POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Sous le soleil de Satan ♦ PV C. Rosier

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MessageSujet: Sous le soleil de Satan ♦ PV C. Rosier Lun 5 Juin - 21:05

Sous le soleil de Satan



Le regard hagard, l'oeil hésitant et les paupières lourdes, l'homme attendait sagement, assis sur un des rebords de l'Atrium du Ministère de la Magie.
Il avait revêtu son plus beau costume, pour l'occasion. C'était dire. Enfin, il devenait quelqu'un. Enfin sa femme et sa mère s'entendraient sur un point ; elles avaient tout à fait de quoi être fières de lu. Il avait désormais un nom, et une fonction. Il fallait dire que ça ne serait pas de repos tous les jours. Ah ça non. On n'imagine pas la charge qui pèse sur les épaules de tous ceux qui, dans l'ombre, s'activent au service des puissants. Qui plus est dans d'immenses boutiques comme le Département de la Coopération Magique Internationale ou celui de la Justice Magique.
Personne n'imaginait la véritable charge que portaient ces hommes de l'ombre. Le peuple avait ce fâcheux don de ne pas se rendre compte de l'existence de milliers de fonctionnaires qui, qu'importait la succession des gouvernements, restaient à la tâche quoi qu'il arrive. Pour lui, ces hommes et ces femmes des administrations étaient des héros, de véritables piliers d'un système qui ne reconnaissait pas suffisamment leur travail.
Le sien, de travail, avait été enfin reconnu. Promu secrétaire du Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale. Il en avait, de la chance, de Dieu ! Van Vickost, celui qui, au niveau un, se chargeait de recruter les secrétaires et fonctionnaires, n'en avait pas cru ses oreilles. Sacré Vévé ! Oui, parce que tous s'amusaient à appeler ce pauvre homme "Vévé" au lieu de tenter de prononcer ce nom horrible qu'il valait mieux garder à distance. Ce pauvre Vévé, donc, qui avait toujours pensé que son tour viendrait. Eh bien, non. C'était lui, désormais, qui pourrait briller. Lui sur qui reposerait le destin de la diplomatie internationale, lui Andrew Neeson, secrétaire de Ferdinand Selwyn.

Il avait revêtu son plus beau costume, pour l'occasion. C'était dire. Sa femme l'avait choisi avec parcimonie et amour. Il était fier qu'elle soit tellement dévouée à sa propre réussite. Une femme comme il fallait, l'attendant le repas prêt chaque soir tandis qu'à sa famille il rapportait, après une bonne journée de labeur, de quoi subsister un jour dans plus dans ce cruel monde.
Andrew Neeson avait de quoi ravir les coeurs de plus sensibles de ces dames. De taille assez grande, l'allure élancée et les cheveux bien coiffés, l'homme semblait avoir fait en sorte que son corps soit la meilleure de ses armes. On reconnaissait de fins muscles en-dessous un costume impeccable. On ne m'y prendra pas au jeu des négligés, se disait-il parfois. Et c'était certain ! C'était qu'il avait de l'allure, ce monsieur le secrétaire de monsieur Ferdinand Selwyn, Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale.
Longtemps il avait pensé qu'il ne resterait qu'un petit attaché au secrétariat d'une quelconque ambassade. Après tout, il ne semblait pas avoir quelque chose de différent avec les autres de son espèce. Lui-même se définissait comme banal. Rien de plus normal, rappelait-il ! Il aimait faire la différence au travail, mais rien de plus. Quelques blagues avec les copains, mais il fallait vite qu'il se range dans sa petite vie qu'il avait cadrée comme il fallait. Père, mari, employé, il se sentait complet et utile à la société. Il aimait cette vie où l'envie du travail bien fait était son moteur de sept heures à dix-neuf heures avant de laisser place à la passivité intellectuelle et physique. Cela lui évitait de trop se poser de questions, et c'était tant mieux.
Et sa journée commençait, aujourd'hui, par l'attente de la rencontre qui changerait sa vie. Merlin qu'il était excité !

