POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes

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MessageSujet: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Mer 19 Juil - 18:44

Aaliyah trempait paresseusement dans son bain, en se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir faire pour occuper sa journée de femme trop riche pour avoir un travail. Elle aurait dû avoir une série de rendez-vous avec de nouveaux adhérents à Force Puriste, mais elle avait tout annulé au dernier moment. Elle n’était pas d’humeur à répéter les mêmes choses dix fois de suite et  à supporter des bavardages imbéciles aujourd’hui. A la base, elle avait rejoint le parti pour être du bon côté du manche, rien de plus, puis finalement elle avait pris la tête de la commission économique, pour ne pas avoir à jouer les faire valoir en coulisse et avoir l’air indispensable. Mais maintenant, comme elle était belle, riche et modérément connue, on lui confiait régulièrement l’accueil des nouveaux adhérents. Quelqu’un avait dû confondre son envie d’avoir du pouvoir et de l’influence, avec une envie de faire quelque chose ou pire encore, de rendre service. Il faudrait qu’elle trouve un moyen de se débarrasser de cette tâche ingrate, elle n’avait aucunement envie de faire la connaissance de gens qui n’avaient rien à lui apporté, et il y avait bien assez d’événements au parti où elle devait faire semblant d’avoir des convictions, elle n’avait pas besoin de plus de blablas puriste dans sa vie.

Alors à quoi occupait-on ses journées lorsque l’on était une veuve éplorée ? Des essayages chez les couturiers, elle avait besoin d’une nouvelle robe pour la soirée d’inauguration de sa nouvelle fondation, aller déjeuner avec ses copines, et médire autour d’un verre de vin en compagnie d’Anne et de Grace, ou bien emmener sa fille en balade au zoo, voir les derniers bébés licornes. C’était pour ça que Lya aimait sa vie, elle était pleine de possibilités agréables, elle ne regrettait rien de ce qu’elle avait fait pour en arriver là. Ses réflexions furent interrompues par l’arrivée de sa femme de chambre, qui lui apportait une lettre qui venait d’arriver.

Elle haussa un sourcil perplexe en examinant la lettre, elle ne s’attendait certainement pas à ça. Elle venait de Katarina Wander, une ancienne consœur de Serpentard. Elles ne s’étaient pas vues depuis des années, et aux dernières nouvelles, Katarina était en France pour étudier ou enseigner les runes, un truc du genre. A en croire sa lettre, elle était revenue au Royaume Uni depuis peu, et continuait ses recherches, au sein du Ministère désormais. Et elle sollicitait l’aide d’Aaliyah, heureuse propriétaire de l’unique édition du Runonomicon, ouvrage dont son ancienne camarade avait besoin pour son travail. Eh bien voilà, ça lui fournirait une occupation pour la journée, elle inviterait Katarina pour le thé.

Pouvait-on dire que les deux jeunes femmes étaient amies ? Non, il aurait été exagéré de dire ça. Elles ne s’étaient presque pas parlé depuis la fin de leur scolarité, et même à l’époque, elles s’entendaient bien, mais elles n’étaient certainement pas proches. Et Lya doutait fortement que Katarina l’aurait recontacté si elle n’avait eu besoin de ce livre. Mais cela n’était pas un problème, au contraire, c’était rassurant, elle n’avait pas dû beaucoup changer si elle reprenait contact après des années de silence pour lui emprunter quelque chose. S’était pour ça qu’Aaliyah l’appréciait à l’époque, bien que discrète, Katarina était comme elle, ambitieuse, opportuniste, et prête à tout pour réussir. Elle avait tout de suite reconnue en Katarina le même feu qui brûlait en elle, le même désir de s’élever au-dessus de la masse. Et ces retrouvailles seraient un excellent moyen de mesurer le chemin parcouru par chacune d’elle depuis la fin de leurs études.

Et pour sa part, Aaliyah en avait du chemin depuis Poudlard, un sacré chemin même. Quand elle avait connu Katarina, elle était encore une pauvre petite fille de Leeds, et plus tard, après l’internement de sa mère, une pauvre petite orpheline, vivant de la charité des sang-pur. Sept maris et autant de veuvages plus tard, elle était désormais l’une des plus grosses fortunes sorcière Britannique, elle avait travaillé à la direction d’un département du ministère, avait deux beaux enfants et occupait un poste important au sein du parti de gouvernement. Son ambition l’avait mené plus haut qu’elle n’aurait jamais pu espérer.

Elle quitta la salle de bain, s’habilla et envoya sa réponse à Katarina, lui précisant bien qu’elle serait enchantée de la revoir et de lui prêter le livre dont elle avait besoin, et espérant qu’elle lui ferait l’honneur de passer prendre le thé chez elle.

Aaliyah avait hâte de montrer à son ancienne camarade ce joli duplex, qu’elle avait hérité de son troisième époux. Elle passa la matinée à courir partout, afin que tout soit prêt, élégant et raffiné. Des fleurs fraîches dans les vases, des gâteaux venus de chez le meilleur pâtissier de Londres, bref, le grand jeu. Katarina avait connu Aaliyah lorsque son capital ne devait pas valoir plus de dix mornilles, alors pour aujourd’hui, elle ne pouvait pas résister au plaisir de lui en mettre plein la vue. Mais ce n’était pas pour admirer les richesses de la veuve noire qu’elle venait, mais pour lui emprunter un livre. Ah oui, où était-il ce livre d’ailleurs ? C’était sûrement l’une de ces vieilles saloperies qu’elle avait hérité de Selwyn. Et il était de toute évidence au manoir en Cornouailles.  Mais Aaliyah devait encore tresser ses cheveux et choisir sa tenue. Heureusement qu’elle avait un fils dévoué.

