POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Faith and Trust || Tom

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Anne Fraser


MessageSujet: Faith and Trust || Tom Ven 25 Aoû - 2:32

Chez les sorciers, la majorité vient à dix-sept ans. Il est de bon ton d’offrir une montre à sa progéniture. Anne n’avait jamais réellement compris la symbolique derrière ce cadeau. Etais-ce pour marquer le temps qui passait ? La longévité des sorciers étant bien plus longue que celle des moldus, elle ne voyait pas la nécessité de le marquer aussi tôt dans la vie d’un adolescent. Un an plus tard venait la majorité chez les moldus. Pour l’occasion, ce n’était pas une montre qu’Anne avait reçu. Ses parents et son frère avaient voulu faire les choses en grand pour l’anniversaire de la cadette de la famille. Souvent à Londres, ils lui avaient acheté une maison près de la Tamise dans le quartier de Chelsea. Très touristique, c’était également un des plus beaux quartiers de Londres où se côtoient une partie des grosses fortunes d’Angleterre. Fleuris en été, agréable en toutes saisons, il était également plein d’histoire puisque de grands peintres et écrivains y avaient résidés. Non loin, vers King’s Road, on y trouvait toutes les boutiques de luxe,  sans compter le Victoria and Albert Museum.

La maison se trouvait dans une rue assez fréquentée. Elle faisait partie d’un bloc d’anciennes maisons construitent à l’identique sur l’ensemble d’une rue. La façade, beige et blanche donnait un côté lumineux à la maison. Un grand porche flanqué de trois colones blanche faisait office d’entrée avec une double porte de la même couleur. Signe que la maison était ancienne, discrètement sur la droite, on trouvait encore, fermée par une barrière de métal, l’escalier de service qui permettait jadis aux domestiques d’entrer dans la maison par le sous-sol où se trouvait les cuisines et pièces du personnel.

Arpentant le petit salon qui donnait sur la rue, Anne tripotait les partitions qui traînaient sur son piano. Ses pas étaient étouffés par le tapis qui recouvrait un ancien parquet. Tom, comme Adrian d’ailleurs, n’étaient jamais venu ici. A l’époque où ses parents lui avaient offert sa maison, elle l’avait trouvé trop grande et trop ostentatoire pour quelqu’un de son âge. Elle avait donc décidé de la louer et d’acheter un appartement plus modeste sur le Chemin de Traverse. C’était la mode à l’époque et elle avait adoré faire comme tout le monde. Quoi de plus agréable pour une jeune femme que de posséder un appartement à proximité de tout. Ses amis et sa famille étaient déjà venus dans son ancien appartement, mais en général, Anne préférait aller chez les autres. Aussi, vers la fin de leur relation, quand Anne avait décidé de retourner habiter à Chelsea plutôt que sur le Chemin de Traverse, elle n’était plus allée que chez Thomas. Ce n’était pas qu’elle avait honte, mais même en faisant partie des familles les plus aisées du monde sorcier, elle rechignait à étaler devant les autres sa fortune et encore plus à les introduire dans une maison qui faisait très moldue. La maison dénotait réellement pour une sorcière et elle avait toujours préféré ne pas donner d’explication. Avec deux salons, une bibliothèque, une salle de billard, deux salles à manger, une cuisine à faire pâlir d’envie certaine matrone, cinq chambres et autant de salle de bain, sans compter un charmant petit jardin avec une jolie terrasse, on ne pouvait pas dire que le mot modestie fasse partie du vocabulaire de sa famille. À résidence, elle avait un Intendant, une femme de ménage et cuisinière. Ses parents estimaient que la fille d’un pair du Royaume ne pouvait pas avoir moins, ils avaient du mal à comprendre qu’elle n’en avait guère besoin vu le peu de temps qu’elle passait chez elle.

Pour l’occasion, elle avait renvoyer l’ensemble de son personnel. La jeune femme préférait largement qu’il n’y ait pas le moindre témoin ce jour là. Enfin, elle entendit quelqu’un sonner à la porte, elle regarda par la fenêtre, c’était eux. Ils avaient suivis ses instructions et avaient des vêtements moldus sur eux. C’était plus important pour Tom qu’Adrian, mais tout de même, elle préférait éviter d’attirer l’attention. Elle même avait revêtus un ensemble moldus. Elle portait un jean serrant avec des chaussures à talon beige ainsi qu’un chemisier léger vu l’époque de l’année. Ses bijoux étaient clairement de facture moldues. Rien de trop ostentatoire, mais d’une grande finesse. Elle ouvrit la porte, un sourire un peu crispé aux lèvres, c’était la première fois qu’elle invitait quiconque ici, mais aussi la première fois qu’elle voyait Thomas depuis l’incident aux Sabots de Bacchus.

- Bienvenue, entrez, vous n’êtes jamais venu ici je pense. Suivez-moi.

L’entrée était richement décorée de marbre, l’ensemble datait du début du vingtième siècle et les travaux successifs que les anciens propriétaires avaient fait dans la maison avaient toujours veillé à garder le style de l’époque. Elle monta les escaliers jusqu’au premier étage, les garçons à sa suite. Elle les mena à la bibliothèque où elle avait déjà fait préparer des rafraichissement. Elle ouvrit une carafe de cristal dans laquelle se trouvait du Whisky qu’elle proposa à la cantonade.

- Je vous sers ? Ce n’est pas du pur feu, mais il est très bon.

Il ne fallait pas demander comme elle était stressée si elle décidait de boire en plein après-midi. Une fois les boissons servies, elle s’assit un sofa rouge près de la cheminée.

- Bon. Je ne sais pas vraiment par quoi commencer alors je vais aller droit au but. Je vous ai demandé de venir pour une raison bien précise.
Elle se tourna d’abord vers Adrian. Tu sais que je te fais confiance et je sais que tu ne poses pas de questions, pas trop en tout cas. Je te demanderai une faveur pour aujourd’hui, oublie le peu que tu vas voir et peut-être qu’un jour je pourrais en parler librement avec toi, mais pour le moment ….

Elle soupira.

- Ce que je dis n’a aucun sens, je recommence. Adrian, j’ai besoin que tu sois l’enchaineur d’un serment inviolable entre Thomas et moi.

Il y eut un silence probablement dû à la surprise. Elle jeta un regard un peu triste à Tom accompagné d’un sourire et dit :

- Je t’ai dis qu’on devait parler, mais je ne peux pas le faire sans garantie. Si tu me fais confiance, c’est le moment de me le prouver, tu sais que je ne ferais contre ton intérêt.

Tom, peut-être trop surpris pour refuser, n’émit pas d’objection. Anne fit un signe à Adrian et se leva en même temps que les deux hommes. Elle joignit ses mains à celle de son ancien amant, frissonnant un peu au contact tant ça faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas touché. Elle était un concentré de stress et émotions diverses qu’elle refusait d’analyser pour le moment. Elle savait que si elle réfléchissait rationnellement, son cerveau lui dirait que serment inviolable ou pas, ce qu’elle faisait était une mauvaise idée. Elle allait transférer le poid de son secret sur quelqu’un qui n’avait rien demandé.  Elle énonça ses conditions en terme clair et précis. Tout ce qu’il verrait, entendrait ou qu’elle lui dirait aujourd’hui ne pourrait jamais être utilisé contre elle, ses héritiers ou sa famille. Ce secret resterait entre eux deux et il ne serait autorisé à le partager qu’après sa mort si ça ne nuisait pas à l’un de ses proches. A chaque clause, une chaîne de feu rougeâtre jaillit de la baguette d’Adrian, scellant le pacte des deux amis. Le serment fait, ils finirent leur verre en silence et Anne les invita à descendre avec elle jusqu’au salon. Là- bas, elle prit un sac à main et une veste courte qu’elle enfila par dessus son chemisier. Ses lunettes de soleil sur le nez, elle s’excusa auprès d’Adrian.

- Merci encore, je vais devoir partir avec Tom, mais tu ne sauras pas transplaner d’ici et mes cheminées ne sont pas connectées aux réseaux.


Ils se saluèrent et une fois Adrian parti, Anne fouilla dans son sac pour trouver ses clés. Devant chez elle, une longue berline noire clignota. La voiture déverrouillée, Anne ouvrit la porte pour laisser Tom s’installer du côté passager tandis qu'elle prenait place derrière le volant. Elle ne lui avait jamais dit qu’elle pouvait conduire et l’avait toujours laissé prendre le volant malgré sa conduite incertaine. Elle démarra la voiture et s’engagea sur la voie avec une aisance qui trahissait ses quinze ans de conduite. Sortant son téléphone, elle ne laissa qu’une main sur son volant et composa un numéro en ne jetant que de petit coup d’oeil à la route qu’elle connaissait bien.

- Edward ? J’espérais tomber sur toi. Je devrais être à la maison d’ici une heure. Tu peux demander à Parkins qu’on prépare une chambre pour moi. Oui, je sais, la mienne est toujours en travaux. La princesse Amélia sera parfaite. Si je reste dîner ? Je ne sais pas encore, ça dépendra. Ils sont de sortie ce soir ? Toi aussi ? Oui, peut-être alors. Dis aux cuisines de préparer deux couverts, un dîner simple si possible
.

Elle referma le téléphone et le mit sur le tableau de bord avant de se tourner vers Tom avec gentillesse.

- J'imagine que tu as des questions ? Tu comprendras rapidement, ne t’inquiète pas. Tu pourrais même le deviner je crois, mais c’est tellement gros que ça ne te viendrait pas à l’esprit. Elle eut un rire amusé. Honnêtement, si c’était moi, je n’y croirais pas non plus. Quoiqu’il en soit, je peux déjà te dire où on va. Charlton Park, c’est un peu en dehors de Londres, mais pas très loin.

Ses mains sur le volant, elle conduisait tout en le regardant à la dérobade.

- Et … elle hésita. Comment vas-tu ? Je suppose que ta copine va bien aussi.
C’était gamin, mais elle refusait tout net de prononcer le nom de cette fille. On ne se refaisait pas.


Dernière édition par Anne Fraser le Dim 15 Oct - 20:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Sam 26 Aoû - 2:02


C'était une relation saine et sérieuse. Ils s'entendaient bien, réellement bien, sans inégalités ni coup bas. Exactement ce dont il avait besoin, jugeait Tom, sans trop se demander si c'était nécessaire pour oublier Anne ou s'il recherchait vraiment cette relation. Charlie Considine était drôle et sérieuse, sans jamais être méchante. C'était quelqu'un de bien. Les choses n'étaient pas compliquées.

Évidemment, avec Tom, ça ne pouvait pas durer. Le matin du jour où il avait écrit à Anne qu'il la verrait, ils discutaient encore chez elle, à Ballycastle, alors qu'il tentait de se donner une mine présentable.

« Je pourrais miser entièrement sur des jeunes, mais il faudrait du temps pour les former et pour gagner la coupe cette année ça fera trop juste. Si Richard veut bien investir on peut tenter de recruter des joueurs d'expérience, les meilleurs...»
Il fronça les sourcils et se tourna vers Charlotte, ne se sentant pas écouté le moins du monde. « Eh, tu rêves Charlie.Et tes pancakes crament.» Il passa gentiment sa main dans ses cheveux. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Elle lui tourna le dos un instant, signe que ça n'allait pas, puis lui dit d'un ton froid :

« Je n'arrive toujours pas à croire que tu ailles voir cette fille. Franchement. C'est presque insultant pour moi. »


Il leva les yeux au ciel. C'était reparti pour un tour : il avait eu le malheur de dire à Charlotte qu'il avait rendez-vous avec Anne, et la scène se répétait inlassablement depuis. Avec lassitude, il songea qu'il était quand même assez patient, et se félicita lui-même. Il n'entrait pas dans la nature de Tom d'être patient. Du tout. Essayant de retenir son agacement, il expliqua posément :

« Charlie, s'il te plaît, on en a déjà parlé. Ça n'a rien contre toi, vraiment, c'est fini entre nous. J'y vais avec un pote. Il ne se passera rien. Il faut me croire, un peu.

- Justement, Thomas. Après ce qu'elle t'a fait ? Je ne comprends même pas comment tu peux encore lui adresser la parole. Pourquoi tu persistes.
- Je sais que c'est compliqué. Mais je peux pas l'ignorer toute ma vie. On se connait depuis qu'on a onze ans, Anne et moi...ce n'est pas seulement une ex, c'est ma meilleure amie.»
Il lui adressa un sourire. « Me fais pas la gueule. S'il te plaît.
- Hmmm.» Moue boudeuse. Sourire. Elle l'embrassa. Il avait gagné l'argument, encore une fois. « Tu rentres ce soir ?
- Demain, je passerai voir mes parents. On se voit très vite, je file, sinon je vais louper le Portoloin au village. »

Tom attrapa une veste et sortit de l'appartement pour rejoindre le Portoloin, une vieille botte. Deux autres sorciers le prenaient, et ils se retrouvèrent bien vite sur le chemin de Traverse. De là, Sally rejoignit Adrian, qui l'attendait au Chaudron Baveur. Ils gagnèrent ensuite le côté moldu et de là le quartier de Chelsea.

Tom songea qu'il avait bien fait de mettre une veste et une chemise. Même son jean, sombre, était plutôt correct. Le paysage était celui d'un quartier huppé, exactement le coin de Londres qu'il n'avait jamais fréquenté. Tom connaissait plutôt bien le côté moldu de la capitale anglaise, son père, fils de moldu londonien, l'y avait emmené depuis son enfance, il avait encore son deuxième appartement et depuis son adolescence, il y avait traîné avec Al, entraînant au choix Fenton, Orion, Adrian ou à l'occasion Betty avec eux. Encore aujourd'hui, Tom appréciait les bars de Camden. La culture moldue lui parlait. Le rock, les bars, la technologie, les bagnoles, Tom Sallybanks adorait.

