POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur

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MessageSujet: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Lun 3 Juil - 22:04

Mardi soir, Betty était sortie de bonne heure de la banque. Elle avait tout juste eu le temps de grignoter un morceau et de se changer avant de devoir ressortir, direction le Ruby, pour sa partie de carte hebdomadaire. Et mieux valait pour elle ne pas être en retard, son partenaire était du genre régulier comme un coucou suisse, et prompt à la grogne quand elle était en retard, même de deux minutes.

Betty adorait jouer aux cartes, depuis, plus ou moins, toujours en fait. Ça avait commencé quand elle était encore gamine, les parties de batailles explosives avec ses frangins, puis les parties de gin rami avec granma, et encore après quand elle avait commencé à sortir, elle avait appris à taper le carton dans des arrières salles de tripots louches : poker, black jack et pour finir, le couronnement de sa carrière de joueuse, le voshnik, cet étrange et complexe jeu de carte gobelin.

Mais pour ce soir, c’était le bridge qui était à l’honneur. Le mardi au Ruby c’était, somme toutes, candide, on ne risquait de repartir avec rien d’autre que sa bite et sa baguette, les joueurs venaient principalement pour s’entraîner en vue des gros tournois. Le bridge était un jeu de combinaisons qui se jouait par paire et exigeait de bien connaître son ou sa partenaire si l’on espérait gagner.

La briseuse de sort avait le démon du jeu au corps. Elle jouait pour gagner et pouvait passer des nuits entières autour d’une table à enchaîner les suites, les quintes les brelans et les verres de gin tonic. Malheureusement elle ne gagnait pas toujours autant qu’elle l’aurait voulu, et elle avait déjà flambé des sommes folles dans des parties où on jouait gros. En vérité, Betty était une bonne joueuse, mais beaucoup trop fonceuse et tête en l’air pour être une excellente joueuse. Si un jour quelqu’un arrivait à faire entrer un peu de plomb dans cette tête, peut-être qu’elle pourrait atteindre l’excellence. En attendant, elle continuera à perdre des sacs de gallions sur un moment d’inattention, mais qu’importe, ce n’était pas ça qui l’empêcherai d’y retourner. L’argent lui brûlait les doigts.

Betty avait bien failli raccrocher définitivement le bridge quand les Mangemorts avait fait ravaler son bulletin de naissance à son ancien partenaire, le directeur du bureau de liaison des gobelins, Dirk Cresswell. C’était quelqu’un de bien Dicky, c’était même lui qui l’avait lancé dans le jeu il y’a des années. Ils faisaient une bonne paire ensemble, ils s’étaient même fait un assez joli paquet de gallions au tournois inter-comté. Pendant des mois elle avait été incapable de s’assoir autour d’une table sans avoir envie d’envoyer tout valdinguer et de partir, baguette au poing, crever un Mangemort. Des salauds, tous autant qu’ils étaient.

Puis avec le temps, après l’avoir copieusement arrosée, sa colère s’était apaisée. Elle avait finalement remis les pieds au Ruby, juste pour un verre, et par l’entremise du patron s’était trouvé un nouveau partenaire. Nelson Northanger, ex-auror, ex de la police magique, ex allez savoir quoi encore, reconverti dans la gestion d’une salle de duel, militant au MpM comme elle. Bételgeuse avait accepté de faire une partie, pour voir, puis elle s’était reprise au truc. Ça marchait pas trop mal entre eux, pour le bridge en tout cas. S’en était même étonnant que ça ait pu coller, Nelson était aussi calme et discret que Betty était bruyante et exubérante. Mais ça avait collé, et c’est comme ça que Betty était redevenue une régulière des soirées bridge du Ruby.

Elle quitta donc son appartement et transplana dans une petite rue à proximité du bar.

La première chose qu’elle fit en entrant dans le rade fut de consulter l’horloge, parfait, elle avait dix minutes d’avance, juste le temps de prendre un verre. Au bar elle demanda si « Oncle Joe » était là ce soir ? Non ? Alors une pinte de brune ! Même si l’un et l’autre n’avait aucune de relation de cause à effet.

Elle descendit tranquillement son verre en profitant de l’ambiance du bar. Ce n’était pas tapageur comme au Emerald’s ici. Des tapis épais, des lumières tamisées, on respirait le calme et le feutré. Enfin pour l’instant, la liqueur et la tension du jeu aidant, il n’était pas rare que l’ambiance s’échauffe en fin de soirée. Mais pour l’instant on entendait rien d’autre que le tintement des verres et les conversations en sourdine.

Un jeune homme vint prendre place sur le tabouret attenant.

« Stout, hein ? » comment a-t-il en pointant son verre.
« Yep. J’aime ma bière comme j’aime mes hommes, bruns et fort. » répondit-elle en buvant une gorgée.
« Une femme de goût, à qui ai-je l’honneur ? »
« Bételgeuse, mais appelle moi Betty. »
« Richard. » Il commanda le même poison que sa voisine « Et qu’est-ce qui t’amène ici Betty. »
« Les cartes, mon ami, les cartes. Quoi d’autre ? »
« Personnellement je ne joue pas, mais je connais un fabuleux tour de carte, tu veux voir ? »

Il était mignon, dans le genre grand dadais et baratineur, mais mignon, elle se laissa donc gentiment appâter. Alors s’était ça qu’on faisait maintenant pour draguer ? Des tours de magie moldu ? Bah pourquoi pas, ça valait largement d’autres techniques d’approche. Et ça changeait des lourdauds qui essayaient de vous mettre la main au panier juste après vous avoir dit bonjour.

« Et voilà, la dame de cœur. C’était la carte que tu avais tirée non ? »
Betty battit des mains avec enthousiasme « Magique ! Tout simplement magique. Tu connais d’autre tour ? Tu pourrais peut-être m’en faire un avec ta baguette ? » demanda-t-elle avec son sourire le plus charmant.

Et Sonny dans tout ça ? Sonny qui ? Sonny, Nelson, son partenaire de bridge… Pauvre de lui, Betty l’avait complètement oublié.

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Nelson Northanger


MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Jeu 6 Juil - 15:27


Nelson Northanger laissa les clés de la boutique a un employé, et la tâche de fermer le soir : il avait un rendez-vous urgent, prétexta-t-il, et il ne reviendrait que le lendemain. En réalité, ce mardi là, Nelson traversa gentiment le Chemin de Traverse, acheta la Gazette du Sorcier, et toujours aussi calme et imperturbable, continua sa route jusqu'à atteindre le Chaudron Baveur. Arrivé là, il commanda une bière, qu'il but tout en lisant son journal. Puis il se leva pour passer du côté moldu. Arrivé dans le Londres non sorcier, il disparut dans la foule, devenant bien plus anonyme que sur le Chemin de Traverse. On ne l'aurait jamais cru, mais durant tout ce petit manège, Northanger observait les alentours. Les passants. Les clients des cafés. Mine de rien, il faisait preuve de la plus grande prudence, Northanger : vieux reste des années où il avait bossé pour le Ministère, nécessaire et bien utile depuis qu'il avait intégré l'Ordre du Phénix. Il avait toujours quelques raisons de se méfier : son histoire personnelle lui avait appris que n'importe qui pouvait vous trahir. Vous suivre. Vous vouloir du mal. Femme, fille, frère : ces trois là, dans son environnement, avaient rallié le mauvais camps. Sans parler de cela, Nelson savait que les mangemorts étaient sur les dents. La guerre paraissait s'être calmée, mais si on lisait bien les journaux, elle faisait encore des morts. Il n'avait pas envie d'en faire partie, ni de causer des problèmes pour les autre membres de l'Ordre.

Il débarquait Square Grimmaurd pour faire le point sur les quelques personnes qu'il avait pu repérer pour intégrer l'Ordre. Nelson n'en présentait jamais beaucoup. Il repérait, évaluait : cela demandait du temps. Il fallait voir si la personne était digne de confiance. Voir si elle pouvait être utile à l'Ordre. Si ce n'était pas trop dangereux pour elle. Appartenir à l'Ordre du Phénix exigeait de la discrétion mais aussi des sacrifices. Découverts, on risquait de tout perdre. Pour Sonny Northanger, lorsque par l'entremise de Kingsley, il avait été recruté, ça n'avait pas réellement posé de difficulté. Il n'avait pas grand chose, Nelson, plus grand chose et plus grand monde à qui il tenait. L'Ordre constituait un peu sa seconde famille : il savait aussi que c'était un combat qui exigeait beaucoup. D'où ces étapes de sélection. Il n'était que le premier maillon de la chaine. Le choix final, c'était à McGonagall, et par extension au portrait d'Albus Dumbledore qu'il appartenait.  C'était actuellement à l'ancienne professeure de métamorphose qu'il dressait un bilan des gens qu'il pensait pouvoir ramener.

