POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Pendez Les, Bandez Les, Descendez Les

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MessageSujet: Pendez Les, Bandez Les, Descendez Les Jeu 7 Sep - 11:43

C’était une fin de journée banale d’une journée terriblement ordinaire du bureau des Mangemorts. En rejoignant les rangs des serviteurs du seigneur des ténèbres, Rose avait naïvement pensé que ses journées deviendraient plus excitantes, surtout depuis la victoire de Lucius Malefoy aux élections, et qu’ils avaient officiellement remplacé le bureau des Aurors. Avant de s’engager, Rose n’était rien de plus qu’une femme au foyer, une femme au foyer riche, de surcroît, qui n’avait pas à se préoccuper des basses besognes du genre la cuisine ou le ménage. Pendant des années, elle s’était contentée d’être l’épouse de son brillant mari, et de polir ses talents en sortilège dans l’ombre de son manoir, sans jamais avoir l’ambition de s’en servir réellement. Rose avait bien essayé, des années auparavant, d’enseigner les sortilèges en tant que professeur particulier, mais l’expérience s’était révéler catastrophique, et extrêmement pénible. Achevant de saper chez Rose le peu d’envie qu’elle avait de sortir de chez elle et de travailler. Alors, après cette expérience désastreuse, elle avait abandonné toute velléité d’avoir une carrière.  Préférant rester chez elle à se plonger dans divers ouvrages de magie, théoriques et pratiques, et explorant de nouveaux domaines de compétences, pour le plaisir pur et simple du savoir. Elle n’en avait pas été malheureuse, cette vie insignifiante consistant à étudier la magie noire le matin et à aller se commander une nouvelle robe de cocktail l’après-midi lui convenait totalement. Rose n’avait aucune ambition personnelle, et aurait été parfaitement heureuse de mener une vie sans intérêt et sans éclat, dans l’ombre rassurante de son mari. Dans cette situation, personne ne lui demandait rien, personne n’attendait rien d’elle, personne ne venait perturber ses petites habitudes. Aux yeux de Rose, le plus grand avantage offert par une vie de femme au foyer inutile et décorative, c’était qu’ainsi, elle ne décevrait personne, ce qui était un véritable soulagement. C’était la peur d’échouer et de décevoir ses proches qui l’avait toujours poussée à avancer, à étudier, et à travailler dur, à Poudlard pour commencer, puis dans le cycle de sortilèges de l’université magique. C’était une motivation qui en valait bien une autre, que l’on se dépasse pour assouvir son ambition personnelle et dévorante, ou simplement pour ne pas décevoir les autres, le résultat était le même à la fin. La seule différence notable était que Rose ne tirait aucune fierté, ni aucune satisfaction de ses réussites personnelles, et considérait toujours qu’elle avait réussi un peu par hasard, et ne ressentait pas le besoin d’exhiber ses talents en faisant une brillante carrière. Et si elle n’avait pas été mariée au très ambitieux Riyadh, qui la poussait constamment à se mettre en avant, il était probable qu’elle aurait fini par se fondre dans le décor et par disparaître sans que personne ne le remarque.

Si elle était devenue Mangemorte, c’était bien sous l’impulsion de son très cher époux. Ce genre d’initiative dépassait de loin la catégorie des décisions qu’elle était capable de prendre de son propre chef. Il y avait plusieurs raisons qui poussaient les gens à rejoindre les rangs des partisans du seigneur des ténèbres : l’ambition, la recherche d’un chef, d’un but, d’une protection, le goût de la violence et du meurtre, la haine des nés-moldus. Les motifs de chacun des Mangemorts étaient variés, même s’ils avançaient tous dans la même direction. Dans le cas de la jeune femme, elle était devenue Mangemorte, parce que son mari avait décrété que c’était la meilleure chose à faire pour eux deux. Depuis qu’ils se connaissaient, Rose avait une confiance aveugle en Riyadh, et en sa capacité à prendre les bonnes décisions, alors elle l’avait suivi sans se poser de question. Depuis dix ans qu’ils étaient mariés, elle avait toujours embrassé chacune de ses convictions, entièrement, et sans émettre un doute. Alors s’il pensait que devenir Mangemort était la bonne chose à faire, elle le croyait, et ne doutait pas du bienfondé de la démarche de son mari. Seule, tout lui paraissait insurmontable, mais si Riyadh était à ses côtés, elle avait le sentiment de pouvoir tout réussir.

