POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Pactiser avec le diable || Chapman

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Evan F. Rosier


MessageSujet: Pactiser avec le diable || Chapman Dim 6 Nov - 1:57

Cela faisait maintenant un moment que le repas chez Chapman avait eu lieu. Evan n'avait pas trop eu l'occasion de voir Alice depuis. Ils s'étaient bien croisé lors de la soirée au Sabot de Bachus, mais pas suffisamment longtemps au goût du jeune Serpentard. Elle devait sûrement lui en vouloir encore... Il fallait dire qu'il n'avait pas vraiment tenté de faire profil bas pour le coup. En prenant la défense d'Adrian, il avait même fait tout l'inverse. Mais bon, il ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Bien au contraire car, en plus de montrer une fois de plus à Chap qu'il n'avait pas d'emprise sur lui, il avait pu découvrir un cousin avec qui il pensait ne jamais s'entendre, alors que c'était bien tout le contraire. Adrian avait plusieurs années de plus que lui, mais ils avaient la même façon de voir leur famille, et rien que pour ça, leur relation était plus que positive. Ils avaient bien parlé lorsqu'il était allé le voir, juste après le repas. Et il fallait dire que c'était agréable d'avoir quelqu'un qui était d'éccord avec vous pour traîter une autre personne de "gros connard", puisque c'était en gros ce qu'ils avaient fait en critiquant en long, en large et en travers la façon qu'avait Chap de gérer la famille, et Chap lui même au passage. Ce n'était aps avec Alice qu'il pouvait faire ça. La jeune femme était bien trop proche du vieux, Evan ne cessait de le répéter. Enfin bon. Cela ne servait à rien de repenser sans cesse à cela.

Poussant un long soupir, Evan recula de quelques pas et se passa une main dans les cheveux. C'était l'après-midi et le jeune Serpentard se trouvait dans une des pièces de son Manoir. Elle était plutôt grande, très illuminée, avec des fenêtres partout, et, partout au sol, il y avait des tapis. Au fond de la pièce, il y avait une armoire, et, dedans, des épées. Pas de vraies épées. Non, celle-là, elles étaient dans le bureau du père d'Evan. Une collection magnifique, soi dit en passant. Non, les épées présentes dans l'armoires étaient des épées réservées à l'escrime. Et, d'ailleur, Evan en avait une à la main. Le jeune homme venait tout juste de terminer ses enchaînements. Il était descendu ici une heure plus tôt environ, et il n'avait même pas pris la peine d'enfiler la tenue appropriée. Il était en chemise, les manches retroussées jusqu'au coude, et en pantalon. Juste une flemme monumentale de se changer pour seulement une heure d'entraînement. De plus, il était descendu là principalement pour se changer les idées. Toute cette histoire, même s'il ne voulait pas l'avouer, lui trottait pas mal dans la tête. Il ne savait pas vraiment ce qu'il y avait, mais il sentait que quelque chose clochait dans tout ça. De plus, Chap avait clairement laissé entendre que la question de mariage viendrait sur le tapis. Tôt ou tard, Evan savait qu'il y serait confronté. Et, sans trop savoir pourquoi, il sentait qu'une certaine blonde serait mêlée à tout ça. Par Merlin, Morgane et tous les plus grands sorciers, s'il entendait parler de mariage avec Cassidy Faulkner-Nott, il ne répondait plus de rien ! Il en avait assez de cette fille !

Soudain, alors qu'Evan était en train de ranger son équipement, avec un soin et une concentration qu'on voyait peu chez lui, les portes de la salle s'ouvrirent. Le jeune homme releva à peine la tête pour lancer un regard à son père, puis se reconcentra sur son matériel.Il n'avait pas tellement envie de discuter avec son paternel. Depuis le repas, ce dernier s'obstinait à vouloir le "ramener à la raison". A croire qu'il voulait qu'il fasse comme lui. Evan n'était pas décidé à jouer à l'autruche, lui. Alors les conversations étaient souvent houleuses. Et le jeune homme voyait déjà que celle-ci ne serait pas différentes.

- Evan ?
- Oui ? répondit poliment le jeune homme, sans pour autant regarder son père.
- J'ai reçu ça pour toi.

Par pur esprit de rebellion, Evan eut envie un instant de ne même pas regarder ce que lui tendait son père, et de simplement lui dire de repasser plus tard. Mais finalement, la raison l'emporta et Evan abaissa son épée avec un petit sifflement avant de baisser son regard sur ce que lui tendait son paternel. C'était une lettre. Et elle portait la marque des Rosiers.

