites de sa vie : il ne savait, en vérité pas bien quoi faire de cette fortune accumulée. Il la réinvestissait dans les plans qu'il montait, ou la distribuait généreusement à des associations sous de fausses identités. En réalité, son seul intérêt, outre qu'il ne savait pas faire grand chose d'autre à part du quidditch et qu'il avait grillé sa carrière comme un con, là-dedans, c'était de rétablir une sorte de justice absente du monde sorcier. On ne pouvait pas faire confiance à l'état pour faire ça, il ignorait toujours la pauvreté, la cruauté, et se plaçait toujours du côté des gagnants et de ceux qui répandaient le malheur sur le monde. Donc, il fallait compter sur soi-même pour survivre à ce monde, et compter aussi sur soi pour rétablir un peu la justice. Ce côté Robin des Bois était marqué depuis toujours chez Tom. Malgré tout ce qu'il était et son compte en banque, il était toujours, avec constance, du côté des prolos, des gagnes-petits, du peuple.

C'était sans doute toute la différence entre lui et Aaliyah Zabini, qui vivait dans un autre monde que le sien. Un monde où des vieilles rombières prenaient le thés dans des tasses à anse d'or en médisant sur ces mendiants né-moldus qui polluait leur champ visuel lorsqu'elles faisaient un pas sur le chemin de traverse. Il n'aurait pas pu vivre ça en permanence. Les riches étaient chiants et cons, corrects – et correct, ça voulait dire hypocrite, menteurs, faux, et au final, horrible. Thomas ignorait si Aaliyah Zabini était horrible, mais il doutait qu'elle soit chiante et conne. Il haussa les épaules lorsqu'elle le reprit sur l'établissement où ils étaient :

« Correct et ennuyant, c'est souvent synonyme. Les gens ne perdraient pas leur temps à fréquenter les soirées casino du Emerald's s'ils s'amusaient ici. »

Sérieusement, tout le monde avait l'air mort, dans le coin. C'était peut-être du à la moyenne d'âge des clients, mais il avait connu des vieux plus vivaces que ces grand-mères, qui avaient l'air aussi en vie que des éponges. Type Mortimer Margrave, un peu sénile, ou totalement, certes, mais assez motivé pour au moins se déplacer et continuer de collecter des œuvres, ce qui arrangeait bien les affaires de gens comme Sallybanks et Zabini. Ou leur pourrir la vie. Il ajouta un sucre à son thé, observant mine de rien si la jeune femme buvait elle aussi. Ayant constaté cela, il se décida à en boire une gorgée. Il fallait admettre que le thé n'était pas mauvais. Au moins, s'il mourrait empoisonné, ça n'aurait pas été dégueulasse à avaler. Il lui adressa un sourire neutre :

« Portugal, hm ? Je suis sûre que tu trouveras à faire des affaires là-bas. A moins que Mortimer ne finisse dans une cuve de pâte de verre en fusion. Un accident est si vite arrivé. »


D'habitude, et c'était sans doute la principale différence entre Tom et Aaliyah, il ne tuait pas les gens, mais il fallait bien admettre que Margrave pouvait se révéler particulièrement pénible à supporter. A défaut de se mettre d'accord sur une solution leur permettant tout deux de récupérer une bénéfice intéressant de cette histoire, il fallait bien convenir de ça. Même si Tom désapprouvait totalement l'idée qu'il avait eu une conduite inconséquente. Il avait prévu tous les paramètres en fonction des informations qu'on lui donnait, qu'il avait trouvé, il n'était pas franchement responsable du grain de sable dans la machine qu'était Aaliyah Zabini. C'était une concurrence directe. C'était étrange, presque : Tom savait qu'il n'était pas le seul arnaqueur qui officiait en Angleterre, mais peu étaient aussi doués que lui, en toute objectivité – ou en tout cas peu avaient l'idée, imaginaient pouvoir s'en prendre à des cibles placées aussi haut dans la hiérarchie sociale, pour des montants aussi gros. Voilà pourquoi, forcément, les actions de la jeune femme forçaient le trait. Il s'autorisa un sourire :

