POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

Partagez|

La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage


    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    avatar
    Date de naissance du joueur : 25/03/1988
    Âge du joueur : 30
    Arrivé sur Poudnoir : 06/09/2016
    Parchemins postés : 164



    Pensine
    Mon casier judiciaire est: vide
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Aaliyah Zabini


MessageSujet: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Mer 19 Juil - 18:44

Aaliyah trempait paresseusement dans son bain, en se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir faire pour occuper sa journée de femme trop riche pour avoir un travail. Elle aurait dû avoir une série de rendez-vous avec de nouveaux adhérents à Force Puriste, mais elle avait tout annulé au dernier moment. Elle n’était pas d’humeur à répéter les mêmes choses dix fois de suite et  à supporter des bavardages imbéciles aujourd’hui. A la base, elle avait rejoint le parti pour être du bon côté du manche, rien de plus, puis finalement elle avait pris la tête de la commission économique, pour ne pas avoir à jouer les faire valoir en coulisse et avoir l’air indispensable. Mais maintenant, comme elle était belle, riche et modérément connue, on lui confiait régulièrement l’accueil des nouveaux adhérents. Quelqu’un avait dû confondre son envie d’avoir du pouvoir et de l’influence, avec une envie de faire quelque chose ou pire encore, de rendre service. Il faudrait qu’elle trouve un moyen de se débarrasser de cette tâche ingrate, elle n’avait aucunement envie de faire la connaissance de gens qui n’avaient rien à lui apporté, et il y avait bien assez d’événements au parti où elle devait faire semblant d’avoir des convictions, elle n’avait pas besoin de plus de blablas puriste dans sa vie.

Alors à quoi occupait-on ses journées lorsque l’on était une veuve éplorée ? Des essayages chez les couturiers, elle avait besoin d’une nouvelle robe pour la soirée d’inauguration de sa nouvelle fondation, aller déjeuner avec ses copines, et médire autour d’un verre de vin en compagnie d’Anne et de Grace, ou bien emmener sa fille en balade au zoo, voir les derniers bébés licornes. C’était pour ça que Lya aimait sa vie, elle était pleine de possibilités agréables, elle ne regrettait rien de ce qu’elle avait fait pour en arriver là. Ses réflexions furent interrompues par l’arrivée de sa femme de chambre, qui lui apportait une lettre qui venait d’arriver.

Elle haussa un sourcil perplexe en examinant la lettre, elle ne s’attendait certainement pas à ça. Elle venait de Katarina Wander, une ancienne consœur de Serpentard. Elles ne s’étaient pas vues depuis des années, et aux dernières nouvelles, Katarina était en France pour étudier ou enseigner les runes, un truc du genre. A en croire sa lettre, elle était revenue au Royaume Uni depuis peu, et continuait ses recherches, au sein du Ministère désormais. Et elle sollicitait l’aide d’Aaliyah, heureuse propriétaire de l’unique édition du Runonomicon, ouvrage dont son ancienne camarade avait besoin pour son travail. Eh bien voilà, ça lui fournirait une occupation pour la journée, elle inviterait Katarina pour le thé.

Pouvait-on dire que les deux jeunes femmes étaient amies ? Non, il aurait été exagéré de dire ça. Elles ne s’étaient presque pas parlé depuis la fin de leur scolarité, et même à l’époque, elles s’entendaient bien, mais elles n’étaient certainement pas proches. Et Lya doutait fortement que Katarina l’aurait recontacté si elle n’avait eu besoin de ce livre. Mais cela n’était pas un problème, au contraire, c’était rassurant, elle n’avait pas dû beaucoup changer si elle reprenait contact après des années de silence pour lui emprunter quelque chose. S’était pour ça qu’Aaliyah l’appréciait à l’époque, bien que discrète, Katarina était comme elle, ambitieuse, opportuniste, et prête à tout pour réussir. Elle avait tout de suite reconnue en Katarina le même feu qui brûlait en elle, le même désir de s’élever au-dessus de la masse. Et ces retrouvailles seraient un excellent moyen de mesurer le chemin parcouru par chacune d’elle depuis la fin de leurs études.

Et pour sa part, Aaliyah en avait du chemin depuis Poudlard, un sacré chemin même. Quand elle avait connu Katarina, elle était encore une pauvre petite fille de Leeds, et plus tard, après l’internement de sa mère, une pauvre petite orpheline, vivant de la charité des sang-pur. Sept maris et autant de veuvages plus tard, elle était désormais l’une des plus grosses fortunes sorcière Britannique, elle avait travaillé à la direction d’un département du ministère, avait deux beaux enfants et occupait un poste important au sein du parti de gouvernement. Son ambition l’avait mené plus haut qu’elle n’aurait jamais pu espérer.

Elle quitta la salle de bain, s’habilla et envoya sa réponse à Katarina, lui précisant bien qu’elle serait enchantée de la revoir et de lui prêter le livre dont elle avait besoin, et espérant qu’elle lui ferait l’honneur de passer prendre le thé chez elle.

Aaliyah avait hâte de montrer à son ancienne camarade ce joli duplex, qu’elle avait hérité de son troisième époux. Elle passa la matinée à courir partout, afin que tout soit prêt, élégant et raffiné. Des fleurs fraîches dans les vases, des gâteaux venus de chez le meilleur pâtissier de Londres, bref, le grand jeu. Katarina avait connu Aaliyah lorsque son capital ne devait pas valoir plus de dix mornilles, alors pour aujourd’hui, elle ne pouvait pas résister au plaisir de lui en mettre plein la vue. Mais ce n’était pas pour admirer les richesses de la veuve noire qu’elle venait, mais pour lui emprunter un livre. Ah oui, où était-il ce livre d’ailleurs ? C’était sûrement l’une de ces vieilles saloperies qu’elle avait hérité de Selwyn. Et il était de toute évidence au manoir en Cornouailles.  Mais Aaliyah devait encore tresser ses cheveux et choisir sa tenue. Heureusement qu’elle avait un fils dévoué.

« Merci d’aller me le chercher Blaise. Et reviens pour l’heure du thé, je voudrais que tu vois mon amie. »
*Enfin je voudrais qu’elle te voit surtout.*


Vers quinze heures, la veuve noire était enfin prête. Elle s’admira dans le grand miroir de sa chambre, elle avait tressé ses cheveux en petites nattes serrées, ornées de métal et opté pour un élégant tailleur à jupe longue, noir, et une chemise en wax orange. Pas mal du tout, quand on repensait aux horreurs d’occasion qu’elle portait à Poudlard. Un dernier tour de ronde pour vérifier que tout était prêt. En passant par le salon, elle tomba sur sa sœur Zahra, une invitée qui ne l’enchantait guère.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »
« Je suis venue pour t’emprunter… »
« Pour m’emprunter rien du tout. Tu ne connais pas le sens du verbe rendre, tu ne peux donc pas emprunter des choses. D’ailleurs vas t’en, j’attends une amie pour le thé. »
« J’ignorais que tu avais des amies Lya, c’est nouveau. »
« J’ignorais que tu avais trouvé un moyen de payer tes factures sans mon argent Zaza, sans quoi je ne vois pas pourquoi tu te permets d’être aussi impertinente. »


Et lui tordit le bras et expulsa sa sœur sans ménagement. Elle ne faisait pas partie des choses qu’elle voulait montrer à Katarina. L’horloge sonna trois coups, son invitée ne devrait plus tarder. Elle prit place dans le grand salon, en compagnie de Solange et de ses poupées, jetant un œil anxieux sur la cheminée, Blaise n’était pas encore revenu.

Un homme noir frappa et ouvrit la porte, Samuel, garde du corps, majordome, et homme de confiance.

