POUDNOIR
Cher (e) Sorcier (e),
Tu viens de débarquer dans un monde de la Magie subissant la dictature cruelle et sanglante de Lord Voldemort !
Un Monde où tout n'est que pouvoir, les faibles ne survivent pas ou suivent péniblement les forts.

Poudnoir est un forum qui se veut le plus réaliste possible ainsi la violence des combats et l'atmosphère de cette dictature est retransmise le mieux possible.
Auras tu le courage de nous rejoindre ?
Forum RPG Harry Potter Post-Bataille de Poudlard

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Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne

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MessageSujet: Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne Mer 20 Déc - 19:03

Ce matin-là, c’est Peeves qui avait assuré le réveil du dortoir des sixièmes année de Gryffondor, en se pointant à sept heures pétantes pour leur interpréter une version osée d’un cantique bien connu. L’esprit de Noël semblait décupler la capacité de nuisance de l’esprit frappeur. On le croisait partout, à toute heure, et le pauvre Rusard était sur les rotules à force de lui courir après dans tout le château. L’abominable Peeves avait déjà renversé plusieurs armures, mis le feu à l’un des sapins de la Grande Salle, et il se consacrait désormais à remplir de cire fondue et de chewing-gum tous les trous de serrures qu’il croisait. Et ce samedi matin, donc, il ajoutait à une liste déjà bien longue de méfaits le réveil en fanfare d’élèves seulement désireux de faire une bonne grasse matinée.
Le dortoir ne comptait que trois élèves sur les six qui y résidaient habituellement, les autres ayant été terrassés par l’épidémie de dragoncelle qui s’était abattue sur Poudlard. Depuis plusieurs jours, c’était l’hécatombe à l’école. Plusieurs élèves avaient même dû être renvoyés dans leur familles, qu’ils avaient joyeusement contaminées à leur tour ; l’épidémie se propageait dans toute la société sorcière, au point que la Gazette du Sorcier consacrait un article par jour au fléau ces derniers jours.

Peeves fut accueilli par un concert d’insultes par les Gryffondor survivants, et disparut juste avant que la chaussure lancée par Al l’atteigne en pleine tête. “Connard !” gueula le batteur en se laissant retomber sur son lit, tandis qu’un éclat de rire suraigu leur parvenait de l’autre côté du mur. Al se retourna dans son lit dans l’espoir de se rendormir, en vain. Son estomac protestait : d’habitude, dès que tu te réveilles, tu t’occupes de moi, mec, alors direction petit déj et au trot ! Pas de négociation possible. Au bout d’environ vingt minutes, il finit par abandonner et se leva. Frissonnant, il jeta un coup d’oeil par la fenêtre ; il neigeait encore. Ça ne s’était pas arrêté depuis plusieurs jours. Le jeune homme s’habilla chaudement, et descendit prendre le petit déjeuner tant réclamé. Il n’y avait presque personne lorsqu’il arriva dans la Grande Salle, et il put profiter d’un moment de calme, devant plusieurs assiettes d’oeufs au bacon, de saucisses et de toasts. Presque en face de lui, une petite de première année le regardait engloutir des portions de troll, sans doute inquiète de ce qui pourrait lui arriver si la nourriture venait à manquer. Al lui adressa un sourire qui se voulait gentil, mais la gosse baissa précipitamment les yeux sur son bol de porridge en rougissant. Quelle nouille.

Enfin rassasié, Al, les poches garnies de diverses petites gourmandises prises sur la table, emprunta le chemin de l’infirmerie. Son jumeau Orion s’y morfondait, atteint, comme tant d’autres, par la dragoncelle. L’héritier du trône avait le teint verdâtre, couvert de petites pustules du plus bel effet. Il avait cependant été transféré depuis la veille dans le secteur des non contagieux, et les visites lui étaient de nouveau autorisées.