Rose n’avait aucune confiance en elle, et était persuadée de n’avoir strictement aucune utilité à quoi que ce soit. Quand après la bataille de Poudlard et l’élection de Malefoy l’on avait créé un bureau des Mangemorts, en vue de remplacer les Aurors devenus inutiles et de pourchasser les membres restant de l’Ordre du Phénix, elle n’avait pas été étonnée qu’on proposa à Riyadh d’y participer, il était si talentueux, et brillant, c’était tout naturel. Mais elle avait été hautement surprise qu’on lui proposa aussi de rejoindre cette nouvelle organisation, et pas seulement pour faire plaisir à son mari. Contre toute attente, elle s’était révélée être un bon élément au sein du bureau, son talent pour les sortilèges, sa volonté de bien faire, sa capacité à appliquer les ordres sans poser de question, son respect de l’ordre et de la hiérarchie, faisait d’elle un bon élément. Bien qu’elle n’ait jamais réussi à s’en convaincre totalement, et restait persuadée qu’elle n’était ici que, parce qu’après dix années de mariage, elle était simplement devenue un élément indissociable de son époux. Et puisqu’il avait accepté cet engagement, elle-même ne pouvait pas refuser, et elle l’avait suivi, comme toujours.

Travailler au bureau des Mangemort avait été une source d’anxiété de plus pour Rose. Désormais, des gens comptaient sur elle, et attendait d’elle qu’elle accomplisse quelque chose. Ça, plus les dangers qu’impliquait le métier. Si elle ne craignait pas tant pour sa vie, qu’elle jugeait somme toute insignifiante, c’était les risques que prenait Riyadh quand l’angoissaient le plus.  Fort heureusement, travailler au bureau des Mangemort n’était pas aussi excitant qu’elle l’avait pensé au départ. Les journées y étaient plutôt calmes, on ne refaisait pas la bataille de Poudlard tous les deux jours, et les rats qui formaient les rangs de l’Ordre du Phénix ne sortaient de l’égout où ils avaient élus domicile que très occasionnellement. La majorité du temps des employés du bureau était occupé par l’examen de pistes qui ne menaient nulle part, et par la rédaction de rapports très bureaucratiques, rentrant dans le cadre du Ministère. Pour la moindre escarmouche, il fallait remplir une montagne de paperasses pour justifier du moindre sortilège lancé. Au grand désarroi de certains Mangemorts, qui regrettaient les anciennes heures dévolues au meurtre de sang-froid et à la torture sportive.  Rose pour sa part n’avait pas d’opinion sur le sujet, et se contentait de faire ce qu’on lui disait, comme une bonne petite employée. S’il fallait abattre un terroriste, elle le faisait, et si après il fallait remplir un rapport détaillé, elle s’y appliquait avec soin.

Et, justement, en cette fin d’après-midi, elle venait de mettre la dernière main au rapport concernant la dernière opération menée par Macnair, Riyadh et elle, et s’apprêtait à rentrer à la maison. Elle était seule au bureau, ses deux partenaires ayant été appelés en renfort d’une opération de la police magique un peu plus tôt. Rose allait quitter le travail, lorsqu’un patronus fit son apparition. L’animal prit place sur le bureau, et s’adressa à elle, avec la voix rassurante de son mari.

« Rose, la police magique va arriver avec le mec qu’on a capturé aujourd’hui. Mène l’interrogatoire avec eux, et ne les laisse pas faire n’importe quoi, c’est Walden et moi qui l’avons capturé, eux ils auraient du mal à attraper un rhume, ces imbéciles. »

La Mangemorte eu à peine le temps de comprendre ce qui était en train de se passer, que déjà, la porte du bureau s’ouvrit à la volée, et qu’un homme ligoté fut jeté, sans ménagement, à ses pieds. C’était certainement le captif dont il était question dans le message. Pour l’instant il n’y avait que lui dans le bureau, mais il avait été savamment saucissonné, et il était hautement improbable qu’il soit arrivé ici tout seul, la police magique ne devait pas être bien loin. Rose prit une profonde inspiration et apostropha, d’une voix qui manquait de confiance, l’officier censé accompagner le paquet.

