POUDNOIR
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Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
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Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
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Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Les Vrilles De La Vigne

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    Pr Rose N. Shafiq


MessageSujet: Les Vrilles De La Vigne Ven 18 Aoû - 22:50

Brighton – Manoir de la famille Shafiq


La demeure familiale de la famille Shafiq était un grand manoir de brique rouge, avec vue sur la mer. Le père de Rose, Anthony, en avait hérité à la mort de ses parents. Après le mariage de leur fille, ses parents avaient emménagé dans un appartement de Londres, laissant Rose et Riyadh s’installer dans la maison. Pour le plus grand bonheur de la jeune femme, elle était née ici et n’avait jamais connu d’autre maison, excepté Poudlard. Rose était une créature réservée, et détestait changer ses habitudes, et devoir quitter complètement le nid familial aurait été un cauchemar pour elle. C’était une belle et grande demeure, décorée avec goût, que Rose entretenait avec un soin maniaque. Elle, en temps normal, si douce et si passive, menait une vie infernale à son elfe de maison, pour que tout soit toujours parfait à la maison. Comme beaucoup de sang-pur, Rose était obsédée par la préservation de sa lignée, et de son héritage, estimant que cette rigueur devait également s’appliquer au foyer familial. Ses parents lui avaient confié le manoir, et elle y veillait jalousement. La gestion de la maison était l’un des rares domaine où elle assumait pleinement ses responsabilités, sans s’en remettre à son époux.

Et ce matin-là justement, la jeune  femme contemplait avec ravissement son bonheur, son parfait mari, dans sa parfaite maison. Il ne lui manquait qu’une chose pour être parfaitement heureuse, des enfants. Rose se mordit la lèvre en y pensant. Malheureusement, dix ans de mariage et une totale dévotion à son mari n’était pas une garantie à la fertilité. Son cœur s’assombrissait quand elle pensait à certaines femmes, Molly Weasley par exemple, cette traîtresse à son sang qui pondait des rouquins l’un après l’autre, comme une chatte. Rose n’en demandait pas tant, un seul lui suffirait, elle l’aimerait et il ne manquerait de rien ce petit, alors pourquoi est-ce qu’on ne laissait pas avoir des enfants ? Elle était rarement jalouse des autres, et savait apprécier les chances qu’elle avait eût dans la vie, mais elle avait maintenant trente-deux ans, et regardait avec envie les autres femmes de son âge qui s’épanouissaient dans la maternité.  

Elle fut tirée de sa rêverie par une main, caressant doucement ses cheveux. Rose releva la tête et sourit à son mari, même lui avait du mal à la ramener dans le monde réel quand elle vagabondait dans ses pensées.

« À quoi pensais-tu ? »
« Rien d’intéressant. Tu t’en vas déjà ? »
« Oui, on a repéré Kerrigan près de York. Cette fois on va le chopper. »
« Sois prudent Riyadh. »
« Toujours. »


Elle embrassa son mari et le regarda disparaître par la cheminée. Elle n’aimait pas le laisser partir en mission, avec seulement Macnair pour assurer ses arrières. Mais leur dernière rencontre avec Kerrigan, un né-moldu en fuite, ancien champion de duel, avait laissé à Rose une blessure qui peinait à guérir. Son poignet gauche était toujours bandé et hors d’état, elle n’aurait été d’aucune utilité sur le terrain. Mais elle aurait quand même préféré y être, pour surveiller, même de loin. Bien sûr que Riyadh était capable de s’en sortir sans elle, et Walden était un tueur né, mais ce n’était pas ça qui l’empêcherait de s’angoisser. Son mari était le centre de sa vie, et elle ne s’imaginait pas devoir survivre sans lui.

L’angoisse lui tordait tellement le ventre qu’elle n’avait qu’une seule envie, retourner se coucher et attendre dans le noir le retour de son bien aimé. Non, ce n’était pas raisonnable de se laisser aller comme ça. Il fallait absolument qu’elle se vide la tête. Elle décida donc de prendre la matinée pour commencer a préparé ses cours. Elle avait accepté de prendre la place de professeur de sortilèges. Du moins, tant que les cours se passaient au ministère et qu’elle pouvait continuer à occuper son poste au bureau des Mangemorts en même temps. Il restait encore plusieurs mois avant la rentrée, mais enseigner était un grand défi pour Rose, et elle tenait absolument à être prête, hors de question pour elle de bricoler un cours à la dernière minute. Elle n’avait aucune peine à imaginer dans quel état de panique elle serait le moment venu où il faudrait qu’elle prenne la parole devant toute une classe, alors il lui fallait des cours déjà prêts et carrés à quoi se raccrocher, sans quoi sa timidité la ferait défaillir.

La mangemorte était plongée dans la préparation d’un cours sur le sortilège de mutisme, lorsque des coups furieux retentirent à la fenêtre. Elle leva le nez de son livre, pour se trouver face à un hibou furieux. Elle ne put retenir une grimace, c’était un express, elle avait horreur de ceux-ci, ils étaient toujours hyper, et cherchait à s’échapper avant même que vous ayez le temps de récupérer le parchemin. Elle se leva et alla ouvrir la fenêtre, tendant gentiment la main pour attirer ce sale piaf.

« Gentil zozio, donne la patte. »

Peine perdue, l’animal rentra en trombe dans le bureau et voleta à droite et à gauche en hululant comme un fou. Rose poussa un soupir d’exaspération, elle sortit sa baguette et lança un sortilège de stupéfixion sur la bête. Au moins comme ça il arrêterait de s’agiter dans tous les sens, elle avait horreur de l’agitation, puis il allait mettre des plumes partout. Elle lut le message d’une main, tenant par les pattes le hibou raide de l’autre. La missive lui redonna la sourire, elle venait d’Alice Rosier, elle était plutôt succincte, mais apparemment l’adolescente avant une grande nouvelle à lui annoncer. Rose attrapa une plume et écrivit une réponse, l’invitant à venir la retrouver cet après-midi pour le thé. Elle réanima le hibou, qui fila sans demander son reste.

Rose regrettait de ne pas encore avoir d’enfant, et reportait son affection sur ceux de son entourage proche. Alice était la petite-fille de son parrain, Chapman Rosier. Rose la rencontrait toujours avec plaisir, Alice était une jeune femme calme et bien élevée, le genre qu’elle appréciait tout particulièrement, et ne refusait jamais de lui apporter son aide ou quelques conseils quand elle en avait besoin.

Rose appela son elfe de maison, lui ordonnant de préparer quelque chose de convenable pour l’heure du thé, et de briquer le jardin d’hiver. Elle termina son cours et monta ensuite se préparer. Elle farfouilla dans son immense dressing, pour trouver une robe appropriée. Les vêtements, et en particulier les robes, étaient sa petite folie. Surtout depuis qu’elle était mariée. Galvanisée par le regard appréciatif de son mari, elle avait appris à faire confiance à son bon goût dans ce domaine. Rose était toujours soignée et élégante, et favorisait les couleurs vives qui mettaient en valeur sa peau brune. Elle opta donc pour une longue robe simple et orangée. S’habiller de tons colorés était l’une de ses astuces pour lutter contre sa timidité maladive, pour faire croire aux gens qu’elle était bien plus sûre d’elle qu’elle ne l’était en réalité. De même pour son maquillage, toujours assez voyant, c’était comme un masque pour mettre à distance les autres. Elle n’avait pas assez confiance en elle pour se montrer en public sans tous ces artifices.

Alice arriva dans l’après-midi, par la cheminée du vestibule. Rose l’attendait, impatiente d’entendre la grande nouvelle qu’elle avait à lui annoncer. Elle l’étreignit rapidement.

