POUDNOIR
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Prête-noms et porte-flingues || Paul

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MessageSujet: Prête-noms et porte-flingues || Paul Mer 21 Juin - 15:40


Assis dans un coin reculé et abrité des regards du restaurant, bien qu'offrant une excellente vue sur tous les clients, Chapman observait d'un air impénétrable les habitués du Sabot de Bacchus, finissant son déjeuner. Il n'écoutait plus vraiment le bavardage joyeux de Harry Cole, le chef de la brigade de police magique, qui mangeait avec enthousiasme tout en expliquant pourquoi non, le meurtre d'une malheureuse passante sur le théatre d'une intervention de ces hommes ne pouvait pas être condamnable. Un malheureux accident. Mais tout était malheureux accident chez Harry, qui s'il était doué comme flic, lâchait un peu trop de lest à ses hommes, selon Rosier. Oh, le directeur du département de la Justice Magique ne le disait pas spécialement parce qu'il était choqué, une sang mêlée de plus ou de moins sur terre, ça ne lui faisait ni chaud ni froid, mais il n'avait ni le temps, ni l'envie, ni l'énergie, à consacrer à régler des scandales quant à l'action de son département.

Il signala posément à Cole que c'était la dernière fois qu'il couvrait ses hommes, et l'autre lui ficha une tape dans le dos, éclatant de rire, disant qu'il en était sûr, qu'au fond, c'était bien vrai, c'était un chic type, il promettait que ça ne se reproduirait plus. Le temps que Rosier décide si oui ou non il allait écraser la tête de Harold Cole dans son assiette, car il allait sans dire qu'il détestait le contact physique, y compris des sang mêlés (surtout des sang mêlés), ce dernier était déjà passé à autre chose et lança qu'il devait partir, après quoi il mit cette affirmation à exécution. Les derniers mots que Chapman parvint à saisir avant qu'il ne passe la porte furent quelque chose du style « Maybelle, vous me rappelez un chihuaha mexicain ! », mais il ne parvint guère à déterminer s'il s'agissait ou non d'un compliment envers la serveuse.

Resté seul à sa table, Rosier commanda un dessert et profita un instant du silence total enfin revenu, salvateur après le déjeuner avec Cole. Puis il reprit son observation des clients, mangeant son morceau de pudding avec application, détaillant les entrées et sorties, jaugeant qui faisait quoi, quel était le statut du sang de chacun. Le tout ne laissait rien paraître, il aurait pu aussi bien avoir le regard dans le vague que cela  n'aurait rien changé. Pourtant, il voyait. Chaque personne, chaque détail. La fille qui rappelait un chihuaha mexicain à Cole, entre autre. Elle était petite, plutôt mignonne. Il aurait pu...il secoua la tête. Ce genre de fille était prêt à n'importe quoi pour de la promotion sociale. Il le savait, même les héritières sang pur fonctionnaient comme ça. Il avait découvert cela à l'occasion d'une énième proposition de mariage – elles étaient prêtes à tout pour réussir, y compris, tout bizarre que cela soit, à coucher pour un soir avec un vieux de plus de soixante-dix ans. S'il ne comptait certainement pas se remarier, il comptait bien en profiter...jeunes, majeures, sang pures. Tel était son créneau.  

L'amour des femmes, le coté adultère, Rosier l'avait toujours eu, comme ses fils, comme son grand-père, comme son père. Comme Adrian. Il le controlait peut-être simplement mieux que le reste des Rosier, et très peu de gens en avaient connaissance. Et puis personne ne pouvait rien dire, tout est légal. Scandaleux ? Oui. Immoral ? Oui. Dégoutant ? Oui. Chapman se jugeait aussi sévèrement que le reste du monde, avide de plaisir et de compagnie. Il valait mieux que cela, mais au fond, c'était sans doute plus fort que lui. Parfois, il en voulait plus, il imaginait plus, mais la perspective de séduire des femmes impures, ou encore de coucher avec elles, lui était insupportable, même si l'envie était grande de leur apprendre la vie, la domination, comme à cette petite serveuse...hm. Non. C'eut été reconnaître l'utilité d'un homme comme Joe Emerald, ce qui était impossible. Bien sûr, l'homme était faible et avide de chair, et personne n'échappait à cela, pas même lui, mais ce n'était pas pour cela qu'il fallait sombrer dans la décadence. Des sang purs. Pas d'enfants. Pas de preuve. Pas de scandale.

En parlant de Joe Emerald, il fallait qu'il voit Fawley pour une affaire urgente. Si Rosier savait que le propriétaire du Sabot de Bacchus était en affaire avec cet escroc, il lui pardonnait un peu : Fawley avait son utilité, et au fond, il l'aimait bien. Il ne faisait d'ombre à personne, il était loyal, et son restaurant était correct. Il jugeait qu'avoir été clément avec lui le jour de son procès était une des meilleures opérations de sa vie. Il s'était fait un allié, ce jour là, chez qui il pouvait emmener des amis, faire quelques parties de chasses, offrir des cadeaux à des clients. Un bon gars, Paul Fawley. Un bon gars. Parfaitement utilisable. Malgré les apparences, Rosier le disait sans aucune forme de cynisme. Il n'aimait pas mentir, mais si c'était nécessaire, il le ferait. Il ne pouvait pas être candidat à une élection comme celle ci, les gens se seraient indignés. Il fallait quelqu'un de rond, d'apparence proche du peuple, et qui voterait dans leur sens, car tel était tout de même le but de la manœuvre : avoir un allié de plus parmi les grands électeurs. Ce n'était pas cynique, cela ne lui paraissait pas être une manœuvre : il avait un objectif, nécessaire pour la nation, il le remplissait, c'était tout, peu importait la méthode.

