POUDNOIR
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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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L'amour de l'art | Al

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MessageSujet: L'amour de l'art | Al Ven 11 Aoû - 22:49

Cordula Mignoboleta. Son prochain calvaire se résumait donc en deux mots. En réalité, la vie de Juliet semblait être parsemé de calvaire ces derniers temps. Entre les traquenards organisés par ses amis, les manifestations merlinistes ou l’obligation d’assister à des évènements puristes, sans compter les missions d’infiltrations, il ne manquait plus qu’une exposition par une artiste probablement rasoir pour agrémenter le tableau. Seul point positif, elle n’y allait pas seule, Al - probablement plus en échange de l’open-bar que de la possibilité de voir les dernières croûtes à la mode - avait accepté de l’accompagner. Elle échappait donc comme de juste à Martin haleine de chien comme l’appelait gracieusement Betty. Second point positif, si elle avait en effet besoin d’être un minimum présentable, elle pouvait se dispenser des robes de soirées requises pour les évènements puristes. Elle ne se sentirait donc pas ridicule - pour une fois. De même, elle n’y allait pas pour jouer les serveuses et vu le peu d’avenir qu’elle avait dans le milieu de l’Horeca, c’était peut-être une bénédiction pour madame Mignoboleta. Elle ne savait pas à quoi ses précieux tableaux échappaient.

Al était un type sympathique. Au moins, avec lui, elle savait qu’elle ne mourrait pas d’ennuis. Il était quand même déplorable de penser que même à Gringott, elle se voyait obligée d’assister à un événement juste parce que l’artiste était la femme de. Seul les gobelins, de façon très grossière au demeurant, avaient été exclus de l’invitation. Leur supérieur les jugeant peu apte à comprendre la complexité des oeuvres de sa femme. Jule n’avait pas pu s’empêcher de discuter avec Betty de ce qu’elle jugeait être une insulte qui n’allait guère améliorer leur relation déjà tendue avec leur collègue gobelin. Enfin, en parler était un grand mot vu que sa collègue pleurait presque de rire à la simple évocation de l’évènement. Apparemment, l’idée qu’elle ait invité un ancien camarade de sexe masculin semblait défouler toutes les passions du côté de ses amies. Chez Betty, on ajoutait le fou rire en plus à l’idée que son frère ait accepté de se farcir l'événement à ses côtés.

Avec Al, ils s’étaient donné rendez-vous à la boutique des Holmwood-Black. Juliet en devenait presque une habituée. Sans sortir la tenue des galas puriste, elle avait tout de même fait un effort. Elle était là pour le boulot et elle savait bien qu’on lui taperait sur les doigts si elle arrivait habillée en moldue. Des talons discret, une robe de sorcière bleu marine que Betty lui avait conseillé aussi bien passe partout dans Londres moldus que sorcier et le tour était joué.

On était en début de soirée et le magasin devait avoir vu sortir ses derniers clients. Du moins c’était ce que pensait Juliet, aussi fut-elle surprise de voir Al encore au prise avec une vieille rombière qui semblait tourner autour du pot. Elle fut accueillie par son jumeau. Impossible de ne pas faire la différence, apparemment Orion ne s’était pas remis de sa rupture et elle avait vu des goules plus fraîche que lui.

- Désolé madame, la boutique va fermer.

Il ne l’avait probablement pas reconnue, ça faisait des années. Un peu gênée, elle joignit les deux mains.

- Oui, oui, je sais, j’ai rendez-vous avec Al.

Ce n’était pas très sympa de balancer ça à la figure d’un type qui venait de se faire larguer, mais bon, Jule et la subtilité.

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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Sam 12 Aoû - 21:40

Marrant comme les clients les plus chiants attendent la fin de la journée pour se pointer, songeait Al. C'était lui qui avait hérité de Mrs Collins, une cliente régulière, qui semblait prendre un malin plaisir à faire durer au maximum chacune de ses visites à la boutique. En général, c'était Vega qui se chargeait de l'accueillir, et ils passaient un long moment, tous les deux, à discuter le bout de gras ; mais le paternel étant absent ce jour-là, et Orion dans l'arrière-boutique à ruminer son désespoir tout en étiquetant des fioles, c'était sur Al que c'était tombé. Il parlait depuis cinq bonnes minutes avec la vieille dame, et il ne savait pas encore vraiment ce qu'elle voulait. Il faut la comprendre, disait Vega, elle vit seule, elle s'ennuie. Oui, bon, mais pourquoi ne vient-elle pas s'ennuyer le matin à neuf heures autour d'un petit café ? Le soir, c'était une mauvaise idée. L'apothicaire essayait de faire comprendre à sa cliente qu'il serait opportun de se décider, mais elle continuait de raconter tout un tas de trucs, tellement heureuse d'avoir un auditoire...

-Madame Collins, qu'est-ce que je peux... fit-il, un brin désespéré, tandis qu'Orion revenait dans la boutique, portant une caisse de fioles à ranger.

Le grand n'esquissa pas le moindre sourire en voyant son jumeau aux prises avec l'emmerdeuse, signe qu'il allait vraiment mal. En temps normal, pareille situation l'aurait fait marrer comme un chacal. Al lui lança un regard inquiet, tandis que Mrs Collins poursuivait sur sa lancée :

-Et alors je lui ai dit, vous ajoutez simplement quelques feuilles d'armoise, ça rend le mélange beaucoup plus digeste sans qu'il perde en efficacité, c'est Vega qui m'a donné cette astuce et depuis je la donne à toutes mes connaissances, c'est qu'il en connaît un rayon votre papa...

La clochette de la porte tinta, livrant passage à Juliet, et interrompant un instant le monologue de la vieille dame. Entendre Orion indiquer que la boutique allait fermer, et Juliet répondre qu'elle avait rendez-vous avec Al, fit redescendre Mrs Collins sur terre :

-Mais je parle, je parle, et je vous retarde, mon garçon, alors que vous avez certainement des projets pour la soirée... Ah, jeunesse ! Donnez-moi donc cent grammes d'yeux de Doxy, je m'en sers pour faire un onguent très efficace pour les douleurs articulaires... mais vous ne connaissez pas ça, vous, Aldébaran, vous êtes jeune ! Tenez, conclut-elle en déposant sur le comptoir le prix exact du produit – elle connaissait par cœur plus de prix qu'Al lui-même.

Mrs Collins partie, Al se dépêcha de tourner le petit écriteau de la porte pour qu'il indique «fermé» ; Orion, ses fioles rangées, était parti sans dire un mot, laissant à son frère le soin de fermer la boutique.

-Désolé, Juliet, je suis en retard, j'ai cru qu'elle ne partirait jamais, s'excusa-t-il en abaissant le rideau métallique du magasin. Enfin, j'ai eu du flair, j'ai descendu de quoi me changer...