« Mademoiselle Wander est arrivée madame. »
« Merci Sam. Faites entrer, faites entrer. »


____________________________________
- MY DESTINY IS MANIFEST -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Langue de Plomb
    | Langue de Plomb
    avatar
    Date de naissance du joueur : 23/03/1997
    Âge du joueur : 21
    Arrivé sur Poudnoir : 21/02/2017
    Parchemins postés : 35



    Pensine
    Mon casier judiciaire est:
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Katarina D. Wander


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Dim 22 Oct - 21:26

La vie de Katarina tournait autour de sa vie professionnelle. Contrairement à ce que pourraient penser certains, elle ne considérait pas cela comme regrettable, au contraire. Sa carrière pouvait lui offrir, à long terme, tout ce qu’elle désirait – ou presque : stimulation intellectuelle,  statut, reconnaissance, situation financière plus qu’enviable…   Son métier était pour Katarina toute sa vie. Ce n’était donc pas surprenant que ses retrouvailles avec Aaliyah aient lieu à cause du travail.

Comment elle en était venue à recontacter cette ancienne camarade qu’elle n’avait pas revue depuis des années était un pur hasard. Celle qu’on appelait à présent la Veuve Noire avait une réputation, et Katarina n’avait de cesse d’entendre parler d’elle depuis son retour, que ce soit des ragots à propos de ses nombreux maris ou des échos sur sa position au Parti Purtiste et son immense fortune. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire en pensant que la Aaliyah qu’elle connaissait devait se régaler de cette célébrité. C’était donc comme ça qu’elle en était venue à apprendre la mort  d’Ecclesiaste Selwyn, et même, à s’en réjouir un peu.

Voyez-vous, il est des livres qui sont tellement rares qu’ils sont à eux seuls des petits Trésors. C’était le cas de Runomicon. Ce livre vieux de plus de plus ce cinq siècles avait été rédigé par une puissante sorcière Viking, qui avait concentré dans cet ouvrage tout son savoir de cette puissante, mais bien mystérieuse, magie.  C’était une véritable mine d’or pour toute personne qui s’intéressait à ce domaine. Seules quelques rares copies (pas l’original, évidemment) circulaient dans le monde. Autant dire que ces exemplaires très convoités étaient surveillés de près. Katarina savait que la famille Selwyn en possédait un depuis bien longtemps, mais il était impossible pour elle d’approcher une famille de Sang-Purs si importante. Alors, savoir que le détenteur du précieux ouvrage était mort, et qu’il se retrouvait entre les mains d’une de ses anciennes consœurs ne pouvait lui faire plus plaisir.

Qu’on ne se le cache pas, Katarina avait eu quelques réserves à contacter  Aaliyah. Elle avait passé un moment à changer d’avis, faisant les cent pas dans son appartement. Déjà, pour une personne comme elle qui avait pris tant de plaisir à se détacher  de son ancienne vie, et toute la médiocrité à laquelle elle la rattachait, pour s’élever vers de nouveaux horizons, recroiser des figures du passé n’était pas si aisé. Mais ça, elle s’y était préparée dès qu’elle avait envisagé un retour en Angleterre. Non, c’était plutôt l’idée de recroiser plus particulièrement la fière Aaliyah qui l’avait fait tant hésiter. Non pas qu’elle ne l’appréciait point. Au contraire, si les deux femmes ne pouvaient pas être qualifiées d’amies, Katarina n’avait jamais méprisé Aaliyah. Pourtant la jeune fille de l’époque n’avait pas grand-chose pour elle : orpheline, pauvre,… Mais elle avait ce même désir que Katarina de s’élever au dessus de sa condition pourtant misérable, de ne pas se contenter de la platitude dont tous les autres élèves semblaient se contenter.

Mais justement, elle ne connaissait que trop bien l’ego de cette femme, la fierté qu’elle devait éprouver de  son nouveau statut et sa nouvelle richesse, et il ne ferait aucun doute qu’elle prendrait un immense plaisir à l’afficher. Elle le savait très bien, c’est ce qu’elle aurait fait, elle. C’était justement ça qui la frustrait : Katarina aimait susciter l’envie, et se dire qu’elle allait devoir supporter la fierté d’une femme qui allait étaler sa réussite la frustrait au plus haut point. Katarina aimait réussir, elle aimait moins quand c’étaient les autres qui réussissaient.  Tout ça pour aller s’abaisser à lui demander une faveur, c’était d’un pathétique. Mais il y a des choses qui méritent qu’on se sacrifie pour elle, et le Runomicon en faisait partie. Elle avait donc fini par rédigé une lettre, courte et directe, qu’elle avait immédiatement fait parvenir à Aaliyah, avant qu’elle ne change d’avis.




La réponse ne tarda pas à arriver, et elle était sans grande surprise positive – l’opportunité d’effacer l’image de la petite orpheline devait être trop bonne pour Aaliyah.
Mais Aaliyah n’était pas la seule à s’être métamorphosé depuis Poudlard. Katarina aussi avait fait du chemin. Elle avait fait une thèse en Magie Runique, avait parcourut différents pays pour ses recherches sur les magies runiques et ancienne. Elle avait rédigés des articles et ouvrages sur ce thème qui lui avait donné une certaine importance dans le milieu,  et même un certain confort financier. Elle avait travaillé aux côtés de chercheurs renommés, au sein de la prestigieuse Académie de Beauxbâtons et, à présent, elle avait un place dans le très fermé Département des Mystères. Son ascension était encore en cours et était, certes, bien moins bling bling que celle d’Aaliyah, mais elle avait un stade ou elle pouvait être fière d’étaler son parcours et sa position d’érudite, et n’hésitait pas à le faire dès que l’occasion se présentait. L’entrevue entre les deux femmes risquait d’être des plus intéressantes.

C’est pourquoi Katarina s’était mise sur  son trente-et-un. Lorsqu’on veut impressionner, tout est question d’apparences, alors il faut porter un soin tout particulier à sa tenue vestimentaire. Elle avait opté pour un costume : une chemise blanche ouverte sur son décolleté, un pantalon noir taille haute et un blazer dont la coupe mettait en avant sa taille de guêpe. Simple, mais élégant – c’était la devise de Katarina. Sa chevelure était entortillée dans un chignon sophistiqué, qui dégageait sa nuque et laissait apparaitre les perles qui ornaient ses oreilles. Finalement, elle souligna son regard d’un trait noir et dessina ses lèvres d’un rouge carmin avant de se contempler dans le miroir, un sourire satisfait aux lèvres. Parfait.

Un coup d’œil à son horloge : l’heure du rendez-vous approchait, il était temps de se mettre en route. Pas question d’être en retard. Elle transplanta au Chemin de Traverse, et ne mit pas très longtemps avant de trouver la résidence d’Aaliyah (enfin, l’une de ses nombreuses résidence). Si elle avait encore des doutes sur la richesse de son ancienne camarade (ce qui n’était pas le cas), voilà de quoi les effacer. Le quartier était sans aucun doute des plus huppés, comme le laissait comprendre les résidences toutes plus tape-à-l’oeil les unes que les autres, et celle devant laquelle elle se trouvait ne faisait pas exceptions. Elle ne s’y attarda pas trop –elle était là pour prouver qu’elle n’était plus une adolescente jalouse- et sonna.
C’est un majordome qui vint lui ouvrir la porte. Katarina se retint de lever les yeux au ciel devant tant de manières : les riches, alors… Elle le suivit en silence dans les couloirs de l’appartement. Elle n’eut pas le temps d’admirer beaucoup le décor, mais était spacieux, et décoré dans un luxe clinquant, mais, elle devait l’admettre avec goût.

A vrai dire, même si elle redoutait ces retrouvailles, elle devait admettre qu’elle était également un peu pressée de voir Aaliyah. Elle avait tant entendu parler de la femme d’affaires, et le portrait qu’on en faisait était tellement différent de la petite orpheline dont elle se souvenait –même si peu surprenant, elle avait toujours eu en elle cette fouge- qu’elle voulait voir la métamorphose de ses propres yeux. A l’époque de Poudlard, elle avait appréciait la compagnie de sa camarade pour son ambition, elle avait hâte de voir à quel point où ça l’avait mené, mais aussi de pouvoir de nouveau discuter avec quelqu’un partageant la même vision des choses qu’elle.