« Alice, comment vas-tu ? Et à la maison, tout le monde va bien ? »

Les parents de Rose était assez liés avec Chapman, le grand-père d’Alice. Ils l’avaient choisi pour être le parrain de leur unique fille, et c’était lui qui avait choisi le prénom Rose pour elle. Elle était une familière de la famille Rosier et de tous ses membres. Mais Alice, qu’elle connaissait depuis sa naissance, occupait une place particulière dans son cœur.

Elle l’entraîna vers le jardin d’hiver, cette grande veranda calme et décorée de plantes vertes, ouverte sur la mer, où elle aimait recevoir. Une fois qu’elles furent bien installées, Rose agita sa baguette et fit apparaître un paquet cadeau. C’était un appareil photo, le tout dernier modèle, compact, léger. Elle savait qu’Alice était une grande admiratrice de Kroos, alors avec ce beau jouet, elle n’aura aucun mal à marcher dans ses pas. Elle tendit le cadeau à la jeune femme, avec un sourire bienveillant.

« Tiens, de la part de Riyadh et moi, pour te féliciter de ta belle réussite aux examens. »

Elle appela ensuite Binky, pour que l’elfe apporte le thé. Rose eut un sourire satisfait, ses instructions avaient été bien respectées. Il y avait des gâteaux au citron et du thé, ce thé indien au lait et aux épices qu’elle adorait. La famille Shafiq était en Angleterre depuis plus de deux siècles, mais n’avait jamais pu s’habituer à la fadeur du thé local. Elle congédia la créature, et servit une tasse de thé à sa jeune invitée.

« Alors, c’est quoi cette grande nouvelle, tu te maries ? »


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Dernière édition par Pr Rose N. Shafiq le Lun 30 Oct - 14:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Dim 20 Aoû - 17:10


La Rose, écarlate, piquante, s'émancipait. Progressivement, sans crier gare, elle faisait son nid, développait ses racines, perçait la terre et ses sédiments pour s'implanter dans le paysage, resplendissante. Alice, malgré son jeune âge, savait ce qu'il en coûtait de vivre au gré du vent. Elle refusait de se laisser porter et entreprenait, ainsi, de bâtir son avenir. Petit à petit, la jeune Serdaigle empilait brique sur brique, amenant de nouvelles possibilités. Elle réfléchissait plus qu'elle ne le croyait et tentait d'anticiper les erreurs de parcours. Elle avait frappé un gros coup, à son échelle, en rejoignant l'équipe personnelle de Drago Malefoy à Force Puriste. Seize ans, déjà employée, on aurait pu attendre quelques félicitations.
Mais rien.

Rien ne vint. Alice était désespérément seule dans une famille qui, sous la bannière de la confrérie unie, s'oubliait les uns les autres. Morgan lui avait simplement souhaité bonne chance, un grand sourire aux lèvres. C'était, pour lui, digne des plus grandes félicitations. Pourtant, la gamine en demandait bien plus. Elle avait besoin de reconnaissance. Elle devait se placer à l’échelon de ses prédécesseurs. Terrible fardeau que d'être dernière d'une longue lignée. Parfois, elle se sentait si en-deçà de ses ancêtres qu'elle croyait abandonner. D'un coup, brutalement, sans réfléchir. Qu'est-ce qui l'en empêchait, finalement ? Était-elle esclave de sa propre condition ? Elle croyait que non. Elle se persuadait que non.

Heureusement pour elle, malgré toutes les petites noirceurs, Alice n'était pas défaitiste. Elle rayonnait l'espoir et l'emphase. Toujours prête à donner le meilleur d'elle-même, elle commençait à se détacher de la vision encore enfantine de la récompense. Les félicitations viendraient plus tard, se disait-elle, lorsque tu les auras méritées. Si rien ne vient, redouble d'effort. Tu n'as simplement pas assez travaillé. Voilà. C'était aussi simple que cela, tout était affaire de travail dans ce nouveau monde magique. Tout. Alors elle cravacherait encore plus. Elle en avait l'habitude maintenant.

Néanmoins, si cette petite victoire personnelle tenait tant à Alice, il lui semblait important de le partager. Elle ne voulait pas garder tout ceci pour elle. C'était son premier emploi, sa première démarche, son premier engagement politique. Premier d'une longue lignée, elle l'espérait, il n'en restait pas moins symbolique. Alors c'était naturellement qu'en rentrant de sa première semaine de travail qu'elle s'était précipité sur son bureau, derrière sa chambre. La jeune Rosier avait demandé une annexe à son grand-père assez tôt dans ses études pour pouvoir y travailler en paix. Elle y avait commencé une bibliothèque personnelle qui ne rivalisait en rien avec celle du manoir, mais qui était tout de même sa petite fierté. Elle s'attabla, jetant son sac par terre. Une plume et un parchemin s'accouplèrent sur son office, elle écrivit d'un geste élancé, enthousiaste. La lettre était presque enfantine tant elle respirait la joie et l'impatience. Elle signa. Si une personne acceptait qu'elle aille lui expliquer toute sa vie dans les moindres détails, c'était bien Rose.

Rose Shafiq était la filleule de Chapman Rosier. Approchant la trentaine, elle avait toujours été en contact avec les Rosier, notamment Adrian qui était un peu plus vieux qu'elle, puis Morgan légèrement plus jeune, mais surtout Alice qu'elle avait vu naître. Et si Kate s'était barrée sans prévenir, délaissant sa plus jeune enfant et ses deux grands frères, Rose n'avait pas bougé d'un poil.
La jeune Serdaigle avait toujours eu du mal à accepter le départ de sa mère couplé à la mort de son paternel. Elle avait longtemps recherché quelques accroches parentales autres que celles que Chapman voulait bien donner, souvent stricte et impersonnelle. Aussi avait-elle trouvé en la personne de Rose une mère de substitution, ou plutôt une grande sœur aux traits maternels, qui soignait, d'une certaine façon, tous ses maux.

C'était toujours une joie de la voir, et Alice se précipita vers sa garde robe pour préparer sa venue chez les Shafiq dès qu'elle reçut la réponse de la concernée. Enfilant une robe courte d'été à fleur, surmontée d'une petite ceinture en cuir de dragon, elle s'affubla même d'une tresse en couronne habillant la cascade de cheveux blonds sur sa tête. Elle se maquilla succinctement – elle n'avait jamais été une grande adepte de la surenchère – et enfila des spartiates on-ne-peut-plus simple. Elle était ravissante mais très modeste dans sa tenue, en adéquation avec son âge. On sentait encore sa jeunesse et son innocence loin du superflu des mondanités de sa classe sociale. Alice, humble, n'avait jamais cessé de croire qu'elle n'était en rien différente des autres adolescents de son âge. Sinon que l'argent n'était en rien un soucis à ses yeux, elle ne se sentait pas supérieure au reste du monde. Son empathie était telle qu'elle se demandait sa provenance, parfois.

Elle passa par la cheminette du hall d'entrée et débarqua dans un élan de flammes vertes chez les Shafiq, près de la côte, à la vue éblouissante. Elle se jeta dans les bras de sa réceptionniste, et l'embrassa.

    - Super ! Tout va super bien. Et toi alors ? Oh ! Je suis trop contente de te voir. Ça fait trop longtemps que je suis pas venue ici !


Elle observa la maison alors qu'elles quittaient le vestibule. La bâtisse familiale des Shafiq n'avait rien à voir avec celle des Rosier. Lumineuse, truffée de verdure et de beaux mobiliers, elle transpirait une certaine joie de vivre. Comme un petit paradis.