« Merci d’aller me le chercher Blaise. Et reviens pour l’heure du thé, je voudrais que tu vois mon amie. »
*Enfin je voudrais qu’elle te voit surtout.*


Vers quinze heures, la veuve noire était enfin prête. Elle s’admira dans le grand miroir de sa chambre, elle avait tressé ses cheveux en petites nattes serrées, ornées de métal et opté pour un élégant tailleur à jupe longue, noir, et une chemise en wax orange. Pas mal du tout, quand on repensait aux horreurs d’occasion qu’elle portait à Poudlard. Un dernier tour de ronde pour vérifier que tout était prêt. En passant par le salon, elle tomba sur sa sœur Zahra, une invitée qui ne l’enchantait guère.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »
« Je suis venue pour t’emprunter… »
« Pour m’emprunter rien du tout. Tu ne connais pas le sens du verbe rendre, tu ne peux donc pas emprunter des choses. D’ailleurs vas t’en, j’attends une amie pour le thé. »
« J’ignorais que tu avais des amies Lya, c’est nouveau. »
« J’ignorais que tu avais trouvé un moyen de payer tes factures sans mon argent Zaza, sans quoi je ne vois pas pourquoi tu te permets d’être aussi impertinente. »


Et lui tordit le bras et expulsa sa sœur sans ménagement. Elle ne faisait pas partie des choses qu’elle voulait montrer à Katarina. L’horloge sonna trois coups, son invitée ne devrait plus tarder. Elle prit place dans le grand salon, en compagnie de Solange et de ses poupées, jetant un œil anxieux sur la cheminée, Blaise n’était pas encore revenu.

Un homme noir frappa et ouvrit la porte, Samuel, garde du corps, majordome, et homme de confiance.

« Mademoiselle Wander est arrivée madame. »
« Merci Sam. Faites entrer, faites entrer. »


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MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Dim 22 Oct - 21:26

La vie de Katarina tournait autour de sa vie professionnelle. Contrairement à ce que pourraient penser certains, elle ne considérait pas cela comme regrettable, au contraire. Sa carrière pouvait lui offrir, à long terme, tout ce qu’elle désirait – ou presque : stimulation intellectuelle,  statut, reconnaissance, situation financière plus qu’enviable…   Son métier était pour Katarina toute sa vie. Ce n’était donc pas surprenant que ses retrouvailles avec Aaliyah aient lieu à cause du travail.

Comment elle en était venue à recontacter cette ancienne camarade qu’elle n’avait pas revue depuis des années était un pur hasard. Celle qu’on appelait à présent la Veuve Noire avait une réputation, et Katarina n’avait de cesse d’entendre parler d’elle depuis son retour, que ce soit des ragots à propos de ses nombreux maris ou des échos sur sa position au Parti Purtiste et son immense fortune. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire en pensant que la Aaliyah qu’elle connaissait devait se régaler de cette célébrité. C’était donc comme ça qu’elle en était venue à apprendre la mort  d’Ecclesiaste Selwyn, et même, à s’en réjouir un peu.

Voyez-vous, il est des livres qui sont tellement rares qu’ils sont à eux seuls des petits Trésors. C’était le cas de Runomicon. Ce livre vieux de plus de plus ce cinq siècles avait été rédigé par une puissante sorcière Viking, qui avait concentré dans cet ouvrage tout son savoir de cette puissante, mais bien mystérieuse, magie.  C’était une véritable mine d’or pour toute personne qui s’intéressait à ce domaine. Seules quelques rares copies (pas l’original, évidemment) circulaient dans le monde. Autant dire que ces exemplaires très convoités étaient surveillés de près. Katarina savait que la famille Selwyn en possédait un depuis bien longtemps, mais il était impossible pour elle d’approcher une famille de Sang-Purs si importante. Alors, savoir que le détenteur du précieux ouvrage était mort, et qu’il se retrouvait entre les mains d’une de ses anciennes consœurs ne pouvait lui faire plus plaisir.

Qu’on ne se le cache pas, Katarina avait eu quelques réserves à contacter  Aaliyah. Elle avait passé un moment à changer d’avis, faisant les cent pas dans son appartement. Déjà, pour une personne comme elle qui avait pris tant de plaisir à se détacher  de son ancienne vie, et toute la médiocrité à laquelle elle la rattachait, pour s’élever vers de nouveaux horizons, recroiser des figures du passé n’était pas si aisé. Mais ça, elle s’y était préparée dès qu’elle avait envisagé un retour en Angleterre. Non, c’était plutôt l’idée de recroiser plus particulièrement la fière Aaliyah qui l’avait fait tant hésiter. Non pas qu’elle ne l’appréciait point. Au contraire, si les deux femmes ne pouvaient pas être qualifiées d’amies, Katarina n’avait jamais méprisé Aaliyah. Pourtant la jeune fille de l’époque n’avait pas grand-chose pour elle : orpheline, pauvre,… Mais elle avait ce même désir que Katarina de s’élever au dessus de sa condition pourtant misérable, de ne pas se contenter de la platitude dont tous les autres élèves semblaient se contenter.