Rien de cela n'avait vraiment sa place ici, constata-t-il, alors qu'il observait la maison où Anne lui avait donné rendez-vous. C'était un autre monde. Tom ne s'y sentait pas mal à l'aise, mais ce n'était pas son monde. Il sonna tout de même et fut content de trouver un visage familier dans ce lieu.

Ça lui allait bien, à Anne Fraser, la mode moldue, mais Tom se retint de faire la remarque, même si il allait de surprise en surprise. Il n'avait pas souvent vu la jeune femme autrement que portant des robes de sorcières. Ou nue, alternativement. Il balaya cette pensée de son imagination, elle l'entraînait sur une pente dangereuse.

Ça devenait bizarre. On parla serment inviolable. Ça allait trop vite pour Tom, qui se demandait un peu abasourdi ce qu'il allait découvrir. Il accepta le serment sans broncher, trop surpris pour râler, l'esprit plein de questions.

Il avait toujours cru connaître par cœur Anne Fraser. Ils se connaissaient effectivement depuis vingt-trois ans maintenant. Même âge, même maison, nom de famille proche (Emerald, Fraser). McGo avait décidé de les mettre en binôme parce que Tom aimait la métamorphose et que Anne y excellait. Ça rapprochait, forcément. Ils avaient joués ensemble au quidditch. Ils avaient bu jusqu'à crever ensemble, ils connaissaient le pire et le meilleur de chacun d'eux. Imaginer qu'il y avait quelque chose d'autre terrifiait Tom, parce que elle, elle savait vraiment tout, sur lui. Il se rassura en se disant que malgré tout, Anne ne pouvait pas être une personne totalement différente de celle qu'elle prétendait être et jura par deux fois d'une voix assurée.

Il termina son verre et suivit Anne et Ady en bas. D'ailleurs ils abandonnèrent Rosier rapidement pour partir en voiture.

« Jolie bagnole, je comprends pourquoi tu te moquais de ma Rover.»
Il soupira, mal à l'aise : « Tu sais pourquoi j'ai appris à conduire ? Le répète pas, mais j'ai terriblement peur quand quelqu'un d'autre conduit, mon père est un vrai chauffa...ah, bah tu es comme lui. »

Constat évident vu qu'elle conduisait d'une main, un téléphone dans l'autre. Tom s'accrocha à son siège en silence, tâchant de se détendre. Il réussit finalement à sourire :

« Un manoir, hm ? J'ai vraiment bien fait de mettre une veste, alors. Tu peux être fière de moi, franchement, vu ce qu'ils m'imposent pour les galas du club... sérieux, j'ai l'air crédible avec un nœud papillon, tu trouves ? »
Il était bavard. Ça meublait le vide, la gêne, qui restait. « Cela dit, puisque tu en parles, j'ai une question. T'as combien de maisons en définitive ? Ça va te sembler idiot, mais je m'y perds.» Il réfléchit encore un moment et ajouta : « Je peux demander qui sont les gens dont tu parlais au téléphone ?»

Paradoxalement, tout ça demandait moins d'efforts à Tom que d'évoquer leur relation. Il mit un peu de temps à répondre, tenant à choisir le bons mots.

« Moi, ça va. Je fais ma vie avec le club, c'est bien. J'avais oublié que le quidditch me manquait à ce point. Charlie...eh bien, je dois dire qu'elle ne t'aime pas trop non plus, si je suis honnête. Je fais un peu office de fusible.»
Il haussa les épaules. Il la sentait blessée mais peu encline à l'avouer, et il ne voulait pas d'une autre dispute. Il lança gentiment : « Je suis désolé que tu l'ai appris comme ça, je voulais te le dire moi même, mais connais Sorcière Hebdo...» Il ajouta d'un ton qui se voulait dégagé : « Toi, ça va ? Hyp, aussi ?»

Une question sur deux de sincères, c'était bien, déjà. Il finit par sourire se tourna :

« Je suis content qu'on arrive à se voir, tu sais, sans être vexant ou quoi que soit du style. Tu m'as manqué, Anne, vraiment. »

____________________________________



WHO THE FUCK IS ROBIN HOOD ?



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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Sam 26 Aoû - 16:59

Inviter Tom à venir la voir ? C’était venu un peu sur un coup de tête. Pour être honnête, depuis leur rupture, les choses étaient étranges. On ne pouvait pas leur en vouloir. Peu de couple essayaient de rester en bon terme après une rupture. C’était un exercice difficile qui demandait beaucoup de discipline. Il fallait admettre qu’on était plus en couple. Première étape, mais probablement la plus difficile. On abandonnait les vieux réflexes et cette espèce de familiarité qui s'installe entre deux personnes quand elles avaient franchis un cap dans leur relation. Somme toute, il fallait faire un pas en arrière. Ce n’était pas donné à tout le monde. Quand ce point là était acté, il fallait encore réussir à se détacher. Dans le cas d’Anne comme de Tom, admettre qu’ils pouvaient désormais avoir une vie qui ne concernait pas l’autre. Ca avait toujours été le cas, Anne avec ses mensonges et Thomas avec sa double vie, mais c’était assumé. Autant dire que cette étape n’était pas une franche réussite. Tom avait relativement mal pris l’annonce plus ou moins officielle de sa relation avec Hypérion quand elle-même s’était sentie vexée qu’il puisse se consoler si vite dans les bras d’une autre. Son argument (elle était de mauvaise foi et le savait) était qu’elle connaissait Hypérion depuis longtemps, ils s’étaient longtemps tourné autour et il était naturel que les choses se soient faites. Du point de vue de la jeune femme, ce n’était pas fort professionnel de se faire une joueuse de son équipe que l’on connaissait à peine. Néanmoins, elle savait que c’était un relent de vieille jalousie qui venait la chatouiller quand elle disait et qu’il fallait qu’elle apprenne à se distancer. Plus facile à dire qu’à faire.

Les choses étaient donc tendues, mais ne devaient pas nécessairement le rester. Ils étaient amis depuis plus de vingt ans. Anne était une femme têtue et elle refusait que cette histoire mette fin à leur amitié. Elle avait toujours eu gain de cause, il n’y avait pas de raison que ça ne soit pas le cas encore une fois. La lettre de Tom lui donnait une bonne excuse pour renouer le contact après le désastre de la soirée d’anniversaire de Cassidy, elle lui avait demandé de venir la voir sur un coup de tête. La lettre envoyé, elle s’était assise et demandé si elle était vraiment sûre d’elle. Finalement, elle avait écrit à Adrian pour lui demander d’accompagner Tom chez elle. Le pauvre, il n’avait pas dû comprendre ce qui c’était passé. Elle regrettait parfois de ne pas pouvoir parler librement, mais le risque qu’elle prenait aujourd’hui était déjà assez gros.

Maintenant qu’ils étaient dans la voiture, Tom était étrangement calme. Il y avait de quoi. Dans sa lettre, elle lui avait dit le strict minimum. Elle voulait qu’elle en sache le moins possible. C’était une façon de le mettre au pied du mur et de l’empêcher de refuser le Serment Inviolable. Nul doute que si Joe Emerald avait été là, il aurait pesté, désapprouvant ses méthodes dignes du Ministère. Elle n’aurait pas vraiment pu lui donner tort, heureusement pour elle, cette histoire n’était qu’entre son fils et elle. Rien d’autre.

- Je ne me moquais pas, s’entendit-elle répondre avec un sourire. J’aime beaucoup ta Rover, c’est juste qu’elle n’est pas très pratique pour moi. Et puis, je me sers rarement de la mienne. J’ai un chauffeur généralement ….

Elle se sentit gênée de le dire, un peu comme si elle était volontairement snob. Anne ne l’avait jamais été, mais apprendre à conduire avait été un défis chez elle. Son père avait protesté qu’elle n’en avait pas besoin. Très vieille angleterre, il n’aimait pas la voir au volant et avait protesté avec force.

- Anne, Jones te conduira où tu voudras quand tu seras à la maison. Tu n’as pas besoin de ça et puis tu peux….

Il s’était tourné vers sa femme en quête de soutiens.

- Comment est-ce que ça s’appelle encore ? Ce que ta mère fait quand elle vient nous rendre visite.
- Transplaner, William.
- Voilà, tu peux transplaner !

Rien n’y avait fait. Anne voulait apprendre à conduire et comme d’habitude, elle avait obtenu gain de cause. Elle utilisait le chauffeur de ses parents quand elle le désirait, mais elle était capable de se déplacer seule dans le monde moldu sans ça. Pourtant, ses années de pratique ne semblait pas rassurés Tom qui n’avait pas l’air à l’aise. Elle eut un rire lorsqu’elle finit sa conversation téléphonique.

- Peur, toi ! Quand je pense qu’on a déjà volé à deux sur le même balai plus d’une fois. A ta place, j’aurais plutôt eu peur que je sois une mauvaise joueuse et que je nous fasse faire un accident, tu sais. Ne te tracasse pas, ton secret est bien gardé avec moi et puis je conduis très bien tu verras.

Le temps que Thomas se mette à l’aise, il y eu un silence. Ca arrangeait Anne qui ne savait pas exactement par où commencer. Ils échangèrent d’abord des banalités avant que les questions plus ou moins sérieuse ne commencent. L’avantage, puisqu’elle conduisait, c’est qu’elle pouvait faire semblant d’être obligée de se concentrer sur la route.

- Un manoir, dit-elle lentement. Oui, je suppose que c’est plus ou moins ça. Elle jeta un oeil aux vêtements de Tom et sourit gentiment. Je ne suis pas snob, les gens que tu vas rencontrer non plus contrairement à ce qu’on pourrait croire. La façon dont tu t’habilles ne m’a jamais posé de problème. Elle haussa les épaules et ajouta : Ca fait partie de ton charme. C’est juste que … de mon côté, on m’a toujours dis que j’avais un certain standing à respecter et c’est simplement devenu une habitude. Un peu comme d’enfiler une vieille chaussure tu vois. Je ne me vois pas mettre autre chose. J’ai vu les photos tu sais, celle de Sorcière Hebdo. Le costume te va bien, la barbe aussi cela dit. J’aime bien, ça habille ton visage.

Nerveuse, elle parlait beaucoup et elle avait envie d’une cigarette. Elle entrouvrit un peu la fenêtre, faisant virevolter ses cheveux dans tous les sens.

- Regarde dans mon sac si tu veux bien. Il y a un paquet de cigarette, tu ne veux pas m’en allumer une ?

Il le fit et lui passa, elle tira une bouffée, puis deux avant de lui proposer de la prendre. Eux deux fumant la même cigarette comme quand ils étaient adolescents.

- J’ai quatre maisons, je suppose. Elle répondait enfin à sa question. L'appartement sur le Chemin de Traverse. je l’ai mis en location avant qu’on ne se sépare. On vivait presque exclusivement chez toi et j’étais un peu lassée du Chemin de Traverse. C’était amusant quand on était jeune de tous vivre dans le même quartier, à proximité de tout, mais parfois j’ai envie de calme, alors j’ai repris ma maison à Chelsea. C’est un cadeau que j’ai reçu pour mes dix-huit ans. Tu te souviens de la maison de mes grands-parents, tu es venu un été avec Betty, Al, Adrian et Ashley, je crois.

La vieille bâtisse de Réginald Fawley était le quartier général de ses petits enfants pendant l’été. Perdue dans la campagne anglaise, c’était une grande résidence confortable. La tradition avait voulu que chaque été, tout le monde s’y retrouve pour les deux mois de vacances. Les parents y laissaient leurs enfants et ceux-ci invitaient leurs amis pendant l’été. C’était toujours un joyeux va et vient sans prétention. Ils étaient nombreux et l’ambiance était toujours joyeuses. C’est là, qu’officiellement, Anne avait résidé pendant son enfance.

-  On ne peut pas dire qu’elle soit à moi. Grand-père en est le propriétaire, mais c’est la maison familiale. Elle hésita et ajouta plus bas : La quatrième, c’est Charlton Park, la maison de mes parents.

Quand Anne était arrivée à Poudlard, on lui avait préparé une histoire toute faites pour justifier son statut de sang. Ses parents étaient décédés lors d’un accident à l’étranger et on avait rapatrié l’enfant qui avait été éduqué par ses grands-parents depuis l’âge de huit ans. Les orphelins n’étaient pas courant et peu de personne s’étaient aventurés à lui poser des questions sur ceux-ci. Elle-même n’en parlait pas à moins qu’on ne lui pose une question. Sa famille, à Poudlard, était tellement nombreuse qu’au final, tout le monde en était un peu venu à oublier le fait qu’elle n’avait pas de parents. Très proche de ses cousins, ils évoquaient au final une bande de frères et soeurs relativement soudée. Un mensonge tellement répété et intégré qu’elle finissait parfois à se prendre au jeu. En parlant de la maison de ses parents, on pouvait toujours pensé qu’elle parlait d’un héritage, mais certainement pas que ceux-ci étaient encore vivant. A présent, il fallait qu’elle explique à son ami le plus cher que voilà vingt-trois ans qu’elle lui mentait. C’était dur et elle retardait le moment comme elle pouvait en discutant de choses et d’autres. Elle esquiva la question sur la personne à qui elle parlait au téléphone et passa à autre chose, presque heureuse de pouvoir un peu craché sur celle qui la remplaçait.

- Elle serait idiote de m’apprécier . Aucune ex n’aime celle qui la remplace et vice versa, même quand la séparation a été faite d’un commun accord. Je suppose que mon invitation ne l’enchante guère ? Tant pis. Hypérion aussi apprécierait probablement peu de son côté. Il va bien, toujours le même. Elle haussa les épaules lorsqu’il parla de la façon dont elle avait appris la nouvelle. Je suppose, même si je n’ai pas le droit, que je l’aurais mal pris peu importe la façon dont je l’aurais appris. C’est la même chose pour toi. Le plus difficile, c’est aussi de voir l’autre tourner la page.

La route filait, le temps tournait et bientôt ils arriveraient à destination,  il fallait qu’elle parle.

