POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Relier les destins ♦ PV A. Rosier

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    | Mangemort ;; Directeur de la Coopération Magique
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    Ferdinand L. Selwyn


MessageSujet: Relier les destins ♦ PV A. Rosier Ven 14 Juil - 19:31

Relier les destins



Lorsque l'on avait annoncé à Ferdinand Selwyn que de violents combats avaient eu lieu entre une bande de gobelins chasseurs de prime et quelques druides en Syrie, le vieux diplomate avait compris que son voyage dans ce célèbre pays du Moyen-Orient ne se déroulerait guère comme prévu. Il ne lui avait été alors que peu de temps pour régler les problèmes de sécurité occasionnés par un tel événement, puisque c'était justement le cas des conflits liés aux sectes druidiques qui justifiaient le déplacement du Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale.
De fait, Selwyn s'était directement adressé à son cousin et ami de manière à ce que des moyens de sécurité soient mis en place par le bureau des Mangemorts. Chapman n'avait pas tardé à réagir et plusieurs hommes avaient été affectés à la sécurité du Directeur Selwyn pour son voyage diplomatique. Rien n'avait été laissé au hasard par le Ministère qui voyait sa vigie diplomatique voyager dans tous les endroits possibles depuis l'accession au pouvoir de Malfoy.
Prévu depuis de longs mois, ce voyage devait inaugurer une série de bien d'autres, où les pays magiques de l'Occident se mettaient enfin à renouer le lien avec leurs homologues orientaux. Deux traditions de magie différentes, deux visions politiques des choses différentes, mais un même socle commun qui permettrait une entendre plus qu'avantageuse à des moments où les forces bourbistes tentaient d'affaiblir les véritables sorciers de ce monde.

Depuis son arrivée au Département de la Coopération Magique Internationale, Ferdinand Selwyn avait donné le ton de son mandat. Et puisque sa large fortune et la nécessité pour Malfoy de s'entourer des grandes familles Puristes laissaient supposer qu'il y resterait jusqu'aux prochaines élections, le vieux diplomate mondain avait imposé sa feuille de route.
Il était devenu presque rare de le voir au Département, tant ses voyages le prenaient partout dans le monde. Son cabinet avait exigé qu'on lui prépare un bureau dans chacun des ambassades, de manière à ce que le vieil homme puisse à chaque moment continuer à gérer les affaires courantes. En imposant le calendrier des différentes rencontres diplomatiques, Selwyn avait fait un coup de maître dont peu, pour le moment, se rendaient totalement compte.
En plus de ne pas laisser le temps aux autres pays de véritablement choisir leur propre calendrier, Selwyn avait réussi à éclipser Malfoy de toute manœuvre diplomatique possible. De cette manière, il s'assurait d'avoir en main les dossiers importants et capitaux pour les enjeux diplomatiques du pays, tandis que Malfoy se contentait des nombreuses notes et des rapports très détaillés que rédigeait en personne Ferdinand. Il était ainsi apparu comme compétent, organisé et politiquement intelligent. Expert dans ce domaine de la politique, il avait fait de la diplomatie anglaise son cheval de bataille, privilégiant la nécessité de porter avec lui l'idéologie Puriste et sa mise en pratique administrative et politique.
En quelques mois à peine, le mielleux Selwyn s'était fait le représentant agréable, chaleureux, poli et mondain d'une Angleterre Magique de plus en plus conservatrice.

Pour la Syrie, il avait été nécessaire que le départ s'effectuât du Ministère de la Magie, pour des raisons évidentes de sécurité.
C'est ainsi qu'on vit ce cher Ferdinand Selwyn arriver en tout début de journée, suivi de près par son zélé secrétaire. Le petit homme gras et bouclé avait revêtu une veste de velours rouge-sang, un gilet à carreaux beige, une cravate de soie noire assortie à un pantalon de costume noir. Tenant une canne à pommeau d'une main et quelques dossiers de l'autre, le petit diplomate semblait entrer en scène sous une fanfare de regards et d'instruments louant sa suprématie.
A sa démarche, on avait l'impression de voir un danseur de ballet dont la fine, élégante et maniérée chorégraphie avait été apprise par coeur et pratiquée pendant des décennies. Ses pieds semblaient à peine toucher le sol, tandis qu'il donnait l'impression de sautiller avec légèreté, le tout dans un port rappelant élégamment son origine sociale élevée.
Selwyn avait passé des années à répéter son rôle de diplomate mondain mielleux. Il l'avait tellement appris et laissé voir qu'on avait fini par oublier le Ferdinand enfant, bien plus taciturne, bien plus réservé, bien plus solitaire. Tous s'étaient accommodés de cet homme affable, doucereux et extravagant, comme si un tacite accord entre lui et la société qui l'entourait avait été scellé sous l'égide du Diable. On avait fini par oublier que la disparition de sa femme était bien douteuse et que, tout de même, il ne correspondait pas véritablement aux critères sexuels qu'on avait l'habitude de voir. Tous se taisaient, tous profitaient des salons du manoir Selwyn, tous aimaient à croire qu'il était véritablement cet homme extraverti incapable de faire du mal à qui que ce soit. On lui prêtait un manque de courage, une peur de perdre tout ce confort qui le définissait tant. Un commun accord que tous savaient factices, au plus profond d'eux-mêmes.
Et c'était de cet aveuglement volontaire, de cette suspension de l'incrédulité que naissaient tout le pouvoir et le danger de Ferdinand Selwyn.

Près de la fontaine de l'Atrium, deux personnes attendaient le duo qui avançait d'un pas leste et élégant. Il fallait avouer que même Neeson avait réussi à imiter à la perfection la démarche de son supérieur, tant est si bien qu'on avait l'impression qu'un seul et même corps se déplaçait simultanément. Le petit gras et le grand maigre, en osmose chorégraphique perpétuelle.