D'un geste, il appela la serveuse – toujours celle qui ressemblait à un chihuaha mexicain selon Cole – et demanda si Monsieur Fawley voulait bien prendre le café avec lui. Le dit Fawley ne tarda pas à paraître. Rosier se leva pour lui serrer la main :

« Bonjour, Paul, comment allez vous ? Asseyez vous donc. Le roti était divin. »
Partout chez lui, il agissait en propriétaire, tellement imbu de lui même et de sa puissance qu'il pouvait ordonner au propriétaire. « Prenez donc le café avec moi. J'ai à vous parler d'affaires sérieuses. Avez vous entendu parler des rumeurs disant que notre ministre comptait organiser une élection ? Je suppose que vous avez vu que Avery et Miller sont candidats pour devenir grands électeurs ? »

Il voulait voir si Fawley pouvait être intéressé. Il pensait que oui. Avec les bons mots, on arrivait à tout.

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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Jeu 22 Juin - 0:05

Petit service de midi au Sabot de Bacchus. De l'avis général, ce mois de juin était bien calme pour le commerce. Paul Fawley, qui était un peu le parrain du milieu hôtelier magique, en avait discuté avec plusieurs confrères, et tous lui avaient confié leur espoir que l'été permettrait de redresser la barre. En bon type, il avait même prêté de l'argent à un jeune restaurateur qui avait quelques soucis de trésorerie. Même le Sabot accusait le coup – cela restait relatif, un établissement coté et réputé avait moins de soucis à se faire que le petit resto du coin. Il y avait des habitués, et pas n'importe qui : les directeurs de département, des membres de la haute société sorcière, et même le ministre avaient leurs habitudes chez Paul. C'était, de son point de vue, amplement mérité : il était intraitable sur la qualité des produits utilisés au restaurant, au point de se déplacer lui-même chez les éleveurs pour choisir sa viande sur pied... et en cuisine, le chef menait ses gars d'une main de maître. Rien n'était laissé au hasard. Que de l'extra-frais, de la super qualité, des cuissons parfaitement maîtrisées, et les vins n'étaient pas en reste. Grand amateur, Fawley avait ses adresses un peu partout ; il se fournissait chez des vignerons triés sur le volet, et la carte des vins comportait aussi la production de la vigne personnelle du patron, en Bourgogne. Bref, le client avait l'assurance, en choisissant le Sabot de Bacchus, que son repas serait une réussite. Pas question de laisser partir quelqu'un sur une impression en demi-teinte. Un « c'était bon » ne suffisait pas. La note était généralement salée, on ne pouvait pas se permettre, pour ce prix, de mégoter sur la qualité.

La salle se vidait, tout doucement. On ne manquait pas, en partant, de passer saluer Fawley, qui assistait au service à chaque fois qu'il le pouvait. Il accueillait lui-même les clients, les plaçait selon leurs préférences (le bonhomme connaissait la plupart de ses hôtes, et leurs petites habitudes), et venait s'enquérir du bon déroulement des agapes. C'était lui qui recueillait les compliments, qu'il promettait de transmettre aux cuisiniers, et les tapes dans le dos. Il avait parfois l'impression d'être un vieil ami de tout ce beau monde ; c'était faux dans la plupart des cas, mais il aimait cette popularité et la bonne humeur qui régnait autour de lui. Pour l'heure, il était occupé à prendre la réservation d'un employé du Ministère, département de la Régulation des Créatures Magiques, qui lui expliquait :

-Il y aura tous les Directeurs de Département des pays riverains de la Mer du Nord, leurs chefs de cabinet, plus un spécialiste des créatures marines pour chaque pays. En tout, vingt-et-une personnes. Ce sera un déjeuner de travail, le but est de parvenir à un accord avant la fin de la journée... Vous avez une salle privée ?

Ils arrangèrent ensemble tous les détails de ce fameux déjeuner, prévu quinze jours plus tard, et l'employé fila vers le Ministère. Paul rangea le gros livre qui servait à noter les réservations, pas mécontent. Un déjeuner de travail du Ministère, c'était toujours bon à prendre. Il prépara un parchemin à l'intention du chef, en songeant que dans l'après-midi, il irait bien faire un tour chez Emerald. Il y avait un petit moment qu'il ne s'était pas accordé un moment de détente... et Joe avait toujours des jolies filles sous la main. Ou des garçons, Paul aimait bien changer. Tant que c'était tout jeune et que ça obéissait bien, c'était l'essentiel. Un petit gars, pourquoi pas... avec un petit cul bien ferme...

L'une des serveuses vint le tirer de ces réjouissantes pensées, en lui transmettant l'invitation de Mr Rosier à prendre le café avec lui. Cela ne se refusait pas, bien entendu. Au passage, Paul saisit, à tout hasard, une bouteille de marc de Bourgogne et deux verres – tout en sachant que Chapman Rosier refuserait très certainement le digestif. Chapman Rosier. Vieille histoire. Plusieurs décennies auparavant, le jeune juge Rosier avait été en charge du dossier Fawley. Paul était arrivé terrifié dans son bureau, persuadé qu'on allait le brutaliser, le traiter comme un moins que rien, et finalement l'envoyer aux Détraqueurs. Rosier avait démenti ces sombres pronostics. Il avait pris le temps de questionner l'accusé, de comprendre son histoire, et l'avait finalement condamné à une peine clémente. Même l'avocat de Paul en avait été étonné. « C'est inespéré ! » avait-il soufflé à son client à l'énoncé du verdict. Fawley serra la main de Chapman Rosier en pensant, comme chaque fois qu'il le rencontrait, à ce qu'il devait au fait d'être tombé sur un juge tel que lui. Un type moins compréhensif aurait expédié le dossier en dix minutes, et l'histoire d'Apollon Fawley se serait arrêtée là. Tout à sa gratitude pour son juge, Paul ne se formalisait pas de ses manières de maître des lieux. Il s'installa face à Rosier, fit signe à la serveuse d'apporter les cafés, vaguement inquiet à l'annonce de « choses sérieuses ». Quand le Directeur de la Justice Magique vient vous parler de « choses sérieuses », ce n'est pas forcément très bon signe... La suite le détendit. Il était question de politique. Paul avait l'habitude qu'on lui parle de politique, qu'on l'interroge ; il était une sorte de baromètre du Chemin de Traverse, parlant à tout le monde et surtout aux commerçants, entendant sans en avoir l'air doléances et protestations. Cette fois, cependant, Rosier ne semblait pas s'inquiéter de ce que pensait le bon peuple ; il était question d'élections. Fawley laissa s'éloigner la serveuse qui venait de déposer deux cafés sur la table, avant de répondre :