- Je suis contente de te voir aussi. On est pas fait pour rester fâché, c’est bien trop pénible, même si je ne suis pas certaine de rester dans tes bonnes grâces longtemps. La cigarette était finie depuis longtemps et elle en aurait bien voulu une deuxième, mais elle s’abstient. Tu me demandais à qui je parlais au téléphone tantôt, c’était mon frère, Edward, tu vas le rencontrer quand on arrivera, je pense. C’est mon aîné de deux ans. Elle se racla la gorge et annonça la suite d’une voix moins assurée. Je voulais profiter de l’occasion pour te présenter mes parents aussi … Si tu veux bien.

En trente trois ans, Anne n’avait jamais été du genre à rougir, pourtant, maintenant qu’elle dévisageait Tom du coin de l’oeil en regardant la route de l’autre, elle savait qu’elle n’avait pas l’air aussi sûre d’elle l’aurait voulu. Pire, son visage avait probablement pris une teinte assez inhabituelle, ne sachant pas s’il devait virer au blanc ou au rouge. Une chose était sûre par contre, son estomac, lui, se tordait dans tous les sens.


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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Dim 27 Aoû - 1:50

Ca avait été rude, Tom l’admettait, ce n’était pas une séparation comme il en avait toujours vécu. Parce que c’était particulier, parce que c’était Anne, ça ne pouvait pas en être autrement supposait-il a posteriori, puisqu’a priori, ils n’envisageaient pas de se séparer. Il avait ce qu’il avait pu. Il y avait des livres pour ça, des documentaires, mais personne ne savait au fond comment faire pour se remettre d’une séparation de quelqu’un qu’on aimait vraiment. Il fallait se réhabituer au vide, et le pire, c’était vraiment la solitude. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il s’était si vite remis en couple. Tom n’était pas fait pour la solitude. Il avait essayé tout. Les médocs, mais contrairement à Hypérion Nott, il ne voulait pas finir en junkie, l’alcool, mais Adrian avait suffisamment de soucis pour qu’il ne se sente pas coupable de l’encourager à boire. C’était du désespoir de cause, tout comme son cynisme ou ces petites piques sur Hypérion. Il essayait simplement d’oublier.

Il regardait le passé partir en fumée, simulait un sourire, mentait un peu, disait qu’il allait bien. C’était faux, bien sûr, mais s’il le prétendait assez, Tom croyait fermement que ça deviendrait vrai, tout comme on disait aux gens tristes ou sous le choc “tout va bien” d’une voix rassurante, parce que si c’était faux, on espérait que ça le devienne. Sincèrement, il était passé par toutes les étapes possibles et imaginables. Il avait pensé que le pire, c’était un coeur brisé, mais non, ce qui le tuait, simplement, c’était le souvenir bien vivace de ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre. Il pensait finalement s’en être arrangé, mais il l’avait vue avec Hypérion, et sincèrement, c’était peut-être bien ça le pire. Ou peut-être, finalement, l’idée que c’était lui, tout seul, comme un con, qui avait tout fait foiré. Il n’était pas certain de vouloir en parler.

Ca n’était pas facile d’en parler, aussi, alors il valait peut-être mieux laisser tomber provisoirement. D’une certaine manière, il était simplement content de voir Anne, sans qu’ils ne s’écharpent ou se balancent des piques, et de pouvoir plaisanter avec elle. Comme au bon vieux temps, avant...c’est à dire un temps encore plus révolu que celui de leur couple, avant même qu’il ne parte pour Azkaban. Sally se disait que s’ils arrivaient à ça, ce ne serait peut-être pas si mal, alors en attendant de savoir pourquoi il était là, il décida de continuer à badiner. A la rigueur, même parler de ce pourquoi elle l’avait à moitié kidnappé - parce que personne, dans le monde sorcier, ne savait plus où il était, et il ne fallait pas compter sur le monde moldu pour l’aider - semblait sur le moment préférable à Thomas. Leur relation était un sujet complexe qu’il valait mieux éviter pour le moment, il savait que ça pouvait vite virer à l’engueulade et n’en avait pas envie. Il savait bien qu’ils se disaient des horreurs pour maquiller le fait qu’ils étaient simplement tristes, mais ça ne lui semblait pas enviable. Il préférait encore rire de sa peur en voiture, quitte à être vraiment terrifié, ça n’était somme toute pas si grave.

“ Oui, mais tu as toujours su voler aussi bien que moi...par pitié regarde la route, on va se prendre un arbre.”
Terreur pure, irraisonnée. “Pardon, je ne peux vraiment rien y faire. Je suis sûr que tu conduis très bien, mais côté passager, toute la perception est faussée. Ca vient vraiment de Joe, ce n’est pas ta faute, tu verrais comment il conduit. La dernière fois que je suis monté avec lui, il fumait un cigare tout en insultant les piétons et téléphonait de l’autre main. On a failli avoir un accident sur le London Bridge.”

Toute histoire impliquant son père de manière négative ne pouvait pas manquer de faire rire Anne, Tom le savait bien et en jouait. Il la voyait mal à l’aise, et pour tout dire il l’était aussi, alors il continua à dériver sur des sujets plus ou moins légers.

“ Tout le monde a un avis sur cette barbe, c’est marrant. Mais content que ce style te plaise, ça te fera au moins un point sur lequel tu es d’accord avec Charlie…”
Il sourit : “Ne te mets pas à dire que je devrais me raser, ce serait trop facile.” Il enchaina avec humour : “Pas snob ? Je vais me méfier un peu quand même, si tu veux bien, la dernière fois que toi et Adrian m’avez vendu ça, c’était pour me présenter son père, et c’était la personne la plus snob du monde. Tu te souviens de la gueule qu’il avait fait, en voyant mes cheveux longs et mes sweets ?”

C’était drôle, comme tout ça était placé sous le signe des souvenirs. Prenant la même cigarette qu’elle, il en tira quelques bouffées, avant de la lui repasser. Dans son souvenir, Tom avait commencé à fumer le premier, ou c’était peut-être Adrian, champion pour tester toutes les trucs d’adultes. Dans tous les cas, il était à peu près sûr d’être celui qui avait initié Anne à la cigarette - ils fumaient en cachette en allant en cours de botanique, il se souvenait de ça.

C’était peut-être parce que c’était une époque plus heureuse et plus simple que maintenant, songea Tom, qu’il repensait à toutes les années passées ensemble à Poudlard. Il écoutait distraitement Anne parler de ses maisons en repensant justement aux étés passés ensemble, chez elle ou Adrian. C’était une période bénie, trop vite enfuie, il voulait bien l’admettre. Du coup, il loupa la mention de la maison des parents de Anne, mais raccrocha les wagons lorsqu’elle se remit à parler de Charlie - et de Hypérion, au passage.

“Certes, mais ça m’arrangerait que vous arrêtiez de me prendre à parti, je suis coincé au milieu de votre duel alors que vous ne fréquentez même pas. C’est marrant, vous vous entendiez bien à Poudlard, pourtant. Tu te rappelles pas d’elle ? Charlie Considine, à Poufsouffle ? Elle était poursuiveuse comme toi.”


Et maintenant c’était la directrice générale du club où il était coach. Bon, peut-être qu’évoquer ça comme ça n’était pas très malin de la part de Tom, mais il n’allait pas taire l’existence de Charlie simplement parce qu’aucune de ces dames ne pouvaient se piffrer, sa vie allait devenir infernale sinon. Il préféra dériver sur sujet où il avait plus la main, à savoir Hypérion, et demanda toujours du même ton détaché :

“Tu ne lui as pas dit qu’on se voyait, je me trompe ?”
Il se mit à rire : “Charlie va me tuer, je lui ait dit que je passais voir mon père et qu’il y aurait Adrian. Je suppose que Hypérion apprécierait aussi moyennement.”

Il préféra être honnête quand finalement elle se mit à parler de leur relation. Tom avait toujours été doué pour fuir et éviter ce genre de discussion, mais Anne était définitivement particulière.

“C’était dur, tu sais, de tourner la page. Ca l’est encore. Mais d’une certaine manière, je pense que c’est mieux. Si je suis honnête, je savais que tu étais mieux sans moi. C’est juste que j’aurais préféré être ailleurs quand tu l’as réalisé.”
De nouveau, il lui adressa un sourire : “ Ça finira par passer, tu verras. Un de ces jours on en rira, je te jure. ”

Par contre il n'était pas certain qu'il parvienne à se remettre de ce qu’il entendit par la suite. Un frère. Et des parents. Bon, pourquoi pas. Dans l’idée, tout le monde ayant des parents, ça ne paraissait pas illogique à Tom. Mais des parents dont il n’avait jamais entendu parler, là on nageait en plein délire. Un instant, il la regarda d’un air abasourdi. Incrédule. Puis il déclara lentement :

“ T’es en train de me dire que tu as une autre famille ? C'est ça, concrètement ?”


Tom repensa à ce qu'il venait de voir. A toutes les fois où ils étaient passés dans le monde moldu. Et cette soirée au restaurant. Sidéré parce ce qu'il devinait, il affirma :

“ Ce sont des moldus. C'est ça ? C'est pour ça que tu connais si bien ce monde ci. Et la berline, le château, le standing...ce sont des nobles, en fait. Bordel.”
Il répéta doucement :Bordel. Tu réalises ce que tu me dis ? C'est quoi la prochaine révélation, t’es parente avec la vieille Lizzie ?”

Tom connaissait assez le monde moldu pour être au fait de la monarchie, mais peu respectueux de l'autorité et républicain en bon sorcier, il n’y était pas attaché et insensible au culte voué à Elizabeth II.

“ T’es pas sang pure.”
Il hallucinait littéralement. “ Est-ce que Fraser est au moins ton vrai nom ?”

Ce n’était pas accusateur, Tom était juste choqué. Il n’avait jamais su, senti, deviné ça. A coté de Anne il passait pour un petit joueur avec ses mensonges. Surtout qu’elle savait la vérité sur lui. Il secoua la tête et reprit la parole :

“ Arrête la voiture.”
Pas de réaction, il insista donc : “ Anne, arrête cette foutue bagnole ou je te promets que je saute en marche.”

Ils s'arrêtèrent sur le bord de la route, en pleine campagne. Il descendit en claquant la portière. Il fit le tour de la voiture et ouvrit celle de Anne :

“Allez viens, descends.”


Il la jaugea un moment sans rien dire. Elle avait l’air gêné, alors que lui sur le moment, devait paraître furieux. Il l’était plus ou moins, mais ce n’était pas tellement la vérité qui le rendait dingue, c’était qu’elle eut gardé ça pour elle.

C'était la même personne, décida-t-il. Avec une autre histoire, mais elle était sincère. Il soupira, l’attira contre et la serra dans ses bras, d'autorité.

“Espèce d’idiote. Tu sais que c’est ça que tu es ? Ma toute petite, courageuse idiote.”
Parce qu’il en fallait, du courage, pour garder ça pour soi. Tom le savait, il traînait avec lui des histoires qu'il ne pourrait jamais raconter à ceux qu'il aimait. “ Tu aurais pu me le dire, je n'aurais rien dit, même sans serment inviolable. Je comprends pourquoi tu l’as fait, mais...enfin, tu as gardé ça pour toi durant des années. Tu as du te sentir affreusement seule.” Il la berçait doucement, plutôt grand frère qu’ex-petit-ami. “Ca va ?”

Évidemment qu’il n’était pas en colère et qu’il n’allait pas repartir. Peut-être que c’était de l’idiotie et qu’il aurait pu l'être. Mais il n’y arrivait pas. C’était peut-être idiot et trop gentil. Mais Anne n’avait pas fui quand il lui avait dit pour ses arnaques et Tom estimait donc qu’il lui devait la pareille.

“Merci de me l’avoir dit.”


C'était brutal, oui. Mais c'était dit.

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Mar 29 Aoû - 0:27

Dans le fond, un truc qui manquait franchement aux sorciers, c’était les road trips. Bon d’accord, elle n’aurait pas fait long feu dans une voiture avec Tom. L’ancien marteau d’Appleby semblait avoir littéralement peur qu’elle les crashe dans le prochain arbre venu et elle sentait bien que sa confiance - quoiqu’il en dise - en ses capacités au volant était limité. En témoignait ses réactions quelque peu exagérées dès qu’elle quittait la route des yeux cinq minutes. Elle le soupçonnait de forcer un peu le trait pour la faire rire, mais ça marchait, alors pourquoi pas après tout. Elle avait bien besoin de ça pour le moment. N’empêche que c’était salvateur. La longueur du trajet permettait de parler et à deux, dans un espace confiné, ils pouvaient en quelque sorte se permettre de partager un moment qu’ils n’auraient pas pu avoir s’ils avaient simplement pris un portoloin.

- Merci pour le compliment, je dirais même que je vole un peu mieux que toi. Elle lui fit un sourire en coin, c’était un vieux débat et ils n’avaient jamais réussi à se départager. C’était moi la poursuiveuse. J’ai toujours été plus rapide et précise. Elle ôta encore une fois ses yeux de la route, juste pour l’ennuyer et ris de sa réaction. Ça va, j’arrête, mais honnêtement, je connais la route par coeur. C’est une petite route de campagne, on ne risque pas d’y croiser grand monde.

L’histoire avec Joe la fit rire et c’était probablement pour ça qu’il l’avait raconté. La mauvaise entente entre le père de Thomas et la jeune femme était légendaire. Ils devaient être peu à ne pas être au courant.

- En gros, tu me dis que ton père conduit comme un moldu confirmé. Tu sais, le multitâche, c’est efficace. Je suis sûre que tu exagères.

Fait historique, Anne se rangeait du côté de son ex beau-père plutôt que de celui de Tom. Salazar soit loué, il n’y avait personne pour l’entendre et ce qu’elle venait de dire resterait entre eux. Elle pourrait donc nier avec aplomb si quelqu’un lui en parlait un jour.

- Je ne suis pas inconstante au point de changer d’avis uniquement parce qu’elle a le même que le mien. Je suppose que ça veut dire qu’elle n’a pas trop mauvais goût après tout.

