POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Dimanche confidences || Jule

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Nelson Northanger


MessageSujet: Dimanche confidences || Jule Mer 12 Juil - 17:54

Le dimanche était un jour tranquille pour Nelson Northanger. Il ne s'y passait généralement pas grand chose : il passait une bonne partie de sa soirée au club, à entrainer les jeunes. Le matin, il se levait simplement pour faire à manger. Sonny avait toujours aimé la bonne chère, et ce n'était pas un mauvais cuisinier. Il aimait bien cuisiner, autant que manger, d'ailleurs : cela le distrayait et l'empêchait de penser à des souvenirs qu'il essayait d'enterrer au plus profond de sa mémoire, et d'éviter d'évoquer. La plupart du temps, il y parvenait très bien. Si la vie de Sonny était une vie d'habitude, c'était parce que Nelson réglait ses activités au milimètre près pour avoir toujours quelque chose à faire, et justement ne pas repenser à certains épisodes peu glorieux de son existence.

Le dimanche était en général la journée où il réussissait le moins. Le magasin était quasiment à l'arrêt, les adhérents du club passaient plutôt le soir car ils passaient le reste de la journée avec leurs familles. Mais Nelson Northanger, lui, de famille, il n'en avait pas vraiment. Il lui restait des photographies, dans de vieux albums photos qui prenaient la poussière, enfermés dans un coffre au grenier de l'appartement qu'il occupait (l'intégralité de l'immeuble, qui comprenait son appartement, deux autres logements qu'il avait fini de restaurer et qu'il voulait à présent louer, son grenier, et le magasin, lui appartenait). S'il s'était écouté, sans doute que l'ancien auror aurait passé des heures entières plongés dans ses photos, essayant de se remémorer le temps où son frère Wilson lui adressait encore la parole. C'était il y avait de cela des années, lorsqu'ils étaient encore tous les deux à Poudlard. Après ça, Wilson et lui s'étaient éloignés : ça faisait des années que Will penchait vers le purisme, et juste après Poudlard, Nelson était entré chez les aurors. Ils gardaient contact pour la simple et bonne raison que Sonny appréciait les enfants de Wilson, qui le lui rendaient bien, mais c'était tout. Le reste du temps, son frère l'ignorait.

Il voyait encore en lui l'auror provocateur, insolent, bruyant, et ambitieux que Nelson avait été, ignorant tout des consignes, obtenant des résultats brillants (ou en tout cas efficaces). On ne pouvait pas discuter avec lui à ce moment là, tout ce qu'il faisait c'était se mettre des mines en pensant à sa carrière, en arrêtant des puristes. Nelson détestait toujours autant les idées des mangemorts, mais tout de même ! Il avait changé, et son frère aurait pu faire un effort. Il avait fait un effort, lui, avait essayé de lui reparler. Wilson n'avait rien voulu entendre. C'était dommage. Sonny aurait bien voulu comprendre comme son frère, éduqué pourtant par les mêmes parents plutôt merlinistes que lui, avaient pu devenir cette outre puriste gonflée d'importance alors qu'il était juste employé du département des jeux et sports magiques.

Et puis, seul Nelson aurait sans doute pensé à sa femme. Sa mémoire le ramenait encore et encore à cet instant plein de bruits et fureurs où elle était morte. Il ne disait jamais qu'il l'avait tuée. Ce moment là, il le revivait toujours dans ses plus profonds cauchemars. Ne comprenant toujours pas ce qu'il avait bien pu se passer. Audrey lui manquait, parfois. Il se doutait, vers la fin, que tout allait mal mais il croyait voir venir un divorce, jamais une tentative de meurtre. Ca lui avait gâché la vie. Et celle de sa fille. Il se demanda une fois de plus ce qu'il avait bien pu faire, encore, pour mériter que cette gamine s'enfuie, se transforme en jet-setteuse, et mente sur son identité. Il avait entendu sur cette américaine issue d'une famille de sang pur déshéritée et orpheline, qui bossait à la justice magique, organisait des fêtes somptueuses, et trainait avec des vieux richards et des jeunes loups. On disait qu'elle était la maitresse de Chapman Rosier, l'américaine. Il ne voulait même pas penser à cette possibilité. Il se rappelait de la petite fille qu'il avait élevé : Nelson ne voulait rien se souvenir d'autre. Il réfléchissait simplement, des fois, aux moyens de la récupérer. Ce n'était pas un caprice de gamine qu'il pouvait régler d'une simple claque en disant « maintenant tu rentres à la maison ». Laura lui avait totalement échappé. C'était aussi simple que ça.