« On ne parle pas exactement du milieu. On est encore dans autre chose. »
Il n'avait pas l'infrastructure, les hommes, ni la volonté de gérer un empire comme Joe. Pire, ça n'intéressait pas Tom. Trop lourd à gérer. Et pourquoi trafiquer de la came quand on pouvait simplement vendre des tableaux dont on devenait le légitime propriétaire à l'aide de documents en apparence totalement légaux ? Il fit mine de réfléchir, et ajouta. « Appelons nous des indépendants, plutôt.  Et il faut avouer que nous sommes assez...rares. »

C'était un autre domaine que la mafia. Il y avait des liens indubitables, mais la plupart du temps, ils cohabitaient simplement en s'ignorant : les activités de Tom ne parasitaient pas celles de Emerald et compagnie, pas plus que celles de Aaliyah, il le supposait. C'était pour cela qu'il pensait qu'ils pouvaient négocier. Toute cette histoire n'allait pas déclencher toutes une succession de réglements de comptes et de débauche de sang comme on avait pu en voir dans des films comme le Parrain. Même Joe ne faisait pas ça s'il le pouvait. Non, tout ça, c'était entre eux, entre personnes raisonnables. Il se mit à rire :

« Non, en effet, Joe n'est pas impliqué là-dedans. Mon boulot pour lui, jouer les petites frappes, les serveurs, n'est pas mon activité principale, ça, je suppose que tu l'as compris. Pour faire simple, et dans ce qu'il est nécessaire que tu saches, disons que je suis, comme je le disais, un indépendant. Qui n'en est pas à son coup d'essai. »


Si elle cherchait, elle trouverait. La disparition mystérieuse des tableaux du musée d'arts magiques contemporains. La ventes d'actions de la fausse compagnie Supreme, qui avait tellement ruiné de sang purs, deux ans auparavant. Des choses comme ça. Mais Tom était tellement abrité derrières des paravents, de fausses identités, qu'il en devenait intraçables. Personne n'imaginait qu'une seule et même personne étaient à l'origine de presque toutes les grandes arnaques de ces huit dernières années. On les passait sous silence en espérant qu'elles ne recommenceraient pas.

« D'habitude, je ne prends pas de commandes. Mais, j'ai fait une exception pour Emmett Vance, l'homologue de mon père pour le Nord de l'Angleterre. Si j'ai bien compris, il voulait les tableaux, et ce bon vieux Margrave les a raflé avant lui à une vente aux enchères. » Le ton était devenu professionnel, précis, calme. « Il se fout de ce que deviennent les tableaux, il veut juste qu'ils disparaissent, d'où mon accord avec lui. Je comptais les revendre à mon compte s'ils étaient vrais. Ils le sont – il suffit juste de faire croire au vieux qu'ils sont faux, ce qui n'est pas bien compliqué quand on est expert en art et qu'on s'appelle Richard Lyon. » Il se redressa et se pencha vers elle : « Maintenant que je t'ai dit ça, qu'est-ce que tu comptes faire ? Et qu'est-ce que tu lui voulais, toi, à Margrave ? Le reste de sa fortune, ça ne m'intéresse pas, si c'est ça que tu veux savoir. Quant aux Dermeer, eh bien, je suis sûr qu'entre personnes raisonnables, on pourrait trouver un terrain d'entente. »

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MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Ven 25 Aoû - 12:23

« On sous-estime les avantages et la longévité que peuvent apporter une vie correcte et ennuyeuse. »

