POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Faith and Trust || Tom

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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Ven 8 Sep - 0:52

Est-ce qu’ils étaient têtu et borné ? Certainement. Tous les deux persuadés de mettre leur mauvaise foi de côté le temps de cette discussion, ils essayaient d’être celui qui le plus adulte. The bigger person. En réalité, ils étaient loin d’être adulte en ce moment. Au mieux, ils ressemblaient aux adolescents qu’ils avaient été. Seul bémol, ce qui était acceptable de leur part jusqu’à leur dix-sept ans ne l’était plus presque seize ans plus tard. Heureusement pour eux, ils pouvaient faire leur cinéma en toute tranquillité. Cette fois-ci, aucun public pour les admirer et cette scène pouvait rester aussi intime qu’elle devait l’être. Quand ils se seraient chacun enfin calmé, il n’y aurait personne pour se rappeler à quel point ils venaient d’être ridicule. Ici, les murs n’avaient pas d’oreilles, ça les changeaient admirablement de leur monde.

- Oui, c’est facile, Tom. C’est pour ça que je l’ai fais. Je voulais que ça soit facile et pouvoir dormir sur mes deux oreilles.

C’était facile le Serment Inviolable. Facile pour elle en tout cas. Anne avait presque été étonnée que ça le soit autant. La jeune femme avait joué sur le confiance que lui faisait ses amis les plus proche pour que ça soit fait sans qu’ils posent de questions. Adrian n’avait pas moufté quand elle lui avait demandé, mieux il avait accepté de ne pas poser de questions. Quant à Sally, il avait fait de même. En réalité, si elle y pensait de près, c’était le témoignage d’une confiance énorme. Le Serment Inviolable pouvait être mortel. Les gens le faisaient rarement sans poser de question. C’était un sort auquel on ne connaissait pas de contre sort. En un sens, ça les liait autant qu’un mariage, si pas plus. Le Serment Inviolable étant valable jusqu’à ce que la mort prenne l’un des deux. Ca donnait à Anne une responsabilité envers Thomas. Elle se demandait s’il en était conscient. Jusqu’à sa mort, elle devait s’assurer qu’il ne soit pas un jour mis en mauvaise position, qu’il n’ait pas un jour besoin de révéler ce qu’il savait sans pouvoir le faire. Pour le moment, il lui en voulait de lui avoir caché son secret pendant plus de vingt ans. A un moment, viendrait probablement le temps où il lui en voudrait de l’avoir forcé à faire un Serment Inviolable sans savoir de quoi il en retournait. Elle aurait pu faire la démarche inverse après tout, lui dire et puis lui demander de le faire. Il aurait probablement accepté, mais c’était le probablement qui gênait Anne. Elle n’avait jamais été du genre à laisser le hasard se jouer d’elle.

- Je ne t’aurais jamais envoyé à Azkaban, tu le sais et je sais que tu ne me trahirais pas. Même si je prenais la marque tu essaierais encore de me raisonner. Je sais tout ça.

Ce cinéma ? Elle fronça les sourcils. S’il cherchait à l’irriter, il était en très bonne voie. Tout était un cinéma dans le monde sorcier. A commencer par le secret magique. Qu’on vienne lui parler de cinéma pour quelque chose qui venait pas d’elle, elle trouvait ça un peu fort. Elle croisa les bras tout en le dévisageant presque méchamment avant de rompre le silence.

- Oui, je peux, par contre, je l’envisagerai peut-être plus aisément si tu n’étais pas en train de m’agresser depuis une demi-heure. Elle lança une dernière pique pour la forme, parce qu’après tout, elle refusait de lui laisser avoir le dernier mot. Je ne savais pas que j’avais toujours raison Tom, je pensais que c’était toi, je ne voudrais pas te piquer ton rôle.

Bon, ça, c’était malhonnête. Anne aimait assez peu avoir tort. En général, elle admettait ses torts, mais à retardement. Avant ça, il y avait la phase qu’on appelait communément celle de la “dignité offensée”. Elle ne disait plus rien et se contentait de regarder le reste de l’assemblée avec un regard noir tout en se drapant dans ce qui lui restait de dignité avant de bien vouloir admettre que oui, peut-être, elle avait éventuellement tort.

Enfin, les cris se taisaient, laissant place à un certain malaise, puis les larmes. Ensuite venait la réconciliation ou ce qui y ressemblait en tout cas. Le contact se faisait, la peau et puis les corps se touchaient avec retenue, ravivant douloureusement le souvenir de l’année passée ensemble.

- Ca va, je crois. Elle lui offrit un sourire maladroit et chassa les dernières larmes de ses yeux. Je ne sais pas si c’était vraiment dur. J’étais très jeune tu sais. J’ai passé plus de temps à être Anne Fraser qu’Anne Moore. Au final, les deux ont évolués ensemble et se sont confondus pour devenir ce que je suis. J’ai voulu vous le dire un nombre incalculable de fois. Il ne faut pas croire. Ca m’a toujours titillé et puis tu-sais-qui est revenu au pouvoir, ses mangemorts avec lui et je me suis dis que j’avais vraiment bien fait de me taire.

Elle finit son verre de whisky d’une traite et ne se reservit pas. C’était assez pour le moment sinon elle serait saoule avant le retour de ses parents.

- Fenton fait une syncope dès que je suis dans la même pièce que lui, alors si on s’associe, imagine le drame. Note, c’est ton père qui m’appréciera peut-être, ça changera. Enfin, depuis la raclée qu’il m’a mise au tournois de duel, je suppose que je lui tape moins sur le système. Ton père, j’ai toujours plus ou moins compris pourquoi est-ce qu’il ne m’aimait pas, même si tu noteras l’ironie, il tomberait de haut s’il savait lui aussi … mais Fenton, je serais vraiment curieuse de savoir ce que je lui ai fais pour mériter un désamour aussi virulent.

Fenton et Joe, c’était un sujet neutre. Une espèce de vieille rengaine qu’ils reprennaient inlassablement. Plus facile de discuter de ça que de la vie qu’Anne menait jusqu’à présent. De ça, ils pouvaient parler sans s’écharper, ils l’avaient déjà fait tellement de fois à ce propos que ça ne comptait plus.

- Je vais me changer et on va sortir dehors, ça sera plus simple. Elle eut un sourire malicieux, sachant qu’il serait tenté et dit : Il y a un fumoir à l’étage en fait, c’est la salle de billard. Mon père y garde sa réserve de cigare. Quand on était plus jeune, on s’amusait à piquer la clé avec mon frère et on se cachait dans le parc pour fumer ses cigares. J’ai été malade comme un chien la première fois que j’ai essayé. Prend ton verre avec toi.

Elle sortit de la pièce et se rendit dans le grand Hall où elle monta le grand escalier qui donnait accès à la galerie nord de la maison. Sa chambre se trouvait du côté est dans la partie invitée puisque la sienne était en travaux. Elle l’y conduit et lorsqu’elle fut devant la bonne chambre, lui ouvrit la porte et le laissa pénétrer dedans. Ses parents avaient laissé à la maison un style très classique tout en ajoutant une touche de modernité. Le grand baldaquin au milieu de la pièce datait du début du siècle dernier, mais le téléphone posé sur la table de nuit, lui, était dernier cris. Anne ouvrit sa garde robe et y retrouva ses vêtements rangés comme à l’accoutumée. Elle sourit en y voyant la main de sa mère et partit à la recherche d’un chemisier. Sans gêne, elle se déshabilla tandis qu’elle lui parlait et enfila son nouveau chemisier. Ce n’était rien qu’il n’avait pas déjà vu après tout.

- C’est vrai que la maison est gigantesque. Il faut imaginer le personnel qu’elle contenait il y a un siècle d’ici. Il y a toujours au grenier les chambres des anciens serviteurs. A l’époque où mes parents se sont mariés, il y avait encore un peu de personnels, mais maintenant, ce n’est plus que nous ou presque. Ce sont devenu des débarras pour la plupart, mais certaines ont gardés leur aspect d’origine. Mon père est un grand fan d’histoire. Pareil pour les escaliers de services. Ils sont toujours intact même si on s’en sert rarement. C’est assez amusant en fait, enfant, ça me faisait l’effet de passage secret.

Elle finit se rhabiller et sortis de sa chambre en compagnie de Tom pour se diriger vers le jardin.

- Je demanderais qu’on te mette une chambre près de la mienne, je suppose qu’on à passé l’âge des pyjamas party ?

Quand ils étaient adolescents et qu’ils se réunissaient pour l’été avec Al, Adrian, Ashley et les autres, ils n’étaient pas rares qu’ils se retrouvent dans la même chambre pour dormir en s’éclipsant au petit matin comme des voleurs pour regagner leurs lits respectifs.

- Désolé pour le Serment Inviolable. Je sais que je t’ai pris de court. Elle se fit soudain très sérieuse et elle le regarda avec intensité. Je te promets que je ne te mettrais jamais en position de devoir en parler. Si c’était le cas, je le ferais moi-même, après, je doute jamais devoir en arriver à une telle extrémité, mais on ne sait jamais.

Elle le pensait vraiment. Serpentard oui, mais elle n’était pas du genre à fuir ses responsabilités. Un autre, oui, peut-être qu’elle l’aurait sacrifié sans culpabilité, mais pas Tom. Ils étaient arrivé à l’arrière de la maison. Il y avait une petite terrasse agréable dressée sur un grand préau, mais devant eux, ce n’était que la campagne et les bois à perte de vue. Anne sortit un paquet de cigarette et un briquet qu’elle passa à Tom. On ne faisait pas de magie ici ou alors, jamais à l’extérieur. Elle lui prit le bras et se mit à marcher avec lui, sa réflexion lui tira un sourire, mais elle n’en montra rien et répondit avec calme.

- Je comptais t’en parler plus tard, mais tu as raison, puisqu’on est lancé. Je suis enceinte de quelques mois.

Elle se tut un moment, avant d’éclater de rire.

- Pardon, pardon, je blague, si tu voyais ta tête. Elle l’embrassa sur la joue pour se faire pardonner. Désolé, c’était trop tentant.

Elle essuya une larme de rire et se demanda en effet ce qu’ils allaient bien pouvoir faire de leur après-midi.

- On pourra se saouler après leur départ je pense. Avant dix-huit heures, ça manque de dignité. Enfin c’est ce qu’on m’a dit, mais Adrian ne serait pas d’accord. Je suppose que tu ne montes pas à cheval ? Ca m’arrangerait, j’ai la flemme de retrouver mes affaires d’équitation. On a une piscine, un billard et à peu près toutes les commodités que tu pourrais trouvé dans une maison moldue. Ne t'inquiète pas pour mes parents, sachant que tu es un sorcier, ils ne se formaliseront pas de l’absence d’étiquette. Tu peux les appeler Lord et Lady Suffolk ce sont leur titre, mais madame, monsieur devrait suffire sinon.

Elle n’eut pas eu le temps d’en dire plus qu’elle entendit une voix familière l’appeler, elle se retourna et vit son frère qui les rejoignait à grande enjambée. Un peu plus grand qu’elle, il était aussi blond qu’elle était brune. Tout chez Edward respirait la bonne humeur. Il la serra dans ses bras et tandis sa main spontanément à Thomas.

- Ca fait plaisir de te voir, je ne reste pas longtemps, mais je me suis dis que j’allais quand même te saluer et ton invité avec. Lord Hamilton, le frère d’Anne, mais vous vous en doutiez. Appellez moi Edward, on ne va pas faire des manières entre nous. Thomas Sallybanks c’est ça ? Ah non, elle m’a dit que le nom de famille avait changé, vous êtes pire que la noblesse chez les sorciers avec vos vingt-huit familles, je ne m’y retrouve jamais.

Contrairement à sa soeur, Edward était un grand bavard, c’était un miracle qu’il ait toujours réussis à ne jamais faire d’impair en société. Très naturel, il n’avait rien de snob et il mettait très vite à l’aise ou presque. Par contre, sa soeur avait eu beau lui expliquer comment ça fonctionnait chez les sorciers, il n’avait jamais vraiment réussi à retenir. Il acceptait bien volontier que ça soeur fasse partie d’un autre monde que lui, mais il n’avait jamais réussi à pardonner à leur grand-parent l’exclusion de leur mère de la famille et entretenait des liens très froid avec ses grands-parents maternels.

- Alors comme ça vous avez rompu ? Trop casse-pied c’est ça ? Il ne faut pas avoir le coeur brisé pour elle, croyez-moi, il y a mieux.

Anne haussa les yeux au ciel et donna un coup de coude discret dans les côtés de son frère. Il rit et haussa les épaules en regardant Tom.

- On me fait comprendre que je parle trop, moi je dirais que c’est elle qui ne parle pas assez. Elle s’est enfin décidée à laisser les faux semblants. Il t’en aura fallu du temps petite soeur.


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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Sam 9 Sep - 18:38

Ce qu’ils faisaient était sans doute idiot. Il y avait une part de mauvaise foi évidente dans tout ce conflit : personne ne voulait avoir tort, personne ne voulait s’incliner, et ils en devenaient ridicules. Mais ce n’était pas facile de tenir une conversation normale, de prendre les choses de façon rationnelle, dans leur état. Sans doute que toute cette annonce brutale y était pour quelque chose dans le cas de Thomas, mais il fallait bien admettre que de toute façon, se jeter les pires saloperies à la gueule qu’ils avaient en stock, ça venait assez naturellement pour faire avec toute la rancoeur, tout ce qu’ils auraient voulu se dire et qu’ils ne pouvaient ou ne voulaient pas dire. Il y avait au moins dans le cas de Tom plus de tristesse qu’autre chose. En réalité, il ne savait pas très bien où il en était. Ce jour là, ses sentiments étaient un peu trop compliqués. Il voulait les partager, mais il n’était pas facile de faire le tri dans tout ce mélange d’indignation, de compassion, de colère, et de tristesse. Ca sortait comme ça pouvait - c’est à dire avec des paroles acides et désagréables. Mais il fallait bien qu’il dise quelque chose, même si Anne ne comprenait pas, parce que s’il ne le faisait pas, ce serait pire que tout. Tom le savait, les non-dits, la rancoeur, ça restait pire que tout.

