POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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L'Ombre Sur La Mesure

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Aaliyah Zabini


MessageSujet: L'Ombre Sur La Mesure Jeu 26 Jan - 11:28

« Doudou, passes moi mon collier d’émeraude… »

La main enfoncée dans le coffret à bijou, la petite fille posa un regard perplexe sur sa mère.

« Le gros caillou vert. »

Le regard de Solange s’illumina tandis qu’elle extrayait du coffre au trésor maternel un collier monté d’une gemme verte de la taille d’un œuf de pigeon. Aussitôt, elle le porta à sa bouche, pour voir si, comme le suggérait les apparences, ça avait le goût d’un bonbon à la pomme. Aaliyah eu un sourire amusé, sa fille avait une appréciation toute personnelle de la beauté des pierres précieuses.

« Non, ne mets pas ça à ta bouche, c’est dégoutant. » S’exclama la jeune veuve en reprenant son cadeau de mariage et en le passant à son cou.

Elle se leva et alla s’admirer une dernière fois devant le miroir avant de sortir, moulée dans une robe de soie moirée noire, avec sa parure d’or et d’émeraude, elle ne passerait pas inaperçue. Bien, et ainsi tout le monde saurait rapidement que la veuve noire avait une fois encore été convoquée au département de la justice, et qu’elle en était sortie comme elle y était rentrée : libre. Alors autant soigner son apparition, pour que ça vaille la peine de se déplacer.

Cette mystérieuse convocation ne l’inquiétait pas outre mesure, même si elle était signée de la main même du directeur de la justice magique. Aaliyah ne craignait personne et ne connaissait ni la peur ni l’intimidation. D’ailleurs ce n’était pas la première fois qu’elle se rendrait au deuxième niveau du ministère de la magie. Lorsque votre premier mari meurt, on se montre compatissant, lorsque le deuxième meurt, des bruits commencent à courir et lorsque le troisième meurt, en général, on vous ouvre un dossier de suspect.

Il lui semblait pourtant que le cas Belby était comme feu son époux : mort et enterré.   Mais qui pouvait savoir ? Cette convocation portait peut être sur un sujet beaucoup plus trivial, la situation de sa mère qui était encore floue par exemple, ou bien la gestion de sa fondation pour les enfants malades. Par contre si c’était encore la vieille MacMillan qui faisait des histoires au sujet de l’héritage de Blaise, on allait entendre parler du pays. Un jour viendrait où Aaliyah aurait à s’occuper elle-même de cette vieille chouette enragée.

Ali embrassa sa fille, jeta sur ses épaule une cape en fourrure de loutre et transplana directement au ministère. Avec les nouvelles mesures de sécurité cette action était réservée aux directeurs de départements et hauts fonctionnaires, mais en sa qualité d’ex directrice de l’organisation international du commerce magique, elle avait réussi à conserver ce petit privilège. Et même si elle avait toujours détesté travailler, elle gardait de bon souvenir de ses années passées au ministère, et des relations pour le moins cordiales avec certains de ses anciens collaborateurs. Elle jeta un coup d’œil à la grande horloge du hall, puisqu’elle était en avance, pourquoi ne pas en profiter pour aller les saluer.
Aaliyah s’engouffra dans l’ascenseur et se rendit dans ses anciens bureaux, au niveau cinq. Elle fut accueillie à bras ouvert par Amy, son ancienne assistante qui avait  repris son poste après son départ. Aaliyah sirotait une tasse de thé en jetant un œil distrait au dossier des derniers accords commerciaux avec l’Angola. C’était tellement minable qu’elle ne put que pousser un long soupir d’exaspération,  ce service partait à vau l’eau depuis la mort prématurée de son époux Richard.

L’heure de sa convocation approchait, et Aaliyah se leva pour prendre congé de tout ce beau monde. Tout en la raccompagnant jusqu’à l’ascenseur, Amy expliquait à Ali qui si elle souhaitait reprendre le travail, elle avait justement besoin d’une assistante. La veuve noire éclata d’un rire cristallin mais posa sur la directrice des yeux verts et plein de menace. Elle rassembla ses fourrures et entra dans la cage d’ascenseur.

« Toi alors, toujours le mot pour rire. »
*Sale petite blonde arriviste & hypocrite*

L’ancienne Serpentard remonta jusqu’au deuxième niveau, et prit place dans le hall d’attente et attendant qu’on daigne la recevoir. Elle enroulait le bout de ses boxer braids autour de son index, en écoutant l’écho des rumeurs qui avaient enflées depuis son entrée. « Regarde-moi toute cette quincaillerie qu’elle porte, on pourrait rembourser la dette nationale avec ça », « Tu crois que c’est vrai que c’est une vélane ? » « Sûr, aussi vrai qu’elle a –l’employé passa son pouce d’un air éloquent juste sous sa gorge – ses sept maris. » En dépit de ce qu’on pourrait penser, tout ceci amusait beaucoup la jeune femme. Elle tirait un plaisir malsain à être le centre de ce genre de racontars. Elle préférait largement inspirer la peur et l’envie plutôt que la pitié et la bienveillance. Elle adressa même un sourire charmeur à un tout jeune homme qui détala aussi sec comme si la mort elle-même l’avait invitée à boire un verre.

Son tour arriva enfin, un huissier ouvrit la porte d’un bureau et l’appela.

« Convoquée bureau 5, madame Aaliyah Jehanne Zabini Duvalier, veuve MacMillan, veuve Fitzpatrick, veuve Frederiksen, veuve Parkinson, veuve Selwyn, veuve Carter, veuve Belby. »
*Douce litanie*

Elle entra dans le bureau, confia sa fourrure à un quelconque larbin, et, sans un regard pour l’assistance, prit place dans l’un de fauteuils, comme s’il s’était agi d’un trône. Elle retirait ses gants, et, sans lever les yeux, apostropha le directeur de la justice magique.