« Je ne crois pas que vous devriez le balancer comme ça, vous allez l’abimer. »

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    Volker Günthers


MessageSujet: Re: Pendez Les, Bandez Les, Descendez Les Mer 13 Sep - 23:36

Volker Günthers ambitionnait une apparence irréprochable. Son uniforme, un ensemble militaire austère fait sur mesure à Tissard et Brodette, épousait sa large morphologie tout en mettant en valeur sa musculature. Aucun pli ne le gâchait. Son visage, malgré les cicatrices, était parfaitement imberbe : tous les matins, il se rasait à rebrousse-poil, pour une peau très nette et crépue au toucher. Ses cheveux gris-métal étaient, comme à l’habitude, coiffés et plaqués contre son crâne, sans l’ombre d’un épi. Certes, comme tout quinquagénaire travaillant au ministère, Volker avait un léger problème de calvitie. Plutôt que de chercher à le dissimuler, il avait délibérément rasé les zones qui avaient été épargnées par l’affliction, pour s’assurer que sa coiffe reste symétrique malgré les caprices de l’âge. Le résultat global, indépendamment de toute considération esthétique, était en effet exceptionnellement symétrique.

Cette apparence implacable inspirait un profond respect à tous ceux qui rencontraient Volker. Il avançait dans le temps tel un prince, les gens s’inclinaient sur son passage, et les journées s’imbriquaient les unes dans les autres, comme les maillons d’une chaîne. Tout était droit, parfait, digne.

Mais, des fois, la chaîne craquait. Et l’un des maillons se brisait. Et la journée que Volker était en train de vivre, c’était ce maillon-là.

Dans la matinée, deux journalistes étaient venus l’importuner dans son bureau, s’étaient tous deux présentés comme les rédacteurs en chef de la Gazette, s’étaient tous les deux traités d’imposteurs, et s’étaient tous les deux battus. Volker aimait bien les combats pour l’honneur, mais là, il était mal à l’aise. Ils se roulaient par terre comme des chatons en se gribouillant le visage avec leurs stylos-plumes, en couinant des mots comme “périodicité rédactionnelle !” “diffamation informationnelle !”, “déloyauté typographique !”. Weird, weird, weird… Combat de journalistes, quoi... Exaspéré, Volker avait murmuré quelques ordres en Allemand, et deux brigadiers avaient traîné ces deux cassos hors de son bureau.

Ensuite, son assistante avait officiellement gagné la bataille institutionnelle qu’elle menait contre lui depuis dix ans : elle avait finalement été mutée vers un autre service pour cause de “harcèlement professionnel”, de “harcèlement sexuel”, “agressions avec arme blanche” et de “tentative de meurtre”. Quelle chochotte. Dans le bon vieux temps, essayer de tuer quelqu’un, c’était un signe de respect. Un agent des Ressources Humaines était venu demander des comptes à Volker dans un langage très soutenu, alors Volker avait crié, au hasard “diffamation informationnelle !” et l’agent était reparti d’un air convaincu. Du coup, Volker n’y comprenait plus rien. Il se vengerait en tuant son chien.

Ouais, et il le ferait à la fin de la journée...

Ensuite, un roux était passé dans l’entrebâillement de sa porte. Comme ça. Comme si c’était normal d’être roux. Volker lui avait crié d’aller se faire tondre : c’était la moindre des choses, quand on portait une couleur susceptible de détourner l’attention des gens. Il n’avait même pas daigné répondre “oui, monsieur”.

Il tuerait son chien, à lui aussi. Ouais. Et il le ferait à la fin de la journée. Aussi.


Pour finir, un mangemort avait déboulé dans son bureau sans toquer, en criant comme un beauf “c’est la police magique, ici !?”. Volker était habitué au dédain que les mangemorts vouaient à son département, mais il ne pouvait rien y faire : les mangemorts étaient intouchables, ils avaient récupéré le mérite de la victoire de 1998, alors qu’ils n’étaient qu’une vitrine. Des épouvantails que Voldemort avaient mis autour de Poudlard pour que les mioches fassent dans leur froc (c’était la version de Volker). Mais ils étaient intouchables. Eux on pouvait pas tuer leurs chiens. On pouvait même pas traiter la mère de leurs elfes de maison. Au ministère on pouvait rire de tout, des roux, des femmes, de tout, mais pas des mangemorts.