    - Eh bien... c'est un peu compliqué, tu sais. Enfin, tu as dû entendre quelques rumeurs je suppose. Ça a un peu dégénéré entre Papi et Adrian. Mais ça se résoudra, j'en suis sûre. Au-delà de tout ça, tout a l'air d'aller bien pour Papi, il est toujours un peu bougon, mais c'est l'âge je crois. Morgan aussi, il a été pris dans la Brigade d'Intervention Magique de Manchester. Il est sous-officier, donc il est plutôt content ! Ça lui fait du bien de quitter un peu le manoir, tu sais. Et puis... bah Adrian, c'est Adrian. Il ne va jamais vraiment très bien. Sans aller très mal non plus. Je suis allé chez lui il y a quelques jours.


Elles arrivèrent au jardin d'hiver. C'était l'un des endroits préférés d'Alice dans ses souvenirs et il n'avait perdu aucun charme depuis. Alice prit place sur un épais sièges habillé d'un cousin confortable. Au milieu de ces plantes, on se croyait loin de tout, dans une autre dimension. C'était relaxant. Rose fit apparaître un cadeau qu'elle tendit à Alice en guise de félicitations pour les examens. La jeune Serdaigle arborait un sourire jusqu'aux oreilles.

    -Oh ! Mais c'est trop gentil. Fallait pas, enfin ! C'était que de petits examens ! Oh, et Riyadh n'est pas là ? Tu le remercieras pour moi.


Riyadh, le mari de Rose, était une personne intriguante pour Alice. Elle l'appréciait comme un cousin proche, il avait ce côté protecteur qu'Alice avait toujours apprécié chez un homme – de part Adrian et Morgan, les modèles masculins de sa vie – et avait un humour qu'elle jugeait fin. Sarcastique jusqu'à la moelle, Riyadh ne manquait pas de souffle en matière de répartie. La jeune Rosier avait toujours su trouver cette qualité exemplaire. Néanmoins, il était si puriste, si convaincu, si intransigeant, qu'il demeurait, pour Alice, une personne un peu effrayante par moment.
Elle ouvrit le cadeau avec envie et découvrit, bouche-bée, l'appareil photographique magique que lui offrait le couple Shafiq. Un sourire étiré jusqu'aux oreilles, sans voix, les yeux écarquillés, elle analysa l'objet sous tous ses angles avant de relever la tête vers Rose. Elle se jeta dans sa bras, la remerciant du mieux qu'elle pouvait – elle compta pour elle-même au moins quarante « merci » étouffés dans l'épaule de Rose – et se détacha. Si elle avait toujours lu les écrits de Kroos ou de ses compères reporters, elle n'avait jamais pensé suivre leurs traces. C'était visiblement évident qu'elle allait devoir s'y mettre.

    - C'est trop cool ! Woaw ! T'as vu ? Il capte jusqu'à plus de quinze secondes par photo ! Il a même une ouverture fixe, c'est vraiment trop trop trop cool ! Merci Rose !


Le thé était servi. La petite créature avait amené tout ce qu'il fallait pour un goûter en bonne et due forme, saveurs anglo-indienne. Elle adorait le thé indien et les petits gâteaux étaient un délice pur. Alice se leva, règla rapidement l'appareil et le positionna.

    - On fait une photo ? C'est la bonne occasion non ?


Elle posa aux côtés de sa mère de substitution avant de reprendre l'appareil et de le ranger. Trop fière de sa nouvelle acquisition, on aurait dit une enfant à qui l'on offrait un jouet. Elle prit une tasse de thé et la sirota.

    - Oh ! Non ! Je ne pense pas encore au mariage j'avoue. Enfin... il n'y a pas vraiment de garçon qui... enfin, tu sais quoi, qui m'intéresse, ou qui me tourne autour ! Alors ce n'est pas trop d'actualité je crois.


Un rire léger accompagna ses dires. Si c'était étonnant qu'à son âge, Alice n'ait aucune conquête à son compteur, c'était encore plus incroyable qu'aucune famille de sang-pur ne se soit prononcée à son égard. Les mariages allaient vite dans cette haute sphère et Alice semblait échapper à la règle, étrangement. Elle reposa la tasse, impatiente de raconter sa semaine.

    - Alors ! Tu sais, je t'avais dit que je ne savais pas trop comment préparer mon avenir et ma sortie de Poudlard. Alors j'y ai longuement réfléchi, j'ai pesé beaucoup de pour et de contre, j'ai essayé d'entrevoir un maximum de possibilités... Son sourire était toujours plus grand. Et j'ai décidé d'intégrer les rangs de Force Puriste. Et tiens toi bien, j'ai été prise ! Je suis l'assistante personnelle de Drago Malefoy !


Elle décrivit alors toute sa première semaine dans les moindres détails ainsi que l'entretien. Comment le regard de Malefoy avait été bienveillant à son égard, les commentaires élogieux, sa rencontre avec Véronica, la secrétaire, très agréable mais un peu garce. Elle décrivit sans révéler quoique ce soit d'important ou de confidentiel, les réunions et meetings auxquels elle avait assisté en compagnie de son nouvel employeur, les pauses déjeuner au siège, les tâches qu'on lui donnait à faire, les avis qu'elle donnait sur telle ou telle situation. Elle avait même pu analyser un article de loi visant à être proposé au collège des Grands Électeurs ! Jouasse et pipelette, la description était d'une précision sans faille.

    - Et hier soir, je partais tranquillement du bureau pour le week-end quand j'ai entendu Curl Travers, un des cadres du parti, dire à Malefoy que j'avais été exemplaire pour une première semaine ! C'est trop dingue non ?


Elle reprit son thé déjà presque froid avec tout ça, le sirota, avant de reporter son attention sur Rose elle-même.

    -Bon ! Et toi alors, ton poignet ça va mieux ? Tu as pu reprendre le travail ?


Toujours bien élevée, Alice pensait continuellement à s'intéresser aux autres. Une qualité qui ne venait probablement pas de son père.
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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Mar 22 Aoû - 10:54

Rose sourit en écoutant le bavardage d’Alice, ça lui faisait plaisir de la voir ainsi, légère, souriante et pleine de vie. Ayant toujours été dans l’entourage de la famille Rosier, elle ne connaissait que trop bien les difficultés auquel avait dû faire face la jeune femme. Entre l’assassinat de son père, et sa mère qui était partie en laissant ses enfants derrière elle, les laissant à la bonne garde Chapman. Bien sûre, Rose avait beaucoup d’admiration et de respect pour son parrain, et ne doutait pas un seul instant qu’il ne souhaitait que le meilleur pour sa famille, mais le vieil homme n’inspirait pas exactement la joie de vivre, et l’on pouvait qualifier son caractère, au mieux de difficile. Mais malgré toutes ces difficultés, la vie semblait réussir à la plus jeune des enfants Rosier.  

« Je ne prête pas l’oreille aux rumeurs, mais effectivement, Adrian avait l’air un peu abattu au bureau ces derniers mois. Je n’ai pas voulu m’en mêler, mais il m’a semblé qu’il buvait beaucoup, trop pour son propre bien. Mais c’est bien que tu sois allée le voir, c’est important de garder des liens avec sa famille, quoiqu’il arrive. »

Conseil particulièrement simple à appliquer pour Rose elle-même, qui ne possédait pas d’autre famille proche que ses parents et son mari. Elle avait toujours été un peu intriguée par les relations entre frère et sœurs. Elle était fille unique et n’avait jamais ressenti l’envie de partager ses parents ou sa vie avec un frère ou une sœur. Enfant, elle avait toujours été solitaire, et contrairement à d’autres enfants uniques, elle n’avait pas élue un ou une meilleure amie qui faisait office de frère ou sœur de substitution, n’en ayant jamais ressenti le besoin et se trouvant parfaitement heureuse, seule, entre ses deux parents. Et encore maintenant, devenue adulte, ses amis proches pouvaient se compter sur les doigts d’une main. Rose ne recherchait pas la compagnie des autres, elle n’avait rien d’une mondaine, et se contentait d’être heureuse chez elle aux côtés de son mari.