Enfin elle se retrouva face à la fameuse Aaliyah Zabini. Elle était méconnaissable. La magnifique femme qui se trouvait face à elle était habillée avec l’élégance des grandes dames. Elle avait une allure fière et imposante. Disparue, la petite orpheline honteuse. Le seul point commun que la femme face à elle avait avec cette enfant était  était ce regard déterminé et défiant. Katarina aurait presque été intimidée par son hôtesse de maison, si elle n’en savait pas tant sur elle.
Un léger silence s’était étendu entre les deux femmes, temps pendant lequel elles s’étaient toutes les deux jaugées du regard, s’évaluant,  comparant la femme en face à l’adolescente du souvenir. Katarina adressa finalement à Aaliyah un sourire avenant.

- Bonjour Aaliyah. C’est un plaisir de te revoir.

Elle marqua une pause avant de reprendre la parole d’un ton qui se voulait moins froid, plus amical ; elle retrouvait une  amie  d’enfance, après tout.

- J’espère que je ne t’ai pas trop prise de court, à te contacter comme ça.   Mais, à vrai dire, depuis le temps que je suis en rentrée, j’aurais du le faire plus tôt !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    avatar
    Date de naissance du joueur : 25/03/1988
    Âge du joueur : 30
    Arrivé sur Poudnoir : 06/09/2016
    Parchemins postés : 164



    Pensine
    Mon casier judiciaire est: vide
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Aaliyah Zabini


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Sam 28 Oct - 13:38

Aaliyah aimait étaler sa richesse, être riche était ce qu’elle estimait être le meilleur symbole de sa réussite. Une vanité que les autres riches jugeait souvent comme étant de mauvais goût. En particulier ceux qui possédaient une fortune ancienne, accumulée bien avant leur naissance. Ce jugement à son encontre laissait la veuve noire franchement indifférente, c’était simple de traiter sa richesse avec légèreté quand elle avait toujours fait partie de vous. Leur fortune, ils l’avaient hérité de leurs parents, des siens, Lya n’avait reçu que des dettes et des souvenirs d’enfances qu’elle essayait d’enfouir avec abnégation. Si comme elle ils avaient passé leur enfance dans une maison qui sentait le moisi et les relents d’alcool bon marché, porté des robes de troisième main et eu pour seul animal de compagnie des rats et des cafards, dû se battre pour sortir de la fosse à purin qui les avait vu naître, elle ne doutait pas un instant qu’eux aussi aurait voulu montrer à la face du monde qu’ils avaient réussi à s’élever au-dessus de ça. Et peu importe que ça soit de mauvais goût ou non. Étaler ses signes extérieurs de richesse, c’était effacer les stigmates de la pauvreté, et ça, c’était ce à quoi Aaliyah avait toujours plus ou moins aspiré.

Une réflexion simpliste laissait croire qu’Aaliyah avait honte de son passé et le cachait sous son immense fortune. La réalité était plus complexe et plus nuancée. Effectivement, toute son enfance n’était qu’une suite d’affreux souvenirs qu’elle n’avait aucun plaisir à se remémorer, et elle détestait par-dessus tout qu’on vienne lui rappeler qu’il y’a vingt-cinq ans, elle était une indigente petite orpheline. Pour autant, elle n’en faisait pas un secret d’État, ce qui aurait été de toute façon impossible au vu de l’étroitesse de la société sorcière, et au contraire, elle n’hésitait pas à se servir de son passé de misère quand elle avait besoin de quelque chose. Selon qui elle avait en face d’elle, Lya savait très bien rejouer le petit numéro de la pauvresse orpheline, si cela pouvait lui ouvrir une porte dont elle avait besoin. Ça ne lui faisait pas franchement plaisir, mais si ça lui était utile, elle n’hésitait pas à afficher son passé. Mais surtout, elle n’était pas prête de laisser quiconque la rabaisser à cause de son passé, elle en tirait une force et un sentiment de valoir bien plus que les autres, parce qu’elle avait réussi à s’élever plus haut qu’on ne l’avait jamais espéré pour elle.

Il était rare qu’elle reprenne contact avec des personnes qu’elle avait connues à Poudlard. Pour diverses raisons d’ailleurs, soit ils avaient été horribles avec elle, et la rancœur d’Aaliyah à leur égard ne s’était pas apaisée avec le poids des années, soit ils n’avaient rien à lui apporter désormais, et elle ne voyait pas de raison de s’enquérir des nouveaux aléas de leur vie sans intérêt. Et très honnêtement, si Katarina ne lui avait pas écrit pour lui emprunter ce livre, Aaliyah n’aurait certainement pas fait le premier pas pour la recontacter. Mais puisque l’occasion se présentait, la veuve noire était curieuse de mesurer jusqu’où avait pu s’élever l’ancienne Serpentard.

Aaliyah avait fait jouer un peu ses réseaux d’informations avant de revoir son ancienne camarade, mais n’avait pas pu récolter beaucoup d’information. Katarina avait choisi un triomphe discret, et miser sur son travail pour gravir les échelons. De ce qu’Ali avait pu glaner, son amie était désormais une chercheuse reconnue et respectée dans un domaine obscur de la magie, et avait quitté la France pour prendre un poste au département des mystères. Un rapide coup d’œil à la tenue de la jeune femme, chère mais simple et élégante laissa tout de même entrevoir un fait à l’œil aiguisé d’Aaliyah : quoique que Katarina fasse dans les sous sols du Ministère, ça lui réussissait plutôt pas mal.  

La veuve noire répondit avec un sourire bienveillant, tout en servant une tasse de thé à son invitée. La politesse et ses règles ne vous autorisaient pas à dire à quelqu’un que vous saviez pertinemment qu’il ne vous aurait jamais recontacté s’il n’avait pas eu besoin de vous.  

« Ne t’en fais pas, je suis sûre que ton travail aux mystères doit être passionnant mais aussi très prenant, ça ne doit pas être évident de trouver du temps pour des mondanités au milieu de toutes ces recherches. »

Tout miser sur sa carrière, c’était un choix qu’Aaliyah respectait, même si c’était un chemin qu’elle n’aurait jamais voulu suivre. Réussir dans son travail devait être épuisant, même si l’on aimait ce qu’on faisait. Il fallait toujours faire un peu plus d’effort pour grimper un peu plus haut. Lya s’était bien essayé au travail quelques années auparavant, au département du commerce magique. Avec un certain succès d’ailleurs, arracher de juteux accords commerciaux avec d’autres pays était tout à fait dans ses cordes, mais travailler nécessitait des efforts qu’elle répugnait à fournir. Aaliyah estimait en avoir assez bavé pour avoir gagné le droit de profiter de la vie. Alors elle avait épousé un énième homme riche, et prétextait vouloir prendre du temps pour s’occuper de sa fille pour ne jamais reprendre son poste.

Et puisque justement, elle avait invité son ancienne amie, entre autre, pour parler du bon vieux temps, mais aussi pour exhiber ses succès, elle en profita pour lui présenter ce qu’elle considérait comme sa plus belle réussite : ses enfants. Elle désigna d’un geste de la main la petite fille, qui jouait calmement dans son coin. Sentant qu’on parlait belle, la gamine se leva et salua poliment l’invitée de sa maman, avant de retourner à ses poupées. Les enfants sont fait pour être vu, mais pas entendu, comme aimait à le répéter Aaliyah. Elle aimait ses enfants, mais n’aurait pas su tolérer l’effronterie ou l’insolence de leur part, surtout en public, alors la veuve noire réservait les démonstrations d’amour maternel pour un cadre strictement privé.

« Et je te présente Solange, mini-moi numéro 2. Mini-moi numéro 1 est parti chercher le livre dont tu avais besoin, il ne devrait pas tarder à revenir. »

Aaliyah doutait fortement que Katarina soit très impressionnée par sa capacité à se reproduire. Et pourtant, elle considérait que c’était ce qu’elle avait fait de mieux dans sa vie. On racontait que la veuve noire avait un cœur de pierre, c’était faux, il était juste extrêmement sélectif. Elle n’aimait pas ses parents, elle n’aimait pas ses sœurs, et n’avait certainement pas aimé ses maris, mais elle aimait passionnément ses enfants. Et pour être sûre qu’ils aient tout ce dont elle avait manqué en étant enfant, elle était prête à tout. Aaliyah avait deux beaux enfants extrêmement bien élever qu’elle exhibait fièrement.  