« Pour l'instant, en ce moment, je n'ai pas grand monde. Je peux vous donner qu'un seul nom, Betty Holmwood-Black. Mark est plein de bonne volonté, mais à mon avis, il est trop jeune. Elle, par contre...
- Pensez-vous que nous puissions compter sur elle ? Je me souviens d'une élève...

- Elle a du caractère, je suis d'accord avec vous, professeur. Je ne pense pas qu'elle ait changée depuis Poudlard. Si je fais le bilan, du côté positif, c'est quelqu'un de sincère et de motivé. Elle est au MpM, et je pense qu'elle voudrait en faire plus. Elle trouve le parti trop modéré, ce sur quoi je tends à la rejoindre : c'est entre autre pour ça que je pense qu'elle s'adapterait bien dans l'Ordre.  Du côté négatif...elle est impulsive. Je doute qu'on progresse sur ce point. C'est quelqu'un d'entier, c'est sûr. A mon avis, ça resterait une bonne recrue. Briseuse de sort chez Gringotts, ça ne se refuse pas. Elle n'aura pas peur de participer aux actions, au moins.
- Si elle n'est pas trop loup solitaire, je vous approuve.
- Je vais à essayer de l'évaluer. J'en parlerais avec Juliet, peut-être, également, elles se connaissent bien. En attendant, je vais filer. Je joue au bridge ce soir, nous nous y retrouvons justement. Je vous tiens au courant, professeur. »

Il quitta l'Ordre comme il était venu, saluant d'autres compagnons au passage. Il reviendrait dans quelques jours, il faisait une session d’entraînement pour ceux qui le désiraient. En attendant, regardant sa montre, Nelson constata qu'il était l'heure de manger. Il se dirigea donc vers le Chemin de Traverse et regagna son domicile, prenant un repas frugal avant de passer rapidement au club : il y avait peu de monde en ce moment, la sécurité puriste monopolisant tout l'endroit. Il comprenait que les habitués aient choisi de déserter : lui même se sentait mal à l'aise alors que l'endroit lui appartenait. Il ne resta donc que peu de temps, et rejoignit le Ruby. Homme d'habitude, véritable horloge sur patte, Sonny passait toutes ses soirées au Ruby. De temps en temps, il y croisait Joe Emerald, vieux pote du temps du bureau des aurors. Les deux petits cons du bureau, qu'ils avaient été : Joe s'en était un peu mieux sorti que lui, mais bon, ça ils n'en parlaient que peu. Sinon Nelson y retrouvait d'autres militants merlinistes, quelques amis commerçants : le Ruby était un peu le second QG du MpM, on y organisait débats et soirées dans une ambiance bon enfant. Les habitués y faisaient tous les jours des parties de cartes. Sonny avait toujours aimé jouer : jamais de grosses sommes, surtout pour le plaisir, parce que c'était l'occasion de sympathiser, de rencontrer des gens, de rire un bon coup. Il était plutôt bon au bridge et au poker, et même au black jack. A l'occasion, quand il lui arrivait de faire une virée à l'Emerald's, il s'offrait une vraie soirée casino, et il n'était pas rare de le voir dans les tournois que Joe organisait au Diamond, où l'on voyait aussi bien des puristes que des merlinistes, jouant les uns contre les autres dans une ambiance électrique – mais qui virait très rarement au conflit ouvert. C'était la règle de Emy : on ne se battait pas chez lui, il était la seule personne autorisée à recourir à la violence dans son bar.

En entrant dans le bar ce soir là, il tomba sur Fenton, fils de Joe et autre membre de l'Ordre, mais pas sur le paternel. Les affaires, balança le fils. Nelson fit signe qu'il comprenait et n'insista pas. Il aimait bien Joe, mais sa tendance à balancer des gens dans la Tamise l'ennuyait. C'était probablement son ami le plus problématique.

« Mets moi un whisky pur-feu, tu veux, Fenton, je vais aller dire bonjour. »
Il passa saluer quelques personnes qu'il connaissait : les joueurs habituels, les personnes habituelles. « Bon, où est notre Betty Holmwood-Black nationale ? Je vais aller voir au bar. » Il se leva et se dirigea vers le comptoir. Elle était bien là, tiens, en compagnie d'un autre type : « Alors, je croyais que tu venais jouer ? Je sais bien que les petits jeunes sont plus intéressants que les vieux croulants comme moi, mais Frankie va arrêter de nous prendre au sérieux si on ne lui mets pas la branlée du siècle. » Il adressa un salut de la tête au jeune homme. « On emmène ton ami, si tu veux, je suis pas difficile, moi.»
Tant qu'on ne perturbait pas ses habitudes. Et qu'on prenait le jeu au sérieux.

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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Sam 8 Juil - 19:04

Ne prêtant plus aucune attention aux aiguilles de la pendule, les pensées de la briseuse de sorts étaient désormais bien loin des cartes et du bridge, tandis qu’elle laissait Richard lui murmurer à l’oreille des propositions, pour le moins indécentes. Betty aimait flirter et plus encore. Elle ne faisait aucune illusion quant aux intentions de ceux qu’elle rencontrait, même s’ils prétendaient tous être attirés par son sourire, son humour ou sa personnalité. Et même s’ils n’étaient après rien d’autre que son cul, elle se laissait complaisamment prendre au jeu. Même si ce n’était que pour une nuit, pour une nuit au moins, elle trompait sa solitude de trentenaire à chat. Elle n’aimait pas se l’avouer, et prétendait chérir sa liberté et s’amuser de toutes ces aventures, mais au fond, elle était un peu jalouse de ses amies qui étaient en couple et pouvait se payer le luxe de s’engueuler avec leur cher et tendre sur le choix d’une tapisserie pour le salon. La jeune femme était parfois lassée de ces aventures sans lendemain et aurait bien aimé avoir un ou une gentille petite amie, se réveiller chaque matin aux cotés de la même personne, sans la nécessité de se demander : qui est-ce ? quel est son nom ? Est-ce encore vivant ? Et ce n’était certainement pas ce soir qu’elle rencontrerait cette personne, Richard était un gentil garçon mais il n’avait sûrement rien de plus en tête que de s’amuser un peu. Bon, très bien, ce n’était pas l’homme de sa vie, et quoi ? Elle n’allait quand même pas se priver de passer un bon moment ?

Les propositions de Richie devenaient de plus en plus attirantes, au moins on ne pouvait pas lui reprocher de manquer d’imagination, quand Betty fut brutalement ramenée à la réalité par l’arrivée de Nelson, qui visiblement la cherchait. Qu’est-ce que ? Ah oui, mardi soir, le Ruby, le bridge. C’était pour ça qu’elle était venue ici, et pas pour laisser un baratineur amateur de tours de magie moldus lui proposer de l’enduire de crème chantilly.

D’un geste de la main, elle repoussa la tête de Richard.

« Par les caleçons de Merlin, le bridge. S’cuse moi Sonny, j’arrive, j’arrive. »

Elle emboîta le pas à l’ex-auror en direction de l’arrière, plantant là le pauvre Richard sans même un regard. Betty n’était pas spécialement multi-tâches, il y’avait encore deux minutes, elle avait complètement oublié les cartes pour se concentrer sur son flirt, et maintenant toute son attention était focalisée sur la partie de bridge à venir. Et malgré la proposition de Nelson, elle n’avait aucune envie que Richie leur colle aux basques. Après tout, ce garçon sortait de nulle part, et elle le connaissait depuis dix minutes grand maximum. Les parties du mardi soir n’étaient pas des plus sérieuses, on ne gênait pas pour tailler une bavette en même temps qu’on jouait. Et comme le Ruby était une sorte de QG officieux du MpM, il n’était pas rare que les conversations prennent un tour politique. Alors non, Betty aimait autant que ce garçon ne les accompagna pas. Avant de sortir, elle demanda tout de même au serveur de le lui mettre de côté, on ne savait jamais, ce brave garçon était peut-être du genre patient.

« T’en fais pas papy, je suis au taquet. Vieux Frankie va repartir chez lui comme il est sorti de la machine de sa mère. »

Au moins une chose de sûre dans ce triste monde tragique, ce n’était ni pour sa classe, ni pour sa distinction que les hommes venaient aborder Betty dans les bars.