La Mangemorte fut ravie de voir que son cadeau plaisait autant à Alice. C’était elle qui l’avait personnellement choisit, comme à chaque fois que le couple offrait un cadeau à quelqu’un. La nature discrète de Rose la poussait à l’observation, et en général elle cernait bien les goûts de gens, même si ceux-ci ne l’avait probablement même pas remarquée. Alors lorsqu’il y avait un cadeau à faire, c’était à elle qu’on s’en remettait. Bien éduquée et délicate, elle savait toujours choisir le cadeau personnel et approprié à la situation. Elle passa une main délicate dans les cheveux de la jeune femme.

« Mais si, un Optimal méritait bien des félicitations appropriées. Et non Riyadh n’est pas là, une affaire urgente au bureau. Il sera sûrement désolé de t’avoir manqué. »

Rose posa avec bonne humeur aux côtés d’Alice, et lui montra quelques réglages complexes sur l’appareil. Elle-même pratiquait la photo en amateur, et était versée dans les activités artistiques.  Rose dessinait bien et peignait avec délicatesse. Trop modeste pour s’en vanter et trop peur sûre d’elle pour montrer ses œuvres à quiconque, c’était un secret qu’elle ne partageait avec personne, pas même avec son mari, avec qui elle prétendait pourtant tout partager. Simplement, elle ne considérait ses productions comme dignes d’intérêt, juste un moyen agréable de passer le temps.

« Tu as encore le temps et je préférerai te voir faire un mariage heureux plutôt qu’un bon mariage par intérêt. »

Rose plus que n’importe qui connaissait la valeur d’un mariage heureux. Elle s’était fiancée à quinze ans, mais avait imposée cinq longues et interminables années de fiançailles à Riyadh. Rose ne prenait aucune décision à la légère, et certainement pas celle de passer le restant de ces jours aux cotés de quelqu’un. Si elle avait facilement accepté le mari que ses parents avaient choisi pour elle, elle n’avait pas voulu brusquer les choses et n’avait accepté de se marier qu’une fois certaine que cette union serait capable de durer toute la vie. Elle considérait le mariage comme une institution des plus sérieuses, et affichait ouvertement son mépris pour ceux qui s’y lançaient tête baissées pour tout défaire trois ans plus tard.  

« Et tu sais ce qu’on dit, les demandes en mariage c’est comme les fourmis avec le pot de confiture, il en suffit d’une pour que les autre rappliquent. »

La grande nouvelle d’Alice ne fit pas exactement bondir de joie Rose. Mais elle se garda bien de le montrer, et garda un sourire bienveillant. Elle ne voulait pas démoraliser l’adolescente qui semblait ravie de son premier poste. Mais honnêtement, elle aurait préféré une autre carrière pour Alice. Elle ne faisait que moyennement confiance à Force Puriste, qui, à son avis, brassait beaucoup de vent pour des résultats extrêmement médiocres, et elle aurait préféré qu’Alice resta loin de cette usine à gaz qu’était le parti. Elle garda bien évidement ses réflexions pour elle, jamais elle n’aurait voulu blesser Alice, et la considérait comme assez intelligente pour se rendre compte de la situation d’ici peu de temps. Alors elle se contenta de sourire et de lui adresser ses félicitations.

« Assistante du jeune Malefoy ? C’est un poste avantageux, mais ne le laisse pas profiter de toi. » Commenta-t-elle avec un sourire en coin.

Rose connaissait Drago de manière assez superficielle, et il aurait été exagéré de dire qu’elle ne l’aimait pas. Il était charmant, mais surtout charmeur, et bien trop égocentrique à son goût. Le seul véritable reproche qu’elle pouvait lui faire concernait ses activités de Mangemort. Elle trouvait que Drago les esquivait aisément, préférant le confort des mondanités et des jeux politiques au sein de Force Puriste. Elle n’était même pas certaine de l’avoir croisé ne serait-ce qu’une seule fois sous son masque. Et pendant que d’autres, comme elle ou son mari prenait des risques sur le terrain, lui croquait des petits fours aux réceptions de son ministre de père.

« Pourquoi dirait-il le contraire ? Tu es intelligente, capable et bien élevée. Je suis certaine que d’ici quelques mois, tu seras devenue indispensable à la bonne marche de Force Puriste. »

Le compliment était sincère, Rose n’appréciait pas Force Puriste, mais elle avait assez d’estime pour Alice et ses capacités pour savoir qu’elle n’aurait aucun mal à se faire remarquer et à grimper les échelons au sein de l’organisation.

Rose releva la manche de sa robe et montra son poignet toujours bandé. Kerrigan ne l’avait pas raté avec son sort et elle resterait sûrement à la maison pour quelques semaines encore. Les risques du métier.

« Non. Mais je vais passer un peu moins te temps au bureau désormais. Je vais enseigner les sortilèges à la rentrée. »


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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Mar 22 Aoû - 15:59

Ce qu’Alice voyait du mariage n’inaugurait rien de bon. Elle n’avait jamais connu un seul mariage heureux, si ce n’est Rose et son mari parfait. En face d’elle, rien n’indiquait à Alice qu’on pouvait décemment s’en sortir en forçant la réunion de deux personnes. Ainsi pensait-elle le mariage. Une espèce d’affaire sans fin qui n’avait d’autre but que d’être un nid à complications. Elle n’était pas encore franchement portée sur les garçons pour réellement s’intéresser à ce que serait sa vie familiale future. Enfin, il était faux de dire que ça ne la taraudait pas, mais elle n’en faisait pas une montagne. Contrairement à l’idée de rater la sortie du prochain livre de Gothric Kroos, qui pouvait l’empêcher de dormir la nuit. Les réalités n’étaient pas les mêmes pour tout le monde et le mariage, chez les Rosier, n’était pas une étape dont on évoquait souvent l’importance. Sans aucun doute, Chapman comptait mettre à bien quelques alliances en mariant sa petite fille. Mais il semblait qu’il ne la bassinait pas avec ça, à sa grande surprise. Elle aurait probablement mal pris le fait qu’on l’empêche de s’épanouir mentalement en lui occupant l’esprit par des futilités. Son cerveau était une machine qu’elle entretenait et il était déjà bien occupé.

Ceci dit, il était tout de même amusant de voir qu’Alice grandissait. Si elle avait clairement gagné en maturité sur beaucoup de points avant ses semblables, elle était restée l’enfant toute timide concernant sa sexualité. Pourtant, progressivement, sans qu’elle ne comprenne réellement, elle changeait. Elle regardait, elle appréciait. Les garçons étaient encore un mystère pour elle, et elle n’aurait pas voulu s’avouer intéressée, mais elle ne pouvait empêcher son corps de parler. Lorsqu’elle se sentait compressée dans la même pièce que Charles, ce n’était pas pour rien. Si Drago Malefoy la rendait rouge écarlate, il y avait une raison. Si Théodore Nott lui faisait crépiter l’estomac, inutile de demander pourquoi. Inavouables sentiments qu’elle refoulait, ils montraient enfin le bout de leur nez et, somme toute, elle était rassurée de se savoir normale. Elle voulait bien dire que certains lui faisaient plus d’effet que d’autres mais…à quoi se reporter ? Quelle référence ? Elle ne savait pas vraiment de quoi elle parlait. Quand elle voyait Rose… elle se disait que tout ceci ne pouvait pas lui arriver. Elle ne pouvait pas tomber amoureuse. Elle était trop étrange pour ça, bien trop délaissée du reste du monde. Elle ne se sentait pas vraiment seule – en voilà un problème – alors elle ne comprenait pas le besoin cuisant de se lier à un autre.