-Tiens, déchet humain, fit Al en lui lançant ses provisions - quelques scones, un gros morceau de gâteau au chocolat et des petits pains garnis d’oeufs brouillés et de saucisses amoureusement découpées dont quelques rondelles se répandirent sur les draps.

L’autre, réveillé en sursaut, ne perdit pas de temps à remercier ; il plongea sur le gâteau chocolat et en enfourna la moitié avant de lâcher un “merchi” poussif. La veille, il s’était plaint du régime que Madame Pomfresh faisait suivre aux malades - que des fruits et des légumes, sans exagérer, comme quoi c’est bon pour l’organisme ! Une semaine de laitue et de compote, en plein hiver, tu te rends compte ?


-Manquerait quand même un truc à boire, finit par se plaindre l’emmerdeur, la bouche encore à moitié pleine, sans que son enthousiasme pour toute cette bouffe soit ralenti par la soif.

Al lui servit obligeamment un verre d’eau, et s’assit sur le bord du lit pour observer le repas du fauve. Au bout d'un moment, il fit :

-T’as besoin de quelque chose à Pré-au-Lard ?
-Ah merde, c’est vrai que c’est aujourd’hui… Bon, ramène-moi du ravitaillement de chez Honeydukes, tiens, j’en ai bien besoin. Y a ma bourse là, prends dix Gallions et garde la monnaie !
-Monsieur est un vrai prince, ricana Al en se levant.

Orion eut un sourire un peu forcé. Il ne fallait pas avoir le troisième oeil pour comprendre qu’il était un peu jaloux d’être coincé là, avec ses pustules et une infirmière perdue dans ses délires new age, au lieu d’aller descendre des bièraubeurres au village avec les potes. Les jumeaux Holmwood-Black supportaient de plus en plus mal d’être enfermés à l’école. Pas mal de leurs amis avaient déjà terminé leurs études et, avec les exigences nouvelles des profs depuis qu’ils étaient en ASPIC, la vie était beaucoup moins amusante. À en croire les profs, leur vie entière dépendait de leurs résultats aux examens… et beaucoup de leurs camarades semblaient y croire. Pas les jumeaux, quasiment assurés d’avoir un travail dans la boutique familiale à leur sortie de Poudlard et pas du genre à se tuer à la tâche. D’où un ennui tenace.

Ce samedi promettait, fort heureusement, de rompre un peu la monotonie. Al avait rendez-vous avec quelques vieilles têtes - Anne, Adrian, Tom - pour un petit moment de shopping et quelques verres à Pré-au-Lard. De quoi renouer un peu avec le passé, en somme, puisque ces braves gens n’étaient autre que ses anciens comparses du Quidditch. Surtout Adrian, son collègue batteur, puisque les deux autres n’étaient que de vils serpents. Fièrement revêtu de son écharpe Gryffondor, le jeune homme se rendit aux Trois Balais, lieu du rendez-vous, où il avisa Anne, assise seule à une table, le regard perdu vers l’extérieur.


-Salut miss Fraser ! T’es toute seule ? j’croyais que vous arriviez tous ensemble… Bon, t’as des idées pour ces putains de cadeaux de Noël ?

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Anne Fraser


MessageSujet: Re: Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne Sam 24 Fév - 22:13

Depuis deux ans, Anne définissait de nouveau le mot débordé. Pour beaucoup, la fin de Poudlard sonnait la délivrance. Un peu ridicule, après tout, les B.U.S.E.S. et les A.S.P.I.C.S. s’ils étaient un mauvais moment à passer n’était que le début. Il y avait une suite à Poudlard et le plupart de ses camarades semblaient l’avoir oublié. Evidemment, rien d’équivalent à l’école de sorcellerie en terme d’année et bien entendu, ils n’étaient plus coincé dans un château. Une bonne chose quand on songeait aux tensions qui avaient tendance à éclater lorsqu’on était en sixième et septième. C’était là que ça se faisait le plus dur. On devient doucement adulte et on supporte de moins en moins la surveillance constante des professeurs et l’autorité. Les tensions sexuelles se réveillent, si ça ne s’est pas fait avant et la saison des amours est un parcours semé d’embûches pour qui désire un peu de tranquilité. Dans tout ce fatras, on ne s'aperçoit que c’est en réalité la fin de leur meilleure année. Poudlard est un lieu magique pour toutes les générations de sorciers.