« Monsieur le Directeur. Voici les derniers rapports concernant le Département.
Merci, cher Herbert.
»

Comme il en avait l'habitude, le Directeur Selwyn sortit d'une des poches de sa veste sa petite paire de lunettes en or, tandis qu'il laissait à Neeson sa canne à pommeau devenue gênante.
En quelques secondes, il parcourut les différents rapports de son Département. C'était la première chose qu'il avait l'habitude de faire, afin que l'immense machine administrative diplomatique reste en fonctionnement, même lorsqu'il était absent.

« Très bien. Dites à Linu d'accorder un veto quant à l'amendement quarante-neuf trois. Qu'il attende la réaction de la Chine. En fonction de cela, nous pourrons faire évoluer notre position. En aucun cas nous n'accepterons plus de cinq balais simultanés en franchissement de frontières.
— C'est noté, Monsieur le Directeur.
Vous irez ensuite au bureau de l'organisation du commerce magique. Ils doivent impérativement retravailler sur la taxation des inter-échanges de bois. Le prix que propose la Russie est bien plus attractif que celui de l'Amazonie. Nous ne saurions nous abaisser à quelques erreurs.
— Très bien, Monsieur. Mademoiselle Pelsar de la Faction Magique des Potionnistes Anglais souhaitait vous rencontrer prochainement, quant au partenariat avec la Roumanie. Nous avons reçu son courrier ce matin.
Je le prends avec moi, mon garçon. Filez donc donner les ordres. Je travaillerai en fin de matinée sur les autres rapports et vous ferai transmettre mes ordres avant midi. Oust, oust !
»

Le petit fonctionnaire se précipita à l'intérieur du Ministère, tandis qu'à cette heure, aucun employé d'un quelconque Département n'était arrivé.
Peu d'homme et de femmes entouraient le Directeur du Département. C'était d'ailleurs une chose inédite, puisque la Coopération Magique Internationale était considérée comme l'un des Départements comprenant, fut un temps, le plus de conseillers au service de son Directeur. Désormais, ils n'étaient plus que quatre. Le quatuor, comme Ferdinand les appelait, se composait de ce cher Herbert à l'instant parti en toute précipitation, chargé de diriger l'administration du Département, mais également de Neeson, le secrétaire particulier de Ferdinand, ainsi que de Félicitée, la responsable en communication. Celle-là même qui n'avait pas bougé pendant l'entrevue avec Herbert.

« Quant à vous, mon enfant, Neeson vous enverra un compte-rendu du voyage demain matin. Vous pourrez transmettre rapidement un communiqué de Presse à la Gazette du Sorcier. Il est évident que tant que je ne serai pas arrivé sur place, aucun commentaire du Département ne viendra mettre en péril mon voyage. Me suis-je bien fait entendre?
— Parfaitement bien, Monsieur le Directeur.
»

A son tour, elle partit en Direction du Département. Elle se demanda même quelques secondes pour quelle raison Herbert ne l'avait pas attendue. Il était un ami, après tout ! Hier encore, il l'avait invitée à déjeuner à la cantine du Ministère. Elle l'avait écouté parler de ses sculptures en allumettes et s'était même confiée sur sa propre mère. Elle était tourneboulée de ce qu'Herbert venait de faire. Les hommes, il fallait toujours s'en méfier, lui avait toujours dit sa grand-mère !
Mais ses réflexions furent vite coupées par le bruit que ces talons faisaient sur le parquet ciré de l'Atrium. Elle s'arrêta quelques instants, regarda ses pieds comme si des insectes lui grimpaient sur les jambes, apprécia sa tenue du jour et repartit en toute hâte.
La pauvre femme n'eut guère le temps de remarquer qu'elle fonçait tête baissée dans trois hommes costauds. Elle bredouilla des excuses et s'enfuit en toute vitesse. C'est, quand même, qu'elle avait un travail ! Et Herbert qui ne l'avait même pas attendue...

De son côté, Selwyn observa les trois hommes qui s'avançaient.
Deux, pour lui, étaient totalement inconnus. Il reconnu cependant son petit-petit-cousin, en la personne même d'Adrian Rosier, petit-fils de Chapman Rosier. Le vieux roublard de la politique avait donc misé sur sa propre famille pour assurer la sécurité de Selwyn. Il y avait presque de quoi penser qu'il ne voulait pas perdre la main sur certaines affaires internationales. Presque, puisque Chapman était au courant des différentes manoeuvres diplomatiques de Ferdinand, de même que Selwyn gardait un oeil sur les affaires de la Justice Magique.

« Adrian ! Mon cher garçon ! Mais quel plaisir de vous voir ici. Il vint serrer doucereusement et élégamment de sa main sentant la lavande le petit-fils de Chapman. Alors, c'est donc vous qui accompagnez ma vieille carcasse dans cette folle aventure? Bienvenue parmi nous. Neeson a dû vous transmettre le programme de ces trois jours. Ils seront intenses, mais Merlin soit loué, nous dormons à l'Ambassade. Une réception est prévue ce soir. Vous pourrez en profitez pour vous détendre, très cher. Le vieil homme fit un regard connivent avec le jeune homme. Mais trêve de calembredaines ! Avez-vous des questions, ou des recommandations? »

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« Je vais te dire qui sont les monstres: les gens, en dehors de cette tente. Dans ta ville, dans toutes ces petites villes. Mes monstres, ceux que tu appelles dépravés, sont ces magnifiques héros qui offrent leur anormalité au monde. Ils donnent un rire frissonnant aux personnes en manque de spectacles. Chacun vit la vie qu'il a choisie. »
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MessageSujet: Re: Relier les destins ♦ PV A. Rosier Dim 16 Juil - 19:03