Au fond, même lui savait que c’était idiot. Qu’ils l’étaient tous les deux et ce n’était pas ce qu’il voulait. Au fond, tout ce qu’il aurait voulu dire, c’était “reste avec moi, ne me laisse pas tomber”. Mais ce n’était pas possible, ça ne l’était plus. Et puis maintenant qu’il savait, pour elle et son histoire, il ne pouvait pas revenir en arrière. C’était étrange, parce qu’il s’était souvent demandé, lorsqu’il était avec Anne, ce qu’elle lui cachait vraiment, mais maintenant qu’il savait, Tom se demandait s’il n’aurait pas préféré ne jamais avoir été au courant. Il pensa lui en parler, mais d’une certaine manière, le calme qui revenait peu à peu lui semblait préférable à tout. Il était sincère lorsqu’il disait qu’il ne voulait pas la perdre, ça aurait été insupportable. Même si ça restait douloureux d’être là, comme ça - la retour en arrière, repasser du stade de amants à meilleurs amis, Tom le savait, restait le plus dur. Le resterait encore. Mais il fallait essayer. Il prit ses mains dans les siennes :

“Je sais que tu as fait au mieux. Même si ça me tue de le dire, hein. Je me serais dispensé de tout ce drame, tout ça, moi.”  


Ce n’était pas dit d’un ton querelleur. Avec le temps, il avait appris à bien la connaître, et l’inverse était vrai.  Même s’ils ne disaient rien, qu’ils ne demandaient rien à l’autre, et qu’ils se regardaient juste l’un et l’autre, ils pouvaient deviner ce qui se passait sous la surface. A peu près. Il sourit :

“D’accord, d’accord, je suis en partie responsable. Recommence pas à m’engueuler. De façon sérieuse, par contre, si ça va pas, si c’est trop dur, t’as plus besoin de mentir ou de faire semblant que ça va, avec moi. Si je te vois pleurer, ce n’est pas si grave. D’accord ? Je suis sous serment inviolable, j’ai pas le droit de parler, alors autant que ça serve à quelque chose. ”


Il fallait passer à autre chose, essayer, au moins essayer de tenir le choc. S’ils s’y mettaient à deux ça passerait peut-être. C’est en tout cas comme ça que Tom voyait les choses. Il fallait essayer. Prétendre que tout allait bien, et ignorer la douleur. S'anesthésier eux-mêmes, en quelque sorte, jusqu’à ce que ça fasse moins mal - pas que la douleur s’arrête, ça c’était impossible. Il n’y avait pas de remède miracle, mais certains terrains étaient neutres et pouvaient aider à reconstruire, à rire.

“ Avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi Fenton te déteste non plus. Je te jure, j’ai demandé, j’ai jamais eu de réponse.”
Hilare, il termina son verre : “Ca se trouve, il est amoureux et ne sait pas comment te demander de sortir avec lui, t’imagine un peu ?”

Pensée absolument grotesque, jugea Tom, il ne pouvait pas imaginer un couple plus improbable - sans du tout se douter qu’en réalité, il tapait dans le mille. Comment penser à ça ? Son frère et Anne avaient du échanger une centaine de mots dans toutes leurs vies. Au moins, ça avait eu le mérite de détendre un peu l’atmosphère et il put continuer à rire avec elle.

“Toi, une enfant qui faisait des bêtises ? Par Merlin, je suis choqué. Je ne vais pas m’en remettre.”


Tu parles, qu’il l’était, vu les idioties, et il y en avait eu un paquet, qu’ils avaient fait ensemble à Poudlard. Il suivit la jeune femme à travers le manoir en continuant à plaisanter. S’appropriant le lit pendant que Anne se changeait, il déclara d’un ton amusé :

“Ca ferait une super cible de braquage. Ou d’arnaque. Si je m’en prenais aux moldus. Et si c’était pas ta famille, j’entends.” Il se redressa sur le matelas et sourit : “ Prends ça comme un compliment de la part d’un professionnel, disons. Ou de quelqu’un qui a grandi dans une maison un peu humide à Liverpool en partageant sa chambre avec son frère.”

Tom parlait peu des premières années de sa vie, ou de son enfance, hors des souvenirs communs qu’il avait avec ses amis. Ce n’était pas qu’il détestait les membres de sa famille, ni qu’il avait honte des Emerald ou des Sallybanks, au contraire, hors Joe à qui il n’avait jamais vraiment pardonné d’avoir divorcé avec sa mère, mais Sally avait toujours eu un peu de mal avec la pauvreté, comme son père avant lui, sans doute. Il n’y avait rien de très glorieux, sa mère était payée à coups de lance-pierres chez Zonko et le salaire d’auror de son père suffisait à peine. Plus tard, ça c’était amélioré, son père était monté en grade, ils avaient déménagé sur le chemin de Traverse, mais avant, c’était la dèche. Pas de très bons souvenirs, donc.

En réalité, Tom  faisait ce qu’il pouvait pour éviter de trop relever que Anne était presque nue devant lui. Ca faisait mal, en réalité, de se rappeler qu’il n’y avait pas si longtemps, elle était et nue, et dans ses bras. Faire semblant - à savoir regarder le plafond en pensant à ça - de ne pas le voir était peut-être la meilleure option. Tom ne savait pas trop : il faisait un peu comme il pouvait, les choses allaient vite, et ça ne l’aidait pas à réfléchir.

“Si tu veux mon avis, le seul truc pour lequel on a vraiment passé l’âge, ce sont les pyjamas.”
Fallait-il voir quelque chose, un sous-entendu, ou pas ? Thomas se mit à rire : “Je blague, ça ira très bien comme ça, de toute façon, ça m’étonnerait qu’on se couche tôt, alors pour ce que je vais dormir...”

Il suivit donc le mouvement, et traversa le manoir à sa suite, jusqu’au moment où elle lui parla du serment inviolable.

“ Allons, ce n’est pas si grave. Qu’est-ce que c’est que risquer de mourir parce qu’on parle trop ?”
Le ton était amusé, mais il reprit sérieusement : “Je te fais confiance là-dessus. Je pouvais dire non aussi, je suppose, et j'ai accepté. ”

Mais il ne l’aurait pas fait. Même en sachant avant, bien sûr que oui, il l’aurait accepté le serment. Ce n’était pas de l’idiotie, c’était la conviction intime que même s’ils ne se comprenaient pas toujours et qu’ils avaient des objectifs différents, Anne était et serait toujours de son côté et qu’elle ne pouvait pas lui vouloir du mal.

Même si elle pouvait être une petite peste quand elle voulait. Tout ce qu’il put répondre, alors qu’elle lui disait qu’elle était enceinte, tint de l’ordre du bégaiement.

“Quoi ? Non mais attends, sérieusement ? Mais qu’est-ce que...enfin, c’est qui le père ? Et tu veux le garder ? Mais tu vas faire comment ? ”


C’était le comble, ça. Tom voulait bien tout entendre, mais il n’était définitivement pas prêt à être père. Enfin, concrètement, non, c’était plus compliqué. Avoir des enfants, ce n’était pas un projet qu’il rejetait, mais pas avec quelqu’un avec qui il ne vivait plus, et pas si on lui balançait par surprise, comme ça, à l’improviste. C’était un projet qu’il fallait réfléchir, murir, décider à deux - pas un truc accidentel, parce que ça ne pouvait être que ça vu la manière dont Anne lui annonçait. Et organiser. A terme, s’il était resté avec Anne, c’était comme le mariage, Tom y serait sans doute venu, si elle en avait voulu, mais là…

A voir le fou rire incontrôlable qu’elle avait, cependant, il finit par en déduire que c’était une blague et poussa un soupire de soulagement quand elle le lui confirma. Tom se mit à ronchonner et la laissa l’embrasser sur la joue, trop occupé à râler :

“T’es con, franchement, j’essayais de parler sérieusement, moi.”
Type, cette histoire de prendre la marque, ça, il aurait bien aimé en parler. Il supposa qu’il avait encore du temps pour le faire et continua donc à se plaindre : “C’est ça, rigole, je te jure que je me vengerai.”

Dans le fond, Tom était plus content de la voir rire, même à ses dépends, que pleurer, et de pouvoir continuer une discussion sur un ton plus léger.

“Un billard ? Tu me prends par les sentiments là, je veux bien vérifier si je suis encore capable de te battre. Cela dit, j’avais appris à monter pour un de mes plans, même si je suis pas sûr de savoir encore, une superbe histoire, vraiment, il faudrait que je te raconte ça.” Puisqu’elle savait, il pouvait bien lui en dire plus, non, ils n’allaient pas se gêner, non ? “C’était un éleveur de chevaux ailés, et…”

Mais il fut interrompus par l’arrivée d’un homme que Tom identifia rapidement comme le frère de Anne. Il devait avoir le même âge que Fenton, ne paraissait pas mal disposé à son égard, et il décida donc de pardonner les erreurs qu’il faisait à propos du monde sorcier avec indulgence et serra la main du nouveau venu avec chaleur.
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“ Vous pouvez m’appeler Tom, ou Sally. C’est Emerald-Sallybanks normalement, mais vous ne trompiez pas. Ne vous en faites pas avec cette histoire de vingt-huit familles, je n’en fait pas partie.” Il se tourna vers Anne et lança sur le ton de la plaisanterie  : “T’as pas raconté que j’étais sang pur, hein ?” Il revint à Edward : “J’ai des ascendants dans ce monde ci, mon grand-père était dans la Royal Navy, il a fait le débarquement de Normandie, mon père a vécu à cheval sur les deux mondes et moi aussi, ne vous en faites pas avec les bizarreries du monde sorcier.”

Après tout, toutes ces confusions, ce n’était pas si grave, et les différences n’étaient pas telles qu’ils ne puissent pas s’entendre ou se comprendre pour les choses essentielles.  Il sourit d’un air un peu plus triste et répondit posément à Edward, sans trop regarder Anne, alors qu’il évoquait leur rupture :

“Oh, mieux, c’est relatif. Différent, disons.”


Et encore fallait vraiment vouloir trouver quelque chose de différent. La clé, c’était la volonté, ce que Tom, rendu ici, n’était plus très sûr d’avoir, malgré sa relation avec Charlie, malgré tout ce qu’ils avaient décidé avec Anne. Il eut un sourire indulgent :

“ C’est difficile de parler, parfois. On s’habitue à la la solitude assez vite, je crois. ”
Tout en parlant, il fixait Anne d'un air sérieux. C'était une manière comme une autre de dire qu'il comprenait, sans l'avouer directement. Avec un rire, il ajouta : “Ou alors, il est possible que votre soeur n’ait aucun penchant pour les secrets et qu’elle soit juste une grande timide, et vous et moi ne l’avions simplement pas vu avant. ”

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WHO THE FUCK IS ROBIN HOOD ?



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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Lun 11 Sep - 13:40

Ils en avaient fini de se déchirer, au moins pour un moment. Rien que pour ça, elle se sentait revivre. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, Anne n’était pas portée sur les conflits. Elle ne les fuyait pas, quand ils étaient là, elle les embrassait et fonçait dedans la tête la première. Pas par plaisir, simplement par nécessité. On a jamais réglé un problème en le fuyant et en enfonçant sa tête dans le sable comme une autruche. Mieux valait crever l'abcès, se faire mal et permettre une guérison que de le laisser grossir jusqu’à ce qu’il gangrène irrémédiablement. En attendant, ça n’empêchait pas que ça la mettait mal à l’aise. Elle n’aimait pas se disputer et encore moins avec les gens qu’elle aimait. Merlin savait qu’elle aimait Tom, sinon, elle ne lui aurait jamais pardonné et l’inverse était également vrai. Ils se connaissaient trop et s’appréciaient trop que pour se brouiller à jamais, mais ça n’empêchait pas que le jeu des reproches n’étaient pas tout à fais fini. On peut accepter, mais pas oublier. Si le processus était en marche, il n’était pas tout à fait encore enclenché pour autant.  Elle savait que pour le moment, ils étaient un peu dans l’oeil du cyclone. Un moment de calme avant de voir la tempête reprendre. Elle en profitait comme elle pouvait.

- Un jour on découvrira pourquoi il ne m’aime pas et tu verras, on sera déçu par la réponse.
Elle rit en même temps que Sally quand il évoqua l’amour peu probable de son frère pour elle. Crois-moi, je crois que ça me laisserait sans voix parce que ÇA, ça serait une surprise !

Enfin, ce genre de scénario tenait plus de la fiction que du réalisme pour elle. Quoique l’idée soit à mourir de rire (si seulement elle avait su), elle la laissa vite de côté pour bavarder sur d’autres sujets avec son compagnon.

- Je sais, c’est étonnant n’est-ce pas ? Dire qu’une enfant aussi sage que moi c’est retrouvé en compagnie d’un voleur de haut vol, un mangemort alcoolique en proie à ses problèmes d’amour et un apothicaire au langage aussi châtier qu’un ordurier avec une tendance à la gueule de bois certaine. Par quel miracle sommes-nous parvenus à nous associer pour le meilleur comme pour le pire ?

C’était le deal dans le fond. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur quand ils s’étaient mis ensemble, quand ils avaient gagnés leur match, fait la fête, bu jusqu’à ne plus connaître leurs prénoms. Pour le pire quand Adrian avait pris la marque, quand Al et Anne se battaient à propos d’Ashley, quand ils rompaient, quand Adrian leur faisait une peur de tout les dieux en se mettant mine sur mine et quand elle expliquait qu’elle leur mentait depuis vingt ans. En attendant, ils étaient toujours là, ensemble, c’était ce qui comptait dans le fond, non ?