Il disparut un instant dans l'arrière-boutique et en revint, débarrassé de sa blouse de travail et vêtu comme on le voyait rarement. Pantalon gris, chemise chic à petits carreaux, et... une veste. En explorant son armoire, Al avait trouvé quelques pièces dont il avait complètement oublié l'existence, comme ce complet gris qu'il avait dû porter deux fois. Bon, il se sentait un peu déguisé là-dedans, mais pour une soirée dans la haute, ça valait le coup, non ? En tout cas, Juliet aussi s'était sapée pour l'occasion. Apparemment, l'artiste qui exposait ses croûtes était l'épouse d'un cadre de Gringotts, et il y aurait du beau linge. C'était un peu pour ça qu'Al avait accepté l'invitation, en plus de l'open bar ; il n'avait jamais assisté à une soirée snob, et ça pouvait être marrant.

-Je suis à vous, très chère, déclara-t-il, un brin pompeux. J'espère que vous m'excuserez de vous faire sortir par la porte de service... Allez, on est partis, conclut-il en retrouvant son ton et son vocabulaire habituel.
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Lun 14 Aoû - 15:53

Pendant que Juliet regardait Al au prise avec sa cliente, elle songeait qu’il fallait une patience de saint pour pouvoir travailler dans un commerce. Ca où un grain de folie. Même avec la meilleure volonté du monde, on ne pouvait pas comparer Al à un saint. Râleur, souvent grossier, buveur, farceur, il devait probablement comptabiliser la moitié des pêchés capitaux à lui tout seul. Ca faisait sourire la jeune femme puisqu’aucun de ses défauts n’étaient réellement gênants. Grâce à Betty, elle était habituée au langage coloré de la fratrie Holmwood-Black et ne s’en formalisait même plus. Quant au reste, mieux valait un bon vivant, qu’un type qui vous tirait une figure de trois pieds de long toute la soirée. Au final, c’était tout ce qu’elle demandait, s’amuser en bonne compagnie et en toute amitié.

Une fois la vieille dame partie, Orion ne tarda pas à les laisser seul tandis qu’il s’excusait pour le retard. Elle haussa les épaules avec un sourire.

- Pas de problème, on est pas obligé d’être les premier à arriver. Je dirais même que plus il y a de monde, moins on devrait faire semblant de s’intéresser à ce qu’on voit !

Elle le laissa se changer tandis qu’elle prenait place sur une chaise de la boutique. Jule ouvrit son sac et en tira un petit appareil de métal muni d’un écran et de touche qu’elle manipulait avec une certaine précaution. Elle l’avait sentit vibrer avant qu’elle ne pénètre dans la partie sorcière de Londres. Si les sorciers restaient les mêmes, le monde moldu évoluait et parfois Juliet se retrouvait au prise avec une technologie qu’elle ne comprenait pas. Les téléphones portables étaient la nouvelle invention à la mode. Plutôt récent, tout le monde en utilisait et ses parents lui en avaient offert un pour pouvoir la contacter plus facilement. Tu comprends, lui avaient-ils dit, les hiboux, c’est tout de même un peu embarrassant à expliquer aux voisins. Elle avait donc accepté l’appareil et l’avait souvent avec elle, même s’il ne fonctionnait jamais lorsqu’elle était au travail ou sur le Chemin de Traverse. La concentration de magie était trop forte pour que la couverture réseau marche correctement. Elle était encore en train de lire un message de sa mère quand Al revient métamorphosée. Elle eut un sourire appréciateur.

- Une chemise ET une veste. C’est Noël dis-moi ! Heureusement que Betty n’est pas là, tu ne finirais plus d’en entendre parler.

Se levant, elle prit son sac, son téléphone toujours en main et fit une petite révérence à l’ancien Gryffondor en prenant le même ton.

- Vous êtes tout excusé mon bon ami, j’ose espérer que le carrosse nous attend à proximité.

Ils sortirent de la boutique et se dirigèrent vers l’endroit où se déroulait l’exposition. Pour l’occasion, son supérieur avait loué une maison inoccupée sur le chemin de traverse et avait entreprit de la rénover. Juliet montra son carnet d’invitation et ils purent entrer avec Al. Le serveur à l’entrée leur tendit une coupe de champagne et un guide de l’exposition indiquant que celle-ci commençait au premier étage. Elle trinqua avec son nouvel ami et monta les escaliers à sa suite. L’exposition était déclinée dans plusieurs pièces et quelques personnes étaient déjà présente. Impossible de se méprendre sur la reine de la soirée. Elle pointa du doigt une dame d’un certain âge à Al. La peau parcheminée et trop bronzée pour que ça soit naturel, elle portait, malgré les trente degrés au dehors, une robe de sorcière en damas violet et or du plus horrible effet, agrémenté de fourrure blanche. Sa coiffure improbable était surmontée d’un petit chapeau pointus du plus mauvais effet et l’ensemble ressemblait à une pièce montée qui risquait de s'effondrer à tout moment. Elle glissa son bras sur celui d’Al pour faire plus naturel tandis qu’elle commentait l’assemblée.

- Bon, je suppose que tu n’as pas pu la louper, mais elle, c’est Cordula Mignoboleta. A côté, elle désigna un homme de quinze ans son cadet, le teint pâle, l’air sérieux et engoncé dans son costume. Sinistre aurait été un mot approprié pour le décrire. Voilà son mari, Edmund Wood. On dit qu’il l’a épousée plus pour l’argent qu’il y avait dans son compte Gringott que pour elle-même, à voir comme il a l’air content d’être là, ce n’est pas improbable.

En effet, si l’une rayonnait, l’autre semblait mourir d’ennuis. Juliet devrait aller le saluer à un moment de la soirée, mais il était encore tôt. Ils continuèrent de déambuler parmis les oeuvres et surtout les petits fours quand Juliet désigna un homme accompagné d’une de ses collègues.

- Oh, voilà Martin haleine de chien. Le surnom est de ta soeur, mais je suppose que tu t’en doutais. Tu n’imagines pas comme je te suis reconnaissante de me sauver de sa présence ce soir. Je crois que j’ai déjà dû refuser une quinzaine d’invitation de sa part sans qu’il comprenne jamais le message. Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser, il ne va pas mieux ton frère ? Il ressemblait vraiment à un zombie.