Mais justement, elle ne connaissait que trop bien l’ego de cette femme, la fierté qu’elle devait éprouver de  son nouveau statut et sa nouvelle richesse, et il ne ferait aucun doute qu’elle prendrait un immense plaisir à l’afficher. Elle le savait très bien, c’est ce qu’elle aurait fait, elle. C’était justement ça qui la frustrait : Katarina aimait susciter l’envie, et se dire qu’elle allait devoir supporter la fierté d’une femme qui allait étaler sa réussite la frustrait au plus haut point. Katarina aimait réussir, elle aimait moins quand c’étaient les autres qui réussissaient.  Tout ça pour aller s’abaisser à lui demander une faveur, c’était d’un pathétique. Mais il y a des choses qui méritent qu’on se sacrifie pour elle, et le Runomicon en faisait partie. Elle avait donc fini par rédigé une lettre, courte et directe, qu’elle avait immédiatement fait parvenir à Aaliyah, avant qu’elle ne change d’avis.




La réponse ne tarda pas à arriver, et elle était sans grande surprise positive – l’opportunité d’effacer l’image de la petite orpheline devait être trop bonne pour Aaliyah.
Mais Aaliyah n’était pas la seule à s’être métamorphosé depuis Poudlard. Katarina aussi avait fait du chemin. Elle avait fait une thèse en Magie Runique, avait parcourut différents pays pour ses recherches sur les magies runiques et ancienne. Elle avait rédigés des articles et ouvrages sur ce thème qui lui avait donné une certaine importance dans le milieu,  et même un certain confort financier. Elle avait travaillé aux côtés de chercheurs renommés, au sein de la prestigieuse Académie de Beauxbâtons et, à présent, elle avait un place dans le très fermé Département des Mystères. Son ascension était encore en cours et était, certes, bien moins bling bling que celle d’Aaliyah, mais elle avait un stade ou elle pouvait être fière d’étaler son parcours et sa position d’érudite, et n’hésitait pas à le faire dès que l’occasion se présentait. L’entrevue entre les deux femmes risquait d’être des plus intéressantes.

C’est pourquoi Katarina s’était mise sur  son trente-et-un. Lorsqu’on veut impressionner, tout est question d’apparences, alors il faut porter un soin tout particulier à sa tenue vestimentaire. Elle avait opté pour un costume : une chemise blanche ouverte sur son décolleté, un pantalon noir taille haute et un blazer dont la coupe mettait en avant sa taille de guêpe. Simple, mais élégant – c’était la devise de Katarina. Sa chevelure était entortillée dans un chignon sophistiqué, qui dégageait sa nuque et laissait apparaitre les perles qui ornaient ses oreilles. Finalement, elle souligna son regard d’un trait noir et dessina ses lèvres d’un rouge carmin avant de se contempler dans le miroir, un sourire satisfait aux lèvres. Parfait.

Un coup d’œil à son horloge : l’heure du rendez-vous approchait, il était temps de se mettre en route. Pas question d’être en retard. Elle transplanta au Chemin de Traverse, et ne mit pas très longtemps avant de trouver la résidence d’Aaliyah (enfin, l’une de ses nombreuses résidence). Si elle avait encore des doutes sur la richesse de son ancienne camarade (ce qui n’était pas le cas), voilà de quoi les effacer. Le quartier était sans aucun doute des plus huppés, comme le laissait comprendre les résidences toutes plus tape-à-l’oeil les unes que les autres, et celle devant laquelle elle se trouvait ne faisait pas exceptions. Elle ne s’y attarda pas trop –elle était là pour prouver qu’elle n’était plus une adolescente jalouse- et sonna.
C’est un majordome qui vint lui ouvrir la porte. Katarina se retint de lever les yeux au ciel devant tant de manières : les riches, alors… Elle le suivit en silence dans les couloirs de l’appartement. Elle n’eut pas le temps d’admirer beaucoup le décor, mais était spacieux, et décoré dans un luxe clinquant, mais, elle devait l’admettre avec goût.

A vrai dire, même si elle redoutait ces retrouvailles, elle devait admettre qu’elle était également un peu pressée de voir Aaliyah. Elle avait tant entendu parler de la femme d’affaires, et le portrait qu’on en faisait était tellement différent de la petite orpheline dont elle se souvenait –même si peu surprenant, elle avait toujours eu en elle cette fouge- qu’elle voulait voir la métamorphose de ses propres yeux. A l’époque de Poudlard, elle avait appréciait la compagnie de sa camarade pour son ambition, elle avait hâte de voir à quel point où ça l’avait mené, mais aussi de pouvoir de nouveau discuter avec quelqu’un partageant la même vision des choses qu’elle.

Enfin elle se retrouva face à la fameuse Aaliyah Zabini. Elle était méconnaissable. La magnifique femme qui se trouvait face à elle était habillée avec l’élégance des grandes dames. Elle avait une allure fière et imposante. Disparue, la petite orpheline honteuse. Le seul point commun que la femme face à elle avait avec cette enfant était  était ce regard déterminé et défiant. Katarina aurait presque été intimidée par son hôtesse de maison, si elle n’en savait pas tant sur elle.
Un léger silence s’était étendu entre les deux femmes, temps pendant lequel elles s’étaient toutes les deux jaugées du regard, s’évaluant,  comparant la femme en face à l’adolescente du souvenir. Katarina adressa finalement à Aaliyah un sourire avenant.

- Bonjour Aaliyah. C’est un plaisir de te revoir.

Elle marqua une pause avant de reprendre la parole d’un ton qui se voulait moins froid, plus amical ; elle retrouvait une  amie  d’enfance, après tout.