Anne, lorsqu’elle en était sortie, se souvenait avoir été heureuse comme jamais. A elle la liberté. Au revoir professeur, esprit frappeur, tableau intrusif, matières inutiles ou détestées. Bonjour la liberté. Elle se souvenait d’ailleurs, avec Betty, Tom et Adrian s’être moqué des jumeaux a qui ils restaient encore deux années de bagne à tirer. A présent, la donne avait quelque peu changé. Anne et Adrian avaient toujours partagé une passion commune : la Botanique. L’oncle Chapman, en bon tyran, n’avait bien entendu vu aucun intérêt à ce qu’Adrian poursuive son rêve, mais avait félicité Anne pour son choix de carrière. Pour une femme, c’était tout à fait honorable. Cherchez l’erreur ! En parallèle, son père qui ne s’était pas encore fait à l’idée qu’elle ne poursuivrait probablement pas une carrière moldue avait exigé qu’elle finisse ses études secondaires moldues et qu’elle tente au moins l’université en cours du soir. Elle avait obtenu son diplôme l’an passé non sans difficulté. On apprenait pas la physique à Poudlard puisqu’eux-mêmes défiaient les lois de la physique....
Elle tentait donc désormais l’Université par correspondance. Elle avait choisis les sciences de la Communication. Autant dire que ça ne la passionnait vraiment pas comme la Botanique et la Posologie.

Ca avait beau ne pas la passionner, Anne était ambitieuse.  L’ancienne Serpentard se voyait mal ne pas tenter le coup, même si c’était pour se planter en beauté. En plus de ses cours, elle se baladait donc en permanence avec des cernes sous les yeux. Elle voyait peu ses amis, même Tom dont elle était particulièrement proche. Trop proche comme disaient les mauvaises langues. Pourtant, elle avait réussi à dégager un peu de temps pour les rejoindre à Pré au Lard lors de la traditionnelle sortie de élèves de Poudlard.

Le matin même, elle avait reçu un mot de Tom avec beaucoup de déception. Il s’excusait de ne pas pouvoir venir, mais un entrainement venait d’être prévu et il ne pouvait pas y couper. Il savait qu’elle était déçue, bla, bla, bla et promettait de l’inviter au restaurant prochainement pour s’excuser. Evidemment, elle était contente de l’invitation, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de râler un peu de l’absence de son meilleur ami. Elle avait finalement haussé les épaules et s’était dit avec philosophie qu’au moins, Adrian et Al seraient là. Elle s’était tout de même abstenue de répondre à Tom, après tout, ça ne lui faisait pas de mal de courir un peu.

Il faisait particulièrement froid aujourd’hui. Un vrai jour d’hiver comme Anne les aimait. Le matin, le ciel était dégagé avec un grand soleil. Depuis, un peu de neige était tombée pour venir rejoindre celle qui était déjà au sol, mais pas assez pour que ça soit désagréable. Ils promettaient une belle tempête pour la fin de journée, mais à priori, leurs courses seraient finie d’ici là. Elle s’était habillée chaudement, aux couleurs de noël pour rester dans le thème, elle portait une robe de sorcière bordeaux foncé avec une bordure dorée qui aurait fait grincer des dents Tom et une longue cape rouge avec un col en hermine. Tom n’aurait pas manqué de lui dire qu’elle s’habillait aux couleurs de l’ennemi.