- J’avoue, dit-elle en regardant autour d’elle. Il y aurait de quoi faire le bonheur d’un voleur ici. Elle haussa les épaules avec désinvolture. Tu ne serais pas le premier à essayer. Cela dit, je serais curieuse de savoir si un sorcier est capable de passer outre un système de sécurité moderne moldu, c’est une question que je n’ai pas étudié, mais elle mérite d’être posée. Elle regarda Tom d’un air entendu. Pour le challenge et pour mes études personnelles, on ferait bien un essai une fois.

Donc, même dans une situation dite “dramatique”, Anne ne pouvait pas s’empêcher de penser en terme de boulot. De par son background et par les études qu’elle avait fait dans le monde moldus en alternance avec celles qu’elle avait fait dans le monde sorcier, Anne était considérée comme une experte dans le domaine moldu. Quoique plus informée que la plupart des sorciers sur le sujet, elle devait toujours se maintenir à jour et c’était difficile. La technologie moldue ne cessait d’évoluer pour pallier l’absence de magie. S’il fallait reconnaître un talent aux moldus, c’était qu’ils ne cessaient d'innover et d’inventer si bien que, parfois, Anne se demandait si les sorciers n’étaient pas un peu à traîne sans le savoir.

- Ne m’en parle, j’ai toujours détesté les pyjamas,
dit-elle en souriant. Je n’aime pas ce que tu sous-entends. Est-ce que tu ne serais pas en train de dire qu’on va encore se mettre une mine monumentale. Tu vas encore être frais demain et ton père va encore avoir quelque chose à redire contre moi, je refuse d’endosser cette responsabilité.

Elle souriait en le disant, mais les connaissant, Tom n’était probablement pas loin de la vérité. Les nouvelles qu’ils avaient échangés aujourd’hui étaient le genre qui méritaient d’être arrosé d’une tonne d’alcool. Alcool fort de préférence pour faire passer le reste. Avec un peu de chance, ça leur éviterait même de s’engueuler pour une raison ou pour une autre. Ce n’était pas du luxe. En attendant, elle se payait allègrement la tête son ami en lui annonçant qu’elle était enceinte, elle le laissa patauger un moment avant d’éclater franchement de rire.

- Pardon, mais c’était juste,
nouvel éclat de rire, tellement tentant. Je sais que tu te vengeras, je te fais confiance pour ça.

Elle rit encore un moment tandis qu’ils parlaient de chose et d’autres et que Tom lui racontait des anecdotes sur les arnaques qu’il avait monté. Amusant comme c’était bien plus agréable que les non-dits qui avaient entourés leur relation pendant un an. Anne n’avait pas voulu entendre parler des coups qu’il montait. Evidemment, Tom avait essayé d’être réglo, mais ce n’était pas pour lui, elle ne savait pourquoi d’ailleurs, mais elle voyait bien qu’une vie rangé était sa mort. D’un côté, peut-être que, comme elle, il était trop habitué aux mensonges que pour pouvoir vraiment en sortir. On finissait par vivre dedans et une fois l’habitude prise, impossible de vraiment s’en défaire. Comme elle, il avait quelque chose à gagner de ses mensonges, pourquoi aurait-il arrêté ? Anne s’était souvent sentie coupable depuis leur rupture. Elle ne l’avait jamais forcé à changer son mode de vie, mais elle savait qu’il l’avait fait pour elle. Il n’empêche que quand il était retombé dedans, intransigeante, elle n’avait rien voulu entendre. Son égoïsme avait reprit le dessus.

L’arrivée de son frère fut l’occasion de mettre ses pensées de côté. De deux ans son aîné, on percevait à peine la différence d’âge. Il y avait parfois quelque chose de très immature chez Edward. Il était l’enfant chéri, celui que ses parents avaient pu garder auprès d’eux et ça faisait beaucoup. Anne n’était pas moins aimée, loin de là, mais elle était simplement moins présente. Elle menait une vie dont seule sa mère comprenait vraiment les enjeux.

- Je n’ai rien dit, dit-elle en levant les mains devant l’ignorance d’Edward. Le monde sorcier l’a toujours ennuyé il ne m’écoute jamais quand j’en parle. Je crois qu’il serait incapable de te dire de quelles familles sorcières il descend.

Son frère lui fit un sourire amusé et voulu la contredire.

- Bien sûr que non, répondit-il avec l’air assuré de celui qui ne va pas se tromper. C’est Back du côté de Prudence et Prewett du côté de Reginald.

Anne leva les yeux au ciel avec désespoir.

- Parkinson du côté de grand-mère et Fawley du côté de grand-père. Prewett c’est Olivier et Theophilus. Black c’est encore plus éloigné.

Il haussa les épaules pas plus perturbé que ça par ses erreurs.

- Aucune importance, je ne fais pas partie de ces gens-là.


Anne ne renchérit pas, c’était un sujet de discussion un peu houleux entre le frère et la soeur. Edward se considérait comme un moldu, quand Anne pensait qu’il était probablement cracmol, mais sans réelle certitude. Dans le fond, un peu blessé de savoir qu’il ne connaîtrait pas une partie de sa famille, il préférait ne pas en entendre parler et oublier son existence la plupart du temps. Edward, courtois, préféra parler avec Tom de ce qu’il connaissait.

- Le débarquement en Normandie, impressionnant ! Il est toujours vivant ? J’aurais bien voulu une carrière dans l’armée, c’était mon rêve quand j’étais gosse. J’ai toujours admiré les héros de la guerre. J’aurais laissé les rênes du domaine à Anne bien volontier, je ne suis pas très mondain à la base alors qu’elle fait ça si bien, mais bon, comme j’étais le seul héritier … Il haussa les épaules. A la place, je compose avec les chefs d’entreprises véreux, on ne peut pas tout avoir.

Le reste de la discussion tourna sur elle, difficile de ne pas entendre ce que son frère et Thomas disaient, mais elle préférait ne pas rebondir dessus. Pas besoin de discuter de sa rupture devant son frère,  elle prit donc le premier échappatoire qui se présenta à elle.

- Une grande timide, c’est exactement ça, quand vous aurez fini de déblatérer sur mon compte, messieurs. De Tom, je n’attends plus rien, mais toi, Edward, je t’ai connu plus galant. Est-ce que c’est vraiment comme ça que tu m’accueilles après deux mois sans me voir.


Son frère passa une main embarrassé dans ses cheveux et haussa les épaules.

- De toute façon, je vais vous laisser, j’ai un rendez-vous avec une jolie blonde à Londres, je te raconterai.
Il serra la main de Tom. Passez une bonne soirée, ne la laissez pas trop vous mener en bateau, elle a un peu trop l’habitude d’être obéit au doigt et à l’oeil si vous voulez mon avis, mais vous le savez aussi bien que moi, je suppose.

Anne lui lança un regard sévère et elle commença à marcher vers la maison pour l’accompagner jusqu’au garage où se trouvait sa voiture. Elle lui lança son propre trousseau de clé et dit :

- Tiens, tu n’auras qu’à dormir chez moi si elle t’éconduit, prend ma voiture, je ne conduirais probablement pas pour rentrer.


Lorsqu’il fut parti, Anne regarda sa montre.

- A mon avis, on a une bonne heure et demi avant que mes parents n’arrivent pour manger. Un billard en attendant ? Normalement c’est l’inverse, mais on fera avec.

Elle l'entraîna dans la salle où se trouvait le billard. Il y avait un petit bar avec différent alcool fort et plusieurs boîtes à cigare. Un paravent à demi replié laissait entrevoir une table de poker avec le matériel pour y jouer. Nul doute que la pièce aurait plu à Al et Adrian. Elle prit une queue et laissa Tom choisir la sienne.

- Tiens tu me demandais ce que je te cachais d’autre tout à l’heure, ce n’est pas vraiment une cachoterie, mais je n’ai jamais pensé à vous en parler. J’ai enfin réussi à compléter ma transformation en animagus. On en avait parlé il y a plus de six ans je crois.

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Mar 12 Sep - 14:01


L'amitié, c'était assez drôle, et ça pouvait tout autant être tragique. Comment est-ce qu'on définissait un groupe d'amis ? Qu'est-ce qu'ils étaient les uns pour les autres ? Une aide, un échafaudage, un filet de sécurité qui faisait que s'ils s'éloignaient trop de qu'ils étaient vraiment, s'ils allaient trop mal, ils étaient là les uns pour les autres ? Il y avait sans doute de ça. L'amitié, c'était oublier leurs propres problèmes, et Merlin savaient qu'ils en avaient, pour se préoccuper des autres et de leurs malheurs, quand bien même ils ralaient tous. On ne pouvait pas dire que Tom avait toutes les qualités du monde, ce n'était vrai pour aucun d'entre eux, donc pas plus pour lui que pour Anne, quand bien même il avait toujours un peu de mal à être objectif et la voir autrement que par le prisme de ses qualités. Mais il avait foi en cette relation, qui les unissaient tous. Au moins là dedans. Qu'à la fin, ils étaient là les uns pour les autres. Souvent, ils étaient au bord de la trahison, et il ne pouvait pas dire qu'il n'en souffrait pas, parce qu'il était lui-même à l'origine, parfois de ces coups bas. Tom savait qu'en mentant et en s'éloignant de Anne, il avait pu mettre en péril cette amitié, et si on était objectif, elle avait failli faire de même. Nier qu'il en était blessé, c'était un mensonge, il l'était sincèrement.

C'était sans doute ce qui différenciait l'amour et l'amitié, songea Tom. Il y avait beaucoup de choses dans l'amour. De l'héroisme, du bonheur, de la misère, de l'idiotie, mais pas de justice, jamais. L'amitié ne souffrait pas la trahison, ne souffrait pas les blessures. Et ils n'étaient pas loin de ça. De mettre une distance, pour éviter de souffrir. L'idée de la trahison était insupportable à Tom parce qu'elle ne faisait pas partie de la conception et de la nature de la relation qu'il avait avec Anne, laquelle était une vertu et non pas un arrangement social ou psychologique. Il vivait ce qui se passait comme une injustice, une blessure incurable. Il y avait un risque d'avoir donné un bien précieux, sinon le plus précieux à quelqu'un qui pouvait ne pas le mériter, ou qui ne comprenait pas le sens ou la gravité de ce don. Ce qui les sauvait sans doute, c'était qu'il n'était pas loin d'avoir fait la même chose. Ce n'était pas parfait, loin de là. Mais ils étaient parvenus à rétablir un semblant d'égalité entre eux, ce qui évitait la rupture totale de leur relation et pas seulement de leur couple, qui lui était déjà fini. Bien sûr que ce n'était pas parfait, mais mieux valait ça que se taire. C'était le silence, la demi-mesure, la tiédeur, qui avait eu raison d'eux. Mieux valait ces cris, et que ça sorte, que cette fuite en avant. Ils n'auraient pas pu continuer ainsi. Même Tom, pourtant du genre à ignorer les problèmes – s'il ne voyait pas de problème, c'est qu'il n'y en avait pas – savait qu'au final, c'était un mieux ainsi. Maintenant, la base était saine, et chacun savait à quoi s'en tenir sur l'un et sur l'autre.

« Oh parce que tu t'inquiètes de ma gueule de bois ? Aux dernières nouvelles, c'est toi qui tient le moins bien l'alcool de nous deux, moi je me bats pas dans les bars avec Al jusqu'à m'en faire virer. »
Il eut un rire amusé : « A quel moment est-ce que vous êtes tous devenus des picolos finis ? C'est moi qui ait été barman des années et qui avait le plus de chance de tomber là dedans et on dirait que je suis le plus raisonnable. Encore mieux, à quel moment je suis devenu le type raisonnable, j'ai le métier le moins honnête du monde ? »

Ils allaient encore s'engueuler, sans aucun doute, mais Tom espérait que ça irait decrescendo. Pour l'instant, ça allait. Il n'était plus en colère. Peut-être parce qu'il commençait à encaisser un peu le choc et qu'il comprenait, justement, que ça ne changeait pas tant de choses que ça à leur relation. Il se demanda ce qui se serait passé si chacun avait été honnête dès le départ. Est-ce qu'ils auraient fini ensemble quand même ? Plus tôt, ou plus tard ? Seraient-ils restés en couple ? Il n'avait pas de réponse à ces questions là. Tom n'était pas quelqu'un de passéiste, il regardait en avant, mais il se demandait tout de même ce qu'ils avaient manqué – ce à quoi lui avait échoué. Mais pas de façon trop amère tout de même. Mieux valait avoir des remords que des regrets : mieux valait avoir tenté quelque chose que de ne rien avoir fait du tout. Même si c'était difficile d'être heureux de ce qu'on avait eu et d'occulter la tristesse qu'il avait face à ce qu'il avait – ce qu'ils avaient, autant le dire – perdu. Mais il ne perdait pas totalement espoir : maintenant qu'ils s'étaient assez engueulés, chacun d'entre eux semblait décidé à se comporter en adulte.

Une tâche ardue pour Tom Sallybanks, il fallait bien l'avouer. Naturellement, Tom n'avait pas tellement changé depuis son adolescence. Il était toujours aussi provocateur et amateur de mauvaises vannes, et l'insolence ne l'étouffait pas. A l'aise partout et avec tout le monde, il aurait pu perdre du temps à se moquer gentiment, ou en remettre une couche sur le dos des sang purs en parlant avec Edward. La seule différence entre le gamin qu'il avait été et maintenant, c'est qu'il savait quand il pouvait se permettre d'être volontairement ennuyant ou choquant et quand il ne le pouvait pas. Devinant le sujet familial sensible, il évita la conversation et se contenta d'un sourire amusé, silencieux.

Il pouvait comprendre, après tout : lui non plus n'avait pas forcément envie de parler de sa famille, et à vrai dire, Tom n'était pas bien sûr que raconter l'histoire intégrale de son grand-père à Edward était une bonne idée.

