POUDNOIR
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Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs

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MessageSujet: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Lun 11 Sep - 9:13



Et si l’on croise le chemin, le regard d’un ange.

« L’émotion alors a le goût d’un rêve inespéré. »




Drago avait, grâce à son statut et ses privilèges, la chance de ne pas avoir à souvent se déplacer. La plupart de ceux qui souhaitaient le voir venaient directement au Siège de Force Puriste pour s’entretenir avec lui, lui envoyaient des hiboux ou dans les cas les plus extrêmes, des Patronus. Mais il arrivait, lors de réunions importantes ou de convocations de plus hauts gradés que lui, que Drago se rende au Ministère. Ce n’était que dans ces rares cas, lors d’événements ou de visites au bureau de son père, que le jeune puriste quittait le Siège. Cependant, s’il aimait le confort et le calme de son bureau, où personne ne venait lui chercher des ennuis, il appréciait aussi devoir sortir et se montrer à tous, que ce soit en se promenant devant tous ces yeux curieux ou en se donnant en spectacle en s’embrouillant avec un malheureux petit employé.

Arrivé tôt au Ministère ce jour là, le jeune Mangemort s’était rendu à la Justice Magique, espérant bien toucher deux mots au responsable du dossier sur une agression d’un employé du parti par un soupçonné Sang-de-Bourbe. Si au fond, Drago n’avait pas grand-chose à faire du Sang-Mêlé Puriste, la femme de ce dernier réclamait des comptes, et criait au scandale de ne pas avoir l’autorisation de se rendre à la Justice Magique pour demander pourquoi cette affaire prenait tant de temps. Avec lassitude, Drago avait alors accepté de se renseigner, bien que tout ceci soit assez secondaire au vu du dernier attentat. Il avait d’abord commencé par envoyer des hiboux, certain qu’il n’aurait pas besoin d’en faire plus pour que cette bonne femme cesse de geindre. Mais on lui avait signifié qu’il ne pouvait avoir accès au dossier et qu’on le renseignerait une fois que l’enquête aurait suffisamment avancé.

Seulement, Drago n’aimait pas vraiment être contredit par des petits employés qui ne valaient pas grand-chose. S’il était du genre à se la fermer et suivre tous les ordres des grands de la hiérarchie, tel Chapman Rosier, il refusait qu’un simple policier de pacotille lui dise quoi faire. N’était-il pas le fils du Ministre, un Malefoy et l’un des dirigeants du premier parti anglais ? Au delà de cette affaire stupide et de la satisfaction d’emprisonner un nouveau Sang-de-Bourbe, c’était l’ego de Drago qui l’avait mené à se déplacer ce jour là.

Ayant accès à approximativement tous les départements du Ministère, il pénétra dans le bureau du dit employé, qui tira une sale tête en le voyant venir. Sous les yeux curieux de ses collègues, il subit en silence le tempérament et les insultes de Drago. Au fond de lui, il savait bien que s’il osait contredire le Mangemort, il aurait des ennuis. Drago n’avait peut être pas tous les droits, mais il avait l’habitude de se sentir tout permis, comme si son père arrangerait tout faux pas. Il avait peut être vingt ans, mais l’âge n’arrangeait toujours pas son ego.

    ▬ J’exige que les détails de cette affaire arrivent sur mon bureau d’ici demain !
    ▬ Mais Monsieur, je ne pense pas que...
    ▬ Cessez avec vos mais, vous n’êtes personne pour refuser un ordre du fils du Ministre. Alors demain matin, sans faute, siffla-t-il de sa voix froide. Rendez-vous utile au lieu de geindre, savez-vous où se trouve ma fiancée ?
    ▬ M… Mademoiselle Greengrass ?
    ▬ Qui d’autre crétin ? Je ne suis pas fiancé avec votre secrétaire.
    ▬ Non je ne sais pas Monsieur. Mais je n’ai pas de secrét...
    ▬ Oh, la ferme.


Le visage blafard, le policier n’osa pas en dire plus. Il allait exécuter les ordres de Drago, n’ayant aucune envie de s’attirer de quelconques ennuis. Ronchon mais satisfait d’avoir fait passer le message, Drago quitta la pièce. S’il souhaitait trouver Astoria, c’était à la fois pour lui souhaiter le bonjour, et parce qu’elle le prendrait mal en apprenant qu’il était passé sans venir la voir. Il essayait d’entretenir de bonnes relations avec elle, malgré le nombre d’infidélité qu’il pouvait lui faire. Se dirigeant vers l’accueil du département, il comptait se renseigner. Mais au détour du couloir, il cru apercevoir celle qu’il ne s’attendait pas à croiser ici, ayant totalement oublié qu’elle travaillait à la Justice Magique.

