POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Merlinisme électrique

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Charles L. Harper


MessageSujet: Merlinisme électrique Ven 30 Juin - 15:07


De son bureau au siège du MpM, Charles Harper pouvait observer le Chemin de Traverse en fête. Fumant une cigarette en silence, il observait de jeunes recrues de FP distribuer des tracts, pas si loin du siège. Ils ne manquaient pas d'audace. La plupart des passants du coin refusaient de prendre le bout de parchemin vantant les mérites du candidat du parti puriste. Cela lui tira un ricanement. Le ricanement de l'ancien monde. Oh, oui, ils avaient perdu. Et lui, ses techniques de communication, ses idées, sa volonté de vouloir la paix à tout prix, était certainement anachroniques, à présent, face aux nouvelles têtes qui émergeaient. De jeunes politiciens à la Drago Malefoy, bien plus dangereux que le père, il en venait plein.

Heureusement, il reste à l’ancien monde quelques consolations. Le ricanement, par exemple. Le ricanement cruel, vain, improductif, certainement un peu niais, mais si consolateur, dans notre entre-soi de résidus de l’ancien monde. Ah, ce ricanement de vestiges, notre plaisir de fossiles, de zombies, n’y touchez pas, messieurs du nouveau monde. C'est bien là tout ce qu'il nous reste. Je me doute qu'on ne devrait pas, que ce rire, nos anciens travers, notre immobilisme, c'est ce qui vous a permis d'émerger, et cette pensée devrait me faire rentrer mon rire dans la gorge. Mais je n'ai que ça. Et puis je ne suis pas désespéré. Certains d'entre vous appartiennent aussi à l'ancien monde, même s'ils l'ont trahi pour vous rejoindre. Malefoy père. Et puis Fawley. Ils ne courent pas assez vite pour vous rattraper. Ils sont comme nous. On peut donc les vaincre. Et puis je n'ai pas peur parce que voyez vous, vous aussi, quelque part, vous appartenez à l'ancien monde. Vous commencez déjà, vous aussi, à vous accrocher à vos sièges. Et un jour ou l'autre, vous vous surprendrez à rire comme moi.

Charles se détourna de la fenêtre avec un léger sourire et étudia le programme de sa journée. C'était un homme actif, toujours en mouvement. Il enchainait les rendez-vous, les conférences, les interviews, il contrôlait des tracts, il allait en distribuer lui-même, il se promenait dans les permanences. Cadre du parti, il l'était, mais il était un cadre accessible, celui qui allait boire un verre avec les militants à la fin de la journée. Il pouvait être radicalement borné, c'était vrai, un peu autoritaire. Charles Harper avait une légère tendance à vouloir tout contrôler, tout le temps. Que ce soit son image ou celle du parti. Mais il n'y a que comme ça qu'on survit. Surface lisse. Sourire. Les gens ne doivent rien voir d'autres. Le reste, les émotions, les échecs, ça doit passer à la trappe, sinon  on vous bouffe. C'est toujours comme ça. On ne peut survivre dans ce monde ci que si on est totalement inhumain ou qu'on paraît l'être. Il avait eu des échecs, des souffrances, des mauvaises passes. Cela restait dans la sphère privée. Derrière l'armure, il y a des failles, mais personne n'a envie de connaître l'envers du décors. Tout le monde préfère le strass, les paillettes, le champagne.

Ca valait mieux que de voir du sang de nouveau. Charles avait strictement tout perdu dans cette guerre, et il ne voulait pas d'une occasion de perdre de nouveau des gens qu'il aimait. Il fallait trouver une solution pacifique. Il fallait des compromis, des compromissions même, peu importait. Pas de nouveaux meurtres. C'est le principal objectif. Le seul qui vaille. D'où la multiplication d'actions du mouvement.

Aujourd'hui, journée tractage. Quelques militants étaient là, il supervisait le tout. Il regarda la liste des gens présents, et fronça légerement les sourcils. Trouvant étrange ce qu'il lisait, il se leva et passa la tête dans le bureau de sa secrétaire :

« Jane, est-ce normal que Betty Holmwood-Black soit sur la liste des militants pour l'opération d'aujourd'hui ? Je croyais que c'était Alan Missford qui était volontaire ?

