POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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L'Odyssée ♦ SOLO

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    | Mangemort ;; Directeur de la Coopération Magique
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Ferdinand L. Selwyn


MessageSujet: L'Odyssée ♦ SOLO Jeu 13 Juil - 20:51

L'Odyssée ♦ I




L'ensemble des portraits était muré dans le silence. Il n'y avait plus que des regards, soudainement muets et immobiles. Des regards perçants, multiples, qui semblaient vouloir signifier tant d'histoires inabouties, de traits inachevés. Des dessins d'êtres qui, un jour, avaient accepté que l'on représente leur visage. Une multitude de peintre qui avaient réussi à capter, par leurs mains, par la peinture, tant d'expressions différentes.
Cela avait sans doute dû être particulièrement difficile de leur demander de ne penser à rien, de ne voir que le peintre prenant le temps de figer leur empreinte corporelle. Les sentiments les plus purs, les plus irréfléchis avaient alors pris le dessus. Leurs propriétaires n'avaient absolument rien contrôlé et avaient laissé leurs psychismes choisir à leur place. Certains d'entre eux avaient dû en vouloir à ces émotions d'être venues, d'avoir pris le dessus pour l'éternité. Il ne restait désormais plus que la force de leur regard, à jamais fixé dans le temps par l'art.
Les corps avaient fini par disparaître. Après avoir été l'objet du peintre, ils avaient continué leur tragique, absurde et lente course vers la mort certaine. Jour après jour, ils avaient décrépi, comme rassurés d'avoir donné ce qu'ils avaient pu à l'éternité. Les âmes avaient fini par disparaître, comme apaisées d'avoir accompli un devoir artistique. On avait fini par les oublier, maintenant enterrés et dévorés par les vers de terre. Ils n'avaient pu échapper à leur condition, tandis que leurs regards semblaient rappeler à ceux qui les observaient l'inéluctable sillage tracé par le destin humain. Ils étaient comme des vigies veillant à leurs proies humaines ; antiques Parques s'amusant avant la bonne fortune des êtres qui mouvaient leurs corps dans ce salon si étrange.
Les yeux ne lâchaient aucun étranger et leur rappelait que la vie n'était, au final, qu'un éternel jeu de regards. C'était à celui qui saurait le mieux se regarder, à celui qui serait capable de prendre conscience de la multitude des univers possibles.
Tout n'était qu'hypocrisie.

Pour avoir la chance de se voir rappeler une fatale condition humaine, il fallait poser ses pieds dans le salon officiel de l'Hôtel Selwyn III, situé dans la banlieue de Londres.
Ferdinand Selwyn, le propriétaire, avait choisi cette demeure Selwyn pour lieu de vie quotidien. De nombreux châteaux étaient à sa disposition, la fortune immobilière des Selwyn étant sensiblement importante. Mais le Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale avait choisi cet hôtel particulier, spacieux mais à l'image du propriétaire des lieux. Un petit manoir confortable comportant de nombreuses pièces mais guère de quoi provoquer le vertige. Il s'y était construit un véritable cocon, une dépendance de l'immense machinerie Selwyn. L'hôtel Selwyn III était devenu le repère des très nombreuses soirées mondaines, une sorte d'antichambre au pouvoir absolu. Nombreux étaient ceux qui avaient un jour eu le privilège d'être invités à l'une des soirées organisées par le célèbre diplomate Puriste. Mais l'hôtel semblait autant être un rempart qu'une porte ouverte vers la notoriété. Beaucoup, également, s'étaient cassés les dents en se pensant invincibles dans une telle demeure.
La bâtisse et son propriétaire semblaient être des passeurs, un point important du Purisme. C'était le lieu des rites sociaux, des mondanités, des dîners où l'argent, l'alcool et le luxes coulaient dans une rivière d'or. Les fêtes y étaient nombreuses, la possibilité de rencontrer de grands dirigeants tout autant. Avec les années, le manoir de Ferdinand était devenu une sorte d'exutoire des plus grandes passions, un lieu par lequel il fallait passer pour escompter grimper dans la société.
Passé ce salon officiel, peu parvenaient cependant à aller plus loin. Les petits salons de l'hôtel, le bureau de Selwyn, sa célèbre bibliothèque, les différents lieux de discussion privée, beaucoup de cette intimité était alors inconnu. Il ne s'agissait, au final, que d'une scène de théâtre où quelques marionnettes aimaient, le temps d'un soir, se faire voir. Et pour trouver le propriétaire des lieux, il fallait oser affronter la multitude des regards et trouver le bon tableau.