Arrivée à la table de jeu, elle serra les mains de ses adversaires, et pris place à coté de Nelson. Pendant que Frank distribuait le jeu, la conversation allait bon train. On était entre amis après tout, chacun donnant des nouvelles de sa petite famille, du travail, et la météo, mais c’est qu’il n’y’a plus de saison ma bonne dame !

Pendant les vingt minutes qui suivirent, on n’entendit rien d’autre que le bruit des cartes que l’on posait sur la table et celui des plis que l’on ramassait. Une Betty calme et concentrée sur ce qu’elle faisait, on ne voyait pas ça tous les jours, ça aurait presque mérité une photo, pour servir de preuve. La brune était connue pour son caractère, impulsif, pour ne pas dire volcanique, et il était rare de la voir ainsi silencieuse et plongée dans ce qu’elle faisait. Ou bien quand elle était à son travail, mais on se bousculait rarement pour venir voir ce qu’elle trafiquait dans ces foutues pyramides.

Après une demi-heure de jeu, la briseuse de sort s’étira et alluma une cigarette. Vous ne pouviez quand même pas lui demander de rester sage comme une image pendant des heures.

« Hey les gars, j’en ai une bien bonne ! C’est Lulu qui rentre dans un bar et qui dit » pour la suite de son histoire, elle imita avec un certain talent l’air le plus pincé du ministre « Tavernier, il y’a du sang de bourbe ici ? Non monsieur Malefoy, mais j’ai un excellent vin des elfes. »
« Pas mal, pas mal. Et celle-là vous la connaissez ? C’est deux Mangemorts qui rentrent dans un bordel… »

Betty éclata de son rire que l’on pouvait entendre jusqu’à l’autre bout du bar. Ces blagues n’étaient pas des plus drôles, ni des plus fines, mais ça faisait du bien de se payer la tête des puristes et des masqués. Et il fallait en profiter tant qu’on pouvait encore le faire sans se faire envoyer à Azkaban. Ça n’allait peut-être pas durer. Mais pour l’instant, ça mettait du baume au cœur de rire de tous ces fils de cognard, ça permettait d’oublier l’espace d’un instant qu’ils étaient partout et tout puissants. Ça lui rappelait la bonne époque de Potterveille, elle avait été une grande fan de l’émission et de son humour insolent, grinçant et irrévérencieux. Mais depuis la bataille de Poudlard, le ton avait changé, et il avait perdu de son mordant. Alors elle avait arrêté d’écouter, et aujourd’hui elle n’était même pas capable de dire s’ils émettaient encore. Betty aurait bien aimé le savoir, mais Potterveille restait un sujet compliqué, qu’il valait mieux éviter d’évoquer en public, même en bonne compagnie Merliniste.

« Puisqu’on parle de Lucius, vous êtes allé à la petite sauterie des Puristes chez Gringotts ? »
« Yep, le buffet était au poil. »
« Heureusement encore, avec tout le fric qu’ils ont, mais sinon ? »
« Le reste j’m’en fous. » répondit le partenaire de Franckie en faisant claquer son roi de carreau sur la table.

Betty se tourna donc vers son propre partenaire, il était membre du MpM lui aussi, et en plus, le ministère avait réquisitionné sa salle pour leur tournois de duel.

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Nelson Northanger


MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Mer 19 Juil - 11:00

Dans la vie, le calme de Nelson Northanger était assez impressionnant. Presque autant que sa gentillesse, ou son affabilité, à vrai dire. Discret et peu sociable, on s'habituait à lui sans doute plus qu'on pensait devenir son ami, mais le résultat était le même. Il n'était pas le genre d'homme à se faire des ennemis, plus maintenant, en tout cas, du moins en apparence. Dans sa vie quotidienne, il y avait peu d'éclats de voix. C'était une vie tranquille, une vie ordinaire, celle à la limite d'un vieux commerçant célibataire au pire, ou au mieux celle d'un héros du quotidien, de l'ombre, qui faisait de son mieux, à sa petite échelle, pour rendre la vie de ceux qu'il croisait, de ceux qu'il aimait, et peut-être de tout le monde en général, un peu moins moche et tragique. C'était pour le côté Ordre du Phénix. Mais dans la vie de tous les jours – et cela dit, même dans les difficultés liées à son passif de merliniste – Nelson restait extrêmement philosophe. Il s'adaptait aux gens. Il avait appris à les aimer avec leurs défauts et leurs insuffisances. Ils étaient là, c'était le principal, et il le supportait, sans trop le juger, lui l'ancien auror arrogant, qui avait fini par tuer sa femme et perdre sa fille. Certains s'en foutaient même. Et il était reconnaissant aux gens de ça. Plus largement, Nelson étant malgré tout un incorrigible optimiste, et ayant tendance à relativiser les problèmes depuis qu'il avait compris qu'il pouvait toujours se passer quelque chose de pire, il ne s'en faisait donc pas pour grand chose.

Au contraire. Ainsi, il n'était même pas réellement ennuyé que Betty l'ait oublié. Il râlait plutôt pour le plaisir de râler, parce qu'on dérogeait à ses habitudes et que Sonny Northanger était un être très casanier, qui avait besoin de rituels pour s'occuper l'esprit et ne pas broyer du noir. Mais il avait aussi besoin de voir un peu de monde, qu'on le bouscule, sans quoi il se serait certainement enfermé dans un sarcophage de manies, prenant la poussière, devenant vieux avant l'heure. Fréquenter les militants du MpM, ou encore des gens comme Betty, le sortait d'une certaine torpeur confortable, où il s'enfermait. Elle le faisait rire, cette gamine – car pour Nelson, tout ce qui avait moins de quarante ans pouvait être nommé gamin ou gamine – lui rappelant un peu ce qu'il avait été, la méchante ambition qui parcourait ses veines à l'époque en moins. Il se mit à rire alors qu'elle l'accompagnait finalement, abandonnant le pauvre Richard derrière eux :

« Jamais vu changer quelqu'un d'avis aussi facilement que toi. »


Vrai, elle était désordonnée, colérique, changeait d'humeur un peu trop rapidement pour que le quasi-grand-père que Nelson était puisse suivre. Mais il ne détestait pas ça. C'était ça, vivre : de l'imprévu arrivait, et on pouvait dire qu'avec Betty Holmwood-Black, l'imprévu était presque toujours au rendez-vous. Même ses périodes de calme, comme ici, alors qu'ils jouaient au bridge, étaient une surprise. Ca allait plutôt bien à Sonny, qui était là pour jouer, avant tout. Fumant cigarette sur cigarette, il buvait tranquillement son whisky pur-feu. A un moment, on fit une pause, on se mit à rire. Il sourit avec discrétion : ce n'était pas du meilleur goût, mais ça restait drôle. C'était une ambiance joyeuse, bon enfant, et personne n'aurait songé à les reprendre ou à les empêcher de parler ainsi. Même pas Nelson lui même, pourtant peu enclin, la plupart du temps à trop afficher ses opinions merlinistes hors du cadre du parti. Ce n'était pas qu'il n'était pas d'accord, ou qu'il n'ait pas considéré cela comme drôle, c'était simplement une question de tempérament. De discrétion. Il aimait rire, ce n'était pas la question, mais Northanger n'était pas le genre de personne qui devenait le centre d'attention d'une soirée en racontant de bonnes vannes ou en menant la conversation. Il écoutait souvent plus qu'il ne parlait, mais ça lui suffisait en général pour passer un bon moment. De temps en temps, il s'autorisait un bon mot, lancé d'une voix tranquille par dessus son verre. Il n'était pas du genre à faire des éclats de voix, à pouvoir concentrer toute l'attention d'une pièce, non. Il laissait cette gouaille, cette forme de charisme, à des gens comme Betty Holmwood-Black, toujours un peu admiratif de cette capacité. Il ne savait pas faire ça, et le vivait bien. Il fallait de tout pour faire un monde, et ce mélange ci marchait bien.

Ca conduisait à de bonnes soirées bridges. Nelson n'en demandait pas vraiment plus. Alors  pourquoi fallait-il qu'un connard vienne tout déranger alors qu'il passait pourtant une bonne soirée ? Il soupira en entendant le partenaire de Frankie déblatérer à propos des évenements de la semaine. Il détestait ce genre de type. Au mieux neutre, et puis le mauvais type de neutre : pas celui qui ne voulait pas avoir de problème, celui qui se foutait juste de la souffrance des gens. Au pire, un puriste pur et dur, ce qui n'était pas franchement tolérable ici, au Ruby. Nelson soupira d'un air agacé. Et il en fallait beaucoup pour l'agacer, lui qui était si calme et si posé. Presque indifférent à la bêtise humaine.