Ils passèrent à leurs souvenirs d'adolescents et la discussion se fit plus légère, presque joyeuse, arrivant même à tirer quelques rires sincères à la jeune femme.

- Evan n’était pas un cadeau. C’est vrai que c’était vache de notre part, mais Adrian m’avait supplié de présenter son père sous son meilleur jour sinon tu ne serais jamais venu. Elle eut une pensée amusée en souvenant des longs cheveux que Tom portait à l’époque. Sans vouloir te vexer, ce n’était pas ton meilleur look. Je sais que ça faisait fureur à l’époque, mais j’avais horreur de ta queue de cheval quand on devait jouer un match. J’avais envie de la couper à chaque fois.

Ils évoquèrent encore quelques souvenirs avant de parler de Charlie. Anne n’essaya même pas de cacher sa grimace. Par principe, elle la détestait. C’était comme ça. Bornée, elle se connaissait assez pour savoir que ça ne changerait pas. L’idée qu’elle-même n’était pas appréciée par la jeune femme la satisfaisait parfaitement. Elle n’avait pas besoin d’être aimée, pas par elle en tout cas.

- Il n’y a pas de duel, Thomas. Pour ça, il faudrait qu’on se batte pour toi. Aussi fâché qu’on soit, je suis ton amie depuis plus de vingt ans, il me semble que quoiqu’il arrive, à moins qu’elle ne devienne ta femme et ne porte tes enfants, je garde la préséance en un certain nombre de circonstances. Pour le reste, je ne cherche pas à marcher sur ses plates bandes, loin de là, mais il me semble que tu n’es pas un objet et qu’à ton âge, tu es parfaitement capable de choisir ce que tu fais de tes journées sans avoir de compte à rendre.

Elle s’arrêta, sachant qu’elle s’emballait trop et leva une main du volant signifiant qu’elle arrêtait le sujet.

- Sinon, oui, je me souviens d’elle. C’était une bonne poursuiveuse, on a fait quelques bons matchs, mais on était quand même meilleur, ne put-elle s’empêcher de dire avec ego.

On avait beau faire. La rivalité entre maison était quelque chose de presque aussi fondamental que le genre d’une personne. C’était un peu comme si on naissait avec en quelque sorte. Anne avait toujours estimé que les sorciers avaient droit à une seconde naissance et que celle-ci, symboliquement, se faisait à Poudlard. La cérémonie du Choixpeau ne laissait personne indifférent et on n’était plus pareil après être passé en dessous. De nouvelles capacités, le cordon ombilical que l’on coupait avec sa famille de naissance et une nouvelle maison pour une nouvelle famille. Celle qu’on adoptait pour les sept prochaines années à venir. Charlotte Considine était probablement une meilleure joueuse de Quidditch qu’elle ne l’était et la compagne qu’il fallait à Tom, mais c’était une Poufsouffle, elle ne faisait pas partie de sa famille.

- Il ne sait pas qu’on se voit, mais pas pour les raisons que tu crois, répondit-elle en faisant référence à Hypérion. Elle choisit ses mots avec soin. Je préférais que le moins de personne possible sache qu’on se voyait aujourd’hui. Disons que je minimise les risques autant que je peux. Il aurait peut-être râler pour la forme s’il avait su, mais je ne suis jamais sûre avec lui. J’estime qu’on est deux adultes responsables, on ne va pas commencer à espionner ce que fait l’autre derrière son dos. Et pour Charlie, tu n’auras qu’à dire qu’on a bu un verre de réconciliation. Je ne vendrais pas la mèche.

La conversation dériva sur leur propre relation et Anne se contenta d’écouter en silence. Dans le fond, tout ça était encore trop frais. Préférant le sourire aux larmes, elle acquiesça à ses propos.

- C’est encore un peu tôt pour le faire, mais sûrement. On a toute notre vie devant nous après tout, non ?

Arriva le moment fatidique. Celui où il fallait parler. Tom avait une imagination débordante et quoique parfois à côté de la plaque, il n’était pas réellement loin du compte. Crispée, Anne était silencieuse, répondant à peine à ce qu’il disait, les mains agrippées tellement fort au volant que ses jointures se faisaient blanche. Elle n’en avait peut-être pas l’air, mais elle oscillait entre le malaise, la panique, le stress et l’angoisse. Quand on vit depuis vingt-cinq ans avec un mensonge plus gros que soi, une carapace tellement présente qu’elle finit par devenir une seconde peau, à devenir réelle, on se sentait nu quand on essayait de l’ôter. C’était douloureux, mais aussi foutrement flippant.

- Pas une autre famille, corrigea-t-elle faiblement. C’est la même famille.

Trop de questions, trop d’assertions et elle n’avait même pas le temps de penser correctement. Maintenant que la machine était enclenchée, elle hésitait à parler de peur de ne plus savoir s’arrêter. Alors elle se concentrait sur la route, écoutant les théories folles de Thomas jusqu’à ce qu’il lui demande d’arrêter la voiture. Elle ne le fit pas tout de suite, mais il la menaça de sauter en marche. Il n’aurait pas pu, elle était verrouillée de l’intérieur, mais elle sentait l’urgence et la colère dans sa voix, alors elle l’arrêta. Il fit le tour et l’obligea à sortir, avec un soupir, elle coupa le contact de la voiture et prit ses clés, ses cigarettes aussi, elle sentait qu’elle allait en avoir besoin. Ils se regardèrent fixement un moment. Lui furieux, elle incroyablement mal à l’aise jusqu’à ce qu’il la prenne dans ses bras. D’abord très raide, elle se laissa faire, se détendant à ce contact familier. De dix centimètres plus grand qu’elle, elle posa sa tête sur son épaule, tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Rien de romantique dans leur geste, juste deux vieux amis qui se retrouvaient pour la première fois depuis un moment. Elle s’écarta au bout d’un moment, les yeux un peu rougis. Pudiquement, elle détourna le regard et se contenta de prendre son paquet de cigarette, elle en alluma une pour Tom qu’elle lui passa avant d’en allumer une pour elle.

- Ce n’est pas tout à fais ce que tu penses, mais tu n’es pas très loin, finit-elle par dire.

Elle désigna la voiture.

- Monte, on est plus très loin, je vais te raconter une partie en chemin, je suppose. Je comptais attendre qu’on soit arrivé. Je m’étais dis que ça passerait peut-être mieux avec quelque chose de fort pour faire descendre la nouvelle. Du bourbon par exemple.

Elle ouvrit de nouveau la voiture et se réinstalla au volant. Un peu tremblante, elle remit le contact et ils partirent de nouveau sur la route.

- Fraser est un faux nom. Ma grand-mère l’a fait créer pour moi quand j’avais huit ans. On a inventé une branche éloigné de la famille Fawley en Irlande. Elle est répertoriée comme une des familles sang-pur du pays. Mon nom de famille officiel est Moore. Anne Moore.

Elle le regarda un peu plus sévèrement, se rappelant sa réflexion sur la reine. Elle n’était pas une royaliste acharnée, mais son éducation avait été très stricte la dessus. On devait un certain respect à la famille royale.

- Sa Majestée, n’est pas une parente si ça peut te rassurer. Où Alors une cousine tellement éloignée que ça ne compte pas. Quoique de ce point de vue, la noblesse anglaise est probablement aussi pointilleuse sur l’arbre généalogique que n’importe quel sorcier sang pur. Mon père, puisque tu as vu juste, est un des descendants de George V. Il est assez loin dans l’ordre de succession. Je pense qu’il y a septante personnes au moins avant lui et je suis encore plus loin.

On lui avait appris tout ça quand elle était jeune, à l’époque, Anne encore enfant, avait trouvé ça passionnant. Après tout, quelle fillette ne rêvait pas de devenir princesse. Ca faisait doucement ricaner la femme qu’elle était à présent. Sa vie n’aurait pas pu être plus différente que celle d’une princesse. Ce n’était pas faute d’avoir eu le choix, mais elle n’en avait jamais voulu.

- Et je suis sang-pur, tu sais. N’essaie jamais de dire le contraire en public, le serment agirait. Elle sourit un peu tristement. Cette histoire de sang, c’est amusant, j’ai du mal à me considérer autrement alors qu’en effet, je suis sang mêlée. Ce n’est qu’un titre tu sais, ce qui fait de moi une sang pur, ce n’est pas mon sang. C’est la place que les gens me voient occuper dans la société sorcière. Rien de plus. Ils sont persuadés que je le suis, alors je le deviens. C’est aussi simple que ça.

Ils s’engageaient à présent dans un sentier privé. La route, plus étroite, permettait juste à une voiture de passer de front. Ils débouchèrent enfin devant une barrière noire qui fermait le domaine du Comte de Suffolk. Celui-ci s’étendaient sur plus ou moins trois kilomètres. Constitué de plusieurs fermes, une partie du domaine était en réalité agricole et une partie des revenus de leur maison venait de là. A l’est, on trouvait également le village de Charlon, qui faisait partie du domaine. Anne sortit une petite télécommande noire et la barrière s’ouvrit. Cachée par les arbres, Charlton Park House apparut en contrebas. C’était une vieille bâtisse qu’on avait commencé à construire fin du XVIème siècle et qui, depuis, avait toujours été la demeure des comtes de Suffolk. Anne gara la voiture devant la porte d’entrée et l’intendant de ses parents sortit pour l’accueillir. Probablement prévenu par les caméras de sécurité qu’elle était arrivée. Le personnel, pour une maison aussi grande, était réduit. Après tout, on était entré au XXIème siècle et si ce n’était pas le cas dans le monde sorcier, il semblait ridicule pour les moldus de garder des serviteurs. Ses parents, comme une partie de l’ancienne noblesse, gardait tout de même un personnel réduit, mais nul doute que leurs enfants seraient des gens plus simple quand viendrait leur tour d’endosser leur rôle. La jeune femme se tourna vers Tom.

- On aurait pu transplaner, pas très loin du domaine et marcher, mais je voulais venir en voiture pour t’annoncer la nouvelle progressivement. Je me suis dis que c’était peut-être un peu abrupt de te faire débarquer comme ça. Enfin, quoiqu’il en soit, on est arrivé. Je vais pouvoir te raconter l’histoire correctement.

Elle sortit de la voiture, l’Intendant, un homme d’une cinquantaine d’année, la salua en souriant :

- Vous avez fait bon voyage Lady Anne ?
- Sans encombre, Floote. Pouvez-vous me dire si Lord et Lady Suffolk sont à la maison ?
- Ils sont partis au village, mais reviendront sous peu. Lord Hamilton a du se rendre à Londres, mais il devrait arriver un peu après le dîner.

Elle hocha la tête et donna ses clés à l’homme pour qu’il déplace la voiture vers les garages.

- Voici mon invité, monsieur Emeralds. Thomas, je te présente Floote, l’Intendant de mes parents. Il s’occupe de la gestion de la maison depuis des années. Nous serons dans le petit salon. Pas besoin de thé, je crois qu’on prendra quelque chose de plus fort directement.


Elle fit signe à Thomas de la suivre et pénétra dans la maison. Comme beaucoup de maison du style, c’était un curieux mélange d’ancien et de neuf. Les appareils électroniques de pointe côtoyaient des tableaux vieux de plusieurs siècles et des tapis persans que ses ancêtres avaient du foulés même au plus fort de la seconde guerre mondiale. Il était étrange de pénétrer dans un bâtiment qui contenait autant d’histoire, mais ça l’était plus pour elle que pour Tom. Anne appartenait réellement au deux mondes et contrairement à beaucoup de sang mêlé, son ancrage dans le monde moldu était aussi fort que celui du monde sorcier. Restant au rez de chaussé, elle traversa s’orienta avec aisance pour arriver au petit salon. Les dimensions de la pièce était modeste et c’était autrefois une salle de jeux pour son frère et elle qu’ils avaient reconvertis en salon informel. Autant qu’une pièce puisse l’être dans une maison pareille. Elle s’était dit que c’était là qu’ils se sentiraient le plus à l’aise pour parler.

- Qu’est-ce que tu veux boire ?

Il y avait, dans un petit bar, bon nombre d’alcool et de quoi faire son choix. Anne choisit un gin et servit à Sally ce qu’il lui demanda. Elle s’assit dans le fauteuil et lui fit signe de s’asseoir en face d’elle. Autant ses chaussures, elle replia ses jambes contre elle-même et but une gorgée avant de commencer à parler.

- Ma grand-mère a eu quatre enfants. Deux filles, deux garçons. Ma mère est la troisième de la fratrie. Vers dix ou onze ans, je ne sais plus, quand on s’est aperçus qu’il n’y avait pas d’espoir et qu’elle ne développerait pas de pouvoir magique, ils ont décidés de la faire adopter. C’était tard, mais tu sais qu’il n’y a pas grand chose comme solution pour les cracmols. C’était ça ou pire.

Elle lui jeta un regard de défis. C’était comme une règle non établie. Sang pur, Sang mêlé, personne ne parlait des cracmols qu’il pouvait y avoir dans la famille. Le gouvernement gardait la même logique. Tant qu’il n’y a pas de scandale, on ne veut pas savoir ce que vous en faites. De ce point de vue là, le gouvernement merliniste comme le gouvernement puriste ne s’était pas illustré par sa conscience.

- Elle a été adoptée par une famille plutôt aisée et elle s’est mariée à mon père avant qu’il n’hérite du titre de Comte de Suffolk. Mon frère est né, j’ai suivis deux ans plus tard. Mon frère était parfaitement normal, c’est à dire Cracmol comme ma mère ou moldu comme mon père, c’est une question de point de vue. Ca semblait être mon cas, jusqu’à ce que je commence à développer des pouvoirs magiques. On s’en est aperçu vers mes huits ans, mais je pense qu’ils se sont manifestés quelques années avant. C’était inédit comme situation, ce n’est jamais arrivé pour autant qu’on sache. Ma mère a alerté ma grand-mère qui a prit la situation en main. On m’a inventé une nouvelle identité. A l’époque, on ne faisait pas attention au sang comme maintenant, mais mes grands-parents préféraient éviter que l’attention se porte sur mes parents comme sur mon frère, alors on m’a créé ma seconde identité. C’est aussi simple que ça.