« Il est mort quand mon père avait seulement dix-neuf ans. Il n'a pas eu une vie facile, je crois, il est entré dans la police après la guerre et il vivait dans une ville un peu difficile. »
Rien d'héroique dans l'histoire de Edward Emerald, juste un ancien soldat souffrant de symptomes post-traumatiques qui avait sombré dans l'alcool quand sa femme, Juliet Paswell, avait décidé que son moldu de mari n'était plus assez bien pour elle. « Mais il faut croire que c'est le prénom qui dicte cet intérêt pour le monde militaire, lui aussi s'appelait Edward. »

Pour le reste, ils n'avaient pas grand chose en commun, mais après tout, le frère de Anne lui semblait aimable et bien disposé à son égard. Il se demandait toujours ce qu'elle pouvait dire à sa famille (bon, jusqu'à il y a peu, uniquement sorcière) à propos de lui. Des gens comme Reginald Fawley lui semblaient de la même trempe que Chapman Rosier : durs et méprisants et sûrement mal disposés envers le sang mêlé qu'il était, simple serveur au mieux, et ex-criminel (parce que heureusement ils ne savaient pas qu'il était encore actif). Au moins, avec les moldus, on évitait l'écueil de la question du sang. Il serra la main de Edward et attendit qu'il soit parti pour lancer à Anne :

« Si c'était un sorcier, je lui conseillerais bien de se méfier de l'ex de Adrian. Tu sais, l'américaine avec une voix insupportable qui ne voulait pas m'adresser la parole et qui ne te parlait qu'à toi quand on était là. 
» Il avait oublié son nom, mais ce souvenir le faisait rire. « Vous ne vous ressemblez pas tellement, c'est fou ce qu'une éducation peut changer quelqu'un. Mais il a l'air sympa. »

C'était honnête, comme il pouvait se permettre de l'être avec elle. Il plaisanta gentiment :

« Je me demande quelle tête feraient les gens de ta famille si un jour tu leur expliquais ce que je fais vraiment pour gagner ma vie. Aussi bien sorciers que moldus. »


Sans doute qu'ils l'aimeraient encore moins, mais Tom s'était toujours fichu éperdument de ce que pensaient les gens que lui, du moment qu'il n'était pas détesté de ceux que lui aimait. L'avis de Anne comptait, celui de sa famille, moyennement. Elle n'était pas comme eux – eux dans le sens « eux les sang purs » - et en réalité, souvent, il en oubliait jusqu'à son statut du sang. Maintenant qu'il connaissait la vérité, Tom trouvait ça assez logique, d'une certaine manière. Il suivit son amie dans la salle de billard, et sans gêne, examina les boissons et les cigares.

« Ca ne doit pas être facile, de vous voir de façon aussi intermittente. Je suppose que tu reviens assez peu ici. »
Il souleva une bouteille de whisky et siffla d'un air appréciateur : « Du 1905, et des havanes de chez Montecristo. Merlin, ton père s'emmerde pas. »

Joe aurait été vert en voyant ça : cet univers des bons cigares et des bons whiskies lui aurait parlé, à l'évidence. Tom choisit une canne et laissa Anne commencer, avant de s'approcher à son tour.

« Pas mal, dis moi, tu t'améliores. Ou tu trichais depuis tout ce temps pour me laisser gagner ? »

Il lui adressa un sourire et joua à son tour, écoutant ce qu'elle disait à propos des animagus. Curieusement, ça étonnait un peu moins Tom. Il se rappelait des résultats de Anne en métamorphose et c'était une ambition qu'il lui avait presque toujours connu.

« La vieille passion pour la métamorphose, pas vrai ? Je suppose qu'on peut remercier McGo, toi et moi. » Il sourit, pas fâché pour un rond. « Si seulement j'en avais fait quelque chose, de ça. J'avais eu de bons résultats à mes ASPICs. J'aurais pu  en faire mon métier. Oh, quoique non, tu m'imagines prof de métamorphose ou chercheur ? Mon seul regret avec cette matière, c'est qu'on ne puisse pas naître métamorphomage. Ca, ça m'aurait royalement aidé. Idéal pour réussir un casse. T'es méconnaissable. »

Il ajouta pensivement en songeant à ce que venait de lui dire Anne :  

« Ca ne m'étonne pas que tu aies fini par y arriver, tu as toujours été obstinée quand tu voulais quelque chose. Animagus quoi, alors ? Si ton patronus est un fennec, quelque chose d'approchant ? »


Le ton était léger. C'était tout de même moins étrange que d'apprendre qu'elle venait en réalité d'une famille de moldus. Enfin pour partie. Enfin il se comprenait. Fronçant les sourcils, regard fixé vers le jeu, Tom repensa quelque chose et demanda d'un ton calme, dégagé :

« Ce que tu disais tout à l'heure...tu sais, à propos de prendre la marque. »
Il leva les yeux de la table de billard vers Anne. « C'était sérieux, ou tu parlais en l'air ? »

C'était une question importante, qui méritait d'être posée. Tom n'avait pas d'affection particulière pour les mangemorts, c'était une bande d'assassins, des criminels face à qui lui même n'était rien, et des tordus. Ce n'était pas fait pour tout le monde. Pas pour quelqu'un comme Adrian, par exemple. En ce qui concernait Anne, il ne savait pas trop. Mais c'était dangereux, et glauque. Un sale univers, d'où, elle avait parfaitement raison, si il pouvait, il essaierait de la protéger. Contre elle même, s'il le fallait, d'ailleurs, parce qu'après tout, c'était ça, son rôle, en tant qu'ami.

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Jeu 14 Sep - 2:07

Chapman avait l’habitude de dire qu’Adrian n’était qu’un bon à rien. Tout le monde savait qu’il ne le pensait pas vraiment, par contre, il était vrai que son petit-fils était en dessous de ses espérances. Trop gentil, trop droit, trop humain et différent de son grand-père au final. Il faisait un mauvais mangemort, ça n’avait jamais été sa vocation et selon Anne, il n’avait pas assez de détachement que pour vraiment être efficace comme serviteur du Seigneur des Ténèbres. Ce n’était pas plus mal et c’était d’ailleurs probablement pour ça qu’ils s’étaient toujours entendu. En un sens, de leur petit groupe, c’était probablement Adrian le plus droit de tous. Ironique quand on connaissait sa profession. Par contre, s’il y avait bien un domaine dans lequel il était particulièrement doué, c’était pour enchaîner les verres d’alcool et les relations foireuses. Le premier était un talent qu’ils avaient acquis et développer ensemble au fil des années. Le second … Eh bien le second leur ramenait des cas comme la charmante Nancy. Anne fit une jolie grimace à son évocation qui traduisait à elle seule tout le bien qu’elle en pensait.

- Il faudra quand même un jour qu’on m’explique où est-ce qu’il va les chercher. Ca fait dix ans qu’il ne nous a pas présenter une fille normale. Est-ce que c’est vraiment trop demander ? Nancy, c’était son prénom, ça je m’en souviens et je suis sûre et certaine qu’elle forçait sur l’accent. J’ai un don pour repérer les menteurs professionnels.


Ce qui aurait pu passer pour une fanfaronnade devenait criant de vérité à présent. A force de mentir, elle avait appris à repérer ceux qui le faisait aussi. Elle n’aurait pas pu dire ce qui lui mettait la puce à l’oreille, mais il y avait quelque chose de faux chez cette fille et ça ne tenait pas seulement à ses ongles. Heureusement pour eux, elle ou il l’avait largué, elle n’avait pas suivi l’histoire et elle était désormais hors de leur patte. Peut-être était-ce dû à son statut de sang pur, mais la jeune femme semblait s’être prise d’affection pour elle et refusait de parler à Al et Tom. Dans quelle univers pensait-elle entrer dans ses bonnes grâces en snobant son compagnon de l’époque et un de ses meilleurs amis ? Plus étonnant par contre, était les rumeurs (confirmée par Adrian) impliquant qu’elle était désormais bien plus que l’assistante personnelle de son grand oncle. Elle semblait être ambitieuse et ne pas du tout avoir envie de travailler pour obtenir ce qu’elle voulait. Une attitude qu’Anne méprisait tout particulièrement.

- Enfin tout ça pour dire, ne t’en fait pas pour Edward, il est plutôt doué pour éviter les fortunes hunter.


Comme tous les frères et soeurs, Anne et Edward étaient différents. Est-ce que ça venait, comme le disait Tom, d’une différence d’éducation ou de leur nature profonde ? C’était une bonne question. Anne avait toujours considéré la différence qu’il y avait entre elle et son frère comme le résultat d’un hasard biologique et pas autre chose. Ils avaient reçu une éducation plus ou moins similaire jusqu’à l’âge de huit, dix ans et puis Anne était allée à Poudlard et Edward avait continué sa scolarité dans les meilleurs écoles privées du pays.

- Tu trouves qu’on est si différent que ça ? Tu sais, je n’ai pas été exclusivement élevée par mes grands-parents. J’ai fait ma scolarité à Poudlard, mais j’ai également fait une scolarité moldue. Mon père a eu le plus de mal à accepter mon départ. Il n’a pas compris pourquoi on devait changer mon statut de sang et qu’est-ce qui dans mes origines auraient dû me donner honte de venir du monde moldu. Elle regarda la maison et sourit. C’est vrai que quand tu vois d’où je viens, c’est difficilement compréhensible pour lui. Quoiqu’il en soit, il acceptait que ça soit mes grands-parents qui aient ma garde une majorité du temps, mais à la condition que je continue mes études “classique”. Il voulait, que, si je le désirais, j’ai quand même la possibilité d’avoir un travail si je quittais le monde sorcier pour une raison où une autre. Pas que j’en ai besoin, mais il faut avouer que l’absence de diplôme, ça fait mauvais genre. J’ai même tenté quelques années d’université, mais je n’ai jamais fini, c’était trop de travail de suivre les cours en décalé et au bout d’un moment, il s’est quand même rendu compte que je ne quitterai pas le Ministère. Devenir avocate à peu d’intérêt quand tu peux être Langue de Plomb, finit-elle avec un sourire.

Au final, ils ne sauraient jamais vraiment si c’était la différence d’éducation qui les rendaient différents l’un de l’autre. Dans le fond, Anne estimait, peut-être à tort, qu’ils étaient plus semblables qu’ils n’y paraissaient. Une chose était sûre, moldu ou sorcier, aucun membre de sa famille n'apprécierait la véritable profession de Tom.

- Tu fais de la provocation. Tu sais très bien qu’il n’y a personne qui le verrait d’un bon oeil et honnêtement, tu as de la chance que je sois tolérante. Ne me regarde pas comme ça, je sais que tu es en train penser que je n’ai pas de leçon à te donner, mais je ne vole personne.


Elle haussa les épaules. Dans le fond, la profession de Thomas l’indifférait. Si elle était honnête, elle aurait même dit qu’elle y trouvait quelque chose d’excitant. A force de jouer elle-même avec le feu, elle savait qu’elle finissait par être attiré par lui. Anne faisait partie de ce genre de personne avec une morale bien particulière. Certes, elle avait une notion de ce qui était juste ou non. La plupart du temps, elle vivait dans le cadre de la loi sans l’enfreindre. Par contre, lorsqu’il s’agissait de se protéger et d’atteindre son propre but, elle n’avait aucun scrupule à faire ses propres lois et contourner celle des autres.

- Sers toi, dit-elle en désignant le whisky et les cigares.

Elle-même ne fumait pas avant la fin du repas, elle ne prit pas d’alcool, elle sentait qu’elle avait assez bu pour le moment et préférait rester maîtresse d’elle-même. Ils plaisanterent un peu sur les capacités de jeu d’Anne avant de revenir sur la métamorphose et ses nouvelles capacités.

- Heureusement que tu n’es pas métamorphomage, plus aucune maison en Angleterre ne serait sûre ! N’ai pas de regret, je ne t’aurais pas vu en professeur, ni même en chercheur. Sans vouloir te vexer, ça me sied mieux qu’à toi. Non, honnêtement, tu avais un vrai talent pour le Quidditch et tu aurais probablement fait une belle carrière pro s’il n’y avait pas eu Azkaban.
Elle posa une main sur son épaule. Je suis contente que tu sois devenu entraîneur, ça te va bien. Elle leva les yeux aux ciel et ajouta d’une voix moins aimable : Même si tu y as rencontré Charlie, enfin soit.

Parler de Charlie n’était pas une bonne idée puisque Tom allait répliquer avec Hypérion. Autant dire qu’ils étaient bons pour de nouveau se disputer et ce n’était pas l’idée du siècle. Désireuse de faire une diversion, elle saisit l’occasion lorsqu’il lui demanda quelle forme elle prennait. Elle posa sa queue sur le billard et se transforma sans prévenir. Au pied de Tom, il y avait désormais un renard d’un peu près 80 cm en comptant la queue. Quoique le patronus d’Anne soit un Fennec, elle prenait, lorsqu’elle se transformait, l’apparence d’un renard polaire. Comme c’était encore le plein été, son poil était encore brun foncé plutôt que blanc. Elle vient se frotter contre les jambes de Thomas avant de sauter avec une certaine souplesse sur le billard où elle déplaça quelques boules. Elle resta un moment sous sa forme animale avant de se retransformer.

- La transformation est plus parlante qu’une description. Je n’ai pas encore l’aisance qu’avant McGonagall, mais ça viendra, il me faut de la pratique. J’espère que je suis un renard aussi élégant que sous ma forme humaine. Elle regarda le billard et sourit : c’est ton jour de chance, j’ai déplacé les boules, il va falloir recommencer. Tant mieux pour toi, je gagnais, ajouta-t-elle crânement.

La discussion, bonne enfant jusque là, devient plus sérieuse quand Sally évoqua la marque. Anne fronça les sourcils, un peu surprise qu’il revienne là dessus alors qu’elle y avait fait allusion plus d’une heure auparavant. Elle s’arrêta de jouer et réfléchit avant de donner une réponse, sachant que la question de son ancien camarade était sérieuse.