Elle avait pourtant grandi dans une famille riche. Certes sans parent, mais avec des grands-parents présents – à défaut d’aimants – et des frères protecteurs. Tout indiquait qu’elle aurait eu besoin de reporter de tels schémas dans ses relations sociales. Et pourtant. Elle avait fait tout l’inverse. Elle s’était rapidement isolée du reste des élèves pour ne se consacrer qu’à elle-même et à son développement. Manquant, ici et là, quelques perfectionnements.

    - Je sais pas si ce sera aussi fructueux quand j’en aurais une ! Mais on verra bien, je suppose. Enfin, tu sais, y’a bien ce garçon, là. Charles. Il est un peu mignon. Après je sais pas, je le connais pas très bien. Mais il a son charme. Enfin, tu sais quoi. Il est un peu… je sais pas. Pas mystérieux, mais il a un côté détaché que j’arrive pas à expliquer. C’est assez intriguant. Ça t’a fait quoi toi, quand t’as vu Ryadh la première fois ? T’as su tout de suite que ce serait lui, genre ?


Ça l’intriguait de savoir comment est-ce qu’on était censé comprendre les relations amoureuses. A quel moment s’engage-t-on dans une relation ? Dans un mariage ? Dans un divorce ? Son meilleur exemple était bel et bien Rose. Elle paraissait si parfaite, si heureuse, si… bien ? Enfin tout semblait lui sourire. Si Alice était capable d’une grande empathie, elle ne pouvait pas s’empêcher de jalouser un brin l’état d’esprit dans lequel se trouvait la mangemort. Ce devait être grisant.

Grisant comme obtenir ce poste d’assistante à Force Puriste. Se rendait-elle compte de la fainéantise du parti ? Absolument pas. Elle se sentait impliquée dans un processus, dans un mouvement, un combat, qui lui tenait à cœur. Alors elle ne lâchait rien, préférant se focaliser sur son travail et son efficacité, plutôt que sur celles des autres. Elle n’avait pas le recul de Rose et restait aveugle face à la réalité.
Elle ne sentit en rien la méfiance de Rose à l’égard de son nouveau poste, et préféra continuer à lui expliquer les tenants de ses responsabilités. Elle était si fière qu’on lui en donne qu’elle ne s’écoutait presque pas les exposer. Comme on aurait présenté une œuvre d’art, elle expliquait précisément tout ce qui lui convenait dans sa nouvelle position.
C’était sans compter sur les compliments de Rose qui renforçaient son épanouissement.

    - Oh ! Arrête, tu me gênes. Non, mais enfin j’ai que seize ans quoi. Alors je pensais pas qu’on me complimenterait dès la première semaine. Ça se trouve c’était du sarcasme ?


Anxieuse l’espace d’un instant, elle chassa l’idée. Non, ce ne pouvait être que vrai. Elle travaillait dur, elle se donnait, rien ne pouvait faire dire d’elle, qu’elle n’en voulait pas. C’était un travail de longue haleine. Il fallait être appréciée et gagner la confiance des autres. Plus que dans n’importe quel autre domaine, il fallait être exemplaire dans son début de carrière.

Plongée dans sa semaine passée, elle mangea comme une claque en pleine figure à l’annonce – anodine – du prochain poste de Rose. Sans rire ? Elle venait réellement enseigner à Poudlard ? Alice la regarda les yeux écarquillés.

    - No way ! Tu viens à Poudlard ? Enfin, au Ministère mais voilà t’as compris. Mais c’est… wooooaw ! Je suis complètement surprise ! C’est trop bien ! On va pouvoir se voir beaucoup plus souvent ! Tu sais si tu auras tous les élèves ? Du coup tu seras mon professeur ? Super drôle ! Tu l’as dit à Papi ? Tu sais que je me débrouille plutôt bien en Sortilèges ? Je t’ai déjà montré ? Enfin, oui, forcément, on a révisé aux dernières vacances. Enfin… no way ! C’est dingue ! Comment est-ce que tu as eu le poste ? Quand je vais dire ça à Cassie !


Rien de plus grandiloquent que l’emphase d’une adolescente. Alice, discrète de nature, n’était plus la même dans son cercle intime. Elle resplendissait de bavarderie, de sauts d’humeur, de petite folie. Elle était presque super-active lorsqu’elle se retrouvait en famille, comme un besoin vital de parler beaucoup pour compenser toutes les fois où elle se taisait.

    - Bon ! Alors dis-moi ! Que va-t-on apprendre dans les cours de Madame Rose Shafiq, professeur de Sortilèges à l’école de sorcellerie Poudlard, l’an prochain ? Est-ce qu’on pourra étudier le Serment Inviolable ? Oooh ! Est-ce qu’on pourrait faire Piertotum Locomotor ? Dis oui, dis oui, dis oui !

Difficile de faire plus bruyant qu’une adolescente.

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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Mer 23 Aoû - 11:24

« Charles qui ? Charles quoi ? Enfin ne réponds pas si tu n’en a pas envie, je ne veux pas avoir l’air de fouiner dans tes affaires. »

Bien qu’intrigué par ce garçon, mystérieux et détaché aux dires d’Alice, Rose ne voulait pas la forcer à en raconter plus qu’elle ne le voulait sur le sujet. Elle avait toujours veillé, de loin, mais avec bienveillance sur l’héritière de la famille Rosier, et était naturellement curieuse en ce qui concernait ce garçon. Mais Rose n’aimait pas forcer les confidences des gens et  elle avait assez confiance en le jugement de la jeune fille qui ne se laisserait pas aller à une relation en dessous de son rang. La Mangemorte estimait que de toute façon il n’y avait pas lieu de s’alarmer, Alice avait dix-sept ans, c’était tout naturel de tomber un peu amoureuse à son âge et de flirter. Tout le monde ne pouvait pas avoir la chance de Rose Shafiq, et rencontrer l’amour de sa vie à quinze ans.

Et justement, le sujet de conversation préférée de Rose, son cher et tendre mari arriva sur le tapis. Elle enroula une mèche de cheveu brun autour de son index, en repensant, un peu rêveuse, à sa première rencontre avec Riyadh.

« Tout de suite ? Oh non, ne le lui répète pas, mais la première fois que je l’ai vu, mes parents l’avait invité pour le thé et j’étais juste terriblement ennuyée d’avoir à lui faire la conversation. »

Elle s’en souvenait comme si c’était hier. Elle était en train de lire dans le jardin, quand Riyadh était arrivé, accompagné de ses grands-parents. Les adultes étaient parti discuter au salon, laissant les deux adolescents ensemble. Les parents de Rose cherchaient à la marier, mais avaient eu le bon sens de ne pas lui en parler avant, ce qui l’aurait à coup sûr mortifiée. Ils voulaient lui arranger rapidement un bon mariage, mais certainement pas la forcer à épouser quelqu’un avec qui elle ne s’entendait pas. En y repensant après coup, il y avait eu un nombre incroyable de jeunes hommes de bonne famille qui venaient soudainement prendre le thé au manoir des Shafiq : Craig Bulstrode, Alastair Travers, Declan Carrow, Rowan Lestrange et d’autres encore. Tous souriant, gentils, beau parleur, et acharné à perturber la tranquillité de Rose. Cet après-midi-là, elle avait passé un bon moment avec Riyadh, qui avait eu le bon goût de ne pas trop lui parler et de faire une partie d’échec.