« Soyez bref, Rosier, je n’ai pas toute la journée à perdre en vains entretiens. »

C’était vrai, Aaliyah Zabini ne craignait pas la force de l’ordre, elle avait appris au cours des dernière années que seul les plus fort l’emportait face à lui. Et face à la justice elle s’était toujours sentie pousser une force d’acier. Ce n’était qu’une partie de plus, qu’elle remporterait comme toutes les autres.

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Athénaïs H. Moreau


MessageSujet: Re: L'Ombre Sur La Mesure Ven 27 Jan - 23:28

Athénaïs avait très tôt choisit de se diriger vers la Justice. Pourquoi ? Elle aurait bien dit que c'était une impulsion purement Gryffondorienne. La jeune femme n'avait jamais supporté l'injustice. Elle était toujours prête à aider ceux qui le méritaient. Elle ne supportait pas que quelqu'un puisse être accusé à tord, qu'un innocent prenne pour un coupable ou bien qu'on fasse porter le chapeau à quelqu'un qui ne le méritait pas. De plus, elle ne supportait pas les tricheurs, les profiteurs et les magouilleurs. De puis toute petite, Athé avait un sens de la Justice très pointu. Il fallait dire aussi qu'en tant qu'aînée de sa fratrie, il fallait bien qu'elle fasse régner l'ordre. Elle avait souvent mis le "hola" quand ses frère et soeurs se disputaient et savais parfaitement se montrer diplomatique et impartiale. Elle était juste, écoutait les avis de chacun, et répondait en conséquence. Elle ne tenait pas compte de ce qu'il y avait autour. Qu'un roi se dispute avec un simple civil lui importait peu : l'un et l'autre serait traité de la même manière. Elle ne faisait jamais de distinction. Athénaïs avait pour principe de ne jamais placer quelqu'un plus haut qu'un autre parce qu'il avait soi-disant un "sang pur" ou parce qu'il avait de l'argent ou quoi que ce soit d'autre. Ce n'était pas la richesse, le sang ou le caractère qui était réellement important chez une personne : c'était ses actes. Alors, lorsque la jeune femme avait commencé à s'interroger sur sa future carrière, la Justice Magique s'était imposé d'elle même à son esprit. C'était peut-être un peu idéaliste, mais Athé voulait un monde plus juste, sans toutes ses injustices dû à des critères sociaux, à de vulgaires préjugés sur le sang, ou sur la richesse.

Pour pouvoir intégrer le Ministère, Athé avait travaillé très dur. Elle avait tellement travaillé qu'elle avait validé sept ASPICs : Métamorphose, Sortilège, Potions, Défense Contre les Forces du Mal, Astronomie, Arithmancie et Etude des Moldus. Ça lui avait bien servit pour intégrer ce stage dans le Département de la Justice Magique. Et depuis, la jeune femme ne se plaignait pas une seule seconde. Certains auraient pu trouver ennuyeux d'apprendre des tonnes de lois, d'écouter des personne parler pendant des heures en employant tout un tas de termes propres à la justice, mais pas Athé. Si elle était ici, c'était justement pour ça. Elle voulait apprendre toutes ces choses. Elle voulait tout savoir pour pouvoir au mieux, par la suite, gérer ses propres affaires.

C'était d'ailleurs ce qu'elle était en train de faire, "s'occuper de ses affaires", quand on toqua à la porte du bureau qu'elle partageait avec l'autre stagiaire, Abraham Stokner, qui était d'ailleur descendu déjeuner avec sa petite-amie, de ce qu'il lui avait dit. C'était sa pause de midi, alors Athé tourna la tête vers la personne qui venait d'arriver, l'air un peu étonnée et curieuse. Que pouvait-on bien leur vouloir à cette heure-là ? Immédiatement, Athé pensa que quelque chose de grave était arrivé à sa mère ou à un de ses frères et soeurs.

- Miss Moreau ? demanda la femme, qu'Athé reconnut comme étant une de ses "collègues".
- Euh... Oui ? Qui a-t-il ? Un problème ? demanda la jeune femme en fronçant les sourcils, repoussant sur le côté les derniers documents qu'on lui avait confié et qu'elle était à l'instant en train de revoir.
- Non, non, rien de grave, ne vous en faites pas, déclara la femme en venant se poster devant son bureau. Tenez, dit-elle alors en lui tendant un petit dossier dans une pochette beige.

Athénaïs le prit, le regarda quelques secondes puis lança un regard interrogateur à la femme pour obtenir des informations supplémentaires sur la marche à suivre. Ou, plus simplement,s ur ce qu'elle avait entre les mains.

- Désolé de vous prévenir un peu à la dernière minute, mais nous avons tous un peu été pris au dépourvu. Monsieur Rosier semble être absent aujourd'hui, et il aurait normalement dû s'occuper de Mada... de ce dossier, se reprit la femme en fronçant légèrement les sourcils. Hélas, personne ne peut le prendre. J'ai moi-même une affaire importante qui m'attend. Mais comme ce n'est rien de bien compliqué, nous avons pensé que vous pourriez vous en occuper.

Immédiatement, un petit sourire étira les lèvres d'Athé. C'était sa chance ! Sa chance de faire ses preuves, de montrer ce qu'elle valait ! Se levant, la jeune femme hocha la tête, l'air déterminée.

- Bien sûr ! Je m'occuperais de ça. Je pense pouvoir le gérer.
- Je le pense aussi, déclara la femme en souriant légèrement. Cela fait un petit moment que vous êtes ici maintenant, vous devriez pouvoir gérer des affaires de ce type. Bien. Je vous laisse donc vous mettre au courant de quoi il retourne. Vous avez rendez-vous à quatorze heures dans le bureau 5. Au revoir.
- Au revoir !