« C'est vrai qu'on s'en fout, n'est-ce pas ? Trente-six arrestations rien que le jour de leur machin à Gringotts, et on ne parle même pas du fait que tout ça, ça vise à faire élire un type qui a étranglé sa femme née-moldue. C'est vrai, Betty, pourquoi ça compterait, quand le buffet est génial. On exagère, vraiment. »


Le ton était glacial. Ironique. Le vieux Nelson Northanger, celui qu'il avait été auror, l'arrogant jeune homme qui ne manquait pas d'ambition et qui était si sûr de lui, si imbuvable, si spirituel, ressurgissait lorsqu'il était en colère ou agacé. Il continua à fumer sa cigarette, toujours très calme. L'autre paraissait en colère, un peu :

« Eh, y a un problème, avec moi, papy ? J'ai bien les avis que je veux, tu crois pas ? J'ai pas raison, Frankie ? »

Ledit Frankie avait l'air gêné. Dans les souvenirs de Nelson, il avait présenté le type comme son beau-frère. Qu'est-ce qu'il avait dit ? Ah oui, c'était un employé du département des jeux et sports magiques. Bon sang de sang de dragon, Wilson devait avoir contaminé tout le département et ils devaient tous être devenus des connards puristes, des outres prétentieuses sans cerveau.  Northanger se fendit d'un sourire sans aucune chaleur :

« Bien sûr, vous avez les avis que vous voulez.  Moi je dis juste que c'est une soirée entre amis. Dans un bar merliniste. Donc que je ne suis pas sûr que ce soit l'endroit le plus approprié pour vous. Peut-être que vous devriez partir. Ce serait mieux pour tout le monde, non ? »


L'homme parut définitivement furieux. Ignorant les appels au calme de Frankie, il se leva, fit le tour de la table, pour venir s'adresser directement à Nelson. Sonny le suivit du regard d'un air sombre. Le ton montait vite. Il se pencha vers Betty :

« Tu me files un coup de main si ça dégénère ? »


Il était peut-être vieux, mais moyennement disposé à se laisser faire. Il espérait cependant qu'on n'en viendrait pas à se battre, il n'était pas venu pour ça. Cela dit, c'était aussi un bon moyen d'évaluer Betty, pour voir comment elle réagissait à une situation imprévue comme celle ci. L'autre s'était mis à vociférer :

« Il commence à me gonfler, papy ! J'ai entendu parler de toi, ouais. Le gars qu'a failli se faire assassiner par sa femme mangemorte. »
Les mains de Nelson se crispèrent sur la table. Il ne dit pourtant rien. « Tu vas faire quoi, hein ? Je pars, sinon quoi ? Tu vas me frapper ? Tu vas me lancer un sort ? T'es rien, mon pote, tu te laisses faire. Dommage qu'elle t'ait pas buté, ta femme, vraiment. Alors, tu vas faire quoi ? Hein, papy ? Tu vas faire quoi ? »

Et soudainement, le coup partit. Le poing du gars vint frapper le nez de Nelson, qui resta pourtant immobile. Le sang coulait sur les cartes, goutte à goutte. Il ne dit rien, un instant, le regardant tomber sur son jeu d'un air un peu absent.

« Ouais, c'est ce que je pensais, tu vas rien faire. »


Le sang coulait toujours de son nez, mais Nelson ne le remarquait plus. Toujours d'un ton égal, il s'adressa à Betty comme si le type, et Frankie, et tous les clients qui avaient l'air un peu outré, n'étaient pas là :

« Je crois qu'on va interrompre cette partie pour le moment, désolé. Si tu peux essayer de trouver le serveur pour lui expliquer, ça m'ennuierait que Joe se déplace pour rien. »


Puis il se leva, et avec une certaine rapidité, empoigna le gars par le col, pour lui foutre un des coups de boule les plus magistraux que le Ruby's avait sans doute jamais connu, à en croire les nouveaux murmures choqués des autres personnes installées au bar. L'autre s'écroula au sol. Nelson reprit sa cigarette, qu'il avait posé dans le cendrier. Merlin, dire que dans ce duo, c'était lui le type raisonnable, normalement.

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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Sam 22 Juil - 16:04

« Ah ça oui, je change d’avis plus souvent que je change de culotte. »

Betty prit avec bonne humeur la remarque de Nelson sur ses brusques revirements. Elle avait une capacité d’attention limitée, et avait beaucoup de mal à se concentrer sur plus d’un sujet à la fois. Elle avait zappé les cartes à la faveur de Richard, et maintenant elle oubliait le pauvre bougre, puisque les cartes avaient désormais son attention. C’était une fonceuse, un peu butée, et une fois qu’elle avait quelque chose en tête, elle n’arrivait plus à penser à autre chose. Mais comme elle était aussi pleine de vie, elle passait d’un sujet de concentration à l’autre en un claquement de doigt. Elle avait un caractère versatile, elle pouvait s’engueuler avec un ami, le traiter pire que du poisson pourri et passer à autre chose moins de deux minutes plus tard. C’était quelqu’un d’entier qui ne connaissait pas la demi-mesure.  Betty faisait tout ce qu’elle faisait à fond, elle ne connaissait pas les sentiments en demi-teinte. Tout était grandiose chez elle, ses joies comme ses chagrins, même si elle avait tendance à garder les derniers pour elle et son chat seulement. Elle tournait tellement tout le temps à plein régime qu’elle était incapable d’être « un peu » quoique ce soit, elle était naturellement joyeuse et pleine d’entrain mais traversait parfois des périodes de profonde apathie et de déprime. Mais peu de gens pouvait en témoigner, elle avait toujours préféré garder ses petits soucis pour elle. Heureusement, ces épisodes étaient intenses mais courts, son optimisme bondissant finissant toujours par prendre le dessus. Mais il était vrai que Betty avait un caractère chaotique, au point que certains avait parfois du mal à la suivre.

« Mais le mardi soir, c’est bridge, alors bridgeons. »

La jeune femme passait certes du coq à l’âne avec une rapidité déconcertante, mais il fallait au moins lui reconnaître cette qualité, elle n’avait qu’une seule parole. Bien sûr, il n’y avait pas d’engagement écrit dans son partenariat avec Nelson, mais elle respectait toujours les contrats, même les plus informels. En acceptant de devenir sa nouvelle partenaire de jeu, elle s’était engagée à jouer aux cartes avec lui tous les mardi soir. C’était le deal et elle s’y tiendrait. Et si vraiment elle tenait à passer la nuit en charmante compagnie, elle pourrait y remédier plus tard. Les bars étaient plein de Richard beau parleur. Puis la semaine dernière, elle avait promis une bonne piquette à Frankie, alors elle n’avait aucun regret à abandonner le beau brun pour une partie de cartes.

La partie se déroulait bien. Bételgeuse et Nelson faisait une bonne paire. Elle fonçait et tentait des coups toujours plus risqués, et lui gardait le cap, sauvant les meubles derrières lorsqu’elle était trop téméraire. Chacun avait sa façon de jouer et elle se complétaient parfaitement, peut-être même qu’ils pourraient se lancer en tournois à l’automne.  La bonne entente entre les deux allait au-delà de leur partenariat ludique, plus ils passaient de temps ensemble, plus Betty appréciait la compagnie de Nelson. Il était calme, discret, posé et quand elle était avec lui, elle avait le sentiment de pouvoir profiter un peu de sa stabilité. Stabilité qui lui manquait cruellement et qu’elle était incapable de s’apporter elle-même. L’ancien auror était exactement le genre d’homme dont elle avait besoin dans sa vie, pour la bagatelle elle était plus que capable de trouver elle-même ce qui lui fallait, mais l’homme qui manquait à sa vie et qu’elle cherchait inconsciemment, c’était une figure paternelle. Véga aimait sa fille, c’était certain, et elle aussi, mais il était tellement toujours perché, à courir après ses délires, ce n’était pas vers lui qu’elle pouvait se tourner quand elle avait besoin d’aide. Et c’était pour ça qu’elle appréciait autant les soirées passées en compagnie de Nelson. Il était calme et imperturbable, Betty se sentait de plus en plus en confiance auprès de lui et avec un peu de chance, il finirait par déteindre sur elle.

L’ambiance bonne enfant prit soudainement un tour plus acide. Elle fut un peu surprise d’entendre Nelson répondre à l’autre avec autant de mordant. On ne savait vraiment jamais ce qui se cachait derrière un calme de façade. Ils militaient ensemble au MpM depuis un bon moment maintenant, et si Betty s’était toujours doutée que Nelson avait des opinions bien plus tranchées qu’il le laissait paraître pendant les réunions, elle ne se serait pas attendue à l’entendre les exprimer avec autant de morgue.