« Alors, ça t’a plus la France ? J’avais emmené Blaise à Paris pour ses dix-sept ans, une ville tout à fait charmante. »
* Charmes gâchés par l’incroyable nombre de Français insupportables qu’on y croise.*


La conversation se poursuivait sur diverses banalités. Il y avait sûrement eu dans l’histoire des retrouvailles entre deux vieilles amies bien plus chaleureuses. Mais il était difficile de raccrocher les wagons après tant d’années sans contact, et, de plus, ni Aaliyah ni Katarina n’avait un caractère assez niais pour se laisser tomber dans les bras l’une de l’autre et pleurnicher sur le bon vieux temps. Pour l’instant, tout en buvant une tasse de thé et en échangeant des platitudes, les deux femmes semblaient chercher à évaluer silencieusement la réussite de l’autre, sans le dire franchement.

« En tout cas, ça me fait plaisir de te revoir, et de constater que tu fais honneur à l’ambition des Serpentards. »

____________________________________
- MY DESTINY IS MANIFEST -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Langue de Plomb
    | Langue de Plomb
    avatar
    Date de naissance du joueur : 23/03/1997
    Âge du joueur : 21
    Arrivé sur Poudnoir : 21/02/2017
    Parchemins postés : 35



    Pensine
    Mon casier judiciaire est:
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Katarina D. Wander


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Sam 11 Nov - 1:25

La décoration de l’appartement d’Aaliyah était bien trop tape-à-l’œil pour être de bon goût. Tout ce luxe affiché sans modestie, cet étalage de richesse. On voyait qu’Aaliyah avait fait attention à chaque pot de fleur, chaque tableau, chaque  tapis. Mais, si le rendu est très esthétique, il était bien trop forcé, trop peu naturel, pour être vraiment agréable. C’était bien trop m’as-tu-vu, bien trop…trop.  On se croyait plus dans un musée cherchant à exposer la moindre de ses œuvres que dans une maison, un endroit où habiter.

Enfin c’est ce que Katarina essayait de se convaincre. Et son dédain était sincère. Il  n’avait absolument rien à voir avec une quelconque forme de jalousie, une quelconque envie de posséder un si grand appartement et autant de richesses à exposer. Et puis à quoi ça lui servirait, de toute façon, elle n’invitait jamais personnes chez elle. Même s’il faut avouer que ce serait amusant de sous-entendre sa réussite par un décor travaillé et laisser ses invités l’admirer, ce serait même jubilant de voir leurs petits yeux envieux, leurs sourires crispés, leurs compliments, peut-être... (Et puis, faire face à toutes ces richesses personnelles, tous les jours, pour vous rappeler votre succès, vous conforter dans votre fierté, ça ne devait pas être désagréable.) Ah ça oui, Aaliyah devait se délecter de faire son petit effet sur ses invités, mais cette petite technique ne marchait pas sur Katarina, ah ça non !

Jambes croisées sur ce fauteuil de cuir qui avait du couter une blinde, Katarina prenait garde à ne pas trop regarder le décor. Elle n’avait jeté qu’un bref coup d’œil désintéressé quand elle était entrée, sans trop s’attarder. Il ne fallait pas se montrer trop intéressée, ça ferait trop plaisir à Aaliyah et son ego. Manquerait plus que ça.

Elle accepta avec un sourire poli la tasse que lui tendit la maîtresse de maison.  Celle-ci étirait ses lèvres dans un sourire de façade tout aussi faux que le sien. Au moins, elles étaient sur la même longueur d’ondes.

- En effet, je suis overbookée, répondit-t-elle avec un soupir appuyé, comme pour souligner à quel point ça pouvait être malheureux, toute cette pression sur ses épaules. Travailler au Mystères, tu sais, ce n’est pas de tout repos.

Katarina aimait bien rappeler à tout le monde qu’elle travaillait au Département des Mystères. C’était prestigieux, ça faisait femme importante, femme qui connait des secrets d’Etat. Et puis, elle avait donné pour en arriver là, il fallait bien que ça serve à quelque chose.

- Mais bon, il doit en être de même pour toi. Tu as pas mal de choses à gérer, entre tes affaires, ta famille, ...tout ça.

Cette entrevue entre les deux anciennes Serpentard, qui pouvait passer pour les retrouvailles de deux « amies », était en réalité un vrai théâtre d’hypocrisie. Katarina prétendait être insensible à la richesse d’Aaliyah, mais autant ne pas se leurrer, c’était bien la sensation familière de l’envie qui lui brûlait le ventre. Elle prétendait être entièrement ravie de retrouver son ancienne camarade, mais en réalité elle n’avait qu’une chose en tête : son précieux livre. Elle n’avait d’ailleurs qu’une envie, c’était de le réclamer, mais ce serait bien trop impoli, à peine arrivée. Il devait sûrement en être de même du côté d’Aaliyah. Elle avait beau jouer les hôtesses de maison polies et bienveillantes, Katarina n’était pas dupe : elle cherchait juste à en savoir plus sur son parcours, et se la péter.  C’était peut-être ça qui était amusant au final : elles étaient toutes les deux bien consciente de leur faux-semblants réciproques, mais elles se prêtaient quand même au jeu.

Comme pour exhiber son ultime trophée, Aaliyah lui présenta sa fille, avec une fierté non feinte. Katarina posa son regard sur l’enfant en question, se redressant, le dos raide. Elle n’avait rien de spécial – c’était une gamine, quoi.  La langue-de-plomb ne voyait vraiment pas ce qu’on pouvait trouvait d’adorable à ces petites créatures, ça semblait être plus un calvaire qu’autre chose, de devoir s’en occuper. Pour elle, c’était même un poids : quand on veut s’élever et avoir une carrière, avoir des enfants s’avère encombrant, gâche des opportunités, nous oblige à être partagé entre deux eaux. Faire des enfants, c’aurait été ruiner sa carrière avant même qu’elle ne commence. Mais ça, c’est peut-être parce qu’elle se dédiait un peu trop à son travail. Elle aurait même pu être déçue d’Aaliyah. La jeune orpheline dont elle se souvenait avait une vraie ambition, elle aurait attendu mieux d’elle. Mais elle avait l’air plutôt fière de son travail, de ses deux (deux !) mômes. C’est vrai que déjà à Poudlard elle devait s’occuper de ses sœurs, si Katarina ne se trompait pas, elle avait peut-être une sorte d’instinct maternel. C’était peut-être un truc d’orphelin, de vouloir être ce qu’on n’avait jamais eu. Katarina respectait cela, même si elle ne comprenait pas vraiment l’intérêt d’avoir une famille – elle en avait déjà une, pour le peu qu’elle les voyait. Enfin, quand même, il y en a qui avaient des plaisirs bien bas. Faire des enfants ! C’était d’un commun.

Elle se racla la gorge, tenta de trouver quelque chose à dire. Quand on vous présente ses enfants, on attend une réponse, un compliment, un peu d’engouement. Katarina ne savait pas faire. Qu’est-ce qu’on est sensé dire, pour complimenter quelqu’un sur sa progéniture ?

- Oh. Elle est…mignonne.

Le ton était bien plat, et son sourire pincé donnait l’impression qu’elle venait de manger un melon. Ce n’était pas vraiment crédible. Bravo, Katarina…Bon,  c’était toujours mieux qu’afficher une moue de mépris : en plus d’être vraiment impoli, les gens se vexaient vite, quand on touchait à leurs enfants. Une sorte de gêne s’était quand même installé (ou peut-être n’était-ce que dans la tête de Katarina ?), et la Langue-de-Plomb tournait dans sa tête des formules pour relancer la conversation, sans grand succès. Elle ne pouvait pas parler du livre, quand même. Finalement, ce fut son hôte qui brisa le silence.

- Oh oui! charmant, c’est le mot. Même si les Français sont si stressés.

Elle avait dit d’un ton réprobateur, en levant les yeux au ciel, comme si elle-même n’était pas aussi stressée qu’eux.