- Il est malade, Monsieur Harper, nous avons donc du prendre un autre militant. Mais vous savez que vous devriez y être depuis un quart d'heure pour donner les consignes ?
- Ce n'était pas quinze heures ? » Charles se frappa le front. « Suis-je bête, quinze heures, c'est demain. Bon, je file. Mettez moi un post-it pour demain et après demain, je vais encore oublier, sinon. »

C'était tout Charles Harper. Il était capable de se souvenir de détails et de choses hallucinantes, comme de théories philosophiques merlinistes complètes, mais aussi d'oublier totalement tous les  rendez-vous qu'il avait dans la semaine, ou de perdre ses clés trois fois dans la même journée. Particulièrement désorganisé et extrêmement tête en l'air, il était parfois une plaie à gérer pour sa secrétaire, qui le regarda courir à son tractage en secouant la tête d'un air désespéré.

Heureusement, ce n'était pas trop loin et il n'eut aucun mal à repérer les militants sur le chemin de Traverse.

« Bien le bonjour, camarades, je m'excuse de mon retard, j'ai encore oublié, je suis navré. »


Il y eut quelques rires amicaux : on pardonnait à Charles ses manières un peu bourgeoises et ses tendances aux trous de mémoires facilement. Il restait sympathique. Il restait impliqué. Au contact des militants, contrairement aux cadres de chez Force Puriste, par exemple, qui restaient toujours en retrait. Il reprit :

« Bon, il paraît que je suis là pour donner des consignes, mais comme d'habitude, je fais une part de boulot aussi. Archie et Pete, vous prenez le coin nord ? Parfait. Lucy, Phil, le sud ? Pas trop de vagues, les amis, je n'ai pas envie de devoir m'expliquer avec les agents de la police magique en ce moment. Faites attention à vous. »

Restaient donc lui, et Betty Holmwood-Black. Charles se retint de pousser un soupire, alluma une cigarette, et tenta un sourire :

« Bon, je suppose qu'on peut travailler en bonne intelligence, vous et moi, tout de même ? »
Ils ne s'appréciaient guère, tous les deux. Il gardait le mauvais souvenir de deux ou trois réunions publiques où les prises de paroles de la jeune femme s'étaient révélées pour le moins dures, et les discussions orageuses. Le camp de radicaux et le camp des modérés. Voilà qui nous représentons, tous les deux. Il leva les yeux au ciel. « Si nous pouvions au moins éviter le maléfice de Chauve-furie, contrairement à la dernière fois... »

Peut-être n'étaient-ce pas là les meilleurs mots, mais il ne savait pas très bien comment se comporter face à quelqu'un comme Betty Holmwood-Black. Question de caractère. Question de capacité à écouter. Question, tout simplement, de personnalités incapables de s'accorder, alors pourtant qu'ils avaient les mêmes buts.

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MessageSujet: Re: Merlinisme électrique Dim 2 Juil - 15:03

Someday, maybe Tuesday, he’ll come for me…

Le gramophone répandait des sonorités jazzy dans l’appartement. Betty Holmwood-Black était affalée dans un fauteuil confortable et soignait une énième gueule de bois en sirotant une eau pétillante. Saleté de mojito, ça finissait toujours par vous prendre en traître. La soirée avait pourtant commencé gentiment, quelques tournées entre amis au Emerald’s, puis elle avait perdu le fil et s’était réveillée dans son lit, aux côtés d’une blonde voluptueuse, avec des yeux comme un lac en été et un décolleté comme le grand canyon. C’était sûrement le genre de conneries que Betty lui avait raconté pour la ramener dans son lit, ça marcherait à chaque fois. D’ailleurs, elle était passé où cette meuf ? Bof, elle avait dû partir de bon matin sans claquer la porte, où alors elle était morte dans son plumard… Peu importe, Betty ne se sentait pas le courage de se lever pour aller vérifier, elle se contentait de gratouiller mollement derrière les oreilles de Jules César, qui ronronnait de plaisir. C’était si rare que son humaine soit à la maison, entre le boulot et les beuveries, elle passait plus souvent en coup de vent qu’autre chose.

