POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Tout se paie un jour

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    | Apothicaire mal embouché
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MessageSujet: Tout se paie un jour Sam 10 Déc - 20:40

-Ouais, ouais, minute, grogna Betty en essayant d'éviter le chat qui ondulait entre ses chevilles en miaulant rauque.

Sept heures du matin : Jules César, l'affreux matou aux oreilles à moitié mangées qu'elle avait trouvé un soir sur son paillasson, réclamait sa pitance. L'animal était une véritable horloge sur pattes, qui rendait superflu l'usage de tout réveil. Il venait toujours à la même heure, précis comme un coucou suisse, réveiller sa maîtresse de sa voix d'outre-tombe. Ce chat avait toujours eu l'air d'un zombie, entre sa tronche de rescapé de guerre et ses miaulements éraillés. Frissonnante, Betty servit à son compagnon son habituel petit déjeuner de thon en boîte, avant de préparer le demi-litre de café qui lui tenait lieu, à elle, de premier repas de la journée. Avant ce fameux café – fort, noir, à peine sucré – elle ne valait rien. Une fois avalé le précieux breuvage, Betty, également connue sous ses initiales BHB, était le genre de femme à n'avoir peur de rien. Affronter un dragon, défier un collègue au bras de fer (et le battre), s'afficher avec une autre femme en plein Chemin de Traverse : rien ne semblait l'effrayer. Une vraie tête brûlée, en somme.

Jules César termina son assiette de thon, et vint sur la table en poussant un autre miaulement enroué. Leurs matins étaient bien rodés : sans même regarder ce qu'elle faisait, Betty, d'un geste de baguette, remplit de lait la soucoupe du chat, qui se mit à laper en ronronnant. La sorcière grattouillait le dos du félin, l'air absent, comme tous les matins. Lorsque Jules César sauta de la table et quitta la cuisine, lassé de toutes ces caresses, la jeune femme le suivit pour aller se préparer.

L'air froid du matin acheva de la réveiller et de lui donner sa bonne humeur habituelle. BHB était en effet appréciée de ses collègues, entre autres, pour son entrain. À Gringotts où elle officiait en tant que briseuse de sorts, elle s'attirait la sympathie de ses collègues par son goût pour les blagues et sa joie de vivre. Elle avait pourtant, elle aussi, ses problèmes, mais elle estimait que seul Jules César pouvait en entendre parler. Lui seul savait qu'elle souffrait souvent de sa solitude, et qu'elle commençait à désespérer de trouver un jour l'âme soeur. Au boulot, elle était la collègue dynamique, gaie, pétillante qu'on n'imaginait pas déprimer le soir avec une bière, un paquet de chips et son chat sur les genoux.

Dans la salle de repos réservée au personnel sorcier de la banque, la jeune femme retrouva ses collègues qui consultaient le planning. On était lundi et certaines équipes changeaient pour la semaine.

-T'es avec Juliet, cette semaine, l'informa Greg Jones, son équipier de la semaine passée.
-Ah, tu dois être content d'être débarrassé de moi, répliqua la jeune femme. Ils avaient passé la semaine à s'asticoter, comme deux gamins.
-Tu n'imagines pas. Ah, voilà la veinarde... ma pauvre Juliet, t'aurais mieux fait de pas te lever ce matin, affirma Greg en tapotant l'épaule de la jeune femme avec une pitié tellement surjouée que Betty le chassa en faisant mine de le frapper.

-Faut pas l'écouter, Ju, il est idiot. Quand on pense qu'il a été à Serdaigle, on voit bien que le Choixpeau est une vaste blague. Bref... Ça va, poulette ? Quoi de neuf ? Bon week-end ?

Tout en parlant, elle tapota la machine à café pour obtenir un gobelet d'expresso, et fit un clin d’œil à Juliet :

-Tu sais avec qui j'ai bu un coup, samedi ? Mes frangins, les jumeaux infernaux. Enfin, y en a surtout un qui est infernal... t'en sais quelque chose, je crois.
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Mar 13 Déc - 22:48

On a parfois des plaisirs coupables. Des choses simples dont personne ne vous soupçonne parce que personne ne vous imagine comme tel. Carrée, parfois un peu trop. Sérieuse et appliquée dans son travail, Juliet n'aimait rien tant que le désordre intense. Seule, dans ce qui lui semblait parfois être une immense maison, elle aimait le désordre qui y régnait. Ce n'était pourtant qu'une maisonnette pourvue d'une chambre et d'un petit bureau. Pourtant, maintenant qu'elle y vivait seule, elle lui paraissait parfois immense. L'avantage de la solitude, c'est qu'elle n'avait de compte à rendre à personne et dans son capharnaüm ambiant, un chat n'y aurait pas retrouvé ses jeunes. C'était ce qu'elle aimait, les livres étalés partout, les journaux non triés, le feu ronflant dans la cheminée lui rappelaient la chaleur confortable de la salle commune des Gryffondors avec ses vieux divans confortables étrennés par des générations d'étudiant. Souvent, il lui arrivait de lancer une partie d'échec en solitaire et de s'endormir dans son divan, emmitouflé dans une vieille couverture. Le lendemain, elle se réveillait en sursaut, presque honteuse de ne pas avoir dormi dans son lit, et déployait des trésors d'ingéniosité pour ne pas arriver en retard au travail en feignant d'être une de ces femmes qui se levaient tôt pour profiter de leur matinée.

C'était précisément ce qu'il lui était arrivé ce matin. Le réveil avait sonné trop tard ou n'avait pas sonné du tout, elle n'aurait pas su dire et elle s'était levée en catastrophe, tentant tant bien que mal de ne pas arriver en retard. Merlin soit béni pour le transplanage et la poudre de cheminette. Ça évitait bien des tracas. Elle arriva donc d'un pas tranquille chez Gringott, saluant les gobelins qu'elle connaissait et ses collègues. Aujourd'hui, ils changeaient d'équipe et elle était avec Betty. Elle remerciait sa bonne étoile rien que d'y penser. Elle avait passé sa semaine avec Martin Valière, un sorcier qui quoiqu'ayant de la famille en Angleterre, avait passé sa jeunesse et Paris et partageait avec les gens de la capitale tous les stéréotypes qui caractérisaient - selon les anglais - les mangeurs de grenouilles. Elle était profondément heureuse d'en être débarrassée, aussi accueillit-elle les remarques de Greg avec un rire.

- Ne te tracasse pas, j'ai connu pire, ce n'est rien que je ne peux pas gérer.

Il s'en fût rejoindre son binôme et Jule resta face à sa collègue. Elle aimait bien Betty, la soeur des terribles jumeaux Holmwood-Black. Un peu brute de décoffrage, elle cachait une bonne humeur solide et un sens de la camaraderie très développé. Elle tranchait avec la très calme Juliet, mais ça n'empêchait pas les deux femmes de bien s'entendre à Poudlard où Betty avait un peu pris sous son aile cette adolescente timorée qui ne demandait qu'à s'épanouir.