- Je suppose que tu as dû voyager, et en voir, du monde? Avec une richesse comme la tienne..

Ainsi la conversation se poursuivit sur un ton moins glissant, plus mondain. A mesure que le temps passait, la froideur  du départ s’estompait. Un peu. Les deux femmes  restaient toujours distantes, les niaiseries n’étaient pas vraiment leur genre. Et elles n’arrêtaient pas pour autan de juger l’autre. Mais la Langue-de-Plomb se sentait se relaxer un peu, se laisser aller à la discutions.  

C’était quand même étrange, de retrouver un visage qu’on avait pas vu depuis si longtemps, mais Katarina devait avouer que ce n’était pas si désagréable. Autant être franche : elle était bien isolée, surtout depuis son retour au pays. Certes, elle n’avait jamais été très sociable, préférait ses bouquins que la compagnie des gens - qu’elle trouvait pour la plupart ennuyeux-, avait tendance à se noyer facilement dans son travail. Mais pendant ses études et voyages, elle voyait du monde, discutait avec des chercheurs –ou non, de tous les pays d’Europe, voire même du monde. A Paris, elle avait bien été forcée de sociabiliser avec quelques collègues et d’accepter les inévitables diners mondains, elle avait ses élèves ; même si elle se serait bien passée de la compagnie des deux. Oh, elle avait bien discuté avec deux-trois collègues ici, mais pour l’instant il fallait avouer que le cadre du ministère était plus à l’individualisme, favorisait moins les échanges que les voyages à l’aventure sur le terrain ou l’esprit d’équipe d’un institut scolaire. Alors c’était une véritable bouffée d’air frais, d’avoir une vraie discutions, pour parler d’autre chose que du travail et de performance. Avec une ancienne camarade, en plus de ça, et dont la compagnie était plutôt plaisante. Même s’il était clair que les deux femmes restaient sur leur garde Et puis, discuter avec une anglaise faisait plaisir –les Français étaient vraiment stressés.

Le compliment d’Aaliyah fit extrêmement plaisir à Katarina, même si elle ne le montra pas. C’était peut-être encore juste une formule un peu hypocrite, mais elle s’en contentait. S’il y avait une chose qui rendait fière la Langue-de-Plomb, c’était de faire honneur à sa maison. Qu’on reconnaisse son ambition et sa réussite. Elle reposa sa tasse de thé, à présent vide, et sourit de nouveau à Aaliyah.

- Je peux dire la même chose de toi. J’ai beaucoup entendu parler de toi. Et puis, tout ce...luxe.

Elle parcourut la pièce d'un regard volontairement appréciateur, accompagnant ses paroles d'un geste de la main, comme si elle ne découvrait qu'à présent le décor élégant dans lequel elle se trouvait.

- Et tu t'es lancé dans la politique maintenant il paraît?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    avatar
    Date de naissance du joueur : 25/03/1988
    Âge du joueur : 30
    Arrivé sur Poudnoir : 06/09/2016
    Parchemins postés : 164



    Pensine
    Mon casier judiciaire est: vide
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Aaliyah Zabini


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Mer 29 Nov - 20:48

Aaliyah offrit un sourire compatissant à son ancienne camarade en entendant celle-ci expliqué que le travail au Département des Mystères était éreintant. La veuve noire la croyait sur parole, elle-même n’avait jamais beaucoup travaillé dans sa vie, mais pour s’y être un peu essayer, elle s’était vite rendu compte que c’était une activité usante, fortement désagréable et qui s’accordait bien mal à sa personnalité. Pendant son court passage au Département Du Commerce Magique International, Aaliyah avait bien vu que le travail était un moyen comme un autre d’asseoir sa position sociale, mais elle y avait renoncé en voyant l’effort qu’il faudrait produire pour y arriver. Elle estimait être beaucoup trop belle et beaucoup trop futée pour perdre son temps à négocier des accords commerciaux avec le Zimbabwe ou devoir rédiger d’assommants rapports et comptes rendus. Lya aurait voulu la gloire et le succès qu’apportait une négociation rondement menée, mais sans avoir à fournir trop d’effort pour y arriver. Malheureusement, si sa beauté était plus que suffisante pour attirer entre ses griffes des célibataires endurcis et des veufs inconsolables, il en fallait un peu plus que ça pour obtenir d’un ministre retors un accord d’exportation. Puis elle avait assez de problèmes à gérer dans sa propre vie, sans avoir à y ajouter ceux de la balance commerciale du gouvernement. Alors la jeune femme avait profité de la naissance de son second enfant pour s’éloigner de ces assommantes responsabilités, en prétextant un congé maternité qui s’allongeait chaque année, et revenir à ce qu’elle savait faire de mieux, épouser des hommes et les mettre en terre peu de temps après.

Mais elle pouvait parfaitement comprendre ce qui attirait son ancienne camarade au sein du Département des Mystères. Même si c’était un travail prenant, le prestige que l’on pouvait en tirer était non négligeable. Personne ne savait réellement ce qui se tramait réellement dans ces sombres sous-sols, mais l’on en savait assez pour savoir qu’il s’agissait de recherches hautement intellectuelles, en rapports avec les plus grands secrets du monde sorcier. Il y avait là assez de matière pour impressionner le tout venant.

« J’imagine que c’est un travail très prenant, mais passionnant. J’ai cru comprendre que tu travaillais sur les runes, je suis certaine que c’est un sujet fascinant. » Commenta la veuve noire avec un hochement de tête approbateur.

Elle, une fois n’était pas coutume, le commentaire était sincère et pas seulement une remarque polie pour mettre à l’aise son invitée. Aaliyah pensait sincèrement que le sujet d’étude de son amie pouvait se révéler fort intéressant, et se demandait même si les runes ne pouvaient pas s’avérer utiles d’une façon ou d’une autre dans ses entreprises. Par principe, elle aimait à laisser croire les gens qu’elle était aussi idiote qu’elle était belle, être sous-estimée tournait toujours à son avantage, mais en réalité, elle était plutôt curieuse des divers domaines possibles de la magie, et surprenamment instruite dans certain, comme l’occlumancie par exemple. Et du moment qu’elle pouvait en tirer un quelconque avantage, elle était prête à s’intéresser à des domaines aussi divers que variés.

La conversation avançait un peu péniblement entre les deux femmes, difficile de reprendre là où on l’avait laissée après plus de dix années de silence radio. Après avoir introduit sa fille, qui était certes très mignonne mais pas bien intéressante du haut de ses cinq ans, Aaliyah se demanda si elle devait faire entrer en scène les deux corgis que lui avait récemment offert Thomas, pour divertir son invitée. Heureusement, elle n’eut pas besoin d’en arriver là, la conversation se réorienta sur un sujet qu’elle maîtrisait parfaitement : les voyages.

Voyager était l’une des premières choses qu’Aaliyah avait faites quand elle avait eu un peu d’argent à elle, et qu’elle avait enfin eu l’occasion de voir d’autres paysages que la banlieue pourrie de Leeds où elle avait grandis, le quai 9 3/4 et Poudlard. Elle raconta avec force de détails charmants les différents endroits qu’elle avait visités aux cours des dernières années, et toutes les choses intéressantes qu’elle avait vues. Ou du moins qu’elle prétendait avoir vu. En réalité, Aaliyah estimait que, si on prenait en compte le taudis où elle avait grandis, elle avait vu bien assez de ruine dans sa vie, pour ne pas s’en infliger plus au cours de ses vacances, fussent-elles historiquement importantes. Les voyages d’Aaliyah consistaient principalement en de longs après midis aux abords des piscines d’hôtels luxueux, en lisant en guide touristique bien documenté, tout en perfectionnant sa complexion. Mais comme la veuve noire était naturellement douée pour faire semblant, personne ne s’était aperçu de la supercherie, tant elle récitait sa leçon avec conviction. C’était les usages de la bonne société, d’aller voir les points d’intérêts locaux, quand on se déplaçait à l’étranger, Aaliyah l’avait bien compris, mais comme ça l’emmerdait royalement, elle avait déployé tout une série de ruses et de subterfuges pour faire croire qu’elle possédait le bon goût et la bonne éducation qu’on attendait d’une dame du monde. Et pour l’instant, personne n’aurait su douter qu’elle avait réellement trouvé fascinants et magnifiques les cercles d’invocation vaudou de Port-Au-Prince, alors qu’elle n’avait rien fait d’autre que de rester à se la couler douce à bord de son yacht.  