Celui-ci tenait un mec menotté par le bras. “Bon alors, un collègue m’a confié ce criminel pour l’interroger, mais euh, il est 16 heures, alors je vais rentrer, hein, j’ai ma popotte à faire. Bon, je le dépose ici hein. Allez, tantôt!” Et il avait laissé le criminel dans son entrée, comme si c’était une sorte de fougère décorative.

Cette fois, c’en était trop. Volker cassa son stylo, se leva de sa chaise et poussa quelques jurons en allemand, sackgesicht, hackfresse, verdammte Scheiße. Soudain, il eut un éclair de génie…

Si cette journée n’avait aucun sens. Pourquoi devrait-il, lui-même, être sensé ? Si son environnement n’avait plus de logique. Pourquoi devrait-il être logique ? Aujourd’hui le ministère avait décidé d’être une valse absurde, qui diable était-il pour se dérober à la danse ? C’était officiel : Volker abandonnerait tout bon sens jusqu’à nouvel ordre.

Décidé à prendre part au bal du délire, Volker s’approcha du suspect, les yeux dilatés comme un scientifique transcendé par une théorie quantique…

“Oulalalala d’accord, doucement ! Je vais tout avouer !
- Je m’en fous...
- Le complot, les réunions secrètes, notre projet d’attentat, l’organisation, l’incendie, je vais tout vous dire !
- Je m’en fous,
répéta Volker avec lassitude.
- Alors notre chef s’appelle Willy M… Quoi ? Vous voulez pas savoir ?
- Non. J’ai eu une journée absurde et en fait là, je cherche un cobaye pour stimuler la théorie du chaos. Petrificus totalus.”


Volker rigola avec fatuité face au visage du mec pétrifié, qui s’était figé dans un air perplexe en entendant “petrificus totalus” prononcé avec l’accent allemand.

* AH-AH-AH ! *

Il avait son outil de décompression. Volker allait amputer ses petits doigts, et les recoudre dans des sens improbables. Ou alors, le croiser avec d’autres espèces et créer une nouvelle créature — le prochain hippogriffe, qui sait. Il allait dérouler des mètres de serpentins festifs et les lui faire rentrer par tous les orifices. Ensuite, il le regarderait et il rigolerait, il rigolerait, et ça le détendrait. Cet homme était son parc d’attraction, et chaque membre serait un manège différent.

Volker pétait rarement un câble, mais quand ça lui arrivait, il le faisait à fond, sans limite. Il connaissait une pièce abandonnée, à l’étage des mangemorts, qui se prêterait à merveille à son plan foireux. Car oui, c’était complètement foireux, il l’assumait.


* * *


Il ouvrit la porte de la salle abandonnée et jeta son cobaye dedans. Mais... la pièce n’était plus déserte. Oh, schweiss. Un bureau, des meubles, une femme. Quoique, des meubles et une femme, c’était un pléonasme. C’était un bureau avec des meubles.

“Je ne crois pas que vous devriez le balancer comme ça, vous allez l'abîmer” articula le meuble d’une voix mal assurée.

What the fuck ? pensa Volker. Ou plutôt, parce que Volker pensait en allemand, was zum Teufel ?

Abimer un criminel ? Qui donc était assez débile pour lui sortir une réplique pareille ? Il jeta un œil vers la porte, il il lût “Rose N. Shafiq”.

Ah, évidemment, qui d’autre. Il avait entendue parler d’elle. La dernière recrue des mangemorts, et à en croire les ragots, c’était une courge millénaire. Elle avait été pistonnée par son mari d’ailleurs, Riyadh Shafiq, un gros péteux qui se prenait pour un bolide alors qu’il n’était qu’une roue, qui était lui aussi une courge dans le fond. Et quand une courge pistonne une autre courge, ça donne quoi ? Une courgette !