La briseuse de sort venait de s’assoupir quand des coups se firent entendre à la fenêtre. C’était peut-être bien la blonde qui revenait. Fausse alerte, ce n’était qu’un hibou qui commençait à s’impatienter. Elle prit son chat sous le bras et alla ouvrir la fenêtre. Elle récupéra le message, et ce qu’elle y lit lui fit faire une grimace de chatte incommodée. Missford venait, une fois de plus, de planter les camarades, à coup sûr parce qu’un de ses gosses avait attrapé un rhume ou des cors au pieds, alors on appelait super Betty à la rescousse. Une trentenaire célibataire avec un chat, qu’aurait-elle à faire de mieux de son samedi ? Elle attrapa une plume et griffonna un « ok » avant de renvoyer le piaf à l’envoyeur.

Elle avait tout juste le temps de se préparer si elle ne voulait pas rater le coup d’envoi. Elle enfila sa veste en cuir et ses bottes de motarde, vida sa bouteille d’eau et se mit en route, direction le Chemin de Traverse. Une fois dehors, elle se sentit agressée par un soleil moqueur qui brillait autant qu’il pouvait, le salaud. L’alcool plus jamais, enfin jusqu’à la prochaine fois. La briseuse de sort ajusta ses lunettes de soleil et transplana dans une ruelle à proximité du lieu de rendez-vous.

Elle avisa rapidement le petit groupe de camarade, elle arriva et serra des pognes à la ronde, s’enquérant de la petite santé et de la petite famille de chacun. Ça lui faisait du bien d’être venue, malgré un léger mal de crâne, Betty était contente de retrouver les camarades du parti. Elle n’avait, pour l’heure, jamais regretté son adhésion au MpM.  Elle ne s’entendait certainement pas avec tout le monde, et ne manquait pas de désaccords avec la ligne générale, mais c’était toujours mieux que de rester chez elle, assise sur son pouce à attendre que ça se passe. Et même si ce n’était que pour refourguer un bout de parchemin à des passants qui n’avait rien demandé, elle y mettrait son enthousiasme habituel, au moins elle faisait quelque chose. Betty était une fonceuse, elle ne pouvait pas supporter de rester sur le bord du chemin les bras croisés.

La jeune femme parcourue, en diagonale le tract du jour, du Harper pur jus. Elle en venait à soupçonner les « camarades » de tenir les comités de rédaction les semaines où elle était en déplacement pour l’empêcher d’y venir et d’épicer cette soupe. Elle se concentra du mieux qu’elle put pour ne pas laisser échapper un soupir d’exaspération, sans y parvenir totalement. Mais elle n’ajouta rien de plus, aujourd’hui elle était l’une des seule « radicale » du parti présente. Et avec les pourristes (oui, les pourristes) qui tractaient pas loin, ce n’était pas le moment de laver les caleçons sales de Merlin sur la place publique.

Betty mâchonnait la branche de ses lunettes en trépignant d’impatience, elle avait hâte de s’y mettre, d’un coup elle débordait d’énergie et se sentait prête à tracter comme jamais. Mais le grand manitou se faisait attendre.

« Il fout quoi Charlot ? Il tisse des couronnes de fleurs pour les puristes ? »

ENFIN, l’honorable Charles L. Harper daigna les éclairer de sa présence. Il avait simplement oublié l’heure. Bon, pour ça la jeune femme ne pouvait pas réellement l’en blâmer, elle-même était tout sauf une montre à gousset sur pattes. Le porte-parole distribua les consignes et s’engagea même à distribuer sa part de tract, quel homme munificent !