Tous ces souvenirs remontaient à la surface, quand Nelson ne faisait rien. Voilà pourquoi il tenait à bosser lui même à la boutique, à restaurer ses appartements quand il avait du temps libre, qu'il s'occuperait de les louer lui même, qu'il entrainait les gamins au club, qu'il allait à toutes les réunions du MpM et qu'il trouvait encore le moyen de se rendre disponible pour les missions que l'Ordre lui confiait, pour recruter des gens et les entraîner. Mais le dimanche, c'était vraiment impossible, s'il ne voyait pas des gens.

Heureusement pour Nelson, il s'était toujours très bien entendu avec la femme de son filleul, Sean Lewis. Juliet et lui étaient restés proches après la mort de Sean, et finalement, ils se fréquentaient beaucoup, entre le parti et l'Ordre. Après l'enterrement, il l'avait quelque fois invitée à manger : d'expérience, justement, de ces dimanches lugubres, Nelson savait qu'il n'était pas bon de rester seul à méditer des pensées moroses. Entre eux, ces repas domenicaux étaient devenus une habitude. Ils y discutaient de tout et de rien, de l'actualité, du parti, de l'Ordre, des nouvelles recrues. Juliet était quelqu'un de posé : Nelson aimait avoir son avis sur les gens. Et de manière sincère, souvent, il s'inquiétait pour elle. Sans effusion inutile, sans tomber dans l'émotivité pathétique qui frappait généralement l'entourage des gens en deuil. Ca lui avait fait ça, quelque fois. Il détestait. Il avait perdu quelqu'un, il n'avait pas un cancer. Il ne voulait pas qu'on le traite avec pitié, juste pouvoir compter sur les gens : c'était cette attitude qu'il avait adopté avec Juliet.

Et donc, ce jour là, il finissait de préparer quelques scones pour le dessert qui succéderaient à une tourte qui elle était déjà prête lorsqu'il entendit le tintement de la porte. Il descendit ouvrir : il habitait l'appartement juste au dessus de la boutique.

« Entre, entre, les plats vont être froids ! »
D'un coup de baguette, il fit se déplacer tourte et couverts sur la table. « Quelle semaine de fous. Je ne sais pas ce qu'espère Malefoy avec ses élections à la manque, mais ça rapporte des clients. Au panier, Lucifer. » L'énorme matin de Naples qui lui servait de chien (affreusement mal nommé car parfaitement placide et amical malgré son air de Chien des Baskerville) regarda une dernière fois la tourte avec espoir, puis retourna audit panier. Un hibou à l'air grincheux se percha sur son dos. « Je suis esclave de ces bestioles, c'est infernal. J'espère que mes futurs locataires aimeront les animaux. Tiens, donne donc ton assiette. »

Il servit Jule et pendant quelques instants, discutèrent de tout et de rien en mangeant. Mais ce jour là, Nelson avait une question en particulier à poser à Juliet. Elle lui tenait à cœur, et il fallait qu'il la résolve avec elle. Il aurait aimé faire comme s'il n'avait rien vu, à Gringotts, mais ce n'était pas possible. C'était dangereux. Pour tout le monde. Et comme il n'y avait pas de bonne solution pour en parler, il annonça :

« Ecoute, ça m'ennuie de le faire, mais je voudrais te demander...qu'est-ce qui s'est passé, concrètement, avec Adrian Rosier, à Gringotts. Tu n'as pas à me rendre de comptes, mais...je vous ai vu vous embrasser. »

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Juliet Birch


MessageSujet: Re: Dimanche confidences || Jule Mar 18 Juil - 10:21

A une époque, pas si longtemps en réalité, elle se souvenait qu’elle trouvait les dimanche moroses. En vérité, le dimanche était toujours morose. C’était cette journée que l’on perdait parce qu’on n’avait envie de rien faire. Le dernier jour avant de rentrer au boulot. Celui où même le shopping était interdit. Le dimanche semblait être réservé aux sportifs qui se délectaient d’aller faire leur footing dans le parc à huit heures du matin. Pour Jule, c’était les dimanche gueule de bois. Ceux où la solitude l’envahissait et où terrassée par l’ennuis, elle restait coincée au fond du lit. Ca n’avait pas duré longtemps.