Le département de la Justice Magique ressemblait, sous la direction de Chapman Rosier, a une véritable horloge. Silencieuse et mécanique, accomplissant ses missions avec précision et célérité. Entre eux, les employés du département surnommaient d'ailleurs le département « La Machine ». D'une certaine façon, elle l'était. On ne parlait pas dans les couloirs. Rien ne dépassait en apparence. Tout était en ordre. Tout était hiérarchisé, sous contrôle. On ne voyait pas le directeur, sauf à avoir commis une faute ou à devoir être féliciter pour une bonne action – ou parfois en cas de recrutement spécial. Rosier Senior dirigeait son monde avec peu de collaborateurs directs : deux assistants, et les  cinq chefs de service différents. Quand on était simple employé, qu'on soit mangemort ou gardien d'Azkaban, on ne voyait de fait que très rarement le directeur du département. On connaissait ses exigences : l'ambiance était affairée, compassée, active. On aurait cru avoir affaire à des automates si on regardait de façon superficielle le fonctionnement du département. Welcome, my son, to the machine : c'était ce qu'on disait aux nouveaux arrivants.

En réalité, si on rentrait dans les bureaux, on arrivait à trouver de la vie, des rires, des gens qui s'entendaient bien – surtout si on était loin de Chapman Rosier. Tel était le cas de Adrian Rosier, qui ne s'en portait que mieux. Son grand-père le surveillait de loin, il le savait, et il ne pouvait pas désobéir aux ordres – ne cherchait pas à le faire, d'ailleurs – mais tant qu'il se contentait de l'ignorer et de simplement faire passer ses instructions au chef, ça allait. Tant qu'on ne se croise pas, on peut dire qu'on est sur un statu quo. Il est le chef, je suis l'employé, ne me parlez pas de famille, ne m'en parlez plus, c'est fini – si jamais elle a déjà un jour existé.

Si on entrait dans son bureau donc, celui qu'il partageait avec James Mulciber (en attendant que son binome officiel Lilium Archdeacon, se décide à revenir de congé), l'impression était différente de celle du département. Les dossiers s'empilaient, du café chauffait. Présentement, Adrian rédigeait un rapport et Mulciber étudiait des photographies à l'aide d'une loupe. C'était un drôle de duo : James Mulciber était une brute, Adrian un procédurier, et pas le plus convaincu des puristes. Mais les deux étaient de bons flics, attachés à garder une certaine indépendance, chacun à leur manière. Ils se complétaient plutôt idéalement.

« Et sinon, pourquoi tu lui as balancé un impéro, à la gamine ?

- Elle gueulait, et elle était chiante. Comme ça elle fermait sa gueule, j'embarquais son copain, ça se passait bien.
- Ca se passait bien ? Putain, et je suis censé mettre quoi, moi, sur le rapport ? « Elle gueulait et elle était chiante », tu sais très bien que ça passe pas.
- Mais si, mais si, détends toi, Ronce. Au pire, je prendrais un vingt-sixième signalement pour insubordination...Ah putain, je l'ai. Regarde ça, Conolly est sur toutes les photos, parmi les crevards qui voulaient voir la scène de crime. Cette enflure a pas pu résister au plaisir de nous narguer... » 

A ce moment là, le chef passa en trombe dans leur bureau. Adrian échangea un regard avec son partenaire. Vous avez encore été ingérables, je ne sais pas qui m'a collé des crétins pareils, qu'est-ce que vous foutez encore au bureau, hors de ma vue, je ne vous supporte plus, on aurait du tous les deux vous laisser à Azkaban. La même mélodie, toujours. C'est bien, parfois, d'être le mouton noir du bureau. On n'attend rien de vous. Rien. Même si on vous aime bien, vous êtes irrécupérables. Or, quand on est un cas déséspéré, on vous fout la paix. Une paix royale. Il n'y a pas mieux sur terre. Mais curieusement, le boss ne voulait pas râler :

« Selwyn part en voyage demain, le grand manitou m'a dit de choisir trois d'entre vous pour l'accompagner. Vous allez faire un tour en Syrie, les gars, ça fait longtemps que vous avez pas servi de gardes du corps. Je vous ai emmené le topo, voyez avec lui les consignes habituelles, vous connaissez la chanson.

- La Syrie ? »
Mulciber étudiait le dossier et ronchonna : « Pourquoi est-ce qu'ils ne font jamais de rencontres aux Bahamas, ces foutus diplomates ? 
- C'est tellement plus drôle de t'envoyer en zone de guerre, mon vieux. Les syriens s'en voudraient de manquer ça. » Adrian souleva une page de plus. Trois jours de voyages. « Il veut partir quand, le directeur Selwyn ?
- Demain matin, première heure. Je vous mets Wilkes avec vous. » Concert de protestations. « Cessez immédiatement de râler, je vous colle un nouveau rapport si vous continuez. Vous prenez Toby avec vous, c'est non négociable. Ronce, tu diriges l'équipe, t'es sang pur, ça lui plaira, désolé Jimmy. Si j'entends parler de vous, si vous faites la moindre connerie, croyez moi, ça va chauffer. »

Les menaces usuelles. Ils continuèrent à étudier le dossier un instant, morts de rires comme des baleines devant les consignes du chef, puis Mulciber reprit :

« Putain, Selwyn, quoi...c'est pas un pote à ton grand-père ? » Adrian aquiesça. « Mon vieux l'adore.  Il dit que ses réceptions sont géniales, mais il est complètement gâteux, ça se trouve, Selwyn l'a jamais invité. »
Il ferma le dossier. « Fais chier, quand même, cet horaire, je voulais passer chez Emy, moi.
- Je t'aurais bien accompagné, mais je vais plutôt dormir un peu. Si on doit se coltiner Toby-demi-cerveau Wilkes, je préfère être en forme. »