- Ca t’inquiète ? Je n’ai pas l’intention de la prendre de mon plein grés si c’est ta question. Tu sais que je ne suis pas une de leur fan. Cela dit, et elle était pleine de mordant en le disant, il semblerait que ça soit la mode du moment et c’est un cadeau mortellement dangereux à refuser. Tant que faire se peut, je préfère rester loin d’eux.

Parce que oui, Anne était parfois comme un papillon volant trop près d’une flamme, mais même elle savait où se situaient ses limites.

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Jeu 14 Sep - 17:34


Les déboires sentimentaux des uns et des autres, Tom avait fini par s’y habituer. Sa vie sentimentale n’était pas forcément plus brillante que celle de Adrian, si on y pensait bien, ou même que celle de Al - quoique ces derniers temps, il avait quand même été, avec Anne, et pour cause, celui qui était resté le plus longtemps en couple - mais il supposait que le principe d’une amitié solide reposait entre autre qu’il ne fallait jamais hésiter à arrêter de se mettre une mine tout seul parce qu’on était malheureux en amour pour aller se mettre une mine avec un pote pour le consoler de ses propres amours impossibles ou foireuses. Avec Adrian, c’était souvent, il fallait bien le dire, si bien qu’il n’y prêtait plus trop attention. Tom ne retenait même plus les noms et les visages, ça ne servait à rien, un mois après, ils seraient de toute façon remplacés. Et dans le cas de Adrian, c’était relativement souvent. Et puis tout de même, il n’allait pas s’emmerder à retenir le nom de quelqu’un qui manifestement le détestait. C’était un peu le problème d’avoir des amis sang purs (ou alors équivalent, n’est-ce pas Anne ?), si eux comptaient énormément pour Tom, et qu’ils s’étaient toujours bien entendus, fatalement, ils drainaient dans leur entourage des abrutis finis. A commencer par la famille Rosier elle même, par exemple.

“Il est encore reparti dans une histoire compliquée, comme d’habitude, cela dit. Mais bon, j’ai un peu abandonné pour essayer de le raisonner. Au moins il a arrêté de boire un peu. Je sais pas si ça durera, mais c’est déjà ça.”


Et toute cette discussion permettant d’échapper à leur propre relation et à toute considération allant avec convenait parfaitement bien à Tom. Nancy Wildhurst pouvant faire aussi office de palliatif acceptable, il rit de bon coeur à sa dernière remarque :

“ Faut avouer qu’on peut te faire confiance là-dessus.Je suppose qu’on peut en dire autant de moi. Je ne suis pas tellement persuadé qu’elle soit réellement américaine. Pour savoir imiter quelques accents de façon convaincante…”
Un instant il avait prit une intonation nasillarde, plus proche de celle d’un texan que celle du londonien d’origine irlandaise et liverpuldienne qu’il était, et revint sans vraiment broncher à son timbre de voix habituel. “ Il y a quelque chose qui cloche chez cette fille, je suis d’accord. Après, elle exagère peut-être volontairement pour nous montrer quels nazes on est, nous autres les anglais. Ou elle est pas du tout américaine.” Il eut un véritable éclat de rire : “Mais après tout, ça c’est le problème de ton grand-oncle, maintenant.”

Le désamour qu’il avait pour Chapman Rosier n’était inconnu de personne, Tom l’assumait très bien, c’était familial. De lui à ses grand-parents en passant par sa mère ou Fenton, personne n’aimait le vieillard qui dirigeait la justice magique. Ce merlinisme diffus, plus ou moins marqué partisan selon les personnalités et plus ou moins enclin à s'accommoder de la logique de partis, était sans doute l’un des seuls points en communs que Tom et Fenton avaient entre eux. Qu’on ne ressemble pas dans une fratrie était quelque chose qui ne choquait pas particulièrement Sally, c’était même classique. Ca n’empêchait pas de s’aimer.

“Je suppose qu’il y a forcément une part d’inné. On est un peu dans le même cas, Fenton et moi, si tu regardes bien. On ne ressemble pas tellement non plus. Pourtant au départ, mêmes parents, même éducation. Mais je peux t’assurer que tu as jamais été aussi bavarde que ton frère.”
Il lui jeta un oeil intéressé : “T’as vraiment suivi des cours moldus en plus ? Mais tu faisais ça quand ? Pendant les vacances ? Ca a du être lourd, quand même. Remarque, si tu es allée à la fac, je comprends mieux pourquoi tu partais aussi souvent, après la septième année.”

Comme il n’était pas très présent non plus, entre ses sélections dans l’équipe d’Angleterre et les matchs des Flèches, évidemment, ça n’avait pas aidé. Avec un rictus amusé, il sourit :

“Avocate, vraiment ? Avec une perruque comme le procureur de la couronne et une robe ? Ca faisait deux raisons suffisantes pour terminer ton droit, très chère. Celle de m’avoir comme client à vie n’était même pas nécessaire, même si ça aurait sans doute ennuyé Fen’ que tu lui piques un aussi bon client.”  Repensant à ce qu’elle disait plus tôt, il ajouta gentiment : “ Cela dit, ton père n’a pas totalement tort. Honnêtement, je crois que j’avais plus de raison d’avoir honte de ma famille et de la planquer que toi.”

Même si aujourd’hui, il assumait totalement, la saga Emerald-Sallybanks n’avait rien de très glorieux. Sa grand-mère était une fille à la Nancy Wildhurst qui s’était amourachée d’un moldu et qui avait fini par le larguer sans espoir de retour. Edward Emerald était un alcoolique pauvre à pleurer qui était mort dans la misère. Joe avait travaillé dur, mais l’honnêteté et la respectabilité, ce n’était pas pour lui. Du côté maternel, on trouvait deux voleurs professionnels, déjà. Tout ça mâtiné avec de la pauvreté et le mépris des riches et des sang purs pour ces merlinistes sang mêlés et plutôt pauvres. Tom avait appris à aimer ces gens, mais il fallait avouer que gosse ce n’était pas forcément facile à assumer.

“ Cela dit, sur le papier, votre cas est intéressant. Qu’est-ce que vous ferez si soudainement, Edward a des enfants ou des petits-enfants qui se retrouvent à posséder des pouvoirs ? Ou si ça saute plusieurs générations ? J’avais lu deux ou trois études là-dessus - culture générale on sait jamais, ça peut servir pour créer un personnage - et ils disent que les nés-moldus, ça pourrait être le résultat de mariage cracmols-moldus, et les pouvoirs auraient sauté quelques générations. Est-ce que vous n’êtes pas précisement dans un cas similaire ?”


Ce n’était pas un reproche, ni une critique, plutôt une question sincère. Sans reprocher quoique ce soit aux nés-moldus, ayant lui même une assez bonne connaissance de la vie des non-sorciers, Tom avait toujours trouvé le sujet intéressant et trouvait dommage que des chercheurs merlinistes ne se soient pas emparés du sujet. Vu les conditions dans lesquelles il avait appris son secret, il se doutait que le progrès et ce genre d’étude ne viendrait pas de Anne, mais n’empêche que son cas posait la question. Maintenant, il n’était plus là pour juger, ils s’étaient assez engueulés comme ça à son goût et Tom préférait rire de sa propre insolence. Cependant, il reprit de façon toute à fait sérieuse :

“ Il y a des gens à qui ça ne fait pas de mal qu’on leur prenne un peu d’argent. Je ne suis pas un redresseur de torts, mais je ne prends pas l’argent de tout le monde.”
Il marqua une pause méditative, soucieux de se faire comprendre et de ne pas paraitre prétentieux : “ Je fonctionnais déjà comme ça à Poudlard. Tu sais, ceux qui se foutaient de la gueule des nés-moldus, ou de moi parce que j’étais le fils d'un auror ? Mieux, tu vois ceux qui riaient quand je me suis cassé la gueule avec mon plateau à l’anniversaire de la gamine Nott ? C’est ceux là que je vole. Ceux qui se disent qu’un nom, ça suffit à vous donner tous les droits. Ca leur fait pas de mal de revenir un peu à la réalité. De réaliser, après coup, qu’ils se sont fait avoir, qu’ils ont été idiots, qu’ils ont fait confiance à un type anonyme, et que leur nom, leur origine, leur fortune, ne les a pas sauvé.” D’une certaine manière, il n’y avait qu’une chose à laquelle Tom accordait foi : l’intelligence, les capacités de chacun, il ne savait juger les gens que là-dessus. Ca ne paraissait pas évident à tout le monde, pourtant, franchement, qu’est-ce qu’il y avait comme moyen de différencier les gens à part ça ? Il lui adressa un sourire et s’appropria un cigare alors qu’ils mettaient le billard en place. “Oui, je suis toujours un petit con provocateur et je n’ai pas changé depuis Poudlard, si tu vas par là.”

C’était absolument vrai : la personnalité de Tom avait très peu changé depuis la fin de sa scolarité et il y avait une certaine constance dans son caractère et dans ce en quoi il croyait. S’il avait il avait sans doute aussi plus d’ambition il avait sans doute aussi un peu mûri et il était désormais capable de savoir où il avait fait des erreurs.

“S’il n’y avait pas eu Azkaban, si j’avais mieux bossé mes ASPICs, si j’avais été capable de raccrocher pour de bon...” Il eut un geste large, vague, emprunt d’une certaine impuissance et  adressa un sourire un peu triste à Anne. “Je suis désolé, tu sais. Qu’on en soit venu là.”

A la rupture. Mais il ne voulait pas réellement en parler, parce qu’il n’était vraiment pas sûr de pouvoir être digne. Mieux valait se concentrer sur des sujets plus simples : enfin, simple, voir quelqu’un se transformer en bestiole n’était pas spécialement simple, mais ça risquait moins de virer à la dépression collective ou à l’engueulade. Il se pencha vers le billard pour regarder de plus près le renard qu’était devenue Anne :

“Impressionnant, je dois avouer. Je peux ? Me mords pas, parait que vous autres vous avez la rage.”
Il avança sa main et caressa gentiment le pelage de l’animal entre les deux oreilles : “ Si je ne savais pas que c’était toi, je me ferais vraiment avoir, je crois.” Il lui adressa un sourire lorsqu’elle revint à sa forme humaine, continuant à tirer sur son cigare : “ Il y a quelque chose dans les yeux, si on te connait, c’est pas tout à fait un regard animal. Mais sinon, on peut faire un remake de Rox et Rooky avec toi dedans, ça passe. ” Pensant soudainement à quelque chose, il ajouta : “Tu sais que les renards glapissent ? Et je pensais pas employer ce mot à propos de toi dans ce contexte, tu sais.” Bon c’était d’assez mauvais gout, peut-être, mais ça le faisait rire, et c’était presque nerveux, il n’arrivait plus à s’arrêter. “Pardon, pardon, oh et puis non, c’est beaucoup trop drôle.”

Mais le fou rire ne dura pas vraiment. A vrai dire, il s’arrêta assez vite lorsque Tom évoqua les mangemorts et le fait que Anne pouvait prendre la marque potentiellement. Il mit un peu de temps à répondre, l’écoutant pensivement, pas très sûr de ce qu’il devait déduire de sa réponse.

“Évidemment que ça m’inquiète. C’est sans retour, sans possibilité de faire machine arrière. Et c’est franchement glauque, comme plan, si tu veux un avis honnête.”
Il ne pouvait pas, ne voulait pas imaginer Anne en train d’assassiner des gens pour servir la volonté d’un taré dépourvu de pif. “ Le genre où tu fais autant de mal aux gens qu’à toi même.” Suffisait de voir l’exemple d’Adrian. Il la regarda avec sérieux, un instant, content de voir que même elle n’avait pas l’air emballé - ça lui suffisait. “Surtout que si on est franc, toi et moi, t’es pas plus puriste que moi je suis honnête, sinon je vois mal comment tu aurais fait pour tous nous supporter pendant ce temps. Tu vas voter, d’ailleurs, aux élections ?”

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Dim 17 Sep - 0:37

Un jour, Anne remercierai Adrian. Depuis des années, se moquer des déboires amoureux d’Adrian était devenu une profession. A chaque fois qu’une situation était tendue, qu’il y avait un malaise, on savait qu’on pouvait compter sur une anecdote à propos d’Adrian pour dédramatiser la situation. Ce n’était pas de la moquerie méchante. Anne, comme Tom, aimait sincèrement son cousin, mais il fallait admettre qu’il avait un talent particulier pour se mettre dans des situations impossibles. Insubordination, relations amoureuses compliquée, alcoolisme, bagarre, il n’y avait rien qu’il n’ait pas fait au cours de ses dernières années. Si Anne n’avait pas toujours été exemplaire, il n’avait jamais fallu venir la chercher en cellule de dégrisement. L’héritier des Rosiers ne pouvaient pas en dire autant.

- Quand est-ce qu’Adrian a déjà eu autre chose que des relations compliquées, répondit-elle en haussant les épaules. Pour me surprendre, il faudrait m’annoncer qu’il est avec quelqu’un depuis plus d’une demi-année. Ca serait un record !  Enfin, comme tu dis, s’il a arrêté la boisson, c’est déjà une bonne chose. Il va finir par se tuer avec tout ce qu’il ingurgite.

Difficile de blâmer Adrian pourtant. Bien sûr, il manquait de volonté, Anne l’avait toujours dit, mais il avait des circonstances atténuantes. La mort de son père avait eu un impact énorme sur son adolescence. Son père tout court en réalité. Enfin battu, aîné d’une fratrie à protéger avec un grand-père despotique au commande. Anne ne lui enviait pas sa famille. Ses grands-parents à elle n’étaient pas tendre, mais ce n’était rien comparé à Chapman Rosier. Pour le reste, elle jugeait qu’à 34 ans, il devait prendre son destin en main, il n’aurait jamais dû prendre la marque, tout le monde le savait. Adrian n’avait rien d’un mangemort, il n’était pas fait pour. Il détestait tuer et l’injustice. La marque ne s'effacerait jamais, mais il n’était pas obligé de rester au bureau des mangemorts. Il pouvait partir, essayer de devenir Botaniste. Qui l’en empêchait dans le fond ?