C’était en tous cas la vie qu’elle avait choisi, et ne doutait pas que c’était ce choix qui lui avait permis de durer aussi longtemps. Aaliyah avait toujours essayé de mener une vie publique respectable, elle sortait pour étaler sa richesse et son bon goût aux événements officiels, s’arrangeait pour voir et être vue en compagnie de ce qui se faisait de mieux, elle ne faisait pas de vague et fuyait le scandale.  La dernière chose dont elle avait besoin, c’était d’attirer inutilement l’attention sur elle. C’était un jeu qui pouvait s’avérer épuisant, et qui nécessitait à tout moment un contrôle total et maniaque de sa vie sociale, mais c’était une manœuvre payante. Les années passaient et les veuvages troubles s’accumulaient, mais, précédée d’une réputation de respectabilité et de correction bien sous tous rapports, les rumeurs qui prétendaient qu’elle avait fait passer à l’as chacun de ses maris, n’avait jamais dépassé le stade de rumeurs. Cette comédie nécessaire faisait partie d’elle-même depuis si longtemps maintenant, elle s’était mariée pour la première fois il y’a vingt ans, qu’elle-même n’était plus totalement certaine que ce goût pour la discrétion et la respectabilité soit encore un acte, ou un véritable trait de sa personnalité. Après un quart-de-siècle passé à polir sa personnalité publique et à refouler son naturel, il n’y avait rien d’étonnant à ce que la frontière entre les deux devienne peu-à-peu poreuse et finalement complètement flou. Aaliyah traitait avec désinvolture les discours qui poussaient les gens à « être au même », on avait tellement plus à gagner à se construire de toute pièce une personnalité et à cacher tout au fond de son âme ce qu’on était réellement.

« Et contrairement à ce que prétendent de méchantes rumeurs, tu peux boire ce thé, je te garantis que tu n’en mourras pas. »

La politesse et la bien séance étaient un ensemble de règles complexes qui régissait la bonne société, et l’une de ses règle impliquait que l’on n’assassinait pas les gens dans les salons de thés pour grand-mères, c’était le comble de l’incorrection.

« Des indépendants, soit, et il n’y a pas un code d’honneur qui stipule qu’on ne doit pas marcher sur les plates-bandes d’une consœur ? C’est bien dommage. »

Le ton était léger et empruntait à la plaisanterie, mais mieux valait ne pas s’y fier. Aaliyah était effectivement une indépendante, et n’appréciait pas qu’on vienne se mêler de ses affaires. Cela faisait des années qu’elle allait déjeuner en tête à tête avec Margrave, évinçant une à une toutes les autres jeunes femmes que ce vieux coureur essayait d’épater avec ses croûtes. Et elle ne s’était pas assise durant d’interminables et assommantes heures  avec ce vieux crétin pour qu’on vienne le lui chouraver sous le nez. Pour l’instant elle retenait ses griffes, attendant de savoir dans quel but exactement Tom venait chez le vieux pour jouer les experts. Si vraiment il n’en avait qu’après les Dermeer, éventuellement, elle pourrait négocier et les laisser filer, bien que ça ne l’enchantait pas plus que ça. Pas qu’elle tenait absolument à afficher ses horreurs en clair obscure dans son salon, mais simplement pour le principe, c’était son vieux riche, elle était là avant. Sa mère avait essayé de lui inculquer les bienfaits de la charité et du partage, mais la vie avait démontré à Aaliyah qu’il était plus agréable encore d’avoir ce que les autres n’avaient pas, et de la garder pour soi uniquement.  L’égoïsme était un plaisir d’esthète.

« C’est charmant, et tout à fait fascinant. » commenta Lya par-dessus sa tasse de thé.

Ce n’était pas une bonne journée pour Aaliyah Zabini. Par une suite d’événements, plus ou moins indépendants de sa volonté, elle se retrouvait à boire le thé avec un criminel. Ça n’était pas une attaque personnelle contre Tom, simplement, les truands, les voleurs, les arnaqueurs étaient une compagnie qu’elle préférait éviter. Non seulement elle préférait, mais elle le devait, si elle voulait rester dans l’ombre et ne pas se faire remarquer pour autre chose que sa dernière robe de haute couture. Elle avait bâti sa fortune sur des choix extrêmement dangereux, et ne pouvait pas prendre le risque d’être associée à des gens au moins aussi malhonnêtes qu’elle. Et s’il fallait négocier les Dermeer de vieux Morty pour ça, elle était prête à faire ce sacrifice, ils n’avaient pas assez de valeur pour qu’elle se compromette pour eux.