Surtout si on doit se coltiner un pote de mon grand-père aurait été plus juste. Ils s'arrêterent là pour la journée, on convint de se retrouver au ministère le lendemain. Adrian revint chez lui, faisant méthodiquement sa valise, sans passion aucune. Comme le temps a changé. Me reviens le temps où on partait avec le padre en vacance : les étés semblaient éternels, et les voyages une aventure sans fin. Pourquoi est-ce que tout ça a changé ? La Syrie, tout de même. Même si c'était le bordel, il n'aurait pas du n'en avoir rien à faire. Il était devenu indifférent à ces petites joies, ces petites aventures, à la nouveauté. Appartenir au bureau des mangemorts avait rendu Adrian amer, même s'il tentait, avec son optimisme naturel, de surnager, de se dire qu'il n'était qu'un simple flic, même politique.

Ce n'est pas un simple métier, pourtant, c'est la marque qui te torture et qui te rappelle en permanence, tout le temps, à quoi tu es lié. C'est la même chose, jour après jour : de compromissions en trahisons, de renoncements en petites lâchetés, on avance, on fait son bout de chemin, à travers les rouages de la Machine, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus besoin de briser votre volonté chaque jour, jusqu'à ce que contractuellement, on soit lié aux portes de la mort.

Il rassembla ses affaires, observa l'appartement vide. La valise. Un costume clair, pour le lendemain, léger. L'attirail des mangemorts. Un smoking. Le dossier que leur avait remis le chef. Des affaires de toilettes. Tout un être résumé en une valise. C'est terrible de voir à quoi on tient, en tant que personne : à quelques affaires dans une malle. Il la ferma et termina sa cigarette, buvant un fond de whisky avant de prendre quelques heures de sommeil.

Le lendemain, Adrian tomba quasiment immédiatement sur Mulciber et Wilkes : ils étaient à l'heure, ce qui était déjà bien. On échangea quelques blagues – James avait mis une cravate, c'était tout à fait exceptionnel – et on se mit en chemin vers l'Atrium, manquant au passage de heurter une femme – quelqu'un de la coopération internationale. Selwyn était là, déjà. Adrian ne le connaissait qu'un peu, c'était un ami de Chapman, et les amis de son grand-père, il avait tendance à s'en méfier. C'est quoi ce...il n'avait aperçu Selwyn que de loin en loin, et il se retint de filer un coup de pied à Mulciber pour l'empêcher de rire. Il savait ce que James pensait : on aurait dit une friandise sur pattes. Et ce n'était pas flatteur, venant de Mulciber, immense et taillé en armoire à glace : Adrian lui même, avec son un mètre soixante-dix, avait une bonne tête de moins que lui. Et il dominait aussi Selwyn. Bon. Friandise ou pas, leur homologue mangemort restait leur supérieur. Je ne sais pas quoi vous dire de lui. Je ne le connais pas, juste sa réputation : ce qu'on veut bien dire de ses fêtes. Sans doute Adrian n'était-il pas prêt à ce que le directeur du département de la coopération internationale lui saute dessus comme s'ils étaient de vieux amis. Est-ce qu'il m'adore parce que je suis de la famille du Padre ? Est-ce qu'il sait qu'on m'a déshérité ? Est-ce qu'il joue, est-ce qu'il est sincère ?

« Monsieur le directeur. Je vous présente mes collègues : James Mulciber, et Tobias Wilkes. »Hochement de tête, salutations, tout le toutim. «  Le bureau nous a fait suivre les informations, oui. En ce qui concerne nos consignes pour la sécurité, il nous semble préférable qu'un d'entre nous au minimum reste toujours avec vous. Et également, nous devons vérifier que le périmètre est sécurisé avant votre arrivée : ce qui implique, si ça vous est possible, de nous prévenir si vous modifiez, déplacez, supprimez des évenements prévus au programme. Officiels ou non. Pour le reste, nous sommes à vos ordres, je suis là pour répercuter les consignes. » Il ajouta : « Et nous souhaitions voir avec vous si vous souhaitiez notre présence masqués, ou non : ce n'est pas ici à nous de juger, c'est simplement pour nous positionner en fonction de vos interlocuteurs et de ne pas vous gêner. » Il conclut. « C'est tout pour nous, sinon nous pouvons partir quand vous le désirerez. »

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To the edge of the void


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MessageSujet: Re: Relier les destins ♦ PV A. Rosier Mer 19 Juil - 16:39

Il n'était pas rare que Ferdinand Selwyn prenne les atours d'un enfant.
Il vivait dans son propre monde. Egocentré, égoïste, capricieux, extravagant, le reste de l'univers lui semblait constamment flou, comme si rien n'avait plus d'importance que sa propre insouciance. Il s'exerçait quotidiennement à la préserver. Par la lecture, par la cigarette, par l'alcool, par la folie des soirées mondaines où les corps tournaient à n'en plus finir. Il rencontrait sans cesse de nouvelles personnes, des inconnus, qui passaient dans sa vie. Il ne restait d'eux qu'une information, une anecdote, une petite histoire racontée, un sourire, parfois une odeur, des fois même une vague impression. Jamais ils ne restaient, tant le petit homme semblait être pris dans une spirale sociale qui le poussait à ne jamais s'attacher à qui que ce soit.
De l'extérieur, cette part enfantine le rendait finalement paradoxalement distant et accessible. Peu se sentaient vraiment mal à l'aise, devant lui, tant il avait une mielleuse capacité à se montrer affable et bienveillant. La plupart des gens se faisait avoir par cette petite meringue bien habillée et au verbe maniéré. Peu se méfiaient, finalement.
A y regarder de plus près, en revanche, on remarquait qu'il ne s'attachait que peu aux gens. Lorsque ceux-ci lui parlaient, il passait pour absent et ne parlait que peu. C'était comme si l'autre était à la fois incapable de l'atteindre, mais aussi un objet de curiosité qui faisait oublier à Selwyn l'entièreté de ses propos. Ses yeux, pétillants, observaient ses interlocuteurs avec un vif intérêt.
Ceux qui le rencontraient avaient fini par comprendre que jamais ils ne pourraient se lier à cet homme. Il n'y avait ici aucune haine, aucune forme de ressentiment, ni même d'antipathie par et pour Ferdinand Selwyn. Il était simplement ailleurs, dans un autre monde qu'il protégeait et dont il ne montrait qu'une vitrine finement décorée. Il était impossible de se lier à lui tant il semblait à la fois distant et innocemment hors du monde.
Il était pleinement, à n'en pas douter, un être de fiction.