* AH-AH-AH ! *

Volker aimait se raconter des blagues, comme ça, dans sa tête.

Bien sûr, Rose Shafiq. Son combat contre l’ancien aurore, M. Deloria, était fameux dans tout l’étage. A midi encore, un collègue avait raconté le duel : elle lui avait balancé plein de pigeons à la figure — le mec était déstabilisé, évidemment, avec une attaque pareille — il avait titubé en arrière, glissé sur son balcon, et la chute l’avait tué.

C’était la mort la plus con que Volker avait entendue de toute sa vie. Si lui il mourrait comme ça, il aurait tellement honte qu’il refuserait de se réincarner. Il paraissait qu’à Sainte-Mangouste personne n’avait voulu autopsier le corps parce que le macchabée avait des fientes de pigeon plein la tronche. D’ordinaire, Volker aurait trouvé cette anecdote répugnante, mais il était tellement en transe qu’il trouvait ça … comment dire… épique. Ouais, épique. Il avait vu plein de spectacles de Wagner dans son enfance, et il fallait admettre que l’attaque à la mouette, c’était wagnérien.

Le Ministère était devenue une grande comédie musicale décadente, et Volker avait trouvé sa partenaire de danse idéale. Parfait. Maintenant, ils devaient se mettre à la cadence.

Il allait manipuler la mangemorte pour qu’elle torture le cobaye de la manière la plus what the fuck possible. Tellement what the fuck que même lui, ça le surprendrait. Après tout, c’était elle l’artiste. Lui, il allait juste planter la graine, réveiller le génie qui sommeillait en elle, le même qui avait trouvé adéquat de lancer une mouette à la gueule d’un sorcier surpuissant, et la pousser à faire de l’art moderne. Elle était au ministère depuis peu, mais c’était déjà une légende. Et Volker aimait les légendes… Elles étaient amusantes.

Il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire, et reprit son air habituel, sévère et exigeant.

“Madame, je suis Monsieur Günthers, et je suis le Directeur de la Brigade de la Police Magique !” cria-t-il colériquement en bombant son torse de manière à faire ressortir son blason ministériel, qui luisait sur son pectoral gauche. “Tout d’abord, j’attends de vous que vous réserviez des salutations plus… appropriées, lorsque vous rencontrez un supérieur hiérarchique.”

Il referma la porte derrière lui, et se mit à regarder la pièce avec les allures d’un parent qui vient vérifier que son gosse a rangé sa chambre. Puis il cria, avec un accent allemand prononcé :

“Le service des Mangemorts. Le fond du panier du Ministère. Trop déficitaire ! Il faut de l’AUSTÉRITÉ ! Qui tombera, qui vivra ? AH-AH-AH !”

Ensuite, il marcha lentement dans la pièce, inspectant chaque objet d’un air méfiant et détaché. Qu’est-ce qu’il vérifiait ? Lui-même ne le savait pas. L’important, c’était d’avoir l’air... de vérifier.

“Vous êtes jeune, Madame Shafiq. Et à la direction, nous surveillons la jeunesse. La jeunesse, c’est l’avenir !” affirma-t-il avec fermeté, en serrant les mâchoires.

Tandis qu’il marchait, il caressait le rebord des tables du bout des deux doigts, avec nonchalance, comme s’il se demandait si, au fond, cet environnement était digne de sa présence éminente...

Finalement, il fit une moue qui signifiait : “c’est pas le luxe auquel je suis habitué, mais bon, ça fera l’affaire” ; il tira une chaise, la tourna vers l’asperge et s’assit face à elle. Il continua, en poussant l’accent allemand à son comble, sur un ton flatteur et complice.

“On m’a parlé de votre combat contre M. Deloria, Madame Shafiq. Cet ancien aurore était connu de nos registres comme un ornithophobe... il avait la phobie des oiseaux. Mais je ne vous apprend rien, n’est-ce pas, Madame Shafiq, heeiiiiin ?” Il lui fit un clin d’oeil et un petit rire complice. “N’importe quel sorcier se serait jeté sur lui en criant ‘révulso’ ‘expelliarmus’ et autres inepties ! Mais vous non, Madame Shafiq ! Vous, vous avez vu plus loin. PLUS LOIN ! Vous avez trouvé la faille de l’ennemi” fit-il en serrant son poing en l’air “et vous l’avez brisé, Madame Shafiq. Ingénieux. JA ! JA !” aboya-t-il les yeux exorbités, en levant ses sourcils avec gratitude (oui, même quand Volker voulait être gentil, il faisait peur).