Sans perdre un instant, Drago fit demi-tour, espérant de tout cœur qu’Athénaïs ne l’ai pas vu. Si malgré tout, son cœur battait la chamade à sa simple vision, se faire aborder par la jeune femme en plein Ministère et devant toutes ces paires d’yeux trop curieuses, était la dernière des bonnes idées. Il se mit à angoisser, cherchant activement une idée pour se sortir de là.
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Dernière édition par Drago Malefoy le Dim 19 Nov - 21:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Ven 13 Oct - 23:30

Si on avait dit à Athénaïs, un an plus tôt, qu'elle quitterait son poste de stagiaire avec un léger pincement au coeur, et le sentiment persistant de faire une chose avec laquelle elle n'était absolument pas en accord, la jeune femme ne l'aurait pas cru. Et c'était pourtant le cas aujourd'hui, alors qu'elle rangeait les quelques affaires qu'elle avait dans un une petite boîte, pour les changer d'endroit. Elle allait quitter ce petit bureau de stagiaire dans la matinée, et s'installer dans un autre, plus proche de celui de son "nouveau patron". A cette pensée, Athé fit une nouvelle fois la grimace. C'était bien la centième fois depuis ce matin. La décision de Chapman Rosier de le faire devenir secrétaire de Volker Günthers ne réjouissait pas du tout la jeune femme. Non, vraiment pas. Le peu qu'elle avait échangé avec lui ne lui augurait rien de bon. Elle voyait arriver les problèmes de très loin, mais, pourtant, elle ne pouvait rien faire. Il était hors de question de perdre ce travail. Elle s'était battue trop dur pour en arriver là, personne ne lui ferait faire marche arrière, pas même cet être exécrable qu'était son nouveau patron.

Perdue dans ses pensées, Athénaïs n'entendit pas les aps se rapprocher d'elle, et elle sursauta en sentant une main se poser sur son épaule. La jeune femme releva la tête et afficha un petit sourire. C'était Egéon. Lorsque Athé était arrivée à la Justice Magique, c'était l'aîné des Kaustas qui l'avait pris sous son aile, et leur amitié avait été évidente. Athé était un peu triste de ne pas pouvoir plutôt travailler avec lui, mais bon... Elle n'avait pas tellement eu le choix. Chapman n'était pas quelqu'un avec qui on pouvait négocier, surtout quand on était Sang-Mêlée.

- Alors ? Prête ? demanda doucement Egéon.
- Oui ! Oui, bien sûr, répondit Athé en souriant doucement.

La jeune femme sortit alors sa baguette, l'agita en direction de la boîte, et la fit léviter derrière elle, avant de sortir du bureau en compagnie d'Egéon. Ce dernier la regardait sans rien dire. Athé lui avait déjà parlé de son nouvel emploi. Même s'il avait tenté de lui faire voir le bon côté des choses, la jeune femme n'était pas idiote : elle n'arriverait à rien dans la Justice Magique tant que Chapman en serait à la tête, et cette situation pouvait durer encore longtemps. Alors, pour l'instant, elle allait se contenter de ce poste de secrétaire. Pour autant, elle n'abandonnait pas son objectif principal, qui était de devenir avocate. Elle voulait y arriver, et elle se donnerait les moyens de l'être, un jour ou l'autre. Pour l'instant, de toute façon, elle avait beaucoup de choses à apprendre, alors elle profiterait de ce temps pour le mettre à profit et apprendre tout ce qu'elle devait savoir.

- Si tu as encore besoin d'aide, je serais toujours au même poste, confia doucement le jeune homme, alors qu'ils arrivaient au détour d'un couloir.

Athé lança un regard reconnaissant à Egéon et lui fit un petit sourire.

- Merci Egéon, mais ça va aller, tu sais, je ne suis pas une petite fille sans défenses, et même, je suis persuadée que tout ira... bien...

Quelque chose avait attiré le regard d'Athé dans le couloir dans lequel ils venaient de s'engager. La jeune femme tourna la tête, et remarqua alors, là, au milieu de l'allée, une silhouette qu'elle avait appris à connaître, très récemment. Le rouge monta légèrement aux joues de la jeune femme, mais elle parvint rapidement à se contrôler, et elle se tourna alors vers Egéon.

- Je te laisse, d'accord ? Tu n'as pas besoin de m'accompagner au bureau, je n'y tiens pas, je ne veux pas faire croire que je n'aie pas confiance en moi. Mais merci, ajouta-t-elle en posant une main amicale sur son épaule. On se retrouve plus tard !