Dernière édition par Juliet Birch le Jeu 17 Aoû - 22:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Jeu 17 Aoû - 22:15

T'es beau, Al. Y a pas à dire, t'es canon. Ça te donne un air sérieux, cette tenue... on en mangerait.
Ouais, c'est bon... je suis ridicule, c'est ça ?
Mais non, crétin, j'te dis que t'es bien, c'est vrai... regarde, ça te va bien, tu te tiens plus droit, t'as l'air d'un prince, mec.
J'ai l'air d'un con déguisé en pingouin, surtout... j'me sens pas à l'aise, j'ai bien envie de remettre mon t-shirt et...
Alors ça, pas question ! Tu vas pas te pointer à un vernissage fringué comme un rustre !
Mais je m'en fous, du vernissage...
Et Juliet ? T'as pensé à Juliet ? Tu crois qu'elle veut se trimballer avec un épouvantail ?
Ouais, bon.
Allez, un dernier coup d’œil dans le miroir et tu vas la rejoindre. J'te parie cent Gallions qu'elle adore ta tenue.
T'es sûr ? J'ai pas l'air trop... euh... déguisé ?
Mais non. Par contre, t'aurais pu te raser un peu mieux, mais ça, je suppose que c'est trop demander.

Al adressa un dernier sourire à son reflet dans le miroir, et regagna la boutique où l'attendait Juliet. Comme prévu, elle le complimenta sur sa tenue, et il la remercia à mi-voix en songeant qu'effectivement, si Betty le voyait en costard, il en entendrait parler jusqu'à sa mort. La jeune femme eut droit à un regard de cocker abandonné sur le bord de la route, un regard qui disait très clairement « tu lui diras pas, hein ? Hein que tu lui diras pas ? », et les deux jeunes gens quittèrent la boutique. Tandis qu'ils marchaient sur le Chemin de Traverse, Al aperçut leur reflet dans une vitrine, et le désigna à Juliet :

-T'as vu un peu si on est canon tous les deux ? On va être les deux beaux gosses de la soirée, je parie.

Et en effet, ils étaient plutôt pas mal dans leurs tenues chic. Ils arrivèrent vite à la maison transformée en centre d'exposition, et Al eut la satisfaction de constater qu'il ne déparait pas au milieu des messieurs déjà présents.

-Tu sais, je savais vraiment pas comment me saper pour cette soirée, murmura-t-il à l'oreille de Juliet en s'effaçant pour la laisser prendre l'escalier en premier, alors je suis content de voir que je suis pas trop à côté de la plaque. Moins que certains, en tout cas, pouffa-t-il en remarquant une dame horriblement habillée de violet et d'or.

Juliet indiqua que cette extravagante n'était autre que la peintre qui exposait ses œuvres (rien de terrible, d'ailleurs, songeait Al, même bourré j'en fais autant). Sa tenue se comprenait mieux à la lumière des tableaux : elle semblait définitivement fâchée avec la notion d'harmonie des couleurs, et la plaquette de présentation de l'exposition le confirmait en parlant de structure déstructurée et autres désacralisations de la palette chromatique. Al avait un peu de mal à faire mine de se passionner pour les croûtes exposées, aussi préféra-t-il tendre l'oreille aux potins dont Juliet se faisait l'écho.

-C'est sûr qu'il a l'air de s'emmerder ferme, le Edmund. Enfin, on peut pas tout avoir, hein... t'as voulu le sac d'or, tu te tapes les inconvénients, conclut-il sagement en faisant main basse sur une assiette de petits fours.

Il laissa Juliet se servir, et tourna la tête vers le nouveau personnage qu'elle lui indiquait. Martin haleine de chien.

-Ah, c'est donc de ce charmant garçon que je devais te sauver ? Il a trouvé à te remplacer, j'espère que ça ne te peine pas trop... tiens, on va faire en sorte qu'il te foute la paix à l'avenir. Excuse-moi, hein...

Sans se gêner, il passa son bras autour de la taille de Juliet, en s'assurant que le Martin ait bien vu son geste. Avec ça, la demoiselle devrait échapper aux invitations pendant un certain temps. Dès que l'autre fut hors de vue, Al reprit une position moins familière, offrant galamment son bras à sa compagne ; elle ne semblait pas se formaliser de l'initiative, probablement habituée aux idées lumineuses des Holmwood-Black par une longue fréquentation de Betty.

Ils continuèrent à déambuler ainsi dans l'exposition, Al dissimulant de moins en moins bien son ennui et son envie de rire à mesure que les coupes de champagne défilaient. Tous ces gens étaient si ridicules à se prendre au sérieux de cette façon... La peintre les avait gratifiés de quelques phrases déclamées d'une voix exagérément aiguë, qui avait donné à l'apothicaire l'envie de lui répondre sur le même ton ; il se retenait, par égard pour Juliet, mais ça n'allait pas pouvoir durer toujours. Elle non plus n'avait pas l'air passionnée par les œuvres, et elle enchaînait les coupes de champagne avec autant d'enthousiasme que lui.

-Roh merde, vise ça, finit par lâcher un Al rigolard devant la dernière toile. Du vomi de troll, tout bien étalé.

Un autre invité lui lança un regard de profonde désapprobation, et il ne put réprimer davantage son hilarité. Entre deux éclats de rire, il parvint à articuler :

-Viens... dehors... fumer cigarette...

Il avait mal au ventre à force de rire. Entre les toiles et le champagne, ça avait vraiment valu le coup d'honorer de sa présence ce vernissage huppé.
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Sam 19 Aoû - 10:41

C’est qu’il n’avait pas tort, le petit Al. Ils étaient effectivement beau. Pas vaniteuse pour un sous, Jule ne se regardait dans le miroir que le temps strictement nécessaire. Toujours bien mise, elle était surtout classique et sans fantaisie. A l’image de ce qu’elle avait été pendant ses années à Poudlard : discrète. Tout l’inverse d’Al avec ses t-shirt à l’honneur des groupes de rock sorcier à la mode. C’était probablement l’apothicaire à la dégaine la moins sérieuse du Chemin de Traverse. Alors pour une fois qu’ils se décidaient à faire un effort tout les deux, ça se remarquait. Le compliment d’Al qui était autant pour lui-même qu’elle la fit rougir, mais aussi rire. C’est vrai, ils étaient beaux. Ca ne coutait rien de le reconnaître.

C’était rassurant d’être avec quelqu’un comme le frère de Betty à ce genre d'événement. A force d’aller aux évènements puristes ou du parti Merliniste, Jule finissait par se sentir la seule à être en décalage face à tout ce cérémonial. Sonny ne comptait pas, c’était un vieil ours à sa façon qui était toujours en décalage avec les ronds de jambe sociaux. Charles y était comme un poisson dans l’eau, c’était son élément. Pas de surprise pour un homme qui désirait devenir grand électeur. Quant à des gens comme Aaliyah ou Adrian, ils étaient bien trop haut placés pour faire autre chose qu’établir les règles d’un jeu auquel ils jouaient depuis longtemps. Alors les inquiétudes d’Al, elle les connaissait et les comprennait. Jule lui répondit en lui chuchotant dans le creu de l’oreille :

- M’en parle pas. A chaque fois que Charles me traîne à un événement du genre pour le MPM, ça me donne des sueurs froides dès que je dois choisir un truc devant ma garde robe. Imagine quand c’est au tour de ta soeur, j’essaierais de te chopper une photo, Betty sur talon c’est hilarant.