Quand la femme fut sortie de la pièce, Athé ne put s'empêcher de sautiller quelques secondes sur place, telle une gamine devant un énorme cadeau. Et c'était un peu ça, au final. Elle avait un affaire à gérer ! Oh, pas qu'on ne lui confiait rien, mais elle restait une stagiaire, s'occuper de véritables affaires, plus importantes que des usages abusifs de la magie , n'était pas quelque chose de très routinier pour elle. Du moins pas encore. Elle avait pour l'instant plus l'habitude d'observer que de vraiment être en situation. Mais cela ne lui faisait pas peur. Même si cela lui tombait dessus comme ça, sans prévenir, elle était plus heureuse qu'autre chose. Elle ne craignait pas la confrontation. Athénaïs avait une bonne aisance à l'orale. Aucune problème pour parler devant les autres. Elle savait ce qu'elle faisait, alors pourquoi paniquer ? Enfin, du moins, elle le saurait quand elle aurait enfin ouvert ce dossier. Se réinstallant dans son siège, la jeune femme déposa soigneusement la pochette beige sur son bureau. Elle prit une profonde inspiration puis l'ouvrit. Les premiers mots qui lui sautèrent alors aux yeux furent le prénom, et surtout le nom, de la personne qu'elle devait "recevoir".

Aaliyah Zabini.

Zabini.

Le rouge monta d'un seul coup aux joues d'Athénaïs et la jeune femme vérifia rapidement autour d'elle si personne n'arrivait dans le bureau. La première chose à laquelle elle avait pensé n'était pas ce à quoi d'autres auraient pensé. Non. Par Merlin, pensa Athénaïs en posant ses mains un peu froides sur ses joues soudain bien plus chaudes que quelques instants plus tôt. Bon sang, que c'était gênant ! On lui confiait une affaire avec Aaliyah Zabini, qui restait quand même une économiste et une femme assez connue, et elle, la seule chose à laquelle elle pensait, c'était à Blaise Zabini, son fils.

- Mais ça va pas la tête ma pauvre Athé, souffla la jeune femme en tapotant ses joues. Allez, au boulot, souffla la jeune femme.

Par contre, maintenant, oui, elle paniquait. Rien de bien compliqué ? Bah voyons ! Oui, bon, sur le plan technique, ce n'était pas hors de porté pour la jeune femme. De ce qu'elle voyait, c'était un petit problème sur l'héritage. Mais enfin ! Aller dire à Madame Zabini qu'il y avait un problème avec un héritage ! Non mais... Comment allait-elle faire, là, pour rester normale ? Athé allait forcément, mais forcément, se mettre à paniquer.

Soufflant profondément, la jeune femme tenta de se calmer. Non. Non, non, non. Et alors ? Oui, c'était Aaliyah Zabini. Oui, cette femme était soupçonnée d'avoir... euh... "fait disparaître" ses maris. Et, oui, oui, et re-oui, cette femme était la mère du plus gros coup de coeur que la jeune femme ait jamais eu. Mais ! Mais, Athé n'était pas du genre à se laisser déstabiliser pour si peu. N'est-ce pas ? Oui, elle allait bien lire le dossier, bien ficelé l'entrevue et faire son travail comme il le fallait. De toute façon, elle ne s'occupait de cette affaire qu'à titre exceptionnel. Dès que le directeur reviendrait, il reprendrait l'affaire, étant donné que cette femme restait quelqu'un d'important. La jeune femme retroussa donc ses manches et, pendant deux heures, bossa à fond le dossier qu'elle avait sous les yeux. A première vue, c'était un problème d'héritage. Apparemment, un cousin éloigné du dernier époux de Madame Zabini contestait le testament. Il avançait "l'insanité d'esprit". Il disait que Damoclès Belby avait été sournoisement abusé par Aaliyah Zabini, qui avait profité de sa faiblesse d'esprit pour hérité de sa fortune. Bon... Athé, il fallait le dire, n'était pas vraiment rassurée. Elle mettait les pieds dans des sphères... eh bien, dans les hautes sphères. Zabini, Belby... Des noms connus tout ça. Et elle, pauvre petite Moreau... Enfin bon, ce n'était plus le moment de penser à ça.

Il ne fallut que quelques instant à la jeune femme pour se rendre au bureau numéro 5 et tout mettre en place. Elle stressait un peu maintenant. Moins que quand elle avait apprit de qui elle allait devoir s'occuper, mais quand même. Il y avait toujours cette pression. Elle attendait, assise derrière le bureau. Elle ne cessait de tout remettre en place, même si c'était déjà impeccable, et d'ajuster son tailleur. Et, finalement, sa "cliente" entra dans la bureau. Immédiatement, Athénaïs se leva, prête à agir comme il se devait. Mais elle dut rapidement se rendre à l'évidence qu'elle n'avait pas à faire à n'importe qui. Aaliyah Zabini, dans une splendeur toute clinquante, entra dans la pièce sans regarder personne, la tête haute, confia son manteau à quelqu'un sans regarder qui c'était, puis s'installa. Elle n'avait vraiment regardé personne, pensa Athé en constatant qu'elle ne s'adressait même pas à elle mais à celui qui aurait normalement dû la recevoir : Monsieur Rosier. Se râclant légèrement la gorge, Athé prit une grande inspiration puis se rassit et se lança.

- Veuillez m'excuser, Mme Zabini, mais Monsieur Rosier ne pourra malheureusement pas vous recevoir aujourd'hui. Il est absent pour la journée, et votre convocation m'a donc été confiée. Je suis Athénaïs Moreau, en stage au Ministère depuis maintenant presque six mois.

Sa voix tremblait à peine et la jeune femme dut retenir un petit sourire. Elle était plutôt contente de la façon dont elle gérait les choses. Elle ne savait pas si dire qu'elle était une stagiaire était une bonne chose, mais elle n'allait tout de même pas cacher la vérité. Elle était ce qu'elle était.

- Donc, j'essaierais d'être rapide. Je ne voudrais pas vous retenir plus que nécessaire. L'objet de votre convocation est, je le crains, un problème concernant l'héritage de votre défunt mari, Monsieur Damoclès Belby. Il semblerait que l'un de ses cousins ait contesté le testament.