Voir ce petit monde débouler sembla amuser le numéro trois du Ministère de la Magie.
Pendant un temps, il demeura là, à fixer le groupe qui venait d'arriver. Ses yeux pétillaient d'excitation, prêts à vivre une grande aventure.
Quand il s'était avancé vers son petit cousin, le jeune Rosier, il avait effectué toute une chorégraphie créée sur un mouvement de va et vient et de petits pas sautillants. Il ressemblait à une petite toupie lancée là, au milieu de l'atrium, allant et venant vers le groupe avec une certaine légèreté sucrée qui avait de quoi détendre l'atmosphère.
Pour ceux qui n'y étaient naturellement pas habitués, il y avait sûrement un petit quelque chose de dérangeant. Tant de manières, tant d'extravagance avaient de quoi décontenancé les plus habitués. Mais il était certain qu'avec le temps, ils s'habitueraient à ce personnage haut en couleur.
Et pendant que le jeune Rosier lui expliquait avec rigueur et professionnalisme les différentes étapes sécuritaires du voyage diplomatique, Ferdinand ne lâcha pas du regard les deux autres Mangemorts qui l'accompagnaient. On eut presque l'impression qu'il n'écoutait absolument aucun des conseils donnés et s'attachait plutôt à observer avec précision les hommes qui le protégeraient.
Les yeux gris et doucereux du petit homme ne lâchaient pas une seule seconde les deux autres jeunes gens. C'était comme s'ils parvenaient à percer la moindre carapace et à décortiquer tripe après tripe les hommes qui se tenaient devant lui. En quelques secondes à peine, il analysa le moindre signe qui lui permettrait de distinguer l'extraordinaire caché derrière la carapace de l'ordinaire, la faiblesse qui ferait que, pour une raison ou une autre, Ferdinand avait une marge de manoeuvre certaine.

« Messieurs, je suis bien aise de faire votre rencontre. Il avança sa main potelée pour serrer celles des deux hommes. Mon cher Mulciber, figurez-vous que je dînais il y a quelques jours avec votre grand-père. Un homme tout à fait charmant qui a su garder une main de fer sur votre bien sympathique famille. Je suis tout à fait enchanté que vous vous joigniez à nous, mon garçon ! Le gras et petit homme se tourna alors vers l'autre homme. Wilkes, c'est bien ça? »

Pendant quelques secondes, la meringue à la lavande qu'était Ferdinand Selwyn sembla chercher dans son esprit un souvenir d'un quelconque Wilkes invité à une soirée.
Il posa ses yeux mielleux sur le bonhomme, comme s'il était capable à ses traits de deviner un quelconque lien mondain et social.
Quand il se rendit compte que non, aucun foutu Wilkes n'avait posé les pieds dans son hôtel, il lui fit un petit sourire de circonstance, bien navré d'être en compagnie d'un homme à la réputation sociale si peu connue.

« On vous voit peu, par chez nous, n'est-il pas? Selwyn avait toujours employé cette expression pour désigner les soirées organisées par la haute société, celles qui valaient la peine d'être connues et vécues et qui déterminaient le poids social et politique des individus. Je vous suppose bien pris par votre travail ! »

Il clôt ainsi cet épisode social embarrassant, laissant entendre ici que certains ne parvenaient pas à joindre la nécessité du travail à un charisme social important.
Le jugement était donc bien construit.

Ses yeux se posèrent ensuite sur Adrian Rosier.
Il écouta la voix du jeune homme. Celle-ci laissait entendre une certaine détermination enroulée dans un retrait que Ferdinand jugeait stratégique. L'homme avait un nom, il travaillait officiellement pour ce même nom. On connaissait l'hégémonie des Sang-Purs et on savait qu'il était souvent difficile de délier les êtres d'une même famille. A l'évidence, Adrian ne cherchait pas particulièrement à rappeler qu'il était le fils de Chapman Rosier, de même qu'il ne se cachait pas d'avoir certaines compétences que le vieil homme reconnut directement.
Il le trouva également beau. Une beauté jeune, qui lui rappelait à lui qu'il vieillissait. Bien bâti, ce petit coquin ! Il y avait presque de quoi le jalouser. Jalouser ou idéaliser, même. On sentait toute la pureté du Sang, la nécessité de la forme physique, la voix assurée. Ferdinand se perdait à considérer cette beauté nouvelle perçue, sans aucune excitation ni envie, mais avec un certain sentiment d'apaisement. Les hommes beaux, surtout jeunes, lui rappelaient son père qu'il avait tant admiré. Ils étaient l'incarnation même du Purisme, ce Purisme mettant en valeur des Sorciers aux traits physiques et moraux sublimés. Sublime, c'était peut-être le mot. Sublimer cette réalité affreuse, en s'attachant à faire perdre son regard dans les cheveux d'un jeune Sang-Pur se présentant ainsi.
C'était dans ces moments qu'il se rappelait que lui, Ferdinand Selwyn, ne correspondait aucunement au modèle véhiculé par un tel homme. Petit, gras, attiré par les hommes, il se rendait compte combien il passait à côté de l'idéal que lui-même défendait. Il n'avait fallu que quelques secondes pour qu'Adrian Rosier devînt la seule sécurité à laquelle le vieil homme pouvait s'accrocher. Celle encore de vivre, en gardant espoir, à contempler la beauté des autres pour mieux oublier sa propre monstruosité.