- J’espère que je ne t’ai pas trop prise de court, à te contacter comme ça.   Mais, à vrai dire, depuis le temps que je suis en rentrée, j’aurais du le faire plus tôt !
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MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Sam 28 Oct - 13:38

Aaliyah aimait étaler sa richesse, être riche était ce qu’elle estimait être le meilleur symbole de sa réussite. Une vanité que les autres riches jugeait souvent comme étant de mauvais goût. En particulier ceux qui possédaient une fortune ancienne, accumulée bien avant leur naissance. Ce jugement à son encontre laissait la veuve noire franchement indifférente, c’était simple de traiter sa richesse avec légèreté quand elle avait toujours fait partie de vous. Leur fortune, ils l’avaient hérité de leurs parents, des siens, Lya n’avait reçu que des dettes et des souvenirs d’enfances qu’elle essayait d’enfouir avec abnégation. Si comme elle ils avaient passé leur enfance dans une maison qui sentait le moisi et les relents d’alcool bon marché, porté des robes de troisième main et eu pour seul animal de compagnie des rats et des cafards, dû se battre pour sortir de la fosse à purin qui les avait vu naître, elle ne doutait pas un instant qu’eux aussi aurait voulu montrer à la face du monde qu’ils avaient réussi à s’élever au-dessus de ça. Et peu importe que ça soit de mauvais goût ou non. Étaler ses signes extérieurs de richesse, c’était effacer les stigmates de la pauvreté, et ça, c’était ce à quoi Aaliyah avait toujours plus ou moins aspiré.

Une réflexion simpliste laissait croire qu’Aaliyah avait honte de son passé et le cachait sous son immense fortune. La réalité était plus complexe et plus nuancée. Effectivement, toute son enfance n’était qu’une suite d’affreux souvenirs qu’elle n’avait aucun plaisir à se remémorer, et elle détestait par-dessus tout qu’on vienne lui rappeler qu’il y’a vingt-cinq ans, elle était une indigente petite orpheline. Pour autant, elle n’en faisait pas un secret d’État, ce qui aurait été de toute façon impossible au vu de l’étroitesse de la société sorcière, et au contraire, elle n’hésitait pas à se servir de son passé de misère quand elle avait besoin de quelque chose. Selon qui elle avait en face d’elle, Lya savait très bien rejouer le petit numéro de la pauvresse orpheline, si cela pouvait lui ouvrir une porte dont elle avait besoin. Ça ne lui faisait pas franchement plaisir, mais si ça lui était utile, elle n’hésitait pas à afficher son passé. Mais surtout, elle n’était pas prête de laisser quiconque la rabaisser à cause de son passé, elle en tirait une force et un sentiment de valoir bien plus que les autres, parce qu’elle avait réussi à s’élever plus haut qu’on ne l’avait jamais espéré pour elle.

Il était rare qu’elle reprenne contact avec des personnes qu’elle avait connues à Poudlard. Pour diverses raisons d’ailleurs, soit ils avaient été horribles avec elle, et la rancœur d’Aaliyah à leur égard ne s’était pas apaisée avec le poids des années, soit ils n’avaient rien à lui apporter désormais, et elle ne voyait pas de raison de s’enquérir des nouveaux aléas de leur vie sans intérêt. Et très honnêtement, si Katarina ne lui avait pas écrit pour lui emprunter ce livre, Aaliyah n’aurait certainement pas fait le premier pas pour la recontacter. Mais puisque l’occasion se présentait, la veuve noire était curieuse de mesurer jusqu’où avait pu s’élever l’ancienne Serpentard.

Aaliyah avait fait jouer un peu ses réseaux d’informations avant de revoir son ancienne camarade, mais n’avait pas pu récolter beaucoup d’information. Katarina avait choisi un triomphe discret, et miser sur son travail pour gravir les échelons. De ce qu’Ali avait pu glaner, son amie était désormais une chercheuse reconnue et respectée dans un domaine obscur de la magie, et avait quitté la France pour prendre un poste au département des mystères. Un rapide coup d’œil à la tenue de la jeune femme, chère mais simple et élégante laissa tout de même entrevoir un fait à l’œil aiguisé d’Aaliyah : quoique que Katarina fasse dans les sous sols du Ministère, ça lui réussissait plutôt pas mal.  

La veuve noire répondit avec un sourire bienveillant, tout en servant une tasse de thé à son invitée. La politesse et ses règles ne vous autorisaient pas à dire à quelqu’un que vous saviez pertinemment qu’il ne vous aurait jamais recontacté s’il n’avait pas eu besoin de vous.  

« Ne t’en fais pas, je suis sûre que ton travail aux mystères doit être passionnant mais aussi très prenant, ça ne doit pas être évident de trouver du temps pour des mondanités au milieu de toutes ces recherches. »

Tout miser sur sa carrière, c’était un choix qu’Aaliyah respectait, même si c’était un chemin qu’elle n’aurait jamais voulu suivre. Réussir dans son travail devait être épuisant, même si l’on aimait ce qu’on faisait. Il fallait toujours faire un peu plus d’effort pour grimper un peu plus haut. Lya s’était bien essayé au travail quelques années auparavant, au département du commerce magique. Avec un certain succès d’ailleurs, arracher de juteux accords commerciaux avec d’autres pays était tout à fait dans ses cordes, mais travailler nécessitait des efforts qu’elle répugnait à fournir. Aaliyah estimait en avoir assez bavé pour avoir gagné le droit de profiter de la vie. Alors elle avait épousé un énième homme riche, et prétextait vouloir prendre du temps pour s’occuper de sa fille pour ne jamais reprendre son poste.