Evan se sentit soudainement pris au piège. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait comme s'il venait de se faire avoir. Cette lettre, nul doute qu'elle venait de Chapman. Il ne voyait pas qui d'autre aurait utilisé la marque des Rosiers pour lui envoyer un courrier. Aussi le jeune homme mit un long moment à se saisir de l'enveloppe. Une fois qu'il l'eut dans les mains, il lança un regard à son père. Il s'attendait à ce que ce dernier s'en aille, le laisse lire sa lettre seul, mais Donovan ne bougea pas d'un pouce. Cela ne fit que renforcer le malaise de son fils. Posant délicatement son épée contre le mur qui lui faisait face, Evan ouvrit donc sa lettre, la déplia et la lut.

Une convocation. C'était le seul mot qui venait à l'esprit d'Evan après lecture de la lettre. Ce n'était pas un rendez-vous, pas une invitation, mais il avait bien pour ordre de se rendre chez le vieux. Oui, il en avait carrément l'ordre. Ce n'était pas dit clairement, mais c'était bien présent. Personne n'aurait pu s'y tromper. Même Evan qui se plaisait à ignorer ce genre de chose ne pouvait pas faire comme s'il n'avait rien vu. Chapman le convoquait bel et bien à venir le voir. Pourquoi ? Il y avait une multitude de raisons plausibles. Lui faire la morale, le menacer de le déshériter également, lui reprocher son intervention, bref... Chapman ne manquait pas de motif pour ordonner la présence de son petit fils.

- Qu'est-ce qu'il te demande ? intervint soudain Donova, qui était, jusque-là, resté silencieux.

Evan soupira, plongea la lettre dans la poche arrière de son pantalon, attrapa son épée et partit la ranger. Son père le suivit.

- Evan ! Répond !

Le jeune homme fronça les sourcils. Bon sang, il ne parvenait pas à réfléchir calmement. Comme s'il avait besoin que son père s'en mêle ! Il voyait déjà ce qu'il pourrait lui dire ! "Vas-y, et, surtout, ne fait pas l'idiot", "ne tente pas de faire l'idiot". L'idiot, l'idiot, l'idiot. Voilà tout ce que son père ne cessait de lui répéter. Non, il ne faisait pas l'idiot. Il refusait juste de laisser ce vieil ermite aigrit lui dicter sa vie. Il refusait de jouer à l'autruche, comme son père le faisait si bien. Aussi ne se retourna-t-il pas, rangeant calmement son épée. Une fois fait, il fit face à son père, les mains dans les poches, les sourcils froncés.

- Il me demande de venir au Manoir. Non, rectification : il m'ordonne de venir le voir au Manoir. Je sais exactement ce que tu vas dire, siffla-t-il lorsque son père ouvrit la bouche pour parler. Pas la peine de gaspiller ta salive.

Il se dirigea ensuite vers la sortie de la salle. Normalement, son père aurait dû en rester là. Il n'avait jamais vraiment imposé un truc à son fils. Il n'avait pas l'autorité pour ça. Mais aujourd'hui n'était apparemment pas un jour comme les autres pour son père.

- Evan !

Donovan attrappa son fils par le bras et le retint. Surpris et contrarié, Evan fronça davantage les sourcils.

- Tu vas y aller.
- Pardon ? demanda Evan en se dégageant. Si je ne souhaite pas me rendre là-bas, tu ne vas pas m'y forcer.
- Evan, je ne plaisante pas, coupa Donovan, prenant soudain un ton qu'Evan ne lui avait jamais entendu. Tu y vas. Et ce n'est pas discutable. Tu t'es déjà fais suffisamment remarqué comme ça. Je ne tiens pas à ce que mon père puisse encore avoir quelque chose à te reprocher.

Evan recula d'un pas, légèrement sonné. Alors c'était comme ça. On ne lui laissait même plus le choix. Soudain, une vague de colère s'abattit sur le Serpentard. Affichant une expression dure, le jeune homme pinça les lèvres et foudroya son père du regard. Il n'avait décidément jamais pu compter sur lui. Alors que sa mère tentait de le soutenir, lui, il... Il le poussait à sacrifier sa vie. Il le poussait à se plier à tous les ordres de Chapman ! Il n'avait donc pas d'honneur ?! Il secoua la tête de droite à gauche.