Elle s'arrêta là et regarda la femme qui lui faisait face, pour voir sa réaction. Et maintenant, comment ça allait se passer ? Est-ce qu'elle devait partir en courant ? Oh bon sang, elle aurait voulu se cacher dans un trou de souris !

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Dernière édition par Athénaïs H. Moreau le Mer 15 Fév - 21:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Ombre Sur La Mesure Sam 28 Jan - 16:04

Aaliyah se retourna et pointa un index en direction de la montagne de fourrure.

« Et vous là, rangez ça correctement, cette loutre vaut probablement plus que votre maison. »

Le larbin murmura quelque chose comme quoi c'était scandaleux d'être traité comme ça, et qu'il était le premier greffier, etc etc. Aaliyah se contenta de frapper dans ses mains et de l'inciter à se mettre mouvement avant qu'elle ne perde patience. Ah le petit personnel de nos jours !

Quand Aaliyah leva enfin les yeux, elle fut plus que surprise, elle n'avait pas devant elle le directeur de la justice magique comme il s'y attendait mais une toute jeune fille qui se présenta comme la nouvelle stagiaire. Un rictus quasi imperceptible passa sur le visage de la veuve noire, la pauvre gamine, si l'envie lui en prenait elle n'en ferait qu'une bouchée. Ses collègues avaient du penser que c'était une bonne blague d'envoyer la petite au casse pipe. Elle était sûrement pleine de bonne volonté, mais sûrement pas de taille à défier Aaliyah, cette môme portait encore des couches culottes quand la veuve noire avait déjà enterré trois maris et affronté le cour du Magenmagot au grand complet.

Elle balaya les excuses d'Athénaïs d'un geste évasif de la main.

« Hé bien, hé bien, c'est adorable, regardez vous, vous ne devez pas être plus vieille que mon fils... »

Le vieux ne manquait décidément pas de souffle, la convoquer et finalement se défiler pour la confier à une subalterne. Était-elle donc la dernière ici à avoir un sens des convenances ? D'un œil expert elle jaugea son interlocutrice. Oui vraiment très jeune, elle avait certainement fréquenté Poudlard en même temps que Blaise. Un tailleur minable, l'air gauche et emprunté, le type même de la petite fille pauvre qui travaillait dur pour s'en sortir. Et pourtant cette assurance dans la voix, alors qu'elle savait sûrement qu'Aaliyah, si elle en avait envie, pouvait la renvoyer sangloter dans les jupes de sa mère en moins de temps qu'il lui en faudrait pour dire quidditch. L'héritière était vaguement impressionnée,  elle lui rappelait la jeune fille qu'elle était à dix-huit, sautant à pieds joints dans un milieu qui n'était pas le sien.

Elle adressa à Athénaïs un sourire plein de bienveillance, sa tête ne tomberait pas, du moins pas tout de suite. Ali l'encouragea à continuer. La jeune femme semblait être dans ses petits souliers. Ce n'était sûrement pas une partie de plaisir d'annoncer à Aaliyah Zabini que quelqu'un contestait son droit à hériter de la fortune de son défunt mari. Et elle le savait très bien, au vu des précautions qu'elle avait pris pour le lui annoncer, « je le crains », « problème », « semblerait », de toute évidence la jeune employée du ministère n'était pas aussi à l'aise que voulait le voir croire le ton de sa voix. C'était Ali qui était l'accusée mais c'était l'accusateur qui tremblait dans ses bottes. S'en était presque touchant.

« Mon petit, si vous voulez durer dans cette boîte, ne ménagez pas les accusés, sans quoi ils vous boufferont. Mais en attendant, donnez-moi ça. »

Sans attendre, Ali s'empara de son dossier. Elle n'en avait théoriquement pas le droit, mais il faut savoir forger ses opportunités, et elle savait depuis longtemps qu'on est jamais mieux servi que par soi-même. Elle le feuilleta distraitement, toujours les même histoires. Pourquoi donc ses maris avaient-ils toujours un mystérieux cousin qui ne venait jamais le voir de son vivant et se manifestait toujours pour réclamer leur part de l'héritage à peine le cercueil refermé.

Ces histoires sordides finiraient par la dessécher et endommager sa meilleur arme. Elle interpella le jeune garçon qui prenait des notes dans le fond de la pièce.

« Apportez-moi un verre d'eau pétillante, avec une rondelle de citron. Je sais, je sais, vous êtes le premier greffier, vous l'avez déjà dit. Chop-chop. »

Elle se replongea dans la lecture du dossier, vraiment une affaire d'une triste banalité pour elle. Pourquoi est-ce qu'on l'avait convoqué pour ça ? Envoyer la réclamation à son avocat aurait été largement suffisant. Elle soupçonnait bien le vieux de vouloir lui mettre la pression, mais à ce compte là, pourquoi s'être éclipsé juste avant le rendez vous. Ce n'était pas un mouvement très malin de la part du cousin, Aaliyah savait être très convaincante, sa convocation tournerait fatalement à son avantage. Elle referma la pochette en poussant un long soupir.

« Vous croyez vraiment que je suis, selon les termes employé un - vélane malfaisante - ? » demanda Ali à Athénaïs en lui rendant son dossier.

Le greffier lui apporta enfin son verre d'eau, la veuve noir le remercia. Elle bu une gorgée, et commença d'une fois assurée et enjôleuse.