Et puisque justement, elle avait invité son ancienne amie, entre autre, pour parler du bon vieux temps, mais aussi pour exhiber ses succès, elle en profita pour lui présenter ce qu’elle considérait comme sa plus belle réussite : ses enfants. Elle désigna d’un geste de la main la petite fille, qui jouait calmement dans son coin. Sentant qu’on parlait belle, la gamine se leva et salua poliment l’invitée de sa maman, avant de retourner à ses poupées. Les enfants sont fait pour être vu, mais pas entendu, comme aimait à le répéter Aaliyah. Elle aimait ses enfants, mais n’aurait pas su tolérer l’effronterie ou l’insolence de leur part, surtout en public, alors la veuve noire réservait les démonstrations d’amour maternel pour un cadre strictement privé.

« Et je te présente Solange, mini-moi numéro 2. Mini-moi numéro 1 est parti chercher le livre dont tu avais besoin, il ne devrait pas tarder à revenir. »

Aaliyah doutait fortement que Katarina soit très impressionnée par sa capacité à se reproduire. Et pourtant, elle considérait que c’était ce qu’elle avait fait de mieux dans sa vie. On racontait que la veuve noire avait un cœur de pierre, c’était faux, il était juste extrêmement sélectif. Elle n’aimait pas ses parents, elle n’aimait pas ses sœurs, et n’avait certainement pas aimé ses maris, mais elle aimait passionnément ses enfants. Et pour être sûre qu’ils aient tout ce dont elle avait manqué en étant enfant, elle était prête à tout. Aaliyah avait deux beaux enfants extrêmement bien élever qu’elle exhibait fièrement.  

« Alors, ça t’a plus la France ? J’avais emmené Blaise à Paris pour ses dix-sept ans, une ville tout à fait charmante. »
* Charmes gâchés par l’incroyable nombre de Français insupportables qu’on y croise.*


La conversation se poursuivait sur diverses banalités. Il y avait sûrement eu dans l’histoire des retrouvailles entre deux vieilles amies bien plus chaleureuses. Mais il était difficile de raccrocher les wagons après tant d’années sans contact, et, de plus, ni Aaliyah ni Katarina n’avait un caractère assez niais pour se laisser tomber dans les bras l’une de l’autre et pleurnicher sur le bon vieux temps. Pour l’instant, tout en buvant une tasse de thé et en échangeant des platitudes, les deux femmes semblaient chercher à évaluer silencieusement la réussite de l’autre, sans le dire franchement.

« En tout cas, ça me fait plaisir de te revoir, et de constater que tu fais honneur à l’ambition des Serpentards. »

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MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Sam 11 Nov - 1:25

La décoration de l’appartement d’Aaliyah était bien trop tape-à-l’œil pour être de bon goût. Tout ce luxe affiché sans modestie, cet étalage de richesse. On voyait qu’Aaliyah avait fait attention à chaque pot de fleur, chaque tableau, chaque  tapis. Mais, si le rendu est très esthétique, il était bien trop forcé, trop peu naturel, pour être vraiment agréable. C’était bien trop m’as-tu-vu, bien trop…trop.  On se croyait plus dans un musée cherchant à exposer la moindre de ses œuvres que dans une maison, un endroit où habiter.

Enfin c’est ce que Katarina essayait de se convaincre. Et son dédain était sincère. Il  n’avait absolument rien à voir avec une quelconque forme de jalousie, une quelconque envie de posséder un si grand appartement et autant de richesses à exposer. Et puis à quoi ça lui servirait, de toute façon, elle n’invitait jamais personnes chez elle. Même s’il faut avouer que ce serait amusant de sous-entendre sa réussite par un décor travaillé et laisser ses invités l’admirer, ce serait même jubilant de voir leurs petits yeux envieux, leurs sourires crispés, leurs compliments, peut-être... (Et puis, faire face à toutes ces richesses personnelles, tous les jours, pour vous rappeler votre succès, vous conforter dans votre fierté, ça ne devait pas être désagréable.) Ah ça oui, Aaliyah devait se délecter de faire son petit effet sur ses invités, mais cette petite technique ne marchait pas sur Katarina, ah ça non !

Jambes croisées sur ce fauteuil de cuir qui avait du couter une blinde, Katarina prenait garde à ne pas trop regarder le décor. Elle n’avait jeté qu’un bref coup d’œil désintéressé quand elle était entrée, sans trop s’attarder. Il ne fallait pas se montrer trop intéressée, ça ferait trop plaisir à Aaliyah et son ego. Manquerait plus que ça.

Elle accepta avec un sourire poli la tasse que lui tendit la maîtresse de maison.  Celle-ci étirait ses lèvres dans un sourire de façade tout aussi faux que le sien. Au moins, elles étaient sur la même longueur d’ondes.

- En effet, je suis overbookée, répondit-t-elle avec un soupir appuyé, comme pour souligner à quel point ça pouvait être malheureux, toute cette pression sur ses épaules. Travailler au Mystères, tu sais, ce n’est pas de tout repos.

Katarina aimait bien rappeler à tout le monde qu’elle travaillait au Département des Mystères. C’était prestigieux, ça faisait femme importante, femme qui connait des secrets d’Etat. Et puis, elle avait donné pour en arriver là, il fallait bien que ça serve à quelque chose.

- Mais bon, il doit en être de même pour toi. Tu as pas mal de choses à gérer, entre tes affaires, ta famille, ...tout ça.