-Oui, j'en ai entendu parler, et je me demandais justement qui serait candidat. À vrai dire, je comptais un peu sur... Enfin, ce n'est pas évident de trouver des candidats puristes, je suppose. Avery ? Pourquoi pas. C'est un type valable, il me semble. Droit dans ses bottes. Et grand amateur de mon cru de Bourgogne, ajouta-t-il comme si cela démontrait les qualités du bonhomme. D'ailleurs, Chapman, vous ne pouvez pas éternellement refuser de goûter mon marc, sinon je finirai par me vexer.

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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Jeu 6 Juil - 12:24

L'histoire avec Paul Fawley remontait à des années. Chapman se souvenait encore de la crise de rire, nerveuse et sèche, qu'il avait eu en découvrant le visage du propriétaire du si décalé patronyme de Apollon Fawley. Rosier n'était pas un homme qui riait souvent, comme en témoignait le fait qu'il se rappelle d'un évenement qui avait aujourd'hui plusieurs décennies, mais ce souvenir lui tirait toujours un sourire – le même que d'habitude, qui pouvait vouloir tout et rien dire. Il avait suivi, de loin, ce que Fawley devenait : cultiver des relations ennuyait profondément Chapman Rosier, les mondanités étaient sans doute ce qu'il détestait le plus, mais parfois, elles étaient nécessaires. Il avait appris depuis longtemps qu'avoir deux ou trois personnes qui vous étaient redevables de quelque chose, dans tous les milieux ou presque, pouvait être utile. Oh, il n'attendait pas beaucoup de Paul Fawley, ce n'était pas un homme que Chapman jugeait spécialement brillant, mais il pouvait être utile, à l'occasion.

Le jugement du directeur du département de la Justice Magique était tout aussi sévère qu'à l'époque. Fawley était un brave type, de bonne volonté : Chapman ne comprenait pas qu'il ait pu s'égarer ainsi avec cette sang-de-bourbe, mais il en était revenu, et il faisait le bon parcours. Peu enclin d'habitude à la rédemption, l'homme de loi avait jugé que le cas d'un traître à son sang revenant au bercail pouvait, à l'époque, faire un bon exemple que le purisme finissait par s'imposer. Cela faisait rédemption, un peu, révélation : cette forme de mysticisme plaisait au vieux prêcheur qu'il était et qui n'avait jamais été dépourvu, il fallait bien l'avouer, d'un certain sens de la mise en scène. Il y aurait forcément moyen de s'en servir un jour ou l'autre, avait-il songé en ne prononçant pas une peine trop forte. Chapman avait vu juste : le mangemort avait un certain flair en politique et en matière d'alliance, même si celui semblait littéralement s'évanouir dès que l'on parlait de mariages et d'alliances matrimoniales (il fallait dire que les sentiments des gens ne l'intéressaient guère et qu'il ne s'en préoccupait pour ainsi dire absolument pas, ce qui pouvait, évidemment, engendrer quelques tensions) et Paul lui avait toujours rendu service lorsqu'il le fallait.

D'abord, c'était un sang pur, et entretenir le réseau familial, même avec le plus petit des cousins, ne faisait jamais de mal à personne. Ensuite, c'était un excellent indicateur de l'état d'esprit des commerçants du Chemin de Traverse, qu'il ne pouvait pas tout à fait se permettre d'ignorer. Rosier agissait toujours en connaissance de cause, même si l'intérêt de tel ou tel groupe ne lui semblait pas primordial : être informé était nécessaire. Enfin, il avait connaissance de quelques connaissances et quelques amitiés louches de Fawley, ce qui constituait, à l'occasion, une bonne porte d'entrée pour obtenir des informations sur les activités illégales de certains qui se pensaient intouchables. Chapman Rosier ne digérait toujours pas que Joseph Emerald s'en sorte impunément, et il n'avait aucun scrupule, à l'occasion à écouter Fawley parler de son ami pour essayer de rassembler quelques preuves contre l'ancien auror. Malheureusement, il doutait pour l'instant d'avoir gain de cause, pour la simple et bonne raison que le parrain de la mafia magique qu'était Emerald avait un peu trop de clients connus qui auraient moyennement aimé le voir tomber. Si tous ces gens n'avaient pas été aussi corrompus, la société eut été meilleure. Ils le dégoûtaient littéralement, lui, le vieux prêcheur qui ne pensait qu'au purisme, qui ne supportait pas qu'on parle d'autre chose, qui n'avait aucun autre but.

Mais Chapman avait les moyens de faire changer les choses. D'affirmer un purisme plus radical. Malefoy présenterait le candidat que le parti lui donnerait : tout ce qu'il verrait, en cas de victoire, c'est que les merlinistes étaient battus. En vérité, en plaçant un de ses pions, Chapman renforçait un peu plus l'influence du courant puriste le plus radical et excluait un peu plus les modérés de Malfoy. Lucius n'y comprendrait rien : du moment qu'on le laissait organiser ses fêtes, il croirait avoir le contrôle. En attendant, il ne lui restait plus qu'à appater son pion.