La jeune femme fut la première à arriver au Pré au Lard. Elle haussa les épaules et prit une table et commanda une boisson chaude. Elle aurait tout le temps de descendre des pintes quand les autres arriveraient. Al ne fut d’ailleurs pas long, seul pour une fois, Anne connaissaient bien entendu son jumeau, il était dans la même maison qu’elle, mais, par la force des choses, elle était plus proche d’Al que d’Orion. Néanmoins, elle n’avait jamais rien eu à la présence de celui-ci.

- Oui, seule, je devais venir avec Tom, mais il est retenu par un entrainement. Elle lui tendit la lettre sans penser à l’invitation qu’elle contenait. Il m’a envoyé un hibou ce matin. Et Adrian ? Je pensais qu’il devait arriver avant parce qu’il avait un rendez-vous ici. Tu n’es pas avec Orion ?

L’air de rien, ça faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus tous les deux. Anne, comme Al, n’étaient pas des grands amateurs des échanges écrit et Anne n’avait pas su venir à la dernière sortie Pré au Lard à Halloween. Autant dire que la dernière fois devait remonter aux vacances d’été. Elle lui sourit, l’invitant à s’asseoir en face d’elle.

- Les cadeaux de Noël...
Elle fit la grimace. Quand on avait une famille nombreuses, ça pouvait vite devenir une pénitence. Et quoi, tu survis à l’enfermement ?





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Dernière édition par Anne Fraser le Lun 12 Mar - 11:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne Dim 11 Mar - 22:25

Une Bièraubeurre, mon royaume pour une Bièraubeurre, aurait pu clamer Al s'il avait eu un peu de culture littéraire moldue. Il ne l'exprimait certes pas ainsi, mais le cœur y était. Une bonne Bièraubeurre bien fraîche, même en plein hiver, c'était toujours un moment de pur plaisir. Il avait pris sa consommation en passant devant le comptoir avant d'aller rejoindre Anne, et trempa ses lèvres dans le breuvage avec un grand soupir de bonheur. C'était vraiment le genre de truc qui manquait à Poudlard. D'ailleurs, tu devrais en rapporter une à Orion, mec.
Mouais, c'est quand même meilleur à la pression, en bouteille c'est pas top.
Il vient de se cogner plusieurs jours au régime soupe et compote, ça devrait pas lui poser de problème majeur que ce soit pas à la pression.
Pas faux, pas faux. J'lui en prendrai une, si j'y pense.
Il reposa sa chope d'un geste décidé, et jeta un coup d'oeil à l'extérieur du pub. Tom et Adrian étaient à la bourre. Comme il se retournait vers Anne, elle lui expliqua que cette vieille guenon de Tom ne viendrait pas, et lui tendit la lettre du susnommé. Entraînement, qu'il disait.

-Pff, quelle honte, commenta-t-il en repliant le parchemin. Ça vaut bien le coup d'avoir des potes, tiens.

Il ne mentionna pas l'invitation formulée par Tom – pas encore, on n'abat pas un atout comme ça. Pour l'heure, faisant comme s'il n'avait rien lu, il reprit :

-Orion ? Il est à l'article (il n'avait jamais pu se mettre dans la cervelle que l'expression correcte était « à l'article de la mort »). Y a eu une vache d'épidémie de dragoncelle à l'école, et bien sûr il l'a chopée. Comme presque tous les Serpentard, d'ailleurs, ajouta-t-il avec un sourire narquois.

D'aucuns le soupçonnaient d'être pour quelque chose dans cette propagation de la maladie chez les Verts, mais c'était mal le connaître : jamais il n'aurait fait une chose pareille à son jumeau. Les autres, tous sans exception, pouvaient bien crever avec des fourmis rouges plein le bec, mais Orion, c'était sacré.