Cette entrevue entre les deux anciennes Serpentard, qui pouvait passer pour les retrouvailles de deux « amies », était en réalité un vrai théâtre d’hypocrisie. Katarina prétendait être insensible à la richesse d’Aaliyah, mais autant ne pas se leurrer, c’était bien la sensation familière de l’envie qui lui brûlait le ventre. Elle prétendait être entièrement ravie de retrouver son ancienne camarade, mais en réalité elle n’avait qu’une chose en tête : son précieux livre. Elle n’avait d’ailleurs qu’une envie, c’était de le réclamer, mais ce serait bien trop impoli, à peine arrivée. Il devait sûrement en être de même du côté d’Aaliyah. Elle avait beau jouer les hôtesses de maison polies et bienveillantes, Katarina n’était pas dupe : elle cherchait juste à en savoir plus sur son parcours, et se la péter.  C’était peut-être ça qui était amusant au final : elles étaient toutes les deux bien consciente de leur faux-semblants réciproques, mais elles se prêtaient quand même au jeu.

Comme pour exhiber son ultime trophée, Aaliyah lui présenta sa fille, avec une fierté non feinte. Katarina posa son regard sur l’enfant en question, se redressant, le dos raide. Elle n’avait rien de spécial – c’était une gamine, quoi.  La langue-de-plomb ne voyait vraiment pas ce qu’on pouvait trouvait d’adorable à ces petites créatures, ça semblait être plus un calvaire qu’autre chose, de devoir s’en occuper. Pour elle, c’était même un poids : quand on veut s’élever et avoir une carrière, avoir des enfants s’avère encombrant, gâche des opportunités, nous oblige à être partagé entre deux eaux. Faire des enfants, c’aurait été ruiner sa carrière avant même qu’elle ne commence. Mais ça, c’est peut-être parce qu’elle se dédiait un peu trop à son travail. Elle aurait même pu être déçue d’Aaliyah. La jeune orpheline dont elle se souvenait avait une vraie ambition, elle aurait attendu mieux d’elle. Mais elle avait l’air plutôt fière de son travail, de ses deux (deux !) mômes. C’est vrai que déjà à Poudlard elle devait s’occuper de ses sœurs, si Katarina ne se trompait pas, elle avait peut-être une sorte d’instinct maternel. C’était peut-être un truc d’orphelin, de vouloir être ce qu’on n’avait jamais eu. Katarina respectait cela, même si elle ne comprenait pas vraiment l’intérêt d’avoir une famille – elle en avait déjà une, pour le peu qu’elle les voyait. Enfin, quand même, il y en a qui avaient des plaisirs bien bas. Faire des enfants ! C’était d’un commun.

Elle se racla la gorge, tenta de trouver quelque chose à dire. Quand on vous présente ses enfants, on attend une réponse, un compliment, un peu d’engouement. Katarina ne savait pas faire. Qu’est-ce qu’on est sensé dire, pour complimenter quelqu’un sur sa progéniture ?

- Oh. Elle est…mignonne.

Le ton était bien plat, et son sourire pincé donnait l’impression qu’elle venait de manger un melon. Ce n’était pas vraiment crédible. Bravo, Katarina…Bon,  c’était toujours mieux qu’afficher une moue de mépris : en plus d’être vraiment impoli, les gens se vexaient vite, quand on touchait à leurs enfants. Une sorte de gêne s’était quand même installé (ou peut-être n’était-ce que dans la tête de Katarina ?), et la Langue-de-Plomb tournait dans sa tête des formules pour relancer la conversation, sans grand succès. Elle ne pouvait pas parler du livre, quand même. Finalement, ce fut son hôte qui brisa le silence.

- Oh oui! charmant, c’est le mot. Même si les Français sont si stressés.

Elle avait dit d’un ton réprobateur, en levant les yeux au ciel, comme si elle-même n’était pas aussi stressée qu’eux.

- Je suppose que tu as dû voyager, et en voir, du monde? Avec une richesse comme la tienne..

Ainsi la conversation se poursuivit sur un ton moins glissant, plus mondain. A mesure que le temps passait, la froideur  du départ s’estompait. Un peu. Les deux femmes  restaient toujours distantes, les niaiseries n’étaient pas vraiment leur genre. Et elles n’arrêtaient pas pour autan de juger l’autre. Mais la Langue-de-Plomb se sentait se relaxer un peu, se laisser aller à la discutions.  

C’était quand même étrange, de retrouver un visage qu’on avait pas vu depuis si longtemps, mais Katarina devait avouer que ce n’était pas si désagréable. Autant être franche : elle était bien isolée, surtout depuis son retour au pays. Certes, elle n’avait jamais été très sociable, préférait ses bouquins que la compagnie des gens - qu’elle trouvait pour la plupart ennuyeux-, avait tendance à se noyer facilement dans son travail. Mais pendant ses études et voyages, elle voyait du monde, discutait avec des chercheurs –ou non, de tous les pays d’Europe, voire même du monde. A Paris, elle avait bien été forcée de sociabiliser avec quelques collègues et d’accepter les inévitables diners mondains, elle avait ses élèves ; même si elle se serait bien passée de la compagnie des deux. Oh, elle avait bien discuté avec deux-trois collègues ici, mais pour l’instant il fallait avouer que le cadre du ministère était plus à l’individualisme, favorisait moins les échanges que les voyages à l’aventure sur le terrain ou l’esprit d’équipe d’un institut scolaire. Alors c’était une véritable bouffée d’air frais, d’avoir une vraie discutions, pour parler d’autre chose que du travail et de performance. Avec une ancienne camarade, en plus de ça, et dont la compagnie était plutôt plaisante. Même s’il était clair que les deux femmes restaient sur leur garde Et puis, discuter avec une anglaise faisait plaisir –les Français étaient vraiment stressés.