Le moins que l’on puisse, c’était que lorsque Charles et Betty étaient dans la même pièce, l’ambiance devenait soudainement électrique. Lui était à la tête du parti, un modéré et elle, une petite militante radicale. Le même but, mais aucune envie de prendre les mêmes chemins pour y arriver. Et si Charles avait été moins doué pour arrondir les angles et avait été du genre tête de bois comme Betty, ces deux-là auraient sûrement fini par se mettre des claques. Mais pour l’instant, ils se contentaient de régler leurs différends en parlant un peu fort, enfin, Betty surtout, parlait un peu fort.

Elle se joignit donc au porte-parole, une pile de tract sous le bras. Prête à travailler « en bonne intelligence » comme disait l’autre.  Elle haussa les épaules avec dédain lorsque Charles remit sur le tapis cette histoire de chauve-furie.

« C’était un agent provocateur Puriste, il a eu ce qu’il méritait. »

Betty commença à distribuer les tracts dans la bonne humeur : « tiens, lis ça et médite là-dessus », « Le mouvement pour Merlin, parlez-en à vos amis », « ne le jette pas sur la voie publique, sauf si c’est dans le jardin d’un puriste. »

Un passant qui manquait de sensibilité Merliniste refusa violement le tract que Betty lui tendait avec un sourire. Le ton monta rapidement entre les deux.

« Et qu’est-ce tu vas faire ? Voter Fawley ? Tu vas voter pour un étrangleur de né-moldu ? Ah ben bravo ! »

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MessageSujet: Re: Merlinisme électrique Mer 5 Juil - 14:08


Le moins qu'on pouvait dire de Charles Harper, c'est que ce n'était pas un méchant garçon. Aucun talent ni aucune envie de se battre, certainement : mais il n'était pas fait pour ça, d'autres le faisaient très bien à sa place. A vrai dire, vu son éducation et l'histoire de sa famille, composée de paisibles commerçants et au pire de quelques politiques roublards, ce n'était pas très étonnant. La plume est toujours plus forte que l'épée, répétait-il à l'envie. Et cette devise, il pouvait la justifier pour des tas de raisons. D'abord, sans doute, parce que effectivement, Charles Harper était un peu lâche, un peu roublard, qu'il préférait sauver ses miches et qu'il n'aimait pas le conflit ouvert. Contrairement à ce qu'il aimait prétendre, il avait bien été Choixpeau flou, et avait bien failli atterir à Serpentard plutôt qu'à Serdaigle : ce côté fuyant en était la cause principale. Mais il y avait bien une vraie part de conviction profonde dans ce discours, au delà de ce travers personnel. Il avait vu les dégâts que les deux guerres sorcières avaient faites. Et vu à quel point, si les gens qui initiaient la violence étaient nombreux, il y avait peu de gens pour soigner les autres, arrêter les violences, arrêter les combats, réparer les dégâts, reconstruire. L'intégralité de sa carrière avait été basée sur l'idée de reconstruire. Réparer les vivants. Eviter les conflits. Négocier. Parler. Je ne sais rien faire d'autre. Plus il y aurait de morts, plus on irait vers la guerre, plus la paix après, qui reviendrait, car la paix revenait toujours, serait difficile à faire. Je sais que je ne changerai probablement rien mais j'irai malgré tout jusqu'au bout de mes convictions. Je hais la violence à un tel point que je me suiciderais peut-être, si elle venait à gagner, si je n'avais pas l'impression que ce serait leur faire trop plaisir.