L'instant d'après, Athé se fondait dans la foule et disparaissait, laissant Egéon en arrière, et poursuivant la tâche blonde qu'elle voyait, un peu loin au-dessus de tous les autres. Elle s’en voulait un peu de laisser son ami ainsi en plan, mais elle ne voulait pas laisser passer l’occasion qui se présentait à elle de pouvoir parler à Drago de sa promotion – car ça ne pouvait être que Drago, compte tenu de la couleur des cheveux.  Elle ne l’avait pas vu depuis cette soirée à la plage. Oh, Athé n’était pas une jeune femme collante, bien au contraire, alors elle n’allait pas coller Drago tout le temps. Et puis, ils avaient chacun leur travail de leur côté, leur vie, Athé avait sa famille, et Drago… Elle ne savait pas trop, en fait. Une erreur qu’elle faisait était de ne pas lire la presse sorcière. Elle n’aimait pas la Gazette, et Sorcière Hebdo encore moins. Cependant, alors qu'elle s'approchait de lui, un fait lui revint en mémoire : l'attaque du Siège Puriste. Si elle lui avait envoyé une lettre, après avoir entendu parler de cet attaque, elle aurait bien aimé s'assurer d'elle-même qu'il allait bien.

Arrivée à sa hauteur, Athé se retint de poser une main sur l’épaule du jeune homme, et se contenta de se pencher légèrement en avant, en lui faisant un petit sourire.

- Bonjour Drago, salua-t-elle doucement, l'air de rien, soudain plus enjouée que quelques instants plus tôt. C-comment vas-tu ? demanda-t-elle, bredouillant légèrement.

En réalité, maintenant qu'elle était là, Athé ne savait pas bien comment réagir. Elle n'y avait pas pensé jusqu'ici, car ils ne s'étaient pas revus. Mais maintenant... C'était étrange, elle ne savait plus trop quoi dire. Tout ce qui lui venait à l'esprit lui semblait trop idiot pour être prononcé sans rougir. C'était étrange, pourtant, quand on savait avec quelle facilité les mots lui étaient venus, à la plage. Et maintenant ? Maintenant que la réalité avait repris ses droits, qu'est-ce qu'ils devaient faire ?

- Je... Tu t'es bien remis ? Tu sais, de cette attaque au Siège Puriste ?

Est-ce que Athé s’était rendue compte que Drago avait essayé de l’éviter ? Non. Elle prenait les choses simplements et, du peu qu'elle croyait connaître de Drago, elle ne voyait pas pourquoi il aurait voulu l'éviter.

Est-ce qu’elle était idiote ? Pour le coup, oui, totalement…

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MessageSujet: Re: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Ven 1 Déc - 9:35



Il aurait de nombreux reproches à faire à Athénaïs. Pas sur ce qu’elle était au fond d’elle, puisqu’il en était amoureux. Mais plutôt ce qu’elle reflétait aux autres, à ceux du même rang que Drago. Elle n’avait rien en commun avec les petites amies que le jeune homme avait pu avoir, toutes superficielles et profiteuses, mais surtout faites de sang-pur. Il ne fréquentait que des personnes de son propre rang social, alors qu’Athénaïs était, comme dirait son père, une moins que rien. C’était bien ça le problème, il avait des sentiments pour une fille du bas peuple, une simple serveuse qui espérait avoir un poste important au Ministère. Comment lui dire qu’avec la politique actuelle et Chapman comme directeur, elle n’était que dans un rêve éveillé ? Même Drago n’était pas certain de vouloir que des gens comme elle prenne du pouvoir, malgré ce qu’il pouvait ressentir pour elle. Elle pouvait être aussi adorable et belle qu’elle le voulait, Athénaïs ne changerait jamais la nature profonde de Drago.

Et pourtant, c’était à croire qu’elle essayait. Elle parvenait même à lui traîner dans les pattes et lui mettre des bâtons dans les roues là où il ne l’attendait pas. Drago n’avait pas pensé une seule seconde qu’il pouvait la croiser en se rendant au Ministère ce matin là. Comment avait-il pu être aussi distrait et oublier qu’elle était Stagiaire à la Justice Magique ?