- J'irai, siffla-t-il alors. Mais dis-toi bien que le vieux aura toujours quelque chose à reprocher, à tout le monde. Même à toi. Tu crois qu'il est parti pour quoi Adrian ?
- Evan ! Tu...
- Lâche-moi !

Irrité au plus haut point, Evan sortit de la salle en claquant la porte et monta dans sa vitesse en quelques secondes. Il croisa sa mère dans le couloir, mais il n'eut même pas la volonté de lui lance run regard. Il claqua une nouvelle fois la porte lorsqu'il fut dans son espace privé et s'avança alors jusqu'a son armoire, où il donna un grand coup. Le battant s'ouvrit sous la force de l'impact. Il prit ensuite une profonde inspiration et ferma les yeux quelques instants. Alors comme ça, il devait y aller. Très bien. Evan rouvrit les yeux et ouvrit violemment les portes du meuble. Ah il voulait le voir ? Très bien. Il n'allait pas être déçu du voyage ! Evan ne comptait pas se laisser faire. Il allait être seul avec le vieux, il en était certain. Il allait en profiter pour bien lui dire très clairement qu'il ne voulait rien de lui, qu'il ne le laisserait pas dicter sa vie et, au passage, il lui dirait aussi qu'il ne le laisserait pas dicter celle des autres.

Ressortant quelques minutes plus tard, impeccablement habillé, Evan descendit jusque dans le salon, prit alors une poignée de poudre de cheminette et la jeta dans l'âtre. Les flammes devinrent vertes en quelques secondes. Evan pénétra dans le feu et prononça distinctement l'adresse où il se rendait.

Quelques instants plus tard, il se retrouvait dans le salon du Manoir Rosier. Les dents serrées, les muscles tendus, les sourcils légèrement froncés, Evan était toujours irrité. Et il savait que cela n'allait pas s'arranger. Tant mieux. Il allait avoir une ressource d'énergie inépuisable pour faire face au vieux. Depuis le temps qu'il attendait de pouvoir lui balancer ses quatre vérités ! Il allait les entendre !

- Vous vouliez me voir, dit-il simplement lorsqu'il vit enfin Chapman.

Que la fête commence...
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Chapman Rosier


MessageSujet: Re: Pactiser avec le diable || Chapman Mar 20 Juin - 15:38

A tout problème, il fallait trouver une solution. La plus efficace et la plus rationnelle possible. On pouvait lui reprocher beaucoup de choses, mais pas l'absolue constance et l'absolue clarté de sa pensée. Il n'était jamais hypocrite, disait toujours ce qu'il voulait et pensait. Sans jamais dévier de sa ligne. Monstre d'obstination, il semblait impossible de le détourner d'une idée s'il en avait une, si bien que les gens cédaient souvent par lassitude face à cet homme si têtu, si incapable du moindre compromis.

Chapman Rosier ne s’embarrassait pas de tergiversation et d'avis extérieurs. S'il était capable d'écouter ses collaborateurs sur des sujets techniques dans le domaine de la justice magique, en ce qui concernait sa famille, ses affaires privées, ses enfants et petits-enfants, il avait toujours décidé seul. L'avis des personnes concernées ? Diable, Evan, son fils, était capable de prendre des décisions seul, et vers la fin de la vie de ce dernier, ce n'était plus que Chapman lui demandait son avis, c'était presque que Evan était le chef de famille et que lui-même ne dirigeait plus grand chose. Il était prêt à passer le flambeau à son fils, mais son fils était mort, et Adrian était trop jeune pour pouvoir agir. Alors il avait repris ce rôle là.

Donovan ? Il écoutait Donovan, oui, mais pas pour tout. Pas assez de poigne, le cadet, bien intentionné mais un peu inutile, le parent pauvre d'Evan, la loyauté et la fidélité sans la capacité, ni la volonté de réussir. Sans talent. Chapman n'avait pas admiré grand-monde. Sa femme, sans doute, indubitablement, et son fils aîné, assurément. Tous deux meilleurs que lui. Evan aurait fait de grandes choses, mais il avait fallu que Fol Oeil le tue. Et maintenant, il ne restait que des gamins à éduquer, dont aucun ne voulait de cette famille. C'était pourtant le seul héritage qu'ils avaient en commun, la seule chose qui les réunissaient.