C’est dans les pire moment que l’on sait ou sont ses amis. Or, à la mort de Sean, Jule s’était aperçue que des personnes sur qui elle n’aurait jamais cru pouvoir compter était bien là. Sonny faisait partie de ceux-là. Sean n’avait pas une famille fort étendue et comme elle, c’était quelqu’un de discret. En dehors de ses parents, il y avait son parrain qui comptait beaucoup. Un auror qu’il avait pris comme modèle. Elle savait que c’était lui qui lui avait donné envie d’apprendre le métier. La mort de son mari, loin d’avoir coupé les liens qui les unissaient, les avait renforcé.

Dans le fond, ils avaient pas mal de point commun ce qui avait probablement cimenté leur entente. Ils n’étaient guère plus sociable que nécessaire. Ils avaient tous les deux quitté le ministère après l’arrivée d’un gouvernement puriste, perdant une carrière qu’ils aimaient. Ils avaient rejoint ensemble le Mpm à sa création et menait une double vie au sein de l’Ordre. Jezabel était pareille et dans le fond peu était les personnes qui pouvaient comprendre le genre de vie qu’ils menaient. Une vie de mensonge, d'inquiétude, de déception, mais c’était celle qu’ils avaient choisis et ils n’avaient pas de regret.

De l’absence de sa femme et de sa fille, Jule savait dans le fond peu de chose.Sean lui en avait peu dit, arguant que si un jour Sonny voulait en parler, il le ferait. Elle l’avait cru et n’avait jamais posé de questions supplémentaires. Elle était bien placée pour savoir qu’il y avait des choses dont on préférait ne jamais parler. A la base, c’était probablement pour prendre de ses nouvelles qu’il l’avait invité à manger la première fois. Au fur et à mesure, la sollicitude de Nelson c’était transformée en habitude et désormais c’était autant pour la plaisir que pour chasser la solitude qu’ils se voyaient le dimanche.

Juliet essayait toujours de ne pas arriver les mains vides. Elle n’était pas une cuisinière talentueuse, juste ce qu’il fallait. Avec le travail, Sean comme elle avaient toujours rarement eu le temps de cuisiner et ce n’était pas maintenant qu’elle était seule qu’elle avait changé cette habitude. C’était donc Sonny qui cuisinait et Jule qui apportait à boire. La porte de l’appartement et Juliet fut accueillie par Lucifer, le molosse de la maison qu’elle caressa avec affection.

- Rappelle-moi un peu pourquoi tu t’es dis que Lucifer était le nom parfait ?


Elle embrassa Sonny qui finissait de mettre la table et s’assit :

- Ce qui est bien, commenta-t-elle avec gourmandise en regardant la tourte. C’est qu’entre toi et Betty qui m’invitez à manger tous les jours, je n’ai même plus besoin de faire semblant de cuisiner. Oh, non, je ne proteste pas, crois-moi, ça m’arrange tu peux m’inviter autant que tu veux.

Une fois servie, elle entama le dîner et la discussion avec Sonny. Comme souvent, leurs opinions politiques reprennaient le dessus pendant le repas. Impossible de ne pas parler de ce qu’il se passait.

- Je ne comprends pas le choix de Paul Fawley, dit-elle en revenant sur les candidatures puristes. Oui, il a une bonne bouille, ce n’est pas un puriste extrémiste, il est connu des commerçants avec son restaurant, mais le parti ne s’attend tout de même pas à ce qu’on oublie que c’est un meurtrier ? Enfin, tu me diras, la moitié du parti puriste à fait Azkaban, dit-elle en levant les yeux. On devrait revoir cette histoire avec les détraqueurs. S’il rendait vraiment fou, on en serait débarrassé au moins.