Paul n'avait, d'ailleurs, l'air de se douter de rien. Il évoquait la politique sans imaginer le moins du monde les intentions de Rosier, apparemment. Peu importait, il comprendrait assez vite. Au fond, le mangemort était à peu près sûr de réussir : il comprenait assez bien la bonne pâte qu'était le restaurateur. Ce n'était pas un méchant homme, il était plein de bonne volonté, et il croyait au purisme : dans le fond, il était quasiment devenu un ami, plus qu'une source d'information ou quelqu'un dont il pouvait se servir. Chapman pouvait être sans doute sévère envers cet homme débonnaire, mais il appréciait la constance et le parcours droit, depuis sa sortie d'Azkaban, du bonhomme. Aussi se permit-il un de ses sourires un peu froid, dont on ne savait jamais trop quoi penser :

« Une autre fois, une autre fois, sans doute...j'emmène ma nouvelle assistante déjeuner mardi prochain, nous l'avons juste recrutée. Il faut que je vous la présente, elle est tout à fait exceptionnelle. Je me ferais un plaisir de goûter votre vin à ce moment là. »


Sa nouvelle maitresse aurait été une façon plus juste de la décrire, mais ce genre de choses, on le devinait, on le sous-entendait, on ne le disait pas : pas de scandale, jamais. Le credo de Chapman Rosier restait encore et toujours le même, et rapidement, on en revint à la politique.

« Oh, trouver des candidats fait l'objet d'une large discussion, ce n'est pas facile, vous avez raison. Mais nous avons fini par nous mettre d'accord sur ce que nous attendions du candidat. Nous voulons quelqu'un de sang pur, ce qui exclut Miller, et quelqu'un de fiable : vous savez comme moi que Avery ne l'est pas. » Il avait trahi. Et dire qu'il aimait le bon vin était un euphémisme. Avery était un alcoolique fini. « Nous voulons quelqu'un de droit, qui soit capable de défendre le purisme, hors de toutes considérations politiciennes. » Il ajouta sans plus d'émotion que cela : « Beaucoup ont proposé ma candidature. Je ne souhaite pas aller à cette élection, je pense que c'est une mauvaise idée, pour ma part. Les gens me connaissent, et même si je suis insensible à tous ces jeux de pouvoir, ils ne comprendraient pas ce cumul de postes. Je crois qu'il nous faut quelqu'un aux prises avec le réel, quelqu'un avec qui les gens peuvent s'identifier. Cette explication a convaincu au sein du parti. Et aujourd'hui, nous souhaiterions vous proposer de représenter Force Puriste, Paul. De nous représenter. »

Sang pur, ayant assassiné une sang-de-bourbe, restaurateur et hotelier, connu pour sa gentillesse et son affabilité : un parcours juste assez clivant pour convaincre les plus radicaux des puristes, surtout si lui, Chapman, affichait son soutien à Paul, et assez souple pour convaincre la masse populaire qu'au fond, c'était quelqu'un proche d'eux. Tout pour convaincre tous les électeurs. Tout pour gagner et renforcer le pouvoir des plus extrêmes du parti en soufflant au candidat quelques bonnes idées.   Si Fawley tombait dans le panneau. Si son ego était flatté. Rosier pariait que oui.

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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Lun 10 Juil - 23:32

L'instruction du procès Fawley remontait à bien des années, mais devant Chapman Rosier, Paul se sentait toujours un peu intimidé, comme il l'avait été à l'époque. Lors de sa première entrevue avec le juge, il était – il s'en souvenait bien – proprement terrifié, tremblant de la tête aux pieds, prêt à se liquéfier si on lui parlait un peu fort. Pas du tout le criminel endurci qui tient tête à n'importe quel magistrat, sourire narquois aux lèvres. Rosier n'avait quasiment rien eu à faire pour obtenir des aveux complets. Il s'était montré bienveillant avec l'accusé, du début à la fin de l'interrogatoire – et même après, puisqu'il avait pris la peine de le recommander au directeur d'Azkaban et de prendre de ses nouvelles. Rosier avait alors pour lui la supériorité de celui qui ne risque rien, protégé par sa robe de juge et par sa position dans la société. Il avait encore cette aisance tandis qu'il parlait à Paul, l'invitait à s'asseoir, se comportait en propriétaire dans le propre restaurant de Fawley. En le voyant aussi sûr de lui, Paul revoyait ce jeune juge qui lui avait parlé comme à un ami. Il n'avait pas compris, alors, que Rosier manœuvrait pour se faire de lui un obligé, que la lettre de recommandation au directeur d'Azkaban n'avait rien de désintéressé. D'une manière générale, Paul ne prêtait pas de mauvaises intentions aux gens, même à un personnage aussi peu scrupuleux que Chapman Rosier. Il était facile à manipuler, et cela devait sauter aux yeux de n'importe quel combinard. Si avisé qu'il fût en affaires, il demeurait presque aussi naïf que lorsqu'il était gamin et qu'il croyait à peu près tout ce qu'on lui disait. Il n'avait jamais vu malice aux menus services que Rosier avait pu lui demander ; après tout, ne lui était-il pas redevable de bien plus ? Le meurtre de son épouse aurait pu lui valoir trente ans de prison, mais son histoire avait semblé intéresser le juge. Un peu étonné, Paul avait répondu à toutes les questions, le plus honnêtement possible, tout en se demandant en quoi le statut du sang de la victime, et le sien propre, pouvait être important. Il n'avait pas osé poser la question, et avait compris plus tard, en découvrant le purisme. Il avait eu de la chance de tomber sur un magistrat puriste, qui avait décidé de faire de lui un exemple – dans le bon sens du terme, en se montrant clément. Cela valait bien de lui rendre service de temps à autre, d'autant qu'il ne demandait jamais rien de bien méchant.

Chapman ayant refusé son verre de marc, Paul n'en prit pas lui-même ; il ne put, cependant, s'empêcher de corriger :

-Ce n'est pas du vin, c'est un alc...

Il s'interrompit. Manifestement, Rosier n'était pas là pour prendre une leçon d’œnologie.