-Parlant d'Serpentard, poursuivit Al en réponse à la dernière question d'Anne, y a un nouveau directeur. Le vieux Slughorn a pris sa retraite et c'est un gros con qui le remplace. Figure-toi qu'il m'a collé dans les pattes la pire gourde de toute l'école en potions. Elle comprend pas elle-même comment elle a eu une assez bonne note pour prendre potions en ASPIC, tu peux pas imaginer comme elle est nulle. J'lui foutrais des baffes par paquets de douze, et pourtant, tu m'connais, je suis pas du genre à cogner les nanas. Me tarde d'avoir fini, tu peux pas savoir.

Nouvelle gorgée de Bièraubeurre, assortie d'une malédiction intérieure de Rogue, et d'un énième regret que Birch n'ait pas attrapé la dragoncelle. Les Gryffondor avaient une bien meilleure santé que les Serpentard, finalement. Le fait de vivre en altitude, sans doute.

-Tiens, c'est pas Adrian là-bas ?

Il montrait un type, la tête enfoncée dans son col, qui arrivait vers le pub. Mais l'homme dépassa le bar, et, en le voyant de plus près, Al se rendit compte qu'il ne le connaissait pas.

-C'est bizarre, ça fait un moment qu'il devrait être là. Bref. Pour les cadeaux, j'ai pas tellement d'idées. La seule bonne nouvelle c'est que j'ai pas trop à me soucier de celui de Betty, elle est en Bolivie en c'moment.

Même en éliminant la frangine infernale, il restait pas mal de choses à trouver. Vega, Grandma, Orion, Joe, pis les potes. Comme s'ils le méritaient, ces carnes.

-T'as beaucoup d'achats à faire, toi ? J'ai quelque chose comme une dizaine de cadeaux à trouver, et puis Orion veut que je lui prenne des trucs chez Honeydukes. L'infirmière soigne les malades avec des légumes crus et des jus d'herbes, il en peut plus, le mec. Il est devenu aussi verdâtre que sa cravate. J'crois que c'est pas demain la veille qu'on lui refait bouffer du fenouil, par exemple.

Al éclata de son rire moqueur. Il suffisait désormais de prononcer le mot « fenouil » devant l'héritier de la très noble et presque très ancienne maison Holmwood-Black pour lui faire faire une poussée d'urticaire. Autant dire qu'il n'en fallait pas plus pour mettre son cadet en joie.
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MessageSujet: Re: Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne Lun 12 Mar - 14:19

C’est pas parce qu’on est sorti de Poudlard qu’on est mature. La preuve a presque vingt ans, Anne ne se sentait pas spécialement différente de quand elle était à Poudlard. Mentalement parlant en tout cas. En ce qui concernait la fatigue, ça, elle sentait la différence. Elle ne se souvenait pas avoir déjà été aussi fatiguée, pas même pendant qu’elle passait ses A.S.P.I.C.S. Il y en avait qui y allaient au talent, ça n’avait jamais été son cas. Anne était intelligente, une bonne élève, mais elle avait toujours dû travailler pour en arriver où elle en était. C’était d’autant plus vrai maintenant qu’elle avait quitté Poudlard. Al devait en avoir marre d’être enfermé dans ce foutu château comme ils le disaient à l’époque, mais elle, elle le regrettait un peu. L’ancienne Serpentard aurait donné beaucoup pour passer une journée de cours traditionnelle. Entendre râler les Gryffondor parce qu’ils les battaient au Quidditch, dormir au cours de Monsieur Bins en prévoyant la prochaine murge qu’ils allaient se mettre. Manger un repas préparé par les elfes de maisons, ne pas faire son linge … Bon d’accord, elle pouvait enlever celui là, elle n’avait jamais eu à faire son linge et était probablement autant incapable de lancer un sort de ménage que de faire aller une machine à laver. On ne peut pas être doué pour tout après tout !

Al ne semblait pas plus ravis qu’elle de l’absence de Tom et du retard d’Adrian ou même de la dragoncelle de son frère, mais au moins, il y avait de la bière.