Et il avait revêtu son plus beau costume pour l'occasion. C'était dire !
Sept heures trente. Ce serait bientôt l'heure. Il fallait se tenir près. Vérifier son reflet dans l'un des carreaux noirs des murs de l'Atrium. Bien replacer sa chemise dans le pantalon. Oh, un plis. Il lui dirait, en rentrant, ce soir. Il y avait un plis sur sa chemise blanche ! La cravate, resserrer le noeud. Voilà, très bien. Plus qu'à attendre. Sept-heures trente-et-une, il était en retard. S'était-il trompé d'heure? De jour? Ou même, pire, Vévé s'était-il trompé de personne? Ce n'était peut-être pas lui qui avait été nommé à ce poste prestigieux. Cela expliquerait des choses...
Et dire qu'il avait revêtu... Non, ne pas y penser. Penser au costume, c'était penser au prix qu'il avait coûté. Il avait pensé au salaire qu'il aurait et s'était autorisé ce petit extra. Mais s'il pensait au prix du costume et au salaire qui risquait de ne pas venir, alors... Non. C'était une erreur de jour, ou peut-être même d'heure. Sept heures trente-deux. Deux minutes de retard. La montre n'était peut-être pas à l'heure? Comble d'une horloge ! Bon sang, et dire qu'il avait renoncé au plaisir de faire l'amour avec sa femme, comme tous les lundis de la semaine... Cette foutue carrière de secrétaire d'un vieux politicien diplomate fils d'aristocrate commençait donc bien pour lui. Et voilà maintenant qu'il se mettait à transpirer.
Respirer, il y avait sûrement erreur.
Sept heures trente-quatre. Par le cul de Merlin, c'était maintenant qu'on se foutait de lui ! Bonjour, cher ami. Bonjour, cher ami, bonjour, cher ami. Qui avait le culot de l'appeler comme ça maintenant? Et puis, comment diable pouvait-on parler avec un air aussi guindé? C'était à en rire vraiment ! Et puis cette tête !

« Bougre de diable, enfin ! Vous allez vous réveiller, jeune homme !
— Pa... pa... pardon?
Arrêtez donc de balbutier, très cher. Hauts les coeurs ! Qu'aviez-vous donc à tourner comme un lion en cage?
— C'est que... J'ai pensé que...
On ne vous demande pas de penser, mon garçon ! Tâchez de me trouver de quoi stopper mon horrible migraine. Et un thé à la bergamote, également. Qu'il soit bien choisi.
— Oui, monsieur le Directeur.
Ne restez pas planté comme un palmier ! Avançons donc, le temps presse ! Rome ne s'est pas construite en plein jour !
»

Le gras petit homme lui passa devant.

Il avait l'allure d'un bonbon au miel poudré jusqu'aux dents, emmitouflé dans un costume trois-pièces en velours et une cravate en soie, sentant bon la lavande et l'hypocrisie. Neeson n'avait eu que quelques secondes pour comprendre qu'il se trouvait devant le numéro trois du Ministère de la Magie, celui-là même à qui on avait confié la diplomatie magique anglaise, un de ceux qui portaient la Marque des Ténèbres. A l'y voir ainsi, avec ses cheveux frisés et son air maniéré, on avait de quoi se demander par quelle diablerie le mage noir le plus puissant de la planète avait eu un jour l'idée de poser la marque de ses fidèles sur le gras bras de ce politicien.
Selwyn, lui, avait continué son chemin, entouré de plusieurs personnes, dossiers sous le bras, sautillant dans l'atrium vide dans lequel résonnait sa petite voix mielleuse et doucereuse. Il ne préoccupait jamais vraiment de cette marmaille de conseillers qui l'entouraient depuis sa nomination au Département de la Coopération Magique Internationale. Certains arrivaient, d'autres repartaient. Il avait la réputation d'être un supérieur impitoyable, auprès duquel on se brûlait les ailes, bien qu'au moins on avait un curriculum assez riche.