La balance perpétuelle qu’elle devait maintenir entre ce qu’elle était réellement et ce qu’elle prétendait être était suffisante pour donner des maux de tête à n’importe qui, mais Aaliyah savait comme personne maintenir l’équilibre de cette situation. Elle estimait même que c’était un bon exercice, qui lui permettait de garder son esprit aiguisé. Néanmoins, elle connaissait Katarina depuis tellement longtemps, qu’elle estimait pouvoir se détendre un peu en sa compagnie, et éventuellement se montrer un peu honnête. La Serpentard  en savait assez long sur elle pour savoir que ce numéro de grande dame était une construction partie de rien, et qu’il devait bien rester un peu de l’ancienne Aaliyah sous les étoffes précieuses et les bijoux.

« Nest-ce pas ? » commenta-telle avec un sourire satisfait, un désignant d’un geste souple de la main les différents trésors présents dans le salon. « Mais que peut faire une jeune fille ambitieuse mais pauvre à part un bon mariage ? » Elle but une gorgée de thé « Travailler dur, peut-être, mais ça n’a jamais été mon style. »

Après tout, si les hommes étaient assez stupides pour penser qu’elle s’intéressait à eux pour autre chose que pour leur fortune, c’était leur problème, pas le sien. Quand elle était encore adolescente, Lya avait toujours compté sur sa beauté pour se sortir de la misère, elle avait toujours proclamé qu’elle épouserait un homme riche, jeune, beau, intelligent, peu lui importait, pourvu qu’il eut du pognon. Et elle l’avait fait, à 17 ans, un bon mariage bien au-dessus de son rang. Puis un Mangemort avait mis fin à la vie de son premier mari, et Aaliyah avait découvert, avec étonnement, à quel point il était facile de faire un autre mariage. Et de fil en aiguille, avait gagné ses galons de veuve noire.

Elle adressa à Katarina un regard entendu quand celle-ci évoqua sa carrière en politique. Il était évident qu’Aaliyah n’avait rejoint Force Puriste parce que c’était un engagement utile à sa situation, et certainement pas par conviction. Elle moins que personne ne croyait à toutes ces salades sur la supériorité du sang, quand on savait de quel genre de famille elle venait. Mais le pouvoir était du côté de Puristes en ce moment, et Lya avait toujours su se placer du côté des puissants, et y resterait tant que ça durerait.

« Absolument, et c’est un véritable honneur d’avoir pu aider Lucius Malefoy à accéder au poste enviable de Ministre. »

La veuve noire savait parfaitement que son amie ne serait pas dupe de son engagement, mais elle n’était pas assez bête pour critiquer ouvertement le pouvoir en place. Bien qu’avec cette idée baroque que le Ministère avait eut de regrouper les fonctions de langue-de-plomb et d’oubliator, elle ne pensait pas que Lucius soit actuellement très populaire au sein des Mystères. Elle fut tentée de demander à son ancienne comparse si ça l’amusait d’aller sur le terrain, mais au même moment, la cheminée du salon s’illumina des flammes vertes.

La plus belle réussite d’Aaliyah émergea des flammes, son fils Blaise. Elle ne put retenir un sourire plein de fierté en l’apercevant, oui, elle pensait sincèrement que son fils était ce qu’elle avait fait de mieux dans sa vie. Elle était fière de sa fille, mais Blaise… On n’aimait jamais personne autant qu’on aimait son premier-né, du moins c’était ce qu’elle prétendait. Son fils était parfait, et ça se voyait, elle n’avait même pas besoin de le dire, ou de le faire remarquer. Et n’allez surtout pas dire le contraire à sa mère, Blaise était le trésor très précieux de Lya.

« Et je te présente mon fils. Blaise, mon amie Katarina. »

Le jeune homme souris, salua l’invitée de sa mère avec une politesse exquise, avant de déposer un livre sur la table et de s’éclipser discrètement. Parfait petit numéro, montrant admirablement à quel point il était beau, poli et serviable. Le portait de sa mère.
Sans s’étendre sur le passage express de son fils dans la pièce, jugeant que son sourire satisfait en disait assez long sur le sujet, Aaliyah tendit le précieux ouvrage à Katarina.

« Et voilà, le livre que tu voulais. J’espère qu’il te sera utile. Non ne me remercie pas, c’est tout naturel, à quoi serve les vieilles amies sinon ? »

____________________________________
- MY DESTINY IS MANIFEST -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Langue de Plomb
    | Langue de Plomb
    avatar
    Date de naissance du joueur : 23/03/1997
    Âge du joueur : 21
    Arrivé sur Poudnoir : 21/02/2017
    Parchemins postés : 35



    Pensine
    Mon casier judiciaire est:
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Katarina D. Wander


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Mer 21 Fév - 19:02

- Oh, fascinant, c’est le mot ! Mais bien trop peu connu en Angleterre, hélas…

Et la voilà qui se lance dans une sorte de monologue sur quelques unes de ses découvertes.
Il y a une chose qu'on ne réalise pas toujours, que Katarina elle-même a parfois elle-même du mal à voir : c’est qu’elle est véritablement passionnée par ce qu’elle fait. Ca peut sembler ridicule, dit comme ça, d’une évidence banale ; après tout elle a décidé de consacrer sa carrière entière à ce sujet. Et pourtant, ce n’est pas ce que le grand public s’imagine toujours. Lorsqu’ils la voient, la tête haute, donner l’une de ses conférences. Lorsqu’ils la voyaient, se sacrifiant à donner des cours à des gamins qui l’insupportaient, tout ça pour pouvoir se targuer d’être chercheuse dans un fameux institut. Lorsqu’ils la voient parcourir le Ministère, bien droite dans sa tenue de Langue-de-Plomb. Ils se disent « Voilà une femme ambitieuse » ou « En voilà une qui sait gravir les échelons ». Ils ne se disent pas « Voilà une femme qui aime véritablement son travail de chercheuse » ou « Voilà une femme que toutes ces magies mystérieuses rend vraiment curieuse ». Cela ne leur traverse parfois même pas l’esprit, qu’elle ait pu choisir cette voie pour un intérêt autre que la reconnaissance. Non, pour ça, il faut la voir parcourir des vieux grimoires pendant des heures avec des yeux affamés. Il faut la voir sur le terrain, à bidouiller des vieux talismans ou en échangeant vivement des hypothèses incompréhensibles avec d’autres collègues. Il faut la voir comme maintenant, se dérider à la simple évocation de sa discipline dans une conversation qui avançait encore maladroitement. Laisser sa langue se délier malgré sa nature taciturne. Elle ne s’en rend pas compte, Katarina, mais lorsqu’elle parle de ses travaux, elle semble plus confortable dans son corps rigide, elle a un petit sourire aux lèvres et un regard brillant, qui peuvent être interprétés pour de la fierté, mais qui ne sont pas que ça. Ainsi la conversation continue, bien que toujours difficilement, avec un peu plus d’aisance.

De son côté, Aaliyah s’étend un peu plus aussi. Elle parle de ses voyages. C’est un sujet qu’elles partagent ; Katarina aussi, elle a parcouru un bout de l’Europe. Mais leurs expériences sont bien différentes, tandis que l'une passait son temps à discuter runes et enchantements avec les chercheurs locaux,  l'autre s’extasie des plages et des lieux touristiques. Elle essaie de ne pas penser qu’elle est passée à côté de quelque chose, mais son vieux défaut revient au galop et le thé qu’elle déguste a soudainement un goût plus amer. Assise dans son fauteuil à siroter son thé tout en contant ses voyages, la Zabini a tout de la grande dame. L’ancienne orpheline de Serpentard en a fait du chemin.