Oui, elle râlait. Jule était en réalité scandalisée par la candidature de Paul Fawley au poste de Grand Electeur. Elle estimait que ce genre de position demandait de l’intégrité et de la dignité. Le genre de qualité que pas grand monde ne possédait chez les puristes. Avec un soupir de sa part, la discussion continua sur le même thème aussi fut-elle surprise quand Sonny mit les pieds dans le plat. Elle était justement en train d’avaler une dernière part de tourte et manqua de s’étouffer avec elle. Elle toussota un peu, passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, elle prit un verre d’eau et enfila une grande gorgée, le rouge ne quittant définitivement pas son visage pour autant. Sérieusement, tu réponds quoi à ça maintenant ?

- Ecoute …


Ecoute quoi au juste ? Parce que dans le fond, c’était exactement la question que Jule se posait. Qu’est-ce qui s’était passé ? Qu’est-ce qu’il avait bien pu prendre à Rosier pour qu’il l’embrasse ? Juliet n’avait jamais été une menteuse, pas même pour donner le change, elle ne voyait pas de raison de commencer aujourd’hui. Embarrassée, elle ne put que répondre.

- Je ne sais pas. Je le connais mal. On était dans la même année à Gryffondor. Ce n’était pas un méchant gamin à l’époque. Le contraire en fait aussi étonnant que ça puisse paraître. Je l’ai recroisé à un dîner des anciens de Gryffondor et depuis, on dirait que je n’arrête pas de tomber sur lui. On s’est croisé à la manifestation Merliniste il y a deux semaines quand Wilkes et Mulciber me sont tombés dessus il est venu calmer les choses. Avec un soupir, elle sortit son paquet de cigarette et demanda à Sonny. Ca te dérange ? Tu savais que c’était le fils de Kat Prewett toi ?

Elle tira une bouffée de cigarette en fermant les yeux. Dans quel merdier s’était-elle fourrée ?

- Franchement, je ne sais pas ce qui lui a pris. On est pas proche. On se connait juste comme se connaisse deux personnes qui ne s’étaient pas vue depuis Poudlard.

Bon ok et plus sérieusement, tu ne serais pas en train de mentir un peu la Jule ?
Oh, mais ta gueule toi !
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Nelson Northanger


MessageSujet: Re: Dimanche confidences || Jule Mer 19 Juil - 13:50


Nelson Northanger était un homme discret, presque secret. On ne savait presque rien de son ancienne vie et pour beaucoup il avait toujours été et serait toujours, de façon immuable, le vendeur aux cheveux blancs du Quidditch Quality Supplies Store – ou plus simplement, du Store, comme l'appelaient les amateurs de sport sorcier. On ne savait pas grand chose de sa vie, pas grand chose de lui. Son caractère ? Pas simple à définir.  Un amateur de quidditch et de duels, fan de jazz et parieur invétéré, cuisinier doué, passionné par le voyage et rêvant dans son enfance de devenir explorateur, ça, presque tous ceux qui l'avaient croisé pouvaient le dire. Un rire roulant comme le tonnerre, communicatif, lorsqu'il daignait rire, ce qui était rare, car il portait aussi en lui une inexplicable gravité. Une présence chaleureuse. Portant sa cinquantaine verticalement, tel un arbre de la liberté. Inébranlable. Cela faisait indubitablement partie du personnage.

Il y avait en lui une bonté au beau fixe, sans effusion ni pesanteur inutile. Un calme apaisant, honnête, sans faille. Il restait cet homme ingénieux, au comportement construit d'audace et de sagesse – d'apprentissage de ses erreurs.  Mais qui voyait en lui les colères et le doute ? Il n'en parlait jamais, mais il avait honte de ce qu'il avait été et pu faire : sa simplicité, sa moralité extrême, son engagement de tous les instants ou presque au sein du MpM, venaient de là. Obtenir une certaine forme de rédemption, pour toutes les erreurs qu'il avait fait, et tous ses échecs, c'était un peu une obsession pour Nelson. Mais c'était quelque chose, là encore, de secret, de personnel. Il répugnait à en parler, se contentant de faire ce qu'il devait être fait, d'être le plus juste possible.