Puis à nouveau son esprit se mit à écouter les propos du jeune homme.
C'était un rituel coutumier, depuis qu'il travaillait dans les milieux administratifs de la politique. Depuis le jour où il était devenu Vice-Ambassadeur en France, il avait appris à retenir tout des codes liés à la sécurité des différents déplacements. C'était comme s'il n'avait vécu qu'avec des gardes du corps, des policiers, des Aurors ; autant de visages qu'il avait fini par oublier, d'inconnus venus passer un moment en sa compagnie sans que jamais il ne s'intéresse à leur vie.

« Rien du programme ne sera modifié. Mais il vous faut savoir que les voyages diplomatiques sont souvent pleins de surprises en tout genre. Nous vivons des temps difficiles mais qui ne sont que des pacotilles à côté de ce qu'il se passe actuellement en Syrie... Le vieil homme prit une mine visiblement affligée, voire même inquiète. Une sorte de voile sombre s'était posé sur ses mots sucrés. Sa voix restait cependant onctueuse, comme si le petit homme expliquait à un enfant les conditions de son métier. Il se peut que certains cherchent à affaiblir nos intérêts en bouleversant ce qui est prévu. Mais je saurais parer certaines menaces qui ne sont ni de votre ressort, ni de votre intérêt. Il était évident que Rosier ne faisait pas cette mission dans l'optique d'en apprendre plus sur l'histoire des relations diplomatiques entre l'Angleterre et la Syrie. Du reste, il serait préférable que seul un homme apparaisse à mes côtés. Nous devons afficher notre force sans la dévoiler entièrement. »

Contrairement à Chapman, Ferdinand avait une politique diplomatique emplie d'hypocrisie et de mondanité.
Avec les années, il s'était forgé une réputation de diplomate intransigeant mais dangereusement doux et affable. Il était plus facile de le croiser à de grands dîners que dans des réunions interminables où des intérêts minime prenaient des heures à être acquis. Si la froideur et la rigueur de Rosier avaient plu pendant quelques années, c'était une image bien plus doucereuse que véhiculait désormais l'Angleterre. Et puisque les cercles politiques aimaient à discourir entre eux, tous savaient que Ferdinand et Chapman étaient liés et que leurs décisions dans leurs Départements respectifs répondaient à des intérêts communs.
Mais, petit à petit, l'image de Rosier avait disparu. Le mondain diplomate des salons, le célèbre Ambassadeur puis représentant Anglais à la Confédération Internationale de la Sorcellerie était apparu, lui toujours aux côtés de Rosier, lui cherchant toujours à arrondir les angles. Peu s'étaient vraiment posés la question de Selwyn, persuadés qu'il n'accepterait pas un poste de gouvernement qui prendrait le risque de trop l'attacher à un pays en particulier.
La réputation de Ferdinand Selwyn le précédait toujours et beaucoup s'étaient déjà fait avoir, en un an, par cette friandise politicienne qui gambadait tel un enfant sentant la lavande dans les dorés salons des Ministères et Ambassades. On avait compris que derrière le calme, la volupté et le maniérisme des paroles de Selwyn se cachaient des ambitions fortes et une idéologie maîtrisée par les serviteurs du Seigneur des Ténèbres.

« Il vous faut également savoir que quelques petits oisillons ont aimé me pépier certaines informations avant mon départ. Certaines choses me sont connues mais je ne pourrai en échanger quelques unes avec vous que ce soir, en tête à tête. Ils assurent d'une certaine manière ma sécurité, eux-aussi. »

Ses oisillons, ses petits oiseaux qui volaient à travers le monde depuis maintenant presque quarante ans.
Un important, influent et large réseau d'espions, dont quelques uns issus des espions payés par les Selwyn. Un important système d'agents apportant, à l'origine, des informations utiles à l'expansion de la célèbre famille sous Grindelwal. Ferdinand avait été chargé, par son père, de prendre en main ce réseau, tandis qu'il sortait à peine de Poudlard. Le cadet Selwyn s'était donc assuré de, progressivement  et à travers le monde, diversifier des sources qui, à l'origine, ne se cantonnaient qu'à une certaine région de l'Angleterre et à quelques quartiers de Londres.
Au fil des voyages diplomatiques, Ferdinand s'était assuré la fidélité d'êtres en tout genre. Femmes de Sang-Pur mariées à de riches Sorciers aristocrates, vendeurs à la sauvette au Chemin de Traverse, Médicomages du sud de la France, roturiers Russes, saltimbanques Guinéens ou grands présidents de groupes commerciaux magiques Chinois. Autant de personnalités différentes qui avaient un regard certes subjectif mais intensément intéressant sur le milieu social qui les entourait. Des personnes grassement payées qui n'avaient jamais fait que servir les intérêts de Ferdinand Selwyn.