Lorsqu’elles en  viennent d’ailleurs à aborder le statut et la richesse d’Aaliyah, sa réaction surprend un peu Katarina. Oh, la veuve noire ne cache pas sa fierté face à tout ce luxe.  Mais elle accompagne tout ça d’un commentaire que la Langue de Plomb perçoit comme presque dépréciateur,  ou en tout cas trop modeste à son goût. Qu’aurait-elle pu faire d’autre si ce n’est un bon mariage…Katarina ne sait que répondre à ça. Travailler, c’est tout ce qu’elle fait, elle. Mais Aaliyah a raison,  ce n’est pas vraiment son style à elle. C’est assez déstabilisant pour la Langue-de-Plomb, d’avoir face à elle une femme qui a réussi, par une toute autre voie. Une femme qui n’a pas l’air insatisfaite de son parcours, au contraire. Et c’est peut-être là ce qui frustre le plus la Wander. Elle ne doute pas que la veuve noire ne devait pas porter un grand amour à ses nombreux maris, qu’elle n’est pas forcément l’exemple de la conjointe comblée. Mais elle a l'air d' une femme épanouie dans sa famille, et c’est un modèle de réussite qui bouscule ses conceptions. Elle n’a jamais compris ses collègues avec leurs mariages et leurs enfants, elle balayait tout ça comme les ambitions bien banales de ceux qui n’aspiraient pas à la même grandeur qu’elle.  Mais Aaliyah, Aaliyah a toujours eu cette même flamme au fond d’elle, cette même détermination qui faisait qu’elle se sentait peut-être plus proche d’elle que de la plupart des autres élèves- assez pour la recontacter, tant d’années après. Et là, elle s’affiche comme la femme comblée, avec une maison et des enfants, elle expose sa fille comme elle expose le luxe de son appartement, comme un motif de fierté, comme un achèvement. Et Katarina...Katarina ne ressent rien, pas le moindre pincement de jalousie. Et cela ne fait que la frustrer encore plus. Parce que  tout ce que les autres ont, Katarina l’envie : elle envie la richesse, elle envie le succès, elle envie la reconnaissance... Elle se démène pour les posséder à son tour, pour faire mieux, pour pouvoir mieux leur dire à tous regardez, j’ai mieux, à vous de m’envier maintenant. Mais elle ne peut que regarder le sourire plein de fierté et d’amour d’Aaliyah, qu’observer la petite qui joue dans le salon, et se demander sans comprendre : mais qu’y a-t-il a envier ?  

Elle  tente de ne rien laisser paraitre de l’orage dans ses pensées. Elle se redresse, et porte une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres, comme un réflexe nerveux. Se rend compte qu’elle est vide et la repose doucement sur la table. Elle esquisse un sourire complice.

- C’est vrai, ce n’est pas vraiment ton style. Tout ça –elle fait un geste vague de la main pour désigner aussi bien la maison que l’enfant qui joue à quelque pas d’elles- tout ça te correspond beaucoup mieux.

Et c’est vrai. Il est peut-être là, le secret. Katarina ne peut pas tout envier. Aussi ambitieuses soient-elles toutes les deux, Aaliyah et elles sont deux personnes très différentes. Ce n’est pas vraiment de la déception qui s’empare d’elle mais elle ressent quelque chose d’étrange, comme si la pointe d’admiration dont elle ignorait l’existence s’estompait et qu’elle considérait enfin l’autre femme sur un pied d’égalité, et non comme une rivale à jalouser.

Elle ne sait pas trop pourquoi elle aborde la politique, mais le regrette aussi tôt : parler politique, c’est toujours risqué, mais encore plus dans un contexte comme celui-ci.  Katarina fait de son mieux pour afficher une neutralité à toute épreuve ; c’est le mieux  faire, quand on veut bien s’en sortir. Elle ne néglige pas que, pour avancer dans sa carrière, il faut se constituer un réseau, savoir parler aux bonnes personnes mais, surtout, ne pas se mettre les mauvaises personnes à dos. Alors, pas question d’évoquer les idéologies de chacun. C’est une neutralité prudente qui a payé jusqu’ici. Et pourtant, elle sait qu’approche le moment où elle va devoir faire un choix. Oh, pas entre les Mangemorts et l’Ordre, ce sont là des conflits qui lui passent bien au dessus. Mas si elle veut se faire véritablement une place au ministère, elle va bien devoir finir par afficher publiquement son soutien à un des deux camps politiques. Elle y rechigne encore, car même si le pouvoir de Lucius Malfoy et son parti puriste ne font que s’étendre, elle ne peut nier le climat instable du pays, l’esprit de rébellion qui gronde doucement, et peut faire renverser la situation à tout moment. Elle a peur de faire un pas de trop, qu’elle ne puisse plus revenir en arrière si la situation change. Il est hors de question de ruiner sa carrière pour des idéaux auxquels elle ne croit pas. Et pourtant, elle le sent, que le choix est pour bientôt.

Mais pour l’instant, elle est en compagnie  d’Aaliyah Zabini et, même si les paroles de celle-ci se font élogieuses à l’égard du gouvernement, son expression dit tout.  Ca ne doit pas être trop risqué, pas trop engageant,  de s’exprimer sur la politique en telle compagnie.

- Je n’en doute pas. C’est un homme qui fait des réformes…intéressantes.  C’est grâce à son élection, que j’ai pu intégrer le ministère.

A son grand soulagement, elles n’ont pas besoin de s’attarder plus longtemps sur ce sujet pointu, car un nouvel arrivant apparait par la cheminette. Un jeune homme, dans la vingtaine. Son visage si semblable à celui d’Aaliyah ne laisse aucun doute quand à son identité, mais il se présente tout de mêmet. Katarina lance un coup d’oeil à sa mère, le temps d’apercevoir sa mine satisfaite. La langue de plomb se retient de lever les yeux au ciel, plus d’affection que de réel agacement. C’est tellement typique d’Aaliyah, de calculer jusqu’au moindre faits et gestes de ses enfants pour susciter l’admiration – c’aurait était sur n’importe quel autre thème, l’esprit de compétition de la Wander se serait enflammé, mais elle n’a pas vraiment matière à faire la concurrence, pour le coup. Qu’est-ce que ça peut bien lui faire, à Katarina, que son fils soit bien élevé. Quoique, c’est vrai que d’expérience, elle est bien placée pour savoir que c’est de plus en plus rare. Elle répond poliment à ses salutations, et prend un peu plus de temps pour le contempler. C’est plutôt un beau garçon, elle suppose, plein d’élégance. Il ne s’attarde pas auprès d’elle, se contente de déposer un livre –le livre !- sur la table, et de s’éclipser en toute discrétion. Le parfait petit sang pur, le fils bien éduqué. Elle retourne son attention vers Aaliyah, qui ne s’est pas départie de son sourire. Elle est pas aveugle, Katarina, elle voit bien que la fierté est sincère, et non le simple résultat d’une quelconque prétention. Le regard de la brune passe de la porte désormais fermée, à la gamine qui joue encore dans le salon, puis se porte de nouveau sur Aaliyah, comme approbateur. Elle suppose que son ancienne collègue a trouvé sa voie.

- C’est un beau garçon. De beaux enfants, tous les deux.

Elle sait pas trop faire les compliments Katarina, sait pas trop ce qu’une mère est sensée vouloir entendre sur ses progénitures, alors elle essaye de faire transparaitre tout son ressenti derrière ce simple adjectif. Et puis faut pas pousser, elle va pas non plus chanter leur louanges.

D’autant plus que son attention est à présent toute portée vers le précieux ouvrages qu’Aaliyah a à présent entre ses mains, tendues vers Katarina. Celle-ci le contemple d’un regard qui doit sûrement être aussi avide qu’émerveillé. Elle n’arrive pas à croire qu’un tel trésor se trouve sous ses yeux, à sa portée. Avec des gestes pleins de précautions, comme si elle risquait de l’effriter au toucher, la Langue de Plomb s’empare du Runomicon. Elle se sent presque chamboulée à la simple idée de le tenir entre ses mains  -un tel trésor, tant pour la discipline runique que pour l’histoire ! Mais elle a surtout hâte de se plonger dedans, de découvrir tous ses secrets.  Elle relève enfin son regard sur son hôte pour exprimer sa gratitude, mais celle-ci la stoppe. Cela a le don de faire revenir Katarina sur terre.  Elle se râcle la gorge, tente de se ressaisir, gênée de se montrer ainsi pour un simple bouquin. Elle reprend la parole d’un ton cette fois ci plus contrôlé.