Son regard se pencha ensuite vers l’homme saucissonné. Il réalisa qu’il savait toujours pas qu’il était. Tant mieux. S’acharner sur les inconnus, c’était de bon goût : ça avait un côté exotique. Volker en avait marre de se faire traiter de facho par la canaille merliniste, s’il pouvait développer une réputation de hipster à la place, ce serait mieux.

“Il y a une partie en vous qui brille de mille feux et cette partie doit s’embraser ce soir, Madame Shafiq ! Cet homme n’est pas Deloria, Madame Shafiq, il est dix fois plus petit et dix fois plus grand à la fois. C’est la PESTE !”

Volker se jeta alors vers une bougie posée sur le bureau. Il s’accroupit près d’elle, et en utilisant ses mains, il fit des jeux d’ombre qui se projetaient sur le mur adjacent. Il avait tout appris des spectacles d’ombre dans sa petite enfance. Il continua en illustrant ses propos, avec une voix grave et doucereuse :

“Un rat qui marche... et dans l’ombre du rat, des centaines de ratons grouillent, Madame Shafiq. Quand son museau de rat s’ouvre, les hommes tombent, Madame Shafiq. Vingt trois morts, Madame Shafiq. Et quand ses ratons s’agitent, ils font des trous dans les robes de nos femmes et de nos enfants, et vous savez ce que j’ai vu sortir de ces trous ? Du sang-pur, Madame Shafiq. DU SANG-PUR !” Les ombres représentaient la scène, avec des rats et des sorciers dont le sang giclait partout. “NEIIIIIIN !” hurla Volker. ”NEIIIIIN ! ICH WEIGERE MICH, WEIGERE MICH !“ Il souffla finalement sur la bougie, et les ombres disparurent dans ses hurlements.

Il se leva, reprit sa respiration, lentement. Il se dirigea vers la mangemorte à pas feutrés, et il posa sa main sur son épaule. L’obscurité nouvelle amplifiait la gravité de son regard, et une étoile sadique brillait dans ses yeux. “C’est là que vous entrez en scène, Madame Shafiq.”

Répéter le patronyme de la personne en surjouant l’accent allemand : parfait pour responsabiliser et manipuler.

“Madame Shafiq, quand le rat reprendra vie, je veux les noms de ses ratons. Mais le rat ne jettera ses ratons dans la gueule du chien que s’il perd la raison. Et à ce moment-là, nous pourrons briser son petit cou de rongeur. À votre avis, Madame Shafiq… Quelle est la meilleure méthode pour faire perdre la raison à ce rat ?” acheva-t-il en montrant le mec saucissonné d’un air dégoûté.

Son regard retrouva ensuite celui de Rose... Mais cette fois, la flatterie et la complicité avaient disparu. Il y avait du doute. Un doute menaçant. Un doute violent.

”Vous savez, la Direction compte sur vous, Madame Shafiq. Spécifiquement.”
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MessageSujet: Re: Pendez Les, Bandez Les, Descendez Les Sam 16 Sep - 12:58

Une voix de baryton tonitruante tomba dans les oreilles de Rose, la voix précéda de peu un corps gigantesque qui occupait à lui seul tout l’encadrement de la porte, avec une rigueur toute militaire. La Mangemorte n’eut aucun mal à associer les indices pour comprendre qu’elle n’avait pas en face d’elle n’importe quel traîne savate de la police magique, mais le directeur en personne, Volker Günthers. Elle ne se souvenait pas l’avoir rencontré formellement auparavant, mais les bruits qui courraient à son sujet n’avait rien de rassurant. L’on racontait dans les couloirs de la justice magique qu’il était brutal, violent, et éventuellement un peu fou. Rose était une jeune femme bien éduquée et essayait en général de ne pas prêter l’oreille aux racontars et aux bruits qui courraient, mais à le voir ainsi, elle en venait à se demander si toutes ces méchantes rumeurs n’étaient pas fondées. Instinctivement, elle baissa la tête et tritura nerveusement sa manche. L’exubérance et la force d’autorité du directeur de la police magique incarnait précisément tout ce qui lui faisait perdre le peu d’assurance qu’elle avait en elle, et la renvoyait au stade de gamine pleurnicharde qu’elle était lorsqu’elle avait douze ans.