La veuve noire écouta avec attention les explications de son invité. Cette affaire devenait de pire en pire à chaque minute qui passait. Voilà que maintenant c’était un patron de la pègre qui en avait après les tableaux de Margrave. Ce vieil imbécile commençait à lui rapporter plus d’ennuis que de bénéfices. Ça ne la mettait déjà pas en joie de devoir s’associer avec un indépendant, mais la dernière chose dont elle avait besoin c’était d’attirer l’attention d’un mafieux. Elle n’était pas assez idiote pour s’accrocher à ces peintures, si il y avait un risque de finir au fond de la Tamise, avec une paire d’escarpins en ciment au pied. Refuser net toute négociation pouvait s’avérer nuisible. Pour autant, elle n’allait pas avouer à Sallybanks que ça l’arrangeait de se débarrasser des tableaux. Elle ne pratiquait pas la pieuse bonté, personne ne pouvait se rappeler de la dernière fois qu’elle avait agis sans rien attendre en retour. Et reculer sans rien demander en retour, c’était céder l’avantage à son adversaire, ce n’était pas acceptable.

« Chez Mortimer je ne recherche rien d’autre que le plaisir de sa compagnie » commença-t-elle, toujours souriante. Ce qui n’était pas exactement vrai, mais pas totalement faux non plus, Margrave était riche et connaissait du beau monde, elle n’attendait rien de particulier de lui, c’était un genre d’assurance sociale qu’elle gardait sous le coude en cas de besoin. «  Et comme tu n’as jamais été un salaud complet avec moi, pour le bon vieux temps, je veux bien négocier. Je ne tiens pas aux Dermeer, et si son expert lui affirme que ce sont des faux, je ne le contredirai pas. Mais en échange… » Elle pencha la tête d’un air dépité et claqua des doigts « Il va être très embêtant après ça, très ennuyeux pour moi qui n’aurait même plus de peintures flamandes pour me consoler. Tu ne sais pas à quel point il peut-être pénible quand il est contrarié, je vais supporter ses jérémiades pendant des mois. Le prix de mon silence sera modeste, parce que je t’aime bien, mais j’aurai besoin d’une compensation pour supporter tout ça. »

Elle but une gorgée de thé et fixa Ton de ses yeux verts.

« L’or ne m’intéresse pas. J’en ai. Mais je suis sûre que tu trouveras quelque chose susceptible de m’intéresser. »

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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Qu'est-ce Qui Fait Courir Les Scarlas ? [terminé] Ven 1 Sep - 11:35

Pas de scrupules. Aucun. Tom n'avait jamais été bon pour suivre les règles, il avait toujours considéré que s'il voulait quelque chose, il pouvait le prendre lui même. Il avait une certaine assurance, une certaine confiance en lui qui lui faisait dire qu'il ne serait jamais attrapé, mais pour cela, il fallait faire ce qu'il fallait. Toujours garder un œil ouvert, ne jamais s'endormir ou croire qu'il était en paix.

« L'honneur, c'est comme la dignité, c'est pour les gens qui n'ont jamais eu faim, ou peur, ou quoi que ce soit du même style, tu sais. »


Le ton était badin, c'était dit presque sur le ton de l'humour, mais il y avait quelque chose de féroce, à dire vrai, dans les quelques mots que Tom Sallybanks venait de prononcer. Le monde dans lequel il gravitait, et dans lequel Aaliyah gravitait elle aussi qu'elle le veuille ou non, malgré son apparente respectabilité – et elle était aussi respectable que lui était un serveur honnête dans un bar réputé pour son civisme et son calme – était impitoyable. On n'y survivait pas en s'y faisant des alliés, on mourrait à cause d'alliances mal faites. Au mieux, Tom le savait, ils s'ignoraient comme les grands fauves s'ignoraient, afin d'éviter un bain de sang, d'une sorte d'accord commun et tacite. Pour le reste, c'était chacun pour soi et Merlin pour tous, et ceux qui avaient le malheur de tomber étaient bouffés par les charognards.