Il était bien souvent difficile d'imaginer qu'un monstre puisse se cacher derrière un homme aussi maniéré et extravagant. Son large sourire mondain avait de quoi laisser penser qu'il était un peu vertueux bureaucrate du Ministère de la Magie; ses habits toujours soignés et élégants laissaient voir un homme cultivé et intelligent qui avait su se hisser sur l'échelle sociale du Ministère de la Magie. Mais rien ne laissait paraître le monstre qu'il était, dévoré par cette haine du sang moldu et de l'autre.
Car, comme tous les montres, Ferdinand avait en lui sa plus grande blessure qu'il voyait comme sa plus grande faiblesse. Lui, le fils Selwyn, un des héritiers d'un bien grand nom, lui pour qui la chair féminine n'avait jamais représenté quelque chose de bien attrayant ou de bien intéressant. Toute cette haine de lui, il l'avait transformée en force de destruction pour tout ce qui était différent du modèle que lui-même ne parvenait pas à atteindre.
Avec les années, Selwyn s'était forgé une carapace de douceur contre laquelle les moins vigilants aimaient se frotter. Peu imaginaient ce qui se cachait derrière le masque sucré de ce diplomate qui, après tout, n'avait jamais rien qui puisse être caractérisé de monstrueux. D'autres noms que celui de Ferdinand Selwyn faisaient frémir la nuit. Et c'était sûrement ce qu'il y avait de plus inquiétant.

Il fallut traverser nombre de couloirs, nombre de labyrinthes tortueux pour retrouver la trace de notre petit homme.
La troupe s'était déplacée avec vitesse, tandis que quelques employés arrivaient seulement dans l'Atrium. Les couloirs étaient donc encore vides, silencieux, attendant qu'un allumeur de réverbère vienne leur donner vie. Les machines attendaient qu'on leur tape dessus, les chaises semblaient soudainement toute nues sans personne dessus. La vie était en suspens, alors qu'un petit groupe de personnes se déplaçait avec vitesse.
Il y avait toujours cette cohue de conseillers autour du Directeur Selwyn, et il était paraissait certain qu'il en profitait. L'oeil froid mais la mine extravertie, il savourait cette puissance qu'il avait sur ces piètres esprits humains qui s'activaient à le satisfaire. Un Prince et sa cour, où tous s'estimaient indispensables et pensaient déjà au futur remaniement de l'équipe entourant le bonbon au miel. Tous cherchaient à paraître les plus compétents, tandis que le seul qui le tenait en tenaille était bien ce bonhomme rondelet, gras et sucré qui évoluait dans les couloirs du Département de la Justice Magique.

Selwyn était sûrement le meilleur représentant du mal.
Non pas ce mal monstrueux, celui que l'on trouve dans l'anormalité, dans l'exception, dont on ne trouve aucune source dans l'humanité même. L'origine même des horreurs entourant Ferdinand ne se trouvait pas dans l'extraordinaire. Aucun Dieu derrière tout sa création, aucun mythe derrière un homme bien humain, dans tous les faux-pas que cela peut entendre. Dans son combat contre lui-même, contre ses démons, Ferdinand Selwyn apparaissait comme le plus humain. Le mal, c'était de ne pas avoir affronté la vérité inhérente à sa propre personne. Il avait enfoui ses secrets comme on enfouit un message dans le désert dans l'espoir fou qu'un inconnu le trouve un jour et qu'il sauve de la mort son propriétaire. Mais le message était tellement bien caché et les fous tellement bien gardés que personne n'était venu déterrer le sombre chez Ferdinand. Les années passant, le sable s'était accumulé et le vieil homme s'était éloigné de ses propres démons.
Le mal avait ainsi pris toute sa place. Ferdinand avait appris à jouer avec les rôles comme un acteur qui met en scène sa propre pièce. Victime de sa propre fatalité, il ne semblait trouver une marge de liberté que dans le sempiternel jeu qu'il menait sur scène avant de se rendre à sa certaine mort. C'était l'unique moyen de se battre contre l'absurdité de ce destin déjà prévu pour une humanité vouée à la disparition. Ne pouvait pas pleinement vivre la personne qu'il était, étant forcé de vivre caché et seul, il mettait en lumière un être de papier et de mystification. Une mystification à laquelle la société aimait à croire, pour sa propre sécurité et pour son bien-être. Tant que Ferdinand Selwyn entrait, à première vue, dans les clous, alors tout était pour le mieux.
Avec ses larges yeux cernés et sa gueule de carême, la haine de Ferdinand le tenait encore en haleine, chaque jour. Pour mieux se protéger des autres, il préférait les détruire un à un, choisissant ses proies avec délectation, méthode et patience.