Ce soir-là, une douce lumière émanait des différents chandeliers du salon officiel. Les importantes fenêtres donnaient sur la banlieue endormie de Londres, tandis qu'un silence apaisant régnait sur la demeure.
Quelques heures auparavant, le Directeur Selwyn avait reçu une délégation italienne, reçue en grande pompe par le Ministère le matin même afin de ratifier les différents accords de jeu avec le Département des Jeux et Sports Magiques. Selwyn avait orchestré cette rencontre et s'était assuré qu'elle intervienne à un moment où Malfoy ne serait pas disponible pour recevoir. Une fois de plus, ses savantes orchestrations avaient eu gain de cause.
Mais le temps avait fini par passer et tous étaient partis. Les elfes avaient nettoyé le salon et retiré l'ensemble des meubles inutiles. On ne retrouvait qu'un grand canapé placé en plein milieu, sur un tapis aux motifs perçants et sur lequel on avait installé un simple guéridon. Dans un coin de la pièce, un meuble cachait un gramophone éteint. L'immensité de la pièce contrastait avec le peu de meubles qu'on y avait installé. C'était comme si un simple et petit homme pouvait se retrouver ici, entouré de la grandeur des choses et de la complexité des regards.
A y regarder de loin, la pièce semblait s'endormir petit à petit, comme l'ensemble de l'hôtel particulier. Les planches de bois du sol se reposaient, après avoir supporté pendant des heures le poids de l'hypocrisie sociale. Les regards, eux, ne fixaient plus que du vide tandis que, petit à petit, les lumières du dehors s'éteignaient. L'existence de tout un monde prenait fin, pour quelques heures, avant la naissance d'un jour nouveau qui verrait, une fois de plus, naître les plus folles ambitions et les désirs les plus fous. Les hommes, après s'être livrés à eux-même par le sommeil, le rêve ou le sexe, redeviendraient des marionnettes sociales manipulées par leur propre désir de donner un sens à leur vie.

Mais à y regarder de plus près, on pouvait voir qu'un des tableaux n'était pas comme les autres.
Il s'agissait tout d'abord du seul portrait qui ne regardait personne. Un regard de biais. Un jeune-homme, pâle, torse nu, un pantalon à la mode vénitienne porté avec négligence. Un garçon des rues, peut-être. C'est vrai qu'on ne devinait pas une forte carrure, mais plutôt un frêle corps encore jeune mais terriblement appauvri. On avait alors l'impression que le bonhomme ne cherchait qu'à fuir le regard des autres. Si semblable de loin, et si différent si on prenait le temps de s'intéresser à lui. Un esseulé dans la masse.
Ce n'était, en revanche, pas la seule anomalie que l'on remarquait dans les détails de ce portrait. Il paraissait assez évident qu'il n'était pas fixé de la même manière. Plus encore, et surtout ce soir-là, une entaille dans le mur apparaissait. Il fallait alors moins de quelques secondes pour comprendre que le portrait menait à un couloir, bien plus différent que le reste de la pièce que l'on venait de quitter.
L'air y était en effet bien plus froid et les murs bien plus glaciaux. Aucune décoration ne semblait avoir été ajoutée et le couloir apparaissait dans son plus simple appareil. Il avait été creusé à même la pierre. Une pierre qui constituait à la fois le sol, les murs et le plafond. Petit à petit, on en oubliait le luxe et le confort de l'hôtel, tant le chemin était long et sinueux. Plusieurs marches parcouraient la route et il valait mieux être un visiteur informé et habitué pour ne pas prendre le risque de se blesser.
Enfin, au bout de plusieurs minutes, on arrivait à une salle circulaire dont les murs et le plafond étaient entièrement recouverts de miroirs. Une simple bougie constamment allumée et dégageant une lumière blanche lévitait au centre de la pièce. A n'en pas douter, c'était ici le bout du couloir et il était impossible d'aller plus loin.
Ce soir-là, l'un des miroirs présentait les mêmes caractéristiques que le tableau. Légèrement entrebâillé, il permettait d'entrer dans une autre pièce tout aussi froide.  