- C’est un très grand service, que tu me rends là, et un prêt d’une valeur inestimable. Comment puis-je te remercier ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    | Veuve noire ;; Membre de FP ;; Economiste
    avatar
    Date de naissance du joueur : 25/03/1988
    Âge du joueur : 30
    Arrivé sur Poudnoir : 06/09/2016
    Parchemins postés : 164



    Pensine
    Mon casier judiciaire est: vide
    Mon niveau magique est: PA3 - Sorcier Adulte
    Ma résistance magique est de: 11PV
    Aaliyah Zabini


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes Jeu 1 Mar - 12:33

Aaliyah écouta avec attention son ancienne camarade lui expliquer l’intérêt qu’elle éprouvait pour ses recherches en matière de magie runiques.  La veuve noire était un personnage égocentrique, et appréciait le plus souvent les conversations qui tournaient autour de sa personne. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’être captivée par le monologue de son ancienne camarade. Ce n’était pas tant le fond du sujet qui la captivait mais plutôt la forme. Katarina semblait éprouver une véritable passion pour son sujet de recherche et cela se lisait sur son visage lorsqu’elle en parlait. Ce petit monologue faisait prendre conscience à Lya que son amie possédait quelque chose qu’elle n’avait pas, et que même sa fortune mal acquise ne pourrait probablement pas lui offrir. Aaliyah n’avait pas de passion, au mieux elle avait des but, un but surtout : se sortir du trou qui l’avait vu naître. Pendant des années, l’ascension vers ce but avait été le moteur et la motivation de ses actions. Le mariage, la philanthropie, les voyages, la collection d’œuvre d’art, la politique, dans le fond, tout ceci n’intéressait pas vraiment la veuve noire, c’était au mieux des outils qui lui servait à atteindre les objectifs qu’elle s’était fixé, mais nullement des passions dans lesquelles elle saurait s’épanouir. Et maintenant que les années avaient passées et qui lui semblait avoir enfin atteint ce but tant désiré, elle se demandait parfois si sa vie n’était pas un peu vide en dehors de sa confortable montagne de gallions. Aaliyah s’était tellement investit dans sa lutte contre la vie pour s’extirper de sa naissance qu’elle n’avait jamais pris le temps de se demander ce qui l’intéressait réellement. A peine entrée dans l’âge adulte, ce besoin de s’en sortir était devenue pour elle une question de survie, une quête dans laquelle elle avait investi toute son énergie, et qui ne lui avait pas laissé le temps de se chercher une passion, autre que ce désir brûlant de gravir très vite les échelons sociaux et de s’assoir au sommet. Et maintenant qu’elle y était, quand elle n’avait plus rien d’autre à faire qu’être belle et extrêmement riche,  elle s’ennuyait un peu, et regardait avec une pointe d’envie ceux qui avaient réussi à trouver cette passion qui les animait et les faisait avancer. Regrets qu’elle faisait généralement passer en se commandant une nouvelle robe ou de nouvelles chaussures, comme tant de femme trop riches pour avoir besoin d’une réelle occupation. Plus les années passaient, et plus le dressing d’Aaliyah devenait conséquent.

A la fin de la discussion, elle posa un regard un peu rêveur sur son invitée, et déclara avec une honnêteté qui ne lui était pas habituelle.

« Tu as de la chance d’être aussi passionnée par ce que tu fais, c’est bien. Parfois je me demande si je ne devrais pas m’investir dans une activité un peu plus satisfaisante qu’être riche. A la longue, c’est un peu ennuyeux. »

La conversation entre les deux jeunes femmes prenait un tour plus léger et plus agréable, moins gênant. Aaliyah avait l’impression qu’elles étaient maintenant sur un pied d’égalité. Elles offraient un spectacle de deux réussites très différence, mais de réussite tout de même, ce à quoi elles avaient toujours aspiré. La veuve noire n’était pas aussi sans cœur qu’on le laissait croire, et savait, à l’occasion se réjouir des succès des rares personnes qu’elle appréciait. Et comme Katarina avait sa place sur cette liste restreinte, elle était satisfaite de constater que la jeune femme avait elle aussi réussi à se faire une place sur l’échelle de la réussite.

La veuve noire n’était pas certaine que son invitée apprécia à leur juste valeur tous les aspects de sa propre réussite. En particulier la fierté qui l’animait quand elle parlait de ses enfants. Pour autant qu’elle s’en souvienne, quand elles étaient à Poudlard, les voix du sang ne hurlaient pas à vous en crever les tympans et elle n’avait jamais fait montre d’une affection débordante pour sa propre famille. Encore une chose qu’elles avaient en commun, même si s’était pour des raisons bien différentes. Et, à en croire ce qu’elle avait appris d’elle au long de ses retrouvailles, la famille n’était toujours pas une préoccupation de premier plan pour Katarina.

Aaliyah engloba sa fille d’un regard affectueux. Ça ne lui ressemblait, mais elle ressentait le besoin de se justifier.

« Avoir des enfants, n’importe qui peut le faire, difficile d’être impressionnée par ça, non ? Mais j’en avais besoin, j’avais beaucoup de chose à réparer au niveau familial. »

Lya était d’un naturel plutôt égoïste, et beaucoup, à commencer par ses propres sœurs, s’étonnaient toujours de la voir vire pour quelqu’un d’autre qu’elle-même, pour ses enfants, en l’occurrence. Mais sa famille faisait partie intégrante de la réussite qu’avait voulu Aaliyah, une façon de réparer ce qu’elle n’avait pas eu quand elle était enfant : une famille fonctionnelle. Pour autant que l’on puisse considérer comme fonctionnel le modèle familial créer par la veuve noire. Oui, répondait-elle sans hésiter, tant que vous aimez inconditionnellement vos enfants, et que vous vous assurez qu’ils réussiront mieux et plus facilement que vous. Sa famille était aussi pour elle un moyen de se rassurer, de s‘assurer qu’elle pouvait tout réussir, même ça, sans reproduire le schéma pourri dans lequel elle avait grandi. Elle n’aimait pas ses parents, elle supportait à peine ses trois parasites de sœurs, mais au moins elle aimait la famille qu’elle avait construite. Une famille rien qu’à elle, qu’elle considérait avoir bâti toute seule. Heureusement qu’Aaliyah n’aimait que moyennement porter un regard totalement honnête sur sa vie, sans quoi une bonne partie de sa fortune servirait à engraisser les psychomages de Sainte Mangouste.

L’ancienne Serpentard se retint de lever un sourcil interloqué devant la satisfaction de Katarina face à l’ouvrage que Blaise venait de rapporter. Comme quoi, les vieilleries poussiéreuses des un pouvaient bien faire le bonheur des autres. Elle avait vaguement idée de la valeur de ce livre, mais pour elle, s’était rien de plus qu’une énième broutille qu’elle avait hérité de Selwyn. La preuve, c’était la première fois qu’il quittait l’étagère de la bibliothèque du manoir.

« Je t’en prie, il te sera sûrement plus utile qu’à moi. Mais si tu ne veux pas l’accepter pour rien, j’aurai très certainement besoin des services d’une oubliator… » Commenta la veuve noire d’un ton mystérieux.

Plus encore que l’or sonnant et trébuchant, l’échange de service était une monnaie chère au cœur d’Aaliyah. On la surnommait la veuve noire en raison de ces nombreux mariages, mais ce qualificatif aurait tout aussi bien pu s’appliquer au réseau qu’elle avait tissé au fil des années, semblable à une toile d’araignée.

____________________________________
- MY DESTINY IS MANIFEST -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur





Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes

Revenir en haut Aller en bas

La Femme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POUDNOIR :: 

Londres

 :: Londres Magique :: Chemin de Traverse
-