« W. nous a fait savoir que plusieurs mouvements en Syrie laissent penser que quelques groupes druidiques égyptiens cherchent à se rapprocher de leur pays.
Attendons encore quelques jours pour avertir le Ministre de la Magie. Que disent les rapports d'E. près du Caire?
— Rien à signaler pour l'instant, bien que l'infiltration dans le harem semble avoir fonctionner. Elle pense qu'il lui faudra plusieurs jours pour avoir un compte-rendu complet à transmettre.
Très bien. Envoyez un papier à M. pour qu'il avertisse également le Ministre Suédois. Il faut qu'il sache que des factions druidiques s'apprêtent à s'allier au Moyen-Orient. Il importe de la survie de leur propres factions.
— Bien, monsieur le Directeur.
»

Un des hommes disparut du groupe, tandis que la compagnie avançait encore, toutes voiles dehors, avec à sa tête un capitaine poudré et déterminé.
Il n'avait jamais trop aimé ce Département. Froid, austère, à l'image du vieil ami à qui il rendait visite aujourd'hui. Il s'était toujours demandé pour quelle raison ce gourgandin de Chapman avait laissé la prestigieuse Diplomatie pour la froide Justice, entouré de juristes frustrés et d'Aurors téméraires comme seule compagnie. Il y avait de quoi devenir fou, c'était sûr !

« Bonjour, monsieur Selwyn. Monsieur le Directeur du Département de la Justice Magique va vous recevoir.
C'est bien pour ça que je suis ici, parbleu ! Allez, mes mignons, au travail ! Herbet, prévenez Félicitée que nous aurons un entretien avec la Gazette dans deux heures. A onze heure, tout le monde sur le pont pour la venue du Ministre Espagnol. Volez, volez, petits oiseaux !
Le petit, vieux et gras monsieur eut alors un regard enfantin, malicieux et amusé. Qu'ils sont amusants à courir comme ça, vous ne trouvez pas? Il s'approcha, chuchotant et levant son index. La question est: pour quelle triste raison courent-ils tous ainsi? »

Il pouffa ensuite comme une précieuse des salons littéraires français du XVIIIème siècle. Tout n'était qu'un art de la simulation, après tout.
On entendit aussitôt du mouvement dans le bureau directorial. Le petit homme se redressa comme aussi vite, se recoiffa avec vitesse et méthode, replaçant ses bouclettes rousses aux racines blanches. Pendant quelques secondes, on vit sur ses traits une profonde détermination mélangée à une froideur qu'il était peu courant de voir sur cet homme pourtant si jovial. Quelques instants il sembla terriblement seul, terriblement blessé, terriblement glacial. Terriblement lui-même, en somme.
Puis on lui annonça qu'il pouvait entrer.
Alors le jeu de séduction théâtrale pouvait commencer.
Le Directeur Selwyn arbora son plus affable et douceâtre sourire, s'avançant alors avec élégance dans le bureau de son cousin.

« Mon cher Chapman ! Quel plaisir de vous revoir, cher cousin. C'est que nous courons tels des adolescents ayant volé une poire à un arbre et que nous ne prenons pas le temps de nous voir. Après tout, vous n'êtes pas venu à mon dernier dîner, mon ami ! Mais qu'importe. Entre-nous, il était terriblement ennuyeux. La vieille baronne De Saint-Clair, venue tout droit de France, est même tombée de son fauteuil. Quel remue-ménage, c'est moi qui vous le dis. Sans parler de ce vieux Valverde aussi aimable qu'une porte d'Azkaban. Jamais plus je n'inviterai cet acariâtre ! Le Directeur de la Coopération Magique Internationale s'approcha à pas de velours vers celui qu'il appréciait tant et qui, pourtant, ne lui ressemblait en rien. Comment vous portez-vous? Fort bien, je suppose? Après tout, on dit toujours que sous le soleil de Satan, seuls les échaudés ont appris à survivre. »

____________________________________

« Je vais te dire qui sont les monstres: les gens, en dehors de cette tente. Dans ta ville, dans toutes ces petites villes. Mes monstres, ceux que tu appelles dépravés, sont ces magnifiques héros qui offrent leur anormalité au monde. Ils donnent un rire frissonnant aux personnes en manque de spectacles. Chacun vit la vie qu'il a choisie. »
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MessageSujet: Re: Sous le soleil de Satan ♦ PV C. Rosier Mer 21 Juin - 11:33