- Je sais, un scandale.
Elle tapa sur le parchemin. Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’amis pareil ? Et pas un mot sur le fait que les Serpentards ne sont pas fiables !

Quoi ? C’est pas parce qu’on quitte Poudlard qu’on abandonne la vieille vanne des familles sur les maisons. Il y a des trucs essentiels dans la vie.

- Ah oui, répondit-elle d’un air intéressé lorsqu’Al évoqua le changement de professeur de potion. C’est qui qui a pris sa place ? On a changé de directeur de maison aussi du coup ? Elle tapota la main de son ami par compassion et trinqua avec lui en demandant : C’est qui la gourde qu’on t’a collé dans les pattes ? Rien de pire qu’un boulet en potion, ajouta-t-elle d’un ton docte.

Elle ricana en entendant dire qu’Al était pas du genre à cogner les filles. Ok, c’était pas faux, mais elle n’allait quand même pas être de bonne foi. Et sa réputation dans tout ça. Elle but un coup de sa boisson et répondit du tac au tac :

- Tu les cognes pas, tu leur envoies juste des cognards.

C’était de bonne guerre. Après tout, lui aussi avait fini à l’hosto cette fois là. Ils avaient eu l’air fin … Sur un autre sujet, elle comprenait vraiment l’envie d’Al d’en finir avec Poudlard. Après tout, elle avait ressentis la même chose que lui à la même époque. Elle n’était pas assez condescendante pour lui livrer le discour du “ Tu vas voir, ça va te manquer”, mais elle n’en pensait pas moins. Elle se contenta donc d’un :

- Hmm, tu fais quoi après Poudlard toi ? Tu continues un truc ou s’est fixé, tu reprends la boutique ?

Après tout, ce n’était pas sûr, leur soeur aîné aurait pu travailler avec leur père, mais Anne connaissait assez bien Betty pour ne pas avoir été étonnée de la voir mettre les voiles vite fait bien fait une fois ses A.S.P.I.C.S. en main. Anne leva la tête dans la direction indiquée lorsqu’Al fit mention d’Adrian et secoua la tête en signe de négation.

- Nope, impossible. Il serait passé au comptoir direct.

Elle le disait un peu sur le ton de la blague, mais la vérité était qu’Adrian commençait franchement à l’inquiéter. Chapman avait fait pression sur son petit-fils, limitant son choix d’étude après Poudlard. Il était l’héritier avec un quand H et par conséquent, sa vie n’était plus la sienne depuis un moment. Anne connaissait bien le phénomène, mais elle ne vivait pas avec Chapman et ça changeait tout. Depuis qu’ils étaient sortis de Poudlard, son cousin buvait vraiment beaucoup et il était déjà rentré dans quelques bagarres qu’il aurait facilement pu éviter. Elle se disait que c’était un phénomène passager, sans savoir que des années plus tard, ils deviendraient fréquent pour eux de s’inquiéter des excès de boisson de leur ami.

La jeune femme s’appuya sur le dossier de sa chaise avec un soupir quand ils parlèrent des cadeaux.

- J’en ai vingt milles à acheter,
dit-elle en faisant la grimace. Mes cousins, mes grands-parents. Ses parents et son frère, pensa-t-elle sans le dire tout haut. Et puis vous, bande de vautour. D’ailleurs, une idée pour Adrian et Tom ? Pour Ady, je me suis dis que je lui offrirai bien une serre d’appartement. La dernière fois que je l’ai vu, il parlait de déménager de la maison familiale. Il voulait un appartement sur le Chemin de Traverse.

Elle le disait comme ça, comme si c’était naturel. Il avait envie d’un appartement sur le Chemin de Traverse, l’endroit le plus cher et le plus convoité du monde sorcier anglais. Les prix avaient de quoi faire grimper au plafond, mais Adrian, comme elle, n’avait jamais eu à s’en soucier. C’était un peu maladroit, en particulier quand les autres, eux, devaient se soucier de ce genre de chose. Elle sympathisa aux problèmes culinaires qu’Orion rencontrait à l’infirmerie - Pomfresh n’était pas réputée pour être tendre avec les étudiants qui avaient le malheur de tomber un peu trop longtemps entre ses mains - finit sa boisson en soupirant et se tourna vers Al, l’attente la rendait un peu belliqueuse.