- Mon week-end ... Oh, tu connais la chanson. Rien de passionnant. Des amies ont bien essayé de me sortir de chez moi, mais c'était une espèce de blind date, pour me "remettre dans le bain", il paraît. La dernière fois que j'ai dit oui, je me suis retrouvée à passer la soirée avec un mangemort, je crois que c'est plus prudent de rester chez moi. Et toi ?

Les sympathies merlinistes de Juliet et son combat en tant que militante du MpM étaient un fais public. L'idée qu'elle ait pu passer une soirée en compagnie d'un mangemort, Adrian Rosier, alcoolique notoire et homme à femmes en plus du reste, pour finir par vomir sur ses chaussures en guise de conclusion avait de quoi faire hurler de rire les trois quarts de ses amis. Elle-même trouvait l'image cocasse, mais pas assez que pour s'infliger de nouveau une soirée pareille. En réalité, elle avait passé une partie de son week-end à effectuer une mission pour l'ODP. Rien de bien glamour, mais déjà nettement plus distrayant qu'un blind date raté d'avance.

- Oh, il m'en faut un aussi Betty, dit-elle en voyant sa compagne se servir ce liquide salvateur qu'était le café.

Une fois sa tasse en main, elle se permit de commenter :

- Comment veux-tu que j'oublie tes frères ? Entre Orion qui m'a mis un râteau et Al qui m'a subi pendant un an en potion sous les bons conseils de Rogue....

Ces deux souvenirs quoique vieux ne l'étaient pas encore assez à son goût. Par politesse, elle demanda :

- Ils vont bien ? Je n'ai pas dû les croiser depuis ma sortie de Poudlard.

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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Jeu 22 Déc - 20:49

Des années durant, les jumeaux avaient exaspéré Betty. Deux petits frères pour le prix d'un, aussi pénibles l'un que l'autre, toujours à chercher une ânerie à faire.. Elle avait passé son adolescence à essayer de ne pas les avoir dans les pattes. Pas question de faire du baby-sitting lorsqu'elle sortait sur le Chemin de Traverse avec ses potes. Elle estimait qu'elle en faisait déjà bien assez à la maison, lorsqu'elle devait superviser les devoirs des petits ou leur faire prendre leurs repas, elle pouvait bien avoir un peu de liberté, non ? Vega essayait régulièrement de les lui coller en consigne, mais elle avait rapidement développé une maîtrise aiguë de l'esquive. Et assez vite, les deux affreux étaient devenus assez grands pour se passer de chaperon... pour le plus grand soulagement de tout le monde, car les garçons n'étaient pas ravis d'être gardés par leur sœur aînée. Une période de relations distantes avait alors commencé, surtout avec Al que le Choixpeau avait séparé du reste de la fratrie. À Serpentard, Betty voyait parfois Orion, mais ils ne recherchaient pas la compagnie l'un de l'autre. Quant à Al... elle en entendait parler, puisque dès sa première année il s'était fait une spécialité des bagarres entre Serpentard et Gryffondor. Elle le voyait aussi se pavaner dans les couloirs, les veilles de matches – mais loin de l'agacer, ce comportement la faisait plutôt rire. Ça ne faisait pas de mal aux Serpentard de se faire secouer un peu.

À dix-sept ans, elle avait quitté la maison, et n'avait plus beaucoup vu ses gamins de frères pendant plusieurs années. Il avait fallu qu'eux-mêmes terminent leurs études, et se décident à grandir un peu, pour que le contact se renoue. À présent, les trois rejetons Holmwood-Black se voyaient régulièrement, et s'entendaient plutôt bien. Devenir adultes leur avait fait du bien, même si les jumeaux avaient toujours une tendance assez effarante à l'insouciance. Betty elle-même n'était pas une grande amie du sérieux, mais eux... c'en était fascinant, parfois. Comment pouvait-on avoir trente ans et continuer de se comporter comme à treize ? En un sens, ils étaient des sujets d'étude. Betty eut un sourire en formulant mentalement cette conclusion. Petits cons que vous êtes, je vous aime bien quand même.

-Un Mangemort ? s'exclama-t-elle en tendant à Juliet un gobelet de café bien chaud. Ma pauvre vieille, t'as vraiment la poisse. Perso, je préférerais me coller un pétard du docteur Flibuste où j'pense que de me faire caramboler par un de ces pourris-là.

Elle n'était pas la sœur des jumeaux pour rien. Même franc-parler, mêmes expressions volontairement imagées, mêmes réactions brutes de décoffrage. BHB n'était pas renommée pour sa capacité à arrondir les angles, ni pour sa pratique du beau langage. Tant pis pour ceux qui étaient choqués. Betty adorait choquer. Elle avait d'ailleurs touché sa cible : Miss Chesterton, une  secrétaire très vieille Angleterre, venait de lui jeter un regard outré tout en achevant de punaiser un avis au panneau d'affichage. Betty répondit par son plus gracieux sourire, et, distraite,  manqua au passage une précision dans la phrase de Juliet. La secrétaire se hâta de quitter cet antre de perdition, et Betty, riant à moitié, approuva vigoureusement :

-C'est vrai que t'as pas été aidée avec ces deux-là... Tiens, d'ailleurs, Al nous a raconté la fois où tu l'as pris pour Orion et qu'il t'a fichu un râteau, qu'est-ce qu'on a rigolé... c'est quand même une vraie enflure, mon frangin... acheva-t-elle en éclatant de rire.

Tout à son hilarité, elle ne remarqua pas tout de suite la drôle de tête de Juliet, et ne s'aperçut pas qu'elle avait mal compris ce qu'avait dit Juliet. Al leur avait fait l'aveu entre deux pintes de bière, ce week-end-là, et ils avaient hurlé de rire. Orion avait eu un peu la même tronche que Juliet en entendant raconter l'histoire, mais au final, ils s'étaient bien marrés tous les trois. Les jumeaux avaient évoqué plusieurs fois où ils avaient échangé leurs identités, et Al avait indéniablement remporté le pompon avec cette anecdote.

-Ils vont bien, oui, merci. Mieux que toi, d'ailleurs, t'as l'air d'avoir mangé un truc pas frais, tout d'un coup... ça va, Ju ? demanda la jeune femme soudain inquiète. Va te reposer un moment si tu veux, je m'occupe de préparer les dossiers de la semaine, OK ?