-Peu importe, conclut le patron du Sabot dans un murmure, comme pour s'excuser de cette intervention intempestive, avant d'annoncer : Je vous réserverai une table au calme, pour mardi, vous faites bien de m'en parler.

Il se tut, conscient que ces détails n'intéressaient pas Chapman. Malgré son esprit plutôt lent, il avait compris que le Directeur de la Justice Magique était là avec une idée précise ; ignorant laquelle, il lui semblait préférable de laisser parler le Mangemort. Depuis leur toute première entrevue, Rosier avait toujours été celui qui avait mené les conversations, et même quarante ans après, Paul ne se voyait pas lui contester cette prérogative. Il sirotait donc son café en l'écoutant, un peu mal à l'aise à l'idée d'entendre des choses plus ou moins secrètes concernant la politique. Pourquoi Chapman lui disait-il tout cela ? Cela ne le regardait pas. À eux de se mettre d'accord, entre hautes huiles du parti, non ?

La fin de l'exposé le cueillit avec la force d'un uppercut. Chapman avait dressé le portrait d'un homme idéal, droit, fiable, et la conclusion était pour le moins inattendue. Lui ? Paul Fawley, simple restaurateur, Grand Electeur ? Le bonhomme demeura silencieux un instant, stupéfait, puis articula d'une petite voix :

-Ça alors... Moi ? Vous... vous êtes sûr ?

À un autre, il aurait demandé s'il plaisantait, mais Chapman Rosier ne plaisantait jamais. Il posait d'ailleurs sur Fawley un regard interrogateur, attendant manifestement une réponse. Pour le coup, Paul se servit une rasade de marc, qu'il avala d'une traite pour se remettre. Tout cela était bigrement flatteur. On avait pensé à lui en haut lieu. On l'avait jugé digne de briguer un poste de Grand Electeur. Et Chapman Rosier en personne venait le prier de représenter Force Puriste. L'heureux élu hésitait pourtant, murmurant :

-Mais... vous croyez que je saurai faire ça ? Je ne suis pas... enfin je veux dire... je n'ai jamais...

Et Rosier posait toujours sur lui ce regard tranquille, celui de l'homme qui domine la situation, qui fait bouger les marionnettes à son gré. Sans doute savait-il déjà, aux balbutiements de Paul, qu'il avait partie gagnée, mais il n'en montra rien, jusqu'à ce que, d'une voix étranglée, le restaurateur finisse par lâcher :

-Eh bien... si vous pensez que c'est ce qu'il faut... d'accord...

Ayant dit, il se resservit un peu de marc, répétant « ça alors » dans sa barbe, comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête.


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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Mer 12 Juil - 14:24


Chapman Rosier était un homme sûr de lui : pas par arrogance, il détestait les gens arrogants, mais parce qu'il savait qu'elle était sa place dans le monde. Et le monde lui appartenait. Il était issu d'une famille si riche et si vieille que même lorsqu'il n'occupait aucune fonction officielle, et même lorsque les idées puristes allaient de défaites en défaites, il n'avait jamais manqué de rien, jamais eu réellement à subir les conséquences de cet engagement, de ces idées. Son nom lui ouvrait toutes les portes, et une subtile capacité à manœuvrer, à exposer, à débattre, à convaincre enfin, avaient contribué à le porter aux nues. Seule, finalement, la mort d'Evan et la chute de Voldemort, avaient pu l'atteindre dans ses projets – la mort de sa femme n'étant finalement qu'une conséquence sur sa vie personnelle. Et si le décès de Joséphine l'avait profondément affecté, autant que la mort de son fils, Chapman n'en avait rien montré. Ca n'aurait pas été digne de lui, de son nom, de sa famille. Il y avait de la constance dans son parcours : il allait toujours dans le même sens, peu importait les rares conséquences qu'il y avait sur sa vie. En réalité, les conséquences, c'était presque uniquement pour celles des autres.

Par exemple, Fawley, ça allait sans doute sacrément bouleverser sa vie, s'il devenait grand électeur. Mais la nécessité primait. Chapman se fichait bien que cela puisse avoir des conséquences : en réalité, d'ailleurs, il estimait que Paul pouvait lui être reconnaissant, il gageait d'ailleurs que le restaurateur le serait. Il l'avait sorti du néant, lui évitant une sacré peine à Azkaban, le baiser du détraqueur et compagnie, de cette sordide fange où l'avaient plongé ses propres erreurs : Fawley lui devait bien ça. Et puis, ce n'était pas une punition : beaucoup de gens au parti auraient adoré devenir grand électeur, littéralement. Tous n'en avaient pas les capacités : idéalement, Chapman aurait voulu placer quelqu'un capable d'agir par lui même sans qu'on ait besoin de lui donner des consignes, un égal, quelqu'un comme son fils Evan, oui, du même acabit en tout cas. A défaut, quelqu'un d'un peu manipulable pouvait suffire. Devrait suffire. Oh, il savait que Fawley ne lui refuserait rien parce qu'il lui devait quelque chose : c'était la raison principale de son choix. Mais il y avait beaucoup de gens qui étaient redevables à Chapman Rosier. Donc, pourquoi Paul Fawley, cet obscur poufsouffle qui n'avait en commun que l'âge et le sang avec le vieux mangemort ? La question méritait d'être posée mais trouvait finalement une raison assez simple : outre le parcours assez intéressant qu'il présentait, c'était la conviction que Fawley était un type sincère qui convainquait Chapman de lui proposer cela.

Cela arrangeait ses affaires, certainement, et celles du purismes, donc il le faisait sans aucun scrupule, mais s'il avait convaincu ses amis du parti de soutenir son idée, il y avait bien une part d'arguments qu'il ne disait pas. Il était d'abord absolument convaincu que Paul était sincèrement puriste. Ensuite, la loyauté du restaurateur, une qualité rare en politique, faisait estimer à Rosier que le restaurateur méritait, d'une certaine façon, une récompense. Il avait toujours été là. Des années auparavant, quand Evan était mort, Fawley avait été l'un des premiers à le soutenir, lui et sa femme. Rebelote quand Joséphine était morte. La bonne volonté, la loyauté, la sincérité : voilà ce qui rachetait Fawley d'un parcours somme toute médiocre voire un peu glauque lorsqu'on additionnait le côté sang pur un peu déchu,le fait que le restaurateur vienne de Poufsouffle, l'assassinat de sa femme, et une certaine naiveté, qui elle, arrangeait fortement le directeur de la Justice Magique.