« J’ai su, à force de passer du temps avec lui. On est souvent sorti ensemble cet été-là, on allait se balader à Londres, on sortait en bateau, on jouait au quidditch, on discutait pendant des heures. On s’est mis ensemble à la fin de l’été et on s’est marié cinq ans plus tard. »

Mariage qui durait depuis maintenant dix ans, et qui la rendait parfaitement heureuse. Rose avait parfois du mal à se supporter elle-même, sa maladresse, sa timidité, ses angoisses et son manque de confiance en elle la rendait parfois malade. Elle considérait que son mariage était ce qu’elle avait fait de mieux dans sa vie, et portait son bonheur avec fierté. Dans le microcosme des familles de sang-pur, où les mariages de raison prenaient bien souvent le pas sur les mariages de cœur, les unions heureuses pouvaient apparaître comme une marchandise rare.

La scène pouvait paraître inhabituelle à ceux qui ne connaissaient que superficiellement Rose. Il n’existait qu’un petit nombre de gens avec qui elle se sentait complètement à l’aise et avec qui elle parvenait à se comporter comme une personne parfaitement normale. C’était le cas lorsqu’elle était avec Alice, elle ne bredouillait pas des réponses à peine audibles, ne fixait pas ses pieds en essayant de se fondre dans le décor et pouvait tenir une tasse de thé sans la laisser tomber tant elle était nerveuse. La timidité de Rose n’était pas facile à apprivoiser, mais si vous y arriviez, elle se montrait une interlocutrice charmante, attentionnée, qui savait écouter et ne cherchait pas à avoir le dessus sur la conversation. Mais ces situations étaient rares, et la plupart du temps, essayer d’avoir une conversation avec elle était juste embarrassant.

Elle secoua la tête en entendant Alice protester. Rose savait mieux que personne la plaie qu’était la tendance à l’auto dépréciation et le manque de confiance en soi. Elle était bien décidée à fournir à l’adolescente les encouragements qu’elle ne recevait pas nécessairement chez elle.

« Mais non, mais non. Je suis sûre que tu as été très bien. Continue comme ça, et ne te laisse pas enfermer dans un rôle d’assistante pour Drago, tu peux faire mieux. »

Il était ironique d’entendre Rose donner des conseils aussi plein de bon sens, qu’elle n’était pas capable d’appliquer à elle-même. Elle qui depuis quinze ans s’adonnait à l’art du soufisme dans l’ombre de son mari.

« Et si Travers pense qu’il peut se permettre d’être sarcastique. Je m’occuperai de lui. »

Enfin, elle demanderait à Riyadh de s’en occuper. Son mari savait se montrer très persuasif dans ce genre de situation.

Si elle avait pu rougir, Rose serait probablement devenue écarlate en entendant l’enthousiasme dont faisait preuve sa jeune invitée à l’idée qu’elle devienne professeur à la rentrée. C’était à la fois gênant pour sa modestie, mais aussi réconfortant, elle aurait au moins une élève acquise à sa cause quand les cours commenceraient. Et ça serait une motivation de plus pour la pousser à réussir, ne pas embarrasser Alice en se comportant comme une parfaite godiche. Rose répondit aux questions qu’elle lui posait, les yeux fixés sur ses pieds, et ses explications sonnaient plutôt comme des excuses. Elle n’avait jamais su être à l’aise pour exposer ses propres réussites, elle les jugeait toujours si imméritées.

« Non, je n’ai pas encore proprement informé Chapman. Il le sait sûrement déjà d’ailleurs, j’enverrai un mot pour m’excuser de ne pas l’avoir prévenu moi-même, ce n’était pas très poli. J’ai eu le poste, parce que, parce que j’ai étudié les sortilèges à l’université magiques pendant cinq ans, et que le Ministère voulait des gens capable et de confiance pour enseigner. Je n’ai pas encore beaucoup de détails sur le déroulement des cours, je ne sais même pas quels seront mes collègues. Tout ça c’est organisé par Lucius Malefoy, donc, mal organisé. Heureusement, Yaxley sera le directeur. » Elle réalisa soudain la bourde qu’elle venait de commettre, elle essayait toujours de s’abstenir de critiquer ouvertement le gouvernement. Elle but une gorgée de thé, et ajouta d’un air gêné « Enfin, tout ça me rend plutôt nerveuse. »

Elle escamota rapidement le sujet de l’organisation des cours par le ministère, ne souhaitant pas trop débiner Force Puriste devant Alice, même si elle n’en pensait pas moins. Elle présenta les premières idées de cours qu’elle avait eu, cherchant l’approbation d’Alice. Elle comptait faire son premier cours sur le sortilège de mutisme, et commencer à travailler en informulé. Ce n’était pas très complexe, mais ça permettrait d’évaluer le niveau de chacun, l’école était fermée depuis deux ans et tous les élèves n’avaient pas pu bénéficier de cours particulier, Rose voulait donner les même chances à tout le monde.

« Malheureusement, les conséquences d’un serment inviolable sont souvent, funestes, je garderai ça pour un cours théorique seulement. Mais Piertotum Locomotor oui, si la classe a un assez bon niveau. »

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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Ven 25 Aoû - 14:18


Charles était un garçon qu’Alice ne connaissait pas si bien que ça, finalement. Elle le croisait régulièrement à Poudlard, elle discutait avec lui à l’occasion, de plus en plus souvent depuis cette fameuse soirée chez Tristan, avec Evan. Mais, finalement, elle n’en savait pas plus sur lui. Il était de sang-pur, c’était certain, et venait de France. Voilà, grossièrement, ce qu’elle avait à dire sur Charles. Même son nom de famille, Alice n’était pas sûr de le connaître. Enfin, si, mais elle oubliait souvent une syllabe. Alors elle évitait. Quelque chose comme De Sainte-Croix lui semblait impossible à prononcer correctement sans en écorcher les trois-quarts. Elle souriait, bêtement, à l’évocation du garçon. Elle n’était pas amoureuse, ce n’était pas aussi intense. Elle le trouvait carrément mignon, il l’intriguait, elle aurait voulu ne jamais être timide pour pouvoir l’aborder sans mal… mais rien de tout ceci n’était en lien avec une quelconque dépendance amoureuse. Ça non.

    - Tu serais quel genre de personne si tu fouinais pas dans mes affaires, enfin ? Une énième étrangère qui s’en fout de moi, au mieux ! Alors, bon, tu mérites quand même de savoir.


Rose avait toujours eu cette fâcheuse tendance à se croire inférieure, à minimiser ses envies, à se cacher derrière un voile invisible de timidité. Alice n’était pas la plus extravagantes des gamines de dix-sept ans. Mais elle avait cette liberté dans son cercle intime. Il semblait à la Serdaigle que Rose ne bénéficiait même pas de ce luxe. C’en était presque triste, Alice prenait parfois en pitié sa mère de substitution, sans jamais réellement lui montrer. Ce devait être usant de toujours se renfermer, s’amoindrir, face aux autres. Elle voulait lui redonner confiance en elle mais c’était un combat de longue haleine qu’elle ne gagnait vraisemblablement pas.