Betty était la gentillesse incarnée avec ses amis, mais ce n'était pas une flèche en matière de psychologie. Elle n'imaginait même pas que ses propos pussent être la cause de ce changement soudain chez Juliet. Elle ne se doutait pas qu'Al n'avait raconté cette histoire à personne, pas même à la principale intéressée... pourtant, c'était logique, puisqu'Orion non plus n'était pas au courant jusqu'à cette soirée passée à boire des bières. Bon, il aurait fallu réfléchir pour parvenir à cette conclusion, et ce n'était pas forcément l'activité favorite de Betty, de se casser la nénette sur ce genre de problème.
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Mar 24 Jan - 22:56

Ca pouvait paraître étrange à certaine personne, mais quoiqu’on puisse en pensé, elle n’avait définitivement pas apprécié passer sa soirée en compagnie d’un mangemort. Pourtant, elle en avait eu des réflexions désobligeantes par la suite. Sans compter les sous-entendu graveleux qui ne manquaient pas de sous-entendre qu’elle tentait de se rapporcher de l’héritier Rosier pour faire avancer sa carrière. Risible. Adrian n’était pas un mauvais bougre quand on enlevait sa fonction, même elle pouvait le voir, mais c’était un adulte et il faisait son travail en connaissance de cause et en sachant quelle idéologie il défendait. C’était quelque chose qu’on ne pouvait pas oublier et qui ne pouvait pas être passé sous silence. Evidemment, Betty avait sa vision toute personnelle des choses et elle tira un rire à son amie tant l’image était frappante. Avec le sérieux qu’on lui connaissait, elle répondit tout de même:

-Je ne sais pas lequel fait le plus mal tu sais. Après tout, Merlin soit loué, il n’a fait que parler et il est incroyablement mauvais aux fléchettes. Je suppose qu’on pourra au moins dire que j’ai battu un mangemort, même si ce n’est pas en combat singulier. Et puis d’ailleurs, c’était un pote à ton frère, Al. Adrian Rosier, il était à Gryffondor avec nous, ton frère lui as succédé comme batteur dans l’équipe je crois.

Ce n’était peut-être pas la peine de préciser qu’elle comptait bien le faire pour de vrai dès qu’elle en aurait l’occasion. Ca faisait partie des choses que Betty ne savait pas sur elle après tout. Elle avait constaté qu’au final, rare était ses amis qui ne savaient pas le rôle qu’elle jouait pour l’Ordre puisque la plupart en faisait partie. Néanmoins, elle avait gardé un petit nombre d’amis et connaissances qui n’en faisaient pas partie.

Evidemment, quand Jule avait demandé à Betty des nouvelles d’Al et Orion, elle s’était attendue à un “Ils vont bien, merci.” et hop, on passait à autre chose. Ce n’était pas qu’elle n’aimait pas les jumeaux, mais elle n’était pas proche d’eux comme elle était proche de leur soeur. Elle avait fréquenté Al plus que ce n’était nécessairement pour leur état mental respectif quand ils étaient à Poudlard; Quant à Orion, en dehors du rateau cuisant qu’il avait eu l’obligeance de lui mettre, on ne pouvait pas dire qu’ils s’étaient vraiment fréquentés tout court. Alors quand Betty avait commencé à parler d’un ton guilleret de la rencontre avec ses frère, Jule n’avait d’abord écouté que d’une oreille. Finalement un mot avait attiré son attention, puis un autre, jusqu’à ce qu’elle se fige pendant que sa collègue continuait de lui raconter son histoire avec une certaine hilarité.

Blanche comme un linge, elle passait par un panel d’émotions imprésionnant allant de la honte profonde à la colère. Même Betty – pourtant pas toujours fine dans ce genre de situation – fut bien obligée de voir que quelque chose n’allait pas. Elle lui proposa d’aller se réposer, mais Juliet déclina.

-Non, j’ai juste eu un coup de froid je crois … J’irais prendre une potion chez tes frères tiens, ça fait des lustres que je n’ai pas rempli mon stock. Tu sais bien que je suis une nullité en potion. Il ferme a quelle heure au fait ?


Elle avait donc passé la journée la colère au ventre tout en se repassant avec honte cette scène qui datait maintenant de plus de dix ans. Elle était bien décidé à chopper Al ce soir. Qu’est-ce qu’elle allait lui dire ? Aucune idée. Non, vraiment. Jule n’avait jamais été du genre à s’ennerver sur les gens et quand bien même elle se sentait en colère, elle ne se voyait pas débouler en trombe dans le magasin et se mettre à hurler sur son ancien camarade pour ça. Pour quoi d’ailleurs ? Dans le fond, une blague potache qui avait au moins 13 ans. Autant dire qu’il y avait prescription depuis.

Elle arriva devant la boutique sur le Chemin de Traverse et regarda la devanture avec une certaine angoisse. L’endroit était vide, il n’y avait pas un chat, c’était fin de journée après tout. Les gens se pressaient chez eux pour manger et le froid hivernal dissuadait tout le monde s’attarder trop longtemps dehors.

Avant de perdre son courage et sa résolution, elle poussa la porte et lança un “Bonsoir” qui se voulait assuré. Ne voyant personnage, elle regarda autour d’elle. Tant qu’elle était ici, elle pouvait tout aussi bien refaire son stock de potion, elle en avait bien besoin. Certes, elle avait le professeur Rogue a sa disposition en cas de réel soucis, mais comme beaucoup, elle préférait s’en passer à moins que ça ne soit une question de vie ou de mort.

Pendant qu’elle regardait les différentes fioles, elle entendit quelqu’un arriver, probablement de l’arrière boutique. Elle se retourna et tenta d’esquisser un sourire. Al, Orion, elle était trop loin pour lire ce qu’il était écrit sur son badge.

-Ca fait longtemps, se contenta-t-elle de dire doucement.

Elle s’approcha, il semblait bien qu’elle était tombée sur Al après tout et même si ce n’était pas lui, quelle importance dans le fond, elle voulait juste, égoistement, se décharger.