Voilà entre autre pourquoi il était devenu merliniste. Mais Sonny Northanger se voyait peut-être pire qu'il n'avait été, car d'une certaine façon, il s'était toujours soucié des autres. Malgré son arrogance, malgré son ambition, même jeune, il avait toujours détesté qu'on fasse du mal aux gens, et s'il pouvait les aider, même en râlant, il le faisait. Sans doute était-ce pour cela qu'il avait gardé quelques amis de cette période là – voire qu'il avait réussi à s'en faire pendant cette période là. Tel était le cas des parents de Sean Lewis. Il avait d'ailleurs de la reconnaissance pour eux, de ne pas l'avoir lâché, alors qu'il avait eu une période où il était franchement un sale type. Mais il avait fait de son mieux pour être un bon parrain, pour être là pour Sean. Il adorait son filleul : leurs caractères respectifs, calmes et carrés, solides, les poussaient à cela. Il avait toujours été là pour lui, et aujourd'hui, était toujours là pour Juliet, sa veuve.

Sans doute y avait-il une part de sollicitude, de devoir, lié simplement à son statut. Mais c'était une affection sincère qui avait pris le dessus, et c'était pour cela qu'ils se voyaient aussi souvent. Ce qui au départ était sans doute un rituel, une habitude destinée à les maintenir à flot, était peu à peu devenue une amitié sincère, de repas en repas, sous les yeux enamourés de Lucifer qui ne désespérait pas de récupérer une ou deux bouchées égarées des plats que Nelson préparait.

Aussi Sonny était-il toujours content d'obtenir l'avis de Jule sur des points clés de la situation politique. Elle était raisonnable et posée, pragmatique : de ces conversations calmes et intelligentes ressortaient toujours des choses positives.

« Tiens, à propos de Betty, je voudrais bien ton avis sur elle – pas que sur sa cuisine, hein. Ces temps ci, c'est une des seules personnes que j'ai observé qui à mon avis pourrait intégrer l'Ordre. Tu en dis quoi ? »


Après tout, Juliet et Betty étaient collègues de travail. Nelson avait bien son avis, mais c'était celui de quelqu'un qui connaissait la jeune femme comme partenaire de jeu, ce qui était un peu différent du reste, même s'ils se croisaient souvent au MpM : souvent, d'ailleurs, avec les mêmes idées un peu plus radicales que celles du dircom, Charles Harper, ce qui valait de façon toujours un peu surprenante à Sonny d'être lui aussi casé, de temps en temps,  dans la catégorie « je vais vous exclure si vous continuez à faire n'importe quoi ».

La conversation continua à rouler sur la politique. Nelson se servit un verre. Oui, il approuvait ce que disait Juliet et il ne voyait pas comment la position de Fawley était tenable. Il aimait bien Paul, en tant que restaurateur, mais il n'oubliait pas non plus le séjour à Azkaban de celui-ci. Effectivement, il était difficile de croire que Force Puriste n'avait pas pris en compte l'impact de l'image de Fawley, les gens ne pouvaient pas être assez idiots pour se faire embarquer dans ce cirque et oublier que c'était un assassin. Ou peut-être que ça visait à convaincre les plus radicaux des puristes. Il n'en savait trop rien et peu importait, en fait à Nelson Northanger. Tout ça, c'était mangemort et compagnie, il ne fallait pas les laisser gagner, peu importait la raison, peu importait le champ, politique, ou sur le plan plus radical de l'Ordre.