« Melle Moreau, vous pourrez faire parvenir à Mr Archias Belby et à son avocat la réponse suivante » Elle interpella la greffier d'un claquement de doigt « Et vous là-bas, notez bien tout ça. » Elle reprit, toujours aussi tranquille  « Je suis terriblement navré qu'il ait été nécessaire à Mr Belby de lire la rubrique nécrologique de la Gazette du sorcier pour se rappeler de l'existence de son cousin, je suis également navrée qu'à son âge il ne sache pas faire la différence entre l'affection filiale et le goût l'or, puisque visiblement c'est ce dernier qui guide son action, bien qu'il semble lui même persuadé du contraire. Je ferai preuve de bonté en ne l'attaquant pas, lui même, en justice, et ce malgré les nombreuses diffamations contenues dans sa lettre, mettant ses paroles sur le compte de la colère et du chagrin, non pas celle d'avoir perdu son cousin, cousin dont il se fichait royalement du temps où il vivait encore, mais de voir un joli magot lui échapper. » Elle bu une longue gorgée avant de continuer « Et j'ajoute également qu'il peut prendre ses petites accusations et se faire un pansement avec, l'héritage de Damoclès ayant déjà été cédé à d'autres et réinvesti. »

Aaliyah ouvrit son sac à main et en sorti un long porte cigarette en argent. Elle aspira tranquillement la fumée en attendant que son petit speech fasse son effet. Elle était très douée quand elle le voulait, et n'avait pas son pareil pour captiver et se mettre dans la poche un auditoire. Dans une autre vie, elle aurait elle-même fait une excellente avocate.

« Autre chose ? » demanda-t-elle à Athénaïs avec un sourire moqueur.

Bien sûr qu'il y avait autre chose, la tirade d'Aaliyah n'avait d'autre but que d'amuser la galerie et n'était en rien une démarche juridique. Non, pour l'instant elle s'amusait, elle jouait un jeu dont elle maîtrisait parfaitement les règles. Ali espérait que la jeune Moreau aimait les échecs, car elle venait de sauter des deux pieds dans la partie. Serait-elle de taille à prendre la reine ?

*Allez petite, pion, fou, tour, montre moi qui tu es*

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Athénaïs H. Moreau


MessageSujet: Re: L'Ombre Sur La Mesure Mer 15 Fév - 22:56

Athénaïs n'avait pas souvent l'habitude de fréquenter des gens de "la haute société". Elle ne faisait partie que de la classe moyenne, voir en-dessous, par moment. Alors, comme les autres, elle était impressionnée quand elle voyait ce genre de personne. Elles imposaient le silence et forçaient l'admiration, même les plus méprisable d'entre elle. On pouvait dire ce qu'on voulait, il se dégageait quelque chose de ces gens vivants dans l'opulence. Une sorte d'aura de puissance. Ce n'était pas forcément une puissance magique, ou physique, mais plutôt une puissance sociale. Ces gens-là pesaient dans la balance, pour la plupart. Pas pour rien que les soirées mondaines des Sangs-Purs et autres bourgeois soient tellement prisées. Quand on atterrissait là-bas, on valait quelque chose dans les hautes sphères. Alors, pour des gens comme Athénaïs, oui, cette catégorie de personnes était impressionnante. Et Aaliyah Zabini l'était encore davantage de par son assurance, de par sa prestance, sa beauté et sa réputation. Alors, quand Athé vit la femme dont elle était censée s'occuper balancer son manteau au premier greffier pour que ce dernier aille le ranger, ce qu'il finit par faire, la jeune femme se sentit un peu moins sûre d'elle. Cette femme était redoutable, c'était certain. Mais Athénaïs allait devoir l'affronter. Alors, la jeune femme rassembla tout son courage et prit une profonde inspiration. Elle allait faire de son mieux.

Athé se présenta donc et opta pour prendre des pincettes avec sa cliente. Cependant, la femme qui lui faisait face balaya toutes ses excuses d'un geste de la main et... et dit la chose qu'Athénaïs avait espéré ne pas l'entendre dire. A la mention du fils d'Aaliyah, Athé se sentit gênée. Elle se retint cependant de se racler la gorge ou de faire un autre geste qui aurait pu trahir son état plus que ses joues roses ne le faisaient déjà. Elle se contenta de tirer un petit sourire un peu faible.

- C'est vrai que je suis jeune, mais il faut bien commencer à un moment si l'on veut acquérir de l'expérience, non ?

Par Merlin, pourquoi avait-elle dit ça ? En soit, ce n'était pas impoli ce qu'elle venait de dire. Du moins, ce n'était pas par bravade qu'elle l'avait dit, ou pour faire l'intéressante d'une quelconque manière. Mais Athénaïs se rendait bien compte que la personne qui lui faisait face pouvait particulièrement mal prendre la chose. Enfin... D'un autre côté, si elle ne faisait pas preuve d'assurance, elle se ferait bouffer, comme venait de le dire Aaliyah. Alors Athé ne savait pas trop. La réaction de la sorcière qui lui faisait face serait la réponse à sa question. En fait, Athénaïs voyait de plus en plus cet entretien comme une sorte de test, de mise à l'épreuve. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ? Ne pas faire ? Comment dire les choses ? Elle allait pouvoir voir ses défauts, durant cet entretient. Car elle sentait que la femme qui lui faisait face ne se gênerait pas pour les lui dire, comme elle ne s'était pas gênée pour ordonner au Premier Greffier de mettre son manteau à l'abri. Oui, vraiment, cette femme était vraiment impressionnante. Aussi Athé choisit-elle de ne rien dire lorsqu'elle s'empara du dossier. Elle n'était pas censée faire ça, mais la jeune femme pouvait-elle réellement l'en empêcher ? Aaliyah Zabini savait peut-être mieux qu'elle ce qu'elle faisait. Oui, pour sûr, si elle avait dû avoir une personne comme cette femme pour la superviser, elle aurait appris bien des choses. Malgré sa réputation, elle restait tout de même une économiste reconnue. Elle connaissait le monde dans lequel Athé commençait à essayer de se faire une place.

Une fois la lecture du dossier terminée, Aaliyah Zabini finit par relever la tête, après avoir demandé entre temps une eau pétillante à celui qu'elle semblait prendre plaisir à martyriser, et regarda Athé en lui demandant si elle pensait sincèrement qu'elle était une Vélane malfaisante. Athénaïs resta un moment sans rien dire, un peu interloquée par la question, et, une fois qu'elle eut reprit le dossier, elle afficha un petit sourire.

- Je crois surtout que Monsieur Belby place ses arguments comme il peut, et pas de la manière la plus fine qui soit, répondit-elle en arrangeant le dossier devant elle.