Il savait bien, il se doutait pourtant, en effet, qu'un jour ou l'autre, il n'aurait plus gain de cause, qu'il s'accrochait à des méthodes de l'ancien monde, d'un temps révolu où il y avait la paix. Il comprenait bien le point de vue des gens comme Betty Holmwood-Black. C'était le même que celui de sa femme. Le même que celui de sa sœur, Elise, qui l'engueulait comme pas permis à chaque fois qu'elle le jugeait trop mou ou que le parti. Il soupira. La quasi intégralité des militants du Mouvement lui semblait parfois totalement ingérable. Betty Holmwood-Black en était un bon exemple. Il n'y avait aucune mauvaise intention dans ce qu'elle disait, aucune gratuité dans sa colère, dans sa radicalité, il savait bien qu'elle n'avait pas totalement tort. Le raisonnement, il pouvait le réciter par cœur. Depuis le temps que ça gonfle cette violence, cette onde destructrice, cette énergie brûlante qui sort d’on ne sait où ; tous ces morts, de toutes les guerres qui vont se réveiller et nous hurler à la figure jusqu'à ce qu'on devienne fous. Depuis le temps qu’on prédit un nouveau conflit, qu’on guette le bruit des combats et les cris des bêtes sauvages, nos cris. Depuis le temps qu'il y a des articles, des reportages, des missions, des visites, des pétitions, des pamphlets, des lois, des campagnes, des grèves, des élections, des manifestations, des émeutes, des promesses. Depuis le temps. C'est l'effet papillon qui nous pète à la gueule. Il savait que c'était ce qui motivait la réponse qu'elle lui fit lorsqu'il parla du dernier incident de la campagne de tractage et soupira :

« Peut-être, peut-être, mais j'aimerais mieux éviter d'aller vous chercher au Ministère parce que vous vous en serez pris à la mauvaise personne et qu'on vous aura arrêtée, Betty. »


Il connaissait ce discours par cœur, il savait qu'un jour, ça pouvait arriver. C'était précisément ce que Charles voulait éviter. Il y avait forcément une autre solution, il en était à peu près sûr. Parce que la violence créait une boucle, et qu'elle entraînait toujours une réponse. Et qu'il n'avait aucune envie d'aller ramasser ses militants en petits morceaux parce que maltraités par le bureau des mangemorts ou par FP. Il les disait incontrôlable, râlait beaucoup parce qu'ils n'en faisaient qu'à leur tête, mais au fond, il était attaché à tous ces gens. Nous partageons le même idéal, nous abandonnons tous nos métiers pour nous réunir et essayer de faire en sorte que ce monde soit un peu meilleur. Alors oui, parfois, Betty Holmwood-Black l'ennuyait, comme d'autres, avec son sale caractère, mais il la savait sincère, ce qui l'incitait à la tolérance. Ce qui le poussait à l'inquiétude. Il avait tellement perdu de gens, Charles Harper, que ces simples militants étaient devenus un peu comme sa seconde famille. Malgré les brouilles, il s'y était attaché et n'avait guère envie qu'on les ennuie.

Peut-être aussi parce que comme il le disait, elle ressemblait à sa femme et à sa sœur. Ce fichu caractère flambeur, féroce, qui force l'admiration et fait soupirer devant tellement d'inconscience. Dans un premier temps, il se décida donc à laisser une certaine marge de manœuvre à la briseuse de sorts, se contentant de distribuer ses propres tracts de son côté, causant avec deux ou trois jeunes qui semblaient vouloir adhérer.

C'est environ à ce moment là – il allait récolter deux adhésions au minimum, une petite victoire – que lui parvinrent les premiers éclats de voix. Il soupira, du abandonner les gamins et les renvoyer vers un autre militant. Un jour, je connaîtrais la procédure d'exclusion du parti et je ne ferai pas que les menacer tous – ce qui arrivait assez fréquemment avec Charles.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Un homme grassouillet, portant manifestement une perruque s'interrompit en pleine gueulante contre une Betty paraissant tout aussi fulminante. « Charles Harper, je suis le cadre qui gère cette opération pour le MpM. Un problème avec ce gentleman Betty ?
- De quoi il se mêle, le grand dadais ? Il veut jouer les chevaliers servants, le merliniste ?
- J'ai simplement demandé s'il y avait un problème, monsieur. » Les mains de Charles se serrèrent sur les tracts qu'il tenait, seul signe d'une profonde indignation. « Je crois que vous pourriez restez poli.
- Poli de quoi ? Je suis de Force Puriste, et cette...
- Ca ne se voit pas sur votre figure, Monsieur, contrairement à votre stupidité. Passez votre chemin si vous ne voulez pas des tracts,et n'insultez pas les gens, vous n'avez pas les capacités pour produire un discours intelligent.  »