Cela dit, comme ils n’étaient pas réunis pour parler d’Adrian, ils se contentèrent de tapper sur son ex-copine. Elle les avait tout irrité et personne n’avait compris où Adrian était allé la chercher.

- Qu’il la garde s’il la veut. Je respecte Chapman, vraiment. Ce n’est pas parce qu’on a pas les mêmes opinions politiques que je ne lui reconnais pas certaines qualités, mais pour le reste, ils se sont bien trouvés. Ils sont aussi exécrables l’un que l’autre.

Elle eut un frisson de dégoût et ajouta :

- Par contre, j’imagine que ce n’est pas par amour qu’elle couche avec, parce qu’il faut vraiment le vouloir. Maintenant, j’ai l’image imprimé sur ma rétine, fait quelque chose, c’est ta faute !

Elle le frappa, légèrement, pour rire tandis que lui-même éclatait de rire. Il fallait avoir les reins solides pour fréquenter le patriarche de la famille Rosier. Souvent, elle était contente que ses deux familles soient séparés. Nul doute que si Chapman avait su ce que sa belle-soeur avait fait lorsqu’elle avait découvert que sa fille était cracmole, il aurait désapprouvé. Dur d’imaginer ses parents et son frère en contact avec quelqu’un comme Chapman. Son frère que Tom trouvait tellement différent, aurait-il eu assez de force de caractère que pour supporter la pression qu’elle-même supportait ?

- J’ai toujours préféré observé que parler, elle haussa les épaules. On en apprend plus en la parole aux autres. Rien d’étonnant que je sois devenue Langue de Plomb, non ? J’ai fait ma scolarité moldue en prenant des cours à domicile. J’ai mis des années à avoir mon diplôme. Je ne vais pas mentir, il y a des choses que je ne regrette pas d’avoir appris, le fonctionnement du corps humain par exemple, l’histoire ou encore simplement l’anglais, mais il y a des choses qui ne me serviront jamais. La chimie, la physique, ça n’a pas lieu d’être pour nous. La magie invalide toutes leurs théories scientifiques.

En réalité, elle ne se plaignait pas. Elle avait râlé et pesté contre cette mesure que son père lui avait imposé, mais elle en comprenait la logique. Ca lui avait donné une culture générale, mais ça lui avait également permis de garder un pied dans le monde de ses parents. Elle n’était pas en décalage avec leur culture et elle était capable de passer d’un monde à l’autre avec autant de facilité que Sally passait d’une escroquerie à une autre.

- T’avoir comme client ? Jamais, je me serais arrachée les cheveux je crois. Je laisse à ton frère le soin de te sortir de tes emmerdes. Tu es un trop gros morceau pour moi, dit-elle en passant sa main sur sa joue avec affection. Je ne me fais pas à la barbe, j’ai l’habitude que tu sois imberbe.

Elle retira sa main et continua à discuter sur le même ton.

- Je n’ai pas honte tu sais. Vraiment. Du point de vue moldu, j’ai exactement la même place que dans le monde sorcier, si pas plus prestigieux encore. Mes parents et mon frère sont des gens biens et justement parce que ce sont des gens biens, je préfère que les deux familles ne soient jamais en contact.

Anne et Tom avaient toujours beaucoup parlé, mais elle ne se rappelait pas qu’ils aient déjà parlé autant. Maintenant que la vanne était ouverte, c’était un peu comme s’ils ne pouvaient plus s’arrêter. Un peu comme s’il y avait des années à rattraper parce que maintenant ils pouvaient vraiment être honnêtes l’un envers l’autres.

- Pas que sur le papier qu’il est intéressant, dit-elle amèrement. J’ai déjà entendu parlé de cette théorie sur les nés-moldus, elle a du sens, mais dans notre cas, le gène magique ou peu importe ce qui est la source de magie chez nous a sauté une génération et ne s’est transmis qu’à un seul des deux enfants. Qu’est-ce qu’il faut en déduire ? Est-ce que du côté de mon père il y aurait des cracmols. Est-ce que je suis une exception ? Si j’ai des enfants auront-ils les mêmes capacités que moi ? Ca fait beaucoup d’inconnues et ça donnerait lieu à un superbe sujet d’étude, mais je préfère garder ça pour moi si possible.

Elle fit une pause et reprit d’un ton plus égal.

- On a déjà parlé de tout ça avec Edward, s’il a des enfants, comme on a pas le même nom de famille, j’annulerai leur inscription à Poudlard et ils iront à l’étranger. Hors de question qu’ils soient scolarisé ici avec la mentalité actuelle du Ministère. Enfin, avant d’avoir des enfants, il faudrait déjà qu’il trouve la mère, c’est pas encore gagné.

Elle détourna le regard et fixa un point quelconque tandis qu’elle expliquait la suite à Tom :

- Moi, par contre, c’est un risque que je ne peux pas prendre.
Elle eut un sourire un peu triste. Les enfants ne sont pas vraiment une option. Tu connais la chanson, officiellement je suis sang pur, mon choix de compagnon avec qui avoir des enfants est limité et le risque qu’il soit un cracmol est présent. Je me vois mal faire adopter mon propre enfant ou pire simplement parce qu’il n’a pas de pouvoir. Ca ne serait pas un service à rendre à un bambin qui n’aura rien demandé.

Voilà, c’était dit. En même temps, il y avait une certaine logique. A trente trois ans, bientôt trente quatre, elle faisait partie des rares femmes de sa génération (parmi les sang pur en tout cas) à ne pas être marié et à ne pas avoir d’enfants. Pire, elle ne cherchait même pas à trouver un compagnon. Les gens la trouvaient singulière, mais personne n’osait vraiment la critiquer ouvertement. C’était un sujet qui ne la mettait pas à l’aise. S’il y avait bien une chose qu’elle regrettait, c’était ça. Elle ne se voyait pas avoir une famille nombreuse comme ses grands-parents, mais elle se disait que dans quelques années, elle aurait probablement aimé en avoir au moins un. Elle préférait parler de Tom que d’elle-même, elle renchérit donc.

- Il y a des imbéciles partout. Ce n’est pas ton nom de famille qui définit ce que tu vaux. Sinon, on ne serait jamais parler. Les Fawley ne sont pas les pires sang pur qui existent, mais on reste quand même très sectaire comme famille. Et puis, je t’aime parce que tu es un con provocateur. Essaie juste d’être moins con dans certaines situations et tu feras mon bonheur.

Elle le disait avec légèreté, mais l’ensemble de leur discussion avait un double-sens. C’était à la fois des confidences et des excuses.

- Je sais, moi aussi. Elle lui prit la main qu’elle garda un instant dans la sienne. C’est un peu ma faute aussi, je suppose. Je ne peux pas te laisser assumer tous les torts.

Ils avaient un peu abandonné le billard pour parler métamorphose. Elle s’était transformée et elle avait laissé Tom la caresser tandis qu’elle frottait sa tête affectueusement contre lui. Lorsqu’elle était transformée, elle restait elle-même, mais une partie de ses instincts devennaient ceux d’un animal. C’était particulièrement perturbant. D’après son mentor, ça s’atténuerait avec le temps et elle apprendrait à mieux se contrôler. En attendant, comme n’importe quel animal, elle appréciait les caresses de quelqu’un envers qui elle n’avait pas d’agressivité. Situation un peu étrange compte tenu de sa forme actuelle. Une fois sous son apparence humaine, elle reprit leur discussion.

- Normalement, chaque animagus garde une marque qui permet de le reconnaître. Généralement, c’est parce qu’il garde leur vêtement. Pendant la première transformation, tout se fond avec ta propre peau. C’est pour ça qu’on reconnaissait les lunettes de McGonagall sous sa forme animale. Dans mon cas, on a justement veillé à ce que j’ai n’ai rien sur moi pour que je garde le moins de signe possible. Tu reconnaîtras juste une tache de naissance sur mon flanc gauche, c’est celle que j’ai dans le bas du dos, je ne sais pas si tu as déjà fait attention.

Elle le frappa dans le dos quand il se mit à se moquer d’elle. D’une voix doucereuse qui n’était pas sans rappeler celle de Rogue, elle susurra à son oreille :

- Dis-moi Tom, moi je glapis, mais rappelle moi quel animal particulièrement glamour te fait office de patronus que je puisse rire un peu ?

La conversation s’orienta sur la marque et Anne constata que c’était un sujet qui semblait le tracasser particulièrement. Elle aurait bien voulu le rassurer, mais comment lui expliquer qu’elle-même était inquiète à ce sujet ?

- Je sais que c’est glauque. Crois-moi, la marque ne fait vraiment pas partie de ma wish-list actuelle, c’est même le genre de chose que je préférerai éviter si possible. Et je voterai Harper pour les élections. Elle posa un doigt sur ses lèvres. Par contre, évite de le dire, je crois que tout le monde s’attend à ce que je vote Fawley, je préférais éviter les tollés.

Le billard était déjà à moitié abandonné quand Floote pénétra dans la pièce :

- Lady Anne, vos parents viennent d’arriver, ils sont dans la bibliothèque si vous désirez les rejoindre.
- Merci Floote, nous arrivons.

Elle prit le bras de Tom qui finissait son cigare et lui sourit :

- Prêt à rencontrer tes anciens beaux-parents ?

Autant le prendre avec humour. Ils sortirent de la salle de billard et se dirigèrent vers la bibliothèque. Une fois arrivé, Anne lâcha le bras de Thomas et embrassa ses parents.

- Maman, Papa, je vous présente Thomas Sallybanks. Se tournant vers son ami. Tom, mes parents, Lord et Lady Suffolk.

Grand, son père faisait quelques centimètres de plus que Thomas. Anne n’avait pas pris grand chose de son père qui était le portrait craché son frère. Elle-même ressemblait plus à sa mère. Plus petite, elle avait un air froid et réservé si on ne la connaissait pas. Son père était plus avenant. Dans le fond, ça restait un homme simple qui regrettait de ne pas avoir sa fille près de lui. Ravis de rencontrer enfin un de ses amis, il serra la main de Tom avec enthousiasme.

- Mais c’est qu’on a beaucoup entendu parler de vous. Etrange de se rencontrer aussi tard, n’est-ce pas ? Vous êtes entraîneur, c’est ça ? Comment est-ce que ça s’appelle encore votre sport, demanda-t-il avant de se tourner vers sa femme.
- Le Quidditch, répondit celle-ci qui observait Thomas. Asseyez-vous, lui proposa-t-elle. Vous désirez une tasse de thé ? Se tournant vers sa fille, elle lui caressa affectueusement les cheveux. On comptait rester manger avec vous, mais on prendra juste le thé finalement, nos engagements ont changés et je n’ai pas pu faire autrement, tu ne nous en veux pas ? Se tournant vers Thomas, elle s’excusa également. J’espère que vous ne nous en tiendrez pas rigueur, mais j’espère que ça ne sera pas la seule occasion que nous aurons de vous voir, les amis d’Anne sont toujours les bienvenus ici. En particulier les rares mis au secret. Son sourire regard se fit plus doux l’espace d’un instant avant qu’elle ne reprenne son air distant.

Ils discutèrent un moment avec ses parents qui étaient particulièrement curieux de savoir avec qui elle était sortie et surtout de connaître un de ses amis. Une petite heure après, ils leur firent leurs adieux, tout en invitant Tom a venir quand il voulait. Quand ils furent parti, Anne vient s’asseoir à côté de Tom et s’affala un peu en posant sa tête sur son épaule.

- Bon, tu as survécu ! J’ai l’impression que je t’inflige une rencontre avec mes parents, mais avec quinze ans de retard. Imagine un peu ta tête si on avait fait ça à notre sortie de Poudlard. Enfin, nous voilà libre pour la soirée avec la maison à nous. Honnêtement, je regrette qu’on ait plus dix-huit ans, imagine les soirées qu’on pourrait faire ici, il y a même une piscine et gros avantage, Chapman et Evan Rosier ne sont pas dans celle-là. D’ailleurs, qu’est-ce qu’on fait, tu as faim ?

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Mar 19 Sep - 0:04

C’était drôle, de voir comme Anne avait pu lui manquer. Ils avaient beau avoir passé un an en étant ensemble quasiment en permanence, ça semblait tellement naturel, tellement une évidence, que Tom n’avait pas eu vraiment conscience de ce qu’ils avaient, alors que pourtant, ce n’était pas totalement gagné que le couple tienne - et encore moins, même si ça l’aurait terriblement ennuyé de le reconnaitre, qu’il dure aussi longtemps. C’était maintenant, à présent que c’était fini, qu’il réalisait ce qu’il perdait, même si c’était sans doute très cliché. Mais dire qu’il fallait sourire parce que c’était arrivé et ne pas pleurer parce que c’était fini, c’était plus facile à dire qu’à faire, il le savait bien. Maintenant qu’ils avaient un peu de temps à eux, ils pouvaient rattraper celui qu’ils avaient perdu. Un schéma qu’ils semblaient, constata Tom, reproduire à l’infini, encore et encore, en couple ou non, simplement en restant de simples amis. Il fallait dire que leur situation n’était pas facile, mais ils l’avaient créés eux mêmes, par égoisme ou parce que c’était plus facile, simple ou tout simplement plus sûr de ne rien dire, ou pire encore, par habitude de la solitude et du mensonge, alors qu’ils auraient pu, au moins sur le papier, se faire confiance, car après tout, ils n’avaient en réalité pas de secret l’un pour l’autre.

Ils se connaissaient depuis tellement longtemps qu’il était impossible pour eux de savoir quand avait débuté leur amitié, les mêmes choses les faisaient rire, et maintenant qu’ils avaient parlé et qu’ils s’étaient déchirés, à l’évidence, puisqu’ils avaient tenu le choc, ils ne pouvaient en sortir que plus complices. Ou au moins sans se perdre définitivement, ce qui n’était pas gagné au départ. Plaisantant sur tout et rien, en réalité, ils prenaient enfin le temps de s’écouter parler de ce qu’ils avaient toujours eu envie de se dire.