« Bon-bonsoir directeur Günthers, je suis enchantée de pouvoir collaborer avec vous. »

La voix de Rose était à peine audible tant la panique lui serrait la gorge. Elle s’efforçait de se montrer polie, son éducation la poussait à l’être en toute circonstance. Elle n’arrivait pas à se souvenir de la dernière fois qu’elle avait été aussi mal à l’aise. Elle aurait donné tout ce qu’elle avait pour avoir son mari à ses côtés, tant elle se sentait incapable de faire face seule à un homme comme Günthers. Qu’aurait fait Riyadh s’il avait été là ? Probable qu’il aurait commencé par faire remarquer au brigadier que, directeur ou non, la police magique n’avait jamais été en position de donner des ordres aux Mangemorts et que les salutations appropriées étaient celles qu’il jugerait bon de lui donner, qu’elles lui plaisent ou non. Si Rose connaissait parfaitement son mari et pouvait aisément imaginer qu’elles seraient ses réactions dans n’importe quelle situation, elle ne possédait pas en elle la volonté et le courage de l’imiter. Alors à la place, quand elle ouvrit la bouche, tout ce qui sorti fut un flot d’excuses molles et fades, et inaudible à quiconque n’était pas doté de l’ouïe d’un chien.

La suite de la discussion échappa complètement au contrôle de Rose, toujours tétanisée par l’attitude de Günthers. Mais le directeur de la police magique ne semblait pas se préoccuper plus d’elle que si elle avait été une soupière. Rose était toujours plantée là où il l’avait trouvé en entrant, le prisonnier pétrifié à ses pieds, tandis que lui se promenait dans le bureau, discourant avec un accent allemand, qui rendait le tout difficile à suivre, sur d’invraisemblables histoires d’austérité et de budget. La pauvre Rose était au supplice, non seulement cet homme l’effrayait, mais en plus elle n’avait aucune idée d’où il voulait en venir. Elle essaya vainement de participer à la conversation, si tant était que cela en fut une, mais n’arriva pas à produire de plus brillantes interventions qu’un ou deux grommellements qu’elle espérait approbateurs et un « oui bien sûr » qu’elle avait sûrement été la seule à entendre.

Günthers l’interpella enfin sur un sujet qui la concernait directement, encore cette histoire avec Deloria. C’était il y a plus de deux ans maintenant qu’elle avait descendu le vieil Auror, mais les gens n’avaient de cesse de remettre ça sur le tapis. Et tant pis pour ceux qu’elle avait envoyé à la tombe entre temps, Deloria était le cadavre attitré de Rose. Peut-être parce que c’était le premier, peut-être parce que personne ne s’était attendu à ce qu’elle le tue, et certainement pas elle.

« Non. Mais je… Pas du tout...Merci, mais... »

Rose essayait vainement d’expliquer au directeur de la police magique comment s’était déroulé l’opération Deloria. Premièrement, elle n’avait jamais su que l’Auror était phobique des oiseaux, et ensuite, elle n’avait jamais, ô grand jamais, eu l’intention de le tuer, ils étaient venus pour le capturer et l’opération avait dégénérée à cause de sa maladresse. Peine perdue, les explications de Rose furent inutiles, et se perdirent dans le discours du Volker, qui semblait prendre énormément de plaisir à s’écouter parler. Comble de l’horreur, ce type semblait sortir du même tonneau que Macnair et considérait le meurtre de Deloria comme un haut fait d’arme, là où elle-même ne voyait qu’un échec et une situation dont le contrôle lui avait échappé.

Rose rassembla tout le courage dont elle disposait, c’est-à-dire pas grand-chose, releva la tête et fixa un point dans l’horizon, juste au-dessus de l’épaule de Günthers, en espérant vaguement que ça lui donnerait l’air de le fixer lui. Elle ouvrit la bouche, et essaya de s’exprimer clairement, en pointa du doigt le corps toujours stupéfié à ses pieds.