Il fila aussi vite qu’il le pu, priant pour que sa nouvelle conquête ne l’ai pas vu. Elle n’était pas seule – d’ailleurs, c’était qui cet abruti à qui elle parlait ? - alors peut être ne l’avait-elle pas apperçu. Mais il se fourrait le doigt dans l’œil, la jeune femme était loin d’être aveugle et sotte. Drago tenta de disparaître dans la foule, et de rejoindre rapidement les ascenseurs pour quitter au plus vite le Ministère. Mais comment être invisible quand la moitié des yeux se tournait vers lui ? Il avait beau presser le pas, la bande d’imbécile autour de lui semblait s’accorder pour le ralentir. Si bien qu’Athénaïs le rattrapa et apparu en face de lui, toujours munie de son fameux petit sourire craquant. Elle le salua, légèrement timide, mais sans doute bien moins gênée que lui. Il aurait préféré s’enterrer dans un trou que de parler avec elle au milieu de cette foule.

Il commençait d’ailleurs à voir des regards se tourner vers eux et quelques sourcils se froncer, tandis qu’elle lui parlait de l’attaque du Siège Puriste. Alors que la sueur perlait sur son front, il cherchait activement une porte de sortie, un moyen de lui échapper rapidement. Aucun sourire, aucune joie sur son visage. Il était seulement crispé en croisant les yeux des employés du Ministère, qui se demandaient sans doute ce que le fils du Ministre pouvait faire ici à parler avec une simple Stagiaire. L’avait-elle bousculé, et était-il en train de lui faire comprendre qu’elle n’était personne pour être sur son chemin ? Oui, c’était la meilleure solution, ça, et la porte ouverte sur un bureau vide juste en face.

Drago prit un air dur et froid, vexé au possible. Il attrapa vivement la jeune femme par le bras, mais assez doucement pour ne pas lui faire mal, et la traîna avec vigueur et énervement dans la pièce vide. Il referma rapidement la porte, et toute forme de haine disparu de ses traits. Seulement le soulagement d’avoir trouvé une solution et la pression qui retombait. Il verrouilla la porte d’un coup de baguette, et se retourna vers Athénaïs, tentant de reprendre une certaine contenance. Maintenant, il allait sans doute devoir lui expliquer son attitude. Ce n’était pas l’étape la plus simple.

    ▬ Bonjour, commença-t-il, hésitant. Je vais bien, sûrement en meilleure forme que les autres d’ailleurs. Je dois être plus solide, ricana-t-il doucement.


Bon, tout ceci était bien beau, mais il allait certainement devoir s’expliquer. Il fuyait le regard de sa toute nouvelle compagne, qui devait se poser une multitude de questions. Il s’était tiré d’un mauvais pas pour sauter un plein dans un autre.

    ▬ Et… Toi, tout va bien ? Fit-il essayant un peu de combler les meubles.


Il se passa une main sur la nuque et observa le bureau derrière la jeune femme, comprenant dans quel bourbier il était.
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MessageSujet: Re: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Jeu 7 Déc - 19:16

Athénaïs n'avait pas cessé de penser à cet après-midi qu'elle avait passé à la plage. Retourner à sa vie de tous les jours après avoir passé un si bon moment avait été difficile, mais elle l'avait fait, sans pour autant effacer de ses pensées tout ce qui s'était passé. Elle avait beaucoup réfléchit à tout ça. Qu'est-ce qui s'était passé, en réalité ? Bien sûr, Athé se souvenait de chaque instant, et elle en conservait un bon souvenir. Néanmoins, avec du recul, la jeune femme se demandait à quoi tout cela allait la mener. Qu'est-ce qu'il y avait entre elle et Drago ? C'était étrange… Athénaïs ne pouvait pas le nier, elle était très attirée par le fils Malefoy. Oh, elle savait bien que ce n'était pas l'idée du siècle, mais est-ce qu'elle pouvait réellement y faire quoi que ce soit ? On ne décidait pas de ce genre de choses… Au départ, personne n'aurait pu dire qu'ils pourraient si rapidement se rapprocher. Et puis voilà que maintenant… Athé ne savait comment qualifier la relation qu'il y avait entre eux. C'était électrique, et elle se sentait vivante dans ces moments-là, comme lorsqu'il l'avait tenu contre lui à la plage. Mais est-ce qu'on pouvait parler de relation ? Est-ce qu'on pouvait réellement dire qu'ils étaient « ensemble » ? Athé trouvait l'emploi de ces termes un peu trop… rapide ? Un peu comme leur histoire, à bien y regarder. Mais Athé ne parvenait pas à regretter, ou à avoir envie de faire marche arrière. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être ainsi, aussi irréfléchie. C'était une chose qu'elle avait arrêté d'être depuis longtemps.

Drago était la zone instable de sa vie.