- Il glande quoi le Gryffondor là, on lui a jamais appris la ponctualité à celui-là ?

Elle jeta un oeil à sa montre et déclara la sentence : 35 minutes de retard.

- Bon, je t’en paye un autre ? Faut au moins ça pour faire passer l’attente !

La vérité, c’est qu’il lui fallait aussi ça pour être à l’aise. Anne ne s’était jamais retrouvée seule avec Al. Elle avait beau y penser, elle ne se rappelait pas d’une fois où ils avaient fait un truc “juste tout les deux”. A bien y regarder, elle n’était même pas sûre qu’ils seraient devenus amis s’ils n’y avaient pas eu Tom et Adrian, mais finalement les choses s’étaient faites et ils s’étaient retrouvé un petit groupe de Gryffondor et Serpentard (probablement le seul de l’histoire) qui arrivaient à s’entendre à travers les années tout en se tapant dessus régulièrement au Quidditch.

- Tiens à propos, tu vois Ash en ce moment ?, demanda-t-elle avec le plus de tact possible. Ça fait un bail que j’ai pas eu de ses nouvelles.

Et pour cause, la dernière fois qu’elle avait vu sa cousine, elles s’étaient toutes les deux engueulées parce qu’Anne trouvait qu’elle passait un peu trop de temps à jouer avec les pieds de son cousin, Theo, et ceux d’Al. Les deux garçons se détestaient comme jamais et le bonheur de l’un allait avec le malheur de l’autre. Pour le moment, Theo affichait un sourire plus large que celui d’une banane, elle soupçonnait donc sa cousine d’avoir changé de favoris. Un peu comme Tom d’ailleurs, si bien qu’elle ne croyait qu’à moitié à son histoire d'entraînement. Elle balança d’ailleurs l’info en tentant d’avoir l’air le moins amer possible.

- Tiens à propos, t’as rencontré la nouvelle guenon de Tom ?

Bon, c’était raté pour l’amertume.

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MessageSujet: Re: Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne Dim 13 Mai - 17:19

Les cadeaux. Le putain de sujet qui ressortait chaque année à Noël – et même, entre deux Noëls, aux anniversaires – et qui avait le don de mettre Al en panique. Enfin, en panique version Al, c'est-à-dire rien de trop méchant. Le souci était qu'il n'avait pas beaucoup d'idées, et qu'il finissait pas acheter n'importe quoi à n'importe qui. L'année précédente, son père avait eu un bonnet de douche en imitation cuir de dragon, et Grandma un assortiment de pétards du docteur Flibuste. Elle avait failli foutre le feu à la maison en les allumant, ce qui avait légèrement terni l'esprit de Noël après que Vega, son bonnet sur la tête, eut poussé une gueulante mémorable englobant toute la famille. Les festivités s'étaient terminées, selon la tradition, par une cuite conjointe des jumeaux et de Betty, sans oublier Grandma qui se servait en douce des petites lampées de cognac. Tous quatre avaient ensuite roupillé gentiment autour de la cheminée. Bref, un bien beau Noël. Al n'avait jamais rien connu d'autre dans sa famille ; cadeaux improbables, engueulade et murge collective, une formule gagnante. Cette année encore, il savait qu'il finirait par offrir des trucs absolument au hasard, et après tout, était-ce si grave ? On lui avait bien offert, à lui, des chaussettes Serpentard (merci Tom), un peignoir de bain rose et orange (merci Betty), ou un livre sur la cuisine brésilienne dont il n'avait que foutre (merci Grandma). Et il avait quand même dit merci et tout, alors qu'on ne vienne pas le taxer de mauvais esprit. Il assécha son verre en deux gorgées, et éclata de rire lorsqu'Anne lui demanda s'il avait des idées de cadeaux :

-Des idées ? T'es marrante, toi. J'ai jamais eu la moindre idée. Sauf ptêtre pour Tom, j'vais lui acheter un calbut qui lui arrachera les poils des roub'.