« Cette affaire Deloria est sans intérêt, concentrons-nous sur ce prisonnier, s’il vous plaît. »

Elle retint son souffle en attendant la réaction de Günthers. Heureusement pour elle, il semblait penser lui aussi qu’il était temps de se préoccuper des affaires du jour. Enfin, visiblement, le directeur de la police magique ne semblait pas encore tout à fait prêt à commencer l’interrogatoire. À la place, il offrit à Rose un étonnant spectacle d’ombres chinoises. Une histoire invraisemblable de rat, de chien, de sang, et d’aller savoir quoi encore. S’en était trop pour Rose, qui sentit les larmes lui monter aux yeux. C’était du grand délire, comment cet homme pouvait-il être directeur de la police magique, alors que visiblement, il avait une sérieuse fêlure au chaudron ? Et c’était avec lui qu’elle devrait mener un interrogatoire, et pire encore, l’empêcher de faire n’importe quoi. Rose se mordit violemment la langue pour s’empêcher d’éclater en sanglot, et réprima l’envie sourde qui agita son bras gauche, celle de sortir sa baguette et d’envoyer un patronus à Riyadh, pour lui demander de rappliquer immédiatement. Mais si son mari n’était pas encore revenu au bureau, c’était probablement qu’il avait une bonne raison. Il comptait sur elle, et elle devrait faire face. Si elle apprenait en rentrant ce soir qu’il était aller s’en jeter un avec Macnair en la laissant seule avec Günthers, elle promettait de faire de son bien aimé mari une élégante descente de lit. Mais pour l’heure, elle devrait s’arranger du mieux qu’elle pouvait sans lui, du pitoyable mieux dont elle était capable.

La Mangemorte haussa un sourcil perplexe en attendant le plan de Günthers. Lui briser le cou ? Lui faire perdre la raison ? C’était très certainement le genre de n’importe quoi auquel avait fait référence le patronus de Riyadh. Et c’était à son insignifiante petite épouse que revenait la tâche en apparence insurmontable de s’y opposer. Rose essaya de calmer sa nervosité en faisant les cents pas dans le bureau. Il fallait qu’elle coupe court tout de suite aux délires du directeur. Elle s’éclaircit la gorge et prit une profonde inspiration.

« Certainement pas Herr Günthers. L’accusé doit être en état de soutenir un procès après son interrogatoire. Ce qui me semble peu probable si nous suivons vos, euh, méthodes. La procédure, nous devons suivre la procédure. »

Heureusement pour le prisonnier, de tous les Mangemorts du bureau, il était tombé sur la plus maniaque et la plus procédurale du lot. Rose avait toujours appliqué scrupuleusement les règlements. C’était cet amour de l’ordre et des procédés bien employés qui lui donnait le courage de s’opposer ainsi à son interlocuteur. Depuis qu’ils avaient remplacé le bureau des Aurors, les Mangemorts avaient mis au point tout un tas de protocoles relatif aux interrogatoires. L’une de ces règles impliquait que les accusés devaient ressortir vivants, aussi intacts que possible et en état de soutenir un procès après. Nouvelle ère, nouvelle image, et, à part une ou deux bavures savamment dissimulée, le bureau des Mangemort avait des états de service irréprochables. Et surtout, Rose était une bonne petite fonctionnaire, qui appliquait à la lettre les ordres qu’on lui donnait.

Son accès de courage ne dura pas. Elle redevint presque aussitôt la jeune femme timide qu’elle était habituellement. Elle tremblait de la tête aux pieds, en essayant vainement d’ouvrir le tiroir de son bureau pour en sortir son masque. Elle en aurait bien besoin si elle devait mener un interrogatoire en compagnie d’un déglingué comme Volker. Elle s’adressa d’une voix chancelante au directeur de la police magique, craignant la réaction de cet homme imprévisible.

« Alors, si, si vous me disiez plutôt pourquoi cet homme a été arrêté, et quelles informations on doit obtenir de lui ? »

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Pendez Les, Bandez Les, Descendez Les

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