Elle enchaîna, en continuant à jouer tranquillement. Ce n’était pas une discussion un peu animée qui allait lui gâcher la soirée.

« Pour sûr papy. Si les Mangemort nous servent un peu de champagne, on peut bien les laisser buter un ou deux né-moldu. Faut croire que la morale, ça gâche le goût de petits fours. »

Randall, le partenaire, s’il appréciait les petits fours puristes ne semblait pas goûter à l’ironie Merliniste. Par les baloches de merlin, où donc Frankie avait-il trouvé un abruti pareil ? Ah oui, il avait épousé sa sœur, un pékin du ministère. Et qu’est-ce qui lui avait pris de le ramener au Ruby ? Il avait l’air teigneux en plus, et pas prêt à retirer ce qu’il venait de dire. Les choses pouvaient rapidement devenir moches, et Nelson l’avait visiblement senti bien avant Betty. Elle ne répondit rien quand il lui demanda si elle lui filerait un coup de main, mais se contenta de lui montrer qu’elle avait déjà la main sur sa baguette, prête à dégainer si le besoin s’en faisait sentir.

Elle suivait nerveusement l’échange entre les deux, bon sang, l’autre était vraiment mauvais. Elle crispa un peu plus les doigts sur sa baguette, tandis que la dispute prenait un tour plus personnel. Elle ne put néanmoins s’empêcher de faire une moue étonnée quand l’autre mentionna la femme Mangemorte de Nelson. Ça alors, on en apprenait tous les jours. Sans préavis, un poing vint s’écraser en plein dans la face de son partenaire. Vive comme l’éclair, Betty bondit de sa chaise, dégaina et pointa sa baguette sous le nez de Randall. Qui éclata de rire.

« Tu vois papy, même la gamine a plus de couillles que toi, oh bordel ! »

Betty surveillait Nelson, qui saignait allègrement sur le jeu, du coin de l’œil. Elle ferait comme il le sentait. Mais s’il fallait dérouiller le beau-frère de Frankie, elle était prête. Mais Nelson était égal à lui-même, et préférait encaisser sans faire un scandale. Elle obtempéra, et tourna les talons pour aller trouver le serveur. Elle n’avait pas fait deux pas qu’un bruit sourd se fit entendre, quand elle se retourna, Nelson tenait Randall par le paletot, et le nez de celui-ci était maintenant en aussi mauvais état que celui de l’autre.

La briseuse de sort fit demi-tour et se précipita vers Nelson. Mais qu’elle mouche l’avait piquée ? Lui, le père peinard, foutant une dérouillée à un mec du ministère. Vous parlez d’une soirée. C’était un jeu dangereux que jouait Sonny, l’autre était une carne, et si cette histoire remontait jusqu’au officiels. Il fallait agir vite. Sans leur demander l’heure, elle informula un sortilège d’oubliettes. Betty avait eu la main un peu lourde, ça plus le coup de boule, Randall avait l’air d’être à 10km de ses pompes.

Elle aida Frankie à le relever.

« Ramène ton beauf chez lui et arranges toi pour qu’il pense qu’il avait juste trop picolé et qu’il s’est pété le nez en se vautrant. »

Elle accompagna les deux hommes vers la sortie. En revenant, elle rapporta un verre de pur feu à Nelson.

« Bois ça avant que Joe vienne lui-même nous botter le cul pour nous foutre dehors. Qu’est-ce qui t’as pris par Salazar ? C’est moi qui soulève des puristes d’habitude. »



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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Sam 12 Aoû - 0:19

Il ne l'avait pas loupé, cet abruti, constata Nelson Northanger avec satisfaction. Qui aurait pu croire que lui, le sympathique et taiseux commerçant du chemin de Traverse, avait ce genre de pensée ? Personne, sans doute, mais il ne fallait pas délirer, Sonny n'était pas du genre à se laisser emmerder. Pas mal, pour un papy, songea-t-il encore. Car oui, dans les faits, des ses cheveux gris à sa vie bien rangée, au moins en apparence, l'ancien auror pouvait concrètement être considéré comme un vieux. Enfin, il y avait de quoi, après tout. Il n'avait rien d'un bad boy ou même d'un gérant d'un club de duel pourtant réputé pour la rudesse des combats qui s'y déroulaient – enfin quand on ne réquisitionnait pas sa salle pour faire mumuse et amuser la galerie puriste. Même ses fringues renvoyaient cette image. Il portait quand même une veste en tweed par dessus une chemise bien repassée et immaculée – enfin, avant qu'il ne se mette à saigner du nez et répande du sang partout sur le col – et un pull over bleu clair. Le parfait cinquantenaire innoffenssif, merliniste à ses heures perdues, qui ne voulait pas d'ennui, avec personne.

Mais Nelson Northanger n'avait jamais redouté les ennuis. Il évitait de s'en créer inutilement s'il le pouvait, il n'avait pas envie de faire de vague non plus, c'était dangereux, mais il n'était pas dit qu'il était un crétin ou un fantoche. Si on se moquait de lui, il répliquait. Si on devenait un peu trop puriste à son goût, il faisait savoir qu'il désapprouvait. Son passif, inconnu à beaucoup de gens, d'aurors fêtard, provocateur, et bagarreur, n'avait pas entièrement disparu de lui. Son opposition farouche aux partisans des mangemorts s'était toujours exprimée radicalement ; jeune, c'était peut-être la seule chose en laquelle il croyait, qu'il avait envie de faire, à part s'élever socialement. Acharné de boulot et provocateur en diable car sûr de son talent et de ses idées, Northanger avait gardé cet humour cinglant et franc quand on l'insultait : la répartie était la meilleure réponse à la provocation. Et quant à se battre...bon, ça pouvait paraître plus surprenant encore. Mais il n'avait pas peur de ça, ce type là, c'était un minable, dans l'Ordre, et comme auror, et même comme flic, il avait vu pire. Alors oui, certes, se battre avec des gens dans les bars risquait d'attirer inutilement l'attention certes, et évidemment, il n'était pas pour la violence, ce n'était pas une solution. Mais comme dit plus haut, d'abord, il n'allait pas se laisser frapper sans rien faire, dans quel monde ils se croyaient, et ensuite, la violence n'était pas une solution sauf à frapper assez fort.

Tel fut le cas pour Randall, qui parut totalement à côté de ses pompes quand Betty lui balança un sortilège d'oubliette. Il se leva pour dire quelques mots à Frank :

« Eh, Frankie, désolé pour ton beau-frère. »
Il trébucha, encore un peu sonné : Sonny se demanda si c'était le coup de boule ou le bourre-pif qui lui avait fait le plus de mal. «  Mais tu avoueras, franchement, il l'a un peu cherché.
- Ouais, ouais, je sais. Je vais le ramener, désolé, Sonny, a la prochaine. »

Il se rassit, laissa la jeune femme raccompagner leurs ex-partenaires de bridge, et à son retour, prit le whisky que Betty lui tendait. Autour d'eux, la conversation des autres clients avait repris un tour plus normal. Il but une gorgée d'alcool, qui le revigora un peu, mais il saignait toujours du nez. Reniflant, il déclara d'un ton optimiste :

« Il ne doit pas être cassé, et puis, eh, j'ai l'habitude. »
Petit rire, presque amusé. Maintenant que l'incident était passé, Nelson avait presque envie d'en rire. « Quel sale con, j'en ai souvent vu au parti, mais alors celui-là, il était gratiné. Je me demande vraiment comment notre vieux Frankie a réussi à épouser sa sœur, parole ! » Il s'épongea un peu le nez : « Qu'est-ce que j'ai fait de ma baguette, c'est absolument dégueulasse, il faut que je fasse quelque chose. »

Il jeta un œil à Betty, qui le regardait avec des yeux ronds. Il était vrai que la situation n'était pas vraiment habituelle. D'habitude, c'était lui qui limitait la casse quand ça virait au vinaigre lors de leurs parties de bridge – la briseuse de sort était du genre à vouloir se battre avec la terre entière dès qu'elle s'énervait un peu, et Nelson calmait les choses, résolvant les conflits d'une manière en générale plus posée. Que ce soit, d'ailleurs, au MpM ou ici. Il secoua la tête, un peu amusé : 