Pourtant, lorsqu'elle l'avait vu dans la foule du Ministère, aujourd'hui, elle était allée vers lui. Elle avançait vers le flou avec une assurance qui la dépassait. Après tout, que connaissait-elle de lui ? Pas grand-chose, à bien y regarder. Mais voilà, elle avait quand même avancé vers lui, en laissant Egéon derrière elle. Elle avait engagé la conversation avec une pointe de timidité, sourire aux lèvres. Elle ne pouvait toujours pas s'empêcher de trouver ça étrange, mais elle ne forçait pas son sourire. Il était sincère, elle était contente de voir Drago.

Cependant, ce dernier semblait être dans un tout autre état. Athénaïs n'était pas idiote : naïve, oui, mais pas idiote. Elle voyait bien les regards des autres se tourner vers elle, la juger, sûrement à cause de son sang. Oui, elle parlait avec un Sang-Pur. Mais est-ce qu'un peu de liquide rouge pouvait réellement définir quelqu'un ? Athé ne le croyait pas, et elle était même persuadée du contraire. C'était pour ça que, malgré ce que pouvaient bien penser tous les autres qui se trouvaient dans ce couloir et qui la jugeaient, elle ne baissait pas la tête et ne faisait pas demi-tour. Athé n'était pas une Gryffondor pour rien : elle ne se laissaient pas faire par les vipères qui l'entouraient.

Drago, lui, semblait en revanche plus sensible au regard des autres qui se tournait progressivement vers eux. Athé fronça légèrement les sourcils et pencha la tête sur le côté, un air un tantinet inquiet et perdu sur son visage. Il semblait être dans un état de stress que la jeune femme ne comprenait pas. Et, alors qu'elle allait lui demander ce qui n'allait pas, il lui attrapa le bras et l'entraîna dans une salle vide, avec l'air de quelqu'un de profondément vexé. Son attitude n'était plus du tout la même que quelques secondes auparavant. On aurait dit qu'Athénaïs lui avait fait le plus grand des affronts, ou qu'elle l'avait insulté, alors qu'elle n'avait fait que lui dire bonjour et lui demander comment il allait.

Une fois qu'elle fut dans la salle et que Drago eut lâché son bras, Athé fronça les sourcils. Cette fois, ce n'était plus de l'étonnement, ou de l'incompréhension qui peignait ses traits, mais un début de suspicion et un peu d'irritation. La jeune femme ne semblait plus aussi douce et ouverte qu'avant. Et, en même temps, c'était aisément compréhensible : qui ne serait pas suspicieux du comportement de quelqu'un qui changeait d'attitude en quelques secondes avant de vous entraîner dans une salle vide et de vous relâcher comme si de rien n'était ?

Elle l'écouta donc sans rien dire, ayant croisé les bras sur sa poitrine, l'air un peu fermé. Elle cherchait à comprendre ce qui avait pu le pousser à agir ainsi, mais elle ne voyait pas beaucoup d'explications, et celle qui s'imposait n'était pas la meilleure.

- Je vais parfaitement bien, merci de t'en inquiéter, répondit Athé, avec un début d'irritation dans la voix. Et j'irais sûrement encore mieux si tu m'expliquais ce qui vient de se passer.

La jeune femme soupira et secoua la tête, se décrispant un peu. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être aussi cassante, mais Athé n'aimait pas qu'on joue un jeu. Elle avait soudain eu l'impression de n'être pas du tout à sa place, et ce n'était vraiment pas ce qu'il lui fallait pour apaiser ses interrogations. Elle trouvait étrange l'attitude de Drago. Elle avait l'impression de se retrouver face à Ethan qui essayait de cacher une bêtise qu'il avait faite.

Drago bredouillait comme un enfant.

- C'était quoi... ça ? Demanda Athé, en pointant la porte d'une main. Quelque chose ne va pas ?

Non, elle ne lancerait pas elle les sujets qui fâchent. Elle attendait d'entendre l'explication de Drago, voir s'il parvenait à s'en sortir. Mais elle n'était pas sûre que tout continue à aller pour le mieux, si la conversation continuait. D'un coup, elle se demandait si elle avait vraiment envie d'entendre la suite. Elle avait l'impression qu'il ne valait mieux pas. Ses yeux, fixés sur Drago, lui demandaient des réponses.

- J'ai... J'ai eu l'impression, un instant, que...