Voilà, entre autre, pourquoi cette histoire, avec Adrian Rosier, le chagrinait – et le mot était faible. Tous les malheurs personnels de Nelson venait du fait que sa relation avec sa femme s'était transformée en relation avec une mangemorte, qui avait tenté de le tuer. Et qui, au passage, était sortie avec Evan Rosier : autant dire que tout ce qu'il voyait ne le rendait que très, mais alors très moyennement enthousiaste. Il écouta simplement Juliet : au fond, il ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé, il voulait juste comprendre, et éviter le pire, parce que le pire allait forcément arriver. Mathématique, avec le nom Rosier dans la balance, couplé avec la marque des Ténèbres. Il haussa les sourcils quand Juliet demanda si ça le dérangeait, sortant un paquet de cigarette, et répliqua :

« Que tu fumes chez moi, ou que tu fréquentes Adrian Rosier ? »
 Il poussa un cendrier devant elle. « Voilà pour la première option. Pour la seconde...enfin, je ne suis pas ton père. Tu vois qui tu veux, je ne suis pas là pour décider à ta place. Mais franchement, je ne peux pas dire que ça ne soit pas problématique. Par rapport au parti et à l'Ordre, j'entends. »

Elle embraya déjà sur Kathryn Prewett. Nelson hocha la tête. Oh oui, il savait que c'était son fils. Il savait pas mal de choses sur les Rosier, en fait, vu qu'ils lui pourrissaient la vie depuis un bail, maintenant.

« Oui, je savais. Je la connais depuis longtemps : elle est un peu plus vieille que moi, mais on était ensemble à Poudlard...J'ai jamais vraiment compris pourquoi son père, Manilius, avait accepté cette proposition de mariage arrangé, il est merliniste lui aussi...ce sont de sales cons, les Rosier, en général. » Il secoua la tête. « Quand je suis entré à la police magique, elle venait, de temps en temps, avec des cocards, des marques de coups. Elle voulait faire arrêter son mari, pour ça. On a jamais pu rien faire. Le vieux bloquait tout, il était juge, alors tu penses. J'ai du croiser deux ou trois fois Adrian, aussi. Il avait onze, douze, treize ans...pas méchant, non. Coincé dans une famille de dingue, oui, mais... »

La police magique, ce n'était pas glamour. Ils récupéraient les femmes battues, les meurtres de prostituées, la petite délinquance, tous les dossiers les plus merdiques – les bons dossiers, la criminalité organisée, les délits en rapport avec la magie noire, les plus gros crimes, c'était réservé aux aurors, ou aux tireurs de baguette d'élite. La police magique gérait la délinquance de la misère, les trucs dégueulasses dont personne ne voulait. Nelson n'était pas mécontent de l'avoir fait, pourtant. C'était la réalité, triste et sordide, mais il fallait bien quelqu'un pour s'en occuper. De nouveau, cherchant ses mots, il reprit lentement :

« Ce que je veux dire, c'est que c'est peut-être le fils de Kathryn, et peut-être que ce n'est pas un méchant garçon, mais ça reste le fils de Evan. Et crois moi, Evan Rosier, c'était un beau taré. Et son grand-père...fin, tu le connais comme moi. »


Tout le monde connaissait Chapman Rosier, de toute façon. Mais toute cette histoire, ce n'était pas net. Il écouta tout de même Juliet, alors qu'il récupérait les scones, la marmelade, et du thé. Lucifer en profita pour s'avancer et poser son énorme tête sur les genoux de Jule, à la recherche de caresse – et de miettes de tourte ou de scones. Il prévint gentiment, posant le plateau sur la table :

« Ne le laisse pas faire ça, après il bave. »
Il désigna le plateau : « Du thé noir et des scones, je sens qu'on va en avoir besoin. » Il alluma lui même une cigarette : « Bon. C'est quoi la version où tu ne te voiles pas la face et ou tu ne minimises pas ce qui se passe ? J'ai connu des délinquants qui mentaient de façon plus convaincante, tu sais. »

Il se servit une tasse de thé et attaqua un scone. Lucifer abandonna aussitôt Juliet pour se planter à côté de lui, posant une patte sur ses genoux dans l'espoir de l'influencer, sans doute :

« J'ai dit couché....hmf, bon, tiens. »
Il lui lança un bout de gâteau, que le chien engloutit avec avidité. « Je vous ai vu parler, à Gringotts. Sans vouloir te contredire, vous avez l'air de plutôt bien vous entendre, pour des gens qui ne se connaissent pas plus que ça. »

On embrassait pas les gens au hasard, non plus, et la manière dont Adrian Rosier regardait Juliet Birch...c'était étrange, parce qu'ils faisaient plutôt un joli couple. Mais ça restait tout de même un couple impossible. Et qui plus était, dangereux pour tout le monde.