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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Sam 4 Fév - 20:13

Dans la boutique déserte, le son du rock sorcier diffusé à plein volume faisait trembler les fioles et les pots sur leurs étagères. Al était à peu près sûr qu'il n'aurait plus aucun client jusqu'à l'heure de la fermeture, et il avait donc mis sa musique favorite pour passer le temps. Chantant à tue-tête, il s'affairait à préparer les commandes pour le lendemain. Vega était sorti sans dire clairement où il allait, et Orion avait été réquisitionné par Grandma pour une partie de cartes. Elle avait des périodes où elle semblait pouvoir passer des heures entières à jouer – un virus qu'elle avait transmis à ses petits-enfants. La veille, elle avait d'ailleurs remporté une partie de poker sorcier qui avait duré l'après-midi entier. On jouait avec des jetons, pour éviter de tenter Grandma, mais elle se montrait aussi féroce que s'il s'était agi de véritables pièces d'or. Elle n'avait pas eu beaucoup à faire pour battre les jumeaux, encore à moitié endormis après être rentrés à pas d'heure ; ils avaient plus tenu les cartes que véritablement joué, laissant Vega et sa mère se plumer joyeusement. Orion et Al avaient eu une nuit assez courte : la veille, ils avaient accepté l'invitation de leur sœur et étaient allés « boire un coup » avec elle. Coup qui les avait amenés jusqu'aux environs de cinq heures, comme à chaque fois qu'ils se retrouvaient tous les trois. Ils avaient mis du temps à apprécier d'être ensemble – c'était même tout récent. Enfants, les jumeaux prenaient grand soin de ne pas admettre leur sœur aînée dans leur petit monde (pouah, une fille). À l'adolescence, Betty les traitait avec un dédain surjoué pour paraître cool aux yeux de ses potes, « lâchez-moi la cape, p'tits cons » étant son leitmotiv. Puis elle avait quitté la maison, et il y avait eu quelques années de flottement dans les relations familiales. À son retour en Angleterre, lorsqu'elle avait repris contact avec ses frères, ces derniers avaient fait preuve d'une indéniable gaucherie, ne sachant plus comment se comporter avec elle. Il leur avait fallu un peu de temps pour retrouver leurs repères ; désormais, c'était chose faite, et on s'écharpait tout naturellement sur le Quidditch, la vieille rivalité entre Gryffondor et Serpentard ou n'importe quel sujet qui se prêtait à gueuler comme des cons.

Le samedi précédent, les trois rejetons Holmwood-Black s'étaient bien poilés : ils avaient partagé leurs souvenirs de Poudlard, sans trop se prendre le bec, pour une fois, sur les mérites respectifs de leurs maisons. Les jumeaux avaient notamment raconté les fois où ils avaient échangé leurs identités ; Betty étant la seule personne de l'école à savoir les reconnaître, personne ne s'était jamais rendu compte de rien. Al avait notamment insisté, une fois, pour qu'ils échangent leurs places en potions, pour voir si Rogue se laissait avoir. Mais c'était l'histoire de Juliet Birch qui avait été la plus marrante : Orion avait failli périr étouffé en apprenant, d'une part que la jeune fille en pinçait pour lui à l'époque, et d'autre part qu'Al l'avait fait passer pour un goujat hors pair en la rembarrant. Le premier choc passé, il avait rigolé comme un bossu, lui aussi. Il avait même offert une tournée pour remercier Al de son intervention : « sortir avec une Gryffondor, même mignonne, c'était pas possible, les autres m'auraient tué ». On ne badinait pas avec la fierté de la maison, chez les Verts ; les Gryffondor étaient nettement plus tolérants. Je suis sorti avec tout et n'importe quoi, moi, et personne m'a jamais rien dit. Mais Orion avait sans doute davantage de mal à se faire accepter dans sa propre maison, après tout...

La clochette de la porte tinta, magiquement amplifiée pour couvrir la musique. Brusquement tiré de ses rêveries, Al arrêta le rock d'un mouvement de baguette et, laissant là la boîte en carton qu'il remplissait de fioles, se tourna vers l'original qui se pointait à cette heure. Dix Gallions qu'il veut de la Pimentine, avec ce temps dégueulasse. Ah, déjà c'est elle. Et puis... Mais oui, je la connais. Comment l'oublier ? Je l'ai traînée comme un boulet pendant un an, sur ordre de Rogue. J'ai jamais compris comment elle avait pu arriver jusqu'en ASPIC avec sa maladresse en potions, mais ce que je sais, c'est que j'ai eu souvent envie de la noyer dans son chaudron. Enfin, pas tout à fait, mais au moins de préparer sa potion à sa place... elle me désolait, à pas faire gaffe aux règles les plus élémentaires. Tout le monde sait qu'on découpe toujours les langues de crapaud dans le sens de la longueur, pas vrai ? Ben pas elle. Et tout à l'avenant. Autant dire que j'ai été content d'être débarrassé d'elle, en juin.

-Juliet, fit Al, pas rancunier, avec un sourire. C'est vrai que ça fait longtemps.

Si t'étais un brin plus malin, Al, tu te dirais qu'il n'y a pas de coïncidence. Tu racontes une connerie concernant cette Juliet à ta frangine qui bosse avec elle, et deux jours après elle pousse la porte de ta boutique. Tu pourrais quand même te douter que c'est pas juste pour de la Pimentine. Mais comme tu réfléchis pas davantage qu'un sabot troué, tu t'approches en demandant :

-Qu'est-ce que je peux te servir ?

Et tu prends une fiole vide sous le comptoir, parce que tu ne démords pas de ton idée de Pimentine. Tu en vends des hectolitres, en ce moment.

-Tu deviens quoi, depuis toutes ces années, alors ?

Regarde-la, andouille. Boucle-la et regarde-la. Elle a pas l'air dans son assiette, et c'est pas le rhume. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure, mais toi, tu restes là à sourire, avec ta fiole et ton air con.
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Jeu 9 Fév - 23:48

De Juliet, on voyait d’abord la grâce. Elle était de taille moyenne, bien proportionnée, fine, délicate avec une jolie voix chantante. Ses années à faire de la danse classique ne s’était pas perdue et elle faisait partie de ces femmes qui semblaient trop délicate pour se retrouver dans un duel. On pouvait ajouter à ça une discrétion et une tournure d’esprit assez délicate qui l’incitait rarement à dire un mot plus haut que l’autre. Tout l’inverse de la sœur d’Al avec qui elle travaillait et qui faisait office d’amie depuis plusieurs années. Comme quoi les opposés s’attiraient définitivement. Si elle n’avait pas beaucoup de point commun avec Betty, elle en avait probablement encore moins avec son frère, Al. Malgré leur sept années d’études communes, ils n’étaient jamais devenus proches. La faute à des caractères trop opposés et au professeur Rogue qui s’était fait un malin plaisir de les torturer une année entière. Quoi de plus normal, malgré sa colère qu’elle se sente mal à l’aise à l’idée de le voir comme ça.