Que quoi ? Qu'il ne voulait pas la voir ? Un instant, le visage de Drago s'était déformé d'une façon qui lui avait rappelé leur première rencontre. Elle avait décidé de passer outre cet épisode peu glorieux - pour l'un comme pour l'autre - mais elle ne pouvait réellement l'oublier, n'est-ce pas ? Elle avait un instant eu l'impression qu'il la détestait, qu'il aurait voulu voir n'importe qui en face de lui à part elle... C'était peut-être de la comédie, puisqu'il semblait agir normalement maintenant. Mais, si c'était le cas, pourquoi avait-il agit ainsi ? Elle avait pensé que Drago ne jugeait pas sur le sang... Du moins, pas comme les autres. Après tout, c'était lui qui était venu vers elle, pas l'inverse.

La jeune femme soupira une nouvelle fois, puis inspira profondément pour faire refluer le moindre sentiment d'irritation. Non, tout ça pouvait être résolu dans le calme, s'énerver d'un si petit événement ne servait à rien. Elle devait agir en adulte et conserver son calme pour obtenir des explications. Et maintenant qu'ils étaient là, n'était-ce pas le moment parfait pour parler un peu d'eux ? Après tout, depuis cet après-midi à la plage, ils n'avaient pas tellement échangé... Athé n'en serait pas effondrée s'ils décidaient d'en rester là. Oui, elle se sentirait bête, et très certainement qu'elle serait un peu triste et que son coeur se serrerait un peu trop fort, mais ce ne serait pas la fin du monde. Elle voulait juste savoir ce qui allait se passer.

- Je crois qu'on a besoin de parler, non ? demanda-t-elle en passant une main timide dans ses cheveux.

Voilà, maintenant que c'était engagé, autant aller jusqu'au bout, non ? Elle avait du temps avant de devoir s'installer pour son nouveau poste. Autant le mettre à profit pour régler certains détails de cette... "relation". Elle allait mettre les choses au clair, et si ça s'arrêtait là, eh bien tant pis. C'était ce qu'elle se disait, à l'instant, alors qu'elle attendait la réaction de Drago.

Et pourtant, son coeur continuait à s'emballer, sourd à toutes perturbations extérieures.

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MessageSujet: Re: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Ven 12 Jan - 16:01



Il n’avait pas réellement pensé à l’après. Pourtant d’habitude, Drago était plutôt prévoyant et pensait aux détails, c’était important pour qu’un plan fonctionne. Mais dans cette situation, il n’avait eu aucun plan, il s’était contenté de suivre son instinct et son cœur. Et si dans le cas de leur rendez-vous à la plage, son instinct s’était trouvé plutôt coopératifs. Alors qu’à l’instant, il ne lui dictait que la fuite. C’était d’ailleurs ce qu’il lui disait souvent, de fuir, tant Drago avait l’impression de se mettre en permanence dans des situations délicates, voire dangereuses. Et montrer à tout le gratin de la société que le fils du Ministre fréquentait une petite Sang-Mêlée sans intérêt, c’était délicat. Mais s’il y une chose que Drago ne savait pas, c’était qu’une femme en colère était dangereuse. Aussi, la solution de fuite restait la plus logique, et plus loin il était d’Athénaïs, mieux il se porterait.

C’était sans compter sur la rapidité de la jeune femme – à croire qu’elle était incapable de le lâcher deux minutes, et c’était aussi flattant qu’agaçant – qui le rejoignit. Affreusement mal à l’aise, il se débrouilla pour que personne ne puisse les voir en se cachant dans la première salle vide venue. Ceci fait, il fallait encore affronter les questions de la jeune femme que Drago évitait de regarder, réfléchissant à une excuse pour raccourcir leur entretien.

Il perçu dans son ton une certaine irritation, et bien qu’il en était agacé, il ne pouvait vraiment le lui reprocher. Mais après tout, elle s’attendait à quoi ? A ce qu’il la demande en mariage, qu’il l’invite manger au Sabot de Bacchus et la présente à ses parents ? Il était fiancé et le fils du Ministre, ces idées là étaient tellement absurdes ! Cette tension commençait à le rendre aussi énervé que confus, aussi il commença à prendre Athénaïs en grippe, comme si tout était de sa faute.

    ▬ Ça ? A ton avis ? Siffla-t-il, seul moyen de défense qu’il ai trouvé. On ne peut pas parler comme ça en plein milieu des couloirs du Ministère !


Il osa enfin la regarder, et ses yeux mélangeaient le courroux et la peine. Parce que même s’il se réfugiait dans l’agression, il regrettait au fond de lui de ce montrer si dur. Face à lui, Athénaïs n’avait pas l’air si en colère contre lui, seulement perdue et chagrinée de son comportement. Une part de lui aurait aimé la prendre dans ses bras et la rassurer, lui dire qu’ils parviendraient à se voir en cachette. Mais sa frayeur était plus grande, aussi resta-t-il les bras ballants et les poings serrés à la dévisager.