« Il y a fort à craindre que le MACUSA tente d'empêcher certaines lois. Ils deviennent là-bas très sensibles aux anti-conservateurs. Certains craignent un isolement.
C'est tout à fait certain. Le rapport de Y. nous annonçait que le Président maintenait cependant bien le cap. Grâce à la nomination de l'un de ses opposants à un poste d'ambassadeur.
— C'est vrai. Mais Delwinson a de nombreux hommes à son service et sa fortune empêche le Président de trop l'éloigner.
Bien, bien. Dans ce cas, il est important que le Purisme politique lui vienne en aide. Il me faudrait un rendez-vous avec Malfoy fils le plus tôt possible. A la différence de son père, ce garçon est compétent et pourrait nous être utile.
— Le Président sera quoi qu'il en soit présent demain.
Certes. Mais de Tokyo, nous pourrons guère faire une quelconque action qui lui soit favorable. Envoyez un papier à Neeson. Je dois rencontre le Président très tôt dans la matinée, afin que nous organisions une visite à Washington. J'ignore encore s'il faudra se servir de Malfoy.
— Bien, Monsieur.
»

Il y eut quelques secondes pendant lesquelles la nuit et le calme alourdirent l'air. C'était comme si tout était devenu pesant.

« Faites en sorte qu'F. élime rapidement les deux familles.
— Le père a juré qu'ils ne diraient rien.
On jure ce que l'on veut quand on voit sa fin s'approcher en trottinant.
»

Les voix résonnaient dans la pièce aux miroirs et semblaient se percuter contre les reflets.
Celui légèrement ouvert pivota et laissa paraître un homme assez grand, le dos voûté, le regard fuyant. Le peu de lumière ne permit que d'éclairer un barbe de quelques jours grisonnante et quelques cicatrices. L'homme disparut aussi rapidement qu'il était arrivé.

L'espace laissé ouvert permettait alors d'entrer.
Une fois de plus, tout contrastait avec le reste du salon officiel. Il paraissait peu imaginable qu'une pièce aussi secrète et aussi froide pût se trouvait à quelques mètres d'un salon où la richesse, la culture et le bon goût avaient élu comme domicile.
Ici, la lumière s'était montrée plus généreuse, puisque quelques fenêtres haut placées laissaient entrer la lumière de la lune. Par des traits stridents et blancs, la lune découpait des bandes de froideur dans une pièce aux murs qui semblaient être faits pour supporter plusieurs étages. C'était à croire que toute une aile du manoir avait été réservée pour cette seule immense salle aux murs nus et dénués de toute chaleur.
Une fois encore, un mobilier des plus simples avait été choisi. Un piètre table de bois, taillée rapidement et sans grand artifice, trônait au milieu de la pièce. Un chandelier de bois accueillait une bougie qui venait apporter un peu plus de lumière.
Dans cette salle, le calme devenait dérangeait. Il n'y avait plus aucune sécurité, plus aucun repère. C'était à croire qu'en traversant le tableau du salon officiel, on avait accepté de changer de monde et de remettre en cause l'ensemble de clefs d'interprétation du monde. Perdu, n'importe quel être humain aurait été pris de panique face à une telle froideur pétrie d'incertitude.

Seul le bruit de la plume grattant le papier rappelait que des êtres vivants vivaient bien ici.
Il suffisait alors de baisser la tête. D'oublier les hauts murs de pierre et les perçantes fenêtres de la lune. Il suffisait un instant d'oublier que l'on se trouvait dans un lieu que même les fantômes avaient décidé de fuir.

En baissant la tête, vous tombez nez à nez avec un petit homme à la barbe et aux cheveux blancs et roux, taillés avec précision et maniérisme. Au-delà ces joues bien rondes, de cette senteur de lavande, au-delà de cette magnifique robe de chambre aux motifs orientaux cousus dans des fils d'or, au-delà de ce verre de vin rouge en cristal posé sur la table de bois comme une plume viendrait embellir un charnier, vous vous retrouviez face au regard terriblement froid, inhumain, désincarné, secret et distant de Ferdinand Selwyn.
Il ne vous reste alors plus qu'à comprendre que petit à petit, vous vous êtes fait entraîner dans les tentacules d'une pieuvre.
Il ne vous reste alors qu'à être dévoré.

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« Je vais te dire qui sont les monstres: les gens, en dehors de cette tente. Dans ta ville, dans toutes ces petites villes. Mes monstres, ceux que tu appelles dépravés, sont ces magnifiques héros qui offrent leur anormalité au monde. Ils donnent un rire frissonnant aux personnes en manque de spectacles. Chacun vit la vie qu'il a choisie. »
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