Evidemment, elle devait une certaine loyauté à sa collègue. C’était elle son amie, Al n’était qu’un vieux copain de classe, mais elle n’oubliait pas le mauvais tour qu’elle leur avait joué en les invitant en douce chacun à un dîner improvisé. Peu importait que le résultat ait été positif, elle devait se venger et elle ne doutait pas que son compagnon pour la soirée n’y verrait aucun inconvénient. Pour l’instant, ils étaient du même bord. Tellement qu’ils semblaient du même avis sur l’essence même de la soirée. C’était principalement un ramassis d’hypocrites qui venaient admirer des toiles sans style ni fond tandis que l’autre partie de la population y était traînée de force, un peu comme Juliet.

- Evidemment qu’il s’emmerde. Elle n’a pas déjà pas l’air folichonne, mais si en plus de ça tu dois te farcir, la femme, les tableaux et le reste de l’orchestre 24H/24 … Je comprends mieux que ça soit un bourreau de travail, moi non plus je ne voudrais pas rentrer chez moi si jamais il y avait ça qui m’y attendait.


Comme elle n’avait pas eu le temps de manger - elle était venue directement après le boulot - elle n’hésita pas non plus à se servir niveau petit four. Ils étaient là pour l’open bar après tout. Sa coupe de champagne en main, elle buvait tout en riant pour essayer de dissimuler son rire justement. Apparement, ce n’était pas bien vu de se moquer ouvertement des gens qui vous avaient invité à une exposition. Ils ne purent pas déambuler dans le bâtiment sans tomber sur le soupirant chronique de Juliet qu’elle désigna discrètement à Al tout en se faisant un petit four. Il fallait au moins reconnaître ça à l’endroit, la nourriture était bonne. L’ancien Gryffondor décida de régler le problème Martin avec l'efficacité caractéristique de sa famille. Venant de quelqu’un d’autre qu’Al, elle aurait probablement mal pris le geste, mais c’était Al et elle comprenait qu’il faisait rarement quelque chose en ayant l’intention de nuire à autrui.

- Je crois que je m’en remettrais. Je plains la pauvre fille. Je me demande franchement quelle menace il a utilisé pour la tirer ici. Mieux vaut elle que moi, conclut-elle en prenant le bras qu’on lui tendait.

Ils reprirent leur marche forcée au milieu de ce qu’on osait qualifier d’art. S’arrêtant devant une toile qui ressemblait à l’identique à la précédente (si on excepte un petit coup de peinture bleue de ci de là), elle déclara :

- Tu m’expliques comment est-ce qu’une oeuvre qui ne ressemble ni plus ni moins aux excréments d’un enfant qu’on aurait coloré peut se vendre à 2000 gallions. Surtout qui acheterait ça ? T’imagines, tu te lèves tranquillement le matin, tu veux aller dans ta cuisine prendre un café et tu passes devant ça accroché dans ton salon. Crise cardiaque assurée, tu finis à Sainte-Mangouste. Il y a des artistes cinglés aussi chez les moldus, mais au moins, il y a un message derrière. Ici, le seul que je vois, écrit en grand c’est Gallion. Pas besoin d'autant de peinture pour l'écrire.

Sans être extrémiste comme Betty, elle trouvait scandaleux qu’une bonne femme puisse être célèbre simplement parce qu’elle avait l’argent pour se faire aimer, tandis que d’autres plus doués restaient dans l’ombre parce qu’ils n’avaient pas de mécènes pour les faire connaître. Comme ce n’était pas le lieu pour s’indigner sur l’injustice du monde et que l’alcool lui montait à la tête comme à son compagnon. Elle choisit d’en rire avec lui ce qui leur attira des regards noirs de la part des autres personnes présentes. Hilare, elle lâcha le bras d’Al et se saisit diplomatiquement de deux coupes de champagne qu’elle transporta avec elle tandis qu’ils sortaient du bâtiment pour aller fumer une cigarette. Ils n’étaient pas les seuls à s’être échappé puisqu’il y avait un groupe d’hommes âgés réunis devant l’entrée, pipe au bec, qui discutait de la nullité de l’exposition. Jule, un peu bourrée, sans la discrétion que la caractérisait ne put s’empêcher d’y mettre son grain de sel.

- Vous aussi vous trouvez ça nul ? Encore, on a de la chance, dit-elle en se tournant vers Al. On était invité ! Imaginez les gens qui ont du payer pour voir ça.

Les pauvres hommes faisaient apparemment partie de la seconde catégorie, traîner ici par leurs femmes. Juliet partit d’un éclat de rire sonore et essuya une larme avant de s’appuyer dos au mur à côté d’Al. Elle ferma les yeux un instant, un sourire aux lèvres tout en reprenant sa respiration et donna une coupe à Al.

- Tiens pour toi, avec tout ce qu’on a pleuré, il ne faudrait pas qu’on se dessèche,
affirma-t-elle d’un ton docte.

Pourtant, elle voyait d’ici l’image de Sonny un peu superposée à celle d’Adrian qui lui disait qu’elle avait assez bu pour la soirée. Elle chassa cette image agaçante de sa tête et bu une gorgée.

- T’as des cigarettes ? La pipe, moi, j’ai jamais su. C’est le goût, il y a quand même quelque chose de bizarre quand tu avales.

Une habitude des vieux sorciers, mais les sang-mêlés ou les nés-moldus comme elle s’en tenait à la cigarette. La phrase étant tout de même un peu tendancieuse, elle s’enfonça histoire de bien se faire comprendre.

- Enfin, je parle de celle que tu fumes, pas celle que tu mets en bouche.
Instant de réflexion intense. Tu me diras qu’on met les deux en bouche, enfin du coup, je parlais de celle que tu fumes, pas celle que tu suces.

Merlin soit loué, les sorciers qui fumaient juste avant étaient rentré sans quoi, elle aurait probablement écopé de quelques regards désapprobateurs, mais dans l’état dans lequel ils commençaient à être, nul doute qu’aucun des deux n’en auraient cure.

- Tu aimes faire ça toi ? La pipe, je veux dire.


Celle qu’on fume ou qu’on suce ? Parce que du coup, elle-même ne savait plus. Au moins, elle avait une certitude. Au réveil, si elle se souvenait de cette discussion, elle aurait de quoi être mortifiée. En attendant, elle passait juste une bonne soirée avec un type sympa, mignon et pas prise de tête pour un sous. Fallait admettre que ça changeait.