Comme de juste, il ne ressemblait pas au souvenir qu’elle avait gardé de lui. Comme tout le monde, il avait vieilli, l’uniforme des rouges et or en moins, il ressemblait encore plus à Orion. Elle s’était d’ailleurs demandé si ce n’était pas lui, mais les initiales brodées sur son uniforme de travail l’avaient rassuré sur son identité. Bien qu’en y pensant, au vu de leur passif, ce n’était définitivement pas une garantie. Orion ou Al ? Peu importait, l’un d’entre eux allait en prendre pour son grade, mais elle répugnait à passer à l’action. Il y avait une certaine retenue chez Juliet, et ce, même dans les situations les plus tendues. C’était ce qui en avait fait une baguette d’élite, avec son habilité en sortilège, Contrairement à beaucoup de Gryffondor, elle n’avait pas pris l’impulsivité caractéristique de sa maison à la lettre. Elle arrivait fréquemment à réfréner ses ardeurs premières pour laisser place à la réflexion. C’est pour ça qu’en saluant Al, elle gagnait du temps et regardait autour d’elle. Croyez pas, ce n’est pas que l’envie de lancer un sort ne la démangeait pas, mais quand on regardait un peu au-delà de sa colère initiale, on se rendait compte qu’agresser un employé dans sa boutique n’était déjà pas une bonne idée. En particulier quand votre statut de sang est falsifié et que vos liens avec le Ministère de la Magie ne sont pas totalement cordiaux. En plus de ça, on trouvait – Rogue leur avait prouvé plus d’une fois – nombre de produit douteux chez les apothicaires. Dont certaines potions qu’on préférait ne pas voir exploser en lançant un sort malencontreux. Dernier élément, et non pas des moindres, payer les dommages et intérêt une fois la boutique détruite ne l’emballait pas plus que ça. Non décidément, peu importe à quel point la tentation était là, laisser éclater sa colère maintenant n’était pas une bonne idée.

Le pire dans cette histoire, c’est qu’il semblait presque content de la voir. Peut-être que l’idée de revoir une vieille camarade, après une journée mortelle le réjouissait-il ? En tout cas, il abordait un sourire qui semblait presque sincère à la jeune femme. Presque prise par surprise, elle ne sut pas réellement comment aborder la chose. Elle s’était attendue à … Ben à quoi justement ? Les jumeaux n’avaient jamais désagréables dans le fond. Al semblait fidèle à lui-même sur ce point.

Plutôt que de tergiverser, elle commença par le commencement. Joignant « l’utile à l’agréable », elle était réellement venue avec une liste de potion dont elle avait besoin. Alexa était guérisseuse, mais n’avait pas toujours ce qu’il lui fallait sous la main. Et Juliet préférait éviter de déranger le professeur Rogue tant que ce n’était pas nécessaire. Puis qu’elle faisait partie des membres de l’Ordre qui pouvait se balader librement dans Londres, elle pouvait fournir le QG en potion tant que c’était raisonnable et elle-même au passage.

- Alors, elle fouilla dans son sac à la recherche d’un parchemin qu’elle sortit et déplia avec soin. Il me faudrait cinq potions d’Amnésie, deux potions de Wiggenweld, cinq Filtre de Paix, dix potions de sommeil sans rêves, trois antidotes aux poisons courants et le même nombre de potion de Régénération sans sanguine.

La liste continuait ainsi pour encore quelques potions. Enfin, il y avait une commande plus spécifique, elle regarda le bas du parchemin où il y avait la potion qu’Alexa voulait lui faire essayer. D’après elle, celle-ci arriverait peut-être à ralentir les effets du maléfice qui la rongeait.

Elle donna le nom de la potion à Al et ajouta :

- Je ne sais pas si tu l’as de stock, si non, mon médicomage m’en a donné la composition. Elle lui montra le parchemin avec la liste des ingrédients. Tu en as besoin ?

Commande un peu particulière, mais les gallions tuaient généralement les questions gênantes, elle enchaina donc. :

- Je te paie directement, dis-moi combien je te dois. Par contre, tu penses que c’est possible de faire livrer chez moi ? Il y en a trop pour que je les prenne ce soir.

Elle ponctua sa demande d’un sourire presque enjôleur dont elle se servait rarement, il y avait quelque chose de presque Serpentard chez elle ce soir. Et puisqu’il voulait savoir ce qu’elle devenait, elle saisit l’occasion au vol en disant :

- Tu fermes bientôt, non ? Je te paie un verre, on pourra rattraper le temps perdu.

Demande ô combien inhabituelle de la part de Jule. Même Betty aurait flairé le strangulot pourris, elle connaissait assez son amie pour savoir qu’elle ne sortait pas à moins d’y être forcée. Quant à lancer des invitations aux hommes, c’était perdu d’avance tout le monde le savait, tout le monde sauf Al probablement, sans compter que si elle ne se trompait pas, les Holmwood-Black n’avaient jamais réussi à résister à l’attrait de l’alcool et elle espérait bien qu’Al était en tout point comme sa sœur à ce niveau-là.
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Sam 18 Fév - 20:56

C'est pas pour me vanter, mais il devrait y avoir plus de mecs comme moi sur terre...
Plus de mecs comment, précisément ?
Ben, comme moi... Bon camarade, pas rancunier, bref le gars sympa !
Pas rancunier, toi ? Tu te définirais sérieusement comme pas rancunier ?
Ben... avec Juliet, en tout cas...
Mais t'as rien à lui reprocher, truffe. Elle t'a jamais porté tort, même si elle t'a salement tapé sur le système pendant les cours de potions. C'est plutôt elle qui aurait à se plaindre de toi, non ?Tu devrais même la remercier, ça t'a fait du bien de devoir la supporter, ça t'a appris la patience, et ça t'a même pas empêché d'avoir Optimal à ton Aspic.
Ouais, mais...
Mais rien. Plus de mecs comme toi sur terre, ce serait vite irrespirable, admets. T'es pas vraiment le genre de citoyen qu'on cite en exemple aux jeunes générations, si ?
… Pas faux. Mais je suis quand même sympa, non ?
Ça, c'est vrai, on peut pas te le retirer. T'es pas le mauvais hippogriffe. M'enfin, c'est un peu léger pour dire qu'il faudrait plus de corniauds comme toi sur terre.
N'empêche, je suis convaincu qu'on se marrerait un peu plus si c'était le cas.
Ouais, on se marrerait. On irait droit dans le mur, en klaxonnant, comme disent les Moldus, et en rigolant comme des bossus.
Possible, mais c'est important de se marrer. C'est même le truc le plus important sur terre.
En attendant, ta Juliet, là, elle a pas l'air de vouloir se marrer.
Mouais... ça a jamais été son truc, j'crois.

Juliet avait préparé une liste de potions dont elle voulait faire l'acquisition. Saine décision, elle avait toujours été assez manche devant un chaudron. Au fur et à mesure qu'elle énonçait les mélanges dont elle avait besoin, Al sortait des flacons d'une armoire derrière le comptoir : les mixtures les plus communes étaient stockées dans ce meuble pour être facilement accessibles. En commerçant efficace, il rangeait les flacons dans une petite boîte de bois ; c'était plus facile pour compter et pour facturer les flacons. Chaque fiole était identifiée par un ruban d'une ou deux couleurs, pris dans la cire qui la cachetait – vert pour le Philtre de Paix, vert et jaune pour la potion de sommeil sans rêves, rouge pour la potion de régénération sanguine... Il suffisait de recompter les rubans pour savoir où on en était.