“Qui sait, je finirais peut-être par me raser. C’est une tocade, ça ne durera pas toute ma vie.”


En réalité, il la gardait, cette barbe, parce que Charlie aimait bien, alors qu’est-ce qui était une tocade, la fille ou la barbe ? Bonne question à laquelle Tom préférait éviter de répondre directement, parce qu’il savait que Charlotte et lui constituaient un couple plutôt fragile et surement très récent. Il ne voyait pas si ça pouvait mener quelque part, il essayait. Ca valait mieux que de rester à boire et à ne rien faire chez lui, à se morfondre de chagrin. Même si le chagrin n’avait pas entièrement disparu, même si toute cette conversation avait une saveur douce-amère que Tom n’était pas tout à fait sûr de pouvoir gérer correctement, à la fin. Pour l’instant il prenait les choses comme elles venaient, préférant parler d’autre chose que de leur relation, simplement content d’avoir passé l’orage.

“Tu m’oteras pas de l’idée que vous avez beau être supers riches et avoir les plus belles baraques du monde sorcier, vous avez quand même une vie hyper compliquée et qu’il vaut mieux être sang mêlé.”
Il sourit gentiment à Anne, ce n’était pas méchant, juste un constat. “Tu peux pas sortir avec qui tu veux, tu peux pas te marier avec qui tu veux, et même avoir des enfants ça devient compliqué.” Ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait concevoir : les conventions sociales, Tom n’en avait jamais beaucoup respecté, il s’en foutait éperdument, voire même il les trouvait idiotes ou futiles. “Je sais que c’est un jugement de valeur, je sais que c’est pas facile, que ça ne fonctionne pas comme ça, et que c’est plus compliqué quand on le vit, mais au fond, regarde, si c’était mon gamin, crois moi que je le garderais et que je m’en foutrais, de leur avis, à tous.” Il sourit encore, haussa les épaules : “ Je suppose que c’est ça, ce qu'on appelle être irresponsable.”

Bien sûr, ce n’était qu’un hypothèse vague - et de toute façon, ses chances d’avoir un enfant avec Anne Fraser étaient assez réduites, toute plaisanterie stupide mise à part - mais quand même, même si les Emerald n’étaient pas parfaits, au moins, on ne jugeait pas les gens pour ce qu’ils étaient - juste ce qu’ils faisaient dans la vie, du genre bosser au Ministère ou paraître trop riche et trop sang pure. Il trouvait simplement dégueulasse, vraiment, il n'avait pas d’autres mots, qu’on oblige les gens à mentir, qu’on sépare des familles, ou qu’on abandonne des enfants, ou même qu’on les fasse adopter (alors les tuer, pensez donc) pour un état de fait qu'ils n’avaient pas choisi. Il ne comprenait pas. En quoi ça les dérangeait, au fond, que des gamins soient cracmols ou nés-moldus ? En quoi ça leur faisait du mal ?

Voyant que la conversation ne semblait pas ravir Anne et ne voulant pas d’une nouvelle dispute, Tom laissa couler, cependant. Il savait que leurs positions  Tout comme il ne voulait pas non plus insister sur leur rupture. Certaines plaies restaient ouvertes et il ne voulait pas trop ressasser le passé. Mieux valait parler métamorphose, et ça lui donnait un prétexte pour se remettre à rire :

“Oh oui, oui, je sais, mon patronus est une  hyène, mais pourquoi tu crois que je ris comme ça, je me conforme totalement à mon patronus.”
Il essuya une larme de rire : “Eh, me frappe pas, admets que c’est drôle, quand même.” Ayant un peu retrouvé son souffle, il dit : “N’empêche, c’est un sacré avantage, ça pourrait servir pour des casses, qui irait soupçonner un renard ? Même au ministère, je suis sûr que ça les arrange.” Il lui jeta un oeil amusé : “Oui, oui je sais, les langues de plombs ne doivent rien dire, je sais.”

Ce secret là, à la rigueur, il pouvait s’en arranger. Ca ne concernait pas vraiment Anne en elle-même, et puis après tout, comme beaucoup de choses secret défense et compagnie, il était très probable que ça aurait été décevant s’il avait su. La recherche n’intéressait pas Tom, les Mystères non plus, cela dit. Ce que Anne comptait faire pour les élections et tout le reste, à savoir potentiellement devenir mangemort, beaucoup plus.

“ Ce bon vieux Chapman ferait une crise cardiaque s’il apprenait pour qui tu votes, tiens.”
Ça serait un service à rendre à la communauté ça. “ Et ce bon vieux Hyp, je t’en parle même pas.” Oui bon, c’était vache. Mais est-ce qu'elle ne lui avait pas sorti une pique sur Charlie ? Il ajouta sans arrière pensée, cependant : “ Je suis content que tu veuilles pas le devenir. Mangemort, je veux dire. Je crois, je sais pas…”

Que si elle le devenait, il aurait l'impression de ne plus être dans le même camp qu’elle, mais Tom n’arrivait pas à voir pourquoi il avait cette impression là, parce qu'après tout lui n'était pas un militant merliniste. Heureusement, l’intendant, Floote, arriva à ce moment là pour les prévenir que les parents de Anne étaient arrivés.

Ils restèrent environ une heure ensemble. Tom n’était pas, à la fin, totalement persuadé d’avoir convaincu, mais dans l'ensemble, ça c’était bien passé, à ce qui lui semblait. Comme Edward, le père de Anne, était plutôt accessible et chaleureux. Curieusement, sa mère lui semblait plus dure, à la fois plus proche de Anne tout en étant beaucoup moins ouverte. Ce n’était peut-être qu’une impression. En tout cas il y avait de la volonté chez cette femme - quelque chose s’apparentant à la propre force de caractère de sa mère à lui, alors que leurs parcours étaient on ne pouvait plus différents. Les ayants salué alors qu’ils repartaient, il sourit et passa sa main dans les cheveux de son amie avant de se mettre à rire.

“ C’est le moment des questions clichées avec quinze ans de retard, alors ? Très bien alors je me lance : tu crois qu’ils m’aiment bien ? Je crois que ça s'est pas trop mal passé. Mieux qu’avec tes grands-parents, tu te rappelles ?”

Heureusement ça n’aurait pas beaucoup de conséquences maintenant qu’ils s’étaient séparés. Il ajouta gentiment :

“ Au fait, ma mère m’a dit qu’il fallait absolument qu’on dîne tous les trois, elle a dit qu'elle ferait les lasagnes que tu préfères. Je crois qu'elle te voit encore comme si tu avais treize ans, mais elle t’aime bien.”


Liz était aussi du genre à aimer les gens juste pour emmerder son ex-mari mais elle avait toujours apprécié les amis de ses enfants. Et martelé qu’ils ne pouvaient pas rester fâchés toute leur vie parce que c’était parfaitement stupide. Tom ne l'écoutait souvent qu'à moitié, comme il le faisait avec toute figure d'autorité, mais là elle n'avait pas tort.

“ Oh m’en parle pas des Rosiers, faut que je trouve un moyen d'éviter d’accompagner ma filleule, un des gamins l’a invitée à une pool-party au château. Je sais que ça fait parrain indigne mais franchement j’ai pas envie de croiser ton oncle.”


Si pool-party il y avait, Tom préférait largement le faire ici et qu’il n’y ait que lui et Anne.

“ En attendant je veux bien me baigner mais c'est con, j’ai rien prévu pour. T’aurais du me dire, quand même, de prévoir autre chose que cette veste de costard.”
Le ton n’était pas sérieux et la discussion  continua sur le même ton : “ Je veux bien manger, tiens. J’allais te proposer de cuisiner un truc, mais vous devez avoir un cuisinier, non ? Dommage, ma fameuse omelette saumon ce sera pour une autre fois. C'est quand même pas croyable, une vie comme ça, la vache. La grande vie, même. J'ai beau trainer dans un milieu équivalent avec mes affaires, je m’y fais pas.”

Alors qu’il aurait eu les moyens de se payer ce genre de chose. Mais Tom aimait sa vie. Elle était tout sauf simple mais il aimait pouvoir aller dans les bars, son appartement, et faire sa cuisine.

“Alors, que fait-on ? Je te suis, moi. Dîner, piscine et whisky ? Excellent programme."

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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Dim 24 Sep - 21:55

Qu’est-ce qui fait un couple ? L’habitude répondait Anne. Evidemment, il y avait l’amour, l’estime et l’affection que l’une personne portait à l’autre, mais c’était également une question d’habitude. Vision fort peu romantique de la chose, elle le concédait, mais Anne était une femme pragmatique. Persuadée que la passion qui unissait un couple au départ ne durait que quelques temps seulement, elle voyait le couple comme un contrat entre deux personnes éprouvant assez d’affection et d’estime l’un pour l’autre que pour décider de passer leur vie ensemble. Après un an passé avec une personne, on installait une sorte de routine confortable de laquelle il était difficile de sortir. Ca faisait partie des raisons pour lesquelles ils s’étaient peu vu après leur rupture. C’était bien trop facile de retomber dans ses petites habitudes confortables qui faisaient leur couple. Encore maintenant, plusieurs mois après, ils se retrouvaient et retombaient avec une facilité déconcertante dans ce qui avait fait leur quotidien, la franchise en plus cette fois-ci.

Si Anne avait bien un défaut, ce n’était pas vraiment sa vanité, ni même son ambition. Elle était simplement jalouse de l’attention de l’attention qu’on lui accordait. Dans le fond, que Tom couche avec quelqu’un d’autre, elle s’en foutait. Oui, ça faisait mal, mais c’était le jeu et elle faisait pareil en sortant avec Hypérion. Par contre, elle refusait catégoriquement que quelqu’un passe avant elle dans l’ordre d’affection et des priorités de Tom. C’était égoïste, mais depuis des années, elle savait qu’elle occupait une place de choix dans le coeur de Tom et elle entendait rester à cette place là. Nul doute que même ses amis les plus proches lui auraient reprocher d’abuser. Ils n’auraient pas eu tort. Elle ne pouvait pas avoir la potion, l’argent de la potion et le sourire de l’apothicaire en prime. C’était mal connaître Anne Fraser, quand elle voulait quelque chose, elle finissait généralement par l’obtenir.

Pour le moment, elle estimait qu’elle gagnait du terrain. Dans le fond, il pouvait avoir des centaines de Charlie, elle s’en foutait. Elles n’auraient jamais ce qu’ils avaient ensemble simplement parce qu’on ne pouvait pas effacer vingt ans d’amitié et d’attirance pour une simple histoire de fesses. Elle se doutait bien que la compagne de Tom n’aurait pas été heureuse de le savoir ici et elle en tirait une certaine satisfaction. Cependant, elle n’était pas assez mesquine que pour lancer une dispute sur le sujet. Aussi, quand il lui dit que sa barbe n’était qu’une tocade, elle ne rebondit pas alors qu’elle aurait pu répliquer que Charlie n’était également qu’une tocade parmi tant d’autres. A la place, elle continua la discussion bien volontier sur un autre sujet.

- Je ne nie pas, être un sang mêlé affirmé et assumé, c’est bien plus simple que de vivre une vie de sang pur.
Elle secoua la tête doucement, ne sachant pas vraiment comment lui expliquer ce qu’elle pensait. Dans le fond, oui, si on excepte l’argent, dont, tu le constateras, je n’ai pas vraiment besoin, c’est une question de privilèges et de connexion. J’ai payé beaucoup pour avoir le droit de vivre une vie de sorcière normale. Tous ses privilèges, ce sont des compensations que j’estime être à la hauteur du prix payé. J’ai des objectifs que je veux atteindre et que j’atteindrais probablement grâce à ça. Je me vois mal y renoncer simplement parce que ce n’est pas une vie facile.

Evidemment, ce n’était probablement pas une chose facile à comprendre pour Tom. Il n’avait jamais vécu selon les règles. Les conventions sociales l’ennuyaient. Anne avait été formée par elles. Elle ne pouvait pas plus s’en détacher qu’elle n’aurait pu se séparer de son bras.

- Je me doute que tu n’abandonnerais pas ton enfant parce que c’est un cracmol. Tu as toujours été un type bien sous tes airs de mauvais garçon.
Elle lui fit un sourire amusé. Pour les enfants, ce n’est pas un drame dans le fond. Je ne crois pas que le but d’une femme en venant au monde est d’enfanter. Enfin, ne va pas répéter ça à mes oncles ! Déjà que je fais figure d’originale parce que je ne suis pas mariée à trente ans passé. Je crois qu’ils commencent à avoir peur que ma fertilité décline.

Ca lui rappela une rumeur dont elle avait entendu parler dernièrement au sein de sa famille et dont elle fit part en riant à Tom tant elle la trouvait ridicule.

- D’ailleurs, tu ne connais pas la dernière ! Il paraît que Chapman voudrait bien organiser des fiançailles entre moi et Adrian. Tu imagines l’horreur ? Je ne sais pas qui d’Adrian ou moi fuit en premier.

C’était pour le moment une rumeur qui courait au sein de sa famille et elle contenait peut-être un brin de vérité, mais Anne ne s’inquiétait pas outre mesure. Elle, comme son cousin, était adulte et elle avait passé l’âge qu’on arrange des fiançailles pour elle. Chapman pouvait bien essayer de tourner ça comme il voulait, elle ne doutait pas qu’Adrian refuserait avec autant de force qu’elle si cette histoire s’avérait vraie.

Ils ne restèrent pas longtemps sur le sujet, pas plus que sur la relation de Tom avec Charlie. Parler de leur rupture et compagnons respectifs restaient douloureux même si on ne pouvait pas s’empêcher d’y faire allusion. C’était comme remettre à chaque du sel sur une plaie pas encore cicatrisée. La métamorphose restant un terrain neutre, elle put se moquer un peu de Tom avant de partir dans une discussion plus politique.