    - Charles… c’est un garçon de Serpentard, un français, un ami à Evan. Je l’ai rencontré en première année mais… enfin, je parle pas à beaucoup de gens. Alors on est juste restés ce genre de personne qui se disent « hé ! tu vas bien ? » sans jamais répondre. Mais y’a quelques temps, avant les examens, on est allé à une fête avec Evan et Charles était là. Et… c’est un charmeur. Tu vois ? Il est un peu grand, il est brun, il sourit tout le temps…Et à cette soirée, je le regardais pas mal. Et puis… tout est allé très vite. Voilà qu’un autre me saoule, alors je me casse, et là, Charles me rejoint, parce qu’en fait, j’étais partie me balader, et il… enfin, je sais pas trop ce qui lui a pris je t’avouerai, c’était assez soudain ! Il m’a embrassé.


Elle revivait toute la soirée avec un tel enthousiasme et une mine un peu troublée, qu’on ne savait bien pas dire si elle se sentait désarçonnée ou satisfaite. D’une certaine façon, on pouvait dire qu’elle était jeune et que c’était de son âge de se prendre au jeu des amourettes volatiles. Mais Alice avait une conception particulière des relations humaines et la futilité n’était pas un critère acceptable.

    - Je sais pas trop quoi en penser. Je suis contente, mais ça me fait tout bizarre, tu vois ? T’en dis quoi, toi ?


Car l’avis de Rose comptait. Probablement plus qu’elle ne le croyait, l’héritière Shafiq était dans la haute estime de la Serdaigle et ce n’était pas un cercle très ouvert. D’ailleurs, à l’évocation du mariage entre Riyadh et sa confidente, Alice se remémora quelques moments. Elle avait des brides de souvenirs, comme au mariage, vers ses cinq ans. Elle se souvient de quelques week-end passés dans cette maison. Elle sourit, c’était une drôle de sensation. Tout à coup, elle prenait conscience de l’importance qu’avait pu avoir Rose dans sa vie, du temps qu’elles avaient passé ensemble. Elle avait comme une sensation de vertige, elle perdait pied, croyant tout à coup qu’elle allait perdre cette proximité dans l’instant à venir.

La fille Rosier rit à l’idée que Rose corrige Travers. Elle savait que son mari n’était jamais très loin et, il fallait bien le reconnaître, en imposait sérieusement. Il faisait une sorte d’unanimité dans le monde puriste. C’était un mangemort imposant, redouté. Alice avait la chance de faire partie de son cercle privé dans lequel il était plus commode. C’était d’ailleurs, souvent le cas. Grâce à Chapman et à la réputation de son père, Alice s’attirait les meilleurs avis de la communauté fermée des partisans de Voldemort. On appréciait les Rosier, on les respectait, et la dernière des héritiers ne faisait exception. Elle n’en tirait aucune fierté particulière, mais reconnaissait le bienfait de ne pas se sentir pris entre plusieurs feux. Les puristes étaient des personnalités souvent malveillantes avec autrui, mieux valait être du bon côté de la barrière.

Alice n’était pas franchement une supportrice de Lucius Malefoy. Elle commençait à connaître son fils qui, de son point de vue, se débrouillait bien pour faire vivre son parti et donc remplir son contrat, mais elle ne trouvait pas qu’un type comme le père de son employeur réussissait là où il avait été placé. L’exemple type de son échec restait Poudlard qui avait une symbolique toute particulière dans le cœur de la Serdaigle. Ne pas entamer les travaux, leur faire perdre plus d’un an, c’était une trahison qu’elle ne pardonnerait pas facilement. D’une certaine manière, c’était pour faire bouger les choses qu’elle voulait entrer dans ce cercle professionnel. Motiver les projets, les aider à se concrétiser.
Néanmoins, parmi tout ce qu’elle racontait, Rose venait d’évoquer un point important.

    - Tiens, en parlant d’Université, tu pourrais m’aider ? Je n’ai pas eu le temps de me renseigner sur celles qui valent le coup, et quelle bourse peut-on obtenir ? Enfin, je sais vraiment pas tout ça, alors je me disais que tu saurais m’éclairer, toi ? Je sais pas trop ce que je veux étudier, l’Histoire de la Magie c’est sûr mais je crois que papi ne sera pas d’accord. Ou alors les sortilèges, mais je ne sais pas si ça me correspond vraiment ? Les sciences politiques magiques et sociales, peut-être ?


Il fallait être fou pour se lancer dans des études magiques sans réellement savoir où on foutait les pieds. Alice calculait toutes les possibilités, étudiait toutes les options. Evidemment, tout ceci la stressait, mais elle ne pouvait simplement pas sauter dans le grand bain sans s’être au moins préparée à ce qui l’attendait.
Rose serait de bon conseil. Elle qui avait suivi une formation à l’Université, elle saurait lui indiquer ce qui serait le mieux pour elle. D’autant plus qu’elle connaissait parfaitement Alice et savait ce qui lui correspondait, ou non, selon les formations. En parlant de formation, l’idée d’étudier le serment inviolable, même en restant théorique, ravivant le sourire d’Alice qui repartie de plus belle.

    - Olala ! ça va être passionnant tes cours ! J’ai tellement hâte ! Tu connais la date de ton premier cours ? C’est bizarre que tu ne connaisses aucun de tes collègues, non ? Comment tu vas gérer ton emploi du temps avec le Bureau ? Je suis sûr que Papi t’arrangera le coup. D’ailleurs…


Elle se stoppa, le temps de réfléchir. Voulait-elle aller plus loin dans cette discussion ? Elle était sur le point de se dévoiler sur un point qu’elle préférait garder secret. Mais… mais c’était Rose, et elle ne pouvait décemment pas la trahir en allant tout baver au grand-père. Elle ne la croyait pas capable d’un tel acte. Avec des pincettes, une voix plus discrète, jouant avec ses doigts, elle enchaîna.

    - Je me disais que, peut-être… enfin, c’est compliqué, mais je pensais à m’inscrire au Quidditch cette année… et … enfin tu connais Papi quoi. Alors je sais pas. Cassidy m’a conseillé de venir, mais je pense même pas passer les sélections donc c’est un peu bête. Tu as joué toi non ? t’étais à quel poste ? J’y connais franchement pas grand-chose, mais j’ai… je sais pas, comme une envie de me dépenser, tu vois ?


Ou de simplement faire ce qu’elle n’avait jamais eu le droit d’entreprendre. De vivre. Quelque chose de de fort, de passionnel, d’intense, avec les autres.

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MessageSujet: Re: Les Vrilles De La Vigne Dim 27 Aoû - 11:08

« Tu devrais lui envoyer un hibou et l’inviter à sortir. Passe du temps avec lui et  vois si votre relation peut aller plus loin qu’un baiser à une fête. »

C’était un peu paradoxal de se tourner vers Rose pour avoir des conseils sentimentaux. Elle avait eu son premier petit ami à quinze, et elle l’avait épousé. Elle n’avait jamais flirté, ou embrasser un autre garçon avant de connaître Riyadh. Et en dix ans de mariage, elle ne s’était même pas laisser aller à simplement regarder un autre homme. Elle n’y pensait même pas, ne voyait pas les autres hommes, son mari occupait la totalité de son horizon. Elle estimait qu’elle avait eu de la chance de trouver le bon du premier coup, leur relation était si calme et si simple et l’avait toujours été. Rose n’avait aucun regret, sa vie lui convenait, et elle ne rêvait pas d’une grande passion faites de disputes, de séparations et de réconciliations. Ce genre de relation devait demander plus d’énergie et de volonté qu’elle n’en aurait jamais de toute manière. Pour autant, elle estimait ne pas être totalement disqualifiée pour le rôle de conseillère sentimentale, elle n’avait peut-être eu qu’un seule relation dans sa vie, mais l’entretenait et la faisait durer depuis de quinze ans, chez les gens de son âge quelle connaissait, peu pouvait prétendre en avoir fait autant. À défaut de la quantité, elle avait au moins la qualité.