L'autre le regarda d'un air interdit, rouge de colère, ne sachant guère quoi répondre. Charles lui adressa un grand sourire. L'autre tourna les talons en lançant un « vous aurez de mes nouvelles » rageur. Harper haussa les épaules, et lança :

« Rowena me protége, je lui aurais fait avaler sa perruque. »
Pour ne pas s'énerver, c'était raté : si son ton était étrangement plus calme que celui de Betty, il était à peu près sûr qu'il avait eu le même effet que l'énervement de la jeune femme. Il soupira de nouveau. « Cinq minutes, je vous ai laissée toute seule cinq minutes, vous avez battu votre propre record. Comment est-ce que vous faites, franchement ? On dirait que vous attirez les idiots et qu'ensuite vous ne savez pas les gérer. » Lui non plus, au final, n'avait pas été brillant. Juste un peu plus calme : assez pour qu'on dise que les merlinistes n'étaient pas aimables, pas assez pour qu'on appelle la police magique. « Au moins on ne finira pas en prison, ce n'est pas totalement négatif... »

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MessageSujet: Re: Merlinisme électrique Ven 7 Juil - 14:25

« Et si on se contente de regarder nos pieds en bredouillant quand ils nous provoquent, dans six mois c’est pas au Ministère que vous récupèrerez vos ouailles Charles, mais entre quatre planches. »

Betty était de l’ancienne école, de l’ancien testament même, œil pour œil, dent pour dent. Lors de leur dernière opération, un mec était venu bousculer les plus jeunes. La briseuse de sorts qui était sur place avait procédé aux sommations d’usage, et comme le type ne voulait rien entendre, la traitant même de « putain Merliniste » au passage, elle avait dégainé sa baguette et lui avait envoyé un sortilège de chauve-furie en pleine face, et son pied au derch’, pour la forme, parce qu’il ne décampait pas assez vite à son goût. Elle refusait de croire que ce gus n’était qu’un passant comme les autres, c’était  à coup sûr, un petit voyou sans envergure, payé par Force Puriste pour venir perturber les manifestations Merlinistes. Qui d’autre avait intérêt à venir foutre la frousse à leurs plus jeunes militants ? Pour l’instant ils se contentaient d’envoyer des malabars secouer un peu les gamins, et les Merlinistes n’avaient encore fait face à aucune agression sévère. Mais si on laissait faire ces ordures sans réagir, la prochaine fois ça serait des passages à tabac dans les ruelles et les puristes ne s’arrêteraient pas là, si on les laissait nous chier dans les bottes ça ne serait plus des petits voyous qui viendraient perturber leurs rassemblements, mais bien le bureau des Mangemorts qui viendrait les arrêter.

La violence appelait la violence. Oui, et ? Rester les bras croisés face à la violence ça appelait au meurtre, pur et simple. Si quand vous bousculez l’opposition elle se contente de pleurnicher, qu’est-ce qui vous empêche de cogner franchement ? Et si quand vous la cognez, elle se contente de pleurnicher encore plus fort, c’est le feu vert, vous pouvez carrément la supprimer, elle se contentera de se planquer pour pleurer ses morts. Et le dialogue dans tout ça ? Une belle connerie oui. Discutailler ça ne vous protège pas des gnons. Les Puristes en face d’eux n’étaient pas là pour discuter et beurrer les tartines, et s’il fallait descendre à leur niveau, Betty était prête à le faire.

Elle suivait à la ligne la règle que lui avait inculqué Grandma depuis son enfance : ne commence jamais une bagarre, mais si on t’agresse, rends coup pour coup et frappe aussi fort et aussi longtemps que tu peux.

L’incident du petit gros puriste à perruque était maintenant terminé, grâce ou à cause de l’intervention de Charles. Il avait quitté la scène en promettant aux Merlinistes « qu’ils auraient de ses nouvelles. » Mais Betty ne voyait aucune raison de s’inquiéter de cette menace, elle connaissait bien le genre, s’était plein de soupe, ça parlait beaucoup et au final ça ne faisait rien.