Il tapota fermement l'épaule de Fawley :

« Allons, ne vous dénigrez pas : je ne suis pas connu pour choisir des incapables à des postes clés. Nous vous croyons capable de faire tout cela, ce n'est pas un hasard. »
De nouveau il se mit à sourire sans aucune chaleur : «  Vous avez toujours été un partisan exemplaire du purisme depuis Azkaban, Paul, et vous êtes un modèle d'entrepreneur : les gens s'identifieront à vous. Tout cela ne peut que marcher. »

Oh, bien sûr, Chapman ne comptait pas laisser le restaurateur tout seul dans la nature, en roue libre, c'eut été très dangereux et sans doute un peu contreproductif. Donc il allait cadrer tout ça, évidemment. Il se resservit un café et reprit la parole :

« Bien entendu, nous ne vous laisserons pas tout seul, Paul. Vous voterez vous même, en votre âme et conscience, mais le parti mettra une équipe à votre disposition et bien entendu les projets du parti, que vous représenterez, seront discutés avec vous. Nous avons des équipes pour ça. Un de nos thinks thanks est déjà au travail pour vous aider à préparer votre campagne. Nous allons vous recruter une équipe, vous donner un qg de campagne, il y a un superbe open space vide au siège du parti, modéliser le design de votre candidature.  Je vais vous prévoir un ou deux spin doctors pour qu'ils fassent un focus sur ce que vous devez savoir – et puis évidemment, un brainstorming pour pouvoir connaître vos potentiels adversaires et préparer le débat. »

Il balançait des mots techniques, complexes, ceux de l'art de la communication, que Chapman détestait autant qu'il le maitrisait à la perfection. Toutes ces choses utiles mais ennuyantes, mais tellement pratiques pour faire croire à un type un peu perdu qu'il maîtrisait la situation. Il n'était pas tout seul, toute une équipe au fait du langage si nouveau des communicants était avec lui, hauts les cœurs ! Et même si Fawley ne devait rien y comprendre, Chapman pariait tout de même que tout cela allait le rassurer.

« Évidemment, il va y avoir un candidat merliniste en face de vous. Cela ne doit pas vous faire peur, le parti sera là pour vous aider. Même si nous ne savons pas encore qui sera candidat, peut-être Charles Harper, peut-être quelqu'un d'autre, nous attendons de savoir qui ils choisissent, soyez sûr que vous n'êtes pas tout seul. Nous devons gagner cette élection, Paul, et pour ça, nous allons y travailler ensemble. » Il pointa un doigt vers sa propre poitrine. « Je serais là personnellement pour vous soutenir, parce que je crois sincèrement que vous avez les moyens de faire gagner le purisme. Plus encore, que vous méritez de le faire. »

Cela, c'était sincère. Mais comment démêler le vrai du discours visant à convaincre son auditoire ? Chapman débitait tout sur le même ton décidé et ne souffrant pas de contradiction. Impossible de savoir quand il était sincère ou quand il cherchait à manipuler quelqu'un.

« Bien sûr, il y aura quelques formalités à remplir. Il faudra que vous deveniez officiellement membre du parti, si vous ne l'êtes pas déjà. Et nous comptons sur vous à quelques événements officiels. »


Il pourrait y ramener son assistante, cela l'amuserait sans doute. Elle aimait les fêtes et ce serait l'occasion d'en faire une, même s'il se devait bien sûr, de s'y comporter en patron modèle.

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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Dim 16 Juil - 21:12


Contrairement aux apparences, Paul n'était pas dépourvu d'intelligence. De malice, oui, mais, s'il était naïf, il n'était pas idiot pour autant. Il se rendait bien compte de la révolution que sa candidature allait provoquer dans sa propre vie, mais aussi dans sa famille et dans ses affaires. Briguer un siège de Grand Électeur, ce n'était pas rien. Jusqu'alors, il avait vécu paisiblement, en s'occupant uniquement de ses restaurants, puis de son entreprise de loisirs. À sa sortie d'Azkaban, il n'aspirait qu'à une petite vie calme, rangée, sans trop d'imprévus. Il n'avait jamais été un aventurier, et hors des parties de chasse où il appréciait les montées d'adrénaline, tenait à son petit confort. Et voilà qu'il se lançait, à soixante-treize ans, dans la politique ! C'était effrayant, bien entendu. Pendant toute la campagne, et pendant son mandat s'il était élu, il lui faudrait renoncer à son train-train si chèrement gagné. À commencer, songeait-il, par les petites visites aux filles de l'Emerald's – cela ferait tache pour un Grand Électeur, si cela venait à se savoir. Il lui faudrait s'organiser pour que tout cela soit parfaitement discret, comme devaient le faire tous les autres. À n'en pas douter, Joe saurait s'y prendre. Mais il n'y avait pas que cela. Toute sa vie allait sans doute changer. Il y aurait les réunions de travail, les cocktails, toutes ces obligations qu'il s'imaginait à peine. Un emploi du temps terriblement chargé, estimait-il. Répondre aux journalistes, aux solliciteurs, aux contradicteurs aussi. Se montrer, serrer des mains, glisser un mot à chacun. Et, dans le calme de son bureau, lire la presse, les notes de synthèse, s'entretenir avec ses conseillers. En serait-il capable ? La charge de travail ne lui faisait pas peur. Il avait toujours abattu, à lui seul, plus de travail que de raison, et l'âge n'était pas une raison pour que cela cesse. Intellectuellement, il avait conscience de ses failles. Il se savait trop enclin à la gentillesse, aux réponses pas assez réfléchies – il faudrait travailler sur tout cela. La presse était à l'affût de chaque petite bourde, autant ne pas leur donner ce plaisir.