La fin de la commande de Juliet comportait une potion plus rare, que la boutique n'avait pas en stock. Al parcourut la liste des ingrédients et fit :

-Je ne l'ai pas toute prête, il va falloir que je t'en fasse. Je l'ajouterai à la livraison, par contre il faut compter au moins douze heures, donc pas avant demain matin... ça te va ? Il t'en faudra combien ? Je dirais pas plus de trois flacons, ça se conserve mal. On a un service de livraison à domicile ou à l'adresse de ton choix, sans supplément, par hibou spécial. Il suffit de me donner une adresse et un créneau horaire. Tu peux reprendre la feuille, j'ai vu ce que c'était, j'ai la recette.

Il ne posa aucune question – on ne pose jamais de questions, c'était la règle numéro un dans ce métier – et entreprit de faire la facture. De son écriture désordonnée, qu'il s'efforçait de rendre lisible, il nota sur un parchemin le nombre de flacons et leur prix, puis posa (laborieusement) l'addition. Juliet le laissa faire, puis lui proposa d'aller prendre un verre.

-Oh, bonne idée, approuva l'apothicaire avec un grand sourire. Ça nous permettra de nous remémorer le bon vieux temps...

Tu trouves ça normal, donc ?
Quoi ?
Juliet Birch. T'as dit toi-même que c'était pas une déconneuse, et là, tu trouves normal qu'elle te propose d'aller vous en jeter un ?
Ben... je devrais trouver ça comment ? On est d'anciens potes de classe, on va...
D'anciens camarades. Vous n'avez jamais été potes.
C'est pareil, on est contents de se revoir, c'est tout.
Mouais. Pas convaincu.
Ben tant pis, moi je le suis. On s'est pas vu depuis longtemps, on va boire un coup, c'est pas exceptionnel. Tu vois le mal partout.
Et toi, tu le vois nulle part.

Al haussa les épaules et présenta la facture à son ancienne camarade.

-Alors... trente-sept Gallions et six Mornilles, s'il te plaît. Et je t'écoute pour l'adresse de livraison et l'heure qui t'arrange... on garantit une livraison sur un créneau de trente minutes sur Londres, une heure ailleurs.

Il attendit que Juliet lui donne ces informations, plume en main, et fit d'un air absent :

-C'est marrant que tu viennes ici juste aujourd'hui... tu me croiras jamais si je te dis que j'parlais de toi avec Orion et Betty pas plus tard que le week-end dernier.

Il n'avait vu aucune malice à un pareil concours de circonstances, sauf à se dire que Betty avait indiqué à sa collègue l'adresse de la boutique. Comme quoi on peut à la fois être un apprenti escroc prometteur et avoir une naïveté de communiante.

-Je ferme dans un peu moins d'une demi-heure, ajouta-t-il en jetant un coup d'oeil à l'horloge, mais il faut que j'attaque ta potion pour que tu l'aies demain matin. Je pourrai pas te rejoindre avant une bonne heure et demie, ça va ? Je te retrouve où ?
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Jeu 9 Mar - 2:52

On disait d'habitude que les Serpentards étaient rancuniers. C'était probablement vrai. Des verts et argents, on ne retenait que les pires exemples de leur maison. Les plus vindicatifs, les plus extrémistes, les moins fréquentables. On oubliait bien aisément que parmi les mangemorts, tous n'étaient pas sortis de Serpentard. Aussi, si on pouvait dire qu'ils étaient souvent rancuniers, ils n'étaient certainement pas les seuls. On voyait souvent les Gryffondors comme des imbéciles heureux et Juliet était contente de pouvoir affirmer qu'elle n'était ni l'un ni l'autre. Elle n'était pas plus rancunière qu'elle n'était idiote, mais pour l'occasion, elle se sentait presque l'âme d'une descendante de Salazar Serpentard.

La vue de son ancien camarade de classe l'emplissait de sentiments contradictoires à sa nature, à commencer par la honte, la mortification, la colère. Elle ne savait pas lequel était le plus vivace parmi la palette d'émotions qui l'agitaient. Au final, c'était un peu ridicule, elle s'en rendait bien compte. L'histoire avait un peu moins de quinze ans et même si la vie d'un sorcier était plus longue que celle d'un moldu, ça restait tout de même une longue période de temps. L'eau avait coulé sous les ponts depuis cette histoire. Dans le fond, elle se sentait probablement plus mortifiée qu'autre chose d'avoir simplement avoué ses sentiments - pas bien profond - de l'époque à celui qu'elle avait cru être Orion.

Finalement pourquoi était-elle en colère ? Elle s'était bien doutée qu'Orion avait dû en parler à son frère et sa soeur. Rien n'est un secret pour bien longtemps pour les élèves de Poudlard. S'il y avait bien une matière dans laquelle ils auraient tous eu un Optimal, c'était " Création de rumeurs et récolte de potins". Alors quoi ? Est-ce que ça valait bien tout ce cinéma ? Si elle se laissait le temps de réfléchir, elle savait qu'elle finirait par en conclure que non. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle évitait de le faire. De peur de faire marche arrière.

Al avait pris sa commande comme le professionnel qu'il était. Déjà à l'époque, les potions, c'était son domaine. Il n'y avait eu que Rogue pour tenter de le faire échouer. La mauvaise foi n'avait jamais étouffé leur ancien professeur de potion. Être désagréable semblait être un but dans la vie de celui qui faisait désormais partie des têtes pensantes de l'Ordre. Parfois, s'il avait subi un évènement traumatique pour devenir l'homme aigri qu'il semblait être ou si c'était simplement naturel. Quoiqu'encline à voir le bon en chacun, si elle le pouvait, elle tendait à penser que c'était tout simplement naturel chez l'ancien directeur de maison des Serpentard. Néanmoins, pour ce soir, elle pouvait se dispenser de penser à la sombre chauve-souris aux cheveux éternellement gras qui hantait le QG. Elle le voyait bien assez souvent comme ça. La fin de la commande fut prise en bonne et due forme et aucune question ne fut posée. Pas même sur son remède. Rien d'étonnant, elle n'en attendait pas moins. Aussi intrigante que soit la potion demandée, tant qu'on ne contrevenait pas à la loi, ce n'était pas leur affaire.

Elle donna son adresse, une heure régla sa commande rubis sur l'ongle sans sourciller et l'affaire fut clôturée. Alexa serait fière d'elle, pour une fois, elle ne trainait pas. Comme de juste, la proposition d'un verre - même en sa compagnie - fut trop tentante que pour être refusée. C'était facile. Trop facile ? Elle aurait préféré qu'il dise non. Ça aurait simplifié son affaire. Elle aurait pu faire marcher arrière, désormais, elle n'avait plus qu'à l'attendre.