Simple. Un joli mot pour une situation qui ne l’était pas. Il y avait bien plus, beaucoup plus, mais chaque chose en son temps. Pour le moment, c’était déjà pas mal.
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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Mer 30 Aoû - 17:17

Si Tom ne s'était pas mis en colère, c'était sans doute qu'il ne réalisait peut-être pas très bien ce qui se passait et ce que Anne était en train de lui dire. Ca faisait tout de même une sacrée masse d'informations à assimiler, pour quelqu'un qui n'était pas inclus dans le secret et qui venait de le découvrir, en bloc, quasiment d'un coup, et qui essayait de relier les pièces du puzzle de façon à peu près cohérente – quitte parfois à complètement se tromper. C'était d'autant plus compliqué dans le contexte de l'état de leur relation : c'était la première fois qu'ils se voyaient, qu'ils se voyaient vraiment, seuls, depuis leur rupture, et ça n'arrangeait rien du tout. Sans doute également avait-il mis de côté un instant ses propres sentiments parce qu'il avait vu toute la détresse de Anne. On ne pouvait pas dire que Thomas soit totalement exempt de défauts, car c'était manifestement faux, mais il n'avait pas celui de rester indifférent à la souffrance, pas plus qu'il ne manquait de compassion. Et en réalité, il en avait beaucoup, parce qu'il savait assez bien ce que ça faisait de mentir, de mener, en somme une double-vie. Il avait senti que la rassurer était la chose à faire à ce moment là ; alors, il l'avait fait. Tom n'était pas quelqu'un de compliqué, et il faisait conscience naturellement à ses intuitions, qui se révélaient en générale bonnes – ou complètement foireuses, c'était selon.

D'un autre côté, si sur le moment il n'en avait pas douté, et s'il voulait à tout prix y croire, où est-ce que commençait le mensonge et où s'achevait la vérité sur Anne Fraser ? Est-ce que c'était bien la même personne ? Est-ce qu'il la connaissait vraiment ? Toutes ces questions avaient l'art de foutre le bourdon à Thomas, qui écoutait de façon silencieuse, très silencieuse, ce que disait son amie. En réalité, il réfléchissait, vraiment, à ce qui se passait, même s'il prêtait une oreille attentive à ce que la jeune femme lui disait. C'était étrange : il avait toujours été celui qui mentait, celui qui se protégeait en racontant une part de la vérité, voir en cachant complètement la vérité, c'était lui, d'habitude. C'était peut-être ce qui était le plus perturbant pour Sally : que Anne ait fait exactement la même chose que lui, mais à une échelle encore supérieure.

Concrètement, ce qu'elle lui raconta était en effet par bien des côtés proche de ce qu'il faisait. Car après tout, qu'est-ce que faisait Tom Sallybanks sinon s'inventer des identités et des personnages qu'il n'était pas ? Il comprenait ce qu'elle voulait dire. Le secret était d'être si sûr de soi que les gens finissaient par croire d'eux mêmes, simplement parce qu'il agissait comme tel, qu'il était bien avocat, expert en art, professeur, notaire, ce qu'on voulait. Il suffisait de donner aux gens ce sur quoi ils s'attendaient à tomber lorsqu'on leur donnait une carte de visite, et ils ne cherchaient pas plus loin. Et plus le temps passait, plus ils vous fréquentaient, moins ils remettaient en cause votre identité, sauf à faire une énorme erreur : il suffisait alors de disparaître, et ils se réveillaient sonnés, K-O, devant le mensonge, incapable de réagir face à la tromperie et de priver le menteur du bénéfice qu'il avait retiré de ses histoires inventées. Tom était familier de ce sentiment de triomphe, pas d'être K-O debout, étourdi par l'ampleur de ce qu'il avait cru et qui s'était révélé faux.

A présent, il n'était plus sûr de rien et pouvait tout remettre en cause. C'était étrange. Dire qu'il y avait quelques instants, avant qu'ils ne descendent de la voiture, il parlait de leur passé commun, de ce qu'ils avaient vécu ensemble. Mais qu'est-ce qu'ils avaient vécus ensemble ? Et ainsi de suite. D'une certaine façon, alors qu'il en était certain il y avait à peine quelques minutes, il n'était plus très sur de ce qu'il savait de Anne, de qui elle était, de qui elle était vraiment.

Mais il fallait faire illusion tant bien que mal, jusqu'à ce qu'elle explique. Lorsqu'ils descendirent, enfin arrivés à Charlton Park, il resta un instant immobile, presque stupéfait, prononçant plus pour lui même que pour Anne – ou l'intendant, qu'il remarqua à peine :

« Ben, si j'avais cru... »

Tom avait toujours été familier du monde moldu et peu effrayé par la richesse, mais ça n'était tout de même pas un univers dont il était familier. Parmi tous les endroits où il avait été dans sa vie, ou résidé, s'il se considérait partout chez lui, il avait une préférence pour les choses simples et tranquilles. Les pubs, les appartements bien rangés, les magasins de musiques ; les choses vraies, sans fioritures, constantes, voilà ce qu'il aimait. Tom – c'est à dire Thomas Joseph Douglas Sallybanks-Emerald, le vrai lui, hors de tous ses rôles, des usages, de son parcours – était simple, et pas prise de tête. Et avec une certaine constance, cette histoire était tout sauf simple et pas prise de tête. Il approuva intérieurement Anne avec gratitude, le thé n'était vraiment pas assez fort pour la discussion qu'ils allaient avoir. Ce n'était vraiment pas facile : il débarquait dans un endroit où tout lui était inconnu et Sally devait lutter pour se raccrocher à des éléments familiers. L'absence des parents, du frère, lui rappela soudainement les chansons qu'ils chantaient quand ils faisaient de la musique avec Al. Hey little darling, is your daddy home, did he go away and leave you alone ? I got a bad desire, oh I'm on fire... Bon, ce n'était certainement pas très approprié, ce n'était pas comme si c'était une réconciliation sur l'oreiller, non plus – une telle chose ayant peu de chances d'arriver, même si Tom, au fond, n'aurait certainement pas refusé cette opportunité. Ou peut-être que si, maintenant qu'en savait-il vraiment ? Il ne savait même pas s'il était en colère ou simplement triste.

« Je vais prendre un whisky, si tu as. » Cette question, bien sûr qu'ils avaient. S'agissait plutôt de savoir qu'ils n'avaient pas, dans cette baraque. « Ou deux. Bordel. » Il s'essaya à un sourire : « Désolé, je risque de me répéter beaucoup, mais c'est que ça fait un sacré choc, quand même. »

Il s'effondra, plus, qu'il ne s'assit, en face de Anne, écoutant son histoire, buvant son whisky à petite gorgée. Oui, c'était vrai, exposé comme ça, tout devenait clair, ça passait presque sans problème, sans difficulté, cela gommait toutes les implications de ce qu'elle racontait, mais lui les voyaient très bien, très clairement, sans pouvoir s'en départir et en faire abstraction.

« Simple, hein ? » Tom et son père se ressemblaient : quand il faisait preuve de cette ironie sans concession, par exemple, lorsqu'il était en colère ou affecté par quelque chose, on aurait véritablement dit Joseph. « Dis moi que tu te fiches de moi, pitié, toute cette histoire est beaucoup de choses, Anne, mais je te garantis que s'il y a bien une chose qu'elle n'est pas, c'est bien simple. »

Il pouvait paraître dur, et en colère, mais en vérité, ce que Tom ressentait, c'était de la tristesse, parce qu'il avait l'impression de perdre quelque chose, ou quelqu'un, il ne savait pas bien, mais oui, sans doute, c'était quelque chose comme une cassure, qu'il ressentait au plus profond de lui même.

« Je sais pas si...enfin, tout de même. Tu te rappelles pourquoi tu m'as plaqué, j'espère ? Ce que tu me reprochais. Mes arnaques. »

Il secoua la tête, effondré d'avoir à tenir ce discours, but une gorgée de whisky :

« Je me suis construit des personnages pour pouvoir obtenir des choses de la part des gens parce qu'ils croyaient devoir me les donner. Parce que je suis assez convainquant pour qu'ils le croient. » Il eut un petit rire triste. « Mais je vois pas en quoi t'es différente, ma grande. Tu t'es construit un personnage, un foutu personnage, comme moi. Tu l'as juste fait plus longtemps que moi. C'était quoi ces foutus leçons de morales, alors ? »

Il se leva, incapable de rester assis, tournant comme un lion en cage. Bien sûr, c'était un peu injuste, il comprenait parfaitement – en fait, d'autant mieux maintenant qu'il savait ça – pourquoi Anne était partie. Comme lui, exactement comme lui, elle ne voulait pas attirer l'attention. Ca, il pouvait le comprendre ; mais pas qu'elle n'ait pas joué franc-jeu, jamais.

« Et si c'était ça, le pire ! » Tom tournait toujours, incapable de s'arrêter. « Mais non, ça s'arrête pas là. Si ce n'était que ça, j'aurais compris, j'aurais essayé, mais tu nous l'as jamais dit. Tu ne me l'as jamais dit. » Il s'arrêta un instant, hésitant : « Tu te rends compte, depuis le temps qu'on se connait ? »

Il se souvenait encore de la première fois où ils s'étaient rencontrés, le choixpeau les avaient tous les deux à Serpentards à quelques minutes seulement d'intervalle et ils s'étaient retrouvés côtes à côtes à la table des premières années, avec Betty d'ailleurs, aussi.

« Tu as toujours su qui j'étais, toi. Je te parle pas de ce que je faisais – et même ça, tu pouvais le deviner, j'ai jamais rien su faire à part être malhonnête et jouer au quidditch – mais de qui j'étais, de la personne que je suis. » Il marqua une pause. « Toi, je sais pas qui t'es. Ou en tout cas je sais plus. »

Il s'arrêta, se rassit, conscient qu'il pouvait devenir confus, mais Tom avait à peine les mots pour exprimer toute la tristesse qu'il ressentait. Ou peut-être de la peur, la peur de perdre quelqu'un qu'il avait aimé, et qu'il aimait encore, et plus encore de voir que tout son passé n'était en fait qu'un mensonge.

« T'as créé un personnage, et du coup...je sais plus, Anne, je sais plus. Est-ce qu'il y avait une vraie Anne ? C'était qui, la personne avec qui je sortais ? C'était qui, la fille dont j'étais raide dingue, dont je suis peut-être encore raide dingue, je sais pas, à Poudlard ? Toi, la personne que tu prétends être, un peu des deux ? C'est quoi la frontière ? »

Il se prit la tête dans la main, incapable de la regarder, de supporter tout ça.

« Je me fous du reste, Anne, vraiment, de cette histoire en elle-même, ça je peux l'accepter, c'est pas grave, on s'en arrange...mais pas savoir à quel moment tu triches, et à quel moment t'es sincère, je ne peux pas. Je pourrais pas continuer comme ça. »

____________________________________



WHO THE FUCK IS ROBIN HOOD ?



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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Jeu 31 Aoû - 2:09

Les choses ne se passaient pas réellement comme elle l’avait espéré. Non, c’était faux de dire ça. Elle n’avait rien espéré en réalité. Anne avait parié. C’était quelque chose qu’elle faisait souvent. A la voir, on n’aurait pas pu le dire. La si sérieuse Anne, la prudente Anne, qui aurait pu croire qu’elle aimait ça ? Sa vie était un pari, un de plus, un de moins … Elle vous aurait bien dit que c’était pareil. Sauf celui-ci. S’il y avait quelque chose en quoi elle plaçait une grande importance, c’était la famille et l’amitié. La famille parce qu’elle faisait partie d’un sorcier, qu’elle était ce qui le définissait par ses bons et ses mauvais côtés. A la fois une protection et un talon d’Achille, un bouclier et un poison mortel. Les amis, parce qu’ils étaient la famille que l’on se choisissait. C’était très convenu comme phrase, mais ça n’en était pas moins vrai pour les sorciers en général. A Poudlard, on trouvait sa seconde famille, celle avec qui on tissait des liens parce qu’on l’avait décidé. C’était un curieux hasard qui avait mis Tom et Anne côte à côte après la répartition à Poudlard. Le premier soir, intimidés, entouré, ils ne s’étaient pas vraiment adressé la parole. Ils étaient à un âge où le sexe opposé était plus une source de conflit qu’autre chose. C’était venu plus tard. Elle aurait bien voulu dire qu’elle se souvenait à quel moment ils étaient devenus amis, mais la vérité était qu’elle n’aurait pas su. Le processus s’était engagé sans même qu’ils le sachent et quand ils s’en étaient rendu compte, le résultat leur plaisait déjà bien trop pour qu’ils songent à changer quoique ce soit. Les choses avaient continués comme ça avec leur haut et leur bas, leur engueulade, rupture, moment de doute, mais jamais ils n’avaient arrêté d’être ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. Parfois, il n’y avait pas besoin de mots ou de mettre une définition, il y avait juste les faits qui parlaient pour eux-mêmes.

Pourquoi dire la vérité dans ce cas ? Pourquoi tout risquer ? A quoi est-ce que tu t’attendais ? A ce qu’il le prenne avec le sourire et te dise : Ce n’est pas grave. Après tout, ça ne fait que vingt-trois ans que tu me mens. Plus de la moitié de notre vie, je connais des escrocs professionnels qui mentent avec moins de talent et d’aplomb que toi. No need to make a big deal of it after all. Oui, c’était dangereux. Le Serment Inviolable lui permettait de garder le contrôle,  il lui assurait une sécurité tout en mettant Tom dans une position inconfortable. Il suffisait d’un mot, mais elle l’avait fait sans remords, sans réellement laisser le choix. Elle était comme ça. A la fois douce, gentille, ambitieuse et impitoyable. Elle-même devait admettre qu’elle n’était pas une contradiction près, mais n’était-ce pas la nature même de l’humain après tout ?