    ▬ De quoi, de quoi as-tu eu l’impression Athénaïs ? demanda-t-il, perturbé et fâché.


Il était crispé, avait les dents serrés. Drago sentait son cœur battre la chamade en lui, et entendait une petite voix dans sa tête le traité d’abruti et lui incitait à l’enlacer et l’embrasser. Après tout, n’est-ce pas ce qu’il voulait, retrouver cette ambiance sereine et intime qu’ils avaient eu à la plage ? Si, mais pas ainsi, pas au milieu de tous ceux qui voyaient en Drago une personne importante. Pourquoi avait-il fallu qu’ils se retrouvent ainsi, avant qu’ils ne s’expliquent, avant qu’ils ne comprennent.

    ▬ Et bien vas-y, dis ce que tu as à dire, lâcha-t-il froidement.


Ils allaient se faire mal, et Drago ne serait pas pour rien dans cette guerre.
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    Athénaïs H. Moreau


MessageSujet: Re: Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs Mer 7 Fév - 19:02

Ce n’était pas le genre d’Athénaïs d’être collante. Néanmoins, quand elle voyait des personnes qu’elle appréciait, c’était naturel pour elle d’aller les voir. La jeune femme était spontanée et ne pensait jamais à mal en allant voir quelqu’un. Si elle sentait une gêne, elle savait aussi se retirer et ne pas gêner. Athénaïs était aussi rayonnante qu’effacée, et elle n’avait pas de mal à basculer de l’un à l’autre : son travail le lui demandait chaque jour. Aussi, quand elle s’était avancée pour rejoindre Drago, elle n’avait pas pensé une seule seconde à le déranger, voire même à l’importuner. En fait, elle avait un peu agi sans réfléchir. Mais, au-delà de ce qui s’était passé entre eux à la plage, les deux jeunes s’entendaient bien et Athé avait juste voulu discuter avec Drago, comme ça, en passant, au détour d’un couloir. Lui dire bonjour, échanger quelques banalités puis tracer sa route et prendre son nouveau poste. Une discussion normale dans un couloir avec une personne qu’elle appréciait. Cependant, les choses avait viré au vinaigre en quelques secondes, sans que la jeune femme ne comprenne pourquoi. Elle s’était d’un coup retrouvée dans une salle vide, soustraite au regard critique de la foule, qu’elle avait appris à ignorer. Mais, bizarrement, à cet instant, elle en avait été terriblement consciente.

La jeune femme, une fois consciente de la situation, fut un instant tentée de s’énerver. Mais Athénaïs avait plus de sang-froid qu’il n’y paraissait, et elle se reprit rapidement, tentant d’engager une discussion polie mais sérieuse. Elle posa juste une simple question, pour obtenir des explications de Drago. Car ce n’était pas à elle de les fournir, les explications. Ce n’était pas elle qui agissait étrangement. Cependant, la réponse ne la satisfit pas. Pas du tout, bien au contraire. Athénaïs resta incrédule devant la réponse de Drago, sèche, froide et brutale. Les yeux écarquillés, la jeune femme eut un mouvement de recul. Elle était bien plus blessée qu’effrayée, c’était à noter.

- Pardon ? demanda-t-elle, incrédule, incapable de dire autre chose. Comment ça, on ne peut… ?

Elle se tut en prenant conscience du poids des paroles qu’elle avait sur le bout de la langue. Non, il valait mieux se taire. Encore un petit peu, juste pour l’instant. Malgré les apparences, c’est bien deux adultes qu’il y a dans cette pièce, pensa la jeune femme en inspirant profondément, et les adultes savent rester maîtres d’eux-mêmes et régler les choses calmement. Elle ne comprenait pas du tout le comportement de Drago, mais il allait s’expliquer et Athénaïs comprendrait, et…

Pourquoi cherchait-elle une solution, au juste ? Après tout, elle ne connaissait Drago que depuis peu. Certes, ça avait été très rapide et… intense. Mais il n’y avait rien de sérieux, rien de profond. Ce n’était pas une amitié de longue date qu’Athé essayait de récupérer, pas même une relation de couple ou quoi que ce soit. Elle aurait tout aussi bien pu répliquer, lui dire de lui parler sur un autre ton – ce qu’elle ne manquerait pas de faire, mais elle y mettrait les formes – et  d’aller voir ailleurs si elle y était, puisque c’était comme ça. Alors pourquoi est-ce qu’elle prenait sur elle comme ça pour si peu de choses, au final ?
Les dernières paroles de Drago firent cependant tout chavirer. Alors qu’Athénaïs décidait de continuer une discussion sereine, bien que pénible, le Serpentard s’amusa à balancer de l’huile sur un feu naissant. Athé fronça alors les sourcils, irritée, et croisa les bras sur sa poitrine. Elle ne pouvait pas plus ressembler à la jeune femme qui avait bousculée Drago Malefoy sur le Chemin de Traverse, quelques temps plus tôt.