« Pourquoi pas tout de suite d’ailleurs ? Invite-le à aller boire un verre sur le Chemin de Traverse demain. »

Rose attrapa sa baguette, et à l’aide d’un sortilège d’attraction fit venir un hibou, une plume et un morceau de parchemin. Elle connaissait assez bien Alice pour penser que, si elle la laissait partir en comptant sur elle pour envoyer cette lettre, l’adolescente allait hésiter, tergiverser, probablement pendant des jours pour finalement ne pas envoyer l’invitation. Rose avait à cœur les meilleurs intérêts de la Serdaigle, et pensait qu’un petit copain lui serait bénéfique. Même si ce rendez-vous ne débouchait sur rien de sérieux, il lui permettrait de sortir un peu, les journées devaient être longues pour elle, avec ses deux frères partis, le manoir des Rosiers était trop grand et trop vide pour une adolescente seule. Elle mit la plume dans la main de la jeune fille et la poussa à écrire.

« Alors par quoi on commence ? Mon très cher Charles ? C’est un peu trop formel. Salut Charles ? Ça l’est peut-être pas assez... »

La pousser à aller à un rendez-vous avec ce garçon était la manière de Rose de montrer à Alice son approbation. C’était une jeune fille sérieuse qui passait plus de temps avec ses livres qu’avec des jeunes de son âge. Elle avait bien mérité de sortir et de s’amuser un peu. Les meilleurs souvenirs d’adolescence de Rose était ses rendez-vous à Pré-Au-Lard avec Riyadh, et elle souhaitait qu’Alice puisse elle aussi avoir d’aussi bons souvenirs. Elle allait avoir dix-huit ans à l’automne, avant de s’en rendre compte elle serait une adulte avec des responsabilités, il fallait qu’elle profite du temps qu’il lui restait pour s’amuser un peu. Rose n’était pas la mère d’Alice, et elle était plus jeune que l’aîné de ses frères, c’était une figure maternelle pour l’adolescente, mais le faible écart d’âge entre elles permettait à Rose de jouer les grandes sœurs et de la pousser gentiment en dehors de sa coquille.

Une fois la lettre envoyée, entre deux éclats de rire, la discussion redevient sérieuse. Les études étaient un sujet brûlant pour Alice, qui n’était pas à Serdaigle pour rien. Rose ne put s’empêcher de sourire, la jeune femme pensait déjà à l’université alors qu’elle venait tout juste d’avoir ses B.U.S.E.s.

« Du calme, du calme. Tu vas entrer en sixième année, as-tu seulement réfléchis aux matières que tu allais continuer en A.S.P.I.C ? Je sais que tu es douée dans toutes les matières, et qu’il est tentant de toutes les poursuivre, mais tu vas devoir en abandonner certaines. »

Le passage en second cycle était un grand changement pour les élèves. Jusqu’en cinquième année, le travail demandé était encore superficiel, on était encore dans la découverte et l’on effleurait à peine le sujet. Choisir de poursuivre une matière au niveau des A.S.P.I.C.s en revenait à commencer à se spécialiser dans un domaine, le niveau était assez élevé pour permettre aux sorciers d’entrer directement sur le marché du travail, ils n’étaient pas si nombreux à poursuivre les études à la sortie de Poudlard. Rose conseilla à Alice de se limiter à cinq ou sept matières, sous peine de se disperser et d’obtenir de moins bons résultats à la fin. Et avec la configuration des cours donnés au Ministère, et les deux années de fermeture de Poudlard, les professeurs allait demander aux élèves beaucoup plus de travail personnel, et ils passeraient plus de temps à l’ombre des bibliothèques qu’à paresser au soleil.

« Bien sûr, tu n’es pas autorisée à abandonner les sortilèges. Tu verras, le niveau est plus poussé en second cycle, ça serait plus simple pour toi d’y voir clair et de décider de ce que tu veux faire. »

Rose sourit en entendant Alice vers preuve d’autant d’enthousiasme à l’idée d’assister à ses cours. Ça lui faisait du bien et lui donnait confiance en elle. Elle allait enseigner et la rentrée, et elle n’en mourrait pas. Il n’était pas simple de prendre la suite du professeur Flitwick, mais elle y arriverait.

« Je ferai de mon mieux pour qu’ils soient à la hauteur de tes attentes. Les cours commenceront en Novembre, je ne sais même pas encore exactement combien d’élèves j’aurai, certains parents hésitent encore à envoyer les élèves au ministère, et préfèrent continuer à enseigner à la maison ou les envoyer à l’étranger. Mais j’aurai au moins toi et Evan comme élèves, c’est sûr, et pour le reste, on verra. » Elle contempla pensivement sa tasse lorsque le sujet du bureau des Mangemorts fut abordé. « J’ai peur de devoir renoncé au bureau des Mangemorts, je ne suis pas indispensable, mais je n’aime pas laisser Riyadh partir seul avec Walden, puis, je n’aime pas l’idée d’être au chaud à l’école pendant que les autres prennent des risques sur le terrain. J’espère que je pourrai au moins rester disponibles pour les missions importantes. »

Rose méprisait, sans jamais le dire, les Mangemorts qui s’enfilaient dans une niche confortable et s’arrangeait toujours pour être débordés quand il s’agissait d’aller affronter des résistants de l’Ordre. Enseigner était une fonction honorable, et utile aussi, mais moins que de travailler pour le bureau, elle ne voulait pas devenir l’une de ces planqués.

« J’ai joué comme poursuiveuse, pendant deux ans. On m’a un peu forcé à entrer dans l’équipe, c’était une idée de McGonagall. Je m’en serai bien passé. »

Rose avait demandé l’autorisation d’aller jouer sur le terrain, hors des heures d’entraînement. Elle n’avait pas l’ambition d’entrer des l’équipe et voulait simplement s’amuser un peu. Elle volait depuis qu’elle était enfant, mais n’aurait jamais osé se présenter aux sélections pour l’équipe de Gryffondor, malgré les sollicitations du professeur McGonagall. Le matin du dernier match de la saison, l’équipe s’était retrouvée avec une poursuiveuse en moins et sans remplaçant désigné. La directrice de Gryffondor était venue la chercher à la table du petit déjeuner, pour annoncer à Rose que c’était elle qui prendrait la place de poursuiveuse pour le match. À sa grande surprise, les autres élèves avaient été plutôt enthousiastes à cette idée, la mère de Rose, Sabira, était poursuiveuse de L’Orgueil de Portree et jouait aussi en équipe nationale, alors sa fille saurait sûrement se débrouiller. Rose eut à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivait, qu’elle était dans le stade, faisant face à l’équipe de Poufsouffle. Elle ne gardait aucun souvenir du match, mais avait dû bien se débrouiller, puisqu’à la rentrée suivante, elle avait une place officielle dans l’équipe.

« Si tu as envie de jouer, lance-toi. Je ne savais même pas tu jouais, tu as déjà un balai ? Tu t’entraînes un peu ? Je pense quand même que tu devrais en parler à ton grand-père, je lui en toucherai un mot si tu veux.  Je ne lui dirai rien si tu ne veux pas, mais il finira sûrement par le savoir. »


Rose contempla la mer par delà la baie, en observant Alice du coin de l’œil. Les autres ne l’avaient peut-être pas encore remarqué, mais : un petit ami, un travail, un engagement politique et maintenant le quidditch. Sans faire de vagues, Alice était en train de prendre son indépendance.

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