Le gorge nouée, le ventre serré, l’esprit un peu flou, elle regardait son ami de toujours découvrir un monde que peu de gens connaissaient. Ils se comptaient sur les doigts d’une main et faisait tous partie de sa famille. Il était la première personne faisant partie de l’extérieur à savoir et c’était étrange pour elle. Comme si son monde, battit grâce à un château de carte allait soudainement s’écrouler. Elle faisait un pari, la jeune femme laissait le vent souffler en espérant qu’il ne détruirait pas tout sur son passage. Ca ne dépendait pas uniquement d’elle, mais de lui aussi. Et pour l’instant, il était un électron libre sur lequel elle n’avait plus aucun contrôle.

Ils entrèrent dans la maison pour finir dans le petit salon personnel d’Anne et son frère. La maison, majestueuse, était un décor familier pour la jeune femme, mais elle se rendait bien compte de ce qu’elle pouvait avoir d’impersonnel aux yeux d’un étranger.  Sorcière malgré tout, elle leva sa baguette et laissa les verres se servir d’eux-mêmes. Elle en tendit un à Tom.

- Je crois que tu peux avoir la bouteille, si tu veux.


Elle aurait bien dit : Ne nous saoulons pas tout de suite, mais il fallait encore qu’à la fin de la discussion, leur relation soit assez solide pour ça. Pour le moment, ce n’était pas gagné. L’ancienne Serpentard était intuitive et surtout, elle connaissait son ami. Pour le moment, il écoutait, mais c’était le calme avant la tempête. Bientôt viendrait le temps des reproches et elle savait d’avance - même si ça lui déplaisait - qu’il n’aurait pas tout à fait tort. Son récit à peu près raconté dans les grandes lignes, Tom ne la loupa pas au tournant. Anne avait toujours su qu’elle aurait droit à des reproches, mais elle ne put pas s’empêcher de mal les prendre. Un peu raide, sur le divan, le dos droit et son verre vide vu qu’elle venait de l’affoner, elle répondit en informulant pour se resservir à boire :

- Ne joue pas avec les mots. Evidemment que je le sais, c’était simplement une façon maladroite de conclure une histoire difficile à raconter. Tu ne vas pas me dire que c’est sur ça que tu te concentres plutôt que le reste.

Non, bien entendu. Ce n’était pas ça qui le choquait. C’était juste une façon d’ouvrir les hostilités. Elle y répondait de la même manière. Sans s’estimer en tort, elle savait parfaitement que son ami était en droit d’être blessé. Elle pouvait accepter qu’il lui fasse des reproches, mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’elle les prenne avec bonne grâce. Ca n’avait jamais été le genre de la maison.

- Les raisons que j’ai énoncé pour notre rupture ne sont pas exactement celles qui l’ont motivées, mais oui, je me rappelle très bien de ce que je t’ai dis.


La rencontre qui avait scellé leur rupture n’avait rien eu d’agréable. C’était un moment triste et amer dont Anne gardait un très mauvais souvenir. Elle n’aimait pas y penser, pourtant elle fit un effort. Elle avait voulu être honnête, ça incluait aussi passer par des moments déplaisants. Celui-ci n’en était qu’un parmis tant d’autres.

- Il y a deux choses qui me chiffonnaient. En premier, ton manque honnêteté à mon égard , ironique, je te l’accorde quand on sait que je ne l’étais pas. Je reviendrais dessus plus tard. Dans le fin fond Tom, crois-moi ou non, mais je m’en fous que tu sois un escroc. Je dirais même que je suis plutôt admirative. Je suis loin d’être honnête moi-même et je ne travaille pas au Ministère pour défendre la loi. Je dirais bien que je laisse ça à la Justice Magique, mais soyons franc, Oncle Chapman défend sa propre justice, pas celle des gens. Tes arnaques, les plans que tu montais dans mon dos sans me le dire, ça me mettait en danger. Et à une moindre échelle, ça mettait ma famille en danger. Si je ne t’ai pas dis toute la vérité quand on s’est mis ensemble il y a un an, je ne t’ai pas menti. J’ai des secrets à protéger et je t’avais expliqué que je devais à tout pris éviter tout intérêt du Ministère à mon égard. Alors non Tom, je ne t’ai pas quitté parce que je voulais me mettre avec Hypérion, je ne t’ai pas non plus quitté parce que je ne t’aimais plus. J’ai simplement fait un choix difficile en accord avec une vie que je mène depuis 25 ans.

Elle s’était mise debout. Impossible de rester assise à regarder le visage défait d’une des personnes qui comptait le plus pour elle. Dans le fond, Anne avait surtout peur d’y lire la déception et la cassure qu’elle venait peut-être de provoquer alors que dans le fond, elle cherchait exactement l’inverse.

- Non, non et non, je t’arrête tout de suite, dit-elle avec véhémence au commentaire qu’il venait de lui faire. TU as choisi d’être un escroc, Thomas. C’est ton choix et je ne t’ai jamais critiqué pour ça. Je t’ai reproché au pire là où il t’a mené où il nous a mené en réalité. Mon personnage comme tu dis, je ne l’ai pas construit. On me l’a imposé. Est-ce que tu crois réellement qu’à huit ans, quand ma grand-mère dont je n’avais jamais entendu parler, que je n’avais jamais vue, est arrivée et m’a emmené à Sainte-Mangouste chez mon grand-oncle pour vérifier que j’étais bien une sorcière, j’ai eu le choix ? On ne demande pas à un enfant sang mêlé s’il veut vraiment devenir sorcier. Non, c’est le droit du sang. On est sorcier parce que la magie est en nous et ce n’est pas un choix. Je ne dis pas que je le regrette, mais ça a demandé beaucoup de sacrifices. Ca voulait dire “renié” une partie de ma famille, renoncer à une vie facile que j’aurais pu avoir. Toi tu es né avec les deux héritages, moi j’étais persuadée de n’en avoir qu’un seul.

Le ton montait, la colère aussi. C’était normal, ça ne pouvait que finir comme ça, mais pourtant, ça la rendait triste et malade d’angoisse. Elle ne voulait pas que ça tourne comme ça. Elle voulait qu’il comprenne, pas qu’il la pardonne ou qu’il approuve, mais simplement qu’il tente un moment de se mettre à sa place.

- Bien sûr que je ne te l’ai jamais dit, Tom. Ce n’était pas uniquement mon secret même maintenant, ce n’est pas que le mien. Les gens au courant se comptent sur les doigts d’une main. La plupart sont morts. Je pense que Dumbledore savait, le Choixpeau savait et je suis sûre que d’une façon ou d’une autre ce que ce foutu couvre chef savait, il le savait aussi. Il ne reste que mon grand-père, mes parents et mon frère et maintenant toi. Ma propre famille, mes cousins avec qui j’ai été élevée, avec qui j’ai grandis, que je considère comme mes propres frères ne le savent pas.

Tom s’était également levé, lui non plus ne sachant pas rester en place. A un moment, à force de se parler en s’évitant du regard, la collision fut inévitable. L’intégralité du verre de Tom se renversa sur le chemisier d’Anne. Elle pesta, mais ne prit même pas la peine de l’essuyer ou d’enlever la tâche. Elle se contenta de prendre la bouteille et de leur resservir une rasade d’alcool tout en se disant qu’il valait mieux qu’elle se calme.

- Tu ne crois quand même pas que je m’amuse à vous cacher la vérité par simple caprice. Par vanité ? C’est vraiment toute l’estime que tu as de moi ? Franchement, qu’est-ce que tu crois qu’il se serait passé si je l’avais dis ? Ça aurait fini par échapper à quelqu’un, c’est toujours comme ça. La première sorcière depuis des siècles à hériter du gène sorcier alors qu’elle a une mère cracmole et un père moldu. Tu penses sincèrement que je ne serais pas devenu un sujet d’étude ou mieux encore, un problème pour le gouvernement puriste ? Sans parler de ma mère, penses-tu qu’on l’aurait tranquillement laissée vivre sa vie ?  Je suis aussi douée et puissante que n’importe quel sorcier sang pur. Mon existence détruit une partie de leur théorie et crois-moi, je n’ai aucune envie qu’ils le sachent.

Les nerfs en pelote, elle s’arrêta de marcher. Ils devaient offrir un spectacle pathétique. Merlin soit loué, Floote ne viendrait pas les déranger avant le dîner, si Tom restait jusque là. Rien n’était moins sûr. Elle jeta un oeil à son ami et la tête qu’il tirait ne lui indiquait rien de bon. C’était ça qui faisait le plus mal, cette certitude qu’il ne la voyait plus du même oeil. Cette cassure qui n’était pas loin de se produire, tout ce qu’elle avait évité, tout ce qui risquait d’arriver. Blessée, plus qu’elle ne voulait bien le montrer, elle tentait pourtant de garder le navire à flot.

- Tu es donc comme eux ? Tu crois sincèrement que parce que j’ai menti sur mon statut de sang, ça change qui je suis réellement. Tu penses que mes valeurs, l’affection que j’éprouvais pour toi, les moments qu’on a partagé ensemble ou avec les autres sont faux pour autant ? J’ai menti, oui, mais je ne parlais jamais de mes parents. Je ne parlais jamais de ma vie avant qu’ils ne soient soit disant décédé. Je ne pouvais pas dire la vérité, mais j’évitais aussi de mentir autant que je le pouvais.

Ce n’était pas une justification, elle le savait, mais ça n’en restait pas moins vrai pour autant.

- Tu sais, je le reconnais, j'ai merdé. J’aurais probablement dû te le dire avant, mais avant, on ne se voyait plus. Du jour au lendemain, après des années d’absence, tu es revenu dans ma vie et on a fait ce qu’on rêvait de faire probablement depuis Poudlard. Je n’ai pas voulu gâcher ça. Je me disais que j’aurais tout le temps de te le dire, un jour, quand le moment serai propice. Ca n’arrange rien de le dire, mais c’est ce que je pensais. Alors même si on est séparé, je fais un geste et j’essaie de nous mettre sur un pied d’égalité en te disant la vérité. Je voulais qu’on abandonne les faux semblants, même si on ne peut pas revenir en arrière. Je me disais que toi comme moi, on pouvait au moins essayer d’être honnête entre nous cette fois-ci à défaut de l’être avec le reste du monde. Je savais que tu le prendrais mal, mais je me disais que s’il y avait bien une personne qui comprendrait, ça serait toi.

Elle posa une main sur son épaule et le força à la regarder. Elle avait les larmes aux yeux, probablement que lui aussi.

- Je ne suis pas quelqu'un d'autre. Peu importe à quoi j'aurais ressemblé si je n'avais pas menti, dans le fond, ce sont les mensonges et la vie que je mène qui ont formé celle que je suis et que tu aimais. Si tu penses vraiment que je ne suis pas celle que tu pensais. Je t’en prie, pose-moi les questions que tu veux. J’y répondrais. Je ne tricherai pas.
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Ven 1 Sep - 23:57


Il y avait beaucoup de choses à analyser pour Tom. La véritable histoire de Anne d’abord. Le fait qu’elle ne lui ait pas fait confiance ensuite. Puis le fait qu’elle n’était pas la personne qu’elle prétendait être, enfin.

C’était vertigineux, littéralement, et il se demandait sincèrement comment il allait supporter tout ça sans briser quelque chose autour de lui, ou boire un bon litre de whisky, d’ailleurs il enchaînait les verres sans même les voir passer.  Mais il fallait dire aussi, à la décharge de Tom, qu’il tombait de très haut. Il ne s’attendait pas à ça, pas du tout. Il allait de surprise en surprise sans rien contrôler, ce qui était perturbant en soi car Tom Sallybanks était malgré tout quelqu’un qui contrôlait sa vie, qui la dirigeait, la pliait à ce qu’il voulait, parce qu’il refusait que quiconque lui dicte son destin. Là, il se sentait coincé, pris en otage, et ça avait commencé brutalement avec le serment inviolable. Mais à la limite, ça ce n’était pas le plus grave.

Même l’histoire qu'Anne racontait n’était en elle même pas si grave. Ca, il pouvait l’accepter, il pouvait faire avec, peu importait, au fond. Le monde moldu ne faisait pas peur à Tom. Le mode de vie de sa famille s’était toujours trouvé à cheval sur les deux mondes et même s’il était mal à l’aise dans cet immense château, Tom n'était pas complètement perdu, il comprenait de quoi on lui parlait si on évoquait la noblesse devant lui, et le système politique, il voyait de quel genre de famille venait véritablement Anne. Après tout, il avait quand même eu un O à son ASPIC d’étude des moldus, ce qui avait déclenché un rire général dans la bande qu’ils formaient. Sa seule option, sa mère avait insisté pour qu’il en prenne une, alors qu’il n’était pas franchement un élève doué. Ce qu’il regrettait aujourd’hui : Tom était sorti de Poudlard avec six  ASPICs en poche, mais hors ce Optimal et un Effort Exceptionnel en Métamorphose et DCFM, il n’avait vraiment pas eu des notes terribles, le reste, ce n’était guère plus que des acceptables. Les cours ne l'intéressaient que moyennement à l’époque, il avait un poste assuré au sein d’une équipe de Quidditch. Si Tom le regrettait, c’est qu’il avait du tout réapprendre à Azkaban. Il avait fait ça avec facilité, et donc c’était bien qu’il avait la capacité d’apprendre, mais aucun diplôme ne lui avait été donné pour ça. C’était bien son style, de remarquer trop tard ce dont il avait besoin, ce qui comptait vraiment, quitte à s’en vouloir après. C’était le désavantage de vivre l’instant présent sans se poser de questions, même si Tom était incapable de se remettre en question et de changer. Il ne voulait pas le faire, prévoir, vivre une vie rangée, il aurait dépérit et serait devenu dingue. Ou dépressif.