- Très bien. Tout d’abord, tu vas te calmer et me parler autrement, débuta la jeune femme en fronçant davantage les sourcils. Ce n’est pas parce que nous nous entendons bien, désormais, que tu peux te permettre de me parler n’importe comment, je ne l’accepte toujours pas. Ensuite, eh bien, j’ai clairement eu l’impression que tu ne voulais pas me voir ! Très bien, je peux comprendre qu’il y ait certains moments moins propices que d’autres pour discuter, je ne suis pas idiote, par Merlin. Mais, sérieusement ? demanda-t-elle, l’air plus blessé que ce qu’elle voulait laisser paraître. « On ne peut pas parler au milieu des couloirs » ? Non mais… C’est une blague ?

Athé laissa passer un petit silence, puis secoua la tête. Elle savait très bien d’où ça venait. Comme elle l’avait dit, elle n’était pas idiote. Elle était lucide quant à sa situation : on la lui renvoyait tous les jours à la figure au Ministère.

- C’est à cause de mon sang, n’est-ce pas ? demanda-t-elle alors de but en blanc, en plantant son regard dans celui de Drago. Bah tiens, évidemment que c’est à cause de mon sang, soupira Athé en détournant la tête, sans pour autant la baisser.

Elle refusait d’avoir honte de son statut.

- Tu es bien conscient que je ne suis pas malade, n’est-ce pas ? demanda Athénaïs, fixant de nouveau son regard dans celui de l’homme qui lui faisait face. Tu es bien conscient que je n’aie pas volé les pouvoirs que je possède ? Tu es bien conscient, rassure-moi, que je suis pleinement une sorcière, et pas juste une sorte de Cracmolle améliorée, hein ? Non, parce que, tu vois, j’en entends tous les jours, des trucs dans le style, ajouta la jeune femme avec une ironie mordante.

Se rendant compte du chemin que prenait la conversation, Athé grimaça et secoua la tête, tentant de se reprendre. Il fallait qu’elle soit posée et calme. Ce n’était qu’un vulgaire accrochage de rien du tout, ce n’était pas obligé d’aller aussi loin.

- Oublie ce que je viens de dire, je n’ai pas envie d’envenimer la situation. Nous sommes des personnes responsables, il ne sert à rien de nous énerver. Nous pouvons parfaitement parler calmement et régler tout ça, avant de retourner à nos petites vies de bureau…

Est-ce que c’était pour Drago qu’elle disait tout ça, ou pour elle ? Athé n’était pas sûre, au fond… Mais bon, ce n’était de toute façon plus le moment de reculer. Maintenant qu’elle était là, autant qu’elle aborde le sujet qui lui tenait le plus à cœur.

- Je crois que… qu’on devrait parler de… la dernière fois. Je sais, le moment n’est peut-être pas très bien choisi, mais c’est important. On s’est embarqué dans quelque chose qui… nous dépasse, je crois. Et c’est ce genre de réaction, ajouta-t-elle en pointant sa main vers Drago, qui me fait penser qu’on devrait vraiment en parler. Je ne regrette rien, ce n'est pas ce que je suis en train de dire. Je suis consciente de tout ce qui s'est passé, et je ne dirais pas que c'est une erreur. Mais... Enfin, on devrait en parler. Et j'ai déjà fait le premier pas en lançant cette discussion, alors à ton tour. Dis quelque chose. Ou ne dis rien, c'est toi qui vois. Mais si tu ne parles pas, je n'aurais rien à dire non plus...

Athénaïs leva les mains en l’air, puis laissa retomber ses bras, l’air de dire « c’est toi qui vois ». Elle n’allait pas lutter si Drago ne voulait pas en parler. S’il décidait de partir, très bien, l’affaire serait close, la jeune femme saurait à quoi s’en tenir. Mais elle espérait sincèrement qu’il allait rester, s’expliquer et tenter d’engager la discussion. Elle lui tendait la plus grande perche du monde, il ne lui restait plus qu’à l’attraper. C’était très simple.

Vraiment très simple.

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Et si l'on croise le chemin, le regard d'un ange || Athénaïs

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