Athé n'était peut-être pas censée prendre partit, mais insulter quelqu'un, même si cela restait léger, n'était pas censé se faire non plus dans une déposition de ce genre. Il fallait garder cela pour soit et aller au plus direct.Alors si Monsieur Belby se permettait d'exprimer son avis, ceux qui le jugeraient ne se priveraient pas de le faire.Et Athé réprouvait sa façon de désigner Madama Zabini, alors voilà. Si elle avait été une Vélane, ce cher Premier Greffier n'aurait pas fait tant d'histoires, n'est-ce pas ? pensa la jeune femme ne lançant un rapide coup d'oeil à ce dernier.

Soudain, Aaliyah demanda à la jeune femme de transmettre un message au cousin de Monsieur Belby. Ecoutant attentivement ce que lui dit alors la femme, Athé ne put s'empêcher d'écarquiller légèrement les yeux devant tant de franchise. Seule une personne qui ne craignait pas les conséquences de ce qu'elle disait pouvait se permettre d'être aussi directe dans ses propos. Il fallait le dire, Athé enviait sincèrement l'assurance de Madame Zabini. Elle aurait aimé avoir la même. C'était impressionnant à voir, et on sentait tout de suite une réelle fermeté derrière. Cependant, Athé savait que cela n'avait pas dû s'acquérir en un jour. Le temps et les épreuves avaient fait leur travail sur la personnalité de cette femme, sûrement. Athé ne désespérait pas d'un jour avoir la même assurance. Il lui faudrait juste travailler sur elle-même pour ça, mais elle y arriverait. Elle était une Gryffondor, oui ou non ?

- Eh bien, souffla Athénaïs, tandis que le Premier Greffier apportait ce qu'il avait écrit avec un air mécontent. Je le transmettrais.

Pas sûr que cela plaise à Monsieur Belby... Athé sentait qu'elle n'avait pas fini d'entendre parler de cette histoire. Mais elle ferait avec. Pas grave.

- Oui, il y a bien autre chose. Les accusations de Monsieur Archias Belby sont nombreuses, vous avez dû le constater. Entre autre, il vous accuse d'avoir, je cite : "manipulé et soumis à son emprise son innocent cousin dont l'esprit était trop fragile pour résister à un tel traitement". Il ajoute également que vous l'auriez forcé à retirer un paragraphe dans son testament par la suite, dont, il semblerait, il détenait une copie, déclara la jeune femme en faisant doucement glisser le papier vers la femme. Ce paragraphe le concernait directement, et il insiste particulièrement sur le fait que votre époux était sous votre influence, et donc pas "saint d'esprit", ajouta la jeune femme en faisant référence à la façon dont commençait le testament de l'époux de Madame Zabini.

Et voilà, nouvelle bombe. Il fallait dire que le cousin ne semblait pas prêt de lâcher l'affaire. Même si Athé pensait exactement la même chose que Madame Zabini, à savoir que l'argent intéressait davantage le bonhomme que son défunt cousin, la jeune femme ne pouvait se permettre de classer l'affaire ainsi. Elle devait faire son travail et, foi d'Athénaïs, il serait fait. Et bien fait, en plus !

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Aaliyah Zabini


MessageSujet: Re: L'Ombre Sur La Mesure Mer 1 Mar - 12:13

« Comme ça oui, c’est un bon début. »

Aaliyah adressa un sourire bienveillant à la jeune miss Moreau, bien loin d’être scandalisée par sa réponse un peu brusque, elle la trouvait même encourageante. Peu aurait-été prêt à le croire, et un plus petit nombre encore, ceux qui l’avait connu à Poudlard pendant ses premières années, pouvait en témoigner, mais Aaliyah n’avait pas toujours été cette grande femme sûre d’elle et égocentrique. Au contraire, quand elle était enfant elle était extrêmement timide, très peu sûre d’elle, et essayait toujours, en vain, de son fondre dans le décor. Lorsqu’elle était arrivée à l’école à onze ans,  Ali était sans nul doute la plus belle mais aussi la plus pauvre de tous les Serpentards. Beaucoup de ses compagnons au sang-pur se demandaient comment un rogaton pareil, issue d’une famille inexistante, l’histoire sorcière n’avait jamais entendu parler de ces Zabini, avait pu atterrir dans la noble maison de Salazar Serpentard. La cruauté des enfants n’ayant que peu de limite, certains l’avait affublée du surnom de « haillonneuse », en raison de ses robes de troisième main. Cette situation pénible avait durée jusqu’à ses quatorze ans, jusqu’à ce qu’elle se retrouve chef de famille, en charge de ses trois jeunes sœurs. Nécessité fait loi, il était soudain devenu nécessaire à Aaliyah de s’endurcir, et vite, il fallait que les autres apprennent à la respecter si elle voulait éviter ce calvaire à ses petites sœurs. Le ventre noué, au début, Ali commença à tenir tête à ses persécuteurs, à l’aide d’un ou deux sortilèges bien placés si nécessaire. Et cette stratégie porta finalement ses fruits, Ali y gagna en assurance et aucune de ses sœurs n’eut à subir le même calvaire qu’elle à leur arrivée à Poudlard. Considérant le genre pestes pourries gâtés qu’elles étaient devenues, ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça de les surprotéger, d’ailleurs.

Alors contre toute attente, Aaliyah éprouvait une certaine sympathie pour la jeune stagiaire en face d’elle. Elle lui rappelait la jeune femme qu’elle avait été, la veuve noire essaya de se montrer encourageante. Peu pouvait en témoigner, mais elle avait parfois de brusque accès de sympathie, comme ça, gratuitement.

« Ma mère me disait toujours, - respecte toi, personne ne le fera pour toi. - »

Les bons conseils d’Eudoxie Duvalier, folle à lier, internée depuis vingt ans. Mais il fallait bien reconnaitre que celui-ci n’était pas tellement mauvais, et s’était révélé plutôt véridique tout au long de la vie d’Aaliyah. Les autres s’étaient mis à la respecter le jour où elle avait décidé qu’elle méritait le respect.