Les Rosier avaient près de mille ans, leur nom était aussi vieux, et la pensée qu'il disparaisse était inconcevable pour le vieux patriarche. Il fallait quelqu'un avec assez de force de caractère pour lui succéder, quelqu'un qui serait capable de porter cette fichue famille à bout de bras. Adrian avait ce potentiel là, mais il passait sa vie à le gâcher, malgré tout ce que son grand-père lui avait appris. Alice ? Il eut un reniflement peu convaincu, observant d'un air maussade la pluie battante qui martelait les fenêtres de son bureau. Oui, Alice le pouvait, mais Alice était jeune, trop jeune, à peine celui d'Adrian lorsque son père était mort, et il ne pouvait pas croire qu'à cet âge elle était assez mature pour cela. Adrian ne l'était pas non plus à cette période là, il lui avait fallu du temps pour un peu ressembler à l'idée qu'il avait d'un héritier. Alors oui, peut-être Alice. Mais ce n'était pas sa candidate préférée, clairement pas. Morgan ? Non. Pas lui. Le second fils d'Evan avait tout du chien fidèle, loyal et calme et constant, mais clairement pas le panache d'un chef de famille. Restait l'autre Evan,  avec son sale caractère.

La pluie battait toujours les carreaux. Il se fit servir un café par le majordome et fit allumer les lampes. Il n'y avait guère de bonne solution. Adrian aurait pu....si les choses s'étaient passées autrement. Il l'avait dit une fois à Kathryn. Ton fils serait merveilleux...s'il était différent. Mais Adrian n'était pas différent. Il avait fini par partir. Si c'était inévitable ? Ce n'était pas une question que Chapman Rosier se posait. C'était ainsi, son petit fils lui avait failli, et il fallait trouver une autre solution. Quand bien même c'était regrettable. Mais ce n'était pas sa faute, selon lui. Si Adrian avait bien la force de caractère de son père, la même capacité à raisonner, il s'encombrait d'un bagage inutile. L'empathie pour le monde extérieur, le défaitisme. Il se laissait embarquer par ses propres sentiments, ses peurs irationnelles. Sans même avoir conscience que c'était lui qui avait pu créer – ou du moins participer – ces facettes de la personnalité d'Adrian. Si seulement ce garçon n'avait pas eu ce don pour tout gâcher. Si seulement il avait compris. Enfin, s'ils avaient compris, tous. On ne pouvait pas reprocher à Chapman ne pas avoir été là pour ses petits enfants : il l'avait toujours été, il les avait accueilli, et élevés. Il n'avait absolument pas conscience que ça pouvait ne pas être suffisant.

L'affect n'intéressait pas Chapman Rosier, pas plus que les explications. Il était inutile, selon lui, de lancer des mots de reconnaissances et d'affection à tout va. Il était là, et c'était suffisant – cela aurait du être une preuve suffisante de sa loyauté absolue envers la famille. Et la condition sine qua none de la loyauté absolue, de tous les sacrifices qu'il exigeait d'eux au nom de la famille. Il n'y avait rien besoin d'expliquer. Pourquoi en aurait-il eu besoin ? Allait-il commencer à féliciter tout ce beau monde à chaque fois qu'ils réussissaient des choses normales, attendues d'eux ? Non, certainement pas. Il aurait aimé qu'ils comprennent ce qu'il avait compris lui. Qu'ils devaient tout à la famille, tout, leur allégeance, leur temps, leur expérience, leur vie, parce qu'elle leur avait tout donné. Que tout ce désir d'indépendance, de liberté, il fallait le porter ensemble, parce qu'ils étaient seuls, une élite, une minorité, contre le reste du monde, si médiocre et si bas. Car Chapman Rosier avait cet estime bizarre du monde qui l'entourait et surtout de sa famille : s'il les considérait peu, il jugeait également qu'ils valaient tous tout de même mieux que le reste du monde.  Mais ils s'acharnaient à le décevoir, ou plus exactement à gâcher leur potentiel.

Le cas Adrian, il ne voyait pas quoi y faire, et il fallait qu'il trouve une solution. A défaut de trouver la meilleure, il fallait que ce soit la moins pire. Alors qui ? Alice ? Evan ? Il réfléchit un instant, puis finit par trouver. Il avait une solution. Forcément. Un mince sourire, qui ne révélait aucune joie, passa sur ses lèvres. Il attrapa du papier à lettre, et d'une écriture vive et nerveuse, rédigea une brève missive qu'il cacheta et fit expédier par son majordome, Edgar.