L'article existait-il seulement ? Il aurait en tout cas mérité d'être inventé, pour qu'Al puisse se venger des chaussettes Serpentard qu'il n'avait jamais portées. Songeur, le Gryffondor reprit :

-Pas con, la serre d'appart pour Adrian. J'lui prendrai une pelle et un râteau pour aller avec, il sera content. Ou alors une montre. Ou un Rapeltout, parce que je commence à me demander s'il nous a pas juste oubliés bien comme il faut. C'est pas son genre d'être à la bourre à ce point.

À moins que son délicieux grand-père ne l'ait kidnappé pour une réunion de famille, et que leur ami n'ait pas pu prévenir. Ça n'aurait pas été la première fois. Al fit la moue. Ce n'était pas une vie qui convenait à Adrian, mais il n'avait pas le choix. Sur ces entrefaites, Anne proposa de prendre un autre verre, et le jeune homme se leva :

-Je vais chercher les boissons ? Tu reprends la même chose ?

Il se fraya un chemin parmi la foule qui occupait le pub, passa sa commande, et revint tant bien que mal, les verres serrés contre lui. Se rasseyant, il informa Anne :

-Y a un gang de profs à une table là-bas, mais y a pas le nouveau directeur de Serpentard. Faut dire que ça a pas l'air d'être un grand festif. Y a Flitwick, McGonagall, Têtenjoy, Hagrid, et Dumbledore aussi. Moi qui croyais qu'ils avaient des copies à corriger au lieu de traîner les bars. Bref, à la tienne !

Ils trinquèrent, et la conversation reprit tranquillement.

-Ce serait chouette qu'Ady prenne un appart sur le Chemin de Trav. L'année prochaine, on bosse à la boutique, Orion et moi, on pourrait le voir plus souvent. P'pa dit qu'il veut former son successeur, alors il nous engage tous les deux, histoire de voir qui est le plus capable. Bon, j'me fais pas d'illusions, c'est l'héritier du trône qui sera choisi, mais bon, au moins, j'ai du boulot. Un truc plus sûr que le Quidd, disons.

Les Pies de Montrose lui avaient proposé d'intégrer leur équipe seconde après Poudlard, en attendant, peut-être, une titularisation en première, et malgré les encouragements de Tom, il avait refusé. Lorsque Betty serait au courant, elle lui arracherait sans doute les yeux ; elle ne cessait d'inciter ses deux frères à prendre leur indépendance, et les voir s'encroûter à la boutique la ferait rager violemment. La belle humeur d'Al se dissipa d'un coup lorsqu'Anne lui demanda s'il avait des nouvelles d'Ashley :

-Qui ça ? Ash ? J'suis censé connaître ? répliqua-t-il sèchement, coupant court à toute velléité de poursuivre sur le sujet.

Tu rages, mec, ça fait pitié à voir.
Non, j'rage pas. J'fais comme mes potes ont dit, je raye cette nana de ma vie.
Euh.. si ça c'est pas rager, j'me demande bien ce que c'est.
Ben demande-toi en silence et lâche-moi la batte, tiens, ça m'fera des vacances.

Heureusement, la mauvaise humeur ne durait guère chez Al, et la nouvelle que Tom avait fait une conquête de plus lui rendit le sourire :

-T'oublies que j'suis consigné ici H24, Anne, c'est pas évident pour voir des guenons. C'est qui ? J'la connais ?
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Libéré, délivré, enfin pour un moment || Anne

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