Et question respect, le cousin Belby semblait avoir raté les leçons les plus élémentaires. Ce qui avait le don de taper sur les nerfs de la veuve Zabini. La jeune femme bouillait intérieurement, sans rien en laisser paraître, bien entendu. Si elle n’avait eu des années de self-control, Aaliyah aurait céder à son impulsion première, se serait levée, aurait jeté ce ramassis de mensonge au feu et serait sortie en claquant la porte, pour aller directement régler son compte à cette pustule. Mais des années d’une comédie bien orchestrée lui avaient appris à réfréner ce genre de pulsions. Il  fallait garder la tête froide, et se montrer patiente, la vengeance venait toujours à qui savait attendre son heure.

Pour l’instant, elle se tenait bien droite sur sa chaise, et écoutait les récriminations du cousin en sirotant calmement son verre d’eau pétillante. Cette affaire devenait pénible et prenait un tour délirant, Archias Belby aurait peut-être lui aussi pu bénéficier d’un petit séjour à St Mangouste.

Aaliyah éteignit sa cigarette et commença à réfuter les accusations une par une.

« L’argent de Damoclès, comme si j’en avait besoin, j’étais au moins trois fois plus riche que quand nous nous somme marié. »

Cette seule affirmation semblait suffisante à Aaliyah pour rendre caduque l’argumentaire du cousin de feu son mari. Pas un centime de sa fortune personnelle n’était tombé dans les poches d’Aaliyah. Et à y regarder de près, avec sa folie des œuvres humanitaires et ses couteuses recherches sur les lycanthropes, son union avec Belby avait couté plus cher à Ali qu’elle ne lui avait rapporté réellement. Tous les bénéfices ne se matérialisent pas en espèces sonnantes et trébuchantes, et c’était le cas de ce mariage ci. Mais Archias Belby semblait être bien trop dense pour s’en apercevoir.

Les accusations étaient tellement fantaisistes, qu’Ali ne pouvait s’empêcher d’ironiser.

« C’est exact, j’ai suggéré à mon époux de faire don de sa fortune personnelle à une fondation pour les enfants malades, quelle redoutable et dangereuse criminelle je fais ! »  

Le cousin avait en sa possession la première version du testament ? La belle affaire. La seconde était parfaitement en règle, devant notaire et accompagné de deux témoins, des amis proches du défunt sans aucun lien avec son épouse. Le second testament était parfaitement conforme et Aaliyah savait très bien qu’elle ne risquait rien de ce côté-ci. Et le fait que ce second testament priva la famille de parasite de Damoclès de leur part était un bonus réjouissant, elle voulait bien le reconnaître, mais ce n’était pas le but premier de la manœuvre. Cet Archias Belby s’accordait bien plus d’importance qu’in n’en avait en réalité.

Elle informa Athénaïs qu’elle lui ferait parvenir, par son avocat, l’original de ce testament dans les plus brefs délais.

« Et j’ai hâte d’entendre les témoignages sur la faiblesse de mon très cher mari. L’homme qui se levait à l’aube pour filer à son laboratoire et n’en sortir qu’à la nuit tombée. »

Feu Damoclès ne vivait que pour une seule chose, ses recherches sur la lycanthropie. Et même avoir épousé l’une des plus belles femmes du monde sorcier n’avait pas été une raison suffisante pour l’inciter à passer moins de temps dans son fichu laboratoire, et au chevet de ses sales loups-garous. Mais Archias Belby allait-il rendre Ali responsable de la dangerosité de ces monstres ?

« Et si les récriminations concernent le manoir de la famille à Sandgate, C’est désormais un centre de vacance pour les enfants de la fondation. Mais libre à lui de me le réclamer et de priver ces enfants malades du bon air marin. »

C’était l’assurance d’Aaliyah dans cette affaire, elle était certaine que Belby n’oserait pas reprendre l’héritage de Damoclès si celui-ci servait à alimenter un œuvre caritative. La veuve noire croisa les bras en attendant la suite.

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Athénaïs H. Moreau


MessageSujet: Re: L'Ombre Sur La Mesure Lun 19 Juin - 19:06

Les gens aimaient parler, colporter des rumeurs, juger la vie des autres, parler de ce qu'ils ne connaissaient pas. Athénaïs le savait très bien. En fait, il suffisait d'être passé à Poudlard pour le savoir. Il n'y avait pas de lieu plus propice aux rumeurs et aux ragots. Le téléphone arabe fonctionnait parfaitement, là-bas. Il suffisait de quelques jours, parfois de quelques heures, pour qu'une nouvelle se répande dans la célèbre école de sorcellerie. Les gens aimaient ça. Ils se délectaient d'apprendre des choses honteuses, comiques, fâcheuses,  sur des gens dont ils ne savaient rien. Et cela ne concernait malheureusement pas que les enfants et les adolescents. Athé pouvait affirmer sans problème que même les adultes se livraient à cela. Peut-être plus discrètement, mais ils le faisaient aussi. Le département de la Justice Magique était un bon exemple. Si les gens savaient à quel point certaines personnes se moquaient de leur dossier, de leur vie… C'était le cas avec Aaliyah. Ce n'était pas de la moquerie, mais on parlait de « veuve noire », de « meurtrière » même. On disait qu'elle était une femme malhonnête, froide, vicieuse.

Mais Athénaïs n'était pas d'accord.