- Je pourrais t’apprendre, tu sais, à devenir Animagus, mais il faut avouer que c’est plutôt pénible comme processus et tu ne pourrais embrasser personne pendant un mois au grand minimum, pas sûr que ta copine le voit d’un bon oeil. Elle dirait encore que c’est de ma faute.

Avec un petit haussement d’épaule, elle abandonna le sujet.

- Oui, mieux vaut qu’il ne le sache pas. Pas que ça t’intéresse, mais tu serais étonné pour Hypérion. Il est puriste, je ne le nie pas, mais ce n’est vraiment pas un adepte du gouvernement Malefoy ou Parti Puriste, son petit frère, Théo, est plus extrémiste.


Quand on connaissait sa situation, on ne pouvait pas nier que c’était étrange de la voir entourée d’autant de puristes qui n’auraient pas hésité à la renier s’ils avaient su la vérité. Au point où elle en était, elle n’était plus à une contradiction prêt.

- J’ai du mal à voir ce que je ferais dans les rangs des mangemorts. On a simplement pas les mêmes convictions.

Elle n’en dit pas plus. Anne était consciente que ce n’était pas simplement une question de convictions. Il suffisait de regarder Adrian prit dans un engrenage dans lequel il n’avait pas sa place. Heureusement, ils n’eurent pas le temps de s’attarder la dessus, Floote vint les prévenir que ses parents étaient arrivés et ils passèrent un moment en leur compagnie avant de se séparer. Elle rit aux remarques de Tom et aux souvenirs qu’il évoquait.

- Je crois qu’ils t’ont bien aimé. Ils ont probablement été surpris par les tatouages, mais je crois que c’est tout. Dans le fond, ils ont toujours été un peu frustré d’être coupé d’une partie de ma vie, je pense.

Ses grand-parents n’avaient jamais été très fan de Tom. Ca n’avait rien à voir avec une question de sang. Il n’avait jamais rien eu contre Al par exemple. Non, ça venait simplement du fait qu’ils étaient très collet monté et ils avaient toujours vu d’un mauvais oeil que leur unique petite-fille (à l’époque) soient aussi proche d’un gamin aux airs de vilain garçon.

- Ca fait un moment que je n’ai pas vu ta mère,
dit-elle en souriant avec tendresse. Ca me fera manger avec elle, mais elle devrait peut-être inviter Charlie plutôt que moi, ajouta-t-elle diplomatiquement.

Anne aimait beaucoup la mère de Tom. Elle avait toujours entretenu une bonne relation avec celle-ci alors qu’elle ne s’était jamais entendu (même adolescente) avec le père de Tom. Cela dit, même si elle aimait beaucoup Liz et qu’elle savait que la mère de Tom ne l’invitait pas en pensant à elle comme la compagne de Sally, Anne était assez fine pour savoir que ça risquait de vexer Charlie. Pas que ça la chiffonne. En réalité, tout ce qui pouvait vexer Charlie était bon à prendre, mais elle préférait quand même éviter les remous inutiles pour Thomas. Elle fit une remarque méchante sur son oncle et envisagea la suite du programme en compagnie de son ami.

- Parfait, je suis partante ! Et on a qu’à y aller en sous-vêtement, enfin moi, j’dois bien avoir un bikini qui traine quelque part. Tu veux que je fouille les affaires de mon frère ?


Elle avait fait prévoir le dîner depuis un moment, quelque chose de simple aussi déclina-t-elle la proposition de Tom. Ils mangèrent dans la plus petite salle à manger, celle qui était jadis réservée aux petit-déjeuners et aux déjeuners. Après le dîner, elle en profita pour passer un deux pièces avant de se diriger avec Tom vers la piscine intérieure. Cachée au rez de chaussé du bâtiment, elle se situait à l’arrière de la maison. La piscine était ovale, d’une taille respectable, l’ensemble des murs et le sol étaient de pierre claire sauf un mur constitué de grande fenêtre que l’on pouvait ouvrir en cas de bon temps. On y trouvait un bar, mais également plusieurs transats. Anne se tourna vers Floote qui possédait les clés pour ouvrir la porte et lui prit.

-Merci Floote, je crois qu’on ne vous ennuiera plus pour la soirée. On devrait pouvoir se débrouiller.
-Lady Anne, Monsieur Emerald, les salua-t-il avant de fermer la porte.

Une fois seul, Anne se déshabilla et posa ses vêtements sur une des chaises longues avant de se mettre en quête du Whisky dans le bar.

- Avec ou sans glace ?

Elle servit Tom et elle-même avant d’entrer dans l’eau avec son verre. Elle en but une gorgée avant de le poser sur le rebord de la piscine et de plonger dans l’eau. Elle rejoint Tom en quelques brassées et s’agrippa à lui.

- Ca rappelle Rosam, les bains de minuit ou on essayait de noyer Al.


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MessageSujet: Re: Faith and Trust || Tom Sam 30 Sep - 0:32

C’était sans doute la principale différence entre Anne et Tom : contrairement aux apparences, Tom n’avait pas beaucoup d’ambitions. Oh, oui, si on allait par là, on pouvait bien sûr dire qu’il avait envie d’être le meilleur voleur de sa génération, qu’il voulait toujours monter de plus gros coups, et en tant que coach, évidemment qu’il voulait gagner le championnat, être au sommet, être le meilleur. Mais en réalité, ce n’était pas vraiment de l’ambition, ou bien, si cela en était, ce que voulait Tom était clairement plus proche de l’idée qu’à un artisan de faire bien son travail, ou un passionné de se perfectionner dans son hobby. Parce qu’à parler vrai, Sally n’avait même plus réellement besoin de travailler. Simplement, il était fait pour le quidditch et voler des choses, et s’il n’était pas dans ce domaine, il dépérissait sincèrement. Il n’était bon à rien d’autre, sinon à rire et faire la fête avec des potes, ce qui n’était pas franchement un métier. Pour le reste, s’il avait quelques compétences et qu’il aurait pu, sans doute, exercer d’autres occupations légales, il n’en avait pas envie. C’était triste, c’était morne, et il ne voyait rien à y faire. D’une certaine manière, s’il avait quelque chose, c’était la conviction que bizarrement, son rôle était utile.

“Oui, d’accord, ça je comprends bien, que tu prends ça comme une compensation. Enfin, non, d’ailleurs, je comprends pas. Franchement, sans juger, hein. Ca me passe au dessus. Tu sacrifies des trucs en permanence, tout ça pour arriver où, pour faire quoi ? ”
Il ajouta, la mine désolée : “Je crois qu’en fait je trouve ça simplement triste. Tu vois ce que je veux dire ?”

Sally haussa les épaules, peu désireux de déclencher une nouvelle dispute. En réalité, simplement, Anne devait bien être la seule personne pour qui il s'inquiètait à part lui même et il ne voulait pas qu'elle soit malheureuse, quitte à définir lui même (ce qu'elle aurait sans doute détesté) ce dont elle avait besoin pour l'être. Bien sûr, entre un mode de vie, qui faisait qui on était et ce qu’on voulait, ce n’était pas simple de choisir, parfois c’était même impossible. Tom, en réalité, n’était pas plus capable de ça que Anne. Mais il n’en était pas rendu au point d’accepter d’être raisonnable, et d’admettre que partir avant qu’ils ne commencent à se faire du mal, ce qui risquait d’arriver, était la meilleure option. Il ne savait pas renoncer à ce qu’il voulait vraiment, même s’il avait appris un peu à l’enfouir en lui. Mais ça ne l’empêchait pas de regretter, même s’il essayait de passer à autre chose. Sans réel succès, en fait.

Il éclata de rire à ce qu’elle lui disait à propos d’Adrian. Il n’avait jamais rien entendu d’aussi ridicule, mais à vrai dire, ça n’étonnait pas vraiment Tom, qui connaissait le penchant un peu débile des sang purs pour les mariages arrangés. Deux célibataires de la même génération, ça devait sembler une idée géniale de les caser ensemble, sans tenir absolument compte de leur situation ou même de leur caractère. Il préféra reprendre doucement :

“C’est con, je suis sûr que t’aurais fait une mère géniale.”


Bon, ça n’était pas possible, alors inutile d’insister. Ce mélange gênant de franchise et de compliments, sentiments cachés mais impossible à taire, et de projets désormais inaccessibles, ne pouvait pas être balancé comme ça en place publique, ça n’arrangeait pas les choses, pas du tout, au contraire, ça les rendaient même plus difficiles encore à digérer. Tom avait beau être sincère, il savait que ce n’était pas la chose à dire, il se faisait autant de mal qu’à Anne en disant ça. Et puis surtout, même s’ils étaient restés ensemble, est-ce que tout ça, tout ces projets, ça se serait fait ? Il n’était pas sûr pour un rond d’être capable d’élever un gamin, et quant au mariage, bah...il n’en savait trop rien. Oui, sans doute qu’il y serait venu, sans effusion inutile, mais cérémonie ou pas, avant qu’elle ne parte, Tom avait bien l’intention de passer le reste de sa vie avec Anne, parce qu’ils s’étaient retrouvés et qu’ils avaient enfin une chance que leur relation dure.

Sans doute qu’il était plus facile d’ignorer le sujet - qu’il n’ait pas été capable de sauver ça, malgré le fait qu’il n’était pas le seul responsable, tendait à rendre dingue Tom - et de parler d’autre chose. L’arrivée des parents de Anne offrit d’ailleurs une bonne diversion, et lui évita par la même occasion de balancer encore à quel point il trouvait que Hypérion était un salaud. Pas extrèmiste, Hypérion Nott ? Du genre à humilier le petit personnel et à menacer les ex de sa compagne de mort, en tout cas. Tom se doutait qu’il ne ferait pas entendre raison à Anne sur ce sujet là mais il n’allait pas en démordre : c’était un connard.

Mais comme ils n’eurent plus l’occasion d’en discuter et que la conversation roulait plutôt sur leurs parents respectifs - et sur Charlie, il n’insista pas. D’ailleurs, quand même, il le vivait vachement mieux qu’elle, les critiques sur sa conjointe actuelle.

“Oh, elle l’a déjà fait, tu la connais, dès qu’elle peut inviter quelqu’un à manger, elle ne s’en prive pas, surtout si elle peut évoquer sa litanie sur le fait que sortir avec un Emerald est toujours une mauvaise idée.
” Façon de se moquer de Joe et de ses fils, ce qu’ils ignoraient tous les trois collectivement pour maintenir une bonne relation avec Liz. Il se mit à rire : “Tu échappes juste au dîner commun avec Charlie, j’ai réussi à la convaincre que c’était une mauvaise idée.”

Et pour cause, elles se seraient balancées des assiettes ou quelque chose du genre. N’aurait plus manqué que Hypérion pour parfaire le tableau. Cela dit ça aurait pu être drôle de les avoir toutes les deux à table. Une part de Tom était plus ou moins flattée et en réalité, plutôt rassurée, de voir qu’il n'était pas le seul à mal vivre le fait que l’autre soit passé à autre chose. Il ne cherchait pas à cacher qu’il n’aimait pas Hypérion. Avouer qu’au delà du fait que c'était un connard, ce que Tom avait toujours dit, ce qui lui déplaisait, c'était de ne pas être (plus être plus précisément) à sa place, cependant, c'était au dessus de ses forces. Ce n’était pas juste envers Charlie et ça lui faisait du mal, à lui.

Une fois passé le dîner, ils prirent la direction de la piscine. Ayant finalement résolu qu’un caleçon suffirait, il abandonna lui aussi ses vêtements sur une chaise longue et accepta volontiers un whisky sec, qu’il but distraitement en observant la piscine, avant d’y plonger lui aussi. Bon nageur, ayant appris grâce aux vacances sur la côte près de Blackpool avec ses parents et à celles passées chez Adrian, il s’autorisa une ou deux longueurs qui lui vidèrent la tête, avant que Anne ne le rejoigne.

“Est-ce qu’on a jamais réussi ?”
Il lui jeta un regard méfiant : “Je me souviens surtout que toi, t'aimais bien me noyer moi. Est-ce que c’est un avertissement subtil ?” Il lui adressa un sourire et soudainement la poussa en arrière. Hilare devant son air outré, il ne pouvait plus s'arrêter de rire : “Tu verrais ta tête, c’est irrésistible, je te jure !” Il passa un bras autour de ses épaules, continuant de rire : “ Je t'avais bien dit que je me vengerai ! Je te ressers ?”

Si seulement tout avait pu continuer comme ça, à se contenter de jeux d’eaux et à enchaîner les verres. Mais à un moment donné arrivait l’instant où ils avaient peut-être un peu trop bu, justement, où déjà proches, la limite risquait d'être franchie. Ils étaient assis l’un à côté de l’autre sur le rebord de la piscine et lui avait avait posé sa main sur le genou de Anne. C'était facile. Trop naturel. Un peu hésitant, crevé par la journée qu’ils avaient eu, un peu engourdi par l’alcool, Tom déclara, regardant d’un air un peu vide l’eau de la piscine :

“ Je sais pas si c’est une bonne idée, ce qu’on fait, tu sais... c'est peut-être le whisky qui parle et pas moi, mais je te jure, ça va être compliqué pour moi de repartir, maintenant que je suis là.”


Il tourna la tête vers elle. C'était facile. Tentant. Il suffisait d’une pièce de tissu à ôter et que ça puisse arriver heurtait Tom avec violence, comme un choc, une révélation douloureuse. Il embrassa Anne sur la joue, détourna de nouveau le regard :

“ Je devrais aller me coucher au lieu de dire des conneries.”
Il repoussa la bouteille loin de lui : “ Fini pour ce soir.”

S’il avait pu en finir avec le reste de ses problèmes aussi facilement, Tom aurait adoré.

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Faith and Trust || Tom

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