« Eh, je suis un ancien auror et le gérant d'un club de duel, je ne me laisse pas insulter sans rien dire, quand même. »
Il renifla à nouveau, continuant de siroter son Pur-Feu. « Il méritait ce foutu coup de boule, tiens. Je suis gentil, poli, je ne dis rien, mais il est hors de question que je me laisse frapper, non mais. » Il lui adressa un sourire : « Au passage, très bonne réaction. On t'a jamais dit que tu aurais fait une bonne aurore ?  »

C'était parfaitement sincère : le timing était très bon. Betty avait beau être emportée, elle avait du sang froid pour réagir dans les situations les plus improbables et parvenait à prendre la bonne décision. Dans une situation de combat, telles que celles qu'on rencontrait quand on s'enrôlait dans l'Ordre, c'était indispensable. Elle était moins brouillonne, plus concentrée. Il se demanda si elle était pareil dans le boulot, supposa que oui. C'était une bonne qualité pour être auror, et par conséquent, une bonne qualité pour l'Ordre et Sonny était quasiment sûr de ne pas se tromper en disant ça. Elle était même plus réfléchie que lui, sur ce coup là, malgré ses justifications. Il ajouta pensivement :

« Meilleure que moi, peut-être... »


Parce que lui, il avait quand même épousé une fille qui était devenue mangemorte, dans le genre jugement faussé, Sonny l'avouait, parfois, il se la posait là. Il repensait à ce qu'avait dit Randall à propos de sa femme. Des années après, Audrey était encore un sujet sensible. C'était cela, véritablement, qui avait mis le feu aux poudres et l'avait poussé à cogner sur l'autre. Il n'avait pas envie de repenser à cette période, à cette nuit là où sa vie était partie en morceaux.

« Ah, on essaie de réparer les erreurs du passé comme on peut, va, oublie ce que je dis, ce sont des imbécillités nostalgiques. Pour ça que je suis au MpM, même si je suis pas trop sûr qu'on serve à quelque chose. On essaie, au moins, c'est mieux que rien. »


Il regarda la table d'un air un peu navré.

« Bon, on jouera plus au bridge ce soir. Tu prends un autre verre ?  Joe n'a pas l'air de vouloir venir, donc à mon avis, personne ne va nous virer. Puis ferait beau voir qu'il essaie, vu toutes les fois où j'ai du empêcher les gérants de bars de le sortir lui, quand il se battait...»

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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Dim 13 Aoû - 15:21

« Bah faut bien dire que la femme de Franckie a de sérieux arguments » plaisanta Betty, mime à l’appuie, avec sa finesse habituelle.

La jeune femme plaisantait en descendant son verre, mais en vérité elle était un peu, gênée, oui, un peu mal à l’aise. Pas tant d’avoir assisté à une bagarre de bar, ce n’était pas, loin de là, la première de sa vie et sûrement pas la dernière, et dans celle-ci, elle trouvait même l’avantage de ne pas être celle qui avait reçu des gnons, un changement agréable. Une fois n’est pas coutume, Betty Holmwood-Black semblait un peu prise au dépourvu, elle ne savait pas exactement comme elle devait réagir. Elle découvrait une facette insoupçonnée de la personnalité de son partenaire de bridge, lui toujours si calme, si posé, en temps normal. À bien y repenser, ce n’était vraiment étonnant, on pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’un ancien chasseur de mage noir eut le sang chaud, c’était juste déroutant pour elle, car elle n’avait jamais envisagé Sonny sous cet angle-là. Quand elle pensait à lui, elle avait toujours en tête cette image de père peinard, un peu débonnaire, et réalisait maintenant à quel point c’était idiot, il n’avait certainement pas fait carrière au bureau des Aurors en se tournant tranquillement les pouces. Et par-dessus le marché il y avait encore cette invraisemblable histoire à propos de la femme de Nelson qui serait une Mangemorte. C’était une drôle de soirée, oui vraiment, une drôle de soirée.

Betty craignait de laisser échapper une énormité si elle ouvrait la bouche sans réfléchir, alors en attendant, elle se contentait de boire en écoutant Sonny, laissant échapper un murmure d’approbation de temps à autre.

« Je crois que je l’ai pas raté ce pauvre Randall, ça se trouve demain il se rappellera même plus qu’il est puriste, cet enfant de putain. »

Enfin, « ce pauvre Randall », tout était relatif, Betty ne ressentait qu’une compassion très modérée pour l’infortuné beau-frère de Franckie. Il avait largement mérité ce coup de boule et, à parler franchement, elle en regrettait presque son sortilège d’amnésie, sans ça, il aurait peut-être appris à fermer sa grande gueule. Quant au fait d’oublier ses idées puristes, elle ne comptait pas tellement dessus, il fallait plus qu’un sortilège d’oubliette pour restaurer la pourriture des cerveaux. C’était ce point de vue qui faisait d’elle une radicale au sein du MpM, elle ne croyait pas au dialogue avec les partisans puristes. Avec Betty il n’y avait pas de place pour les zones de gris, ou vous étiez avec elle ou vous étiez contre elle. Et si vous acceptiez les idées de Force Puriste, il n’y avait pas de salut pour votre âme. Voter Malefoy c’était cautionner la mise au ban des nés moldu et la normalisation de la magie noire. Elle refusait de croire à l’existence d’un purisme modéré.

Elle sourit de toutes ses dents lorsque Sonny lui annonça qu’elle aurait fait une bonne Aurore. Le pauvre vieux, s’il savait.

« Je voulais, en sortant de Poudlard, je voulais vraiment devenir Aurore, mais j’avais besoin de fric, alors j’ai pris un boulot à Gringotts. »

Betty aimait travailler comme briseuse de sortilèges, c’était un travail intéressant et plutôt confortable, mais c’était un choix par défaut. Elle avait dû renoncer au bureau des Aurors à dix-sept ans, quand elle avait décidé de se tirer de chez son paternel et de prendre son indépendance. Et elle n’aurait pas pu compter sur son père pour financer sa formation, sa fille, chasseuse de mages noirs, éliminant de bons petits puristes, ses propres cousins, Vega en aurait fait une maladie. Betty détestait les partisans de Vous-Savez-Qui, mais elle détestait également mourir de faim et dormir sous les ponts, alors elle avait signé à la banque, pour la promesse d’un salaire fixe et d’une vie d’aventure. Mais elle regrettait parfois ce choix, surtout maintenant que le bureau des Aurors avait été dissout au profit de celui des Mangemorts, elle regrettait de ne pas avoir été plus pugnace et d’avoir cédé à la facilité. Elle n’était pas assez folle pour penser qu’à elle seule elle aurait pu faire la différence, mais elle avait des regrets. La banque, les gobelins et leur foutue neutralité, ça la rendait malade certains jours.

« J’admirais beaucoup Barty Croupton, et sa ligne politique dure, c’est lui qui m’avait donné envie de devenir Auror. »

Betty ne voyait aucun problème à utiliser contre les Mangemorts les mêmes armes qu’eux, sortilèges impardonnables, mise à mort plutôt que capture. Non pas quel n’eût pas d’admiration pour un gars comme Fol-Œil, bien sûr que Maugrey avait été la crème de la crème dans son genre, mais il avait préféré capturer plutôt que tuer. Et maintenant la plupart des salauds qu’il avait envoyés à Azkaban en étaient ressortis, et pire encore, ils se pavanaient au grand jour. Heureusement qu’il n’était plus là pour voir ce désastre. Et sans parler des pourritures, genre Malefoy, qui s’en étaient tiré en plaidant l’Imperium et en graissant les bonnes pattes, alors qu’on savait bien qu’ils étaient pourris jusqu’à la moelle. C’était ça surtout qui rendait Betty tellement furieuse, si les bonnes mesures avaient été prises vingt-ans plus tôt, on en aurait fini avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et ses partisans. Mais non, il avait fallu jouer franc-jeu et ne pas s’abaisser à leur niveau. On contemplait maintenant les beaux résultats de cette politique laxiste.

Betty termina son verre et émit en grognement approbateur, elle commençait à en avoir sa claque du MpM. Elle s’était engagée avec enthousiasme, mais elle avait de plus en plus de mal à cacher sa déception. Elle étouffait au sein de parti, elle n’avait pas simplement envie de faire bouger les lignes, elle voulait les faire exploser. Mais rien ne se passait, depuis l’élection de Malefoy les Merlinistes n’avaient fait qu’enchaîner les revers.

« Harper a, encore, voulu me virer la semaine dernière. Paraît que mon pamphlet – le purisme on l’élimine ou on en crève – était clivant, stigmatisant et blablabla » ajouta-t-elle avec un grimace de dégoût.