La femme qui lui faisait face n'était pas telle qu'on la lui avait décrite. Bien au contraire. C'était une grande dame,  qui se tenait droite, la tête haute. Une allure soignée, une classe certaine. Un air sûr, piquant, mordant. Ce n'était pas le genre de femme à se laisser marcher sur les pieds. Et, malgré ce qu'on disait d'elle, Athénaïs ne pouvait s'empêcher d'être impressionnée. Mieux, elle était admirative. C'était une femme comme ça qu'elle voulait devenir. Une femme sûre d'elle, qui affronte le monde, qui ne baisse pas la tête. Elle voulait devenir plus forte pour pouvoir mieux faire entendre ses idées, pour pouvoir faire en sorte que sa famille se relève. Elle voulait être comme sa mère autrefois, toujours active, forte, solide. Elle voulait être un pilier pour elle et pour ses frères et sœurs. Elle ne remplacerait jamais son père, mais elle pourrait peut-être, qui sait, rendre son absence moins dure à vivre…

- Je pense que c'est vrai, répondit Athénaïs en faisant un petit sourire un peu triste. Malheureusement, on ne peut souvent compter que sur nous-même.

Athénaïs avait toujours pu compter sur sa famille, mais ce n'était pas de cela dont on parlait. On parlait des autres. Ceux qui ne faisaient pas partie de notre vie depuis le tout début. Les amis et autre. Athénaïs avait des amis. De très bons amis qu'elle continuait à voir régulièrement depuis sa sortie de Poudlard. Mais pour ses études, pour sa carrière, elle avait dû avancer seule. Si elle avait obtenu une réponse favorable pour le Ministère, elle avait pourtant dû batailler. Personne n'avait tenté de l'aider. Même encore aujourd'hui. La preuve, on avait refilé le dossier épineux à la petite stagiaire. Oh, bien sûr, Athé ferait tout pour être la plus professionnelle possible et mener à bien ce qu'on lui avait dit de faire. Mais personne ne lui avait facilité la tâche. Et, si elle ne s'imposait pas régulièrement, elle se faisait parfois dépasser par les autres, qui se croyaient toujours plus importants au fur et à mesure qu'ils grimpaient les échelons C'était comme ça et Athé s'était bien juré de ne pas tomber dans ces travers si elle venait à devenir plus importante dans la Justice Magique. Aaliyah avait bien raison, même si cela coûtait un peu à Athé de l'avouer : On ne pouvait souvent compter que sur soi-même. Parfois, on tombait sur des gens biens qui nous aidaient, mais la plupart du temps, c'était des gens comme le cousin du mari décédé d'Aaliyah qui surgissaient face à nous.

D'ailleurs, cette affaire… Autant y revenir. Bien sûr, Madame Zabini démonta chacun des arguments. Athénaïs était heureuse de savoir qu'elle n'était pas la cible de ce que disait sa cliente. Elle était impressionnante. Elle démontait point par point les arguments de ce cousin avec un calme et une logique imparable. Athénaïs se sentait presque mal tellement elle avait l'impression d'être empotée face à cette femme. Elle l'écoutait presque comme si c'était elle qui exposait les tenants et aboutissants de cette affaires, alors que c'était elle qui était censée diriger tout ça. Mais cette femme n'était pas n'importe qui. Athé ne pouvait qu'hocher la tête devant ce qu'elle disait, car elle était entièrement d'accord avec elle. On disait d'Aaliyah beaucoup de chose, mais on oubliait volontairement les choses biens qu'elle faisait à longueur de temps. Comme ses associations, par exemple. Comme elle venait de le dire, elle n'avait pas touché grand-chose, voir rien du tout, de son mariage avec Monsieur Belby. Tout était allé à cette association pour les enfants, même le manoir. Athé avait presque envie d'abandonner toute ces sornettes pour aller dire à Monsieur Belby qu'il aurait mieux fait de plaider sa cause lorsque son cousin été vivant.

- Bien. Je pense que cette histoire sera vite réglée, déclara finalement Athénaïs en souriant. Je ferais parvenir tout ce que vous avez déclaré à Monsieur Belby, puis des instances supérieures s'occuperont de la suite. Je pense que vous ne devriez pas avoir de problèmes Madame Zabini, ajouta la jeune femme en feuilletant une dernière fois le dossier. Je…

Un détail sauta alors aux yeux de la jeune femme. Un détail qu'elle n'avait pas vu au départ, la première fois qu'elle avait lu le dossier. Elle avait dû la sauter inconsciemment. Passer au plus important et oublier ce détail, voire ne pas le remarquer du tout. Mais elle ne comprenait pas comment...

- Euh... Madame Zabini, je...

Comment aborder ça ? Athénaïs n'avait pas penser tomber sur une telle information. Mais maintenant qu'elle l'avait... C'était intéressant. Vraiment. Il fallait dire que ce n'était pas tous les jours que la jeune femme tombait sur des choses dans le genre. Est-ce que ce serait impoli de poser des questions pour en savoir plus ? Techniquement, elles avaient terminé l'entretient. Mais... Bon, sinon, elle pouvait attendre un peu. Mais maintenant, vu sa réaction, Aaliyah Zabini allait se poser des questions. En parler ou pas ? Bon,bon... Après tout, c'était juste une petite information, hein ?

- Euh... Madame Zabini, je peux vous poser une question ? demanda alors timidement Athé, en relevant les yeux du dossier qui lui faisait face. Je viens de voir cette information au bas de votre dossier, je ne comprends pas comment j'ai pu la louper, mais... Vous posséder une association d'aide pour... pour les enfants "démunis" ? Enfin, je veux dire, pour ceux qui n'ont pas de quoi faire... énormément de choses ?

Athénaïs perdait ses mots. C'était gênant et affreusement peu professionnel. Mais c'était un sujet qu'Athé abordait avec beaucoup de prudence et donc, même en hésitant, elle préférait y allait doucement.

- Je... Si ça ne vous dérange pas, comment... Quelles sont les conditions pour pouvoir... euh... être aidé par cette association ? Si vous n'avez pas le temps, ou quoi que ce soit d'autre, je comprendrais, je... !

Bon sang. Elle était en train de perdre toute sa contenance. Il fallait dire que parler de problèmes d'argent n'était jamais simple. Surtout quand c'était les siens. Enfin, Aaliyah n'était pas forcément au courant que c'était de elle qu'elle parlait... même s'il y avait peu d'espoir, étant donné la façon dont agissait Athé.

Bon sang, c'était pas facile tout les jours d'être elle...

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