Anne avait toujours été la bonne élève, mais Anne avait toujours eu beaucoup de choses pour elle. Elle était riche et sang pure, après tout, elle ne pouvait que avoir tout pour elle. Elle avait toujours été comme ça, tellement digne, tellement droite, mais elle n’était pas bêcheuse, elle n’avait pas peur de faire la fête. Les conventions, ils les avaient oublié ensemble. Tom avait toujours cru à ça. Elle n’était pas comme eux - et par eux, Tom, plus généraliste que les merlinistes, voulait dire les riches, les puissants, ceux qui avaient le pouvoir, en tout cas, ceux qui dirigeaient, et qui  méprisaient le petit peuple, la classe moyenne. Au fond, la vérité, qu’elle vienne d’une famille moldue ou sorcière, ça ne changeait pas grand chose, parce qu’ils restaient riches et isolés du reste du monde.

Mais elle avait tout de même menti. Et c’était ça, en réalité, qu’il ne comprenait pas. Tom ne voulait pas que ça tourne en dispute, mais ça allait finir comme ça, forcément. Parce qu’il réalisait, sur le moment, que tout ce qu’il avait vécu pouvait être faux et disparaître. Et alors qu’est-ce qui lui resterait, sinon le vide et la solitude, deux des choses dont il avait le plus horreur en ce monde ?

Il avait horreur des engueulades, horreur des conflits, surtout avec elle, parce que invariablement, ils étaient autant de mauvaise foi l’un que l’autre et que ça ne pouvait que tourner mal. Et cette fois, ce n’était pas une simple broutille, c’était le niveau supérieur, celui qui pouvait faire disparaître, entièrement et de façon définitive, une relation.

“ Tu ne peux pas demander aux gens de faire des efforts et ne rien faire de ton côté, Anne. Ca n’est pas possible, ça ne marche pas comme ça. Ne me dis pas que tu m’as prévenu. Ne penses même pas me faire croire qu’on est à égalité. Je t’ai tout dis, sur moi, tu savais tout. Tu as de quoi, même maintenant, m’envoyer à Azkaban pour les trente prochaines années. Est-ce que tu crois vraiment que c’est pareil, de juste me raconter qu’il y avait des choses que tu ne pouvais pas me dire ?”


Il était littéralement furieux, maintenant : si Tom, en bon serpentard, n’était jamais très loin de la mauvaise foi, Anne y était championne, et ça ne lui donnait qu’une envie, surenchérir.

“Et qu’est-ce que tu comptes faire, dis moi ? Je te parle de maintenant. Tu vas intégralement vivre toute ta vie, en te privant de ce que tu veux, de ce que tu veux vraiment, pour toujours, parce que tu refuses de prendre le moindre risques ? ”


Ils étaient tous les deux debout, maintenant, aussi en colère l’un que l’autre, et la tristesse venait se mêler à tout ça. Mieux valait ça que les larmes, sans doute, même s’ils y arrivaient tous les deux lentement mais sûrement, bien que trop fiers, bien entendu, pour l’admettre. Il savait bien que ce qu’il disait était un peu injuste. Tous les mensonges et toutes les arnaques avaient des conséquences et ce n’était pas pour rien qu’on n'en parlait pas, parce que ça pouvait toucher ceux qu’on aimait. Il reprit d’un ton tout aussi dur.

“ A une simple autre échelle, sans parler d’un truc aussi grave que ce que tu me racontes, imagine ce qui se serait passé si je ne t’avais pas écrit. Pense-y ! On aurait pu ne plus s’adresser la parole et prétendre ne pas le remarquer, s’ignorer l’un et l’autre, pour toujours. Cette obsession avec la dignité va finir te tuer, Anne, si tu la laisses faire.”


Bien entendu, ce n’était pas vraiment de la dignité, les mots exacts auraient été paranoïa et fierté, un mélange qui ne faisait pas bon ménage. Bien entendu ça ne le tuerait pas vraiment non plus mais l’idée était là. On ne pouvait pas passer sa vie à surveiller les potentielles trahisons venant de toutes parts. Ça s'appelait survivre et ça rendait dingue.

Intégrer leur relation là-dedans, ainsi que leur rupture, ne ferait que compliquer les choses. Mais il était aussi furieux que blessé, et il ne pouvait pas faire autrement, parce que devant autant de mauvaise foi il fallait bien qu’il se défende, après tout, non ? Il en avait bien le droit, vu la manière dont on l’avait trompé. Au fond, ce qui le blessait le plus, c’était ça, la peur d’avoir fait confiance, d’avoir cru en quelqu’un qu’il croyait connaître et qu’il ne connaissait pas - qui potentiellement ne lui faisait même pas confiance. Bien entendu, c’était dangereux et même s’il refusait de l’avouer, Tom voyait bien pourquoi elle avait gardé le silence. Mais ça ne passait pas, quand même. Et comme il continuait à tourner, l’incident finit par se produire, il renversa son verre sur son chemisier. Un instant, ça lui remit les idées en place, et il voulut dire quelque chose. Thomas savait que ça partait trop loin, et il ne voulait pas plus qu’Anne que ça finisse par détruire ce qu’il leur restait, leur amitié, l’intégralité de leur relation, mais il ne pouvait pas faire autre chose qu’être outré, scandalisé, par ce qu’elle disait :

“ Alors c’est comme ça que tu nous vois ? Des gens incapables de garder un secret, à qui on ne pouvait rien dire ? J’ai jamais été parfait, Anne, mais ça, non, ce n’est pas moi et c’est injuste. Ça l'est profondément, et si tu es honnête, tu le sais. Pour qui tu me prends ? J’ai toujours été totalement inconséquent quand il s’agissait de moi, je suis incapable de régler mes propres affaires, c’est vrai, mais jamais, tu m’entends, jamais, je t’aurais trahi.”


S’il avait été honnête, Thomas aurait reconnu qu’il y avait une part de vérité dans le discours de Anne. Il ne lui avait clairement pas facilité la tâche, bien sûr, mais il avait déjà admis qu’il avait tout fait foiré et il ne comptait pas le refaire. Et puis bien sûr à sa place, il aurait fait la même chose. Mais il restait malheureux comme les pierres, malheureux à pleurer.

“ Je croyais qu’on pouvait, je sais pas…”


Se faire confiance. Être autre chose que ça, ces histoires et ces cachotteries. Il avait toujours été incapable de dissimuler quoique ce soit à Anne et il avait sincèrement cru que la réciproque était vraie. Mais non, Tom se trompait. Elle était capable de ne pas lui dire tout. Donc elle pouvait être quelqu'un d'autre. Quelqu'un d’inconnu. Il détourna les yeux, cette conversation au goût  d’apocalypse l’épuisait, une fois qu'il eut fait cette remarque.

Mais bien entendu, elle ne le laisserait pas s'en sortir comme ça. Un instant, il faillit éclater en sanglots lorsqu’elle le força à le regarder, mais elle avait les larmes aux yeux, elle aussi. Tom avait cru le voir lorsqu’ils s’étaient arrêtés sur le bord de la route. Il détestait voir Anne pleurer - ça n’était pas arrivé souvent, à son souvenir - et à la regarder ainsi, il se demanda à nouveau pourquoi ils s’engueulaient comme ça. Il tendit une main vers son visage, hésita, essuya finalement une larme qui coulait sur sa joue.

“ Tu pleures vraiment, alors ?...”


C’était la seule question qu'il avait. Et oui, elle pleurait vraiment. Le premier réflexe de Tom avait été de compatir, et de croire Anne sincère. Et s’il suivait cet instinct, il n’y avait pas loin, de là, à la comprendre. Parce qu’elle souffrait, il le voyait bien.

Il soupira et avec douceur, de nouveau, la prit dans ses bras. D’un ton désolé, il prononça quelques mots.

“ Pardon. Pardon, j’ai vraiment été un gros con cette fois ci. C'est le choc, tu comprends ? Je veux pas te perdre, Anne. Pas une deuxième fois.”
Pas comme ça. Tom refusait catégoriquement que ça arrive. “ Mon premier réflexe était le bon, mais j'ai eu peur de me planter.” Il eut enfin un sourire, l’embrassa sur le front : “Je dis pas que ça a pas été rude. Mais je te crois. Je te le dois. Toi tu m’as donné une seconde chance.”

Il relâcha son étreinte, et essuya ses yeux, détournant le regard, avant de s’exclamer avec ce qui pouvait passer pour un rire :

“ Ah mais regarde ça, tu vas réussir à me faire chialer, j’espère que t’es fière de ton coup.”
Il eut un rire plus joyeux, et continua : “Merlin, dire que t’as fait semblant de pas comprendre mes références aux Beatles pendant tout ce temps et que tu m'as laissé galérer à expliquer pourquoi ils étaient géniaux à Ady et Al...je te ressers un verre ? ” Il en reprit un pour lui en attendant, informulant un sort, avant d’adresser à Anne un sourire en coin.“Il faut qu’on fasse quelque chose pour ton chemisier aussi, ma pauvre, tu sens le whisky à plein nez alors qu’on a même pas vraiment commencé à boire.”

Nouveau rire. Il soupira et songea qu'au final ils avaient tort, les Beatles, dans All you need is love. Non, l’amour n’est pas tout ce dont on a besoin, décida Tom Sallybanks. L'amour, c'est tout ce qu'il y a.

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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Lun 4 Sep - 15:35

Qu’est-ce que la confiance ? La définition disait : Croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle … d’une autre personne, qui fait que l’on est incapable d’imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence. C’était bien beau tout ça, mais comment pouvait-on croire en la valeur morale de quelqu’un et pensez que celui-ci ne vous trahirai jamais ? La trahison, contrairement à ce que l’on pouvait penser, ce n’était pas une affaire de volonté ou même de haine. Le plus souvent, les trahisons n’étaient même pas faites en ayant la volonté de nuire à quelqu’un. Non, c’était des proches ou une personne de passage qui lâchait, sans le vouloir, une information compromettante sur une tierce personne, mettant à mal ce qu’il n’aurait pas dû.

En faisant un effort, en oubliant un peu sa mauvaise foi. Anne comprenait parfaitement la colère de Tom. Elle avait éprouvé la même après tout. Ce n’était pas tant l’information qu’il lui cachait qui l’avait faite sortir de ses gonds, c’était qu’il lui cache. Ils avaient de l’ego tout les deux. La première pensée qui venait à l’esprit, c’était de se dire que c’était tout de même extraordinaire d’avoir été amis si longtemps et de constater que l’autre ne vous faisait pas assez confiance. Elle comprenait donc une partie de sa colère. Vraiment. Par contre, il y mettait autant de mauvaise foi qu’elle. Elle refusait de prendre l’entière responsabilité de la faute et elle lui fit savoir.

- Tom, il va falloir qu’on mette une chose au clair tout de même. Que tu sois fâché, je le conçois, vraiment. Par contre, tu n’as pas à juger si c’était indispensable ou non de ma part de le faire. A mes yeux, ça l’était pour protéger mes intérêts et ceux des personnes concernées. Que ça te mette en colère, d’accord. Que par extension tu craches sur tout les sacrifices que j’ai du faire pour quelque chose qui m’a été imposé de naissance, c’est non.

Si Tom était furieux, la moutarde commençait également à lui monter au nez. Elle appréciait fort peu qu’il la juge comme il le faisait. Anne, de son point de vue, faisait justement preuve de beaucoup de confiance en s’ouvrant. Elle voulait bien comprendre la colère, mais elle s’était quand même attendue à plus de compréhension de sa part. C’était facile pour lui après tout, il n’y était pas.

- Ma vie ? Je compte la vivre comme je l’ai toujours vécue. Est-ce que ça pose un problème ? Parce que selon toi, Thomas, puisque tu sembles si bien le savoir. De quoi est-ce que je me prive vraiment et de quoi est-ce que j’ai vraiment envie ? Dis-moi, j’adore quand les gens savent mieux que moi ce que je veux, ça m’a toujours bien réussi.

Sa vie, elle n’en avait qu’une. Aussi compliqué et fatigante qu’elle soit, elle aimait la vivre. Ce que Tom prenait pour des mensonges et des entraves étaient juste devenus une réalité. A force de faire croire le monde entier qu’elle était Anne Fraser, elle avait fini par le devenir. La jeune femme ne voyait pas d’autre façon de vivre. On l’avait mise sur un chemin et elle ne s’en était jamais écartée. Qu’on lui fasse la morale l’indignait.

- Dis-moi, le ton devenait acide. Est-ce que tu as d’autres choses à me reprocher au hasard. La liste semble plutôt longue. Il ne fallait pas te retenir plus tôt, si j’avais su que mon comportement t’indisposait à ce point, je ne t’aurais pas imposer ma présence plus longtemps. La discussion d’aujourd’hui n’aurait même pas été indispensable.

A présent, elle devenait inutilement méchante, mais blessée par le comportement de son ami, elle avait bien l’intention de ne pas lâcher le morceau.

- Je ne pensais pas que je serais obligée de dire des évidences tout haut, mais évidemment que je t’aurais recontacter. On ne s’est pas vu pendant des années simplement parce que tu m’as posé un lapin en allant gracieusement passer quelques années à Azkaban. Tu ne crois quand même pas que je n’ai pas appris de nos erreurs et que je ne t’aurais pas contacté si tu ne l’avais pas fais ? Franchement, ça n’avait rien à voir avec ma dignité ou mon ego plutôt avec les tiens si tu veux tout savoir. J’ai rompu, l’initiative vient de moi et la dernière fois qu’on s’est vu, tu t’es retrouvé particulièrement humilié devant moi, sans compter que tu avais une nouvelle femme dans ta vie. Il m’a semblé plus courtois et délicat d’attendre un peu avant de renouer le contact. Ce n’est pas comme si je ne savais pas que tu m’en voulais encore, mais pardon, la prochaine fois, j’enverrais la délicatesse au diable. S’il y a une prochaine fois.

Elle se sentait fatiguée. Ils ne criaient pas, mais ils n’en étaient pas loin. Dans le fond, c’était une discussion sans fin. Ils ne s’écoutaient plus ou à peine. Ils se contentaient de s’envoyer des piques et des reproches dans la figure en essayant de faire mal à l’autre. Un moyen comme un autre de se débarrasser de leur frustration. Pas très intelligent comme moyen, mais c’était le seul à leur portée puisque la réconciliation sur l’oreiller n’était plus d’actualité.