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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Lun 21 Aoû - 11:02

Ouf, de l'air. C'est fou ce que ça pouvait faire du bien, quelques goulées d'air frais. Et pouvoir rire à se démonter le bide, aussi, parce que se retenir, c'est contre-nature. Al s'adossa à un mur pour se marrer à sa guise, essuyant les grosses larmes qui roulaient sur ses joues, sous le regard un peu interloqué de quelques messieurs d'âge mûr qui, comme eux, squattaient la cour pour fumer. Il surprit quelques mots de la conversation qu'ils tenaient à mi-voix, et leur adressa un sourire : eux aussi étaient quelque part entre la consternation et l'hilarité, même si, de leur côté, c'était la première qui semblait l'emporter. Les malheureux avaient payé leurs billets pour entrer dans ce temple de l'art sorcier contemporain, et à en juger par leurs mines, leur or aurait été beaucoup mieux employé à s'offrir du Pur Feu à un comptoir quelconque.

-Allez, les gars, faites pas ces têtes, lança Al aux fumeurs qui rentraient sans enthousiasme dans l'expo. Vaut mieux ça qu'une bonne dragoncelle !
-Pas sûr,
lui répondit le dernier de la file. Bonne soirée, les amoureux.

Al était ivre, mais cette salutation le stupéfia. Juliet, elle, ne semblait pas avoir entendu, tout occupée à rire comme jamais elle n'avait dû rire de sa vie. Car pour être franc, c'était bien la première fois qu'Al la voyait s'amuser autant. À Poudlard, elle lui faisait l'effet d'une fille sérieuse, ennuyeuse au possible. Et ils ne se fréquentaient qu'en cours de potions, autant dire que le cadre n'était pas idéal pour la gaudriole. Le reste du temps, ils s'évitaient soigneusement : apparemment, Juliet avait assez honte de ses prouesses dans le cachot de Rogue pour ne pas avoir envie de prolonger le contact avec son binôme. C'était compréhensible : Al, excédé, lui avait parfois balancé en pleine figure des réflexions du genre « mais comment on peut être aussi empoté ? » (Merlin sait, pourtant, qu'il se retenait de lui en sortir de bien plus vaches) qui ne devaient pas inciter à rechercher sa compagnie.

À sa grande surprise, Juliet lui demanda une cigarette. Comme il tâtait ses poches à la recherche de ses clopes, elle se lança dans une diatribe sur la pipe qui lui valut un regard incrédule. Merde alors, Juliet Birch, sœur Juliet, connaissait donc l'autre sens donné à ce mot ? Al éclata de rire, tout en tendant son paquet de cigarettes ouvert à la jeune femme.

-J'savais pas que t'avais déjà fumé la pipe... j'aurais pas cru ça de toi. T'as toujours eu l'air tellement sérieuse...

Il alluma leurs deux cigarettes, tandis qu'elle poursuivait sur sa lancée. S'il avait déjà « fait ça » ? drôle de manière de poser la question. Elle devait être encore plus bourrée que lui, en fait (mais elle avait sans doute moins d'entraînement). Les sourcils froncés, il répondit :

-Ben... si tu me demandes si j'ai déjà fumé la pipe, oui, et j'ai pas adoré. Sinon, si j'ai déjà fait des pipes, non, jamais. Pour tout te dire, je préfère nettement les abricots aux asperges. Même si certains disent qu'il faut tout goûter... moi ça m'dit rien. Paraît que je suis pas assez curieux.

Certains messieurs, dont un client régulier de la boutique, n'auraient sans doute rien contre le fait de l'initier à d'autres joies, prétendant que tant qu'on n'a pas essayé, on ne peut pas dire qu'on n'aime pas. Mais Al s'était toujours arrangé pour passer entre les gouttes (de pluie, n'allez pas vous imaginer de vilaines choses, ô lecteur à l'esprit mal tourné).

Deux jeunes femmes sortirent pour fumer, interrompant cette prometteuse discussion. On ne pouvait pas décemment parler pipes, expériences homosexuelles et autres galipettes en présence de deux personnes à la mine grave, qui discutaient très sérieusement du message contenu dans les tableaux de Cordula Pousse-toi-de-là.

-Moi je trouve qu'il y a un message fort dans ces œuvres... Je ne sais pas comment le verbaliser...
-Prout ? proposa Al, toujours serviable, en éclatant à nouveau de rire.

Les deux critiques d'art se mirent à vilipender le blasphémateur, lui intimant de leur épargner ses réflexions de caniveau, et de laisser les choses de l'esprit aux personnes qui avaient assez d'intelligence pour les comprendre...

-Okay, okay. Amusez-vous bien avec les choses de l'esprit, nous on va continuer à parler des choses du slip, c'est vachement plus marrant, déclara l'apothicaire en essayant de ne pas rire.

Il offrit son bras à Juliet pour quitter cet antre du démon, et ils regagnèrent le Chemin de Traverse, déjà presque désert. Les bars étaient presque tous fermés, vu la rareté de la clientèle.

-Bon, tu veux rentrer chez toi ou on finit de se hacher la tronche ? Si tu veux, on peut aller chez moi, j'ai de quoi. Faudra juste faire gaffe qu'Orion nous entende pas, il est tellement lugubre en ce moment qu'on peut plus rigoler sans qu'il se sente personnellement offensé.
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Jeu 24 Aoû - 12:56

Dehors, adossé au mur, un verre à la main, ils riaient à gorge déployée. Ca avait l’air tellement naturel qu’on aurait pu croire qu’ils étaient de vieux amis. On aurait pas pu se tromper plus. Voilà des années qu’ils ne s’étaient plus parlé, si on excluait une discussion musclée autour d’un nez amoché et un dîner forcé. N’empêche qu’ils s’entendaient bien les deux troufions et ça n’avait pas toujours été le cas. Il fallait remonter à Poudlard pour comprendre pourquoi.

A l’origine, on faisait difficilement plus opposé que Juliet et Al. Sans se détester, ils ne s’étaient jamais fréquenté. Ils n’avaient rien en commun, pas même leur loisir. Sans compter que pour un Gryffondor, elle avait toujours trouvé qu’il fréquentait beaucoup les Serpentards. Alors quand ils s’étaient retrouvés collé l’un à l’autre pendant un an en potion, autant dire qu’aucun des deux n’avaient été ravis. Lorsqu’il s’était avéré que ce mariage forcé n’apporterait que des emmerdes à l’un comme à l’autre, ça avait été le comble. On pouvait comprendre qu’Al ne soit pas ravis de se retrouver avec une fille dont les capacités en potion égalaient celle du Seigneur des Ténèbres en relations sociales. Je n’étonne personne en disant que leur entente avait rapidement décliné.

- Tu me trouvais chiante, tu peux le dire tu sais.