Il n'avait pas de moyen – pas de moyen n'envisageant pas de remettre sa fierté en cause, alors qu'il ne se croyait pas en tort – de faire revenir Adrian. Restait donc Evan et Alice. Mais il ne voulait pas que ce soit Alice – ou du moins, elle constituait une solution de dernier recours. C'était une femme, ils voudraient la briser, elle ne transmettrait pas le nom, elle n'était pas un homme, non, impossible. Evan avait un sale caractère, mais il était ce qu'il y avait de mieux après Adrian, malgré leur relation détestable. Si seulement, tous, ils avaient mis cette liberté et ce caractère sans concession au service de la famille...

Il fallait que ce soit Evan, et il avait un plan pour l'obliger à cela, pour obliger cette force de caractère à servir ses ambitions : la réussite de la famille. Leur réussite. Parce qu'après tout, ce n'était pas lui contre eux, ou tout du moins, ça n'aurait pas du l'être. C'était eux contre le monde, et ce depuis le début.

Edgar fit entrer son petit-fils. Il eut droit à un regard haineux. Ah, après tout, n'était-ce pas de bonne guerre ? N'était-il pas le vieux fou qui vivait seul dans son manoir entouré de choses mortes ? L'illusion était parfaite ce jour là, à la lumière sombre des lampes, la pluie frappant la fenêtre derrière lui, les tableaux des morts semblant juger les vivants.

« En effet, mon garçon, je voulais te voir. Assieds toi. »
Il fit signe au majordome de rapporter du café une nouvelle fois. « Nous ne pouvons pas rester sans héritier. Adrian est out. Morgan n'a pas la carrure. Tel est le constat. » Il fixa son regard bleu dans celui de son petit-fils. « Il n'y a donc pas à tergiverser, mon garçon. C'est toi, ou c'est Alice. » Il écarta les mains dans un geste qui suspendait toute question, toute parole. « Maintenant, tu as le choix. Tu peux accepter. Ou tu peux décider d'assouvir tes petites ambitions personnelles. Mais si ce n'est pas toi, je la choisirais elle. »

Et elle accepterait, la petite. Sans hésiter, pour plaire à son grand-père, qui ne lui montrerait aucune reconnaissance. Elle souffrirait, bien sûr, sans le comprendre, pas plus que Chapman lui-même. Mais s'il ne comprenait en quoi être chef d'une famille comme les Rosier pouvait être une torture, Evan lui semblait ne trouver que des inconvénients majeurs à ce statut. Restait donc à voir à qu'il préférait infliger ce supplice. C'était une situation difficile, un piège, mais Chapman n'avait pas peur de tendre des pièges. Nécessité faisait parfois loi. Le même mince sourire, qui pouvait vouloir tout dire, fierté, reconnaissance, ironie, complaisance, moquerie, ou rien du tout,  passa sur son visage :

«  Je sais bien ce que tu veux dire, Evan. Que ce je fais est injuste. »
De nouveau ce sourire. « Tu n'es pas encore le plus fort, mon garçon, mais il faut avouer que tu ne manques pas d'un certain courage. Tu me détestes, je le sais. Pourtant je vais te dire une chose : il n'y a aucun de mes petit-enfants qui me ressemble plus que toi. C'est pour ça, je crois que ça pourrait être toi. » Il fixa sur lui un regard interrogateur. « Mais c'est toi qui choisit.  C'est toi.  »

Pourquoi lui ressemblait-il autant ? Oh, c'était simple. Adrian était un mélange savant de ses deux fils. La capacité à se battre de son père, la même capacité à rassembler, mais le côté conciliant de Donovan, avec la liberté de sa mère qui venait par dessus. Ce mélange plus harmonieux de ces diverses personnes en aurait fait un bon chef de famille s'il n'avait pas eu cette sale manie de fuir. Morgan était comme Donovan, chien fidèle, encore. Alice était comme sa mère, et oui, sans doute, un peu comme lui, ignorante de ces conventions sociales – à la différence près que Chapman les ignorait, lui volontairement. Mais Evan...oui, il était celui qui lui ressemblait le plus, parce qu'il y avait chez lui cette même incapacité à faire des compromis.

Et seul un roc pouvait succéder à un roc, si celui, meilleur que ce fichu bloc de pierre froide qu'il était, ne voulait pas revenir. Quand bien même celui était ingérable. Il fallait juste savoir qui il était prêt à vendre.

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Winter.
What are u doin' ? Tryin' to live ? Tryin' to fight ? × by lizzou.
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