Je vous fais confiance. Je te fais confiance. Tu ne serais pas ici si ce n’était pas le cas. Je ne suis pas inutilement parano non plus, la trahison n’est pas obligé d’être faite de façon intentionnelle. Tu le sais aussi bien que moi, c’est pour ça que presque personne n’est au courant des détails de tes combines. Ce n’est pas une question de confiance, tu mets simplement toutes les chances de ton côté pour ne pas que ça dérape. Elle soupira. Je n’arrive pas à te faire comprendre, hein, que ça ne concerne pas que moi.

C’était frustrant. Elle se sentait l’envie d’hurler ou de casser quelque chose, mais elle n’était pas une femme à se laisser à des débordements quel qu’ils soient. C’était dommage, parfois ça lui aurait donné l’occasion de relâcher la pression. Merlin savait qu’elle en avait besoin en cet instant. Les larmes n’étaient pas loin, autant de frustration que de tristesse, ça l’étonnait elle-même. Maintenant que les choses étaient dites, elle ne s’était pas doutée que ça lui tiendrait tellement à coeur qu’il la comprenne.

- Évidemment que je pleure, répondit-elle d’une petite voix avant qu’il ne la prenne dans ses bras.

Il faisait une dizaine de centimètre de plus qu’elle, elle en profita pour poser sa tête sur son épaule pour cacher ses larmes. Elle haussa les épaules quand il s’excusa. Dans le fond, elle était en tort aussi.

- Je sais, je sais. Je me doutais bien que tu ne le prendrais pas bien tu sais, j’aurais dû m’attendre à ce que tu sois en colère et ne pas commencer à gueuler moi-même. Je ne veux pas te perdre non plus.

Elle caressa sa joue désormais barbue et lui fit un demi-sourire entre les larmes et le soulagement. La tension était redescendue, mais il suffisait de peu de chose. Ils s’écartèrent l’un de l’autre et elle le laissa regarder ailleurs. Pudique, elle aussi, elle en profita pour essuyer ses propres larmes. Elle se rassit et laissa Tom la servir tandis qu’il lui rappelait de vieux souvenir et se moquait de son chemisier.

- Les Beattles ne sont pas mon groupe préféré, mais je ne nie pas, c’était hilarant de te voir galérer. Si tu veux tout savoir, je préfère des groupes plus récents. Tu connais Queen of the Stone Age et Foo Fighter ? Eux, au moins, on peut toujours aller voir leur concert ! On aura qu’à y aller un jour.

L’idée d’Anne écoutant du rock était hilarante, elle le savait bien, mais c’était la preuve qu’elle ne cessait jamais d’être surprenante.

- Je vais me changer, ça sera plus simple. Il faut juste que je trouve où ils ont mis ma garde robe, ma chambre est en travaux.

Elle chercha des yeux le téléphone de la pièce et le prit pour le faire sonner en interne, une fois qu’elle eut sa réponse, elle raccrocha. Elle hésita un moment, puis finalement demanda :

- Reste ici ce soir. Mes parents vont peut-être repasser avant de partir pour Londres, tu pourras les rencontrer, mais sinon, on a la soirée libre. Ca fait longtemps.

Elle ajouta :

- Je te ferais préparer une chambre évidemment, je ne voudrais pas que Charlie se méprenne si elle venait à l'apprendre. Sauf si tu préfères rentrer à Londres, mais reste au moins manger.


L’après-midi n’était pas si avancée que ça, mais maintenant qu’ils étaient là, que les choses étaient dites, elle voulait s’assurer que tout reviendrait à la normale ou du moins autant qu’il le pouvait.
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Tom Sallybanks


MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Mer 6 Sep - 0:58


Tu voulais rester. C’était ce qu’il avait envie de dire, de répondre, quand Anne lui demanda s’il pensait vraiment savoir ce qu’elle voulait mieux qu’elle.  Et c’est précisément ce qu’il ne fit pas. Parce que même si c’était vrai, et Tom commençait à connaître assez Anne pour être à peu près sûr d’avoir raison, il était sans doute la personne la moins bien placée pour le dire, parce que concrètement, si on restait dans le domaine des vérités brutes, dans l’absolu, c’était à cause de lui qu’elle n’avait pas pu le faire. Si en colère qu’il fut, Tom avait un minimum de bon sens : c’était la chose la plus injuste qu’il pouvait faire, de dire ça.

Bien sûr qu’il était en colère, bien sûr qu’ils s’engueulaient, mais à la fin, il ne comprenait même plus très bien pourquoi, il savait juste qu’il ne voulait pas que ça tourne de cette façon là. Évidemment, il y avait des milliers de raisons à ça : il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il prenne bien quelque chose qu’elle lui avait caché pendant des années, plus de vingt ans, d’abord. Sans compter qu’en réalité, il y avait leur rupture en toile de fond, ce qui n’aidait pas à une discussion sereine. Il avait essayé pourtant, vraiment, de se raisonner, de ne pas haïr, et Tom y arrivait la plupart du temps.

La plupart du temps, il n’y changerait rien même s’il l’avait pu, et il se disait qu’il pouvait survivre, s’en sortir tout seul, il y avait Charlie, après tout, ça irait, vraiment. Sally savait bien, cependant qu’il ne trompait pas vraiment son monde, lorsqu’il disait qu’il ne faisait pas semblant, qu’il ne trichait pas, qu’il ne faisait pas de compromis, que c’était fini. La plupart du temps, il essayait de faire bonne figure, mais certaines fois, c’était plus dur que d’autres.

Comme lorsqu’il apprenait ce genre de choses. Il y avait une part d’affect indubitable dans ce qu’il disait, dans ce qu’ils se crachaient à la gueule sans remords - parfois sans vraiment le penser. S’il regardait objectivement les faits, Tom savait bien que Anne avait raison sur de nombreux points. Ca ne l’aidait pas à mieux accepter, ça ne rendait pas non plus les choses moins dures, au contraire : parce que s’il admettait qu’elle avait raison, ça voulait dire, encore et encore, que lui avait tort, qu’il s’était planté. Et comme,  à l’instar de Anne, Thomas était un champion de mauvaise foi et qu’il avait lui aussi beaucoup d’orgueil mal placé, ça ne pouvait que virer à l’engueulade sévère.

Objectivement, il comprenait ce qui s’était passé, vraiment, mais comment est-ce qu’il pouvait bien le prendre ? Bien sûr qu’au fond, ça n’impliquait pas que elle et que c’était compliqué de lui dire - ça restait possible, pourtant, bon Dieu, lui avait joué franc-jeu, autant que possible. Tom connaissait le principe, il savait bien que dans ce genre d’arnaques - et c’en était une, ni plus ni moins, une bien faite, une de riches, une qui sentait le thé, l’or, et les vieilles boiseries des grandes maisons de grandes familles, mais une arnaque quand même -  on ne pouvait pas faire ce qu’on voulait, et que si on tombait, on entrainait des gens avec soi si on leur parlait. Ce n’était pas pour rien qu’il avait un peu répugné à en parler à Al, même s’il le lui devait bien vu qu’il l’avait empêché de se vider de son sang dans un caniveau. Et il avait parfaitement conscience que Fenton ne paniquait pas totalement pour rien. Tout avait des conséquences, tout se payait. Ses grand-parents ? Ils étaient dans la combine parce qu’ils n’avaient plus grand chose à craindre, eux : ils avaient commencé bien avant Tom leurs méfaits.

Pour le reste, évidemment, il avait sa part de responsabilité. Pas facile de ne pas parler à quelqu’un qui a la manie de disparaitre face à ses propres problèmes, il fallait bien reconnaitre ça. Tom avait cette sale manie, il se connaissait, de penser que s’il laissait faire les choses en se préoccupant pas, en les enterrant totalement, elles se résoudraient d’elles mêmes. Une technique qui ne marchait pas, bien entendu, mais qu’il utilisait quand même : la preuve, il avait disparu douze ans avec Anne, et sans doute que s’il n’y avait pas eu cet attentat, il se serait sans doute tu et terré pendant des années. Enfin peut être pas des années, mais un paquet de temps.

Et il voulait bien admettre aussi qu’il ne lui avait pas tout dit. Enfin, non, pas exactement. Thomas avait promis de se ranger et il l’avait fait. Mais il n’avait pas tenu cet engagement sur la durée. Sally supposait qu'il aurait du le dire à Anne mais il avait eu peur qu’elle parte et il avait cherché un moyen de lui dire sans qu’elle parte. Peine perdue. Thomas supposait qu’avoir les deux, combiner ce qu’il était et son amour pour Anne, était au final compliqué voire impossible. Si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait essayé. L’impossible, Sally s’en foutait comme d’une guigne, comme les conventions. Il était persuadé qu’ils s’en seraient sortis.

Si elle voulait qu’il change, cependant, ça n’était pas possible. Tout ça était bien trop ancré en lui, c'était fini, trop tard, il ne pouvait pas changer de vie. Il n’allait pas apprendre. Aussi sûr que la cigarette tuait et que le whisky brûlait.

Voilà. Il voulait bien avoir sa part de reproches, mais elle avait quelques torts aussi tout de même. Et au moins lui il avait été honnête.  A peu près. Il remarqua d’un ton froid, mordant :

« C’est facile de faire confiance aux gens qui sont sous serment inviolable, Anne.»
C’était plus un constat qu’une accusation. « J’ai pris le risque en te disant la vérité, moi. Je ne travaille pas tout seul. Tu crois vraiment que je ne comprends pas ? » Il secoua la tête : « Y a rien de pire au monde que Azkaban. Rien. Je créverai plutôt que d’y retourner et je souhaite à personne d’y aller, surtout pas par ma faute. Mais j’ai pris le risque.» Il avait envie d’une cigarette mais n’osait pas trop en allumer une pour l’instant.« Bon sang de sang de dragon. Bordel. Je crois que je comprends pourquoi tu l'as fait et même pourquoi tu n’as rien dit, au fond, mais est-ce que tu peux envisager deux minutes que tout ce cinéma puisse être vécu comme blessant ? Après si tu veux, tu pourras recommencer à essayer d’avoir raison en permanence. »

La colère passait peu à peu. Il comprenait, au fond. Et la voir pleurer le mettait dans une colère sombre, en grande partie contre lui, d’y être pour quelque chose. C’était au moins l’une des qualités de Tom, il n’était jamais arrivé à rester en colère face à des gens qui souffraient, à plus forte raison s’il les aimait. Et Merlin savait qu’il aimait Anne Fraser.

« T’en fais pas. On a fait au mieux, toi et moi. Même si faut avouer que ce n’était pas brillant. »


Il lui adressa un sourire, la tension retombait un peu alors qu'il l’avait pris dans ses bras. Il essuya ses larmes alors qu’il la libérait de son étreinte et but une gorgée de whisky bien méritée. Ça allait mieux. Un peu. Il posa gentiment une main sur son épaule et demanda :

« Est-ce que ça va ? Je me doute que ça n'a pas dû être facile de parler, surtout pour la première fois. » Nouveau sourire, un peu triste : « Je sais que ça n’arrange rien de dire ça, mais vraiment, tu aurais du me le dire. Ce n’est pas un reproche, ne te mets pas en colère. C'est juste que je sais que c'est dur. De ne rien dire, de toujours faire attention, tous ces trucs. C’est juste que ça me désole que tu aies affronté ça toute seule, ou presque. »

Maintenant qu’ils arrivaient à discuter sereinement, ça allait. Ils pouvaient presque rire comme avant.

« J’essaie de t’imaginer à un concert moldu, maintenant, décidément, tu me surprendras toujours. »
Se rappelant d’un détail, il ajouta d’un ton amusé : « Et dire que je me croyais bon acteur, bah tiens, toi aussi. Meilleure encore que ce que je pensais. J’ai toujours dit que tu avais du potentiel comme criminelle, tiens, deviens mon associée. Fenton fera une syncope, ça te plaira. »

Jetant un œil autour de lui, Tom ne remarqua pas de cendrier. Il laissa Anne terminer son coup de fil et demanda :

« Je peux fumer, ici, ou pas du tout ? Je veux bien visiter le parc sinon, mais il faudrait juste m'accompagner, sinon je vais me perdre je crois. Tes parents ont la casbah la plus maousse du monde, et pourtant j’en ai vu pas mal. »


Maintenant qu'il était là autant visiter un peu. Et profiter un peu de la compagnie de Anne, puisque l’heure n’était plus à la dispute.

« Maintenant que je suis là autant rester, j’ai dit à Charlie que je rentrerai demain, ça ne changera pas grand chose.  Et puis on mérite bien de rattraper un peu le temps perdu. »
En tout bien tout honneur cette fois ci. Ça valait mieux que rien. « Et puis de toute façon, je pense qu’elle prendrait mal le fait que mon ex me présente ses parents, tout simplement.» Il sourit : « Au moins le serment inviolable m'épargnera une discussion compliquée.»

D’ailleurs, tant qu'ils y étaient, en parlant de serment inviolable, il en profita pour demander d'un ton calme :

« Par contre, Anne. Maintenant qu’on en est là, il n’y a rien d'autre que je devrais savoir et qui risque de me tuer sous le choc ? Là on a pas mal commencé alors si ça pouvait s'arrêter là ce serait pas mal, non ?»


Il termina son verre, et sans transition, demanda avec enthousiasme :

« Bon, sinon on fait quoi ? On peut quand même pas boire tout l'après midi, ça va pas le faire devant tes parents. »
Il avait l’impression d'être de retour à l’adolescence, quand ils avaient fumé et bu en cachette chez Adrian et que le vieux Evan Rosier les avaient chopés. « Je te préviens aussi, je n'ai aucune idée de comment on s'adresse à des nobles moldus, et je ne peux plus les appeler beau-papa et belle-maman, là.»

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Faith and Trust || Tom

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