Chapman Rosier aimait le calme de son bureau, l'ambiance sobre et ancienne de l'endroit, les boiseries majestueuses. On y était tranquille et rarement dérangé. Deux raisons qui, peu sociable comme il l'était, faisaient de cet endroit, qui plus est loin de ses querelles familiales, une pièce où il aurait pu rester des heures. A vrai dire, si on venait peu le déranger, c'est que Chapman Rosier était quelque peu craint par son département. Très respecté également, car sa droiture et son obstination, ainsi qu'une honnêteté intellectuelle et une vraie connaissance du droit, l'avaient défini comme homme compétent, et la compétence manquait souvent au sein des têtes du gouvernement. On lui passait beaucoup de choses parce qu'on savait qu'il traitait tout de le monde de la même manière : mal, mais de façon égalitaire. Rosier avait une conception très hiérarchisée du commandement. Concrètement, il parlait rarement à d'autres gens qu'aux chefs de service, ainsi qu'au président du Magenmagot. Eux mêmes transféraient les ordres. Pour le reste, mis à part lors de leur recrutement, où il était éventuellement présent, les employés du département n'avaient guère l'occasion de croiser leur directeur, sauf lors de rares réunions collectives où il redéfinissait les grandes priorités de la Justice Magique.

Si bien qu'au fond, parce qu'il obtenait des résultats et qu'il savait de quoi il parlait, et comme il était quasiment invisible, même si on n'avait pas forcément une haute opinion de lui-même, on avait pour lui une certaine forme d'indulgence, matinée de crainte. La réputation de Chapman Rosier était d'être impitoyable avec l'échec, que ce soit envers ses employés ou envers les criminels, car le crime était un échec pour lui. Si bien qu'on ne le disait pas pénible, mais obstiné. On ne le disait pas odieux avec ses collaborateurs, on le disait irréductible.

De fait, des collaborateurs directs, il en avait peu. Deux secrétaires, et en fait, comme dit précédemment, les chefs de service. Une stagiaire intervenait de temps en temps. Tout ce beau monde était à ses ordres, il envoyait des directives lapidaires, exigeait que tout soit rendu à l'heure, et c'était tout. Le reste du gouvernement ? Directeurs et directrices de pacotilles, presque tous modérés et à la botte de Malefoy, mais ayant peu de pouvoir. A quelques exceptions près, le vieux mangemort ne fréquentait pas tout ces gens, ce foutoir sans nom, perdu dans les mondanités, le babillage, et l'inutilité. Il méprisait ces gens qui avaient obtenu du pouvoir pour ne rien en faire. De temps en temps, il montait au premier étage, au bureau du ministre, et en revenait toujours estomaqué de l'indigence des compétences des collaborateurs de Malefoy – sans parler de Malefoy lui-même. Une débauche de luxe et de fiesta, ou rien n'était jamais important, jamais grave, ou on préférait parler de fêtes plutôt que de politique. Ca fumait des cigares et ça sortait en boite, et ça revenait le lendemain cuver au Ministère. Ils étaient tous barges, en avait conclu Chapman, ne supportant pas ce qu'il qualifiait d'asile de fou à ciel ouvert le mieux habillé du monde.

Ils ne dirigeaient rien, au fond, mais croyaient diriger : en réalité, on lui laissait une grande marge de manœuvre à un poste clé, autant dire qu'il dirigeait, lui, ce qui lui convenait fort bien, quitte à devoir monter, de temps en temps, rendre des comptes à ces dépravés. Au fond, il y avait bien deux clans au Ministère, mais pour l'instant, le sien gagnait. Il pouvait bien laisser la façade du pouvoir à Lucius Malefoy en lui donnant l'impression qu'il décidait. Pragmatique, Chapman comprenait bien que l'image du clan Malefoy faisait moins peur que la sienne et entraînait (un peu) moins de protestation que s'il avait été mis en lumière au premier plan. L'image de la modération était encore nécessaire, même si un jour, Chapman espérait ne plus avoir à mentir. Son poste lui convenait, certes : il suffisait de faire croire à Lucius qu'il était le seul maître à bord, qu'il était indépendant, qu'il décidait seul, en lui vendant des décisions que lui, Rosier, prenait, comme étant les siennes. Mais la seule solution viable était un purisme radical, non négociable : il fallait l'imposer à tous, et ce jour là, alors, quelqu'un de son camp pourrait prendre la relève de Lucius, devenu inutile. Mais qui ? Pas lui, sans doute. Chapman était réaliste, à 73 ans il était trop vieux. Il faudrait quelqu'un de plus jeune, quelqu'un qui montait.