« Le Département de la Justice Magique, en lien avec mes services, s'est assuré du bon accueil de la délégation. Je vous laisserai prendre vos mesures une fois arrivés. Nous serons évidemment accueillis en grande pompe, bien que nos véritables enjeux ne se trouveront évidemment pas là. Comme indiqué, l'entretien annoncé durera un certain temps. Il nous faut régler la rencontre entre les autorités et les factions druidiques. Neeson, mon garçon, remettez à Monsieur Rosier les indications faites à propos des factions. Le secrétaire tendit un large dossier au jeune Adrian. Vous avez ici les principales têtes de ce mouvement. Nous en rencontrerons la plupart. Certaines seront probablement en mission, d'autres mortes. La guerre civile a des conséquences terriblement affligeantes... Vous avez également quelques noms et parfois même des photographies du réseau d'espions au service de la faction druidique principale. »

Selwyn laissa le temps à Adrian pour parcourir le dossier préparé par la Coopération Magique Internationale.
Il tourna la tête vers les deux autres et eut comme un petit gloussement qui fit remonter ses grasses et sucrées babines.

« Il faudra vous méfier de l'individu numéro neuf, Hussein Khalad Al-Bichr. Il est le véritable meneur des espions qui chercheront à détecter votre présent. Gare aux deux soeurs Al-Abyrriah. De véritables perverses qui tuent quiconque s'approche des camps de manière trop aventureuse. Elles sont jumelles, qui plus est ! A nouveau, le directeur Selwyn regarda Mulciber et Wilkes et fit les gros yeux, à l'image d'un grand-père racontant une histoire. Beaucoup font l'erreur de croire qu'il n'en existe qu'une. Et elles s'en servent évidemment beaucoup. »

Le petit homme prit alors le temps de recoiffer machinalement et de vérifier que sa tenue était parfaite.
Il sortit de son élégant gilet qui renfermait un ventre habitué à la bonne chair une montre à gousset toute en or.

« Eh bien, il semble que nous soyons sur le point de nous envoler, messieurs ! Êtes-vous prêts pour cette formidable aventure, jeunes gens? Je suis tout chose à l'idée de cette odyssée qui s'annonce des plus palpitante ! »

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« Je vais te dire qui sont les monstres: les gens, en dehors de cette tente. Dans ta ville, dans toutes ces petites villes. Mes monstres, ceux que tu appelles dépravés, sont ces magnifiques héros qui offrent leur anormalité au monde. Ils donnent un rire frissonnant aux personnes en manque de spectacles. Chacun vit la vie qu'il a choisie. »
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MessageSujet: Re: Relier les destins ♦ PV A. Rosier Mer 23 Aoû - 17:45

Le bureau des mangemorts était un drôle d’endroit. Il était censé représenter le purisme dans ce qu’il y avait de meilleur, ou en tout cas de plus ferme et de plus combattif. Adrian Rosier ne pouvait pas, et ne cherchait pas à rentrer dans cette définition. Wilkes en était même plus proche, avec sa manie de buter les gens à coup de pelle, et Mulciber, nonobstant son sang mêlé, était sans doute ce qu’il y avait le plus proche de ce qu’on pouvait attendre d’un vrai combattant au service du purisme et du Seigneur des Ténèbres. Adrian se sentait toujours mal à l’aise au sein du bureau. Comme s’il n’était pas à sa place. Mais c’était un sentiment assez récurrent chez lui, il fallait bien l’admettre. A bien y regarder, même si je les aime, je ne suis pas bien sûr non plus d’avoir ma place dans cette famille. Je les ai admiré si longtemps, vous savez. Jusqu’au jour où j’ai compris la vérité, qui apparaissait si clairement aux autres. Ils sont dingues, tous. Et parfois, cette phrase, Adrian l’appliquait aussi bien aux mangemorts qu’au puriste qu’à l’endroit où il travaillait.

Je ne suis pas tout seul à voir ça, vous le savez vous aussi. Ce monde est moche, et vous avez aussi conscience de cette réalité, elle vous rattrape. Moi elle me bouffe, elle me saborde, et tout ça c’est à pleurer, à crever de honte, mais qu’est-ce que je peux y faire, moi ? Il voyait, il était horrifié, bon, et après ? Il ne pouvait pas tourner le dos à ce monde là. De l’autre côté, c’est pareil, voire pire. Adrian n’aimait pas particulièrement ce qu’il voyait en tant que mangemort, ni ce qu’il était obligé de faire. Il avait une aversion profonde pour la violence, depuis longtemps. Depuis toujours. Il avait été la première victime de la violence de son père, avec sa mère, il était perpétuellement celle de Chapman. Mais il résistait, du mieux qu’il pouvait, il ne pouvait pas les abandonner. Si imparfaits que nous soyons, tous, nous sommes de la même famille. Le sang qui coule dans mes veines poursuit sa route, et je suis la mienne. Qui est celle de limiter les dégats. De les servir, de les guider, d’éviter la casse, la violence, la haine. En face, ils étaient pires, sous leurs airs de preux chevaliers. Et même si Adrian n’était pas à proprement parler d’accord avec toutes les idées du purisme, même s’il détestait parfois sa famille, il ne pouvait pas les abandonner. Il n’avait qu’eux, au fond, et voilà pourquoi il restait, sans se rendre compte qu’il était au-delà, c’est à dire qu’il aurait été mieux hors de cette famille, et peut-être même à combattre les valeurs qu’elle portait.

Il se demanda si Selwyn savait ou devinait cela. Adrian avait toujours su faire illusion, malgré tout. Il était sans doute en décalage avec le bureau des mangemorts en ce qui concernait l’échelle de la violence, mais il obtenait des résultats et connaissait son métier. Ceci étant, Ferdinand Selwyn était un ami de son grand-père. Il savait forcément qu’il n’était pas dans les meilleurs des termes avec Chapman. Et puis on disait que Selwyn savait beaucoup de choses par ses mondanités.