Elle prit le paquet de cigarette qu’il lui tendait et en choisit une au hasard avant de l’allumer avec un briquet conventionnel. Elle avait beaucoup bu et ne se sentait pas assez en confiance pour l’allumer d’un sort. On ne savait jamais quel cheveux on risquait de cramer et honnêtement, elle aimait beaucoup les siens. Lui passant son briquet pour qu’il puisse allumer la sienne, elle enchaîna :

- Je ne peux pas te donner tord. Déjà, potion, c’était pas ma tasse de thé, mais en plus, tu me foutais la frousse. Je savais que tu allais raté si je foirais notre potion et honnêtement, il y avait à chaque fois 85% de chance que ça arrive. Pour ça que Rogue m’a mise avec toi, d’ailleurs. C’était vraiment une vieille raclure comme on en fait plus ce type. Excepté le Seigneur des Ténèbres, mais voilà, il faut pas le dire trop haut il paraît.

Heureusement pour eux la rue était vide. Il vallait mieux. Les rares fois où Jule sortait de sa réserve pour laisser libre cours à ses opinions, ça donnait toujours quelque chose de coloré. Al ne devait pas y être habitué.

- Après, sans vouloir te vexer, d’accord, j’étais plutôt cruche en potion, mais tu avais la délicatesse d’un scroutt à pétard.

Elle haussa les épaules. Dans le fond, c’était le passé et ça la faisait plutôt sourire en y pensant.

- Enfin pour en revenir aux pipes, asperges ou ce que tu veux … Il y eut un moment de flou ou elle cherchait un peu à reprendre le fils de la conversation qui n’avait déjà plus beaucoup de sens à ce stade-ci. C’est pas un mal de pas tout essayer. Je suis comme toi, je suis sûre que je n’aimerai pas l’abricot. Pas besoin d’en manger pour le savoir.

Deux dames sortirent prendre l’air et tout de suite la discussion se fit moins drôle. Le sérieux des deux vieilles sorcières n’incitant pas à la rigolade. Leurs propos, c’était autre chose par contre. Juliet se retenait de regardait Al et tirait consciencieusement sur sa cigarette. Elle était certaine que si elle regardait l’ancien Gryffondor, son sérieux disparaitrait aussi vite qu’il s’était manifesté. Elle n’eut pas besoin de se retenir longtemps. On pouvait toujours compter sur Al pour dire ce que les gens n’avaient pas envie d’entendre. Ils se firent copieusement insulter sous le regard un peu étonné de Juliet. Elle prit bien volontier son bras quand il lui proposa de partir et lui chuchota à l’oreille :

- Je ne comprends pas, c’est juste de la peinture, pas besoin de s’emballer comme si elles venaient de voir une licorne à la fin.

Une fois sur le Chemin de Traverse, Al proposa de finir la soirée chez lui. En temps normal, elle aurait probablement décliné, mais ce soir, l’idée lui semblait séduisante sans compter que c’était un peu triste de finir la soirée comme ça en partant chacun de son côté.

- Chez toi, répondit-elle avec assurance. Je ne promets rien pour le calme, soit tu arrêtes de me faire rire, soit tu vas devoir me faire taire, mais je ne suis pas sûre que les deux en même temps soit faisables.

Al n’habitait pas très loin et il ne leur fallut pas longtemps pour arriver à destination. Jule monta les étages à la suite d’Al pour finalement arriver dans l’antre des jumeaux. Très masculin, assez bordélique, elle avait encore assez d’alcool dans le sang pour ne pas se sentir gênée d’être là. Puisqu’il fallait bien se poser quelque part, elle le fit dans ce qui ressemblait à un salon. Une fois le poison amener, ils continuèrent assez méthodiquement à boire, achevant leur objectif premier : se mettre une mine. Comme souvent, l’alcool rendait les discussions beaucoup plus honnête. Entre deux rires étouffés pour ne pas offensé sa majestée-je-me-suis-fait-larguer-pour-un-mangemort, Jule déclara :

- Tu sais, je t’imaginais plutôt méchant quand on était à Poudlard. Tu passais ton temps à me gueuler dessus en potion. En fait, t’es plutôt un chouette type, dommage que je ne l’ai pas su plus tôt.

La discussion continua jusqu’à ce que Jule regarde l’heure :

- Déjà, gémit-elle en pensant à sa journée de travail du lendemain.

Elle tenta de se lever du fauteuil dans lequel elle était assise, Al, pas très loin d’elle. Elle tanguait un peu, mais rien de dramatique.

- Je crois que je vais devoir mettre les voiles. T’as un réseau de poudre de cheminette qui marche ? Je vais me désartibuler si je transplane.


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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Sam 26 Aoû - 18:33


Le jour, déjà ? Quelle heure il est, bordel ?
Dans les six heures, mon lapin.
Pfffffffffffffffff...
Une objection ?
Ben, j'ai mal à la tête. J'me serais bien passé de me réveiller si tôt.
T'aurais dû picoler encore plus, hier soir. Tu t'es foutu dans la tronche de quoi saouler toute la Pologne, et ptêtre même la Belgique avec.
Pas la Belgique, quand même, déconne pas.
Ouais, bon, j'avoue, c'est vachard, la Belgique.
Mais j'étais si beurré que ça ?
Encore pire, mec. Tu t'en rappelles pas ?
Ben... non... enfin, pas dans les détails...
Bouge pas, j'vais te raconter. C'est bon, t'es bien calé sur ton oreiller ? J'y vais.
Il était une heure environ quand tu es rentré avec cette jeune femme, Juliet Birch. Vous aviez l'air de bien vous amuser, tous les deux. Vous vous êtes posés dans le salon, et là, vous avez picolé comme deux salopards. Je te passe le niveau de la conversation, ça a très vite dégénéré, alors que ça partait plutôt gentiment... au début, c'était souvenirs de Poudlard, médisance sur Rogue...
Médisance ? M'étonnerait. Ce type mérite tout le mal qu'on peut dire de lui.
Certes. Mais le fait est qu'il en a pris plein sa poire, le Severus. Juliet a l'air de l'apprécier autant que toi.
Personne peut l'encadrer, c'est pas propre à Juliet et moi, hein...
N'empêche, c'est largement à lui que vous devez votre rapprochement, non ? Sans lui, vous ne vous seriez jamais parlé, elle et toi. Vous pourriez le remercier au lieu de le traiter de vieille rogne moisie.
Oui, oui, on lui fera envoyer des fleurs, OK, mais j'peux avoir la suite de la soirée ?
Ben... la suite... vous avez discuté un moment... et puis...
Et puis quoi ?
T'es sûr que t'es réveillé, toi ? Pose un peu ta main vers la gauche.

Al s'exécuta, et le contact avec une peau féminine acheva de le réveiller, le cœur battant à tout rompre.