Malefoy fils, bien sûr. Drago était un brave garçon, encore malléable, qu'ils pourraient utiliser. Bien conseillé par les bonnes personnes, dans  l'ombre. C'était son rôle, et celui des Rosier. Toujours prêts de la politique, jamais réellement dans la lumière. Influents : une place plus enviable que celle des dirigeants, car plus stable et moins soumises aux humeurs du peuple que cette dernière.

L'annonce possible de la  remise en jeu d'un siège de grand électeur, encore à l'état de rumeur pour la presse, vérité à venir dans quelques temps, servirait cette influence. Rosier avait une idée là-dessus, et il avait entre autre besoin, pour cela, d'un ami et collègue : le directeur de la coopération magique internationale, Ferdinand Selwyn. Ils se connaissaient bien, tous les deux, et ce depuis longtemps : cousin par la mère de Chapman, une Selwyn elle aussi, ils avaient un parcours similaire et avaient travaillés ensemble, notamment lorsque Rosier dirigeait la coopération internationale. Ils ne se ressemblaient en rien, pourtant, et on aurait pu croire que Ferdinand avait tout pour lui être indispensable, mais il était la face mondaine, hypocrite, nécessaire, du Padre. Le diplomate était attendu ce matin là, alors que Rosier préparait une liste d'instruction pour son secrétaire n°1, Dale Rosenfield, alors qu'Albert Cooper égrainait la liste de ses rendez-vous.

« Bien, ça suffit pour aujourd'hui, Cooper...faites moi venir Harry Cole cet après-midi, que je comprenne cette histoire de bavure de la police magique. 

- Oui Monsieur. Monsieur Selwyn est là, monsieur, Rosenfield me fait signe.
- Eh bien faites le entrer, et disparaissez tous les deux, je vous rappellerai. Faites moi venir un café et l'assortiment de thés que nous réservons au directeur Selwyn. »

Un instant plus tard, le café était servi et le thé attendait sagement. Il se leva pour serrer la main de Ferdinand, et écouta patiemment son récit des dernières mondanités en date. Il sourit de son habituel sourire placide et froid :

« Vous savez bien que toutes leurs chamailleries m'agacent, Ferdinand, je ne viens que lorsque c'est nécessaire. »


Rarement. Pour conclure des alliances, quand de vieux amis étaient là, ou des personnages nécessaires comme pions. Il en trouvait presque toujours, mais pas cette fois là. En réalité, s'il détestait effectivement les mondanités, on pouvait dire que Rosier était moins désagréable avec le reste du monde, y compris les mondains qu'avec sa propre famille. Sans aucun doute parce qu'il attendait moins du monde, jugé de toute façon médiocre avec constance, que du reste de sa parentèle. Enfin, peu importait, ils avaient du travail. Il désigna l'attirail à thé, et se servit lui-même un café.

« Cooper vous a fait préparer un thé, choisissez celui que vous voudrez. » Il but une gorgée de son café – aussi noir que son âme. « Nous avons beaucoup de choses à voir, mais je voudrais commencer par vous parler d'un projet qui nous servirait tous deux. » Il sortit le journal et le fit passer à Selwyn, pointa du doigt les rumeurs des annonces électorales de Malefoy. « Vous savez comme moi que notre ministre va effectivement proposer une nouvelle élection. Je pense que c'est l'occasion de placer un de nos hommes. J'ai quelqu'un en tête, Paul Fawley. Un type désireux de bien faire. Je compte le rencontrer bientôt. »

Manipulable, voulait-il dire. Manipulé, qu'il serait, s'ils manœuvraient bien. Ils avaient une chance de faire infléchir les choses en leur faveur, encore.

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Winter.
What are u doin' ? Tryin' to live ? Tryin' to fight ? × by lizzou.
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