Adrian ne le fréquentait guère. Quand on va à une fête, c’est pour s’y bourrer la gueule et finir minable allongé dans un caniveau à trois heures du matin. La politique ne l’intéressait pas, les grandes orientations stratégiques, les agendas, l’idéologie, ça lui passait au dessus de la tête. On ne l’invitait pas aux grands diners où on refaisait le monde. Il n’était pas un décideur. S’il avait voulu de ce rôle, s’il était possible qu’il l’obtienne un jour, en récupérant on ne savait comment le controle de la famille Rosier, Adrian ne s’y intéressait pas beaucoup. Les affaires, le fric, faire prospérer sa famille,et même passer des alliances, oui, sans doute, il en aurait été capable, car il voulait leur bien et qu’il avait été élevé pour. Mais pas gouverner. Ca ne l’intéressait guère. Les Rosier ne gouvernaient pas, ils tissaient leur influence, quand ils arrivaient dans les hautes sphères. Participer au ministère de la magie, à un gouvernement, autre qu’à des postes où on ne le voyait pas, était rare : Chapman détonnait sur ce plan là.

A cet égard, Adrian était plus proche de la ligne de son père, qui n’avait jamais été qu’un avocat. Comme lui, il avait été un temps le directeur financier de Rosiam. L’argent influence bien plus que le pouvoir politique. Aujourd’hui, un peu rejeté de la famille Rosier, il ne lui restait que son rôle de mangemort, qui souvent lui faisait peur et qu’il essayait de détourner à sa sauce.

Le rôle de Ronce, comme il se désignait lui-même, c’était d’éviter que des gens meurent, soient blessés, subissent une injustice, de maintenir l’ordre. Il se définissait comme flic. Il ne voulait pas se mêler de politique. Qu’est-ce que j’en sais, moi, pour ces nés-moldus ? Comment je les reconnaitrais, déjà ? Evidemment, c’était bizarre, qu’ils viennent d’un autre monde que le leur, oui, bien entendu. Mais il n’était sûr de rien.

Il laissait ça à Selwyn, et à son grand-père. Lui, Adrian, voulait faire de la botanique, à la base, un domaine bien éloigné des débats actuels. Il laissa donc gentiment Mulciber s’enferrer dans les mondanités, réfléchissant à l’attitude de Selwyn à son égard. Qu’est-ce qui lui valait cette neutralité, voire cette sympathie ? Tu te fous de moi, mon petit père, ou tu me jauges, en attendant que ton heure soit venue, pour toi aussi, me mettre à terre ? Il résolut de garder un ton résolument neutre avec Ferdinand. Au mieux, ça lui rapporterait un allié,au pire, il ne se serait pas fait d’ennemi.

Bien évidemment, aucune confidence, tout ça n’était que professionnel. Il écouta attentivement les instructions du directeur de la coopération magique internationale.

“Bon, dans ce cas, je viendrais avec vous. Vous n’aurez qu’à siffler, James et Tobias seront là aussi rapidement que des chiens de chasse, en cas de besoin.”


C’était la procédure habituelle. Malgré tout ce qu’on pouvait lui reprocher, quand il ne buvait pas, et il ne buvait jamais quand il était en service, Adrian était le mieux à même de supporter des mondanités. Même si James savait se tenir, il était le seul à avoir vraiment l’éducation pour. Il ajouta à l’attention de ses deux collègues :

“Les consignes habituelles, sécurisation préalable des lieux, présence discrète sur zone, intervention rapide en cas d’alerte. Vous connaissez la chanson.”


James approuva, on pouvait lui faire confiance. Rien ne transparaissait du visage de Wilkes, peut-être parce qu’il ne pensait à rien. Ce n’était pas pour rien que le bureau le surnommait “demi-cerveau”. Adrian continua d’écouter avec attention les consignes de Selwyn. A nouveau, la différence entre eux se manifesta. Il ne raisonna pas en notion géo-politiques mais en termes sécuritaires. La situation internationale était connue du bureau des mangemorts en ces termes. On évaluait la dangerosité si elle venait bousculer ou rencontrer le plan interne. La question n’est pas peuvent-ils menacer l’équilibre puriste international, mais, est-ce qu’ils sont assez dangereux pour faire du colis sous protection une cible et parvenir à la descendre. Peuvent-ils tuer ? C’était un raisonnement à court terme, sans nuance politique. C’était un raisonnement qui visait l’efficacité. Je ne vais pas sauver le monde, je vais juste empêcher, comme tous les jours, que quelqu’un se fasse tuer inutilement. Peu importe si c’est un salaud ou un héros. Evitons simplement que des gens meurent.

Il assimila les informations, hocha la tête aux consignes. On pouvait partir, ils étaient prêts. Ils suivirent Selwyn vers les cheminées, et la petite troupe disparut, pour réapparaitre dans un hall très richement décoré d’arabesque. C’était l’ambassade du ministère en Syrie, située à Damas, une des dernières villes sures du pays. Un groupe de personnes les attendaient, dont l’ambassadeur. La chaleur était étouffante, malgré un air refroidi magiquement, elle devait s’infiltrer du dehors. Adrian était content d’avoir opté pour un costume de lin beige, léger, approprié à cette chaleur torride. Un petit homme moustachu se précipita vers eux, tandis que Wilkes et Mulciber disparaissaient déjà, sécurisant les lieux. En retrait, effacé, mais bien présent, Adrian se tenait lui aux côtés du directeur Selwyn, prêt à parer à tout.

“A vos ordres pour le reste du séjour, monsieur.”


Maintenant, Ferdinand Selwyn n’avait plus qu’à mener la danse, et il suivrait en bon chien d
Spoiler:
 

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Relier les destins ♦ PV A. Rosier

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