Merde, j'croyais que je l'avais rêvé, ça...
Ben non, t'as pas rêvé. Elle est bien dans ton lit, elle dort. Faut dire que vous avez passé une nuit pas spécialement reposante, tous les deux. Tu vas avoir des cernes sous les yeux, mon gars.
Oh, ça va, hein... et euh... elle... elle était contente, au moins ?
T'auras qu'à lui demander toi-même, hein... elle devrait pas tarder à se réveiller, elle a dit qu'elle bossait tôt ce matin. À mon avis, un petit déj ne serait pas une mauvaise idée, histoire de pas passer pour un sauvage.
Pas con, ça.

Al quitta le lit le plus silencieusement possible, enfila seulement un caleçon, et fila à la cuisine pour préparer un petit déjeuner pour deux. Tout en cuisinant, il repensait à la soirée de la veille, et à cette nuit dont il ne gardait qu'un souvenir vague. Tout ce qu'il avait en tête s'était-il réellement passé ? Lorsqu'elle lui avait... c'était pour de bon, ou il l'avait rêvé ? Car il avait fait un rêve assez explicite aussi, il en était certain, le genre je l'ai rêvée si fort que les draps s'en souviennent, vous voyez. Et Orion, dans tout ça ? Il fallait espérer qu'ils avaient été assez discrets durant la nuit, sans quoi le dépressif risquait de devenir odieux. Réfléchir accentuait son mal de tête, mais il ne pouvait cesser de se poser la même question : comment Juliet et lui avaient-ils pu finir dans le même lit ? Elle lui avait explosé le nez deux semaines auparavant, après tout... alors il n'était pas rancunier, d'accord, mais ils n'avaient pas grand-chose en commun.
Arrête de réfléchir, mec, c'est comme ça et c'est tout. Y a des trucs qu'on n'explique pas, tu sais. Allez, va plutôt voir dans la chambre si elle est pas réveillée. Et ouvre la fenêtre au passage, ce sera pas du luxe.

Café, toasts, œufs brouillés, jus d'orange frais, corn flakes, rien ne manquait au plateau qu'il vint doucement déposer sur le bureau encombré devant la fenêtre – pas même deux petites fioles de potion anti-gueule de bois dont il veillait à toujours avoir un stock. Il servit le café et approcha une tasse des narines de Juliet pour la réveiller avec la bonne odeur d'expresso chaud.
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Lun 28 Aoû - 1:06

- Où suis-je ?

Fut la première pensée cohérente de Juliet lorsqu’elle put enfin en formuler une. La tête lourde, elle imaginait que c’était la lumière du jour qui l’avait réveillée. Ca où le mal de tête qui lui vrillait le crâne comme jamais. Elle avait la bouche pâteuse et du mal à ouvrir les yeux. Une main sur son front - comme si ça pouvait diminuer la douleur - elle roula de l’autre côté du lit, abandonnant le drap de lit qui la couvrait. Ce fut comme ça qu’elle se rendit compte qu’elle était nue. La panique la prit, mais elle essaya de se calmer, bougeant le moins possible pour ne pas faire de bruit. Elle ouvrit clairement les yeux cette fois-ci. Elle était dans une chambre, en bordel, mais une chambre tout de même. Étalé dans la chambre, il y avait ses vêtements et ceux d’un homme. Elle se sentit pâlir, les larmes aux yeux, elle s’assit, essayant de rassembler ses souvenirs.

Ils étaient rentré tard de l’exposition, ils avaient déjà beaucoup bu et Al avait proposé de passer chez lui. Juliet n’avait pas vu d’objection. Il s’amusaient bien après tout que pouvait-il y avoir de mal ? Les choses avaient dérapés quand elle avait voulu partir. Trop crevée et saoule pour transplaner, ils avaient fini par convenir qu’elle pouvait bien dormir chez lui tant qu’à faire. Apparemment, leur définition du sommeil avait fini par comporter quelques acrobaties, cris et orgasmes en chemin. Autant dire que ce n’était pas vraiment ce qu’elle avait imaginé quand elle avait proposé à Al de se farcir une exposition avec elle.

Pour le moment, elle était seule, mais elle supposait que ça ne durerait pas. Elle faisait quoi maintenant ? Plusieurs options :

La première et la plus grossière de toute, se rhabiller vite fait et transplaner chez elle en espérant ne plus jamais croiser Al de sa vie et par extension Betty. Peu faisable, peu probable et le pauvre ne méritait pas ça. La seconde, s’habiller, sortir de la chambre, papoter cinq secondes et plier bagage vite fait bien fait. La troisième … Jule n’en savait rien en fait. Elle s’était mariée directement après Poudlard, les coups d’un soir (c’était probablement ça, non ?) elle ne savait pas vraiment comment gérer et ce n’était pas les diverses anecdotes de Betty à ce sujet qui allait l’aider. La délicatesse n’était pas le point fort de son amie et elle doutait réellement qu’elle soit de bon conseil en la matière. Finalement, elle entendit du bruit qui se rapprochait et elle opta pour la solution lâche : faire semblant de dormir. Elle entendit un bruit de vaisselle qu’on posait et elle sentit l’odeur d’une tasse de café que l’on agitait sous son nez. Apparemment, faire semblant ne servait à rien et puis dans le fond, ce n'était pas le genre de la maison.

Elle ouvrit les yeux et se redressa, encore nue dans le lit. Elle était vite gênée par des situations qu’elle jugeaient embarrassantes, mais pas pudique pour autant. Au vu la nuit qu’ils venaient de passer, ce n’était pas de mise. Elle découvrit le petit déjeuner en même temps qu’Al en caleçon. Jule se sentit rougir, un peu gênée qu’il ait pris la peine de préparer à manger et s’en voulu d’avoir pensé filer sans rien dire.

- Salut.

Ça lui semblait un bon début. Il fallait bien commencer par quelque chose. Elle prit délicatement la tasse de café qu’on lui proposait.

- Merci, pour le petit-déjeuner. Je t’avoue que j’ai été un peu saisie au réveil, c’est pour ça que je faisais semblant de dormir. Elle eut un sourire embarrassé. Je ne savais pas si je devais partir ou rester, je ne te cache pas que c'est une surprise de me réveiller ici ...

Elle voulut ajouter quelque chose, mais la porte s’ouvrit de volée, laissant place à un Orion, la mine défaite, l’oeil torve et le sourire absent. Surprise, Jule ne dit rien avant d’essayer tant bien que mal de se couvrir avec le draps sans se brûler avec le café qu’elle tenait dans son autre. Une tentative un peu inutile puisque Orion lui jeta un regard peu amène avant de se concentrer sur son frère.

- La prochaine fois que tu ramènes, t’es prié de la faire en mode mineur. Je te rappelle que j’ai perdu la femme de ma vie - une litanie à laquelle Al avait droit depuis une semaine - et toi tout ce que tu trouves à faire c’est me balancer ton bonheur à la figure.