Par-delà la peur, le restaurateur éprouvait une étranges satisfaction. La confiance de Chapman Rosier et du parti le remplissait de fierté. Il avait été choisi, lui. Pas un instant il ne se figura que c'était précisément parce qu'il était malléable que Rosier avait jeté son dévolu sur lui ; il voyait cet honneur ultime comme une sorte de consécration. Paul se voyait comme un self-made-man, sorti à force de volonté de la pauvreté et de la déchéance. Il ne devait sa réussite et sa réhabilitation qu'à lui-même, à sa ténacité et à son goût de l'effort. Et ceux qui avaient accompagné cette ascension lui offraient désormais la chance de prouver à toute la société qu'il était devenu quelqu'un qui comptait. Cela avait un goût de miel, après une vie de labeur. Chapman insistait, d'ailleurs, sur son soutien personnel et la valeur du candidat. Il enchaîna sur un discours auquel Paul ne comprit goutte, mais il préféra ne pas l'avouer ; il se contenta de hocher la tête en murmurant « très bien, d'accord » en essayant de retenir un maximum d'éléments. Il aurait une équipe, des conseillers en communication, à la bonne heure ; des gens qui maîtrisaient tout cela, c'était rassurant lorsqu'on était soi-même un parfait néophyte en la matière.

Machinalement, Paul se resservit un verre de marc lorsque Rosier évoqua son concurrent merliniste. Voilà un contretemps auquel il n'avait pas pensé : les merlinistes allaient présenter quelqu'un, bien sûr. Il faudrait débattre contre ce type-là, et emporter le morceau. Et Harper, si c'était lui, n'était pas un petit poussin... Fawley fit la moue, mais la conviction de Chapman était communicative. Il était sûr de gagner, de faire gagner Paul. Comment ne pas y croire ? Il connaissait assez le milieu de la politique pour savoir ce qu'il disait.

-Votre soutien me touche beaucoup, Chapman. Et je dois dire que je suis rassuré d'être guidé par quelqu'un d'aussi expérimenté que vous. Je n'ai jamais fait de politique, moi... non que ça ne m'intéresse pas, mais je n'ai jamais osé.

Parfois, Paul Fawley s'était rêvé en orateur inspiré, en meneur de foules. Il montait à la tribune pour y prononcer des discours enflammés, on l'écoutait en retenant son souffle, et une longue ovation montait de l'auditoire lorsqu'il terminait sa harangue. Comme tous les timides, Fawley avait besoin de ces chimères pour accepter chaque jour d'être un type maladivement réservé. Il savait depuis longtemps que ce n'étaient que rêveries, mais de temps en temps, il prenait plaisir à s'imaginer en idole de la société sorcière. Il adressa un sourire à Chapman, et précisa :

-Je suis déjà membre du parti, ça fera une formalité en moins.

Il était même un membre bienfaiteur, versant chaque année une belle somme d'argent en plus de sa cotisation, pour la plus grande gloire du purisme. Son aisance lui permettait désormais d'être généreux avec les causes qui lui tenaient à cœur, au premier rang desquelles figurait la diffusion des idées puristes.

-Bien sûr, des événements officiels, répéta ensuite Paul.

Cela le tracassait un peu, à vrai dire. Il n'avait pas l'habitude d'être au centre de l'attention, pas de cette manière. Au restaurant, ce n'était pas pareil. Il rencontrait des tas de gens, mais tous les regards n'étaient pas tournés vers lui, et surtout il maîtrisait son sujet. Là, il faudrait bien préparer ses prestations... Nerveux, il demanda :

-Vous pensez que ce sera possible de faire des... comme des répétitions ? Comme je vous disais, je n'ai jamais fait ça, ça me rassurerait de pouvoir m'entraîner. Dès demain, s'il faut. Pour être bien prêt quand il faudra parler en public, vous savez.

Paul n'avait jamais rechigné à travailler, et il sentait qu'il devrait s'appliquer à bien apprendre ce nouveau rôle pour ne pas décevoir son public – et, surtout, son metteur en scène.

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MessageSujet: Re: Prête-noms et porte-flingues || Paul Ven 11 Aoû - 22:25


Il y avait un côté impitoyable, chez Chapman Rosier, qui était fortement indiscutable. Il utilisait les gens à son avantage, comme il voulait, quand il voulait. Ce n'était pas, sincèrement, quelque chose de mauvais, du moins ne le pensait-il pas. Il avait une vision, disait-il, claire et nette de ce qu'il fallait pour ce pays. Ce vocabulaire mystique, quasi-religieux, était peut-être encore plus étrange et terrifiant que la froideur du vieux mangemort, à laquelle, somme toute, on s'habituait. Chapman Rosier se posait en prêcheur et se prenait pour un prophète. Il était là pour sauver les mortels de la décadence, et empêcher la sorcellerie de sombrer dans le chaos. Il avait cette responsabilité parce que sa famille était riche, et puissante, et surtout ancienne et d'une pureté immaculée. Il représentait l'essence, la quintessence du purisme. Il prêchait, convainquait, et on se ralliait à lui, car il vendait si bien l'Apocalypse qui régnerait si on laissait courir le monde à sa perte qu'on ne pouvait s'empêcher de croire un peu en ce vieux bonhomme – à défaut de l'aimer, on ne pouvait que constater qu'il savait parler. Et quand il ne savait pas parler, quand il ne pouvait pas le faire, il envoyait des gens pour délivrer son message. Son but assumé était qu'à terme, les principes les plus radicaux du purisme gouvernent la société. Pour cela, il fallait placer des hommes à lui partout.