- Pas de problème
, s'entendit-elle répondre tout en se maudissant intérieurement. Elle regarda sa montre. J'ai encore quelques emplettes à faire, je vais en profiter.

Faux, elle n'avait absolument rien à faire sur le Chemin de Traverse, mais elle trouverait bien. Le choix du bar se relevait plus problématique. Jule sortait peu, au grand dam de ses amies, Betty comprise. Ne sachant pas trop quoi répondre, elle sortit le premier nom qui lui vint à l'esprit.

- On se retrouve au Flying Fox quand tu as fini.

Jule n'y était jamais allée elle-même, mais pendant l'étrange soirée qu'elle avait passée avec Adrian, il avait évoqué les bars qu'il préférait écumer. Le Flying Fox avait ouvert quelques mois auparavant sur le Chemin de Traverse. Il était destiné à une cliente assez jeune et se voulait "tendance". Il proposait à un prix raisonnable de manger sur le pouce tout en dégustant du vin d'elfe ou une pinte dont la maison gardait jalousement la recette, le tout accompagné d'une bonne musique. La jeune femme ne savait même pas où se trouvait le bar, mais elle avait une heure pour s'y rendre après tout.

- À tantôt, lança-t-elle d'un air assuré en sortant de la boutique.

Une fois sortie, elle souffla un bon coup et passa une main nerveuse dans ces cheveux. La dissimulation n'était pas sa came. Elle préférait l'honnête un peu brusque au mensonge. Ça avait le mérite de ne jamais laisser de malentendu. Elle flâna sur la Chemin de Traverse pendant une demi-heure encore, entrant au hasard dans certaines boutiques avant de tomber sur le bar qu'elle cherchait. Il restait à attendre Al. Elle s'assit au comptoir plutôt qu'à une table et commanda un verre de vin d'elfe tout en sortant son livre. Un roman moldu que ses parents lui avaient offert pour Noël. Elle sirota son verre sans regarder l'heure, en oubliant presque qu'on devait la rejoindre. Enfin, son compagnon arriva et l'ancienne Gryffondor, un peu surprise, s'aperçut qu'une partie de sa colère était passée. Qu'à cela ne tienne. Elle réglerait tout de même ses comptes ce soir.

Elle finit son verre et commanda un second pour Al et pour elle-même, offrant la première tournée. Ils trinquèrent et elle trempa les lèvres dans son verre. La jeune femme ne tenait pas bien l'alcool, les chaussures d'Adrian Rosier pouvaient en témoigner et Alexa en avait ri pendant une journée entière quand elle lui avait raconté. Ils discutèrent de choses et d'autres. De souvenirs communs au fil des verres et Jule se sentit à la fois presque à l'aise - autant qu'elle pouvait l'être en présence de quelqu'un qu'elle connaissait mal - et désolé de ce qui allait arriver ensuite.

Il y eut un bref silence. L'alcool avait coulé et on arrivait dans ce moment où il n'était pas nécessaire de parler à tout prix. Ce fut Juliet qui le brisa. Elle regarda son ancien camarade dans les yeux et avec un sourire qui n'avait pas grand-chose d'amical, elle demanda :

- Au fait, dis-moi, par curiosité, a quel point tu as ris quand tu m'as un râteau à la place de ton frère ?
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Dim 26 Mar - 14:50

Jamais de questions – c'était la règle numéro un dans le métier. Enfin, l'une des règles numéro un, parce que si on écoutait Vega, il devait y avoir une bonne demi-douzaine de règles numéro un. Toujours porter sa blouse et ses gants, pas de vêtements flottants autour des chaudrons, toujours désinfecter son matériel... et donc, jamais de questions, sauf extrême nécessité. Al avait bien remarqué la commande pour le moins inhabituelle de Juliet, mais très vite, l'habitude avait repris le dessus : il avait presque oublié la potion en question. Il la confectionnerait, machinalement, sans se torturer les méninges à ce sujet – à quoi bon, puisque de toute façon il n'interrogerait pas Juliet ? Il était inutile de se poser des questions auxquelles on n'aurait jamais de réponse. En cela, Al avait un esprit simple. Sa capacité à mettre de côté les problèmes insolubles lui rendait souvent service, et les autres fois, cela le mettait simplement dans un pétrin noir, car on ne peut pas toujours faire abstraction des questions compliquées.

Dès que Juliet eut passé la porte, il acheva de préparer les produits nécessaires, avant de passer dans l'atelier pour lancer la préparation de la potion. Aucun client ne vint le déranger durant ce travail, lui laissant pleinement le loisir de réfléchir à cette rencontre. Ah ça, si je m'attendais à la voir...
Tu l'avais oubliée, sois honnête.
Non, même pas. J'aurais eu du mal à l'oublier, j'avais envie de la tuer à chaque cours de potions. Jamais vu une nana aussi nulle en potions. Enfin, si, plein, mais on ne m'a jamais forcé à faire équipe avec. Et après l'histoire d'Orion, j'avais tellement envie de me marrer à chaque fois que je la voyais... J'ai beaucoup souffert, tu vois. Avec le vieux Rogue dans les parages, je ne pouvais ni la tuer, ni me poiler comme j'en avais envie.
Tu causes, tu causes, mais n'oublie pas de peser tes écailles de salamandre. Tu dois en mettre...
Je sais, exactement le tiers du poids des feuilles d'asphodèle. Et les réduire en une poudre la plus fine possible.

-Que tu dis ?

Orion avait passé la tête par l'entrebâillement de la porte, intrigué d'entendre son frère parler. Bien vite, il constata que l'autre était seul et, comme à son habitude, parlait dans le vide, et il vint s'asseoir à côté de son jumeau :

-Que tu fais ?
-Une commande... pour Juliet Birch, tu vois qui c'est ?

Les jumeaux se regardèrent un instant, éclatèrent d'un rire sonore, puis Al reprit :

-J'dois aller boire un coup avec elle après, tu veux venir ?
-Hein ? Non, non, ça ira, merci. T'as qu'à l'embrasser pour moi... ou pas... enfin, tu vois.

Depuis la révélation du quiproquo entre Juliet et Al, Orion manifestait une certaine gêne à l'évocation de la jeune femme. Sans doute les mille plaisanteries de Betty et Al à ce sujet n'y étaient-elles pas étrangères ; Al n'avait-il pas affirmé, le traître, qu'il avait hésité à accepter parce que, s'ils couchaient ensemble, Juliet croirait qu'Orion était un bon coup ? Qu'avait-il bien pu lui dire, ce chien ? Dans tous les cas, il ne voulait plus jamais la voir.