Sur un dernier regard mauvais, il sortit comme il était entré : en claquant la porte. Juliet, sa dignité envolée avec sa pudeur regarda Al avec étonnement. Sa tasse de café toujours en main, le drap ne la couvrant que partiellement, elle essaya tant bien que mal d’étouffer un rire et réussit à dire :

- Je suppose que ça, c’est ton frère personnellement offensé ?

Se débarrassant du drap qui ne servait pas définitivement pas à grand chose, elle se leva. Le sol se mit à tanguer, plus que prévu, mais elle fit un effort pour ne pas vaciller.

- Je ne déjeune pas d’habitude, mais comme tu as préparé tout ça, je vais essayer d’y faire honneur. Par contre, tu n’aurais pas un t-shirt ou vu ma robe ? Je crois que je vais vomir si je m’abaisse pour jouer aux exploratrices.

Dire qu’elle était totalement à l’aise, c’était mentir. En réalité, elle se sentait étrange à moitié triste. Une envie de pleurer un peu incompréhensible coincée au fond de la gorge, mais aussi soulagée comme si elle s’était libérée d’un poid qu’elle portait depuis longtemps. Ne sachant pas vraiment sur quel pied danser, elle essayait d’agir le plus normalement possible.
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MessageSujet: Re: L'amour de l'art | Al Lun 4 Sep - 22:01

Al avait presque oublié ce que cela faisait de se réveiller à côté de quelqu'un. Du moins de quelqu'un dont on n'avait pas oublié le prénom avant même le début du coït, et qu'on ne pourrait pas, dès la porte refermée, classer parmi les coups d'un soir, plus ou moins valables. Avec les morues à deux noises qu'il pêchait d'ordinaire, c'était possible. Avec Juliet, même s'il l'avait voulu, l'exercice aurait été autrement plus difficile. Elle travaillait avec Betty, avec qui elle entretenait même des liens amicaux. Et puis... comment aurait-il pu rayer de sa mémoire une délicate jeune femme qui lui avait pratiquement pété le nez, peu de temps auparavant ? Comment aurait-il pu faire l'impasse sur son désespérant binôme du cours de potions, qu'il avait si souvent eu envie de noyer dans son chaudron ? Il eut un sourire en pensant à la tête qu'il aurait faite si, à cette époque, on lui avait dit que Juliet et lui finiraient par s'explorer mutuellement le pistil après une soirée bien arrosée – et une bonne soirée, en plus, plutôt marrante malgré l'exposition de cette peintre au nom de maladie du foie. Merlin savait pourtant qu'Al avait toujours vu en Juliet une fille austère, sérieuse, en un mot chiante comme la pluie. À Poudlard, c'était déjà exceptionnel qu'ils échangent deux phrases ne concernant pas les potions, alors autant dire que se payer un fou rire ensemble était hautement improbable.

Son ancienne camarade de classe ne tarda pas à se réveiller, et accepta la tasse de café qu'Al lui proposait si galamment. Elle lui avoua dans la foulée qu'elle faisait semblant de dormir, ce qui gâcha un instant le plaisir du jeune homme. C'est vrai, quoi, j'me creuse la soupière pour trouver un moyen original, tout en douceur, de la réveiller, et elle me dit que je me suis foulé pour rien ? Moche, vraiment moche. Mais Al ne pouvait pas décemment en vouloir à une personne capable de toucher ses deux oreilles avec ses deux genoux, et il oublia rapidement cette légère déception. Il prit sa propre tasse de café, apprécia le goût du breuvage brûlant dans sa bouche pâteuse, et manqua de tout renverser lorsque la porte s'ouvrit violemment, révélant un Orion encore plus grincheux que d'habitude. Le grand entonna le couplet habituel, et j'suis malheureux, et merci de compatir, et gnagnagna ; il quitta la pièce sans laisser à Al le temps de répondre, mais celui-ci le fit tout de même, défiant du regard la porte fermée :

-Putain, mais tes gosses, s'ils ont la même sale gueule que toi, c'est encore c'qui peut leur arriver de mieux, de perdre leur mère avant leur naissance, dugland ! Tu vois, je te mentais pas en disant qu'il devenait invivable, ajouta-t-il à l'adresse de Juliet. Pris d'une idée subite, il gueula, assez fort pour déranger à nouveau Orion : Va plutôt faire l'ouverture de la boutique au lieu de chialer !

Pas de réponse. Le mépris. En tout cas, Juliet avait l'air de trouver ça drôle. Al se mit en quête d'un t-shirt à lui prêter, tout en bougonnant :

-Ouais, le dépressif offensé. Je commence à en avoir plus que marre de lui, ça fait je sais pas combien de jours que je dois le remplacer à la boutique, et ma patience a des limites. Je vais finir par lui casser la gueule, voir si ça le fait réagir. Tiens, mets ça, fit-il en lui lançant un t-shirt à l'effigie des Fucking Free House Elves, un groupe confidentiel de rock sorcier, dont l'emblème était un elfe grunge faisant un doigt d'honneur au spectateur. Et si tu as un peu le mal de mer, tu peux verser une fiole de potion dans ton café. Préparation maison, testée et validée par Betty et moi-même.

Par Orion aussi, avant que son cerveau tombe dans le coma, mais Al en voulait assez à son jumeau pour ne pas prendre la peine de le mentionner. Il prit une des assiettes d’œufs brouillés et se mit à manger avec son appétit habituel, non sans s'étonner :

-Tu manges pas le matin ? Eh ben, j'me demande comment tu fais, je pourrais pas, moi.

Même en proie à une gueule de bois d'anthologie, il ne pouvait se passer de son petit déjeuner format troll, et il le prouva en vidant son assiette en un temps record. Il enchaîna avec des toasts accompagnés d'un second café, avec la mine satisfaite du type qui a réussi, en peu d'heures, à satisfaire les deux organes lui servant alternativement de cerveau.

-Par les roup' de Merlin, je suis crevé, déclara-t-il dans un bâillement. Pis j'ai un peu mal partout. Mais ça valait le coup, enfin pour ce dont je me souviens, disons.

Toujours dans la nuance et la finesse, c'était la devise des Holmwood-Black. Enfin rassasié, Al se laissa retomber sur le lit, et, les yeux au plafond, songea à haute voix :

-Et Betty, on lui dit quoi ? Elle est plus curieuse qu'un pot de chambre, elle va pas nous lâcher. Alors, on assume, ou pas ? demanda-t-il très naturellement en tournant la tête vers Juliet.

Une façon détournée de s'enquérir de la suite du programme. Baise d'un soir, ou début d'une belle histoire d'amour et de whisky frais ?
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