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Juliet Birch


MessageSujet: Re: Dimanche confidences || Jule Sam 22 Juil - 3:00

Ce n’était probablement pas gentil pour Sonny, mais parfois, Jule avait l’impression d’être chez son grand-père quand elle venait chez lui. Non pas que Nelson fasse vieux physiquement, mais il avait ce côté rassurant et calme qu’on attendait d’un grand-père. Il était ce roc auquel on pouvait se raccrocher en cas de tempête. Celui qui ne paniquait jamais. Et pour le reste, ça tenait probablement de cette habitude qu’ils avaient pris ensemble. Le repas du dimanche était généralement réservé aux grand-parents chez les moldus. Le jour du seigneur comme il disait était dédié à la cuisine de grand-mère, les jeux de carte et les discussions de famille. Quand on avait une famille entièrement moldue, les choses devenaient différentes. C’était un aspect dont on parlait peu dans le monde sorcier, mais les enfants né-moldus se retrouvaient automatiquement coupé de leur famille à un moment où à un autre. Beaucoup mettaient ça sur le compte de Poudlard, trop chronophage. Juliet n’était pas d’accord, il n’était pas rare que les enfants moldus passent leur année en pensionnat. Non, ce qui les séparait, c’était la magie. Leurs valeurs, leur façon de penser devenaient différentes. Leur conception du temps aussi. Quand on pouvait transplaner pour aller d’un endroit à un autre simplement en le voulant, les choses ne s’envisageaient plus de la même façon. C’était quelque chose de compliqué à expliquer pour ceux qui ne voyaient la magie que comme un mythe ou presque. Bien évidemment, elle voyait toujours sa famille, elle les aimait et était proche d’eux, mais leur relation avait changé. Il y avait des choses qu’ils étaient incapables de comprendre, des choses qu’elle ne pouvait pas leur expliquer. Ils ne vivaient pas dans la même réalité. C’était aussi simple que ça. Alors les gens que vous fréquentez commence à devenir votre famille, même si vous n’êtes pas liés par les liens du sang. C’était un peu ce qu’était devenu Sonny. De la famille.

- Betty
, dit-elle en buvant une gorgée du vin qu’on lui avait servit. Hmm, tu sais que je bosse avec je suppose. Dans le cadre du boulot, une machine de guerre. Sérieuse, organisée, tu sais compter sur elle, elle est très débrouillarde. Juliet réfléchit un moment avant de prendre une bouchée de tourte. Elle fera un très bon élément pour l’Ordre je crois. Elle est volontaire, par contre, il faudra la cadrer peut-être. Ce n’est pas le Parti pour Merlin, elle ne peut pas risquer de s’emballer contre des mangemorts.

Elle savait que Betty pouvait partir au quart de tour, mais elle était peut-être mal placée pour parler vu les ennuis qu’elle s’était attirée à la dernière manifestation. Le danger dans l’Ordre, c’est qu’on ne savait jamais qui pouvait se faire capturer et les mettre en danger.

Evidemment, la conversation n’aurait pas pu garder un tour aussi plaisant. Sonny embraya sur Adrian et ce qui c’était passé à l’évènement puriste auquel ils avaient assistés. Elle se sentit tout de suite plus mal à l’aise. Il y avait de quoi. L’opinion de Nelson comptait pour elle. Elle l’appréciait énormément et elle sous le feu de ses questions, elle se sentait un peu comme une adolescente qui avait déçu son père.

-Je parlais de la cigarette, Sonny, dit-elle en le remerciant pour le cendrier. Les yeux baissés sur sa cigarette qui se consumait, elle dit à voix basse. Ce n’est même pas une question d’Ordre ou du Parti. Ca ne se fait pas et puis on ne partage pas les mêmes valeurs que ces gens là.