Le compliment d’Aaliyah fit extrêmement plaisir à Katarina, même si elle ne le montra pas. C’était peut-être encore juste une formule un peu hypocrite, mais elle s’en contentait. S’il y avait une chose qui rendait fière la Langue-de-Plomb, c’était de faire honneur à sa maison. Qu’on reconnaisse son ambition et sa réussite. Elle reposa sa tasse de thé, à présent vide, et sourit de nouveau à Aaliyah.

- Je peux dire la même chose de toi. J’ai beaucoup entendu parler de toi. Et puis, tout ce...luxe.

Elle parcourut la pièce d'un regard volontairement appréciateur, accompagnant ses paroles d'un geste de la main, comme si elle ne découvrait qu'à présent le décor élégant dans lequel elle se trouvait.

- Et tu t'es lancé dans la politique maintenant il paraît?
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MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Mer 29 Nov - 20:48

Aaliyah offrit un sourire compatissant à son ancienne camarade en entendant celle-ci expliqué que le travail au Département des Mystères était éreintant. La veuve noire la croyait sur parole, elle-même n’avait jamais beaucoup travaillé dans sa vie, mais pour s’y être un peu essayer, elle s’était vite rendu compte que c’était une activité usante, fortement désagréable et qui s’accordait bien mal à sa personnalité. Pendant son court passage au Département Du Commerce Magique International, Aaliyah avait bien vu que le travail était un moyen comme un autre d’asseoir sa position sociale, mais elle y avait renoncé en voyant l’effort qu’il faudrait produire pour y arriver. Elle estimait être beaucoup trop belle et beaucoup trop futée pour perdre son temps à négocier des accords commerciaux avec le Zimbabwe ou devoir rédiger d’assommants rapports et comptes rendus. Lya aurait voulu la gloire et le succès qu’apportait une négociation rondement menée, mais sans avoir à fournir trop d’effort pour y arriver. Malheureusement, si sa beauté était plus que suffisante pour attirer entre ses griffes des célibataires endurcis et des veufs inconsolables, il en fallait un peu plus que ça pour obtenir d’un ministre retors un accord d’exportation. Puis elle avait assez de problèmes à gérer dans sa propre vie, sans avoir à y ajouter ceux de la balance commerciale du gouvernement. Alors la jeune femme avait profité de la naissance de son second enfant pour s’éloigner de ces assommantes responsabilités, en prétextant un congé maternité qui s’allongeait chaque année, et revenir à ce qu’elle savait faire de mieux, épouser des hommes et les mettre en terre peu de temps après.

Mais elle pouvait parfaitement comprendre ce qui attirait son ancienne camarade au sein du Département des Mystères. Même si c’était un travail prenant, le prestige que l’on pouvait en tirer était non négligeable. Personne ne savait réellement ce qui se tramait réellement dans ces sombres sous-sols, mais l’on en savait assez pour savoir qu’il s’agissait de recherches hautement intellectuelles, en rapports avec les plus grands secrets du monde sorcier. Il y avait là assez de matière pour impressionner le tout venant.

« J’imagine que c’est un travail très prenant, mais passionnant. J’ai cru comprendre que tu travaillais sur les runes, je suis certaine que c’est un sujet fascinant. » Commenta la veuve noire avec un hochement de tête approbateur.

Elle, une fois n’était pas coutume, le commentaire était sincère et pas seulement une remarque polie pour mettre à l’aise son invitée. Aaliyah pensait sincèrement que le sujet d’étude de son amie pouvait se révéler fort intéressant, et se demandait même si les runes ne pouvaient pas s’avérer utiles d’une façon ou d’une autre dans ses entreprises. Par principe, elle aimait à laisser croire les gens qu’elle était aussi idiote qu’elle était belle, être sous-estimée tournait toujours à son avantage, mais en réalité, elle était plutôt curieuse des divers domaines possibles de la magie, et surprenamment instruite dans certain, comme l’occlumancie par exemple. Et du moment qu’elle pouvait en tirer un quelconque avantage, elle était prête à s’intéresser à des domaines aussi divers que variés.

La conversation avançait un peu péniblement entre les deux femmes, difficile de reprendre là où on l’avait laissée après plus de dix années de silence radio. Après avoir introduit sa fille, qui était certes très mignonne mais pas bien intéressante du haut de ses cinq ans, Aaliyah se demanda si elle devait faire entrer en scène les deux corgis que lui avait récemment offert Thomas, pour divertir son invitée. Heureusement, elle n’eut pas besoin d’en arriver là, la conversation se réorienta sur un sujet qu’elle maîtrisait parfaitement : les voyages.