Al se marrait encore tout seul alors qu'il prenait, une bonne demi-heure plus tard, la direction du bar où ils avaient rendez-vous. Il avait troqué sa blouse de travail contre un t-shirt aux couleurs d'un groupe de rock sorcier et son vieux blouson en cuir de dragon, et, à peine sorti de la douche, avait pris grand soin de se décoiffer méticuleusement. Le serveur du
Flying Fox le salua chaleureusement – Al était un habitué, que l'on voyait souvent en compagnie d'Adrian Rosier, un autre pilier de l'établissement. Il n'eut aucun mal à repérer Juliet : elle s'était installée au comptoir, sur l'un des hauts tabourets, et lisait en l'attendant.

-Ça fait longtemps que tu es là ? Je suis en retard ? demanda-t-il en s'asseyant à côté d'elle.

Deux pintes maison arrivèrent en un temps record, et Al, toujours parfaitement à côté de la plaque, leva la sienne en faisant :

-Santé. Ça me fait vraiment plaisir de te revoir après tout ce temps, tu sais.

Et le pire, c'est que t'es sincère. Dans ton genre, t'es comme un chien : tout le temps content. Tu ne t'imagines pas que les autres fonctionnent différemment. Surtout les nanas, en fait.

Ils parlèrent quelques minutes, bien gentiment, comme deux camarades de classe qui se retrouvent après de longues années – ce qu'ils étaient. Pas d'enfants à déclarer, mais le dossier devait quand même être mis à jour, les choses avaient bien changé depuis les ASPIC.
Enfin, pour moi, pas tellement. J'habite toujours au même endroit, je fais le même boulot que mon job de vacances quand j'étais élève, j'ai les mêmes potes, et j'ai jamais réussi à garder une copine plus de trois mois et neuf jours. Rien de bien glamour, en somme.

La première pinte fut rapidement suivie d'une, puis de deux autres. Un silence tomba, et Al songea qu'il allait être temps de prendre congé ; il n'avait pas vraiment l'intention de passer toute la soirée avec Juliet, avec laquelle il n'avait jamais envisagé d'avoir une relation autre que purement cordiale. Comme il ouvrait la bouche pour dire que bon, ben, c'est pas que je m'ennuie mais faut que j'aille surveiller ta potion, la jeune femme, l'air soudain carnassier, brisa le silence en lui reparlant du fameux quiproquo. Sans se démonter, il sourit :

-Oh... sur le moment, je me suis pas marré, tu peux me croire. C'était la première fois que ça m'arrivait, je savais pas trop quoi faire, moi. Mais je savais pas que t'étais au courant ! Ça fait longtemps ? Je l'ai raconté à Orion y a pas longtemps, et il a...

Il préféra ne pas terminer sa phrase. Juliet avait l'air prête à tuer, et il ne l'avait jamais vue comme ça.

-Me dis pas que tu m'en veux, fit-il sur un ton incrédule, comprenant enfin ce qui se passait.
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MessageSujet: Re: Tout se paie un jour Dim 25 Juin - 21:30

Le problème quand on est bon, c’est la difficultée de faire le mal. Juliet n’aimait pas blesser les gens. Le dicton oeil pour oeil, dent pour dent ne lui avait jamais collé à la peau et c’était peut-être ce qui avait convaincu Dumbledore qu’elle était digne d’intégrer l’Odp. La vengeance ne faisait pas partie de ses gènes. La jeune femme était mortifiée à l’idée qu’Al ait pu se jouer d’elle et que l’ensemble de sa famille soit au courant, mais elle avait bien du mal à maintenir la colère qui l’avait animée toute la journée. Ce matin, quand Betty, pleine de bonne intention lui avait raconté l’histoire, elle savait que son amie n’avait pas eu le moindre idée qu’elle allait blesser Jule. C’était une fille bien qui riait de tout ce qui était risible et en effet cette histoire était tout simplement désopilante.

Alors oui, Jule s’était sentie furieuse et trahie. De Poudlard, elle ne gardait pas que de bon souvenir et ses rapports avec Al avait toujours été quelques peu tendus. Pourtant, elle avait cru qu’à la fin de leur longue année de partenariat en potion, ils étaient arrivés à une espèce de camaraderie. Même si elle n’avait pas spécialement eu de contact avec lui après, elle n’aimait pas l’idée de devoir revoir la relation qu’ils avaient eue autrement. Il s’était foutu d’elle quand elle avait pensé qu’il l’appréciait un minimum que pour être franc et ça la blessait vraiment.

Lorsqu’il arriva dans le bar, la rejoignant tout sourire, elle n’avait pas encore décidé de ce qu’elle allait faire. Le temps qu’elle boive son verre de vin et lise un peu, elle s’était déjà considérablement calmée. La partie rationnelle de son cerveau lui murmurait qu’Al n’était pas un mauvais bougre et que ce n’était peut-être pas la peine de lui faire payer une offense qui remontait à plus de dix ans. Certes, il n’avait pas été honnête avec elle, mais l'honnête n’était pas une qualité obligatoire pour tous les Gryffondors, loin de là. Dans le fond, si elle avait été humiliée par le refus du prétendu Orion, on pouvait également admettre qu’il lui avait rendu un service. C’était Al qu’elle avait dû côtoyer pendant des années, pas son frère, elle aurait probablement été doublement gênée, mais elle n’avait pas assez de bonne foi pour l’admettre en ce moment.

- Moi aussi ça me fait plaisir de te revoir, s’entendit-elle répondre

Le pire, c’est qu’elle le pensait, elle était contente de le voir. Agréable, sans prise de tête, Al était un chouette type, pourtant, cette sympathique qu’il lui inspirait ne l’empêchait pas de penser à son but premier, c’est à dire régler ses comptes. Elle ne mit pas très longtemps à le faire, elle préférait que les choses soient dites plutôt que de faire semblant que rien ne la gênait.

- Moi, t’en vouloir ? Mais non, enfin, pourquoi penses-tu ça, Al ?

Elle croisa les jambes, et continua d’un ton qui était dangereusement calme :

- Parce que tu vois, moi à l’époque, j’avais déjà trouvé ça humiliant, mais quand ta soeur me l’a raconté en s’étranglant de rire ce matin, j’ai trouvé ça encore moins drôle que la première fois.

Se levant, les poings sur les hanches, elle dévisagea Al et pris sa décision. Elle lui balança son poing dans la figure avec force. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, Jule était plutôt musclée. Ancienne baguette d’élite, elle avait gardé une forme physique propre à son ancien métier. Quoique sorcière, elle restait persuadée que tout ne se réglait pas à la baguette.

- Voilà, dit-elle, j’estime qu’on est quitte.

Elle lui tendit sa main. Un peu hésitante parce qu’elle n’était pas sûre qu’il la serre.

- Je n’ai pas apprécié que vous vous foutiez de moi, mais je ne suis pas rancunière sauf si toi tu l’es.

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Tout se paie un jour

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