Elle avait de plus en plus de mal à prendre son mal en patience, même avec l’élection qui approchait. Même si le candidat Merliniste l’emportait face à Fawley, qu’est-ce que ça changerait ? C’était pas avec un siège de grand électeur que les choses changeraient. L’urgence pour elle c’était de mettre un terme aux lois discriminantes sur le statut du sang, d’arrêter les poursuites contre les sorciers nés-moldus, et c’était pas un siège de grand électeur qui allait changer ça.

La briseuse de sort accepta avec joie le dernier verre proposer par Sonny. Au moins elle avait retrouvé sa bonne humeur et son insouciance habituelle. La bagarre entre l’ancien Auror et le puriste à la grande gueule était déjà oubliée. On n’allait pas se ruiner le moral parce qu’un imbécile s’était mangé un coup-de-boule bien mérité. C’était bien plus amusant d’écouter Nelson lui balancer des dossiers sur la jeunesse tapageuse de Joe Emerald. Elle saurait quoi lui répondre la prochaine fois qu’il lui conseillerait de se comporter plus calmement en soirée.

Elle constata avec un peu de dépit que ce brave Richard ne l’avait pas attendu bien gentiment au bar. Bon ben, ni bridge, ni partie de jambe en l’air pour ce soir. Heureusement que le gin, lui, ne la laissait jamais tomber. Elle sirotait son dernier verre en se préparant à rentrer à la maison. Ce n’était pas exactement la soirée sans histoire qu’elle avait espérée, mais elle n’avait pas été ingrate en divertissement.

« T’as vraiment été marié à une Mangemorte ? ‘Fin, réponds pas si ça t’emmerde, c’est pas mes affaires après tout. »

Non, mais Betty ne serait plus exactement Betty sans fourrer son nez dans les affaires des autres. Elle voulait bien comprendre que Nelson n’ait pas envie d’en parler, mais elle était curieuse. Elle se demandait bien par quel truchement étrange un Auror se retrouvait à partager la vie d’une adepte de la magie noire. Certes on ne pouvait jamais réellement connaître la personne avec qui on décidait de passer le restant de ses jours, mais entre être secrètement fan de Celestina Moldubec et porter la marque des ténèbres, il y avait une différence non négligeable.

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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Sam 26 Aoû - 19:04


Si erratique qu’ait pu être le parcours de Nelson Northanger, marqué à ses débuts par une ambition dévorante, il avait toujours eu le mérite d’être assez clair quant au sujet du merlinisme. Il avait toujours détesté les mangemorts et il avait toujours détesté qu’on emmerde les gens. Pourtant, il n’avait pas été toujours été aussi honnête qu’il le prétendait, qu’il voulait bien l’admettre. Les méthodes de Barty Croupton Sr, il n’avait tout simplement, quand il était au ministère, pas d’avis dessus. Aujourd’hui, quand bien même il était aussi radical que Betty - le purisme n’était pas quelque chose avec lequel on pouvait négocier, les mangemorts ne négociaient pas, ils tuaient des gens, quiconque partageait leurs idées devenait par suite un assassin en puissance, c’était aussi simple que ça - Nelson se demandait parfois si Croupton avait bien fait. Maintenant, la radicalité était nécessaire, l’action de l’Ordre indispensable, il fallait se battre. Mais s’ils avaient réagi plus tôt, est-ce qu’ils n’auraient pas pu s’épargner toute cette foire ? Si on s’était assuré de sécuriser Azkaban. Si au moins le ministère avait cru Dumbledore. Si des gens comme lui avaient été moins cons et moins arrogants, moins attachés à leur réussite.

Restait la relève. Des gens comme Betty. Comme Juliet, comme Alexa, même comme son frère, John. Il y avait des tas de gens, qui se battaient, ou non, mais qui restaient bon et généreux et prêts à le faire - et s’ils ne le faisaient pas, même si simplement, comme Aldébaran, ou le petit Tom Sallybanks, ils tentaient de vivre leur vie, d’être un peu heureux malgré tout, sans pourrir la vie aux autres. Parfois, Nelson se demandait quelle vie il avait eu, si tout ce qu’il faisait avait pu servir à quelque chose, et il se disait qu’il n’avait cessé de faire des erreurs, et que c’était perdu. Trop de morts, trop d’échecs. Il sentait alors une vraie tristesse l’envahir, mais par tristesse il voulait plutôt dire une sorte de trou noir plein de verre brisé et de pierres et de tous les mots qu’ils n’avaient plus. Et puis ils croisaient tous ces gens qui ne perdaient pas espoirs, et alors il se remettait à croire en une issue plus heureuse. Ce n’était pas, si on regardait toutes ces horreurs, ce qui comptait vraiment. Ce qui comptait, c’étaient ceux qui partageaient sa tristesse, ses interrogations, et mêmes quelques espoirs, c’était le peu de gens biens pleurant dans la nuit. Le peu de gens biens.

Il y en avait. Joe, parti soigner son père et devenu auror aussitôt après, qui galérait pour le fric, et qui malgré tout, encore aujourd’hui, filait des papiers sous le manteau à des nés moldus. Betty lui rappelait Emerald, qui admirait lui aussi Croupton. Ils avaient un parcours similaire, et parfois, l’influence indéniable de Joe se sentait chez la jeune femme. Il sourit :

“ Croupton n’avait pas tort, mais il n’est jamais allé jusqu’au bout. Et puis...parles en à Joe, mais il y a eu des magouilles, de sales transactions, des choses dont il vaut mieux tout ignorer.”
Des choses qui impliquaient les Rosier, bien sûr. Comme d’habitude, toujours dans les bons coups, ceux là. Et puis les autres ne valaient pas mieux. “ Ca et les Malefoy, et cette putain d’excuse de l’impero. Même ceux qui se faisaient buter, comme Rosier, et Wilkes, ils réussissaient presque à les faire passer pour des martyrs.”

Quand il y pensait, il n’avait jamais eu l’occasion de remercier Fol Oeil d’avoir buté Evan, et pourtant Merlin savait qu’il le méritait. Nelson décida de passer à autre chose. Il sourit en écoutant la briseuse de sort parler d’un ton agacé de Charles Harper. Plus discret qu’elle, mais sans jamais dévier de ses positions les plus radicales, il s’entendait assez bien avec Charles, malgré des désaccords. On pouvait discuter avec lui - en général - et il avait eu exactement le même ton pour décrire l’incident avec Betty. Il se prit d’un rire amusé :

“Ca avait l’air bien, comme texte, pourtant, il ne sait pas ce qu’il rate.”
Ils étaient bien partis pour un autre verre, mais il déclara d'un ton féroce : “ Charles ferait un bon dirigeant si on était en paix. Le problème, c’est que contrairement à ce qu’il croit, en paix, on ne l’est pas.”

Lucius Malefoy à la tête du ministère de la magie et Chapman Rosier à la Justice Magique, Nelson ne trouvait pas seulement moche et peu en accord avec ses convictions, il savait que ça n’était qu’une question de temps avant que la soupape ne saute et que tout ce beau monde ne finisse pas révéler sa vraie nature en se mettant à buter des gens à tour de bras. Ca commençait avec des brimades et ça finissait avec le meurtre, ça finissait toujours, mais sans alors sans aucune forme d’exception, jamais, comme ça. Voilà pourquoi il fallait se battre, et ils avaient bien besoin de gens concrètement prêts à le faire, comme Betty, s’ils le pouvaient. Attablés avec un nouveau verre au bar, il continua presque mine de rien :

“Je sais pas bien si le MpM arrivera à quelque chose un jour. J’y crois, mais bon, les gouvernements, de toute façon. Non, il faut se battre.”
Il la regarda d’un air sérieux : “Si on t’offrait l’opportunité concrète de le faire, tu le ferais ? Je te parle d’actions véritables, organisés, pas d’un simple mouvement plus radical que le MpM.”

Il lui faisait assez conscience pour proposer ça. Assez pour savoir qu’elle ne le dénoncerait pas et qu’elle ferait mine de ne pas comprendre si elle ne voulait pas. Nelson préférait rester dans des termes vagues pour l’instant. C’était dangereux de faire autre chose que d’émettre ce qui pouvait paraitre être une simple hypothèse.