Elle ne désignait pas quelqu’un en particulier, mais elle savait qui était les gens qu’Adrian fréquentait. Parfois, elle l’oubliait ou elle aurait bien voulu le faire. Comme elle l’avait dit, c’était dommage qu’il ne puisse pas définitivement enlevé son masque de sale type. Elle écouta Nelson lui parler de la famille Rosier en frissonnant tant que ça lui rappelait de mauvais souvenir.

- Je ne savais pas tout ça,
répondit-elle doucement. On ne le soupçonnerait pas en voyant Kathryn, mais d’un côté, on ne le soupçonne jamais, dit-elle en pensant à ses propres services. Ca ne m’étonne pas cela dit. Chapman Rosier est une enflure, je l’évitais autant que je pouvais quand j’étais aux baguettes d’élite.

Tout le monde évitait Chapman Rosier de toute façon. Non content d’être désagréable, ce type était un connard fini. A l’époque, on disait que le croiser par hasard dans un couloir était le synonyme d’une journée de merde. Elle finit son plat, mais il fallait admettre que la conversation lui retournait un peu l’estomac. Elle caressa Lucifer qui avait posé sa tête sur ses genoux et pris un scone qu’elle tritura un peu sans vraiment y toucher.

- C’est pas grave, ça doit aller au lavage de toute façon,
répondit-elle en désignant le jean qu’elle avait enfilé pour l’occasion.

La présence du chien avait quelque chose de réconfortant, mais celui-ci la délaissa bientôt pour aller se poser près de Sonny dans l’espoir d’avoir autre chose qu’une caresse, mais sans succès. Jule, quant à elle, ne savait vraiment plus où regarder pour cacher son embarras. Elle ne s’était pas sentie aussi gênée depuis qu’Orion - en réalité Al - lui avait mis un rateau dans les couloirs de Poudlard.

- Je ne vais pas y échapper ?
, dit-elle en soupirant

Il y eut un moment de silence avant qu’elle ne tente de s’expliquer.

- Je ne sais même pas quoi te dire. Je l’ai vraiment recroisé à un dîner des anciens de Gryffondor. Une amie a essayé de me caser avec, elle s’est dit que ça me ferait du bien de penser à quelqu’un d’autre que Sean. Elle haussa les yeux avec exaspération et continua : J’ai été fumer dehors et il m’a accompagné quand je lui ai expliqué que j’allai partir. Il m’a suivit dans les bars moldus de Londres. Je t’avoue que le reste est flou. Je me rappelle juste que j’ai vraiment beaucoup bu et qu’il a fini par m’aider à transplaner chez moi. Je lui ai vomis dessus. Elle lui jeta un regard noir. Ne ris pas, Alexandra s’est étranglé de rire quand je lui ai raconté, Betty aussi.

Elle ouvrit son paquet de cigarette et constata que celui-ci était vide. Elle prit celui de Sonny et alluma une cigarette à l’aide de sa baguette. Elle ne se sentait pas d’avaler quoique ce soit tout de suite.

- Tu te souviens de la soirée chez Paul ? J’y suis allée avec Alexa pour récolter des informations. Je l’ai croisé avec sa soeur, il a été odieux, on s’est disputé et je ne l’ai pas revu avant la manifestation. Il est venu jouer les chevaliers blancs quand j’ai eu des problèmes avec Wilkes et Mulciber et je me suis encore engueulée avec lui.

Elle haussa les épaules. S’engueuler avec Adrian, un sport national pour Juliet. Dans le fond, c’était dur à admettre pour Jule, l’idée même qu’elle puisse réellement entretenir un simulacre de relation amicale avec un mangemort, alors l’idée qu’il puisse être intéressé la déstabilisait.

- Je crois qu’il m’aime bien, en fait, dit-elle lentement, comme si elle venait de le réaliser. Ce qui était probablement le cas. Il n’a pas arrêté de dire qu’il s’inquiétait pour moi à la manifestation. Elle prit sa tête entre ses mains, mortifiée et se tourna vers Sonny : Merlin, je suis dans la merde. Je fais quoi maintenant ?

Oui, il t’aime bien. Et toi ?
Moi, je mets ma tête dans le sable, on m'a dit que c'était efficace.


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MessageSujet: Re: Dimanche confidences || Jule

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Dimanche confidences || Jule

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