Au delà de ça, le monde en lui même n'était pas facile et les scrupules n'avaient jamais arrêté Thomas. Il n'était pas serpentard pour rien, mais il estimait que c'était logique. Il voulait survivre, et effectivement, il n'avait aucun honneur. Et par survivre, il entendait ne pas retourner à Azkaban, ne pas se faire prendre, mais plus encore, ne jamais retomber dans la déchéance qu'il avait connu lorsqu'il était né et que Joe n'avait pas tant de moyens que ça, ou quand on l'emmerdait parce qu'il était le fils d'un auror. Il n'était pas proche d'Aaliyah Zabini mais Sally savait bien que là dessus, ils se comprenaient. Il savait peu de choses d'elle, mais qu'elle aussi ait connu la dèche, la vraie, pire que la sienne, ça, il en était certain.

Même s'ils n'avaient pas la même vision des choses, ils pouvaient négocier. C'était rare, et c'était précisement parce qu'ils se comprenaient au moins sur ce point qu'ils pouvaient à peu près le faire. Pour le reste, effectivement, Tom emmerdait la respectabilité, il voulait simplement qu'on ne s'intéresse pas à lui, parce que ça n'arrangeait pas ses affaires. Les petits trafics, le fait d'être un homme de main pour Joe, ça n'intéressait personne, mais les arnaques à grande échelle, ça oui. Ca avait déjà failli lui couter cher – hello agent Lewis, alias Juliet Birch – et il ne voulait pas que ça arrive encore.

Ils pouvaient se faire du mal, l'un à l'autre, et concrètement, c'était parce qu'ils étaient sur ce pied d'égalité qu'ils devaient, qu'ils le veuillent ou non, d'ailleurs, négocier. Elle pouvait sacrément lui pourrir la vie en révélant ce qu'il faisait vraiment, et Tom pouvait, il en était sûr, faire en sorte que Vance et sa clique mafieuse se trouve une nouvelle victime. Donc, négociation, pas le choix.

Mais négocier quoi, ça, ça restait à voir. Il ne pouvait pas partir sans les tableaux : même si Emmett Vance se foutait de ce qu'ils devenaient puisqu'il voulait juste qu'ils disparaissent, Tom n'était pas décidé à lâcher une rémunération aussi lucrative, surtout si près du but, alors que tout ça avait tout pour être un plan facile. Mais pour le reste, comme ça ne l'intéressait pas, il était à peu près sûr de pouvoir trouver un terrain d'entente. Il sourit aimablement à Aaliyah :

« Nous sommes entre personnes raisonnables, nous trouverons forcément de quoi réparer ce dommage, notre cher ami Lyon sera forcément reconnaissant. »


Restait à voir sur quoi ils négociaient : l'argent, c'était facile à trouver, mais si elle n'en voulait pas, ça devenait tout de suite plus compliqué. On ne concluait pas une affaire criminelle en offrant des broutilles et des breloques, Tom le savait. Il ne pourrait pas ne pas céder du terrain sans se mouiller un peu, malheureusement, et il allait falloir jouer finement.

« Disons que si j'avais, dans la mesure de mes modestes moyens, et des informations, qui parfois, me parviennent, l'occasion de t'aider, je le ferais. Je crois aussi avoir une certaine influence sur mon père. Et nous savons tous les deux que Joseph Emerald est quelqu'un qu'il vaut mieux avoir comme allié que contre soi. Je sais qu'il serait disposé à t'aider en cas de besoin. Après tout, nous nous connaissons depuis longtemps, disons que tout ça est en souvenir du bon vieux temps. »


Il ne pouvait pas faire mieux : offrir plus, c'était se faire entièrement bouffer. Et en fait, globalement, Tom ne pouvait pas offrir plus, sauf à lui donner de l'argent, dont Aaliyah ne voulait pas. Il sourit d'un air aimable :

« Alors, on a un accord, ou je dois rajouter un ou deux corgis et un nécessaire à tricot pour aller avec l'ambiance générale ? »

Maintenant, si c'était conclu, ce qu'il voulait, c'était partir. Sally n'aimait pas les histoires qui s'éternisaient, parce que plus elles duraient plus il y avait de chances pour qu'elles tournent mal pour lui.

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