Voyager était l’une des premières choses qu’Aaliyah avait faites quand elle avait eu un peu d’argent à elle, et qu’elle avait enfin eu l’occasion de voir d’autres paysages que la banlieue pourrie de Leeds où elle avait grandis, le quai 9 3/4 et Poudlard. Elle raconta avec force de détails charmants les différents endroits qu’elle avait visités aux cours des dernières années, et toutes les choses intéressantes qu’elle avait vues. Ou du moins qu’elle prétendait avoir vu. En réalité, Aaliyah estimait que, si on prenait en compte le taudis où elle avait grandis, elle avait vu bien assez de ruine dans sa vie, pour ne pas s’en infliger plus au cours de ses vacances, fussent-elles historiquement importantes. Les voyages d’Aaliyah consistaient principalement en de longs après midis aux abords des piscines d’hôtels luxueux, en lisant en guide touristique bien documenté, tout en perfectionnant sa complexion. Mais comme la veuve noire était naturellement douée pour faire semblant, personne ne s’était aperçu de la supercherie, tant elle récitait sa leçon avec conviction. C’était les usages de la bonne société, d’aller voir les points d’intérêts locaux, quand on se déplaçait à l’étranger, Aaliyah l’avait bien compris, mais comme ça l’emmerdait royalement, elle avait déployé tout une série de ruses et de subterfuges pour faire croire qu’elle possédait le bon goût et la bonne éducation qu’on attendait d’une dame du monde. Et pour l’instant, personne n’aurait su douter qu’elle avait réellement trouvé fascinants et magnifiques les cercles d’invocation vaudou de Port-Au-Prince, alors qu’elle n’avait rien fait d’autre que de rester à se la couler douce à bord de son yacht.  

La balance perpétuelle qu’elle devait maintenir entre ce qu’elle était réellement et ce qu’elle prétendait être était suffisante pour donner des maux de tête à n’importe qui, mais Aaliyah savait comme personne maintenir l’équilibre de cette situation. Elle estimait même que c’était un bon exercice, qui lui permettait de garder son esprit aiguisé. Néanmoins, elle connaissait Katarina depuis tellement longtemps, qu’elle estimait pouvoir se détendre un peu en sa compagnie, et éventuellement se montrer un peu honnête. La Serpentard  en savait assez long sur elle pour savoir que ce numéro de grande dame était une construction partie de rien, et qu’il devait bien rester un peu de l’ancienne Aaliyah sous les étoffes précieuses et les bijoux.

« Nest-ce pas ? » commenta-telle avec un sourire satisfait, un désignant d’un geste souple de la main les différents trésors présents dans le salon. « Mais que peut faire une jeune fille ambitieuse mais pauvre à part un bon mariage ? » Elle but une gorgée de thé « Travailler dur, peut-être, mais ça n’a jamais été mon style. »

Après tout, si les hommes étaient assez stupides pour penser qu’elle s’intéressait à eux pour autre chose que pour leur fortune, c’était leur problème, pas le sien. Quand elle était encore adolescente, Lya avait toujours compté sur sa beauté pour se sortir de la misère, elle avait toujours proclamé qu’elle épouserait un homme riche, jeune, beau, intelligent, peu lui importait, pourvu qu’il eut du pognon. Et elle l’avait fait, à 17 ans, un bon mariage bien au-dessus de son rang. Puis un Mangemort avait mis fin à la vie de son premier mari, et Aaliyah avait découvert, avec étonnement, à quel point il était facile de faire un autre mariage. Et de fil en aiguille, avait gagné ses galons de veuve noire.

Elle adressa à Katarina un regard entendu quand celle-ci évoqua sa carrière en politique. Il était évident qu’Aaliyah n’avait rejoint Force Puriste parce que c’était un engagement utile à sa situation, et certainement pas par conviction. Elle moins que personne ne croyait à toutes ces salades sur la supériorité du sang, quand on savait de quel genre de famille elle venait. Mais le pouvoir était du côté de Puristes en ce moment, et Lya avait toujours su se placer du côté des puissants, et y resterait tant que ça durerait.

« Absolument, et c’est un véritable honneur d’avoir pu aider Lucius Malefoy à accéder au poste enviable de Ministre. »

La veuve noire savait parfaitement que son amie ne serait pas dupe de son engagement, mais elle n’était pas assez bête pour critiquer ouvertement le pouvoir en place. Bien qu’avec cette idée baroque que le Ministère avait eut de regrouper les fonctions de langue-de-plomb et d’oubliator, elle ne pensait pas que Lucius soit actuellement très populaire au sein des Mystères. Elle fut tentée de demander à son ancienne comparse si ça l’amusait d’aller sur le terrain, mais au même moment, la cheminée du salon s’illumina des flammes vertes.

La plus belle réussite d’Aaliyah émergea des flammes, son fils Blaise. Elle ne put retenir un sourire plein de fierté en l’apercevant, oui, elle pensait sincèrement que son fils était ce qu’elle avait fait de mieux dans sa vie. Elle était fière de sa fille, mais Blaise… On n’aimait jamais personne autant qu’on aimait son premier-né, du moins c’était ce qu’elle prétendait. Son fils était parfait, et ça se voyait, elle n’avait même pas besoin de le dire, ou de le faire remarquer. Et n’allez surtout pas dire le contraire à sa mère, Blaise était le trésor très précieux de Lya.

« Et je te présente mon fils. Blaise, mon amie Katarina. »

Le jeune homme souris, salua l’invitée de sa mère avec une politesse exquise, avant de déposer un livre sur la table et de s’éclipser discrètement. Parfait petit numéro, montrant admirablement à quel point il était beau, poli et serviable. Le portait de sa mère.
Sans s’étendre sur le passage express de son fils dans la pièce, jugeant que son sourire satisfait en disait assez long sur le sujet, Aaliyah tendit le précieux ouvrage à Katarina.

« Et voilà, le livre que tu voulais. J’espère qu’il te sera utile. Non ne me remercie pas, c’est tout naturel, à quoi serve les vieilles amies sinon ? »

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La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes

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