Elle avait regardé avec un œil amusé la petite joute entre Charles et le puriste énervé. Le grand manitou pouvait dire ce qu’il voulait, elle n’avait pas l’impression qu’il s’en était tiré tellement mieux qu’elle sur ce coup-là. Il y avait mis les formes, mais au final, il l’avait juste traité de con. Ce que Betty aurait invariablement fini par faire. Toujours la même histoire, le même but avec des méthodes différentes. Là où la jeune femme se serait contentée d’un « casse toi pauvre con » (tout droits d’auteur réservés) Charles s’embarquait dans des histoires de « capacités à produire des discours » machin, machin.

Mais puisqu’ils s’étaient mis d’accord pour « travailler en bonne intelligence », et qu’elle était d’humeur magnanime, Betty lui épargna toute remarque sur sa façon de gérer les conflits. Et peut-être un peu aussi parce qu’elle était à l’origine de l’embrouille. Juste un peu hein, elle ne pouvait quand même pas être tenue responsable du fait que les partisans puristes avaient du foie de veau à la place du cerveau ?

« Tout à fait, et par Salazar je… Oh puis non, que Serpentard aille se faire foutre ! »

Si Betty commençait à appliquer à son militantisme des méthodes qui auraient plu à son fondateur, elle allait se retrouver à la tête d’une milice et monter des expéditions nocturnes pour aller égorger des puristes dans leur sommeil. Puis à quoi bon invoquer l’esprit du vieux sorcier ? C’était Serpentard lui-même qui avait commencé avec ces histoires de sang-pur et de sang-de-bourbe, le vieil imbécile. Puis Betty en avait marre de s’en référer à longueur de temps aux fondateurs, ce n’était pas avec des idées vieilles de mille ans qu’ils pourraient résoudre les problèmes d’aujourd’hui.

Puisque l’incident était clos, elle allait retourner à sa distribution de tract. Malheureusement elle venait de tirer le pompon et de remporter une leçon de morale gratuite. Oh non, Betty vous êtes trop impulsive, Betty vous ne réfléchissez pas avant d’agir, Betty ci, Betty ça. La ritournelle des grands jours. Si elle ne l’arrêtait pas tout de suite, elle allait avoir le refrain sur l’exclusion du parti.

« Oui, oui, comme vous dites Charles. En vérité j’ai juste demandé au type si ça le dérangeait pas de voter pour un étrangleur de nés-moldu. Mais quoi ? Faut pas en parler de ça ? C’est trop clivant ? »

C’était l’une des choses qui rendait Betty folle. Pourquoi le MpM perdait-il autant de temps en longues phrases compliquées sur ses tracts, plutôt que de titrer en grosses lettre « le candidat puriste est un assassin. » Ça ne résolvait aucun problème sur le long terme d’accord, mais dans l’immédiat ça pouvait plomber la campagne de Fawley auprès des indécis.

« Merci pour la leçon papa. » Siffla-t-elle entre ses dents avant de retourner à la distribution.

Il finirait par la rendre chèvre avec son ton paternaliste. Elle savait très bien ce qu’elle faisait, pourquoi ne voulait-il pas admettre qu’il y avait d’autres manières que la sienne de faire les choses. Et même si elle ne le savait pas vraiment, elle n’apprendrait jamais s’il lui tombait dessus chaque fois qu’elle faisait un pas de côté.

Ça ne faisait pas cinq minutes que Betty avait repris le tractage, qu’elle fût abordée par une troupe de trois gobelins. Ceux-là ne travaillaient pas chez Gringotts, on pouvait s’en rendre compte à leur anglais un peu rustique. Betty entama tout naturellement la conversation en gobelbabil. Après quelques minutes de discussion, elle invita, d’un geste de la main, Harper à les rejoindre.

« Charles, ces trois gentlegobs voudraient des informations sur ce que le MpM peut leur offrir. »

Si elle ne savait pas gérer les idiots, elle avait hâte de voir comment lui allait gérer ces trois-là.

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MessageSujet: Re: Merlinisme électrique

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