Et Rosier en était sûr, Fawley serait de ceux là. Des amis, des alliés, au sein de l'Angleterre magique, qui lui semblait être la priorité, Chapman en avait beaucoup – plus d'alliés que d'amis, d'ailleurs, il fallait bien l'admettre. Il avait une méthode proche de celle de la mafia, il rendait service, et en échange, il faisait promettre rétribution. Il arrangeait les problèmes des uns et des autres – chacun ou presque étant son débiteur, il pouvait à tout moment actionner un levier pour débloquer des situations. Son réseau se basait là-dessus : il rendait service, en échange de quoi il en faisait promettre un autre, mais qu'il n'exigerait peut-être jamais.

C'était parfois cynique, parfois un bon échange. C'était également le choix de l'efficacité, avec cynisme, sans penser aux hommes et à leurs aspirations. Sans penser qu'ils étaient autres choses que des pions. Mais l'avis de Chapman se résumait à peu de choses, là-dessus. Utilisez moi, car je vous utiliserais, et il n'avait jamais fait que cela : si les autres étaient assez idiots pour ne pas l'utiliser, ils ne méritaient rien d'autre que ce qui leur arrivait.

Il continua d'un ton paisible et sûr à assurer Paul de sa sympathie : Fawley manquait un peu de confiance en lui, il faudrait travailler, rendre ça plus crédible, un peu plus fluide, pour les discours.

« C'est bien parce que vous n'osez pas que vous intéressez Force Puriste, mon cher Fawley. La plupart des gens qui nous dirigent ne veulent pas le bien de notre pays, ne veulent pas faire de politique, ils veulent assouvir leur ambition personnelle, obtenir de jolis galions sonnants et trébuchants, et derrière, il n'y a aucune volonté de réforme. Nous sortons d'une guerre, et ils l'ont tous oubliés, des gens sont morts pour porter le purisme au pouvoir, et quoi ? Rien. Aucun effort, aucune réforme. Ils veulent un poste et faire la fête. C'est ce que nous voulons combattre. Nous voulons de l'action, quelqu'un qui soit prêt à faire l'effort, quelqu'un qui puisse ressembler au peuple et l'entrainer dans sa volonté de réforme. »


Qui mieux que Paul Fawley, honnête homme, pour contrecarrer une vision qui commençait à s'imposer du purisme et qui ne plaisait pas à Chapman ? Le purisme, ce n'était pas les fiestas et raouts de la bonne société, Adrian qui se mettait minable et un ministre pointant aux abonnés absents. Le purisme était radical. Le purisme était un combat perpétuel. Le purisme, c'était la sorcellerie, la vraie, contre la décadence, la fin du monde. Des gens étaient morts dans ce combat, et parmi eux les enfants de Chapman Rosier. Il ne voulait pas qu'on oublie Evan, que tous ces sacrifices aient été fait vain. Maintenant ils avaient une chance de mettre en œuvre leur idéal, et si Lucius Malefoy ne faisait rien, tant pis, Rosier forcerait le destin.

Voilà entre autre pourquoi il choisissait Paul Fawley. C'était un personnage sympathique. Même lui, Rosier, pourtant peu enclin à l'amitié, avait une certaine amitié pour lui. Il plairait aux gens. Il était assez puriste pour plaire à ses alliés radicaux du parti. Il lui devait assez pour lui obéir, et une fois qu'on lui aurait expliqué la machine, Chapman était certain qu'il serait quasiment assez autonome, car assez convaincu, pour fonctionner, non pas en autonomie, mais sous surveillance relâchée. Semi-liberté. Placer des pions qui pouvaient réfléchir par eux mêmes et qui lui étaient dévoués, voilà qui convenait à Chapman.

« Oh, nous allons vous préparer, Paul. Nous vous ferons passer du statut de restaurateur à celui de grand électeur en puissance. Je connais déjà votre volonté de faire triompher le purisme. Je sais que je peux compter sur vous pour prendre les bonnes décisions, approuver les projets qui feront progresser le purisme et rejeter ceux des merlinistes, qui ne feront que nous enfoncer. Ils essaieront de vous corrompre, de vous faire flancher, de vous déstabiliser. Avant et après la campagne. Ils vont dire, je peux déjà vous le prédire, que vous êtes l'homme d'un clan, que vous êtes ma marionnette. »


C'était parfaitement vrai, mais il fixa ses yeux glacés dans ceux de Paul Fawley et prononça avec détermination quelques mots d'une voix précise et sans appel :

« Vous n'êtes pas un de mes porte-flingues, Paul, vous êtes le candidat grand électeur qui représente le purisme. Les puristes. La sorcellerie qui se bat pour rester digne, pendant que des merlinistes oiseux préparent des attentats et des manifestations pour corrompre notre société, empêchent les gens de travailler et causent du désordre. C'est ce genre de réponses que vous devez leur donner, sans avoir peur. Ce sont des minables, Paul, jaloux et ignorants. N'ayez pas peur d'eux. On va vous apprendre à leur répondre, ne vous en faites pas. Des répétitions sont au programme, on va vous donner des éléments de langage. » Il jeta un œil critique au restaurateur. « Peut-être un peu rajeunir votre image, nous verrons ça avec vos conseillers. » Il consulta sa montre, il fallait qu'il retourne au bureau, il avait programmé dans l'après-midi un rendez-vous avec deux ou trois juges du magenmagot. « Je vais devoir vous laisser, mon cher Fawley. N'oubliez pas mon déjeuner avec mon assistante, n'est-ce pas ? » Il serra la main du restaurateur. « Je vous ferais envoyer un hibou avec les événements auxquels vous devez assister, des réunions et des répétitions avec vos conseillers. Tout va aller excellemment. Au plaisir, Paul. »

Et c'était une affaire, et un succès de plus pour Rosier. Il n'aimait pas manipuler les gens, mais c'était ainsi, et il le fallait. C'était un mal nécessaire, pour le plus grand bien.

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Prête-noms et porte-flingues || Paul

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