Elle se mit à parler de sa femme ; Sonny espérait ne plus aborder la question, que ça s’oublierait dans les évenements de la soirée, mais non. La question de Audrey revint sur le tapis alors qu’il ne demandait rien. Estimant qu’il valait mieux crever l’abcès immédiatement, il haussa les épaules :

“Non, c’est bon, ça va. C’était en 77 après tout, j’arrive à peine à croire que les gens se souviennent de cette histoire.”
Il fronça les sourcils. “J’avais épousé Audrey juste après ma sortie de Poudlard. On formait un beau couple, vraiment chic, tout pour réussir, elle juge au Magenmagot, moi Auror. J’étais ambitieux, et elle aussi. Plus que moi. Elle s’est trouvé un amant aussi ambitieux que elle, et elle s’est faite embarquée dans ses idées. Elle a voulu me descendre, et je me suis défendu. Voilà ce qui m'est arrivé. J'avais aucune idée de ce qu'elle faisait. J'étais dans mon truc, je voulais monter les échelons, on se voyait presque plus. J'étais jeune, et complètement con.”

Voilà ce qui le différenciait de Juliet, dans cette histoire avec Adrian Rosier. Lui, il n’avait pas hésité, alors qu’il adorait sa femme. Mais il ne fallait pas rire, il n’allait pas la laisser survivre alors qu’elle était devenue dingue. Il leva son verre et trinqua avec Betty :

“Il s’appelait Evan Rosier, et j’ai entendu dire que son fils valait pas mieux que lui, comme ce vieux taré de Chapman. A cette putain de famille de salopards. J’espère qu’un jour quelqu’un leur dégommera la gueule.”


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MessageSujet: Re: L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur Lun 28 Aoû - 0:00

« Vieux Barty. Quand il a voulu aller jusqu’au bout et a envoyé son fils à Azkaban, on le lui a reproché. À croire que les larmes qu’il avait versées à son procès avait rendu leur vie à Franck et Alice Londubat. »

De tous les crimes commis par les partisans de Vous-Savez-Qui, c’était celui ci qui avait le plus touché Betty. Augusta Londubat était une vielle amie de sa grand-mère et sa marraine. Elle avait bien connu le couple d’auror, et ce que leur avait fait les trois Lestrange et le fils Croupton, c’était encore pire que de les avoir assassiné froidement. Œil pour œil, dent pour dent, le baiser du détraqueur n’aurait pas été de trop pour ces quatre là. Dans l’absolu, elle n’approuvait pas qu’on s’en remette à ces créatures répugnantes pour surveiller les prisonniers, ni à leur utilisation comme châtiment. Mais pour certaines crapules, ouai, ça lui aurait pas déplu qu’un détraqueur aspire l’âme de Bellatrix Lestrange. Ça lui faisait du bien de l’imaginer se traînant comme un zombie, vidée de toute sa vie. À la place, ça avait été une sentence à vie, et Bellatrix s’était évadée à la première occasion, fraîche comme un gardon et prête à torturer et à assassiner comme à la grande époque. De penser qu’il existait une possibilité qu’elle soit de la famille de cette dégénérée, ça lui foutait la gerbe rien que d’y penser. Encore que, s’il fallait absolument produire une gradation dans la pourriture, Betty préférait une fanatique qui se montrait au grand jour dans le genre de Bellatrix, qu’un salaud qui avançait masqué, derrière le paravent confortable de l’imperium, qui étaient honnêtes comme une chienne galeuse mais qui savaient faire passer les gallions dans les bonnes poches. Sa marraine était en fuite on ne sait-où parce que son petit fils n’avait pas voulu ployer la nuque devant les Carrows, et Lulu était ministre de la magie. Putain, on vivait vraiment une époque formidable.

« A la santé de ces riches et puissants enfants de salauds. »

La briseuse de sort vida son verre et le fit claquer sur le bar.

« Le texte c’était juste un brûlot énervé et un peu crétin, je le sais bien. Mais j’aimerai bien qu’on soit un peu plus teigneux parfois. Eux, ils publient des dégueulasseries sans nom qui se prennent grave au sérieux, dans le genre des théories de Yaxley. Je trouvais ça drôle de leur répondre sur le même ton. »

Le texte en question ne devait pas faire plus de quatre pages, Betty, Heisenberg et deux trois autres agités du Merlinisme avait rédigé ça sur un coin de table à la fin d’une réunion. Le ton était résolument grossier, les blagues vaseuses et les attaques mordantes autant qu’acide mais il mettait plutôt bien en relief les contradictions de théories puristes. Aucun des auteurs ne se prenait au sérieux comme théoricien du Merlinisme, simplement, ils avaient envie de faire, de faire avec panache et de le faire en faisant le plus de bruit possible. Ils étaient fatigués des actions à la papa, et à chaque fois qu’ils proposaient un truc un plus musclés, on les renvoyait à leurs pénates. En quatre mots comme en cent : ils en avaient gros.

Si le sujet Harper revenait sur le tapis. Elle allait avoir besoin d’un autre verre. En réalité, elle ne le détestait pas autant qu’elle le racontait à qui voulait bien l’entendre. La briseuse de sort adorait râler, et elle avait toujours besoin de quelqu’un pour s’engueuler, ça la maintenait de bonne humeur. Enfin de mauvaise humeur, mais elle était de bonne humeur quand elle était de mauvaise humeur. Un peu comme les adolescents gothiques à qui ça fait plaisir d’être triste. Les manières et le mode de fonctionnement d’Harper l’agaçait comme une culotte qui vous rentre dans la raie du cul, mais elle voterait sûrement pour lui quand même à la primaire, c’était le seul gars sérieux qu’ils avaient pour faire face à Fawley. S’il le fallait, elle irait même sur le Chemin de Traverse gueuler « votez Harper, celui qui n’est PAS un étrangleur. »

« C’est ça qui me rend ouf chez Harper. Il croit vraiment à cette démocratie en peau de lapin ? Combien de temps il nous reste avant qu’ils décident de jeter au trou tous les braves Merlinistes dans notre genre ? »

Et dire au trou, c’était encore se montrer plus qu’optimiste, vu la morgue des gars en face, dans six mois, c’était dans un trou qu’on les retrouverait.

Betty reposa son verre et dévisagea Nelson. C’était une proposition qu’elle ne s’était pas attendue à recevoir ce soir-là. Plus étonnante encore que la proposition à la crème chantilly de Richard. L’Ordre du Phénix ? Vraiment ? Ou un autre groupe dans le même genre mais qui était prêt à se mouiller pour aller secouer les Mangemorts. À dire vrai, elle y pensait depuis un moment déjà, à s’engager, réellement. Les risques, elle y avait pensé aussi, ça lui faisait pas peur. Et c’était ni de la frime, ni une décision dans laquelle elle avait foncé tête baissée, pour une fois. Le combat, faire face aux partisans du seigneur de ténèbres, c’était la seule alternative possible. Elle avait compté sur Weasley, avec qui elle avait travaillé en Égypte pendant des années pour la tuyauter. Mais depuis la bataille de Poudlard, vieux Bill s’était évaporé dans la nature, et elle n’avait pas cherché à le contacter. Trop risqué. Alors en attendant, elle rongeait son frein et usait ses fonds de robe sur les bancs du MpM. Et si on lui proposait concrètement de faire un truc contre les Mangemorts, elle était prête à s’engager.

« Si on m’offrait l’occasion de me battre, je la prendrai. Et pas sans réfléchir, ça fait longtemps que j’y réfléchis. Je sais ce qu’on risque, mais aussi ce que ça vaut. Je suis prête. »

Elle tapota amicalement l’épaule de Sonny quand il eut fini de lui raconter toute l’histoire avec sa femme. C’était une sale affaire encore. Mais de toute façon, dès qu’il y avait du Mangemort, et pire encore, du Rosier dedans, ça ne pouvait pas être bien reluisant.

« C’est Adrian son fils non ? J’arrête pas d’entendre parler de lui en ce moment. C’est une amphore sur pattes que mon frère considère comme un ami, puis cette histoire à Glasgow avec Jule. » Elle but en gorgée en réfléchissant « Mais y’en a un autre qui s’appelle Evan Rosier. Il s’était fiancé à je sais pas quelle connasse au sang-pur, un gamin, j’avais lu ça dans sorcière hebdo. ‘Fin bref, on s’en fout, il est sûrement aussi salaud que le reste. »

La briseuse de sortilèges vida son verre, à la santé de la sainte famille Rosier. Et ça serait le dernier pour ce soir. C’était bien beau les propositions d’aller dégommer du Mangemort en bande organisée, mais c’était pas ça qui allait payer le loyer. Elle balança une poignée de gallion sur le bar pour régler son ardoise, et serra la main de Nelson avant de repartir.

« Je pars en mission au Liban pour deux semaines au moins. Je t’enverrai un hibou quand je serai de retour. »

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L'As de Trèfle qui Pique ton Coeur

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